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 Chante-moi ton épopée [Terminé]

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MessageSujet: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeDim 16 Sep 2012 - 11:24

Peste soit de ce trou perdu dans les montagnes ! Peste soit du temps qu’il y faisait, des gens qui y étaient, peste, peste, peste !

Shawna aimait le sud. Se retrouver bloquer dans le nord à cause d’un Dessinateur imbécile n’avait rien pour lui plaire.

Et pourtant, rien ne servait de pester, puisque, de toute façon, elle était bloquée ici quoiqu’il arrive. Pester faisait du bien, parfois, cela dit, et c’était quelque chose qu’elle avait repris de son oncle Nolan. Lui connaissait toutes les insultes des terres de l’Empire – mais aussi tous ses plus beaux compliments, et il était le plus vil ennemi comme le plus doux des flatteurs. Nolan était un poète dans le vrai sens du terme aux yeux de Shawna – utilisation de tous les registres sans cracher sur le moindre mot… S’il avait été là, il se serait moqué de son piètre vocabulaire, et en se servant d’hyperboles pour décrire sa situation, il l’aurait ironisée à souhait, tant et si bien qu’elle aurait fini par éclater de rire et prendre tout le recul nécessaire sur sa situation.

Mais il n’était pas là, et elle s’était contentée de pester.

Elle avait posé ses affaires chez Merustis, avait arrêté ses questions joyeuses d’un regard, et plutôt que de lui demander quel bon vent la ramenait parmi eux – bon vent, mon œil ! Saleté de Dessinateur ! – l’aubergiste s’était contenté de lui sortir des draps pour sa paillasse. Elle connaissait le chemin, et il saurait bien assez tôt. D’abord laisser la lionne se calmer, pour ne pas se faire dévorer ; ce serait quand même le comble pour un tavernier…

D’abord, répondre au plus urgent – à savoir, prévenir sa famille qu’elle ne s’était pas faite dépouillée puis jetée dans un ruisseau. Elle s’était rendue chez les messagers, et avait dicté sa lettre pour son père – oh, le temps qu’elle arrive, il aurait tout le temps de s’inquiéter, de la chercher dans tout Al Jeit et de la croire morte, mais mieux valait tard que jamais.

« Sire Kwen,

J’ai le malheur de devoir vous annoncer que le corps de votre fille a été retrouvé…

Non, je sais, ce n’est pas drôle, on ne rigole pas avec ces choses-là. Tu peux arrêter de t’inquiéter, je suis vivante, en un seul morceau, en bonne santé, à part pour une égratignure sur le bras gauche, je suis tombée dans la rue tout à l’heure à cause d’une putain de carriole. Avant de pester qu’on ne disparait pas comme ça sans prévenir et tout et tout, déjà, dis-toi que je te préviens, là, enfin à condition que ces imbéciles ne perdent pas cette lettre en chemin et qu’ils écrivent bien ce que je dis et pas des sottises sans nom. Enfin bref. L’ironie du sort a voulu que je me retrouve une fois de plus à Al Poll. Je laisse à tes grands pouvoirs de déduction le soin de découvrir comment j’ai pu arriver ici aussi vite… Si Leyah passe, ce serait sympa qu’elle récupère quelques-unes de mes affaires, genre mon luth ? Je compte rester ici un temps plutôt que de faire le parcours en sens inverse ; ne t’inquiète pas pour moi, je m’en sortirai toute seule comme une grande. Je vais sûrement aller voir à la Guilde des Bardes si… Non mais ça ne l’écris pas, tu ne vois pas que je réfléchis ? Quel id

A bientôt,

Sha. »


Elle avait continué ses réflexions après avoir jeté un œil méfiant au parchemin et être repartie cavaler dans les rues. Al Poll n’était pas, pour elle, vide de toute résonnance. A Al Jeit, elle avait flotté entre deux – toujours chez son père, à rêver de combats auxquels elle ne croyait plus, à penser au Dessin auquel elle pourrait peut-être laisser une chance, et surtout, à se baigner de musique. De toute façon elle voyagerait, de toute façon elle serait des convois, de toute façon elle laisserait ses pas tambouriner les routes. En tant que musicienne – c’était sa dernière décision. Même si elle voulait toujours apprendre à se battre – c’était important, quand on était des chemins, si on voulait rester en vie. Peut-être était-il temps de se concentrer sur ses aspirations de troubadour, cela dit ; elle pourrait toujours demander des entraînements aux gardes des convois, un peu par ci, un peu par là.

Alors elle s’était rendue à la Guilde des Bardes, et, dans les couloirs où résonnaient les sons des instruments les plus disparates, elle s’était présentée.

On lui avait gentiment expliqué que, pour rentrer à la Guilde en tant que Musicienne, il lui faudrait avoir ses propres instruments, passer des auditions, et avoir composé une ballade qu’elle leurs présenterait. Cette épreuve avait lieu une fois par saison, et elle avait encore plusieurs semaines pour se préparer. Autrement, elle pouvait y entrer en tant qu’apprentie, suivre des cours avec un Maitre de Compagnonnage, qui la préparerait au mieux à ces épreuves. Dans les deux cas, il lui faudrait débourser une modique somme qu’elle était très, très loin d’avoir dans ses poches.

Elle était repartie en pestant contre ce monde fondé sur la richesse.

Et avait commencé à réfléchir. Elle le voulait, ce titre de Musicienne – faire partie d’une Guilde avait des avantages non négligeables. Celui de se voir proposer de jouer à tel ou tel endroit ; de rencontrer d’autres Musiciens d’exception ; d’avoir accès à des luthiers bien plus renommés qui ne fabriquaient que pour la Guilde ; d’avoir accès à des sommes, justement, associées au titre ; et puis simplement le nom et la réputation, aussi. La somme, il allait lui falloir trouver un moyen de se la procurer dans les temps – pour l’instant, elle n’avait aucune idée. L’audition – à tort ou à raison, elle n’avait aucune peur d’échouer. Quant à la chanson… C’était, pour le moment, le critère le plus accessible. Oh, pas que ce soit facile de composer, au contraire. Mais écrire ses propres ballades, qui feraient bientôt le tour de Gwendalavir… Se faire une place… Elle en rêvait depuis longtemps. Et quoi de mieux, pour récupérer la matière qui serait au cœur de ses chansons, qu’Al Poll, cité des légendes ? Que l’Académie de Merwyn ? Mais Merwyn, il y avait trop de mélodies sur lui, déjà ; elle préférait écrire l’histoire des héros de demain, et pensait avoir assez de discernement pour savoir lesquels ce serait. Et puis revisiter les anciennes histoires, et les refaire à sa sauce.

Il y en avait une, en particulier, qui résonnait au creux de ses oreilles ; tilalila, tilalila… Une légende qui avait un nom.

Le nom d’Edel Hil’ Meredrine.

Une légende que personne ne savait où trouver, puisqu’elle se cachait des Mercenaires du Chaos. Personne… Ou presque.

Elle se souvenait vaguement qu’elle ne devait plus croiser Edel, que celle-ci lui avait interdit accès à l’Académie ou quelque chose comme ça ; elle ne se souvenait plus exactement, et puis, au bout d’un an, il y avait largement prescription, non ? Alors c’est sans rancune qu’elle se dirigea vers l’Académie de Merwyn.

Elle eut le plaisir, à l’arrivée, d’être arrêtée par un garde de sa connaissance.

- Woua, Shawna ! Ca faisait longtemps…
- Ouais, ouais. Ca va, toi ?
- Ben écoute, ouais… Les règles sont plus strictes, ici, fin, la Première Gardienne a toujours pris au sérieux la sécurité et tout, mais maintenant, y a un nouvel Intendant… Remarque, c’est pas nous qui prenons le plus cher, au contraire.
- Et c’est toujours Edel, la Première Gardienne ?
- …C’est toujours Dame Hil’ Guidjek, oui. Tu n'as toujours pas appris le respect et la politesse, toi...
- Dame Hil… Ah, ils sont mariés maintenant ? J’ai raté ça, quel dommage…


Roulement des yeux. Elle doutait fortement que Locktar ait apprécié sa présence à la cérémonie.

