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 Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]

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Analyste de l'Académie
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MessageSujet: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Ven 20 Avr 2012 - 16:24

La couette s’enroula sur les jambes découvertes de la jeune femme, qui se replièrent instinctivement contre sa poitrine. Lovée en position fœtale, elle recherchait à procurer sa propre chaleur. Si ses appartements étaient chauffés, le matin demeurait une véritable torture pour sortir du lit.
Habituée aux chaleurs et au vent du Sud, jamais elle n’avait eu cette impression de glaçon plaquée sur sa peau, ressurgissant les picots de frissons. Aussi se recroquevillait-elle du mieux que sa souplesse le lui permettait, repoussant de grognement la fraicheur qui l’invitait à sortir du lit pour se réfugier sous la douche brulante.
Elle émergea toutefois, laissant sa tête sortir de la couette. Immédiatement un rayon lumineux l’éblouit. Elle plissa les yeux, ne comprenant pas trop. Elle avait pourtant pris soin de fermer les volets la veille au soir. Mais il semblait que par l’embrasure une lumière blanche l’invitait à ouvrir grand la fenêtre. Un soleil, par cet hiver rude ?
Peut-être bien, après tout elle ne connaissait pas les hivers du nord.

Elle se mit à genoux, se couvrant tout de même d’une robe de chambre pour faire le chemin jusqu’aux fenêtres. Fronçant les sourcils, l’analyste hésita un instant. D’une parce que la lumière n’avait rien de celle d’un soleil. De deux parce qu’ouvrir cette fenêtre impliquait laisser rentrer un froid que son corps n’apprécierait guère.
Elle attrapa donc sa couette pour s’en servir de deuxième couche, trop frileuse pour s’aventurer aux températures extérieures.
Elle s’apprêta donc à ouvrir à une vitesse surhumaine les battants pour pousser les volets et refermer au plus vite.
Mais les battants restèrent ouverts sitôt la vue dégagée.

La lumière aveuglante ne venait en effet pas du soleil, alors caché derrière un ciel blanc. Complètement blanc. Un ciel peut être bleu, avec quelques nuages blancs, gris ou noirs, il peut être orangé, rouge, noir d’orage, mais…pas blanc !
Et puis il y avait ces petites boules de cotons qui tombaient. Non, valsaient. Et se posaient avec grâce sur un sol…Mais…Où était donc passé le sol ?! Blanc, lui aussi ?

Loïca recula, méfiante et émerveillée à la fois. Elle ne comprenait pas ce qui pouvait bien se passer soudainement. Un dessin ?
Elle se laissa entrer dans les Spires, ne prenant plus garde à ses jambes qui tremblaient de froid. Elle n’y perçu rien. Rien d’autre qu’un élève qui s’amusait à créer des flammes pour se réchauffer non loin d’ici.
Elle ferma prudemment la fenêtre, comme si l’un de ses trucs blancs rentrait signifiait une contagion mortelle. Elle réfléchit, pas plus de trois secondes, et quitta en trombe ses appartements, toujours vêtue de sa robe de chambre parme par-dessus sa chemise de nuit légère, mais aussi longue qu’une robe, blanche nacrée. Le tout enroulé sous la couette aux diverses couleurs, qui trainait à présent dans les escaliers.

Elle atteint rapidement l’entrée, et fonça dehors. Elle ne put retenir un cri, accompagné d’un saut en arrière.
Ses pieds, nus, venaient de toucher une substance froide, et…douce ? Cotonneuse. Poudreuse plutôt. Elle n’arrivait pas à déterminer la consistance de cette épaisse couche blanche qui couvrait entièrement le sol. Perchée sur le palier, elle n’osait plus avancer.
Ses pupilles noisette suivirent alors les boules inégales qui s’échouaient et semblait bel et bien être à l’origine de la couche blanche. Comment de si petites choses pouvaient envahir le parterre d’une Académie entière ? C’était insensé. Impossible.

Malgré la peur et l’incompréhension, cette poudre l’attirait. Aussi mit-elle un premier pied dedans, sentant ce dernier s’enfoncer avec douceur et gêner la circulation du sang tant c’était froid. Elle frissonna, mais ne s’arrêta pas là, et enfonça le deuxième pied, riant aux éclats de cette sensation nouvelle.

D’autres rirent lui firent lever tête et apercevoir des élèves, emmitouflés d’étranges vêtements, qui se servait de la poudre pour en faire des grosses boules et se les jeter, comme une bataille de polochons. Deux équipes semblaient s’être faites.
Il n’y avait donc rien de dangereux. De l’inconnu, juste de l’inconnu.
Toujours enveloppée de sa couette, elle marcha, sautilla dans le coton, riant de plus en plus fort et balançant la tête en arrière pour voir les lucioles blanches se poser sur ses épis blonds et venir fondre sur sa langue.

Une présence se fit alors sentir derrière elle. Soudain le rouge aux joues, elle se tourna, consciente qu’elle devait passer pour une simple d’esprit à ne pas connaitre ce que tous semblaient connaitre et apprécier. Pourtant elle offrit juste un regard humide d’émerveillement et une voix rauque par l’émotion.

-Mais qu’est-ce que c’est ?


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Apprentie fauconnier
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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Sam 21 Avr 2012 - 11:24

(je peux ?)

Lyu ouvrit les yeux. Premier constat, elle avait froid. Elle avait encore dû bouger pendant son sommeil, et sa couverture gisait sur le sol glacé. Il faudrait un jour qu'elle cherche à comprendre les raisons de ses sommeils agités. Des peurs, des cauchemars ? Lorsqu'elle était petite, sa mère lui répétaait souvent qu'elle n'avait jamais vu une enfant passer d'aussi mauvaise nuits. Parfois, elle criait, pleurait, hurlait, jusqu'à ce que ses parents accourent pour la rassurer et la rendormir.
Pourquoi ? Elle n'en savait rien.

Elle ramassa sa couverture et se blottis dedant comme un poussin dans son nid. La chaleur la gagna de nouveau, et elle reposa sa tête sur l'oreiller. Lyu ferma les yeux, les rouvrit. Force était de constater qu'elle n'avait plus sommeil. Elle tourna la tête vers l'extremité de la chambre, cherchant des yeux la fenêtre. Elle se voyait mal se lever si l'aube n'était même pas encore là... Et aucune lumière ne filtrait dans la chambre. Son regard se posa enfin sur l'ouverture. Ah, les volets étaient fermés.

Et si il faisait jour, autant en profiter pour passer voir Plume et les autres.

Ses pieds nus se posèrent délicatement sur le sol, et elle s'avança à pas légers jusqu'à la fenêtre. Prenant garde à ne faire aucun bruit (autant ne pas réveiller toute l'Académie), elle posa ses doigts fins sur la poignée de la fenêtre. Un élève avait dû fermer les volets hier soir, car elle avait l'habitude de les laisser ouverts. Les laisser ouverts pour le simple plaisir de s'endormir avec les étoiles et de se réveiller avec le soleil.
Un courant d'air glacé traversa la pièce, faisant firssonner Lyu qui n'éait pourtant pas spécialement frileuse. Elle ouvrit la fenêtre en grand et inspira un bon coup, achevant de se réveiller. L'air était froid. Non. Glacial. Elle tendit le bras pour retirer le loquet qui maintenait le volet en place, et le retira rapidemment.

L'émerveillement la saisit lorsqu'elle aperçut le paysage.

La neige !

La poudre blanche qui tombait du ciel en de petits flocons avait recouvert l'Académie tout entière, et le paysage de la campagne environnante s'en trouvait métamorphosé. Il avait dû neiger toute la nuit pour qu'une telle couche recouvre le sol ! Résistant à l'envie d'enjamber le rebord de la fenêtre pour atterir directement dans la cour (ce qui n'aurait pas été très prudent étant donné qu'elle se trouvait au quatrième étage...), elle retourna vers son lit et ouvrit son armoire. Celle-ci ne contenait pas grand chose sinon quelque tee-shirt, une paire de sandales et deux ou trois sous-vêtements. Elle enfila rapidement la tenue réglementaire de l'Académie, et noua deux ruban autour de ses cheveux de jais. Elle s'était promis d'aller prendre une douche, mais s'il neigait, les canalisation étaient certainement gelées. Bon, d'accord. En réalité, elle n'en savait rien, mais entre la douche et la neige, elle choisissait la neige. Lyu referma son armoire à la hâte. et resta un instant hésitante devant ses chaussures.

