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 Sur cette trame où danse la lumière [Terminé]

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Marchombre
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MessageSujet: Sur cette trame où danse la lumière [Terminé]   Jeu 30 Aoû 2012 - 23:04

[Moyen-bof, mais bon, au moins, c'est posté]

C'était une dernière fois.
Lya le savait, et cela lui laissait au fond de la gorge comme un gout d'amertume qui ne passait pas. Pourtant, il en fallait, des dernières fois qui jalonnaient la vie. Si tout était infini, comment profiter des moments importants ou uniques? On en profitait pas, et de toutes façons, Lya savait qu'à partir du moment où Clarysse et elles s’étaient engagée ensemble, cet engagement aurait une fin. Seulement, cette fin était arrivée bien plus rapidement que ce qu'elle avait pu penser. Et puis, il fallait l'annoncer, que le bout de chemin qu'elles avaient tracé ensemble arrivait à son terme. Parce que si Lya le savait, Clarysse l'ignorait encore. En effet, la jeune femme avait pris la décision qu'elle allait retrouver Elera. Elle n'avait pas encore choisi son jour, et ne savait même trop comment elle allait s'y prendre. Mais aujourd'hui serait son dernier cours en compagnie de Clarysse, et Lya se levait avec un tesson de regret enfoncé quelque part dans son cœur.
Sa dernière fois.

Lya sortit de son lit, s'intégrant au brouhaha matinal qui envahissait le dortoir. C'était la même chose chaque matin, et la jeune femme devait bien admettre qu'elle détestait cela. Et que je te pousse pour aller à mon armoire, et que je cours à la salle des eaux, et que je cherche ma brosse en marmonnant, persuadée que quelqu'un me l'a volé, et que j'enfile ce haut, et que je te réveille parce que c'est pour ton bien, tu comprends, il faut aller en cours. Bref, c'était toujours pareil, sans un instant de calme. Toujours la même excitation qui durait jusqu'à ce que les filles quittent le dortoir par petits groupes pour se rendre à la Grande Salle.
Ensuite, c'était fini. Il restait toujours une ou deux dormeuses qui profitaient du calme suivant la tempête, et en général, à cet instant, Lya avait quitté les lieux depuis bien longtemps. Mais pas aujourd'hui. Clarysse lui avait donné rendez-vous en fin de matinée, et Lya avait comme programme un cours d'Alchimie où elle n'irait pas. Ça ne l’intéressait plus, et de toute manière, si elle y allait, elle arriverait en retard à la cascade. Et c’était hors de question, pas pour une dernière fois.
Ou alors… Lya se rassit sur son lit. Ou alors, elle irait sans y aller, et pourrait donc partir avant l’heure en toute discrétion. Idée, en soit, tout à fait parfaite. La jeune femme se releva, s’habilla rapidement et se coiffa de son bandeau. Elle sortit du dortoir sans réveiller les deux résistantes au soleil et revint presque aussitôt récupérer son poncho bleu. Le printemps avait beau avoir fait son apparition, il faisait toujours frais. Lya enfila le vêtement et fini par descendre à la Grande Salle, ravie qu’il n’y ait aucun appel permettant de vérifier que chaque élève s’était levé pour sa journée de cours. Elle sourit en s’imaginant tous les élèves alignés dans la Grande Salle dès six heures du matin, subissant un appel tyrannique. Son sourire s’élargi lorsqu’elle vit dans son esprit un élève arriver en retard à cette appel imaginaire et être puni par une privation de petit déjeuner. Et dire qu’il existait de telles écoles dans l’Empire !  Peut-être pas aussi stricte, la jeune femme voulait bien l’admettre, mais quand même, l’Académie était vraiment un endroit bien.

