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 Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]

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Gwëll Yil'Sleil

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MessageSujet: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeMar 4 Sep 2012 - 18:42

Ce cours l'avait chamboulée.
Tous ces dangers dont Dame Ril'Otrin avait parlé... ils lui glaçaient le sang. Mais maintenant, c'était un peu passé, quand même. Ça allait un peu mieux, parce que la digne professeur avait pris le temps de lui parler, de la rassurer. Maintenant, était venu le temps des questions. Et pour y répondre, encore fallait il qu'elle lise.

Y a
breuvant sans cesse sa soif de savoir, elle connaissait par cœur la bibliothèque de l'académie.
Elle sortit du clos d'exercices, passa à coté d'un cours de combat musclé. Dut s'arrêter un instant pour ne pas se faire écraser par un duo de combattants. Écouta d'une oreille amusée les excuses du professeur, et les explications des trublions.


...Mais, c'est pas moi, monsieur ! Oui, on s'est bagarrés, et tout... Il frappe fort ! C'est lui qui a commencé, d'abord !

Et le prof de la regarder avec un air las et de lui faire signe qu'elle pouvait y aller, que c'était réglé. Et il prit l'élève qui frappait fort par le col de sa chemise, le souleva de terre et l'entraîna.

...N'aies la ten
tation de frapper aussi fort qu'une seule fois encore, et tu vas voir ce que tu vas voir, toi !...

Ensuite, elle passa la porte principale, n'entendit plus rien de la réprimande, et dut attendre quelques secondes avant de continuer son chemin, ses yeux mettant du temps à s'habituer à la l'obscurité. Ce qui laissa le temps à deux zélés professeurs, qu'elle ne parvint pas à reconnaître, de la doubler en se racontant leurs cours.

...Et là, il m'a répondu qu'il s'en fichait... tu te rends compte ? qu'il s'en fichait !
Le cas ? Le... ?
Oui ! Ne
me dis pas qu'il est sage, dans ton cours ?
Si, si, j'te jure ! Comme une image !...

Alors là... Gwëll venait, à son plus grand étonnement, de découvrir que les prof aussi se racontaient des ragots sur les élèves. Et la pauvre minette en fut choquée. Toutefois, elle se remit en marche, ses yeux réhabitués à la pénombre, et reprit sa route vers la bibliothèque. Elle prit un fois à droite, puis une fois à gauche, emprunta un escalier et fut arrivée.
Sur la pointe des pieds, comme à son habitude, elle pénétra dans ce lieu sacré et repéra immédiatement Enelyë, penchée studieusement sur un gros volume au cuir tanné par les années de bons et loyaux services. Il fallait absolument qu'elle la mette au jus !


'Ly ! Hé ! T
u savais que les professeurs, eh ben ils parlent de nous, entre eux ?

En chuchotant, c'était  pas facile, d'alpaguer quelqu'un. Et comme la dessinatrice avait l'air super, mais vraiment super très occupée, Gwëll laissa tomber, elle lui dirait plus tard, elle aurait bien d'autres occasions.
Alors, elle prit un fauteuil, juste pas loin, posa sa veste sur le dossier, et se retourna vers les étalages. Elle cherchait... Ah, oui, un livre sur le dessin et ses dangers. Son regard parcourut les noms calligraphiés sur les tranches, et tomba sur un livre en particulier. Et là, paf, tourrrrrdemagie. Elle eut tout juste le temps de se laisser tomber dans son fauteuil, et les souvenirs la submergèrent.

***

Tous les soirs, c'était pareil. Elle, elle attendait bien gentiment dans son lit, sous la couverture bien chaude, avec son petit sourire de petite fille. Et elle entendait tous les soirs la même chose. À la fin, elle savait tout par cœur, et elle s'amusait à 'jouer', elle aussi, la scène du soir.


...Coupe l'eau, âne ! Gaïa n'a pas des ressources inépuisable, tu sais... !
Alors, c'est pas moi qui lis !
Âne
, au lit, ne discute pas, ce sera comme d'habitude !
Mais j'en ai marre, c'est pas drôle, c'est toujours moi...
Ah, lis ! N'a ni le sens de la vie, ni l'âme de l'artiste, celui qui ne sait lire ! Tu le sais bien...

Gwëll était habituée à cette joute verbale. Sa sœur ne pouvait s'empêcher de tenir tête à sa mère. Et elle faisait toujours ce qu'on lui interdisait. Mais à regarder ou à écouter, c'était amusant. Et puis, sa mère aussi en faisait beaucoup, aussi, pour lui tenir tête.
Et le summum du summum, c'était quand sa mère appelait sa sœur 'âne', parce qu'elle détestait ça et qu'elle faisait toujours une super grimace quand on la surnommait comme ça.
Et puis, l'histoire commençait, la vrai, après la lecture de l’aînée. Et c'était toujours la meilleure partie de la soirée. Parce que l'histoire, c'était son moment préféré.


...C'est l'histoire d'une vieille dame qui élève mille chats que les pirates Alines ont ramené de leurs pillages et lui ont remis. Rare île aux...
Autre ! Un
conte de fée. Celle là, je l'aime plus.
Tu n'aimes plus l'histoire de la vieille mamie Aline et de ses mille chats, sur leur île magique ?
Non, elle est trop nulle, tu la racontes trop souvent...

Et Gwëll, elle, elle aimait toutes les histoires de sa maman, donc elle laissait toujours sa sœur choisir. Et ce soir, ce serait encore l'histoire de la princesse qui vivait dans sa tour et qui avait des cheveux qui passaient par la fenêtre.
Et, comme à chaque fois, après ce récit là, sa sœur se moquait d'elle et lui disait que si elle avait été la princesse, elle serait tombée par la fenêtre à tous les coups en lançant ses cheveux au prince, parce qu'elle était pas douée, et aussi parce que sa sœur ne pouvait pas s'empêcher d’être vilaine.

Et puis, après, c'était la nuit, elle dormait bien tranquillement, et elle rêvait toujours qu'elle était une princesse. Et le lendemain matin, elle se réveillait toujours en pleurant parce qu'elle avait fini par rêver qu'elle était tombée de sa tour.