Un instant plus tard, elle dévalait les escaliers.

Pieds nus.

Elle poussa la lourde porte qui donnait sur la cour principale et s'avança au dehors. Visiblement, elle n'était pas la seule à avoir eu l'idée de sortir, et de nombreux autres élèves (et même quelques professeurs) se pressaient au dehors pour profiter de la neige. Ce n'était pas la première fois qu'elle voyait la neige. Le domaine de son oncle se trouvait en montagne, et elle en avait l'habitude. Mais à chaque fois qu'elle la voyait tomber, elle se transformait en une petite fille de trois ou quatre ans voyant des flocons pour la première fois.
Elle se laissa tomber à la renvers, profitant de l'épais manteau blanc pour amortir sa chute. Les flocons continuaient de lui tomber dessus comme des centaines de minuscule Plumes...

Plume !

Elle l'avait complètement oublié ! Se relevant rapidemment, elle épousseta ses vêtement et prit la direction de l'aile est.

C'est alors qu'une boule de neige l'atteignis au creux du dos, et qu'elle entendit quelqu'un rire bêtement derrière elle. Elle se pencha pour réaliser une sphère d'une taille raisonnable et tira à son tour. L'élève qu'elle visait se baissa in extremis, et son projectile frappa à la nuque un autre qui lui tournait le dos. Une des deux élèves se rua vers elle en riant, et les deux tombèrent à la renverse dans la neige.

Qu'il était bon de rire un peu !

Alors qu'elle allait de nouveau répliquer, elle aperçut devant elle une jeune femme, elle aussi pieds nus, qui regardait la neige avec étonnement.

Qu'est-ce que c'est ? Lui demanda cette dernière.

Lyu n'en crut pas ses oreilles. Cette femme... n'avait jamais vu la neige ? Elle la regarda avec étonnement. Il devait s'agir d'un professeur. Bien plus vieille qu'elle. Comment était-il possible...

C'est la première fois que vous voyez la neige ?

Le vouvoiement lui paraissait naturel, puisqu'elle s'adressait à un professeur. Lyu ramassa une petite poignée de neige et la lui montra.

On appelle ça de la neige. Il paraît que c'est de l'eau qui a gelé.

En effet, à cause de la chaleur de la main, Lyu ne tenait plus qu'un peu d'eau, qu'elle laissa s'écouler.

Je préfère dire qu'il s'agit de plumes... je trouve ça plus beau.

Retrouvant soudain l'instinct d'une petite fille, elle sauta pour attraper au vol un flocon un peu plus gros que les autres et éclata d'un rire enfantin.

(Si ça ne vas pas, je peux éditer Wink)




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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Ven 11 Mai 2012 - 18:50

La…neige ? C’était donc comme cela que s’appelait ces boules de coton ? De la neige.
Hochant la tête pour répondre à la jeune fille qui lui faisait face, elle laissa son regard se perdre encore plus loin.


-Neige…Nei-ge. C’est un beau nom pour ces boules de cotons. Sourit-elle.

Elle se répéta ainsi plusieurs fois le mot neige dans son esprit, le trouvant de plus en plus magique.
Puis elle leva ses noisettes vers les yeux d’un bleu électrique de celle qui venait de lui apprendre ce nouveau mot. Et sursauta. Elle était petite, encore une enfant, la douzaine à peu près. De longs cheveux d’un noir de jais lui tombaient sur les épaules, formant un contraste impressionnant avec la blancheur du paysage.
Ce n’était qu’une enfant. Une simple enfant qui lui apprenait la vie ! L’immensité de son ignorance lui assena une claque, une nouvelle fois.
Pourtant, la vue était bien trop magnifique pour se morfondre sur son non savoir.
De l’eau qui a gelé ? Voilà qui était bien étrange, mais qui expliquait pourquoi Loïca n’avait jamais vu pareil phénomène. Dans les villages chauds comme le sien, il était impossible que l’eau ne gèle.

Comme sortant d’un rêve, elle fit plus attention à la jeune fille, qui lui parlait de plumes. Machinalement, la dessinatrice caressa celle qui ornait son masque en souriant.
Mais elle n’était pas d’accord. Ces cotons ne ressemblaient pas à des plumes. Trop rondes et minuscules pour en être.
Elle se sentait, un peu bête, là, comme ça. Mais elle vit vite, que même si l’enfant qui lui faisait face connaissait la neige, elle en demeurait tout de même émerveillée et aussi enfantine qu’elle face à l’évènement.

Alors elle suivit son éclat, et leva la tête, ouvrant la bouche pour laisser un flocon s’y poser. Elle constata de suite que la jeune fille avait raison. Le coton fondit de suite, révélant une touche humide sur sa langue. Il s’agissait bien d’eau !
Elle tournait, tournait, dansait avec la neige, riant aux éclats avec l’élève, sans se soucier des autres regards. Il devait paraitre bien étrange de voir une professeur avec un tel comportement.
Elle tourna tant qu’elle en eut le vertige et se laissa tomber à terre.
Loïca fut immédiatement surprise de ne pas se faire mal, comme si la neige lui offrait un matelas moelleux. Alors, malgré le froid grisant de la matière qui lui glaçait ses membres dépassant de sa chemise de nuit, elle se laissa immerger dans cette neige, formant sans le savoir un ange en dernière trace.

Elle tourna la tête vers la fille qui venait de la rejoindre.


-Cela arrive souvent, ce miracle, ici ? Qu’est-ce donc vraiment ? Une émotion du Dragon ou de la Dame ?

Lorsqu’il tonnait, c’était la colère du dragon envers la trahison de l’homme, tandis que la Dame, elle, pleurait ses enfants perdus. Elle avait appris cela petite, et craignait l’orage, tandis que la pluie la faisait pleurer. Alors qu’en était-il de la neige ?
Une douceur apportée des Divinités ? Un espoir peut-être ?
Oui. Elle le sentait ainsi. Un espoir !

Elle se redressa, ses épis dorés collés par la neige, et le corps bleu de froid.
Pourquoi l’espoir était-il si froid ?
Elle fronça les sourcils.


-Je ne comprends pas. Souffla-t-elle pour elle-même.

Puis elle leva les yeux vers l’élève.


-Quel est ton nom ?

Elle glissa son regard vers l’insigne de l’Académie. Une Kaelem. Tout comme Lev. Une fille du dragon, donc !
Elle n’avait encore pas rencontré de messagers. Pourtant Lev aurait pu en être un…Même s’il possédait toute la force de l’entité.

Elle voulait savoir.
Encore plus savoir.
Posséder la connaissance de ce monde, le comprendre !


-Et pourquoi la neige fait-elle un tel effet sur les gens ?

Aide-moi.
Je veux comprendre.




[Méga désolée du retard, mais c'est la course au Bts avec la fin d'année :/ Et c'est court, mais je ne connais pas ton perso, alors je ne peux pas pousser plus sans ses réactions et actions ^^' Edition possible évidemment Very Happy]


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Sam 12 Mai 2012 - 11:28

Lyu, à genoux dans la neige, releva la tête. La femme qui lui faisait face était bien plus âgée qu'elle. Entre vingt-trois et vingt-six ans, peut-être... Où un peu moins... Lyu était pratiquement sûre qu'il ne s'agissait pas d'une élève, mais elle n'avait aucune idée du poste qu'elle occupait à l'Académie. Une chose était pourtant sûre : cette femme était infiniment belle et gracieuse. Son corps était pour ainsi dire... parfait, et même son masque ne suffisait pas à cacher la beauté de son visage. Lyu sentit naître en elle une pointe de jalousie. Comme elle aurait aimé pouvoir être aussi belle qu'elle... Bien sûr, elle allait encore grandir. Elle ressemblait encore trop à une petite fille pour qu'on puisse la considérer comme « jolie ». Mais personne, aussi loin que remontaient ses souvenirs, ne l'avait complimenté sur son physique. On lui disait qu'elle était intelligente, futée, curieuse, maligne... Mais jamais « jolie ».

Lyu enfouit ses mains dans la neige. Ressasser ses souvenirs ne servirait à rien. Et puis, l'apparence ne faisait pas tout ! La jeune fille se releva, en profita pour tirer une énième boule de neige dans la nuque d'un élève belliqueux qui s'apprêtait à viser un pigeon endormi sur une branche. Esquivant avec habilité la riposte de l'élève en question, Lyu revint vers la jeune femme, qui, allongée dans la neige, laissait sans le savoir derrière elle la trace d'un ange. Lyu la dévisagea de nouveau. Peut-être était-elle réellement un ange, après tout ? Un humain pouvait-il seulement avoir le droit d'égaler une telle beauté ? Elle en doutait.

