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 Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]

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Flamme
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MessageSujet: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Lun 13 Fév 2012 - 22:41

[=>suite des écuries]

Donc, à droite, avait dit Lya.
Ou à gauche, en fait. Peut être plus, oui. Quelle importance, de toutes façons, puisque Gwëll ne connaissait ni sa droite ni sa gauche Arrow. Donc, elle en avait pris l’habitude, elle se fiait au regard. Parce que de toutes manières, quand on dit qu’on part à gauche, c’est une habitude, on regarde à gauche. Et pareil pour l’autre coté. Sauf quand on a une minerve.
Alors ça, quand les gens avaient une minerve, c’était très compliqué. Parce que du coup, ils tournaient plus la tête. Et puis bon, même si ils regardaient juste avec les yeux, ils ne le faisaient pas au point que ça ne se voie de loin. Et du coup. Bah du coup, elle avait une chance sur deux.

Mais là, aucune importance, parce que, de toutes manières, Lya n’avait pas de minerve et ne comptait certainement pas en avoir une de sitôt. Et puis, Gwëll savait aussi que le seul chemin qui se scindait en deux sentiers, c’était celui qui était à gauche de la droite. Bref, aucune importance pour le coté, elle, elle voyait bien où il était, ce chemin là.

Elle y guida donc son destrier et vérifia que Lya la suivait.
Puis, elles parvinrent à ladite patte d’oie. Et quelle belle patte d’oie ! Un magnifique delta de chemins qui offrait deux options : un petit sentier à droite ou alors une piste à peine marquée par le passages de quelques animaux sauvages.
Mais lequel Lya avait elle donc pu déjà emprunter ?

Bon, étonnons nous, Gwëll réfléchit.
Au vu de l’étroitesse du chemin, si Lya avait remarqué la patte d’oie, c’était qu’elle devait avoir vu le raidillon. Et puis, elle commençait à bien connaître Lya, maintenant. Elle la savait sportive et naturelle. En ce cas, ce n’eut pas été étonnant qu’elle l’aie déjà arpenté. Et certainement en courant, même.
Donc ce ne devait pas être e bon choix. Pas conséquent, il ne restait plus qu’une seule option, sa solution, c’était le sentier. En plus, elle avait souvenir qu’il se subdivisait encore, juste un peu plus loin et qu’il offrait de belles perspectives de promenades. Au pire, si Lya y était déjà passée, elle aurait toujours moyen de lui proposer un autre chemin plus loin, un autre qu’elle ne connaitrait pas.

Gwëll se retourna donc tout sourire vers son amie.

Bon, j’suis pas sûre, mais ça semble plus logique que tu connaisse le plus petit chemin, te connaissant. Donc, je vais choisir de te proposer le plus grand. Si j’ai perdu... Si je me suis trompée, ben alors, tant pis. Mais ça te tente, une petite pointe de vitesse ? Si tu crains de ne pas prévoir assez tôt de t’arrêter, ne crains rien, je te ferais signe avant de prendre un autre chemin.

Un grand sourire naquit sur son visage, un de ces sourires qui éclairait les journées sombres. Celui avec toutes les dents qui disait ‘Ne t’inquiètes pas, je suis là, je veille au grain’. Celui qu’elle destinait aux amis.

Si tu le veux et que t’es prêtes, tu me le dis !

Déjà, elle commençait à sentir que Jingle avait compris. Il se ramassait doucement, prêt à bondir, à prendre son envol.
Un bon petit galop apaisant, en somme.



