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 Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]

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Primat de Kaelem et Maître dessinateur
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MessageSujet: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mer 11 Avr 2012 - 12:53

Une silhouette se glissa entre les battants de la grande porte de l'Académie. Le noir de la nuit masquant sa présence aux yeux indiscrets, elle traînait son corps d'un pas lourd et mal assuré. La fine silhouette dissimulait maladroitement son corps chétif et abîmé par la fatigue sous une longue cape. Sa main remonta irrésistiblement vers le haut et tenta de rabattre sa capuche devant son visage blanc neige. Deux yeux fatigués d'un brun-orangé foudroyant fixaient le sol sans grande conviction. Autrefois si brillants, ils étaient à présent aussi vide que le désert des Murmures. Son regard avait perdu sa beauté d'antan, la femme n'était plus que le reflet d'elle-même.
Son regard orange était vide. Inexpressif. Fuyant. Presque mort.
La fuite. Cette dernière était devenue au fil des semaines une fidèle alliée. Son corps entier fuyait la tragique vérité de son handicape et son esprit ne faisait guère mieux. Lors de ses seuls instants en présence d'autres êtres, la femme restait absente. Son enveloppe charnelle était là, mais son âme était loin. Comme morte.
Elle descendait le flanc de la roche supportant l'Académie sans un regard en arrière. Aurait-elle la force de revenir en cet endroit ? Elle en avait plus qu'assez de faire semblant que tout allait pour le mieux, mais elle savait qu'elle ne pouvait faire autrement. Elle savait que le choix ne s'offrait pas à elle. Si elle décidait d'un seul coup de dévoiler sa honte, tout le monde commencerait alors à se préoccuper d'elle, à la surveiller, à la materner, car tout le monde savait bien que la femme vivait seulement grâce et pour son don. Ils auraient sans doute peur qu'elle tente quelque chose d'idiot. Mais le pire n'était guère tout cela. Elle ne voulait pas avouer sa défaite aux personnes qui croyaient en elle, aux personnes qui la croyaient indestructible. Elle n'en avait pas la force. Un tel échec était inconcevable et elle savait se qu'elle risquait en montrant au grand jour sa perte. Elle risquerait à tout moment de se faire renvoyer. A quoi servait-elle à présent ? A rien. L'Académie n'avait pas besoin d'un poids en plus sur ses épaules, elle se remettait à peine de sa dernière blessure. Mais la femme ne pouvait ignorer la menace possible planant au-dessus de leur tête. Que devait-elle faire ?
Ces noires pensées survolaient son esprit depuis près de cinq longues semaines. Cinq longues semaines durant lesquelles elle sombrait de plus en plus profondément dans une abîme sans fond. Une part d'elle-même s'en était allé et elle se sentait comme la moitié de la femme qu'elle était autrefois. Elle n'était plus la même. Elle se sentait changer, se transformer. Mais elle n'y pouvait rien, elle se laissait de plus en plus faire sans pouvoir arrêter sa mutation. Elle ne se doutait pas de se qu'il allait advenir d'elle, car elle en avait plus rien à penser. Elle voulait simplement revenir en arrière, oui elle aurait tout fait pour cela, mais une part d'elle lui montrait la voie de la dure vérité. Elle ne le retrouverait plus jamais. Oui, le don était instable les premiers instants, mais elle n'en était pas là. Cela faisait depuis bien longtemps qu'elle avait dépassé le stade d'apprentie, elle ne devait en outre pas avoir de fluctuation. La Dame en avait malheureusement décidé autrement.
Les nerfs de la femme peinaient à se contrôler. Elle voulait s'énerver du plus qu'elle pouvait, envoyer balader tout se qui lui tomberait sous la main, hurler de toute ses forces, mais d'un autre côté, à quoi lui servirait tout ceci si rien ne s'arrangeait. Cela servirait peut-être à la calmer, mais pas à résoudre ses problèmes.
Elle continuait à avancer droit vers la grande cité nommé Al-Poll. Son but était fixé et personne ne saurait l'en dissuader. Elle ne voulait qu'une seule chose : oublier. Et ceci, qu'une seule alternative lui procurait cette effet de trouble total. Elle s'était toujours promis de ne jamais user de cette abominable chose, mais à présent qu'elle était dans le besoin, elle ne se souciait plus de ses promesses passées.
Elle voulait à tout prix oublier.
Arrivant en vue de la grande Al-Poll, la femme remonta encore sa capuche jusqu'à se que plus personne ne puisse percevoir son visage. Marchant encore quelques minutes, de rues en rues, elle arriva enfin à sa destination finale. On pouvait lire en grosses lettres sur une pancarte en bois massive : au Dragon Vert. Taverne renommée, elle servait un lait de chèvre excellent. Sauf que la femme ne cherchait pas du lait de chèvre, mais un liquide bien plus fort.

La femme pénétra enfin dans la bâtisse. Un monde fou créait un brouhaha insupportable, mais elle ne reculerait devant rien. Elle avait besoin de se laisser évader. Et puis elle préférait cette endroit à l'Académie où tout lui rappelait sa faute. Elle haïssait sa faiblesse et elle détestait encore plus le fait qu'elle se sentait tant impuissante devant ce fait incontournable.
Elle s'avança dans la salle et alla s'assoir à une table libre. N'importe quelle table, elle voulait simplement se poser et attendre. Attendre quoi ? Elle n'en savait fichtre rien. Elle attendait que quelque chose revienne. Son don. Elle voulait le récupérer. A tout prix. Si elle pouvait revenir en arrière, elle le ferait contre n'importe quoi. Elle était prête à tout. Vraiment à tout.
Elle commanda enfin un verre pour que le serveur parte plus vite qu'une mouche en plein vol. Sauf qu'elle l'avala tout aussi rapidement. Une carafe vint alors très vite se poser sur la table en bois brut. La femme ne buvait pas réellement, elle pensait. Trop. Son verre restait là devant elle, vide, et la carafe pleine à ras bord.
Que diraient ses amis s'ils la trouvaient ici ? Que diraient les gens s'ils voyaient Myra Ril'Otrin dans un état pareil de délabrement ? Elle fuyait son reflet tous les matins, un simple miroir la rendait folle car il lui renvoyait une image d'elle qu'elle avait peine à reconnaître. Elle avait honte. Elle n'avait pas dormi depuis des semaines et d'immenses cernes soulignaient un teint blafard sur un visage amaigri par le manque de soin. Elle ne ressemblait plus à la Myra d'avant. A chaque cours qu'elle donnait, à chaque réunion des professeurs, elle se demandait sans cesse se que pensaient les autres. Certains pensaient peut-être qu'elle s'investissait trop dans son travail, d'autres qu'elle était une femme sans grande estime de soi ou d'autres encore qu'elle se fichait totalement de se qui pouvait advenir d'elle. Mais le pire était que certains pensaient juste. Certains ignoraient la nature de son choque, mais savaient au plus profond d'eux qu'il s'était passé quelque chose. Myra espérait que Duncan n'ait rien ébruité. Il était digne de confiance, mais la dessinatrice savait pertinemment que lorsqu'un ami était en danger, on en parlait et on tentait tout se qu'il fallait pour l'aider. Mais Myra ne voulait pas être aidée. Elle avait bien trop d'amour propre pour se laisser avouée vaincue. Elle voulait se débrouiller seule et surtout ne pas rajouter des problèmes en plus à cette Académie. Elle ne voulait pas gêner.

Enlevant enfin son capuchon, elle eut le courage d'entamer la carafe. Son verre plein, elle le vida d'une gorgée. Pourquoi avait-elle été aussi stupide ? Comment était-elle arrivé au point de ne plus connaître ses limites ? Pourtant elle l'avait tant répété à ses élèves. Dépasser ses limites dans les spires était dangereux et elle n'avait même pas écouté ses propres conseils. Elle se rendait compte à quel point elle pouvait être bornée. Même en sachant se qu'elle encourait, elle avait bravé la fureur des divinités. La Dame aura eu raison d'elle. Si toutefois il s'agissait bien de la Dame... Ou de son Héros...
Troisième verre. Une larme. Elle était capable du pire afin d'obtenir se qu'elle avait si stupidement perdu. Du pire. C'était bien cela qui lui faisait peur. Elle ne savait pas si elle serait capable de se contrôler. Et puis... tous ses élèves qui se pavanaient devant elle avec leur don intact. Quelle souffrance. Elle ne savait même pas si elle aurait encore le courage de résister à l'appel de la rage. Ces élèves ignorant qui pouvaient encore admirer la sublime Imagination.
Quatrième verre. Elle n'eut pas le temps de le boire qu'un visage connu se fondit dans l'établissement.
Pourvu qu'il ne la voit pas. Pourvu qu'il aille s'assoir ailleurs.
Pourvu qu'il ne tourne pas la tête.
...




[ It's your turn !! Fais toi plaiz' =D ]


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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mer 11 Avr 2012 - 14:12

Nuit noire. Forcément. Il aurait du s'en douter. Cet idiot de styliste avait traîné et voilà que maintenant il faisait nuit noire. Pratique pour rentrer à l'académie...

Il avait quitté l'académie peu de temps après le déjeuner pour rejoindre son magasin d'Al-Poll. L'après-midi devait être consacré à la présentation de la future collection des boutiques Ril'Enflazio. Et cet imbécile de styliste était arrivé en retard. Passablement énervé, Varsgorn avait tout de même consentit à assister au défilé des propositions faites par le styliste. Robes, costumes, tuniques. C'était un renouvellement complet des stocks des magasins que le styliste proposait. Un véritable pari financier. Un pari financier risqué. Difficile à mettre en place après la dépense astronomique du Labyrinthe.

- C'est dangereux à mettre en place, un tel renouvellement, annonça-t-il au directeur du magasin d'Al-Poll. Je ne suis pas prêt à risqué autant d'argent.

- C'est un investissement et non un risque, assura l'interpellé. Ril'Enflazio fait la mode. Vous pourriez vendre des vêtements transparents que vos clients les achèteraient tout de même.

Il n'avait pas tort mais ça restait un risque. Mais en même temps, Varsgorn avait besoin de ramener de l'or dans ses coffres et il n'y avait rien de mieux qu'une collection complète pour cela. Après tout, il était logé, nourrit et blanchit par l'académie, c'était autant de dépenses en moins. Il avait donc autorisé la production des créations du styliste.


Et c'est en sortant de son magasin qu'il s'était rendu compte que la nuit était déjà tombé depuis plusieurs heures. Heureusement qu'il avait emprunté un cheval dans les écuries de l'académie, le trajet de retour serait plus court.

Mais en passant devant le Dragon Vert qui était encore ouvert à cette heure tardive, il s'arrêta pour s'accorder un petit verre d'un délicieux vin. La taverne était réputée dans la région et pourtant, Varsgorn n'y était jamais venu. Du Dragon Vert, le trésorier ne connaissait que le jeune homme qui venait livrer le vin commandé par l'académie, et encore, ce n'était que de vue étant donné que c'était Jehan qui s'occupait de réceptionner les denrées de l'académie.

Il attacha donc son cheval et il entra dans l'auberge. Surpeuplée et surchauffée. Et Varsgorn ne parlait pas que de la température ambiante. L'ancien mercenaire se dirigea directement vers le bar pour commander. Pendant qu'il attendait son verre, son regard balaya la salle. Ses yeux s'arrêtèrent sur un visage qu'il avait déjà vu. Dame Ril'Otrin, la professeur de dessin de l'académie. Qu'est ce qu'elle faisait ici? Ce n'était pas vraiment l'endroit dans lequel Varsgorn aurait imaginé croisé la demoiselle. Et encore moins avec une carafe de vin à moitié vide à côté d'elle. Le trésorier attrapa son verre et il s'avança vers la table de sa confrère.