- La neige, répondit Lyu, tombe plutôt en hiver...


« Sauf en montagne » songea-t-elle. Là d'où elle venait, il n'était pas rare que le froid -et donc la neige- s'installent dès le mois de septembre ou d'octobre et subsiste jusqu'en mai. Al-Poll se trouvait plutôt au nord de Gwendalavir, mais la température y était bien plus agréable que dans les montagnes toutes proches.

- Elle tombe quand il fait froid. C'est comme de la pluie, mais comme ilfait froid, elle gèle, et il tombe de la neige. En général, elle ne reste pas très longtemps. Quelques jours.

Son regard se perdit dans les nuages gris qui recouvraient le ciel. Aussi loin que son regard portait, elle n'apercevait aucun morceau du ciel bleu qui se cachait derrière. Il allait sans doute neiger toute la journée, et peut-être encore la nuit suivante. D'ici le lendemain matin, l'épaisseur de la couche de neige aurait peut-être doublé, mais Lyu doutait que cela aille plus loin. À part certains hivers particulièrement rigoureux, il était rare que le sol soit recouvert de plus de trente ou quarante centimètres de neige, même à Al-Poll. Bien sûr, il y avait quelques exceptions...

- La... Dame ? Le Dragon ? Qui est-ce ?


Lors de ses (rares) cours de dessins, Lyu avait entendu parler de ces deux divinités. La Dame et le Dragon. Elle était en revanche incapable de dire de qui il s'agissait. Et son professeur n'avait pas eu l'occasion de lui en apprendre beaucoup puisque il avait abandonné l'idée de lui enseigner l'art du dessin au bout de deux mois seulement, désespéré par le cruel manque de talent de son élève. Celle qui lui faisait face était-elle une dessinatrice, elle aussi ? Si elle parlait de la Dame et du Dragon, il y avait tout de même de fortes chances...

- Je m'appelle Lyu... Et vous ?

Lyu n'aimait pas donner son nom de famille. Peut-être parce qu'elle n'était qu'une roturière, et qu'elle avait peur d'être rejetée à cause de cela. Que penseraient les gens s'ils découvraient qu'une école aussi prestigieuse que l'Académie de Merwyn avait accepté une élève aussi banale qu'elle ?

- Je suis arrivée à l'Académie il y a quelques jours. Je suis l'apprentie du maître fauconnier, Gareth Wilth. Je ne sais pas si vous le connaissez... Vous êtes dessinatrice, non ?

Lyu se baissa de justesse pour éviter un projectile qui lui était destiné.

- Je crois que la neige fait cet effet là à tout le monde... Pour l'instant, il y en a beaucoup qui dorment, mais vous verrez que lorsque tout le monde sera réveillé, l'Académie ne sera plus la même. Je ne sais pas pourquoi.

Lyu leva ses yeux bleus pour fixer le ciel.
Pourquoi ?
Pourquoi la neige était-elle si envoutante, si magique ?
Elle ne le savait pas.
Mais y avait-il seulement une seule personne sur cette Terre capable de répondre à un telle question ?

Lyu balaya les jardins du regard, à la recherche d'une pente suffisament longue pour qu'elle soit intéressante. Son regard fut capté par une petite butte non loin de là, entièrement recouverte par la poudre blanche.

- Excusez-moi, demanda Lyu timidement, mais est-ce que vous pourriez me dessiner une... une luge ? Ce sont des morceaux de bois accrochés ensembles, et dont on se sert pour descendre ce genre de collines...

Elle pointa son doigt fin vers la bute qu'elle avait repéré, puis dessina rapidement dans la neige une luge toute simple. Il n'y avait aucunement besoin d'appareils sophistiqués pour s'amuser.

(aucun problème Smile je comprend tout à fait, et tu peux prendre tout le temps que tu veux pour répondre ^^ n'hésite pas à utiliser mon personnage (qui, en gros, tient en deux adjectifs : Gamine et timide Bien, sûr, si quoi que ce soit ne va pas, je peux éditer Smile)

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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Mar 5 Juin 2012 - 12:07

Les muscles de Loïca se raidirent, chaque membre à présent contracté à la question de l’élève. Comment pouvait-elle ne pas savoir qui étaient la Dame et le Dragon ? C’était d’une absurdité sans pareil. Peu connaissaient l’histoire des Divinités, mais la plupart avaient au moins une idée de leur existence, de leur rôle, se remémoraient leurs noms !
Elle se mit debout, frissonnant, congelée, mais refusant de se plaindre tant elle se sentait bien dans cette neige. Puis elle dévisagea cette enfant, soudainement emprise de dégoût. L’ignorance était pardonnable, certes. Mais à ce point ? Au point de renier même le nom de son origine ?
Lyu.
Elle la laissa parler, constatant bien que la gamine qui lui faisait face ne se rendait pas même compte de son erreur, de cette carence honteuse. La rencontre d’Attalys l’avait remplie d’espoir sur la cause perdue des hommes. Mais à présent…L’Académie refusait-elle de se lancer dans les controverses des mythes lors de ses cours ?
L’insouciance de la dessinatrice avait disparue en l’espace d’une question, faisant place à des questions bien plus sérieuses que celles sur la neige. Elle avait certes fait le choix de fuir son village, mais pas de renier sa détermination. Elle employait souvent ce mot « détermination », refusant celui de « religion ». La religion était subjective. On pouvait croire ou non, sans preuves concrètes. Hors l’existence de la Dame et du Dragon avait été prouvée. Elle-même en était la preuve.

Loïca n’avait encore pas prononcé le moindre mot, que la fillette lui demandait de lui dessiner une …une quoi ? Luge ? Elle n’eut pas même à demander ce qu’était cet objet, que Lyu la devança. Malgré son air enfantin et étourdie, elle était intelligente, et avait compris l’ignorance de la femme quant à ce qui se rattachait à l’hiver, saison qu’elle n’avait jamais connue.
Elle se redressa de façon plus adulte, plus supérieure, intérieurement vexée qu’une athée en sache plus qu’elle et le lui montre.

-Je suis Dame Jil’Wilën, analyste de cette Académie depuis peu.

Tout comme Lyu, de ce qu’elle savait. Peut-être n’avait-elle pas encore eu de cours sur les divinités. Tout n’était peut-être pas perdu pour cette pauvre fille.
La tête lui tournait légèrement, et elle se demandait si elle devait se plier à la demande de cette enfant, malgré…
Elle toussa, et sentit sa gorge râper, la brûlant. Qu’était-ce que cela ? Encore un effet de la neige ? Bien moins agréable en tous cas. Elle n’avait plus froid, pourtant, au contraire, elle prenait soudainement chaud. Trop chaud.
Malade ? Elle avait vu quelqu’un du village tomber malade une fois. Mais la malade toussait du sang. Quatre semaines plus tard, elle était morte et son âme emportée par les divinités sous les feux et chants du village.
Prise d’une soudaine peur, elle mit sa main devant sa bouche, vérifiant que la toux ne donnait aucune source de sang. Elle ne voulait pas mourir !
Elle se racla la gorge, et se mit à nouveau à genoux pour consulter le dessin dans la neige.


-Que les Divinités te pardonnent. Souffla-t-elle.

Elle ne voyait pas très bien, comme si ce qui tapait dans sa tête gênait sa vue. Allait-elle s’évanouir ? Cette sensation, au moins, elle la connaissait. Il était arrivé plus d’une fois que les entrainements de Sloann l’amène à perdre connaissance, l’espace de quelques secondes. Son corps alors était vidé de toutes forces, et elle ne pouvait plus dessiner. Le malaise s’arrêtait là. Pas de chaleur, pas de maux de tête, pas de toux étrange.

Elle ferma les yeux, espérant que le dessin l’aide à se sentir mieux, malgré la peur de son don. Pourvu qu’il ne fasse pas des siennes et fasse peur à la petite !
Elle tenta de visualiser la forme gravée dans la neige, plate au milieu, et courbée sur les côtés. Elle y incluait un siège en fourrure avec un dossier, imaginant que le confort ne devait pas être de mise sur des planches de bois. Elle choisit par ailleurs un bois doux, sans écharpes, et le colora de couleurs pastel. Enfin, elle attacha une corde sur l’avant, pendant que cet objet fait pour glisser devait être dangereux sans attache. Surtout avec le poids plume de la fillette !
La luge apparut d’elle-même, bien plus luxueuse que celles d’ordinaire.
Et contrairement aux espoirs de Loïca, sa tête se mit à valser de plus belle.


