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 Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]

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Assistante du Maître d'armes
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MessageSujet: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Mer 29 Aoû 2012 - 17:43

La main gantée attrapa un pan du mur qui dépassait, et se hissa sans difficulté jusqu'au rebord de la fenêtre.
Eileen savait, en partant, qu'elle ne rentrerait pas par la porte, aussi avait-elle laissé sa fenêtre ouverte. Elle avait été beaucoup plus prudente que cette nuit où, poursuivie, elle avait fini par trouver refuge chez le trésorier, le sire Ril'Enflazio. Il arrive à tout le monde de faire des erreurs, mais certaines sont plus graves qui d'autres. Celle-ci avait bien failli lui coûter la vie.
Parfois, on a pas le droit à l'erreur. Celui qui marche sur une planche peut trébucher un peu, et poser son pied travers. Il réussira toujours à retrouver l'équilibre. Celui qui marche sur un fil tombe au moindre faux pas.
Eileen se faufila dans sa chambre, et ôta sa tenue d'assassin. Elle n'avait pas choisi le cuir par vanité, mais parce que c'était le seul matériau qui lui permettait de bouger à son aise sans la gêner. Et aussi parce il suffisait d'un peu d'eau pour effacer les traces de sang.
La jeune femme replia soigneusement sa tenue, puis nettoya un à un tous ses couteaux. Quand elle partait en ville, elle prenait le temps de s'équiper entièrement, en prenant garde à ne rien oublier. Seul son visage restait découvert.
Eileen aurait pu aller se coucher -il était déjà assez tard-, mais elle choisit de rester éveillée un peu plus longtemps. Elle enfila une légère tenue de toile, et glissa dans la seule ceinture qu'elle avait gardé ses deux dagues. Elle était de bonne humeur. Sa soirée c'était très bien passée, et, pour une fois, elle n'avait tué personne. Il y avait juste un ivrogne qui avait perdu sa main pour avoir giflé la serveuse qui lui apportait à boire.
Puis elle avait quitté la taverne, marchant au hasard dans les rues, savourant l'obscurité et le silence.  Deux soldats qu'elle avait croisé dans les rues avaient perdu leur porte-monnaie, mais elle ne les avait pas tués. Aussi près de la caserne cela aurait été du suicide.
Elle était rentrée un peu avant minuit, préférant remettre ses meurtres et ses recherches à plus tard.
Accoudée au rebord de sa fenêtre, la jeune femme eût envie de sortir prendre l'air de nouveau. Il faisait froid, aussi enfila-t-elle une veste, et comme on n'est jamais trop prudent, elle glissa deux autres poignards dans sa poche.
De nouveau sur le rebord de sa fenêtre, elle se glissa au-dehors et saisit la plante grimpante qui contournait sa fenêtre. Quand l'intendant lui avait présenté les appartements vacants, elle n'avait pas choisi cette chambre au hasard...
La nuit était claire, et un premier croissant de lune brillait faiblement dans le ciel nocturne. Les voix des gardes qui faisaient leur ronde troublaient parfois le silence. Absorbés dans leurs bavardages, il ne la virent pas. Elle n'était pourtant que quelques mètres au-dessus d'eux.
Eileen sourit. Pourquoi le verraient-ils ? Elle n'était qu'une ombre, une ombre parmi les ombres de la nuit, et son souffle se perdait dans les murmures du vent.
Elle grimpa encore un peu, atteignant les toits, et s'assit tranquillement, savourant la quiétude de la nuit.
Laissant ses pensées vagabonder, elle s'allongea sous le ciel percé d'étoiles. Après sept longues années de fuite, elle était heureuse de pouvoir se reposer un peu. Même si cette trêve ne durait que le temps d'une année, cette année lui suffirait pour se reconstruire avant de repartir.
Jouer au chat et à la souris avec la garde d'Al-Poll l'amusait, mais il viendrait forcément un jour où elle serait démasquée, et capturée. Puis elle s'évaderait, et sa fuite reprendrait. Il n'y aurait jamais de paix, pour elle, avant le jour où elle mourrait.
C'était un choix qu'elle avait fait il y a bien longtemps, quand elle avait décidé de ne pas agir masquée. On savait qui elle était, et où elle se trouvait.
Bien sûr, il lui restait toujours une dernière possibilité.
Aliwalia.
Sa sœur, qu'elle adorait. Elle pouvait la rejoindre, à Al-Jeit, et retrouver son identité d'Eileen Nil'Lewan, la petite noble qui enchainait les salons et les soirées.
Mais cela aurait été renoncer à sa vengeance, et cela, c'était hors de question.
Eileen se redressa, et fit quelques pas. Elle esquissa quelques pas gracieux, puis dégaina sa dague, et, par jeu, enchaîna quelques mouvements.
Elle souriait. Que dirait l'intendant s'il savait que l'assistante du maître d'arme s'exerçait à l'art guerrier, la nuit, sur les toits de l'Académie ?
La lune projetait sur le sol les ombres des bâtiments l'entourant.
Ce fut justement cela qui l'avertit de la proximité d'un autre être humain.
Une ombre.

- L'ombre est parfois bien bavarde, commenta Eileen à haute voix. Il faut s'assurer de la faire taire si tu ne veux pas qu'elle te trahisse.

Eileen était quelque peu agacée de ne plus se savoir seule, mais cette présence inconnue l'intriguait. Qui pouvait donc se trouver ici par une heure pareille ? Un élève désobéissant ? Un professeur insomniaque ?

- Je ne connais pas grand monde qui soit capable de venir jusqu'ici... Qui es-tu donc ? Marchombre ?

[Édition à volonté Wink]


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Lyu Wenynn / Eileen Nil'Lewan
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Mercenaire du Chaos et Assistante du Maître des Ecuries
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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Mer 29 Aoû 2012 - 19:41

*Ca fait du bien d'être enfin dehors...*

Telles étaient les pensées d'une mercenaire, qui, à défaut de travail et de sommeil, se baladait dans le parc de l'Académie. Elle en avait assez des écuries où elles passaient ses journées. Elle bossait aux écuries, elle mangeait aux écuries, elle dormait aux écuries...
Quelle stupide pensée lui avait fait prendre le poste d'Assistante du Maître équestre ?
Ce n'était certainement pas la première fois qu'elle le pensait.
Oh, loin de là.

Vêtue d'une simple tunique en coton, et d'un pantalon d'équitation qui avait la propriété de lui laisser tous mouvements possibles, elle se déplaçait toujours avec les deux dagues, cachées dans une cloison qu'elle avait vaguement construite dans ses bottes en cuir.

Alors que faisait Maena hors de ses appartements, si ce n'était ruminer, encore et encore ? Le savait-elle seulement ? L'impression de tourner en rond fut vite agaçante, et la jeune femme retourna vers ses chères écuries. Il se faisait tard, nombreux étaient ceux qui partaient se coucher. Regagnant sans une véritable envie ses appartements, elle s'affala sur son lit, trop dur à son goût. Mais elle n'était jamais satisfaite.
La seule chose qui pouvait plaire à la jeune femme dans l'enceinte de cette Académie, excepté d'enfin débarrasser Gwendalavir de ces immondes marchombres, c'était le sentiment de liberté que la nuit pouvait offrir.
Il lui semblait alors logique de penser à la démarche à suivre. Elle resta allongée, front dégagé de tous cheveux rebelles, les yeux tournés vers un plafond délavé. Que faire ? Sortir ? Pour aller où ?
Certes, sa mission comprenait aussi bien une infiltration auprès des habitants de l'Ecole de Merwyn qu'une infiltration des lieux, ainsi il aurait été plus qu'intelligent de repérer les environs.

*Et se faire prendre par les gardes ? Intelligent. En effet.*

Alors qu'elle soupirait d'ennui, Maena rouvrit subitement les yeux. Ce qu'elle venait de penser était stupide ! Comment pourrait-elle, ELLE, se faire attraper par les vulgaires gardes d'une simple école, aussi réputée et puissante fut-elle ? Elle était un enfant du Chaos, pas n'importe quel rejeton braillant et réclamant les mamelles de sa mère !
La simple idée qu'elle ai pu se croire aussi faible la révulser, et elle dut sortir prendre l'air pour se changer les idées. Tournant une tête furieuse vers le ciel, elle aperçut les toits de l'Académie qui lui cachaient la Lune, chose tout à fait horrible pour elle. Car si l'Ombre totale lui permettait une discrétion tout aussi complète, la lune était la lumière de leur ordre. Mystérieuse et complaisante, elle racontait des secrets à qui savait écouter, bercés par le vent.

Un nouveau coup de tête la décida à escalader cette immonde palissade qui la séparait de sa lumière. Crochetant de ses doigts effilés et calleux les nombreuses interstices et imperfections de la muraille, elle s'envola vers les sommets. Arrivant à l'étage où les tours de garde s'effectuaient, elle attendit qu'un groupe ne soit passé avant de sauter par-dessus les créneaux, et vive comme le vent, d'atteindre le second pan de mur, quelques mètres plus loin. Lorsqu'elle l'atteint, elle fut plongée dans une ombre totale. A temps, car l'un de gardes se retourna, suspicieux.

- T'as entendu ça ?
- Hein ? D'quoi tu parles ?
- Là, à l'instant, il y avait des bruits de pas !

Maena se mordit la lèvre inférieure. Plus de discrétion bon sang !
Lorsqu'elle ne se forçait pas à y penser, cette dernière avait de... nombreuses lacunes.
Le second garde soupira.


- 'coute Galdian, il est quasi minuit, t'dois être fatigué. Tiens l'coup, la relève est dans un quinze m'nutes.
- Mais j'te dis que...
- Allez, ça suffit. J'pas envie d'penser à ça, j'veux juste une bonne quinte d'bière avec une belle femme pour r'chauffer mon lit. Au lieu d'quoi, j'suis ici à me peler les burnes. Alors fermes ta grande gueule, et cont'nue c'te foutue garde.

La Mercenaire se permit un soupir, avant de sourire devant l'air idiot des deux gardes. Reprenant son escalade, elle arriva bientôt sur les toits, plats de l'Académie. Elle se cala contre les murs d'une tour de guet, et regarda à nouveau le ciel.

Une fois sous le clair d'une lune naissante, elle finit par se calmer. Effleurant le creux de ses reins, où avait été apposé un tatouage, la marque qu'elle avait choisie, en entrant chez les Mercenaires, elle ne put que se souvenir de son lien avec l'astre lunaire. Le contemplant, elle sourit.

Sourire qui s'effaça bien vite lorsqu'elle sentit une présence autre que la sienne sur le toit du monde. Elle aperçut alors une jeune femme, jeune, aux cheveux noirs d'ébène arriver à son tour sur le toit. La Mercenaire se terra quelque peu contre la paroi, non par peur mais bien par simple curiosité. Et peut-être aussi le fait que sa présence sur les toits, à une heure pareille, pourrait être bien suspecte.
La nouvelle venue avait une démarche gracieuse, mais bien différente de celle que pouvait posséder les maudits marchombres ou les enfants du Chaos. Plus simple, plus... humaine. Lorsque l'inconnue dégaina une dague, et enchaîna plusieurs mouvements rapides. Sa technique était bonne, et Maena gardait les yeux rivés sur la lame. Si bien qu'elle sursauta presque lorsque la femme se mit à parler.

- L'ombre est parfois bien bavarde. Il faut s'assurer de la faire taire si tu ne veux pas qu'elle te trahisse. Je ne connais pas grand monde qui soit capable de venir jusqu'ici... Qui es-tu donc ? Marchombre ?

La Mercenaire se redressa alors, peu soucieuse d'être découverte après avoir vu le manège de la nouvelle. Elle n'était pas une garde, cela se voyait. Avançant doucement à découvert, avec des pas mesurés et la tête haute, elle ficha ses yeux d'émeraude foncée dans ceux de la nouvelle venue. Un léger sourire sur les lèvres, elle se mit face à elle, à une distance d'environ trois mètres.

- Je suis Enfant de Nuit, et l'Ombre me suit. Qui veut grimper, escalade. Regarde-toi. Tu es ici, et pourtant je peux dire que tu n'es pas marchombre.

Basculant son poids sur une seule hanche, elle releva plus la tête, pour afficher ce petit sourire supérieur qu'elle affectionnait. Cette femme semblait plus âgée qu'elle, et surtout, sa musculature était bien plus saillante que la sienne. Mais ce n'était pas la force qui caractérisait le gagnant d'un combat.

- Comprends bien que si ma présence avait dû t'être cachée, ce n'est pas une ombre que tu aurais vu.

L'arrogance emplissait ses yeux. Elle laissa la fin en suspens, laissant tout loisir à sa camarade de jeu d'en découvrir le sens.


(Tu devines également que l'Edit est à volonté alors laugh )


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Assistante du Maître d'armes
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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Jeu 30 Aoû 2012 - 9:57

L'inconnue s'avança dans la lumière de la lune, et Eileen put distinguer les traits de son visages. Dans la pénombre de la nuit, seuls ses deux yeux verts émeraude ressortaient avec précision. Malgré les nuages qui voilaient la lune de temps à autre, Eileen distingua la sourire supérieur qui s'étalait sur les lèvres de son interlocutrice. Le jeune femme faisait défiler à toute vitesse dans son esprit tous les visages des résidents de l'Académie, cherchant à savoir qui était la nouvelle venue. Elle était de taille moyenne, bien qu'un peu plus petite qu'elle. Eileen lui donnait une vingtaine d'année, peut-être un peu moins, ce qui pouvait faire d'elle une élève comme une des gardes. Où l'assistante de l'un des professeurs.

- Je suis Enfant de Nuit, et l'Ombre me suit. Qui veut grimper, escalade. Regarde-toi. Tu es ici, et pourtant je peux dire que tu n'es pas marchombre.

Eileen sourit à son tour, mais d'un sourire franc, et presque moqueur. Une enfant de nuit ? La prestigieuse Académie de Merwyn était tombée bien bas... Cette école, qui revendiquait son mérite et sa perfection, était en réalité rongée par les traîtres et les élèves corrompus. Un jour, elle tomberait d'elle-même, et un autre professeur construirait une école semblable, qui se remplirait de prestige. Puis cette école serait à son tour infiltrée de toute part, et elle s'effondrerait à son tour. Et le cycle recommencerait. Telle était l'éternel bataille qui opposerait toujours l'harmonie et le chaos.