- Je viens la voir, justement.
- Euh, oui. Comme je te disais, les règles sont un peu plus… strictes, maintenant, et…
- Ouais, j’ai compris, je veux pas te causer de problèmes, faut que je fasse quoi, y a un truc à signer ?

- Tu pourrais… retirer tes foulards de sur ta tête, s’il te plait ?

Shawna ouvrit des yeux grands comme des soucoupes.

- …A ce point.

Mine déconfite, sourire désolé. Shawna leva à nouveau les yeux au ciel avant de fourrer ses foulards dans une poche. Un autre garde vint la chercher au signal de celui-ci, et c’est accompagnée qu’on la guida jusqu’aux appartements d’Edel. Elle attendit, sagement, dans le couloir, qu’on veuille bien l’annoncer…


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Edel Hil'Guidjek

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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeLun 17 Sep 2012 - 17:22

Dans un fracas qui fit sursauter les soldats encore présent dans son bureau, la chaise qui servait d’assise à la Première Gardienne la seconde d’avant, tomba à la renverse comme celle-ci s’était levée brusquement. Manquant de se briser, le bruit de sa chute sur le sol n’eu pas le temps de s’éteindre que déjà la voix emportée de la première gardienne fustigeait le malheureux soldat qui se dressait devant le bureau sur lequel elle s’apuyait maintenant fermement.

_Monsieur Taron, je me fiche épurdument de comment vous vous y prendrez j’ai d’autres questions plus importantes à traiter! Prenez un arc et allez chasser le gibier vous même si il le faut, ça m’est égale ! Mais mes hommes mangeront de la viande deux fois par semaine comme ils l’ont mérité et surtout comme je leur ai promis ! DEUX fois par semaine monsieur Taron, pas une foi de moins est-ce assez clair pour vous !? Je ne comprends même pas que vous me fassiez perdre mon temps à ce sujet ! Prenez sur les portions des élèves je m’en fiche vu la situation présente, la défense de l’établissement est une priorité et les bras qui la défendent ont besoin d’être nourris décemment pour faire un travaille correcte ! TROUVEZ-moi cette viande et si vous échouez ne vous représentez plus devant moi! Me suis-je bien faite comprendre ?!?!

Les ronds et le visage livide, le principal intéressé secoua avec difficulté la tête sous les regards stupéfaits de ses camarades semblant tous retenir leur respiration.

_HORS DE MA VUE !
_OUI MADAME !

Au garde à vous sur ces derniers mots que ses camarades concidèrent d’un commun accord très courageux, le soldat pâle s’inclina avant de disparaître.
Edel se redressa en lançant un regard circulaire dans la pièce.


_Quelqu’un d’autre désire-t-il aborder un sujet de même catégorie?tout à fait immobiles, les hommes encore présent adoptèrent le silence leur ami, très volontiers. Amir derrière elle redressa silencieusement la chaise tombée au sol et passant une main distraite dans ses cheveux, Edel repris son calme en s’assayant dans un souffle maîtriséMerci Amir. Bien… où en étions-nous ?
_Une visite madame.
_Ha oui, une visite, bien sûr. penchée sur son bureau, l’air méditative la jeune femme sélectionna différents parchemins étalés sur le plan de travaille et les désignant un à un s’adressa aux trois soldats les plus proches et surtout à l’intention d’Amir Bien, nous verrons et discuterons de ces cartes-ci ce soir messieurs. Les autres me semblent moins précises mais vous pourrez apporter votre propre sélection si vous le souhaitez. Des cartes que je n’aurais pas forcément choisi mais qui selon vous, mériteraient quelques mots intéressants. Je peux manquer des choses, comme vous le voyez le temps de ce type d’étude me manque. Nous en rediscuterons ce soir.

Les trois hommes acquiescèrent et prenant possession des cartes désignées, sortirent et Amir fit entrer la visite surprise.
Et pour une surprise, ça c’était une surprise !
Edel en resta sans voix quelques instants. Et puis le sourir, la joie, le soulagement, l’émotion, l’espoire. Un rayon de soleil.
Cette démarche décontractées et dynamique, ces bandes blanches qui entouraient ces mains d’artiste, ces foulards colorés qui débordaient d’une poche. Cette frimousse basanée et souvent faussement hautaine. Ces yeux pétillants d’intelligence…


_Shawna !
_Mademoiselle, heureux de vous revoir.l’intervention presque familère d’Amir souriant à l’égard de la jeune fille, étonna encore d’avantage la jeune femmeVous arrivez à point. Il ne fallait pas moins que vous pour la difficile tâche qui consiste à bien vouloir faire consentir dame Hil’Guidjek à avaler quelque chose. Elle n’a rien avalé aujourd’hui, ce n’est pas conseillé dans son état. il pressa gentiment la jeune fille à l’intérieur de la pièce, vers sa supérieur bouche bée Je vous laisse en tête à tête. il s’inclina avant de partir et juste avant de disparaître se retourna pour ajouter à l’intention de Shawna dans un pseudo murmure, en montrant du doigts quelque chose dans la pièce Le plateau est sur la commode du fond.

La porte se referma.



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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeSam 22 Sep 2012 - 1:47

- Merci, Amir, t’es un amour…

Shawna lui envoya un baiser de la main ; oh, elle les aimait bien, les gardes de l’Académie, elle les aimait vraiment bien… C’était son univers, celui-là, l’univers des hommes, l’univers de l’humour cru. Shawna n’était comme ces gens qui vont où ils doivent aller, parlent à ceux à qui ils doivent parler ; elle ne se contentait pas de marcher dans le couloir, de croiser le monde, de s’asseoir en cours et puis de repartir. Elle tapait la discute aux domestiques, elle draguait les aides de cuisine, elle faisait un détour pour dire bonjour au jardinier, et, plutôt que de dire aux gardes, « je viens voir telle personne voilà mes papiers », elle s’amusait à leurs faire raconter leur vie. Elle savait qu’Untel avait une petite fille de trois ans, que tel autre s’inquiétait pour la santé de son aïeul… A force d’aller et venir, elle les connaissait bien, les gardes de l’Académie ; en tout cas ceux qui étaient restés assez longtemps, parce que ça faisait bien deux saisons qu’elle n’avait pas mis les pieds ici. Elle passerait à la salle des gardes, si c’était encore autorisé, avant de partir…

Mais pour l’instant, profiter de ses retrouvailles avec Edel. Celle-ci semblait avoir oublié aussi l’interdiction profanée – il n’y avait que de la joie sur son visage. De la joie, et… de la fatigue. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de fatigue.

- Et bien, on ne fait pas attention à soi ?

Ton railleur, déjà. Shawna prit ses aises – à la voir, on aurait pu croire que c’était elle qui était dans ses appartements et Edel qui était venue la voir et avait été invitée à s’asseoir. La bohémienne attrapa le plateau, vira du revers de la main ce qui traînait sur le bureau, et plaça le repas de la Première Gardienne devant elle. Celle-ci pâlit violemment, et son expression se tordit de manière incontrôlable.

- …Ah.

C’est qu’elle était lente à la détente, Shawna, et elle n’avait pas fait attention à ce qu’avait dit Amir ; elle pensait juste qu’Edel ne prenait pas le temps de manger, pas que…

- Et beh, vous allez vite en besogne, avec Lolo… Déjà la petite famille ? C’était comment, le mariage ? Robe blanche, banquet, anneaux, prières à la Dame et tout ? T’aurais pas dû, tu sais – Meredrine, ça sonne quand même vachement mieux que Guidjek. Enfin bon, si ça te rend heureuse.

Tout en parlant, elle fouillait dans sa sacoche, à la recherche des herbes merveilles de sa tante Yelana. Zaé en était à la fin de sa grossesse – Shawna avait pu voir les premiers effets à Al Jeit, et les gens lui tourner autour avec des milliers de conseils, inutiles puisque sa tante savait très bien comment ça se passait et en avait déjà eu cinq avant… Contrairement à Edel. Shawna fourra quelques herbes dans un petit sachet, puis le donna à la Première Gardienne.

