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 Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]

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Apprentie Légionnaire
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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Sam 15 Sep 2012 - 23:02

Finalement Enelyë les sauva en dessinant un filet pour les faire descendre en toute sécurité. Par contre ce Dessin sembla lui coûter plus d’énergie que le feu tout à l’heure. Des Dessinateurs pales et des guerriers en petits morceaux, voilà ce qu’ils auraient pour leur épreuve de demain. Pas sûr qu’épuiser leurs élèves en pleine nuit soit de la grande pédagogie et le mieux pour une veille d’examen. M’enfin, les méthodes des professeurs ne la regardaient pas et elle n’avait pas à se mêler de leurs affaires. Alors qu’elle
arrivait en bas, elle se demanda comment ils voulaient qu’elle ait le temps de faire leur foutu défi alors que son ami était coincé sous un cadavre de marcheur. Si leur situation n’était pas aussi flippante, ça en serait risible. Ça leur ferait peut-être des histoires à se raconter au coin du feu avec un bol de soupe fumant dans une dizaine d’année mais pour le moment c’était juste la grosse merde, pour parler poliment.


Halina aida le groupe à dégager Einar de sous la bestiole. Elle était claquée et avait du mal à mobiliser entièrement ses muscles pour cet exercice aussi intense. Elle pesait son poids la grosse. Tous ensemble, ils finir par pouvoir sortir le Teylus de là. Il semblait très très mal en point. Il ne respirait pas bien et il était couvert de contusion. La jeune femme se dit que la seule chose qu’il avait besoin c’était de voir un rêveur. Et tout de suite. Mais où trouver un rêveur au milieu de nulle part. Elle pria pour que les professeurs aient envisagé cette possibilité et qu’ils viendraient chercher le garçon. Pour que son ami ne meure pas ici à cause d’une pré-épreuve complètement folle et mal organisée. En plus, s’il restait là, il risquait d’avoir trop froid car aucun d’entre eux n’avait une couverture ou une cape à lui donner et la guerrière ne savait pas si les Dessinateur auraient encore la force de dessiner un feu. Elle était inquiète.


Enelyë revint avec des lapins mort dans les mains. Ça lui étonnait que ce soit elle qui soit partie chercher à manger, mais elle sortit son poignard et la remercia. On ne disait pas non à de la nourriture. Un feu se mit à flamber dans la caverne juste à côté d’Einar pour le réchauffer. La jeune guerrière entreprit de dépecer les lièvres, pour que tout le monde en ait. Les autres s’affairaient autour de jeune homme. Surtout Elio qui semblait s’être donné comme mission de le protéger coûte que coûte. Soudain, sans un seul coup de vent, ils furent plongés dans le noir. Ils ne voyaient plus rien. Pas même les étoiles au-dehors, pas même les braises du feu. Halina se mit à trembler, se recroquevilla et elle lâcha son couteau. Elle était de retour dans le cachot. C’était ça. Un noir aussi noir elle ne l’avait côtoyé que durant son enferment. C’était comme une chape qui leur était tombée dessus. Et la lumière revint comme elle était partie, les flammes dansaient et chacun étaient là. A non, pas tous réalisa immédiatement la brunette. Où était passé Einar ?


-Où il est encore passé merde ! s'exclama-t-elle en se relevant et en allant vers l’extérieur de la grotte.


Elio s’énerva, cria, hurla, fouilla dans les moindres recoins de la caverne, tenta au dehors mais c’était impossible de nuit puis il s’en prit à Lev, lui demandant de le retrouver. De retourner dans l’Imagination pour voir où il était. Halina pensait que ce n’était pas vraiment une bonne idée et que le jeune homme devait être influencé par le poison qui courrait maintenant dans ses veines. Elle espérait qu’il se diluerait vite que ça ne le tuerait pas ou le paralyserait ou toutes autres truc horribles. Elle se rapprocha d’Elio, et tenta de l’apaiser un peu :


-Calme-toi Elio. Ça ne peut être qu’un prof’ qui l’a emmené pour le soigner. T’auras qu’à le tuer plus tard, si ça te tient tant que ça à cœur.


Evidemment, elle ne le laisserait pas faire, mais là il était surtout temps de calmer le jeu. De faire redescendre l’adrénaline. Il était surtout temps que tous mangent et dorment. Demain serait une longue journée aussi. La jeune femme se remit à sa tâche de dépeçage et déclara enfin :


-On est tous épuisés et on a faim. Je propose qu’on reste dormir là. Quand le jour sera levé on trouvera un moyen de descendre et de rejoindre les profs.


Après, elle ne forçait personne. Quand elle eut fini, elle posa les morceaux de viande de lapin et les restes de loups qu’on voulut bien lui donner sur des pierres chaudes autour du feu. Gwëll lui tendit ses herbes en déclarant quelque chose qu’Halina suivit à la lettre. Finalement, ils mangèrent tous ensemble plutôt silencieusement. Le départ mystérieux d’Einar et la fatigue avaient posé un froid entre eux. Se serrant les uns contre les autres près du feu, ils s’endormirent. Du moins, Halina tenta. Elle tournait en rond à l’étroit dans sa tête, cherchant un moyen de dormir. Elle finit par réfléchir à son défi. Ce qu’elle n’avait encore pas encore fait. Elle se demandait si elle devait attendre les profs pour le faire ou si quelqu’un la verrait et l’entendrait si elle le faisait demain au réveil. Finalement elle se dit qu’elle aviserait. Au moment où elle commençait à trouver des idées, elle s’endormit enfin.


Ce ne fut pas seulement le soleil matinal à travers ses paupières qui la réveilla en premier, mais aussi un coude dans son dos. Elle avait mal partout. Comme d’habitude, elle était la première. Elle se leva, s’étira douloureusement, remarqua que le feu s’était éteint, et sortit dehors. Le soleil venait tout juste de se lever. Elle sourit, voyant un espèce de chemin d’animaux qui descendait en serpentant à quelques mètres de leur abri. Ils pourraient donc aller à leur épreuve sans trop de problème. Halina avait eu l’impression que ça avait été la nuit la plus longue de sa vie.



[Désolée pour le retard et édition à volonté, avançons vite ce rp, histoire qu'on passe au Passage en lui-même I love you ]


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"Obsessed by a fairytale, we spend our lives searching
for a magic door and a lost kingdom of peace"

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Halina Nilsan ... Clarysse Vornang

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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Ven 21 Sep 2012 - 17:14

Au début, elle avait rien senti. Parce qu'il faisait très froid et que la neige avait endormi son corps et ses muscles.
Et puis, c'était revenu, peu à peu. D'abord parce que ça résonnait et que ça sonnait creux, derrière son front. Et puis aussi parce que ça la grattait terriblement, sur les mollets et les bras et le dos, et... partout quoi.

C'était bizarre. Et ces yeux étaient ouverts et voyaient, même si rien ne bougeait. Elle avait juste l'impression d'être dans un de ces rêves terrifiants où ça gratte terriblement juste sur le bout du nez, mais on peut pas bouger parce qu'on y arrive pas, et que c'est vraiment terrible parce que plus ça va plus ça gratte et qu'à la fin, on aurait presque envie de se couper le nez, vite fait, histoire de plus jamais le sentir.
Sauf que c'était pas un rêve, parce qu'elle avait vraiment froid. Et un peu mal aussi, partout où elle avait roulé.

Et puis, le rêve s'était doucement déflouté. Et la forme sombre à coté d'elle avait crié et bougé, ensuite. C'était Elio, elle se souvenait. Il l'avait emmenée dans sa chute, quand il avait sauté dans le vide, pour aller voir où était Einar.
Et il avait pas l'air content. Il avait même l'air pas content de celui qui voit la situation lui échapper et qui n'aime particulièrement pas ça.
Et puis, il s'était levé, et elle en avait fait de même. Mais plus lentement, parce que la tête lui tournait. Elle avait alors gratté, tous ongles dehors, ses bras, ses jambes, son dos, son ventre, son visage, tout ce qui la démangeait. Et elle avait eu le malheur d'y découvrir des plaques entières de petits boutons tout rouges et tout chauds. Des orties. Elle avait roulé dans les orties. Elle serra les dents et mit la douleur de coté. Il y avait d'autres priorités.
Et elle avait regardé Elio, elle avait écouté ce qu'il lui disait.

