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 Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Lun 27 Fév 2012 - 20:31

Ichel défit les pansements que son maître lui avait fait la veille, tirant une grimace lorsque le tissu arracha une épaisse croute de sang sur ses doigts. A tâtons, elle tenta de trouver la poubelle la plus proche. Le noir enveloppait la marchombre qui cherchait la boite de secours qui traînait habituellement dans la salle d'eau des kaelems, mais la nuit ne l'aidait pas réellement. Pourquoi était-elle dans le noir ? Disons qu'elle tentait d'utiliser ses autres sens comme Arro le lui avait demandé la veille. Et quel meilleur endroit que la salle d'eau où chaque son est intensifié, chaque pas, chaque clapotis de l'eau, chaque mouvement. Elle essayait donc de changer ses pansements dans le noir. Mais diable, où se trouvait donc cette foutue boite ? Sa main se posa sur du métal froid. Enfin ! Elle prit la boite, l'ouvrit, farfouilla quelques instants et...

- Aaaaaaaïe !! Par la Dame !

La kaelem sentit un liquide chaud couler le long de sa main gauche, malheureusement celle encore valide, et une douleur indescriptible parcouru tout son bras. Une nouvelle plaie. Oubliant la douleur lancinante, elle tenta d'identifier son assaillant. Un stupide ciseau. Un simple ciseau inoffensif. Elle ne put empêcher son rire d'éclater, même si elle savait qu'il était tôt et que les élèves dormaient encore. Et son rire était loin d'être le plus silencieux de l'Académie. Elle avait été agressée par un simple ciseau, quelle ironie lorsqu'on pensait aux risques qu'elle courait sur les parois d'une montagne, qu'elle réussissait par un miracle quelconque à vaincre plus facilement qu'un... ciseau. Ironique vu d'un certain sens.

La marchombre calma ses ardeurs et enleva l'objet en métal du sac afin de le déposer plus à l'écart. Un sourire aux lèvres, elle hésita à continuer son affaire dans le noir. Non, il valait mieux allumer les lumières, le sang devait se déverser un peu partout dans la salle et elle ne voulait pas laisser cela derrière elle. Ichel était presque sûre de ne jamais pouvoir nettoyer tout cela sans la vue. Elle alluma donc les flambeaux trônant sur des supports aux couleurs de la maison kaelem. Aveuglée durant quelques instants, elle constata les dégâts qu'elle avait causé. Le sol de la salle d'eau était presque rouge vif et ne parlons même pas de sa main. Le sang s'en échappait en un ruisseau terrifiant. Si un simple ciseau pouvait provoquer de tels dégâts, qu'en était-il d'une arme bien affutée ? Ichel préférait ne jamais le savoir ou plutôt, ne jamais l'essayer de sa propre chair. Il était temps de s'activer. Son maître n'allait sans doute pas l'attendre. Et puis, il fallait l'avouer, la jeune apprentie avait hâte de se remettre au boulot. Rien que la veille, elle avait fait de très bons progrès. Elle avait réussit à tirer un arc à la main. Tirer à l'arc. Une discipline qu'elle n'aurait jamais cru pouvoir tenter. Elle s'était arrêtée à l'idée qu'elle n'y était pas douée du tout et qu'elle ne toucherait plus jamais de sa vie à un arc. Plus jamais. Arro avait cependant cassé le mythe rien que la veille. Elle avait tiré à l'arc. Elle n'en revenait toujours pas. Mais le plus incroyable était que son maître allait lui apprendre à s'en confectionner un. Elle allait pouvoir choisir le bois, le tailler, le former et encore quelques autres étapes dont elle n'avait pas encore connaissance. Mais elle jubilait à l'idée de pouvoir lui donner sa touche personnelle. Elle avait déjà sa petite idée en la matière, mais ce n'était pas le moment de s'éterniser dans ses pensées. Il fallait qu'elle se hâte si elle ne voulait pas arriver en retard. Le temps jouait malheureusement contre elle.
Rassemblant deux bandes de tissu, elle rassembla son courage et rinça sa main en sang sous l'eau glacée. Nouvelle grimace. Le ciseau s'était enfoncé profondément dans sa paume ; ce n'était pas joli à voir. Un peu de crème, puis elle enroula délicatement le tissu autour de la blessure. Voyant la tête de son pansement, elle se dit qu'elle n'aurait jamais fait une bonne rêveuse. Heureusement pour les autres qu'elle n'avait pas choisi cette voie-ci. A l'autre main à présent. Même si elle datait de la veille, elle la faisait toujours autant souffrir. Il fallait dire qu'elle avait tant insisté sur ses malheureux doigts, qu'elle espérait que la douleur n'allait pas perdurer. De toute manière, elle devait se confectionner un nouveau pansement. Elle prit donc l'autre bande et, après un peu de crème par-ci par-là, l'enroula autour de sa deuxième main. Elle avait l'air maligne comme cela tiens ! Deux mains bandées pour le prix d'une ! Le temps filait à toute allure. Elle tenta une sortie, mais le sol attira son attention. Elle avait oublier le sang qui maculait toute la salle d'eau. La marchombre ne pouvait décemment pas laisser ça comme cela. Elle prit donc, après avoir ranger la boite de soin à sa place avec les ciseaux à l'intérieur, un grand seau qu'elle rempli d'eau. C'était une salle d'eau, donc, si elle était pleine d'eau, c'était bien normal. Elle renversa le contenu du seau sur le sol et prit un serviette au loin. Essuyant le tout non sans un manque total de délicatesse, jeta le dit linge à la poubelle et se releva, fière de son rapide travail. Pas trop mal, on ne voyait presque plus aucune trace de son passage. Bon, si vous souleviez le couvercle de la poubelle, certes. Mais sinon, plus rien. Beau travail.

Elle réussit enfin à sortir de cette salle d'eau dans laquelle elle commençait à étouffer. Direction les écuries ! Elle dévala les escaliers en courant et percuta bien sûr, sans ménagement, deux élèves passant dans le coin. S'excusant rapidement, elle continua sa route. Tant de maladresse en quelques heures, que lui réserverait la suite de la journée... Bref, elle continua sa course vers le lieu du rendez-vous. En retard. C'était la première chose qu'elle s'était dite lorsqu'elle aperçut la silhouette de Arro dans les écuries en train d'attendre son élève maladroite. Elle s'approcha de lui, essoufflée, et réussit tout de même à lui adresser quelques mots.


- Bonjour ! Par quoi on commence aujourd'hui ?

Grand sourire. Dans les yeux, l'espérance qu'il n'ait pas remarqué son retard.


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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Lun 5 Mar 2012 - 21:34

Le maître marchombre marcha vers les écuries, le nez dans un bouquin. Il avait des cernes sous les yeux et l'air soucieux. Arro avait passé la soirée à lire des manuels sur la création d'arc. Bon certes il était calés sur l'art de manier l'arc, mais il savait très peu de choses sur sa conception. C'est pour cette raison d'ailleurs qu'il était allé rendre visite au forgeron Silind pour lui emprunter des livres et de précieux conseils. Maintenant, il connaissait les différents bois, plus ou moins souple, avec plus ou moins de résistance. Le marchombre savait aussi quel fil acheté pour qu'il y ait la meilleur tensions. Mais le choix des composants, il le laisserait à son apprentie.
En attendant, un tout autre défis l'attendait aujourd'hui. Lorsqu'il arriva devant l'écurie, Arro releva la tête en fermant son livre d'une main. Il contempla l'antre de son plus gros défaut, hormis son goût pour les mauvaises blagues et les singeries. Ce principal soucis n'était pas de monter et de conduire un cheval, non, il en avait appris les rudiments, il y a bien longtemps. Ce qui le gênait c'était le cheval en lui-même... N'importe quel équidé à son approche devenait, pour une raison encore inconnu, nerveux. Dès qu'il posait un pied sur l'étrier le cheval partait en courant traînant, par la même occasion, le marchombre, encore accroché à l'anneau de fer.
Il prit une profonde inspiration, remplis ses poumons d'air et son coeur de courage, puis il s'élança par la porte ouverte. Arro repéra un cheval, le box légèrement ouvert. Il s'approcha discrètement, ouvris l'enclos et s'y faufila. Enfin il se retrouva face à l'animal maudit. Ce fut le début d'un long combat mental.

-Point de vue Arroesque-

Le monstre fixe sournoisement le héros vaillant, tout en mangeant une nourriture faite d'herbe séchée...*Une drogue la dopant, certainement* pensa le vaillant marchombre. Cherchant à apprivoiser la bête, l'homme tente une approche fine et discrète. Repéré immédiatement par la vile créature qui se replia, le preux chevalier se retira et relança une attaque, tentant de soudoyer l'être plein de fourberie dans l'oeil. Il tendit une main remplie de cette herbe sèche et l'approcha avec dégoût de l'immonde orifice lui servant de bouche. Attrapant cette nouvelle bouchée de sa drogue préférée, l'animal ne fit plus attention au jeune homme lui faisant bravement face. C'est alors qu'il lança l'attaque la plus foudroyante et plaquant son ennemie au sol, lui enfila la selle, l'harnacha et pu monter dessus sans embardée quelconque. Fier de son exploit, le cavalier descendit de l'immonde monstre qu'il avait dompté.


-Point de vue équidiesque-

Mâchant nonchalamment un morceaux de foin, la brave bête, qu'était ce cheval, ne vit même pas l'homme lui faisant face. C'est lorsqu'il tendit une main tremblante vers lui que la monture sentie une sorte d'aura effrayante se rapprocher. Voyant cette appendice venant d'un banal humain, l'animal recula d'un pas. Apparemment le marchombre en fit de même, alors se croyant hors de danger, le cheval se remit gentiment à brouter. Mais voyant que le bipède lui tendait une main pleine de bons foins, qui lui avait l'air fort gouleyant ma foi, qu'il lâcha sa bouché et s'approcha du jeune homme, pensant qu'il voulait juste faire une paix et que l'aura qui l'entourait n'était pas si mauvaise que ça... Après tout ce n'était qu'un cheval qui ne se souciait pas vraiment de ce qui l'entourait. Mordant a pleine dents dans l'herbe jaunie, il ne vit que le sorte de lancé-de-selle-en-mode-frisbee, ni ne sentit le serrage de selle. C'est lorsqu'il finit sa bouchée que le cheval sentit un poids lui monter dessus, comme quand il part faire une balade avec un humain. Et c'est ainsi que notre jeune ami réussis à dompter un cheval, qu'il achèterait sûrement à l'Académie, vu que c'était le premier animal qu'il montait avec un contrôle certain. Pour honoré la terrible défaite qu'Arro avait infligé au bel étalon, il se décida de lui brosser un peu le crin, histoire de faire connaissance. Tout en peignant la brave bête, il pensa au cours, puis au faites qu'Ichel s'améliorait... Il discuterait de choses très importantes pendant le voyage jusqu'à Al-Poll. Le maître marchombre avait pris contact avec un marchand qui avait un contrat avec un bûcheron local. On lui avait vanté mille et une fois la qualité de ce bois et il serait fortement intéressé.
Alors qu'il filait dans ses pensées, une damoiselle arriva, essoufflé et eu du mal à sortir quelques mots qui ramena l'homme sur terre.


- Bonjour ! Par quoi on commence aujourd'hui ?

Arro se tourna vers son apprentie et pris la peine de remarquer qu'elle avait les deux mains bandées, pour on ne sait quel raison et que les bandages étaient assez chaotiques.

- On commence par refaire tes pansements ! Au prochain cours, rappel moi de t'apprendre à traiter toi-même tes blessures...

Il prit les mains de son apprentie enleva les tissus et remis les bandes de façon plus ordonnée et plus serrée. Maintenant, ses mains ressemblait enfin à ce qu'elle devait être.

- Bon voilà... C'est déjà mieux. Maintenant, selles ton cheval, excursion à Al-Poll. On achète du bois, on se balade dans la ville, on rentre et on conçoit ton arc ! Allez hop, hop, hop. Et avec entrain !

Pour agrémentez le tout, prenez une pincée de musique, un brin d'entrain et vous obtiendrez deux jeunes gens s'en allant vers Al-Poll gaiement.


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Arro Skil'Liches / Silind Frandrich / XDieu / Tarus Tal'Oursian / Lyuuna Sil'Celim
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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Mer 7 Mar 2012 - 19:44

La perle de sueur qui perlait sur son front disparut soudainement. Ichel put respirer plus librement, Arro n'avait pas remarqué son retard. A la place de cela, il avait perçu le travail plus qu'inutile qu'elle avait tenté de réaliser ce matin. Son bandage était donc aussi mal fait ? Les nerfs de la marchombre commencèrent alors à se gonfler. Elle s'était donné du mal pour tenter d'apprivoiser ses autres sens, dans un noir de nuit inviolable et en plus de cela s'était planté un foutu ciseau dans la main. Tous ces efforts réduit à un tas de tissu à la poubelle ! Elle se calma pourtant, se rendant compte de l'aspect ridicule de ses mains. Dans la précipitation, elle s'était bien fourvoyé. On aurait dit que le travail avait été fait par un raï manchot en culotte de phoque. Un rire sortit des lèvres de la kaelem.

- Ahahah, je m'étais pourtant donné du mal. Ma foi, quelques conseils seraient les bienvenus.