Ah, souvenir, souvenirs, quand vous nous prenez !
[si ça te va]


_______________
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Enelyë Ril'Enflazio

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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeMer 12 Sep 2012 - 18:56

« Ne laissez pas votre volonté gronder lorsque votre pouvoir ne peut que murmurer. »

*

Enelyë était sortie du cours de Myra Ril'Otrin et s'était dirigée aussitôt vers la bibliothèque. Elle avait emprunté le même livre que d'habitude, un lourd ouvrage à la couverture noire et aux pages jaunies par le temps. Mais c'était bien connu, c'était toujours dans les livres les plus vieux que l'on trouvait ce que l'on cherchait. Celui qu'elle avait emprunté s'intitulait De l'Art du Dessin. Il y avait bien longtemps qu'elle cherchait dans les mots qui parcouraient les feuilles une quelconque raison à la perte d'un Don.
Elle se doutait, dans le même temps, que si aucun Dessinateur n'avait été dans ce cas, il aurait été sans doute impensable pour ceux qui avaient écrit ce livre de s'y pencher. Mais elle n'était toujours qu'à la moitié, et avait l'impression de ne pas avancer dans sa lecture. Aussi renvoya-t-elle Gwëll, un peu sèchement, lorsqu'elle arriva pour lui parler. Elle feuilleta rapidement le livre, pour voir si un mot accrochait son regard. Mais rien. Rien de rien. Elle soupira, attrapa le marque-page doré et le planta au milieu du livre. Comme il n'y avait apparemment qu'elle qui ait eu le courage de se pencher sur ce volume, elle n'avait pas vraiment peur que le signet soit décalé.

Enelyë soupira en refermant le livre. Elle le posa sur la table devant elle, puis s'affala sur sa chaise, et se mit à observer le plafond. Ça n'avait rien de particulièrement intéressant, on voyait juste les grains de poussière qui passait dans le rai ensoleillé de cette fin d'après-midi. Elle se demanda si elle avait toujours la liste d'ouvrages que Myra lui avait donné lorsqu'elle lui avait demandé si on pouvait perdre son Don. Elle s'était promis de la consulter, mais elle avait oublié, alors elle avait pris le plus gros bouquin qu'elle avait pu trouver, espérant que la réponse y serait. Mais il ne parlait que des cercles, de la façon de les lire, et donnait des conseils pour équilibrer ses pouvoirs.
Choses qui auraient pu intéresser Enelyë dans d'autres circonstances, mais elle n'aimait pas ne pas trouver ce qu'elle cherchait, alors pour l'instant, ça l'ennuyait, juste. Lorsqu'elle décida que les grains de poussière étaient trop nombreux pour elle, elle se redressa, ramena la chaise vers la table avec un léger bruit qui fit tourner les têtes de quelques lecteurs, puis contempla à nouveau le livre, et le petit carnet posé à côté.

Le petit carnet blanc de Myra. Elle s'était souvenue de son existence lorsqu'elle avait vu Loeva avec le sien, à la Vigie. En retournant à sa salle commune, elle avait ouvert le sien, curieuse. Il lui semblait n'y avoir rien écrit, pourtant, il semblait bien qu'elle avait un temps été consciencieuse. Elle avait griffonné quelques petits dessins qu'elle avait fait, qui lui semblaient maintenant d'une simplicité enfantine. C'était vrai que, dans un sens, elle regrettait un peu de n'avoir pas gardé de traces de sa progression. Même si c'était seulement des dessins représentant ses Dessins, parce qu'elle ne maniait pas spécialement bien les mots à l'écrit.
Elle attrapa le crayon qu'elle avait apporté aussi, et essaya de décrire précisément la montre qu'elle aurait à produire au prochain cours. Le souvenir était encore tout frais dans son esprit, et elle n'eut pas trop de mal à lister les différents détails. Sachant pertinemment qu'elle ne se relirait sûrement pas, et que ses souvenirs seraient de nouveau flous lorsqu'elle passerait le seuil de la salle de Dessin. Mais après tout, avec un peu de volonté, elle parviendrait sûrement à s'en souvenir.

Gwëll était assise dans un fauteuil un peu plus loin. Enelyë s'en voulait un peu de ne pas l'avoir écouté et après être allée posé le livre sur le bureau de la bibliothécaire, elle était allé s'installer à côté de son amie. Elle rangea le carnet dans le sac qu'elle emportait toujours avec elle puis s'installa confortablement, ses jambes tout contre elle.

- Alors comme ça, les profs parlent de nous ? Désolée pour tout à l'heure, j'voulais pas être désagréable, j'étais juste un peu occupée. Le Dessin, tout ça …

C'était fou comme ça l'obnubilait, depuis peu. Elle avait toujours essayé de garder une certaine distance avec le Don, parce que quand elle était petite, son père lui avait raconté des histoires de personnes qui devenaient folles à cause de ça. Tiens, c'était quelque chose à creuser, ça aussi. Pouvait-on vraiment devenir fous à cause du Dessin ? Elle jeta un coup d’œil à Gwëll, et décida de lui demander son avis.

- Dis, Gwëll, tu crois que l'un des dangers du Dessin, ça peut être la folie ? Ou la dépendance ? Enfin, des trucs dans le genre, tu vois ?

Et elle songea, fort à propos, qu'elle ne devait peut-être pas se poser ce genre de questions.

[ hug ]


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Gwëll Yil'Sleil

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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeSam 27 Oct 2012 - 19:19

Et les images de s'effacer peu à peu. Se diluer dans la brume.
Gwëll revenait doucement de son périple dans ses souvenirs. Les yeux grands ouverts, vides comme si on avait oublié la bande dans la cassette. Et elle voyait le monde se dessiner devant elle, mais plus elle essayait de la regarder, plus son souvenir s'enfuyait, dans les recoins perdus de son esprit.

Le livre, c'était lui qui avait tout déclenché.
Elle se leva, en hâte, lançant maladroitement ses jambes devant elle, tituba, quand son regard devint noir de s'être levée trop vite et elle se raccrocha à l'étagère, comme un alcoolique à sa bouteille, comme un guerrier à son épée, comme un fael à son arc.
Ses doigts se refermèrent sur l'épaisse tranche patinée du recueil. Et elle s'en retourna vers le fauteuil, où elle se laisse tomber lourdement.
Il fallait que les souvenirs reviennent, elle en avait besoin, elle le voulait vraiment.