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Jeu 16 Fév 2012 - 20:30

Lya n'hésita qu'un instant lorsque Gwëll lui proposa de monter à cru. Elle ne l'avait jamais fait, pensait en être incapable et n'imaginait même pas essayer un jour. Mais il ne fait jamais dire jamais, et puisque l'occasion se présentait, autant en profiter. Lya redescendit de sa monture et en quelques mouvements, ôta sa selle et la rangea à côté de celle de l'Aequor. La jeune femme eut quelques difficultés à remonter sur Bartok. Elle ne savait pas comment s'y prendre et craignait de blesser le cheval. Elle observa du coin de l'oeil la manière dont Gwëll s'y prenait et l'imita. Les deux mains à plat sur le dos de sa monture, et pris son élan, sauta et s'en servi d'appui pour passer une jambe de l'autre côté. Du haut de son perchoir, elle continua d'espionner la Dessinatrice, ignorant totalement quoi faire, comment rester assise la-haut, comment ne pas tomber, comment faire bouger la bestiole. Elle imita les moindres gestes de son amie, tout en tentant de rester droite et digne, et en remuant les fesses au rythme des pas de Bartok pour ne pas tomber.

Les deux jeunes femmes se suivaient, la bleue devant et la rouge derrière, sans rien dire. La première semblait plongée, chose rare, dans une intense réflexion que la seconde n'osait pas interrompre, sachant pertinemment que cette réflexion était le fruit de ses paroles. Elle se sourit à elle-même en imaginant le fil des pensées de Gwëll. C'est seulement en arrivant à l'intersection où le choix s'imposait que la Dessinatrice rompit le silence. Le sourire de Lya s'élargit en entendant sa réponse, provoquant des petites ridules au coin de ses yeux rieurs. La longue réflexion de la jeune femme n'avait pas été inutile. Et elle connaissait mieux Lya que celle-ci ne l'aurait pensée. Quant à sa proposition, Lya hésita aussi longtemps qu'à la première. C'est à dire à peine quelques secondes. Elle se mit à la hauteur de Gwëll, parvenant à s’arrêter sans tomber. Elle lui envoyant son plus grand sourire avant de répondre:


-T'as gagné, c'est le bon chemin. Par contre, continua-t-elle en talonnant sa monture et en attendant un peu de s'être éloignée pour reprendre, t'as déjà un train de retard.

Lya n'avait aucun moyen de savoir si Gwëll avait entendu la fin de sa phrase. Elle était penchée au maximum le long de l'encolure de Bartok, serrant de toute ses forces sa crinière pour ne pas tomber. Le vent fouettait son visage avec violence alors qu'elle serrait les cuisses comme elle le pouvait dans l'espoir vain de ne pas tomber. Le paysage défilait à toute vitesse sous ses yeux ébahis. Au loin, la jeune femme distingua un croisement qui se rapprochait beaucoup trop vite à son gout. Elle n'osa pas tourner la tête pour voir si Gwëll la suivait de près, et était trop concentrée à s'accrocher à son cheval pour entendre quoi que se soit. Elle ignorait totalement si la Dessinatrice lui criait la direction à prendre, et de toutes manières, elle aurait était bien incapable d'y diriger l'animal. Serrant les dents, les fesses bondissants à chaque choc des sabots sur le sol, Lya ne savait pas vraiment si elle devait éclater de rire ou bien s’inquiéter du moment où elle tomberait. Maintenant, le croisement était là. Alors que la Kaelem hésitait toujours, son cheval pris à droite, sans poser de question, toujours en grand galop. Sans qu'il n'y ai aucune raison à cela, ce fut le rire qui gagna la partie et s'empara d'un seul coup du corps de Lya qui fut secoué de spasme. Incapable de tenir plus longtemps dans ces condition sur le dos de l'animal qui courait comme s'il avait le Dragon aux fesses, Lya tomba, tout simplement. Comme n'importe qui serait tombé. Un chute assez indescriptible et tellement commune qu'elle ne sera pas narrée ici. Alors que Bartok, prenant surement conscience qu'il lui manquait quelque chose pour continuer, ralenti doucement avant de s’arrêter, Lya, le nez dans la boue avait cessé de rire. Elle se releva très lentement, craignant de ressentir une douleur soudaine à n'importe quel endroit du corps, annonciatrice d'une quelconque fracture, entorse ou autre bobo plus ou moins grave. Constatant qu'elle n'avait rien, à part une égratignure le long du bras et une étrange démangeaison sous le nez, Lya se remit à rire. Et elle rit encore plus fort lorsqu'elle baissa les yeux, louchant sur le haut de ses lèvres, et s'aperçu que la boue lui avait dessiné une jolie moustache sous le nez, bien qu'un peu de travers. Se tenant les côtes, pliée en deux, la Kaelem riait comme elle n'avait jamais rit de sa vie, incapable de s’arrêter, jetant des regards plein de désespoir vers une Gwëll qui la rejoignait seulement.

