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 Fin de partie [Terminé]

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Sentinelle
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MessageSujet: Fin de partie [Terminé]   Lun 20 Fév 2012 - 18:16

Il y a si peu de lieux à Al-Poll. Euh...J'éditerais le titre Smile Fait]

Mais qui es-tu, Al-Poll  ?

Alors qu’elle avait passé la rue marchande, ses odeurs de sales, son bruit, les hurlements rauques des interpellations, le frottement tactile désagréable de la foule contre elle, elle sortie de la ville basse  pour arriver dans le cœur, là ou résidaient les notables et les descendants aristocratiques.

Après la ville pleine, la ville vide. La brume hivernale de la matinée  donnait aux places bien entrenues,  à la végétations dégarnie, aux demeures imposantes, des allures de cimetière.

Au coin du long boulevard gelé, deux petites fille apparurent,trottinant côte à côte, enrubannés dans leurs robes sombres et dans d’élégants menteaux d’hiver, les cheveux auburns soigneusement peignés et retenus  . Un femme suivait, raide et sèche, gouvernante, sans doute,  couvant le petit cortège d’un vague regard protecteur,  comme s’il s’agissait de sa propre progéniture. La plus jeune se mit soudain à courir et sortit de la route pavé pour se perdre parmi les buissons des jardins décoratifs qui encadrait l'allée telle la chasseresse mue par sa proie  .


«Diane, revenez ! »

La femme entre deux ages, le visage las, mais voyant en Ciléa un témoin génant de son impuissance sortie à son tour du chemin à la poursuite de la fillette. L‘ainée  resta sagement immobile, les mains dans son manchon, se désintéressant de la scène pour se tourner vers Ciléa qui arrivait.


« Ma Dame »
, fit la fillette en inclinant sa jolie tête brune, avec une délicieuse gravité enfantine.

Ciléa sourit et  accorda en retour un « demoiselle » presque aussi solennel. La fillette lui avait offert candidement une reconnaissance de noblesse, elle lui rendait une considération d’adulte. Elle s’ apprêtait à continuer son chemin lorsque que sortant brusquement de derrière un buisson de saule presque nu, l’enfant perdue vint se cogner contre ses jambes et tomba sous le choc.

« Faites donc attention » fit  Ciléa en jetant vers la gamine un de ses regards lancinants. Après une brève hésitation, elle tendit tout de même une main gracile pour aider l’enfant à se relever et l’autre , les yeux déjà légèrement humide lui tendit une fleur un peu usée par la chute .

« C’est pour  vous improvisa-t-un peu haletante, la dernière fleur de l’année. »

La dessinatrice tendit ses doigts fins, pour accueillir la pivoine grossière aux pétales flétries .

« Et bien, je vous remercie, c’est tout à fait charmant fit Ciléa que l’intention laissait de marbre, mais dorénavant penser à imiter votre sœur et à … »

L’ainée leva brusquement ses yeux pour la couper.


« Ce n’est pas ma sœur. Diane n'est pas une Dil' Kalonn -voiregrectibou- mais une roturière sourde que mon père entretien. Je suis l'unique enfant légitime.  »

Le regard dur, le menton haut, son assurance ne semblait souffrir aucun commentaire, pourtant sous son nez fin, son regard pale, flottait la crainte de ne pas être reconnue comme l’adulte qu’elle singeait.  Sa dureté résignée laissa flotter un sourire de contentement sur le visage de Ciléa alors que déjà l'autre petite,  étrangement consciente du contenu des paroles, mordait sa lèvre inférieure pour ne pas laisser ses yeux briller.

« C’est assez Ode, cessez vos sottises ,  je vous ai déjà dit de ne rien proférer de la sorte …
la gouvernante venait de sortir du jardin, un peu essoufflée, un regard réprobateur pour l'ainée, et après s'être brièvement excuser devant Ciléa pour la rudesse de la toute jeune fille,  elle se tourna vers la seconde pour défriper ses habits et la sermonner gentiement par des gestes précis et lents, incompréhensible pour la dessinatrice.

L'ainée la mine noire et résignée, resta raide à coté, les yeux enfouis dans le sol avec cette gravité contrariée.  Au moment ou Ciléa passait à coté de l'enfant, elle lui frôla imperceptiblement l'épaule pour lui glisser les quelques mots que chaque enfant rêve d'entendre.

"Vous avez raison Ode Dil'Kalonn."

Elle ne l'oublierait pas.

Fin de l'introduction- tentative d'utilisation de Pnjs-

                                                                                                             ---
Petitedescriptioncontextuelle

Elle s’était aventurée dans les jardins labyrinthique, déserts à cette heure hivernale de la matinée, mais qui attirait l’après midi les enfants avides de promenades et de jeux, les femmes en quête de distraction et de de conversation, et les botanistes s’extasiant devant la diversité de la flore alavirienne. Un phare de verre et d’acier, rongé par les racines d’une glycine sans éclat et d’un lierre au vert fade,  attira d’emblée son attention . Elle s’assit sur un banc de pierre pour être à son aise et pénétrer l’imagination, scruter ce qui lui semblait tenir des Spires dans la construction : la Spirale l’accueillit dans ses anneaux et elle put s’y hisser jusqu’à la contemplation d’une bille scintillante, au sommet de l’édifice, à l’endroit exact ou se tenait dans les ports, la lueur salutaire.

Elle ne sentit pas consciemment les doigts lui arracher sa bourse, mais instinctivement, elle porta sa main à sa ceinture ou le filin qui la retenait pendait, déchiré. Avant même qu’elle réagisse, le contact électrique de la lame sur son cou la fit bondir hors des Spires. Ses yeux trahirent son affolement et dessinèrent un sourire sur la face brune de son agresseur silencieux.

Elle suffoqua d'une peur sans nom, que l'idée de mourir menait. .Comment avait-elle pu être aussi stupide, comment avait-elle pu laisser le fer se lover dans son cou, sans prudence, Elle sentait la lame brulante écorcher sa peau délicate, elle sentait ces doigts, contact étouffant contre sa gorge et   l'affolement s’emparer de ses moyens. Elle ressentait son poul à la cadence de ses artères, battant les quelques secondes qui lui restait à vivre. Instantanément, elle se mit à les compter  sans même songer à trouver les Spires pour se défendre . Pulvérisées par le fer, sa belle assurance, démolie par un humain misérable en quête de gloire.

La main gauche de son agresseur vint saisir un pli de son mentaux et  la tira vers elle, l’obligeant à se lever .Elle ne se débattit pas, tétanisée par le silence de la lame, et son étrange solitude. Il n’y avait personne dans cet espace de verdure au cœur de la ville alors qu’à quelques metres de là , les vastes demeures nobles regorgeaient de domestique ou de garde qui aurait pu lui préter main forte ou du moins faire fuir celui qui l’attaquer.  Une secousse fit tomber la capuche de son agresseur et dévoila un visage de femme. Laide, fut la première caractéristique qui percuta son esprit désorienté. Qu’elle était laide cette femme, avec son visage à moitié enfoui sous une peau enflée et rouge, affreuse à en mourir de peur ou de dégout. Son œil droit blanchi et laiteux semblait sorti d’un cauchemar, et sa beau brulée lui donnée une allure de cadavre . Avant même l'idée de s'introduire dans l'Imagination, lui vint celle d’utiliser l'arme naturelle des nobles.


« Je ne crois pas …"

« Tais-toi, claqua l’autre en accentuant la pression de la lame .Et ne songe même pas à utiliser les Spires devant moi. N’y songes même pas. Répéta-t-elle en détachant ses mots.

Démunie de paroles, elle sentit ses derniers espoirs s’envoler. L’ Imagination lui semblait lointaine, inabordable, envolée loin de sa concentration papillonnante, comme bloquée pas immense chape de peur qui lui étranglait l’estomac.

« Donne moi ton nom, seulement. »


Ses efforts pour arrêter de divaguer n'obtinrent pas plus de succès, oppressée qu'elle était entre ces mots et ce visage hideux.


« Ton nom! »


Elle la pressa soudainement contre elle  et Ciléa  sentit douloureusement son corps d ’ivoire et d’émeraude rentrer en contact avec cette peau immonde . Sa bouche, au bord de son oreille, lui fit une peur glaciale qui déclancha enfin une  réaction : Tendre les main, se raidir, se débattre, tenter de repousser la masse abject au dehors des limite de son corps. Créature, ose encore une fois poser la main sur moi et je n je ..Et le fil de cette lame qui lui brulait le fond des tripes, le son strident de l’acier vibrant entre sa tête, et toute sa dignité  qui volait en éclat sous la masse émotive.

« Ma belle, tu ne peux rien contre moi  lui-souffla-t-elle donne moi ton nom et ta famille payera le prix . Je peux aussi te vendre à des maitres moins complaisants. "

Ces mots suffirent à lui redonner contenance, tant elles se sentit salie, abaissée, esclave. La colère, à défaut de prudence, lui rendit son assurance.  La fierté et le dégout réinvestirent son regard affolé et alors qu’un rictus déchira ses lèvres tremblantes, son regard devint subitement vague.

L’autre avait anticipé, l’autre connaissait les Spires, l’autre s’y attendait trop pour ne pas réagir immédiatement.


« Pas de dessins » cracha t-elle .
Et instantanément, elle fit  glisser la lame à gauche pour trancher d’un seul mouvement ce joli cou de marbre.


Tension dramatique on/



_______________
Spoiler:
 



{-Ciléa Ril'Morienval-} {-Lohan Gayana-} {-Ganabiön d'Illuminée-}

Marchombre
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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Mar 28 Fév 2012 - 13:46

[Partie de quoi ? J'aime o/]

Rylph Til’ Eluen.