Oh, c'était si bien, avant. Avant qu'elle ne grandisse, avant qu'elle n'aie de responsabilités, avant qu'elle ne devienne ce Je qu'elle était mais ne maîtrisait pas. Ce Je qui survivait au temps mais sans unité, sans cohérence, ce Je qui lui faisait peur, parfois.
Elle feuilletait les pages, compulsivement, rapidement. Ça devait arriver, ça allait arriver. Il fallait que ça arrive.

Et Enelyë était arrivée. Flottante, glissante, souriante.
Les doigts de Gwëll avaient ralenti leur course, désabusés. Ça ne marcherait plus, c'était plus possible. Ses épaules se relâchèrent, sa tête retomba un peu mollement contre le haut du dossier.

C'est pas grave, c'est moi, j'aurais dû voir que tu étais occupée... Mais c'est sans intérêt.

Et la Kaelem parla à nouveau. Mais le sujet n'était pas le même et le ton encore moins. Devenir fou ? Fou du dessin ?
Gwëll avait du mal à se l'imaginer. Elle avait toujours eu du mal à s'imaginer la folie. C'était pour elle un concept étrange que celui d'être différent de ce que l'on est habituellement, de ne plus être le même, mais de ne pas s'en rendre compte, de ne pas y penser, de ne pas trouver que tout le monde nous regarde différemment et que ce n'est pas tout le monde, qui a changé, mais nous.

Tu crois vraiment que c'est possible ? Ce serait.. terrible. Ça pourrait nous changer comment, tu penses ? On deviendrait tellement dépendant du don qu'on aurait du mal à ne plus voir que par lui ? J'ai du mal à m' l'imaginer...

J'ai du mal à me l'imaginer et je crains que tu puisses avoir raison. Tu imagines, si je n'étais plus moi ? Si je ne pouvais pas m'en rendre compte ? Tu me le dirais hein ? Promets moi que tu me le dirais, je t'en prie. Parce que si tu ne me le disais pas, je ne sais pas si quelqu'un me le dirait. Et je veux le savoir. Je veux tout savoir. Du moins, tout ce qui me concerne.
Moi, je te le dirais, je te le promets. Et je me battrais si tu ne voulais pas l'entendre. Parce que c'est normal, de lutter pour ses amis... On peut considérer qu'on est amies, maintenant, non ?

Tu pense que c'est comment quand on est fou à cause du dessin ?

Peut être qu'on peut plus arrêter de dessiner ? Peut être qu'on devient agressif ? Peut être qu'on devient dépressif ? Peut être juste qu'on oublie qu'on a une vie, qu'on ne vit plus que dans les spires, par les spires ?
En fait, la folie, ça doit faire mal. Pas à soi, parce que la folie n'est pas folle, elle préserve son hôte, mais aux autres. À ceux qu'on connaît et surtout à ceux qui nous connaissent.
Promets moi de ne jamais devenir folle.

[hug parce que tu fais pas encore peur Naif]


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Enelyë Ril'Enflazio

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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeLun 5 Nov 2012 - 16:44

Elle s’installa dans son fauteuil, confortablement, avant de demander à Gwëll si elle pensait que le Dessin pouvait engendrer la folie. Et l’Aequor avait ouvert de grands yeux, un peu étonnés, un peu peut-être apeurés. Elle émit des suppositions, qui laissèrent Enelyë un peu songeuse. Ne plus voir que par les Spires. Comment cela se ferait-il ? Elle imagina un instant, vérifier que chaque chose n’était pas un Dessin, que tout ce qui était à notre portée était réel. Ce serait vraiment se rendre fou. Et comment faire alors si l’on nous empêchait d’accéder à l’Imagination, dans le cas où un Gommeur serait utilisé, par exemple ? Le manque devait être incontrôlable, dans ces cas-là. Car la Kaelem ne doutait pas que le Don puisse être considéré comme une véritable drogue …

Et Gwëll de lui demander sa version de la folie du dessin. Elle hésitait à le dire, devant le regard un peu effrayé de son amie. Elle imaginait tout ce qu’il pouvait se passer dans sa tête. La folie, c’était difficile à décrire au fond. Parce qu’on ne pouvait pas savoir qu’on devenait fous.

- J’crois … je crois que ça peut se manifester de plusieurs façons. Mais au fond, si on devient fou, c’est parce que … on a besoin du dessin, je pense. Alors, quand on l’a plus, on devient fou ? Triste d’abord, puis énervé, ou je sais pas. Ou alors on utilise le dessin à tout va, pour être sûr que tout est réel, parce qu’on aurait peur de vivre que dans le dessin alors qu’au fond ça nous amène à être toujours dans les Spires ? Je sais pas trop. T’en penses quoi toi ?

De toute façon, quoi qu’il en soit, la folie ne devait pas être un état vraiment agréable. D’autant plus que les fous pensent que c’est le monde qui change, et non eux, alors ils se sentent à part. Et se sentir à part, c’est pas cool, parce que soit on se sent en dessous de tout et on déprime, soit on se sent au-dessus de tout et dans ces cas-là, la Dame seule sait ce qui peut arriver. Enelyë se souvenait d’un fou, qu’elle avait croisé dans Al-Jeit une fois, alors qu’elle allait au marché avec son père ; il parlait fort, tout seul, prédisait la chute de l’Empire et hurlait au monde qu’il saurait reconstruire un monde meilleur lorsque ce serait fait. Elle eut un frisson en se remémorant les yeux bleus et déments de cet homme, brillants de la vérité qu’il tenait pour acquise. Une vérité pour lui seul, cependant.