[en espérant que ça te convienne I love you et admire ma belle moustache!]



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Ven 24 Fév 2012 - 23:47

Les deux selles se fixaient dans le blanc des yeux. Face à face sur la barre de bois.
Lya relevait le défi. C’était courageux de sa part.

Gwëll sourit.
Certainement, elle n’était encore jamais montée à cru. Ça, il suffisait de la regarder essayer de grimper sur le dos de sa monture, pour s’en apercevoir. À grand renfort de grimaces, elle hissa sa jambe par dessus la croupe du petit hongre.

Mais elle ne s’en sortait tout de même pas trop mal, pour une première fois. Parce que la première fois, il y en avait beaucoup qui passaient de l’autre coté. Du cheval, bien sûr. Beaucoup qui poussaient tellement sur leurs jambes pour réussir à se hisser et qui se hissaient tellement bien qu’ils se hissaient de l’autre coté du cheval. Dans la poussière généralement. Ou alors dans la boue, s’il avait plu, avant.

Mais Lya, elle, avait réussi et elle suivait, docile et attentive au moindre geste de Gwëll. Et quand celle ci s’arrêta pour réfléchir elle patienta gentiment. Et puis elle souriait, aussi. D’un grand sourire affectueux.
Quand Gwëll lui annonça le chemin qu’elle choisissait, le sourire de Lya s’envola vers ses oreilles. Elle avait bien pensé. Elle ne s’était pas trompée.

Et, en plus, Lya voulait bien se lancer. Que de bonnes nouvelles ! Gwëll était vraiment contente, pour le coup. Contente et prise de court.
Pas une seconde, elle n’avait pensé que sa camarade ne parte si vite. C’était une rapide, Lya, il fallait dire, aussi.

Donc Gwëll n’eut qu’à ouvrir doucement les doigts et la flèche partit. Bien sûr, elle commençait à le connaître, maintenant. Elle savait bien que si elle le laissait faire, il ne se sentirait plus. Il oublierait tout. Jusqu’à sa cavalière. Et ça, ça risquerait de poser problème. Or, Gwëll n’aimait pas les problèmes.
Donc elle se méfait. Donc elle le surveillait bien, son p’tit chou à la crème.
Et puis, elle regardait bien Lya aussi. Parce que même si elle était volontaire et casse-cou, elle restait assez novice. Il n’aurait pas fallu qu’elle tombe.

Alors, venait une fourche. Gwëll savait qu’il ne fallait surtout pas prendre à droite. En fait, on pouvait prendre à droite. Mais c’était pas vraiment une bonne idée. Enfin, ça aurait pu être une bonne idée, si il n’avait plu la veille. Parce que là, du coup, le petit raidillon était bien détrempé. Et si il était détrempé, il était glissant. Et si il était glissant, alors, les chevaux risquaient de glisser. Et si ils glissaient... oui, bon d’accord, c’était logique, si ils glissaient alors, peut être, ils tomberaient.
C’était donc logique. Et donc dangereux. Et donc, il valait mieux éviter.

Mais ça, Lya ne le savait pas. Et donc elle avait pris à droite.
Mais ce n’était pas, étonnement, son cheval qui était tombé. C’était juste Lya. Elle avait glissé puis chu. Comme ça. Pouf, dans la boue.
Alors, bien sûr, ça avait éclaboussé partout autour. Et bien sûr, le petit chou à la crème de sa dame avait pris peur. Et pas peu.
Et vas y qu’je pointe, qu’je r’cule, qu’je piaffe... Enfin, il finit par s’engager bon gré mal gré dans le petit raidillon et le gravit d’un pas rapide et nerveux.