La Kaelem franchit les portes de la Grande Salle, dissipant l’image de son esprit. Elle repéra Ichel dans la pièce et s’installa aussi loin que possible d’elle, en compagnie d’Halina et d’autres Teylus qu’elle ne connaissait pas. Tout en dévorant leur pain au lait, les Teylus ne cessaient de la narguer à propos de la coupe des maisons. Lassée et refusant de se laisser aller à un coup d’éclat à cet instant, Lya quitta la table avec un regard de regret envers Halina. Depuis qu’ils étaient passés devant à la Coupe des maisons, ils étaient devenus complètement insupportables, conspirant à voix basse. Il courait même une rumeur selon laquelle ils auraient fait une réunion secrète pour préparer un plan contre les Kaelems, qui étaient devant. Mais Lya n’y croyait pas à cette rumeur. Ils n’étaient pas assez unis. Et de toutes manières, Kaelem repasserait devant et la jeune marchombre serait la première présente lors de la soirée de la Coupe. Et c’est avec le sourire qu’elle assisterait à la défaite des Teylus.

Cette pensée en tête, Lya descendit au sous-sol pour rejoindre le laboratoire, où avait lieu le cours d’Alchimie. Au coin du couloir, elle vit les élèves entrer dans la salle et la porte se refermer. Lya s’approcha de quelques pas, prudemment, craignant qu’un élève ne ressorte pour une raison inconnue, avant de se rendre compte de son manque de réflexion. On était au sous-sol. Il n’y avait donc aucune fenêtre près de laquelle se cacher pour écouter. Et la jeune femme n’avait vraiment pas envie de rester l’oreille collée contre une porte pendant près d’une heure pour écouter ce qui se passait derrière. En désespoir de cause, elle rebroussa chemin, faisant une croix sur le cours. Tant pis, elle irait directement à la cascade et attendrais un peu. Lya remonta les escaliers, sortit par le rez-de-chaussée et se rendit en trottinant à l’endroit convenu. Il lui fallut une dizaine de minutes. Le bruit incessant était assourdissant, et Lya ne cessait de se demander, Pourquoi ce lieu ? A sa grande surprise, Clarysse était déjà là, assise sur un rocher à la frontière entre l’eau et l’air, les jambes dans le vide. Grimpant rapidement le long de la falaise, la jeune femme rejoignit celle qui avait accepté de la guider, sans toutefois franchir les quelques mètres d’eau qui la séparait du rocher. Elle cria:


-Pourquoi me demandes-tu te venir si tard dans la matinée si tu es là dès les premières heures? Et pourquoi ici? Je ne supporte pas ce bruit.

Les habitudes ne changeaient pas. C'était toujours des questions qui franchissaient les lèvres de Lya


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MessageSujet: Re: Sur cette trame où danse la lumière [Terminé]   Dim 2 Sep 2012 - 19:33

Clarysse n’était pas très contente ce jour-là. Son boulot du matin, c’était d’amener un cheval récalcitrant qui était arrivé en son absence dans le box qui lui était destiné. Toutes les personnes qui avaient essayées, s’étaient retrouver les quatres fers en l’air ou bien blessés dans leur égo. Alors on avait appelé la Maître des Ecuries. Et celle-ci n’était pas ravie. Rien, qu’à voir l’animal, elle savait que ce serait dur, voire impossible. Il avait oreilles complètement rabattues en arrière, les naseaux froncés, les dents découvertes. Il alternait menace du pied et des secousses de son encolure. Typiquement de l’agressivité. Elle s’attela donc à tenter de l’approcher, pour lui passer un licol et l’emmener à l’intérieur. Mission impossible. Tout y passa. Approche directe, silencieuse, menace, confiance, sucreries, etc.


-Silence Vermine, et prend exemple sur moi, je suis sage comme une image, je ne fais pas de bruit et du coup, on m’aime bien… Comme il refusait de coopérer, elle s’écria, rageuse : Nan mais oh, qui a eu la super idée de me confier un canasson pareil !


Qui avait eu l’idée de l’appeler Vermine aussi ? Certainement un ténébro-gothique pas très inspiré. C’était complètement nul comme nom et Clarysse comprenait un peu mieux pourquoi il était aussi teigneux ce cheval. Si personne ne l’aimait, il finissait forcement par en vouloir au monde entier. Et à se comporter comme une brute épaisse. La marchombre perdait rarement son calme parce qu’elle savait que les animaux le sentait, mais là c’était impossible de se comporter autrement avec une bête pareille. Elle était bonne à rien. Très mal dressée, avec pleins de mauvaises habitudes et mauvais réflexes. Peut-être même battu auparavant. Il faudrait soit le tuer, soit un très long travail. Et elle n’avait ni l’envie, ni le temps. La jeune femme devrait en toucher deux mots à l’Intendant pour qu’il contacte son propriétaire. Et qu’ils avisent tous ensemble quoi en faire. Parce que cet animal était incontrôlable et allait devoir rester inactif dans un pré individuel car il n’était pas montable. Elle rangea son matériel un peu dépitée.