- Puis-je m'installer? demanda-t-il.

Voyant que la réponse ne venait pas, l'ancien mercenaire prit place à la table de la professeur.

- Et bien, dame Ril'Otrin, qu'est ce qui vous amène ici, seule et en pleine nuit?

La demoiselle avait l'aspect typique de la personne qui voulait noyer ses souvenirs dans l'alcool. Varsgorn en avait croisé beaucoup et ils savaient désormais les reconnaître. Restait à savoir ce qu'elle voulait noyer ainsi.



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Jeu 12 Avr 2012 - 14:11

Il l'avait vue. Il lui avait adressé la parole. Myra ne lui répondit pas, trop honteuse de se retrouver ici devant lui en aussi pitoyable état. Même s'ils ne se connaissaient que de vue, elle avait honte que l'un de ses collègues la voit comme cela. Elle aurait voulu se terrer milles pieds sous terre. Elle sentit la table bouger sous le poids d'un coude. Il s'était assis. La dessinatrice aurait voulu s'enfuir à toute jambe – sans avoir auparavant emporté la carafe – et de s'isoler durant toute la nuit. Elle qui voulait être seule, c'était raté. D'un certain côté, pourquoi était-elle venue dans la taverne la plus fréquentée si elle voulait être en paix ? Effectivement cette idée n'était pas la meilleure. Il existait d'autres tavernes, mais elle avait eu la bonne idée de venir ici. Qu'elle était stupide.
Deuxième phrase.
Celle-ci, elle la compris et elle ne voyait pas d'alternative pour éclipser la réponse. La tête lui tournait un peu.
Qu'est-ce qui l'amenait ici ? Seule et en pleine nuit ? Elle aurait pu lui répondre qu'elle venait ici pour oublier, pour essayer de revenir en arrière et de pouvoir ne serait-ce qu'un instant penser qu'elle possédait encore son précieux don, mais non. Elle ne le pouvait pas. Elle n'en avait pas la force.
S'avouer vaincue devant lui ? Hors de question. Autant se jeter du haut du toit du bâtiment.
Mentir ? Lui dire qu'elle ne savait pas quoi faire ce soir et qu'elle avait toujours eu envie d'essayer cette taverne ? Idiot. Il ne la croirait pas. Elle n'avait presque jamais quitté les murs de l'Académie alors se n'était pas une simple taverne qui allait l'attirer hors de ses appartements.
Elle pouvait autrement l'envoyer balader ? Lui dire que tout cela ne le regardait pas, qu'il n'imaginait pas un seul instant la nature de se qui l'amenait ici, qu'il n'était pas le bienvenue à sa table. Ces idées toutes aussi ridicules les unes que les autres la firent sourire. Elle était en train de changer. Jamais auparavant elle aurait osé dire cela à un collègue, jamais elle aurait osé parler ainsi à quelqu'un. Et pourtant, qu'est-ce qu'elle en avait envie. Rien que le fait de pouvoir se défouler quelques secondes lui remontait un peu le moral. Mais seulement un peu. Car elle savait que rien ne pouvait la faire sortir des sombres contrées dans lesquelles elle s'engouffrait sans pouvoir y résister.
Elle releva enfin les yeux de ses mains entourant le verre vide. Il la regardait avec un tel regard, des yeux transperçant tentant en vain de déceler les pensées de la femme. Si seulement il savait. Il pouvait tout essayer, mais il ne parviendrait pas à déceler le moindre indice dans ses yeux. Eteints, ils ne voulaient plus rien dire. C'est à peine s'ils réussissaient à rester ouverts.
Cinquième verre.
Elle avait de l'affection pour le trésorier même s'ils ne se connaissaient que très peu. Malgré ses apparences, malgré ses airs mystérieux et son visage trahissant un passé fort, elle l'aimait bien. Il possédait un petit quelque chose qui faisait qu'elle se sentait bien, même si elle en ignorait la nature, elle s'en contentait. Oui, elle avait besoin de se sentir bien, mais ses pensées revenaient sans cesse et elle n'arrivait pas à se détendre. Toutes ces questions sans réponses, il y en avait bien trop. Sa tête lui tournait. La carafe était à moitié vide.
La dessinatrice plongea ses yeux dans ceux de son collègue.


- Je vous en prie, appelez moi Myra. Je déteste ces manières courtoises qui mettent souvent mal à l'aise. Pourquoi ne pas faire plus simple et appeler tout le monde par son prénom ? Ca créerait plus vite des liens qui sait ?

Elle savait que ce n'était pas la réponse que le trésorier attendait. La nature de l'homme impressionnera toujours la dessinatrice. Toujours en quête de la vérité, il est capable de tout pour l'obtenir. La vérité était bien souvent les soucis des autres. Pourquoi s'intéressaient-ils toujours aux malheurs des autres ? Ne pouvaient-ils pas les laisser en paix ?
Myra sourit. Mais la vérité qu'est-ce donc finalement ? Quelques mots et sentiments mêlés ensembles afin de former une histoire douloureuse ? Ou quelques phrases réconfortantes ? Elle est tellement aléatoire qu'on ne peut jamais prévoir si elle fera mal ou pas. Dans son cas, cela ne pouvait que lui faire mal à elle et cela, elle le refusait. Elle refusait de souffrir encore et encore. Elle savait très bien le faire toute seule, elle n'avait pas besoin d'un autre et ses questions pour l'aider. Mais d'un certain côté... qu'est-ce qu'elle avait besoin de se confier, de parler durant des heures de ses craintes, de ses doutes. Elle voulait tout dévoiler à quelqu'un de confiance, mais à quel prix ? Elle ne voulait pas être le centre d'attention de ces regards emplis de pitié. Elle haïssait ces yeux qui se voulaient rassurant et sans le savoir faisaient tout le contraire. Elle ne voulait pas de cette pitié !
Ses yeux n'avaient pas quitté ceux de l'homme.


- Je ne suis pas sûre que cela vous concerne, alors je ne vois pas pourquoi je vous en ferais part.

Ses yeux tombèrent sur la carafe avant de revenir à ceux de son visiteur. Elle se resservit un sixième verre qu'elle ne but cependant pas immédiatement. Entre ses mains, elle le serrait d'une force incroyable. Du verre. Le souvenir de ce jour tragique lui revint une millième fois en mémoire. Retenant ses larmes de justesse, elle continua sa réponse incomplète.

- Pour ce qui est de la nuit, ce n'est simplement que la même version du jour sauf qu'il fait un peu plus sombre. En soit, on ne risque pas plus de choses que lorsqu'il fait jour. Et... ce n'est pas parce que je suis seule que je suis démunie face au danger.

La dessinatrice lui offrit un sourire qu'elle eut de la peine à faire sortir.

- Et vous, que faites-vous ici ?

Personne n'aurait pu contourner le sujet aussi maladroitement.



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Jeu 19 Avr 2012 - 16:33

Il était étrange d'entendre quelqu'un vouloir briser la barrière des noms de familles avec Varsgorn. Habituellement, ses connaissances restaient à ce stade sans vouloir aller plus loin. On ne pouvait pas dire que le trésorier avait des amis, ça serait mentir. Quand il était plus jeune, il avait bien eu des amitiés plus ou moins sincères avec quelques fils issus de familles de nobles qui avaient des affinités avec celle de Varsgorn. En partant pour l'académie de Merwyn, il avait quelques peu couper les ponts avec ces pseudos amis. Il était même incapable de se souvenir de leur tête. Après tout, ça faisait plus de vingt ans qu'il avait pas entendu parler d'eux. A l'académie de Merwyn, il avait noué quelques relations avec des personnes mais quand il avait été laissé pour mort et qu'il avait rejoint le Chaos, il les avait perdu. Mercenaire, il n'avait pas souhaité se lier avec les autres. Les amis étaient une faiblesse pour Fantôme. Fantôme ne voulait pas d'amis et personne ne voulait de Fantôme pour ami. Tout avait été parfait. Maintenant, Varsgorn n'était plus mercenaire mais il ne changerait pas son passé. Et personne ne voulait d'un traître du genre de Varsgorn pour ami. Enfin, c'est ce qu'il croyait. Car aussi étrange que cela puisse paraître, alors qu'elle avait connaissance du passé du trésorier comme tous les professeurs de l'académie, Myra avait émis la possibilité de créer des liens avec l'ancien mercenaire.

Alors que la maître du dessin se servait le troisième verre depuis que Varsgorn était arrivé, Myra s'esquiva de la question du trésorier. Elle espérait sûrement que son interlocuteur allait s'arrêter à un "ça ne vous regarde pas"? C'était bien mal connaître Varsgorn. Maintenant qu'il était à sa table, il voulait savoir pourquoi une dame comme Myra enquillait verre de vin sur verre de vin. Mais déjà, Myra reprenait la parole pour détourner d'une manière peu subtile la question. Varsgorn pouvait lui prouver avec de nombreux exemples que les dangers apparaissent plus facilement à la faveur de la nuit. Deux raisons à cela. L'obscurité facilitait l'approche silencieuse. Ombre parmi les ténèbres. Peur de ce qu'on ne peut voir. Mais l'obscurité n'était pas la seule raison. La nuit, on était souvent seul. Plus dur de se défendre. Personne pour vous aider en cas d'attaque. Pas de témoin pour raconter ce qu'il avait vu.

- Comme vous le voyez, je suis là pour boire un verre avant de rentrer à l'académie. Mes affaires à Al-Poll m'ont gardé un peu plus tardivement que prévu et je me suis dit qu'un petit verre de vin ne ferait pas de mal avant d'affronter la route qui me ramène à mes appartements. Voilà bien longtemps que j'avais entendu parler du fameux vin du Dragon Vert.

Il porta son verre à ses lèvres pour en boire une gorgée.

- Ne croyez pas que je vais vous lâchez. C'est le troisième verre que vous remplissez depuis que je suis là et je suis sûr qu'il y en a eu d'autres avant. J'en ai vu d'autres comme vous dans ma vie et vous avez toutes les caractéristiques de la personne qui veut oublier. Vous pensez vraiment que le vin est la meilleure solution pour cela?

Il but une nouvelle gorgée.

- Personnellement, je ne pense pas. Vous insultez ce délicieux vin en le traitant de la sorte.

Il n'avait pas bu au point d'en être ivre mort. Pour lui, le vin était un plaisir. Il trouvait ridicule ceux qui buvait pour boire, ceux qui buvait dans le seul but de finir raide mort et enfin ceux qui buvait pour oublier. Autant dire que ceux qui réunissaient les trois l'énervaient au plus haut point.

- Je ne vous lâcherais pas tant que vous m'aurez pas dit ce que vous souhaitez oublier. Et je peux être tenace quand je m'y mets.