Parvenue en haut, elle mit pied à terre. Ou plutôt, elle jeta pied à terre. Elle ne voulait surtout pas que Lya ne se soit fait mal par sa faute. Elle en aurait été bien ennuyée. Surtout que c’était Lya. Son amie.
Alors, elle courut vers la Kaelem étrangement agitée de soubresauts. Il y avait un problème ? Un problème... Lya avait... Était ce du sang ? Cette étrange couleur qui recouvrait son visage ? Ce n’était quand même pas...

Là, le regard de Gwëll se posa sur l’air de Lya. Non, ça n’avait pas l’air de ne pas aller... À vrai dire, Lya était littéralement hilare. Vraiment. À en pleurer.
Soulagée, Gwëll laissa un timide sourire de soulagement éclore sur son visage. Puis le sourire devint fou rire.
En fait, ce n’était pas tant qu’elle riait d’être soulagée, mais surtout, c’était de voir le visage radieux de Lya et puis, aussi, cette splendide moustache que la chute lui avait dessinée.
Cette superbe éclaboussure de boue qui avait artistiquement esquissé les traits de sa virilité féminine.

Riant toujours, Gwëll tendit des doigts délicats vers la lèvre de Lya, souhaitant essuyer cette étrangeté. Puis elle se retint. C’était nettement plus drôle avec, quand même.

Déguisée en petit chat, couchée dans la boue, toujours hilare. La scène était pour le moins comique. Gwëll qui s’était calmée repartit de plus belle dans son fou rire.
Puis, soudainement inspirée, elle se tut, trempa son index dans la boue et ébaucha la courbe d'une moustache à l'italienne. La même que celle su professeur de littérature, d'ailleurs... Arrow

Puis ses yeux partirent à la rencontre de ceux de Lya. Et là... Là, elle ne put pas. Non, elle ne pouvait pas résister à cela.
Alors là, ce n'était même plus du rire, c'était même plus que du délire. Les yeux plissés par la gaieté, le coeur pincé par la surabondance de rire. Et les zigomatiques qui chatouillaient, en plus.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Mar 6 Mar 2012 - 22:27

[Désolé du retard quasi-impardonnable, mais c'était la semaine du bac-blanc Arrow En espérant que ça te plaise quand même I love you]

Elles riaient.
Elles riaient, et cela faisait longtemps, très longtemps que Lya n'avait pas ri comme cela. Les yeux bridés, les lèvres étirées sur un large sourire révélant ses dents blanches, un rire singulier provenant du plus profond de ses poumons et de sa gorge, du plus profond d'elle-même, qui la privait de son souffle et semblait ne jamais pouvoir s’arrêter. Les yeux remplis de larmes qui lui brouillaient la vue et coulaient sur ses joues à chaque battement de cils et le ventre en feu à solliciter autant l'aide de ses abdominaux, Lya et Gwëll riaient. Ou Gwëll et Lya, si l'on veux respecter les convenances. Toujours est-il, au risque de me répéter, qu'elles riaient.
Vraiment beaucoup.
Vraiment très fort.

Et dès que leur rire menaçait de cesser, leurs regards se croisaient ou se posaient sur leurs sublimes moustaches qui dégoulinaient le long de leurs joues, et le rire repartait de lui même, comme un mécanisme que l'on aurait remonté pour une durée déterminée. Et ces éclats de rire, cette mélodie rythmée aux couleurs de l'arc-en-ciel effaçait tous ses doutes, ses peurs et ses souffrances. Un peu comme comme le vent qui soigne et qui répare les petites blessures de l'âme. Et alors qu'elle riait toujours, ses vêtements et son visage à moitiés couvert de boue, Lya devait admettre que rire ainsi et oublier, le temps de quelques instants, tout ce qui pouvait peser sur son esprit, les petits problèmes de tous les jours ou ceux qui l'on a du mal à effacer, ça faisait vraiment du bien. Beaucoup de bien.
D'ailleurs, certains n'affirment-ils pas que rire allonge le temps de vie? Et bien pour ceux qui sont encore sceptique, après cette lecture, je ne peux que vous conseiller de rire plutôt que de tenter un suicide inutile. Votre temps de vie n'en sera que rallongé.