Les élèves passaient tranquillement, s’installaient aux tables avec des livres ou en bavardant doucement pour ne pas gêner les autres. Enelyë aimait l’ambiance de cette grande salle, au son feutré, à la chaleur douce, et surtout, pleine de livres. Mais elle n’aimait pas tellement les diverses conversations qu’elle avait entretenu dans cette salle : sa confrontation avec Ciléa laissait ses traces, qu’elle tentait de masquer toujours, maintenant elle parlait de folie avec Gwëll. Et la plupart du temps, lorsqu’elle se retrouvait ici, elle était seule, et imaginait des scénarios horribles en lisant des ouvrages énormes sur le Dessin. Elle ne trouvait jamais ce qu’elle voulait, alors elle imaginait, et ça ne donnait pas souvent de bonnes choses. Alors elle hésitait sur sa joie à être dans cette pièce.

- Si je deviens folle un jour, tu me le diras ? Je veux pas faire du mal aux gens en me rendant pas compte des choses. Et si le Dessin devient trop important dans ma vie d’après toi, dis-le moi aussi. Parce que comme ça je pourrai peut-être éviter d’être folle.

Il suffisait de regarder ceux qui semblaient accrocher de l’importance aux Spires pour deviner leur folie sous-jacente : Lev, et ses yeux qui brûlaient quand ils dessinaient, au lieu de devenir ternes et éteints comme ceux des autres ; Dame Ril’Otrin, qui semblait si triste lorsqu’elle ne dessinait pas durant les cours, et qui avait repris récemment goût à la vie – soit elle redessinait, soit un événement était venu lui faire comprendre que ce n’était pas la fin du monde – et les autres exemples qu’elle tirait de ses observations enfantines. Non, elle ne voulait pas devenir dépendante de ça. Mais s'y sentait glisser, peu à peu.



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Gwëll Yil'Sleil

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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeJeu 13 Déc 2012 - 17:26

À vrai dire, Gwëll se questionnait.
La folie, celle qui ronge, celle qui prend toute la place, dans une vie et qui écrase le reste, cette folie là même, n'était elle pas une fin en soi ? Parce qu'il n'y avait de doute, elle ne pouvait être engendrée que par une ambition démesurée, une envie d'aller toujours plus loin, toujours plus haut, quitte à négliger ce qui nous entoure.
Et le dessin... N'était ce pas cela aussi ? Repousser ses limites, chercher à s'élever toujours plus haut dans les spires, s'enivrer de ce qu'il n'y avait pas de toit, pas de plafond. Un gouffre à ciel ouvert sans fin.

Comme la folie, le dessin.
La révélation lui glaçait le dos et elle n'osait pas la formuler à haute voix, comme de peur de la rendre véritable. Les choses n'existent que parce qu'on le pense. Si on cesse de croire en quelque chose, elle disparaît.
Mais, était il possible de ne plus croire en la folie ? Car c'était nier bien des choses, bien des aspects de l'être, de chaque être. En chacun réside une part de folie, avait elle lu, une fois, dans un livre et elle se souvenait nettement d'une de ses amies qui disait tout le temps qu'elle était folle, mais avec un grand sourire.
Ce n'était pas la même folie, pour sûr, mais le mot était le même et c'était impossible que de cesser de l'employer. Alors, ils l'employaient. Tous. Tous ces petits être, en Gwendalavir, qui parlaient de folie sans penser à y penser, sans y croire. Juste parce que le mot était beau. Parce que folie, ça ressemble à joli, c'est bien vrai, et elle même le confessait, elle l'utilisait pour cela.


Je sais pas, je veux pas trop y croire, je pense. Ça fait peur, quand même... Tu penses qu'on sera tous fous ? Que la folie, elle est là, elle nous guette ? Si ça se trouve, elle nous regarde, là, maintenant, elle attend de bien nous avoir fait peur, pour venir nous hanter... Le dessin... C'est un chemin vers la folie, je crois... J'ai plus trop envie de dessiner, Ene, ça me fait peur...

Elle eut une moue effrayée qu'elle ne peut retenir.
C'était vrai qu'elle avait peur, et il y avait de quoi. La folie, c'était même pas définissable, on pouvait tomber dedans sans s'en rendre compte, mais on pouvait aussi passer devant tous les jours, comme on passe, le matin devant une porte. Et l'oublier, oublier de s'en méfier.
Alors, si, un jour, la porte s'ouvre, on n'y fait pas attention. Et elle nous gagne, la folie, sans crier gare.


Promis, je te le dirai. Mais, tu crois, que je le verrai ? Des fois, je vois même pas que j'ai mis deux chaussures différentes ou que j'ai mis mon pull à l'envers... Je veux pas que tu deviennes folle parce que je l'ai pas vu.

C'était une grosse responsabilité, quand même, à lui donner, elle qui était pas très responsable, justement. Et elle était pas sûre de pouvoir l'assumer. De vouloir l'assumer.
Elle aurait préféré qu'Enelyë demande à Lya, plutôt, parce que Lya, elle avait plus les pied sur terre. De la terre sur le visage, aussi, mais ça, c'était une autre histoire.


Et, tu voudras bien me dire, pour moi aussi ? Avant que je ne change trop, parce que je crois que quand c'est fait, c'est trop tard.

Est ce que les fous pouvaient changer, si on leur montrait qu'ils étaient fous ? Elle avait de sérieux doutes et elle ne s'aviserait certainement pas de demander à un fou son avis.
Surtout que le dernier vrai fou qu'elle avait vu, c'était pendant la reprise. Cette femme, qui l'avait poursuivie dans le couloir et puis, après son pas sur le coté et qui avait mis le feu aux écuries, pour la brûler vive. Elle, c'était sûr, elle était folle, folle à lier. Et plus jamais Gwëll ne voulait la voir. Plus jamais, jamais, elle avait eu bien trop peur.


Tu crois qu'on peut devenir fou, quand on fréquente des fous ? Je veux dire, tu penses que c'est... Euh, je sais plus comment on dit... Com... Enfin, comme les maladies ? C'est une maladie, tu penses ?

Parce qu'on disait bien des fous qu'ils étaient malades, mais peut être que c'était juste une manière de dire. Les gens avaient pas toujours raison. On dit bien ''on est un...'' bref. Et puis, si la folie se transmettait facilement, ce serait super dangereux, ils seraient tous fous, même, peut être.
Ils étaient tous fous, peut être même ? Peut être que la folie leur avait tous sauté dessus alors qu'ils lui tournaient le dos. Peut être que ceux qui leur semblaient fous étaient les plus sensés, en fait.
Elle s'emmêlait, les idées affluant de toutes parts et elle ne savait plus voir clair, dans tout ce raisonnement tordu.

