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 L'éveil [Terminé]

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Kushumaï Skil'Liches
Kushumaï Skil'Liches

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MessageSujet: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeLun 18 Juin 2012 - 21:58


    NoirOui, le mal pouvait vaincresur le bien. Elle en était la preuve vivante lorsqu’elle fut amenée à lacompagnie des rêveurs à Eoliane. Folle ? Non, juste le fruit d’une destruction méticuleuse et soignée. Elle n’était plus elle même, elle obéissait à la déraison de son agonie, comme possédée. Elle passait son temps à hurler jusqu’à s’en faire saigner la gorge, s’arrachait ses cheveux par poignées entières. Squelettique et blafarde, elle trouvait néanmoins la force de se jeter contre les murs encore et encore, frappant de ses poings jusqu’à en avoir les jointures cinabres. Elle attaquait furieusement dès qu’on la touchait, et hurlait de plus belle quand on lui parlait, ses mains sur ses oreilles, cherchant à étouffer ces sons qu’elle croyait venir de son imagination. Les rêveurs n’avaient d’autres choix que de l’endormir en l’assommant et l’immobiliser pendant ce temps avec d’épaisses sangles qui coupaient sa peau devenue fragile à cause de sa maigreur avancée. Même pendant ces sommeils forcés, elle restait perturbée et bougeait sans cesse en gémissant, des larmes sur ses joues, le front plissé et la bouche tremblante. Elle entendait des cris, despleurs d’enfant, de nourrisson. Elle sentait le venin de la mercenaire couler dans sa tête, dans son âme.Les rêveurs commençaient avec peine leur long travail de guérison, sans savoir si cela était du domaine du réalisable, la source de ce mal n’étant pas physique.GrisDe longs mois avaient passé avant que la patience légendaire des rêveurs ne porte leurs premiers fruits. Elle passait de longues heures dans sa chambre qu’elle préférait plongée dans l’obscurité. Ses hurlements s’étaient mus en un silence profond, et sa fureur en tics nerveux traduit par le soubresaut quasi permanent de sa jambe, par les mouvements obliques répétitifs de son poignet ainsi qu’un regard plongé dans le vide, sans ciller, sans émettre le moindre son. Elle n’aimait toujours pas qu’on la touche, mais elle avait maintenant conscience des gens qui l’entouraient, et de leur réalité. Petit à petit, des voiles blancs et opaques se posaient sur ses souvenirs, sur son passé. Le chemin était encore long à parcourir, mais ils avaient espoir. Elle avait tout à réapprendre : comment manger, se laver, s’habiller, se brosser les cheveux. Elle connaissait les mots, les plus communs, mais ne s’en servaient pas. Un beau jour, deux femmes entrèrent avec une mine enjouée et prirent un soin tout particulier à la préparer et la rendre belle. Tout en peignant sa longue chevelure rousse, l’un d’elle lui dit qu’elle était chanceuse car son mari venait lui rendre visite. Elle ne comprit pas le sens du mot « mari ». Elle se regardait dans le miroir, avec ce même regard perdu, inexpressif. Les jeunes femmes firent deux longues tresses partant de ses tempes et les ramenèrent derrière sa tête pour dégager son visage. Elles plantèrent quelques marguerites blanches dans ses cheveux, et la voilà prête. Elle descendit les quelques volées de marches et alla prendre collation dans le réfectoire. Assise à la table, elle buvait son chocolat chaud quand un homme vint s’arrêter à côté d’elle. Elle finit sa gorgée, et se retourna, avant de se lever et saluer comme on lui avait appris quelques jours auparavant, le buste légèrement penché en avant, en une courbette gracile quoi qu’encore un peu maladroite. Elle releva les yeux, une trace de son déjeuner autour de ses lèvres et le contempla. Son visage lui disait quelque chose…elle plissa les yeux. Grand, la dépassant d’une bonne tête, il avait une musculature assez belle et fine, de longs cheveux noirs de jais et un regard très tendre. Oui il lui disait quelque chose, mais cela lui échappait. Il était déjà venu quelques fois lui rendre visite mais elle ne lui avait prêté aucune attention, trop occupée à contempler les murs ou crayonner sur des feuilles avec du rouge. Du noir, et du rouge, sans trop savoir pourquoi. Là, elle le regardait, pour la première fois depuis des mois et des mois. Oui, elle le connaissait.Enfin peut être. Elle leva la main, et tapota maladroitement sa joue, comme l’aurait fait un enfant n’ayant pas pleine maitrise de son corps. Les rêveurs retinrent leurs souffles. C’était la première fois, qu’elle provoquait d’elle même un toucher physique avec une autre personne. Leurs regards se rencontrèrent.Vide contre tendresse, vide contre peine. Elle s’en retourna aussi vivement que son geste miraculeux, pour sortir du réfectoire et aller se promener dehors en trottinant avec innocence, partie retrouver une rêveuse avec qui elle s’était liée d’amitié.  Sans prononcer un mot, elle s’accroupit à côté d’elle, occupée à soigner les plantes de la cour. Ainsi, pouvait commencer son cours de botanique. Depuis quelques mois, elle avait découvert un intérêt tout nouveau pour la faune et la flore. Elle passait de longues heures avec cette rêveuse appelée Amarylis. C’était une jeune femme douce et réservée. Elles parlaient peu ensemble, cela leur faisait un point commun. A vrai dire, ce qui les reliait était probablement la terre…oui cette terre qu’elles aimaient toucher, s’approprier, couver de mille soins. Une manière de s’oublier, de se perdre en elle. La rêveuse lui disait un à un les noms des plantes que l’on trouvait dans la cour de la Confrérie, et leurs vertus médicinales. Elle écoutait patiemment, sans interrompre, en la regardant sagement. Elle aimait cette beauté fragile qu’était la nature, cette soie sur les corolles, cette présence discrète et indispensable. Les jours passaient paisiblement et peu à peu, ses souvenirs disparaissaient, ainsi que sestroubles nerveux, résidus des souvenirs douloureux qui demeuraient.BlancUne main sur son ventre, une vague impression, étrange, comme sortie d’un rêve. Elle s’habillait seule désormais, se coiffait avec soin, et mangeait sans aucune aide. On pouvait la considérer guérie, mais elle ne sera plus jamais la même. Ses gestes étaient doux, calmes et serein, la démarche mesurée, un air gentil dessiné en permanence sur son visage de porcelaine. Elle avait 23 ans, et commençait à vivre. Non pas revivre, vivre tout simplement. Elle n’avait aucun souvenir de sa vie d’avant, de ses parents, de sa famille, amis, parcours, mariage, enfants ? Non, pour elle, elle avait toujours vécue ici, à Eoliane, entourée des rêveurs et rêveuses qui étaient devenus sa famille au fil des mois, des années. Elle n’était pas une coquille vide, mais vierge à nouveau.Arro, et tout les autres, avaient reçu de lourdes recommandations la concernant. Ils leur étaient strictement interdits de parler de son passé, de faire des allusions, et encore moins de la forcer à se souvenir. Si ils enlevaient les verrous apposés par la Confrérie, elle retombera dans les ténèbres sans aucune solution de retour hormis la mort. Avec le temps, les souvenirs de cette nouvelle vie qu’elle se créera remplacera les fantômes des précédents, et renforcera les verrous, mais elle demeurait fragile et instable, il faudra montrer beaucoup de prudence et de diplomatie.Elle partait aujourd’hui. Elle quittait Eoliane pour la première fois de sa nouvelle vie, partait dans les terres inconnues, accompagnée de l’homme qu’on appelait « son mari ». Elle avait préparé ses maigres affaires, composé essentiellement de vêtements dans les tons pastel, et quelques bibelots que lui avaient offert les rêveurs pour son départ. Les seules choses qui lui restaient de sa précédente vie étaient sa bague de fiancailles faite par son époux, et offerte au bal de l’Académie, ainsi qu’un collier héritée de sa défunte mère.Elle allait à l’Académie désormais sous le statut de botaniste, et non plus élève en Dessin. En effet, elle n’avait pas réussi à reprendre la maîtrise de son don depuis les ténèbres. Peut être lui reviendrait elle un jour.Peut être….Pour le moment, elle patientait sagement dans cette cour qui lui était si familière, un sac posé à ses pieds, l'allure d'une jeune femme timide et maladroite. Mais une femme, plus l'enfant qu'elle était redevenue pendant son traitement de choc. Oui une femme, qui attendait "son mari".



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Arro Skil'Liches
Arro Skil'Liches

Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeJeu 21 Juin 2012 - 0:30

Arro chevauchait Quiet et pensait, les yeux dans le vague, le soleil faisant briller sa crinière noire.

*Aujourd'hui, elle a vingt-cinq ans*

C'était une belle journée, les rares nuages blancs passaient calmement au-dessus de sa tête. Il souriait... Oui elle lui promettait beaucoup cette belle journée. Il croisa un groupe de personnes qui venait d'Eoliane et allait vers l'Académie. Le marchombre les salua et ils lui rendirent. L'homme remarqua l'air intrigués des voyageurs. Tellement plongé dans ses pensées, il en avait oublié son cadeau. L'homme était entièrement couvert de fleurs qui tenaient par un miracle inexplicable dans les pans de sa tenue. Il était devenu myriade de couleurs, de senteurs, toutes uniques. Le marchombre avait répété des heures avant d'être prêt pour ce qu'il souhaitait offrir à sa femme. Sur le dos de son cheval, il regarda la jument qui les talonnait. C'était un présent de l'Académie, accueillant avec joie l'ancienne élève. Ses yeux passèrent sur les murs d'Eoliane qui grandissait, petit à petit. Doucement, il se coula dans ses souvenirs, se rappelant la première fois qu'il avait fait ce chemin... A pied et portant Kushumaï dans ses bras.