Dégager ce truc. Mais il devait pas se rendre compte, Elio. Ce truc, il était énorme. Genre, même régis aurait été plus simple à déplacer. Et puis, il étaient que deux, et pas les plus forts. Enfin, lui, si, mais pas elle.
C'était vraiment mal parti. Mais elle ne pouvait pas refuser, parce que dessous, y avait Einar et que si ils bougeaient pas la bête, eh bien, Einar, il allait finir écrasé. Plat comme les parchemins du Sieur Eternit. Et même si les parchemins étaient beaux, pour lui, la vie risquait d'être invivable, comme ça.

Alors Gwëll attrapa gentiment la grosse patte velue de la bestiole, et elle tira de toutes ses forces. Mais ça ne bougeait pas d'un Iota. Ses bras étaient bien trop peu musclés.
Et les autres de descendre à leur rescousse. Gwëll put souffler. Einar avait une chance de ne pas finir parcheminisé. Et c'était une bonne chose, pour son avenir.
Il les remercierait sûrement. Mais peut être pas maintenant, quand même, parce qu'il avait pas l'air dans son assiette.

Et à l'instant même où la bête bascula définitivement dans le vide, Enelyë lui tendit la plante qu'elle avait commencée à cueillir juste avant de tomber. Instantanément, elle repensa à ses orties, et puis ses dents se serrèrent, à nouveau, et elle fut forcée de céder à la tentation. Elle gratta très fort son avant bras. Trop fort, c'était écarlate, maintenant.
Elle ferma les yeux, souffla sur la peau qui, désormais, la brûlait. Et quand elle les rouvrir, elle sourit à la Kaelem et se saisit du bouquet.

Elle voulut immédiatement soigner Elio, mais quand elle s'approcha de lui, avec ses herbes dans la main, il lui fit signe d'aller voir plus loin, qu'il n'avait pas le temps. Et puis, comme c'était un peu vrai, parce qu'il était en train de transporter Einar jusque dans la grotte, avec les autres, elle se dit qu'elle verrait plus tard, parce qu'il valait mieux pas trop l'embêter, ce serait pas bon pour la diffusion du poison.

Et Enelyë de revenir avec des lapins pour manger -c'était horrible et Gwëll ferma les yeux quand les autres attrapèrent les oreilles dans une main, et le couteau dans l'autre-, Halina de les dépecer, Lev d'allumer un feu et Einar de geindre alors qu'Elio cédait au désespoir.
Bientôt, ils étaient tous assis, bien en rond, autour du feu, et il mangeaient la viande fumante. Personne ne parlait, parce que l'heure était grave et qu'il n'y avait rien de plus à dire. Il fallait espérer qu'Einar se remettrait bien vite et du mieux possible, et qu'Elio la laisse un peu approcher. Mais c'était pas gagné.

Soudainement, la nuit entra dans la grotte. Comme une vague, très froide, qui avait dérobé les flammes à leurs yeux. Une nuit bizarre qui n'avait pas toqué avant d'entrer et qui prenait ses aises à leurs dépens. Tout le monde était crispé, dans la grotte, qui sur son arme, qui d'autre sur le bras du voisin et les derniers, des dents.
Crispation générale, la nuit est mal polie.
Et elle dut le sentir, parce qu'elle se retira, toute penaude, laissant place au feu, aux élèves et à la viande qui grillait encore. Mais pas à Einar. La nuit timmy avait emmené Einar avec elle.

D'un coté, c'était inquiétant, parce qu'ils pouvaient pas savoir ce qu'elle ferait de lui, mais d'un autre, ça ne pouvait pas être plus, mal, parce que la nuit est douce et que la douceur, c'était ce qu'il fallait à Einar, vu ce qu'il avait subi, ce soir là.
Les autres, ils s'étaient énervés. Elio, et Halina, surtout, un petit peu. Parce que ça devait les ennuyer de pas savoir où il était.

Et elle regardait toujours Elio. Son épaule avait un peu enflé, et elle avait viré un temps soit peu au violet. Il fallait vraiment agir maintenant, ou ce serait trop tard. Définitivement. Alors, malgré qu'il lui criait dessus et qu'il lui disait que des choses méchantes, elle s'approcha de lui, et elle le fit asseoir. Elle détacha les feuilles de la tige, et elle les appliqua les unes après les autres sur la plaies. Au final, elles étaient rangées comme les plumes des ailes d'un oiseau, sauf que c'était pas des plumes, parce qu'il avait pas d'ailes.
Et pour parfaire le travail, elle lui conseilla d'enlever sa ceinture, ses bracelets et sa chevalière de sa maison, parce que, selon certains rêveurs, ça pouvait être très dangereux pour lui, parce que si il se mettait à gonfler beaucoup, ça pourrait l'étrangler, voire lui faire perdre une main ou un doigt. Et une seule, main, même pour couper du pain, c'est pas très pratique.

Sur ce Halina leur conseilla de dormir, et elle s'allongea, les pieds vers le feu, et ferma les yeux pour tenter de trouver le sommeil.
Et comme ça ne venait pas, elle repensa à toute cette soirée. Depuis le début. Depuis sa mission. Qu'elle devrait quand même remplir. Elle se leva et, dans la semi obscurité, elle s'approcha d'Elio et lui déroba sa bague.
Après tout, il n'en aurait certainement pas besoin dans l'immédiat.

Et elle retourna se coucher, bien serrée contre Enelyë, pour partager au mieux sa chaleur. Pas d'égoïsme, si j'en ai, je peux t'en donner, voyons.
Et elle gratta son bras, quand même. Dernière fois, promis.

[si ça vous va, même si je ne fais pas trop avancer le smilblick :/ ]


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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Ven 28 Sep 2012 - 17:18

La colère ne put que retomber face à leur incapacité à tous de retrouver Einar. Il était des plus évidents que ce soit un professeur qui s’en soit chargé. Tant mieux, comme ça il pourrait l’égorger dès le lendemain de ses propres mains d’être aussi peu débrouillard et de leur avoir fait passer la pire nuit de leur vie. Oui bon, toutes les fautes n’allaient pas au petit Teylus, mais Elio préférait cent fois mieux lui mettre tout sur le dos. C’était bien plus facile pour contrôler sa colère et éviter de tuer tout le monde sur un simple coup de tête.

Il se laissa donc tomber par terre, muet, laissant Halina prendre en main le reste de la soirée, et acceptant même enfin que Gwëll s’approche de lui. Il avait été dur avec elle, elle ne cherchait en fait qu’à soigner le venin du marcheur avec ses plantes. Mais pour rien au monde il ne s’excuserait. Il fermait sa gueule, c’était déjà pas si mal !
Une fois la plaie recouverte des plantes de la petite, les filles se rapprochèrent les unes des autres, se lovant ensembles pour plus de chaleur. Elio, quant à lui, bouda le regard amusé d’Enelÿe et ce foutu yeutage incandescent de Lev, pour aller se coller contre la pierre et s’enrouler, dormant déjà à moitié, poignard serré dans son poing.

La nuit fut peuplée de marcheurs, venins mortels, d’Einar lui tirant la langue, de Lev le tenant pris au piège d’une crevasse et d’autres rêves les plus fous et les plus improbables possibles. Aussi souffla-t-il de soulagement en découvrant la lumière du jour les réveiller avec douceur. Ils avaient passé la nuit. Ils pouvaient enfin se rendre au passage. Vivants. Lorsqu’il se redressa, endolori, il examina sa blessure à l’épaule. Les herbes de Gwëll se montraient des plus efficaces, il ne sentait presque plus rien ! Toutefois une large cicatrice du dard se formait, en cercle bâclé, et il doutait de pouvoir l’effacer. Il lui faudrait aller chez les rêveurs, et n’en avait ni le temps, ni l’envie. Le feu était mort depuis un bon moment, semblait-il, mais aucun incident n’était venu troubler leur nuit.

