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 Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Mar 14 Fév 2012 - 19:16

Dur de se lever le matin alors que le soleil dort encore. Ichel le faisait sans grande difficulté. En faite, il était plus juste de dire qu'elle aimait devancer le soleil. Pourquoi ? Peut-être parce qu'elle aimait le silence matinal qui régnait sur toute l'Académie avant que le brouhaha des élèves débute entre ses murs. Le soleil était le clairon des élèves, dès que celui ci dardait ses rayons sur les plaines, les habitants de l'Académie gâchaient le silence de leurs pas lourds et insupportables. C'était la principale raison que l'on pouvait trouver au fait que la marchombre appréciait de se lever avant tout le monde. Le silence apaisant des couloirs. Un sourire s'étirait sur ses lèvres lorsqu'elle franchit le pas du dortoir. On n'entendait même pas les cuisiniers s'affairer dans le sous-sols pour le déjeuner à venir. Rien. Que le silence de l'aube. Rien ne pouvait gâcher ce moment précieux pendant lequel Ichel laissait toutes ses pensées se perdre au loin. Rien. Comme toujours, elle alla se promena dans les couloirs, cherchant en vain ce quelque chose qui lui manquait. Elle ne savait pas quoi, mais elle cherchait. Elle ne savait peut-être même pas qu'elle cherchait. Elle était simplement là, à tourner en rond entre les murs de l'Académie. Seule. Elle finissait souvent par atterrir dans un endroit quelconque, et ce matin-là, ce fut les toits. Comment était-elle arrivée jusque là-haut ? En marchant bande d'incrédules ! Le soleil levait enfin le jour lorsqu'elle s'assit sur les tuiles. L'endroit était interdit aux élèves, mais malgré cela, tout le monde venait s'y retrouver. Les interdits appellent les infractions. C'est la loi de la pile. Le plus attire le moins, et vice versa. Le soleil réchauffait la peau de la marchombre lorsque son ventre cria sa faim. Elle tira une grimace avant de commencer à descendre de là-haut afin de satisfaire les envies de son estomac.

La grande salle était à demi-pleine. C'était sûrement les douches qui devaient être remplies à cette heure-ci. Oui, les habitants de l'Académie étaient plus ou moins propres selon leur humeur, mais la plupart du temps ils l'étaient. Il y avait assez de douches pour tout le monde, alors autant en profiter. Après, il fallait s'expliquer avec l'Intendant, qui au grand malheur de tous, devait être l'homme le plus maniaque de Gwendalavir. Ichel sauta donc sur le plat de brioches. Un met rapide à l'emporter et surtout, appétissant. Elle n'aimait pas réellement traîner dans la grande salle, il y avait trop de gens à son goût. La foule ne lui faisait pas peur, elle ne la supportait simplement pas. Ca devait être pour cela qu'elle ne connaissait pas beaucoup de monde dans sa maison. Il était vrai que la maison kaelem n'était pas réputée pour ses membres unis, se serait plutôt pour ses bêtises à répétition. La maison n'était pas très appréciée, mais Ichel n'en avait rien à faire. Elle ne sentait pas réellement qu'elle y appartenait. Les félixias étaient encore trop imprégnés dans sa peau. Même chez les félixias, elle ne s'était jamais sentie à sa place. Elle ne connaissait que deux personnes de sa maison, rien de plus. Mais elle s'en fichait. Elle ne passait que quelques heures en leur compagnie et en plus de cela, c'était la nuit. Elle n'avait donc pas le loisir de pouvoir leur parler.

Ichel se sentie soudain bousculée par une silhouette, se qui la sortit de ses rêveries. Elle se retourna d'un geste vif et fusilla l'élève – de dos – du regard. Il y avait des gens vraiment maladroit. La marchombre tourna les talons et continua sa route. Elle se retrouva dans son dortoir où l'agitation n'était pas au rendez-vous. Les uns se réveillaient à peine et les autres se rendaient difficilement dans les douches libres. Ils avaient tous la tête dans les choux et venaient à peine de se lever. Ichel émit un petit rire en les voyant tous aussi pathétique. Si les autres maisons voyaient cela,  les préjugés sur la maison kaelem seraient finis. Les kaelems ; durs, violents, combattifs, bornés et encore bien d'autres mots du même genre. Les idées toutes faites seraient finies. Peut-être qu'après tout c'étaient les aequors les plus au taquet le matin, qui sait !
Cela étant dit, Ichel ne traina pas. Elle prit son luth qui traînait au bord de son lit et partit à la volée sans autres préambules. Elle ne prit même pas le temps de taper la conversation.

Une fois dehors, elle mit son luth sur son dos et se mit en marche. Arro lui avait donné rendez-vous l'après-midi dans le hall d'entrée avec son instrument. Elle avait hâte de voir se qu'il lui avait préparé. Mais s'était seulement cet après-midi. Elle allait devoir attendre toute la matinée, elle avait alors prévu de se poser et de jouer. Encore et encore. Jouer jusqu'à se que ses doigts prennent la forme des cordes de métal. Elle s'était donc mise en chemin vers une destination quelconque loin du brouahaha de l'Académie. Se dirigeant vers l'aile ouest, elle tourna dans un couloir adjacent, mais à son grand malheur un idiot lui fonça dessus, apparemment pressé d'arriver à l'heure à son cours. Ichel se vit projetée à quelques mètres de là. Le temps s'arrêta brusquement et Ichel se vit tomber à terre sur le dos. Non ! Jamais, elle ne permettrait jamais que l'on détruise un travail aussi magnifique que le luth que son maître lui avait offert. C'était peut-être une de ses possessions qu'elle chérissait le plus. D'une rotation du buste, elle se retourna in extremis et son nez vint heurter le sol d'une violence incomparable. Ses mains eurent à peine le temps de ralentir la chute. La colère monta bien trop vite pour le pauvre élève qui tentait de relever sa victime. La marchombre se releva d'elle même, refusant avec haine la main secourante de l'inconnu. Elle se retourna vers lui et lui mit une gifle bien calculée.


- Espèce d'imbécile !! Tu peux pas regarder où tu vas ! T'aurais pu détruire mon luth !

Il resta coi, ne sachant que répondre. Sans doute se sentait-il très mal à l'aise, mais Ichel ne voulait pas l'entendre ni le voir une seconde de plus. Les sourcils froncés, elle le fixait du regard et il ne pouvait fuir ses yeux noisettes.

- Barre toi maintenant ! Vas à ton stupide cours !!

Partant en courant, l'inconnu disparut à l'angle d'un autre couloir. Ichel quant à elle, se remit en route tout en ruminant sa colère qui finit bien vite par disparaître. Tout de même, se faire bousculer deux fois dans la matinée, c'est improbable ! Il ne manquerait plus qu'elle se fasse attaquer par une horde de raïs. Heureusement pour elle, cette possibilité était de un sur mille. C'était à dire, impossible. Elle arrivait enfin en vue du hall d'entrée. Quelques mètres et elle serait enfin tranquille dans les plaines. Peut-être allait-elle même aller dans la forêt. Tout restait possible. Un sourire naissait sur ses lèvres, mais... un choc violent la fit de nouveau chanceler. Elle ne tomba cependant pas, mais c'en était de toute manière trop. Il était vrai qu'il n'y avait jamais deux sans trois, mais on ne se prenait pas trois personnes dans la figure en quelques minutes tout de même !! C'était une des choses les plus improbables et les plus inconcevables qui étaient !
Ichel, furieuse, releva la tête et recommença hurler. A cette allure là, elle n'aurait plus de voix avant cet après-midi.


- Vous vous êtes tous mis d'accord pour me casser les noix aujourd'hui ou quoi ?!

La personne qui se dressait devant elle, était une jeune fille. Les cheveux brun, courts, elle avait un bandeau dans les cheveux. Son visage lui revenait, mais elle ne savait pas d'où. Tout se qu'elle savait était qu'elle allait péter un plomb.

- Alors, t'as de la merde dans les yeux et les oreilles pour ne pas voir où tu vas et ne pas entendre se que je te dis ?

La marchombre n'en voulait pas réellement à l'inconnue, mais cette dernière avait eu la malchance de se retrouver la troisième maladroite qui fonçait sur elle dans les dix minutes précédentes.


_______________
...hanter la tempête et rire de l'archer ??...
Que devient la neige quand elle fond ? Symphonie du printemps.
Que devient un rire qui se brise ? L'ébauche d'une nouvelle farce.



Le secret réside dans les lettres du mot MAGIE
Un brin de bravoure pour cinq-cent-vingt-sept grains de folie o>
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Mer 15 Fév 2012 - 21:53

[Parfait, même si elles risquent de ne pas s'adorer . Si quoi que se soit ne va pas ==> MP]

La lune était à moitié cachée par les nuages alors que Lya marchait sur les rives d'un petit ruisseau. Les dessins du ciel se reflétaient sur la surface irisée de l'eau, parfois brisés par le courant plus fort ou par des vaguelettes un peu plus hautes que d'autres. Les images se confondaient avec les formes et les couleurs des profondeurs de l'eau, pourtant séparées par la surface et le dessous, mêlant leur charme ensemble sans vraiment le vouloir. Comme une ombre sous la lumière de cette nuit, Lya marchait aux côtés de ce chemin sans cesse en mouvement, à la fois instable et éphémère, son regard finissant par abandonner les reflets qui s'y dessinaient pour passer de ses pieds à la route qu'elle suivait, qui serpentait entre les hautes herbes de la plaine. Elle ne pensait à rien et à tout à la fois, remontant le long des méandres de son esprit, explorant des souvenirs qu'elle avait tant de fois visité avant de revenir sur d'autres qui pouvaient paraître futiles pour ceux qui ne s’intéressent pas à la vie. Elle sautait de l'un à l'autre, passant de la pomme qui dégouline sur le menton à sa présentation au Conseil des Marchombres, de l'instant avant de s'endormir à sa longue conversation avec Halina, d'un footing matinal à ce fameux jour où elle avait quitté son chez-soi sans plus d'explication qu'une colère irraisonnée. Elle s'attardait sur certains plus que sur d'autres, pensait à la vie sans vraiment y penser. Elle n'avait rien d'autre à faire de toutes façons, à part suivre le chemin qu'elle suivait avant de retourner à l'académie en même temps que le soleil reviendrait dans le ciel. Le plus discrètement serait le mieux, car elle savait n'avoir rien à faire en dehors de l'école pendant la nuit, tout comme elle savait risquer de faire perdre plusieurs points à sa maison si elle se faisait prendre en rentrant.

Mais elle n'avait pas réussi à s'endormir. Les yeux grands ouverts dans son lit, quelque part parmi tout ceux des autres Kaelems, Lya essayait de se laisser bercer par les respirations des élèves endormis, sans y parvenir. Elle se tournait et se retournait dans son lit, laissant passer le temps avec une lenteur insupportable. La jeune femme n'avait pas la moindre idée de l'avancée de la nuit lorsqu'elle se releva, se rhabilla sans réveiller personne et sortit des dortoirs. Son poncho bleu sur les épaules pour se protéger du froid hivernal, Lya sortit des bâtiments en évitant de passer devant les appartements des professeurs, craignant de croiser l'un deux malgré la nuit bien avancée, non pas par peur de se faire ramener aux dortoirs en se faisant tirer par l'oreille, mais surtout parce qu'elle n'avait pas envie de s'expliquer. Elle n'arrivait pas à dormir, comme cela peut arriver à tout le monde, et elle voulait sortir un peu. La jeune marchombre vagabonda un peu dans les jardins avant de se rendre compte qu'elle voulait vraiment sortir, pas seulement des bâtiments, mais de l'académie. Elle avait besoin de s'éloigner un peu, quelques heures suffiraient. Elle reviendrait après.