Des explications de son maître suivirent et Ichel prit au pied de la lettre ses derniers mots. Un saut périlleux, rattrapage sur les mains et quelques mètres plus loin, retour à la verticale naturelle. Elle ne se retourna pas pour voir le sourire apparaître sur ses lèvres. Elle savait qu'il y en avait un, ça lui suffisait. L'entrain, pour l'avoir, elle l'avait. Arro ne pouvait pas lui reprocher le contraire. Elle se dépêcha de seller Brume qui lui fit la fête lorsqu'elle passa le pas de son box. Une bonne bouffée de foin et hop, la selle sur le dos. Pour une ballade habituelle, elle ne lui aurait pas mit cette prison de cuir, mais Al-Poll n'était pas à côté. Ichel voulait garder son fessier intact. Les mains lui suffisaient pour l'instant. Ces dernières lui faisaient déjà bien mal et lui rappelaient sa maladresse. La bride passée, l'étalon s'ébroua. Ichel sourit. Elle à l'intérieur, son maître dehors, celui-ci lui demandant de l'entrain avec insistance...
L'apprentie se ramassa, sauta et se retrouva en selle. Aucune demande, aucun élan, le cheval comprit. Il s'élança d'une tranquille foulée à l'extérieur et Ichel eut juste le temps de se baisser pour ne pas se prendre la poutre de l'entrée. Un accident dans la journée lui suffisait. Elle préférait ne pas réitérer l'expérience. Et puis, une poutre en pleine figure n'était pas une expérience que l'on conseillait à ses amis. Même à ses ennemis. La planche de bois pardonnait rarement. Elle déboula devant son maître, tout sourire.


- Toujours pas sur sa selle ? J'ai pourtant cru comprendre le mot entrain...

Ses dents éclatèrent au jour pour offrir un sourire provocateur à Arro. Elle aimait par dessus tout le titiller, chercher l'affrontement, car elle savait qu'elle ne risquait rien. Par ailleurs, il aimait cela sûrement autant qu'elle. Elle avait beau lui tenir tête de temps en temps, elle le respectait plus que quiconque. Le seul en qui elle voyait un modèle, le seul en qui elle voyait un guide. Personne d'autre ne lui inspirait autant de mots en un instant. Elle sentait sa présence rassurante à chaque pas qu'elle effectuait, elle sentait leur route se chevaucher. Il était bien plus que son maître en cette Académie. Il était un guide, une présence, un ami.
Pourquoi elle savait qu'elle ne risquait rien ? Bien sûr que les punitions pleuvaient en masse si elle ne faisait pas se qu'il lui ordonnait, elle lui devait trois ans de sa vie. Bien sûr que les punitions étaient exemplaires, même parfois phénoménales. Mais jamais il ne lui ferait risquer sa vie sans qu'il sache qu'elle pouvait faire se qu'il lui demandait et surtout, il était toujours là. Où qu'elle se trouve, quoi qu'elle fasse. Elle n'avait rien à craindre avec lui, elle pouvait suivre ses paroles les yeux bandés.

Il monta enfin sur le cheval apparemment avec un peu de recul et d'appréhension, après une tirade bien sentie dédiée à l'impertinence de son élève. Savait-elle faire quelque chose dont son maître ignorait les subtilités ? Ironique dans un certain sens, l'apprentie apprenant au maître. Ichel jubilait. Peut-être était-ce autre chose, peut-être ne savait-il pas monter à cheval. En tout cas, la kaelem riait intérieurement. Elle n'aurait jamais cru que Arro ait une discipline exclue de son palmarès.
Quoi qu'il en soit, ils étaient enfin en route, mais un long chemin les attendait et le silence se fit très vite ressentir. Pesant, personne ne tentait de le percer. Ichel avait l'impression qu'il réflechissait à beaucoup trop de choses en même temps. Les murs de l'Académie avaient enfin disparut lorsque Arro sortit enfin de ses pensées. Ichel était toute ouïe et elle sentait que cette journée allait être des plus intéressante.





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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Ven 20 Avr 2012 - 0:17

Arro repartie vers son cheval, avec une certaine appréhension. L'animal l'attendait nonchalamment, mâchouillant une touffe de foin. Le marchombre s'approcha d'un pas inquiet, pris les rênes et se mit en position défensive craignant toute réaction négative de la part de l'équidé. Rien ne se passa... L'homme regarda le cheval dans les yeux et remarqua un calme très très très profond. Ce cheval était certainement l'animal le moins nerveux de Gwendalavir. Arro fit sortir le cheval de l'écurie, là où son apprentie le rejoint et s'empressa de lui envoyer une pique. Perche tendu à son maitre qui lui répondit aussitôt :

-Il te faudra aussi des cours de vocabulaire, jeune fille... Apprend que faire quelque chose avec entrain veux dire le faire avec bonne humeur et gaieté et non pas rapidement avec des pirouettes inutiles !

Sur cela, il fit un grand sourire masquant son inquiétude diminuant -mais toujours présente-. L'homme mit pied à l'étrier, pris trois secondes pour souffler et monta sur le dos de l'animal dans une grâce inouïe pour le taux de stress du cavalier. Enfin, il était sur selle et aucun soucis du côté du cheval. Arro le fit avancer doucement au début, cherchant une faille dans l'impassibilité de sa monture. Vu qu'apparemment le cheval ne réagissait à rien, hormis les mouvements des rênes, le marchombre se laissa partir à une allure plus rapide. Puis laissant l'animal marcher droit, il se perdit dans ses réflexions sempiternelles. Au début il partit sur le cours, cherchant la meilleur façon et la plus simple de faire un arc efficace et pratique. Puis de fil en aiguille ses pensées virent à dériver sur son cheval... Avait-il un nom ? Il n'en savait rien, il demanderait au Maître des écuries. Appartenait-il à quelqu'un ? Non, souvent les élèves ou professeurs affichaient leurs noms sur les box pour bien préciser que c'était un cheval ayant déjà un propriétaire. Arro n'avait pas vu de pancarte, de gravure ou autre chose évoquant un possesseur. Il l'achèterait à l'académie... Son argent mit de côté depuis des années devaient bien servir à quelque chose... Il sortit de ses longues pensées et lança à son apprentie.

-Ce cheval est bien calme ma fois. Pour l'heure je vais l'appeler Quiet, car c'est bien ce qu'il est ! Bref, cessons de parler chiffon, entrons dans le vif du sujet. Ton arc ne seras pas près ce soir, il faut du temps de séchage pour certaine partie. Cela prendra un ou deux mois voir plus pour qu'il soit utilisable. Ensuite il y a les fioritures, genre décoration, mais c'est toi qui décidera le temps qu'il faudra. Maintenant, faisons une petite course... Cela te tente ?

Le marchombre talonna sa monture qui partit au quart de tours, heureux de faire du sport et de sentir l'air s'entremêler dans sa crinière. L'homme se mit en poule-position, gagnant un peu de vitesse... Appréciant la caresse du vent, Arro se mit à penser :


*ENFIN ! Toutes ces années de pratique sur un cheval de bois... toutes ces PUTAINS d'années de cours théoriques inutiles, ENFIN je vis ! Cette vitesse qui nous grise, l'ivresse du vent !*

Le jeune homme n'entendait plus que les pas et le souffle du cheval, s'unissant au battement du coeur du marchombre. Ces sons furent rejoint par un orchestre de vent sifflant la liberté. Arro jubilait, il riait à plein poumons, comme un fou.
Après plusieurs minutes, il se calma, préférant fixer la route qui défilait sous les sabots du cheval. La sécurité avant tout, palsambleu ! Ne pouvant pas tourner la tête, à cause d'une peur de tomber sous-jacente, il chercha les sons de l'équidé de son apprentie. Elle était juste à côté, à quelques mètres. Elle suivait la cadence et semblait même pouvoir aller plus vite. Plusieurs minutes plus tard, Al-Poll était en vue. Arro freina et s'arrêta juste devant les portes de la ville.

-Bien laissons nos chevaux à l'écurie juste là et je t'emmène chercher ton bois.

Pendant la marche le jeune homme resta silencieux. Une dernière pensée le tourmentait... Hier soir il avait beaucoup réfléchi au sujet d'Ichel et espérait que la journée lui permettrait de prendre une décision importante.



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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Mer 25 Avr 2012 - 18:36

( Maieuh !! Arrêtes de me faire mariner avec ta décision importante !! --' )



Une petite course sur le dos de Brume, les cheveux et les crins s'entremêlant avec le vent, ce dernier fouettant le visage d'Ichel avec douceur de ses doigts glacés, et l'ultime pensée d'être libre de toute contrainte, de n'être que pure harmonie ?
L'apprentie n'aurait jamais pu refuser une telle offre. Si cela était possible, elle serait même capable de vivre sur Brume, mais elle savait que c'était ses fesses qui risquaient d'en souffrir. Peut-être ne pourrait-elle jamais vivre comme cela, mais elle ne se privait pas d'une seule occasion de sauter sur sa monture et de braver les plaines en sa compagnie. Elle ne se lassait pas de ces sensations. Des sensations si intenses. Harmonieuses.
Arro partit au galop sur le dos de sa nouvelle monture, Quiet, sans aucun avertissement. Ichel ne s'attendait pas à un tel départ. Brume ne bougea pas une oreille, il attendait le moment béni où son amie allait enfin lui donner le signal. Un geste, un signe, une respiration, une pensée. La jeune fille lâcha ses rênes sans aucune précipitation.
Le signal.
Brume ne se le fit pas demander deux fois. D'un bond, il se rua derrière les deux autres déjà à une distance respectable. Il en faudrait pas mal pour les rattraper. Ichel savait que son étalon en était capable. Elle savait qu'il allait le faire.
Un vent foudroyant claquait sur sa peau et n'avait de cesse de ramener sa chevelure dans ses yeux noisettes. Elle entendit soudain le rire de son maître à travers les violentes brises d'hiver et elle ne tarda pas à le rejoindre. Une joie intense l'envahit alors. Elle ressentait un bonheur extrême. Pas seulement grâce au mustang, mais aussi grâce à son maître. Sans lui, elle ne savait plus qui elle était. Sans lui, elle était perdue. Etait-ce exagéré ? Peut-être, mais l'apprentie le savait. C'était se qu'elle ressentait au plus profond d'elle. Plus jamais elle ne pourrait imaginer sa vie sans le grand Arro Skil'Liches. Sans son chef. Son rire au loin résonnait de plus belle. Un rire qu'elle appréciait par dessus tout. Que seraient ses cours sans les piques qu'ils se lançaient et leurs éclats de rires ? Ils seraient bien tristes. Bien vides.
Ichel voyait le dos de son maître se rapprocher. Brume se surpassait et la jeune femme ne pu s'empêcher de lâcher prise, laissant toute liberté à sa monture. Les brides dans le vent, elle leva les bras. La tête tournée vers le ciel, elle hurla de plaisir. Quel bonheur. Elle flancha soudain et rabaissa ses membres à une vitesse fulgurante. Pleine de vie, elle se coucha sur l'encolure de Brume. Fermant les yeux, elle se concentra sur le rythme du cheval.
Rapide, effréné, semblant ne posséder plus aucunes limites, son coeur battait à tout rompre. Il semblait pouvoir éclater à chaque foulées. La kaelem pouvait sentir tous les muscles contractés, elle s'imaginait tous les millions de mécanismes qui s'actionnaient en quelques millièmes de secondes. Des mécanismes pointus, précis et efficaces. Les bras un peu plus tôt ballant, étendus dans le vide, elle les ramena autour du coup de l'étalon gris. Elle ressentait tous ses pas, toutes ses respirations et bien plus encore. Elle voyait se qu'il voyait, elle entendait se qu'il entendait, elle sentait se qu'il sentait.
Ils étaient unité. Deux esprits pour un seul corps.
Quelques minutes s'égrenèrent avant qu'elle ne relève la tête et ne se rende compte qu'elle et Brume venaient de rattraper leur retard. Il s'était surpassé. Elle caressa son encolure avec force et ne tarda pas à grimacer de douleur. Avec toute cette agitation, elle avait totalement oublié les deux blessures qu'elle avait aux mains et le destin venait de le lui rappeler d'une manière peu amicale. Elle reprit délicatement les rênes car ils arrivaient enfin en vue de la grande cité d'Al-Poll.

Arro freina soudain. La kaelem évita in-extremis, grâce à ses réflexes incroyables, de rentrer dans l'arrière-train de la monture de son maître. Ce dernier se stoppa devant les portes de la ville. Ils déposèrent leurs montures dans une écurie et se fondirent dans la foule de la cité.
Chercher du bois. Elle n'aurait jamais imaginé ne serait-ce qu'une seule seconde qu'elle aurait pu se confectionner un arc. De ses propres mains en plus de cela ! Elle n'en revenait pas. Elle était vraiment perdue sans Arro. Jamais elle n'aurait touché une seconde fois à un arc s'il n'avait pas été là et pour la première fois de sa vie, elle avait réussi à viser juste dans la cible. Pas dans le mille, on a dit dans la cible. Mais il n'empêchait pas qu'elle allait chercher du bois pour se construire un arc ! Elle n'en revenait toujours pas.
Les deux marchombres contournèrent plusieurs rues, des marchands hurlants des noms de produits tous aussi étranges les uns que les autres, dévalaient des escaliers, en remontaient, évitaient les points de foule trop intenses. Ils marchèrent plusieurs minutes lorsqu'Arro entra dans une boutique sans prévenir son apprentie qui resta surprise par la vitesse à laquelle il s'était engouffré dans l'échoppe. Entrant à son tour, elle fut submergée par l'odeur de bois qui régnait dans la pièce.
Sans plus se préoccupée des personnes présentes dans la salle, elle se dirigea d'un pas lent vers les millions de bois divers qui s'offraient à elle. Il y avait tant de choix...
Elle aperçut une planche beige d'une senteur si sucrée qu'elle lui faisait penser à un fruitier en particulier qui poussait dans les jardins de l'Académie. En revanche, elle peinait à se souvenir du fruit qui poussait sur ses branches.
Un autre bois, d'une couleur plutôt orangé, inondait les yeux d'Ichel de ses nervures dorées.
Un troisième sentait le chat mouillé, mais étrangement, c'était plutôt agréable. Il ne puait pas réellement.
Ichel tournait la tête et un bois différent se présentait devant elle. Aucun ne possédait la même couleur, la même consistance, la même rigidité, le même éclat, le même... Ils avaient tous une âme unique.
Un sourire apparut sur les lèvres de la jeune fille. Elle allait se créer un arc à partir d'un de ses bois et elle devait le choisir.
Elle sentit la présence de son maître dans son dos et elle se retourna vivement. Elle plongea son regard dans le siens. Elle se souvint soudain du discours que le marchombre avait tenu avant la folle course dans les plaines.