La folie, c'étaient à en devenir fou.


[Si ça te va, ma petite folle chérie I love you]


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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeDim 20 Jan 2013 - 19:25

« Le monde appelle fous ceux qui ne sont pas fous de la folie commune. »

Elle voyait bien que Gwëll avait peur, tandis qu’elle dévorait les mots que la Kaelem laissait échapper. Enelyë ne faisait pas exprès d’effrayer son amie, et même, elle aurait voulu arrêter de parler tout de suite de ça et la réconforter. Sauf qu’elle était lancée, et quand elle avait commencé, il était difficile pour elle de s’arrêter. Alors elle regardait les yeux de l’Aequor s’écarquiller, et le remords la prenait un peu plus à chaque mot prononcé. Finalement, elle s’arrêta, parce qu’elle ne pouvait presque plus ouvrir la bouche. Et puis, elle aussi, ça lui faisait un peu peur la folie. Et Gwëll lui confiant ses craintes, tandis qu’elle personnifiait la Folie. Enelyë se demanda un instant comment on pouvait la représenter sous forme humaine. Serait-ce une personne qui semblerait au premier abord tout à fait normale et cacherait une personnalité manipulatrice, ou une personne qui dès le début paraîtrait fourbe ? La Kaelem penchait pour la première possibilité, parce que la folie, c’était bien connu, on la voyait pas arriver.

Alors elle posa une question à Gwëll. Ou plutôt, lui donna une mission ; la prévenir si elle avait l’impression qu’elle devenait folle. La pauvre Aequor esquissa une grimace, l’air de dire « T’es sûre que je peux y arriver ? ». Elle avait presque envie de la prendre dans ses bras et de la rassurer comme pourrait le faire une maman. Enfin, elle imaginait, parce qu’elle, elle n’avait jamais connu d’étreinte maternelle, juste les câlins un peu bruts du père qui ne sait pas vraiment comment s’y prendre. Alors elle tenta de lui offrir un sourire rassurant, tandis que sa main venait replacer les mèches blondes de Gwëll derrière son oreille. Et comme si elles scellaient un pacte, elle lui demanda à son tour si elle pourrait la prévenir.

- Bien sûr que oui. Si je te vois changer, et devenir trop différente … et bah, de toi, en fait – je te le dirai, ne t’inquiète pas. Et puis je pourrai peut-être t’aider à redevenir comme tu es.

Te faire retrouver ta folie douce, qui te caractérise tant. Parce que la folie douce est une jolie folie, qui ne fait pas de mal et fait juste sourire et rire les autres. C’est ton insouciance et ta gentillesse, ton émerveillement devant les choses et ce sourire que tu as, c’est cette combinaison qui fait ta folie.

Et Gwëll posa une autre question. Est-ce que la folie était contagieuse ? Enelyë fronça un sourcil, étonnée, puis se mit à réfléchir à la question de son amie. Est-ce qu’on pouvait considérer la folie comme une maladie ? Difficile à dire, en fait. Si c’en était une, ce ne serait pas une maladie physique, mais une maladie qui touchait l’esprit. Et l’esprit, il touchait de près aux Spires. Mais elle n’avait jamais vu de Dessinateur réellement fou, et espérait ne jamais avoir à faire avec une personne comme ça ; à son avis, ça pouvait très vite devenir dévastateur. Non seulement pour la personne elle-même, mais aussi pour tout ce qui l’entourait. Elle aussi commençait à avoir peur du Dessin. Mais, pourquoi Gwëll avait-elle parlé de « fréquenter des fous » ?

- Gwëll, tu connais des fous ? Ou tu soupçonnes quelqu’un de l’être ? De toute façon, je pense pas que c’est parce que tu connais des gens qui sont comme ça que tu le deviendras aussi.

Même si elle était influençable, elle ne pensait pas que la folie puisse se transmettre. Sinon, tout le monde serait devenu fou. Et peut-être … en fait oui, peut-être que c’était ça : tout le monde était fou, et ceux que l’on considérait fous ne l’étaient peut-être pas tant que ça. Mais cette histoire de folie, ça commençait à lui prendre la tête – à la rendre folle ? Alors il lui sembla urgent de changer de conversation. Seulement, elle ne savait pas quoi lancer comme sujet, parce que sa tête était remplie de l’image de ce fou à Al-Jeit, et des yeux brûlants qu’elle attribuait à tort ou à raison aux fous, et à ce sourire figé qui leur convenait si bien, et encore à beaucoup d’autres choses auxquelles elle les assimilait. Elle était certaine de pouvoir reconnaître un fou ; la folie ne pouvait pas être éternellement cachée, un jour ou l’autre, elle débarquait, transperçait la peau, le corps, et se dévoilait. C’était sans doute à partir de ce moment-là que les fous prenaient leur apparence de fous. Elle porta son index à sa bouche et le mordilla. Ça l’embêtait, de penser à ça.

- Tu sais, je pense qu’on deviendra pas folles. Parce que souvent, ceux qui sont fous, ils le deviennent parce qu’ils ont pas le choix, parce qu’ils ont eu un grave accident, qu'ils ont beaucoup souffert ou parce qu’ils étaient déjà fous mais que ça s’était pas encore découvert. Mais nous on deviendra pas folles.

Je te le promets.



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Gwëll Yil'Sleil

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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeVen 15 Fév 2013 - 16:46

Gwëll avait de plus en plus peur, à vrai dire.
Les choses n'existent que quand on leur reconnaît une existence. Et là, à en parler, elles leur en reconnaissaient, une existence. Et du coup, elle en voyait partout. Mais vraiment partout. Tous ceux qu'elle connaissait étaient soupçonnables. Tant cette fille de son dortoir, qui racontait toujours n'importe quoi, que l'homme qu'elle avait vu, hier, en ville et qui marchait étrangement. Et puis tant d'autres.