- Tiens, si tu te sens mal, passe-toi ça sous le nez. Et pour les repas, va falloir qu’ils changent tes plateaux, c’est sûr qu’avec ça ça va jamais passer. Tu aimes les cerises ? Zaé a passé l’été à bouffer des cerises.


Pas sûr que ce soit une envie partagée par tout le monde, cela dit, ni que ce soit pratique pendant les autres saisons… Shawna se laissa tomber dans une chaise devant le bureau d’Edel, puis y posa ses pieds – sur le bureau, pas sur la chaise. Et bien voilà, elle était bien installée comme ça…

- Et franchement, fais tes nuits, t’auras déjà plus le temps de les faire après alors si tu te crèves déjà… Tu leurs dis de te réveiller en cas d’urgence, attaque de Raïs et tout, mais tu laisses Amir se charger un peu de l’organisation, fin, il prend ses responsabilités à cœur, les autres l’aiment bien, il travaille même après ses heures, il est parfait comme adjoint. J'pense même qu'il mériterait un p'tit supplément pour tout son bon travail. J’dis ça j’dis rien.

Elle savait qu'Amir cherchait à refaire la toiture de la maison de sa soeur, et si elle pouvait donner un petit coup de pouce, autant le faire - qui ne tente rien n'a rien.

C’était étrange comme tout ça lui paraissait naturel – Edel était plus âgée qu’elle, plus expérimentée, beaucoup plus attachée à l’ordre… et pourtant. Elles étaient sœurs d’armes, et malgré les différences apparentes, il semblait à Shawna qu’elles nageaient dans les mêmes principes souterrains. C’était tout naturellement qu’elle venait ici, après des mois de silence, et qu’elle lui parlait comme à une amie de longue date, prenant ses aises dans un bureau dans lequel elle doutait trouver une autre personne qui oserait tenir les propos et les gestes qu’elle se permettait… Et, malgré l’irrespect que pourrait voir dans ses semelles placées en hauteur l’observateur ignare, il y avait un respect énorme, dans les yeux de la jeune musicienne, un respect, et, même, peut-être une petite goutte d’inquiétude à retrouver la guerrière si fatiguée – mais alors, il fallait bien chercher !


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Edel Hil'Guidjek

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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeSam 22 Sep 2012 - 13:24

Edel fixait Shawna en silence.
Sa sympathie, son innocence, son intuition, son petit sachet d’herbe, son expérience, ses conseils et suggestions… tous concentrés dans une vraie boule d’énergie embulante aussi enthousiaste que des siffleurs hystériques…
La première Gardienne eut un sourir en coin, malgré l’envie presque irrésistible de plonger sa tête dans la première corbeille venue, pour y rendre ce qui lui restait de son repas de la veille. Rien que l’odeur de ce qui était dans le plateau lui semblait tout à fait infecte ! Shawna allait d’un bon sentiment, mais si ce plateau ne disparaissait pas rapidement et définitivement de sa vie, elle allait devoir exploser toute la pièce pour se débarrasser complètement de ces odeurs qui la faisait mourir !

Et puis tout ça avait soudain des allures de guet-apens. Le plateau devant elle, Shawna qui lui coupait toute retraite possible, Amir qui s’était éclipsé…
Edel ingurgita difficilement une gorgée d’eau et reposant avec précaution son verre sur la table, se saisi volontiers du sachet d’herbe que la fille au caractère de feu lui tendait :


_Amir a déjà eu une augmentation, d’ailleurs il n’a de cesse d’en avoir tant il m'est indispensable. Il sera bientôt mieux récompensé que moi à ce rythme. elle souritPeut-être que je devrais lui laisser ma place après tout.silence songeur alors qu’elle avait croisé les doigts devant ses lèvres - Comment sais-tu pour, « la petite famille » ? - regard reconnaissant pour le remèdecela semble si évident ?

Comme conseillé, la jeune femme ouvrit le sachet avant d’en respirer le parfum. L’effet ne fut pas immédiat mais ne se fit pas attendre pour autant. Ses nausées s’engourdirent en quelque sorte, avant de s’appaiser. Edel eut un soupir de soulagement. Shawna était-elle réellement là au fait? N'était-ce pas un rêve qu'elle faisant en s'étant endormie comme une masse sur son bureau?

_Où puis-je en trouver d’autre ? Je vais en mettre partout dans mes appartements maintenant !

Elle sourit, curieuse de voir si Shawna se porterait volontaire pour ce défi. Locktar allait devenir fou ! Shawna et des herbes partout dans leur chambre. Mais bon il pouvait bien faire ça lui. Elle ne pouvait pas être enciente ET folle en même temps ! Et comme le sort avait déjà choisi le premier rôle, ce serait donc lui qui prendrait le risque de perdre la tête !
Elle se sentait trop mal, tant pis si il ne comprenait pas !

Enthousiaste également maintenant – décidément Shawna était contagieuse – Edel rangea le petit sachet dans un repli de sa tunique. Ce petit sachet était maintenant son meilleur ami, elle en avait bien conscience.
Elle rigola de bon cœur maintenant qu’elle était plus disposée à le faire. Une réaction tardive, mais il avait bien fallu laisser passer le temps de surprise !


_ Nous sommes d’accord, Meredrine sonne mieux que Guidjek. Je l’embête quand je peux avec ça. Ça le contrari comme tu l’imagines bien, mais c’est tellement drôle quand il prend la moue parfois ! Mais ne t’y risque pas, je pense être encore en vie seulement parce que je suis sa femme !

Edel sourit encore et se leva. Locktar… ha ça oui ce qu’il pouvait être drôle quand il s’échauffer pour un rien ! Elle n’était pas sûr de pouvoir se passer de ces moments en vieillissant, alors il n’avait cas bien se tenir !
La jeune femme souria encore à son invité en s’éloignant de son bureau et par la même du plateau tant haï.


_Ne restons pas assise ici. Suis-moi. Passons plutôt au salon, les fauteuils sont plus confortables et tu pourras t’y étendre plus aisément qu’en étendant tes pieds sur mon bureau.

Edel se massa distraitement les tempes en soupirant. Elle aimait de plus en plus pousser cette porte qui donnait sur le petit salon ouvert sur le balcon. La vue donnait directement sur la forêt du parc et l’air qu’elle laissait toujours entrer dans la pièce la revigorait. La petite bibliothèque qui tapissait l’un des murs donnait une atmosphère chaleureuse. Une cheminé renforçait l’effet et la chambre qu’elle partageait avec Locktar dissimulée par un simple voile qui coupait la grande pièce en deux, la rassurait. D’ailleurs son regard s’y attarda quelques secondes avant qu’elle ne se dirige complètement vers l’un des deux fauteuils, laissant à Shawna le plus long.

Elle ne l’avait dit à personne, même si elle se doutait qu’Amir en sache quelque chose, mais elle s’était déjà plusieurs fois assoupie sur le long divan confortable.
Les rêveurs lui avait dit qu’elle serait sans doute fatiguée au début et que cela s’attarderait si elle ne faisait pas attention, mais y faire face, c’était vraiment… épuisant.


_Qui est Zaé ? interroge-t-elle curieuse d’en apprendre plus sur la personne qui sauvait indirectement son quotidien d’une longue agonie Pour ma part, mon obsession est malheureusement plus coûteuse que des cerises. Je suis folle des pâtisseries que confectione le cuisinier ici. Surtout celles avec plein de crème. Ne le dit pas à Locktar, mais j’en ai tout un stock dans un de mes placards, soigneusement rangé dans une boîte. Une vraie folie ! Le soir parfois quand je n’arrive pas à dormir, je m’assoie prêt des portes vitrées du balcon et j’en mange en regardant dehors. Edel fit la moue avant de poursuivre C’est comme… avoir une soif intarrisable. Je pourrais en manger toute la journée ! En faire ma seule alimentation. Je pourrais, j'en suis sûr! - réflexion - Enfin, pas quand de mauvaises odeurs m’assaillent par contre. Même certaines que j’aimais avant… me sont devenues insupportable. A ce moment on pourrait me mettre un couteau sous la gorge que je ne pourrais rien manger.se calant un peu plus dans son fauteuil, elle eut l’air pensive puis ajouta En vérité concernant Locktar, je le soupçonne de réapprovisionner ma cachette en douce depuis qu’il sait pour… enfin tu vois. Mais j’aime bien ce petit jeu ! Il pense que je ne sais pas qu’il sait pour ma cachette ! J’y trouve parfois de petits gâteaux que je n’ai pas choisis. elle soupira, amusée, il était si attentionné parfois mais qu’importe, je les mange toutes de toute façon ! TOUTES !