Dehors, Halina était la première debout, aussi la rejoignit-il et suivit ce qu’indiquait son large sourire. Un troupeau d’animaux descendaient la montagne, à présent visible et de ce fait bien moins dangereuse. Ils n’auraient aucun mal à rejoindre le lieu de rendez-vous ! Le kaelem rendit donc son sourire à Halina.

-J’préfère ça.
Grommela-t-il.

Il se détourna, n’ayant pas des masses envie de faire la papote avec la jeune fille. Il ne détestait pas Halina, ne l’aimait pas pour autant non plus. Question de principe, il n’avait rien à dire à personne. Il était là pour son passage, point final. Et puis évoquer son coup de colère concernant Einar et tout l’tintouin, non merci, hein. La crevette n’est pas là pour nous fourrer dans les pires ennuis possibles, profitons-en ! Il entreprit donc de réveiller toute la troupe, appliquant avec soin son absence de délicatesse au quotidien.

-Bougez-vous. On mangera sur la route, on a l’occasion de suivre des bestioles pour retrouver le chemin, ne la loupons pas pour un peu d’sommeil en plus. On a eu suffisamment de merde comme ça.


C’est vrai, quoi. Ras le cul à la fin de ces défis à la noix de l’Académie. On est pas là pour rire, nous, namého.



[On pourrait p'tètre en finir là, non, et passer au passage ?]


_______________

                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Dim 28 Oct 2012 - 1:39

[ dsl pr la qualité de ce post, mais il fallait avancer...si quelque chose ne va pas, mp]

Bientôt, ils seraient de retour . Le sablier qui avait accompagné sa nuit était maintenant posé sur un rocher, devant les yeux d’une Myra prostrée et las. Locktar se tenait légèrement en retrait, sans doute soucieux; l'état d'Einar était préoccupant.

Un des gardes annonça aux cinq rescapés qu’on les attendaient, dans un coin du jardin, au bas de l’aile gauche. Et ils les virent arrivé , fissurés de regard. Les traits tirés, les membres boiteux, le corps épuisé . Il ne restait plus trace de la superbe qui avait entouré leur image, lors de leur départ: tous semblaient avoir perdu le simulacre . Même lev s’il gardait ce feu bleu qui lui devorait les yeux avait la marche peu impérieuse, la fiere Halina redressait les épaule, les dessinatrices, sans doute peu habituées à ce genre d’exercice se mouvaient difficilement . Elle le déplorait, à vrai dire, voir ces élèves, charmants, voire charmeurs, dans un tel état l’attristait assez sans qu’elle ait put dire pourquoi.

Elle-même était fatiguée par sa veille, mais plus qu’à l’accoutumée peut être , elle avait usé du far et du peigne, dissimulant soigneusement ses traits tirés sous une apparence soignée. Elle n’avait rien perdu de son maintien, ancré par l’habitude, restait la démarche, les mouvements peu déliés qui répondaient mal à ses exigences de majesté . pourtant, la vue de ses silhouettes accablés lui rendait paradoxalement l’energie dont elle manquait

L’un des élèves, les désigna, de loin ,tous les trois, et les silhouette eurent un mouvement verticale, se redresserent, debout. Le parraitre sembla reprendre le dessus, à moins que ce fusse un réel espoir.


Seulement 5... Fit elle d’une voix lourde de sens lorsque les élèves furent arrivés.

Un des élèves sembla vouloir s’assoir, elle jeta sur lui un regard méprisant .


« Bien , vous êtes dans les temps, chacun d’entre vous pourra donc acceder aux épreuves de passage, j’espère que vous avez tous assez d’energie à leur consacrer…»

Elle vit quelques sourires timides illuminer les visages fatigués et l’inquietude transparaitre derrières certains regard, mais dans tous, une détermination farouche.


Cependant…Cependant, dites moi… Peut on appeler ceci une épreuve réussie, alors que vous avez livré votre compagnon à la mort, dans les neiges du Dragon, pour arriver à l’heure à l'Académie? Vous avez un sens etonnant de la cohésion pour des roturiers.. Futurs défenseurs de l’empire »

Dans sa tete cela sonnait comme une moquerie à ce qu’elle connaissait; ces sentinelles à l’ambition meurtrière, qui poussaient l’hérésie à s’en prendre à leurs propre famille, ces analystes jaloux de leur savoir, ces soldats mercenaires, attendant patiemment d’être payé pour êtres engagés ensuite dans les factions ennemis, ces généraux qui pillaient les villes prises par humeurs…

Mais comme partout, il fallait éduquer à l’idéalisme.

Vous qui osez marché sur les toit de nuit, qui avaient bravés sans doute la moitié des couvres feux, qui prenez un malin plaisir à défaire les règles pour gagner le respect des autres. Quelle obéissance quand il s’agit de satisfaire vos ambitions personnelles...



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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Dim 28 Oct 2012 - 14:40

Elle s’était repliée sur elle-même, la tête posée sur ses genoux. Même ainsi, le froid prenait possession d’elle, malgré le feu près duquel elle s’était réfugiée. Elle n’avait plus faim, sa seule envie désormais était de dormir. Et alors qu’elle songeait à cela, et que ses paupières devenaient lourdes, la nuit entra dans leur abri. Une nuit sans étoiles et sans lune, éclipsant la lumière du feu. Eclipsant toute lumière, quel qu’elle soit. Enelyë avait levé la tête subitement, sa somnolence l’ayant fui dès que cet évènement étrange était apparu. Etrange en effet, d’autant plus que le matin n’allait pas tarder à prendre possession du ciel, et qu’il était donc tout bonnement impossible qu’une nuit telle puisse les envahir. Surtout que la nuit, ça envahit pas, normalement, ça reste à l’écart du feu. Puis, comme cette obscurité était arrivée, elle disparut.

Avec Einar.

Cela, elle en jugea par les cris d’Elio. Elle n’aimait pas que les gens crient, et encore moins lorsqu’il s’agissait d’Elio. Surtout maintenant, là. Parce qu’aucun d’entre eux n’était rassuré, et que sa blessure se faisait de plus en plus dangereuse. Elle s’était levée, pour demander à Elio de rester calme, que ça ne servait à rien de s’énerver, mais elle savait qu’il ne l’écouterait pas. Il continuait à crier sur Gwëll, sur Lev. Ce fut Halina, donc, qui essaya de le calmer. Elle retourna ensuite s’asseoir, déclarant d’une voix douce qu’il fallait mieux manger et dormir. Mais Enelyë doutait que quiconque soit encore en état de somnolence. Gwëll d’ailleurs, malgré le fait qu’Elio lui ait crié dessus, alla s’occuper de lui. C’était donc pour cela, les herbes ? Elle lança un regard amusé à Elio qui gardait le silence, puis chercha quelque chose à faire.

Halina leur servit de la viande, et sans grande conviction, Enelyë croqua tout de même dedans. Ca réchauffait, et même si elle n’avait pas très faim, c’était mieux qu’elle mange. Après tout, elle avait passé toute une journée en ne mangeant qu’un peu de viande de loup, et elle n’était pas certaine que cela soit bon pour sa santé, d’autant plus qu’elle avait traîné dans la montagne en uniforme d’été et qu’en plus, elle était toute fine. Bref, ça faisait un bon paquet de raison pour qu’elle mange. Ce qui la gêna fut le silence pesant durant le repas. Les mastications étaient les seuls bruits, avec quelques toussotements et reniflements. Il était évident que certains allaient être malades, si ce n'était pas tout le monde.