Alors, qu’elle se dirigeait vers le lieu de rendez-vous qu’elle avait donné à Lya, elle se demandait si la marchombre aux sens aiguisés qu’elle était, avait la même capacité qu’une princesse de son enfance. Elle ne savait pas pourquoi elle se rappelait de cette histoire que maintenant. L’histoire de la princesse qui sentait sous plusieurs matelas un simple petit pois, que sa mère avait coutume de lui raconter. Peut-être parce que cette nuit-ci, elle avait eu du mal à dormir. Est-ce qu’il s’agissait d’un petit pois sous son matelas qui l’avait gênée toute la nuit et l’avait maintenue éveillée trop longtemps ? Pourtant, elle n’était pas une princesse se dit-elle en rigolant pour elle-même. Il devait y avoir autre chose. Quelque chose qui la tracassait grandement, sans qu’elle puisse y mettre un nom. Elle sentait que quelque chose n’allait pas sans pour autant savoir quoi faire pour y remédier et même ce que c’était tout court. M’enfin, la journée la délivrerait bien à un moment de ce mystère.

Clarysse aimait la tournure qu’avait prise sa vie. Elle appréciait ce retour d’Al-Jeit, malgré tout le travail qui l’avait attendu dans ses écuries. Enseigner à Lya lui prenait du temps mais ça lui faisait du bien. Elle ne vivait plus sa vie à moitié. Elle savourait chaque instant. Elle prenait moins en compte les futilités de son existence et comprenait les virages. Il était encore tôt, elle avait donné rendez-vous à Lya un peu plus tard mais méditer à la cascade lui ferait le plus grand bien. Elle avait besoin de se calmer avant d’entamer un cours avec sa presque-élève très curieuse. La jeune femme ne se souvenait pas avoir posé tant de question à Jiwan quand elle était élève. La marchombre escalada souplement la falaise. Elle aimait tout particulièrement le panorama que lui offrait le haut de la cascade. Elle aurait pu remonter encore plus haut, suivre le torrent en sens inverse pour remonter vers sa source dans les montagnes de la Chaine du Poll mais avant de tenter une aventure aussi périlleuse, elle avait d’autres choses à faire. Elle traversa, la courte distance qui la séparait de son endroit fétiche. C’était une traversé périlleuse pour un novice car on risquait de tomber en bas de la cascade mais on pouvait y attendre, son St Graal. Un rocher au milieu de l’eau tumultueuse dont un des bords menait au vide. Elle aimait beaucoup cet endroit et la sérénité qu’il lui apportait. Parce qu’il n’y avait plus que l’eau et le vent à entendre. Et que leur chant de changeait que peu.


Clarysse ressentit – ou bien entendit ? - l’arrivée de Lya. Elle n’ouvrit pas les yeux, certaine qu’elle la verrait et qu’escalader la falaise serait un jeu d’enfant pour elle. Elle ne voulait pas briser trop vite sa communion avec le chant qui se déroulait près d’elle. Et, chose étrange, au moment même où elle entendit les pas de Lya fouler la berge, elle parvint à comprendre une bribe de chant. Comme si en cet instant précis elle était complète. L’apprenti posa ses questions et interrompit donc le chant qui devenait presque intelligible. Et ça ressemblait à un truc du genre « La vie se battre la ronde rouge dernière fois ». Pour le moment, la brunette ne comprenait pas mais elle casa cette information dans un coin de sa tête avant de répondre en souriant à celle qu’elle guidait :


-Parce que pour ma part, j’aime ce bruit. Il m’apaise, et parfois même, il me parle.


Elle allait la prendre pour une folle mais tant pis. Les marchombres seront toujours des excentriques pour les non-initiées. Mais Lya avait réussi l’Anh-Ju, elle savait donc voir au-delà des apparences.