Edel rougie un instant, ce qui lui rappela qu’elle avait cette réaction depuis qu’elle était petite, à chaque foi qu’elle était prise à faire une bêtise.
Décidément, certains traits pouvaient vous suivre de la naissance jusqu’à la mort, aussi sûrement que le sang coule tout ce temps dans vos veines !

[i]


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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeLun 8 Oct 2012 - 10:57

Shawna haussa les épaules.

- Lui laisser temporairement la place ne pourra faire de mal à personne. Il sait ce qu’il fait. P’t’être pas tout de suite, mais toi, tu vas avoir besoin de repos, aussi. Et nan, c’est pas si évident à voir, pas quand la grossesse est si peu avancée, sauf quand on a une famille nombreuse et des tantes qui papotent en comparant leurs grossesses à table…

Petit sourire. Bon sang qu’elle aimait les repas au ranch, quand Ombeline leurs préparait des festins paysans, et que tout le monde se retrouvait dans cette ambiance chaleureuse, où il se passe toujours quelque chose… Enfin, elle n’y était plus.

- Y a un herboriste, à Al Poll, rue des fougères.

Se relevant, Shawna attrapa un morceau de parchemin vierge sur le bureau d’Edel, puis, attrapant sa plume en grimaçant – elle avait du mal à tenir l’instrument – elle traça quelques lignes, à l’encre, sur la feuille.

- Ca, c’est la place avec la fontaine… Là, le Dragon Vert… Ben faut prendre la petite rue qui descend, derrière, puis là, y a une allée avec du lierre sur tous les murs, tout est envahi, et c’est là, fin faut réussir à trouver la porte sous les végétaux quoi…


Elle reposa la plume, et lui laissa la carte rudimentaire.

- Mais sinon, y a aussi une gamine, ici… Mince. J’sais pas si elle est encore là en fait. Une petite fille, cheveux noirs, yeux bleus… Elle s’baladait pas mal dans les jardins, et elle s’y connait vraiment bien, en plantes, elle a peut-être encore mieux…

Le souvenir de la gamine l’assaillit assez soudainement – que lui était-elle arrivée, finalement ? Est-ce que quelqu’un avait fini par s’occuper d’elle ? Parce que, au fond – Shawna l’avait abandonnée comme les autres. Kylian s’en était peut-être occupée ; non, elle en doutait fortement, il n’avait pas une tête à s’occuper d’une gamine. Trou noir d’inquiétude, dans le cœur de Shawna – qu’elle finit rapidement par boucher. Où qu’elle soit, ce n’était pas comme si elle pouvait faire quoique ce soit, maintenant, pour la fillette. Elle était débrouillarde, elle s’en sortait certainement bien. Bon, peut-être qu’elle ferait un tour pour savoir ce qu’il en était, quand même, avant de partir. Mais bref – Edel. Shawna fouilla dans son sac, et en sortit un deuxième sachet ; c’était tout ce qu’elle pouvait faire pour le moment, elle n’en avait pas d’autres.

- Par contre je te déconseille d’en mettre partout, à forte dose, ça peut provoquer des migraines.

Shawna retira ses pieds de sur le bureau d’Edel, et la suivit sans plus attendre. Bon sang qu’elle avait raison, elle n’avait jamais mis les fesses sur un siège aussi confortable… C’est sûr qu’en grandissant là-dessus, les nobles ne risquaient pas de se faire à la pierre dure. Enfin bon. Elle s’étira de bonheur à la manière d’un chat, puis s’installa, un bras autour du dossier, regardant Edel avec un sourire ingénu.

- Zaé est l’une de mes tantes, donc. La dernière et la première à être passée par là…

Elle ne resta pas longtemps à profiter du fauteuil – elle se leva comme un ressort aux paroles d’Edel, et ouvrit un placard au hasard.

- C’est celui-là ? Non ? Aaah.

Edel rit ; et grâce à ses instructions, Shawna sortit rapidement la boîte de pâtisseries sans trop farfouiller dans les affaires personnelles de la première gardienne.

- Amir m’a confié la mission de te faire manger, ce sera donc le cas, et autant que ce soit meilleur que cet horrible plateau !

Elle posa la boîte sur les genoux d’Edel, puis retourna sur son fauteuil.

- Et si tu pouvais, en même temps, me raconter l’histoire des Hil’ Meredrine, j’en serai vraiment ravie – maintenant que j’y crois…

Grimace entendue. Elle se souvenait avec tellement de vivacité de la manière dont elle s’était moquée d’Edel, quand celle-ci lui avait dit être fille de légendes, et que le silence de Shawna était primordial à sa survie… Et elle avait eu tellement tort. La grimace serait bien la seule marque que Shawna laisserait à Edel pour lui faire comprendre qu’elle avait eu raison, et qu’elle se repentait de sa grossière erreur. Après tout, c’était logique, hein – quelle était la probabilité qu’une histoire pareille soit vraie ?

[ hug ]


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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeDim 21 Oct 2012 - 20:00

Edel tapota distraitement les côtés de la boîte aux gâteaux que Shawna avait fini par trouver.
Le regard contrarié, la jeune femme observait les gâteaux d’un œil plus qu’intéressé, mais les effluves du plateau repas encore présent dans sa mémoir…
Barrant précipitement ses lèvres d’une main tremblante, la jeune femme eut beaucoup de mal à réprimer le rejet de son estomac.
Elle poussa brusquement la boîte en se levant vivemant.

Ouvrir les fenêtres. C’était une bonne idée.
Elle avait hâte de ne plus être autant malade. Elle n’aurait jamais cru que cela puisse être aussi pénible un début de grossesse. Et tout le monde qui soudain prend des pincettes à votre sujet…
Edel massa doucement ses tempes douloureuses. Tout cela était… tellement effrayant. Elle allait avoir un enfant. Les seuls moments où elle se trouvait bien avec cette idée, c’est quand Locktar et elle en parlaient longuement le soir, juste avant de dormir. Allongé contre lui, elle ne savait pourquoi mais elle se sentait plus forte. A la hauteur de ce qui allait les attendre. Et puis au matin… quand ils se séparraient, elle se sentait de nouveau comme… totalement nue. Sans amour, sans protection, sans simplicité et un bon nombre de chose lui devenait incroyablement insupportable. Parfois même des crises de larmes la surprenaient au détour d’un couloir ou en pleine lecture d’un rapport. Le sentiment incroyable d’être la dernière des dernières, un cas irrattrapable… voilà tout son monde quand Locktar n’était pas là pour lui dire les mots, ou simplement là par sa présence. C’était quelque chose de totalement absurde ! Elle n’avait osé en parler à personne tant elle trouvait cela étrange.


_Je ne connais pas cette fillette. Mais tu remerciera ta tante pour moi.


Edel sourit. Shawna et sa famille... c'était visiblement toute une histoire chez elle aussi.
L’air frais apaisa les battements violents de son cœur et la jeune femme alla de nouveau s’asseoir en plaquant obstinément à son nez les plantes miraculeuses.
Elle prit le temps de reprendre son souffle, avant de répondre encore :


_L’histoire de ma famille ? regard interloqué - Que se passe-t-il Shawna ? Tout va bien ?