- Comprends bien que si ma présence avait dû t'être cachée, ce n'est pas une ombre que tu aurais vu.
[color=purple]- Pourquoi alors être restée cachée tout ce temps ? Pourquoi ne pas t'être avancée tout de suite ?[color]

Eileen étudiait attentivement celle qui lui faisait face. Elle tentait de déterminer si elle était ou non armée. La tunique en coton ne pouvait rien dissimuler, et le pantalon d'équitation non plus. Elle ne portait pas de ceinture, mais elle pouvait avoir des couteaux de dissimulés dans ses bottes.

- Enfant de nuit, hein... Est-ce bien raisonnable de t'avouer si vite fille de l'ombre et du chaos ? Qu'est-ce qui alors m'empêcherait de filer dans le bureau de l'intendant ? Tu es bien catégorique en affirmant que je ne suis pas une marchombre...

Les visages continuaient de défiler devant les yeux d'Eileen. La jeune fille devant elle était arrivé à l'Académie un peu avant elle, mais elle ne l'avait pas croisé souvent. Qui était-elle ?
La réponse lui vint lorsque son regard se posa sur le pantalon d'équitation. Elle avait un jour rencontré dans un couloir deux élèves, qui revenaient des écuries. Ceux-ci avaient évoqué l'arrivée dans l'Académie de la nouvelle assistante du maître des écuries. Ils avaient également donné son nom. Elle s'appelait...
Eileen ferma les yeux, pour mieux se souvenir.

Flash

- Salut Maï ! Tu as cours d'équitation, après ?
- Non, j'en reviens ! Pourquoi, tu y vas toi ?
- Oui, dans une demi-heure !
- Tu vas voir, Dame Vornang à une nouvelle assistante : Maena Greenleaf !

Flash

Eileen rouvrit les yeux. Maena. Joli prénom, au passage.

- Il se trouve cependant que tu as raison, Maena. Je ne suis pas marchombre. Mais je ne suis pas non plus comme toi, une enfant de l'ombre et de la lune...

Tout en parlant, elle se déplaçait lentement, se préparant à un combat éventuel. Non pas qu'il soit dans ses intentions de sauter à la gorge de la jeune fille, mais plutôt qu'elle préférait parer à toute éventualité.
Si, comme elle le supposait, la mercenaire avait caché ses armes dans ses bottes, même si elle était dotée d'une rapidité sans égal, il lui faudrait... minimum une seconde pour les atteindre et les sortir. Une seconde qui laissait largement de temps à Eileen de réagir.
Elle espérait tout de même ne pas en arriver là.

- Il y a longtemps, j'ai voulu devenir marchombre. Mais aucun maître n'a souhaité me prendre à son service, parce que trop de sang avait déjà coulé entre mes mains. J'ai ensuite passé quelques mois aux côtés des mercenaires du chaos...

Des mois de paix relative, au passage. C'était lors de sa quatrième année de fuite, et elle avait eu l'impression pendant quelque temps, de se trouver en sécurité, auprès de gens qui tenaient à elle. Au bout de quatre mois, elle était pourtant repartie. On attend des mercenaires du chaos une loyauté sans failles. Et Eileen n'était pas faite pour obéir. Rien ne comptait plus pour elle que sa liberté.

- Aux côté des mercenaires du chaos, j'aurais sans doute pu devenir, avec les années, un maître mercenaire, mais je n'aimais pas cette idée de « suivre une voie ». Il existe des millions de voies. Pourquoi se limiter à une seule ?

À force de reculer, Eileen avait atteint le bord du toit. Une distance d'environ trois mètres la séparait de Maena. Elle ne savait rien d'elle et de ses capacités, aussi préférait-elle garder une possibilité de fuite. Si la jeune fille se révélait être une mentaï, elle pourrait bondir en arrière, sur le toit inférieur, où elle comptait sur l'obscurité et sa rapidité pour lui échapper.
Ne voulant rien laisser paraître, elle continuait de parler sur un ton détaché.

- Pourquoi as-tu réagi si violemment quand je t'ai demandé si tu était une marchombre ? Serais-tu par hasard une Envoleuse ?

[I love you]


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Lyu Wenynn / Eileen Nil'Lewan
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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Jeu 30 Aoû 2012 - 19:20

L'inconnue sourit à son tour lorsque Maena prit la parole. La bouche de la mercenaire forma un ovale parfait, tandis que les fossettes se creusaient d'autant plus. Est-ce que cette femme se moquait d'elle ? Oserait-elle ? La nouvelle venue sembla la détailler de la tête aux pieds, presque sur ses gardes, ce qui ne fit qu'agrandir le sourire de la jeune femme.

- Pourquoi alors être restée cachée tout ce temps ? Pourquoi ne pas t'être avancée tout de suite ?

Maena ne répondit que par un sourire franc. La réponse était trop évidente pour être dite à voix haute. Le simple fait d'observer quelqu'un pouvait être plus instructif que nombre de bouquins ou cours stupides. Posant une main sur sa hanche, la tête légèrement penchée, la mercenaire continuait à se taire, écoutant les paroles de la femme. Plus intelligente qu'elle n'aurait pu y paraître.

- Enfant de nuit, hein... Est-ce bien raisonnable de t'avouer si vite fille de l'ombre et du chaos ? Qu'est-ce qui alors m'empêcherait de filer dans le bureau de l'intendant ? Tu es bien catégorique en affirmant que je ne suis pas une marchombre...

Le sourire de Maena se dissout alors, tandis que son visage se fermait sur une indifférence commune. Ses yeux scrutèrent ceux de la femme avant de reprendre la parole.

- Et toi bien rapide à tirer des conclusions hâtives. Tu me blesses et m'offenses, ne me connaissant pas, de me traiter d'une telle sorte d'ordure. Les mercenaires du Chaos auxquels tu sembles m'affilier - j'oses espérer, par mégarde - sont dépourvus de toute forme d'honneur, et ne font que tuer et piller la population de Gwendalavir. C'est à cause d'une telle forme de rapaces que les mots de Nuit et Ombre sont tombés aussi bas. Si ma mémoire est bonne, je n'ai pas nié ma qualité de marchombre. Mais la revendiquer au premier venu me semblait offensant. Elle fit une pause, regardant la réaction de son interlocutrice. Son ton était posé, et convaincant. Puisque ca semble être la seule solution pour que tu ne me traite plus d'une vermine pareille, oui. Je suis en effet une Marchombre. Et la Nuit n'appartiens pas à ces chiens du Chaos. Bien avant que leur ordre ne naisse, notre Voie la suivait déjà. Je te prierais de ne plus faire cette erreur à nouveau. Pour finir, je suis en effet catégorique sur ton appartenance à la Guilde. Pourquoi ? Tout simplement parce que tu n'as pas cette manière d'être, de bouger, de penser qui fait les gens de notre appartenance.

L'étrangère sembla réfléchir, puis se mit à reculer tout doucement, pas après pas. Une lueur amusée fila dans les yeux émeraude de la jeune femme. Serait-ce de la peur ?
Mais elle se reprit. La peur ne semblait pas coller avec le personnage. Cette femme semblait... dérangeante.
Peut-être un peu trop familière.


- Il se trouve cependant que tu as raison, Maena. Je ne suis pas marchombre. Mais je ne suis pas non plus comme toi, une enfant de l'ombre et de la lune... Il y a longtemps, j'ai voulu devenir marchombre. Mais aucun maître n'a souhaité me prendre à son service, parce que trop de sang avait déjà coulé entre mes mains. J'ai ensuite passé quelques mois aux côtés des mercenaires du chaos... Aux côté des mercenaires du chaos, j'aurais sans doute pu devenir, avec les années, un maître mercenaire, mais je n'aimais pas cette idée de « suivre une voie ». Il existe des millions de voies. Pourquoi se limiter à une seule ?

En entendant son prénom, Maena tiqua légèrement. Ses épaules eurent un imperceptibles sursaut, et ses doigts se crispèrent.
Comment ?
Mais elle laissa couler cette question. Depuis son arrivée, nombreux étaient ceux qui l'avaient croisée, notamment lors des cours aux écuries. Clarysse Vornang était connue. Le fait qu'elle ait une nouvelle assistante avait du se propager. C'était sûrement ça. Mais une seule question la taraudait.
Et si ça n'était pas ça ?


- Et tu oses recommencer, dis-moi. Pour une femme, aux capacités aussi puissantes soient-elles pour t'avoir amenée jusqu'ici, tu oserais traiter une marchombre de l'un de ses pire ennemi ? Pire que ça : tu avoues avoir été affiliée à la Guilde du Chaos. Tu ne crains donc pas pour ta vie, étrangère ? Elle s'avança, lentement elle aussi, sans mouvements brusques, avec une démarche typiquement marchombre vers la guerrière. Mais alors dis-moi : qu'est-ce qui m'empêche, MOI, de désormais aller voir ce cher Intendant pour te dénoncer ? Tu n'est pas sans savoir que les Mercenaires sont des hors-la-loi, recherchés par tout Gwendalavir, n'est-ce pas ? Et pourtant, tu te jettes dans les bras de la première marchombre venue... Arrivée à moins de deux mètres de la femme, elle secoua lentement la tête. Je t'avoues que je ne te comprends pas. Ce que je comprend en revanche, c'est pourquoi aucun marchombre ne te désiras comme élève. Un sourire moqueur réapparut sur les lèvres de la mercenaire. Les membres de la Guilde ne sauraient se souiller de pareils traîtres ! D'autant plus qu'une personne comme toi ne comprend et ne comprendras jamais rien à la Voie...

Oui. La Voie. Cette vraie Voie que la Guilde du Chaos lui avait permis d'atteindre. Que ces maudits insectes qu'étaient les marchombres reniaient. Chaque mot de son long discours lui coûtaient, spécialement lorsqu'elle ne cessait de se prétendre des leurs.
Mais elle ne laissait rien paraître. Alia l'avait bien entraînée. Car si l'Envoleuse avait remarqué que la force de Maena n'était pas exceptionnelle, elle put en revanche constater qu'elle était fort convaincante. Et par là, manipulatrice. Le mensonge était un jeu, et c'était désormais elle qui dictait les règles.


- Pourquoi as-tu réagi si violemment quand je t'ai demandé si tu était une marchombre ? Serais-tu par hasard une Envoleuse ?

Les yeux de Maena se révulsèrent, tandis que le sang battait à ses tempes. Son esprit ne faisait que hurler "Oui" à tout va, proférant des menaces à l'encontre de cette imbécile d'humaine, mais sa voix ne laissa rien transparaître. Simulant un léger tremblement dans celle-ci, elle serra l'un de ses poings convulsivement.

- Tu dépasses les limites, étrangère... Tu ne sais pas de quoi tu parles. Elle serra les dents, tandis que ses yeux lançaient des flammes. Tu oses donc, en plus de m'affilier au Chaos, de me prétendre Envoleuse ? De me prétendre partenaire des assassins de mes parents ?!

Pure invention. Ses parents allaient très bien et vivaient leur vie tranquillement à Al-Vor, loin d'elle.

- Je ne sais pas ce qui me retient de te jeter de ce toit sinon l'honneur et le fait que tu sois membre de cette Académie au même titre que moi. En revanche, soit certaine que tes paroles ne seront pas oubliées...

(Ahah, ça ne bouge pas beaucoup, mais je pense les paroles plus importantes tout de suite que les actions. On va pas déjà entamer un combat quand même angel )


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Ven 31 Aoû 2012 - 13:24

Surprise par l'agressivité de son interlocutrice, Eileen eût un mouvement de recul qui faillit bien la faire trébucher sur le rebord du toit. Elle retrouva son équilibre de justesse, et ses mains se rapprochèrent instinctivement de ses dagues.

- Et toi bien rapide à tirer des conclusions hâtives. Tu me blesses et m'offenses, ne me connaissant pas, de me traiter d'une telle sorte d'ordure. Les mercenaires du Chaos auxquels tu sembles m'affilier - j'ose espérer, par mégarde - sont dépourvus de toute forme d'honneur, et ne font que tuer et piller la population de Gwendalavir. C'est à cause d'une telle forme de rapaces que les mots de Nuit et Ombre sont tombés aussi bas. Si ma mémoire est bonne, je n'ai pas nié ma qualité de marchombre. Mais la revendiquer au premier venu me semblait offensant.


Eileen écoutait attentivement. Sa main gauche était posée sur le manche de sa dague. Elle avait la chance d'être ambidextre, ce qui lui permettait de combattre d'une main comme le l'autre. Mais son niveau en combat rapproché laissait encore à désirer, et en cas de combat au corps à corps, elle n'était pas certaine de remporter la victoire.

- Puisque ça semble être la seule solution pour que tu ne me traite plus d'une vermine pareille, oui. Je suis en effet une Marchombre. Et la Nuit n'appartiens pas à ces chiens du Chaos. Bien avant que leur ordre ne naisse, notre Voie la suivait déjà. Je te prierais de ne plus faire cette erreur à nouveau. Pour finir, je suis en effet catégorique sur ton appartenance à la Guilde. Pourquoi ? Tout simplement parce que tu n'as pas cette manière d'être, de bouger, de penser qui fait les gens de notre appartenance.

Trop de contradictions, trop d'arrogance, trop d'agressivité pour que tous ces mots ne soient que vérité. Mais comment démêler le vrai du faux ? Eileen ouvrit la bouche pour parler, mais Maena reprit.

- Et tu oses recommencer, dis-moi. Pour une femme, aux capacités aussi puissantes soient-elles pour t'avoir amenée jusqu'ici, tu oserais traiter une marchombre de l'un de ses pire ennemi ? Pire que ça : tu avoues avoir été affiliée à la Guilde du Chaos. Tu ne crains donc pas pour ta vie, étrangère ? Mais alors dis-moi : qu'est-ce qui m'empêche, MOI, de désormais aller voir ce cher Intendant pour te dénoncer ? Tu n'est pas sans savoir que les Mercenaires sont des hors-la-loi, recherchés par tout Gwendalavir, n'est-ce pas ? Et pourtant, tu te jettes dans les bras de la première marchombre venue... Je t'avoues que je ne te comprends pas. Ce que je comprend en revanche, c'est pourquoi aucun marchombre ne te désiras comme élève. Les membres de la Guilde ne sauraient se souiller de pareils traîtres ! D'autant plus qu'une personne comme toi ne comprend et ne comprendras jamais rien à la Voie...