Après ça, ils décidèrent d’essayer de se reposer un peu. Le petit matin commençait à éclaircir la nuit, mais il fallait dormir, pour tenter d’être en forme le lendemain. Elle fut sans doute la première à s’endormir, la fatigue reprenant vite ses droits sur elle. Elle avait senti Gwëll qui s’étaient serrée contre elle, avait perçu la présence d’Halina pas trop loin. Lev et Elio dormaient un peu plus loin. Ils étaient tous autour du feu, en tout cas.

*

Elle se réveilla, une seule fois, ayant rêvé qu’un immense loup avait mangé tout le monde, puis qu’un Marcheur avait mangé lui-même le loup. Puis, lorsqu’elle s’était rendue compte qu’il n’y avait rien dans la grotte, si ce n’était quatre autres corps endormis, elle soupira et se rendormit, se blottissant contre Gwëll.

*

Ce fut Elio qui les réveilla, d’une manière particulièrement douce (ou pas angel) lorsqu’il fallut partir. Elle n’avait pas envie de se lever, et elle étouffa difficilement un bâillement. Néanmoins, elle fit un effort, et se retrouva debout au bout d’une dizaine de minutes. Les autres avaient déjà commencé à tout emballer comme il le pouvait – Gwëll et Lev ayant sûrement dessiné de quoi porter ce qu’ils avaient. En une demi-heure, ils furent tous prêts, et malgré la fatigue, ils se mirent à descendre de la montagne à cheval en suivant les empreintes d’un groupe d’animaux qui avaient apparemment déjà fait ce chemin peu de temps avant eux.

Lorsqu’elle les vit, elle pointa le doigt vers eux.

- Ils sont là !

Un grand sourire de soulagement était apparu sur son visage. Enfin ! Elle imaginait déjà ce qu’elle ferait après son passage : une bonne douche, un bon repas, et une longue, très longue sieste. En attendant, il fallait déjà qu’ils se rapprochent, et qu’ils passent leurs épreuves. Alors ils se redressèrent, tentant de paraître fiers malgré leur allure et leurs mines de déterrés. Lorsqu’ils arrivèrent, Ciléa les accueillit avec un « Seulement cinq … » qui voulait tout dire. Fallait-il qu’elle soit toujours si désagréable ? Si elle commençait comme ça, alors qu’Enelyë risquait rapidement de craquer, ça n’allait pas aller.

Elle continua, leur parlant des passages, et la dessinatrice la fixa, sa détermination sûrement visible dans son regard. Elle se sentait, elle se savait prête. Les épreuves de la nuit l’avait conforté sur ses idées.

- … Pardon ?

Ciléa reçut un joli regard noir en réponse à ce qu’elle venait de dire.

- Livré notre camarade à la mort ?! Comment pouvez-vous dire une chose pareille ? On n’aurait jamais fait une chose pareille !

L’indignation avait pris possession de son corps et elle n’avait pas su retenir les paroles qui venaient de s’échapper de ses lèvres. La colère avait remplacé le soulagement qu’elle avait éprouvé en les voyant, et elle tremblait. A moins que ce ne soit le froid ? Toujours était-il qu’elle ne pouvait pas laisser dire cela à Ciléa, quand bien même cela lui vaudrait une sanction.

- On n’a pas laissé Einar tout seul. On a tout fait pour le sauver ! Vous n’avez pas le droit de dire qu’on l’a livré à la mort.

Elle releva le menton, fière et hautaine. Nan mais oh.



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Etincelle
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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Lun 29 Oct 2012 - 22:06

Tout était demeuré très flou. Très très flou. A vrai dire, la seule image à peu prêt nette qui lui traversait les rétines était ce visage, cette mâchoire par le dessous d’Elio, qui le regardait, les yeux remplis à ras-bord de fièvre et d’adrénaline. Et ses genoux, sous sa tête, qui tremblaient, tremblaient, tremblaient.

Les visages, comme au travers d’un prisme stroboscopique s’étaient décomposés par saccades, lumière et obscurité, noirs e blancs. Et trop jaunes, trop flammèches pour n’être que de vulgaires enveloppes de chairs et de sang. Sous les yeux, la peur hurlait au vent.

Ils avaient précipité quelque chose sur Einar, dans la crevasse où il se trouvait, à la pointe du doigt tremblant du dessinateur.

Le flottement ne dura qu’un temps, pour Lev il dura une éternité. Une éternité collante, mouvante, pâteuse. Celle des gestes d’Elio qui s’élançait, les muscles de ses mollets se dessinant à l’arrière de ses jambes, ses bras balancés en avant, entrainant le corps entier dans un sillage de glue anarchique, son cou semblait prêt à exploser, au ralenti.

Lev voulu lever une main, un bras, bouger les lèvres. Il n’en eut pas le temps. Elio, déjà, devenait oiseau, tombé du nid dans la crevasse du monde pour venir en aide à cet ingrat d’Einar. Un rire nerveux secoua la carcasse du dessinateur, dont les yeux roulèrent dans ses orbites, tournoyant l’espace. Il se rendait compte de son état, sans pouvoir rien y faire. Il voulut marcher, partir à la rescousse du guerrier, dessiner quelque chose, un matelas, un filet, n’importe quoi. Mais lorsqu’il fit un pas en avant, il s’écroula de tout son long dans la neige, l’esprit traversé de flash, d’éclairs, de douleurs en coup de poignard. La neige emplit sa bouche, ses narines, s’infiltra dans son tee-shirt pour –semble-t-il – lui ronger la peau jusqu’aux os. Des larmes pointèrent sous ses paupières closes. Et le lien avec Einar se rompit.

Le froid lui avait lavé l’esprit. Il reprit peu à peu conscience, et malgré l’urgence de la situation, il prit le temps de se relever en douceur, après une petite minute de repos à plat ventre dans la neige. Lorsqu’il leva la tête, il arbora deux tâches maladives aux joues, les lèvres bleuâtres tranchant brutalement avec la pâleur de sa peau et l’ombre violette de deux cernes grosses comme des bassines.

Il marcha lentement jusqu’à la crevasse, toujours dans un espèce d’état second, malgré sa conscience qui ne l’abandonnait pas tout à fait, encore. Sans trop prendre le temps de se concerter, il fit apparaître un filet pour déscendre tout le monde. Le dessin avait sucé toute son énergie, toute sa vitalité, toutes les réserves qu’il pouvait engrangé. Il avait dépassé un stade critique de non retour, et à tout moment l’effort de dessiner pouvait s’avérer trop important. Mais il ne pouvait avoir conscience de ça. Il ne pouvait pas, et il ne voulait pas. Les barrières brisées lui offrait l’étendue infinie de l’Imagination, un paysage magique, quelque chose d’au-delà des mots. Mais trop loin dans la mort pour qu’il ne puisse en effleurer qu’une partie. Il s’en rendait tristement compte. Son corps ne le supporterait jamais. Il lui fallait juste tenir un peu, un peu plus.

Les choses s’accélérèrent, sans qu’il ne puisse physiquement y prendre part. Ses muscles ne furent pas d’une grande aide, tant il était épuisé, sur les réserves. Il y eut des cris, des protestations, du chaos et du calme, entrecoupés d’intervalles qui se perdaient dans une bouillie d’incertitude et de fièvre. Lev était très malade.

Ils avaient retrouvé Einar. Un Einar en vie. Et Lev en était heureux. Heureux que tous ses efforts n’aient pas servit à rien, qu’il ne soit pas dans cet état affreux d’entre deux pour qu’Einar ne soit plus qu’un sac de viande.

Il se laissa tomber dans la neige, et ses yeux se révulsèrent. Il s’endormit et ne se rendit absolument pas compte de ce qu’il se passa ensuite.