En fait, elle n’avait absolument pas envie de parler de tout ça. Et puis c’était quand même étrange que Shawna vienne la voir pour raconter une histoire comme celle… de sa famille.
Son regard tomba un instant dans le vide et puis se reprenant, la première gardienne s’installa plus confortablement dans son fauteuil, bien loin de toutes nourritures.
Rue des Fougères, fut méticuleusement gravé dans un coin de sa mémoir.
Pourquoi se sentait-elle si maaal ?
Se tenant le ventre elle ajouta en amenant à elle un coussin qui trainait par là :


_Pour Amir c’est plus ou moins réglé. Locktar a longuement insisté pour que je fasse ce que tu viens de me conseiller, afin que nous ayons plus d’occasion de nous voir. elle soupira et fut soulagée que la violente nausée se dissipe enfin Ce n’est pas encore au point, mais on y travaille. Crois-moi bien qu’Amir y travaille, il ne veut plus que je fasse quoi que ce soit de mes mains. Seulement signer et encore il contrôle ouvertement le flux de ces documents. Par la Dame, parfois toutes ces précautions m’horripilent. Je suis vraiment contente que tu sois là. Même si la raison de ta venue est visiblement… peu réjouissante.



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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeJeu 13 Déc 2012 - 23:39

Shawna leva les sourcils.

- Ben pourquoi ça n’irait pas ? Y a un problème à parler famille ? J’aime bien parler de la mienne, moi. C’est quand même un truc vaaaaguement important dans nos vies.

Regard moqueur.

- J’te parle bien de ma tante. J’peux te raconter les maladresses de ma sœur, aussi, si tu veux, ou la foire d’Al Vor avec mes cousins… Yeleen, c’est une vraie gamine. En même temps elle a quoi, seize ans ? Donc normal qu’elle joue un peu à la princesse. Fin non, j’faisais pas la princesse à son âge, en fait. Et Nahémi non plus, mais ça aurait été tellement drôle. En fait c’est le gentil petit canard, j’crois, quoiqu’on puisse pas dire qu’elle soit plus sage ou moins bruyante que les autres… En même temps quand on est trente-six autour de la table à parler en même temps, bon. Le seul à être muet comme une tombe, c’est Mateo, le jour où j’entends de nouveau sa voix j’veux bien faire six fois le tour d’Al Poll à cloche-pied.

Petit nuage noir sur son visage de suie ; en fait, c’était stupide, de mentionner Mateo, ça ramenait trop de souvenirs à la surface. Elle pouvait bien se moquer de son mutisme – elle savait parfaitement d’où il venait. Ca n’existe pas, les familles vraiment heureuses, il y a toujours la vie pour s’en mêler ; et la mort de sa tante n’était qu’un des nombreux trous qui perçaient la sienne. Elle avait une chance phénoménale, cependant – c’est que malgré les trous, les siens formaient quand même une tapisserie vachement belle.

- Mais en fait on s’en fout.

Ce n’était pas d’elle qu’elle était venue parler ; elle la connaissait, son histoire, pas besoin de la raconter. C’était celle d’Edel, qu’elle était venue recueillir.

- Et donc quoi, parler famille est forcément un grand malheur ? Vous êtes pourchassé, t’es la seule survivante, tout le monde est mort, tu as une histoire tragique, c’est devenu tabou de mentionner l’existence de ses frères et sœurs ? Y avait qui, à ton mariage ? Locktar, il était toujours en tenue guerrière ou il s’est détendu un peu pour l’occasion ?

Après tout – l’histoire qu’elle voulait entendre, ce n’était pas celle qui était déjà contées ; quelque part, on s’en foutait, des Gants. Ce qu’elle voulait savoir, c’était ce qui était vraiment – elle voulait se faire une image de son père, l’enfance qu’elle avait eu ; à quoi ressemblaient les discussions à table ; à quoi ils jouaient enfants ; être porteurs de la malédiction devait forcément avoir une influence sur ce qu’ils étaient, certes, Edel en était la preuve vivante, mais justement, comment le vivait-elle ? Elle était une guerrière hors du commun, recherchée par une guilde entière de mercenaires ; mais elle était aussi une femme, une femme exceptionnelle, et quelque part, c’était ça aussi, que Shawna voulait capturer. La véritable essence. Elle se leva, pour aller se pencher à la fenêtre, et regarder en bas ; puis se retournant vers l’intérieur, elle s’appuya contre le rebord, le vide à son dos, avant d’ajouter :

- Elle est super réjouissante, la raison de ma venue ici, j’ai envie d’écrire des chansons. Et pas celles avec les violons qui larmoient, ça j’peux te le promettre.

Shawna lui fit un clin d’œil provocateur, avant de sourire.

- Une chanson sur toi, si c’est pas super flatteur ça… Tu s’ras évidemment la première à l’entendre, et si y a le moindre risque pour les tiens, t’auras la permission de censurer mon incommensurable génie – et j’peux te promettre que c’est pas une permission accordée à n’importe qui.

Révérence moqueuse. Regard en biais vers les gâteaux.

- S'tu manges pas, j'me sers.



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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeLun 18 Fév 2013 - 13:36

Edel sourit.Yeleen, Nahémi, 36 autours de la table… Matéo qui était muet…
Ses yeux tombèrent dans le vague un instant, avant de revenir à la boule d’énergie que Schawna était.
Ils avaient eux aussi un Matéo muet chez eux. Loric…comment allait-il d’ailleurs…

La jeune femme suivit attentivement tout le reste du discrous de la jeune artiste qui lui demandait d’être son inspiration. Elle eut un petit rire quand la demoiselle jura de ne pas vouloir de « violons qui larmoient ».
Une chanson sur elle. C’était effictivement un honneur, oui… présenté comme ça, peu de gens pourrait refuser, Schawna avait un grand sesn des affaires ! Des chansons inédites elle en écrirait certainement des milliers si elle continuait avec cet entrain là !

Se redressant contre un coussin la femme enceinte trouva enfin la position qui lui convenait le mieux alors que la bouche pleine, Schawna attendait sa réponse.


_Si c’est pour la joie alors… - elle réfléchit un instant, avant de se décider à répondre aux questions de la jeune compositrice Il y a eu foule au mariage. Cependant, seuls quatres représentant de ma famille étaient présent. Je dois avouer toute foi, que je n’en avais pas tant espéré et c’était une venue qui m’avait laisser dans une angoisse profonde, les deux dernières semaines de préparation. En ces temps troubles, ce type de déplacement par les miens est devenu une manœuvre véritablement périlleuse. Audric a été mon premier témoin. Il a défié Locktar dans un duel au premier sang versé, comme le veux la coutume chez moi. Celui-ci s’étant présenté à la cérmonie sans armes, à dû se battre avec la mienne. Chez moi, cette coutume est plus une formalité et un moment de réjouissance car tout est déjà conclu au préalable, mais cette foi là… c’était la première foi que ma famille et Locktar se rencontrait. J’ai eu peur qu’Audric lui fasse regretter de vouloir se lier à moi… - elle repensa au duel de la grande salle et aux regards de son frèreIls ont terminé exécquo, une surprise pour tout le monde et moi la première. C’est Primaël qui a tiré la flèche des réjouissances. regardant Schawna elle expliqua Les triplets sont venus également. Primaël, Léandre et Médéric… je n’avais pas réalisé à quel point ils avaient grandit jusque là ! Je ne pensais pas qu’ils seraient assez agé à mon mariage pour que l’un d’eux puisse avoir le privilège d’être le tireur. regard songeurEt Locktar était… tout simplement splendide.

Sourir niais et soupir d’aise.
Ça avait un jour magnifique, une fête magnifique. Un excellent souvenir! Elle y repensait souvent et se plaisait à revoir le visage de ses frères heureux, mais aussi Locktar bien sûr et ce superbe dessin… ha oui elle devait lui raconter !


_Après les vœux, un très vieil ami de mon père a matérialisé au plafond de l’immense salle, des pétales et des fleurs de toutes les couleurs ! Elles sont retombées sur toute l’assemblée, c’était vraiment magnifique… mes frères ont organisé une fête secrète, en plus de celle de la grande salle. C’était dans un lieu beaucoup plus intimiste, un univers qu’Audric savait pour me plaire. Avec Locktar et quelques invités qui avaient sut suivre les indices d’Autric, nous avons joué et bu longtemps, peut-être trop bu d’ailleurs. J’espère sincèrement que Kylian par exemple n’en a gardé aucun souvenir, j’ai quand même faillit terminer nue comme un ver avec leur jeu de carte !

Edel rigola en saisissant quelques brides de souvenirs liés à la fête en elle-même. Ce qui n’était pas chose facile.