Le cœur d'Eileen battait la chamade, et elle bénissait la nuit, qui dissimulait l'appréhension qui avait envahit son visage. Elle leva les yeux vers le ciel nocturne, et laissa s'écouler quelques secondes de silence avant de reprendre, de la voix la plus douce possible.

- Pardonne moi si mes paroles t'ont offensées, jeune fille. Ce n'était pas mon but. C'était simplement le raisonnement le plus logique qui m'est venu à l'esprit, lorsque tu m'as dit « Je suis enfant de Nuit, et l'Ombre me suit ». Je ne crois jamais avoir entendu un marchombre se vanter d'être suivi par l'Ombre... mais sans doute as-tu raison. Cette Voie m'est étrangère... Je ne la comprendrait jamais...

Maena s'avançait lentement vers elle de cette démarche si caractéristique des marchombres. Eileen commençait à regretter d'avoir reculé. Elle était désormais acculée au bord du toit, sans autres possibilité que de sauter. Ou d'attaquer. Elle ne pouvait qu'espérer que la jeune fille ne l'attaquerais pas, et que sa violence se limite aux mots. Elle poursuivit.

- Je t'avoue sans aucune crainte, Maena, que j'ai fait partie des mercenaires du chaos, il y a longtemps... Ce n'est un secret pour personne... Je n'ai rien à cacher... Mais je t'en prie, si tu as le moindre doute sur ma loyauté, cours réveiller notre bien-aimé intendant...

Son sourire se fit moqueur.

- Je suis certaine qu'il sera ravi de se voir réveillé à une heure pareille... pour quelque chose qu'il sait déjà. Le fait que je sois un assassin n'est un secret pour personne... Je suis ici pour purger ma peine...

Elle ajouta pour elle-même, murmure dans le vent glacial de la nuit :

- Est-il encore utile de craindre pour sa vie quand sa vie n'a plus aucune valeur ?


Elle avait levé les yeux vers étoiles, comme si elle espérait une quelconque réponse. Mais la nuit resta muette.
Une fraction de seconde, elle fut seule, sur ce toit, seule dans le noir. Elle ferma ses yeux noisette le temps d'un soupir, et tenta d'imaginer ce qu'aurait été sa vie « de l'autre côté ». Avec une famille, un mari, des enfants, des amis.
Une vie sans fuite, sans doutes, sans mensonges.
Sans liberté.
Eileen sourit en réalisant qu'elle ne voulait pas de cette vie-là. Elle se redressa, et plongea son regard dans celui de Maena.
Nouveau sourire.
Plus profond.

- Oui, je suis une meurtrière. Mais moi, je sais qui je suis, et j'en suis fière. Je ne dépend de rien, et ne suis attachée à personne. Cela fait bien longtemps que je n'ai plus de maître. Je ne suis pas prisonnière de ma propre voie, quelle qu'elle soit.

Elle ouvrit sa veste, où luisaient faiblement ses deux poignards.

- Deux dagues, deux poignards. Je n'ai rien a cacher contrairement à d'autres... et je n'ai pas honte du chemin que j'ai choisi, je ne tente pas de le dissimuler...

Sous-entendu léger pour bien lui signifier qu'elle ne croyait pas tout ce que Maena venait de lui dire. Mais dans l'impossibilité de démêler la réalité et le mensonge, Eileen ne savait si elle pouvait lui faire confiance. Elle s'apprêtait à lancer une nouvelle réplique, insistant sur son honnêteté, mais Maena la prit de court, prononçant les mots qu'il fallait.

- Tu dépasses les limites, étrangère... Tu ne sais pas de quoi tu parles. Elle serra les dents, tandis que ses yeux lançaient des flammes. Tu oses donc, en plus de m'affilier au Chaos, de me prétendre Envoleuse ? De me prétendre partenaire des assassins de mes parents ?!

Eileen ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte. Elle haïssait ses parents, qui l'avaient abandonnés en refusant de payer la rançon demandée par ses ravisseurs. Étant enfant, elle avait rêvé, des centaines de nuit durant, d'une famille aimante. Les mots de la jeune filles se plantèrent dans son cœur comme un million d'aiguilles.

- Oh... Je suis vraiment désolé pour cela. Je ne savais pas... Pardonne-moi, vraiment. C'est vrai que c'était stupide de ma part... oh... je suis tellement, tellement désolée...

Toute peur oubliée, elle s'avança vers elle.

- J'ai été injuste, je suis navrée. Je te propose qu'on reparte de zéro. Bien entendu, si discuter avec quelqu'un qui te rappelle trop les meurtriers de tes parents te gêne, je comprendrais...

[Je n'avance pas des masses >.< mais je n'arrivais pas à trouver une autre réaction... Si tu as une meilleure idée, je peux éditer ^^]


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Ven 31 Aoû 2012 - 21:13

Désormais très proche de la femme, Maena put apercevoir le mouvement de recul de celle-ci, qui faillit la faire basculer. Un rien sarcastique, elle s'empêcha de laisser son sourire moqueur dépasser la frontière de ses pensées. Cette moquerie aurait bien pu casser cette image de bête outrée montrant les dents qu'elle recherchait. Image qui semblait bien marcher, jusqu'à ce que la guerrière lui fasses comprendre qu'elle ne la croyait pas.

Ainsi, l'Intendant de l'Académie avait accepté, en connaissance de cause, une meurtrière en ses murs ? Quelle déchéance ! Peu étonnant que cette école ait été rongée, et l'était sûrement encore, par les traîtres. Mais la jeune femme n'allait pas se plaindre d'une chose arrangeant ses affaires : le moment venu, elle aurait donc le choix entre nombre de boucs-émissaires. Ne manquait plus qu'à les trouver~

Fronçant les sourcils, la mercenaire écouta à son tour son interlocutrice, qui semblait plaidoyer sa cause. "Vie sans valeur" ?
Quelle idiotie. Si elle pensait vraiment ça, elle n'avait plus qu'à se suicider. Le supplice de sa vie serait alors moins lourd à porter.


*Peut-être devrais-je l'aider...*

Une nouvelle fois, elle stoppa le sourire qui voulait franchir ses lèvres. Pas question de flancher maintenant. Le filet se resserrait, petit à petit. Mais la moindre faille le détruirait aussi bien que s'il avait été un écran de fumée. Maena leva un sourcil étonné lorsque la guerrière lui révéla les deux poignards cachés dans sa veste. Deux poignards, et deux dagues déjà dégainées contre deux dagues qui étaient toujours cachées dans ses bottes ? Entamer un combat à ce point de la discussion aurait été risible. De plus, sans connaître les capacités de la femme, le risque restait bien trop important.
La dernière solution était alors de la convaincre.


- Deux dagues, deux poignards. Je n'ai rien a cacher contrairement à d'autres... et je n'ai pas honte du chemin que j'ai choisi, je ne tente pas de le dissimuler...

*Mais parfois, dissimuler le chemin que tu choisis pourrait bien sauver ta tête, sombre idiote*

- Je suis ravie que tu me démontres ta haute puissance... railla la mercenaire. Comme tu semble le soupçonner, oui. Je suis armée. Mais quel est l'intérêt de dégainer les armes ici, sur ce toit ? Comptes-tu m'affronter ? Sa voix se faisait suave tandis que l'ironie l'emportant sur la colère. Le terrain était gagné, elle pouvait relâcher la tension qui s'était jusque là accumulée. Pourtant, ce n'est pas mon intention. Toutefois, devrais-tu être étonnée d'une possession d'armes alors que tu es toi-même aussi bien prête à te défendre ?

Sa voix se faisait plus calme. L'impression rendait presque un sermon, d'une aînée à sa cadette. Pourtant, à toute vraisemblance, c'était l'inverse. Lorsque Maena s'énerva au sujet des Envoleurs, la guerrière sembla perdre ses moyens, et se mit à balbutier de la façon la plus mignonne et la plus stupide qui soit.

- Oh... Je suis vraiment désolé pour cela. Je ne savais pas... Pardonne-moi, vraiment. C'est vrai que c'était stupide de ma part... oh... je suis tellement, tellement désolée... J'ai été injuste, je suis navrée. Je te propose qu'on reparte de zéro. Bien entendu, si discuter avec quelqu'un qui te rappelle trop les meurtriers de tes parents te gêne, je comprendrais...

Ça y est, Le tour était joué. Elle se permit qu'une lueur de fierté et d'arrogance luise dans ses prunelles, qui, de toute façon, était rendue invisible par les bienfaits de la nuit.
Lorsque la guerrière s'avança vers elle, la mercenaire esquissa un mouvement de recul, jambes fléchies. Après tout, la femme avait toujours ses dagues en main. Quel type de confiance pouvait alors exister, jusque là ? Se rendant compte de la réaction quelque peu disproportionnée après de telles excuses, Maena se redressa, conciliante.


- Comme tu as dit, tu ne savais pas. Tu ne pouvais pas savoir. Si j'ai bien compris, ta vie n'est pas rose, si tu la traite avec si peu d'égards. Tu veux un conseil ? Apprécie la à sa juste valeur, ou quitte là.

Sombres paroles pour une jeune femme d'à peine vingt ans. Mais elles sonnaient vraies. La mercenaire avait eu l'impression que la femme qui lui faisait face, lui ressemblait en quelque sorte, plus tôt. Et les paroles de la guerrière à propos de la vie avait touché quelque chose en elle, quelque chose qu'elle ne pouvait s'avouer, car cela remontait à une époque où sa stupidité dépassait l'entendement. Elle s'entendait encore prononcer des mots similaires, et son maître - ancien maître ! - lui répondre d'une voix trop compatissante et gentille pour être sincère que la vie valait le coup d'être vécue.
Alors oui. Elle valait le coup.
Mais jamais en tant que faible. Si l'on est faible, vivre n'a aucune raison, puisque les plus forts ne font que nous écraser. Et c'était pour cette raison que Maena n'était pas devenue faible. Pas devenue marchombre.

Après un temps de silence entre les deux femmes, la mercenaire reprit la parole.


- Ton nom ?

Devant l'air interdit de son interlocutrice, Maena eut un mouvement agacé.

- Tu veux repartir de zéro, non ? Tu connais le mien, alors je te demande ton nom ! Et si tu pouvais aussi ranger ces dagues, je t'avoue que je te considérerais moins... comme une potentielle ennemie, si tu vois ce que je veux dire.

Dépassant la guerrière, elle s'assit sur le rebord du toit où la femme avait quelque peu trébuché, plus tôt. Se retournant avec un regard ennuyé vers elle, la mercenaire lui fit signe de la rejoindre. Parler assis adoucissait les moeurs, lui avait-on dit. Lorsque la femme l'eut rejoins, elle redémarra leur conversation.

- Je suis heureuse de voir que tu n'est pas aussi bornée que tu me le laissais croire plus tôt, et que tu ai enfin accepté le fait que je n'étais pas une chienne de mercenaire.

Elle dit ce dernier mot comme la pire des injures, le crachant comme s'il lui brûlait la gorge. Mais ce qui lui brûlait réellement la gorge, c'était plutôt de devoir dire de telles paroles.

- Pourquoi es-tu à l'Académie, donc ? A part ta peine ?

Maena eut un sourire légèrement sarcastique. C'était facile, trop facile...

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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Dim 2 Sep 2012 - 11:20

Le simple fait de penser à la famille qu'elle n'avait pas, à la famille qu'elle aurait pu avoir suffisait à transformer le visage d'Eileen. Elle avait perdu toute sa fierté, mis de côté son arrogance. Sa voix ressemblait à celle d'une petite fille devant un château de sable grignoté par la mer.
Maena, en revanche, n'avait rien perdu de son assurance. Celle-ci semblait même s'affirmer au fur et à mesure que celle d'Eileen se fissurait.

- Comme tu as dit, tu ne savais pas. Tu ne pouvais pas savoir. Si j'ai bien compris, ta vie n'est pas rose, si tu la traite avec si peu d'égards. Tu veux un conseil ? Apprécie la à sa juste valeur, ou quitte là
- Ma vie n'est pas rose, elle est violette, d'abord :na: . Mais ce n'est pas pour cela que je ne l'apprécie pas.

Ses pensées s'envolèrent aussitôt vers Attalys, qui devait sagement dormir dans le dortoir de sa maison.
Petite sœur...
Puis, une seconde plus tard, bien plus loin dans l'empire, elle devina Aliwalia qui dormait en compagnie de son mari, la petite Artémys dans son berceau, à côté d'eux. Cette simple image suffit à lui rendre le sourire.

- Je sais que quelque part, il y a des gens qui m'aiment. Et cela suffit pour me faire apprécier la vie.

Il y a le bonheur que t'apporte une famille, oui. Il compte, mais il n'est pas seul. Il y a le bonheur que t'apporte ton mari ou ta femme, encore plus important. Le bonheur que t'apportent, tes enfants, tes amis...
Et il y a le bonheur de vivre.

- Ma vie n'a plus de valeur, sinon, il y a quelques mois encore, un peu d'argent sur un bout de papier, offerts pour ma capture. Aujourd'hui, je ne suis plus qu'un nom dans les registres de la garde d'Al-Poll... Un nom parmi des milliers d'autres criminels...

Silence.
Regard aux étoiles.

- Mais chaque jour suffit pour me faire apprécier la vie. La vie est une chose trop précieuse pour l'abandonner sur le côté de la route. Et des soirs comme celui-ci, seule -ou presque- à la frontière entre la terre et le ciel, je suis heureuse d'être vivante...

Elle s'était assise sur le rebord du toit, tournant le dos à Maena, qui s'était apparemment assise aussi. Elle ne savait plus si elle lui parlait à elle, ou si ces mots ne lui étaient destinés qu'à elle seule...

- Ton nom ! s'exclama soudain Maena, la faisant sursauter.

- Pardon ?
- Tu veux repartir de zéro, non ? Tu connais le mien, alors je te demande ton nom ! Et si tu pouvais aussi ranger ces dagues, je t'avoue que je te considérerais moins... comme une potentielle ennemie, si tu vois ce que je veux dire.


Cette fille ne perdait décidément son sens pratique...