Et ce fut la voix d’Elio qui le réveilla.
Il n’eut aucune idée de la durée de son pseudo coma. En revanche, il se releva d’un bond, constatant avec une joie sauvage subite qu’une partie de ses forces étaient revenues. Il blêmit lorsqu’il comprit la portée des mots du guerrier et chercha lui aussi frénétiquement la présence du chantelame qui avait effectivement disparut. Il n’eut pas le temps de joindre ses récriminations à celles d’Elio, que déjà Halina tentait de le calmer. Il marmonna dans sa barbe et donna un coup de poing dans la paroi, s’y effritant les doigts.

- Et si tu ne m’en laisse pas un morceau, de ce chantelame, c’est moi qui te tue, guerrier.

Il s’approcha de lui, effleura sa blessure et fit apparaitre de l’eau chaude et du savon pour nettoyer la plaie, avant que Gwëll ne le soigne. Il en profita pour se réchauffer à la chaleur de la vapeur. Finalement, un petit camp s’improvisa. Et ce fut Halina qui en prit les commandes. Lev lui en fut reconnaissant, il n’était pas encore remis, et pour reprendre la route au matin il lui faudrait au moins une heure de sommeil. Il s’allongea en chien de fusil, et attendit un moment. Lorsqu’Elio se fut endormit, il s’approcha de lui, et comme pour lui rendre la pareil, positionna sa tête sur ses genou. D’un geste étonament tendre, il balaya son front pour l’en défaire des mèches poisseuses de sueur qui s’y plaquaient. Constatant la chaleur inquiétante qui s’en dégageait, il fit apparaitre une bandelette de tissu qu’il trempa dans la neige pour qu’elle s’imprègne de froid, et la posa sur le front du guerrier.

Il n’eut de regard pour personne d’autre, et il s’endormi comme ceci, à moitié assis, entre chien et loup.

La lumière baignant son visage lui fit l’effet d’un bain brûlant. Il ouvrit les yeux en grand, un sourire barrant son visage par le biais. D’une détente, il se mit debout, chancela sous la faim qui gargouillait ses entrailles, et aida tout le monde à plier le camp. Elio, dès son réveil, dicta des ordres que tout le monde s’empressa de suivre.

Rejoindre le point de rendez-vous lui sembla d’une simplicité enfantine, au regard de ce qu’ils avaient traversé la nuit précédente. Son sourire ne quitta pas son visage, tandis qu’il marchait derrière Elio, détaillant sa nuque à loisir, avec parfois dans l’esprit, résiduels, des flash du cerveau d’Einar. Il devait être en sécurité à présent. En chemin, une tâche blanche duveteuse attira son regard. De bons augures, un edelweiss se proposait spontanément à ses doigts graciles. Il se pencha et cueillit cette fleure mythique qu’il avait toujours rêvé de trouver.

Tout le monde sembla content lorsqu’ils aperçurent enfin Ciléa qui les attendait. Et les sourires de se faner aux mots acides qu’elle prononça, en dernier.

Il n’y eut pas de déclic, rien d’annonciateur. Lev se jetta sur Ciléa. Tenta de se jeter sur elle. Elio fut plus rapide et lui barra le chemin de son épaule valide. Les yeux de Lev prirent feu, alors que quelques mots se déversaient de sa bouche, quelque chose d’une brisure dans un barrage gonflé à bloc.


- Vous… n’avez… aucune idée.

Il secoua ses épaules, tenta de se dégager de la prise d’Elio. Contrecoup de cette nuit mouvementée, ou violence latente qui n’attendait qu’une porte de sortie, s’il eut pu se retrouver libre de ses gestes, il aurait probablement cogné sur Ciléa à poings fermés. Il ne lui vint pas à l’esprit de se servir des spires. Heureusement.

- Nous avons tout fait pour le sauver, je ne vous laisserai pas dénigrer ainsi la tâche qui était la nôtre, celle dont nous nous sommes acquittés avec tant de zèle que plusieurs d’entre nous ont faillit y laisser la vie.

Il désigna l’épaule d’Elio.

- Vous n’êtes qu’une outre méprisante de bêtise de nous croire méprisable pour ce que vous n’avez probablement vécu qu’à travers d’autres yeux que les vôtres, votre petit cou bien à l’abris sous une écharpe de laine, Ciléa.

Il savait qu’il n’aurait jamais dû dire ça à un professeur, surtout pas avant les épreuves de passage. Mais qu’est-ce qu’il s’en foutait de ces épreuves à la con ! Il n’avait rien à prouver à personne, il était Lev Tanaveys, Le fils du dragon, et ce n’était absolument pas pour devenir défenseur de l’empire qu’il était venu à l’Académie de Merwyn.

- Vous pouvez me renvoyer, j’en ait sien à secouer. Je sais ce que je vaux. Et je sais ce que chacun ici vaut. Pour eux-mêmes, et pas pour les préjugés stupides d’un professeur à peine assez âgé pour être jugée comme telle.

Il croisa les bras, soufflant par le nez.

- Einar, nous avons tout fait pour le sauver.

Et c’était bien ça le plus étonnant dans l’histoire. Il se retourna brusquement, et prit la direction de l'Académie. Foudroyant Ciléa Ril'Morienval d'un regard bleu-noir.


[Me pardonnerez vous un jour pour ce retard inqualifiable ? Encore pardon... ]


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J'aurais du sang sur les doigts
et l'éclat de tes yeux vides
comme antichambre au trépas
de mon âme impavide




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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Mer 31 Oct 2012 - 18:07

    Le réveil avait été difficile.
    Et le reste non moins dur.

    En fait, le tout devenait presque insurmontable. Entre tous les bleus qu'elle s'était faits en tombant, les courbatures de toute cette marche qu'ils avaient entreprise et puis la fatigue accumulée, aussi. Et le froid, la faim, le dégoût de ce qu'ils avaient vu et la peur de ce qu'ils avaient imaginé.
    Au final, cette idée, c'était un peu n'importe quoi. Ou alors, ils avaient mal choisi, elle ne devait certainement pas avoir sa place ici. Si ça continuait comme ça, en plus, elle ne l'aurait certainement pas, son passage. Donc elle aurait fait tout ça pour rien. Terrible.

    Et ils marchaient, lourds sur leurs jambes, ils traînaient la patte, comme de vieux chevaux boiteux, des cernes jusqu'aux commissures des lèvres, la mine pâle et le moral au plus bas.
    De toutes manières, ça aurait difficilement pu être pire. À moins, bien sûr qu'il ne se mette à grêler auquel cas, ils auraient juste pu se cacher et attendre la fin du monde. Mais là, déjà, le froid qu'ils ressentaient à cause de leur uniforme d'été additionné à la neige qui était tombée dans la soirée et pendant la nuit, et au petit vent qui s'insinuait perversement dans leurs vêtements, par leurs manches, leurs cols et jusqu'à travers les mailles de leurs habits, c'était bien suffisant.
    Certainement qu'ils n'auraient pas pu supporter pire.

    Le matin même, ils avaient été réveillés avant le chant du coureur. Il faisait à peine jour, mais il fallait déjà se préparer. De toutes façons, ça servait plus à rien de rester couché, tellement il faisait froid.
    Gwëll s'était secouée, elle avait bâillé un grand coup et et puis elle était allée aider Lev à dessiner de quoi ranger le peu d'affaires qu'ils avaient et puis ils étaient partis.

    Avec le soleil qui s'était levé, ils avaient facilement pu suivre la trace d'animaux sauvages, sur de petits sentiers à flan de coteau. Ils avaient beaucoup marché, une grande partie de la matinée, et puis ils étaient arrivés dans les jardins de l'académie où les attendaient leurs professeurs.
    Tous trois, vêtus chaudement, mais avec un air éteint, tout de même.