Mais Enelyë lui promettait de l'aider et c'était un soutien, un pilier qu'elle ne pouvait pas refuser. Là, elle avait vu l'édifice de sa vie bien rangée pencher dangereusement devant ses yeux et elle avait eu peur qu'il tombe. Mais il y avait Ene. Et Ene, même si elle était pas bien musclée et pas très grande, elle le retenait, son édifice. Parce que c'était plus la force physique qui comptait. Là, c'était la force mentale, la persévérance et l'assurance qui primaient.
La folie n'est pas matérielle, on ne la repousse pas avec une armée. C'est à force de patience et de ténacité, qu'on l'abat.


Redevenir comme je suis ? Tu penses qu'on peut en guérir ? Alors, si ça se trouve, les rêveurs, il peuvent soigner les fous... On pourrait tous les soigner, dans ce cas, et ils redeviendraient eux même !

Peut être que c'était utopique, mais elle se raccrochait à ce qu'il lui restait d'espoir, dans ce monde si effrayant. Et cette idée, c'était un rayon de soleil dans sa nuit, comme l'annonce d'un matin proche.
Mais peut être qu'elle se trompait. Peut être qu'être fou ne permettait pas de retour en arrière. Après tout la vie n'en offrait pas même quand on le demandait de tout son cœur. Alors, si la folie offrait ce que la vie ne donnait pas, peut être valait il mieux se réfugier dans la folie ? Peut être que la folie était meilleure que la vie ?
Gwëll se secoua. C'était en envisageant de telles issues, qu'elle deviendrait folle.


Des fous ? Non, je crois pas... Mais, on ne sait jamais, tu sais, peut être que j'en connais que je sais pas qu'ils sont fous ? Je crois que c'est pas trop visible, ces choses là.

Pas visible, non, et ça te saute dessus comme le monstre de sous le lit, la nuit, quand tu te lèves pour aller aux toilettes. Ça te prévient pas et une fois que c'est fait, tu peux plus rien y faire. Pire que tout.

Dis, Ene, si je devenais folle et que tu pouvais plus me soigner... Tu continuerais à venir me voir ? Ça doit être dur de voir les autres changer sans pouvoir rien y faire. Moi, je crois que ça me rendrait très triste, si tu étais plus toi, parce que ce serait comme si je t'avais perdu pour de bon et que je pouvais plus suivre les petits cailloux pour retrouver ton chemin.

Les gens changent, quand il deviennent fous et, après, ils ne sont plus les mêmes, alors, ce serait mieux de pas devenir folle. Même si tu me fais pas peur et que tu ne deviens pas plus méchante. Juste parce que je t'aime pour ce que tu es et que je veux te garder pour moi.
Tu as raison, en plus, on devient fou par accident, pas par vocation. Et nous, on aura pas d'accident, hein ? On n'aura pas d'accident ou alors, on l'aura ensemble. Comme ça, si on change, on se verra pas changer l'une l'autre, puisqu'on changera nous même. Peut être qu'on oubliera ? Qu'on oubliera ce que c'était la vie, sans la folie et comment elle était belle, même si elle était cruelle. Mais c'est sûr, on oubliera pas comment on s'entendait bien, parce que ça, ça survit à tout. On peut oublier le malheur, parce que la folie, on y a plongé pour s'en protéger, mais pas le bonheur. Le bonheur, ça s'oublie pas. Ça se garde, près du cœur, et, surtout, ça se partage. Tous les jours, avec ceux qu'on aime.


Tu crois que les fous sont malheureux ? Ils ne voient plus le monde avec leurs yeux d'avant, mais, peut être qu'il est aussi beau, celui qu'ils voient ? Peut être qu'ils sont heureux d'être fous ? Parce que je crois que la folie, c'est horrible que pour ceux qui la voient et que ceux qui la vivent ne la voient plus...

La folie, ça se voit pas, ça se vit.



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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeMer 20 Fév 2013 - 2:04

Soigner la folie par le Rêve ? Ça, elle n'y avait jamais pensé. C'était une idée très ingénieuse, et intelligente, mais aussi terriblement naïve, parce qu'elle pensait que ça avait déjà dû être essayé. Si elles avaient pu y penser, sans doute les Rêveurs y avaient-ils déjà pensé depuis longtemps. Après tout, c'était leur métier, de guérir les malades. Cependant, elle n'osa pas le dire à Gwëll ; ses grands yeux semblaient avoir retrouvé une lueur d'espoir dans tout ce monde de folie qui lui faisait apparemment très peur. Et l'Aequor, elle était beaucoup plus mignonne quand elle avait du soleil dans les yeux que quand les grands nuages les obscurcissaient.

Enelyë lui demanda si elle connaissait des fous, vaguement intriguée par une de ses phrases, et Gwëll s'empressa de lui faire comprendre que non. Ce devait être quelque chose qui lui était passé par la tête, juste. Puis elle s'autorisa à penser à une folie invisible. Sur ce point, l'avis de la Kaelem divergeait : la folie, ça se voyait. Et dans le pire des cas, quand on ne la percevait pas clairement, c'était un sentiment diffus, mais on la sentait toujours. La folie, ça ne restait pas sagement agrippé à son porteur ; ça tendait ses filets tout autour pour vous attirer. Elle frissonna. Mordilla ses doigts en réfléchissant. Elle fit alors une promesse à Gwëll : elles ne deviendraient pas folles. Ou surmonterait la folie, parce qu'elles n'étaient pas seules et ne pouvaient pas se le permettre.

- Je viendrai toujours te voir, Gwëll. Même si tu me reconnais plus ou si tu te mets à raconter des trucs qui ont aucun sens. Parce que la vie sans toi ce serait quand même pas pareil du tout. Ça me rendrait un peu triste aussi, je pense. Mais arrête de comparer la vie aux contes de fées, d'accord ? Les petits cailloux, tu peux toujours les suivre, ils sont toujours sur le chemin une fois qu'on les y a jetés. D'ailleurs j'ai jamais compris comment ils avaient pu disparaître dans le Petit Poucet.