- Eileen. C'est comme ça qu'on me nomme dans cette Académie. Si tu vas du côté d'Al-Chen, je suis « Ombre » et si tu pousses jusqu'à Al-Jeit, tu y trouveras des affiche recherchant « le Corbeau ».


Elle sortit ses deux dagues de leurs fourreaux, jouant un instant avec le reflet de la lune, puis elle ouvrit ses mains, et les laissa tomber. Les deux armes s'écrasèrent sur le toit inférieur, dix mètres plus bas. Elle irait les récupérer plus tard. Ou un autre jour. Ou jamais.
Ouvrant sa veste, elle referma son poing sur le premier poignard. Elle le sortit à l'air libre, et d'un mouvement du poignet, l'envoya se planter dans un arbre, sur sa gauche, à dix mètres de là. Le deuxième rejoignit le premier quelques secondes plus tard.

- Je n'ai plus d'arme. Je n'ai pas peur.


Ou presque. Eileen avait laissé ses cheveux libres, et donc sans le poignard qui les maintenaient habituellement en place. Mais elle possédait, contre son avant bras, une aiguille couleur chair lui lui permettait habituellement de forcer les serrures. Elle ne s'en défit pas. Cela pouvait toujours servir, même si elle se voyait mal affronter une marchombre à l'épingle à nourrice.

- Je suis heureuse de voir que tu n'est pas aussi bornée que tu me le laissais croire plus tôt, et que tu aies enfin accepté le fait que je n'étais pas une chienne de mercenaire.

Le mort mercenaire était particulièrement appuyé. Maena avait dû réellement souffrir de la perte de ses parents. Eileen sentit de nouveau la compassion l'envahir. La pauvre...

- Pourquoi es-tu à l'Académie, donc ? A part ta peine ?

Le ton était si tranchant qu'Eileen, malgré toute sa sympathie, ne put s'empêcher de l'envoyer paître.

- Nous ne sommes pas à un interrogatoire de police, il me semble ? À moins que tu n'espères m'arracher des informations que tu pourrais revendre auprès de notre intendant ? Courte pause. Hélas, au risque de te décevoir, rien d'autre ne m'a conduit ici. J'ai été prise, par un ancien ami qui avait changé de camp. Il a eu pitié de moi, et m'a envoyé ici...

Nouveau silence, bien plus long celui-ci. Eileen réfléchissait. Elle se remémorait toute la conversation. La colère de Maena au mot mercenaire, qui avait encore enflé à l'évocation des envoleurs. Puis son assurance regagnée quand Eileen avait prit pitié d'elle à l'annonce de la mort de ses parents. Son assurance gagnée quand Eileen l'avait crue. L'avait crue.
Les mots firent leur chemin dans l'esprit d'Eileen, et une nouvelle pièce vint trouver sa place sur le puzzle qu'elle assemblait peu à peu sur la jeune femme.

- Maena, reprit-elle d'une voix qui n'avait rien perdu de sa douceur. Tes parents étaient-ils des marchombres ? Et toi, es-tu un maître ou une simple élève ?

Sa logique lui montrait peu à peu le chemin vers la vérité.

- Je te donne une vingtaine d'année. À ton âge, la plupart des marchombres atteignent la fin de leur apprentissage. Je n'ai jamais vu un marchombre perdre son calme aussi facilement. Même lorsqu'on les confonds avec des Envoleurs...

Eileen leva les yeux vers la lune, qui semblait lui faire un clin d'œil. Heureuse de cet appui, elle reprit, d'une voix débordant de gentillesse :

- Pourquoi me mens-tu ?

Eileen se releva, s'étira. Elle ne doutait plus Un assassin peut se tromper, mais il n'a pas le droit de douter.

- Je n'ai plus rien à perdre, mais plus rien à gagner. Quoi qu'il en soi, je ne te dénoncerai pas. Je ne sais pas où sont le vrai et le faux dans tes paroles. Si tu préfères garder le silence, c'est ton choix. Peu m'importe, au final, la voie que tu as choisi. Que tu soi mercenaire, marchombre ou même rêveuse n'a aucune importance pour moi... Quel que soit ton choix, je te promet de tenter de le comprendre. De le respecter. Et si tu en as besoin, de t'aider.

Elle répéta :

- Pourquoi me mens-tu ?

[Les paroles sont parfois plus utiles que les actes Smile tous les rp ne sont pas forcés de finir en bain de sang ^^ je trouve qu'on avance plutôt bien]


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Lun 3 Sep 2012 - 18:56

Trolololo :albino: :
 

Eileen. Non, décidément, ce nom ne lui disait rien. Un petit sourire moqueur, presque un rictus, se peignit sur les lèvres de Maena, dos tourné à la guerrière. Ainsi, elle était nommé "Ombre" à Al-Chen ? Une question s'immisça alors dans ses pensées : comment cette femme avait pu dire d'elle qu'elle était Mercenaire, si elle-même était si affiliée à l'Ombre ?
Elle se tut, mais ne put s'empêcher de la penser très fort

Maena, ne pouvant voir Eileen qui était dans son dos, sursauta faiblement lorsqu'elle entendit un bruit métallique s'écraser l'étage plus bas, à la hauteur du tour de ronde des Gardes. Elle jeta un rapide coup d'oeil vers le sol, et découvrit les deux dagues de l'assassine à même le sol. Se mordant la lèvre, elle ne put s'empêcher de glisser un regard étonné à la femme qui envoya également valser ses deux poignards, qui se fichèrent dans le tronc d'un arbre.
D'accord, le message était passé, même de nuit, Eileen était excellente au combat à distance.
Si jamais elle devait l'abattre, elle tenterait de se souvenir qu'il lui faudrait un combat rapproché. En priant très très fort pour qu'elle n'y soit pas aussi douée.

De plus, la mercenaire lui avait juste demandé de les lâcher. Mais pas en bas.
Dans un sens, cela démontrait une confiance bien plus qu'étrange envers la gaminie. Les yeux rivés sur les armes, que les Gardes finiraient par trouver, et chercher à qui elles pouvaient appartenir, Maena balbutia quelques mots, prise de court.
.

- Ce n'était pas ce-
- Je n'ai plus d'arme. Je n'ai pas peur.

D'accord. Aussi idiote était-elle, cette femme venait de l'empêcher de dire sa phrase. Phrase qui aurait été prononcée sur un ton trop faible et enfantin à son goût.
Elle reprit toute sa contenance, à nouveau dos à Eileen.
Qui ne parut pas apprécier son ton lorsqu'elle lui demanda s'il y avait une autre raison à sa venue à l'Académie.
Qu'est-ce qu'il avait eu, son ton ? Écoutant à moitié la réponse énergique de la guerrière, elle chercha le problème dans ses paroles. Et ne trouva pas. Avec un haussement d'épaule, elle se rappela que ce n'était pas la première fois qu'on lui faisait remarquer qu'elle avait un ton agressif.
Il faudrait peut-être essayer de changer ça...

Drôle d'histoire, par ailleurs. Recherchée en tout Gwendalavir, ou presque, son ami l'avait aidée à venir dans cette Ecole ? Et Jehan avait accepté ?
Quelle Académie de cinglés...
Accepter meurtrier et mercenaires - certes certes, ça ils ne le savaient pas - dans le sein de ses murs était une folie. Mais c'était cette folie qui l'avait amenée ici.
La folie était bien, dans un sens.


- Maena. Le ton remplit d'une étrange douceur donna un frisson à la mercenaire. Tes parents étaient-ils des marchombres ? Et toi, es-tu un maître ou une simple élève ?

Maena ne se retourna pas. Pourquoi cette question ? Se pouvait-il qu'elle doute encore ? Son mensonge avait pourtant été parfait !
La suite fit vite déchanter la jeune fille.


- Je te donne une vingtaine d'année. À ton âge, la plupart des marchombres atteignent la fin de leur apprentissage. Je n'ai jamais vu un marchombre perdre son calme aussi facilement. Même lorsqu'on les confonds avec des Envoleurs... Il y eut un silence, puis elle reprit. Pourquoi me mens-tu ?
- Excuse-moi ? Maena tentait de contrôler le tremblement de sa voix.

Toujours dans l'incapacité de voir Eileen - et elle de même -, Maena frissonna à nouveau dans la nuit fraîche. Cette femme était une dessinatrice et avait pénétré ses pensées, il n'y avait pas d'autre solution. Il ne POUVAIT y avoir d'autre solution.
Prise d'un affolement qu'elle tentait de contrôler avec peine, les doigts de la mercenaires se refermèrent sur le manche d'une de ses dagues, dans sa botte droite.
Si elle était prise, elle ne reverrait jamais Alia...


- Je n'ai plus rien à perdre, mais plus rien à gagner. Quoi qu'il en soi, je ne te dénoncerai pas. Je ne sais pas où sont le vrai et le faux dans tes paroles. Si tu préfères garder le silence, c'est ton choix. Peu m'importe, au final, la voie que tu as choisi. Que tu soi mercenaire, marchombre ou même rêveuse n'a aucune importance pour moi... Quel que soit ton choix, je te promet de tenter de le comprendre. De le respecter. Et si tu en as besoin, de t'aider.

Silence. La main de Maena hésitait à sortir la dague du fourreau improvisé.
Et elle tremblait.


- Pourquoi me mens-tu ?

Elle était là, cette ressemblance. Pourquoi est-ce que cette foutue meurtrière - quelle ironie de dire ça quand même - lui ressemblait tant ? Pourquoi est-ce qu'il fallait que ses paroles aient la même consonance, la même vérité que celles de sa mère ?
Pas cette traîtresse qui vivait avec son mari, heureuse, à Al-Vor. Pas Glorin Greenleaf.
Pourquoi est-ce qu'Eileen ressemblait tant à Alia ? La seule vraie mère qu'elle ait eu ?

Quel était ce sortilège ? La main de la mercenaire se cramponnait à son arme, comme si elle était une bouée de sauvetage la rattachant au monde réel, l'empêchant de sombrer dans ce rêve.
Pourquoi ses paroles étaient si gentilles. Compatissantes presque. Une Mercenaire avait-elle le droit à la compassion, autre que celle de ses frères et soeurs ?
Sa main tremblait de plus en plus.
Elle devait tuer Eileen.
Elle s'en sentait incapable.

Que fait une enfant en panique devant sa mère compatissante ?
Elle pleure.

D'une façon incontrôlable et imprévisible, Maena fondit en larmes. Se jetant dans le bras d'Eileen, qui s'était retournée vers elle, elle n'arrivait plus à penser.
Aussi froide, hautaine et cruelle qu'elle pouvait l'être, atypique ou encore imbue de sa personne, la jeune mercenaire restait ce qu'elle était.
Elle n'avait pas atteint l'âge adulte.
Elle n'avait que dix-neuf ans...
Et quoiqu'elle puisse dire, elle aimait profondément sa mère et maître.
Et sa mère lui manquait.

Cette femme, qui lui faisait face plus tôt, à peine plus jeune qu'Alia, elle, était là. Et pendant un instant, l'esprit torturé de la jeune fille l'avait confondue.
Tandis qu'elle ne parvenait pas à dire un mot au travers de ses sanglots, les doigts de Maena agrippaient convulsivement la chemise de la guerrière, ses ongles griffant quelque peu la peau mâte dans la nuit. Sa tête était baissée, elle n'osait regarder la femme, de peur que le charme ne se brise.

Elle était faible. Pitoyable.
Elle était tout ce qu'elle détestait.
Mais, à cet instant, en ce lieu, sur un toit pentu, elle était juste dans les bras d'une inconnue connue pour meurtres, qui savait et ne la rejetais pas.
Et à cet instant, c'était tout ce qui importait.


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Mar 11 Sep 2012 - 15:32

Eileen accueillit avec gentillesse cette jeune fille qui pleurait dans ses bras. À cet instant, il n’était plus question de mercenaires, d’envoleurs, de marchombres ou de quoi que ce soit d’autre. Il y avait seulement une petite fille qui avait besoin d’affection.

L’assassin serrait Maena dans ses bras, sans se poser de questions. Sans se demander une seule seconde si cela n’était pas une ruse pour mieux la tromper. Pour mieux la tuer. Elle s’en fichait.

C’était, et cela avait toujours été son point faible. Elle ne pouvait s’empêcher d’aimer les gens. De s’y attacher. Hors un meurtrier ne s’attache pas aux gens. Ou il le paie très cher. Elle avait eu une amie, comme ça, il y a longtemps. Une collègue, à qui, quand on confiait de longues missions, n’arrivait jamais à les mener à bien, parce qu’elle ne pouvait pas s’empêcher d’aimer ceux qu’elle devait tuer. Un jour, avec Eileen, elles avaient caché leur victime, un enfant (dont la mort devait simplement servir à brouiller deux nobles du coin), pendant plusieurs semaines, pour qu’il reste en vie. D’ailleurs, il était probable qu’il soit toujours en bonne santé, quelque part. Suite à cette mésaventure, l’amie d’Eileen avait brusquement disparu. Ce n’est que quelques années plus tard qu’Eileen apprit qu’elle avait été livrée à la garde, et pendue peu après. S’attacher aux gens n’était donc pas conseillé.

Oui, mais elle ne s’attachait pas à grand monde, si ? Bon, il y avait Attalys. Et maintenant, Maena. Mais prendre quelqu’un dans ses bras n’est pas s’attacher, si ? Et puis zut ! Elle était libre, elle n’avait pas de chef, et personne ne la menaçait !

Balançant au loin cette idée, Eileen resserra encore son étreinte. C’était presque amusant de voir comment cette fille, pourtant si arrogante et sûre d’elle, avait d’un seul coup craqué. Cela arrive parfois. Cela arrive à tout le monde, quand la pression est si grande que les nerfs atteignent leur point de rupture. À ce moment là, on perds complètement le contrôle de soi même. On est submergé par les émotions, incapable d’aligner deux pensées cohérentes. Maena devait être a peu près dans cet état là...

- Ne t’inquiète pas... Ne pleure pas, je t’en prie... Je n’aime pas voir des gens malheureux...

Elle relâcha la supposée mercenaire, et essuya les larmes sur son visage. Eileen n’aurait su dire si elle préférait l’arrogante Envoleuse ou la petite fille en pleurs. Sans doute l’idéal aurait-il été un équilibre entre les deux... Encore fallait-il parvenir à le trouver, cet équilibre.