C’était son nom. Le nom du petit garçon, dont elle avait vu le portrait sur le dessus de la cheminée en marbre du manoir de ses parents. Un petit garçon de sept ans, à peine ; et le peintre avait eu beau jouer avec les pigments et les impressions, avait eu beau tenter de colorer la vérité pour lui donner une teinte plus douce, l’enfant avait l’air de s’ennuyer terriblement, à regarder le peintre de ses yeux vifs, qui n’attendaient qu’à pouvoir se décrocher ; et cette bouche, fermée poliment, qui n’attendait qu’à s’ouvrir et crier ; ces mains, posées sagement sur ses genoux, qui avaient envie de tout saisir, d’applaudir, de s’ouvrir comme pour l’aider à s’envoler. Il avait envie de jouer, Rylph, alors qu’il attendait, impatient, que le peintre finisse son esquisse, et que ses parents le laissent partir. Comme il avait eu envie de jouer, deux semaines plus tôt. Sa mère l’avait laissé descendre dans le jardin, avait demandé à sa gouvernante de l’y suivre, et de le surveiller. Quand celle-ci était descendue, le gamin n’était nulle part en vue – elle avait cherché, cherché, crié, crié, à plein poumons, à se dérailler la gorge. Elle ne l’avait pas trouvé ; il n’avait pas répondu ; elle s’était fait virer, sur le champ, par la mère morfondue d’inquiétude. A la rue, la pauvre femme, à la rue avec trois bambins à nourrir, et aucune chance d’être employée ailleurs, lorsque le bruit de la disparition du petit Til’ Eluen courrait les rues, et qu’on se souviendrait que c’était elle qui en avait la charge. On ne donne pas son métier à une idiote t une lunatique pareille, qui n’est pas capable de garder un ange dans son champ de vision. Et puis elle l’aimait, son Rylph, l’ancienne gouvernante – et elle se pliait les mains, se rongeait les ongles, en s’occupant de sa propre marmaille et de celle de sa sœur, elle se tordait les doigts en pensant à ce qui avait bien pu lui arriver.

Et puis la lettre était arrivée. Une boucle de cheveux cendrés ; la demande d’une somme colossale, qui avait fait tourner la tête à Monsieur. Monsieur qui, immédiatement, avait fait appel à un ami à lui, qui avait lui-même demandé de l’aide à un collègue dans la garde, qui en avait reparlé devant sa femme et la cuisinière, qui elle raconta l’histoire au palefrenier, et par un salto étrange d’ouï-dire d’autres personnes furent mises au courant, sans que personne ne tienne jamais le bon bout de l’affaire. Heureusement pour Elera, elle avait des sources bien plus fiables que les paroles des hommes ; et c’est le vent sur ses semelles qu’elle avait offert au père inquiet une promesse, la promesse de lui ramener son fils, la promesse de lui voler les cernes sous ses yeux. Il lui avait demandé qui elle était ; elle avait sourit, et avait répondu qu’ils se retrouveraient.

Frôlements des courants d’air, bruissements des matières, frémissements des ondes.

Elle avait, à force, trouvé des traces ; quatre jours, à présent, qu’elle suivait l’homme filigrane, qui avait fini, dans la pénombre matinale, par la guider vers la mendiante. Mots graisseux et rires crasseux lui confirmèrent ce qu’elle devinait déjà ; mais si lui rédigeait les lettres, il ne se salissait point les mains et n’approchait ni la racaille ni les proies qu’elle piégeait. Rylph n’était pas le seul, dans ce cercle macabre d’enlèvements et de séquestrations, dont le but lui était encore brumeux, mais dont l’engrenage tournait depuis quelques temps déjà. Elle s’était glissée, la veille, dans la salle de gardes d’Al Poll, avait subtilisé, quelques instants, le registre des disparitions ; et si elle n’avait pas pris le temps de lire les noms, elle qui était si lente à former ses lettres, elle avait regardé les chiffres, qui les précédaient. Leur nombre s’était accru, au cours de la dernière lune, de manière trop fulgurante pour être accidentelle. Parmi les noms, presque que des particules – hasard ? Peut-être était-ce seulement que les roturiers n’avaient pas, autant que les nobles, le réflexe d’appeler la garde et préféraient compter sur leurs propres moyens ; mais peut-être était-ce que les aristocrates étaient particulièrement visés. Au vu des sommes demandées aux Til’ Eluen, Elera penchait davantage pour cette option. Elle était curieuse de savoir si les noms sans honneur étaient ceux de riches bourgeois, ou de simples paysans. Vague lutte des classes – elle ne saisissait toujours pas la teneur du système, trouvait les pierres fondatrices instables, effritées, et observait le mouvement des êtres dans les ruelles sans en comprendre la logique. Peu importait – elle ne se positionnerait pas dans ce conflit, son seul but était de ramener un oisillon au nid.

La mendiante la guiderait à l’antre, elle l’espérait ; le temps lui était compté. Deux jours, deux jours encore avant que les parents ne doivent verser l’or, et s’ils le feraient sans hésiter, elle avait dit qu’elle leurs ramènerait leurs fils, et ce serait échouer que de les laisser le récupérer seul, à la suite d’un chantage qui mettait un prix sur l’amour. Elle suivait la mendiante dans la pâle matinée ; la mendiante pauvre, pauvre à l’excès, ses haillons déchirés ne recouvrant pas entièrement ses mollets poisseux, et le dos légèrement voûté. Laideron, l’avait appelé l’homme dans un surnom mi-méprisant, mi-affectif. Coccicon, qu’elle lui avait répondu, et il avait rit, d’un rire désagréable, trop pointu. Alors elle suivait Laideron, et ni les regards furtifs vers l’arrière de la brûlée ni les rayons blafards du soleil ne réussirent à lui révéler la rouquine.

Chuintement.

La femme était une proie facile ; assise, sur son banc, Ailleurs – elle ne remarquerait même pas le couteau trancher le fil qui retenait sa bourse, ou, tout du moins, trop tard pour l’arrêter. Elera ne fit pas un geste pour l’arrêter, dissimulée qu’elle était dans la végétation des jardins. Elle ne se dévoilerait pas pour si peu. Figée, elle regarda la lame venir se loger dans le cou de la belle ; à nouveau, elle ne réagit pas. Le geste avait été trop lent, trop mesuré, pour être celui d’une assassine ; elle essayait de faire un otage, un nouvel otage dans sa combine. Elera dévisagea un peu mieux celle qui était choisie ; une vingtaine d’années, tout au plus, des traits d’une harmonie indéniable, entre des boucles blondes qui devaient faire bien des jalouses ; son visage, paisible tout à l’heure, s’était tordu par la peur, un instant, et pourtant, elle essayait de garder son sang-froid ; impression douloureuse de la victime effrayée et de l’adulte qui ne perd jamais ses moyens. Statut de marbre mordoré, dans les tissus de soie légère. Elera s’approcha, discrètement, toujours hors de vue ; étonnée, que la laideron s’en prenne à de si âgés. Elle pensait, à tort, que seuls les enfants étaient visés. Peut-être pensait-elle avoir un prix plus haut pour cette femme à l’apparence si riche ? Ce n’était pas la première fois qu’elle faisait ça, qu’elle s’en prenait à des adultes – loin, très loin d’être la première fois. Elle connaissait les dangers des Spires, savait tenir sa lame à la perfection, était parfaitement positionnée pour ne laisser aucune chance de fuite à la belle, ne se laissa pas déconcerter par les paroles, et avait choisi le lieu à la perfection pour ne pas être dérangée. Sans compter qu’il y avait l’acolyte – une autre femme, mince, les dents de travers et les cheveux bruns brûlés, mal fagotée, elle aussi, une verrue sur la joue, et qui avait rejoint la mendiante à l’entrée des jardins ; c’était elle, qui avait fait signe vers la Dessinatrice, avant d’aller se dissimuler plus loin, pour vérifier que Laideron ne serait point dérangée. Elera la chercha, un instant, se confirma qu’elle était trop loin pour être prise en compte. Se concentra, à nouveau, sur Laideron. Si tout se passait bien – la jeune serait amenée quelque part, enfermée, et elle pourrait trouver Rylph. Catacombes.

Sauf que la demoiselle ne comptait pas se laisser faire si facilement.

L’ordre, violent, gela l’échine de la marchombre, alors qu’elle prenait conscience, soudainement, que la mendiante n’hésiterait pas à tuer pour ne pas laisser son visage de sa proie, si celle-ci se découvrait prédatrice ; que si elle ne pouvait pas échanger une esclave contre de l’or, elle préférait encore la voir morte, et qu’il serait facile de cacher son corps. Combien, dans la liste des disparus, ne seraient plus jamais retrouvés ? Elera plongea ; le côté de sa main tendue vint violemment percuter le poignet de la brûlée, qui, sous la douleur soudaine, lâcha la lame qui vint s’écraser sans un bruit dans l’herbe. D’un autre mouvement, Elera avait décroché son bâton, qui lui permit, en quelques touches, de se placer entre celle qu’elle protégeait et celle qui avait failli faire rougir les brins d’herbe. Croche-pied ; simple mais efficace. Elle finit par terre, sur le dos, Elera pointant son bâton vers elle.

Stridulations, de la part de la deuxième femme, voix inhumaine, par sa langue de harpie. L’arme vola ; un poignard lancé. Elera se maudit, intérieurement, avant de dévier la lame avec le bois. Deux armes d’acier, à présent, perdues inutiles sur le sol gelé. La mendiante s’était relevée ; Elera passa derrière elle, et vint coincer le bâton contre son cou, une main de chaque côté. Murmure.

- J’ai vu comme tu tenais ton poignard – tu sais très bien, alors, qu’il me suffit d’un geste pour te briser la dernière vertèbre.

La dissuader de faire quelque chose de stupide – ce fut efficace, parce qu’elle ne bougea plus. Restait la deuxième femme – elle courait, hurlant étrangement, comme un oiseau, les doigts repliés et ses ongles longs et sales tendus vers la noble, et on aurait dit que la folie bourdonnait comme une mouche à ses oreilles. Réaction imprévue, qui la déconcerta quelque peu par sa spontanéité ; la mendiante comptait là-dessus, et tenta de se débarrasser de la petite dans son dos, mais Elera accentua la pression sur son cou, et elle s’arrêta. Un plan – retirer le bâton, pousser la mendiante, de toutes ses forces, contre l’autre clocharde, espérer qu’elles tomberaient, toutes les deux, reprendre le dessus ; il lui fallait simplement attendre que l’autre soit assez proche. Encore quelques secondes, et…

Elle n’en eut pas le temps – nouvelle intervention, qui mit fin à leur combat de poules de manière radicale.