-Ce n’est qu’un dessin. Profites-en, elle disparaitra d’ici une heure ou deux.

Elle n’entendit pas même les remerciements, se levant, fébrile. Elle trébucha, se rattrapa, la main plaquée sur son front brulant. La toux redoubla. Et le sol se déroba à ses pieds nus.
Nei-ge.
Piè-ge.



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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Sam 9 Juin 2012 - 18:23

Inconsciente à l'incompréhension mêlée de colère de la jeune femme, Lyu sautillait autour d'elle, pied nus dans la neige. Cela faisait bien longtemps que le froid lui était indifférente.
Ce qui n'était apparemment pas le cas de l'analyste, qui commençait à tousser. Lyu ne s'en préoccupa pas. Il n'était pas rare d'attraper un peu froid, en hiver. Quand on avait grandi dans les montagnes, on était habitué à ce genre de maladie. Souvent d'ailleurs, Lyu avait été réquisitionnée pour aider le rêveur qui résidait au château de son oncle. On l'envoyait chercher des herbes et des onguents, ou bien jouer à l'infirmière, et s'occuper des convalescent ou des malades en voie de guérison. Son oncle veillait juste à ce qu'elle ne soit pas au contact des malades incurables, ou contagieux. Il avait sans doute peur pour elle...
Lyu se laissa tomber dans la neige, et ouvrit la bouche, sentant les flocons tomber sur sa langue et fondre presque aussitôt. Elle avait oublié à quel point la neige lui avait manqué depuis son arrivée ici. Dans ses montagnes natales, le sol était blanc une bonne partie de l'année, et en cette saison, la circulation était déjà difficile. Elle eut une brève pensée pour sa famille : où étaient-ils, en cette instant ? Sans doute en train de rentrer les siffleurs dans l'étable... Et son petit frère, alors ? Le reverrait-elle un jour ? Avait-il grandi ? Était-il toujours en vie ? Tant de questions qui resteraient sans réponse...
Lyu se releva et secoua ses frêles épaules pour les débarasser de la neige qui s'y était collée. Elle passa une main dans ses cheveux de jais, parsemmés de flocons blancs. Elle aurait pu passer la journée à jouer dans la neige. Voire même une semaine, si elle n'avait pas eu d'autres choses à faire.

- Madame, vous...

Lyu s'aperçut soudain que la femme n'allait pas mieux. Elle était tombé à genoux et suffoquait. Lyu s'approcha et posa une main sur son front. Il était brûlant de fièvre. Lyu, inquiète, s'accroupit.

- Madame ? Vous vous sentez bien ?


La question était un peu stupide. Et l'analyste n'eut pas besoin de répondre pour que Lyu comprenne que non. Mais juste au moment où la jeune fille allait décider de la conduire à l'infirmerie, une luge apparue devant ses yeux. Émerveillée, Lyu se jeta dessus. Elle avait eut une enfance relativement pauvre, et n'avait jamais eut l'occasion de descendre des pentes enneigées sur autre chose qu'une large plaque d'écorce ou un rondin de bois. Tout ce luxe lui était inconnu.
Alors qu'elle se retournait pour remercier la dessinatrice, elle s'aperçut que cette dernière avait perdu connaissance. Lyu soupira. Elle aurait aimé pouvoir se servir de son nouveau jouet dès à présent, mais elle n'allait pas laisser sa nouvelle amie mourir dans la neige.

- Ne vous inquiétez pas, dit-elle doucement, sans savoir si on l'entendrait ou pas. Vous avez juste besoin d'un feu de bois et d'une couverture...

Enfin, c'était ce qu'elle espérait. Elle était habituée à traiter de petites blessures, pas de graves maladies. Et elle ne connaissait rien au dessin, et encore moins au rêve. Si l'analyste souffrait d'un mal lié à son Don, la Kaelem était impuissante. Bon, pas tout à fait, vu qu'un bon feu et une tasse de lait chaud n'avaient jamais fait de mal à personne. Elle pouvait toujours faire tout ce qu'elle pouvait...
L'analyste était plus lourde que ce que Lyu pensait. La jeune fille eut toutes les peines du monde à la soulever, mais elle parvint à l'installer sur le fauteuil de la luge. Elle cala prudemment sa tête, et se plaça derrière.
Puis, d'un vigoureux coup de pied, elle propulsa l'appareil en avant, croisant les doigts pour que la jeune femme n'ait rien attrapé de grave.
Elle se dirigea vers le bâtiment principal...

(édition à volonté Smile je te laisse choisit où on va : tu peux te réveiller brusquement et on reste dehors, ou alors Lyu peut te conduire à l'infirmerie ou dans tes appartements Wink)


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Sam 30 Juin 2012 - 19:10

Jehan sortit de son bureau à la suite de la jeune femme qu'il venait d'engager. Une meurtrière, qui qu'elle soit, méritait d'être surveillée attentivement, et de près. Ce fut donc ce qu'il fit. Mais a priori, la demoiselle ne faisait rien d'autre que d'observer les lieux. L'intendant se dit un instant qu'il devrait faire attention à ce qu'elle ne prenne pas trop ses marques, avant de penser que c'était tout bonnement ridicule. Il avait bien insisté sur le fait que si elle touchait à un cheveux de ses élèves, il n'hésiterait pas à la dénoncer. De plus, sans se compter lui-même, l'Académie connaissait déjà son lot d'assassins … Et tout perdu dans ses réflexions, il perdit la trace de la demoiselle. Oh, il aurait pu la retrouver, bien sûr. Il connaissait chaque recoin de l'établissement comme sa poche, mais il n'avait guère l'envie de se retrouver à gambader dans toute l'Académie. C'est qu'elle était grande, quand on y pensait.

Donc, revenant au moment présent, le noble Intendant s'accouda à un rebord de fenêtre et observa les jolis flocons tomber. Que c'était beau, cette poudre blanche descendant du ciel, ça le mettait de bonne humeur. Presque assez pour donner des points à l'élève qui venait d'aider son camarade à trouver son chemin. Il n'y avait plus rien à faire : chaque fois que la neige était là, il pouvait la contempler des heures durant, guilleret. Toutefois, de là où il était, il pouvait voir les jardins. Et à défaut d'observer les élèves s'amuser à lancer des boules de neige où à faire des Jehan bonhommes de neige, il put constater qu'une jeune fille tirait une luge sur laquelle était étendue … n'était-ce pas l'Analyste de l'Académie ? Il ouvrit de grands yeux avant de se précipiter vers le hall pour intercepter la jeune Kaelem. Il était EVIDENT que c'était de sa faute si Dame Jil'Wilën était dans cet état.

Il descendit les escaliers aussi vite que lui permettait sa jambe encore douloureuse par moments, et arriva devant l'entrée. La porte entrouverte laissait un vent froid passer et malgré sa course, il fut pris de frissons. Pourvu que la jeune femme passe par ici et qu'elle ne décide pas de l'enlever. … Mais si elle décidait de l'enlever en plus de ça ! Il devait empêcher cela, l'Analyste leur était très utile. Enfin, il imaginait. … Bref, il la payait alors elle devait rester ici, c'était tout. Il sortit dans la cour, et aperçut la Kaelem et son traîneau. Il se dirigea vers elle d'un pas vif, la transperçant du regard.


- Mademoiselle, puis-je savoir où vous comptez vous rendre avec Dame Jil'Wilën sur votre … qu'est-ce donc, d'ailleurs ? Un traîneau ?

L'intendant regarda attentivement l'objet. Non, c'était bien trop petit pour être un traîneau. Et au moment où Jehan se rappelait de son enfance, et que le mot « luge » s'inscrivait dans sa tête, il était trop tard. Lyu avait déjà prononcé le mot.

- Peu importe ! Où allez-vous donc ?

C'était cela, le plus important. Il s'agenouilla dans la neige, vérifiant que la jeune femme était encore vivante. Elle respirait, mais était inconsciente et tremblait de froid, et ses lèvres commençaient à bleuir. D'un autre côté, elle n'était pas non plus spécialement habillée pour aller dehors alors qu'il y avait de la neige. Lui non plus d'ailleurs. Et si ils pouvaient se dépêcher de rentrer, ça l'arrangerait bien. Il ne voulait pas finir comme l'Analyste. Et puis, mademoiselle Wennyn ne serait sûrement pas assez forte pour les transporter tout les deux … où donc ?