Sa décision prise, et les conséquences que son acte risquait d'engendrer acceptées, Lya passa au nez et à la barbe du garde rouquin qui passait son temps à faire semblant d'assister aux cours de combats. La facilité avec laquelle elle traversa le mur montrait bien que le jeune homme faisait tout aussi semblant de monter la garde. Et maintenant, elle marchait le long d'un petit ruisseau, dans ce que Merwin avait nommé le Parc. A force de penser, ou alors de marcher, la Kaelem sentit la fatigue s'abattre sur elle sans prévenir. Elle n'avait pas envie de rentrer. Pas encore. Alors elle marcha encore un peu avant de s'allonger près d'un arbre, la capuche de son poncho lui servant d'oreiller et les mains glissées dans les replis de ses vêtements. Elle ne risquait rien ici. Les rares carnivores qui s'aventuraient aussi près de l'académie devaient eux aussi dormir la nuit, non? Et si quelque chose devait arriver, il y avait toujours l'arbre. Bercée par le doux glouglou du ruisseau, Lya fini enfin par fermer les yeux.

Elle les rouvrit, quelques heures plus tard, bien que peut-être pas assez à son gout. Derrière les montagnes, les premiers rayons du soleil montraient tout juste le bout de leur nez. Lya devait se dépêcher si elle voulait se glisser à temps entre les porte de l'académie pour rejoindre le flot d'élèves qui allaient tous les matins vers la grande salle. Réprimant un bâillement, fatiguée par cette trop courte nuit de sommeil, la jeune femme se leva et se mit à courir, doucement puis plus rapidement, en direction de l'école. Elle arriva devant les portes à peine un quart d'heure plus tard. Elle les ouvrit, juste assez pour y glisser un oeil. Personne. Aussi vite qu'elle le pouvait, Lya se glissa dans l’intersectice, referma les panneaux de bois, se retourna, prête à taper un sprint jusqu'au bout du Hall et percuta de plein fouet une personne qui n'était pas là quelques instants plus tôt et qui ne devait pas regarder devant elle lorsqu'elle marchait. Avant même que la Kaelem n'ait eu le temps de se remettre du choc, l'autre lui cria dessus aussi fort qu'elle le pouvait. Si fort que Lya ne comprit pas la moitié de ce qu'elle disait. Alors qu'elle se massait l'épaule, douloureuse après le choc, la fureur monta en elle, d'un seul coup, comme pour compenser le calme de la nuit qu'elle venait de passer:


-Eh, mais tu te prends pour qui là, à crier comme une dingue sur ceux à qui tu rentres dedans?

Elle dévisagea un instant son interlocutrice avant de continuer. Elle l'avait déjà croisée plusieurs fois, dans les dortoirs ou à des cours, mais ne lui avait jamais réellement parlé. Environ de la même taille qu'elle, brune aux yeux bruns, Lya lui avait toujours trouvé un air sympathique, bien qu'elle semblait ne pas se laisser marcher sur les pieds. L'air sympathique avait subitement disparu, et pour le malheur de l'autre, la jeune marchombre ne se laissait pas faire non plus.

-Tu t'crois seule au monde? La prochaine fois, regarde ou tu marches, p't'être que ça te f'rais du bien!

Ne pas l'insulter. Ne pas l'insulter. Surtout ne pas l'insulter, sinon ça allait dégénérer. Et Lya n'en avait ni le temps, ni l'envie. Sans ajouter un mot de plus, elle tourna le dos à l'autre Kaelem et commença à s'éloigner des portes, ne souhaitant pas que quelqu'un d'autre la trouve là et lui demande d'où elle venait. Mais n'y tenant plus, à distance respectable de l'autre pour pouvoir lui faire face en cas de besoin, elle se retourna et hurla:

-Face de Bruleur!


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Dim 19 Fév 2012 - 15:43

A la grande surprise d'Ichel, la jeune fille ne se laissa pas faire. Presque aussi furieuse qu'elle, l'inconnue hurlait sur la marchombre avec la même conviction, la même force que cette dernière. Le visage de la fille sauta soudain de sa mémoire. Elles avaient participé à quelques cours ensemble et le détail le plus intéressant... elles étaient dans la même maison. Une kaelem ! Voilà donc pourquoi l'engueulade entre les deux jeunes filles était partie aussi rapidement. Elles avaient le même caractère de cochon légendaire de la maison kaelem. Il fallait dire qu'Ichel n'y était pas allée de main morte et avait alimenté le feu en elles comme si elle le provoquait.
Mais la marchombre n'était vraiment pas de bonne humeur après tous ces accrocs qu'elle avait subi en l'espace de dix minutes. Certes, peut-être ne regardait-elle pas réellement non plus devant elle, mais ce n'était pas elle qui courrait dans les couloirs pour rattraper le temps perdu. Mais le pire était que l'inconnue, après lui avoir offert ses pensées, s'était retournée et avait commencé à partir. Ichel fut étonnée de ce comportement qui ne ressemblait en rien à celui d'un élève de la maison rouge. L'Intendant s'était peut-être trompé sur son cas, peut-être faisait-elle plus parti des aequors ou pire, des teylus. Ces insupportables comploteurs qui ne semblaient pas apprécier ne serait-ce qu'un seul kaelem. Elle ne comprenait pas cette théorie, vu qu'elle-même avait quelques amis chez les teylus. Non. Elle était bien kaelem, car elle se retourna une dernière fois pour insulter la marchombre. Mais c'était plus que ce qu'Ichel pouvait supporter. Qu'elle se défende, d'accord, mais qu'elle l'insulte, hors de question ! Elle n'allait pas s'en tirer comme cela sans rien recevoir en retour. Elle allait s'en mordre les doigts.
La marchombre fit un tour d'horizon, repéra une pierre qui ressortait du mur à côté duquel elle se tenait et l'empoigna de toute ses forces. Elle réussit à l'en extraire et rabattit son bras vers l'arrière avant de l'envoyer de plein fouet, dans un silence parfait, derrière le crâne de l'inconnue. Pas extrêmement grosse, la pierre ne pouvait pas faire de gros dégâts à part un violent mal de tête. Ichel se sentait un peu mieux, mais elle savait que ce n'était pas fini. Loin de là. Leur rencontre commençait maintenant.

La fille, comme le pressentait la marchombre, se tourna imperceptiblement dans sa direction. Durant un court instant, leurs regards s'étaient croisés. Intenses, leurs yeux se parlaient et ne semblaient plus vouloir se lâcher. Une bataille éprouvante que de soutenir un regard de même force aussi longtemps. Les deux jeunes filles s'observaient d'un regard acier, mais aucune ne voulait penser à une défaite quelconque. Aucune ne voulait détourner le regard ne serait-ce qu'un instant, qu'une seule seconde. Se testaient-elles elles-même ou l'inconnue en face d'elles ? Rien. Pas un mot, pas un souffle. On pouvait à peine percevoir leur respiration tendue. Le temps s'était d'un seul coup stoppé. Même le vent s'était arrêté de malmener les cheveux des deux adversaires. Pouvait-on dire d'ailleurs adversaires ? Tout faisait penser à croire qu'elles n'étaient pas censées se battre, mais tout indiquait le contraire. Il paraissait qu'elles avaient énormément de points communs, mais rien ne semblait leur en parler. Elles se contentaient de fulminer de colère et de se confronter du regard. L'un d'un bleu submergeant, l'autre d'un noisette foudroyant.

Elles se quittèrent enfin des yeux, mais au même instant, leurs membres bougèrent imperceptiblement. De la même fluidité, de la même précision. Ichel ne put s'empêcher de crier.


- Tu vas voir se qu'elle te dis la face de brûleur !!

Elles commencèrent une danse incroyable. Surprenante, presque invisible. Une danse que personne ne savait maîtriser à part une catégorie de gens. Pas les dessinateurs qui malgré leur talent véritable pour se qui était du Dessin, ne savaient presque jamais se mouvoir de cette manière. Voir pas du tout. Pas non plus les guerriers qui eux, malgré leur vivacité, leur rapidité, leur précision, ne savaient pas danser comme les deux jeunes filles. Non, seule une catégorie de personnes savaient se mouvoir ainsi et Ichel ne s'y trompait pas. Elle avait tout de suite su, dès les premières secondes de l'affrontement à qui elle avait à faire. Apparemment, elles avaient plus de choses en communs que se qu'elles croyaient. Beaucoup plus. Elle était marchombre. Elles étaient marchombres. Leurs gestes étaient presque coordonnés comme si elles voyaient se que l'autre tentait de faire, comme si elles savaient se que l'autre voulait faire. Etait-ce possible que l'une d'entre elle gagne le duel ? Peut-être pas, car aucune des deux ne semblaient vouloir lâcher prise. Elles étaient aussi sûres de leurs compétences qu'un Ts'Liches de sa supériorité.
Elles se battaient comme deux feu follets au milieu d'un brasier. Ichel assénait des coups incroyables de précision à l'autre, mais cette dernière arrivait à les arrêter. L'inconnue faisait de même, mais la marchombre ne se laissait pas faire. Le duel semblait durer une éternité. Il semblait à la jeune fille que personne n'aurait le dessus.
Une paume se dirigea soudain vers son visage. Feinte, esquive, parade. Un pied venant du bas esquivé avec adresse, mais ne voyant pas le coude qui arrivait, une douleur s'insinua entre ses dents. Grimace, puis la suite. Ichel attaqua de plus belle. Une paume en pleine poitrine, un saut afin d'éviter le pied, le sien visant les fesses de son adversaire. Goal ! L'inconnue tomba à terre, mais ...




[C'est vrai qu'elles risquent de ne pas beaucoup s'aimer, mais ce n'est que le début Wink
Désolé pour ce petit retard. Je te laisse finir le duel comme tu le sens ! Si y a un problème tu sais quoi faire =D]


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Sam 25 Fév 2012 - 22:54

[I love you en espérant que le mien te plaise autant que le tien m'a plu. Et puis bien sur, la fin est "éditable" à volonté]

Lya s'était retournée et s'éloignait lentement mais prudemment du théâtre de leur fureur, s'attendant à tout instant à ce que les pas haineux de l'autre fille retentissent derrière elle. A la fois inquiète et rassurée de ne rien entendre, la jeune femme avança d'un pas plus rapide lorsqu'un violent impact à la base du crane la poussa de quelques pas en avant. Lya se retourna immédiatement, tout en frottant l'arrière de sa tête avec sa main. Son regard se posa sur une pierre qui gisait à terre, immobile, comme pour démontrer son innocence alors qu'une tâche de sang barbouillait l'une de ses face et les doigts de Lya, preuve qu'elle était l'arme du crime. Lorsque ses yeux se relevèrent, elle croisa ceux, brillant de fureur, de l'autre fille. Alors, les secondes s'égrainèrent et s'étirèrent à l'infini pour stopper la course du temps, laissant la colère des deux Kaelems s'exprimer par leur regards qui s'affrontaient dans une bataille sans répit. Et alors que les jeunes femmes semblaient le vouloir et ne pas vraiment le vouloir à la fois, un grain de sable glissa dans le sablier du temps, en entraînant d'autres avec lui, et leurs regards se lâchèrent enfin dans un même mouvement pour mettre fin à la première bataille et engager la seconde par un cri de l'ennemi.