[Finalement action à la fin, et au milieu, mais pas au début - c'est par esprit de contradiction Cool Amuse-toi bien !]


Sentinelle
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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Lun 30 Avr 2012 - 15:17

Elle eut un temps avant d’ envisager son décès prochain ; l’idée de sa propre mort lui sembla d’abord plus invraisemblable qu’insuportable. Mais l’étau de son agresseur se durcit, ultime étreinte, et elle ne pu s’empecher de crier. Sa plainte sonnait étouffée, coincé dans sa gorge blanche, pourtant elle accrocha les quelques instants ou elle pourrait encore exister, parler, ordonner. Cette dernière voix, à peine marqué s’évanouit, laissant place aux prémices du grand silence. Elle ferma les yeux, incapable de faire face à l’évenement, elle qui s’était jurait de regarder le monde de haut.

Mais un bruit déjà et pas la moindre douleur,et des flamèches rousses qui encombrèrent un temps, son champs de vision, infernale félicité. La vie, le gris du ciel , et les haies flétris , le doux mouvement de ses pieds sur le sol et la sensation de ses cheveux sur ses épaules, un soulagement alors qu’on la pousse violemment contre le banc. Sauvée, jubila son égo. Elle passa lentement un doigts sur la peau ébréchée de son cou, rassurant ses pores . Vous allez vivre mes trésors, mes petits moi, continuer à respirer longtemps encore, continuer à m’offrir cette vie de fadeur et de plaisirs, d’entreprises et d’echecs, continuer à être moi, continuer à être à moi, et jamais vous ne vous écarterez de ma mémoire. Lentement, au contact de cet écart de la vie, elle respira le soulagement d’être encore là, retrouva en quelques caresses son assurance et sa condition, se redressa, défroissa son manteau et enfin daigna accorder un regard à sa sauveuse.

Sa démarche, les les mouvements flous et rapides de ses doigts tendus, la serénité précise de son squelette, l’inscrivait sans qu‘elle puisse expliquer pourquoi dans une sphère rassurante, presque connue. Gracile ,presque une enfant quand sa propre jeunesse lui donnait d’être une femme, présente pourtant, par son éfficacité er semblait savoir ce qu‘elle faisait. Les mains qui tenait le baton ne tremblait pas et ses jambes stables sans être rigides lui rappelait les positions que tenter de leur inculquerr Tifen, à la grotte des chantelames. Silhouette incongrue pour qui se targuait d’être une combattante, tenue incongrue pour qui se targuer d’être un habitant du centre . Voyageuse peut être; mais pourquoi perdre son temps à passer dans le cœur quand la rue marchande remplissait son role. Roturière, sans doute, mais sinon des domestiques, qui fréquentait les maisonnées, reconnaissable par leurs habits, quel roturier oserait se promener dans se parc réservé aux élites.

Trêves de considération, l’oiseau de malheur déferlait sur leurs deux silhouette et cette fois, Ciléa Ril’Morienval ne comptait pas lui laisser le plaisir de plaquer sa lame sous son cou délicat.

Les liens plaisaient de plus en plus à Ciléa: En plus d’être élégants, maniable -design-, il lui donnait le plaisir de la maitrise d’un mouvement, le pouvoir d’entraver la course de ces corps débiles, de briser du même cpup leur élans et leurs espoirs, les coller à la terre en les voyant se débattre puis obrver ensui leur misérable résistance et cet attachement vain à leur puissance d’investigation . Aussi, dans cette puérile vengeance, elle n’hésita pas sur le type d’attitude à adopter et des filins d’une étrange couleur rouge vinrent épouser les chevilles de la mendiantes qui tomba violemment, la chute parachevant son inutilité.
Elle gémit, elle gémit la mendiante sous le craquement attendu de son nez sur l‘herbe propre . Les mains prises par les cordages, elle ne put que subir la crainte de l’anticipation et la douleur de l’acte sous le regard figé de Ciléa .La dessinatrice n’y trouva cruellement, aucune satisfaction, seulement une pointe de dégout: La souffrance des corps la rappelait à de désagréables souvenirs de combat éreintant, au fond d’un Hall éternellement sujet aux attaques. Tout avait été trop facile, et la souffrance trop violente et grossière pour qu’elle y prenne un quelconque plaisir.


Ciléa s’avança lentement vers la femme a terre, le corps se tordait encore par acoups, tas de chiffon surmonté d’une péruque crépue, les mains crispées vibraient malgré la morsure du nylon et de grande marques rouges apparaissaient lentement sur sa peau de vieille pomme . De léger globes de liquide carmin s’étaient installés sur les brins d’herbes gelés, juste devant le corps gémissant, au pied de Ciléa et le petit bout de peau qui dépassait de la touffe de cheveux grisatre virait lui aussi au bordeau.

Elle se pencha légerement pour fouiller dans un petit sac de nacre et de soie qui se confondait avec les plis de sa robes et déballa lentement ce qui se trouva être un couteau , celui qu'elle avait récupérer dans la paille après son altercation avec la femme brune, dans la ferme intention de lui rendre avec ses compliments.

Elle se baissa lentement, et appliqua doucement la lame sur la nuque de la mendiante Elle sentit le corps frissonner et un sourire doux illumina son visage dur Angélique .

" Comme tu dois regretter murmura t-elle en sortant à peine de cette torpeur malsaine de l’observation, comme tu dois regretter ce petit bout d’action qui t’a mené à ta perte . Je peux comprendre tu sais, après tout, j’étais moi aussi sur le point d’être tuée.. ".
L’autre ne répliqua rien, elle fut déçue de se manque de répartie .Mais qu’attendre d’une femme-guenille, qui dans son langage même n’avait rien d’humain ? . Un autre frisson et un balbutiement étouffé.

"Pié, dame pité. "

"Malheureusement, ce n'est pas à moi de décider de ton sort" fit elle , non sans dépit

Comme sortant d'un songe elle rangea le couteau, puis prenant conscience de ses spectateurs elle releva la tête vers la rouquine et la femme brulée qu’elle pouvait enfin regarder de face. La jeune fille avait un visage calme, étrangement serein, comme quelqu’un qui éxécute sa tache, sans véritable affect, concentré sans doute, mais dont l’habitude avait terrassée l’émotion . Elle n’était pas seulement une roturière qui avait appris quelques passes pour se défendre de la rue. Sans hésiter, elle était une combattante, quelqu'un dont se battre était le métier - si cela pouvait consoler son pauvre égo brisé-..

Elle toisa la brulée, qui le souffle cours et les membres immobilisés par cette gamine- ange avait tout d'un coup beaucoup moins de prestance .


« A ma connaissance, les mendiants se contentait de détrousser les grand seigneur puis fuyaient en craignant pour leurs mains. fit-elle froidement, qui t'as envoyé, chienne ? Quel est le commanditaire ?'

La bouche celé ne lui rendit qu’un halètement court.

Légère paronoia alors que s’installait dans son esprit, la trame de cette tentative de meurtre. Elle était encore trop discrète dans l’Eclipse pour se faire de véritable ennemis, pourtant quelle Dame Eclipstique pouvait elle assurer ne pas avoir d’adversaire ? Elle inclina doucement la tête devant la gamine alors qu’un terrible dépit lui prenait la gorge. Une fille entrainée, certes mais une fille de son age, une roturière qui plus ai,venait de lui sauver la vie, venait de la surprendre en position de faiblesse extrême, dans une situation qui lui avait couté son sang-froid . Certitude, encore, que la scène du couteau avait été de trop, qu'elle n'aurait pas du dévoiler à ce témoin gênant, tout son orgueil et, en creux, la peur de la faiblesse. Un témoin qu’elle ne pourrai pas faire éliminer, l’honneur ne lui permettait pas. Et puis faire profil bas devant cette fille aurait peut-être des avantages à l’avenir; gagner sa confiance, comprendre ce qu’elle faisait dans cette rue, lui proposer un contrat alléchant, l'enroler dans l'Eclipse, pourquoi pas.


" Je vous suis redevable, dame -l’ironie du titre manqua de lui déchirer les lèvres et de fissurer son masque- Il est heureux que vous vous trouviez ici au moment précis ou cette femme s'en ai pris à moi -ses yeux pétillèrent légèrement, que faisiez vous dans cette rue ?-. Sans vous, qui sait ce qui aurait pu m'arriver. " -nous le savons fort bien toute les deux...

Un mouvement de menton vers les deux femmes puis regard vers la rouquine, tentant de sonder ses intentions.


"Si cela tenait à moi je remettrais ces deux là aux mains des juge du Seigneur Hil'Muran , mais après tout, cette victoire vous appartient."


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Spoiler:
 



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Jeu 17 Mai 2012 - 12:20

Les liens, d’abord, de la Dessinatrice – radical. Elera resserra sa prise sur son propre adversaire, lançant un regard approbateur vers l’aristocrate. Et puis, l’observer, stoïque, sans un mouvement de trop, alors qu’elle se baissait vers sa proie ligotée telle un poisson dans un filet – le couteau, sous sa gorge, pâle reflet d’un revirement inversé. En avait-elle sauvée une pour voir l’autre perler de sang ? Mais non – approche froide, calme et majestueuse, c’était la reine, menacée, qui menaçait à son tour ; besoin, au fond des tripes, après avoir été foulée du pied, écrasée, bouillée, bafouée, de se sentir en position de piétiner à son tour. Besoin, aussi, de se sentir magnanime, au dessus, bien au dessus de ces sales mendiantes, parce que l’une n’aurait pas hésité à tuer, et que l’autre est fière et ne s’abaissera pas à de piètres vengeances. Les rapports de force, les jeux de pouvoir, celui de la survie, danse macabre de la vie et de la mort, s’entrecroisaient devant ses yeux. « J’ai failli mourir, mais je suis vivante ; et mon éphémère existence n’est pas moins fragile que la tienne ». La victime devient bourreau, le bourreau victime, et il n’y a pas, en somme, de hiérarchie, puisque tout dépend des débris balayés par le vent – un coup toi, un coup moi, et il ne faut jamais relâcher sa prudence. Etre sur le qui-vive, pour ne pas être celui qui-meurt. La morale était soufflée pour le combat instinctif de l’être, le besoin de se sentir rassuré, en sécurité, loin d’un danger immédiat qui nous éloignerait de l’étrange bal d’une vie qui nous ballote. Elle ne bougea pas ; écouta, simplement, le dégoût dégoulinant le long de ses intestins, en regardant la belle tourmenter la laide. Toujours cette vanité, ce besoin des blessés de se transformer en tortionnaires – et les exemples surgissaient, comme des fantômes, dans le passé de la rouquine. Ceux qui ne sont jamais blessés ne blessaient peut-être jamais ? Réflexion avortée.