- Alors, mercenaire, n’est-ce pas ?

Mercenaire. Bien au-dessus des marchombres. Un peu en dessous du reste. Les mercenaires ne s'embarrassaient pas de tous les principes des marchombres. Un bon point pour eux. Mais il leur restait tout de même cette idéee de «Voie» à arpenter. Eileen trouvait à ce mot une limite qui ne lui plaisait pas. La plus longue voir qu’elle ait jamais arpentée était l’avenue principale d’Al-Jeit.

- Et si tu me racontais ton histoire ? depuis le début ?

Eileen l’zcouta patiemment. Quand elle eut fini, elle reprit tranquillement:

- Tu as donc la chance d’avoir quelqu’un pour s’occuper de toi... C’est mieux que rien. Je connais Alia de vue. Pour ne pas dire de nom. Chez les mercenaires, les visages restent le plus souvent anonymes...

Elle sourit ironiquement. - Tu pourrais demander à Alia de reprendre la chapitre « ombres et dicrétion », ne crois-tu pas ?

[désolée du retard >< en plus, c'est un peu court... si tu penses que Maena ne raconterait pas son histoire, j'éditerais Wink. Que penses-tu te faire intervenir Élio maintenant ? Ou après ta réponse ?]


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Mar 11 Sep 2012 - 21:51

HRP:
 

Pourquoi Eileen était-elle aussi ouverte ? Pourquoi la garder dans ses bras, pourquoi avec autant de gentillesse ?
Pourquoi ?

Trop de questions commençant par le même mot se bousculaient dans l'esprit perturbé de la jeune fille. Qu'était devenue cette femme, sûre d'elle, forte ?
Où était-elle, quand on avait besoin d'elle ? L'Envoleuse avait disparu, laissant une enfant apeurée. Mais par quel Ts'lich avait-elle été piquée ? De quoi pouvait-elle avoir peur ?
La corde ? Aucune raison, elle ne se ferait jamais attraper. Les Marchombres ? Ces vermines ne méritaient pas d'autre sentiment que sa haine. La torture ? ... Pourquoi est-ce que cette idée lui venait même à l'esprit ?

Non, décidément, elle ne savait pas. Rien du tout.
Ses pensées étaient aussi embrouillées que si quelqu'un lui avait secoué le crâne, et était en train de l'essorer. Ca faisait mal. Et l'assassine qui resserrait son étreinte, et ses pleurs qui ne cessaient pas, et semblaient ne jamais le vouloir.


*Pitoyable !!* hurlait-elle dans sa tête.

Eileen, après une longue étreinte, la dégagea de ses bras aussi rassurants qu'effrayant. Effrayants parce que pendant quelques instants, elle s'y était sentie en sécurité. Et qu'à partir de là, la guerrière aurait pu faire n'importe quoi, tenter de la tuer, elle n'aurait jamais pu réagir à temps.
Légèrement éloignée de la femme, la Mercenaire s'empêcha de pousser un soupir. Est-ce qu'Eileen avait retrouvé ses esprits ? Compris que cette accolade était stupide ? Dangereuse ?
Rien de tout ça.

A la place, elle essuya ses larmes, avec des paroles d'un ton écoeurant de gentillesse. Peu à peu, la jeune fille tentait de retrouver un semblant de dignité. En vain ou non, elle essayait.


*Tu n'aimes pas voir les gens malheureux ? Va dans le désert !! Tu n'y verras personne !*

Mais ces pensées sonnaient tellement creux...
Maena détestait cette pitié qu'elle voyait sur le visage de la guerrière. Ou ce que ses yeux embrumés décelaient comme telle. Elle tenta de se soustraire au regard brun de cette femme. Si elle continuait de le regarder, elle s'y perdrais à nouveau.
Perdrais à nouveau la tête. Deviendrait à nouveau faible .
Mais ça, il ne le fallait pas. Retenant autant qu'elle le pouvait ses pleurs et ses cris qui avaient du alerter quelques gardes en faction, quelques larmes solitaires dévalaient pourtant régulièrement ses joues creusées.


- Alors, mercenaire, n’est-ce pas ?

Maena ne répondit rien. La gorge serrée, elle ne pouvait ouvrir la bouche sans que d'autres larmes salées ne coulent. Et même si elle avait été en mesure de répondre, l'aurait-elle fait ? Même si sa couverture avait sauté avec la bonne personne, parviendrait-elle à avouer cela ? A avouer qu'elle avait échoué, en si peu de temps ?
A avouer à une résidente de l'Académie qu'elle était une Mercenaire...
Malgré un esprit peu vif à l'heure présente, la réponse était claire : Non.
Mais aussi claire fut la réponse muette pour Eileen.
La jeune Mercenaire se mordit la lèvre inférieure, étouffant un sanglot.


- Et si tu me racontais ton histoire ? Depuis le début ?

La tête légèrement baissée de Maena se redressa vivement, les yeux affolés. Pourquoi cette femme voulait-elle savoir son histoire ?
Et pourquoi la dirait-elle ? C'était SON histoire ! Elle n'avait aucunement besoin de la déballer au premier venu !


*Vraiment ?*

La maudite voix dans sa tête, qu'est-ce qu'elle pouvait la haïr à l'instant présent !
Bien sûr qu'elle n'avait besoin de personne !
Jetant un coup d'oeil à une Eileen attendant patiemment, les ongles de la jeune fille s'enfoncèrent lentement dans la chair de son bras. Elle devait s'empêcher de parler. Cette femme connaissait son identité, aussi elle ne devait en aucun cas parler de la Guilde ou d'Alia !


*Et pourquoi ?*

Une larme s'écrasa sur le sol, tandis que la Mercenaire se maudissait elle-même, maudissait sa faiblesse. Elle raconta, raconta pendant un long moment. Son enfance paisible, mais ennuyeuse à Al-Vor. La mort de son jeune frère. La rencontre avec Le Marchombre - il n'était plus question de lui donner un nom. Sa trahison, lorsqu'il lui refusa une greffe qu'elle méritait plus qu'amplement. Alia, qui la secourut au moment où elle en avait le plus besoin. Les Mercenaires qui devinrent sa famille.
Et son arrivée ici.
Elle avait tut la raison de sa venue dans l'Académie. Tout d'abord car ça ne concernait aucunement la guerrière. Et aussi car elle n'en connaissait que peu la teneur. Alia lui avait dit d'infiltrer la place, et d'attendre de nouveaux ordres. Ordres non-reçus jusqu'ici.
Qu'attendait-elle donc ?
La voix tranquille de la femme la fit presque sursauter, toute perdue dans son récit qu'elle était.


- Tu as donc la chance d’avoir quelqu’un pour s’occuper de toi... C’est mieux que rien. Je connais Alia de vue. Pour ne pas dire de nom. Chez les mercenaires, les visages restent le plus souvent anonymes... Tu pourrais demander à Alia de reprendre la chapitre « ombres et dicrétion », ne crois-tu pas ?

Si elle ne l'avait remarqué jusqu'ici, Maena s’aperçut alors que ses larmes avaient cessées, tandis qu'elle racontait son passé. Ses yeux étaient douloureux, et certainement rougis, mais le vent allait vite faire disparaître cette terrible preuve de sa faiblesse.
La Mercenaire sourit presque. Presque, parce que son esprit était ailleurs.
Alia était en effet connue au sein de la Guilde, comme l'une des meilleures Envoleuses de leur région. Rapide et efficace, cruelle et sans pitié pour la race maudite, elle avait pourtant accepté comme élève une renégate.
Ce en quoi la jeune fille lui serait toujours reconnaissante.
Toujours accroupie sur le toit qui allait en pente douce vers le sol et une chute certaine, Maena regarda tranquillement Eileen. Après une crise, ne restait que le calme.
Jusqu'à la prochaine crise.


- Est-ce que tu... commença la Mercenaire.

Elle s'arrêta bien vite. Elle avait entendu un bruit sur ce toit, elle en était certaine. Pivotant sur ses talons, les yeux quelques peu hagards, elle se redressa en ayant tout d'abord récupéré les deux dagues de leurs étuis, dans les deux bottes d'équitation. Ses cheveux, emmêlés par l'étreinte, lui obstruaient quelque peu la vue, mais elle n'osait quitter des yeux le lieu où elle avait entendu ce bruit.
Quel bruit, d'ailleurs ?
Un Garde qui avait fini par trouver les dagues d'Eileen ? Ou entendu ses cris ?
Un élève insomniaque ?
Un Marchombre, peut-être...
Sa rage et sa peur se mélangèrent à nouveau en un être. Rage et peur confondues provenaient de la déception qu'elle avait d'elle-même. Et si Eileen l'avait vue pleurer, elle tuerait la première autre personne qui verrait ce désolant spectacle.

Les bras encore tremblant de cette crise de nerf, Maena s'impatienta, oubliant presque la guerrière derrière elle. Même si la Mercenaire avait un très bon sens de l'équilibre, faire dos à une pente, debout, et dans un état aussi faible que pitoyable était loin d'être intelligent.


- Qui va là ?! cria-t-elle, maudissant les tremblements encore quelque peu présents dans sa voix.

Et désormais, ce n'était plus un bruit.
Désormais, c'était une ombre.


Elio:
 




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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Sam 15 Sep 2012 - 13:05

Il était l’ombre d’un projet qui se créait de lui-même, pierre par pierre. Secret d’un cœur en sang et d’un esprit parasité. Chaque fois que le soleil tombait et annonçait la retraite des élèves dans leurs dortoirs, Elio sortait par le biais des toits et partait dans ses secrets pour revenir à l’aube, et retrouver son lit sitôt le soleil levé. Ne passant plus une seule nuit à l’Académie, sans que quiconque ne le remarque. Personne ne s’intéressait vraiment à lui et les élèves avaient l’habitude de ne le voir qu’en cours. Avantage qui lui permettait de fuir les murs de l’Académie en toute quiétude. Jusqu’à maintenant en tous cas.

Toutefois ce soir là n’était pas comme les autres. Habituellement il s’autorisait le peu de sommeil dont son corps avait pris l’habitude de se contenter, dans son lieu de refuse, revenant toujours à temps à l’Académie. Mais toute ne s’était pas passé au mieux cette nuit là.
Où allait-il ainsi chaque fois que le ciel se faisait noir ?
Et bien il traversait la rue marchande, de toit en toit, d’ombre en ombre, afin d’atteindre l’ancienne échoppe de son père sans être vu de quiconque. Une fois là-bas, il remettait à neuf la boutique, et la petite chaumière qui y jouxtait, préparant avec soin sa sortie encore indéfinie de l’Académie. C’était également le lieu de rendez-vous avec les quelques contacts de confiance. Lors des débuts, il ne donnait le point de rencontre qu’à des endroits sûrs, toujours changeants afin de ne pas être retrouvé. Une fois qu’il rencontrait à plusieurs reprises une personne et que celle-ci s’engageait en contrat avec lui, il lui livrait l’adresse de ce qui serait le quartier général de son projet.
Cette fois-ci il devait recevoir une livraison d’armes de toutes sortes, afin de pouvoir ré-ouvrir le magasin de son père dans un avenir plus ou moins proche, préparant de ce fait une couverture. Le projet étant des plus secrets, il s’était refusé de demander au forgeron de l’Académie de lui confectionner ses armes. Plus tard peut-être, pourrait-il faire affaire avec lui, lorsqu’il serait sûr et que son projet serait sur pates.
Il avait mis deux hommes sur la livraison. Un seul était parvenu à lui, les mains vides, essoufflé, et terriblement craintif à l’idée de lui énoncer la vérité.


-Sylian s’est fait prendre…Je…je …j’ai pu…m’ont pas vu…mais…


-Calme-toi, Huk. Et raconte-moi précisément ce qu’il s’est passé.
Gronda Elio.

-Je surveillais les alentours dans un coin de la ruelle. Pendant ce temps Sylian parlementait avec Gordius pour fixer le prix. Et…Ils sont arrivés de nulle part ! Gordius avait été vendu, et ils venaient le chercher. Sylian s’est fait prendre avec eux…


Les pupilles bleus d’Elio virèrent au gris, et il poussa Huk contre le mur de son échoppe. N’allumant jamais les lumières afin que le lieu paraisse encore inhabité, Huk ne pouvait deviner le regard sévère d’Elio qu’à travers la lumière des étoiles.

-Personne ne peut arriver de nulle part, Huk.


L’homme dépassait Elio en âge, mais à l’instant il paraissait bien plus petit, tremblant.


-Je…l’angle du mur, sans doute…qui m’a caché…la rue de laquelle ils sont…


Elio poussa un grand cri de rage.

-Lorsqu’on est amené à surveiller une opération, on choisi une place qui permet de visualiser TOUS les chemins, crétin ! Ne te l’ais-je déjà pas dis ?

-Si…Talion…si…je suis désolé…je…

La prise forte qu’appliquait à l’instant Elio sur la clavicule du garçon se desserra.

-Je me demande bien quel foutu maitre tu as eu par le passé. Pas étonnant qu’il fut tué lors d’une opération s’il appliquait les mêmes méthodes que toi. On va devoir revoir ça ensembles si tu veux continuer à honorer ton contrat.

-Je m’améliorerai Talion, c’est promis !
Déglutit Huk.

-Je sais. Tu vas d’ailleurs me le prouver dès maintenant. Réponds d’abord à ma question. Avez-vous été stupides au point de dévoiler mon nom à Gordius ?

-Non ! Non Gordius ne savait pas pour qui il livrait, d’où le fait que Sylian devait parlementer avec lui !

L’homme paraissait soulagé d’annoncer enfin une bonne nouvelle. S’il avait bientôt la trentaine, celui qu’il connaissait sous le nom de Talion et ses vingt-quatre ans lui faisait peur. Il savait de quoi il était capable, et se rengorgeait de lui annoncer son anonymat. Cette joie allait bien vite tomber.

-Mais Sylian me connait. Avant de l’enfermer, ils vont le garder pour l’interroger. Débrouilles-toi pour qu’il ne parle pas. Tue-le.

Elio aurait bien pu s’en charger de lui-même, mais il voulait vérifier qu’il faisait bien de garder Huk et ses incompétences à ses côtés. Il le sauverait de ses maladresses s’il se montrait capable de tuer son compagnon.