Au début il y eut le chaos... rien que le chaos.
Eoliane était en liesse. L'Académie, dont les rêveurs étaient proches, avait été reprises aux mains des mercenaires. Mais leur joie ne dura pas. En effet, dans l'après-midi, un homme arriva. Non ce n'était plus un homme, c'était juste un corps mue par une tristesse sans bornes et survivant grâce à une volonté plus dure que l'acier. Et il portait une femme qui était dans un état mille fois pire. L'homme a bout de force s'écroula dans la cour, protégeant, jusqu'à son dernier instant de conscience, le plus précieux des trésors qu'il avait. Les rêveurs troublés par le couple, ils tentèrent de les transporter dans des chambres différentes, mais même inconscient l'homme s'accrochait désespérément à son amante. Les laissant enlacer l'un contre l'autre, ils commencèrent à soigner leurs plaies physiques. Mais même après s'être totalement remis, les deux restèrent dans un sommeil sans rêve. Ce fût l'homme qui se réveilla en premier. Son esprit était parsemé de petites souffrances, mais pas insurmontable. Inquiet pour sa femme, il pansa rapidement ses blessures pour la veiller nuit et jour. L'état de la fille était plus inquiétant, vraiment. Elle se réveilla plusieurs jours après. Mais elle, ce fut pire. Son esprit entier n'était qu'une plaie béante de souffrance, suintant d'un poison habilement distillé. Dès son réveil, elle hurlait à la mort... Pour elle, tout ce qu'elle voyait n'était qu'illusion. Voulant échapper a cette prison de folie, elle se jetait contre les murs, s'arrachait les cheveux, refusait de s'alimenter... Son corps devint rapidement un sac d'os surmonter par une peau blanche, striée par des veines et des artères. Les cris, qui passaient par la porte, tuaient l'homme. Encore un peu et il rejoindrait sa femme. Mais non, il résista, il se fit un mur dans sa tête, imparable à la douleur, à cette folie. Un mur des plus beaux souvenirs qu'il avait passé avec sa femme. Puis les rêveurs prirent une décision grave. Pour qu'elle puisse être guéris, il fallait l'approcher et pour l'approcher il fallait l'assommer. Ce qu'ils firent. Et ils commencèrent leurs lents et laborieux travail. C'est à ce moment-là que l'homme les quitta, car d'autres obligations lui demandait son attention, en tant que maître.


Arro sortit un instant de ses pensées pour se fixer sur ses mains. Elles étaient fines, parcouru de cicatrice minuscule par endroit... Des doigts patinés par l'escalade... C'était des doigts de marchombre. Ce qui l'amena vers ses apprentis. Sans eux, son esprit aurait surement été touché par ce poison que Marlyn avait inoculé insidieusement dans la tête de Kushumaï. Ses dents se serrèrent quand le jeune homme repensait à la mercenaire. Mais il se calma rapidement, l'heure n'était pas à la vengeance, l'heure était à la joie. Puis il se replongea dans le passé.




Et après le chaos, il ne resta que du vide.
Au début, l'homme venait de façon erratique, arrivant avec un espoir fou que l'état de l'amour de sa vie s'était amélioré... Mais repartant toujours plus triste. Et pendant des jours, il restait cloîtré dans sa chambre. Puis reprenait une vie quasi normal et continuait ainsi ce cycle infernal. Les rêveurs, de leurs côtés, faisaient du mieux qu'ils pouvaient. Les blessures physiques, là ils en connaissaient un rayon, mais aller toucher au mental, c'était plus dur. Pourtant, après plusieurs essais infructueux, la situation sembla s'arranger. Petit à petit, la femme cessa de vouloir détruire son corps. Elle se mura au début dans un silence, prenant conscience des personnes qui l'entouraient, mais refusait toujours le contact physique. Le calme de la chambre de son âme soeur lui broyait le coeur et ce manque de toucher lui manquait énormément. Mais il apprit à regarder, à parcourir ce corps avec ses yeux tendres, de la caresser lentement sans jamais la toucher réellement. Ce fût le début de la guérison. Jour après jour, elle mettait un voile sur ses souvenirs, aider par les rêveurs. Ses souffrances disparurent lentement, mais surement. Les visites de l'homme se firent moins aléatoire, il revenait toujours le même jour de la semaine, aux mêmes heures. Même si parfois, il ne semblait pas être venu, les rêveurs savaient qu'il était là, quelque part et qu'il surveillait leurs moindres gestes. Un beau jour, il se mit en tête d'égayer la chambre de la jeune femme. Il en avait marre de cette ambiance triste, morne, vide de couleur et de vie. A chaque fois qu'il venait, l'homme amenait des merveilles d'artisanat. Chaque nouvel objet était plus impressionnant que le précédent. Bientôt la pièce se remplit de fleurs, poser dans des vases finement taillé, les murs se couvrir de tableau, sur le bureau de petite statuette en rougoyeur furent disposer. Lorsque l'endroit fut au goût du jeune homme, il continua d'amener des plantes diverses, exotique et ordinaire, puis il resta là à la regarder, toujours avec le même regard, toujours avec le même amour. Les soigneurs se demandait comment il faisait pour revenir chaque fois avec ce sourire sur le visage et ce pétillement dans les yeux. Mais après quelque minute, ils se rappelaient que l'homme déplacerait les chaînes du Poll, traverserait la mer des brumes et même se jeter dans le Kur N'Raï et revenir vivant de toutes ces épreuves. Il le ferait, si cela permettait à sa femme, son âme soeur, de revenir intacte. Mais elle ne serait jamais réellement intacte. Les mois passèrent et un beau jour, Eoliane soupira toute entière. Les rêveurs avaient réussi, ils avaient fini.


Une larme coula sur la joue d'Arro. Il se remémora ce jour béni, cela avait marqué le début d'une nouvelle vie... Une renaissance... On lui avait tout expliqué et ces mots étaient gravé en lui, à tout jamais :


-Nous avons éradiqué le mal... Mais ce n'est pas sans conséquence. Tous ses souvenirs, tous ce que on lui a appris depuis la naissance... Tous cela a disparut. Elle doit tout réapprendre. Actuellement elle est à l'état d'enfant innocent, simple, bien heureux. Mais avec un peu de travail, elle retrouvera ces marques. Vous nous serez d'une grande aide d'ailleurs. Cependant, je dois vous mettre en garde. Il ne faut impérativement pas lui parler de son passé, de la forcer à se souvenir, ou quelque chose du même style. Cela serait désastreux, tous ces verrous, que l'on a installés, sauteraient. Son esprit redeviendrait la proie du chaos et il n'y aurait aucun retour possible... Si ce n'est que là mort.

Le marchombre avait accueillit la nouvelle comme un coup de poing au ventre. Plus rien ? Plus rien de ces moments passé ensemble ? Plus rien de leurs rencontre ? De leurs vécu ? Le néant, le vide ? Des larmes coulèrent sur ses joues, tout cela perdu... Puis il s'était empressé de demander, au milieu de deux sanglots si son caractère allait changer, si elle n'allait plus être sa Kushumaï qu'il aimait tant. Le rêveur l'avait immédiatement rassuré.

-Non, non... Enfin en toute logique, tout ce qui fait ce qu'elle était est toujours là, quelque part, ancré, caché. Je pense que vous seul pourrez retrouver cette personne. Il ne tient qu'à vous de chercher, mais toujours avec douceur, sans lui forcer la main.



Et du vide jaillit une faible lueur, symbole de renaissance.
Les rêveurs avaient commencé une éducation sommaire de la jeune dame, lui apprenant à parler, vivre... Elle était une enfant innocente qui était un gouffre d'ignorance. Cela faisait seulement quelques jours qu'ils lui avaient inculqués des notions, mais ils décidèrent de faire une surprise à l'homme qui revenait encore. Ils habillèrent, coiffèrent et préparèrent la femme. Ils l'installèrent dans le réfectoire, devant un bol de chocolat chaud. Dès que le visiteur arriva, on le pressa dans la cantine. Il ne comprit pas pourquoi, mais suivit gentiment la marche. Ce fût lorsqu'il entra en silence dans la pièce qu'il comprit. Il s'arrêta d'un coup et tout devint sombre, noire, futile... Car il contemplait cette lumière qui lui avait tant manqué, car en face de lui, il avait le soleil de sa vie. Elle était assise, de dos, mais même dans cette position, elle était magnifique. Ses cheveux flamboyant avait repoussés depuis longtemps, mais leurs couleurs n'étaient plus ternes... C'était une cascade de feu qui tombait dans les reins de la femme. Son regard passa sur chaque mèche, chaque reflet, apprécia la courbe de son corps. Les rêveurs eurent un sourire en voyant les yeux aimant, tendres et heureux du jeune homme. La partie de son coeur qu'il lui manquait reprenait doucement sa place. D'un pas fluide et harmonieux, il s'approcha. La femme se tourna, se leva et le salua maladroitement. Alors que son buste remontait, leurs yeux se croisèrent. Et les deux êtres se perdirent. Le vert foncé se lia au brun noisette, l'amour se mêla à l'innocence, l'espoir butta contre le vide. L'homme était tellement absorbé dans leurs contact visuel, qu'il ne vit aucun défaut à sa femme. Il ne remarqua pas les traces de chocolat, ni la bouche entre-ouverte de la femme... Il était absorbé. La seule chose qui le fit sortir de son état fût une sensation douce, fraiche, soyeux. Elle venait de lui tapoter la joue. Les rêveurs retinrent leur souffle. Puis aussi fugace que ce bref touché, elle partit, laissant l'assemblée reprendre son souffle. L'homme s'écroula sur un banc, des larmes montèrent aux yeux, coulèrent doucement sur ses joues. Il ne pleurait pas de tristesse, loin de là... Il était tout simplement heureux. Elle venait de lui offrir un cadeau inestimable... C'était la première fois qu'elle osait un contact physique d'elle-même. Et ce fût une liesse sans borne qui prit Eoliane. Les rêveurs offrirent un enseignement calme à la femme, ainsi qu'une nouvelle famille. L'homme venait encore et toujours, constamment. Lorsqu'il était visible, il participait aux cours, puis il sortait l'amuser un peu avec des jeux, lui déclamait des poèmes et jouait sa musique juste pour elle. Mais parfois, il restait dans l'ombre, invisible. Préférant contempler de ses yeux doux, la source de sa plus grande force et de son ultime faiblesse. Mais à chaque fois, il était là, toujours. Semblable à une sentinelle, à un protecteur, à un mari... Semblable à un amant. Puis vint l'idée de la ramener. Les rêveurs pensaient qu'un retour aux sources ne pouvait que lui faire du bien. Alors, l'homme discuta avec l'intendant, puis avec le jardinier. En effet, depuis qu'elle s'était remise, la femme avait trouvé une passion pour les fleurs. Avec multitude d'argument, il réussis à convaincre le maître botaniste. Le jeune garçon savait que le vieil homme serait surpris des connaissances que la demoiselle avait accumulées. Il lui restait une dernière tâche, surement la plus ardu. Il devait convaincre sa femme de le suivre, de quitter ce qui était sa famille, sa maison. Em premier, il argumenta qu'ainsi, ils pourraient passer plus de temps ensemble, apprendre à mieux se connaître et qu'il pourrait mieux la protéger. En deuxième, il lui expliqua que, bien qu'Eoliane avait des jardins riches, ce n'était rien à côté de l'Académie. Merwyn avait prévue que les élèves puissent se balader et apprendre les plantes dans un endroit qui regroupait toute la faune de Gwendalavir... Certain disait même qu'il avait recréé des écosystèmes dans certain endroit de ce jardin magnifique. En troisième, il lui promit de la ramener ici dès qu'elle le souhaiterait et il prévut même une journée pour rendre visite à sa nouvelle famille. En dernier, il la regarda plus profondément que jamais, ouvrant son monde de tendresse. Il plongea son océan vert dans la naïveté noisette de sa femme. Elle réfléchit longuement, avec une innocence qui fit sourire l'homme. Puis elle accepta.