Ah, l'infirmerie !

Bonne idée, vraiment. Allons-y donc.



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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Lun 2 Juil 2012 - 17:41

Lyu parvenait dans la cour de la fontaine quand l'intendant, Jehan Hil'Jildwin lui tomba littéralement dessus. Lyu sursauta, puis se recroquevilla sous le regard perçant de l'homme, comme si elle était coupable. Une boule de neige l'atteignit au creux du dos, et une deuxième vint se ficher dans les cheveux de l'intendant. Lyu jeta un regard par dessus son épaule, mais ne réussis pas à apercevoir le tireur. Ce qui valait sans doute mieux pour lui, étant donné le regard assassin que Jehan jeta dans la même direction.

- C'est une luge, sire Hil'Jildwin.

Avant que ce dernier ne lui demande où elle l'avait trouvé, elle s'empressa d'ajouter :

- Il s'agit d'un dessin de Dame Jil'Wilën. Elle l'a créé quelques secondes avant de... de s'évanouir.

Lyu s'agenouilla au pied la luge. L'analyste était plus pâle que la mort, peut-être plus blanche encore que la neige qui jonchait le sol. Lyu n'avait que très rarement vu des personnes dans cet état. Une seule fois, en fait, le jour ou son oncle avait retrouvé un homme dans la neige. Lyu se trouvait dans l'infirmerie à cet instant, et on l'avait fait immédiatement sortir, mais elle avait eu le temps d'apercevoir le teint de l'homme, qui devait décéder dans la nuit. On avait jamais su qui il était, et ce qu'il faisait dehors en cette période de l'année.
Lyu posa un doigt fin dans la cou de la jeune femme. Il était glacé, mais elle sentait encore le sang battre sous sa carotide. C'était mieux que rien. Il fallait à présent l'emmener à l'infirmerie le plus vite possible, et de préférence lui trouver une couverture et un feu de bois. Et une tisane.
Puis elle remarqua que Jehan la regardait avec insistance, et elle rougit.

- Je n'y suis pour rien, promit elle. Elle est sortie dans la neige, elle m'a demandé ce que c'était, elle m'a dessiné cette luge, et ensuite, elle s'est évanouie... Elle toussait un peu, aussi...

Lyu, rouge pivoine, fut soudain très absorbée par la contemplation de ses pieds nus. L'analyste, enveloppée dans sa couverture, avait perdu connaissance, mais elle, à peine vêtue d'un short en toile en d'un haut assortie, se sentait particulièrement bien. D'un autre côté, elle avait grandi au cœur de la chaine du Poll et jouait dans la neige avant même de savoir marcher, alors que la malade n'avait même pas semblé savoir ce qu'était cette poudre blanche qui tombait du ciel.

- Et je l'emmène... Je l'emmène à l'infirmerie... C'est ce qui m'a semblé le plus logique...

Jehan sembla approuver ses paroles, et la Kaelem recommença à pousser sa luge , traçant dans la neige deux sillons peu profonds suivi de ses traces de pieds. Parvenue à la porte principale, elle retira l'analyste de la luge, chancelant un peu sous son poids. La jeune femme était pourtant loin d'être lourde, mais Lyu eut besoin de toute l'aide de l'intendant pour lui faire monter les marches. La neige qui fondait peu à peu maintenant qu'ils étaient à l'intérieur gouttait sur le sol en laissant de petite flaques. Les cheveux de Lyu étaient trempés, de même que ses vêtements, mais elle ne paraissait toujours pas avoir froid. Tout juste frissonnait-elle de temps à autre, comme si elle était dérangée par un courant d'air importun.
L'infirmerie était presque vide, à l'exception d'un malade ou deux, profondément endormis dans leurs lits. Lyu porta la jeune femme jusqu'au feu de bois qui brûlait tranquillement au fond de la pièce, et la plaça dans le fauteuil, qu'elle approcha le plus possible. Elle fixait le visage masqué avec un semblant d'inquiétude. Que ferait-elle si Dame Jil'Wilën ne se réveillerait pas ? Que dirait le sire Hil'Jildwin ? Elle s'assit en tailleur sur le tapis, et défit ses deux couettes pour sécher un peu ses cheveux de jais. Elle les essora, puis s'ébroua comme un chien avant de se rapprocher elle aussi des flammes orangées. Le froid avait beau de pas la déranger, rien ne valait le confort d'un bon feu de cheminée.
Dans l'âtre, une bûche noircie émit un craquement sinistre, et une étincelle jaillit. Lyu poussa un petit cri plaintif en se reculant. Son regard se reposa sur l'analyste du château, toujours inerte dans son fauteuil. Sa main était toujours glacée.

- Il faudrait peut-être... tenta-t-elle d'une voix timide... Des couvertures... Et lui faire boire quelque chose de chaud ?


Mettant ses paroles à exécution, elle se leva, et ouvrit une armoire au hasard.



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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Mar 17 Juil 2012 - 14:58

-Te voilà enfin. Allez viens.

Sloann ouvrit ses bras, comme si la chose la plus naturelle était que Loïca court s’y réfugier. Face à son absence de réaction, il les laissa s’échouer contre son corps, et l’agacement se fraya un chemin dans le ton de sa voix.


-Bien.


L’analyste tremblait, terrifiée devant ce retour inattendu. Il l’avait retrouvé…Elle frissonna, à la limite de fermer les yeux pour ne pas voir la suite. Elle effectua un pas en arrière.

Les sourcils de son mentor se soulevèrent, surpris.


-Tu as peur de moi ? T’ais-je déjà battu ? Ais-je, ne serait-ce qu’une seule fois, porté la main sur toi, Loïca ?

Elle ne pouvait prétendre le contraire. Jamais personne n’avait levé la main sur elle. Son corps était bien trop précieux. Elle hocha frénétiquement la tête, donnant la réponse attendue à son géniteur.

-C’est bien ce qu’il me semblait.

Il souffla.

-Tu te trompes d’ennemi, Loïca. Tu as peur des mauvaises personnes. Regarde-toi.


Elle détourna ses yeux noisette, se refusant de l’écouter à nouveau. Elle grelottait toujours, mais pas seulement de crainte. Elle avait froid. Vraiment froid. Son corps hurlait, peu habitué à être maltraité. Elle sentit alors des gouttes glacées lui glisser sur le bras. Elle sursauta, et constata l’origine de cette humidité dérangeante. Ses épis blonds étaient trempés. Pourquoi donc ?

-L’inconnu va te tuer, petite idiote. Tu n’es encore qu’une enfant là-bas. Reviens.

Elle avait si froid que l’envie lui venait presque de le suivre, afin qu’il la couvre et la protège, comme avant. Elle se mordit la lèvre, ne sachant quoi faire.

-Viens, ma belle, viens-là ! Viens te réchauffer, tu vas attraper un rhume de poitrine !

La voix féminine et douce de Lutchia qui la regardait d’un air si maternel et si inquiet mirent fin à toute hésitation et Loïca courut se réfugier dans ses bras.

Bras qui se transformèrent en grandes flammes lui léchant la peau. La chaleur la brûlait, mettait à mal sa peau fragile. La dessinatrice se mit à hurler, appelant au secours, tandis que Sloann la regardait brûler vive.

-Ce n’est qu’une épreuve Loïca. Laisse le Dragon te toucher de sa force.


Mais elle avait mal, vraiment mal. Ses articulations criaient grâce et le crépitement du feu ne l’apaisait pas. Le choc thermique du chaud froid était bien trop important pour que son corps se détende.

-Non !







La jeune femme tomba lourdement du fauteuil, atterrissant tout près de la cheminée. De sorte que la première chose qu’elle vit en ouvrant enfin les yeux fut les flammes du feu allumé par Lyu. Elle gémit, et fit un bond en arrière, se cachant derrière le fauteuil.
-Non…non…non…

Ses muscles continuaient de la tirailler, réagissant au changement de température.