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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Dim 6 Mai 2012 - 17:41

[ Alors, l'attente était assez longue ?? ^^ bon... j'avoue que j'avais pas prévu d'attendre aussi longtemps pour te répondre --' ]




Myra n'avait jamais réellement adressé la parole au trésorier. Il fallait dire qu'elle n'avait parlé que avec quelques professeurs de choses et d'autres. Oui, peut-être s'étaient-ils parlés à quelques reprises mais pour de simples broutilles comme par exemple le prix de certains matériaux dont elle avait besoin pour ses cours ou autre. Mais jamais sérieusement et pas plus de quelques minutes.
Elle avait les yeux plongés sur ses mains. Elle les regardait, elles qui étaient si livides et amaigries. Elle en avait presque honte. Le verre et la carafe se tenaient toujours devant elle et lui faisait de l'oeil. Ecoutant partiellement le discours de Varsgorn, elle voulait se resservir. Boire pour oublier. Pour certains, cette attitude était idiote et immature, mais elle en avait besoin. Personne ne pouvait comprendre se qu'elle ressentait à cet instant précis. Personne. Car aucun être avant elle n'avait eu le malheur de perdre la moitié de son âme. La moitié d'elle-même. De perdre son don. Elle avait parfois l'impression de s'être totalement égarée. Elle avait besoin d'aide, mais ne voulait pas l'admettre.
L'homme s'était stoppé dans ses paroles afin de boire une gorgée. La dessinatrice aurait voulu parler, mais son esprit était bien trop embrouiller pour qu'elle aligne quelques mots qui aient du sens. Elle n'eut toutefois pas à se forcer, car l'ex-mercenaire reprit la parole. Mais cette fois, ses mots surprirent Myra. Elle releva la tête et plongea ses yeux orangés dans ceux de son interlocuteur.
Elle aurait dû s'en douter. Sa détresse se voyait à des kilomètres à la ronde. Quelle idiote ! Elle devait faire plus attention que cela, personne ne devait savoir ! Et lui, qui venait troubler sa solitude. Et lui, qui voulait à tout prix tout savoir. Il n'allait pas la lâcher.
Non, elle ne pensait pas que le vin allait lui faire oublier, en tout cas pas à tout jamais. Elle voulait simplement être en paix durant une soirée. Une seule petite soirée. Il ne savait pas combien elle souffrait, il ne savait pas combien elle avait envie de se jeter dans le gouffre de l'Oeil d'Otolep. Elle aurait préféré perdre un bras ou une jambe que de perdre son don. Il ne savait pas combien elle aurait voulu revenir en arrière, mais ce n'était qu'une pensée. Cela valait de soi qu'elle ne le pouvait pas. Elle savait que le vin n'arrangeait rien, elle savait qu'il l'aidait le temps d'une soirée. Elle le rencontrait donc à la nuit tombée et veillait en sa compagnie.
Nouvelle gorgée. Mais cette fois-ci, ce n'était pas sa gorge à elle qui toucha le doux breuvage.
Insulter ce précieux vin. Elle en avait rien à faire. Oui, il était bon, oui, il fallait savoir le déguster, mais elle n'avait pas l'esprit à cela. Elle voulait simplement se débarrasser de l'homme et continuer à brouiller son esprit. Elle en avait rien à faire de devoir du respect un quelconque alcool et même lorsqu'elle était lucide, elle trouvait cette idée complètement idiote. Du respect à une boisson. N'importe quoi.
Les deux dernières phrases du trésorier provoquèrent un choque à la dessinatrice. Qu'en avait-il à faire de ses soucis ? Qu'en avait-il à faire de savoir pourquoi elle se tenait là à boire jusqu'à l'épuisement ? Il voulait tout savoir. Que voulait-t-il ? Qu'elle lui dise qu'elle avait perdu son don comme l'idiote qu'elle était en tentant de braver le Dragon et sa Dame, et qu'à présent elle était aussi désemparée que l'Intendant sans ses pantoufles ? Oui, elle buvait. Et alors ! Cela ne le regardait pas. Elle n'avait pas à lui révéler des problèmes aussi personnels que ceux-ci. Oui, elle buvait et même si cela ne collait pas du tout à son personnage, elle n'arrêterait pas tant qu'une quelconque lumière ne vienne la sauver. Une lumière ou une ombre. N'importe. Elle voulait être sauvée. Elle voulait récupérer son don. A tout prix.
Un personnage. Qu'était-ce qu'un personnage... Un identité que l'on se faisait et que l'on gardait comme une étiquette. Une définition de la personne. Le personnage. Une identité. La femme avait perdu la sienne. Personnage. Quel mot ridicule.


Un sourire s'étira sur le visage de Myra et elle réussit à stopper in-extremis un rire qui pointait le bout de son nez. Ecartant les deux objets de verres, elle se pencha jusqu'à pouvoir presque toucher les lèvres du trésorier de ses doigts. Sans l'avoir quitté des yeux, elle murmura quelques paroles.

- Tenace ? Vous n'êtes pas le seul à l'être... Essayez donc de creuser en moi, mais j'ai bien peur que vous ne vous confrontiez à un mur indestructible.

Quelques centimètres. Seuls quelques centimètres les séparaient. Myra allongea cette distance bien trop vite. Il n'avait pas le droit de rentrer ainsi dans sa vie alors qu'il ne la connaissait pas. Elle non plus ne le connaissait pas. Ils ne savaient rien l'un de l'autre, même si les rumeurs courraient extrêmement vite et que celles sur le trésorier n'étaient pas adorables. Loin de là. Myra, au contraire de certains professeurs, se moquait de savoir qu'il avait été mercenaire et avait aidé à la prise de l'Académie. Elle n'en avait rien à faire. Elle n'était pas de ceux qui jugeaient les gens par leurs actes passés. Pour elle, seul le temps présent comptait. Seules les actions à venir importaient.
La dessinatrice se cala dans son siège. Croisant ses bras sur sa poitrine, elle observait l'homme.


- Et puis... après tout... je ne crois pas que vous soyez en droit de me forcer à tout vous avouer.

Elle avait décidé qu'elle l'aimait bien, mais il commençait sérieusement à lui taper sur les nerfs. Comment osait-il vouloir entrer ainsi dans sa vie ? Elle n'espérait qu'une seule chose, qu'il parte sur le champs et qu'il la laisse en paix. Mais elle savait que tout ceci était impossible. Bien trop têtu. Tête de mule ! Elle n'aimait réellement pas les intrusions comme celle qu'il tentait de faire. Il voulait entrer de force dans sa vie, dans sa tête. Après tout, elle n'avait pas de compte à lui rendre, elle faisait se qu'elle voulait.
Myra ne savait plus quoi dire. Son esprit, quoique un peu fatigué, lui dictait que l'homme n'allait pas partir de sitôt. Soit elle lui faisait comprendre qu'elle ne voulait pas de sa compagnie, soit elle s'en allait de son propre chef. Mais elle ne voulait pas s'en aller et surtout, elle ne voulait pas déclarer forfait.
Elle le regardait droit dans ses yeux d'un noir de nuit insondable. Leurs regards se narguaient. L'un cherchait des réponses, l'autre une opportunité de s'échapper. Rien. Aucun des deux buts ne parvenaient à être atteint.
La dessinatrice avait beaucoup trop chaud. Retirant sa cape et la posant sur le dossier de la chaise, elle se rapprocha de l'homme comme si elle ne voulait pas être entendu lorsqu'elle prendrait la parole. les coudes sur la table, elle posa son menton sur ses mains. Toujours ce regard noir fixé par l'orange. Elle ouvrit la bouche.


- Alors ? Quelle est votre stratégie pour me tirer les vers du nez, cher ami ?

Sourire narquois.




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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mar 29 Mai 2012 - 16:17

Varsgorn termina son verre en écoutant Myra tenter vainement de défendre. Pourquoi vain? Car le trésorier attendrait le temps qu'il faut mais il apprendrait ce qui tourmente la dessinatrice. C'est vrai qu'il n'en avait pas forcément mais il en avait envie et ça changeait tout. On ne refusait jamais rien à un Ril'Enflazio. Ce qu'il ne pouvait obtenir en le demandant poliment, il l'achetait. Ce qui ne pouvait être acheté, il l'arrachait. C'était ainsi. Bien évidemment, pour la dessinatrice, c'était différent. Il n'allait pas la torturer pour obtenir son secret mais ce n'était pas pour ça qu'il renoncerait à apprendre ce qu'il voulait savoir. Il n'avait rien d'autre à faire de sa nuit et le lendemain, il pouvait rester au lit aussi longtemps qu'il le désirait pour récupérer d'une éventuelle nuit blanche. Il avait donc tout son temps pour questionner Myra.

L'ancien mercenaire leva le bras droit, claqua des doigts pour attirer l'attention de l'aubergiste et il commanda une bouteille.

- Permettez que je vous accompagne. Vous videz verre sur verre alors que je n'en suis qu'à mon premier.

La bouteille arriva prestement et Varsgorn se servit un nouveau verre.

- A quoi bon vous donnez ma stratégie? Je ne suis pas un idiot qui dévoile ses plans. Ainsi, j'apprendrais tout de vous, sans même que vous vous en rendiez compte.

Il leva son verre.

- Trinquons à l'académie, chère amie. Qu'elle continue à se relever des épreuves qui lui sont imposées.

Les deux verres s'entrechoquèrent et Varsgorn but une gorgée.

- Depuis combien de temps êtes vous à l'académie? Il me semble que vous étiez déjà en poste quand j'ai été engagé en tant que garde, dans un premier temps.

Sa stratégie était simple. Détourner l'attention de la question clé afin que l'aveu devienne ensuite naturel. L'alcool serait un allié pour le trésorier. Il empêcherait la dessinatrice de trop analyser le piège au milieu des questions. Enfin, il misait beaucoup dessus.

C'était une étrange façon de mener un interrogatoire à vrai dire. Quand il était encore un mercenaire, il était plutôt un spécialiste des différentes façons de torturer sans pour autant tuer. Un spécialiste, c'était peut-être vite dit étant donné qu'il n'était en vérité pas le premier à être appelé pour torturer les prisonniers. Mais, ça n'empêchait pas qu'il avait obtenu de bons résultats pour faire parler les gens. Avec Myra, ça prendrait plus longtemps, mais il obtiendrait le résultat qu'il désire.

-
D'ailleurs, comment vous êtes vous retrouvée à l'académie? Vous y étiez élève avant?

L'académie de Merwyn avait beau être réputée, le climat était assez rude et n'était pas très attirant pour d'éventuels professeurs. La beauté de la capitale et le climat du sud était bien plus intéressant. Varsgorn en arrivait parfois à regretter son manoir d'Al-Vor. Quand Enelyë aurait terminé ses études à l'académie, il lui proposerait de s'installer là-bas, ou ailleurs. Il était aisé pour Varsgorn d'acheter une demeure dans un endroit plus joli et plus chaud qu'Al-Poll. Al-Chen et son lac par exemple.