    Et Ciléa de prendre la parole. Des mots durs, pas la moindre trace de compassion, elle ne semblait pas se rendre compte de ce qu'ils avaient vécu, de ce qu'elle avait vécu, en particulier. Mais déjà, elle passait, glissait sur le passage. Ils pourraient se présenter. Tous. C'était une bonne chose, parce qu'au moins, ils n'auraient pas fait tout ça pour absolument rien. Et elle revenait à la charge, plus farouche. C'était un couteau que l'on retournait dans une plaie.
    Enelyë s'énerva. Lev tenta de frapper. Et tous les autres fulminaient aussi.

    Mais Gwëll, au fond, ne pouvait s'empêcher de s'en vouloir.
    C'est vrai, c'était leur faute, après tout, si Einar était tombé, si il s'était fait mal, si il avait manqué de se faire écraser par un marcheur. Et si il avait disparu ainsi.


    On aurait du plus être avec lui. On aurait du se méfier davantage... On a échoué. Comment on pourrait réussir, maintenant ? Comment pourra-t-on réussir, dans le futur ?

    Et ce fut plus fort qu'elle, ses nerfs craquèrent. Tout craqua. Elle s'effondra, sur le sol, en sanglots irréfrénables. Oh, ce qu'ils avaient fait, c'était si horrible. Elle ne l'oublierait jamais. Elle ne pourrait même plus aller de l'avant, peut être. Plus jamais.
    Elle avait échoué plus que les autres, c'était certain, même.



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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Mer 31 Oct 2012 - 23:15

Halina regarda Elio tourner les talons. Elle esquissa un sourire. Le fait qu’il lui ai adressé la parole témoignait déjà du pas en avant effectué. Elle finit par le suivre à l’intérieur et aider le group à ranger leurs maigres possessions. Il ne restait que peu de viande cuite et personne n’en voulut en guise de petit-déjeuner. Halina avait un peu l’estomac retourné et son mal de tête ne semblait pas être parti pendant la nuit. Elle soupira intérieurement en se disant que ce n’était rien par rapport aux blessures d’Elio ou à la fatigue des Dessinateurs. Alors, elle partit sans se plaindre vers le chemin. En direction de l’Académie. C’était impressionnant à quel point le fait qu’il fasse jour changeait leurs perceptions. S’ils étaient descendus immédiatement à la suite d’Einar il ne leur aurait pas fallu longtemps pour rentrer au chaud. Si tant est qu’ils auraient pu voir là où ils mettaient les pieds et pu éviter de rouler sur un caillou pour s’écraser de nombreux mètres plus bas. Elle sifflota la chanson qu’elle avait dans la tête depuis le soir précédent mais n’avait aucune envie de dire les paroles qu’on lui avait demandé de créer. Le visage crispé de douleur d’Einar était encore bien trop frais dans son esprit. De même que sa crise de panique personnelle qu’elle espérait n’avoir été vue par personne.


Ils étaient tous mal en point, boitillant, épuisés, frigorifiés, sales et affamés quand ils parvinrent en vue de l’Académie. Soupir de soulagement en cœur à la vision de leurs trois professeurs rassemblés. Myra Ril’Otrin, Locktar Hil'Guidjek et Ciléa Ril’Morivalouuntrucdugenre. Que du beau monde, avec des cernes creusées et emmitouflés dans leurs fourrures. La jeune femme n’avait jamais été aussi contente de voir leurs trois silhouettes. Ils avaient réussis. Sauf Einar, lui chuchota sa petite voix intérieure, elle la mit de côté un instant, pour savourer le moment présent. Ils avaient survécus. Ils étaient en vie. Et, malgré l’échéance de l’épreuve qui allait les attendre par la suite, elle se réjouissait de ne pas être tombé dans une crevasse, de ne pas s’être empalé sur sa propre lame ou même se s’être fait manger toute crue par un loup. Ou pire encore pour une guerrière comme elle, être morte de froid dans un coin.


Puis il y eut Ciléa et ses mots secs et froids de Ciléa. Des mots de quelqu’un qui ne savait pas. Comment osait-elle les accuser d’avoir abandonné Einar ? Comment pouvait-elle seulement ouvrir la bouche ? Elle qui avait passé sa nuit au chaud à l’Académie. Elle qui n’avait certainement dû ne connaître dans sa vie que le faste et la chaleur. Elle qui pénétrait dans la tête des gens sans autorisation. Elle n’avait aucun droit. N’avait rien à dire. Halina ouvrit la bouche pour répliquer mais Enelyë la devança. Suivie par un Lev fou-furieux qui avait tout donné pour sauver Einar. Puis Gwëll en pleurs. Alors Halina, ignora Ciléa, s’agenouilla devant l’Aequor, lui prit une main et la regarda dans les yeux, déclara pour la dessinatrice, mais assez fort pour que tout le monde entende :


-Je refuse que tu dises ça Gwëll, que tu te blâmes et te dénigres. On a fait tout ce qu’on a pu. Tu m’entends ? Un loup affamé puis un Marcheur ce n’était absolument pas à notre niveau. Surtout avec pour défense trois guerriers désarmés et en sandales dans la neige… Einar va aller bien. Parce qu’on l’a retrouvé dans sa crevasse. Parce qu’on l’a sorti d’en dessous de ce Marcheur qui n’aurait pas dû être là. Parce que NOUS, on était là pour lui. On a fait ce qu’on pouvait. D’accord ?


Elle lui sourit, rassurante. Lev ayant perdu les pédales et Elio ne semblait pas au mieux de sa forme, elle devait être la personne forte. Comme elle l’avait été cette nuit-là. Comme elle l’avait toujours été avant l’arrivée de Marlyn dans sa vie. Il fallait qu’elle protège Gwëll des gens perfides comme Ciléa. Qui ne comprenaient pas. Enfin, elle connaissait pas très bien cette femme mais savait déjà qu’elle ne l’aimait pas. Elle sourit une nouvelle fois puis se releva avant de se tourner vers les professeurs et, s’en s’adresser à Ciléa en particulier, elle déclara, d’un ton très sérieux et calme :


-Vous n’étiez pas là. Vous n’avez pas faim. Vous n’avez pas froid. Vous n’avez pas pris un dard de Marcheur dans l’épaule. Vous ne vous êtes pas épuisés à tenter de retrouver Einar par la pensée. Vous ne vous êtes pas fait projeter contre un rocher. Vous n’avez pas créé Dessin sur Dessin pour sauver votre vie ou bien pour réchauffer vos compagnons. Vous n’étiez pas là.


Elle avait dit ça d’une traite en désignant chacun des membres selon ce qu’il avait fait. Peut-être que ça jouerai en leur faveur. Que Myra sera impressionnée par l’exploit de Lev. Que Locktar s’inquièterait pour la blessure d’Elio. Qu’elle ne se ferait pas virer pour ce qu’elle était en train de raconter. Puis elle ajouta, toujours calmement :


-Ce que je vais dire ne va pas vous plaire, mais c’est vous qui avez envoyé Einar se faire tuer. Par votre pré-épreuve, pardonnez-moi du mot, assez mal fichue et dangereuse.


Elle croisa les bras, sur la défensive. Marqua une pause, s'apaisa, avant de retrouver son éternel sourire et de dire, en direction du Maître d’Armes :


-Bon, ceci étant dit, pouvons-nous passer aux choses sérieuses maintenant ? Vu que cette marche forcée nous a échauffé, autant en profiter avant qu’on ne se refroidisse. On va finir par s’ennuyer…



[Si il y a quoique ce soit qui ne va pas, j'édite ! Pourrions-nous aussi finir ce rp rapidement pour passer à autre chose ? angel ]


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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Lun 5 Nov 2012 - 17:06

Dire que Locktar avait dormit, c'était une bien grande chose. Il avait tout juste somnoler un peu.

Et pourtant, il n'était pas de veille. N'étant pas muni du Don du Dessin, il était incapable de parler à distance. Du coup, il avait un peu était dispensé de la soirée de veille qui était censé contacté régulièrement le surveillant qu'ils avaient envoyé dans les montagnes, à savoir Varsgorn Ril'Enflazio le trésorier de l'académie. Après concertation avec les deux dessinatrices, le choix de l'ancien mercenaire avait été opté. Avec ses techniques apprises par le passé, il était capable de se fondre dans la nuit sans se faire repérer par les élèves. Et il savait se battre, ce qui en cas de danger était une bonne solution.