- Je serais prête à y passer une année entière si cela en valait la peine.

Sourire. Fronçant les sourcils, elle se posait une question qui semblait réellement primordiale et elle ne tarda pas à la partager avec Arro.

- Comment pourrais-je choisir le bois qu'il me faut ?



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Maître Marchombre
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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Mar 15 Mai 2012 - 21:24

Arro marchait machinalement dans les rues de la grande ville. Il se rappela exactement les pas qu'il fallait faire pour trouver le marchand de bois. Quand il entra, l'odeur d'une forêt composée de différent arbres lui sauta au nez. C'est avec plaisir qu'il absorba ces odeurs différentes, chênes, ifs, bouleau, pin... Maintes choses et d'autre lui venait à l'esprit. Ichel le sortit de sa transe spirituel en lui parlant :

- Comment pourrais-je choisir le bois qu'il me faut ?

Le jeune homme lui souris, il prit divers monceaux de bois taillé pour servir de présentation, puis commença son explication :

- Bien, tu vois pour un arc, on a besoin d'une âme, la partie en bois la plus importante de l'arme. Donc cette âme doit pouvoir se tendre facilement, il faut donc que ce sois souple. Mais pas trop comme ce bois. Il prit le premier morceau, le tordis et le lâcha. Tu vois ce bois plie bien. Mais il ne reprend pas sa forme originale et donc serait totalement inutile. Mais un bois trop cassant serait tout autant inefficace. Arro pris un autre morceau et tenta de le courber, il se brisa directement. Il faut donc un bois souple, qui reprend sa forme immédiatement. Le marchombre pris le dernier bout et le tendit, lorsqu'il le lâcha, il reprit immédiatement sa forme d'origine. C'est de l'If, dit il. Un bon bois pour ce qu'on veux faire.

Arro s'approcha du vendeur et lui demanda de lui donner des planches de bois assez longue. Il lança à son apprentie une petite blague :


- C'est sûr que je pourrais te faire découper tes propres planches, mais, je vais déjà bien m'amuser de te voir créer l'âme de ton arc.

Le marchand revint avec six planches de bois d'If. Le jeune homme les pris pour les mettre dans le bras de son apprentie.

- Ton arc, ton bois, ton fardeau ! Allez suit-moi, on va acheter des cornes. Tu comprendras plus tard pourquoi.

Arro sortit de la boutique et attendit Ichel, charger comme un âne. Il lui lança un regard de défis et lui parla.

- Bien, maintenant je vais t'expliquer l'autre partie de cette journée. La partie moins amusante... Le prochain magasin est assez loin. Nous allons bien sûr y aller à pied, mais pas par la route... On passera par les toits. Et on ne pose pas le pied sur le sol une seule fois. Compris ? Bien, suis moi ! Et surtout, souviens toi de ce que je t'ai appris dans la bibliothèque. Je n'utiliserais pas mes mains pour te montrer.

Arro s'en alla vers un mur plutôt bas. Il sauta dessus, appuya avec ses pieds et atterrit sur le toit. Il continua de monter ainsi de mur en mur de toit en toit. Le jeune homme s'arrêta pour surveiller Ichel.



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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Dim 20 Mai 2012 - 14:26

Ichel écoutait attentivement les explications de son maître.
Un arc avait besoin d'une âme. L'apprentie n'aurait jamais cru que cela puisse être possible, une arme possédant une âme. Un objet inanimé possédant une âme, il y avait de quoi rire tout de même ! Mais la marchombre n'en fit rien. De un parce qu'il était son maître et qu'elle devait croire se qu'il lui disait, de deux parce qu'elle croyait se qu'il lui disait et puis... de trois parce qu'elle savait se qu'elle risquait si par pur hasard elle se moquait de lui. Et puis, il y avait aussi cette force dans son regard, ce regard sans failles qui montrait à quel point il était sérieux. Il y croyait dur comme fer. Et la kaelem se sentait obligé d'en faire autant. Elle observait son maître prendre les différents bois, les plier à son bon vouloir, parfois même les briser. Pas trop souple, mais pas trop cassant. Un entre-deux. Il lui montra un dernier morceau de bois et après l'avoir plié, puis lâcher, il reprit sa forme originale. Un bois parfait d'après ses dires. Ichel ne savait réellement pas comment choisir et était forcée de le croire. De l'If. Un bois parfait pour se qu'ils allaient entreprendre.
Arro se détourna soudain de son élève qui finit par se réveiller de sa transe. Elle avait marqué en elle toutes les informations qu'elle avait entendu. La partie la plus importante de l'arme... Une âme. Ichel doutait que l'âme soit le simple bois, non, elle pensait que c'était bien plus. L'âme ne devait pas être simplement l'If que l'on utilisait pour confectionner l'arc, c'était bien plus que cela. Elle le sentait. L'âme était-elle le temps que l'on passait à confectionner l'objet ? L'âme était-elle la rigueur que l'on y mettait ? L'acharnement, la patience, la maîtrise ? Ou encore l'harmonie qu'on lui apportait ? Ichel n'aurait jamais pensé qu'elle se poserait autant de questions sur la nature d'une simple arme. Pour elle, cela avait toujours été que du métal et du bois. Rien d'autre. Elle n'était jamais arrivé à émettre l'idée seule qu'une arme puisse posséder une âme.
La kaelem sortit de ses pensées lorsque son maître lui lança une petite vanne qui ne faisait rire que lui. Découper ses propres planches ? Et pis quoi encore. Ichel était déjà maladroite une paire de ciseaux dans les mains, qu'est-ce que cela donnait avec une scie ? Elle préférait ne pas y penser. Le marchand revint avant qu'elle ne puisse lui répondre, six planches de bois d'If dans les bras. La jeune marchombre ne compris pas se qu'il se passa ensuite. Arro prit les planches des mains du marchand pour les mettre dans les siennes avant de lui envoyer quelques mots. Fardeau. D'un certain côté, elle savait qu'il n'aurait jamais porté les planches de la jeune femme. Cela aurait été bien trop facile. Il sortit de la boutique et Ichel le talonna difficilement. Elle n'était pas faite pour porter une telle charge bon sang. Et elle sentait qu'Arro n'allait pas la ménager. Il y avait un piège là-derrière, elle pouvait le voir comme le nez au milieu de la figure. Et bien sûr, ce qui devait arriver arriva. Il l'attendait et lui lança soudain un regard de défi. Ichel n'hésita pas à lui renvoyer le même regard en retour. Le début de son explication était encore normale pour un alavirien normal, mais c'était par la suite que cela se gâta. A pied certes, mais par les toits. Et pis quoi encore ? Il voulait qu'elle se coltine les planches de bois jusqu'aux frontières faëls ? Elle ne rechignerait pas, parce qu'elle aimait les défis. Mais il était certain qu'elle aurait préféré ne pas avoir ces six foutues planches entre les bras. Déjà qu'elles pesaient lourds à l'arrêt, qu'en était-il lorsqu'elle sera en mouvement ? Elle sentait déjà les bleus qu'elle allait cueillir.
Elle lui fit un signe de tête et le suivit, car bien sûr il s'éclipsa plus vite que ses paroles. Se souvenir de ce qu'il lui avait appris dans la bibliothèque. Ah ça, elle risquait pas de l'oublier ! Et elle risquait pas non plus de remettre ne serait-ce qu'un orteil entre les étagères de la bibliothécaire. Elle avait bien failli lui mettre une de ces raclées ! Ah ça oui, elle ne risquait pas de l'oublier.
Arro s'avança vers un mur et lui en fit la démonstration, sans les mains, cela valait de soi. Elle vit à peine l'élan qu'il pris pour sauter sur le mur. Il prit appui de ses pieds et atterrit souplement sur le toit. Il ne s'arrêta pas pour autant. En quelques secondes, il gravit plusieurs murs sans accroches, sauta de toit en toit, évitait les obstacles qui lui barraient la route et arriva enfin sur le plus haut bâtiment. Et tout ça sans les mains. Ichel en perdit la parole. Lui, il était maître marchombre, il n'avait pas six planches dans les bras et pour couronner le tout, il savait se qu'il faisait. Quand à elle... six planches de bois dans les mains et elle ignorait comment elle allait s'y prendre.
Ce fut lorsqu'il se retourna pour l'observer qu'Ichel réagit. Il fallait qu'elle y arrive. Mais comment ? Comme dans la bibliothèque, ok. Sauf qu'à ce moment-là elle n'avait pas autant de poids à porter. Un fardeau. Il avait bien raison sur ce coup. Ces planches étaient plus un fardeau qu'autre chose. Mais il fallait tout de même qu'elle monte, même si pour cela elle devait se blesser à nouveau. La marchombre observa ses mains bandées. De toute manière, elle avait déjà les mains en sang, alors une fois de plus ou de moins, qu'est-ce que cela changerait.
Repérant les interstices les plus grandes, elle calcula le chemin le plus aisé qu'elle pouvait emprunter. Sauf qu'il n'y en avait pas des millions. En vérité elle n'avait pas réellement le choix. Et puis, elle n'avait pas besoin de regarder son maître pour sentir son impatience. Il fallait qu'elle monte. Maintenant.

Ichel cala les planches afin qu'elles la dérangent le moins possible. En avant ! Elle s'imagina être dans la bibliothèque. De simples étagères. De simples étagères, les mains vides. Se ramassant au sol pour prendre son élan, elle sauta. A présent, ne plus s'arrêter, ne pas laisser le temps à la gravité de la rattraper. Aller plus vite qu'elle, dépasser sa vitesse, être hors de son temps. Hors de sa portée. Dès les premières secondes, elle sentit le poids intense des planches. Elles l'attiraient en arrière, elles étaient un boulet traînant la kaelem vers le fond. Mais cette dernière ne se laisserait pas faire. Elle voulait y arriver. Un mur, puis un second. Elle voulut s'arrêter sur le premier toit qu'elle rencontra, mais des mots vinrent la heurter de plein fouet. *On ne pose pas le pied sur le sol une seule fois !*. La voix hurla à son oreille comme si elle avait deviner se que la jeune femme prévoyait de faire. La faisant sursauter bien plus qu'une attaque par derrière, elle perdit l'équilibre. Elle sentit la gravité prendre de l'avance et reprendre ses droits. Elle tombait. Elle allait s'écraser à terre, devenir aussi plate qu'une galette de niam. Elle était perdue, il n'y avait plus aucun espoir. Non ! Elle devait se reprendre. Ce n'était pas une simple chute qui allait la décourager. Il lui restait quelques secondes avant le choque. Quelques secondes. Cela suffisait. Elle repéra une corde qui se trouvait étendue entre deux fenêtres. Elle espérait qu'elle tiendrait le coup, mais valait mieux tenter sa chance que de la laisser passer. Elle se mit en position phoetale et lorsque la plante de ses pieds toucha la fine corde qui se tendit imperceptiblement, elle remonta de sitôt. Tel la flèche lancé par l'arc. Elle se rattrapa contre un mur, atterrit sur un autre qu'elle quitta immédiatement pour se diriger vers un balcon. Elle faisait de longs détours afin de ne pas trop se fatiguer et pouvoir continuer son ascension avec les lourdes planches d'If. Il fallait qu'elle se ménage car il y avait encore toute la suite. Et puis comme ça Arro allait devoir l'attendre plus longtemps. Un mur, puis un autre, un toit, un balcon, une interstice, un énième mur. Lorsqu'elle arriva enfin où Arro l'attendait, elle croyait qu'elle allait s'évanouir. Essoufflée par l'effort, elle respirait comme un boeuf. Son maître ne parla pas et attendit quelques minutes en silence. Elle se releva enfin, réajusta les planches dans ses bras et offrit un grand sourire à Arro.


- C'est parti ! Par où on doit aller ?

Il partit en avant et Ichel le suivit. A présent c'était bien plus facile que la montée. Ils avaient simplement à sauter de toit en toit qui, la plupart du temps, n'étaient pas trop espacés. La kaelem avait moins de difficultés pour sauter de toit en toit que pour les gravir. Mais le pire était le poids des planches. Elle aurait tout donné pour les poser ne serait-ce que quelques instants, ses bras et ses mains tremblaient. Mais pour cela il fallait qu'ils arrivent le plus vite possible dans le deuxième magasin. Il avait raison, l'autre boutique n'était pas la porte d'à côté, car une trentaine de minutes plus tard ils se stoppèrent au bord d'une bâtisse. Ichel observa son maître qui lui enjoignit de descendre. Aïe. Elle n'avait pas penser qu'il fallait redescendre et pourtant cela coulait de source. Comment allait-elle faire...
Eh bien, quand faut y aller, faut y aller ! Elle se lança dans la gueule du loup. Se ramassant sur un toit, elle sauta bien vite sur un autre. Elle allait de plus en plus lentement, elle ne fut donc pas étonnée de voir Arro la dépasser plus vite qu'elle ne passait de toit en toit. Il était déjà à terre qu'elle passait sur le troisième bâtiment. Elle poussa un soupir lorsque ses pieds touchèrent enfin le sol. Soulagée de pouvoir bientôt poser ces foutues planches, elle suivit Arro jusque dans la boutique qui se dressait non loin de là. Ils pénétrèrent à l'intérieur et Ichel fut perdue. Que faisaient-ils ici ? Elle posa les planches contre un mur non loin d'elle et sentit presque ses bras s'envoler. Un sourire se peignit sur son visage. Elle se retourna vers Arro et prit la parole.