La chevelure blonde se dissimula derrière le visage de la jeune femme, alors qu’elle se retournait vers Elera ; mais ce n’est pas ses traits sur lesquels la marchombre se fixa. L’éclat d’une perle améthyste attira son regard, réflexion du soleil bas qui scintillait au coin de ses prunelles ; dans sa tête, l’image d’un couteau semblable, planté dans la neige fondant en cristaux, et puis, des mèches qui tombent sur un plancher gorgé de vin – était-ce… ? Pas le temps, pourtant, d’avoir la moindre certitude. Le poignard a disparu ; le doute ne persiste guère. Des cheveux noirs crasseux et un regard adjectivé des mêmes qualificatifs – puisque c’est toujours par le regard et la chevelure que chacun semble laisser une impression descriptive – se logèrent un instant au creux de son esprit, et puis, comme une vague : elle doit être morte, alors. Tuée par l’aristocrate, peut-être ; puisqu’il n’y avait pas de blanc ou de noir, que celui qui doit être sauvé un jour doit être arrêté le lendemain. Peut-être aurait-elle dû laisser les aléas de l’existence suivre leur cours sans intervenir ; laisser l’une ou l’autre mourir.

Et puis, laisser l’éthique chuter dans les limbes, finalement – elle avait un gamin à retrouver, et le reste importait peu.

La question de celle qu’elle avait sauvée, bien sûr, ne reçut qu’une réaction amorphe. Se loger dans le silence, s’y enfoncer comme dans des draps poisseux, pour essayer de se soustraire au regard de l’interrogatrice, et ne pas se trahir. Parler, c’était avouer être dans le tort, c’était risquer la pire des punitions ; se taire, c’était nier, quelque part, et peut-être, s’octroyer une porte de sortie. Laisser les autres interpréter, penser ce qu’ils voulaient penser – s’y engouffrer, voler une escapade. Elera tourna ses yeux plats vers ceux, étincelants, encore vibrants des émotions mal réprimées qu’avaient fait surgir l’approche de la mort, de la princesse. Elle accepta le remerciement d’un léger hochement de tête, ignorant les questions implicites et la suggestion. Elle s’y attendait ; la curiosité de ses semblables envers les autres, toujours, à vouloir connaître leur vie, leur histoire, leur parcours, le pourquoi du comment, et la peur, pourtant, de paraître indiscret, et de trop demander – celle qu’elle avait sauvé ne lui poserait pas de question directe. Ou peut-être que si ; mais elle verrait bien en temps voulu. Elle, en tout cas, en avait fini avec les questions incessantes qu’elle posait auparavant – elle ne demanderait rien, se contenterait de faire ce qu’elle se devait de faire. Les liens sont trop sinueux, trop dangereux ; semblent couler comme un ruisselet d’eau, avant de se tourner pour mordre, telle la queue d’un scorpion. Elle s’attendait aussi à la suggestion ; elle avait beau dire que ce n’était pas à elle de décider du sort des deux mendiantes, elle tenait, pourtant, à avoir son mot à dire, une influence sur le choix de la rouquine, plutôt que de la laisser décider seule. Elles devaient avoir le même âge ; et pourtant, l’autre agissait comme si Elera n’était qu’une gamine, qui avait fait naître en elle la honte, peut-être, d’avoir été sauvée par plus petite qu’elle ; les poignées de centimètres avaient, dans ce monde, un effet indéniable sur les esprits. Elle aurait préféré, sûrement, être sauvée par un guerrier, fort, expérimenté par plusieurs années de plus ; sans cheval blanc, peut-être, par goût pour l’indépendance, mais quelqu’un qu’elle pouvait clairement situer au dessus d’elle sur la hiérarchie des forces, plutôt que sur une force sur laquelle on pouvait se méprendre. Par un lion plutôt que par une souris - même si le premier ne pouvait pas ronger, seul, ses cordes. Mais Elera n’était plus une gamine, depuis longtemps déjà ; et si elle n’avait pas grandi, et ne se souvenait pas de sa naissance, elle n’en avait pas moins avaler autant de secondes de vie que l’autre.

Ignorant sa suggestion, donc, ainsi que la reconnaissance de dette, qu’elle n’avait aucune intention de l'obliger à remplir, Elera relâcha la pression de son bâton sur le cou de la brûlée, et appuya sur son épaule, centre de rotation, pour l’obliger à se tourner vers elle ; garder, pourtant, les mesures de sécurité. La mendiante ne tenta rien ; sachant pertinemment que, tenterait-elle de fuir, elle serait arrêtée immédiatement par la Dessinatrice, et, tenterait-elle de blesser, elle serait maitrisée par la Marchombre. Elle ne faisait pas le poids ; son ultime chance de salut restait dans son pouvoir de persuasion, celui qu’elle avait nié à la Dessinatrice, lorsque celle-ci avait tenté de parler pour éviter la mort. La mendiante ne se suiciderait pas ; la cause ne lui était pas si chère, et elle n’était qu’un sous-fifre. Elle savait, sûrement, qu’elle ne se sortirait pas de ce faux pas ; si elle ne tombait pas sous les coups de la rouquine et de la blonde, ce serait sous ceux de son commanditaire. La toile, le plan dont elle faisait partie était trop étendu pour qu’on la laisse moisir dans une cellule – elle en savait trop. Elera la regarda dans les yeux, sans laisser les traces de brûlures défigurer son visage par la gêne ou les questions ; la regardant, comme un être humain, n’importe lequel, avant de souffler, doucement.

- Si tu restes loyale aux tiens – ils te tueront pour l’erreur que tu as faite aujourd’hui. Je t’offre la fuite – tu devras tout quitter, mais tu vivras. En échange – mène-moi à eux.

Position méfiante, déni, encore, toujours – faire comme si on ne savait rien, pour ne rien avoir à dire.

- A qui ?

- Comment tu t’appelles ?

Question déstabilisante – à laquelle elle finit par répondre, toujours méfiante.

- ..Euh, Lindis.

Vrai nom, faux nom, peu importait – tout ce qu’il lui fallait, c’était un moyen de personnalisation.

- Je sais tout, Lindis. Mène-moi au lieu de séquestration.

- Séques… Hé ?

Cette fois, ce n’était pas volontaire – mot trop compliqué sur ses lèvres d’analphabète. Elera reprit, toujours aussi doucement.

- Mène-moi aux enfants.

Elle perdit son sang-froid, cette fois-ci, et ne put retenir un mouvement de stupeur – mouvement qui la trahit irrémédiablement. Elle le sut, s’énerva – contre elle-même, contre sa stupidité. Contre ce monde injuste qui avait mis une rouquine sur sa route, alors que le plan était parfait, qu’il n’y avait personne, qu’elle aurait dû partir avec une aristocrate en plus sur son épaule gauche, sans question aucune. D’ailleurs – le lieu ne pouvait pas être loin ; elle ne pouvait pas s’amuser à se promener avec l’aristocrate tout autour de la ville en toute discrétion. Au moins était-elle dans le bon périmètre, s’il s’avérait qu’elle perdait la trace de la brûlée. Elle s’énerva – se défendit, hurla, hargneuse.

- J’vous donnerai jamais son nom !

Ah – plus de loyauté qu’Elera ne l’avait d’abord pensé. Liée, fidèle, à une personne en particulier – et c’était bien pour ça qu’on lui avait laissé le soin d’accomplir la tâche, d’en savoir autant. Elera resta calme, la voix douce, contraste frappant avec l’attitude qu’avait eu l’aristocrate – l’une des deux méthodes finirait bien par lui faire tirer les vers du nez.

- Je ne te le demande pas.

- Y me tuera pas.

C’était net, buté – elle ne parlerait pas, ne trahirait pas.

- Moi si.

Et peu importait que ce soit vrai ou non – tout ce qui importait, c’était qu’en regardant dans les yeux vides d’Elera, elle y croit, sans qu’aucune incertitude ne puise courir le long de son échine, et qu’elle sente les frissons d’une mort à la main sûre qui la hacherait sans le moindre regret. Le visage fermé d’Elera ne lui laissa aucun espoir – la peur, la sueur sur le front abimé. Elle hésitait, pourtant ; cherchait, encore, un moyen de fuir sans trahir.

Ce fut la harpie au sol qui mit fin à ses tergiversations.

- T’es conne, Lindis. Y t’aime pas, Crowen, y t’a jamais aimée, d’abord, t’es trop laide pour lui, et t’es stupide ! Moi, m’selle, j’vous dirai tout, si vous m’promettez qu’j’vive, qu’vous m’protégez d’l’aut’. Y sont là-bas, pas loin, derrière…

Elle montra du bout du menton la direction à prendre ; et là, ce fut à la brûlée de se transformer en furie. Elle courut vers Ciléa, lui arracha le couteau qu’elle l’avait vue ranger, et fondit sur sa camarade.

[Je m’excuse pour le peu d’interaction – la situation y sera plus propice dans le prochain post Smile]



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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Ven 27 Juil 2012 - 8:43

Ciléa resta immobile et ne réagit pas à la brusquerie de la mendiante, volontairement : Peut être aurait-elle manqué l’opportunité de reprendre le couteau des mains gercées mais elle aurait pu sans mal arrêter la femme en pleine course. : Dans les spires, les serpents rouges avaient tressailli, prêts à basculer sur l‘ordre d‘un soubresaut mental. Mais elle avant choisi d’attendre que la situation s'éclaircisse un peu et lui permette de prendre le parti le plus avantageux pour la suite. .Le danger s‘étant éloignés de sa personne, elle attendait , curieuse, la fin de la représentation . Observer ces deux êtres s’entretuer n’y avait-il dénouement plus… cocasse, jubilatoire, affligeant ? Ce spectacle de coq fut interrompu par un élément du décors: Dans l’herbe très égalisée de la pelouse proprette, une pierre, une fente dans la terre, un bosquet de fleurs d‘orange, quelque chose de conséquent avait été heurté par le pieds de la brulée et l’avait fait tombée, nez à nez avec sa comparse . Dans sa chute , elle avait lâché le couteau et la lame s‘était plantée à terre. Relevant frénétiquement la tête son arme fut la première chose qu‘elle chercha des yeux;, mais déjà, la dessinatrice avait récupérée son bien .