Lya attendait. Un sourire se posa rapidement sur ses lèvres, juste le temps que la fille parcourt en courant la distance qui les séparait. Elle se déplaçait exactement comme un brûleur, vive et ondoyante, à la fois sur ses gardes mais sûre d'elle. L'insulte était plu proche de la réalité que ce que Lya avait pu penser en la lançant. Son sourire s'envola au moment où l'ennemi attaqua.
Et la danse s'engagea.
Une danse dans laquelle Lya tenta d’entraîner son ennemie pour la battre à plate couture en quelques instants. Mais l'autre s'y glissa avec une facilité déconcertante, connaissait les pas aussi bien qu'elle. Une évidence s'imposa alors à l'esprit de Lya. Évidence qu'elle avait déjà pu observer lors des cours de combat sans pouvoir mettre un nom dessus mais qui devint en quelques instants une certitude irréfutable. L'autre était marchombre. Et elles dansaient ensemble une danse qu'elles seules pouvaient connaître. D'abord, ce fut une valse lente, rythmée. Des pas qui se répétaient les uns après les autres dans un ordre que l'on aurait pu définir à l'avance tant ils étaient prévisibles. Les Kaelems se testaient, cherchaient les failles de l'autre sans le montrer vraiment. Puis, presque imperceptiblement, le rythme accéléra, et la valse se transforma en une salsa de plus en plus endiablée. Qui semblait ne jamais devoir s’arrêter. Chacune portait à l'autre des coups d'un implacable précision qui cherchaient à faire mal, à faire tomber pour gagner. Et au dernier moment, le coup était dévié, ou paré, et celle qui menait la danse laissait son costume à l'autre jusqu'à un nouveau faux pas, une nouvelle erreur et les rôles s'inversaient à nouveau sans qu'aucune ne parvienne à prendre l'avantage. Et parfois, dans atmosphère de fureur et de concentration, l'une ou l'autre parvenait à glisser une feinte entre les pas, changeant la danse, trompant le temps de l'autre et l’empêchant de s'adapter à un rythme qui n'était plus assez soutenu. Des gouttelettes de sueur chatouillaient les temps et le nez de Lya qui ne s'en apercevait même pu. La douleur à la base de son crane ne faisait qu'alimenter sa haine pour son adversaire. Dans un enchaînement de pas particulièrement compliqués, la jeune marchombre parvint à envoyer son coude dans la mâchoire de l'autre avant que la situation ne se dégrade d'un coup pour elle. Alors qu'une paume à plat la percuta en plein sur le plexus solaire, lui coupant le souffle, elle envoya sa jambe dans une vaine tentative de défense que l'ennemie évita facilement. Un autre pas, un demi tour pour se donner de l'élan... mais Lya avait oublié le pas qui suivait, bouleversant l'harmonie de leur combat. L'autre en profita, l'envoyant valser au loin d'un coup de pied aux fesses fort douloureux, rompant la cadence et le rythme lorsque Lya tomba et glissa sur quelques mètres Déjà, elle courrait pour se jeter sur elle. Affirmer sa victoire. Dans un élan de desespoir, Lya cria de toute ses forces.


-STOOOP!

La fille s’arrêta nette dans sa course. Lya savait qu'elle devait agir vite. Le temps dont elle disposait avant que l'autre se remette de l'effet de surprise était infime. Elle disposait de trois secondes... Deux... Plus qu'une minuscule seconde pour combler le vide, le silence, d'une idée quelconque qui lui permettrait de gagner du temps. Idée qui jaillit sans qu'elle ai besoin d'y réfléchir, naturellement:

-T'entends pas?

A voir le regard chocolat au lait étonné que la fille posa sur elle, Lya su qu'elle avait presque gagné. Elle se redressa à demi, jeta un coup d'oeil angoissé en direction d'un des couloirs qui partaient du Hall pour s'enfoncer dans l'académie, comme si elle redoutait à tout moment que quelqu'un ou quelque chose en sorte. La jeune marchombre se redressa d'un saut, ses pieds se posant silencieusement sur le sol alors que son adversaire regardait à son tour vers le couloir.

-Tu l'entends vraiment pas? Pourtant, la béquille résonne presque aussi fort que ses pas. Ça peux que être l'intendant. Je sais pas toi, mais moi je m’éternise pas ici. J'ai aucune envie de faire perdre plein de point à not' maison à cause d'un bagarre stupide. T'as gagné si tu veux.

La fille regardait toujours en direction du couloir. Avant qu'elle n'ai le temps de lui répondre ou de se retourner, Lya disparu dans un autre. Un instant, elle décida de se mêler à la foule d'élèves qui déjeunaient encore dans la Grande Salle un peu plus loin, mais elle décida d'abord de se venger. De minuscules graviers parsemaient le sol entre les dalles de marbre. Lya se baissa et entreprit de choisir les plus gros d'entre eux. Elle eut rapidement une poignée pleine de petit caillou. Dans le Hall, la fille la cherchait des yeux, passant d'un couloir à l'autre. Lorsque son regard flotta sur celui où se cachait la Kaelem, Lya recula entre deux colonnes qui grimpaient le long du mur à intervalles réguliers. C'est seulement au moment où la fille se détourna à nouveau que la jeune marchombre lança de toute ses forces sa poignée de caillou sur elle, admirant de loin la pluie qui lui retombait dessus, avant de reculer une nouvelle fois au moment où l'autre se retournait vers son couloir, un masque indéchiffrable sur le visage.


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Dim 25 Mar 2012 - 12:35

Ichel n'attendit pas que la jeune femme ne se relève et fondit sur elle tel le faucon sur sa proie, mais un hurlement strident la stoppa net. Elle resta muette sur ses deux jambes à contempler la fille à terre qui tentait de communiquer. Pourquoi l'avait-elle stoppé bon sang ? La marchombre ne lui donnait que quelques secondes pour lui laisser le bénéfice du doute. Deux... une... Elle parla juste à temps, lançant trois petits mots qui se couraient après. Ichel, d'abord méfiante, ne tenta pas de tendre l'oreille. Puis, son regard se teinta d'une couleur tirant sur l'étonnement. Qu'avait-elle à la fin cette petite imbécile ? Cette dernière se releva à demi afin d'écouter un son qui devait venir d'un des couloirs. Ichel ne put se retenir plus longtemps ; elle regarda à son tour, tentant de perçevoir le bruit inexistant que la jeune fille avait entendu. La kaelem n'entendait rien. Rien mis à part leurs battements de coeurs à toutes les deux. Incroyablement calmes. Elle se surpris à sourire. Jamais elle n'aurait cru qu'un autre élève puisse à ce point atténuer le rythme fou de son coeur. Lors d'un combat, ce dernier s'affolait jusqu'à atteindre la limite du possible et continuait dans sa lancée encore bien après le duel. Mais pas celui des deux kaelems. Ils étaient incroyablement lents. Paisibles. Une voix s'éleva derrière elle, c'était l'autre marchombre. N'écoutant qu'à moitié, elle ne voyait toujours pas se que l'autre avait perçut. Lorsqu'Ichel se retourna enfin, la jeune fille avait disparue. Ses sourcils remontèrent irrésistiblement vers le haut marquant son étonnement. Où était-elle passée ? Rien. Elle n'avait rien senti, rien vu, rien entendu. Tel la légère brise d'été, elle s'était évaporée entre les couloirs de l'Académie. La marchombre fit un tour des couloirs, mais rien. Aucun indice. Tant pis, après tout, elle s'était peut-être un peu emportée. Mais il fallait dire qu'elle avait réellement pas de chance de se faire bousculer trois fois dans la même matinée. Pas de chance, ou les élèves de cette Académie étaient réellement tous aussi aveugles les uns que les autres. Elle réajusta son luth dans son dos et vérifia par la même occasion qu'il n'était pas cassé. Quelle imbécile, pourquoi avait-elle prit son luth ce jour-là précisément !! Elle n'avait pas choisi son jour. Elle décida qu'elle n'avait plus rien à faire là. Se retournant afin de se rendre dans la volière, elle... Une pluie d'une dureté incroyable lui tomba dessus ou plus précisément sur son instrument. Les cordes vibrèrent au son des projectiles. Se retournant d'une fluidité à toute épreuve, elle jeta un regard à terre et découvrit une bonne poignée de cailloux éparpillés à terre. Sans même y réfléchir à deux fois, elle savait qui était derrière tout ça. C'était Elle. Relevant les yeux, elle fixa l'endroit d'où était provenu les projectiles, un regard indéchiffrable. Plusieurs sentiments s'étaient emmêlés en elle. Tout d'abord de l'étonnement, puis un peu moins grande, l'ironie, mais par dessus tout, la colère. Une colère immense qui ne cessait de s'accroitre. Une colère qui pouvait exploser à tout moment.
Elle baissa soudain les yeux et retira son luth aussi rapidement que si elle avait le feu aux fesses. L'observant sous toutes les coutures, elle fut soulagée de constater qu'il n'avait rien. Aucuns dommages, aucunes égratignures, aucunes rayures. Sa rage se décupla en pensant à se qu'elle aurait pu faire avec son stupide gravier. La seule chose qu'Ichel adorait au point d'y tenir plus qu'à sa propre vie était bien son instrument. Un cadeau de son maître, elle appréciait plus que tout le présent qu'il lui avait fait. D'une beauté rare dans tous les sens du terme, l'instrument était bien plus qu'un instrument à ses yeux. Il était la représentation même de sa voie. Sans son luth, elle ne pouvait avancer. Sans son luth, elle était perdue. Sans son luth elle n'était rien. Et cette pauvre imbécile avait osé s'attaquer à lui, sans le vouloir certes, mais elle l'avait fait. Elle aurait pu le trouer avec ses foutus cailloux. Sa rage était à son paroxysme. Si elle la retrouvait, plus rien ne pourrait l'arrêter. S'en prendre à son instrument revenait à s'en prendre à son maître et cela, elle ne pouvait le concevoir. Elle s'en était prit à elle. Se qui avait pourtant débuté comme un affrontement de kaelems impulsifs, allait se transformer en règlement de compte.

Un éclat dans le couloir attira son attention. Elle était là, elle l'épiait sans remords et devait sans doute se réjouir de la fureur de sa victime. Non, elle allait le regretter. Un bruit se fit soudain entendre derrière elle. Quelqu'un arrivait et lorsqu'elle se retourna, elle se retrouva nez à nez avec Gale, un ami du cours des Légendes. Ichel parlait souvent avec lui lors des cours, car il fallait dire qu'elle ne tenait pas du tout en place. Ravalant sa fureur, une idée lui vint soudain.