Arro revit le jour durant lequel elle lui avait dit oui sur un ton enfantin. Son coeur avait explosé de joie, ses yeux s'étaient fait plus pétillant. Et s'il l'avait pu, il aurait enlacé chaleureusement Kushumaï. Sortant de ses pensées, il remarqua que les murs d'Eoliane étaient tout proche. Sa main se posa instinctivement sur sa joue qu'avait touché son âme soeur. Il sentait encore ce contact doux contre sa peau. Il n'oublierais jamais cette sensation... Son coeur manqua un battement quand son cheval pénétrât dans Eoliane. Avec son étonnante grâce, il descendit sans qu'une fleur accrochée à ses habits ne tombe. Kushumaï l'attendait là, dans la cour. L'homme accomplit son rituel habituel. L'enlaçant des yeux, la caressant des pupilles. Et après une longue minute à regarder celle qui était son avenir, sa voix chantante résonna.


-Bonjour, belle demoiselle.

Arro s'inclina doucement, dans une révérence noble et harmonieuse, puis il reprit :

-On m'a rapporté qu'aujourd'hui se tenait votre vingt-cinquième anniversaire. Et comme pour fêter la naissance des êtres que l'on aime, il est coutume de leurs offrir un cadeau, l'Académie vous donne cette jument.

Calmement, il approcha l'animal un peu plus près de Kushumaï, il continua sur sa lancée :

-Tu peux l'appeler comme tu le souhaites, elle t'appartient. Je t'apprendrais à le chevaucher, si tu le désires.

Le jeu du vouvoiement avait cessé, il arrêta de jouer son rôle et redevenait un peu plus sérieux. Le marchombre respirait calmement, mais son coeur battait dans son torse si fort que l'homme eut peur qu'il en sorte. Sa voix ne s'arrêta pas pour autant :

-Nous allons bientôt partir... Je pense que tu veux dire au revoir à tes amis, ta famille. Mais avant, accepte mon présent

Délicatement, il sortit une flûte de pan, patinée par l'utilisation, mais si bien entretenue qu'elle aurait presque pu être neuve. Arro avait répété des heures pour ce moment, mais il tremblait comme une feuille. La musique commença. Le marchombre l'avait composé spécialement pour cet évènement. Elle évoquait le vent qui soufflait dans les fleurs, faisant s'envoler leurs pétales pour doucement glisser sur les cheveux roux et la peau pâle de Kushumaï. Et c'est ce qu'il se passait vraiment. Profitant de la transe créer par sa musique, l'homme était entré dans une danse rapide, pleine de pirouette et de saut, mais si belle, si harmonieuse qu'elle avait un côté sensuel et touchant. Les fleurs qui entouraient chacun de ses membres était disposé de telle manière à ce qu'elles tombent sous l'effet d'un mouvement du corps d'Arro. Elles entouraient la belle femme d'un rideau coloré et agréablement odorant. Chacun de ses sauts et sursauts étaient aussi calculés pour passer au-dessus, ou à côté de son amante, sans jamais la toucher. Il virevoltait, répondant à chaque intonation qui sortait de sa flûte. La danse arriva à sa fin. Le dernier pétale tomba de sa poche dans une pirouette qui amena le marchombre en face de sa belle. Avant que le flot ne soit totalement tombé, il posa un genou à terre, sortit d'une de ses manches une rose d'un rouge éclatant et la tendit devant Kushumaï. La dernière fleur toucha terre, découvrant la posture du jeune homme. Il était légèrement essoufflé, son coeur battait la chamade. Entre deux respirations, Arro murmura tendrement :

-Bon Anniversaire, Kushumaï.

Il avait prononcé ces mots rien que pour elle, tout en délicatesse. Il avait aussi savouré le prénom de son amante, se délectant de chaque syllabe. Les rêveurs qui avaient assisté à la scène hésitaient entre applaudir la performance et partir pour laisser les deux personnes en tête-à-tête.


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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeDim 8 Juil 2012 - 22:14

    Elle l’avait tant attendue, légèrement perdue, dans cette cour que l’homme appelé son mari vienne la chercher, qu’elle mit un temps à réagir lorsqu’enfin il apparut. Il fallait dire que sa tenue étrange étonnait un moment. Elle pencha la tête sur le côté, se demandant s’il était de coutume là d’où il venait de se recouvrir de fleurs. Elle l’attendit sagement sans bouger d’un cil et elle l’écouta docilement, sans pouvoir y répondre. Son regard pétillait tant, elle avait du mal à admettre la raison d’une telle joie, d’une telle impatience.
    Dire qu’elle avait hâte de partir était faux…elle était comme une enfant qu’on déracinait, qu’on basculait dans un autre monde, un monde inconnu, et seule. Seule, non, elle serait accompagnée de l’homme qui était en face d’elle, ce bel homme qu’elle pensait connaître, ou du moins un peu. Mais derrière elle, elle laissait toute sa famille, ses souvenirs, et cela l’attristait.


    Son air triste fut rapidement remplacé par l’étonnement, la curiosité, en entendant le son de la flute de pan, et regarda l’homme se mettre à bouger de manière étrange. Elle ne connaissait pas le mot « danse », et se disait que cette manière de se mouvoir était inédite, elle n’avait jamais vu quelqu’un bouger ainsi avant. Les fleurs qui le recouvraient se mirent à voler dans une myriade de couleurs étincelantes, remplies de douceur.
    Ce spectacle la ravit.
    Bientôt, un sourire enfantin se dessina sur ses lèvres, et elle se surprit même à tendre les bras pour essayer d’attraper quelques pétales et tiges qui virevoltaient autour d’elle. Elle se mit à tourner sur elle même, en riant légèrement, charmée, ses doigts glissant sur les corolles soyeuses des fleurs si multiples, si incroyables. Il n’y en avait pas deux qui se ressemblait. Son rire se mêla à la douce musique de l’objet étrange que l’homme tenait dans ses mains, porté à sa bouche.


    Il s’arrêta devant elle, et elle se retourna une énième fois, quelque peu étourdie. Elle attrapa la rose rouge qu’il lui tendait, sans effleurer sa main, et la porta à son nez, en apprécia la senteur, l’intensité du rouge, la douceur des pétales.
    Il lui présenta alors la jument d’un beige uniforme, avec sa crinière d’un blanc éclatant. Elle lui plut tout de suite. Elle osa timidement une approche avec la main, et caressa son museau. Elle l’appellerait Kalel, mais cela, elle ne le dit tout de suite, les sons refusant de franchir la barrière de ses lèvres. Elle eut, au contact de la bête, une étrange sensation, comme un déjà vu. Pourtant dans cette nouvelle vie, c’était bien la première fois qu’elle s’aventurait à caresser un cheval. Elle pencha la tête sur le côté, fronçant les sourcils.
    Elle avait eu une jument, jadis, une belle bête docile et d’une gentillesse sans égale. Elle savait également chevaucher, mais cela, c’était avant, et jamais plus elle ne s’en souviendrait. De la tristesse s’empara de son cœur sans comprendre pourquoi, mais dans son inconscience…elle savait que sa précédente jument devait être morte ou volée à l’heure qu’il était.


    Elle fut tirée de cette sensation par la voix de l’homme, qui lui demandait de dire au revoir à sa famille de rêveurs. Elle se retourna, les larmes aux yeux, et baissant la tête, alla s’acquitter de la tâche, le cœur serré. Elle prit au passage une besace qui émettait quelques sons étranges d’objets se cognant les uns contre les autres. La jeune femme trottinait de personne en personne tel un papillon, se penchait en avant en signe d’au revoir et de reconnaissance, puis plongeait sa main dans cette mystérieuse besace dont elle sortait des cadeaux qu’elle avait fait de ses mains, et les remettait aux rêveurs, ravis et émus.
    Pour Amarylis ce fut plus long, et des larmes silencieuses coulèrent le long de ses joues, intarissables. Elle se permit même de lui prendre les
    mains en signe d’affection. Ce toucher était encore rare, et surprenant venant de sa part.


    Elle se retourna quelques fois pour voir si l’homme ne s’impatientait pas trop mais elle le voyait toujours souriant, ne pas la lâcher du regard. Elle piqua un léger fard, consciente de ses attentions envers elle. Elle regarda une dernière fois son amie, et s’en retourna dans la cour, où les maigres bagages étaient attachées sur les montures.
    Elle vit l’homme monter avec aisance sur son étalon, tandis qu’elle fixait sa jument d’un regard perdu. Pour ne pas retarder son « mari », elle s’approcha timidement de la bête qui la regarda avec une infinie gentillesse. Elle attrapa de ses mains la selle en cuir et s’escrima à monter, en gémissant sous l’effort répété, trop faible. Elle ne se découragea pas et s’acharna pendant plusieurs minutes, avant de
    réussir à comprendre le système d’appui avec les pieds. Elle finit enfin assise sur sa jument, essoufflée, le rouge aux joues de s’être ridiculisée aussi lamentablement là où l’homme avait eu tant d’élégance.
    Elle l’observa alors, et s’emmêla les pinceaux, incapable de mettre en marche sa monture et de lui dicter les ordres. Il vint alors à sa rescousse et s’empara de la sangle. Leurs montures se mirent en route, côte à côté, et la jeune femme paniquée s’attachait tant bien que mal à la crinière de son cadeau, très mal à l’aise. Elle fut tellement préoccupée à ne pas tomber de selle qu’elle ne fit pas attention au fait qu’ils avaient franchis le portail et s’éloignaient peu à peu de la Confrérie qui l’avait recueillie pendant les nombreux mois de sa guérison.


    Elle écoutait les conseils de l’homme qui ne pouvait la toucher, et s’exécuta de son mieux. Petit à petit, elle s’habituait au mouvement de sa jument, et pris de l’assurance dans son équilibre. Elle se permit un regard aux alentours et fut surprise d’un changement si radical de paysage. Cette route sinueuse en terre, bordée d’une part d’une forêt sombre et épaisse, et d’autre part d’une prairie à n’en plus finir. Elle fut accaparée par tant de nouveautés, tant de beauté, qu’elle ne songea même pas à pleurer la perte de sa famille, laissée derrière elle. Elle se tournait, retournait, son regard ne pouvant s’arrêter une minute, des expressions de surprise et de curiosité sur son visage.


    Elle était partie, belle et bien partie, et qui sait quelles aventures on lui réservait désormais.