_Donc pour te corriger, je ne suis pas la seule survivante de ma famille ! Aucun de mes frères, de fratrie bien sûr, ne sont encore tombé. Je ne sais pas ce que tu voudrais savoir, mais je vais commencer par les nommer. Peut-être du plus vieux au plus jeune ? - concentrationLéopold et Solivan sont les aînés, le premier à 4 enfants et le second 6. Ensuite il y a Guylain qui a un fils. Aldric et Ephrem est la seconde paire de jumeaux. Le premier à 2 enfants, mais Elise sa femme, est morte en couche il y a déjà quelques années. le regard triste elle dit à la jeune artisteJe t’en parle mais ne m’enssionne aucun de leurs prénoms ou détails de ce type, d’accords ? soupirant Edel reprit J’ai été la suivante, puis après moi Audric dont le frère jumeau n’a pas survécu à la naissance. Je pense qu’affectivement il s’est accroché à moi comme il aurait dut être au frère qu’il n’a jamais eu. Viennent alors les triplets que j’ai déjà nommés et enfin Léonie et Loric. Léonie n’a pas survécu à une méchante fièvre attrappé lors d’un hiver difficile. Loric, qui est devenu un jeune homme très intelligent, il me semble qu’il va sur ses 19 ans, n’a pas réussit à surmonter la perte de sa jumelle. Ils avaient presque 5 ans révolus cette année là. Il est un peu… notre Matéo à nous et je ne me souviens pas non plus du son de sa voix. Bien qu’il parraitrait qu’il discute parfois avec mère… je n’en serais pas étonnée d’ailleurs, elle a toujours sut comment s’y prendre maman. Une bien grande femme... plus que je ne pourrait jamais l'être, c'est certain.

Edel s’interrompit, émue. Non, définitivement non… leur histoire n’était pas très réjouissante et les bons souvenirs sucitaient plus une nostalgie douloureuse lié à une époque à jamais terminée, qu’une bouffée de joie gratuite et innocente.
Ils lui manquaient tellement tous…


_Ou alors, je pourrais te raconter certaines de nos bêtises aussi, mais bon... ce n'est pas très glorieux et plutôt intime. Même Locktar n'en sait pas la moitié du quart d'entre eux.



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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeSam 9 Mar 2013 - 15:07

Shawna sourit, satisfaite.

- Une famille unie malgré le destin qui tente à tout prix de les garder séparés !

Elle la voyait déjà, son épopée – et la ritournelle déjà lui restait dans la tête, tournoyante, envoûtante, et refusant de se laisser distancer. Elle marmonna, pour elle-même :

- A la famille loyauté…

Puis, relevant les yeux, elle sourit à la blonde Gardienne. Elle avait toujours l’air aussi fatiguée, mais parler des siens, et se laisser aller à une discussion amicale, semblait rallumer un peu les rayons sur son visage. Elle aurait pu tant flamboyer, la guerrière aux yeux clairs, si la malédiction n’avait pas fait peser tant de soucis sur ses épaules… Mais il y avait toujours les petits moments de joie, et si Shawna avait été un chat, elle aurait ronronné paresseusement à l’idée d’en faire partie.

- T’sais, nos familles se ressemblent beaucoup, en fait, à part que la tienne est vachement plus à cheval sur les conventions. Fin remarque, nous aussi on a nos traditions, ce sont juste pas les mêmes… Nous, à un mariage entre Itinérants, déjà, on offre toujours des Vœux au couple. Des mots – genre un poème parfois mis en musique, qui les suivra toujours, cadeau intangible pour leur ouvrir les routes, et les meilleurs espoirs pour la leur. Et puis après, ils partent sur les routes, juste tous les deux, pendant sept jours, et il est dit que le chemin qu’ils prennent, les signes qu’ils croisent, auront un effet sur leur vie future. Qu’en général, ils trouvent un protecteur – symboliquement, hein. Parce qu’on n’a pas de toit, quand on est Itinérant, alors, il faut bien qu’il y ait quelque chose qui fasse qu’on est chez nous sur les chemins, et ça, c’est surtout la famille, c’est la chose la plus importante au monde, la famille… Etre seul, sur les routes, c’est juste triste à mourir.


Et ennuyeux, aussi. Personne à embêter…

- J’aime bien Primaël, comme prénom. Et sinon, il a l’air chouette, Audric, y a moyen que je le rencontre, faire un petit coucou ? Les triplets, ils sont mignons ? On sait jamais, des fois qu’il y en ait un qui me convienne…


Sourire moqueur, pour montrer qu’elle rigolait – l’idée de lier sa famille avec celle d’Edel, et de choisir son futur parmi des triplets au visage semblable (quoiqu’Edel n’ait pas dit qu’ils étaient de vrais triplets), pour choisir son préféré, la faisait mourir de rire. Apprendre la mort de sa sœur, par contre – perdre un enfant était l’une des pires choses qui pouvait arriver. Mais ne pas s’y attacher – ne pas le mentionner, parce que c’était plus simple, mais le savoir, et puis savoir aussi qu’Edel lui faisait assez confiance pour lui dire tous ces noms (et, accessoirement, pour les retenir, ce qui n’était peut-être pas aussi lucide de sa part).

- J’suis contente que t’aies pu les revoir un peu.


La famille ne nous quittait jamais vraiment, où qu’on soit – mais elle devinait, dans son ton nostalgique, à quel point il pouvait être difficile, parfois, d’être éloignée d’eux.

- Tu verras – je t’écrirai la plus belle ballade de Gwendalavir tout entier, et toute ta fratrie en sera honorée et voudront me couvrir de faveurs en remerciement. Et puis toutes les autres familles en crèveront de jalousie, et je serai noyée sous les demandes. Shawna Djee, barde personnelle des Hil’ Meredrine ! Et puis des futurs Hil’ Guidjek, aussi. J’ai hâte de les voir, ces petites bêtes-là – elles auront forcément du caractère, et j’parie qu’elles feront de pires bêtises que toi et tes frères et moi et mes cousins réunis.

Roulement des yeux – elle n’était pas sûre qu’Edel gagnerait au concours des pires conneries…



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Edel Hil'Guidjek

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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeJeu 16 Mai 2013 - 16:37

(Je suis impardonnable! Excuse moi vraiment du retard >< )



Edel écouta la description complémentaire de sa famille, que Shawna apportait avec un naturel agréable. On ne parlait que rarement à cœur ouvert avec elle. Même Locktar, qui avait un tempérament plutôt secret ne s’adonnait que rarement à l’exercice. Et puis son milieu, n’en parlons pas…
Entendre Shawna raconter était un ravissement. Le ton, le timbre, tout était là pour faire que le moment soit agréable. Et puis la jeune fille haute en couleur avait raison : leurs familles n’étaient pas si différentes…


_Une bien belle tradition que celle que vous appliquez pour vos mariages.tenu –t-elle à remarquer à haute voix. - Très poétique également, comme vous le semblez vous-même tous un peu visiblement. Je connais mal les Itinérants, mais la description que tu m’en fais est plutôt flatteuse.