« Rends moi ça, sale.. »


La mendiante repoussa le sol pour bondir sur Ciléa, mais avant même qu’elle recouvre l’équilibre, un poing vint la cueillir à l’épaule : Libérée de ses entraves aux poignets et aux chevilles, l’oiseau claudiquant avait retrouvé ses moyens avant que l’autre ne lui enfonce la lame effilé dans le ventre. Elle vacillait, louchait un peu, un filet de sang dégoulinait de son front en direction de ses yeux mais malgré sa faiblesse apparente, elle immobilisa sans peine sa compagne d'une main ferme et parla d'une voix autoritaire .

«Lindis, tu sais donc pas te tenir, ? Tu sais bien qu’elle fera ce quelles ont dit..hein.. Fit elle en jetant un regard défiant et hargneux à Elera, restée en arrière. Alors recommence pas..Recommence pas ou c‘est moi qui t‘enfonce ce couteau dans la bedaine. .. Parce que morte, plus de Crowen, plus d'Al-Poll, plus de vie . Pour toi comme pour moi. Tais toi donc, , contrôle toi et fait comme dit la demoiselle »

Crowen, Crowen, le nom heurta une seconde fois les tympans de Ciléa pour y rencontrer un gout de déjà vu… Entendu, déjà entendu, elle ne savait plus ou ..Et puis qu’est-ce qu’un prénom, si commun, si peu chargé d’histoire, elle avait doute croiser une dizaine de Crowen dans son existence. Un nom de famille lui aurait été plus utiles,de quoi mobiliser les restes de l'apprentissage fastidieux de toutes les grandes lignées de Gwendalavir. Lindis avait continué à se débattre coupant court au discours de l'oiseau . Quelques mouvement seulement pour comprendre que la seconde avait le dessus. De dépit, Lindis éssouflée, voulu lui cracher au visage mais sa salive se perdit dans un coin de sa bouche dans un sifflement rauque.

« T’es qu’une traitresse, Gamen. T’as peur de mourir, hein, avoue , t‘es déjà morte de toute façon..Morte de trouille…mais de toute façon, tu crèveras un jour ou l’autre, en larbin, par elles comme par eux.. On a trahi, maintenant. »

L’autre ne sembla pas prêter attention à temps de hargne Elle se contenta de soupirer, puis plus tranquillement, desserra son étreinte se releva à demi et lui tendit une main secourable.

¨
"Allez idiote relève toi, arrête de faire des scrupules, comme si tous le monde marchait pas comme ça, ici … , elle passa la main sa main gauche sur le caillot rouge de son front. S’agit juste de montrer l’endroit, après zou, on file, y mettrons plus la main dessus. »

Gament agita doucement sa main pour l'encourager à la prendre mais l’autre la mordit rageusement, déclenchant un cri aigu et des méthodes plus radicales.
« Putain lindis,. Tu m’obliges à… »

Elle décela une pierre du sol froid puis, de sa main gauche l’abattit de toute ses force sur la tête de Lindis, qui tomba, assommée. Son corps ne bougea plus .

« Par la dame, elle est morte..
souffla Ciléa malgré elle -. elle s’en voulu de cette réaction, mais elle ne pouvait cautionner plus longtemps cette violence . Etrange comme les minauderie les plus primitive lui revenait en tête, elle qui passait chaque jour dans le vaste tombeau du hall d’entrée de l’académie et que le sort de de la roturer indifférait profondément.

« Pas morte damoiselle, pas encore…Je lui sauve plutot la vie...N'est-ce pas ?"


Ciléa ne daigna pas jeter un regard sur les yeux suppliant de Gamen et se contenta d'un vague acquiescement du menton

Alors que c’était visiblement la plus au courant de la situation, la rouquine ne semblait pas vouloir intervenir, elle restait là, visiblement alerte mais sans prendre de décision immédiate. Ciléa lui lança un coup d’œil dédaigneux avant de prendre, non sans plaisir, la direction des opération.


"Et bien, conduis nous à cet endroit, ton amie restera là, elle risque de nous encombrer. "


Elle jeta un regard vers le corps, par terre et soupira .

"Je n’ai plus l’ame à affliger cette miséreuse"


Charitable, Ciléa Ril’Morienval, c’aurait été une grande première, elle ne se sentait simplement pas la capacité de tuer, ou de blesser qui que ce soit, en ce moment précis, et désirait encore moins avoir les autorités de la ville sur le dos, même si les gardes devaient accorder bien peu d’importance à des êtres si insignifiants. Elle releva la tête du paquet de chiffon étendu sur le sol et elle crut déceler un mouvement sur les lèvres crispée d’ Elera, pourtant aussi muette qu‘une carpe. Elle prit cela pour un regain d’intêret, afin de soigner pour un temps, son égo blessé.

« J’ai besoin de savoir qui m’en veux et pourquoi . Je ne resterais pas ici sans rien faire, comprenez vous. »
Toujours pas de réponse, mais cette fois, elle n’y fit guère attention, alors qu’elle contactait par le le biais des Spires l’acolyte avec laquelle elle avait rendez-vous, dans ce grand jardin vide.


*Syra, il y a eut un imprévu... Il y a une femme devant le phare..Il ne faut absolument pas qu'elle parle à qui que ce soit..*

Approbation mentale de son bras droit qui eut le bon de ne lui demander aucune explications.

"Vous m’laisserez partir après qu’j vous ai montré la planque, hein ? Plus vite on sera loin, plus vite on se sortira, z’inquietez pas pour votr’ santé mamzelle bien peignée, là… On fera rien, on a d’autres soucis à se faire, on a trahi , maintenant. Faut qu’on fuit loin . "

Son langage était une ruine, authentique et qui lui accordait tout le mépris de la jeune assistante dessinatrice.

Elle se leva, se frotta la tête, une foid encore.


« tain, tu m’as fait mal conna..dame, vous..Vous, enfin j’croyais les aristos plus délicates. Oui je vous ammene. J’grouille. "

Elle se leva doucement, les mains écartées, signe de déférence, lacha la pierre qui lui avait servi à assomer sa compagne et se redressa lentement . Elle jeta un regard scrutateur, dévisageant de son sourcils noir celle qu’elle n’avait pas encore vu de près.
"
« T’es vraiment jolie, l’aristo… On aurait pu te vendre bon prix à ses messieurs du port Aline si la rouquine fourbe s’mélait de ses oignons dan.. Aïe."

Elle porta brusquement les mains à sa nuque , ou les liens s'étaient matérialiser pour une demi seconde, au plus.

« Saleté de dessinatrice..Tu faisais moins la maline le couteau sous le cou » baragouina-t-elle en s’avançant vers la sortie, du labyrinthe pas assez distinctement pour que Ciléa ne puisse l’entendre.

Elle continua à murmurer des phrases inintelligibles dans sa barbe alors que Ciléa lui emboitait le pas.

Silence dur et cloitrée de cette demoiselle aux cheveux rouge qui commençait presque à devenir agaçant , en y songeant, Était-elle si peu imposante, elle Ciléa,Ril’Morienval pour qu’on en oublie sa présence ? La rouquine semblait dans son monde concentrée sur sa tache, et à bien y repenser son visage avait quelque chose de connu...C'étaient elles déjà croisées ? Si c’était le cas elle ne se rappelait ni lieu ni l’heure. Plus important, que faisait elle là, à déambuler dans ce lieu qui ne lui correspondait pas ? Elle semblait être venue ici dans un but précis, et ce questionnement de tout à l’heure n’avait fait que renforcer l’hypothèse.

La dessinatrice marchait juste derrière la femme , qui à chaque pas menaçait de tomber, serpentant rageusement à travers le labyrinthe d'arbres secs et de buissons défeuillés. Ciléa supposait que que la rouquine la suivait, sans qu’elle puisse s’en assurer, la gamine rousse était trop discrete. Une unique fois, au moment ou elle dépassait le dernier bosquet d’aiguilles flétrie squi séparait le jardin de la route, elle se retourna pour rencontrer les deux yeux violets,. Elle se fixèrent un bref instant, sans que leur échange ne sembla leur apprendre rien l’une de l’autre, puis Ciléa tourna la tête vers la rue, alors que le paysage s‘éclaircissait un peu à travers les nappes de brouillard. L’étrange petit convois suivit le chemin, longeant de larges villa et de haut maison soigneusement entrenue. Gamen boitillait plus que jamais devant et semblait tendu. Ses jambes blessés ne lui permettrait sans doute pas de s’enfuir en cas de danger, ou d’envie inopinée.
Parfait.

Un chien aboya et fit sursauter Ciléa


« Nous devrions quitter la route… Je ne voudrais pas que quelqu’un nous observe »

En effet, n’importe qui , en hauteur pouvait etre à sa fenêtre ou sur les balconnets pour observer les passants à son aise. Mewenna la sœur ainée de Ciléa avait été particulièrement friande de ce jeu, et avec ses amies, elle passait de longues après mide à deviser en petits commentaires aerbes sur les tenues et les attitudes des passants, tenant un journal très précis de chaque habitant du quartier et des évenements trépidantes dans leur vie .

« Nous sommes arrivés fit Gamen d’un voie tendu » coupant court, au désir de détour de Ciléa

Elle avait stopper au coin d’une batisse, pres d’une haie décharnées, le fouillis des branches grisatre sur fond de marbre blanc donnait a paysage une atmosphère inquiétante . La villa était haute, mais la haie et les arbres grimpaient jusqu’au toit. , à travers le bosquet, on appercevait la découpe des larges fenetres du premier étage. Un énorme portail bardée de pique en fer, en interdisait l’acces.