- On vient prendre quoi ici ? J'espère que c'est pas trop lourd, mes six planches me suffisent amplement.



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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Dim 20 Mai 2012 - 22:20

Le marchombre souriait de joie, Ichel se débrouillait vraiment bien. Heureusement qu'elle n'avait pas vu le mouvement rapide d'approche quand elle avait chuter, mais son apprentie s'était bien rattrapé. Elle montait sur les toits, lentement, mais surement. Elle arriva enfin à son niveau, lui offrant un petit sourire. Elle lui demanda par où il fallait passer, et Arro lui répondit en partant d'un côté. Le maître savait que la demoiselle le suivait. Il sauta d'un toit, son pied claquant contre la tuile et atterrie lestement sur la prochaine plateforme. Son écharpe voletait derrière lui, créant une trainée rouge et bleue. Courir sur les toits étaient vraiment la meilleure façon de se déplacer rapidement. Arro sentait le souffle court de son apprentie, les planches de bois étaient biens lourdes dans ses bras. La petite course pris encore quelque temps, l'homme sautait sur les toits, la jeune femme le suivant. Le marchombre repéra la rue du marchand, bifurqua vers la crevasse, pris un petit appui et sauta. Le vent siffla un instant contre ses joues et lorsqu'il toucha terre, roula sur lui-même pour amortir la chute. L'échoppe était juste là. C'était une tannerie, l'air sentait fort le cuir et Arro ne put s'empêcher de grimacer. Il rentra dans l'échoppe, suivit d'Ichel, qui, posant ses planches sur un mur, lui demanda :

- On vient prendre quoi ici ? J'espère que c'est pas trop lourd, mes six planches me suffisent amplement.

Avec un petit sourire, le maître répondit :

-Nous venons chercher du tendon, pour donner du reflex à l'arc, amélioré sa qualité principale de reprendre sa forme rapidement. Et aussi des cornes, c'est pour compléter l'âme. Il n'y a pas de particularité entre chaque, juste la couleur qui peut être un critère, bon il ne faut pas non plus les petites d'un bouc, mais plus celle d'un buffle ou d'un taureau.

Il prit les tendons et laissa choisir les cornes par Ichel. Puis il paya les achats et les enfourna dans sa besaces, les cornes étaient légèrement encombrantes et dépassaient de plusieurs centimètre de son sac. Arro s'approcha du mur où était posée les planches. Il les récupéra sous l'oeil étonné de son apprentie. L'homme cala le bois sur son épaule et sortit en silence du magasin. Lorsqu'ils furent dehors, le maître fit signe à la damoiselle de le suivre. Il restait une petite épreuve qu'il allait lui faire passer. Mais il avait assez confiance en son apprentie pour la réussir... Et alors, le grand mystère serait révélé ! Le marchombre entraîna la jeune fille dans une ruelle assez étroite, débouchant sur une courre qui était recouverte par les toits. C'était une zone plutôt sombre et vraiment insalubre. Un homme dans un coin s'approcha d'eux, ses yeux caché par une capuche lui donnaient un air menaçant.


-Eh ! Vous deux... Qu'est-ce que vous venez faire chez moi ?

Le marchombre posa les planches sur un mur sans réellement tenir compte de l'inconnu qui se trouvait là.

-Oh ! J'aime pas trop qu'on m'ignore... Fait gaffe... J'étais un soldat avant d'me faire virer pour mauvaise conduite ! Grrr, Saleté de code de mes couilles !

L'homme cracha par terre. Arro demanda à Ichel d'approcher. Il se pencha, faisant mine d'écouter des paroles que son apprentie ne prononça pas, puis il lança a l'énergumène :


-Eh, ma jeune amie, ci-présente, parie avec moi qu'elle pourrait te battre avec les mains attachées dans le dos ! Moi, je dis qu'elle pourrait seulement te battre avec ses mains ! Tu en penses quoi ?

L'ancien guerrier le regarda piqué au vif et l'alcool n'aidant pas il grogna de rage et commença à charger les deux étranges personnes qui lui faisaient face. Ichel, qui s'était tourné pour voir la masse de muscles foncé sur lui, n'eut pas le temps de se tourner vers son maitre pour lui demander des explications. Arro l'empécha de se tourner puis lui attrapa les mains, les plaça dans son dos et les attacha. Enfin il lui donna les instructions.

-Gagne, utilise tout ce que je t'ai appris. J'ai confiance en toi, tu peux gagner... Ne sous-estime jamais un adversaire.

Il lança la jeune femme en avant, la laissant face à l'homme, lancé dans sa course comme un taureau en furie.


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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Ven 25 Mai 2012 - 23:56

Du tendon. Ichel comprenait l’utilité du tendon, mais les cornes... Son arc était un simple bout de bois avec une corde pour pouvoir tirer les flèches. Un arc de paysan. Elle n'en avait jamais vu un véritable. Bon, à vrai dire jusqu'à maintenant elle n'avait jamais eu une seule bonne raison d'en voir un. Elle ne savait pas tirer, donc ne voyait pas l'intérêt de savoir à quoi ressemblait un vrai arc guerrier. Des cornes pour compléter l'âme. C'était à elle de les choisir. Elle se dirigea donc vers la grande caisse qui contenait toutes les cornes possibles. Grandes. Elles devaient être grandes. Leurs couleurs étaient toutes différentes les unes des autres ; blancs, bruns, châtains, beiges, chocolats, et encore pleins d'autres dégradations. Mais une seule couleur attira son oeil. Tout au fond de la caisse se trouvaient les deux cornes parfaites. Son âme entière lui dictait de les prendre maintenant, de ne pas attendre d'en trouver d'autres. C'étaient les bonnes. Leur teinte était d'une obscurité à couper le souffle. D'un noir intense. D'un noir de nuit sans lune. Parfait.
Elle les sortit le plus délicatement qu'elle put et, avec un sourire non dissimulé, les tendit à son maître. Ce dernier paya les achats et les mit dans son sac. Ils saluèrent le marchand et Ichel se prépara à prendre ses planches avec une moue certaine. Arro lui passa devant. Ichel fut étonnée de voir son maître prendre les six planches d'If, de les mettre sur son épaule et de sortir de la boutique sans un mot. Elle était déroutée. N'était-ce pas son fardeau à elle ? Certes, elle ne se plaignait pas de ne plus avoir à porter ce poids, mais ce n'était pas à l'habitude du marchombre de revenir sur ses paroles. Il avait quelque chose derrière la tête, quelque chose qui n'était pas forcément agréable pour les deux, ou plutôt pas agréable pour elle, cela valait de soi. La kaelem suivait son maître entre des ruelles toutes plus sombres les unes que les autres, tout en se battant contre l'envie si intense de demander des explications. Elle s'imaginait toute sorte de scénarios lorsqu'il s'arrêta brusquement. Ichel, ne l'ayant pas vu, faillit le percuter. Elle stoppa sa marche juste à temps et releva les yeux du sol. Ils avaient débouché dans une cour recouverte par les toits. Sombre et sordide, personne ne voudrait se retrouver là au beau milieu de la nuit. Que venaient-ils faire ici ? Il n'y avait tout de même pas une autre boutique dans ce coin, c'était bien trop improbable. L'apprentie fit le tour des lieux du regard. Quelques portes ouvrants sans doute dans des maisons toutes aussi glauques que l'extérieur, aucune autre sortie que celle par laquelle ils étaient arrivés, des étalages abandonnés et en sales états, des caisses brisées. Son regard se stoppa sur une silhouette tapie dans l'ombre. Délabré, l'homme sentait l'alcool à des kilomètres et ses yeux cachés par une capuche donnaient des frissons. Il s'approcha de quelques mètres et héla les deux marchombres. Arro l'ignora. Les nerfs alcoolisés de l'inconnu se gonflèrent, il cracha à terre. La suite se passa beaucoup trop vite pour qu'Ichel puisse réagir. Le marchombre se pencha soudain vers elle en faisant mine d'écouter se qu'elle ne lui disais pas, il se releva et lança un défi de la part de la jeune femme au mastodonte.
Non mais ça allait pas la tête ? Se battre contre ce titan n'était pas le problème, elle le faisait volontiers simplement pour le plaisir de se surpasser, mais... les mains dans le dos ? Elle s'était battu à mains nues, les yeux fermés, une main dans le dos et encore dans bien d'autres situations, mais jamais sans les deux mains ! Quelle idée saugrenue. Etait-ce sa vengeance pour le petit pic de tout à l'heure, dans les écuries ?
Les yeux écarquillés, elle fut soulagée d'entendre Arro dire qu'elle le ferait avec ses dix doigts. Mais les réjouissances étaient de courtes durées, car dès qu'il avait terminé de prononcer les dernières syllabes de sa tirade, le mastodonte se rua sur eux, fou de rage. L'apprentie c'était intuitivement tournée vers l'inconnu et Arro disparut dans son dos. Que devait-elle faire ? C'était bien la première fois qu'il la mettait dans une telle situation, sans aucunes instructions. Elle s'apprêtait à se retourner lorsque quelqu'un lui attrapa les mains pour les attacher fermement. Le marchombre n'y était pas allé de main morte, il avait serré les liens avec violence et une douleur se faufila bien vite dans tout son corps. Une grimace apparut sur son visage ; les cordes s'étaient frottées contre ses plaies encore fraîches du matin. Des mots heurtèrent son oreille et un sourire apparut sur son visage. Ah, elle savait que c'était bien trop beau pour être vrai. Bien sûr qu'il n'allait pas lui laisser ses deux mains libres, c'était bien trop facile. Son sourire disparut bien trop vite, car le buffle en face d'elle arrivait à une vitesse incroyable. La kaelem réussit in-extremis à éviter l'homme.

Le duel était lancé.
Déstabilisée par le manque qu'elle subissait, elle ne réussissait pas à se concentrer. Elle évitait les coups maladroits du mastodonte, mais n'arrivait pas à le toucher. Mais comment allait-elle faire pour ne serait-ce que le frôler ? Elle n'avait jamais fait autrement qu'avec ses mains. Ichel sautait de tous les côtés tel une sauterelle afin d'éviter le tas de muscles, mais elle savait bien qu'elle devrait tenter quelque chose tôt ou tard. Pour le moment, tout allait bien, il semblait ne pas pouvoir viser mieux que le vide. Il était bien trop maladroit. Elle avait tout le temps pour réfléchir à une technique qui remplacerait ses membres perdus. Elle bougeait souplement et savait qu'elle ne risquait pas grand chose. Un choc violent la fit revenir à la réalité. Son corps entier plongea à terre et son dos heurta violemment le sol. L'inconnu venait de lui envoyer une magnifique droite en plein dans l'estomac. La marchombre n'en revenait pas, comment avait-il fait ? Ses gestes étaient pourtant si lents et mal assurés.