Ses pupilles noisette scrutèrent les environs à travers les failles de son masque. Masque qu’elle vérifia d’un geste de la main. Il était toujours en place. Elle n’était donc pas au Village. Sa brève observation lui confirma la chose. Elle était dans une pièce des plus inconnues, et deux personnes la regardaient d’un air inquiet. Lyu et Jehan, l’intendant.
Elle était à l’Académie.
Elle poussa un grand souffle de soulagement. A l’Académie. Loin de Sloann et de ses épreuves.
Alors pourquoi l’intendant qui lui avait donné cette place précieuse ici regardait-il l’enfant à la luge avec un air si suspicieux ?
Une vilaine toux grasse lui prit les poumons et elle se releva, espérant qu’elle passerait au plus vite. Elle tremblait encore. Et la toux ne la calmait pas, bien au contraire. Que voulait-elle dire ? Etait-ce un signe de mort ? L’avait-on empoisonné ? Ou était cette substance blanche ? La neige. Après tout peut-être était-elle dangereuse ?
D’ailleurs…pourquoi était-elle entourée de lits ? Comme dans les centres de soin.
Avait-elle vraiment enduré l’épreuve du feu et Jehan l’en avait sauvé pour la soigner ? Peu probable, Sloann ne l’aurait pas laissé l’emmener.
Elle devait donc être malade. Son crâne la lançait, et les souvenirs avaient un mal fou à se mettre en place.
-Où suis-je ? Et pourquoi ?

Toutes sortes de scénarii se formaient dans son esprit embrouillé, les uns plus tirés par les cheveux que les autres. La paranoïa montait en pression tandis que le visage de Sloann la regardant bruler vive s’imposait à elle.

-E…éteig…éteignez ce feu, je vous en supplie !

Devant les réticences évidentes elle se répéta, d’une voix suraigüe et autoritaire.

-Eteignez ce feu !


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                            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Lun 6 Aoû 2012 - 16:17

La petite se recroquevilla devant Jehan. Ah ! Qu'il se sentait beau et fort, et impressionnant, lorsque les élèves le regardaient ainsi ! Mais il ne devait pas laisser sa joie transparaître, sinon elle risquait de ne plus être aussi impressionné, et cela serait désastreux, et ce serait la honte apposé sur la noblesse de l'Intendant. Il continua à la fixer, cherchant à transpercer la vérité, mais il abandonna finalement – se disant au passage qu'il devrait demander des cours à quelqu'un qui savait lire dans les esprits des autres – et se pencha vers l'Analyste, constatant au premier coup d’œil qu'elle était mal en point. Il demanda alors à la jeune Kaelem ce que faisait la jeune femme sur ce véhicule étrange. Elle lui apprit qu'il s'agissait d'un dessin de Dame Jil'Liwën, qui était donc évanouie. Ah, tout la désignait comme coupable ! Comment savait-elle qu'elle était évanouie, hein ? … Bon, à la réflexion, ce n'était pas une bonne preuve.

Ils vérifièrent tour à tour que la jeune femme était encore en vie. Il fut légèrement rassuré. Néanmoins, il trouvait cela particulièrement stupide. Demoiselle Wennyn aurait pu dire à l'Analyste qu'elle aurait dû se couvrir plus. Aussi la fixait-il d'un regard particulièrement déplaisant qui la fit rougir. Puis il jeta un coup d'oeil sur sa tenue et se rappela qu'elle venait du Nord. Elle ne craignait pas le froid, contrairement à Dame Jil'Liwën qui venait du Sud, à ce qu'il avait cru comprendre … Bref, elle n'y était certes pour rien, mais ils risquaient d'être coupables de sa mort si ils ne l'emmenaient pas rapidement à l'intérieur. Toutefois, l'Intendant prit le temps de reposer une dernière fois sa question.


- Où l'emmeniez-vous ?

Elle répondit, en bafouillant, qu'elle se dirigeait vers l'infirmerie. Il trouvait que c'était une excellente idée. Il laissa la demoiselle pousser la luge, tandis qu'il passait devant pour ouvrir les lourdes portes d'entrée. Il songea avec regret qu'autrefois, il aurait pu non seulement porter Dame Jil'Liwën, mais également ouvrir la porte sans aide et la mener à l'infirmerie, tout cela en dix minutes, parfaitement madame ! Mais il n'était plus aussi jeune qu'autrefois, et il dû être aidé par la jeune Kaelem. Sans elle, il n'aurait peut-être pas réussi à transporter l'Analyste jusqu'à l'infirmerie. En tout cas, Lyu lui semblait moins coupable, d'un coup. Sinon, elle se serait sauvée, et n'aurait pas aidé à transporter la jeune femme dans un endroit où elle aurait été soignée. Il ne devait pas être paranoïaque.

L'infirmerie était peu peuplée. Deux malades dormaient dans les lits, bougeant à peine, les respirations sifflantes. Pauvres enfants. Il éternua, se demandant si il venait d'attraper une maladie incurable, avant de se rappeler qu'il était Jehan Hil' Jildwin et que par conséquent, en aucune façon je ne puis troubler ta boisson il ne pouvait mourir. Ils déposèrent l'Analyste dans un fauteuil, près du feu, pour qu'elle soit réchauffée. Il resta debout à côté, attendant le rêveur – où était-il passé, lui ? - tandis que Lyu s'asseyait sur le tapis, devant le feu elle aussi. Elle cria doucement et se recula. Jehan eut un regard interrogatif mais avant qu'il ne demande ce qu'elle avait, elle émit des suggestions et s'approcha aussitôt des placards.


- Mademoiselle Wennyn, cessez de vous agitez s'il vous plaît … Le rêveur va bien finir par arriver.

Un bruit sourd se fit alors entendre. L'Analyste venait de tomber de son fauteuil, et s'était rapidement éloigné du feu, murmurant des paroles que Jehan ne comprit pas vraiment. Il jeta un regard suspicieux à Lyu. Était-ce elle qui l'avait réveillé ? Dame Jil'Liwën se mit alors de tousser de plus en plus fort, masquant sa suspicion par une inquiétude. Elle se demanda où elle était et pourquoi.

- On vous a emmené à l'infir …

Il n'eut pas le temps de finir que l'Analyste le coupa pour lui demander d'éteindre le feu. Jehan ne comprit pas le bien-fondé de cette demande. Enfin, il fallait un environnement chaud pour soigner les malades ! Et elle se répéta, vrillant les tympans de l'Intendant avec sa voix suraiguë. Non mais oh, pour qui se prenait-elle ? Ce n'était pas elle qui faisait la loi, ici.

- Vous n'êtes pas seule ici, Dame Jil'Liwën ! Il se radoucit légèrement. Les malades ont besoin de chaleur.

A ce moment-là, le rêveur entra dans la pièce et l'Intendant dû se faire violence pour ne pas sortir aussitôt.


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Mer 22 Aoû 2012 - 14:52

Lyu sortait la tête d'un placard, sans avoir trouvé de couverture acceptable, les mites étant apparemment passé par là avant elle. Lyu nota dans un coin de sa tête de proposer à ses professeurs un atelier "couture histoire de raccommoder un peu certaines couvertures", puis l'intendant la rappela à l'ordre, et elle revint sagement s'asseoir en attendant l'arrivée du rêveur.
La chaleur du feu faisait peu à peu fondre tous les flocons, et de petites flaques d'eau s'étalaient peu à peu leur apparition sur le sol. Certaines étaient aussitôt aspirées par le tapis, d'autres s'amassaient sur le parquet sombre.
Particulièrement absorbée dans la contemplation des gouttes qui se formaient à l'extrémité d'une mèche de ses cheveux, Lyu ne remarqua pas tout de suite que l'analyste avait ouvert les yeux. Elle ne s'en aperçut qu'au premier cri.
Aussitôt, elle se mit sur ses pieds.

- Sire Hil'Jildwin, commença-t-elle, avant de s'interrompre aussitôt.