- Eh, salut Gale !! Tu peux me rendre un service ?

Il la regardait un air étonné dépeint sur son visage. Ce dernier accueillit un sourire amical et provocateur.

- Salut ! Ben... ouais, pourquoi pas, tu m'donnes quoi en échange ?

Un rire tonitruant sortit des lèvres de la jeune femme.

- Ahahah, t'es un petit malin à se que je vois. Je sais pas se que tu gagneras, mais je sais se que tu peux éviter.

- Et c'est quoi ?

Les yeux noisettes de la kaelem se radoucirent pour mieux donner la réponse tant attendue.

- Un gros bleu sur ton arrière train !!

Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'ils n'éclatent de rire en choeur. Lorsqu'ils se calmèrent enfin, le garçon tenta de reprendre la parole, mais Ichel qui était plus que pressée ne l'entendait pas de cette oreille. Le caressant sur la joue, elle lui confia sa mission.

- Bon, tu peux rapporter mon luth dans le dortoir s'il te plait ? Et s'il y a ne serait-ce qu'une seule égratignure, tu vas m'entendre !!

- Toujours aussi agréable à s'que j'vois. Bon, d'accord.

Elle lui tendit son luth avec précaution, priant pour le retrouver dans le même état et après quelques salutations, il se retourna et s'en alla en direction des dortoirs kaelem. Ichel, toujours de dos au couloir d'où était provenu le tir, se réjouissait d'avance de la suite des événements. Sans plus réfléchir, elle écouta aveuglement la colère qu'elle avait dissimulé à Gale. Elle se retourna et couru en direction du couloir. Maintenant qu'elle n'avait plus à se préoccuper de son luth, elle pourrait se venger sans se retenir. Une silhouette bougea soudain dans l'ombre et s'enfuit dans le couloir. Ichel n'avait pas besoin de chercher qui elle était, elle savait. Les deux kaelems se coursèrent durant près de dix minutes à travers toute l'Académie. Dépassant les groupes d'élèves, tournant dans les milliers de couloirs et dévalant les escaliers, elles ne semblaient ne plus pouvoir s'arrêter. Tel deux aigles lancés à pleine vitesse, elles couraient l'une derrière l'autre sans jamais se rattraper. Elles débouchèrent soudain dans la cour de la fontaine et malheureusement pour l'inconnue, un attroupement d'élèves lui barrait la route. Ichel en profita. Elle sauta sur son adversaire et la cloua au sol. Sauf que cette dernière ne l'entendait pas de cette oreille. Les deux jeunes filles roulèrent dans le sable et Ichel pouvait entendre les élèves se pousser pour laisser place aux deux furies. Toujours à terre, elles se débattaient l'une et l'autre afin de ne pas se retrouver dans une situation des plus difficiles. Mais la marchombre ressenti soudain un choc intense. L'autre venait de la plaquer au sol avec une force incroyable. Se débattant le plus possible, elle n'arrivait plus à se défaire de l'emprise de son adversaire. Elle ne pouvait que la contempler depuis le sol. Le visage de l'inconnue se dressait à quelques centimètres du sien. Leurs regards se transpercèrent et Ichel ne put réprimer un hurlement.

- T'aurais pu abîmer mon luth avec tes foutus cailloux !!!!

Lui cracher dessus ? Très tentant, même extrêmement plaisant. Mais elle avait tout de même un peu d'amour propre. Et puis ça risquait de lui retomber dessus. Sa colère montait encore et elle se demandait si elle possédait une limite. Non, peut-être pas, car l'autre l'avait touché à son point sensible. Elle hurla de plus belle.

- Personne ne touche à mon luth sans se prendre une raclée !! Personne ne s'en prend au présent d'un maître à son élève sans me rencontrer au tournant !!!!!... Espèce de goule abrutie, face de trodd !!

L'inconnue pouvait faire se qu'elle voulait, elle pouvait la frapper jusqu'au sang, mais la marchombre ne céderait pas, l'autre n'obtiendrait rien d'elle. Elle avait touché à son luth, à son maître.
Elle lui jeta un regard plus glacé encore que les sommets des frontières de glace.






[ Hehe, édition à volonté bien sûr ^^ ]


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...hanter la tempête et rire de l'archer ??...
Que devient la neige quand elle fond ? Symphonie du printemps.
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Lun 9 Avr 2012 - 23:26

[Voili voilou... Alors, j'suis pas très sûre de ce que j'ai fait, notamment par rapport à tes réaction, ou plutôt par rapport à l'absence de réaction au moment où Lya s'en va, ainsi que le temps avant que tu ne rejoignes le dortoir. Donc, si tu trouves ça illogique par rapport à ton perso, à ce que tu pourrais faire pendant ce laps de temps, n'hésites pas à le dire que j'édite tout ça]

Elle ne l’avait pas vu.
Une étincelle de haine avait traversé le couloir en même temps que son regard, sans pour autant y déceler Lya. Cachée dans l’ombre, aplatie contre le mur derrière lequel étaient nettement perceptible les murmures des conversations qui s’égrainaient dans la Grande Salle, la Kaelem retint un soupir de soulagement, certaine que l’autre l’aurait entendu. Pourtant, elle aurait presque aimé l’affronter à nouveau, et gagner cette fois. Ce pas de danse, elle le connaissait, pourtant. La marchombre l’avait utilisé plusieurs fois, dont la dernière remontait à son Ahn-Ju. Mais pourtant, aujourd’hui, à cet instant précis, elle avait été incapable de l’utiliser, de s’en souvenir, de l’enchainer avec le reste de la chorégraphie pour que la guerre continue. Parfaitement incapable. Lya ne comprenait pas pourquoi. Et cette incompréhension envahissait son esprit alors qu’elle faisait tout son possible pour ne faire aucun bruit.
Et attendre.
Attendre que la fille s’en aille. Qu’elle reporte sa rage sur une autre personne que Lya. Qu’elle décide d’avoir gagné, qu’elle admette que ce soit terminé et qu’elle s’en aille. Parce que la Kaelem avait autre chose à faire qu’attendre le bon vouloir d’une élève enragée, même si l’envie pulsait en elle de lui fondre dessus pour s’engager dans une nouvelle danse. Seulement, le destin semblait s’être ligué contre elle aujourd’hui. Un jeune homme, au son de la voix, fit son interruption sur ce qui avait failli être une scène de crime et l’autre fille ne trouva pas de meilleure idée que d’engager la conversation avec lui. Lya n’hésita pas longtemps avant de sortir sa tête de derrière le pilier qui la cachait de la fureur de l’autre Kaelem. Elle reconnut un élève de sa maison qu’elle avait plusieurs fois croisé au cours de Légendes mais à qui elle n’avait jamais vraiment parlé. Apparemment, il semblait bien s’entendre avec la furie. Le dos contre le mur qui jouxtait avec la Grande Salle et l’épaule contre le pilier qui lui servait de bouclier, Lya laissa les sons de leurs voix et de leurs rires parvenir jusqu’à elle. Pendant un instant, la furie sembla s’être calmée. Mais aux accents pressants de sa voix, aux gestes presque angoissés que Lya devinait sans les voir, il était presque simple de savoir que sa fureur brulait toujours en elle, feu ardent qui crépitait en attente du souffle d’air qui le libèrerait. Au moment où le luth passa d’une main à une autre, la jeune marchombre comprit.
Elle l’avait vu.
Depuis le premier instant, elle l’avait repéré sans rien montrer, attendant simplement de ne plus avoir avec elle le fardeau qui empêchait le feu de s’élever aussi haut qu’il le voudrait. Et désormais, les flammes s’élevaient hautes et rougeoyantes de fureur. Lya n’attendit pas un instant de plus. Elle était découverte. Déjà, des pas de course résonnaient dans le couloir et s’approchaient, rapidement. Très rapidement.

Lya bondit. Prenant appui sur le mur dans son dos pour se donner de l’élan et partir comme une trombe, elle bondit, puis courut. Calquer son allure sur celle de sa poursuivante, et courir toujours. Celle qui aurait le plus d’endurance gagnerait. Et peut-être que la victoire de cette guerre-là serait pour Lya, cette fois. Elle avait l’avantage d’être la poursuivie, d’être devant et de choisir le chemin. Alors, devenue oiseau, poursuivie par le félin, elle courait et se servait de cette avantage-là sans savoir vraiment qui était l’oiseau et qui était le félin. Elle courrait, louvoyait, grimpait, sautait, criait lorsqu’un inconscient lui barrait la route, frôlait, parfois, mais ne touchait jamais personne. Elle ne prenait pas non plus la peine de tourner la tête pour savoir où se trouvait l’autre. Les sons suffisaient à la renseigner, et la rage qui pulsait d’elle se ressentait presque dans son dos tant elle était puissante, lui donnant des ailes. Elles sortirent du bâtiment, Lya refusant d’ouvrir la voie à sa poursuivante et claquant les portes derrière elle pour qu’elle ait à les ouvrir à nouveau. Etre la poursuivie était un avantage. Mais c’était aussi un inconvénient. La Kaelem avait beau faire, c’était elle qui creusait et le chemin était ensuite tout tracé pour la furie, même si elle tentait quand même d’y créer quelques éboulis. Et puis soudain, une énorme pierre se dessina droit devant. Incontournable. Inévitable. Un groupe d’élèves, à côté de la fontaine, compact, qui lui barrait le chemin. Lya hésita, une fraction de seconde, entre se retourner et se mouiller. Une fraction de seconde de trop. Un choc violent la percuta et Lya s’aplatit sur le sol dallé. Le menton en sang et à moitié sonné, elle parvint cependant à entrainer la fille dans son propre mouvement et à l’amener à rouler dans le sable. D’oiseaux, les deux Kaelems se transformèrent en chats, griffant, frappant et mordant l’autre à l’aveuglette, oubliant totalement les pas de la danse. Décidant de laisser vibrer le feu qui ne cessait de croitre depuis leurs premières paroles. Elles étaient seules au monde. C’est seulement lorsque Lya laissa une once de calme couvrir son feu que les pas de la danse revinrent à son esprit.
Trois mouvements.
Je t’agrippe.
Je t’entraine dans ton propre pas de danse.
Je gagne.

Et maintenant, on se regarde. On observe attentivement le feu qui se devine dans nos yeux si différents mais si semblables à cet instant. Et puis tu ouvres la bouche pour me proférer quelques mots que je ne comprends d’abord pas. Haletantes, on s’observe toujours sans ciller, sans autres mouvements que celui de notre poitrine qui se soulève rapidement, de notre cœur qui bat à mille à l’heure et de ta bouche qui forme des mots silencieux. Le voile se lève et j’entends et je vois. J’entends tes mots qui me surprennent, parce que je n’avais compris et que je ne savais pas qu’une furie pouvait tenir à quelque chose. Je vois le cercle d’élèves autour de nous, presque silencieux, parfaitement immobile. Et puis le reste, je ne le vois pas. Toi non plus, tu ne le vois pas, puisqu’aucune de nous n’a compris. Compris que la prochaine fois, au lieu de crier, de s’énerver, de s’insulter et de se battre sans parler, on s’expliquera. Et maintenant, abandonne ce regard si froid ou je ne te lâche pas.