-A mon tour de te poser une question. Et si tu plongeais dans la rivière avec moi ?


Joignant le geste à la parole, elle retira chemise et pantalon et plongea du rocher vers la rivière en avant de la cascade. Dansant avec le courant, elle le remonta sans effort apparent. Puis, elle déclara :


-Le marchombre ne se bat pas contre les forces qui l’entourent. Il se joue d’elles. Viens donc jouer Lya.


[Edition à volonté ]


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Sur cette trame où danse la lumière [Terminé]   Ven 7 Sep 2012 - 13:06

[Voila, pis si t'imaginais pas ça comme ça --> MP Jean-Théophane ]

Le bruit qui parle ?
Quelle drôle d’idée. Quelle drôle de phrase aussi. Le bruit n’est que du bruit, et reste bruit. Un mélange de sons confus qui agressent les oreilles sans laisser de répit, au moins jusqu’à ce que l’entendeur s’éloigne. Le bruit est agaçant, énervant. La seule défense contre lui est de se boucher les oreilles, de toutes ses forces, ou de partir en courant. Rien d’apaisant. En tout cas, Lya préférait nettement le silence. Celui d’une nuit sans lune ou d’une pièce désertée. Non, elle avait beau chercher, mais ne trouvait aucun exemple qui donnait au bruit une raison d’être apaisant. Quoi que, en y réfléchissant bien, elle aimait bien le brouhaha d’une salle de cours. Et puis aussi, le vent et les oiseaux dans les arbres, et le chuchotement répétitif de la mer, les cris de ceux qui rêvaient, les éclats de ceux qui s’appelaient, le chuintement d’une chanson et le crissement d’une charrette. En fait, il y en avait tout un tas, de bruit qu’elle aimait écouter. Un monde de silence serait trop ennuyant, pour finir. Peut-être qu’elle aussi pourrait un jour apprivoiser le bruit de la cascade, bien qu’assourdissant. Clarysse semblait entendre un murmure parmi tout ce que ce bruit criait. Elle essaierait, elle aussi.
Mais pas aujourd’hui.

C’est avec un ravissement non fin que Lya vit Clarysse plonger dans l’eau tourbillonnante et de lui proposer de la rejoindre. Elle n’avait dansé avec les éléments qu’une seule fois. Lorsqu’elle avait appris à le faire, au tout début de son apprentissage. Elle s’en souvenait comme d’un rêve puissant et doux à la fois, déchaîné et empreint d’un calme profond, indescriptible. Elle n’était pas sûre de savoir encore, de pouvoir seulement. Elle sourit des yeux, retira son poncho, et à son tour, sa tunique et son pantalon. En sous-vêtements, la jeune femme laissa l’air glacial lui caresser la peau, et c’est presque avec ravissement qu’elle sentit les centaines de poils de son corps se dresser doucement, le long de ses bras, de ses jambes, de son dos surtout, qui frémit. Elle s’assit sur le bord de la berge, à moins de deux mètres de la cascade qui plongeait avec fureur dans le lac en contrebas. Elle enfonça ses pieds, jusqu’aux genoux, dans l’eau si froide qu’elle en paraissait brulante. Attirés par la force implacable, ils balancèrent vers la droite, vers le vide, poussés par le courant alors que Lya tentait vainement de les ramener à elle, ces moitiés de jambes indomptables. Elle lança :


-Attention, j’arrive !