« Ce n’est pas la » fit Gamen, devinant sa pensée.

Dans le fouilli des plantes, elle désigna un escalier de pierre bien peu engageant : à peine discernable tout a gauche de la maison, il commençait en dehors de l’enceinte de la maison et qui semblait s’enfoncer dans le sol.

[Je n'ai pas le temps de finir de coder...Mais j'espère que cela te fera plaisir quand meme ][i]


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Spoiler:
 



{-Ciléa Ril'Morienval-} {-Lohan Gayana-} {-Ganabiön d'Illuminée-}

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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Mer 22 Aoû 2012 - 22:14

Elle laissa l'aristocrate prendre la charge des opérations. Peu lui importaient les querelles des deux clochardes, ou le regard inquisiteur lancé par les deux émeraudes - tant qu'on l'emmenait ensuite là où étaient gardés les enfants. Alors elle observa, sans un geste, sans le moindre signe d'intervention. Elle interviendrait uniquement si elle risquait de perdre le fil qui lui permettrait de remonter jusqu'à Rylph. Chaque nouvelle information élançait les rouages de son esprit - certainement gardaient-ils leurs victimes un certain temps, celui nécessaire pour réclamer une rançon hors de prix, et, en cas d'échec, il ne leurs restait plus qu'à revendre ces minuscules esclaves au plus offrant. Parmi eux, les Pirates Alines ne devaient pas être les derniers. Dangereux, cependant - déjà fallait-il escorter la "marchandise" dans le Sud sans laisser les brûleurs des Plateaux d'Astariul en déchiqueter les fins morceaux - à moins qu'ils ne les vendent, déjà, à des mercenaires qui les revendaient ensuite ? - puis trouver un endroit où les navires pourraient accoster sans se faire repérer par les troupes de l'Empereur, écumant les côtes à la recherche des pirates... Etaient-ils les seuls acheteurs ? Elle avait eu, lors de ses premières recherches, des soupçons sur le Choeur - tellement d'enfants, orphelins, mis au service de gens quelconques, pour leur bien, pour leur donner une place dans la société... Et s'ils n'étaient pas orphelins, à la base ? S'ils avaient déjà leur place, une place bien plus agréable pour eux ? Main d'œuvre peu chère récupérée, certes dans les rues, mais aussi dans les châteaux dorés.

Elle réfléchissait - et, bientôt, atteignit aux côtés des deux autres femmes, si différentes, leur destination. Il lui faudrait trouver Crowen, et démanteler ce groupe criminel... Mais d'abord, Rylph. Elle s'approcha de Gamen - la pauvre avait peu de chances de s'en sortir vivante. Tic nerveux du coin de la lèvre de la part de leur guide.

- Vous allez me laisser partir, hein, m'dame ?

Un instant de réflexion, les yeux dans le vague.

- Gamen - tu as douloureusement conscience de ta position. Si tu veux avoir une chance, je te conseille de faire exactement ce que je te dis.

Hochement net de la tête.

- Il te faut partir le plus vite possible - mais, seule, tu ne survivras pas trois jours sur les plateaux, et dès qu'ils auront vent de notre présence ici, les tiens surveilleront tous les accès de la ville. Va à la garde...

Sursaut de terreur, et de refus, aussi. Elle devait penser qu'Elera voulait qu'elle se rende, soit questionnée, puis punie, de manière plus clémente grâce à sa collaboration, certes, mais punie tout de même.

- ...Et donne leurs une lettre, qui contiendra les mots suivants.

Encore un instant de pause, le temps de tourner les formulations dans sa tête.

- "Donnez à la porteuse de ce message un garde du corps pour l'escorter hors de la ville. Elle s'est mise en danger pour permettre d'éluder l'affaire des Enfants Perdus. Envoyez ensuite vos hommes au 7, rue des acacias, où vous y trouverez celui que vous pourrez interroger pour mettre un terme aux activités du réseau."

Mouvement rassuré de la part de l'oiseau. Puis, question.

- Et Lindis ?

- Sauve ta peau - je m'occuperai de votre amie.

- Collègue.

- ..Soit. Glisse un mot aux gardes sur elle, si tu le souhaites, mais ne perds pas de temps.

Méfiance, encore.

- Et ce sera signé quoi ?

Regard blasé.

- Rien. Ils ont l'habitude de recevoir de tels messages de ma part.

- Oui, mais, et.. C'est pas codé, hein ? Enfants perdus, ça veut pas dire, "pendez-la, ne la laissez pas partir", hein ? Hein ?

- Gamen. Quelles sont, exactement, tes chances, seule ? Tu as trahi. Tu es pourchassée et par les tiens et par la garde - sauf que la garde ne sait pas que tu es coupable. Je t'offre une porte de sortie - si tu ne veux pas la prendre, libre à toi, je ne t'y force pas .

Hésitation nerveuse.

- Bon, oui, c'est bon, donnez-moi la lettre...

Elera se tourna vers la noble. Elle aurait pu l'écrire elle-même - mais elle aurait été bourrée de fautes, pas très claire, peu crédible. Les gardes seraient plus enclinés à faire ce qui y était écrit si la lettre était rédigée par un noble, soit quelqu'un davantage digne de confiance à leurs yeux. Les roturiers sont trop peu intelligents pour réussir la prouesse d'élucider une affaire qui était une épine dans leur pied depuis des mois. Elle avait sa fierté, la Garde d'Al Poll, sa fierté et une réputation à tenir... Elle ouvrit sa sacoche, pour en sortir un morceau de parchemin, et un fin morceau de charbon - pas d'encrier dans ses affaires. Restait à savoir si la demoiselle accepterait de leurs rendre ce service.

- Il me semblerait plus approprié que vous rédigiez vous-même cette lettre, Dame. Si vous acceptiez... ?

Restait aussi la possibilité, volante, qu'elle n'écrive pas ce qui lui était dicté. Après tout, elle n'était pas secrétaire.

[C'est court - mais j'y tenais pour aujourd'hui, et suis vraiment bloquée par la réaction de Ciléa. Suite si tu la souhaites, sinon rendez-vous au prochain post Wink]


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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Jeu 18 Oct 2012 - 23:53

Crowen, elle connaissait décidément ce nom, elle se le répétait doucement, cherchant ou elle avait pu bien l’entendre alors que la rouquine reprenait la suite des opérations. Crowen, un nom sans visage, surgis à travers un brin de mémoire, sans contexte, sans implantation . L’avait-elle inventé ? Confondu avec un autre nom, embrouillé en anagramme avec des silhouettes connues ou juste entraperçues. Elle eut un sursaut de souvenir et la conviction que le nom avait été surpris sur des phrases qui ne lui étaient pas adressés. Sa mémoire recracha les réminiscences de lèvres minces et d’une voix fluette, chantante, féminine accompagné d'une lumière, un éclat du soleil qui brisait la poussière . Et un sourire, toujours aussi malléable, à l’ombre de l’avancée d’une toiture. C’était à Al-Poll et Cilea les avaient rejoint comme on reprends son fardeau, en soupirant: L’Eclipse était une force mais ses contraintes lui semblaient pesantes, loin de l’indépendance qu'elle avait imaginé. Responsabilités; que de responsabilité avait ont ajouté à sa lourde existence, elle qui se rêvait une vie moins grave.

C’était Syra, la comédienne aux milles sourire, à la légèreté insoutenable pour qui avait le cœur de plomb. Elle s’était adressée, à Kawel, un air entendu sur le visage

« Crowen a encore fait des sienne à Al-Jeit"

A ce moment là, elle n’eut plus aucun doute :Crowen était le bras droit du seigneur Eclipstique d’Al-Jeit et elle se sentit personnellement impliquée dans l’affaire. Que venait-il faire ici, à empiéter sur ce territoire, sans s’être annoncer outre mesure à elle ou à un de ses acolyte. Il était très peu probable que Syra ait oublié de lui donner une information d’une telle importance. Ainsi, non content d’avoir transgresser les règles d’hospitalités de l’Eclipse, il menait des actes criminels et compromettant à Al-Poll, justes sous son nez, un traffic odieux de sang bleu qui la révulsait. Mieux encore, il poussait l’impudence à tenter de la prendre en otage! L’insulte était incroyable d’insolence, même si elle était persuadée qu’il y avait méprise; Les identités des maitres Eclipstique n’étaient connu seulement de leurs deux acolytes et des autre maitres, Crowen ne devait pas savoir qui elle était. A moins que son maitre d’Al-Jeit n'ai transgressé à son tour la plus sacrée des règles de l’Eclipse, qu’il est bousculé l’ordre hiérarchique pour lui confier sa propre identité. Elle sentait la colère lui montait au nez alors que les données du problème devenaient limpides.


« Vous semblez bien sure de ce que vous faites..fit elle .Cette demeure est celle d’un notable d’Al-Poll, un homme de grande influence .. Il vous faudrait beaucoup de persuasion pour convaincre la garde de sa culpabilité, d’autant plus que c'est un genereux donateur.... Si mes souvenirs sont justes, je crois qu'il a fournit en vivres les garnisons d'Al Poll à la saison dernière."


Elle n’en dit pas plus, elle n’était pas sensé en savoir tant. Ce qui était sur, c’est que l’adresse que lui avait donné Elera n’était pas celle de Crowenn. L’homme qui habitait ce 7 rue des acacias était un homme grossier, peu éduqué, implanté ici depuis des années, mais qui avait pourtant fait fortune et côtoyait de temps à autre les notables d’Al-Poll. Le pire était que cet individu était Eclipstique et faisait parti de son propre reseau , complice alors, de ce Crowen d’Al-Jeit, et même si elle ne risquait pas grand-chose de lui, en le denonçant, ce serait attirer l’attention des autres Seigneurs et dame Eclipstique, de ceux qui savaient qui elle était et qui l’avait considére jusque là comme innofensive,.