Mais là n'était pas le sujet. Gwëll posa de nouvelles questions. Enelyë avait rarement autant réfléchi en un laps de temps si court. On pouvait bien penser ce qu'on voulait, ça usait les neurones, la réflexion, et ça fatiguait, et ça donnait faim. Elle ramena ses jambes contre elle, se moqua du regard de la bibliothécaire qu'elle lui lança lorsqu'elle eut l'audace de poser ses pieds sur le fauteuil, et posa sa tête sur ses genoux. Il fallait qu'elle imagine. Folle, elle pouvait le devenir – l'être. Parce qu'elle savait ce que la folie engendrait. La folie, elle la sentait tout autour d'elle, qui attendait le moment où elle pourrait s'abattre sur son corps frêle et corrompre les dernières parcelles de santé mentale qui lui resteraient. Et elle se demanda : serais-je heureuse, si j'étais folle ?

Et une petite voix lui répondait : Assurément, tu le serais. Tu te moquerais de tout ce qu'il y a autour de toi car tu aurais l'impression que tout ce que tu désires est autour de toi. Dans des instants de lucidité, tu te rendrais compte de la présence des personnes que tu aimes, ou que l'on t'apporte des choses à manger, et tu discuterais de la vraie vie durant ces périodes. Puis tu replongerais allègrement dans ta folie, et tu chanterais seule ta mélodie du bonheur, et tu dessinerais des papillons et des fleurs.
Ou alors on aura mis des Gommeurs dans ta chambre chez les Rêveurs, et ton rêve deviendrait cauchemar. Tu chercherais à assouvir ton besoin de lucidité car ta folie t'enfermerait dans un monde parallèle angoissant, voire terrifiant. Tu tremblerais de peur à chaque ombre passagère, et tu pleurerais de désespoir, assise sur ton petit lit. Tu attendrais avec peur les nouveaux événements, et tu ne reconnaîtrais plus personne. Alors ton monde deviendrait ta réalité, et tu essaierais d'expliquer aux autres que le monde explose, et tu voudrais leur faire comprendre qu'il ne faut pas rester là. Et ils te prendront pour ce que tu es : une pauvre folle.

La brutalité de ses propres révélations la choqua. Elle savait que la folie était un état extrême. Joie intense ou peur débordante, en revanche, ça elle ne le savait pas – n'en avait, du moins, pas pris conscience. Quitte à devenir fou, autant que ce soit de bonheur ; le reste l'effrayait trop, et ça lui faisait mal au cœur rien que d'y penser. Heureusement que sa tête était cachée, parce qu'elle n'aurait pas voulu que Gwëll voie les grimaces qu'elles faisaient. Peut-être tremblait-elle un peu, suffisamment pour que son amie le perçoive ? Elle espérait que non. Une fois son souffle récupéré, et sa capacité à adopter une attitude relativement neutre, elle releva la tête.

- Je pense que la folie, c'est un cas extrême. Je pense qu'on peut être tout à fait heureux d'être fou ! Enfin, pas d'être fou, mais de vivre avec sa folie. Ça rend pas forcément les gens malheureux, j'pense. Après, je suis pas folle, donc je saurais pas te dire exactement.

Elle lui sourit, un sourire tout doux de grande sœur, puis s'étira : sa position l'avait toute engourdie. Elle avait l'impression d'avoir fait le tour de la question, sur la folie en tout cas. Elle se demanda quelle heure il était. Ce n'était pas encore tout à fait l'heure de manger pourtant, ça, elle le savait.

- Dis, tu sais pas ce qu'on va manger à midi ? J'ai super faim !

C'était une manière un peu maladroite de détourner le sujet sur autre chose. Et une phrase dite un peu plus s'accrocha aussi à sa bouche.

- Gwëll, tu trouves pas que les contes, c'est plein d'incohérences des fois ? Comme ce que je te disais tout à l'heure pour le Petit Poucet par exemple …



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Gwëll Yil'Sleil

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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeDim 31 Mar 2013 - 19:03

Gwëll était rassurée.
À vrai dire, même si c'était égoïste, elle préférait savoir qu'Enelyë viendrait encore la voir, si elle devenait folle, alors que ça la ferait certainement souffrir, de la voir comme ça, plus elle, mais une autre. Quoique ? Gwëll doutait de tout, maintenant. Peut être qu'Ene préférerait la nouvelle elle ? Peut être que la Gwëll folle serait plus sympathique et plus drôle que celle qu'elle était maintenant ?
Parce qu'il était vrai que, des fois, les gens soupirait, quand elle posait des questions qui leur semblaient stupide et qui, à elle, lui semblaient utiles. Certainement que ceux là en préféreraient une autre qui serait moins légère, plus sérieuse, qui poserait moins de questions et donnerait plus de réponses, une Gwëll utile, en quelque sorte.
Alors, peut être qu'elle ferait mieux d'être folle ?

Mais non, c'était stupide, puisque Enelyë avait dit qu'elle serait triste, sans elle et que la vie serait plus la même. Et puis, de toutes manières, elle ne savait pas devenir folle, puisque ce n'était pas contagieux et qu'on ne le devenait pas par volonté.
En plus, même si elle devenait folle, elle était même pas sûre que la Gwëll qu'elle deviendrait qui ne serait plus celle qu'elle était serait mieux. Trop risqué, il valait mieux rester elle encore un peu.

Par contre, elle voyait pas où la Kaelem voulait en venir avec son histoire du Petit Poucet, puisque les cailloux, ils disparaissaient pas, dans l'histoire, jamais. Elle devait se tromper, Ene, pas connaître ses classiques, parce que le Petit Poucet, il perdait pas son chemin à cause des cailloux qui disparaissaient.


T'as rien compris, Ene, c'est pas les cailloux, qui disparaissent, c'est les miettes de pain, parce que les oiseaux les ont mangées. Les oiseaux, ils mangent pas de cailloux, quand même...