Edel rigola ensuite de bon cœur à la demande de renseignement quand au possible potentiel de ses jeunes frères pour Shawna. Enfin parler de ce qu’elle aimait peut-être le plus au monde : ses frères !
Elle joua le jeu ne lésinant pas sur la réponse :


_Mes frères sont… - réflexion et faible sourir pour adoucir sa prochaine certitude- sans paraître arrogante bien sûr… disons que la nature les ont bien gâté. Ou encore que mère est incapable de mettre au monde des enfants moins beaux que les plus beaux joyaux de cette terre. rireComme tu le vois je ne suis pas très impartiale ; ce sont mes frères ! J’aime faire leur éloge. Je connais leur petit minois depuis leur naissance et tous leurs traits de caractères… enfin du moins pour les triplets, cela fut ainsi il y a un temps. Maintenant qu’ils sont devenus des hommes pendant mon absence auprès d’eux, j’en sais un peu moins sur cette joyeuse petite bande de trois. A priorie ils n’ont pas changé des masses. Ils se bagarrent toujours autant et plus férocement qu’aucun d’entre nous (les autres) ne le pratiquait avant. Plus que par jeu je veux dire, ils se frappaient réellement.Edel secoua la tête pensivement en se souvenant de cette période - Cela vient du fait qu’ils nous ont toujours prit comme exemple immédiat en grandissant et particulièrement Audric. Toute leur enfance ils ont cru qu’Audric et moi nous nous frappions réellement pour nous faire du mal et que c’était notre façon d’exprimer notre amour fraternel. Enfin, nous nous frappions pour de vrai certes, mais quand même avec modération. Mettre définitivement au tapis son compagnon de jeu favori n’aurait pas été très intelligentregard interpellé sur cette fenêtre du passéJe ne saurais vraiment dire mais… il me semble qu’Audric à toujours eut cette… comment dire… enfin c’est en gentleman ! sourire franc à Shawna alors qu’elle cherchait encore ses motsIl est comme ça, il a ça dans l’âme. Ce n’est pas qu’il retenait ses coups ou qu’il se comportait différemment avec moi parce que je suis une fille; et ça je peux le certifier cicatrice à l’appuis ; et pourtant… comment expliquer quelque chose d’aussi intangible ? Il avait ce petit quelque chose… cette sorte de respect intuitif, qu’il a toujours d’ailleurs, envers les autres et moi également. Je ne sais pas le décrire, c’est quelque chose qui lui est propre.silence puis abandon - Pour poursuivre donc, il n’en est pas de même pour les triplets. Leurs jeux de bagarres ont toujours été particulièrement durs et brutales, même pour des frères. Ils se sont plusieurs fois chacun cassés plusieurs choses, car en prime il a fallu qu’ils soient incroyablement casse-cou. Ce n’était pas forcément par méchanceté qu’ils se bousculaient autant, mais c’était leur sphère à eux, dans laquelle ils aimaient à évoluer. Ils pensaient que c’était comme ça pour Audric et moi et puis après, ça leur est resté.

Sans vraiment s’en rendre compte, Edel se pencha pour s’enparer d’un gâteau moelleux et le fourrer dans sa bouche, toujours dans ses pensés. Comment ses frères avaient pu croire un jour que prouver à l’autre qu’il est important, c’était lui fondre dessus à coup de poing bien sentis ? Audric et elle s’étaient beaucoup bagaré également il était vrai et très souvent jusqu’aux larmes, mais pas souvent à ce point là quand même…
Edel reprit sans avoir totalement terminé sa bouché, là encore en ayant pas conscience. Elle regarda Shawna.


_Mais ne te méprend pas. Ils ont toujours été inséparables, c’était... presque physiquement impossible. Je pense que leur lien à eux trois est d’une force qui dépasse l’entendement de beaucoup de personne, peut-être moi-même compris. Etrange en sommes de s’aimer si fort de cette façon. soupir et clin d’œil à Shawna. Elle se redressa pour lui sourire de toutes ses dents.Mais ce sont de très bons partis. Ils se ressemblent vraiment beaucoup mais ont chacun une attitude, une façon d’être et même des styles totalement différents. J’entends par style leur façon de combattre par exemple, leur comportement aussi, mais également leur façon de se coiffer ou de s’habiller, même si ils ont globalement les mêmes goûts un peu pour tout. C’est une attitude relativement nouvelle qui est survenu avec le désir d’affirmer leur personnalité propre. Enfants ils n’aimaient pas être différencié et en jouait énormément. Maintenant ils jouent à essayer de ne plus se ressembler et de ce que j’en ai vu, ils s’en amusent tout autant à comparer sans cesses leurs choix entre eux, quitte à faire des « échanges » de styles par exemple si c’est nécessaire et dans toutes disciplines confondus.

Enthousiaste à présent Edel sourit à Shawna qui avait aussi la bouche pleine. L’éventualité d’avoir Shawna comme belle sœur était véritablement comique, bien que certainement irréalisable. La jeune fille avait un tempérament de feu que peu d’hommes – parmis ses frères aussi « parfait » soient-ils – auraient le charme assez prononcé pour même espérer le canaliser. Enfin peut-être que d’une blague naîtrait l’improbable. L’un d’entre eux pourrait peut-être, qui savait ?

_Primaël dont tu aimes particulièrement le prénom, (et personne ne t’en blâmera surtout pas moi car il est en effet splendide) doit avoir une énergie au moins supérieur à celle de quatre hommes réunis, à lui tout seul. Je ne l’ai ja-mais vu fatigué, il ne semble pas connaître le sens de ce mot et est sans cesse aux quatres vents. C’est le plus souriant des trois, il sourit sans arrêt. Il a toujours été le moteur des deux autres pour aller fureter un peu partout ou se laisser allé à la rigolade. C’est le plus « bon-vivant » des trois.
Léandre est les plus sensible, et le plus rêveur même si il ne l’est que moyennement. Il a vraiment des valeurs bien ancrées en lui et il a une foi en elles presques inébranlables. Il a l’âme d’un poète assurément, il faisait des merveilles quand son professeur de musique réussissait à calmer un peu le jeu de ces trois tempêtes. Je pense que ne connaît personne de plus romantique que lui. Même Audric n’est pas aussi romantique et je connais toutes ses parades ! La différence est qu’il est un baratineur de première, alors que Léandre est d’une sincérité presque pure. Et bien évidemment tu devineras qu’il est quelque peu timide, mais je crois que c’est lui qui fait les meilleures plaisanteries.

Médéric quand à lui enfin, il est l’élément mystérieux du trio. Il est plus en retrait par rapport à ses frères sans pour autant souffrir d’une quelconque timidité. Il a une maturité différente et est beaucoup plus posé, qu’il a toujours su d’ailleurs tempérer l’un comme l’autre. Si Primaël a toujours été le moteur surexcité du trio, lui a souvent été un frein résonable et efficace à chaque foi que cela s’est révélé nécessaire. Il a un talent certain pour la diplomatie alors même que c’est celui des trois qui a la capacité physique la plus destructrice. Médéric est d’un calme qui ne s’efface que durant quelques bagarres bruyantes et routinières avec ses frères. Il s’est encore assagit la dernière foi je l’ai vu dans ses yeux. Il est celui des trois qui parle le moins, mais qui sait le mieux capter l’attention de son auditoire quand il daigne prendre la parole. – revenant à Shawna qui semblait la regarder pendant qu’elle-même avait le regard plongé dans le passé, elle sourit- Il effrait beaucoup de nos cousins encore aujourd’hui pour avoir donné une correction mémorable à l’un d’eux qui avait osé insulter un jour Léandre puis Médéric. Il faut savoir qu’à l’époque les triplets ne se battaient qu’entre eux, Audric a toujours été une exeption certes, mais autrement aucun autre n’est accepté dans ce petit « rituel ». Médéric n’était pas réputé bagarreur auprès des autres gamins, son intervention en elle-même à coups de poing était un événement en soit.
Edel rit encore en se souvenant de l’effrois de certains petits visages quand Médéric n’était pas loin Tout cela étant dit, son attitude charmeusement ténébreuse en a déjà fait s’évanouir plus d’une.soupir joyeuxC’est un peu un trio infernal. En même temps ils se sont calqué sur un modèle des plus au point : Audric est à lui seul peut-être plus infernal que ces trois là quand il s’y met. Ne rigole pas ! C’est un fléaut pour beaucoup de gens tu sais…

Les larmes aux yeux à force de rire, Edel tenta de reprendre son souffle en replaçant les coussins du fauteuil autour d’elle souriant encore au « ces petites bêtes là » de son amie. Elle ne souhaitait pas non, que ces dernières fassent plus de bêtises que tout ce monde réunis. Elles n’avaient sans doute pas la même mesure des catastrophes enfantines toutes les deux, mais chacun de leurs quatre cent coups dans leur vie respective, était à la mesure de leur mileu.