Elle n’avait aucune envie de se meller à cette affaire, méfiante des retombées qui pouvait peuser sur sa réputation ou sur sa vie. L’enquete semblait prometteuse, et sans doute tirerait elle partie de son succes, si les enfants etaient retrouvés sain et sauf. Les quelques grandes familles d’All poll lui serait gré d’avoir sauvé leurs héritiers, on la saluerait pour cet acte de courage, elle affermirait une réputation de jeune Dame irréprochable qu‘elle avait patiemment construite. Pourtant, elle risquait d’attirer des regards qui pourraient transperser son double jeu et surtout se mettre quelques membres de l’Eclipse à dos, à commencer par le Seigneur Eclipstique d’Al-Jeit . Elle se sentait trop jeune, trop seule, trop innexpérimentée encore, pour se mettre à dos des alliés, qui n’attendait que de la faire tomber en disgrace.

Pourtant, l’occasion était d’or, d’ajouter à la popularité des Ril’Morienval, et de briller, encore, comme les rayons de leurs armoirerie. Et ces Seigneurs installés de l’Eclipse, qui pour l’instant , n’avait accordé à son inexpérience aucune crédit , elle pourrait les éblouir de prestance,au risque d’en devenir aveugle. Noble parmi les nobles, devenir ce qu’elle avait tissé de rêve.
Tapisser le monde de son pouvoir.

Imperieuse, elle prit sèchement le parchemin et la plume des mains d’Elera, qui lui avait accordé assez de marques de politesse pour qu’elle s’execute et commença à rédiger un message, appuyé sur le muret, ne perdant rien de calligraphique sur cet ecritoire sommaire.

A ses messieurs de la garde d’Al-Jeit,

Je vous prie personnellement de vous rendre au 7 rue de l’accacia pour vous saisir de l’homme Edann Wel’Tolron, pour l’interroger à propos de l’affaire des enfants perdus. Après que deux de ses acolytes m’aient suivi dans l’intention de me brutaliser lors d’une promenade au parc de Laman, je les ai fort heureusement surpris et ai réussi, grace à une aide bienvenue, à leur soutirer l’adresse et le nom de ce criminel.

Veuillez agir ville, la vie des héritiers d'Al-Poll est en jeu.

Elle s’appretait à signer lorsqu’elle un éternuement de la femme crasseuse la rappella à elle. Cette créature n’aurait pas eut droit à sa pitié ou à sa compassion si elle avait connu toutes les données de la situation . Mais il fallait mieux la garder en vie, et regler ses affaires, plus tard, au sein de l’Eclipse. De toute façon, protection ou pas, Gamen n'aurait pas besoin de l'aide de la dessinatrice pour finir ses jours dans les plus brefs delais . Elle semblait être Eclipstique, cette peur tenace d’avoir trahi semblait être un fiable indicateur. Et puis cette mention de Crowen, révelatrice. Était elle d’Al-Jeit ou de son propre reseau ? Cilea n’en savait rien, les être de ce degré d’insignifiance n’avaient pas de place dans sa mémoire .


« Veuillez en outre escorter et proteger la porteuse de ce message hors de la ville, elle a mis sa vie en danger pour éclaircir l'affaire."

Elle signa en arabesque, regrettant de ne pas avoir de cachet, et dessina à main libre les armoireries des Ril’Morienval. Cela impressionnait. Cela impressionnerait toujours, elle y comptait bien.

Gamen tentait de se débarrasser du sang sur son nez mais sans linge , ses grands gestes maladroits ne servaient à rien, sinon à l'étaler sur son front et sur ses mains . Ciléa tiqua légèrement avant de reprendre en lui tendant la lettre plier religieusement en 4.


"Voici. Il y a une fontaine sur ton chemin, juste devant la plus grande des boutiques des Ril'Enflazio. Veille à être un peu plus présentable lorsque tu te présenteras à la garde, j'ai bien peur qu'on ne te reçoive pas si tu parais, mal-vetue et sale."

Les lèvres de Gamen semblèrent bruler d'une réponse cinglante, mais elle sembla se raviser, la douleur devait être encore trop présente. Elle hocha la tête brièvement, lança un vague regard à Elera avant de faire demi tour et de s'en aller, le pas peu assuré. Ciléa la suivit des yeux et s'adressa à Elera le yeux toujours rivés sur la petite silhouette claudicante qui disparaissait, au coin d'une villa.


"Il s'agit bien de cela n'est-ce pas.. ? Des enfants qui disparaissent, depuis des semaines déjà, des héritiers au sang pur, je connais cette histoire...''




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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Mar 15 Jan 2013 - 14:07

Elera lança un simple regard à l’aristocrate, sans broncher face à toutes ces informations. La noble en savait beaucoup ; mais ça ne la regardait pas. Tout comme ça ne regardait pas la femme qu’elle avait sauvé, de savoir quelle crédibilité la garde donnerait au message d’Elera. Elle regarda Gamen s’éloigner, avant de hocher la tête à l’assertion de la jeune femme, et d’avancer vers la cave. Elle descendit les escaliers sans hésiter un seul instant.

S’arrêta, un instant, devant la porte. Ferma les yeux, la main sur le bois.

Derrière, deux hommes. L’un, mal à l’aise. Formation de soldat, probablement. L’autre – dangereux. Encore une respiration, puis elle ouvrit la porte, et lança dans la foulée une étoile de jet sur celui qui lui paraissait à maîtriser ; le temps d’en lancer une deuxième pour immobiliser le soldat, et de remarquer que la première n’avait pas atteint sa cible, et ils étaient au corps à corps. Le soldat, lui, était bloqué contre le mur, l’étoile de jet retenant sa capuche et l’étranglant à moitié. Il essayait, en vain, de la retirer ; il était jeune, et devait à peine venir de commencer à intégrer la garde – parce que c’est d’eux dont il avait l’uniforme. Ce que l’aristocrate avait dit sur l’homme qu’Elera avait demandé d’arrêter ne devait pas être faux… Mais pas le temps. L’autre en face d’elle était grand – et à le voir bouger, il avait un contrôle parfait de lui-même. Il devait avoir fait du combat au corps à corps une bonne partie de sa vie – Jujitsu, aïkido ? Un art de combat plus fluide que la moyenne. Contact ; dos de la main contre dos de la main, coude, coude, genou, tibia. Il était rapide, extrêmement rapide, et elle avait du mal à suivre, à garder le rythme, à ne pas le laisser l’atteindre à des points vitaux. Cheville – il fléchit, touché au tendon, mais repartit ensuite de manière plus vive. Bras droit, main gauche – merde. Elle n’avait pas vu, pas à temps, et il allait la balancer contre le mur.

Sauf qu’une chaîne apparut soudain à son bras, une chaîne qui devait être particulièrement lourde, parce que son bras faillit se baisser carrément ; il tint malgré le poids supplémentaire, mais fut assez ralentit pour qu’Elera se baisse à temps. Une autre chaîne apparut sur son autre bras, puis sur ses épaules, et à ses pieds ; et bientôt, l’homme se retrouva complètement écrasé par le poids de l’acier. Elera sourit (va)poreusement à la Dessinatrice, puis s’approcha de l’homme, attrapa le trousseau de clefs à sa ceinture, et ouvrit la porte suivante.

Une lanterne avait été posée par terre, au milieu de la pièce, et les enfants l’entouraient, les uns dans les bras des autres ; elle en entendait chouiner, et elle sentit la peur, à l’entente du verrou qui tourne. D’autres dormaient, dans les coins, dans l’obscurité ; deux seulement jouaient, avec des morceaux de chiffons. L’un d’entre eux, vaguement plus âgé que les autres, serra le petit qu’il tenait dans ses bras, lançant un regard assassin à Elera ; il ne devait pourtant pas la voir, à contrejour qu’elle était.

- …Y a-t-il un Rylph parmi vous ?

Regards, vides, curieux, blasés, surpris. Un petit garçon s’apprêta à dire quelque chose, mais une fillette, de dix ou onze ans, lui mit violemment sa main sur la bouche.

- C’est toi ?

Elera s’approcha, se baissa pour mettre son visage à son niveau, sortit le portrait de sa poche, et le glissa dans les mains du petit.

- Tes parents m’ont envoyée te chercher.

Il avait peur. Il avait vraiment peur. Qu’avaient-ils faits à ces gosses ? Depuis combien de temps étaient-ils ici ? Elle balaya la salle du regard ; ils avaient tous entre quatre et douze ans. Elle avait l'impression que, d'un instant à l'autre, ils allaient tous se mettre à hurler et courir dans tous les sens, mais ils restaient là, posés. Effrayés.

- Et vous tous. Vous allez tous pouvoir rentrer à la maison.

Un petit garçon vint lui prendre la main, et elle le tira vers elle, de manière rassurante. Elle se leva, et le prit dans les bras, avant de sortir de la salle, rejoignant la Dessinatrice qui attendait dans l’entrebâillement de la porte.

- Vous avez l’air d’en savoir beaucoup sur ce qui se passe ici, et sur celui qui œuvre dans cette affaire. Cela ne me regarde pas ; je vous laisse gérer l’affaire comme il vous convient. Tout ce qui m’importe, c’est que chacun de ces enfants retrouve sa famille. J’ai fait des promesses - je m’occupe d’eux.

Les deux gardes étaient maintenant allongés par terre, inconscients ; elle ne se pencha pas plus avant sur leur cas. Elle déposa le petit par terre, et il s’accrocha à sa jambe. S’approchant de la blonde, elle fronça les sourcils.

- Juste une question.

C'est dangereux, les questions ; le pas est fin jusqu'à l'indiscrétion. C'était un saut dans la vie d'une autre, un saut vers son propre passé - mais elle s'en sentait comme détachée. Ne restait que la curiosité. Sa main fila vers la ceinture de la Dessinatrice et y attrapa le poignard de cette dernière. Un poignard qu’elle observa ensuite, le tournant entre ses doigts, devant son propre visage.

Elle l’aurait reconnu n’importe où ; le T gravé sur le manche, la lame effilée, le travail grossier. C’était le premier objet qu’elle avait jamais créée, seule, dans le feu de la forge de Silind…

- La porteuse de ce poignard – qu’est-elle devenue ?



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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Sam 2 Mar 2013 - 19:49

Le couloir était sombre et humide et c’est de bonne grâce que la dessinatrice laissa Elera la précéder; quelque chose lui oppressait la poitrine, asphyxiant ses réflexes, les Spires vinrent affleurer, comme un mécanisme de défense soigneusement apprêté, redoutant le moindre bruit.