Logiquement, Locktar aurait donc du dormir pour se préparer à recevoir les élèves le lendemain et leur concocter un passage aux petits oignons mais ce ne fut pas le cas. Il était inquiet. Malgré toutes les précautions qu'ils avaient prises, le danger restait présent. Du coup, il avait en grande partie veiller dans son bureau, peaufinant les épreuves qu'il réserverait aux élèves, inquiet de voir débarquer Ciléa ou Myra affolée, lui disant qu'il y avait eu un problème.

Mais ce ne fut que le lendemain qu'il fut prévenu de ce qui s'était passé et des blessures d'Einar. Il fut immédiatement rassuré par le fait qu'il était pris en charge par les rêveurs et que malgré les sévères blessures, ses jours n'étaient pas en danger. Mais ce fut avec une certaine appréhension qu'il alla, accompagné de Myra et Ciléa, vers le lieu de rendez-vous.

Les élèves arrivèrent dans un sale état. Des cernes sous les yeux. Des blessures sur le corps. Des vêtements déchirés. Ils n'avaient pas passé une nuit tranquille, c'était évident.

Ciléa les attaqua immédiatement verbalement.... alors que Locktar aurait plutôt eu tendance à les féliciter. Enelyë répliqua immédiatement, soutenu par les autres élèves. Et là, le maître d'armes s'insurgea. Les réactions de Lev et d'Halina n'avaient pas lui d'être.

- Nous n'étions pas là, c'est vrai, mais dire que c'est nous qui l'avons envoyé se faire tuer est une ineptie.

Il toisa les élèves de son impressionnante carure.

- N'est ce pas vous qui êtes venu à l'académie de Merwyn pour devenir des Grands de ce monde? De puissants dessinateurs? Des sentinelles de talents? Des soldats de la Légion Noire?

Tous avaient des ambitions à la hauteur de la réputation de l'académie.

- Vous croyez que pour eux les journées sont toujours roses? Si c'est le cas, vous vous trompez. Cette épreuve n'était qu'une rigolade. Vous aurez à affronter bien pire quand vous sortirez de cette académie.

Il se tourna vers Lev.

- Et toi, tu te permets d'insulter ta professeur? Si elle est à ce poste, c'est qu'elle a plus de talent que toi. Tu es là pour apprendre ce qu'elle sait. Ne n'oublie pas.

Une voix se fit entendre derrière les élèves.

- Bien pire? Laissez moi en douté, Messire Hil'Guidjek.

Locktar leva la tête, le trésorier était en train de descendre tranquillement la montagne.



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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Lun 5 Nov 2012 - 17:20

Après avoir remis Einar aux bons soins de Ciléa, il était retourné surveillé les autres. Le reste de la nuit avait été calme en comparaison avec ce qu'ils avaient affronté.

Le matin venu, il avait laissé les élèves descendre vers le lieu de rendez-vous et il les avait suivit à bonne distance. Le dernier acte de sa mission approchait. Il n'aurait qu'à remettre son rapport sur ce qu'il s'était passé la nuit et il pourrait aller se coucher.

Mais quand il s'approcha, les élèves se faisaient enguirlander par leurs professeurs, à moins que ça soit le contraire. Non, il n'allait pas les laisser seuls ces élèves. On lui avait demandé de les protéger, il le ferait jusqu'au bout, même contre les professeurs. Il fallait dire aussi qu'il détestait Ciléa, n'avait pas particulièrement noué d'affinités avec Locktar. Bon pour Myra, c'était autre chose, mais là, c'était un autre sujet.

- Bien pire? Laissez moi en douté, Messire Hil'Guidjek.

Qu'est ce qu'il croyait lui? Que le monde était rempli de Marcheurs qui n'avaient qu'une envie, c'était de les bouffer. D'ailleurs, c'était vraiment surprenant cette attaque, il allait falloir qu'il étudie cela. Pas normal qu'une bande de Marcheurs se retrouve si près de l'académie.

- Des Marcheurs, des loups, la neige, le froid. Ils n'ont pas été épargnés.

Le maître d'armes s'apprêtait à répondre mais Varsgorn l'arrêta en levant la main.

- Je sais ce que vous allez répondre. Ils n'auront pas toujours un lit douillet dans une pièce chauffée mais quand ça leur fera défaut, ils ne seront pas assez stupide pour garder une tenue d'été. Et ils seront également suffisamment intelligent pour manger quand ils en auront la possibilité alors que vous leur avez délibérément interdit. Dernier point, quand ils s'éloigneront ainsi, ils prendront des armes.

Il désigna la dernière élève à avoir parlé.

- Du coup, je suis d'accord avec elle. C'est de votre faute que le dernier n'est pas devant vous sur ses deux pieds mais couché dans un lit chez les rêveurs.

Il s'étira.

- Maintenant, excusez-moi mais mon lit m'attends.

En passant près des professeurs, il s'arrêta.

- J'oubliais. La petite blonde a réussit son défi. Tout comme le Kaelem dessinateur. Enelyë a elle aussi réussit. Pour les autres, c'est un échec total.

Il les dépassa de quelques pas et s'arrêta de nouveau.

- Décidément, quand je suis fatigué, la mémoire me fait défaut. J'oubliais également de vous dire que la prochaine fois que vous aurez une idée aussi idiote, vous irez vous-même les surveiller dans la montagne. Un combat contre trois Marcheurs par vie, ça me suffit largement. Sur ce, bonne journée.

Il s'éloigna finalement pour regagner ses appartements.



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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Mer 12 Déc 2012 - 23:55

Elle sentait leurs nerfs à travers ses doigts, et leurs visages, souillées par quelques revoltes, quelques colères si légitime…si prévisible.

Et la réalité qui t’éclates aux visage Enelye, alors que tu la repousses du bout des lèvres, froide et tranchée, peu sensible, les idée, stables, sont tellement fondues et ancrées qu’elles restent, impossible à entraver par des mots ou par du venin, -dit-on, car tu trembles presque-.

Lev perdit tout à ses yeux; le contrôle, la noblesse, ses gestes étaient lourds, même ses mots, grossiers ne sentait plus l’or. Il pataugeait , pataugeait comme eux tous, après la neige, dans leurs desespoir et dans leurs médiocrité. sans doute l’expérience l’aurait grandement amusé, dans d’autres yeux, et si les mots n’étaient pas venus se jucher, si proche, si violent,traversant son sternum de leur pointe, étrange douleur. Puis la deception, immense mais ramassée, dure et aiguisé perla dans son regard, prit lentement le pas sur le dépit et la violence de agression. tu m’avais fait presque croire, jusque là, que tu enchantais les situations pour les assouplir sous tes ongles alors que ton don n’est que fumée. Elle le regarda partir sans une once de regret.

Elle avait redouté que Gwell se brise -mais comment pouvait-il en être autrement-, elle faillit faire un geste, s’écrier qu’Einar était en vie, qu’ils les attendaient là, mal en point, dans le lit, petite. J’aurais aimé jouer un autre rôle pour toi, crois moi,j’espère seulement ne pas avoir briser en toi, ce qui te donne cette innocente spontanéité et l’aveuglée confiance.

Halina lui sembla d’une désinvolture et d’un methodisme cynique, comme lointaine, -Que la mort touchait peu Lorsque l'on était soldat-, ou lorsqu'on on avait connu la pire des souffrances..peut être. Tu hurlais plus fort, ces nuits sans lunes, dans la blancheur de ton dortoir.

Locktar répondit à sa place, elle hocha légèrement la tête comme pour confirmer ses dires, elle fut heureuse de se semblant d‘entente, assez factice pourquoi le nier ? Mais ils avaient finalement dans leurs idées assez de connivence pour travailler ensemble .