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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeLun 9 Juil 2012 - 21:43

Elle riait. Vous savez ce petit rire cristallin qui vous fait battre le coeur à mille à l'heure, c'était ce qu'entendait Arro dans sa danse. Il appréciait ce petit son si particulier qui lui réchauffait l'âme. Sa petite danse s'était terminée depuis longtemps et il avait toujours ce petit bruit dans la tête, qui tournait en boucle. Ses yeux suivirent sa femme qui s'en allait vers ses amis rêveurs, sa nouvelle famille. Kushumaï disait au revoir, elle était surement triste, peut être effrayé... Mais le marchombre la remerciait mentalement de faire ce sacrifice pour vivre avec lui.
Pendant qu'elle passait de personne en personne, remerciant chacun, Arro pris les paquetages et les plaça sur la jument. Elle n'emportait que peu de choses, la plupart de ses anciennes affaires étaient restées à l'Académie. Ne sachant que faire de ces dernières, l'homme avait pris soin de les cacher dans un endroit que lui seul connaissait. Il demanderait plus tard aux rêveurs s'il valait mieux détruire ces objets. Il savait pertinemment que cela lui causerait bon nombre de souffrances, mais pour le bien de sa femme, il aurait brulé l'Académie entière.
Lorsque les paquets furent bien attachés à la selle, l'homme se tourna. Elle discutait avec Amarylis, la personne avec qui elle avait passé le plus de temps jusque lors. Le marchombre remarqua qu'elle pleurait un peu. Normal, non ? Pour elle, la rêveuse était celle qui l'avait accompagnée depuis le début. Kushumaï eut même le courage de lui prendre les mains. Une petite minuscule pointe de jalousie s'inséra dans le coeur d'Arro, aussitôt balayé par la raison. Dire au revoir n'est jamais facile et on se force à se montrer plus affectueux, c'est sans doute pour cela que la jeune dame avait fait l'effort du contact.
Alors que sa femme revenait vers les chevaux, il monta gracieusement sur Quiet et s'installa confortablement dans la selle. Il regarda Kushumaï tenter de monter sur la sienne. Soudain il se sentit idiot, il n'avait pas prévu qu'elle ne saurait pas s'asseoir sur sa monture. Arro voulu l'aider, mais à force d'acharnement, elle put enfin se mettre en selle. Le marchombre laissa passer la demoiselle devant. Bien sûr la femme n'arrivait pas à mettre en marche la jument, elle s'emmêlait dans les ordres, les attitudes et compagnie. Souriant devant le spectacle, l'homme lança son cheval en avant et attrapa la sangle de l'autre équidé.
Les deux animaux se mirent en mouvement au même rythme, pas trop rapide. Arro se retourna et fit un petit signe aux rêveurs pour leur dire au-revoir. Ils passèrent le portail et doucement s'éloignèrent d'Eoliane. Voyant que sa dulcinée avait quelque soucis pour conduire sa monture, l'homme prit une voix douce et la conseilla tout en montrant les gestes basiques :


-Tient bien les rennes comme cela... Voilà bien... Mets ton dos un peu plus droit, pour être suffisamment équilibré... Parfait, parfait. Ne sert pas trop tes jambes, tu risques de l'étouffer... Voilà comme ça c'est très bien. Tu te débrouilles plutôt bien...

Le marchombre la regardait avec des yeux amoureux, elle apprenait vite... Après tout c'était normal, les anciens réflexes reprenaient leurs droits. Bientôt la demoiselle put regarder les alentours aisément sans se fixer sur ses propres membres. Impressionnée par la qualité du paysage, elle tournait la tête dans tous les sens, les yeux affamés de savoir, l'air rongé par la curiosité. L'homme sourit encore. Il flatta l'encolure de son cheval et regarda tout droit. La route se prolongeait au loin, montant vers un plateau où trônait l'Académie de Merwyn. Encore invisible, d'ici une heure, ils pourraient la voir, s'élevant fièrement, entouré de son parc et de ses murs. Pour le moment, le paysage était assez magnifique, une forêt d'un côté et une longue plaine de l'autre, le chemin de terre était légèrement en pente et bifurquait sur la droite pour continuer son ascension.
Arro ne cessait de jeter des regards sur sa femme. Il la trouvait si belle, si pure, si parfaite. Ses yeux passèrent sur ses cheveux roux qui flottait doucement dans son dos. Qu'il aurait aimé les toucher, les caresser, les sentir. Il rêvait du jour où il pourrait y glisser une fleur, juste sur l'oreille. Une larme discrète lui coula sur la joue, il l'effaça d'un revers de la main, pourquoi être triste en ce jour, alors qu'elle était là, juste à côté de lui, en pleine santé.
Tout à coup, un petit animal descendit d'un arbre du bois juste à côté d'eux. L'homme le contempla. C'était un petit écureuil qui les regardait passé. Un peu audacieux, il se percha sur un rocher et émis un petit cri. Avant qu'il ne s'enfuise, le marchombre appela Kushumaï qu'elle le voit. Arro tourna la tête au moment ou la jeune femme fit de même. Alors que leurs regards se croisaient et que sa dulcinée avait l'attention absorbée par le petit être, l'homme se permit encore une fois de se plonger dans l'immensité noisette des yeux de son âme soeur. Il trouvait cette couleur si réconfortante, si douce...
Soudain, l'homme remarqua que la demoiselle avait cessé de contempler le petit écureuil et le regardait, avec des yeux mêlant la curiosité, l'incompréhension et un peu de gène. Rapidement le marchombre détourna la tête, fixa la tête de son cheval et rougit comme il n'avait jamais rougi avant. Il bredouilla une excuse et continua le chemin la tête basse et les joues pivoines. Le silence s'était petit à petit insinuer, seul les oiseaux et le vent chantaient joyeusement. Un pinson jouait un petit air guilleret dans les bois.
Arro posa ses yeux sur la lisière du bois et doucement ils revinrent sur sa flûte. Une petite idée lui passa dans la tête. Avec dextérité, il la tira de sa ceinture et souffla dedans, répondant au petit oiseau. Tout d'abord, intrigué, le volatile lança un petit bruit de reconnaissance. Le marchombre répondit gaiement. Puis s'en suivi un petit concert de question-réponse musicale. Le pinson se démenait pour donner un rythme plus complexe et avec des notes plus haute que jamais. L'homme y répondait joyeusement, relevant le défi et rajoutant toujours sa petite touche personnelle à la fin. Le combat amical de musique continua pendant une bonne demi-heure et se termina quand Arro déclara forfait en voyant la forêt se terminer.
Ils arrivaient bientôt en haut du plateau et l'Académie apparaissait au loin. C'était un spectacle plutôt magique. Pas autant que l'Arche, mais pas loin. Le bâtiment entier semblait taillé dans un seul roc, comme si un artiste de talent avait taillé une montagne pour en sortir cette école. Les murs protégeant l'établissement était de même nature et autant impressionnant. Le plus étrange c'est que cette pierre n'était pas grise et effrayante, mais plutôt d'un brun fade chaleureux, du lierre poussait a quelque endroit et de la mousse recouvraient certain pan de mur. Les toits étaient dans une tuile noire qui brillait au soleil, offrant un air mystique au bâtiment. Le marchombre était fier de cette académie et espérait que Kushumaï allait apprécier l'ambiance générale.
Depuis la reprise, les élèves avaient pansés leurs plaies autant physique que mentale, la douceur et la joie étaient revenues, plus forte que jamais. On se démenait pendant les cours, on jouait tous ensemble. La plupart des élèves faisaient des bêtises et menaient la vie dure aux professeurs. Arro inspira. Maintenant l'Académie serait encore plus heureuse, car sa femme, son âme soeur, son amante, serait là. Son coeur fit un bond en avant en pensant à cette heureuse nouvelle. Il jeta encore un regard vers Kushumaï et il vit son avenir, radieux comme sa chevelure, doux comme était sa peau et pure comme l'était son esprit. Le marchombre sourit à cette pensée.
Il devait rester tout au plus trois quarts d'heure avant d'arriver à la porte. Cela leurs laissait le temps de parler un petit peu. L'homme timide jusqu'à lors commença :


-Alors, que penses-tu de l'Académie de Merwyn ? Plutôt splendide n'est-ce pas ? Je t'emmènerais directement au Jardin, tu seras impressionné, parole de marchombre !

Un petit sourire niais barrais son visage. Bientôt ils arriveraient, bientôt il sera enfin complet, bientôt le yin de son yang viendrait reprendre sa place dans son coeur. Arro était heureux, au-delà des mots, au-delà des pensées, il rayonnait de bonheur.


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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeMer 1 Aoû 2012 - 18:17

    A mesure qu’ils avançaient, elle prenait plus d’assurance, et se permit même de relâcher la pression de ses jambes qui commençaient à être endoloris sous l’effort. Elle grimaça légèrement, et sa moue fut vite remplacée par l’émerveillement de tout ce qui l’entourait. Pour elle, tout était nouveau, et cet air printanier, ces fleurs ravissantes, doucement bercées par la brise chaude et agréable, étaient d’une beauté peu souvent égalée. Il suffit de se souvenir de cette odeur d’aventure, de cette odeur de découverte, pour avoir une infime partie de ce que pouvait ressentir la jeune femme à ce moment là. Elle avait passé sa deuxième dizaine, et commençait à vivre avec un entrain peu commun. Le vent semblait vouloir jouer avec sa longue chevelure de feu, et caresser son visage comme pour l’accueillir dans ce monde nouveau.

    L’homme qui l’accompagnait, la héla, et elle put apercevoir un petit être qu’il lui présenta comme étant un écureuil. Que sa fourrure semblait douce et soyeuse ! Elle sourit et se dévissa le cou jusqu’à le perdre totalement de vue derrière les pierres qui jonchaient les abords du chemin de terre. S’ensuivit un magnifique concours de chant entre un oiseau multicolore et la flute enchantée du cavalier. La jeune femme les écouta, quelques peu pensive. Comment la vie pouvait elle lui paraître aussi douce ? Aussi parfaite ? Etait elle toujours comme cela ? Une sensation sombre et froide l’envahit, mais elle fut bien vite chassée par le changement soudain du paysage. En effet, la forêt avait laissé place à une plaise verdoyante, au delà de laquelle on apercevait un édifice en pierres qui, aussi imposant soit il, dégageait une impression de chaleur, de convivialité.

    Il ne leur restait plus beaucoup de route à présent, et l’homme lui demanda comment elle trouvait ce qu’il appelait l’Académie, et ajouta qu’il l’emmènerait directement dans les jardins. Ne pouvant répondre de vive voix, elle sourit sagement, soudain une légère angoisse serra sa poitrine, et elle se rendit compte qu’elle avait quitté Eoliane, pour de bon. De la tristesse apparut sur son visage qu’elle se força à cacher de son mieux. En effet elle trouvait l’Académie splendide, même de lui, cependant ce n’était pas la Confrérie, et il n’y aurait pas ses amis là bas. Elle était toute seule, dans l’inconnu, bloquée par son incapacité à parler. Elle caressa distraitement Kalel, et attendit patiemment leur arrivée là où était sa nouvelle maison, là où elle allait travailler en tant que
    disciple du maître botaniste.