°Ne sous-estime jamais un adversaire.°

Ces mots résonnèrent dans l'esprit d'Ichel. Trop absorbée par le monstre qui lui fonçait dessus, elle n'avait pas écouter la dernière phrase d'Arro. Pourtant ses conseils étaient d'une logique à toute épreuve. Elle n'eut pas le temps de s'irriter de sa stupidité, car un énorme poing se dirigeait vers son visage. Roulant sur le côté, elle évita le coup qui s'écrasa à terre avec un bruit atroce. Elle envoya loin d'elle l'idée que sa tête aurait pu se trouver en dessous et tenta de se releva d'un mouvement du buste. De nouveau sur ses jambes, elle se remit en position de combat. Son ventre brûlait de douleur. Elle l'avait à l'oeil à présent, il ne lui ferait pas ce coup-là deux fois.
Leur danse recommença.
Utiliser tout se qu'il lui avait appris. A ce moment précis, aucune de ses leçons ne lui revenaient en mémoire. La kaelem avait toujours combattu à l'instinct, car tous les enseignements qu'elle avait reçus étaient à présent ancrés en elle et un signe, n'importe quel signe faisait ressortir tout ça. Mais étrangement, rien ne se passait. Elle ne savait plus quoi faire. Elle ne savait pas se qu'elle pouvait tenter sans ses mains. Son cerveau tournait à cent à l'heure et elle continuait d'éviter les puissantes attaques de son adversaire. Sans en donner une seule. Le pire dans tout ça était le regard qu'elle sentait peser dans son dos. Un regard qu'elle voulait à tout prix impressionner. Elle voulait être digne de son enseignement, digne de prétendre au rang de marchombre. Elle se répétait sans cesse les mots qu'il avait prononcé dans son dos. Confiance. Il savait qu'elle pouvait gagner, mais était-ce seulement vrai ? Pour l'instant, elle avait simplement l'impression de retourner en arrière, de reculer de plus en plus et de ne pas réussir à en placer une. L'homme était bien trop grand, bien trop fort et d'après ses dernières expériences, assez rapide, souple et malin pour lui en mettre plusieurs. Cet homme n'était pas qu'un simple ivrogne en train de cuver au beau milieu d'une sombre cour. Un soldat. Il avait sans doute connu des guerres et ces gens-là étaient des coriaces.
Evitant une nouvelle droite qui, cette fois-ci, faillit bien lui couter son oeil gauche, elle réfléchissait encore. Elle avait presque honte d'infliger ce spectacle à son maître, lui qui attendait d'elle qu'elle gagne. Ichel reçut un autre coup sur le bras droit. Rien ne lui venait, vraiment rien. Elle tomba soudain une nouvelle fois à terre et ne fut pas surprise de voir un énorme pied lui barrer le passage. Un changement intense de rythme se fit ressentir, il passait réellement à l'attaque. L'apprentie venait de comprendre. Il était loin d'être un pauvre ivrogne, il était complètement plein c'était clair, mais il avait dû être un guerrier incroyable dans le passé. Elle avait deviné. Tout se qui venait de se passer n'était qu'un simple test. Il avait observé ses moindres gestes et analysé sa technique pourtant si médiocre à ce stade du duel.
Le vrai combat débuta.
Elle n'eut pas le temps de se relever qu'il lui envoya son pied entier dans les côtes. Arrachant une grimace de douleur à la jeune fille, l'homme continua. Un deuxième, puis un troisième qui ne tarda pas à suivre. Elle ne pouvait plus se relever, la douleur était trop intense, et pourtant, elle se devait de réagir. Elle ne voulait pas finir sous les bottes d'un homme aussi abjecte que celui-ci. Surtout devant le regard calculateur de son maître. Car oui, elle sentait toute l'analyse qu'il était en train de faire, tous les comptes rendus qu'il se faisait un plaisir de retranscrire dans sa mémoire. Il ne fallait pas qu'elle le déçoive. Elle roula donc à terre et entendit le quatrième coup s'enfoncer dans le sol. Elle roula encore et encore jusqu'à se qu'elle bute contre un mur. Elle se releva difficilement grâce à quelques interstices qui dépassaient de la paroi. Elle s'aida de ses quelques doigts valides, qu'ils servent au moins à ça s'ils ne l'aidaient pas à cogner. Le géant fonçait de nouveau sur elle. Ne s'arrêtait-il donc jamais ? Elle s'éclipsa en vitesse, mais il réussit tout de même à agripper ses cheveux. Maudits soient-ils ! Pourquoi ne les avait-elle pas attachés ! Ecrasant le pied du monstre avec son talon, elle s'extirpa de son emprise. Un cri lui confirma qu'elle avait toucher le petit orteil. Aïe, celui-là faisait toujours mal, même chez les tas de muscles. C'était malin, maintenant elle avait mal au crâne. Il l'avait touché à de bien trop nombreuses reprises et cela avait le chic pour gonfler les nerfs de l'apprentie. Elle ne lui avait donner aucun coup. Rien. Elle avait beau essayer de l'approcher, il y avait sans cesse la menace de ses mains aussi énormes que des battoirs. Elle bougea et ses côtes la fit souffrir. Il n'y était pas allé de main morte, c'était certain. Il se rua de nouveau sur elle, un vrai buffle. Elle recommença ses esquives sans trop savoir quand elle pourrait attaquer. Tout se qu'elle avait appris s'était volatiliser en quelques instants. Non ! Ce n'était pas possible, il fallait qu'elle réagisse, maintenant !
Utiliser tout se qu'elle avait appris...

°Un marchombre n'est pas rapidité, force, souplesse, il est harmonie.°

Elle essayait jusque là d'être plus rapide que son adversaire, plus souple, plus forte. Mais tout cela ne valait pas la peine si l'harmonie ne surplombait pas de sa haute stature toutes ces autres capacités. Cette phrase était une des premières qu'Arro lui avait offerte. Ichel la mit en pratique. Respirer. Il lui fallait respirer et ôter toutes pensées de son esprit. Il fallait qu'elle devienne harmonie. Qu'elle ne fasse qu'un avec elle. Respirer. De grandes inspirations, de longues expirations. Un sourire apparut sur son visage. Elle se sentait d'un calme absolu et ses pensées se remirent à fonctionner dans le bon sens. Malheureusement, l'homme était toujours aussi grand, toujours aussi fort. Et elle avait toujours les mains attachées dans le dos. Puis, quelque chose se passa enfin. Elle sentit un déclic dans son esprit, comme une porte qui venait de s'ouvrir. Comme une clé tournant dans une serrure. Quelque chose venait de se passer. Quelque chose qu'elle attendait avec impatience. Un ras de marée commençait à l'envahir, la submergeant de partout. Un ras de marée provoqué par un regard. Celui de son maître. Deux grands yeux dans lesquels elle pouvait lire une confiance absolue. Deux grands yeux dans lesquels elle avait revu tous les cours qu'il lui avait donné. Et ces enseignements commencèrent à déferler en elle, se succédant à une vitesse phénoménale. Tout s'éclaira soudain et elle comprit. Tout coulait comme les gouttes de pluie contre les vitres un soir d'automne. Une phrase se heurta à son esprit.

°Le vide n'est pas ton ennemi, au lieu d'avoir peur de lui, fais en un allié.°

Un allié. Ichel sauta d'un seul coup sur une très haute caisse et même si son manque d'équilibre dû à ses mains dans le dos la fit flancher, elle se ramassa sur la caisse sans dégringoler jusqu'en bas. Elle regarda en bas et n'attendit pas plus longtemps avant de se jeter dans le vide. Elle se rattrapa quelques secondes sur une corde et fit plusieurs détours qui déstabilisèrent l'homme. De nouveau en l'air, elle fit une pirouette arrière et envoya un violent coup de pied dans l'arrière train de l'inconnu. Ce dernier tomba à terre avec un bruit sourd. Le vide était son allié. Il se releva bien trop vite à son goût et avec, sur le visage, une haine intense.

°Deviens foule, deviens bruit, ressens chaque mouvement et fond toi dedans.°

Cette phrase pourrait-elle s'appliquer à autre chose qu'à une foule d'élèves ? Sans aucun doute. Dans tous les cas, il fallait tenter le coup. Elle avait très bien réussi à se caler sur le rythme d'une cohorte d'élèves nerveux avant un cours, elle était donc capable de le faire avec cet homme. Elle se mit en face de lui. Prenant les mêmes appuis, elle imitait chacun de ses gestes. Analyser les pas, les apprendre, les ressentir, devenir le reflet du miroir, se fondre dans ses gestes. Prendre son temps, se l'approprier. Ils évoluaient dans le même monde, elle marchait sur son temps et occupait presque toute la place. Lorsqu'il bougeait, elle devinait ses gestes. A présent, l'homme lui paraissait plus lent qu'avant. Plus grossier, maladroit.
Les leçons continuaient de submerger son esprit.

°N'essaye pas d'éviter les obstacles, glisse sur eux.°

Le sol avait beau être agréable pour se mouvoir avec sûreté, le ciel était encore mieux. Elle devait glisser, comme à la bibliothèque. L'homme prenait la place de Khelia Talan et les caisses, les autres débris, celle des étagères. Elle se dirigea donc en direction d'un vieil étalage. Elle sauta sur une caisse bien trop haute pour l'inconnu. Pestant contre la jeune insolente qui lui tenait tête, il tapait contre les planches de bois, mais la marchombre changeait bien trop rapidement de promontoire pour qu'il réussisse à la faire tomber.

°Les yeux sont un bon moyen de voir le monde, mais ils ne peuvent pas tout te dire. C'est pour cela que l'homme a cinq sens. Tous permettent de voir le monde de différente manière.°

Nouvelle phrase. Ichel avait beau se déplacer dans les hauteurs, elle devait tout de même descendre pour attaquer. Le seul problème était que c'était l'homme qui atteignait le plus souvent sa cible. Elle recevait et peinait à riposter. Ces mots réveillèrent quelque chose de nouveau en elle. Elle se mit à l'abri quelques instants et ferma les yeux. Elle pouvait percevoir les râlements de l'homme, ses pas lourds et le brouhaha qui se produisait à l'extérieur de la cour. Elle devait viser plus loin. Plus précisément. Elle devait éliminer tous les sons non désirés, éliminer les bruits qui pourraient la déstabiliser. Elle fixa son attention en elle. Quelques secondes s'écoulèrent et un battement se fit entendre. Son coeur. Un deuxième vint s'y rajouter. Celui d'Arro. Et enfin le troisième et dernier. Celui de l'homme. La marchombre descendit enfin de son perchoir afin de passer à l'action. Elle se ramassa dos à l'ennemi et perçut soudain un bruissement. Elle ne se retourna pas et évita avec une facilité déconcertante le coup destiné à sa gorge. Elle entendit le chuintement d'une lame dans son fourreau au même moment où elle se retournait en face de l'homme.

°Un adversaire peut être imprévisible et à deux mains, lorsqu'une est parée, fais attention à l'autre.°

Son regard avait changé, il se sentait plus fort, plus menaçant. Son poing seul partit en direction de son visage, mais Ichel l'avait pris d'avance. Elle vit la dague qui passa à quelques cheveux de sa gorge. Elle sentit une légère brûlure, un trait de feu apparut sur son cou et une petite trainée de sang commença à couler. C'était une simple égratignure, rien de bien grave. Elle pouvait continuer à la même allure. L'inconnu était de plus en plus furieux.

°Concentration et coordination°

Il était temps de finir le combat, ils ne pouvaient pas se battre indéfiniment. Elle commença à chercher un plan de fin lorsque ces deux mots lui revinrent en mémoire. Deux mots qu'elle n'oublierait plus jamais. Un tour d'horizon de la cour et un chemin se fit dans son esprit. Un parcours qui devait tenir la route si tout était bien coordonné.
C'était parti. La fin du duel débuta.

Un nouveau bruissement de chaussure, elle évita un pied qui se dirigeait à la hauteur de son visage. Prenant un élan, elle glissa sous les jambes de l'inconnu et réapparut de l'autre côté. La jeune fille se releva avec souplesse – il était impressionnant de voir à quelle vitesse elle s'était habituée au manque de ses mains, jusque là, elle avait tenté quelques coups de pieds sans grand succès, mais pas grand chose d'autre – et se remit pour la énième fois sur les caisses de bois vides. Elle sauta de nouveau et la sensation du vide en dessous d'elle lui provoqua un sourire. Elle ressentait toujours le rythme du mastodonte plus fortement qu'avant et elle se cala parfaitement avec celui-ci avant de chouter dans une petite lanterne accrochée sous une poutre. Cette dernière alla percuter une planche qui soutenait une grosse caisse pleine à ras bord de tissu. Ils volèrent dans les airs. Le temps s'arrêta soudainement. Le temps qu'il lui fallait pour mettre l'autre KO. Détournement d'attention. Trop absorbé par les tissus qui troublaient sa vue et cachaient la jeune fille de son regard, il ne remarqua pas qu'elle fondait sur lui tel un aigle à l'affut de sa proie. Lorsqu'elle arriva à sa hauteur, elle lui donna un bon coup sur le crâne, un coup assez puissant pour l'envoyer au tapis. Il était vrai que la tête était une partie sensible chez ces monstres de muscles. Un simple coup du talon et il s'effondra à terre.

Ichel se ramassa quelques mètres plus loin et s'écroula. Elle était à bout de souffle, ses côtes la faisait souffrir et elle ressentait déjà l'apparition de plusieurs bleus. Les genoux au sol, ses bras tremblants même s'ils étaient toujours attachés dans son dos et sa tête affaissée, elle respirait difficilement. Ses cheveux cachaient son visage à tous les regards. Elle arrivait à peine à relever la tête et jeter un coup d'oeil sur son maître. Son coeur battait à plein régime, elle n'avait qu'une seule envie, se coucher sur le sol et ne plus bouger. Il fallait l'avouer, elle doutait pouvoir se remettre debout, alors se coucher... Le filet de sang coulait encore le long de son cou. Elle ne s'était jamais autant donné pour un duel et ressentait une fatigue qui n'allait pas tardé, elle le sentait, à la faire tomber dans une inconscience bienvenue. L'apprentie souffrait le martyr, mais un sourire illuminait tout de même son visage.
Gagné.





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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Dim 27 Mai 2012 - 18:13

Le maitre regardait avec attention le combat. Son apprentie avait du mal à se mettre dans le combat. Au début, elle esquivait avec le plus de grâce possible les coups maladroits que lui envoyait l'homme. Arro connaissait bien cet homme pour l'avoir combattu il y a quelque année. Il jouait l'ivrogne au début, testant son adversaire, cherchant les limites des capacités. Puis cessant de jouer l'homme saoul, il décocha un coup de poing dans l'estomac de son apprenti. Le maître grimaça, cela allait devenir plus difficile. Mais il gardait confiance en Ichel, même après un début difficile, elle se reprenait et souvent réussissait.
Arro restait quand même silencieux quand elle ne faisait qu'esquiver et se prendre des coups. Le rythme augmentait petit à petit. Il voulait lui hurler de se souvenir tous ses enseignements, mais il ne pouvait pas. Sinon le test ne voulait rien dire. La Kaelem était seule, toute seule.
Il regardait sans broncher l'homme malmener son apprentie. Avait-il tord de l'avoir embarqué dans une telle épreuve ? Aïe, le guerrier attrapa sans ménagement les cheveux de son apprentie. Mais en réponse elle lui écrasa le pied avec force. Elle se libéra et continua ses esquives. Le marchombre regardait son apprentie qui ne faisait que se débattre contre le sort.
*Non, non, non !*, pensait il *Reste calme, que ton corps respire l'harmonie ! Allez*.