[Voilà, promesse tenue angel j'espère que ça t'ira, sinon MP]



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mar 12 Juin 2012 - 11:50

Varsgorn se commanda soudain une bouteille et il se servit très vite un verre. Il était vrai qu'elle en vidait beaucoup, elle ne faisait que ça. En réalité, Myra avait arrêté depuis quelques minutes, car l'homme était bien plus distrayant qu'une pauvre bouteille en verre remplie d'un liquide vicieux. Elle avait complètement oublié le verre à moitié vide qui se tenait devant elle. A vrai dire, elle commençait presque à s'intéresser plus à leur petite joute verbale qu'à l'alcool qui l'attendait patiemment dans son verre.
Il n'était vraiment pas idiot celui-là, et puis il n'avait surtout pas perdu ses anciens réflexes. On les perd rarement facilement. Sans qu'elle ne s'en rende compte ? C'était pas bien dur, elle était déjà à moitié dans les vapes à causes de se qu'elle avait dans l'estomac, alors lui soutirer des infos sans qu'elle ne le voit n'allait pas être un jeu très amusant. Le trésorier risquait plus de s'ennuyer qu'autre chose, en plus de ça, elle avait tout de même un peu ses esprits, enfin, quelques uns encore. Très peu à vrai dire.
Il leva soudain son verre et proposa de trinquer à l'Académie. Surprise, elle leva tout de même le sien à son tour, mais elle ne bu qu'une petite gorgée, à peine. Elle avait les yeux rivés sur lui.
Il la prit au dépourvu en lui posant une question qu'elle n'aurait jamais cru entendre à un stade de la discussion. Depuis combien de temps était-elle ici ? Elle ne se souvenait pas exactement le nombre de mois, mais elle savait que l'Académie était toujours aux prises avec les mercenaires. Oui, ça, elle se le rappelait très bien, même parfaitement. Une soirée en particulier flottait dans ses rêves, une soirée qu'elle ne revivrait jamais. Unique. Son seul souvenir réveillait en elle des sentiments qu'elle n'aurait jamais cru ressentir un jour, des sentiments qu'elle n'avait jamais pu partager. Avait-il ressenti la même chose ? Ces papillons dans l'estomac, ces étranges pulsations. Une nuit, un homme. Elle n'avait vu son visage qu'une seule fois, ils s'étaient parlés durant quelques instants. Ils ne se connaissaient pas, mais ce moment unique durant lequel ils s'étaient aperçu, elle ne l'oubliera jamais. Comme un rêve, elle y repensait sans cesse avec un sourire, le seul qui ne dépendait pas de l'effort. Un rêve entouré d'un voile d'argent presque rosé. Elle avait parfois l'impression que cela en avait été un. Jamais elle ne l'avait revu, jamais elle n'avait ré-entendu sa voix. Pour d'autres elle sonnait dure et froide, mais étrangement, avec elle, les trilles de sa voix étaient chaudes, agréables. Ce n'était que lorsqu'elle appris sa disparition qu'elle su que cette nuit-là allait rester un rêve à jamais. Un simple rêve qu'elle allait garder en elle. Pour toujours.
Pourquoi venait-il lui parler de son arrivée à l'Académie celui-là ! Ne voyait-il pas qu'elle essayait d'oublier ? Elle voulait qu'il arrête de lui parler ou du moins s'il ne le faisait pas entièrement, qu'il parle de lui. Elle pouvait tout autant parler de son passé et le mettre tout aussi mal à l'aise. Qu'il arrête bon sang ! Elle ne voulait plus penser à l'Académie, elle venait ici pour échapper à celle-ci, pas pour s'y replonger tête baissée. Et lui, il l'envoyait de force en plein dans le mur.
Elle se contint tout de même et lui répondit le plus simplement qu'elle pu.


- Eh bien, je n'en sais rien, il me semble être arrivée lorsque tout semblait s'arranger pour l'Académie...

S'il voulait réveiller des souvenirs douloureux en elle, il n'allait pas s'en tirer aussi facilement. Elle lui réservait un joli plateau rempli de souvenirs. Certes, elle ne connaisait pas son passé à lui, mais elle savait qui il avait été et cela suffisait. Il n'allait pas s'en tirer comme ça sans une égratignure. Elle n'avait rien contre lui, certes il avait été mercenaire, mais elle s'en fichait. Qu'il vive avec ses souvenirs et qu'il ne lui fasse pas chier. Sauf qu'il voulait déterrer ceux de la dessinatrice et ceux du trésorier s'avéraient alors très utiles notamment dans une situation pareille. Sinon, elle n'aurait jamais eu l'idée de faire recours à eux. Elle n'aimait pas parler du passé et le plus souvent ignorait celui des gens qu'elle avait en face d'elle.
Bref, là n'était pas la question. Dans tous les cas, elle ne voulait pas lui faciliter la tache et elle possédait une carte dans sa manche. Une carte qu'elle gardait pour le bon moment.


- Dans tous les cas, je n'étais encore qu'une assistante, même si je ne le suis pas restée longtemps. La pauvre Maya... finir comme cela. C'est bien triste, m'enfin bon.

Pourquoi sans cesse vouloir connaître la vie des gens ? Ne pouvait-on pas simplement parler de tout et de rien ? La race humaine était définitivement bien trop curieuse. Il posa une autre question. Vraiment trop curieux ou était-ce sa dite stratégie ? La dessinatrice le trouvait amusant et partit d'un rire qu'elle ne put contrôler.

- Ahahahaahah ! Vous me paraissez bien trop curieux et d'ailleurs, je pourrais vous poser la même question, mais je n'en ferais rien. Je me fiche totalement de la manière dont vous vous êtes retrouvés ici et vous devriez faire de même.

Myra en avait plus que marre d'entendre le mot «Académie» sortir de la bouche du trésorier, elle en avait marre de penser à cette foutue salle de dessin, de penser aux élèves dormant tranquillement dans leur lit avec leur don bien à l'abri. Elle en avait marre de ne plus pouvoir sentir la présence rassurante et si proche des spires à son esprit. L'Académie commençait à l'ennuyer et elle détestait penser aux cours qu'elle donnerait le lendemain sans pouvoir réellement y participer. Comment pourrait-elle continuer ainsi, sans don ? Elle devrait tout le temps faire recours à Ciléa à laquelle elle ne voudra jamais dire la vérité, mais la dessinatrice voudra savoir. Comment faire ? Non ! Elle ne voulait plus y penser ! Ses nerfs commençaient à gonfler, elle voulait sortir de cette salle, marcher encore et encore jusqu'à ne plus pouvoir. Marcher n'importe où, mais dans un endroit qui ne la forcerait pas à penser à cette foutue Académie et à se qui la concernait. Mais elle ne pouvait pas s'enfuir comme cela, le trésorier allait se douter de quelque chose. Elle releva les yeux de ses mains presque squelettiques.

- Mais arrêtons de parler de l'Académie pour ce soir, elle occupe déjà toute nos journées. Je propose que nous parlions plutôt de choses et d'autres, comme... comme cette rumeur à propos de la situation de l'Empereur. Est-il vrai qu'il n'ose plus mettre le nez dehors ? Je trouve cela déplorable de la part d'un monarque. Craindre son empire, quelle ironie !










[ Mea culpa pour le retard, 'scuse moi ]
[ Au prochain post faudra faire tout péter, ça devient un peu monotone alors je t'autorise à faire se que tu souhaite de ma Myra angel ]


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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Dim 8 Juil 2012 - 22:31

Arrivée quand tout allait mieux? Ainsi il était arrivé avant elle? Possible. Il ne s'en rappelait pas bien. Il faut dire que, quand il était arrivé à l'académie, il n'avait pas fait très attention aux professeurs. Ou alors uniquement à ceux qui, selon ses supérieurs, étaient dangereux pour le Chaos. Le nom de Maya ne lui disait rien non plus. Autant dire qu'il ne savait pas comment elle était morte. Il s'en moquait. Les morts n'étaient plus intéressant. Il ne la connaissait pas, ne l'avait jamais croisé. Il n'allait donc pas la pleurer. Ca serait du temps perdu.

- Il y a bien longtemps que mes affaires ne m'ont pas menées à Al-Jeit. Je ne pourrais vous dire avec certitude la véracité de cette rumeur.

Il avait souvent rencontré l'empereur Sil'Afian, que ce soit pour affaires ou dans des dîners mondains. Homme très sympathique, il fallait l'avouer et très friand des vêtements venant de chez Ril'Enflazio. Aux yeux de Varsgorn, il n'avait pas paru excessivement prudent. Bien évidemment, il avait des gardes portant la livrée impériale, ainsi que des membres de la Légion Noire. Mais ce n'était qu'une protection nécessaire pour un homme d'une telle envergure. N'était-il pas celui qui dirigeait l'empire tout entier? Sa position était convoitée et sa vie forcément menacée. Pourtant, il était surprenant d'entendre dire qu'il ne sortait plus de son palais.

- Je connais Sil'Afian pour l'avoir croisé parfois. Ca me surprends d'apprendre qu'il se terre dans son palais. Il a sûrement une bonne raison et je ne pense pas que c'est à cause de la peur de son empire. Peut-être est-il souffrant et qu'un de ses opposants à fait courir cette fausse rumeur. Les paroles traversent les plaines plus vite que les chevaux.

Des rumeurs, ils en courraient sur tout le monde. Varsgorn n'avait jamais entendu parler de "on dit" sur sa personne mais il n'était dupe, il y en avait certainement. C'était rare que la personne concernée entende un seul trait des rumeurs le concernant.

Alors que Varsgorn terminait son verre et le reposa sur la table, une rixe éclata à une des tables voisines. Deux soulards en venaient aux mains et le tavernier avait bien du mal à les faire sortir. Soudain, un violent coup de poing, une droite envoyée en plein dans le nez, envoya l'un des deux valser contre la table de Myra et Varsgorn. Bien évidemment, la table, sous le poids de l'homme, se renversa entrainant avec elle les bouteilles et les verres. Par réflexe, l'ancien mercenaire s'écarta juste à temps en repoussant sa chaise pour éviter un flot de liquide qui aurait sans aucun doute tacher ses vêtements. Myra, moins entraînée et plus imbibée d'alcool que lui, n'en fut pas capable. Le vin éclaboussa sa robe. D'un bond, Myra se leva pour sermonner le soulard qui se relevait tant bien que mal. Plutôt mal que bien d'ailleurs, étant donné qu'il s'y reprit à trois fois avant de parvenir à se remettre sur ses deux jambes.

C'était un vrai capharnaüm pour ne pas dire bordel dans la taverne. La table reversée. Myra qui s'engueulait avec les deux soulards. Le tavernier qui tentait de calmer tout le monde. Varsgorn, lui, se massait le dos. En reculant, sa chaise n'avait pas parfaitement suivit le mouvement qu'il avait désiré lui faire faire et elle s'était brisée sous lui. Bon sang, c'était pas agréable. Il s'étira un peu histoire d'apaiser la douleur. Le trésorier regarda la scène qui se déroulait devant lui. L'homme qui s'était écroulé sur la table avait les habits tachés du vin qui s'était répandu au sol et du sang qui pissait de son nez cassé. Myra avec sa robe tachée de vin également. Et le troisième larron qui avait encore ses habits, si on pouvait appeler ça des habits, relativement propres mais qui semblait avoir bu plus d'une bouteille depuis qu'il était arrivé.

"Pourquoi je n'ai pas poursuit mon chemin jusqu'à l'académie au lieu de venir dans cette auberge?" se demanda Varsgorn.


[C'est pas super long, désolé mais j'ai tenté de faire bouger les choses, j'espère que ça t'ira]



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Ven 13 Juil 2012 - 0:10

Myra écouta la réponse de l'homme d'une seule oreille, elle n'en avait que faire de l'Empereur et de ses problèmes. Elle n'avait jamais réellement aimé accompagner ses parents dans les diners mondains et encore moins dans des visites de courtoisies à la cour. Même si ces dernières n'étaient pas si nombreuses que cela. Lorsqu'elle était petite, elle préférait aller jouer dans les rues – pour aussi impressionnant que cela puisse paraître – avec des garçons qui ne la jugeaient pas toutes les deux minutes. Elle adorait ses parents, mais ils avaient tendance à trop donner leur avis sur ses faits et gestes. Et lorsque la dessinatrice leur avoua son envie d'aller enseigner à l'Académie de Merwyn, il était certain qu'ils allaient désapprouver. Ils ne juraient que par Al-Jeit et sa somptueuse Académie et trouvaient celle que Myra avait choisie dénuée d'intérêt pour une dessinatrice de sa trempe. La femme n'avait rien fait de leurs discours, elle avait fait ses valises et s'en était allée. Ils ne pouvaient rien contre leur fille. Et à présent, ils n'étaient même plus là afin de voir se qu'elle avait accompli.
Myra se rendit compte que le trésorier ne parlait plus et soudain, un duel éclata à une table voisine. Deux ivrognes venaient apparemment d'avoir un différent et, ne sachant soudain plus parler, ils préféraient le luxe des poings. Le tavernier avait beau gesticuler afin de les arrêter avant la catastrophe, il n'arrivait à rien. Le duel était lancé, personne ne pouvait plus rien pour les stopper. Soudain, un des deux se prit un coup en plein dans le mille et son corps entier vint se répercuter contre la table de Varsgorn et Myra qui bien sûr, céda sous le poids de l'homme. Les bouteilles furent entraînées ainsi que les verres. La dessinatrice n'eut pas le même réflexe qu'elle vit chez le trésorier et se fit éclabousser par le vin qu'elle n'avait fini. Elle observa sa robe tachée de vin et se leva d'un bond. Lorsqu'elle fut debout, le monde sembla vriller autour d'elle, mais quelques secondes plus tard tout allait plus ou moins normalement.
Ils croyaient qu'ils pouvaient impunément salir sa robe comme cela, qu'ils pouvaient se battre et gâcher sa soirée ? Elle ne les laisserait pas faire. Ca non, vous pouvez le croire. Elle se rua vers l'ivrogne qui tentait de se relever sans grands succès.