- Arrêtes !

Un cri. Un feulement rauque et essoufflé. Mais arrêter quoi ? Lya elle-même l’ignorait. Arrêtes de me regarder comme ça ? Arrêtes de me poursuivre, de me frapper, de me crier dessus te toute ta voix ? Dans ce cas, arrêtes d’être toi. Parce qu’en un sens, je te comprends et je comprends ce que tu ressens. Si tu avais osé t’en prendre à mon poignard comme je m’en suis pris à ton instrument, j’aurais surement réagis exactement comme toi, tu vois. Mais pour le moment, ton regard si froid m’emplis de haine et nourris le feu qui est en moi, ainsi que celui qui est en toi.
C’en est presque bête.
Pourtant, on est à égalité. Un à un. Peut-être qu’on devrait arrêter là, tu ne crois pas ?

-Tu sais quoi ? La prochaine fois qu’on se croise, tu ferais mieux de ne pas l’avoir avec toi, ton stupide luth. Parce que les goules abruties, c’est l’un de leur repas préféré.

Elle relâcha sa prise et bondit en arrière, évitant un coup qui arrivait à toute vitesse vers sa pommette, sans quitter un instant le regard de la furie. Une distance respectable les séparait, maintenant que l’autre s’était relevée. Une bulle de tension englobait cet endroit du monde. Quelques murmures et mouvements agitèrent la foule d’élève à la droite de la Kaelem. Elle n’en était pas certaine, mais c’était probablement un professeur, attiré par l’attroupement et les cris. Lya ne voulait pas d’ennuis. Elle lança un dernier regard à la fille :

-J’te jure que j’le bouffe.

Un dernier murmure avant de s’éclipser entre les élèves en jouant des coudes pour pousser ceux qui refusaient de s’écarter. Lya n’avait plus qu’une envie. Faire un tour à la salle d’eau pour prendre un bain brulant et nettoyer tout ce sang. Elle passa une main à la base de son crâne et senti ses cheveux poisseux. Une douleur sourde apparu en même temps que ce geste, comme si la bataille l’avait empêché de la ressentir jusque-là et que désormais, le calme lui laissait la place de s’exprimer. La jeune marchombre poussa la porte de son dortoir et s’approcha de son étagère pour prendre un nouvel uniforme. Elle en trouva un presque plié dans le fatras de ses tiroirs. Au moment où elle quittait la pièce, son regard se posa sur un objet connu, déjà vu un peu plus tôt dans la matinée. Le luth. Evidemment, le jeune homme l’avait replacé là où il se trouvait d’habitude. Une idée poussa rapidement dans l’esprit de Lya, un peu tordu en cet instant, probablement déformé par la colère. Elle fit demi-tour, saisit l’instrument et la camoufla tant bien que mal entre les plis de ses vêtements, sans parvenir pourtant à le cacher totalement. Elle traversa ainsi le couloir jusqu’à la salle d’eau et posa le luth en haut d’une étagère, sous une pile de serviette parfaitement pliées. Puis la jeune femme profita de l’eau chaude, savonnant avec douceur ses blessures, grimaçant lorsque le savon brula celles à la base de son crâne et sous son menton. Lya replongea ensuite dans l’eau avant de sortir, de se rhabiller et se quitter la pièce en jetant un regard vers la pile de serviettes. Il ne lui restait plus qu’à retourner au dortoir mettre son bandeau et récupérer son poignard. Et la Furie était là.


-Une goule est passée par là, je crois.



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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Mar 10 Avr 2012 - 20:23

Ichel observait avec rage la maladroite toujours sur elle. Leurs pensées allaient presque aussi vite que leur coeur voir bien plus, mais quelque chose était en train de se passer. Quelque chose que les deux kaelems ne comprenaient pas encore. Elles ne savaient pas qu'elles n'étaient pas si différentes après tout. Elles étaient pareilles.
Un mot, seul, puissant. La marchombre eut un hoquet de stupeur. Pourquoi devait-elle arrêter ? Et surtout que devait-elle arrêter ? Elle ne comprenait pas un traître mot de se que l'autre fille voulait lui faire comprendre. Des mots invisibles traversaient les lèvres de la jeune femme sans que ceux ci ne parviennent jusqu'aux oreilles d'Ichel. Jamais elle ne s'était sentie aussi impuissante. Elle avait beau toujours l'observer, elle ne comprenait pas. Pourtant, elle ne faisait rien, elle ne faisait que la regarder avec fureur, rage et colère. Ses pensées se stoppèrent soudain. Une phrase venait de frapper son esprit avec une telle violence qu'elle cru défaillir.
« La violence et la rage ne te mèneront nulle part ma petite puce, elles ne te servent à rien d'autre qu'à te brouiller l'esprit. Elles sont tes ennemies les plus redoutables. Combat-les, vainc-les. »
Un visage accompagnait ces mots. Un sourire aimé. Une mère. Soudain, un éclair parcouru tout son corps. Deux vérités venaient de se frayer un passage jusqu'à elle. Son regard venait de changer et elle n'avait pas entendu les dernières paroles de la jeune femme qui venait à l'instant de lâcher prise. Cette dernière debout et elle toujours à terre. Elle l'observait avec un tout autre regard. Ichel tenta de la retenir sans grand succès. Elle se releva à son tour. Un dernier regard et des murmures se firent entendre dans leur monde à part. Puis bien vite des mouvements qui annonçaient rarement un bon dénouement de la situation. Dernière phrase, l'inconnue s'en alla. Ses mots auraient pourtant dû la mettre hors d'elle, elle aurait dû la poursuivre dans tous les couloirs pour lui faire regretter ses paroles, mais rien. Ichel ne bougea pas. Elle resta là, toujours aussi impuissante qu'à terre. Depuis que cette phrase lui était revenue à l'esprit, plus rien ne comptait que cela.

Ichel sortie bien vite de ses souvenirs lorsqu'elle entrevit les chaussures de l'Intendant. Il valait mieux pour elle qu'il ne la voit pas, parce qu'il fallait être aveugle et sourd pour ne pas voir qui était la cause de cet attroupement. Dès que l'on posait les yeux sur elle, on pouvait voir des bleus apparaissant, ses habits débraillés et son visage rouge de fatigue et de la rage passante. Elle s'éclipsa donc avant que l'Intendant n'arrive au centre du groupe. La marchombre aurait tout fait pour voir la tête de Sir Hil'Jildwin lorsqu'il aurait vu le centre vide de monde. Il allait réprimander les autres élèves et retourner à sa paperasserie. La kaelem quand à elle, venait de se réfugier dans un arbre à l'abri de tout danger émotionnel. Elle avait eu son compte pour cette matinée. Elle savait toutefois qu'elle risquait de croiser cette fille dans les dortoirs. Au moins ça risquait de faire rire les autres. Mais quelque chose occupait toujours l'esprit de l'apprentie.
Deux vérités s'étaient frayées un chemin vers son esprit.
Plus dures que se que l'on pouvait croire.
La première. Sa mère. Ichel l'avait oublié. Depuis combien de temps n'avait-elle pas pensé à eux ? Depuis combien de temps avait-elle oublié le but qu'elle avait lorsqu'elle était entrée dans cette Académie ? La kaelem en avait presque mal au coeur tant elle les avait éloigné d'elle. Des larmes coulèrent. L'image de ses parents riant à ses exploits d'acrobate et de son frère essayant de faire la même chose sans y parvenir jusqu'au moment où elle apparaissait à ses côtés afin de l'aider du mieux qu'elle pouvait. Des rires. Des sourires. Un monde parfait et pourtant détruit en une seule nuit. Les larmes ne s'arrêtaient plus. Tel deux ruisseaux, elles inondaient les yeux noisettes de la jeune fille.
La deuxième. L'inconnue. Ichel venait de se souvenir de son prénom. Un prénom qu'elle avait chéri durant des années, depuis sa naissance. Un prénom qu'elle avait associé à l'amour et à un seul visage.
Lya.
L'autre maladroite avait le même prénom que sa mère.
Lya.
Ichel n'arrivait pas à croire qu'un simple mot pouvait créer un tel flot de larme. Un simple souvenir déclenché par un simple mot. Arrêtes. Un mot ridicule et prononcé par Elle. La kaelem essuya du revers de sa manche le torrent ruisselant sur son visage. Bien que cela soit inutile, elle réitérait le geste à plusieurs reprises.
Un prénom. Deux visages si différents. Une ressemblance si troublante et pourtant les gestes présents anéantissant tout se qu'elle avait pu ressentir en la voyant. Sa mère si protectrice, aimante et possédant une harmonie hors du commun. Si paisible. Indestructible. Et l'autre Lya. L'insupportable maladroite qui avait bien failli détruire le seul objet auquel elle tenait comme à la prunelle de ses yeux. L'autre kaelem si indifférente et détestable. Instable.
Comment pouvaient-elles posséder le même prénom ? Ichel n'en revenait pas. D'un certain côté, elle ne connaissait pas réellement l'autre kaelem. Elles s'étaient peut-être croisées quelques fois dans les dortoirs et parfois dans les cours, mais elles ne s'étaient jamais adressées la parole. Peut-être qu'après tout elle n'était pas si idiote ? Non. Ichel ne la supportait pas à cause de son manque de jugeote. Elle aurait pu détruire son luth. Enfin... détruire était un bien grand mot... La jeune femme n'était pas censée être au courant que ce luth était précieux aux yeux d'Ichel, même si c'était plus qu'idiot de balancer des cailloux sur un instrument. Et puis... Peut-être n'était-ce pas sa faute après tout, ce n'était pas elle qui avait commencé. C'était Ichel. C'était elle l'imbécile après tout, comment avait-elle pu agresser cette fille alors qu'elle ne lui avait rien fait. Le simple coup d'épaule était allé bien trop loin. La marchombre commençait à s'en rendre compte. Leur bagarre était totalement ridicule. Elles étaient toutes les deux aussi bêtes que des goules en rûte.
La rage leur avait brouillé l'esprit à cause de quelques cris et insultes. Elles en avaient oublié l'harmonie. Le point essentiel de leur enseignement.
Les larmes de la marchombre avaient cessé depuis quelques minutes et essuyant les dernières, elle descendit de son perchoir. Il fallait qu'elle aille s'excuser. Après tout elle avait lancé les premiers cailloux. Paisible, elle s'était calmée et avait retrouvé son sourire habituel. Enfin, une partie de ce sourire. Elle pensait trop à ces deux personnes, à ce nom unique.

Elle courut en direction des dortoirs afin de se changer. Elle puait déjà la transpiration alors que la journée avait à peine débuté. Et elle voulait accessoirement vérifier si Gale avait bien fait son boulot. Elle arriva enfin en vue de la porte du dortoir des kaelems. Pourvu que l'autre Lya soit dans les chambre. Si la marchombre n'avait pas la chance de croiser la fille là-dedans, elle devrait la chercher dans toute l'Académie et ça aurait pour effet qu'elle s'énerve à nouveau. Et de ce fait, elle n'aurait jamais la force de s'excuser même si son calme était devenu aussi indestructible qu'à l'habituel. Il fallait dire qu'en ce moment elle était fragile émotionnellement. Elle avait envie d'arrêter de penser à trop de choses et surtout de gens à la fois, mais elle ne le pouvait pas. Et elle ne pensait pas à l'Intendant ou au petit chien de l'Académie, non, bien sûr que non, elle pensait à toutes les personnes qu'elle avait perdu. A toutes les personnes qu'elle aurait pu perdre. Que la vie était mal faite. Quoi que l'on fasse, nous pensons toujours au pire. Aux souvenirs les plus douloureux.