L'attitude de la jeune femme changea. Enfin ! Elle avait compris. Elle était tranquille, reprenait sa respiration. Enfin, elle reprenait le rythme du combat. Le tas de muscle n'avait qu'à bien se tenir. Elle commença par s'échapper, aller là où il ne pourrait l'atteindre. Elle sautait de caisse en caisse, attrapant les cordes pour se retrouver derrière et lui assener un coup des plus mémorable dans l'arrière train. Elle se cala sur le temps du combattant, esquivant plus précisément les attaques lourdes. Comme avant l'homme jouait avec Ichel, la marchombre jouait avec lui, changeant d'endroit tout le temps, le laissant se briser les poings sur les caisses.
L'homme râlait, pestait contre cette insaisissable et impétueuse fille. Il suait à grosses goûtes et respirait difficilement. La jeune femme n'était pas essoufflée et paraissait encore pleine d'énergie. L'ivrogne sortit son dernier atout, une dague cachée dans sa botte. Il attaqua d'un coup simple et rapide, mortelle. Mais Ichel esquiva rapidement, écopant seulement d'une égratignure sur la joue.
C'est alors que le guerrier commis sa plus grande erreur, il s'énerva. Ce fut ce qui déclara la fin du combat. Arro changea de position, il savait que le combat avait exténué Ichel et se tenait près à intervenir si cette attaque n'était pas. Pendant ce temps, son apprentie glissa sous l'homme, sauta sur les caisses, donna un magnifique coup de pied dans une lanterne qui alla percuter une planche qui soutenait une boite. Cette boite était remplie de divers tissus, certainement malodorant et sale. L'amalgame de bois et d'étoffe s'envola, décrivant un bel arc de cercle pour finir sa course sur le guerrier. Aveuglé par ces draps, il ne vit pas le saut d'Ichel, qui passa juste au-dessus de son crâne et qui lui asséna un coup de talon qu'il n'était pas près d'oublier. Complètement sonné, l'homme s'écroula de tout son long.

La marchombre se rattrapa et fini par s'écrouler de fatigue et de douleur. Se tenant sur ses genoux avec le peu de force qui lui restait, elle offrit un dernier sourire à son maître... Elle avait gagné. Alors que l'inconscience prenait petit a petit son esprit, Arro l'attrapa par l'épaule, il s'était approché silencieusement et rapidement, avant qu'elle ne touche terre. Il l'installa un instant contre un mur assise et lui enleva rapidement les liens de ses mains. L'homme portait un regard emplit de fierté sur son élève actuellement endormi. D'un mouvement rapide et délicat, il la prit et la mit sur son dos.
Elle était plus légère qu'il ne le pensait. Lorsque le marchombre eut mis son apprentie dans une position assez confortable et qui ne gênait pas ses mouvements, il ramassa les planches et s'en alla. Enfin ils sortirent de la ruelle et Arro s'élança sur les toits, défiant la gravité, comme si le poids des planches et de son apprentie ne valait rien. L'homme sautait de toit en toit, invisible aux passants inattentifs. Le marchombre était content, que dit-je, il était heureux. Son apprentie avait réussis ses tests préliminaires.

Bien une fois qu'elle serait réveillée, il pourrait lui en dire un peu plus. Ce fut avec joie qu'il sauta sur le sol devant une auberge. L'homme entra rapidement, les clients se tournèrent face à cette impressionnante apparition. Arro ne prit pas le temps d'observer la salle, mais s'il l'avait fait, il aurait surement remarqué que la pièce était richement décorée, de beau chandelier s'installait sur les tables, des trophées de chasses trônait sur les murs. Il aurait aussi pu voir que le comptoir était lustrée et que les bières glissaient facilement dessus. Il aurait su aussi que les gens étaient richement habillés et que c'était surement un établissement de qualité. Le marchombre n'a pas non plus remarqué que les personnes étaient choqués que deux personnes recouvertent de poussières rentrait ici comme dans un moulin. Mais ces suspicions se turent quand il lança une bourse pleine de pièce au tenancier. D'une rapidité étonnante il s'engouffra dans une des chambres et installa Ichel sur l'un des deux lits. Là aussi, il aurait remarqué que les sommiers des lits étaient taillés avec art et les matelas bien confortable. Il aurait pu voir aussi le bureau sur lequel trônait un chandelier, une plume et un encrier. Mais l'important était que son apprentie soit au calme.
Ce serais mieux qu'elle se repose ici plutôt que d'essayer d'atteindre l'Académie. Arro plaça les planches contre un mur et y mit le sac, rempli des tendons et des cornes, a côté. Il s'installa au chevet de la Kaelem et sortit d'une de ses nombreuses poches sur sa ceinture deux pots en terre. Le premier contenait une crème cicatrisante qui avait une odeur particulière, pas désagréable, mais particulière. Le second était une lotion à base d'huile essentiel d'Arnica. Il remplit aussi une bassine d'eau avec une éponge flottant au milieu du liquide.
L'homme ouvrit avec délicatesse le haut de la jeune femme. Il remarqua combien son corps s'était musclé et affiné depuis qu'elle était avec lui. Arro attrapa l'éponge et l'essora, il nettoya avec douceur la peau d'Ichel. Il évitait de passer aux endroits trop intime, un peu gêné par la situation. Mais il devait s’occuper de son apprentie. Il prit ensuite la lotion d'arnica et enduit le ventre de la Kaelem. Cela lui calmerait légèrement la douleur et accélérait la disparition des bleue. Sous le passage de ses mains, il sentait les muscles contractés et endoloris, mais rien de cassés. Ensuite il passa aux épaules, laissant le haut du torse pour d'autre caresse que les siennes. Il massa délicatement les épaules, en continuant d'enduire la lotion apaisante. Lorsqu'il eut terminé, il se lava les mains dans la bassine d'eau. Par la suite, il plongea le bout de son index dans la crème cicatrisante et passa délicatement sur l'égratignure de la joue. Ensuite, toujours avec la même infinie délicatesse, il pansa les partie endolorie de la demoiselle avec du tissus imprégnés de la solution d'Arnica. Il referma la veste de son apprentie et sortit quelques secondes de la chambre.

Il s'en alla demander à l'aubergiste d'amener le diner dans leur chambre et paya quelques pièces de plus pour ce service. Arro rentra dans la chambre et se dirigea vers la salle d'eau. Il se nettoya avec plaisir et sortit. Le marchombre regarda le visage calme et serein de son apprentie et s'installa confortablement sur le lit d'à côté.
L'homme sortit sa légendaire flûte de pan et commença une petite litanie apaisante, calme comme la mer avant la tempête, comme la brise chaude qui bat les blés des champs. Et plusieurs heures passèrent ainsi. C'est lorsque le repas fut apporté qu'Ichel sortit de ses songes. Sans la laissé sortir le moindre son, le maître marchombre lui fourra une assiette dans les mains et se mit à parler.


-Bien, tu as dormi une bonne partie de l'après-midi, mais tu dois avoir faim. Mange, c'est encore chaud, ça vient juste d'arriver, dit-il en montrant le plat. J'ai payé la chambre pour la nuit, si tu veux rester et dormir ici nous pourrons repartir demain. Sauf si tu préfères rentrer maintenant et dormir dans ton dortoir. Pour ton arc, nous travaillerons dessus quand nous serons à l'Académie. J'ai demandé au forgeron de nous prêter les outils nécessaires, ils nous attendent chez lui et nous pourrons commencer la confection. Je suis certain que tu te poses plein de questions sur plusieurs points. Je tacherais de t'expliquer du mieux que je peux.

Arro pris à son tour une assiette, s'installa un peu plus confortablement et repris :

-Bien, je vais te faire un petit topos de la journée et je pense que ça va te plaire. Premièrement, je suis très content, vraiment très content, ça c'est passé mieux que je l'avais prévu. Deuxièmement, j'ai pu remarqué que ton corps s'est aiguisée autant que ton esprit. Bien que tu mettes toujours du temps à comprendre que le calme et la réflexion sont la première étape avant la victoire d'une épreuve.

L'homme sourit, avala une bouchée chaude et reprit.

-Troisièmement, tu as su tiré tous les avantages de ce que je t'ai appris jusque lors. Bien que nous ne sommes pas arrivé au bout des trois ans que tu me dois, tu en sais déjà beaucoup... Il reste un long chemin a parcourir pour t'apprendre tout ce que je dois t'enseigner, mais on peux dire que tu as marché bien plus loin que la moitié du sentier dangereux qu'est celui du marchombre. Quatrième et dernièrement, je vais te faire une proposition, que tu peux accepter, non que tu vas surement accepter. Je pense que tu sais qu'un maître doit, un jour, montrer son apprenti devant le conseil de la Guilde. Et je pense que ça à trop tardé. Je te présenterais et nous en profiterons pour te faire passer l'Ahn-Ju. Tu pourrais ensuite prétendre à la greffe et, lorsque tes trois années seront terminées, prétendre au titre de maître et avoir un élève.

Le marchombre sourit franchement et termina son assiette. Par la suite il reprit, un brin de sérieux.

-Mais ne crois pas que je vais relâcher la pression jusqu'à l'Ahn-Ju ! Tu vas souffrir tellement que tu préféras ne pas m'avoir comme Maître ! Nous allons surtout travailler ce qu'il te fait le plus défaut ! Le calme et la réflexion... Je crois que j'ai pas assez insisté sur ce point là...

Il regarda la demoiselle droit dans les yeux, la sévérité disparut rapidement pour faire place à la fierté et à la joie. Arro ria de son plus profond et authentique rire, cet éclat de joie communicatif, qui vous emporte et vous fait tellement de bien.


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Ven 8 Juin 2012 - 20:11

Blanc. Tout autour d'elle n'était que blancheur irréelle. Cette dernière était la reine et le silence son roi. Blancheur et silence. Un couple parfait qui semblait pourtant si dispersé. Ichel sentait son corps léger et volatile, il lui semblait qu'elle pouvait presque s'envoler. Pourtant, elle n'y parvenait jamais. Elle continuait de marcher encore et encore sur ces routes d'un blanc immaculé. Elle ne pensait plus, elle ne réfléchissait plus. Tout n'était que vide. Elle ne percevait que ses pieds sur le sol et le blanc certain qui l'entourait de pars et d'autres de cet étrange endroit.
Un son percuta soudain son oreille. Un son discontinu qui ne cessait de croitre. Il venait dans sa direction. Elle n'arrivait pas à distinguer la provenance et encore moins de quoi il s'agissait. Elle n'arrivait plus à penser, ses pieds avançaient seuls, elle ne parvenait pas à se concentrer assez afin de reconnaître un simple bruit. Un bruit pourtant si élémentaire. Un bruit de pas. Ses pensées recommencèrent à tourner.
Une ombre apparut au loin. D'un noir indescriptible. D'un noir cauchemar affreux.
Elle eut peur de reconnaître la silhouette qui s'approchait imperceptiblement d'elle. Elle eut peur de devoir se confronter à son visage, de devoir le regarder dans ses yeux. Les mêmes que les siens, des yeux d'une cruauté profonde. Elle regrettait tant ceux du passé. Ce regard qui la couvait et qui ne pouvait la laisser seule. Ce regard protecteur.
Il n'était plus le même.
Mercenaire.
Assassin.
Il n'était plus le même.
L'ombre avançait toujours. Sans s'arrêter une seconde, elle avait fixé son but et semblait ne pas vouloir changer de cap. Elle voulait qu'il s'en aille, qu'il la laisse tranquille. Qu'il lui rende sa paix. Elle voulait s'enfuir, mais ses pieds avançaient seuls. Ils étaient maître de leur destin. Ils décidaient de son sort à elle.
Elle marchait vers lui, il marchait vers elle.
Harmonie, chaos.
Ses pieds se stoppèrent soudain. Ils étaient arrivés à la même hauteur. Elle ne pouvait plus rien faire, il était trop tard. Leurs regards allaient se croiser, leurs âmes se toucher, leurs pensées se rejoindre. Personne ne prononcerait un seul mot, mais tout allait être dit. Ils sauraient tous deux à quoi l'autre pensait.
L'ombre était enveloppée dans un immense manteau noir, son visage était encore caché par la capuche. Elle voulait que celui-ci reste derrière le pan de tissu encore longtemps. Elle ne voulait pas croiser ses yeux noisette et pourtant, elle ne le quittait pas du regard. Elle ne le pouvait pas. Quelque chose l'en empêchait, mais elle ne savait pas quoi. La main noire s'approcha de l'obscur visage et le découvrit bien trop vite au goût de la jeune femme. Elle reconnut ses traits en un clin d'oeil. Rapide, elle sut. Ces lèvres roses, ce nez fin, ces yeux noisettes, ces cheveux... Iolan.
Ichel aurait voulu pleurer, mais rien. Aucunes larmes, aucuns torrents. Rien. Quelque chose l'en empêchait, mais elle ne savait pas quoi. Le noir qui entourait son frère s'éloigna soudain, libérant son corps. Un corps enveloppé dans les habits de cuir des mercenaires. Un corps qu'elle avait peine à reconnaître. Qu'elle ne voulait pas reconnaître. Au fond d'elle-même, elle ne voulait pas admettre qu'il ne faisait plus partie du même monde que le sien. Elle préférait fermer les yeux sur la réalité et l'oublier. Mais ce n'était pas aussi facile que ça ; la vérité finissait toujours par rattraper les gens. Et elle talonnait Ichel de près.
La silhouette n'était plus faite d'ombres, mais elle restait tout aussi noire qu'auparavant. Presque plus. Il sortit soudain une lame de nulle part et la leva au-dessus de sa tête. La jeune femme aurait voulu s'enfuir, mais ses jambes ne le lui permettaient pas. Elles étaient fixés au sol et ne semblaient plus vouloir se décoller. Elle était vouée à recevoir le coup qui lui était destiné. Elle ferma les yeux et sentit la lame s'enfoncer dans sa chair.
Aucun bruit. Aucun souffle. Rien. Un simple picotement dans le ventre. Une vague de froid qui la submergeait de part en part. Un froid qui allait l'emporter. Elle aurait voulu crier, mais rien. Sa voix semblait être devenue muette. Son corps ne lui appartenait plus.
Elle était morte.