- Nan mais tu te crois où, à la foire d'Al-Far ? Si tu veux te battre, va faire ça dehors ! Tu sais combien elle m'a couté cette robe ? Beaucoup trop pour toi et maintenant à cause de tes conneries, elle est fichue ! Pauvre imbécile !

Elle hurlait encore lorsque l'autre ivrogne, le responsable de la chute, vint se rajouter au champs de vision de la dessinatrice. Elle en avait marre et l'alcool qui parcourait son sang n'aidait pas au calme. Bien au contraire. L'autre imbécile prit la parole ou dans tous les cas, essaya.

- T'as... t'as rien à nous diii... -re. C'toi la pauvre imbécile... Regarde... toi, t'es même pas foutue d'aller dans ton mooonde... Tu viens polluer le nôtre. Retourne vers tes foutus parents riches jusqu'à la moelle et ta fou... -tue noblesse...

Myra ne pouvait pas laisser cet ivrogne de bas étage parler comme cela d'elle et de ses parents défunts. Cet imbécile ne savait pas se qu'il venait de déclencher en elle, il allait le regretter. Elle... La vérité la frappa de plein fouet. Tout se qu'elle avait préparé dans sa tête devenait impossible, tout ce à quoi elle avait pensé devenait rêves, ou plutôt cauchemars. L'alcool lui avait fait oublier qu'elle avait perdu son don. Durant quelques minutes, elle s'était sentie à nouveau dessinatrice, elle s'était cru pouvoir lui faire regretter ses paroles, mais les souvenirs s'étaient imposés à elle. Myra ne sentait plus le doux appel des spires, elle ne voyait plus la douce lueur de l'Imagination. Une colère l'envahit alors. Mais les raisons s’entremêlaient dans sa tête. Tout d'abord parce que l'ivrogne lui avait sali sa robe, qu'il avait insulté la mémoire de ses parents, mais aussi parce qu'il venait de gâcher tout se qu'elle avait essayé de mettre en place durant cette soirée. Elle voulait oublier durant quelques instants son cauchemar, elle voulait lui échapper, mais cet imbécile venait de tout détruire. Il allait le regretter.
Elle releva son buste afin de paraître plus grande que lui, encore qu'elle avait de la marge pour y arriver. Puis elle recommença à lui hurler dessus.


- Face de Ts'Liche !! Reparle ne serait-ce qu'une seule fois de mes parents comme cela et tu verras se que je te réserve ! Résidu de troll !! Espèce de raï dégénéré !

L'homme ne parut pas comprendre la longue phrase qu'elle avait prononcé, mais les insultes, ça, il les avait comprises. Et il n'attendit pas une seconde de plus afin de lui montrer sa réaction, digne d'un ivrogne. Il envoya son poing en plein dans la figure de Myra. Cette dernière recula sous le choc et sentit du sang couler le long de sa lèvre. Elle ne hurlerait pas si c'était se qu'il cherchait. Elle ne montrerait pas qu'elle souffrait, car cette blessure là n'était rien comparé à celle qui grandissait en elle. Cette plaie béante qu'elle n'arrivait pas à fermer. Elle peinait à croire qu'un jour elle n'existe plus d'ailleurs.
La dessinatrice avait beau l'air de ne pas réagir face à cela, elle bouillonnait à l'intérieur. Elle aurait voulu faire un pas sur le côté, l'emmener loin d'ici, dans les plaines d'Astariul, mais elle ne le pouvait plus. Elle aurait voulu lui envoyer une bonne vingtaines de dessins dans sa face de raï, mais elle ne le pouvait plus. Elle bouillonnait de fureur contre cet imbécile qui avait taché sa robe, contre l'imbécile qui l'avait frappé, contre l'imbécile qui venait de lui rappeler se qu'elle tentait d'oublier. Elle leva son regard de feu et fusilla l'homme du regard. Elle s'approcha lentement vers lui, ce dernier ne comprenant pas pourquoi elle revenait à l'assaut. Il n'allait pas s'en sortir comme cela. Même si elle ne savait pas encore comment.
Elle fit soudain un mouvement du buste et envoya son poing à elle dans le nez déjà cassé de l'homme qui hurla à la mort. Sans qu'elle ne sache pourquoi, sa main était partie seule. Mais il fallait avouer qu'elle n'était pas déçue du résultat. Sauf qu'elle n'avait pas prévu la réaction de l'autre ivrogne. Ce dernier prit Myra par les cheveux et la tira en arrière. Elle tomba au sol et vit l'autre arriver sur elle. C'était apparemment une dispute entre amis, car on ne défendait pas quelqu'un que l'on ne connaissait pas. Ces deux abrutis étaient amis et à présent celui dont le nez était intact se jetait sur elle. Fermant les yeux, elle se prépara au choc, car elle se savait incapable de se relever ou de se défendre. Un bruit mat résonna soudain. Fronçant les sourcils, la dessinatrice rouvrit les yeux. Varsgorn s'était dressé entre elle et l'ivrogne et venait de le balancer à l'autre bout de la pièce. Mais ce n'était pas fini. Les deux ahuris se jetèrent têtes baissées sur l'ancien mercenaire et une bagarre débuta. Elle savait qui allait en sortir vainqueur.

Myra se releva avec difficulté et lança un dernier regard au trésorier. Il pouvait se débrouiller seul et elle voulait échapper à ses questions. Sortant de l'auberge, elle prit soin de rabattre son capuchon sur sa tête. Avançant vers un endroit encore inconnu, elle ne pensait plus. Elle voulait arrêter de penser. Arrêter de marcher et se poser pour se laisser mourir. Comment pouvait-elle vivre sans la moitié de se qu'elle était, sans son âme ? Elle ne voulait plus vivre comme cela, privée de tout se qui la définissait.
Elle essuya d'un revers de manche le sang qui coulait encore sur sa lèvre. Maintenant que sa robe était tachée de vin, un peu de sang n'était pas de trop. Elle marchait dans la nuit, ne sachant où ses pieds allaient la mener. Elle déambula dans la ville durant une vingtaine de minutes, traversant rues en tout genre et tournant selon son bon vouloir. Mais soudain, une main se posa sur son épaule, une voix résonna dans son dos. Se retournant plus ou moins vite selon se que l'alcool encore présent lui accordait, elle se retrouva nez à nez avec Varsgorn. Encore lui. Il venait de lui dire quelque chose, mais elle n'avait pas entendu. Bien trop préoccupée par la question qui était celle-ci : comment l'avait-il retrouvée ? Bon peut-être qu'après tout ce n'était tout de même pas si compliqué pour lui. Pour l'homme qu'il avait été autrefois. La dessinatrice s'était alors arrêtée, mais reprit bien vite sa route. Peut-être abandonnerait-il. Non, elle se trompait. Elle entendit les pas de l'homme derrière elle. Se retournant encore une fois, elle faillit buter contre lui. Elle plongea son regard brun orangé dans le sien.


- Pourquoi tu me suis ? T'as envie que je te dise merci, c'est ça ?... Eh ben merci. Maintenant, laisse-moi.

Elle recommença à marcher, mais une main la stoppa net. Myra se retourna pour la troisième fois et prit la parole avant même qu'il puisse émettre un seul son.

- Quoi ?! Je peux me débrouiller toute seule, alors laisse-moi !!

Elle enleva la main du trésorier d'un revers d'épaule.

- J'te le dis comment, en Ts'Liches ? Lai-sse moi seu-le !!







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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Ven 13 Juil 2012 - 22:11

La suite s'enchaina plus vite que Varsgorn ne l'aurait cru possible. Une vraie tigresse cette Myra. Elle s'était lancée à l'assaut des deux belligérants. Elle se mêla même à la bagarre. Elle reçu même un coup de poing avant même que le trésorier ne pu intervenir. Le sang se mit à couler de sa lèvre. Quand l'un d'eux l'agrippa par les cheveux, Varsgorn se précipita. Ce fut lui qui reçu le coup de poing. Ou plutôt qui stoppa le poing. Avant même que l'autre idiot se rende compte de ce qui se passait et ne dévisage l'ancien mercenaire, ce dernier l'envoya valser au loin. Mais ils n'avaient visiblement par leur dose car ils chargèrent tout deux. Bien. Un petit combat pour se défouler. Pas de souci. Ca n'allait pas durer bien longtemps. En face de lui, il avait des hommes imbibés d'alcool qui, même sans le vin pour les ralentir, n'auraient jamais pu espérer triompher de Varsgorn.

Croche-pied. Coup de poing dans le dos. A terre. Suivant. Esquive. Coup de poing dans le ventre.

- Messieurs, je vous en supplie, sortez de mon auberge.

Le tavernier. Il avait pas tord. Ca faisait désordre. Et surtout, il était pas venu pour se battre. Il agrippa le gars qui s'était pris son poing dans le ventre.

- T'as entendu le monsieur? Dehors, on a assez vu ta sale trogne.

Varsgorn l'envoya valser en direction de la porte qui s'ouvrit sous le poids et la vitesse de l'homme, qui se retrouva étendu dehors. L'autre ne se relevait pas. Endormit à terre. Le poids de l'alcool. L'ancien mercenaire l'empoigna par le col. Le buveur émergeait sans comprendre où il se trouvait.

- Vas cuver ton vin ailleurs, la fête est finie.

Il l'envoya rejoindre son compagnon. Le trésorier chercha Myra des yeux sans la trouver. Il alla payer le tavernier.

- Où est la femme avec qui j'étais attablé?

- Elle est partit, messire.

Bon sang. Et il ne l'avait pas vu. Varsgorn tourna les talons, laissant suffisamment d'argent à l'aubergiste pour rembourser les dégâts et il fonça pour retrouver Myra.

Il entra dans une ruelle et s'apprêtait à monter sur les toits pour avoir une vue d'ensemble quand il entendit des voix:

- Alors le nobliau, on essaie de jouer au singe? File ton or au lieu de faire mumuse.

Des brigands. Il n'avait pas de temps de s'attarder. Varsgorn s'approcha d'eux d'un pas vif. Le combat avec les deux soulards l'avait echauffé. Il empoigna l'un de ses couteaux. Avant que les brigands n'ait le temps de réagir, la lame était déjà sous la gorge de celui qui l'avait interpellé.

- J'ai pas le temps de m'amuser avec toi. Je cherche une femme qui est passé depuis peu. Tu l'as vu?

Le brigand n'hésita pas une seule seconde et il lui répondit en désignant un endroit.

- Par là, on pensait s'occuper d'elle après avoir amasser ton or.

Varsgorn ne le remercia pas et il rengaina son couteau pour piquer un sprint dans la direction désignée. Il rejoignit Myra sans trop de souci. Elle essaya de lui fausser compagnie mais il continua de la suivre. Il lui plaça sa main sur l'épaule pour la stopper mais une nouvelle fois, elle lui demande de le lâcher.

La remarque de la dessinatrice fit sourire le trésorier. En Ts'liche? Vraiment? Il n'avait croisé que des Raïs et déjà leur langue était particulière. Entendre Myra siffler comme les insectes dessinateurs serait du dernier comique.