Ichel frotta ses yeux rouge de larmes avant de pousser la porte du dortoir. Se dirigeant vers son lit, elle eut un hoquet de stupeur. Son luth... Où était son luth !! Elle jeta un coup d'oeil dans toute la pièce espérant que Gale se soit trompé de lit, mais rien. Rien que de stupides malles. Pas de luth. La fourre sur son lit était vide. Il n'avait même pas eu la bonne idée de le reposer à l'intérieur. Son coeur commença à battre la chamade. Que dira Arro lorsqu'elle lui apprendra la nouvelle ? Lorsqu'elle lui dira qu'elle l'avait confier à un imbécile qui avait eu la chance de perdre son instrument ? La colère de la marchombre repointa son nez. Le teint de son visage s'accorda avec celui de ses yeux. Elle se calma pourtant lorsqu'elle se souvint de la phrase. « La violence et la rage ne te mèneront nulle part... Combat-les, vainc-les. »
Respirant tout l'air qu'elle pu, elle souffla un bon coup et son coeur se calma en écho à son esprit. Ce n'était pas la colère qui allait faire réapparaître son instrument.
Elle commença à réfléchir où pouvait bien se trouver cet imbécile de Gale lorsque la porte s'ouvrit dans son dos. Se retournant d'un geste vif, elle se retrouva nez à nez avec la fille. Elle ressemblait un peu à sa mère. Troublante confusion. Une phrase, un mot voulant tout dire. C'était elle, elle qui lui avait dérobé son luth. La colère qu'elle avait battu quelques secondes plus tôt voulu ressortir. En vain. Ichel était plus forte. Plus maligne.


- Moi qui te cherchais pour m'excuser de mon attitude plus qu'idiote, je crois que je garderais mes phrases pour moi. J'vais commencer à croire que t'es vraiment idiote.

Les deux marchombres s'observèrent, toutes deux surprises par le comportement de l'autre. Ichel n'aurait jamais cru qu'elle aurait pu faire une chose pareille. Elles venaient de se battre pour cette raison et voilà qu'elle recommençait. Peut-être qu'après tout elle était réellement idiote.

- Bon, maintenant arrête de faire l'imbécile et rend le moi.

Un calme incroyable l'avait envahi. Un calme indestructible.


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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Dim 6 Mai 2012 - 22:27

Le temps d’un regard, et Lya avait compris. La Furie avait changé. Ce n’était plus tout à fait une furie, voir plus du tout. C’était une fille. Juste une fille, calme et désemparée à la fois, qui cherchait d’un regard inquiet un objet auquel elle tenait comme à sa vie. Et déjà, Lya regrettait son geste, bien qu’elle refusait de se l’admettre. Déjà, elle se disait que peut-être, elle aurait pu arrêter la première. Que cela aurait était faire preuve d’un minimum de maturité. Mais elle en avait été incapable. Il y avait cette sorte de fierté qui prenait sans cesse le dessus, cette envie de montrer qui elle était, comment elle était, ce qu’elle savait faire et ce qu’il ne fallait pas faire avec elle. Quant aux quelques mots qui se glissèrent entre les dents de la fille, ils entourèrent Lya d’une vague d’amertume qui s’empara facilement d’elle, choisissant le bon moment. Ce moment où le doute laisse la place au regret, et apaise un peu le feu qui brule dans tous corps. Lya n’était pas calme, non. Le feu n’était pas éteins, c’était certain. Mais elle écoutait l’autre, comme elle avait un jour écouté Halina, et la comprit un peu mieux.

-T’as arrêté.

Simple constatation. Toujours sans savoir vraiment ce qui avait été arrêté.

-P’t’etre que je ferais mieux d’arrêter aussi.

Et il y eu à nouveau cet échange de regards. Marin et noisette. Je te regarde et tu me regardes, encore et encore. Combien de fois nous sommes-nous observées ainsi en silence, comme deux chiens de faïence, sans pour autant voir l’autre telle qu’elle est vraiment. Je crois que je te vois un peu plus, désormais. Mais je refuse d’en savoir plus sur toi. Pas encore. On n’est pas réconcilié tu sais. Alors je tourne la tête et je m’approche de la fenêtre, pour faire semblant. Mais comme t’as arrêté, j’arrête quand même.

-Dans la salle d’eau de l’étage, sur une étagère, sous un tas de serviette.

Le regard posé sur les jardins de l’académie, Lya suivi attentivement les pas qui s’éloignaient et la porte qui claqua. Elle n’était pas fière de ce qu’elle avait fait, pour une fois. Enfin, non, ce n’était pas la première fois. C’était plutôt à chaque fois qu’elle s’énervait trop vite, qu’elle était sur la défensive, qu’elle pensait bien faire mais agissait stupidement. Et la jeune femme en avait beaucoup, des exemples comme ça. L’un des premiers avait été lorsqu’elle avait quitté ses parents à quinze ans, parce qu’elle venait d’apprendre qu’ils n’étaient pas vraiment ces parents. Mais cela changeait-il quelque chose au fait qu’ils s’étaient occupés d’elle pendait presque quatorze ans ? Non, absolument rien, mais elle était partie quand même. D’un autre côté, c’était grâce à cette fuite qu’elle avait appris l’indépendance et qu’elle avait acquis les capacités qui lui avait permis de devenir apprentie marchombre. Mais il y avait aussi la fois où elle avait pris Maître Duncan pour un Mercenaire du Chaos.
Aucune excuse.
Et celle où elle avait littéralement jeté l’Intendant du haut des toits de l’académie.
Aucune excuse.
Et puis aujourd’hui. Toujours aucune excuse. Et c’était pour cela, qu’elle ne voulait pas toujours pas s’approcher du Rentaï. Parce qu’elle savait que la Greffe, cette chose totalement inconnue, ne lui serait pas accordé à cause de cela. De cette capacité à s’énerver si facilement, si simplement, toujours pour une question de fierté. Et c’était cette fierté qui, à ce moment précis, l’obligeait à rester dans la pièce pour affronter la fille lorsqu’elle reviendrait, au lieu de s’éclipser pour la retrouver un autre jour, dans un autre lieu où il y aurait surement du monde pour calmer leur fureur respective. Respective, oui, parce que la fille était un peu comme Lya. Pas si différente en tout cas. Elles s’énervaient exactement pareil. Et la voilà qui, justement, revenait déjà. La Kaelem se détourna des jardins où des élèves vadrouillaient par petits groupe, inconscient du drame qui venait de se jouer et qui peut-être allait continuer dans le dortoir des Kaelems.


-T’as trouvé ? Tu vois, j’suis p’t’être pas une goule pour finir.

Un sourire, presque joyeux, se dessina sur les lèvres des Lya. Il disparut aussi vite qu’il était apparu, remplacé par la crainte de la réaction de l’autre fille. Parce qu’elle était douée, quand même, ça il fallait bien l’admettre. Que ce soit pour balancer des pierres ou pour donner des coups. Pourtant, Lya ne put s’empêcher de la provoquer à nouveau, presque gentillement :

-En tout cas, toi, c’est sûr que t’es une Furie. Nan mais attends, franchement… faut le faire, pour s’énerver comme tu l’as fait pour un simple coup d’épaule. J’crois que même moi, j’aurais jamais réagis comme ça… Enfin…

Ca restait à prouver.
En tout cas, petit Rentaï, tu n’es pas encore à moi.



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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Sam 19 Mai 2012 - 14:25