°°°

Les yeux d'Ichel s'ouvrirent sur un plafond mal éclairé. Son coeur battait la chamade et ses yeux avaient de la peine à oublier Son regard. Elle avait de la peine à effacer cet horrible cauchemar qu'elle faisait continuellement. Pourquoi ne la laissait-il pas en paix ? Elle voulait être au calme. Ne plus penser à lui. Elle tenta de calmer sa respiration et y parvint de justesse. Elle n'arriva pas à se lever immédiatement car le duel l'avait réellement affaiblie et elle regarda donc quelques minutes par la fenêtre. La nuit venait d'envelopper Gwendalavir de son voile et les nuages de l'hiver cachaient la lune aux regards. Elle n'eut que le temps de s'apercevoir qu'elle se trouvait allongée dans un lit, qu'Arro qui se tenait dans l'autre, lui déposa une assiette dans les mains. A peine levée qu'il voulait la faire taire avec de la bouffe. Même si elle ne disait pas non à l'offre – parce qu'il fallait le dire, elle mourrait de faim -, elle se demandait quand est-ce qu'il allait lui balancer les commentaires qu'il avait trouvé à faire sur sa prestation. D'ailleurs, depuis quand était-elle couchée là à dormir ? Ah, depuis plusieurs heures apparemment. Elle commença à manger avec avidité, son estomac hurlant au supplice, tout en écoutant son maître. D'une oreille un peu distraite, certes, mais elle l'écoutait. Son rêve occupait trop son esprit pour le moment. Les informations entraient sans réellement restées collées dans sa mémoire. Elle avait vaguement entendu l'histoire de dormir ici à la place des dortoirs, pour la jeune femme cela lui était bien égal. Elle écouta tout de même un peu plus attentivement en se qui concernait son arc. Elle avait hâte de commencer à confectionner son propre arc, son arc rien qu'à elle. Le prolongement de son bras, le prolongement de son âme. Des questions, ah ben oui, il y en avaient des tas qui trottaient dans sa tête dans un ordre affreusement emmêlé. Elle avait hâte de rentrer à l'Académie, même si pour l'instant elle préférait dormir un peu. La fatigue la torturait depuis qu'elle avait ouvert les yeux, mais c'était surtout ses blessures qui... qui avaient été pansées ? Ichel regarda Arro pendant qu'il parlait encore en faisant le topo de la journée. Elle avait l'habitude qu'il soigne ses blessures, mais elle n'en avait jamais eu autant et elle sentait qu'il avait pris un très grand soin à tout faire parfaitement bien. Il avait tout fait pour qu'elle n'ait aucune séquelles ou autre. Un sourire illumina le visage de la kaelem. Elle adorait son maître, ça, elle ne pouvait pas le cacher même si elle prenait un malin plaisir à lui lancer des pics qu'il détruisait en un rien de temps. Elle avait un respect infini pour lui et l'admirait plus que quiconque. Il faisait tout pour elle et elle savait qu'il était capable de faire l'impossible. Cela valait de même pour elle, Ichel serait capable de lui obéir les yeux fermés. Bien plus qu'un simple maître. De jour en jour, elle ressentait le lien unique qui la liait à lui. Le lien unique qui les liait pour l'éternité. Ce n'était pas la même chose qu'entre le maître d'armes et ses combattants ou la maître dessinatrice avec ses apprentis dessinateurs ou encore la maître rêveuse et ses disciples. Non, c'était bien plus que cela. Elle le sentait au plus profond. Elle savait et cela suffisait. Il avait pansé toutes ses plaies avec le plus grand soin, elle sentait d'ailleurs déjà un peu les effets de la lotion qu'il lui avait étalé sur ses blessures et ses bleus à venir. Bien plus qu'un maître. Un ami. Un lien unique. Deux voies qui avançaient dans la même direction.

Elle avait à peine écouté ses paroles. Calme et réflexion. Première étape avant la victoire d'une épreuve. Il était vrai qu'elle manquait beaucoup de réfléchit lorsqu'elle agissait, elle oubliait qu'elle avait des neurones et progressait sans trop savoir où elle allait. Elle devrait remédier à cela. Ca c'est passé mieux que se qu'il avait prévu ? Pourquoi, il avait pensé qu'elle allait se faire démolir à coup de poings ? Même si c'était un peu le cas, elle c'était pas trop mal débrouillée. Elle avait progressé et il en était fière.
Arro prit une bouchée laissant le silence reprendre la parole, mais il la lui reprit bien trop vite. Il commença un discours bien étrange. Pourquoi lui parlait-il des trois années qu'elle lui devait ? La marchombre commençait à se poser des questions et était intriguée de plus en plus que les mots sortaient de la bouche de l'homme. Il arriva au quatrième et dernier point ; une proposition ? Avide de la connaître, elle avait cessé de manger et presque de respirer. Toute cette scène était bien trop étrange pour qu'elle n'y prête pas une attention des plus intense. Et là, le voile se leva enfin. Le conseil de la Guilde... Elle faillit émir un petit gémissement de peur. La présentation... Elle avait toujours eut peur de ce moment. L'instant où tous les regards des marchombres la fixeraient et l'analyseraient afin de savoir si elle était digne de marcher sur la voie du marchombre. Elle avait peur de leur réponse. Mais encore plus peur de leurs regards. Mais ses craintes augmentèrent encore plus lorsqu'il prononça l'autre mot qui allait très souvent de paire avec la présentation. L'Ahn-Ju. La greffe ? Elle n'en avait entendu parler qu'à une seule reprise et n'avait jamais réellement compris se que cela représentait pour un marchombre, Arro ne lui en avait jamais réellement parlé. Et puis... en possédait-il une ? Pour elle, il était évident que oui, mais... alors qu'était-elle ? Mais aussi comment l'obtenait-on ? Elle savait seulement se qu'était qu'une greffe, elle ne savait ni où ni quoi ni comment. Des tonnes de questions se bousculaient dans sa tête et ne la laissaient plus respirer. Quand avait-il fini de parler bon sang, qu'elle puisse assouvir sa soif de comprendre ! Prétendre au titre de maître... avoir un élève... cela lui semblait tellement loin, elle ne se voyait pas apprendre la voie à quelqu'un d'autre. Non, elle ne se voyait vraiment pas le faire. Peut-être d'ailleurs ne le ferait-elle jamais...

Elle sortit de ses pensées troubles lorsqu'Arro termina son assiette et qu'elle remarqua qu'elle avait encore la sienne sur les genoux. Il reprit encore la parole avec un peu de sérieux au coin de la bouche, sans qu'elle ne puisse en placer une. Un vrai moulin à paroles ! Ne pas relâcher la pression, elle ne demandait que cela. Elle voulait apprendre, s'entraîner et avancer sur la voie. Travailler le calme et la réflexion... Très bonne idée ! Elle en avait marre de se prendre des coups et d'ensuite trouver après une bonne quinzaine de minutes de combat LA solution qui réglait à chaque fois le problème.
Il la regarda droit dans les yeux et sa sévérité disparut aussi rapidement que la nourriture qui jadis remplissait l'assiette du marchombre. Il était fière d'elle et une joie immense se peignait sur son visage. Il commença soudain à rire, d'un rire tonitruant et réel. Ichel ne put s'empêcher de le rejoindre. Cela faisait du bien même si la douleur dans son estomac provoqué par le rire la rappelait à l'ordre. Une grimace plus ou moins contrôlée et leurs rires se perdirent dans la nuit. Ichel reprit le sérieux et la peur la tirailla de nouveau, les centaines de questions la submergèrent et elle ne savait plus où donner de la tête. La présentation... L'Ahn-Ju... Le flot de questions, ou plutôt le torrent, inonda la pièce. Elle ne pouvait plus se retenir et sa voix était plus dure que d'habitude. Plus cinglante.


- Je pourrais juste savoir quand comptiez-vous me présenter ?... Où ça se passe, que devrais-je faire, que se passera-t-il ? Et que dois-je faire durant l'Ahn-Ju, que représente réellement la greffe, où, quoi, comment ?...

Ichel se calma quelques instants. Elle avait tellement de choses à dire et attendait tellement de réponses. Mais pas toutes ne seraient prononcées, pas toutes ne seraient entendues.

- J'ai trop de questions qui me tournent autour, vous me lancez ça comme ça, comme si de rien n'était. Je crois que j'ai le droit à quelques précisions, non ? Vous ne m'avez jamais parler de tout cela. C'est à peine si vous aviez un jour fait mention de la présentation. Ou encore de l'Ahn-Ju...

La jeune fille commençait à paniquer. Que lui arrivait-il ? Oui, elle avait toujours posé autant de questions, mais jamais aussi violemment. Elle avait déballer ses questions sans autres explications, elle ne les avait même pas classées, elle n'avait même pas attendue une réponse. Elle continuait à parler sans le laisser répondre. Elle ne se sentait pas bien, mais ce n'était pas seulement à cause de ses blessures. Moralement. Elle ne comprenait plus les événements qui se produisaient autour d'elle.

- Désolé je... je suis un peu sur les nerfs ces temps-ci et je ne sais plus où j'en suis...

Elle le regarda dans les yeux tentant de rechercher quelque chose qu'elle ne trouvait pas. Soudain, un murmure.

- Que se passera-t-il si j'échoue...

Elle ne savait plus où elle en était. Halina et elles n'étaient plus en froid, mais Iolan... Elle ne savait plus qui croire si même son frère la trahissait à ce point. Il avait troublé sa vie et ne semblait plus vouloir la laissée tranquille. Cela faisait plusieurs nuits que ce rêve la tourmentait. Son frère, une épée en main, la transperçant de part et d'autres. Il fallait qu'elle arrête d'y penser.
Arro la regardait. Elle planta son regard noisette dans le sien.
Désespoir.







[ Voilàà ! Et une réponse, et d'une !! =D ]


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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Sam 16 Juin 2012 - 15:13

Arro regardait son élève droit dans les yeux. Il souriait face au flot de questions qui sortaient de la bouche de la Kaelem. Mais quelque chose n'allait pas, Ichel était en colère, sa voix était dure et cinglante. Elle lui fit un reproche bien mérité, c'est vrai que le maître n'avait pas beaucoup parlé de la Guilde et s'en désolait. Le marchombre la regardait étrangement, il n'avait pas l'habitude de voir son apprentie dans un tel état, surtout qu'elle semblait être paniquée à cause de quelque chose qu'il n'avait pas compris ni perçu... Elle était troublée par un truc qui devait s'être passé bien longtemps avant et qui était remonté pendant qu'elle était inconsciente. L'homme se mordit la lèvre, la seule façon de la calmer était de se taire et d'attendre qu'elle lui donne la parole. Ce qui se fit sans attendre. Apparemment elle ne comprenait pas non plus ce qui lui arrivait et s'excusa. Un peu sur les nerfs ? Mais carrément oui ! Quelque chose la troublait très profondément, Arro se jura de trouver quoi et de remédier à ce soucis. Lorsque enfin elle eut fini de parler, elle planta des yeux bruns dans la mer verte bouteille de ceux de son maitre. Sans plus attendre ce dernier répondit et commença par un mot qu'il ne prononçait peu, voir jamais, devant Ichel :

-Désolé.

Il continua de fixer ce regard noisette. Les yeux du marchombre se firent plus doux, plus gentil, cherchant à apporter un petit peu de réconfort à la jeune femme.

-Désolé... J'ai manqué à mon devoir de maître en ne te parlant pas de ces épreuves, de la Guilde et tous les autres points essentiels sur notre histoire.

L'homme passa ses mains dans ses cheveux, défie son écharpe qui commençait à le gratter. Une cascade noire tomba sur ses joues, il les repoussa et s'installa plus confortablement dans le lit.

-Je vais t'en parler un peu ce soir, mais pendant les prochaines années je te ferais plus de cours pour en discuter. Il est vrai qu'un enseignement marchombre se base sur l'apprentissage de capacité assez impressionnante, je dois le reconnaître. Mais il faut aussi savoir utiliser son esprit et connaître assez bien ce que nous sommes et pourquoi nous le sommes. J'ai été idiot, désolé.

Arro se gratta la joue et s'étira. Il devait être bien assis, car la conversation allait être longue.

-J'espère que tu ne veux pas dormir tout de suite, ça va prendre du temps.

L'homme sourit, puis redevint sérieux. L'explication commença.

-La voie marchombre est composé de plusieurs chemins... Les dessinateurs ont les Spires, nous avons la liberté. Chaque Marchombre à son parcours qui lui est propre, mais sont tous passé par l'apprentissage. Durant ces trois ans, que tu m'as fait l'honneur de me donner, ils doivent passer trois épreuves.

L'homme contrôla sa respiration et avala sa salive, il reprit.

-Ces trois épreuves sont celles dont je t'ai parlé juste avant. Il y a tout d'abord la présentation au conseil. Ce passage est vraiment facile, tu feras face au Conseil de la guilde. Il est composé des plus anciens et plus respectés marchombre. Ils te testeront, délibéreront et décideront si tu peux continuer sur la voie. Mais ils n'ont encore jamais réellement refusé. Par la suite, il y a une autre épreuve, assez importante et bien bien plus dur. Elle s'appelle l'Ahn-Ju.À ce moment-là, il y aura trois marchombres qui te feront passer des épreuves, comme bon leur semble. Si tu réussis, tu as accès au droit d'avoir un élève et de prétendre à la greffe. Par contre, ces épreuves restent dangereuses, la réussite est hardue. Tu y risques ta vie, mais je te fais assez confiance pour ne pas mourir. Si un des apprenties marchombres abandonne en cours, il n'aura plus le droit de passer l'Ahn-Ju, mais pourras toujours reprendre son apprentissage. Ne te considère jamais comme supérieur à eux si tu réussis cette épreuve. Il reste des marchombres et un marchombre reste dangereux même pour quelqu'un qui a gagné l'Ahn-Ju. Enfin, il reste la greffe. Il te faudra te rendre au Rentai, dans le désert des murmures. Je ne t'en dirais pas plus... Quand tu seras au pied de la montagne, tu sauras ce qu'il faudra faire. Mais saches que l'Ahn-Ju n'est rien face à l'épreuve qui t'y attendra.