Va t‘en , assassin, ta désinvolture fait honte à la noblesse, à notre sang, et à notre rôle ici, un jour tu pourriras dans une geole avec tes amis mercenaires, le jour ou ma patience taiseuse aura cédé.


« Vous ne savait pas vous contrôler.., aucun de vous ou presque…
fit elle , calmement et si vous n’avez pas encore compris que cette épreuve était destinée à vous éprouver , quelqu’en soient les modalités, et bien je vous l’affirme dès à présent . Que se passera-t-il le jour ou vous tiendrez tête à votre superieur, en temps que guerrier, ou à la personne à qui vous avez juré allégence ? Que se passera-t-il le jour ou vous utiliserez votre don, destabilisés par vos affects ? » -Et l’Autre revint, entetante, à sa mémoire-

Il restait Elio au fond, pourtant si impulsif, lors des batailles ou même des scènes plus convenues, comme ce mariage. Sans doute sa machoire s’était tendu, sans doute ses phallange s’étaient elles serré, mais il avait contenu dans son regard franc cette ..quelle étrange..maturité depuis la fois ou il s’était jeté en grondant sur l’aristocrate d’Al-Poll, sans même songer aux conséquences.

Elle ne dit pas un mot de leur responsabilité, elle en voulu seulement à Vargorn d’avoir détruit l’illusion de contrôle qu’ils avaient sur la situation.. Mais des marcheurs, vraiment, qui auraient pu prévoir que des marcheurs s’aventurent si loins, dans les terres ? Rien non plus de ses propres épreuves, trop loins de leurs egoistes défaites, trop inapropriés pour le moment. Sa seule souffrance n’avaient pas été de s’extirper de son bain de marbre, quoiqu’ils en pensent -et la médaille de la resistance, sur son cœur la rassurait-.


Mon rôle sur ce, est terminé, je vous laisse avec vos maitres, sans doutes plus apte à juger et à prendre en compte vos comportement …Bonne chance à tous. Regard appuyé, puis . Gwell, si vous avez besoin de quoi que ce soit, après l’épreuve je..mon bureau vous ai ouvert.

Vous mettre face à vos erreurs j’ai été façonné pour le jeu et pour cette épreuve, l'on ma donné ce masque . Approprié.



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MessageSujet: Re: Survivre parmi les pierres... | Avant-passage [Terminé]   Mer 23 Jan 2013 - 17:42

Debout dans un coin perdu des jardins, Myra observait le vide. Perdue. Son esprit embrouillé commençait petit à petit à se reconstruire. L'effet de l'alcool qu'elle avait avalé se dissipait peu à peu. Ciléa se trouvait à ses côtés, Locktar quelques pas en arrière. Les cinq silhouettes des élèves avaient beau se dessiner au loin dans les jardins, venant vers leurs trois professeurs, elle ne réagissait pas. Perdue dans ses pensées. Dans les sombres tréfonds de son esprit.
La dessinatrice remarqua à peine l'état pitoyable dans lequel les élèves revenaient. Elle ne remarqua pas non plus l'espoir d'un repos mérité sur leur visage. Elle ne vit rien. Pas même leur regard éteint. Leurs corps malmenés. La nuit de Myra avait été des plus calme, mais elle ressemblait à quelques détails près au physique des élèves. Son corps à-demi vouté, son regard froid, distant, sa peau pâle et ses membres las.
Elle était las. Elle n'eut même pas la force de devancer sa collègue pour prendre la parole afin de rassurer ses élèves d'un discours de son cru. Elle laissa Ciléa faire.

La primat n'entendit pas Enelyë s'indigner contre les paroles de son assistante, elle ne fit pas attention lorsque Lev s'y mit à son tour, lorsqu'il se retourna brusquement pour partir loin des paroles venimeuses de Ciléa. Elle les entendait, les perçevait, mais n'y prêtait aucune attention. Les mots passaient devant ses yeux et filaient loin d'elle. Elle ne vit pas le regard de Gwëll qui devait sans doute s'en vouloir un peu pour l'état d'Einar, ni ne vit ses pleurs malgré qu'elle ne pouvait empêcher ses oreilles de les percevoir. Rien que des mots qui passaient dans son esprit blindé d'alcool encore frais. Halina se révolta à son tour, convainquant l'aequor qu'elle avait tord. Elle insultait aussi le mode de test qu'ils avaient utilisé pour ce passage. Cet avant-passage. Mais la primat n'en avait que faire.
Locktar s'avança et prit enfin la parole. Le maître d'armes entrait en action et seule Myra restait en arrière, encore un peu imbibée pour réagir. Malheureusement pour les élèves, car elle aurait bien été la seule qui les aurait défendu. Elle avait toujours été si protectrice envers les élèves de cette Académie. Mais plus maintenant. Elle sombrait et ne voyait plus le bout du tunnel. Elle ne savait plus quoi dire, quoi faire, quoi penser. Elle laissait ses collègues faire. Et le trésorier qui venait d'apparaître. Myra ne prit même pas la peine de relever son regard. Elle ne voulait pas le voir. Et puis il repartit bien vite. Les paroles défilaient et Myra reprenait ses esprits. Les voix montaient, les esprits s'échauffaient.
La professeur de dessin reprit enfin le contrôle de sa tête. Elle s'avança alors et jeta un regard vide à Ciléa avant de faire un rapide tour des yeux devant elle.


- Cela suffit.

Ces quelques mots furent durs à prononcer, bien plus que ce qu'elle n'aurait pensé. Les suivants allaient être bien plus facile à exprimer. La vraie Myra allait reprendre le dessus durant quelques instants, le temps de rattraper les mots perfides de ses collègues.

- Je suis d'accord avec mes collègues, le monde extérieur ne pardonne pas. Il est atroce et nous essayons de vous préparer au mieux. Mais je me sens obligée de les contre-dire sur un point... Malgré les événements fâcheux qui se sont déroulés, qui n'étaient en aucun cas prévus, vous vous êtes débrouillés bien mieux que ce que je n'espérais. Je suis impressionnée par votre attitude.

Myra n'aurait jamais pensé pouvoir tenir un discours aussi cohérent avec son état présent et elle espérait que sa voix allait tenir jusqu'à la fin des passages. Il était temps.

- Je vous félicite, vous êtes arrivés au moment fatidique. Le passage.

Lev partit, il ne restait plus que Gwëll et Enelyë. Tant pis. Elle irait parler au kaelem un peu plus tard. Pour l'instant, il lui fallait s'occuper des passages des deux jeunes filles.

- Elio, Halina, je vous souhaite bonne chance pour vos passages. Je sais que vous en êtes plus que capables.

La dessinatrice se tourna alors vers la kaelem et l'aequor.

- Enelyë, tu seras la première. Rends-toi sur le lieu de notre dernier cours d'un pas sur le côté, dans dix minutes. Gwëll, même endroit, mais ne maîtrisant pas encore le pas sur le côté, tu t'y rendras à cheval. Un palefrenier l'a déjà préparé et il t'accompagnera afin que tu ne te perdes pas en chemin. Vous pouvez donc disposer toutes les deux. A toute à l'heure.

Empoignant sa fourrure, elle se détourna et commença à marcher en direction du grand hall. Elle ne se retourna plus, ne vérifiant même pas si ses deux élèves suivaient ses directives. Une grande silhouette l'attendait dans le hall. Owenn Sil'Hilden, ancien camarade de l'Académie d'Al-Jeit. Myra avait toujours eu confiance en lui – à vrai dire, bien plus confiance que ce que ses élèves pourraient penser – et lui avait alors exposé son problème soudain. Il allait lui venir en aide grâce à son Don pour le passage de ses élèves. Elle le salua, ils échangèrent quelques paroles et après qu'elle lui ait tendu la main, ils disparurent. Happés par un pas sur le côté. Vers le lieu du rendez-vous.





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