Ichel luttait pour ne pas se jeter sur l'inconsciente qui se tenait devant elle et qui continuait à garder le secret de la cachette de son précieux instrument. Son calme reprenait sans cesse le dessus, mais pour combien de temps... Ichel et l'inconnue se ressemblaient pour cela. Leur rage sortait plus vite que leur cerveau ne pensait. Mais le visage de l'inconsciente avait changé. Elle réfléchissait. Tiens, était-ce seulement possible ? Elle savait le faire, elle savait se servir des neurones qui se cachaient derrières ces mèches folles ? Intéressant... La phrase qu'elle sortit fit froncer les sourcils d'Ichel. Oui, elle avait arrêté, car elle savait son luth en danger. Une furie peut-être, mais pas une suicidaire non plus. Elle tenait à son instrument et cela aurait été digne d'une folle de hurler une fois de plus sur la ravisseuse de son précieux objet. Oui, elle avait arrêté, mais la colère bouillonnait encore en elle. Une colère qui n'allait pas en s'atténuant tant que l'autre - la marchombre n'arrivait pas à l'appeler Lya, les deux visages connus bien trop différents et les personnalités aussi - ne lui aurait pas rendu son luth. Le calme en surface, telle l'eau qui dort. A l'intérieur, tout brûle d'un feu intense tant que personne n'amène l'eau qui apaise.
Tiens, elle réfléchissait de mieux en mieux ! Oui il fallait qu'elle arrête avant qu'elle ne provoque encore la haine. Il fallait qu'elle arrête... La marchombre voulait à tout prix qu'elle arrête. Au fond, elle ne la connaissait pas et elles se battaient sans réellement savoir pourquoi, sans savoir réellement comment cela avait commencer. Un coup d'épaule ? Peut-être pas après tout. Peut-être que c'était bien plus que cela. Peut-être que chacune avait sa raison, aussi différente soit-elle. Une raison antérieure à leur choque. Une raison qui dépassait les limites de leurs jeux de regards.
Malgré les apparences, Ichel était curieuse. Curieuse de savoir qui elle était. Curieuse de savoir pourquoi elle était aussi impulsive. Ichel savait pourquoi, elle, elle l'était. Mais l'autre... Mais cette curiosité peinait à sortir au grand jour. Elle peinait à se faire entendre, la haine encore bien trop présente dans les esprits.
L'autre s'approcha de la fenêtre. Une phrase. Un lieu.
Dès qu'Ichel entendit les quelques indications données, elle s'élança dans les escaliers sans auparavant avoir claqué la porte en utilisant toute la force qu'elle put. Elle courut le plus vite possible et arriva à une vitesse fulgurante devant les portes de la salle d'eau des kaelems. Heureusement pour elle, elle ne se trouvaient pas loin des dortoirs. Elle entra en trombe dans la salle d'eau. Les portes claquèrent en se refermant brusquement derrière son dos. Elle déboucha dans les vestiaires où quelques élèves se changeaient et ceux-ci levèrent leur mains devant leur corps dénudé dès que la fille avait fait ses premiers pas sur les froides pierres du sol. Sauf qu'Ichel ne leur accorda aucun regard. Ils n'avaient aucun intérêt pour elle. Les deux innocentes qui prenaient alors leur douche n'y comprenaient rien. Pourquoi une telle précipitation ?
La marchombre se rua vers le premier tas de serviette qu'elle trouva et enleva la première couche aussi délicatement que s'il y avait eu un enfant en dessous. Sauf qu'il n'y avait rien. Sa respiration commença à s'accélérer. De calme, elle devint intense. Laissant la colère l'animer une nouvelle fois, elle empoigna les dernières serviettes qui trônaient sur l'étagère et les envoya au loin avec rage. Elle courut vers une autre pile. Rien non plus. Elle courait dans la salle, de serviettes en serviettes, mais ne trouvait pas son luth. Elle lui avait peut-être menti. Oui, elle lui avait donné une fausse indication ! L'imbécile, pourquoi faisait-elle cela ? Ichel continuait sa course entre les bancs et les étagères. Les deux jeunes filles qui étaient là simplement pour prendre une douche ne savaient plus où se mettre afin d'éviter la furie. Des serviettes recouvraient à présent presque toute la salle et la kaelem s'étonna presque qu'il y en ait autant. Presque, car bien trop préoccupée par la disparition de son instrument. Elle... Ichel se calma en une millième de seconde. Un mot lui revint en mémoire. Un mot qui changeait toute la donne. Un mot qu'elle aurait dû écouter plus attentivement avant de se jeter dans les escaliers comme elle l'avait fait.
* SUR une étagère... *
La kaelem failli hurler de rage contre elle-même, car elle n'avait que chercher dans les tas de linge qui se trouvaient au sol ou dans les étagères. Pas sur. Elle n'avait pas réfléchit avant de faire éclater sa haine. Elle avait tout oublier, jusqu'au plus simple enseignement que lui avait procuré son maître. Que dirait-il s'il la voyait ainsi ? Elle ne préférait pas savoir. Mais à présent, tout se qu'elle désirait, était de retrouver son précieux objet. Rien d'autre. Elle se fichait éperdument de savoir comment on la jugeait, elle en avait rien à faire que les deux fillettes qu'elle avait dérangé allaient sans aucun doute colporter cet incident dans toute l'Académie. Elle voulait simplement caresser les cordes de son instrument volé. Ses pensées s'égarèrent un instant et s'échappèrent sur son bien le plus précieux. Eh oui, c'était possible, elle avait quelque chose d'encore plus important à ses yeux que le luth dont son maître lui avait fait cadeau. C'était en tout point presque le même objet, mais l'intensité du sentiment éprouvé n'était pas le même.
Un luth offert par un maître.
Un luth offert par une mère...
Une mère oubliée par inconscience. Ichel commençait à oublier le peu de souvenirs qu'elle possédait de ses parents et cela, elle ne le voulait pas. Pourtant, dans son fort intérieur, elle faisait tout pour ne pas y penser. Pour ne pas se confronter au jour fatidique...
Et si l'autre kaelem lui avait prit ce luth-ci ? Ichel n'aurait jamais pu se contrôler. Elle lui aurait sauté à la gorge, l'aurait frapper jusqu'à plus pouvoir. Elle en aurait eu plus rien à faire qu'elle aussi reçoive des coups, au contraire, elle aurait voulu en avoir pour se punir de sa stupidité d'avoir laissé son instrument seul. Si l'autre brune lui avait prit le luth de sa mère, elle n'aurait pas su s'arrêter et qui sait se qu'il serait advenu d'elles deux.
La marchombre n'avait pas toucher à l'instrument caché sous son lit depuis son arrivée à l'Académie. Elle n'y arrivait plus, les souvenirs s'y rattachant étant bien trop douloureux.

Des bruits de pas réveillèrent la jeune femme. Des pas lourds et surtout, des pas de femme. Ce n'était pas une élève qui approchait dans les couloirs, ça, elle pouvait en être certaine. Ces pas, elle les reconnaissait à des milles à la ronde. Ces pas faisaient parti de ceux qu'aucun élève ne voulait entendre. Des pas de primat. Un élève alerté par le bruit avait sans nul doute appelé la primat des Kaelems. Quel imbécile celui-là, n'aurait-il pas pu se préoccuper de ses propres racines de niams ? Ichel regarda autour d'elle, et voyant les serviettes étalées sur le sol, elle se dit qu'il valait mieux pour elle que Dame Ril'Otrin ne la trouve pas là. Depuis quelques temps, la femme n'était pas dans son tempérament habituel. Elle avait changé, quelque chose en elle s'était transformé. Elle n'était plus la même qu'auparavant. De douce et adorable, elle était devenue froide et sévère. Plus rien ne la retenait, elle faisait se que bon lui semblait, mais surtout, elle semblait toujours absente, comme très loin de leur monde. Elle semblait être seule au monde et une souffrance incroyable se peignait sur son visage. Il s'était passé quelque chose, tous les élèves le sentaient. Ou en tout cas les plus malins. Ichel le voyait dans ses yeux, dans ses gestes. Et puis il était difficile de ne pas le voir à son physique. Elle était devenue plus maigre que n'importe qui. Personne ne se laisse aller ainsi sauf celui qui a vécu le pire de ses cauchemars et qui tremble à l'idée simple d'y penser.
Les bruits de pas s'intensifièrent. Ichel pouvait déjà entendre la poignée tourner. Sauf qu'elle ne comptait pas se laisser faire ainsi. Elle espérait seulement que les deux filles n'allaient pas parler. Il fallait bien s'entraider après tout entre élèves. Même si ce n'était pas le fort de la maison kaelem. La marchombre se rua donc vers la plus haute étagère, enleva délicatement les serviettes, et par un bonheur non dissimulé, récupéra son instrument qui se trouvait en dessous. Il n'était pas temps aux retrouvailles, la Dame était presque à la porte. Vite, il lui fallait une idée, une très bonne idée. Soudain, elle vit la porte de la salle d'eau et entendit dans le même temps une main se poser tranquillement sur la poignée de la porte qui ne tarda pas à s'ouvrir.
Lorsque la femme entra dans la salle, deux jeunes filles dénudées la regardaient. Rien. La primat aurait cru trouver un de ses élèves perturbateurs, elle pensait à certains d'entre eux en particulier, mais ne trouvait que ceux qui ne faisaient jamais de vent. Chose étonnante pour des kaelems. Un kaelem sans problème s'appelle un aequor. Eh bien oui, même les primats avaient des préjugés sur les autres maisons. Les adultes ne sont pas forcément plus intelligents que les plus jeunes. Ils pensaient pareil.

La marchombre avait posé son luth dans un coin, en sureté. Quand à elle, avant de disparaître, elle avait emporté toutes les serviettes avec elle, avec peine certes, mais toute sans en laisser aucune derrière son passage. Mais à présent, elle était coincée. La primat bouchait la seule sortie et si elle avait la bonne idée de venir voir dans la salle d'eau, elle était perdue. Elle entendit la voix de la femme résonner dans la salle d'à côté. Elle voulait savoir qu'est-ce qui s'était passé pour qu'on vienne la déranger au beau milieu de son travail. Une deuxième voix vint soudain s'ajouter à celle de la primat. Un troisième élève. La fille défini la voix comme étant celle d'un kaelem. Celui-là elle allait le retrouver !! Il s'époumonait à essayer de convaincre la Dame qu'il avait entendu un brouhaha phénoménal dans la salle d'eau, mais vu qu'il n'était pas une fille, il n'avait osé entrer. Les deux filles qui étaient déjà là certifièrent qu'il ne s'était rien passé et un sourire apparut sur les lèvres d'Ichel. Enfin un peu de soutiens ! La primat devait sans doute regarder le pauvre imbécile d'un regard noir, car il se tut instantanément. Les pas s'éloignèrent. La porte se ferma.
Un regard dans la salle, personne à part ses deux sauveuses. Ichel sortit de sa cachette et se dirigea, en laissant en plan les serviettes, vers les deux filles.


- Euh... merci... Désolé pour le dérangement, je ne voulais pas être aussi impulsive, mais il y avait urgence.

Sans autres phrases, elle prit son luth et disparue dans l’entrebâillement de la porte qu'elle referma avec précaution. Personne à l'horizon. La primat était partie tout comme le cafteur. Elle n'oublierait pas sa voix et lui ferait une petite blague pour se venger. S'il n'y a même plus d'entraide entre kaelems, qu'adviendra-t-il avec les autres maisons ? Bon, je me répète, mais ce n'était certes pas le point fort de la maison rouge. Mais bon... On n'espère jamais assez.
En parlant d'espérance, Ichel aurait préféré ne pas se confronter au dos de l'inconsciente lorsqu'elle rentrerait dans le dortoir, mais voilà, elle y était et semblait ne plus vouloir partir. L'autre kaelem se retourna bien vite et se confronta au regard noisette qui la fusillait. Elle parla. Peut-être pas une goule ? Elle se rendait compte que mettre du bois dans un endroit humide était les gestes d'un être stupide ? Non mais sérieusement, il fallait être totalement irresponsable. Bon, le bois allait pas pourrir en quelques minutes, mais si une des filles avait tiré sur les linges et avait fait tombé l'instrument ? Qui plus est dans l'eau ?
Stupide vengeance. Stupide orgueil.
Ichel avait toujours son luth dans ses mains. Cette fois, elle ne comptait pas le lâcher et le laisser à la folie de l'autre fille. Cette dernière étira un sourire, mais l’effaça bien vite avant de recommencer à parler. Attend, elle était en train de la provoquer là ? La traiter de furie n'était pas la bonne méthode pour arrêter cette stupide scène.
Ichel ne s'énerva pas en face de cette insulte qu'elle ne trouvait après tout pas si humiliante que cela et aussi... elle était presque d'accord avec se qu'elle venait de lui dire. Elle avait réellement eu l'attitude d'une goule.
Un calme était en train de prendre place et la marchombre en profita pour aller vers son lit et déposa délicatement son luth dans sa fourre en prenant soin de le mettre en lieu sûr, sous son lit. Avec l'autre instrument. Elle se releva et fit face à la fille.


- Je te l'accorde, je suis une goule, mais ce n'est pas moi qui me provoque moi-même. Il faut être deux pour ça. Et puis... t'es pas mal aussi dans ton genre faut dire... les goules se battent entre goules...

C'était vrai, il fallait le faire pour voir la folie dans les yeux de l'autre et de tout faire pour l'alimenter. Ichel avait peut-être commencer, mais l'autre aurait pu ne pas lui lancer les cailloux dans le dos et tout se serait fini ainsi. Il n'y aurait pas eu de poursuite, pas eu l'affrontement dans la cour de la fontaine, pas eu l'incident du luth. Sourire mesquin. Provocation.

- Et pis d'ailleurs, pourquoi tu restes encore là ? T'en as pas assez qu'on se tape dessus pour un rien... que je te batte à chaque fois ?

"En plus de ça on est censés être dans le même camp.
Kaelems. Marchombres."