Enfin, le rire cessa. Enfin, pas tout à fait comme ça, d'un coup d'un seul. Mais plutôt petit à petit, avec encore quelques éclats de rire timides qui revenaient parfois saluer maladroitement le ciel. Lya profita de cet instant de répit pour respirer à nouveau, à peu près normalement. Elle évitait de recroiser le regard de Gwëll et surtout de reposer les yeux sur ses moustaches digne de Sire Cil'Eternit, de peur de repartir dans un éclat de folie incessant. Massant son ventre d'un main pour chasser la douleur passagère, de l'autre, la Kaelem essuya ses joues humides de larmes, en prenant bien soin de ne pas effacer par la même occasion ses propres moustaches de chat. Les joues sèches, mais les mains trempées, la jeune marchombre les essuya sur son uniforme maculée de boue. Les doigts plein de cette substance brunâtre, un idée traversa son esprit joyeux.


-Gwëll, bouge pas, j'essaye un truc.

Alors que la Dessinatrice s'exécutait en la suivant des yeux, Lya s'approcha en ayant auparavant pris grand soin de retremper ses mains dans la boue. Avec un immense sourire et les sourcils légèrement froncés, signe d'une concentration plus ou moins intense, Lya dessina avec soin un cercle de boue autour de l'oeil droit de Gwëll. Elle relia ensuite ce cercle à son oreille par un trait fin qui descendait sur sa joue et remontait derrière son oreille. Puis, toujours avec autant d'application, la jeune femme traça un nouveau trait sur chaque sourcil de son amie, puis les relia eux aussi. enfin, elle recula de quelques pas pour admirer son oeuvre:

-Voila! Avec ton tout nouveau monocle, ta p'tite moustache et ton mono sourcil, tu es la digne réplique du prof' de civi'. Gwëll, t'es juste trop belle comme ça.


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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Ven 9 Mar 2012 - 0:22

C’était dingue ce que rire pouvait lui chatouiller les côtes. Gwëll ne s’en était jamais aperçue auparavant, mais en fait, à chaque fois qu’elle essayait de reprendre sa respiration, de souffler une petite seconde, voire même de calmer l’étrange manège qui lui volait ses zygomatiques, une petite chose, comme un petit souffle frais ou... Une plume, dirons nous, venait se coller tout contre ses côtes haletantes juste sous là, peau, là où c’est le plus sensible, et hop, elle repartait de plus belle.

Pas une seule seconde, ses yeux ne s’étaient déplissés, ni ses côtes n’avaient cessé de jouer à faire du trampoline contre la peau de son ventre. C’était comme si son corps devenait fou. Mais pas fou comme dans le sens où on l’entend aujourd’hui, pas fou comme fou de rage ou fou à interner. Non, là c’était plutôt fou comme fou de joie ou une folie douce.
En fait, son corps s’échappait, il glissait de l’emprise de son esprit. Et celui ci ne le retenait pas. Exactement comme si... comme si l’un dévalait une superbe pente en toboggan et l’autre le poussait sur une balançoire géante.
Une folie douce, oui, mais une folie des grandeurs, tout de même.

Et puis, en face... Comme dans un miroir, il y avait Lya. Les mains sur les côtes, des larmes coulant des yeux en un joyeux torrent -ou une folle ribambelle, il fallait voir- et les lèvres crispées sur un sourire euphorique.
Et toutes les deux, comme ça, assises sur le sol -écroulées sur le sol, même- qui n’en pouvaient plus, qui n’arrivaient plus à s’arrêter.
Plus de moyens, plus de fin.