    Elle ne savait pas si elle serait à la hauteur des attentes des gens qui allaient l’entourer dans sa
    nouvelle vie. Elle ne savait pas si son savoir aller suffir à rendre service au maître, et si elle allait lui plaire. De plus, elle se doutait bien que les regards de son compagnon de route n’étaient pas dénués de sentiments, mais elle ne savait pas ce que c’était l’amour, elle ne savait pas le reconnaître, et ne savait pas comment aimer. L’aimait elle d’ailleurs ? Il était le seul homme qu’elle a côtoyé d’aussi loin qu’elle ne se souvienne, mais cela était il suffisant ? Et que ressentait il lui ? La décevait il déjà ?
    Elle poussa un soupir et n’aspira à ce moment que d’un bon lit et d’une couverture douillette. Peut être que le lendemain elle se sentirait plus apaisée, et que son esprit aurait fait le tri dans tout cela. Oui, une bonne nuit arrangerait tout, d’autant plus que leur chevauchée avait meurtri ses
    jambes, ses hanches et son dos.

    Enfin, ils arrivèrent à destination, et ses sombres pensées furent vite interrompues par une autre découverte de taille. L’Académie, était immense, et elle voyait de ci de là des nombreuses gens vacant à leurs occupations. C’était une formidable fourmilière et elle fut tant accaparée à les contempler qu’elle en oublia de respirer. L’enchantement remplaça l’angoisse sur son visage, et elle se tourna et retourna sur sa selle. Après s’être quelque peu familiarisée avec pareille effervescence, elle contempla les bâtiments. De la pierre brune, ornée de lierre, de mousse, et des toits noirs, faisant ressortir les rayons du soleil. L’ensemble était beau et accueillant, et elle plissa les yeux, croyant reconnaître certains murs, certains lieux, certains visages. Elle sourit en se disant qu’elle était idiote, car elle n’avait jamais mis les pieds ici auparavant.

    Si elle était déjà venue ici, elle s’en serai souvenu,
    elle s’en serait très certainement souvenu….




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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeMer 8 Aoû 2012 - 14:15

La joie de retrouver son aimée était puissante, forte, Arro rêvassait à un futur d'amour emplie de beaux jours. Mais le fait qu'elle ne lui réponde pas, pas encore, suffisait pour lui broyer ses espoirs de retrouver rapidement sa belle amante. Le coeur serré, il tourna encore la tête vers Kushumaï. Soudainement, son organe vitale brisa sa gangue de peur. Le marchombre savait qu'il fallait attendre, la femme ne parlerait que quand elle le voudrait. Il était certes impatient de la toucher, de l'embrasser, de la caresser, de l'entendre dire ces mots qui lui manquent tant, mais rien que l'idée de la revoir dans un état pire qu'avant lui donnait assez de courage pour ne pas céder à ses pulsions.
Pour l'instant, ses yeux se contentait d'admirer cette silhouette. Les cheveux roux qui voletaient sous la brise du vent, les vêtements qui cachaient un corps mince et magnifique. Les yeux noisettes emplie de malice, d'envie d'apprendre et de... Doute.
Pourquoi le regard de Kushu s'était emplie de cette sensation ? Arro ne se posa pas la question, il voulut la rassurer, lui montrer qu'il n'y avait pas de quoi douter, que tout allait bien se passer. Mais il n'eut pas le temps. Le couple était entré dans l'Académie et ce fut un brouhaha digne d'une fourmilière. Les gens s'acharnaient, travaillait, marchait, courrait, riait... L'endroit était vivant. Sur la gauche on pouvait voir la fumée sortir de la forge, un peu plus loin on y trouvait les écuries, le reste était une étendu d'herbe. Le parc de l'Académie était juste immense. Un peu plus loin, on trouvait le vrai bâtiment, où les cours étaient dispensés.
Arro souriait en voyant l'étonnement et l'émerveillement emplir le visage de son aimée. Décidé à lui faire voir encore plus, il se dépêcha vers l'écurie. D'un clin d'oeil il salua Clarysse et entra.


-Euhm, nous allons laisser nos chevaux ici. Voici l'enclos du tien.

Le marchombre tenta d'aider Kushumaï du mieux qu'il pouvait. Il lui décrivait la procédure pour descendre du dos du cheval, les sangles à enlever pour soulever la selle. L'homme s'occupa d'ailleurs de retirer cette dernière, plutôt lourde. Ses mouvements autour de la demoiselle était précis, il ne l'effleurait pas, ne la touchait pas, toujours aussi distant physiquement, mais toujours présent mentalement. Arro mit à profit l'enseignement de Clarysse et prodigua des conseils pour que son amour puisse brosser son cheval. Il devait s'occuper de son cheval aussi, mais répugnait à laisser seule sa femme. Ainsi donc, le marchombre la regarda faire, essayant de ne pas faire peser sur elle un regard trop oppressant. Mais il ne pouvait s'empêcher de la regarder, obnubiler par sa femme, son âme soeur, sa moitié, cette partie qui lui avait manqué durant tout ce temps. Son coeur s'emballait à chaque regard, à chaque mouvement de ce corps si beau, si gracieux, si... L'homme était bien, un sentiment de plénitude emplissait son être. Lorsqu'elle eut finit, il l'entraîna dans l'enclos de Quiet et refit les mouvements qu'il avait décrit à sa femme.
Cette fois-ci, c'était à lui d'être observé par les yeux noisettes. L'idée, qu'elle le regardait, lui fit un frisson de plaisir. Il rougit tendrement et défit les sangles. La selle fut placée sur son épaule. Même pendant qu'il travaillait, Arro ne pouvait empêcher ses yeux de se tendre vers Kushumaï, sa Kushu, son amour, celle qui occupait ses rêves, ses pensées. Il croisa la curiosité noisette de cette dernière. Ses joue devinrent un petit peu plus rouge. Le marchombre brossa consciencieusement le pelage brun de Quiet. Tentant de s'enlever ce regard de sa tête. Il n'y parvint pas et resta pivoine pendant plusieurs minutes. Enfin, il termina sa besogne et sortit en entrainant Kushumaï d'un regard. Arro ferma le box et l'emmena vers les jardins.
Le silence était toujours de mise, le marchombre ne savait pas que faire, il se sentait perdu. Une question qu'il avait toujours refusé d'entendre vint petit à petit s'incruster dans son esprit : Est-ce qu'elle l'aimait toujours ? L'homme était effrayé de la réelle réponse. Peut être que oui, au fond, très très loin en elle, sous des décombres enfouis, elle l'aimait encore. Pour l'instant la femme qu'il avait en face de lui n'était que question sur le monde. Elle ne savait pas ce qu'était le mariage, elle ne savait pas ce qu'était l'amour. Connaissait-elle les sentiments ? Haine ? Peur ? Tristesse ? Le marchombre se mordilla la lèvre de devoir lui apprendre tout cela. Il se promit d'être toujours là. L'homme se jura encore une fois de la protéger, mais sans l'enfermer dans un cocon. Elle devait faire les expériences elle-même et lui serait le fil de sécurité. Il tenterais d'être un bon professeur. Mais cela promettait d'être compliqué.
Bientôt la porte des jardins se profila devant eux. Arro se tourna vers sa femme, se perdit un instant dans la chevelure flamboyante, glissa sur la joue pâle et fraiche de son âme soeur, contempla la bouche douce. Il brisa sa transe, tendit un morceau de tissu à Kushumaï et lui demanda gentiment de fermer ses yeux. Le portail de fer s'ouvrit sans grincer, l'homme tira doucement sur le lien en coton qui se tendait entre sa femme et lui. Ainsi il la guida dans les jardins. Les senteurs lui frôlèrent le nez, des parfums doux et soyeux lui chatouillèrent les narines. Dame, que cet endroit sentait toujours aussi bon ! Avec douceur il accompagna Kushumaï sur une colline, à peu près au milieu du labyrinthe de fleur, de pétale, d'arbres et de buissons. Il monta sur l'herbe douce qui frottait sur ses bottes. Lorsqu'ils furent au sommet, l'homme d'une voix douce et amoureuse convia la dame à ouvrir ses paupières.
Et le spectacle devait être de taille. Le marchombre était habitué à ce jardin, mais cela restait une des beautés de l'Académie. Les fleurs de toutes les régions de Gwendalavir se côtoyaient. Lilas, Lys, Rose, Pâquerette, Marguerite, Violette, toutes les plantes de la création étaient au rendez-vous. Pommier, Poirier, Prunier, Oranger, Noisetier, Bananier offraient ombre et fruits. La banalité se mélangeait avec l'invraisemblable, l'habituel avec l'exotisme, le gigantesque avec le minuscule. C'était un fourmillement de plantes et d'insectes.
Mais l'homme ne regardait pas cette merveille. Il était seulement obnubilé par une seule fleur. Aux pétales rougeoyants mélanger à une blancheur candide et deux petites pointe de brun clair. Le marchombre était vraiment aspiré par cette beauté qu'était sa femme, Arro était à la limite de gagatiser devant elle, devenir un légume. Mais il cachait cela, ne voulant pas paraître stupide. Quelques mots lui échappèrent, sortant imbibé de douceur, de gentillesse :


-Tu sublimes tout ce spectacle, toi magnifique fleur... Si tu savais comme je t'aime.

La dernière phrase fut lancé dans un souffle, presque insaisissable, inaudible. Mais le regard de la demoiselle ne le trompait pas, elle avait entendu l'aveu des sentiments d'Arro. L'homme rougit encore. Avait-il été trop vite ? Avait-il fait remonter des souvenirs douloureux ? L'anxiété lui monta au cerveau. Rapidement sans prendre de respiration, l'homme tenta maladroitement de se rattraper :

-Désoléjesaispascequim'apris.

Rougissant, sa jambe droite tapotait le sol à une vitesse folle, ses doigts se croisaient et se décroisaient incessamment. Sa tête était baissée, les yeux regardaient le sol. La peur avait pris son corps entier. Il tenta de se reprendre, mais ne réussis qu'à sortir une phrase, à la limite de l'intelligible :


Si tu veux on peut aller vers nos appartements...