Ce genre d’endroit suintait le mélange du refuge et de l‘angoisse ; c’était les anciennes caves de l’académie, étouffantes de moiteurs, patientes hôtes pourtant de ses délires poussiéreux, c’était le claquement de porte qui résonnait derrière elle, solennellement , lorsqu’on la punissait, c’était la malle ou elle s’était enfermée sans faire exprès, une fois, en jouant à cache cache, noyée entre les dentelles et les bijoux de pacotille, et surtout l’informe placard sombre ou elle s’était blottie en fermant les yeux sur l‘obscurité, pour ne pas être témoin. Mais la carapace des paupières ne retenait pas les sons, et les voix avaient infusé longuement dans son imagination étirant le réalisme de la scène vers l’horreur onirique.

Elle manqua de crier lorsque les premiers sons surgirent de derrière la porte, mais se retint brusquement, les dents resserraient sur sa fierté. L a surprise passée, les réflexes qu’elle avait acquit, lui revinrent, naturellement et elle resta sur le pas de la porte pour se plonger dans les Spires, toujours actrice, de loin .

Une vie pour une vie, sa dette était payée.

La lanterne diffusait une lumière chaude lorsqu’elle entra à son tour et les visages lui apparaissaient, fugaces mais poignants de detresse. Les poussins, habituellement se regroupent autour de la lumière pour se rechauffer mais les jeunes nobles s’en éloignaient comme pour se fondre dans l’ombre : reflexe contre nature quand la pitié n’est pas votre arme.

Ses yeux abandonnèrent la couvée, laissant les mots doux pour la rouquine puis arpentèrent la paroi, à la recherche d‘un indice, d‘un débouché vers l(avenir) villa, d‘une issue qui confonde les bourreaux. La lueur était faible et sa vue n’avait rien n commun avec celle d’un chat. Flammèche dans ses doigt qui ébranla la salle, plus que les Spires:les enfants tressaillirent. Hésitants, mi-effrayé, mi rassurés par la chaleur qui vivotait ;c’était méchant une flamme, ça pouvait bruler terriblement, mais si ça venait de l’Imagination c’était aussi connu, rassurant. Comme le disait Maman.

Ciléa étouffa la flamme d’un geste sec qui rimait avec le résultat de son exploration : Il n’y avait rien, pas une issue, pas une porte qui puisse relier la batisse à la prison.

Il lui déplut qu’on lui arrache ainsi un de ses biens. Un geste, un seul et on la dépossédait, et qu’importe la valeur de cette arme assez grossièrement taillée : elle s’était teintée d’éclat en accrochant sa ceinture.


« Qu’en sais-je… Je l‘imagine assez bien fuir à travers la foret, avec les bêtes, la patte blessé…Son destin, à vrai dire m’importe peu. Quoique je compte bien lui rendre ceci, un jour...en main propre »


La fille rousse côtoyait donc ce genre d’individu, en plus d’être décidement peu avenante, au point de parraitre grossière. Les poussins semblaient l’attendrir pourtant quoiqu’elle ne montre aucune pointe d’émotion. Elle n’a que le plaisir de remplir la mission qu’on lui a confié, rien de plus, songea-t-elle, le bien-être des enfants, semblait plutôt second

« Dame Ril’Morienval… c’est vous ?
Souffla une petite voix Vous êtes venu une fois… chez moi, pour voir la bibliothèque de père, je crois. Vous, vous c’est vrai ce qu’elle dit ? On va partir du tout noir ?  »

Elle porta la lanterne en hauteur, pour distinguer les visages poupins et reconnu une petite fille aux incisives proéminentes dessiné à l’interieur d’un sourire timide. Elle eut la pensée satisfaite que la plus part l’observait : deux yeux vert, l’emeraude et l’habit, cela comptait dans la mémoire de ces futurs dirigeants, maitres du poll en devenir.

« Oui Damoiselle Oil’Ferian fit-elle en abaissant légèrement à sa hauteur, je suis heureuse de pouvoir honorer la confiance que votre père m’a accordé. Cette jeune femme vous accompagnera »
Une petite fille ronchonna, renifla lentement et fit tressaillir sa machoire inférieure.

Il ne faut pas avoir peur ma joli, c’est fini maintenant, personne ne vous ferra plus de mal. Allons, un peu de courage, encore
fit elle en frollant ce nez dodu, bientôt, tout cela ne sera qu’un vieux cauchemard.

-qui vous hantera toute votre vie, que votre route soit pavee d’or, ou non. Mais ce détail pouvait être omis , en ces circonstances.


[J'en posterai une autre partie après débat sur l'Eclipse, peut être. Bon p'tit week-end Smile ]


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MessageSujet: Re: Fin de partie [Terminé]   Dim 31 Mar 2013 - 19:55

Elera hocha la tête à la réponse ; elle n’était pas surprise que l’aristocrate ne sache rien de la sauvageonne. Rien de surprenant, non plus, à ce qu’elle s’inquiète peu de son destin. Elle ne connaissait pas leur lien, ne savait pas ce qu’elles avaient échangé – mais elle avait récupéré le poignard, ce poignard qui avait été créé pour une personne en particulier, dont l’initiale était gravée, et il était hors de question qu’il reste entre les mains de celle à qui il n’appartenait pas. Elle savait parfaitement que Tinuviel n’y mettait aucune valeur sentimentale, et avait gardé le poignard par sens pratique uniquement – mais elle, elle y avait enfoui l’améthyste à la couleur de ses yeux, et c’est par amitié qu’elle avait forgé cette arme pour elle. Qu’elle puisse se protéger avec, qu’elle puisse survivre sur sa route.

Elle avait tellement de souvenirs, qui resurgissaient dans son âme, en tournant pensivement la lame entre ses doigts. La croix plantée dans la neige. Le pommeau qui frappait la vitre, la cassait – la lame qui se noyait dans le vin, plutôt que dans le sang. Vent froid sur son visage. La lame sur la glace, qui risquait de se noyer, et Tinuviel qui la faisait craquer sous ses pieds, qui mettait sa vie en danger pour une arme qui ne pourrait pas la lui sauver plus tard si elle mourrait aujourd’hui. C’était toujours l’hiver, quand elle la voyait – toujours le froid. Non. Pas la première fois. La fois où il n’y avait pas eu cette arme pour être leur témoin – le lac, les étoiles, le sable et les larmes.

Elle avait dit qu’elle ne voulait plus se souvenir – plus se souvenir de rien. Trop de douleurs dans son passé. Tinuviel avait toujours été comme une parenthèse – elles ne s’étaient jamais cherchées, tombaient l’une sur l’autre sans prévision, et sans surprise non plus. Et puis la rencontre se délitait, se défilait, elles partaient chacune de son côté, sans plus de pensées pour l’autre.

Pourquoi ce poignard ici, maintenant, comme un rappel, comme un signe ?

Il n’y avait pas de signe. Pas de liens que ceux que les hommes s’imaginaient entre eux, pour se rassurer, là où il n’y avait rien que le hasard et un monde aux frontières certaines.

Bien qu’elles étaient si lointaines qu’elles en devenaient infinies, et que les Marchombres pouvaient, toujours, les pousser un peu plus loin.

Ce n’était pas la question.

Relevant les yeux vers le visage percé de lèvres expressives, les améthystes croisèrent, curieusement – montrant pour la première fois un intérêt pour l’autre comme autre chose qu’une enveloppe charnelle -, gentiment, les émeraudes, sans pour autant vraiment chercher à en comprendre les ombres et les lumières.

- Si vous permettez… Si vous la retrouvez, plutôt que de le lui rendre, dites-lui que Nirvelli a récupéré ce qui lui appartient.

Un « lui » tout dans l’ambiguïté – appartenir à qui, à Nirvelli, ou à la sœur des loups ? Elle comptait bien sur Ril’ Morienval pour comprendre que la dague appartenait à la rouquine plutôt qu’à la brune ; comme si, peut-être, l’arme était passée de main de voleuse à main de voleuse, et que Ciléa, pas meilleure que la sauvageonne, venait par un coup étrange du hasard de ramener l’arme à son possesseur initial, ce pour quoi elle pourrait sans doute se féliciter. Tinuviel comprendrait – et ferait bien ce qu’elle voulait de son message. Et elle – et bien, rien n’appartenait jamais à personne et peu importait.

Elle prit la gamine qui parlait avec Ril’ Morienval par la main – bref aperçu de cet univers de noble qu’elle ne connaissait pas, où les familles se visitaient, avaient des liens entre elles, et où les petites filles regardaient avec admiration les amies de leurs parents. Elle ne connaissait pas la jeune femme. Mais elle était restée à ses côtés pour sauver les enfants, les avait rassurés comme elle.

Elle avait décidé – décidé qu’elle en retrouverait plus le passé, qu’elle oublierait tous ces gens qui n’avaient que des armes dans le cœur, et que plus jamais elle ne se prendrait au jeu de croire en des liens inexistants. Elle ne voulait connaître personne de nouveau – cela n’en valait pas la peine.

Et pourtant – le cœur de la jeune fille qu’elle avait été se serrait en elle. Le cœur de la rouquine qui était arrivée à l’Académie, parmi les humains, qui avait regardé tout avec un regard si plein de curiosité et d’innocence, en demandant, toujours, « Pourquoi ? », et en répondant, toujours, « Pourquoi pas ? » Et pourtant elle avait récupéré le poignard, au lieu de ne laisser aucune interaction possible, ni avec son passé ni avec un potentiel futur. Elle embrassa la fillette sur le front, y voyant comme une image qui bientôt s’évaporerait comme toutes les enfances.

- Allez. Le feu vous attend dans la cheminée, chez vous…

Rentrons chez nous. Eux à leurs parents – elle à sa forge. Devant le feu qui, sans cesse, la réconfortait. Devant le métal qui la soulageait. Devant le travail, Maître de l’Oubli.

- Dame Ril’ Morienval.

Simple hochement de tête, pour lui dire adieu, ou bien merci, ce n’était pas très clair, puis elle aida les premiers enfants à monter les marches.


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