Lya poussa sur ses bras, se laissa glisser dans l’eau furieuse, le souffle coupé par le froid. Incapable du moindre mouvement, elle coula. La cascade l’entraina, l’emporta sans qu’elle ne puisse rien y faire. Elle se sentit tomber, à toute vitesse, poussée par des trombes d’eau. Le temps d’un instant, le monde ne fut que grondement, colère et férocité. L’atterrissage fut brutal. L’eau du lac cingla sa peau de toute la puissance de sa propre chute. Puis elle fut sous l’eau, dans les profondeur, poussée toujours plus bas. Au-dessus de sa tête, le grondement continuait, incessant mais pourtant assourdis par les mètres d’eau qui la séparait de la cascade. Lya eut la présence d’esprit de s’éloigner de cette force qui la poussait toujours plus bas. Elle nagea, loin sous l’eau. Mais pas longtemps pourtant. Les poumons sur le point d’exploser, elle émergea enfin, proche de la rive. Un peu sonnée, Lya sortit du lac. Une douleur cuisante parcourait son ventre, et la moitié de son visage. La jeune femme constata avec surprise la rougeur qui envahissait désormais tout son flanc droit, et surement aussi la même partie de son visage. Elle toucha du bout des doigts, frémit sous la douleur qui déjà se dissipait. Rien de cassé. Pas de bobos plus graves que ça. Grelottante et trempée, la jeune femme remonta lentement le long de la falaise, longea la cascade qui semblait la narguer de par sa puissance. Elle arriva en haut, mais plutôt que de retourner directement dans l’eau gelée, Lya continua sa route, remontant le long de la berge, histoire d’avoir un peu de marge, cette fois. Elle lança à Clarysse, qui l’observait sans rien dire, se riant des remous, des vagues et du courant :

-J’ai été surprise. C’était pas aussi fort, la première fois. J’vais y arriver.

Du moins, elle l’espérait.
Lya recommença. Les pieds dans l’eau d’abord, qui lui parut presque chaude tant elle avait froid dehors. Et puis le corps tout entier s’immergea, avec soulagement et crainte à la fois. Elle fut emportée à nouveau, alors que les souvenirs de la tempête revenaient. Elle retrouva les gestes, elle retrouva le calme et la joie à la fois. Elle devint eau avec l’eau. Elle suivit le remous, s’enroula dans le courant, se laissa glisser dans la houle. A la frontière entre l’eau et l’air, à l’extrême limite de la cascade, elle remontant lentement, pas à pas, sûre d’elle, rejoindre Clarysse. Et ensemble, elles dansèrent la danse de l’eau. C’était une danse qui s’improvisait selon les frissons de l’élément. Ensembles, elles jouèrent cette danse que si peu connaissait, au rythme du roulis impulsif.
Une dernière fois.
Lya adressa un sourire mouillé à Clarysse, heureuse d’être là, même pour une dernière danse. Elles finirent par ressortir, pourtant, parce que chaque chose à une fin, et que le cœur de Lya avait beau rire en secret de cet instant, son corps, lui grelottait sans qu’elle ne puisse rien contrôler et ses lèvres étaient marquées par cet engourdissement qui accompagnait toujours le froid glacial. Clarysse était dans le même état qu’elle, souriante mais bleue à la fois. La marchombre avait eu la clairvoyance de prévoir des serviettes, surement empruntées à l’un des salles d’eau de l’académie. Les deux jeunes femmes s’enveloppèrent dedans sans un mot, sautant partout pour se réchauffer, frictionnant leur corps de toutes leurs forces jusqu’à ce que leur peau, de bleu-violet, devienne rouge. Puis elles se rhabillèrent. Lya passa son poncho et apprécia avec un plaisir non feint la chaleur immédiate qu’il lui apporta. Les deux jeunes femmes finirent par s’asseoir, face à face. Ce fut Lya qui commença, ne pouvant retenir plus longtemps la question qui lui brulait les lèvres depuis les premiers mots de Clarysse :


-Dis, la cascade, elle te parle vraiment, ou bien c’était une façon de parler ? Enfin, j’veux dire, ça paraissait insensé que l’eau… prononce des mots, non ?

Et puis si l’eau, pourquoi pas l’air, la terre et le feu ? Rêvant déjà de communiquer avec les éléments, Lya se reprit pourtant et lança avant même que Clarysse n’ait eu le temps de lui donner une réponse :

-J’vais partir retrouver Elera. C’est décidé.