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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Mar 10 Juil 2012 - 23:46

[Bon, je termine, histoire que ça concorde avec la froideur qu'elles continuent d'avoir l'une envers l'autre. Si tu veux poster à la suite, libre à toi ]

Les commissures de ses lèvres remontèrent en un sourire subtil, presque masqué. Inavoué, mais dévoilant néanmoins par ce simple geste que l'ironie des mots de l'autre la touchait plus qu'elle ne voulait bien l'admettre. Et puis c'était aussi une manière comme une autre de dissimuler sous ce sourire naissant la soudaine prise de conscience de Lya.
Les goules se battent entre goules.
Il fallait être deux. Ou plus. Mais au moins deux.
Elles avaient donc tort toutes les deux. Ensemble, sans pour autant l'admettre ou l'avoir admis une seule fois. Et sans s'en rendre compte, les deux adversaires avaient chacune tirées sur un bord de la blessure, aggravant la brèche déjà ouverte plutôt plutôt que de tenter de la refermer avant qu'il ne soit trop tard. Leurs multiples points communs les avaient poussés vers deux extrémités qui semblaient impossible à relier. Leur spontanéité à réagir sans réfléchir, d'abord. Elles s'étaient cognées, l'une à l'autre, et s'étaient cognées encore par ce qui pouvait presque être considéré comme un simple réflexe. Elles vivaient dans leur bulle de vie, à laquelle les autres s'adaptaient généralement, y prenant la place ou la forme qu'elles voulaient bien leur laisser, sans s'en même s'en rendre compte. Mais deux bulles dures qui se rencontrent font du bruit, se heurtent et se brutalisent, pour tenter de s'adapter sans y parvenir, ne provoquant que des éclats de verres qui se brisaient encore et encore, laissant couler le sang.
Leur fierté aussi. D'un niveau égal, ce soupçon de condescendance, voir d'arrogance qui faisait parti de chacune d'elle les empêchait de faire marche arrière, quoi qu'il arrive. Alors elles continuaient vers l'avant, marchant sur le mauvais chemin, leur raison leur criant de faire demi-tour tant qu'il en était encore temps, mais leur orgueil masquant ce cri à grand coup de "Marche, Continue, Avance, Ne t’arrêtes pas", ces mots bourdonnant en boucle dans leur esprit obéissant à sa propre loi.
Académiciennes, Kaelems et Marchombres, bien sur.
Même école, même maison, même guilde. Liées par ces trois points qui avaient permis leurs rencontres. Les précédentes, multiples, qui n'avaient pourtant été que de simples regards qui se croisent accompagnés d'un sourire poli, par formalité. Et celle d'aujourd'hui, fracassante. Et comme deux aimants qui se ressemblent en tous points, une force les séparait pourtant, sans qu'aucune des deux ne sachent vraiment pourquoi.

En un certain sens, c'était dommage.
Lya ignora la provocation dessinée dans le sourire de la Furie.
Oui, vraiment dommage. Elles auraient pu être amies. Cela aurait d'ailleurs surement plu à Halina. Mais elles ne le seraient pas.
Ennemies alors? Peut-être. C'était en tous cas sur bonne voie de le devenir. Lya n'avait aucun réel ennemi, à l'académie. Il y avait bien certaines personnes qu'elle supportait moins bien que d'autres, ou encore d'autre qui ne la supportaient pas elle. Mais ils se contentaient de s'ignorer ou de parfois se lancer une pique acide sans que ça n'aille jamais plus loin. Ennemies, donc. Et c'était apparemment ce que la Furie cherchait, au son des mots qu'elle lui envoya une nouvelle fois en pleine figure, aspirant à provoquer, à faire réagir une nouvelle fois et tenter de lui faire commettre l'erreur. D'ailleurs, peu importe ce que serait l'erreur en question, dès l'instant que la sanction conviendrait. Et Lya se savait incontrôlable une fois qu'elle était réellement en colère. "L'incident" sur les toits en était un parfait exemple. Elle avait eu de la chance de ne pas avoir été renvoyée.
Chance qui ne lui sourirait pas deux fois.


-T'as la mémoire courte. Mais voile-toi la face si tu veux, maintenant que je sais où tu ranges ton précieux instrument, fit-elle en jetant un coup d'oeil au lit d'Ichel... Enfin, j'dis ça, j'dis rien.

En plein dans le mille. La fureur de la Goule brillait à nouveau dans ses yeux, incendie puissant et ravageur. Mais ça suffisait pour aujourd'hui. La journée avait assez mal commencée comme ça, et Lya n'avait aucune envie qu'elle continue de la même manière. Elle fit quelques pas d'oiseaux, provoquant, vers la porte. Une main sur la poignée, elle se retourna et lança:

-T'as raison, il y a un truc qui pollue l'air ici. J'm'en vais avant d'être empoisonnée.

Viiiiou... Clac...
La porte grinça sur ses gonds alors que Lya la tirait tout doucement vers elle, avant de la claquer violemment, incapable de se retenir. Malgré un masque de froideur, la Furie l’énervait au plus au point. Ennemies, c'était certain. La porte que l'une avait entre ouverte, l'autre s'y était engouffré de plein fouet. Lya devait se calmer ou elle allait crier sur tout le monde tout au long de la journée, voir encore le lendemain. Personne n'y comprendrait rien et elle passerait une semaine pourrie. Ignorant les élèves qui se bousculait désormais dans les couloir, elle se laissa envahir par ce qu'elle était. Lya rejoignit son arbre, tout au fond des jardins, à côté des serres.
Alors elle se prépara. Paumes contre paumes, mains qui se relèvent lentement et danse avec le souffle.
Lya était ce qu'elle était.
Marchombre.



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MessageSujet: Re: Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]   Ven 20 Juil 2012 - 21:01

La remarque de l'autre folle créa une montée d'adrénaline dans le corps entier d'Ichel. Après se qu'il venait de se passer, après leur duel, leur engueulade, cette fille continuait de la narguer. Elle continuait de menacer l'instrument de la marchombre. Cette imbécile ne savait pas se qu'elle déclencherait si elle touchait une seconde fois à son luth, mais saurait-elle seulement quel luth prendre ? Car il n'y en avait pas un seul sous ce lit. Un second instrument dormait là depuis bien trop longtemps, depuis son arrivée à l'Académie. Il dormait et la kaelem ne comptait pas le réveiller de sitôt. Trop de souvenirs, trop de souffrance. Des pensées qu'elle voulait oublier tant elles étaient douloureuses.
Si l'autre venait à toucher à cet instrument-ci, Ichel ne répondrait plus de ses actes. Peut importe se qu'il adviendrait d'elle une fois qu'elle se serait déchaînée, mais elle ne retiendrait aucun de ses coups. Elle irait jusqu'au bout.
Malgré la menace, elle se contint de force. Elle n'avait plus envie de se battre contre l'autre, la seule chose dont elle avait à présent besoin était d'aller s'isoler et de jouer. Jouer encore et encore, écouter les sons, les apprivoiser et s'amuser avec eux. Donner la note au vent, lui répondre et faire un duo avec lui. Malgré tout, elle voulait simplement être tranquille, seule. Ne plus sentir cette boule de fureur en elle, cette sensation qu'elle pouvait à tout moment exploser.
Mais elle ne pouvait enlever cette étincelle qui enflammait le noisette de ses yeux.
L'autre parla une nouvelle fois après s'être éloignée vers la porte. Dernière pique, elle disparut. Ichel ne voulut même pas la suivre, elle ne voulut même pas lui répondre. La porte claqua violemment. Ichel bouillonnait, mais ne voulait plus lui courir après, elle savait qu'elle perdait son temps avec cette kaelem. Elles étaient pareilles, identiques. Beaucoup trop de points communs les reliaient, mais elles s'étaient entre-choquées. Elles s'étaient rentrées dedans les yeux fermés et avaient fini par ne s'écouter qu'elles-même. Pareilles, mais ennemies. Etaient-elles ennemies d'ailleurs, avec tant de points communs ? Ichel s'en fichait, elle voulait faire disparaître cette rage qui paraissait grandir de plus en plus en elle. Mais se qui était sûr, c'était qu'elle n'était pas prête d'être aimable avec la folle destructrice.

Elle se pencha afin de voir sous son lit si l'instrument était toujours là. Elle repéra bien vite la fourre et la tira à l'air libre. Elle se stoppa dans son geste et contempla le noir de l'étui. Appréhendant le moment où les souvenirs afflueraient, elle l'ouvrit et découvrit le luth qui avait bercé son enfance. Le luth avec lequel sa mère lui avait tout appris. Sa mère... Lya. Elle ne supportait pas d'entendre ce nom et de le voir sur le visage de cette folle. Elle ne le supporterait peut-être jamais. Elle referma la fourre et la rangea à nouveau sous son lit. La moindre égratignure sur sa fourre, sur son luth, elle mettrait la faute sur l'autre. La moindre trace sur l'un ou l'autre de ses instruments. Elle le lui ferait payer.
Ichel se releva alors, prit le luth que l'autre avait bombardé de cailloux et commença à se diriger vers la sortie. Elle écouta tout de même d'une oreille se qui se trouvait derrière la porte. Rien. Tant mieux, elle ne voulait pas croiser la route de cette folle furieuse, ni la route de personne d'autre d'ailleurs. Elle était bien trop en colère pour parler tranquillement avec un ami. Elle avait envie de hurler sa rage et celui qui croiserait son chemin n'aurait pas gagné le gros lot.
La kaelem ouvrit donc la porte et sortit enfin des dortoirs, beaucoup trop étouffants pour elle. Dehors, il fallait qu'elle parvienne à l'extérieur, à tout prix. Elle avait calée son instrument dans son dos, il ne bougeait plus. Elle commença donc à courir. Lorsqu'elle passa la grande porte, le ciel s'offrit à elle. Elle courait encore, elle voulait s'évader et fuir la colère qui la suivait encore. Pourquoi avait-elle croisé la route de cette kaelem ? Pourquoi étaient-elles aussi butées l'une que l'autre ? Lorsqu'elles s'étaient cognées l'une contre l'autre, une étincelle c'était produite. Une étincelle de fureur. Elles pensaient pareil et possédaient la même colère en elles.
Ichel hurla.
L'autre folle restait dans sa tête, même lorsqu'elle n'était plus là avec elle, cette fille alimentait le feu qui brûlait au coeur d'Ichel. Cette dernière courrait encore. Les plaines défilaient sous ses pieds sans qu'elle ne daigne se poser quelque part. Les nuages ne bougeaient pas et le froid mordait sa peau. Le vent murmurait à son oreille et plusieurs minutes plus tard, elle se rendit compte qu'elle ne voyait même plus les remparts de l'Académie derrière elle. La marchombre se stoppa net. Son regard se dirigea vers le ciel et ses nuages infinis. Elle ressentait encore sa rage. Moins forte, mais elle était encore là.
Elle ôta son luth et se posa dans les herbes. Elle posa l'instrument sur ses jambes, ferma les yeux et écouta. Simplement. Les dièses et bémols du vent, la sonate de la cascade au loin, le concerto des herbes, les accords des oiseaux. Une vraie symphonie.
Ichel posa ses doigts sur les cordes rêches du luth. Plusieurs minutes s'égrenèrent alors qu'elle respirait simplement.
Inspiration, expiration. Un calme incroyable commença à monter en elle.
Ses mains bougèrent imperceptiblement.
Des notes résonnèrent en écho aux vents.
Calme retrouvé.








[ Rp fini !! Vivement celui entre Arro/Lya/Ichel I love you ]


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Deux kaelems dans le même couloir est signe de mauvais présage. [Terminé]
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