- Bien que j'aimerais tant vous entendre parler le Ts'Liche, ce n'est pas la peine. Mais je ne vous laisserais seule que lorsque vous aurez regagner votre lit. Je viens de croiser des bandits qui auraient été heureux de s'occuper de vous et je doute que vous soyez capables de vous protégez quand je vois ce que deux hommes rongés par l'alcool ont fait de vous.

Il s'approcha d'elle.

- Vous n'êtes pas obligé de me parler. Après tout, nous vivons au même endroit. Nous rentrons donc ensemble par le même chemin. Que ça vous plaise ou non.

Elle n'avait pas fière allure la maître du dessin. Du vin sur sa robe. Sa lèvre qui saignait. Une démarche mal assurée. Non vraiment, on avait du mal à se dire qu'elle était en charge de plusieurs élèves et qu'elle était Primat. Qu'est ce qui avait bien pu la pousser à se mettre dans cet état-là?

- Toujours pas envie de me parler de vos soucis?



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mer 18 Juil 2012 - 0:02

Il prit ses paroles à la rigolade. Pour qui se prenait-il ? Se moquer d'elle comme ça ! Si elle n'était pas aussi impuissante face à lui – et bien sûr si les spires étaient encore présentes à ses côtés – elle le lui aurait fait regretter. Mais elle ne le pouvait pas et en avait marre qu'il la suive partout où elle allait. Elle l'appréciait, mais il ne fallait pas pousser trop loin tout de même. Elle avait espéré se retrouver seule durant la soirée, tranquille, et la voilà qu'elle se récoltait un trésorier qui voulait à tout prix faire de la galanterie en la raccompagnant. Même si il avait raison et qu'ils allaient dans la même direction. Il serait donc très difficile pour elle de s'en débarrasser.
En effet, elle n'était plus à présent capable de se protéger. Elle le savait pertinemment et n'en tenait pas compte du tout. La dessinatrice se fichait bien de se qui pouvait lui arriver, elle voulait juste comprendre pourquoi son don lui avait été retiré et surtout, par quel miracle. Ou plutôt par quel malheur. Que des bandits viennent l'attaquer dans les rues, très bien. Elle n'en avait que faire. Peut-être qu'un peu d'action la remuerait et ferait bouger les choses, qui sait.
Varsgorn s'approcha soudain d'elle. Myra n'essaya plus de reculer. Elle ne voulait plus se débattre, simplement rentrer et se poser dans ses appartements.
Il avait tord. Elle avait envie de parler, de hurler sa douleur même. De crier sur les toits sa rage de son impuissance. Elle voulait hurler encore et encore jusqu'au point de n'être plus qu'une boule de cris rauques interminables. Toute la colère qu'elle avait envers elle-même s'était accumulée et elle ne savait comment l'éliminer. Elle avait choisi de tenter la solution de cette nuit, mais ce n'était pas la meilleure apparemment. Même ici, dans une taverne d'Al-Poll, ses soucis revenaient vers elle tel un boomerang. Jamais elle ne serait tranquille. Nulle part. Elle le savait pourtant, rien ne pouvait lui rendre se qu'elle avait perdu et rien ne pouvait combler ce vide.

Myra observait le trésorier. Elle se doutait qu'il avait sans doute lui aussi souffert, mais elle ne savait pas de quoi. Elle se demandait s'il était capable de comprendre, s'il était capable de la comprendre elle. Pourquoi pas après tout. Il y avait tout de même encore cette petite voix dans sa tête qui voulait que personne ne soit au courant. Même si Duncan l'était déjà. Elle savait que ce dernier n'irait pas le crier sur les toits, mais comment en être sûr pour l'homme qui se tenait face à elle ? Elle ne pouvait pas l'être. Elle n'avait qu'un seul choix, celui qu'elle aurait voulu à tout prix éviter. Lui faire confiance. Même si cela pouvait paraître étrange, elle avait de la peine à donner sa confiance. Elle l'avait bien trop souvent offerte aux spires qui l'avaient laissée seule. L'Imagination l'avait abandonnée. Et même si elle ne laissait aucune importance au passé, Varsgorn était tout de même un ancien mercenaire. Les réflexes étaient difficiles à effacer. Qui lui assurait qu'il n'allait pas aller le répéter un peu partout dans les tavernes du coin ? Personne. Elle ne pouvait pas en être sûre. Elle ne l'était pas du tout.
Elle n'avait cependant pas le choix, elle avait besoin de parler à quelqu'un. N'importe qui. Et de toute évidence, il n'allait pas lâcher prise. Elle sourit intérieurement. Ils ne s'étaient jamais réellement parlés, ils n'avaient jamais réellement sympathisé, mais il voulait la raccompagner jusqu'à l'Académie, il voulait savoir se qu'il lui arrivait, pourquoi une dessinatrice comme elle venait dans des tavernes la nuit. Ils ne se connaissaient pas et pourtant, il voulait l'aider. Elle appréciait le geste et le valorisait, mais elle avait simplement envie d'être tranquille. Elle voulait aller dans un endroit où le dessin serait absent, où il ne viendrait pas sans cesse se pavaner sous son nez. Un lieu de paix, un lieu d'oubli. Elle ne le trouvait pas et commençait à désespérer.

La femme détourna soudain le regard. Elle ne pouvait plus soutenir celui du trésorier. Il était bien trop perçant, bien trop sûr de lui, bien trop tentant à la confidence. Il lui demanda une nouvelle fois se qui n'allait pas chez elle. Trop c'en était trop, elle ne supporterait pas la même question indéfiniment. Sa langue se délia et, toujours les yeux rivés au sol, elle parla.


- Y a-t-il quelque chose sur cette terre à laquelle tu tiens plus que tout ? Ahah je suis sûre que oui. Eh bien J'ai un conseil à te donner... Profite de se qui est cher à ton coeur avant qu'il ne te soit enlever pour de bon... Avant qu'il disparaisse et que jamais tu ne puisse en revoir la couleur. Profites... Je ne l'ai pas assez fait.

Sa dernière phrase se perdit dans le silence, elle eut de la peine à se rendre compte que ces mots venaient de sortir de ses propres lèvres. Et pourtant, c'était bien le cas. Elle les avait prononcés. Même si ceux-ci ne voulaient sans doute rien dire à Varsgorn, si ils ne donnaient aucunes significations sur le problème de la dessinatrice, cette dernière les avait compris. Le trésorier s'approcha un peu plus près, il ne semblait pas comprendre et donnait l'impression d'insister encore plus afin d'obtenir des réponses. Elle ne tiendrait plus longtemps. Il ne la lâcherait pas tant qu'il n'aurait pas se qu'il voulait. Des réponses. Bien, il allait en avoir des réponses et pas des moindres ! Elle releva son regard flamme et le plongea dans celui de l'homme.

- Vous voulez réellement savoir pourquoi une dame telle que moi se retrouve dans une taverne un soir comme celui-ci ?

Une rage intense brûlait en elle, une rage contre elle-même et sa stupidité. Sa naïveté bien trop enfantine.

- J'ai perdu ma raison de vivre, j'ai perdu la moitié de moi-même, je me suis perdue ! Je ne suis plus dessinatrice, mon don m'a fuit !... Oui, pas la peine de me regarder comme cela, j'ai perdu mon don. Per-du ! Les spires ne sont plus à mes côtés, je ne sens plus le doux appel de l'Imagination ! Je ne peux même plus apprendre correctement l'art du Dessin à mes élèves, je n'y ai plus accès !

Myra ne pleurait pas, aucune larme ne venait. Elle avait bien trop pleuré durant les semaines qui avaient précédées l'accident de ce jour fatidique. Aucune larme, qu'une seule rage profonde.

- Je ne suis qu'une idiote, trop naïve, trop sûre d'elle ! Je ne suis plus rien, ma vie n'est plus que poussière. Sans mon don, qui suis-je ?! C'était toute ma vie, je consacrais mon temps à mes élèves et au Dessin.

Toujours aucune larme. Un silence de quelques instants.

- J'ai tout perdu. Et toi, tu viens me demander de tout te raconter !

Elle avait envie de hurler, de frapper contre un mur, de détruire le reste d'amour propre qui lui restait encore. Elle se détestait. Elle haïssait cet alcool qui parcourrait son sang et qui avait rendue sa langue aussi déliée. Pourquoi lui avait-elle dit ? Non, enfaite, elle n'en avait que faire de lui avoir dit. C'était fait, elle ne pouvait revenir en arrière.
La seule chose qu'elle appréhendait était son regard. Elle l'avait fuit juste avant de prononcer la vraie raison de sa présence. Comment allait-il la voir à présent ? Comment allait-il réagir ?


- Voilà, maintenant tu le sais, t'as réussi à me faire parler. T'es fier de m'avoir ramener vers les souvenirs que j'aurais voulu oublier ?

Elle leva les yeux. Leur regard se soutenaient l'un l'autre sans relâche.



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Dim 22 Juil 2012 - 23:59

Elle avait enfin tout avoué. Et il faut dire que Varsgorn ne s'était pas du tout attendu à cette réponse. Non, il avait supposé que c'était la perte d'un membre de sa famille, d'un ami. Mais surtout pas de la perte de son Don. Déjà, l'ancien mercenaire n'aurait jamais supposé que ça pouvait se perdre. Varsgorn, n'étant pas dessinateur, ne pouvait pas vraiment savoir quel effet ça faisait de ne plus pouvoir dessiner mais, lui aussi, il avait une chose qui faisait partie intégrante de lui. Une chose que peu de monde avait. Une greffe. Comment réagirait-il si elle ne répondait plus à ses moindres désirs? Il ne pouvait pas vraiment le dire, ne l'ayant jamais connu. Mais il ne plongerais pas dans une aussi grande détresse que la femme qui se trouvait devant lui. Sa greffe n'était qu'un outil. Une arme en plus de ses couteaux et de son épée. Il compenserait s'il la perdait.

- N'est ce pas se renfermer que de dire qu'un Don soit la chose à laquelle on tient le plus?

Varsgorn aimait sa greffe, c'était évident mais jamais il ne l'élèverait au dessus des autres. A quoi tellement-il le plus? Enelyë, certainement. Puis à sa fortune ensuite. Mais surtout pas sa greffe.

- Je comprendre votre désarroi. Je ne pensais pas que c'était votre Don que vous aviez perdu.

Etrangement, Varsgorn avait envie d'aider Myra. Pourquoi? Il n'en savait rien. Sans doute s'était-il apitoyé sur le sort de la dessinatrice. A croire qu'il avait vraiment un coeur.

- Je n'ai jamais eu de don et pourtant, je vis très bien. Apprenez à vivre sans les spires, vous ne vous en porterez que mieux. Et puis, peut-être que c'est en continuant à vivre que votre Don reviendra, vous ne croyez pas? C'est mieux de se morfondre et de se bourrer la gueule dans une taverne? Ca m'étonnerais.

Il s'approcha d'elle.

- Regardez-vous. Ne croyez-vous pas qu'il sera temps de vous bougez? D'arrêter de vous morfondre sur ce que vous avez perdu? De regarder ce qu'il vous reste?

Etait-elle aveugle? Avait-elle perdue la raison en perdant son Don?

- Vous avez une assistante, non? Servez-vous d'elle pendant vos cours. Vous n'avez pas oublié ce qu'il faut faire dans les Spires, j'imagine non? Alors continuez vos cours. Donnez leur la technique, c'est uniquement ce qu'ils demandent. Si vous avez besoin d'accéder aux Spires pendant votre cours, laissez votre assistante faire, elle est là pour ça. Avouez lui votre mal. Si elle se moque de vous et qu'elle le dévoile à tout le monde, prévenez moi.