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MessageSujet: Re: Sur cette trame où danse la lumière [Terminé]   Mer 26 Sep 2012 - 21:38

Lya se déshabilla avec un grand sourire sur les lèvres. Elle semblait sincèrement ravie de plonger dans une eau gelée en compagnie de Clarysse. Sincèrement ravie d’avoir froid en cette fin d’hiver. Enthousiasmée d’affronter ce qui pourrait sembler redoutable pour n’importe qui. Comme si on lui avait déjà montré le bonheur que c’était de communier avec les éléments. De ne pas s’y opposer. De jouer avec eux comme s’ils étaient un vieil ami que l’on retrouve. Quelqu’un qui aurait vu un marchombre jouer avec les éléments comprenait entièrement la philosophie de la Guilde. Ne pas s’interposer et maintenir l’équilibre du monde. Mais parfois, quand c’est nécessaire, faire preuve d’audace, braver une vague plus forte que les autres pour ne pas se faire projeter par le roulis. Libre de faire ce qu’il souhaite de sa Voie tout en gardant la tête hors de l’eau. De ne pas se laisser emporter par le courant de la vie. C’était ce ravissement qui fit sourire la petite marchombre. Ce ravissement qui montrait que Lya était faite pour cette Voie. Qu’elle y déambulait. Dépassant les obstacles. Pour ce qui était des virages, il semblait que le départ de son maître pouvait en être un, et elle semblait l’avoir bien pris.


Clarysse observa la façon dont la jeune femme entra dans l’eau, la façon dont elle se lança dans la rivière. Elle faillit plonger à sa suite pour s’assurer que tout allait bien mais elle se retint. Elle était grande et n’était plus une simple apprentie qui débutait. Elle surveilla du coin de l’œil que sa réception au pied de la cascade se passait bien et qu’elle ne s’était pas blessée. Mais il n’y avait pas de rocher en bas et une assez grande profondeur pour ne pas risquer de se casser quelque chose. C’était l’avantage principal de cet endroit, comme s’il s’était formé pour que des marchombres y guident leurs élèves dans des défis fous. Le seul risque était de se faire mal en percutant l’eau et celui de ne pas réussir à se sortir de la force de la chute d’eau qui entraînait tout vers le fond. Mais Lya se débrouilla très bien et quand elle creva la surface, la marchombre ne put retenir un soupir de soulagement. C’était donc ça aussi enseigner ? Avoir la peur au ventre qu’un exercice tourne mal ? Devoir prendre tous les facteurs en compte pour que jamais rien de fâcheux n’arrive ? C’était un boulot qui ne trouvait pas de repos.


Lorsque que la Kaelem réapparut, la petite marchombre avait retrouvé son air un impassible. Jiwan avait lui toujours un sourire en coin lorsqu’elle s’acharnait sur un exercice. Ça avait le don de l’énerver et le la faire grommeler dans son coin. Mais maintenant elle comprenait. C’était à la foi un encouragement et le fuit de ses propres souvenirs. Comme s’il savait à l’avance qu’elle réussirait. Et Clarysse ne doutait pas une seconde de la réussite de celle qu’elle guidait depuis quelques semaines déjà. Cette dernière ressentit le besoin de justifier son premier échec. Elle mit en cause le fait que la dernière fois qu’elle avait fait ça, ce n’était pas aussi fort. Il y avait plusieurs moyens de monter comment jouer avec les forces. Les deux principales forces étaient le vent et l’eau. Qu’importe celle que son maître avait choisie, ça ne s’oubliait pas. La jeune femme retourna dans l’eau, fut emportée sur les premiers mètres avant de se remettre en selle et de se jouer des vagues et du courant.


Face à face, elles dansaient. Parfois dos à dos, parfois se frôlant. Parfois distantes. Toujours en mouvement. Ce mouvement tourbillonnant et calme à la fois. Irrésistible et puissant. Aussi légères que la feuille au vent. Marchombres.