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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeDim 2 Sep 2012 - 12:57

    Continuant au pas dans les ruelles pavées de la cité, la jeune femme était l’incarnation même d’un savant mélange entre la curiosité et l’étonnement.
    La sensation qui l’avait envahi quelques minutes plus tôt restait profondément ancrée en elle, un pincement particulier, un plissement de sourcils.
    Elle avait déjà lu sur le phénomène des rêves prémonitoires.
    Si c’était en effet ce qui était en train de se passer, c’était plutôt bon signe. Elle était persuadée que l’impression de déjà vu voulait dire que c’était ce qu’elle devait faire, où elle devait être.
    Le sourire bientôt réapparu sur son visage, et la tristesse des adieux ont vite été remplacés par l’envie de connaître d’autres choses, de devenir quelqu’un en ces lieux si magnifiques, si féeriques à ses yeux.


    Ils arrivèrent dans l’enceinte même de l’Académie, et s’arrêtèrent aux écuries. La descente de cheval fut des plus ardue pour la rouquine qui avait les membres inférieurs en piteux état. Elle manqua par deux fois de tomber, se raccrochant maladroitement à la selle. Par chance, sa jument était exemplaire, et on voyait qu’au fil de la route, avait commencé à se tisser entre elles une relation de tendresse et de confiance. Elle hennit, arrachant à sa maîtresse inexpérimentée un sourire gêné.
    Lorsqu’elle put enfin se tenir droite à côté de sa monture sans se tenir à elle, elle découvrit que les douleurs de ses jambes et de ses hanches montaient le long de sa colonne vertébrale. Une larme vint se nicher au coin de ses yeux, qu’elle cacha de son mieux.


    Elle tacherait de s’entrainer à l’équitation avec des parcours plus facile, et surtout moins longs. Avec ses longs mois de convalescence, elle avait perdu beaucoup de force et de muscles. Il faudra aller petit à petit.
    Elle suivait docilement les recommandations de son guide, en lui souriant gentiment.
    Ses manières de se comporter vis à vis d’elle la touchait profondément, et sans même qu’il le sache, il gagnait déjà quelques points dans l’estime et l’affection de Kushumaï qui se laissait régulièrement surprendre à rougir légèrement.
    Elle brossa, caressa, avec soin sa nouvelle monture, ce qui finit par rapprocher les deux encore plus. Puis elle suivit son compagnon jusqu’au box de l’étalon qui avait le droit aux mêmes traitements. Elle regarda faire l’homme pour apprendre, et aussi par plaisir.


    Ils sortirent ensuite des écuries pour se promener dans le parc si verdoyant de l’Académie. L’homme sortit un ruban, et lui demanda de le tenir, tout en fermant les yeux. Curieuse et étonnée d’une telle demande, elle obtempéra néanmoins avec un peu d’appréhension.
    Elle tituba plusieurs fois, et marcha lentement. Jamais, le ruban ne fut tendu fortement entre eux. Il pendait, doux et tendrement entre les deux marcheurs. Le ruban était d’un bleu vert qu’elle aimait beaucoup, parfait mélange entre la verdure et le ciel selon elle.
    Cette couleur, représentait le mariage des éléments, l’harmonie dans tout son état. Lorsqu’il lui dit d’ouvrir les yeux, elle ne put empêcher sa bouche de s’entre ouvrir d’extase, les yeux refusant de cligner davantage.


    Autour d’eux, se chevauchaient en un mélange exquis tant de fleurs sauvages, des quatre coins du monde ! Elle tourna et se retourna, contemplant aconits, alchemilles, aloés, amaryllis, anémones, angéliques des bois….
    Tous semblaient être triées par ordre alphabétique indépendamment de leurs lieux d’origine.
    Elle s’arrêta un moment devant un alysson qu’elle aimait bien, puis fit quelques pas, jongla, et se retrouva vraisemblablement dans le parterre des G, avec garances, genêts, gentianes, glaïeuls et autres géraniums.
    Elle ne put retenir un cri d’extase, tant ces senteurs l’enivraient, cette débauche de couleurs et de formes, la fit oublier où elle était. Elle se pencha pour apposer son nez à quelques corolles, les caressa pour en apprécier les textures soyeuses.


    Elle se releva, regarda son compagnon de route qui semblait ignorer quelles merveilles ils avaient à leurs pieds. Il la fixait, immobile, les yeux pétillants. Kushumaï pencha la tête sur le côté, ne comprenant pas comment quelqu’un pouvait être ignorant d’une telle richesse de diversités florales.
    Son cœur battait à cent à l’heure, mélange d’adrénaline exquise et d’une autre sensation qu’elle ne connaissait pas, et s’apparentait à une volée de papillons multicolores dans son ventre. Elle mit cela sur le compte de la faim qui la tenallait depuis quelques heures déjà.
    Elle détourna son regard avec peine et s’aventura un peu plus dans les parterres fleuris. Elle ne connaissait pas toutes les espèces présentes, et cette ignorance l’enchanta. Elle n’allait pas s’ennuyer ici, non non !


    Après s’être promise de revenir ici s’y perdre dès que possible, elle trottina vers l’homme qui l’attendait patiemment, les cheveux ébouriffés, le rose aux joues et les yeux pétillants. Elle lui offrit un sourire d’une blancheur candide. Ensuite, il parla. Comme pour lui même, comme si cela lui avait échappé. Cela lui fit l’effet d’un seau
    d’eau. Elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire par là. Son incompréhension
    se lut dans son regard. Il s’emmêla ensuite dans des propos quasi inintelligibles.
    Elle pencha la tête sur le côté, un point d’interrogation fiché sur ses lèvres.
    Avec une voix maladroite, et quelques peu déformée par sa longue abstention,
    elle réussit à former cette phrase :



    - C’est quoi… « aime » ?


    Elle vit que cette question le prenait au dépourvu, elle détourna donc le regard, gênée, et se promit d’éviter de l’importuner avec des questions qui devaient lui sembler idiotes.
    Elle baissa la tête, un peu triste, et fit un signe de tête pour approuver la suite de la visite. Elle serra le ruban qui n’avait pas quitté ses doigts, et l’approcha de son cœur.
    Qui voudrait s’occuper d’une enfant comme elle ? Une enfant, certes de 25 ans, mais une enfant tout de même…
    Elle regardait distraitement autour d’elle, l’ambiance étant devenue un peu bizarre entre eux depuis la déclaration de l’homme. Elle marchait sagement quelques pas à côté de lui.
    Soudain, une évidence la frappa. Elle se tourna vers lui tout en continuant de
    marcher :



    - C’est quoi ton nom ?


    Cette question pourtant anodine, était un rocher écrasant, montrant sa vulnérabilité, et surtout, l’étendue de son amnésie.



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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeMar 6 Nov 2012 - 17:59

Ils marchaient, sans vraiment se parler ni se voir. C'était un petit silence pesant qui les avaient englobé depuis sa déclaration. En fait cette absence de bruit était plutôt dans la tête d'Arro qui se sentait crétin, stupide, inutile. Du côté de Kushumaï, c'était plutôt les questions qui prenaient place. Une d'entre-elle sortit de sa bouche et fit sursauter son mari, elle venait de lui parler... À lui ? C'était depuis longtemps qu'il n'avait pas entendu sa voix. Elle n'était pas encore très assuré, mais douce et chaude. Il frissonna de plaisir et assimila la demande de sa femme.
C'est quoi aime ? Question si simple, si charmante, mais aux multiples réponses, toutes plus compliquées les unes que les autres. Il décida d'y répondre, mais plus tard, il devait réfléchir d'abord sur la définition de l'amour.
Mais, une demande entrainant une autre, la question suivante fit plus de mal que de bien. C'était comme un poids s'étant posé aussi galamment qu'une enclume sur le coeur du jeune homme. C'est quoi ton nom ? Tout d'abord, il ressentit une profonde colère... Il savait parfaitement qu'elle avait tout oublié, mais cela lui faisait mal, une douleur insondable qui créait un fossé de peine dans son âme. Et de ce trou béant surgissait une rage démente qui voulait se déverser dans son corps. Son esprit se mit immédiatement en barrage, contenant tant qu'il pouvait le flot continu. L'homme se calma et sentie la honte et la tristesse l'envahir. Triste de ne plus être quelqu'un aux yeux de Kushumaï et honteux de ne pas s'être présenté avant de l'avoir amené ici. Elle venait de se faire embarquer par un inconnu, n'importe qui aurait hurlé « à l'aide, on m'enlève ! ». Mais pas la jeune femme, il restait un semblant de lien profond entre les deux amants, cela rassura Arro qui se sentait dorénavant idiot. Il se retourna vers l'innocente fleur qui le suivait.


-Je m'appelle Arro Skil'Liches. Je suis... Quelqu'un qui t'apprécie beaucoup, qui... Ah oui, euh.

Il fit une pause de quelques minutes pour réfléchir et repris.

-Je vais d'abord t'expliquer ce qu'est « aime », ce sera plus facile pour te dire qui je suis.

L'homme prit une respiration et commença une tentative de réponse, ce qui était plus qu'ardu.

-« Aimer » c'est un petit sentiment qui nécessite quelqu'un de très spécial pour toi. Quand tu vois cet être, une chaleur agréable et magique se diffuse dans ton corps. Dès que tu croises le regard de cette personne, tu te sens bizarre, tu as chaud, froid, t'es bien, mais ton coeur bat plus vite, tu ne vois plus qu'elle. C'est à la fois inexplicable et si simple. Tu as envie de la toucher, de l'embrasser, de lui dire combien tu l'aimes, combien elle compte pour toi. Quand elle n'est plus là, tu ne penses qu'à elle, tu rêves d'elle, ton souhait le plus cher est de la revoir. C'est un sentiment tendre...

Devait-il parler du côté dangereux de l'amour ? De cet attachement qui, parfois, peux te pousser aux pires ignominies ? De ce petit vide qu'il laisse quand il disparaît ? Devrait-il lui faire peur, ou la rassurer ? L'homme souffla doucement et repris.

-Mais dans certains cas, il peut devenir terriblement malsain. Quelqu'un qui aime peut aller jusqu'à tuer pour protéger ceux qui sont précieux à ses yeux...

Il déglutit et repris.

-Si jamais l'amour vient à disparaître d'une façon tragique, il laisse un gouffre, une trace, un petit quelque chose qui fait affreusement mal.

L'homme surprit une larme qui commençait à rouler sur sa joue. Avait-il bien fait ? N'allait-il pas la perdre à jamais ?

-L'amour est comme une graine d'arbre, si on le laisse bien poussé, il peut donner des fruits succulent, juteux. S'il est malmené alors les fruits sont moins bons, ils peuvent parfois devenir du poison. Si l'on arrache cet arbre, alors les racines laisseront une trace quand on les retira du sol.

Le souffle un peu plus court qu'au début de son explication, il termina :

-Est-ce que l'amour est mal ? Est-ce qu'il est bien ? On ne sait pas. À mon avis, l'amour n'est ni l'un ni l'autre, il est juste là, après c'est à ceux qui aime de le rendre bon ou mauvais.