Il connaissait son assistante. Ciléa Ril'Morienval. Il avait un vieux compte avec elle. Peut-être une raison de le régler au final.

- Changez de vie. Votre vie tournait autour du Don, c'est que ce n'était pas une bonne vie. Apprenez à vivre sans. Entrainez-vous. Faites comme si vous aviez toujours l'accès aux Spires. Forcez-vous.

Allait-elle se réveiller de ce cauchemar? Ouvre les yeux, bon sang. La vie est plus importante que tout. J'ai changé d'allégeance autant de fois pour préserver la mienne et toi, tu fous la tienne en l'air. Bouge-toi. Réveille-toi.

- J'ai été blessé à la jambe une fois. Quand j'ai pu, je me suis forcé à me relever même si je souffrais. Je faisais quelques pas même si ma jambe tremblait. J'aurais pu attendre que je ne souffre plus pour me remettre sur mes deux pieds. Mais je voulais aller mieux le plus tôt possible. Vous êtes blessée à votre tour. Il est temps de se relever et d'avancer. De se forcer à aller mieux.

Il l'avait assaillit. Sa voix s'était élevée. Il y avait été fort. Peut-être trop. Peu importe. Si elle voulait se bouger, il fallait qu'elle ouvre ses yeux.



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mar 7 Aoû 2012 - 13:50

Leurs yeux ne se quittaient plus. Varsgorn semblait réfléchir aux paroles de la dessinatrice, il ne parlait pas. Le silence se faisait de plus en plus pressant, elle ne se sentait même plus la force de fuir. Sa volonté la poussait hors du périmètre du trésorier, mais sa raison lui dictait de rester. De parler, de sortir se qu'elle cachait depuis ces quelques mois. De partager. Même si c'était avec quelqu'un qu'elle connaissait à peine. Il fallait aussi avouer qu'elle n'avait pas réellement d'ami et le seul qu'elle avait, connaissait déjà son secret pour en être le témoin. Duncan ne pouvait rien pour elle, même si elle avait confiance en lui. Il l'avait déjà suffisamment aidé et elle ne voulait pas lui mettre un poids en plus sur les épaules. S'il savait où elle se rendait le soir, il deviendrait fou et essayerait de la raisonner. Il tenterait sans doute par tous les moyens de la ramener à la réalité, mais il ne pouvait pas comprendre dans quelle abyme elle s'enfonçait, personne ne le pouvait. Elle n'en voyait pas le bout. C'était à peine si elle avait conscience qu'il y avait une fin à cette interminable souffrance.
Et cet homme, Varsgorn, lui donnait sûrement la seule occasion qu'elle aurait de parler à quelqu'un de son envie d'oublier, de se perdre, de s'abandonner. Il ne dirait rien à personne, il ne tenterait sans doute pas de l'arrêter. Peut-être lui donnerait-il des conseils, mais jamais il ne l'empêcherait de faire ce dont elle avait envie. Elle en était pratiquement sûre.
Le silence fut rompu. Comment ça se renfermer ? Son don faisait parti de sa vie au même titre que son rat. Elle vivait avec, jamais elle n'avait sentie l'absence des spires à ses côtés. Elle s'abandonnait souvent à la douce caresse de l'Imagination à chaque fois qu'elle le pouvait. A présent, elle ne pouvait plus le faire, elle en souffrait et il lui demandait si ce n'était pas se renfermer que de dire que son Don était la chose à laquelle elle tenait le plus ? Que savait-il d'elle à part qu'elle était dessinatrice ? Rien. Ses parents venaient de décéder tous deux et elle n'avait plus personne à qui rendre visite, plus personne à qui tenir. Elle était seule. Son Don était la seule chose qui lui restait de ses parents, la seule chose à laquelle elle tenait encore plus que n'importe quoi ou n'importe qui. Jamais elle n'aurait cru se voir privée des spires, de sa maison de substitution. Son désarroi ? Elle appellerait plus cela un désespoir sans nom. Une abyme sans fond.
Il vivait très bien sans don parce qu'il n'avait jamais connu la douce chaleur des spires, la lumière aveuglante de l'Imagination. Lorsqu'on y avait gouté, on ne pouvait s'en remettre. Toujours vouloir en découvrir plus, en apprendre d'avantage. Toujours. C'était comme cela qu'elle avait perdu son don.
Il venait de lui proposer de vivre sans les spires ? Ne voyait-il pas dans quelle détresse elle s'enfonçait ? Vivre sans l'Imagination revenait pour elle à un suicide. Il ne savait pas se qu'il lui proposait. Non, ce n'était pas mieux de se bourrer la gueule, mais elle ne trouvait plus de solution. Elle avait beau avoir cherché encore et encore dans les ouvrages qui jalonnaient les étagères de la salle de Dessin, celles de la bibliothèque, elle n'avait rien trouvé qui pourrait résoudre son problème. Elle s'était sentie condamnée. Elle ne pouvait plus s'en sortir. Plus de Don. Non, il ne reviendra pas. Son Don ne réapparaîtra sans doute jamais. Enfin, c'était se qu'elle pensait avec désespoir.
Il s'approcha soudain de Myra.
Les phrases du trésorier trouvèrent leur place en elle. Il avait raison. Chaque matin, elle fuyait son reflet. Chaque matin, elle éloignait le moment où elle devrait trouver une solution. Chaque matin, elle regardait en arrière à la place de se qui l'attendait dans le futur. Elle pensait au passé et ne voyait pas l'avenir. Mais quel avenir ? A part celui d'une professeur ratée qui ne pourrait plus enseigner le Dessin correctement à ses élèves ? Elle ne voyait réellement pas quel avenir lui réservait le destin.

Ne croyait-il tout de même pas qu'elle avait oublié son assistante ? Le seul problème était qu'elle ne voulait pas qu'elle sache pour sa perte. Peut-être par pur égaux, mais elle ne voulait pas. Les dessinateurs pouvaient parfois être durs. Bien plus durs que n'importe qui. La dessinatrice ne tenait pas à se que tout le monde sache, surtout les professeurs.
Donner des cours ? Elle le faisait encore et se qui était difficile n'était pas de donner la théorie sans exemple, non. Le plus difficile était de voir ses élèves en pleine possession des spires. Là était la douleur. Voir des gens parcourir ce à quoi elle n'avait plus droit.
Le prévenir si elle se moquait d'elle. Myra aurait voulu éclater de rire. Elle se serait jetée sur Ciléa bien avant que le trésorier ne mette un pied dans la salle. Elle était peut-être une professeur plus qu'attentionnée, presque trop, elle était toute aussi féroce lorsqu'elle le désirait. Elle ne l'était jamais, c'était tout. Elle n'en avait jamais eu l'occasion.
La voix de Varsgorn se faisait de plus en plus dure, de plus en plus cassante.
Savait-il simplement se qu'il lui demandait ? Changer de vie pour une dessinatrice n'était pas donné, surtout lorsque sa réputation s'était construite sur le Dessin. Et cette vie, elle l'aimait. Vivre avec le Dessin était une vie de rêve pour elle, c'était SA vie. Elle ne pouvait apprendre à vivre sans. C'était impossible même si elle s'y forçait. Il n'avait sans doute pas conscience que faire semblant que les spires soient là était un défi de très haut niveau. Les spires, on ne pouvait les inventer. Elles étaient là ou elles ne l'étaient pas. Un dessinateur sentait leurs présences. Il ne pouvait faire semblant.
Il commença soudain à parler de lui, d'une blessure à la jambe. Se forcer à se relever, même si la souffrance était de taille. Faire quelques pas, avancer. Aller mieux.
C'était son tour. Elle était à terre, à elle de se relever. Elle devait à sa volonté de se remettre sur ses pieds et d'avancer enfin vers le futur. De ne plus reculer. Mais elle n'y arrivait pas. Elle était dessinatrice, pas une simple professeur quelconque. Elle enseignait le Dessin, avec les spires. Sinon, elle ne valait plus rien. Une simple enveloppe charnelle.
La voix du trésorier s'était élevée à la fin de sa tirade comme s'il voulait la tirer vers le haut. Habituellement, ce comportement aurait fait sourire Myra, mais là, elle pensait bien trop pour offrir ne serait-ce qu'un dixième de sourire. Sa voix était froide, dure, presque menaçante. La dessinatrice n'aimait pas la manière dont il s'y prenait afin de lui sortir les vers du nez, afin peut-être de l'aider. Mais l'aider, il ne le pouvait sans doute pas. Personne ne le pouvait. Elle s'enfonçait bien trop vite dans ce gouffre sans fond.
Il voulait qu'elle ouvre ses yeux, mais comment lorsque ceux-ci restaient constamment fixés dans le passé ? Mission impossible.

Le trésorier tentait apparemment de la relever, de la motiver à bouger et à reprendre sa vie, mais la femme était butée. Elle ne pensait pas comme lui et ne penserait sans doute jamais comme lui. Vivre sans son Don, quelle idée ! Pour elle, c'était n'importe quoi. Impensable.
Elle s'approcha donc de lui encore plus qu'ils ne l'étaient déjà. Leurs peau se touchaient presque et elle pouvait sentir le souffle chaud de l'homme. Elle murmura.


- Comment peux-tu parler ainsi... Les spires, ah ! Tu ne sais même pas se que c'est. L'Imagination, tu n'y a sans doute jamais mis les pieds aux vues de tes paroles. Oublier le Dessin...

Elle émit un rire qui dépassa tout se qu'elle avait imaginé. Un rire tonitruant, presque effrayant.

- Tu ne peux savoir se que cela fait d'avoir depuis toujours les spires à ses côtés, de sentir leur doux appel, de savoir se que l'on ressent lorsqu'on y pénètre. Tu ne sais pas se qu'est l'Imagination, tu ne sais pas se qu'est le Dessin. Je ne peux vivre sans lui, ça m'est tout à fait impossible. Et toi...

Ses yeux flammes vrillèrent dans ceux du trésorier. Un brasier prêt à incendier la ville entière.

- Toi, tu viens me dire de vivre ma vie comme si rien ne s'était passé, comme si mon Don était toujours là. Comme si je n'étais plus qu'une...

Les mots ne passèrent pas la barrière de ses lèvres, tant elle redoutait de les prononcer. Une fausse dessinatrice. Vulgaire. Elle ne se sentait même plus digne de porter le titre de maître dessinatrice. Sans son Don, comment pouvait-elle l'être ?
Elle s'éloigna de quelques pas et reprit la parole sans même qu'il ne puisse dire un mot.


- Toi, tu espère que je vais si facilement tirer un trait sur ma vie. Tu voudrais que j'arrête de regarder en arrière. Très bien... Mais je ne peux le faire !!

Elle hurla. Un cri qui aurait pu sans doute réveiller deux ou trois maisons alentours. La colère montait en elle, une colère qui voulait éclater quitte à le faire sur Varsgorn. De toute manière, elle doutait qu'elle puisse lui faire le moindre mal.
Colère. Elle n'était qu'une boule de feu qui allait vite devenir incontrôlable. Encore des cris.


- Tu n'as pas le droit de venir me donner des conseils comme ça, alors que tu ne sais pas se que je ressens ! C'est une détresse sans nom que je vis, je me sens dépérir, j'ai l'impression que tout s'écroule ! J'ai envie d'en finir avec cette voix dans ma tête qui me dit que tout est perdu, que je ne suis plus qu'une pauvre et minable loque !

Une larme roula sur sa joue. La seule et unique de toute la soirée. Sa colère montait encore, elle allait exploser. Elle voulu s'enfuir avant qu'elle ne dise quelque chose qu'elle puisse regretter d'avantage que sa confession, se qui paraissait dur. Une main l'arrêta. Elle se retourna et envoya son poing en plein dans le nez du trésorier qui semblait ne pas s'attendre du tout à ce retournement de situation. Le souffle de la dessinatrice était rauque, saccadé. Colère.
Varsgorn recula de deux pas et regarda la femme dans ses yeux. L'alcool n'aidant pas, Myra ne se retint plus longtemps. Elle se jeta sur lui et frappa de toute ses forces sur son torse tout en hurlant.