Et puis, quand même, elle était un peu fâchée qu'Ene lui dise de pas comparer la vie aux contes de fée, parce que les contes de fées, c'était sa vie. D'ailleurs, c'était fait pour ça, il avait expliqué, le prof de Légendes, les contes, pour que les enfants comprennent comment il marche, le monde et ce qu'il faut faire et ce qu'il faut pas faire et tout ça.
Ene remonta ses genoux contre elle et elle mit sa tête dessus, puis ce fut le silence. Ni l'une ni l'autre ne parlaient, toutes deux perdues dans leurs pensées. Gwëll était à toutes cette folie qui transparaissait partout, qui coulait du ciel et qui dégoulinait partout, elle songeait à ces gens qui n'étaient plus eux, mais qui étaient heureux et à ceux qui n'était pas heureux même si ils étaient eux. Elle se disait que la folie n'était pas forcément une finalité, mais certainement toujours une fin. Elle trouvait que tout ça était bien triste et que ça lui faisait peur, mais elle n'arrivait pas à ne plus y penser tout de même.

Enfin, Enelyë conclut et on pouvait sentir que la page était tournée, que dernier mot était dit. D'ailleurs, ses gestes n'étaient plus les mêmes, de même que son expression et quand elle lui sourit, Gwëll essaya aussi de tourner la page et de ne plus penser à ces fous qui ne guériraient jamais parce qu'on ne revient pas en arrière.
Elle ferma les yeux et se promit que quand elle les rouvrirait, elle regarderait à nouveau le monde comme elle l'avait toujours regardé. Elle inspira et ses paupières se relevèrent.


Aucune idée, mais j'espère qu'on aura pas de soupe, cette fois ci, j'en ai marre de manger liquide...

À vrai dire, elle aurait certainement pu répondre que oui, elle trouvait le temps très beau, mais qu'elle espérait que le vent tombe. La conversation n'avait aucune raison d'être mis à part de repousser au loin celle qui l'avait précédée.
Mais le destin n'aime pas les bateaux et celui ci s'échoua avant même de prendre le large.


Les contes ? Non, ils sont pas incohérents, Monsieur Cil' Eternit, il a dit que les contes, c'est pour apprendre aux enfants la vie, parce qu'ils en savent rien, sinon. Après, faut les comprendre, parce que des fois, il y a des sens cachés, c'est pour ça que tu dois croire que c'est incohérent, parfois...



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MessageSujet: Re: Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé]   Ah, histoire, Histoire, quand tu nous tiens ! :heart: [Terminé] Icon_minitimeSam 6 Avr 2013 - 15:20

Gwëll répliqua qu’elle avait pas compris, que les petits cailloux disparaissaient pas dans le Petit Poucet. Enelyë était déjà repliée sur elle-même et n’avait pas vraiment envie de répondre à ça. Mais elle savait qu’elle avait raison : si les petits cailloux avaient pas disparus, ils n’auraient pas eu besoin de jeter du pain la deuxième fois. Elle ne doutait pas que la pluie ait ensevelie les petits cailloux en rendant la terre boueuse, ou que le vent ait soufflé suffisamment fort pour les faire s’envoler plus loin, mais le fait était là : ils avaient disparus. Mais elle ne répondit pas parce qu’elle s’imaginait folle. Comment serait la vie. Magnifique ou terrible. Finalement, elle releva la tête, faisant part de ses dernières réflexions à Gwëll. Comme pour terminer la discussion, et tourner la page. Voire changer de livre.

Le ventre d’Enelyë se rappela à elle en gargouillant discrètement. Elle sourit à l’Aequor et légère, elle lui demanda si elle savait ce qu’ils allaient bien pouvoir manger aujourd’hui. Voilà un moyen de couper court à toute l’idée de folie qui tournait encore un peu autour d’elle. Gwëll répliqua aussitôt en disant qu’elle espérait ne pas avoir de la soupe. Marre du liquide. Enelyë sourit.

- J’ai été voir les cuisiniers hier, ils ont dit qu’avec tout ce qui poussait en ce moment ils pourraient bientôt faire autre chose que de la soupe. Mais encore la semaine dernière, ils avaient plus beaucoup de trucs, alors ils faisaient comme ils pouvaient … Moi en tout cas j’attends l’été, je suis pressée de remanger leurs petites tartelettes aux fraises !

Puis, elle se tut un instant, pendant qu’une phrase lui revenait en tête. Les contes et leurs incohérences. La dessinatrice blonde sembla réfléchir un instant, puis elle lui donna une réponse. Elle venait de reprendre le cours du professeur de Légendes avec ses mots. Enelyë aimait bien ce professeur – et à vrai dire, à l’Académie, tout le monde l’appréciait – mais elle y allait à chaque fois qu’il faisait des cours sur l’écriture ou qu’il ne leur apprenait rien de nouveau.
Il fallait croire qu’elle n’arrivait jamais à y aller lorsque le cours était intéressant. Certaines fois, ces cours suivaient juste ceux de Dessin, et elle était trop fatiguée pour y aller. Ou elle n’en avait pas envie, ça dépendait des jours. Il faudrait qu’elle se reprenne ; le cours avait beau ne pas être obligatoire, il était certainement plus intelligent d’y aller plusieurs fois de suite si elle ne voulait pas rater, justement, les cours intéressants. Bref. Elle se décida finalement à expliquer l’incohérence du Petit Poucet selon elle.

- Tu sais, quand je te disais tout à l’heure, que les cailloux disparaissaient. C’est parce que si ils restaient en place, ils auraient pas besoin de jeter du pain.

Ses pensées sautèrent sur quelque chose d’autre. L'évocation du pain, sans doute. Elle avait oublié Shana. Elle lui avait dit qu’elle mangerait avec elle mais avait complètement zappé, après le cours de Dessin et cette discussion avec Gwëll. Elle se leva, et se rassit aussitôt, des fourmis plein les jambes. Elle attendit un instant que plus rien ne l'embête et elle regarda son amie en souriant.

- J’devais manger avec Shana, pour en revenir au repas. Tu veux venir manger avec nous ?

Elle répondit qu’elle avait déjà dit à d’autres Aequors qu’elle mangeait avec eux. Enelyë lui lança un regard méfiant et elle lui assura que ceux-là étaient gentils. Elles firent un bout de chemin jusqu’à la Grande Salle et elles se séparèrent pour rejoindre leurs amis respectifs.


[Merci pour ce rp, Gwëllichoupinette I love you]


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