Il l’avait laissé partir seul. Du moins supposément seul, le suivant avec le silence d’un mort. Et malgré beaucoup d’hésitations Huk avait fait taire Sylian d’une étoile de fer dans la gorge. Avant même que les gardes ne puissent l’interroger, trop encore occupés par Gordius. D’une pression sur l’épaule, faisant sursauter son sous-fifre, Elio avait fait comprendre à Huk qu’il venait de faire du bon boulot avant de l’intimer à disparaitre pour ce soir, et d’en faire autant.
Ainsi rentrait-il à l’Académie, bredouille, et furieux d’avoir perdu son fournisseur d’armes. Il savait avoir choisi la pire punition, pire encore que celle de la mort, pour Huk, et qu’à présent il ne recommencerait pas une telle bêtise. Toujours est-il qu’il n’avait plus de fournisseur. Aussi rentrait-il à l’Académie, pensif.
Il n’avait pas peur pour son projet, son nom n’avait pas été cité. Talion. Il s’était choisi ce nom là, prenant l’exemple de Marlyn sur un certain anonymat. Certains marchands le connaissaient comme Elio Tharön, fils de Cyprian Tharön, mais ce ne serait qu’une couverture de plus, multipliant les identités.
Et avec la relève de l’échoppe Tharön, il comptait bien appliquer la loi du Talion.

Alors qu’il grimpait sur les toits de l’Académie pour retrouver son dortoir, il perçut une présence. Même deux présences. Il se fit plus ombre encore, écoutant la conversation. Bien bien bien, Eileen et Maena. Une mercenaire et un assassin, dans l’Académie, tout prêt de lui. Il ne pouvait pas rêver plus beau cadeau après la soirée avortée !
Un léger sourire sur les lèvres, il émit volontairement un petit rire face à ces deux femmes qui se confiaient déjà l’une à l’autre sans aucune prudence. Il fut toutefois satisfait de constater qu’au moins l’une des deux avait une ouïe correcte. La dénommée Maena sortit deux poignards, en position de garde. Position qui fit rire plus encore Elio, qui s’avança à elles.


-Il me suffirait de foncer sur toi, rien qu’en feinte, pour te faire basculer dans le vide. Je croyais pourtant que les mercenaires connaissaient bien les toits et n’en avaient aucune crainte. Si celui-ci devient déjà ton ennemi, tu peux prendre retraite dès maintenant et courir te cacher dans les jupons de Jehan, Maena.


Il eut un demi-sourire, narquois. Puis il se tourna vers Eileen, tout aussi en alerte.


-Une assassin qui prend dans ses bras une mercenaire, comme c’est trop mignon ! Deviendrais-tu sentimentale Eileen ? C’est mauvais pour les affaires, ça.

La tension ne baissait pas et Maena était toujours aussi proche du bord, n’osant pas bouger. Il lui fallait les rassurer au plus vite, sinon quoi on la retrouverait morte et étalée sur l’herbe de l’Académie.

-On s’détend, les filles. Je ne suis pas là pour mettre un terme à vos affaires. Bien au contraire.


Il leva les mains en l’air, leur démontrant qu’il ne comptait pas les attaquer, sachant tout aussi bien que si l’une des deux fonçait sur lui, il aurait tout le temps de les contrer.
Il ne put s’empêcher de rire à les voir toute les deux, vêtues de noir et de cuir, tout comme lui.

-Ah, elle est belle l’Académie de la paix !


D’un pas si rapide qu’il aurait pu être un courant d’air, il grimpa sur la corniche du dessus, s’asseyant avec nonchalance.

-Pas b’soin que j’vous dise mon nom, parait qu’ j’suis assez connu pour mon obéissance exemplaire et mon humeur des plus délicieuses ici.


Il ne servait à rien, ici, de se faire appeler Talion. Et là résidait le problème n°1. Ces deux filles allaient connaitre Elio, et Talion, si elles acceptaient de faire équipe avec lui. Donc soit elles devaient croire qu’Elio était aussi un nom de code. Soit, elles ne devaient avoir aucune raison, jamais, de le trahir. Donc contrat sous réserve de mort. Alors qu’elles-mêmes savaient donner la mort. Il lui faudrait être des plus prudents et judicieux.


[Edition à volonté, si jamais =D]


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                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Mar 18 Sep 2012 - 15:41

À l'instant où Maena cria « qui va là ? », Eileen se raidit à son tour. Elle venait de la sentir, elle aussi, cette mystérieuse présence dans leur dos. Elle se retourna lentement, portant mine de rien la main à son avant bras.
Elle regrettait soudain de s'être délestée de ces armes. En cas de combat, elle était morte. Un demi-pas en arrière lui appris qu'elle était déjà à l'extrême rebord du toit. Elle ne pouvait plus reculer. L'arbre dans lequel ses deux poignards étaient fichés se trouvait hors d'atteinte.
Bien sûr, elle pouvait toujours sauter. D'aussi haut, s'était prendre le risque de se briser les deux jambes à l'atterrissage. Elle l'avait déjà fait, après tout. Cela avait toujours été son point fort. Entrer sans être vue, fuir avant d'être prise. Les combats n'étaient pas son fort. Sans l'effet de surprise, elle perdait un précieux atout.
Le jour ou la garde avait réussi à persuader un marchombre de la poursuivre jusque sur les toîts, elle s'en était sortie ainsi. Elle avait sauté, bondi dans le vide sans hésiter. Le marchombre avait hésité un instant, puis il avait dû conclure qu'elle ne survivrait pas, et il avait rebroussé chemin.
C'était la troisième fois qu'Eileen avait été considérée comme morte.
Heureusement pour elle, sa chute avait été freinée par un fil tendu entre deux immeuble, qui devait sans doute à étendre le linge. Elle s'y était raccrochée avec l'énergie du désespoir, et avait atteint le sol sans encombre.
Oui, mais là, il n'y avait pas de filin. C'était suicidaire.
Suicidaire, mais possible.
Oui, mais il y avait Maena. Eileen n'allais pas l'abandonner là, sur ce toit, après ce qu'elle venait de lui avouer. À deux contre un, elles pouvaient s'en sortir, non ?
La carrure de l'homme qui sortit de l'ombre la fit grimacer.
Non, à deux contre un, ils n'avaient aucune chance. D'autant qu'elle n'avait pas d'arme... Excepté son épingle, ce qui n'allait pas lui être d'une très grande utilité.
Ou alors, il lui faudrait vol... emprunter une des armes de Maena le temps d'un combat. Mais cela pénaliserait cette dernière, ce qui risquait de ne pas beaucoup les avancer.
La lune tomba sur le visage de l'inconnu quand celui-ci sortit de l'ombre. Eileen le reconnut immédiatement.
Élio Tharön
De manière générale, Eileen appréciait tout particulièrement les Kaelem. Elle aimait leur envie du risque, et leur caractère version tête de mule qui les poussait à régulièrement désobéir au règlement. Et parmi tous les Kaelam, difficile justement de ne pas remarquer Élio.
Cet élève que l'assassin avait déjà croisé à plusieurs reprise dans les cours de combat avait pratiquement le même âge qu'elle, et pourtant, dès deux, elle se demandait bien souvent lequel était professeur.
Sa carrure, son maintient, son visage, tout en lui dissuadaient les gens de lui déplaire.
Mais quelque part, Eileen en fut rassurée. Élio n'irait pas les dénoncer. Où plutôt, il n'irait pas dénoncer Maena, puisque, comme elle l'avait dit à la mercenaire quelques minutes plus tôt, elle se fichait bien que la garde la retrouve.

- Une assassin qui prend dans ses bras une mercenaire, comme c’est trop mignon ! Deviendrais-tu sentimentale Eileen ? C’est mauvais pour les affaires, ça.


Eileen voulut répliquer, mais les mots restèrent coincés dans sa gorge. Élio ne faisait pas partie des gens qu'on peut envoyer promener d'une seule réplique. Elle nota toutefois l'affront dans un coin de son esprit. Eileen n'aimait pas les critiques. Pas du tout.
Et elle se vengerait. Même si pour cela, elle devait attendre que ses cheveux aient viré aux blanc et qu'il ait perdu toutes ses dents.
Élio s'assit sur une gargouille, et Eileen ne put dissimuler ses yeux, brillant d'admiration devant ses gestes parfait. Même elle, qui pouvait se vanter d'être passé maître dans ce domaine, avait encore tant à apprendre...

- On s’détend, les filles. Je ne suis pas là pour mettre un terme à vos affaires. Bien au contraire.Ah, elle est belle l’Académie de la paix ! Pas b’soin que j’vous dise mon nom, parait qu’ j’suis assez connu pour mon obéissance exemplaire et mon humeur des plus délicieuses ici...

Affaires ? À ce mot, les yeux d'Eileen brillèrent un peu plus, lumières dans la nuit noire. Cela faisait bien longtemps qu'elle n'avait pas eu d'action. Un peu trop longtemps, d'ailleurs...
Eileen, a pas imperceptibles, se décalait vers une autre section de mur. Elle savait qu'elle se trouvait au-dessus d'un des nombreux logement de l'Académie, et que ce logement comprenait un balcon. Un salto arrière au-dessus du vide lui permettrait de s'échapper, bien que le jeune homme ne montrât aucune hostilité. Ce n'était pas le moment de prendre des risques inutile.
Eileen, ne laissant rien paraître de ses doutes, afficha un grand sourire.

-À qui le dis-tu, Élio ? J'ai fait la même remarque en montant sur ce toit... académie de la paix...


Elle soupira. L'arrivée de l'intendant allait sans doute changer la donne... d'ailleurs, il allait sans doute falloir qu'elle prenne garde... se faire remarquer n'était pas la meilleure solution, mais tout de même... porter un uniforme...
Eileen n'aimait pas Élio. Mais elle l'estimait. C'était suffisant.

- Affaire... ce mot me parle...

Son ton se fit presque gourmand.

- Aurais-tu par hasard quelque chose à me proposer, Élio ?


Moyennant une rétribution acceptable, Eileen se sentait prête à décrocher la lune. D'ailleurs... non, sans la rétribution. Travailler pour elle-même était bien agréable, certes, mais le travail d'équipe lui manquait. Oui, ce serait avec plaisir qu'elle... aiderait Élio.


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Mar 25 Sep 2012 - 22:40

L'inconnu blond se mit à rire. Quelque peu décontenancée, Maena resserra la prise qu'elle avait sur ses dagues, alors qu'Eileen à ses côtés s'étaient également retournée, bien plus lente que la jeune mercenaire. Ou avait-elle fait exprès d'être lente ? Peut-être connaissait-elle cet homme.

*Un traquenard ?!*

La jeune fille s'affolait, cherchant une solution. N'importe laquelle. Si Eileen lui avait tendu un piège, sa couverture tombée, elle encourait la torture, voire la mort. Au final, ce serait Aster qui gagnerait. Et ça, il en était hors de question.
Jetant un coup d'oeil à Eileen, espérant voir une quelconque allure méfiante envers le nouveau venu, et non contre elle, quelle ne fut sa déception de voir dans les yeux de la guerrière qu'elle le reconnaissait.
Un Garde ?
Un Marchombre... ?

Elle était fichue.
Fichue, mais décidée à en découdre, ça. Alia - ainsi que son maître marchombre, elle ne pouvait lui retirer ça - lui avait appris à vendre cher sa peau.
Et elle comptait bien mettre une ou plusieurs bourses d'or sur la sienne.
Trahie, elle l'était.
Elle qui s'était sentie, non en sécurité, mais presque en paix en la compagnie de cette femme, venait de se faire trahir de la plus stupide des façons. Si elle mourait ici, elle n'aurait aucun mérite. Juste la mort.
Serrant les dents, elle fit un pas de côté, s'éloignant quelque peu de la guerrière, tout en gardant le blond à l'oeil.


- Eileen, si tu croi...
- Il me suffirait de foncer sur toi, la devança l'homme qui lui faisait face. rien qu’en feinte, pour te faire basculer dans le vide. Je croyais pourtant que les mercenaires connaissaient bien les toits et n’en avaient aucune crainte. Si celui-ci devient déjà ton ennemi, tu peux prendre retraite dès maintenant et courir te cacher dans les jupons de Jehan, Maena.

La jeune fille sursauta une seconde fois en entendant son prénom. Mais d'où venait cette manie, dans cette Académie, de savoir les noms de tout le monde quand elle même les ignoraient ?!
De plus, le fait qu'il parle ainsi de Jehan, et de parler tout court, ne ressemblait pas le moins du monde à quelqu'un qui venait de la prendre au piège.
Alors quoi ?
Sinon un traquenard, qu'est-ce que tout cela pouvait bien signifier ?
Et ce sourire narquois qu'il avait arboré...
Elle eut été fauve qu'elle aurait grogné, pour sûr.


- Une assassin qui prend dans ses bras une mercenaire, comme c’est trop mignon ! Deviendrais-tu sentimentale Eileen ? C’est mauvais pour les affaires, ça.

Muette, la mercenaire observait cet homme un brin trop prétentieux pour elle.
Un brin trop elle à vrai dire. Du coin de l'oeil, elle aperçu également que cette remarque avait changé le visage d'Eileen d'une façon radicale.
L'homme sans nom - que c'était agaçant de nommer les gens ainsi, quand eux avaient votre nom ! - s'appuya agilement sur ses deux pieds, semblant prendre envol vers la corniche, face aux deux femmes.
Définitivement pas un Garde.
Mais, tout en sachant qu'elle était Mercenaire, pourrait-il être un Marchombre ? Un traître, ou un reclus peut-être.
Après tout, elle ne comprenait rien à ces gens-là.


- On s’détend, les filles. Je ne suis pas là pour mettre un terme à vos affaires. Bien au contraire.Ah, elle est belle l’Académie de la paix ! Pas b’soin que j’vous dise mon nom, parait qu’ j’suis assez connu pour mon obéissance exemplaire et mon humeur des plus délicieuses ici...
-À qui le dis-tu, Élio ? J'ai fait la même remarque en montant sur ce toit... académie de la paix... Elle soupira. Affaire... ce mot me parle... Aurais-tu par hasard quelque chose à me proposer, Élio ?