_Alors ? Audric est toujours ton type après tout ce que tu sais maintenant ? Toi qui semble intéressée jusqu’à vouloir le rencontrer en personne… Tu devras me convaincre d’accepter de t’envoyer vers Audric. Je n’envois jamais aucune femme vers Audric, c’est l’une des règles d’or. Enfin sauf si bien sûr, je n’ai aucune affinité particulière avec la principale intéressée. Il n’est pas vraiment… sérieux avec les demoiselles. Ou alors un des triplets a-t-il réussi à le détrôner pour une foi peut-être? L’un d’eux a-t-il au moins une chance de te séduire ? Edel sécha le coin de se yeux en s’emparant d’un autre gâteau moelleux, un peu plus gros que le premier. Ces merveilles étaient délicieuses à damner par Wildrik lui-même !- Excellente question ça d’ailleurs! Quel est ton type d’homme ?



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MessageSujet: Re: Chante-moi ton épopée [Terminé]   Chante-moi ton épopée [Terminé] Icon_minitimeSam 12 Oct 2013 - 14:54

Des frères bagarreurs ! Oh, elle aurait forcément aimé grandir avec eux. Ses deux sœurs étaient beaucoup plus calmes et pusillanimes qu’elle ; c’était étrange, d’avoir grandi avec deux filles, et d’avoir tant l’impression d’avoir été Garçon. Ses cousins n’y étaient pas pour rien, ses amis des rues non plus. Elle avait toujours été plus entourée d’hommes que de femmes.
 
Alors elle écoutait Edel parler des siens, et elle se sentait bien, là, comme si elle était vraiment la bienvenue chez elle. La famille d’Edel avait peu à voir avec la sienne, et pourtant il y avait la même joie qui bondissait dans leurs yeux et dans leur voix, en parlant, un tissu commun, un patchwork d’êtres et de souvenirs chers. Edel et Shawna aussi avaient un monde de différence ; une famille de guerriers, de héros, de nobles ; une autre de roturiers, d’itinérants, de jongleurs. Et pourtant le même respect. La même vie. Les mêmes valeurs, quand on en retirait les codes et les fioritures.
 
Primaël, énergie pure.
Léandre, poète lunaire.
Médéric, charisme calme.
 
Et les triplets qui prouvaient leur amour à coups de poings ; et elle sentit un élan d’affection irrépressible envers ces trois hommes qu’elle ne connaissait pas l’envahir. Elle pensa à Elio, à Kylian ; à Erwan, et d’autres de son passé ; à Dwelan, à Keo, à Mateo ; et elle les comprenait tellement. Elle avait tant de fois fait de même, tant de fois prouvé la valeur dans ce geste brusque, puissant, empli de l’énergie qu’elle voulait bien y mettre. Les autres n’avaient droit qu’à l’indifférence. Elle avait rarement envie de rencontrer des gens, ne donnaient pas tant de valeurs à ceux dont on lui parlait – ou plutôt, une valeur relative, une valeur liée à la personne qui lui parlait. Les noms dans la bouche des autres étaient des êtres fictifs, des êtres qui peuplaient celui à qui elle parlait, qui faisait de lui ce qu’il était, mais qui n’existaient pas en tant que véritables personnes dans son monde à elle, puisqu’elle ne les avait pas rencontrés. Et elle n’avait pas envie de les rencontrer, en général – elle rencontrait ceux qu’elle avait une raison de rencontrer, c’est tout. Et même les gens qu’elle connaissait – elle ne cherchait pas à les retrouver, pouvait passer des mois à fréquenter une personne parce qu’elle fréquente le même lieu, puis partir du jour au lendemain sans s’inquiéter de ce que les autres penseraient. Elle avait ainsi formé des liens, ici, à Al Poll ; l’aubergiste était devenu un bon ami, et elle serait toujours folle de joie à l’idée de recroiser Kylian ou Elio. Mais elle ne les cherchait pas, non plus, et ils ne lui manquaient pas lorsqu’elle était loin. Elle vivait au présent, elle vivait avec ceux qui l’entouraient, et c’était bien assez. Les seuls qu’elle retrouvait et retrouverait toujours par-delà les chemins, c’était les siens. Sa famille. Personne d’autre.
 
Et pourtant elle se sentait différente, dans les appartements d’Edel ; déjà parce qu’Edel n’était pas l’une de ses personnes qu’elle croisait pour ne plus jamais retrouver, que les circonstances de leur rencontre restaient gravées en elle comme l’une des plus intenses journées de son existence, et qu’elle était à nouveau là, qu’elles se retrouvaient au travers du temps et des voyages. Elle n’aurait pas pu expliquer cette envie brutale de rencontrer les frères d’Edel, de leur donner une existence tangible dans son monde à elle, de faire un pas de plus dans l’univers de la combattante maudite. Cela dit, l’avenir était fait de variables inconnues, et elle lui avait toujours fait confiance – elle n’arrêterait pas aujourd’hui, et ne forcerait ni dans un sens ni dans un autre. Elle rit ouvertement aux dernières questions d’Edel. Les yeux plissés de joie, elle sut accepter avec reconnaissance le compliment caché dans ses paroles – savoir que la guerrière l’estimait était un beau cadeau.
 
- Tu penses vraiment que j’ai besoin d’être protégée de qui que ce soit ? J’peux même désarmer à mains nues des mercenaires qui jouent avec des chaînes, ton frère ne me fait pas peur !
Elle sourit encore.
- J’suis pas vraiment sérieuse avec les hommes non plus, remarque, et c’est pas moi qui risquerais de me faire embobiner par ses baragouinages. Surtout que si c’est son genre, de sortir des phrases bateau, c’est moi qui risque de ne pas du tout lui plaire.

Elle rit encore à cette idée saugrenue. Les romantiques, elle avait tendance à les casser de quelques phrases bien senties, elle trouvait ça tellement pathétique… Se calmant, elle fit ensuite mine de réfléchir sérieusement à la question d’Edel – mais le sujet ne s’y prêtait pas. Shawna tenait trop à son indépendance pour envisager de se lier à un homme, et elle avait un dégoût viscéral pour tout ce qui touchait à l’amour. Ces femmes qui se transformaient en guimauve, qui passaient leur vie à attendre comme des gourdes, qui s’inventaient des tragédies, lançaient des ultimatums tragiques - « je ne peux pas vivre sans lui ! » Ça lui donnait envie de gerber, tout ça. Elle, quand elle passait un bon moment avec quelqu’un, ou que quelqu’un lui plaisait, elle profitait du moment, dégoulinait de vie ; et quand c’était fini, c’était fini, et elle allait respirer un autre air, ailleurs, de grandes goulées qu’elle aimait tout autant. Sa mère était comme un modèle – mais elle n’avait jamais compris que son père puisse l’attendre ainsi, et même vouloir passer sa vie à lui appartenir. Ça n’avait aucun sens…

- Mais de Primaël, Léandre ou Médéric… Pourquoi pas les trois à la fois, s’ils sont si inséparables ?
 C’était peut-être un peu osé – vu l’éducation d’Edel, elle n’était pas sûre qu’elle prenne bien la blague, même assorti d’un clin d’œil sans subtilité. Mais Shawna n'avait pas pour habitude de se retenir ou de prendre en compte ce genre de considérations... Elle ajouta, d’un air un peu plus sérieux :

- Sérieusement, aucun, en fait. Mon type d’homme, c’est le type qui me fiche la paix.
La réponse ne l’était pas, cela dit, sérieuse – elle disait un peu la première chose qui lui passait par la tête, un moyen de virer la question, et d’asserter haut et fort son indépendance, ce qui, au fond, était la seule chose qui lui importait pour le moment. Elle ne cherchait pas à plaire, et ne tomberait jamais amoureuse, n’était pas assez pathétique pour ça.
- Bon, mission accomplie – t’as mangé, c’est un beau cadeau.

Shawna se leva de son siège, et vint poser ses lèvres sur la joue d’Edel.

- Sois-sage et repose-toi, aussi, sinon j’ramène les triplets foutre le bordel à l’Aca et là c’est sûr tu vas pas dormir pendant des jours. J’reviens te voir bientôt pour vérifier, et te faire entendre ta Chanson !
[Edel hug Réponse toute aussi tardive que la tienne, mais j’espère qu’elle te fera plaisir ! Je t’envoie un mp, j'ai plein de propositions pour la suite ! Wink]



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Chante-moi ton épopée [Terminé]
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