C'était idiot. L'intendant n'avait aucunement besoin de son aide. Il s'était déjà approché, cherchant apparemment à comprendre pourquoi Dame Jil'Wilën était tombé de son fauteuil. Ses yeux se posèrent sur Lyu avec suspicion. Lyu leva vers lui un regard digne du chat potté de Shrek resplendissant d'innocence.
Mais l'intendant était déjà affairé aux côté de l'analyste, qui demandait en gémissant qu'on éteigne le feu. Jehan protestait.
Soucieuse de ne mécontenter personne, Lyu s'approcha discrètement, et éloigna de la cheminée la main de la malade. Si une braise lui tombait dessus, ils ne seraient pas beaucoup plus avancé.
L'intendant continuait de tenter de résonner la jeune femme, sans beaucoup de succès. L'analyste avait le regard perdu dans les flammes, et murmurait des paroles incompréhensibles, tout en continuant de gémir, de supplier de temps à autre que l'on éteigne le feu.
La porte s'ouvrit derrière eux, laissant entrer un rêveur. À ses cheveux en bataille et son air ensommeillé, on devinait qu'on l'avait tiré du lit, et apparemment privé de sa grasse matinée. Lyu se précipita pour l'accueillir, commençant à expliquer à toute vitesse, dans un flot de parole absolument incompréhensible :

-Oh-bonjour-monsieur-si-vous-saviez-comme-je-suis-contente-de-vous-voir-
arriver-j'étais-dehors-tôt-ce-matin-parce-que-Plume-m'avait-réveillée-c'est-mon-
petit-faucon-que-sire-Hil'Jildwin-m'a-permis-de-garder-enfin-bon-il-m'avait-réveillée-et-du-coup-
en-ouvrant-les-volets-j'ai-vu-qu'il-avait-neigé-alors-je-suis-descendue-et-puis-en-bas-
il-y-avait-plein-d'élèves-qui-faisaient-une-bataille-de-boules-de-neige-alors-j'ai-joué-
un-peu-et-puis-j'ai-vu-Dame-Jil'Wilën-elle-était-pieds-nus-et-elle-était-enveloppé-
dans-sa-couverture-et-puis-elle-m'a-demandé-ce-que-c'était-alors-je-lui-ai-dit-que-
c'était-de-neige-parce-que-moi-je-le-savait-parce-que-j'ai-grandi-dans-les-montagnes-
et-puis-je-lui-ai-demandé-de-me-dessiner-une-luge-parce-que-je-voulais-jouer-il-faut-
pas-me-gronder-pour-ça-monsieur-je-vous-promet-que-je-voulais-juste-jouer-et-puis-
Dame-Jil'Wilën-a-commencé-a-tousser-et-puis-elle-m'a-dessiné-une-luge-et-puis-après
elle-s'est-évanouie-et-puis...


Le rêveur, en bon rêveur, tenta tout d'abord de l'écouter, puis, complètement perdu dans cette histoire sans queue ni tête -mais que venaient y faire un faucon, les montagnes, et la luge ?-, avança jusqu'au fond de la pièce, et fut soulagé d'apercevoir l'intendant.

- Ah, sire Jil'Hilwin ! Je suis heureux de vous trouver là !


Heureux de vous trouver là plutôt que de devoir régler ça avec l'autre excitée, bien entendu. Lyu ne fit même pas attention au sous-entendu, et revint à côté des deux hommes.
Le rêveur se pencha vers la malade, et se releva aussitôt.

- Pourquoi ne l'avez-vous pas allongée ?


Jehan ouvrit la bouche, sans doute pour répondre, mais Lyu lui coupa la parole :

- On voulait la mettre près du feu, pour la réchauffer ! Et il n'y avait pas de lit près du feu !
- Alors aidez-moi donc à la transporter sur le lit-là bas, ce sera plus simple pour l'examiner.

Lyu mit un certain temps à se rendre compte que le rêveur ne s'adressait pas à elle, mais à l'intendant. Les deux hommes transportèrent la jeune femme sur un lit, et si Loïca continuait de gémir, elle semblait soulagée de s'éloigner du feu.

- La petite, va me chercher une troisième couverture dans l'armoire, là-bas, ordonna le rêveur.

Un quart de seconde, Lyu songea à l'envoyer promener, mais elle rejeta aussitôt cette idée. D'abord, cela n'aurait pas été du tout gentil avec le rêveur, même s'il aurait pu lui parler plus gentiment. Et puis, il fallait qu'elle fasse tout son possible pour aider dame Jil'Wilën, qui, elle, avait toujours été très gentille.
Comme la petite fille bien élevée que son oncle avait toujours voulu qu'elle soit, Lyu s'empressa de fouiller dans les armoires, jusqu'à trouver une couverture chaude, et pas trop trouée.
Elle la rapporta au lit et la tendit au rêveur qui s'en empara en la remerciant à peine, déjà penché sur l'Analyste.

- Je peux faire quelque chose d'autre ? demanda-t-elle aimablement.
- Chauffer de l'eau, si tu veux.

Sautillant comme un lièvre, Lyu prit la direction du coin de l'infirmerie équipé d'un robinet. À la recherche d'un récipient, elle n'entendait plus que les voix des deux hommes qui discutaient.

- Alors ? demanda Jehan.

[j'ai fait bouger et agir a peu près tout le monde, alors n'hésitez surtout pas à me demander d'éditer des passages qui vous gênent Wink Encore désolée pour le retard]


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Mar 4 Sep 2012 - 18:40

Tout tournait un peu trop autours de Loïca. Il y avait Lyu, qui parlait beaucoup. Mais alors vraiment beaucoup beaucoup trop. Sa petite voix de fillette ne cessait de s’élever au fur à et mesure qu’elle gigotait en tout sens pour se rendre trop utile. Cette enfant était épuisante à tout point. Il fallait qu’elle cesse cette agitation ou la dessinatrice allait devenir plus folle encore. Et puis il y avait Jehan. Qui pour, on ne sait quelle raison, regardait Lyu de façon fort suspecte. Pourquoi l’intendant était-il ici ? En plus il refusait d’éteindre ce foutu feu, et ça n’arrangeait franchement pas les choses. Un rêveur arriva et s’activa si vite qu’il augmenta la sensation de tournis déjà bien trop présente. Voyant qu’elle n’était pas en pleine possession de ses moyens, il la fit porter jusqu’à un lit. Bon, déjà, elle n’était plus si près du feu, en tournant la tête elle ne le voyait même plus !
A présent qu’elle réalisait qu’aucune de ces trois personnes ne lui voulait du mal, et encore moins la ramener à Sloann, elle souffla, et prit conscience de son état physique. Ce n’était pas la grande forme. Son corps était gelé, et pourtant son organisme brûlait de fièvre. Ses doigts étaient rouges et sensible au moindre contact, et elle put voir dans un miroir au loin que ses lèvres si charnues étaient violettes ! Comme les…morts ? Elle déglutit, ce qui lui brûla la gorge et lui déclencha une nouvelle crise de toux bien grasse qui semblait lui décoller les poumons.

Muette d’incompréhension, et encore hantée par le mauvais rêve, elle se laissa faire, suivant l’excitation de Lyu avec un beau mal de crâne, tandis que le rêveur la réchauffait et contrôlait les symptômes. Lorsque Jehan demanda le verdict, la petite se figea enfin, tandis que le guérisseur affichait une moue désapprobatrice.

-Et bien, ce n’est pas joli joli. Mais quelle idée aussi de sortir si peu couverte avec le temps, Dame Jil’Wilën ?! Êtes-vous folle ou souffrez-vous de trouble du sommeil ?

-Troubles ? Répondit-elle, sourcils froncés, d’une voix complètement cassée et faible.

-Certaines personnes souffrent de troubles du sommeil, qui font qu’elles commettent certains actes, se déplacent, alors même qu’elles dorment. Était-ce votre cas ?

Loïca répondit par la négative, ce qui surprit le rêveur qui leva les bras au ciel.

-Par la Dame, mais que faisiez-vous donc dehors si peu vêtue ?

-Je…je n’savais pas…

-Vous ne saviez pas quoi ?
S’impatienta-t-il comme s’il avait affaire à une enfant.

Faut dire, ces temps-ci, le métier de rêveur était particulièrement prise de tête à l’Académie, et le roulement avec Eoliane en devenait de plus en plus fréquent car les rêveurs ne supportaient plus les élèves. Ils ne cessaient de débarquer à toute heure, avec des blessures parfois graves, avec des explications toutes plus extravagantes les unes que les autres. Il était inadmissible pour un guérisseur de constater des jeunes se faisant volontairement mal en se battant ou en allant tenter l’impossible pour faire le malin. Mais ils les soignaient, comme toujours, faisant mine de gober leurs inventions parfois.
Ce fut Lyu qui répondit, d’une simple phrase, comme s’il était des plus évidents que Loïca ne sache pas ce qu’était la neige. Un silence de surprise et de gêne tomba, tandis que la jeune femme sentait une double paire d’yeux ébahis la regarder. Elle haussa les épaules, confuse.


-Je viens du Sud, d’un village où nous ne connaissons que la chaleur, le vent, et l’orage. Quelques fois la pluie.

Le rêveur resta interdit face à elle, puis soupira.

-Repos obligatoire. Restez au lit toute la journée, et si demain les vertiges continuent faites-en autant. Pas de balade dehors. Interdit, vous m’entendez ? Vous faites le minimum d’effort possible durant toute la semaine. Je vais vous préparer un traitement.