Elio...
Maena nota ce nom, quelque part dans son esprit. Et la tournure de cette conversation l'agaçait au plus haut point.
Mais quelle envie elle avait de le faire tomber de sa maudite gargouille, ce prétentieux ! Envie peu réalisable, pourtant, elle le sentait. Une quelconque aura l'empêchait de ne serait-ce que l'ouvrir pour lancer une quelconque pique.
Mais que nenni.
Elle en était incapable sur ses gardes, comprenant pourtant que c'était peine perdue.
Se redressant légèrement, les mains toujours fermement serrées sur les poignées de ses dagues, elle lança un regard soupçonneux aux deux adultes qui discutaient, alors que peu de temps avant, tout n'était que méfiance.
Elle comprenait rien aux adultes non plus en fait.

Elle finit pourtant par entrouvrir ses lèvres, parlant assez fort et distinctement pour que les deux l'entendent, à la lumière de la nuit.


- Qu'attends-tu, Elio ? Oui, en effet, utiliser le nom de quelqu'un alors qu'on ne nous l'avait pas donné avait un caractère jouissif... A réutiliser dès que possible. Tu n'as sûrement pas déplacé tes belles paroles à la légère. Et puis, je t'avoues que confier quoique ce soit à un gamin de ta sorte me répugne.

Il connaissait son nom, mais que savait-il d'autre sur elle ? Son âge ? Elle savait que, à la faveur de la nuit, elle pouvait passer pour plus âgée qu'elle ne l'était en réalité. C'était sûrement le moment de vérifier ses connaissances à son sujet, puis... d'improviser.
Oui, l'improvisation, c'était bien. Ne rien prévoir à l'avance, tout faire sur un coup de tête.
Une autre fois encore, elle vit le blond chuter, chuter de sa jolie gargouille en pierre.
Quelle image amusante que son visage effrayé.
Ou ce qu'elle en imaginait.

Elle tourna alors que quelques degrés sur la droite, afin de mieux voir l'assassine, et parla d'une voix plus basse, bien qu'elle sût qu'Elio l'entendrait sûrement.


- Si tu lui fais confiance, moi pas. Ce mec est juste trop sûr de lui pour être sincère, ça saute aux yeux !

Ses yeux pourtant, à Eileen, brillaient quelque peu, comme si l'idée d'une "Affaire" comme ils aimaient si bien le dire tous deux, semblait l’appâter plus que la théorie du complot d'une jeune mercenaire.
Après tout, qu'est-ce qu'Elio pouvait bien proposer de mal ?

Après réflexion, beaucoup. Beaucoup de choses, et d'autres encore.


HRP:
 



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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Jeu 4 Oct 2012 - 19:41

Si Eileen baissa toute garde en réagissant au mot « affaire », le suivant presque déjà quelque soit la demande, Maena restait figée, tous ses muscles clamant la méfiance. Étonnant que deux filles si différentes s’entendent jusqu’à se prendre dans les bras. Il lui faudrait être un peu plus prudent sur ses mots que s’il n’avait affaire qu’à Eileen. Et pourtant il préférait avoir Maena de son côté. Sa méfiance n’était pas vexante, au contraire, elle montrait son professionnalisme.
Ce qui le vexa, toutefois, ce fut le mot « gamin ». Il cessa de sourire, non par faiblesse, non pour dévoiler aux filles ses sentiments, mais pour que la jeune fille voit bien sur son visage qu’il ne rigolait pas, et que jouer avec lui de la sorte n’était pas des plus conseiller. Il s’était montré sous un beau jour, presque avec amitié. Il aurait tout aussi pu leur décerner son regard le plus meurtrier, et jamais elle n’aurait osé l’insulter.

Il se laissa tomber à terre avec grâce, ce n’était pas une chute, ou alors la plus belle des chutes possibles. Il se redressa de son corps musclé. Il n’avait à cet instant absolument rien de l’allure d’un enfant. Qu’il n’était plus d’ailleurs. Le voilà du haut de ses vingt-quatre ans, lui arrivé à l’Académie à l’âge de dix-sept ans, gamin, bébé à l’époque. Mais les années n’étaient pas tant responsables que cela de sa force. La haine, la vengeance, l’apprentissage de Marlyn, et son cœur en morceaux avaient eu raison de lui. La maturité était venue plus tard, s’affirmant lors de sa pendaison.

Alors que Maena émettait ses doutes envers Eileen, il se dressa devant elle, la figeant du regard. Il aurait aimé la frapper, mais sa fierté l’aurait amené à un combat, et non à une alliance. Il se contenta donc de la dévisager, de haut en bas, puis de ses deux doigts fins et souples du tir à l’arc prit le menton de la jeune fille.

-Qui de nous deux est vraiment l’enfant, ici ? Je suis prêt à parier que tu es plus jeune que moi, insolente. Et même sans prendre compte l’âge, quel est l’enfant qui se terre dans une Académie, plutôt que d’exercer son art, tandis que l’autre prépare sa sortie pour faire les choses en grand ?

Il la lâcha, riant à moitié. Il piocha quelques pièces dans sa bourse suspendu à sa ceinture de cuir.

-J’aurais bien effectivement du…Il caressa deux pièces entre elles….travail à vous proposer, histoire de vous remettre en selle et de ne pas croupir dans cette Académie de paix et de savoir.

Son ton était plus qu’ironique. Jehan se doutait-il qu’une de ses anciennes élèves avait transmis son savoir si particulier à un autre élève, qui lui-même se ferait un plaisir de pervertir d’autres élèves ?

-Mais je crains ne pas pouvoir grand-chose pour vous si Mademoiselle ne s’enlève pas bien vite le balais qu’on lui a coincé dans son petit postérieur de demoiselle trop fière.


Il lança un regard de défi à Maena.

-Tu connais mon nom et ma place à l’Académie. Que pourrais-je bien faire contre toi ? A part te tuer, bien sûr.


Il lui offrit un grand sourire. Nous savons tout trois à présent que j’en serais capable.

-La fierté et la méfiance sont de très beaux atouts chez nous, les…indésirables ? Mais n’as-tu pas appris à reconnaitre ceux dont tu peux apprendre et profiter et ceux que tu dois tuer ou fuir ? Quel gâchis. Bien mauvais maître que celui qui n’a pas cru en toi.

Il plaça une pièce dans chaque main gauche des filles. Puis désigna l’Académie de ses bras.

-Ils vous ont suffisamment humilié comme cela. Allez-vous donc les laisser exploiter vos capacités jusqu’à les noyer dans des innocentes courbettes de bête de foire ? Ou préférez-vous hurler à la nuit la victoire de l’ombre et du silence ?




[Si les réactions ne conviennent pas, j'édite sans problèmes Smile ]


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Ven 5 Oct 2012 - 11:08

Eileen n'aurait pas pu passer une plus belle nuit. Jamais elle ne remercierait assez l'envie qui l'avait poussée à sortir ce soir là. Jamais.
Par contre, elle n'aurait peut-être pas dû se débarrasser de ses armes. Quoi qu'elle fasse, il lui faudrait auparavant faire un petit tour du côté de sa chambre. Histoire de récupérer deux trois dagues et tout le bazar qui allait avec.

- Qu'attends-tu, Elio ? Tu n'as sûrement pas déplacé tes belles paroles à la légère. Et puis, je t'avoues que confier quoique ce soit à un gamin de ta sorte me répugne.

Eileen se raidit. Insulter quelqu'un de petit et frêle peut passer. Surtout quand on est un mercenaire. Mais insulter un assassin de vingt-cinq ans en pleine possession de ses moyens peut coûter très cher. On peut déjà s'estimer heureux si on y laisse qu'une jambe ou un bras.
Le sourire d'Elio disparut, et Eileen fit un pas en arrière. S'il attaquait Maena, elle la défendrait. Question d'honneur et de compassion.
Mais se jeter sur un mercenaire accompli sans aucune arme -sans se faire tuer- relève de l'exploit. Elle n'était pas sûre du tout d'y parvenir.
Non.
Elle était carrément certaine d'échouer.

- Tais-toi, Maena, murmura-t-elle suffisamment bas pas pour être certaine qu'Elio ne l'entendrait pas.

L'apprentie mercenaire de dû pas l'entendre non plus, puisqu'elle renchérit :

- Si tu lui fais confiance, moi pas. Ce mec est juste trop sûr de lui pour être sincère, ça saute aux yeux !
- Mais nous sommes du même camp, n'est-ce-pas, articula lentement Eileen. Elio n'aurait aucun intérêt à...

Elle n'eût pas le temps de finir. Quittant son perchoir, Elio se dressa de toute sa hauteur devant Maena, permettant à Eileen de constater au passage qu'il faisait une bonne tête de plus qu'elle. La jeune femme se demanda un instant si Elio avait l'intention de l'agresser, mais il se contenta de prendre son menton entre ses mains, et de lui adresser quelques mots qu'Eileen ne comprit pas. Elle venait de remarquer, au flanc d'Elio, une bourse joliment remplie, et se demandait si elle parviendrait à la subtiliser au passage.
Hum... Non, mauvaise idée.
D'ailleurs, Elio relâcha Maena, et plongea une main dans la bourse en question. Il en extirpa deux pièces d'or, sur lesquelles Eileen posa un regard gourmand. Ses yeux brillèrent un peu plus lorsqu'Elio déposa la pièce dans sa main.

-J’aurais bien effectivement du travail à vous proposer, histoire de vous remettre en selle et de ne pas croupir dans cette Académie de paix et de savoir.

Eileen ne précisa pas qu'en quatre mois dans cette Académie, elle n'avait pas exactement « croupi ». D'ailleurs, certains soldats de la garde d'Al-Poll avaient commencé à demander à partir pour une autre ville.
Normal, cinq ou dix d'entre eux devaient actuellement pourrir quelque part au fond des égouts. Et un septième pouvait commencer à compter ses heures.
Elio adressa à Maena quelques autres reproches, dont elle doutait que la jeune envoleuse les prendrait bien. Puis le jeune homme reprit, pour les deux cette fois :

-Ils vous ont suffisamment humilié comme cela. Allez-vous donc les laisser exploiter vos capacités jusqu’à les noyer dans des innocentes courbettes de bête de foire ? Ou préférez-vous hurler à la nuit la victoire de l’ombre et du silence ?

Eileen fit disparaître la pièce dans une de ses innombrables poches. Elle s'en servirait peut-être pour aller demander au forgeron quelques nouvelles armes. Puis elle rit brièvement.

- Garde tes belles paroles, Elio. Ce n'est pas comme ça que tu parviendras à me persuader.

Elle recula pour s'assoir sur une cheminée.

- Je suis libre, cette nuit.


Libre cette nuit. Comme toutes les nuits qui ont précédés celle-ci, et comme toutes celles qui suivront. Oui, je serais toujours libre.

- Alors ? Qu'as-tu à me faire faire ? Combien serais-tu prêt à me payer ? Des gens à tuer ? Quelque chose à voler ? Détruire ?

Elle avait retrouvé toute son aisance, les mots coulaient de sa bouche avec fluidité. Elle était dans son monde, dans son élément.
Rien, rien ne pouvait lui gâcher cette soirée...

- Ah, et une dernière chose, Elio... Avant tout ce joyeux programme... J'aimerais savoir... Viens-tu de ton propre chef, ou de la part d'une organisation plus grande ? Est-ce que tu disposes de moyens ? Armes, associés, contact ?

Ou cherches-tu simplement une distraction pour occuper tes nuits d'assassin ?


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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Lun 5 Nov 2012 - 14:49

( Vraiment désoulée du retard... silent le lycée ne me laisse plus que peu de temps, et...
Rooh, et je vais me répéter à chaque poste, Rolling Eyes )

- Tais-toi, Maena. Mais nous sommes du même camp, n'est-ce-pas. Elio n'aurait aucun intérêt à...

La Mercenaire fusilla Eileen des yeux à cette injonction. Pourquoi devait-elle plier le genou devant un homme qu'elle ne connaissait pas, aussi agile et Mercenaire pouvait-il sembl...
Les yeux de la jeune fille s'agrandirent lorsqu'elle sentit à ses côtés la présence dudit Mercenaire, proche, bien trop proche. Lentement, sa tête se tourna vers lui, se plantant dans les yeux glacés d'Elio. Il la dominait de toute sa taille, et envahissait son espace vital, sa vue et ses sens. Dans son champ de vision, il n'y avait plus que LUI.
Et elle comprit bien vite son erreur. Celle pour laquelle avait tenté de la prévenir l'assassin. Sans le moindre geste agressif, cet homme la dominait, et elle restait figée, glacée par ses pupilles d'un bleu mordant et froid. Dur.
Il aurait été alors presque trop facile de le tuer, ou au moins le blesser : elle tenait deux dagues dans ses mains, et Elio était maintenant si proche que le moindre mouvement de son poignet aurait pu planter l'une des lames dans son abdomen.
Mais c'aurait été là sa seconde erreur.

Le temps s'était figée pour la petite Mercenaire, et la main qui se levait vers elle était lente, très lente. Maena tressaillit, pensant que son insolence allait lui valoir cher. Et elle ne parvenait toujours pas à bouger, ne quittant pas les yeux de cet homme. Alors qu'elle crut qu'il allait la frapper, il ne fit que prendre son menton à deux doigts, relevant imperceptiblement son visage, d'une poigne ferme, et pourtant pas menaçante.


- Qui de nous deux est vraiment l’enfant, ici ? Je suis prêt à parier que tu es plus jeune que moi, insolente. Et même sans prendre compte l’âge, quel est l’enfant qui se terre dans une Académie, plutôt que d’exercer son art, tandis que l’autre prépare sa sortie pour faire les choses en grand ?

Elle ne répondit rien, alors qu'il la lâchait, apparemment bien fier de l'effet qu'il avait eu sur la jeune fille. Redevenue libre de ses moyens, et s'aperçut que ses mains, fébriles, tenaient à peine les deux dagues sombres. Au moindre mouvement brusque d'Elio, elle les aurait lâchées, et ses deux seules armes seraient tombées, au bas de l'Académie. Ses yeux hagards, plus du tout sûrs d'eux, recherchaient un point d'ancre, tandis qu'Elio proposait son affaire. Elle sentit des yeux moqueurs se poser sur elle, et toute sa fureur refit doucement surface. Les yeux émeraudes de Maena s'enflammèrent devant l'insulte, et tentèrent de dévorer l'acier de glace d'Elio.
Peine perdue.