- Vas-t-en ! Arrête d'essayer de tout savoir, arrête de me donner des conseils qui ne sont bons qu'à toi !!

Quelques secondes à peine et elle se retrouva dos à l'ancien mercenaire qui lui tenait les mains aussi sûrement que des chaînes d'acier. Un élancement dans ses bras commençait à se faire ressentir, mais elle se débattait tout de même. Elle en avait par dessus la tête du destin, son esprit se rebellait et changeait. Elle n'était plus la même. Une autre.




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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mar 14 Aoû 2012 - 22:04

Elle s’entêtait. Et le pire, c'est que lui aussi. Mais pourquoi? Pourquoi voulait-il à ce point aider la femme qui se trouvait devant lui? Pourquoi ne la laissait-il pas là se débrouiller seule? Il ne se comprenait plus. Il y a encore quelques années, il aurait tourné les talons et il l'aurait laissé à se morfondre. Il avait changé. Enormément. Plus qu'il ne voulait l'avouer. Le mercenaire qu'il avait été n'aurait jamais adopté Enelyë. Le mercenaire n'aurait jamais aidée Miaelle après le coup qu'elle lui avait fait. Le mercenaire n'aurait jamais accepté un poste durable de trésorier dans une académie qu'il avait tant détesté. Le mercenaire n'aurait jamais proposé d'aider Myra. Oui, il n'était plus le même. Il avait vieillit. Plus jeune, il aurait juger toutes ses nouvelles connaissances et attaches comme un danger pour lui. Une faiblesse que ses ennemis auraient pu utiliser. Mais aujourd'hui, même s'il y pensait toujours, il ne s'éloignait plus autant des gens qu'avant. La renommée de sa famille permettait de laisser dans l'ombre son passé et vivre ainsi comme un noble "normal".

- Je ne t'ai jamais parlé "d'oublier ton Don". Simplement de vivre comme si tu ne l'avais jamais perdu. Comme si tu étais une débutante qui devait s'entrainer pour repousser ses limites.

Il était passé au tutoiement. Depuis le début, Myra n'utilisait pas le "vous". Il commençait à ne pas apprécier le fait qu'il était le seul à la désigner ainsi, comme s'il n'était qu'un serviteur vouvoyant sa maîtresse qui, quand à elle, ne le désignait que par le tutoiement.

- Ce n'est pas tirer un trait sur ta vie passée. Il faut juste ne plus penser continuellement à ta détresse. Se morfondre, se plaindre, pleurer son Don perdu ne sert à rien. Si tu perds un objet, tu te lamentes sur le fait que tu l'as perdu ou tu le cherches?

Il marquait un temps d'arrêt pour lui laisser le temps de cogiter. Il fallait pas longtemps pour trouver une réponse aussi logique, mais avec l'alcool qui imbibait les pensées de Myra, elle mettrait peut-être un peu plus de temps à réfléchir.

Pourtant, elle n'utilisa pas ce temps d'arrêt pour réfléchir, elle se jeta sur lui et le rua de coups. Varsgorn l'attrapa par les poignets et il plaça le dos contre son ventre. Myra se défendait, se débattait mais l'ancien mercenaire ne lâchait pas.

- Il est évident que tu le cherches. L'accès aux Spires t'es caché mais as-tu cherché un autre moyen d'y aller? Je ne pense pas, mais j'espère me tromper.

Il avait continué sur son idée, comme si elle n'avait pas réagit. Comme si elle ne s'était pas jeté sur lui. Comme s'il ne la tenait pas entre ses bras pour l'empêcher de frapper à nouveau.
- A quoi bon refuser mes conseils alors que je ne cherche qu'à t'aider? Tu n'en veux pas? Très bien, je vais retourner à l'académie et je te laisserais plonger dans les ténèbres. Enferme toi dans ton malheur et tu n'en sortiras pas. C'est d'un ami que tu as besoin et je t'offre cette amitié.

Il était étrange de s'entendre dire cela. Lui-même n'avait pas vraiment d'amis, juste des connaissances ou des collègues et voilà qu'il proposait à Myra une amitié. Elle devait certainement avoir plus d'amis que lui. Mais des amis en qui elle n'avait pas totalement confiance vu qu'elle préférait aller s'asseoir dans une taverne plutôt que d'aller chercher du réconfort auprès d'eux. Ou alors, c'était les amis qui l'avaient lachement repoussée et dans ce cas, Varsgorn comprenait mieux l'état de détresse de Myra et le peu de confiance qu'elle lui vouait..... En vérité, c'était assez logique qu'elle ne lui accorde pas sa confiance. Elle était au courant, au même titre que les autres professeurs qu'il avait été un mercenaire du Chaos. Et quoi qu'il arrive, un mercenaire, même repenti, restait louche et peu digne de confiance.

Myra se débattait moins. Varsgorn la lâcha. Presque à regrets car il fallait avouer que le contact avec Myra était agréable.

- Finis les conseils mais permets moi simplement de te ramener à l'académie pour éviter que tu te perdes.

Elle était saoule et ce n'était pas prudent de la laisser retourner seule à l'académie.


[C'est pas super long désolé. J'espère que tu auras matière à répondre. Si c'est pas le cas, envoie moi un MP ^^]



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MessageSujet: Re: Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]   Mer 15 Aoû 2012 - 21:49

Les paroles qu'il avait prononcé avant qu'elle ne commence à le frapper étaient passées au dessus de sa tête ; elle ne les avait pas écoutées, elle les avait presque ignorées. Elle se débattait encore, elle ne voulait pas perdre en plus ses mouvements. Sauf qu'il était bien plus fort qu'elle. Myra avait beau se débattre comme une folle, ses mains ne bougeaient pas d'un centimètre. La prise de l'homme était bien trop forte.
Il parla soudain.
Oui, elle le cherchait cet accès, elle voulait à tout prix y retourner. Les spires attiraient ses arpenteurs et faisaient naître en eux une envie de découverte, une envie de perpétuelles explorations. Un autre moyen d'y aller ? Mais comment pourrais-t-il exister un autre moyen, l'Imagination ne possédait pas de passages secrets ! L'accès aux spires ne lui était pas caché, il lui était tout bonnement interdit. Elle savait toujours comment y accéder, mais lorsqu'elle essayait d'y aller, elle se heurtait à un mur. Elle ne pouvait plus y aller. Elle ne sentait plus l'Imagination. Non, elle n'était pas cachée, elle avait disparue.
Le trésorier continuait d'essayer de la raisonner, il semblait ne pas avoir prit en compte l'agression qu'il venait de subir. Il était passé outre et continuait à tenter de ramener la dessinatrice à la réalité. Il la tenait toujours entre ses bras, mais ne paraissait pas y penser. Comme s'ils étaient encore l'un en face de l'autre. Il parlait encore.
Il cherchait à l'aider, ça elle l'avait compris, mais elle ne voulait pas être aidée. Elle voulait se débrouiller seule, c'était son problème, à elle de s'en dépêtrer. Mais elle sentait qu'elle allait finir par défaillir, elle n'allait pas tenir le coup plus longtemps. Elle ne voulait pas l'admettre, mais il avait raison ; elle avait besoin de parler à quelqu'un, à un ami. Ses pensées fusèrent vers le seul qu'elle possédait à l'Académie. Duncan. C'était bien le seul qui lui avait prouvé qu'elle pouvait lui faire confiance et qui plus est, il savait pour son Don. Il avait été le premier à savoir. Même si elle peinait à avouer qu'elle avait besoin de parler, elle savait qu'elle allait tôt ou tard frapper à la porte du professeur.
Des amis, elle n'en avait pas des masses. Son entourage se résumait en quelques mots : collègues et élèves. Rien de plus. La dessinatrice n'avait jamais réellement cherché à se lier d'amitié avec quiconque, elle avait eu son cota de perte. Les seuls amis qu'elle avait eu dans son enfance, elle les avait perdu. Elle ne voulait plus revivre un tel échec. Elle ne voulait plus ressentir une telle douleur. Bien pire que la perte d'un Don, même elle l'avouait.

Myra commençait à lâcher prise. Pourquoi se débattre, elle savait qu'elle ne pouvait rien y faire. Elle ne se libérerait pas, même avec toute l'énergie qu'elle employait. Ses yeux se fermèrent soudain. Elle voulait pleurer, mais rien ne venait. Elle sentait la chaleur prodiguée par Varsgorn dans son dos, elle avait froid. Etrangement, elle se sentait bien dans les bras de l'homme. Elle avait l'impression de ne plus être seule et ses mots commençaient petit à petit à se faire une place en elle. Un ami. Une oreille à qui parler, quelqu'un avec qui partager. Elle se sentait bien malgré la colère qu'elle ressentait encore pour le trésorier, qui c'était infiltré dans sa vie par hasard et insistance.
La dessinatrice ne se débattait plus. Elle ne voulait plus lutter, elle en avait marre. Elle ne voulait plus fuir et l'homme lui en donnait l'occasion. Ce dernier la lâcha soudain et elle fut libre. Toujours dos à lui, elle ne se retourna pas tout de suite. Les yeux rivés au sol, elle pensait. Pourquoi s'intéressait-il à sa pauvre vie ? Pourquoi s'était-il buté ainsi afin de connaître sa douleur ? Elle ne comprenait pas. Il n'avait pas la réputation d'être quelqu'un de très attentionné et même une reconversion ne faisait pas changer radicalement une personne. Elle ne comprenait rien.
Elle perçut soudain la voix de Varsgorn résonner dans son dos et elle remarqua qu'il ne la vouvoyait plus. Tant mieux, elle détestait ce genre de distinction. Elle se retourna enfin et fit face au trésorier. Leurs regards se fondirent l'un dans l'autre.
Elle était certes saoul, mais elle savait encore marcher ! Elle aurait voulu lui exprimer ses pensées, mais le regard de l'ancien mercenaire l'en empêcha. Ils se toisèrent quelques instants, en attente d'une réponse quelconque.
Myra avait beau chercher une excuse pour l'empêcher de la raccompagner, elle n'en voyait aucune. Il avait raison ; elle n'était pas en état de rentrer seule et malgré l'alcool qui imbibait son jugement, elle le savait. Elle ne pourrait pas rentrer seule à l'Académie, elle ne saurait pas retrouver ses appartements et encore moins l'enceinte en elle-même. Elle serait incapable de rentrer d'elle-même.
Et malgré tout, elle ne voulait pas rentrer seule. La présence du trésorier la rassurait et l'empêchait de retourner dans la taverne qu'ils venaient de quitter. Jamais elle n'aurait cru devenir aussi désespérée que cette nuit-là.
Elle s'approcha de Varsgorn et jeta son regard de braise dans le sien.


- Bien, si tu veux m'accompagner, grand bien te fasse.

Elle commença à se diriger dans la ruelle, mais un bras la stoppa net. Elle ne se débattit pas, la main se retira bien vite. Alors qu'elle se retourna, il lui fit remarquer que ce n'était pas dans cette direction. Le rouge lui monta soudain aux joues, elle avait honte.

Qu'elle imbécile, comment ai-je pu me tromper !

Elle marcha donc dans la direction indiquée par Varsgorn. L'un à côté de l'autre, ils ne se parlaient pas. La nuit les englobait et les étoiles absentes n'illuminaient pas le ciel. Chacun respectait le silence de l'autre.





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Boire pour oublier, boire pour L'éviter. [Terminé]
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