Finalement elles mirent fin au jeu, préférant éviter de finir en petits glaçons. Parce que Clarysse avait beau ne pas trop sentir la morsure du froid, occupée comme elle l’était à accompagner sa jeune amie, elle voyait très bien que celle-ci prenait une teinte bleuâtre des plus inquiétantes. La petite marchombre sortit les deux grandes serviettes de sa besace qu’elle avait discrètement empruntées à la salle d’eau de l’aile est où elle s’était préparée le matin même. S’enveloppant dans ses plis, elles se séchèrent et se réchauffèrent rapidement avant de se rhabiller et de s’asseoir face à face sur la berge de la rivière. La question de Lya fusa dès qu’elles se posèrent. Ça semblait l’intriguer et c’était normal. Ça faisait partie des choses qu’un marchombre mettait des lustres avant de le maîtriser, s’il y arrivait un jour. Ça faisait partie de ce que certains surnommait le « folklore » du marchombre. Avec chevaucher la brume. Ou passer derrière la lune. Il y en avait des tas de rumeurs sur ce qu’ils étaient capable ou non de faire. Certaines étaient fondées et d’autres complètement invraisemblables. Même pour elle. Elle allait répondre à la jeune femme au bandeau quand cette dernière enchaîna sur une révélation. Clarysse prit le temps de réfléchir à ce qu’elle allait répondre. Elle avait été prévenue, mais n’avait juste pas compris. On lui avait chuchoté « dernière fois » quelques instants plus tôt et elle n’avait pas compris.


-Si c’est ce que tu veux Lya et où te pousse ta Voie, lance-toi.


Ce n’était pas à elle de décider. Et de toute façon, son choix était fait. Au fur et à mesure de ses discussions avec la marchombre, son ressentiment envers ce maître irresponsable s’était envolé. Elle n’avait pas le recul nécessaire ni la sagesse pour juger quelqu’un sans le connaître et elle pouvait concevoir que parfois, il était plus important d’être égoïste. Les marchombres étant des êtres foncièrement égocentriques, c’était logique d’en arriver à ce point-là un jour. Alors elle avait cessé de penser en mal à cette femme nommée Elera. Elle avait cessé de vouloir lui dire ses quatre vérités. Elle grandissait encore et toujours. Souriant distraitement à Lya, Clarysse déclara :


-Le plus étrange c’est que ça va me permettre de répondre à ta question. La cascade m’a parlé pour la première fois tout à l’heure. Pour me prévenir que c’était notre dernière danse ensemble. Je n’ai pas compris sur le moment mais je pense qu’au fond de moi je le sentais venir ce vent du changement.


Et elle le sentait encore souffler en elle. Comme si elle n’avait pas encore tout vu. Comme si quelque chose d’autre allait arriver. Respirer, lentement. Attendre et écouter. Confidence et leçons.


-En fait, dire qu’il parle c’est un peu exagéré, je dirai plutôt qu’il chante. Ici, il est accompagné par la cascade. Et parfois, seulement quand ils nous le permettent, un marchombre peut en comprendre les paroles.


Lui faire comprendre que c’était un long travail d’écoute et de patience. Et cette dernière n’était pas une des plus grandes qualités de Lya. Même si elle déambulait sur la Voie avec une facilité qui étonnait la petite marchombre. Il fallait qu’elle comprenne que tout le monde n’avait pas autant de mal qu’elle à trouver sa route et son équilibre. Contrairement à elle, la Kaelem aurait certainement la Greffe, malgré son tempérament électrique. Ses doutes la paralysaient bien moins qu’ils ne le faisaient pour Clarysse. Mais chacun son rythme. La jeune femme passa sa main dans ses cheveux en se demandant ce qu’elle devait faire maintenant. Finalement, elle se releva et silencieusement se lança dans la gestuelle marchombre. Un moyen de boucler la boucle puisque durant leur voyage du retour d’Al-Jeit, elles l’avaient fait ensemble. D’abord avec une certaine gêne, n’étant pas habituée l’une à l’autre avant de trouver leur rythme. Distante mais ensemble. A Lya de la rejoindre maintenant. Ou plus tard. Quand elle le voudrait.


Une dernière fois.


[Désolée pour le temps de réponse ! J'espère que ça te plaira, je peux évidemment éditer. Et, soit dit en passant: j'adore ce rp I love you ]


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MessageSujet: Re: Sur cette trame où danse la lumière [Terminé]   Ven 16 Nov 2012 - 22:41

Il y avait eu comme une rupture, entre elles.
Presque rien, une simple cassure, un simple souffle de ce vent de changement entre leur deux corps, mais qui avait suffi à provoquer ce que Lya ressentait comme une fêlure dans le lien qui les unissait. Peut-être était-ce son imagination. Peut-être que non. Mais cette impression fut confirmée lorsqu’elles s’immergèrent dans les gestes marchombres, pas tout à fait ensembles, pas tout à fait liées comme elles avaient pu l’être, pas tout à fait… elle ne savait pas trop pas tout à fait quoi, en fait. Mais ce « pas tout à fait » qui lui trottait dans la tête suffisait à lui faire comprendre que la brisure était belle est bien là.