Arro souriait, il se souvenait de ce moment, devant l'immense montagne... Il divagua, se remémorant l'escalade, l'eau profonde et glacée puis... plus rien. Il s'était réveillé au pied du Rentaï. Le marchombre se reprit en remarquant l'attente de la Kaelem.

-Je sais que ça peut faire peur, mais j'ai assez confiance en toi pour l'Ahn-Ju. L'épreuve pour la greffe, je ne peux me prononcer, le Rentaï est trop imprévisible. Je voudrais préciser que seule l'épreuve de l'Ahn-Ju reste mortelle. Le Rentaï ne cherchera pas à te tuer. Mais saches que s'il ne te donne pas ce don, tu restes marchombre.

Il fit une pause, insistant sur la dernière phrase avec un regard lourd de sens. Beaucoup d'élèves avait abandonné la voie après avoir été rejeté, ou s'était même rallié au Chaos... Tristes pertes.

-Bon sinon. Le prochain Ahn-Ju est dans six mois. Cela nous laisse du temps. On ira à Al-Jeit, c'est là où se trouve le conseil et où l'on passe l'épreuve pour la greffe.

L'homme s'arréta et se repassa ces paroles. Avait-il bien répondu ? Est-ce que son apprentie serait rassuré ? Il l'espérait. Le marchombre ne voyait pas ce qu'il pouvait dire de plus sur les trois épreuves. Il refléchit aussi à tout ce qu'il avait oublié de dire à Ichel durant son apprentissage. Les lacunes n'étaient pas importantes, ni nombreuses, mais elles étaient là. Il lança un regard dehors, il faisait nuit noire.

-Oh, il est déjà si tard ? Eh bien très chère, même si tu t'es reposé pendant un bon moment, je te propose de nous coucher.

L'homme alla se changer dans la salle d'eau et en ressortie en caleçon. Il s'installa dans son lit, passa la couverture par-dessus son corps. Arro attendit que la jeune femme soit elle aussi couchée pour éteindre la bougie. Avant de poser sa tête sur l'oreiller, il souffla quelques mots à son apprentie. Symbole d'un espoir et d'une promesse.

-Tu n'échoueras jamais Ichel... Jamais.


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MessageSujet: Re: Une élève bien juteuse, un maître acidulé et 500 gr de bois. Mélanger tout ça et on obtient quoi ?? [Terminé]   Ven 29 Juin 2012 - 16:39

Le maître et l'élève se fixèrent durant plusieurs minutes et un sourire apparut sur le visage de l'homme. La jeune fille quand à elle, n'arrivait pas à ôter l'image de son frère de sa tête. Ils étaient de la même famille, ils avaient le même sang. Si elle devenait comme lui ? Si elle quittait la voie ? Que se passerait-il... Si lui avait réussi à passer du côté du chaos, pourquoi pas elle ? Elle avait peur de lui ressembler plus qu'elle n'y croyait. Avant, elle aurait tout fait pour être comme lui. Comme son grand frère adoré. Mais à présent, elle le haïssait de posséder le même nom qu'elle et ses parents. Elle avait honte de lui. Pourquoi la torturait-il ainsi ?!
Elle n'arrivait même plus à se concentrer sur son maître et ses paroles. Avait-il seulement commencer à parler ? Non, il l'observait toujours. Son regard était étrange, elle n'arrivait pas à percer ses pensées. Il s'excusa soudain. Ichel n'en revenait pas. La première chose que Arro lui ait dite, était qu'il ne fallait pas demander pardon. Il était donc normal qu'elle soit déroutée par son changement d'opinion. Et puis surtout, il n'avait jamais demander pardon depuis qu'ils s'étaient rencontrés.
Ils se fixèrent toujours du regard. Deux yeux plus doux, deux yeux réconfortants. Elle émit un léger sourire. Deuxième pardon. Elle avait arrêté de penser à son frère, mais son image restait continuellement dans son sillage. Pour l'instant, elle voulait seulement que son maître lui parle de la guilde. Après tout, elle ne la connaissait pas si bien que cela. L'histoire de la guilde... Cette dernière cultivait le secret et personne ne savait rien à son sujet. Sauf les arpenteurs de la voie, cela valait de soi.
Arro s'installa dans le lit et Ichel su que cela allait durer quelques temps. Elle releva ses cheveux en un énorme chignon, se mit à plat ventre sur le lit qu'elle occupait et son menton dans ses mains afin de planter ses yeux noisettes dans ceux, verts, de son maître. Elle avait hâte de pouvoir s'abreuver des mots qu'il allait lui offrir – et aussi d'échapper un moment aux pensées qui l'assaillaient depuis quelques semaines – . Troisième excuse. Elle redécouvrait l'homme qui, quelques temps plus tôt, l'avait rencontré et initié pour la première fois à la voie du marchombre. Il l'impressionnait toujours autant et elle doutait qu'il ait une quelconque limite à son savoir. Tous les jours, elle voyait des choses en plus en lui, des sensations nouvelles, des éclats de rires, des pétillements dans ses yeux. Il était extraordinaire et elle avait peine à croire qu'il était son maître et qu'elle était son élève. Elle l'admirait plus que quiconque. Même plus que son frère... Encore ces images ! Il la harcelait même lors de ces moments précieux où Arro lui montrait la voie. Elle commençait à le considérer bien plus comme un mercenaire que comme son frère. Comme un traître.
Elle sourit à la remarque qu'il fit sur la durée qu'allait prendre leur petite séance d'histoire marchombre, mais le sérieux revint vite dans la salle. Puis, l'explication enfin. La vraie.
Ichel fixait les lèvres du marchombre et se délectait de chaque parole prononcée.
La liberté. Un concept si étrange aux autres, une chose presque propres aux marchombres. Les arpenteurs de la liberté. Un chemin propre à elle seule grâce à l'aide d'un maître. Trois ans. Une phrase sortit des lèvres de l'homme qui fit rougir l'apprentie. Pour lui, elle lui avait fait l'honneur de lui donner trois ans de sa vie. Sauf que pour elle, c'était bien tout le contraire. Elle n'en revenait d'ailleurs toujours pas d'avoir cet homme-ci comme maître. Cet homme si plein d'énergie et pourtant si sûr de lui, maître de lui-même. Un maître marchombre. C'était bien lui qui lui donnait cet honneur et non elle. Elle aurait voulu le lui dire, mais elle se refusait à le couper dans ses explications. Elle avait bien trop envie de savoir se qui l'attendait.

Trois épreuves.

Présentation.
Faire face aux plus anciens et plus respectés marchombres ? Elle faillit défaillir. Ils allaient la tester et décider si elle était digne de la voie. Jusqu'à quelques semaines, elle s'en trouvait digne, mais à présent... Ses pensées étaient bien trop confuses et rien que l'idée de savoir que son frère avait pu devenir un des leurs, un de ces foutus mercenaires, elle... Jamais elle n'aurait pensé qu'il passerait dans leur camp. Si lui le pouvait, alors pourquoi pas elle ? Peut-être était-ce dans ses gênes... Ils n'avaient jamais réellement refusés. Mais les exceptions existaient bel et bien. Elle avait peur d'en faire parti. Pourquoi son frère. Pourquoi pas quelqu'un d'autre, pourquoi pas un autre homme ? Mais la question qui trottait dans sa tête et qui allait bientôt la faire exploser était la plus dure à poser. S'était-il vu enrôler de force ou avait-il choisi sa route ? Elle se refusait à croire la deuxième version, mais elle savait que les mercenaires n'avaient pas pour habitude de prendre des hommes de force. Ils les soudoyaient, leurs proposaient des offres alléchantes. Non, elle n'était pas comme son frère. Elle ne lui ressemblait plus. Plus maintenant qu'il était dans le camp ennemi.

L'Ahn-Ju.
Epreuve bien plus ardue que la première. Apparemment, elle sera seule face à trois marchombres. Trois anciens, trois maîtres, trois arpenteurs de la voie qui la testeront à leur sauce. Des épreuves dangereuses, ardues. Elle risquait sa vie devant ces marchombres, elle pouvait à tout moment périr. Ils seraient intransigeants et elle, elle sera seule. Sans Arro à ses côtés. Pour la première fois de son apprentissage, elle avancera sans lui. Seule avec eux. Seule face à son destin. Face à elle-même.
Si elle réussit ? Elle ne savait pas se qui l'attendait, elle appréhendait plus qu'autre chose ces épreuves et arrivait à peine à penser qu'elle puisse réussir ces quelconques tests. Elle avait même de la peine à se voir devant eux. Tout ceci lui paraissait bien trop loin pour qu'elle y pense. Elle ne se voyait pas devant le conseil, elle ne se voyait pas passer les épreuves de l'Ahn-Ju, mais surtout, elle ne se voyait pas devenir maître. Enseigner à son tour. D'ailleurs, qui était le maître d'Arro ? Il n'en avait jamais parlé. A vrai dire, elle peinait à croire qu'il en ait eu un.
Si elle échoue ? Elle ne pourra plus jamais passer l'Ahn-Ju. Elle ne pourrait enseigner. Mais reprendre son apprentissage et arpenter la voie seule lorsque ses trois ans se seront écoulés.
Se sentir supérieur ? Comme le pourrait-elle, elle avait déjà de la peine à croire que des gens aussi impressionnants qu'eux existaient. Elle avait du respect pour ces hommes et ces femmes qui restaient fidèles à la voie. Elle peinait même à se voir atteindre un jour leur niveau.

Troisième et dernière épreuve.

La greffe.
Un mythe pour certains qui ne réussiront jamais à l'obtenir, pour d'autres un honneur de se la voir accorder. Le Rentaï ? Elle en avait entendu parler. Une montagne, vivante d'après certains superstitieux. Dans le désert des murmures. Un désert dur avec ses visiteurs. Arro s'arrêta soudain dans son explication en lui annonçant qu'elle saurait se qu'il faudrait faire. L'Ahn-Ju n'était rien face à la greffe. Son coeur fit un bond. Elle appréhendait les épreuves de l'Ahn-Ju, alors à quoi devait-elle s'attendre aux flancs de cette montagne ? Elle décida de ne pas insister. Le Rentaï était l'épreuve la plus tenue au secret, tout le monde se taisait à son sujet. La greffe était un des plus grands mystères de la voie. Un mystère élucidé seulement par les plus grands. Et encore...
Elle baissa soudain son attention des lèvres de l'homme afin de planter son regard noisette dans celui de son maître. L'avait-il obtenu ? Avait-il eu la greffe ? Quelque chose en elle lui disait que oui. Quelque chose de fort, une intense intuition. Mais alors qu'était-ce ? Il ne le lui dira jamais. Sauf si elle le surprenait à l'utiliser... Elle remarqua soudain l'absence de parole et vit que Arro s'était perdu dans ses souvenirs.

Il reprit bientôt.
Oui, elle avait peur. Confiance. Elle rougit une deuxième fois. La greffe. L'Ahn-Ju. Ce dernier mortel, l'autre trop imprévisible. Elle restait marchombre quoi qu'il puisse arriver... Elle sentit le regard de son maître d'un poids indescriptible. Il voulait tout dire.
Nouvelle pause.
Le prochain Ahn-Ju était dans six mois, cela lui laissait pas mal de temps pour s'améliorer. Al-Jeit. Ca paraissait logique que le conseil se trouve dans la capitale, même normal.
Ichel sentait que ses pensées se remettaient difficilement à fonctionner, mais elles étaient plus claires qu'au départ. Elle avait enfin obtenu quelques réponses. Pas celle qu'elle aurait voulu afin d'assouvir ses nuits, mais elle se sentait tout de même un peu mieux.

Arro jeta un coup d'oeil dehors et annonça l'heure du coucher. Elle n'avait pas remarqué qu'il faisait déjà nuit noire. Le maître se leva, se rendit dans la salle d'eau et en revint très vite en caleçon. Il se coucha alors qu'elle n'avait toujours pas bougée. Encore ancrées dans ses paroles. Elle se leva soudain et ôta son pantalon de toile, simplement, gardant son pull. Elle se glissa entre les couvertures, sans une protestation, sans une question, et sourit à ce contact chaud. Arro éteignit la bougie. Ichel s'apprêtait à fermer les yeux, mais un dernier souffle rempli d'un espoir résonna dans la pièce. Une promesse.
Elle rougit une troisième fois.
Il avait une confiance aveugle en son apprentie. Tout comme elle en lui.
Jamais. Elle faillit lui dire merci, mais elle sentait que ce n'étaient pas les mots qu'il fallait.
Un sourire traversa son visage, mais rien ne lui venait.
Le seul remerciement qu'elle pouvait lui faire, était de passer toutes les épreuves haut la main, pour lui montrer qu'il avait raison.
Elle était comme cela grâce à lui. Elle lui devait beaucoup.
Bien plus que se qu'il ne pouvait croire.

Sommeil.
Silence.
Nuit.






[ Fin du rp !! snif... j'l'aimait bien celui-là ]


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