-La fierté et la méfiance sont de très beaux atouts chez nous, les…indésirables ? Mais n’as-tu pas appris à reconnaitre ceux dont tu peux apprendre et profiter et ceux que tu dois tuer ou fuir ? Quel gâchis. Bien mauvais maître que celui qui n’a pas cru en toi.

Après avoir donné une pièce à chacune des filles, il laissa une pause dans ses paroles, afin que les deux femmes imprègnent bien ses paroles. Mais tout ce qu'imprégnait Maena était une colère grandissante. Avec Eileen, elle était devenue une enfant vulnérable. Face à Elio, elle avait été pétrifiée par un instinct, une... peur ?
Cette Académie et l'inactivité l'avaient-elles rendue faible, ou toute sa force et son arrogance n'avait jamais été qu'une simple façade ?
Fortement agacée, Maena grinça des dents, les jointures de ses mains blanchissant sur les poignées de cuir de ses dagues.
Non. Alia ne l'aurait jamais prise sous son aile si elle avait été faible.


- Ils vous ont suffisamment humilié comme cela. Allez-vous donc les laisser exploiter vos capacités jusqu’à les noyer dans des innocentes courbettes de bête de foire ? Ou préférez-vous hurler à la nuit la victoire de l’ombre et du silence ?

La pièce toujours dans la main, ne sachant trop qu'en faire, Maena resta bien silencieuse.
Songeuse, elle tournait et retournait dans tous les sens cette proposition. Etais-ce le signe d'Alia ?
Non.
Son maître n'aurait décidément pas fait affaire avec un acteur de théâtre de la sorte.


- Garde tes belles paroles, Elio. Ce n'est pas comme ça que tu parviendras à me persuader.

L'assassin s'assit alors nonchalamment sur une cheminée, toute à fait à son aise quand la jeune Mercenaire ne se détendait que peu à peu, et à force d'efforts sur son ego, entamé par son aîné.

- Je suis libre, cette nuit. Alors ? Qu'as-tu à me faire faire ? Combien serais-tu prêt à me payer ? Des gens à tuer ? Quelque chose à voler ? Détruire ? Elle fit une pause. Ah, et une dernière chose, Elio... Avant tout ce joyeux programme... J'aimerais savoir... Viens-tu de ton propre chef, ou de la part d'une organisation plus grande ? Est-ce que tu disposes de moyens ? Armes, associés, contact ?

Etais-ce là l'habitude des affaires qui parlait ? Se déplaçant lentement et sûrement afin de s'éloigner du bord du toit, toujours en gardant le Mercenaire à portée de vue, la jeune fille desserra quelque peu sa prise sur ses armes.

- Je ne te cacherais pas que je ne te fais actuellement aucune confiance, Elio. Mais je ne pense pas me tromper en disant qu'il en va de même pour toi. Et ce serait là... elle serra les dents, piétinant sa rancoeur et son ego, tout à ton honneur.

Le triangle formé par les différentes positions des interlocuteurs révélaient les états d'esprit de chacun. Eileen, tranquillement installée sur une cheminée, n'en démontrait pas moins une méfiance cachée, de par la hauteur prise. Un peu d'arrogance aussi, peut-être. Elio, calme en toute sa puissance, au beau milieu du toit, insistait sur ses positions et la véracité de ses propos. Bien enraciné que celui qui était certain de ses paroles, disait-on. Maena, quant à elle, toujours proche d'un bord du toit, mais désormais moins pentu, s'offrait une voie de sortie via le lierre qui grimpait sur toute la façade. Méfiante, donc. Mais l'appui qu'elle avait sur ses dagues était devenu moindre.
Sur le point d'accepter un marché.


- Tes paroles sont belles Elio, mais j'attends les assurances que tu dis vrai. Qu'as-tu à proposer ? Est-ce que c'est la Guilde qui t'envois ?

Une pointe d'espérance se dénota dans sa voix, au grand regret de la Mercenaire.
Oui, elle attendait désespérément le signe promit par son Maître. Mais aucune date n'ayant été mise en place, elle ne pouvait qu'attendre, attendre et pourrir pour mieux renaître.
Mais pourrir n'avait jamais été son fort, et le manque d'action la fatiguait plus que tout autre chose.
Il ne manquait que peu de chose pour qu'elle se laisse convaincre, et elle le savait.



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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Sam 10 Nov 2012 - 13:04

On aurait dit deux droguées en manque depuis des jours, suppliant, quémandant leur dose. Les aurait-il fait languir un peu plus longtemps qu’elles se seraient mises à genoux. Pas physiquement bien sûr, elles étaient bien trop fières de leurs statuts pour cela. Mais mentalement, intérieurement, au plus profond de leurs êtres, elles n’étaient que mendiantes, prêtes à tout pour exercer à nouveau leur métier. Ah, passionnée que vous êtes, cela vous perdra. Mais je ne peux que vous comprendre, combien de fois ai-je erré dans les jardins de l’Académie en espérant que Marlyn fasse son apparition et m’emmène pour de nouvelles missions ?

Si Eileen s’emballait déjà de meurtres et d’affaires noires à élucider, Maena s’inquiétait plus de la provenance de la demande. La guilde. Elle espérait de tout cœur que ce soit la guilde qui l’envoyait. Elle devait donc attendre un signe de leur part, signe qui ne venait apparemment pas. Elio hésitait donc. Lui dire, quitte à la perdre ? Ou falsifier légèrement la réalité et faire venir cet ordre de la guilde ? En cas d’échec ou de complication, s’en serait très dangereux pour lui. S’il s’entendait bien avec la guilde et avait passé l’accord avec eux de les aider en échange de leur propre aide en cas de besoin, il s’agissait plus d’une alliance que d’une appartenance. Et la tête de file de la guilde était assez intelligente pour comprendre qu’Elio se serait joué d’eux avec ce mensonge. Fini alors l’entente, et bonjour les tentatives d’assassinat. Mauvais pour son réseau, donc.

-J’ai une alliance avec la Guilde, mais ce n’est pas elle qui m’envoie. Pas cette fois.

Ai patience, Maena, ils t’appelleront, ou je t’appellerais en leur nom. Ne désespère pas, ne renonce surtout pas. Tu vaux bien mieux que d’être leur petit animal de compagnie, prêt à mordre si besoin est.
Il priait pour que le fait qu’il soit tout de même allié avec les mercenaires du Chaos convainque la jeune femme de se joindre à eux. Elle était talentueuse, il n’en doutait pas. Et il leur faudrait être trois pour cette mission, pas moins.

-Afin d’avoir une collaboration efficace avec les mercenaires, je dois consolider le réseau de vengeance que je me crée. J’ai déjà le lieu, la couverture, et quelques personnes. Mais il m‘en manque une primordiale, à qui je dois bien ce que nous allons tenter ce soir. Et une autre à laquelle j’ai fait une promesse. Et je tiens toujours mes promesses.


Il vit le visage d’Eileen se peindre de déception à l’idée de retrouver des personnes, et non pas à celle de tuer des personnes. Il la rassura donc d’un geste de la main.

- Tout obstacle à la libération de ces deux personnes n’a pas la nécessité de rester en vie.


Un sourire s’étira sur les trois visages en chœur. Et il voyait déjà l’expression de la facilité. Ramener deux personnes : fastoche ! Qu’elles entendent les conditions, et elles déchanteront rapidement.

-La première personne à faire sortir est Finnegan. Le problème majeur à cette escapade est qu’il est derrière des barreaux. Les barreaux de la prison du palais des Hil’Muran, pour être précis.


Les sourires s’effacèrent d’une même seconde. Et bien oui, je n’allais tout de même pas vous demander la plus facile des tâches, hein. La prison de pacotille, je n’aurais eu besoin que de moi-même. Pas de trois mercenaires.

-La deuxième personne est Charlize. Je pensais l’avoir libérée de son maître violent, mais voilà qu’elle a été envoyée dans un réseau de prostituée. Réseau orchestré par un homme de la Cour, donc sécurisé et qui ne se laisse pas enlever ses beaux gagne-pains de la sorte.

Vous savez l’essentiel à savoir. Voilà pourquoi j’ai besoin de vous deux. Parce que je demande à ce qu’on dérobe deux bijoux de l’empire. Un homme voué à la corde et une femme vouée à la débauche personnelle des grands nobles.
A présent, il va falloir que je vous promette beaucoup, pour que vous acceptiez une telle mission.

-Mille chacune, avec ma reconnaissance éternelle et ma promesse d’accomplir une vengeance personnelle ou tout autre service gratuitement lorsque vous viendrez me voir. Vos armes seront fournies si besoin est.


Il sourit, dégustant déjà du bout de la langue le goût de l’aventure qui se préparait, de la folie de déjouer encore une fois l’empire, de la saveur d’une possible victoire et de l’accomplissement de son réseau. Il allait pouvoir partir, et devenir enfin un homme digne d’avoir été l’élève de Marlyn. Un homme d’ombre et de sang. Talion.



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MessageSujet: Re: Quand les gardes ne sont pas là, les mercenaires dansent [Inachevé]   Lun 12 Nov 2012 - 18:31

Eileen s'y voyait. Oui, elle s'y voyait parfaitement. Après tant d'années à errer, sans autre but que sa vengance, elle allait enfin pouvoir construire quelque chose.
Cela avait quelque chose d'horriblement exitant. Partir de rien, construire une guilde, une guilde nouvelle, où elle ne serait pas qu'une simple sous-fiffre, comme chez les mercenaires du chaos.
Cela allait être follement amusant.
La jeune femme retint un grognement léger à l'évocation de la guilde. Elle ne les aimait pas. Trop gros, trop impersonnel. Les mercenaires du chaos ne rencontraient jamais leur supérieur. Il se contentaient de recevoir des ordres de celui où celle qui était juste au-dessus d'eux dans la hiérarchie, sans jamais voir personne d'autre. Eileen haïssait ça. Elle avait fini par partir, fatiguée par tant de simagrées.
Une alliance avec la guilde ? Eileen grimaça très légèrement. Elle éspérait de tout son cœur que cette « guilde », ou plutôt alliance nouvelle ne finirait pas comme une sous-branche des mercenaires du chaos, invisible, perdue au millieu de ces barbares.

Le lieu, la couverture, quelques personnes. Un bon début, donc. Mais pas encore suffisant pour former un réseau correct. Eileen intervint :

- Je ne suis peut-être pas spécialement connue parmis les mercenaires, mais je dispose tout de même de quelques ressources. J'ai quelques contacts, à Al-Chen principalement, mais également à Al-Jeit, et quelques uns à Al-Poll. Je pourrais m'en servir si besoin est...

Sur Al-Poll, elle pensait principalement aux enfants, qui lui faisaient tant confiance. Jamais elle ne les aurait mis en danger, mais les enfants en savent souvent beaucoup plus que ce qu'ils ne pensent, même s'ils ne s'en rendent pas compte.
Retrouver des personnes ? Eileen ne put retenir une moue déçue. Pour une première mission, elle aurait préféré quelque chose de plus... compliqué. Pourquoi un si grand guerrier avait-il besoin de deux mercenaires supplémentaires pour retrouver deux personnes ?
La suite ne devait pas la décevoir.
Avec, toutefois, une nuance qu'elle ne put s'empêcher de marquer.

- Tout obstacle n'a pas besoin de rester en vie ? Je ne suis pas un monstre, Élio. Que ce soit pour cette mission, ou pour toutes celles que nous seront amenés à faire, je n'aurais qu'une, et qu'une seule condition. Jamais d'enfants. Jamais je n'en tuerais un seul, jamais je ne leur ferais de mal.

Bien, et maintenant, les choses sérieuses. Les conditions.
Eileen vit son sourire s'accentuer au fur et à mesure qu'Élio parlait. Ça, c'était un véritable défi. Une mission à sa hauteur, une mission à sa mesure.
Depuis le temps qu'elle attendait ça !
La prison des Hil'Muran. Rien que ça ? Faire sortir un criminel des prisons de l'empereur d'Al-Poll serait loin d'être si simple... Mais c'était à tenter. Rien n'était impossible.
À la réfléction, ce n'était pas « entrer » dans les prisons qui serait compliqué. Ce serait plutôt d'en sortir. Si elle voulait y entrer, il suffisait à Eileen de comettre un crime et de se laisser prendre. Elle n'échapperait pas à la corde, cette fois-ci. Mais cela aurait été abandonner son poste à l'Académie, et par conséquent Attalys. Non, elle ne pouvait pas faire cela. Il faudrait trouver autre chose...

Restait à connaître le prix. Eileen se doûtait que cette mission vaudrait... cher. Restait à savoir combien Élio était prêt à donner.

-Mille chacune, avec ma reconnaissance éternelle et ma promesse d’accomplir une vengeance personnelle ou tout autre service gratuitement lorsque vous viendrez me voir.


Eileen ouvrit de grands yeux. Mille ? Mais il était fou, ce n'était pas possible ! Elle se reprit suffisament vite pour ajouter :

- Serait-il possible d'ajouter en récompense un... hum... disons contrat entre nous trois ? Histoire de faire ça en bonne et due forme, et qu'on puisse partir sur de bonnes bases ?

Vengeance. Eileen caressa l'idée du bout de son esprit. Ce ne serait pas si simple. La vengeance d'Eileen tiendrait à beaucoup plus de chose qu'un simple meurtre. Et sa rancune ne serait sans doute jamais pleinement satisfaite. Il y avait bien spur les commanditaires, ces porcs d'Al-Jeit, qui avaient tout orchestré. Eux, elle aurait leur peau. Pour le reste, elle ferait comme elle pourrait.

- En ce qui concerne Charlize... j'ai un passé... assez lourd en cette matière.

Alors qu'elle n'était qu'une gamine, son ancienne guilde se servait déjà d'elle comme appat. Eileen était passée maître dans l'art de l'imitation. Et un peu plus tard, elle avait effectivement intégré une maison close, dans le but de soutirer des informations à un noble habitué du coin.
Eileen jouait nerveusement avec ses doigts, mal à l'aise.

- Est-ce que je vous explique maintenant, où est-ce que tu préfères nous emmener dans un endroit plus tranquille, Élio ?



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