Ou peut-être pas, pas tout à fait. Le rythme entre elles, dans cette danse qu’elles effectuaient ensemble sur la rive de la cascade, fini par s’installer, avec cette lenteur latente qui caractérisait le bien-être qu’apportaient ces gestes. La fêlure se recolla, se referma d’elle-même. N’avait jamais existé. Et la distance disparue et en ensemble elles dansèrent. Leurs mains remontèrent, lentement, avec toute la joie de pouvoir toucher le ciel. Et elles redescendirent pour effleurer la terre. Leur respiration s’accoutumèrent l’une à l’autre, et devinrent un bercement lourd, sourd mais calme qui caractérisait la transe de ces mouvements. Et leurs poignets au niveau des hanches, qu’elles pivotèrent dans un même geste qui était devenu reflexe, avant d’étirer les bras pour englober le monde. Et petit à petit, continuant leur valse, elles mutèrent, devinrent ce monde qui était le leur, remplissant leurs poumons de vie au va et vient de cette air qui y entrait. Elles jouèrent avec leur corps jusqu’à ne plus exister. Jusqu’à être simplement un « elles » par lequel les nommer. Parce qu’elles étaient marchombres, pas seulement par le mot mais par chacune de leur cellule, de la surface de leur peau au fond du fond de leur cœur. Naturellement.

Ensemble, elles inspirèrent une dernière fois avant de retrouver le monde tel qu’il apparaissait aux yeux de tous, le bruit assourdissant de la cascade, si proche d’elles, le froid sur le peau, la glace dans leur cheveux, les arbres nus qui retrouvaient doucement leurs feuilles et l’herbe rase sous leurs pieds. Lya sourit et Clarysse aussi. Elles savaient qu’elles allaient se séparer, la maintenant tout de suite ou dans quelques minutes. Mais à vrai dire, cela avait peu d’importance. Elles se retrouveraient, elles le savaient aussi bien l’une que l’autre. Pas demain, c’était certain. Mais une autre fois, pour une autre danse.

Dans le froid de cette fin d’hiver ou persistait un petit feu chaleureux, Lya se jeta dans les bras de Clarysse pour la serrer de toutes ses forces, gênée par son poncho qui lui rendait la tâche compliquée. La jeune femme resta immobile quelques instant, serrant du mieux qu’elle le pouvait la marchombre qui l’avait adoptée pendant quelques mois, puis elle recula de trois pas. Elle ne savait pas trop quoi dire pour clore cette rencontre. Rien ne l’appelait ailleurs, aucun cours, aucun impératif. Rien ni personne. Elle pouvait rester ici aussi longtemps qu’elle le souhaitait, discuter de tout et de rien avec cette personne extraordinaire qu’était Clarysse.

Elle n’en avait pas envie.

Ce n’était pas contre la marchombre, absolument pas. Elles s’étaient dit au revoir, et rien n’était à refaire. A elle de s’en aller. C’était le moment de le faire, elle le savait, le voulait, ne tentait pas de retarder ce moment mais ne quittait pas non plus Clarysse des yeux. Pour la retenir encore un peu auprès d’elle, cette guide qui était devenue bien plus que ça pour finir, cette protection qu’elle était en train de s’ôter, une des dernières, pour pouvoir s’envoler avec ses propres plumes nées de son duvet tout neuf.


-Merci, Clarysse Vornang, maître marchombre incroyable qui murmure à l’oreille des chevaux comme la cascade murmure à ton oreille. Tu ne sais pas à quel point tu as été là pour moi. J’espère un jour pouvoir te rendre la pareille. Si tu en as besoin, tu sauras me trouver, je l’espère.

Le vent te le murmurera.

-Au revoir.

Et en quelques pas, Lya disparu dans la forêt qui entourait le lieux, à sa poursuite de son futur.

C'est pas très long, mais je me suis fais plaisir en l'écrivant. Ce Rp me plais autant qu'à toi I love you




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