Soucieuse du regard de Jehan, Loïca se tourna à lui.


-Mes analyses se font dans mes appartements, ça ne posera donc pas problème.


Elle ajouta à ceci un regard confus, particulièrement qu’il n’avait pas du comprendre grand-chose tant sa voix était brisée. Mais il semblait encore la regarder avec de grands yeux ronds disant : « vous ne saviez pas ce qu’était la neige ? ».
Alors elle baissa les yeux vers Lyu, pour qui tout était des plus normal. Puis ses pupilles parcoururent la pièce. Evidemment.

-Ta luge a disparu, le dessin s’est éteint. Je…je suis désolée, je ne me sens pas la force de t’en refaire une. Demain peut-être ?

Ce coin de l’Empire était définitivement étrange. Et elle doutait de s’y faire un jour.
« L’inconnu va te tuer petite idiote. ».
La menace fantôme de Sloann ne cessait de revenir en tête devant le regard sévère du rêveur. Elle frissonna et rabattit la couverture triée sur ses épaules. Il lui suffisait d’apprendre, non ?



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                            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Sam 13 Oct 2012 - 0:14

Lorsque le rêveur entra, Jehan faillit soupirer de soulagement. Enfin, il allait pouvoir quitter l’infirmerie, et aller se reposer bien tranquillement dans ses appartements, ou bien boire un thé avec son ami Duncan et développer leur projet de conquête de l’archipel Aline. Puis, quand il vit Lyu se jeter littéralement vers lui, il soupira – de dépit. Il allait sûrement devoir tout rattraper. Et son sentiment grandissait en écoutant la jeune fille débiter une suite de mots sans reprendre sa respiration et à toute vitesse. Mais le visage décomposé du rêveur submergé par les informations était tellement drôle qu’il se contenta de sourire un instant, avant de reprendre un air grave lorsqu’il se dirigea vers lui. Le rêveur posait des questions, mais Lyu répondit à la première, et il avait l’impression que les autres ne demandaient pas réellement de réponses. Aussi resta-t-il inhabituellement silencieux.

Ils portèrent Loïca loin du feu, Jehan regrettant à nouveau sa force d’antan. Le rêveur envoya Lyu chercher une couverture, tandis qu’il commençait déjà à s’occuper de l’Analyste. Jehan se sentit soudain tout à fait inutile, et envisagea de partir dès maintenant. Puis il songea qu’il fallait peut-être mieux attendre d’être sûr que la vie de la jeune femme n’était plus en danger. La petite revint avec la couverture, dont le rêveur s’empara avant de les laisser tous deux de côté. Lyu, ne supportant apparemment pas de rester inactive, demanda alors si il avait besoin de quelque chose. Il lui demanda d’aller faire chauffer de l’eau. Jehan s’approcha de lui.


- Alors ?

La réponse de l’homme ne lui plut pas vraiment, mais il ne fit qu’une grimace réprobatrice. D’ailleurs, même la suite de la conversation ne lui plut pas. Evidemment. Dame Jil’Wilën venait des terres du Sud, qui ne connaissaient pas la neige. Ce fut par ailleurs Lyu qui répondit au rêveur. Ah, toujours là, cette petite. En tout cas, elle lui servit bien à ce moment-là, car le fait que l’Analyste ne connaisse pas la neige lui avait échappé. Mais n’empêche … Enfin, lui il avait toujours connu la neige, et ça lui semblait tellement absurde de ne pas connaître cela qu’il ne pouvait s’empêcher de fixer la jeune femme avec des yeux ronds. Elle sembla s’excuser, et annonça que de toutes façons, tout se faisait dans ses appartements. Bon, ce serait au moins ça. Il se doutait bien que l’Analyste était assez intelligente pour arrêter de travailler si elle se sentait vraiment trop mal. Ou du moins, il l’espérait.

Elle parla à Lyu, doucement, et tira les couvertures sur elle. Jehan soupira, une dernière fois, et décida qu’il était maintenant temps de partir et de laisser l’Analyste se reposer. Il lança un regard à Lyu, et la poussa devant lui, avec un léger sourire soulagé.


- Bon, tu n’es peut-être pas aussi mauvaise que je le croyais. Mais maintenant, laissons-la se reposer. Tu dois sûrement avoir des cours à suivre, ou peut-être que tu veux aller rejouer dans la neige, hein.

Il referma la porte derrière lui, et avança d’un pas guilleret vers les appartements de Duncan. Rien de mieux qu’un thé pour chasser le froid qui prenait racine à l’intérieur de son corps.


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MessageSujet: Re: Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]   Lun 15 Oct 2012 - 18:29

Lyu revint avec un plateau d’eau chaude deux minutes plus tard. (Enfin, avec un deuxième plateau d’eau chaude, en fait, le premier ayant subit un regrettable incident de parcours).
Et évidemment, le rêveur l’envoya chercher les herbes.
À Éoliane.
Après avoir remonté et redescendu d’interminables escaliers, après que deux où trois rêveur aient frôlé la crise cardiaque en la voyant débouler à toute vitesse, elle finit par revenir avec ses herbes. Un peu moins que la quantité prévue au départ. Elle avait percutée une Aequor dans un couloir, et même si celle-ci l’avait aidé à ramasser, il y en avait un peu qui restait dans le couloir.
Lyu songea très brièvement que si l’aile ouest prenait feu, la fumée sentirait la lavande.
Bref.
Le rêveur réalisa sous les yeux ébahis de Lyu un astucieux mélange, qui la laissa muette d’admiration. Elle n’avait jamais été très douée pour ce genre de chose, même si elle était capable de préparer une tisane. Dès qu’il s’agissait de proportions, même avec une balance, elle avait un peu tendance à vider tous les sachets dans la tasse jusqu’à ce que le breuvage prenne une drôle de couleur. À ce moment là, elle buvait. C’était justement en se débrouillant comme cela qu’elle avait passé une semaine au lit, en plein mois d’Août.
Jehan écoutait attentivement le rêveur, avec un petit air de celui qui a hâte de retourner dormir dans son bureau ou massacrer des élèves à coup de boule de neige.
Alors qu’il allait quitter la pièce, il se tourna vers Lyu :

- Bon, tu n’es peut-être pas aussi mauvaise que je le croyais. Mais maintenant, laissons-la se reposer. Tu dois sûrement avoir des cours à suivre, ou peut-être que tu veux aller rejouer dans la neige, hein.

Lyu faillit tomber dans les pommes. Le grand intendant le l’Académie, le formidable Sire Hil’Jildwin, la légende vivante de tout Al-Poll venait de lui faire un compliment ! À elle ! À elle, l’insignifiante élève.
Lyu tituba un peu, toute rougissante. Si elle avait été en pleine possession de ses moyens, elle aurait sans doute déclamé avec fierté « Ce n’est rien, Sire. C’est moi qui suis on ne peut plus ravie de ce service rendue à notre analyste bien-aimée ».
Sauf que Lyu... et bien... était Lyu, et qu’elle se contenta de bafouiller :

- Cenériencémoikisuiravie.

Pitoyable...
Très fière, et soucieuse de ne pas décevoir, Lyu revint se rassoir au chevet de l’analyste, arrachant un soupir résigné au rêveur, qui aurait sans doute préféré se débarrasser d’elle au plus vite. Lyu aida le rêveur à porter Dame Jil’Wilën dans ses appartements, et à l’installer dans son lit. Puis le rêveur partit à son tour, non sans avoir laissé une bonne quantité de remèdes et de précautions à prendre.
Lyu tournait autour du lit de l’analyste.

- Vous n’avez besoin de rien ? Vous êtes sûr que vous n’avez besoin de rien ? Si jamais vous avez besoin de quelque chose, surtout vous n’hésitez pas, hein ?

Puis, comme la jeune femme avait l’air d’avoir envie de dormir, Lyu finit par quitter la pièce. Après avoir déposé deux autres couvertures à portée de main, et fermé les rideaux.

- Vous savez où me trouver, fit-elle gentiment en sortant.

Lyu dévala les escaliers à toute vitesse. La plupart des cours avaient été annulés, les terrains d’entrainement étant impraticables. Ce qui faisait que la plupart des élèves se trouvaient toujours dans la cours, à envoyer des boules de neige sur les professeurs qui avaient la mauvaise idée de traverser la cour de la fontaine au mauvais moment.
Lyu sourit en amassant un peu de neige entre ses mains.

Ça allait saigner...


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Il faut battre les blancs en neige, sans en faire des montagnes [Terminé]
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