L'homme tentait d'endiguer ses larmes, lui avait son amour en face de lui, il ne pouvait ni l'approché, ni l'embrasser, il pouvait juste lui parler, lui dire combien il l'aimait. Ce qu'ils avaient vécus étaient partis en fumée, leur ancien amour était évanoui, laissant un terreau pour une nouvelle graine.
Il fit taire ses larmes et se redressa, fier.


-Kushumaï, je suis Arro Skil'Liches, un homme qui t'aime plus que tout. Et si tu veux bien accepter que je sois là, à tes côtés, pour t'accompagner dans ta vie, je serais l'être le plus heureux de Gwendalavir.

Il posa sa main sur son coeur et s'inclina respectueusement. Qu'allait-il se passer ? Était-il allé trop loin ? Son sang battaient à une vitesse folle dans ses veines, son souffle était plutôt court et ses yeux étaient légèrement brouillés. Qu'allait-il se passer ?

[Vraiment désolé du retard ^^', édition à volonté, of course !]



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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeJeu 27 Déc 2012 - 14:14

    De par ses questions anodines et juvéniles, la jeune femme ne pouvait imaginer les répercussions que cela allait avoir sur leur relation.
    Elle vit énormément de peine dans les yeux de cet homme, de la peine, de la
    tristesse, remplacé par une colère sourdre, dévastatrice.

    Elle pris peur et se roula instinctivement en boule dans son esprit, les épaules légèrement rentrées. Elle souffla un « désolée » qu’il n’entendit pas, tant ses pensées vagabondaient sur des terres inconnues d’elle. Elle ignorait que des mots pouvaient faire mal.
    Elle ignorait la colère, l’amour, la tristesse, la haine, la passion. Elle était une page blanche sur laquelle se posait une curiosité maladroite et sans limite. Mais malgré son ignorance sans bornes, elle avait vu que sa question l’avait blessé, et elle entendit son être soupirer tristement. C’était donc cela, la tristesse ? Faire du mal à quelqu’un… ?


    Il lui répondit par un long discours qui lui parut flou. Tout cela n’était que théorique et elle ne connaissait pas les sensations qu’il lui décrivait avec autant de passion que de formules poétiques. Certains mots lui étaient inconnus, mais elle compris que l’amour était à la fois source de bonheur et de douleur.
    Aussi innocemment qu’une jeune fleur, elle déclara, le regard dans le vide :


    -Si « aime » fait mal, alors j’en veux pas.


    Elle ignorait une fois de plus l’effet que pouvait avoir ses paroles irréfléchies sur l’être qui aurait perdu la raison pour l’amour d’elle. Elle ignorait que dans sa vie passée, elle était devenue folle d’amour, avait failli mourir d’amour.

    Peut être avait elle trop connu le côté dévastateur de l’amour, sur les derniers instants de sa vie d’avant. Elle soupira, et sa main alla frôler la végétation alentours. Elle commençait à fatiguer, et elle avait perdu l’habitude de parler.
    Après la ballade, et tout ses repères qui avaient subitement changé, toutes ses nouveautés…cela en faisait un peu trop pour elle.

    Il lui révéla également son nom. Arro. Skil’Liches…. Ce nom sonnait étrangement à
    son oreille. On l’avait déjà appelé parfois « Madame Skil’Liches ».

    Mais c’était surtout ce prénom qui lui donnait des sensations étranges…Comme une réminiscence. Elle était persuadée de l’avoir déjà entendu à plusieurs reprises, et qu’il avait signifié quelque chose de particulier pour elle, sans qu’elle ne se souvienne quoi.


    - Skil’Liches comme moi. On doit être de la même famille… ?


    Elle bailla et ses yeux commencèrent à se fermer, avec des larmes de fatigue. Il lui proposa de l’accompagner chez eux pour qu’elle puisse se reposer, et elle hocha de la tête sans prononcer un mot de plus. Elle chancelait, mais aucun contact physique n’était autorisé.

    Elle avait déjà énormément progressé en quelques heures. Les mots avaient coulé d’entre ses lèvres, qui étaient restées closes pendant des mois.

    La barrière dans son esprit était encore bien efficace, mais ici, à l'Académie, elle devenait fragile. Trop souvent mise devant des souvenirs, des lieux, des mots, des visages. Elle avait appartenu à ce lieu autrefois. Désormais aussi fragile qu'un nourrisson, allait elle tenir le coup ?
    Et plus important, allait elle réussir à rouvrir son coeur sans y laisser son âme...?

    L'homme à ses côtés la rassurait. C'était comme si elle le connaissait depuis toujours. Elle savait qu'elle pouvait lui faire confiance, même si jusque là, elle avait oublié son nom. Des images traversèrent son esprit, mais trop rapidement pour en percevoir distinctement une.
    Peau, regards, souffles....
    Sourires, tendresse, caresses...
    Des flots de lumière blanches se déversèrent brutalement pour les cacher, et elle lâcha un gémissement de détresse, se tenant la tête entre ses deux mains.
    Sa respiration s'accéléra, avec des râles de douleurs s'échappant d'entre ses lèvres, puis elle s'évanouit, là, au milieu des vergers de l'Académie.




HRP: je tâcherai de répondre plus rapidement à l'avenir, mais je n'avais tout simplement pas remarqué que tu m'avais répondu. Edition à l'infini si tu veut. Hâte de faire avancer toute cette histoire !


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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeLun 28 Jan 2013 - 16:45

-Si ''aime '' fait mal, alors j'en veux pas.

BOOM, heartshot. Cela lui fit mal, certes, mais il s'habituait et en plus de ça, la jeune femme disait cela d'un ton si candide... Maintenant il allait devoir lui montrer que ce n'était pas que mal, l'amour. Cela allait être compliqué. Oui, séduire la même femme... Avait-elle seulement les mêmes goûts ? Oui certainement... Et si ? Arro ne se posa pas la question longtemps, car Kushumaï venait de lui poser une question.

-Skil'Liches comme moi. On doit être de la même famille... ?

Et PAN. Ou comment se faire Familly Zoned. En fait, il ne put répondre qu'un petit oui. En effet ils étaient de la même famille... C'était sa femme, sa dulcinée, son âme soeur... Mais comment lui expliquer ça ? Il ne voulait pas l'obliger à l'aimer. Il lui expliquerait, ce qu'il est mais... plus tard. Juste pas maintenant... Avant le marchombre devait réfléchir, être subtile... Certes, il avait la fibre romantique, bien plus que certain homme, mais il lui manquait un brin de finesse dans cet art qu'est l'amour.
Il cherchait encore une réponse meilleure que son ''oui'' quand Kushumaï fit une sorte de... crise. Tout d'abord, ce ne fut qu'un gémissement de détresse, puis elle se tint la tête entre ses mains. Paniqué Arro se pencha, près à demander ce qu'il n'allait pas. Sauf que la respiration de son aimée s'accéléra, devenant râles. Et elle s'évanouit.
L'instinct du mari pris le dessus, il attrapa sa femme avant qu'elle ne touche violemment le sol et la fit s'allonger. *Vite, vite, une aide, quelque chose.... Qu'est-ce que je dois faire bordel... Que c'est-il passé ? Que, que, que ?* C'était une des rare fois que le marchombre était aussi effrayé. Avant tout, il devait se calmer. Respirant longuement, ses pensées s'éclaircir. Déjà, amener la demoiselle à l'infirmerie. Ensuite, il aurait le droit de s'inquiéter.
Hésitant, il attrapa la jeune femme. L'homme avait peur qu'elle se réveille dans ses bras et sois effrayée du contact. Mais il n'avait pas d'autre choix. Il cala un de ses bras sous les genoux de l'endormie et l'autre s'occupa de soutenir le dos. Tout doucement, il se leva et pencha son dos en arrière, afin que la tête de Kushumaï viennent se loger directement sur son torse.
La caresse des cheveux de sa douce le fit frissonner... Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu cette sensation... Sentir le corps voluptueux de sa femme contre soi, toucher cet interdit... Une bouffée d'amour rempli ses poumons. Cela lui donna un supplément de force et il commença à marcher. Une, deux, une, deux... Un pas après l'autre, il se souvenait du nombre de fois où il avait sauvé sa belle.
La première fois, ce fut à la cascade. Sauver de la noyade, elle lui avait déclaré son amour. Comme un remerciement pour son sauveur... Mais si véritable, si bon, si pure... La seconde fois, ce fut un faux sauvetage. Il l'avait porté jusqu'à Eoliane, seul, sans aide, sans mots, juste des plaies. Ce souvenir lui donna un haut-le-coeur. C'était un très, mais alors très mauvais souvenir. Il n'en avait pas que des brides. Arro se rappelait chaque petite pousse, chaque petit caillou qui obstruaient son chemin. C'était comme... Comme une descente aux enfers. Brûlante, car chaque pas l'avait fait souffrir. Lors de cet instant, il était plus qu'au bout du rouleau... Ils avaient été à deux doigts de mourir.
Mais aujourd'hui... Aujourd'hui c'était autre chose, une remontée, une renaissance. Un amour qui avait été plus fort que la mort. C'était bon, d'une chaleur qui vous prend le creux du ventre et se diffuse doucement... C'était chaud et humide... Humide ? Une autre larme coula de sa joue, tomba sur celle de Kushumaï. Ne pouvant s'essuyer les yeux, il tentait d'arrêter le flot, pour empêcher de trop mouiller sa femme. Cela devait être plutôt désagréable, une pluie de pleurs non stop qui tombe, humide, salée. Mais rien n'était plus doux pour le marchombre. Il se sentait bien, heureux. Une petite lueur s'était allumée dans son coeur, une conviction. Maintenant il était sûr qu'il allait réussir à réanimer leur amour perdu.
La rivière se tarit, laissant place à un sourire. Il ne put s'empêcher de remarquer les regards tournés vers lui. Peu savait ce qu'il avait connue, ce qu'il venait de connaître, mais tous le connaissait. Ces gens ne jugeaient pas, mais voulaient juste savoir s'ils pouvaient aider le garde. Mais non, c'était sa femme, sa joie, son amour, sa force, sa faiblesse, son fardeau, sa légèreté. Oh Dame qu'il aimait... Qu'il était fou.
Les portes s'ouvrirent devant lui, donnant accès aux escaliers. Il les entama et monta, s'enfonça dans la grandeur Académicienne pour atteindre son but. Sans fléchir, il marcha dans les longs couloirs, esquiva les groupes d'élèves insouciant. Sans jamais la laisser tomber. Car Arro s'était jurée de ne jamais, jamais plus faillir et la voir chuter dans les abysses. Il serait toujours là auprès d'elle, la Voie importait peu... Il avait une autre route à suivre. Et tant qu'elle aurait besoin de lui, il sera là. Fidèle au poste, comme un ami, un garde, un marchombre, un amant.
Les dalles défilaient sous ses pieds. L'homme ne s'était pas arrêté, pas de pause, pas de répits... Pas le temps pour ça. Il ne voulait pas perdre une minute passée avec Kushumaï.
Avec son plus grand calme, Arro poussa une porte, entra dans une salle avec des lits, des baldaquins, des fioles de soins, des chevets, des chaises et un vase emplie de fleurs. Comme un pétale fragile, il la déposa délicatement sur un des matelas. Voyant la tenancière des lieux s'approcher, il lui expliqua rapidement, juste quelques mots. Pas le temps. Attrapant un lys dans le récipient, il se plaça une chaise et s'y installa, attendant, près au réveille de sa fleur, sa perle, son trésor. Près à tout faire pour elle, pour sa femme, pour Kushumaï


[HRP : Désolé pour le retard u.u j’espère qu'il te plaira ! Édition vers l'infini et au delà]



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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeLun 18 Mar 2013 - 14:16

    Un torrent dont elle ignorait la force l’entraînait dans un monde de gris angoissant. Son front se plissa et elle laissa échapper des légers gémissements plaintifs d’entre ses lèvres. Sans s’en rendre compte, dès son retour à l’Académie, sa mémoire, ou plutôt son amnésie, fut mise à rude épreuve. Tant de lieux, de noms, des sensations même familières, luttèrent pour réapparaître tandis que son voile blanc d’ignorance luttait pour la maintenir dans cet état léthargique qui lui permettait de ne pas perdre totalement son esprit, et même sa vie.

    L’élément déclencheur, la goutte d’eau, ou bien le battement d’aile d’un papillon, fut matérialisé par sa question anodine et enfantine :


    - Skil’Liches ? Comme moi ! On est de la même famille ?


    Cette simple questionavait eu des répercussions affreuses aussi bien de son côté que de celui de son âme sœur, sans qu’elle sache le sens même de ce mot. Oui, ils étaient de la même famille. Ils étaient mari et femme. Ils avaient été parents, ou du moins failli. Attendait elle un garçon ou une fillette ? Elle ne le saura jamais. Le secret a été emporté dans une vague de sang et de souillure, de froid et de ténèbres.

    Toutes ces images virevoltaient autour d’elle, se projetant contre sa silhouette fébrile comme autant de béliers belliqueux à la porte d’une citadelle en siège. Elle se recroquevilla au milieu de ce monde de chimères, les mains sur ses oreilles pour faire taire les cris, des larmes roulant le long de ses joues.

    Parmi ces visions cauchemardesques, d’autres, timides, apparurent, vestiges d’une vie autrefois heureuse. Etrangement, toutes ces visions avaient un point en commun : un homme aux longs cheveux d’ébène et aux yeux doux.

    Ces images là étaient plus lumineuses mais faisaient peur aussi, à leur façon. Elle voyait une jeune femme rousse courir, si heureuse. Cela ne pouvait être elle…Qui était elle ?

    Un cri d’angoisse s’échappa et elle hurla au milieu du noir, espérant que tout ceci enfin s’arrête.





    Elle se réveilla dans une salle blanche, en sueur, le cœur battant la chamade, la gorge encore endolorie d’avoir crié.

    Sans savoir pourquoi elle l’avait fait…

    Comme tout ces enfants ou même adultes, qui se réveillent sans savoir de quoi ils ont rêvé…

    Elle porta la main à son front légèrement chaud, les yeux étaient brûlants. Immédiatement, une dame, tout de blanc vêtue, lui apporta un verre d’eau bien fraîche qui lui fit du bien. Elle lui rappelait toutes ces femmes bienveillantes à Eoliane.
    Elle plissa le nez pour stabiliser sa vision et fut légèrement étourdie.


    - Ce n’est qu’une insolation, Mr. Skil’Liches. Rien de grave, elle a besoin de repos.

    Ce n’était pas qu’une simple insolation, mais la jeune femme en fut aussitôt convaincue et acquiesça avec un air malheureux qui accentua son côté enfantin. Elle remarqua l’homme aux cheveux d’ébène assis au coin de son lit. Elle se dit qu’il était bien aimable de lui tenir compagnie depuis le début, à
    Eoliane. Elle se demanda comment elle avait atterrie dans cette salle si blanche et lumineuse, puis se dit qu’elle n’avait pu se retrouver dans ce lit autrement que par elle même.

    Elle se sentait en confiance avec cet homme. C’était bien le seul à part les frères et sœurs rêveurs qu’elle avait connu jusque là. Elle se recoucha donc et le laissa lui apposer un linge humide sur le front, avec un regard compatissant.


    - On ne se ressemble pas pourtant…


    Elle n’eut pas la force de faire une phrase plus longue. Elle voulait dire que, pour des frères et sœurs, physiquement, ils ne semblaient pas venir des mêmes parents. A moins qu’ils soient cousins ?

    Elle avança une main et attrapa une mèche de cheveux noirs qui tombait sur le torse de l’homme, agenouillé à côté d’elle. Elle ferma à nouveau les yeux, les cheveux toujours dans sa main.




    Plus tard dans la nuit, quand elle se réveilla, elle était de nouveau dans une nouvelle pièce, comme une petite chambre modeste. Voyant que l’homme était allongé à côté d’elle, elle se rendormit…




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MessageSujet: Re: L'éveil [Terminé]   L'éveil [Terminé] Icon_minitimeVen 29 Mar 2013 - 19:37

L'homme attendait, assis sur une chaise, une fleur dans les mains. Il observa ce Lys, regardant les doux pétales blancs. C'était une si belle oeuvre de la nature, mais si fragile, demandant tant de soin pour survivre. Il soupira, oui, c'était tellement difficile de conserver l'innocence de sa fleur, de sa protégée. Arro caressa avec douceur le front de la rousse, chassant quelques mèches éparses. Ce petit carré de peau était chaud et bouillant.
Inquiet, l'homme se leva et appela la rêveuse. C'est à ce moment que Kushumaï se réveilla, hurlante. Immédiatement, le marchombre se tourna vers elle, près à la protéger, lui offrir la protection de ses bras ou le réconfort de ses paroles. Cependant, il ne réussit qu'à se faire bousculer par la soigneuse qui en profita pour tendre un verre d'eau fraîche à sa femme.
Il s'assit juste sur le coin du lit et écouta le diagnostic de la rêveuse. Une insolation... Oui, bien sûr. Cela fit rire intérieurement le marchombre... Comme si c'était ça. Lui savait ce qui s'était passé et le taisait volontiers. Des souvenirs plutôt mauvais qui étaient remontés dans la mémoire de la jeune femme et cela lui faisait mal.
Doucement, l'homme sourit à Kushumaï, un petit sourire gentil, sincère, un de ces sourires qui vous mettent directement en confiance. Pendant ce temps, la rêveuse s'en alla vers d'autres patients, dont une fille blonde de la maison Aequor - qui semblait fortement réagir au pollen - et une autre fille qui était étrangement rose - et dans le coma, accessoirement -. Arro n'en avait rien à faire, lui, regardait sa belle femme se rendormir pendant qu'il lui déposait un linge humide sur le front. Avant totalement sombrer dans le sommeil, elle eut juste le temps de dire :


-On ne se ressemble pas pourtant…

Le marchombre sourit à cette remarque. Il s'approcha alors qu'elle avançait une de ses mains. Elle attrapa délicatement une mèche des cheveux de l'homme. Elle ferma les yeux et il lui déposa un baiser sur le front, puis susurra doucement :


-Crois-moi, on se ressemble plus que tu ne peux le croire.

L'avait-elle entendu ? Bonne question. Personne, hormis l'endormie, ne pouvait savoir. L'homme laissa glisser la main sans force qui retenait ses cheveux. Une petite joie lui réchauffait le coeur. Elle l'avait touché, il l'avait touché.... Ils s'étaient touchés ! Il voulait exploser de joie, mais il devait se retenir. En effet, le silence était de mise dans l'infirmerie.
En plus de ça, l'infirmière lui fit signe qu'il était temps de partir. Surtout que sa femme pouvait se reposer autre part que dans un lit de cette salle. Acquiesçant, il passa doucement ses mains sous sa belle endormie et la souleva dans une infime délicatesse. La rousse se blottit presque instinctivement contre le torse du marchombre. Elle disposa son corps de façon à être confortablement installée. D'un signe de tête, il remercia la rêveuse pour ses services et sortit de la salle aussi rapidement que possible.
Il était temps de retourner chez lui. Avec plaisir, il descendit les escaliers jusqu'au rez-de-chaussé de l'aile Est, passa dans les deux portiques reliant les différentes parties de l'Académie. Le marchombre arriva dans l'aile Ouest et monta jusqu'au troisième étage. Finalement, il entra dans la zone réservée au résident et passa la porte de sa propre chambre. Ses appartements étaient encore légèrement éclairé par le coucher du soleil. Pour une fois, c'était rangé. Le lit était fait, propre, les draps blancs avait été récemment changés. Les rayons donnaient une belle couleur orange à la literie.
Au fond, à droite, proche de la fenêtre, était placé un bureau sur lequel on avait entassé des plans, des mots et des fleurs séchées. On avait fait une place particulière à une bougie, loin de toute chose inflammable. Elle devait servir souven,t car elle était en grande partie consumé et la cire fondue s'étendait en petit cercle tout autour. En face de ce bureau était placé une grande armoire, imposante. Elle renfermait les différents vêtements que pouvait avoir l'homme. Sur un coin du meuble était suspendu un arc et un carquois.
Arro huma l'air. Il était chez lui. Avec douceur, il déposa Kushumaï dans le lit. Le marchombre n'osa pas la déshabiller, cela aurait été gênant... Imaginer vous réveiller, en petite tenue, alors que vous vous étiez entièrement endormis habillé. Choquant n'est-ce pas ? Par réflexe, la jeune dame emmitoufla dans les draps. Arro sourit et commença à enlever ses vêtements. Sa chemise tomba rapidement, jetée nonchalamment sur la chaise du bureau. Il enleva ses bottes, puis son pantalon, un frisson parcouru ses jambes quand le froid des pierres toucha sa peau. Gardant seulement son caleçon, il se prépara à dormir. Le marchombre étendu une espèce de matelas-couverture sur le sol. Il avait trop peur de toucher sa femme et de l'effrayer.
Il alla embrasser Kushumaï sur le front, c'est alors que dans un réflexe, elle l'enlaça, le déséquilibrant et l'entraînant dans son lit. Arro avait déjà vécu ça, avant, il y a une éternité. Quand il dormait avec sa femme, elle venait naturellement contre lui, le serrant comme une peluche. Tout ça parce qu'il dégageait une chaleur corporelle douce et agréable. Il la laissa donc reprendre une vieille habitude et s'endormit, heureux, à côté de son amante... Comme au bon vieux temps.



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