Puis un silence. Relatif, certes, mais plus silencieux que leur bruyante euphorie. Avec de temps à autre une vague. Pas bien haute, tout juste moutonnante, mais une petite vaguelette étincelante de ces larmes de joies qui roulaient comme des perles précieuses. Car ces larmes là, sont d’autant plus précieuses qu’elles ne sont rares. Car on est radin. Quand il s’agit de larmes, avouons le, nous sommes radins. Juste pour les grandes occasions, les instants improbables, les belles fins et les tristes réalité.
Pourquoi pleurer alors qu’on n’en a pas besoin ? Telle est la question, mais plutôt, devrait on dire : Pourquoi ne pas pleurer de belles larmes pour ne pas les regretter dans les moments tristes ?

Alors, sur toute cette philosophie qui n’avait de science que le nom, Lya prit la parole. Et de la boue. Cette belle boue qui leur tartinait gracieusement le visage. Et puis, comme elle la regardait, avec un air de grande concentration, de ceux que l’on peut voir, peint sur l’expression d’un grand maitre juste avant son œuvre, Gwëll se figea. Comme une statue, un moulage d’albâtre, un bloc de marbre tout prêt, qui tend son être vers son destin de chef d'œuvre.
Dans un premier temps, elle songea a fermer les yeux, comme si, en n’étant pas encore, elle ne pouvait encore voir. Mais elle ne tint pas plus d’une petite seconde, la curiosité l’emportant, elle fixa ses grand yeux sur les doigts de Lya. Instantanément, son nez se dédoubla. C’était magique. Lya arrivait à lui créer un second nez rien qu’en faisant glisser un peu de boue, du bout de ses doigts. Une grande artiste, vous dis-je.

Puis, l’air solennel de celui qui contemple un résultat, véritable inspecteur des travaux terminés, Lya se dégagea.
Enfin, un coin d’abord puis l’autre ensuite, sa bouche s’entrouvrit un un sourire radieux. Fière de son travail, Lya rayonnait. Gwëll, elle, aurait bien aimé voir, mais elle avait beau loucher du mieux qu’elle pouvait sur son beau double nez, elle ne parvenait pas à voir plus haut.
Mais apparemment, elle était belle. Et comme c’était Lya qui l’avait dit, ce devait être objectif. Et puis, en plus, elle ressemblait au prof de civi’ alors... Au prof de civi ? blink
Mais... bon, d’accord, elle voulait bien le reconnaître, pour son age, il était pas trop mal, mais... il avait quoi.. soixante balais et des poussières ? Même plus, peut être. Alors, pour une figure de beauté...

Prise d’une terrible envie, Gwëll plongea sa main dans la flaque et se retourna, un sourire innocent sur les lèvres, vers Lya.

À moi ! Et t’as pas le droit de dire non ! Parce que moi j’ai bien voulu. Alors... Tu bouges pas et tu râles pas !

Mesurant avec ses doigts comme une architecte avérée, penchant la tête de coté, Gwëll se concentra bien. Bon, bon, bon. Comment agir ? Le plus simple étant de rester efficace.
La jeune dessinatrice replongea les doigts dans la boue, prudence oblige, avec de la boue sèche, pas de bon résultat. Puis elle se lança. d’abord un p’tit bout de triangle, pour faire comme un sommet, au dessus d’un sourcil, puis exactement la même chose au dessus de l’autre sourcil. Mais ça restait quand même un peu simple... alors...

Ah, ferme tes mirettes, mon chou, sinon ça va piquer !

Alors, maintenant, un joli petit ovale, pour accentuer cette petite amande bridée, un bel iris bien rond et une pupille verticale pour y voir dans le noir.
Voilà ! Si c’était pas merveilleux ! Un p’tit chat tout mimi, comme le minou d’Enelyë. Bon, par contre, le minou d’Enelyë, lui n’avait pas se problème d’oreilles qui dégoulinent...

Voilà, mon p’tit chat, c’est fini ! Il ne reste plus qu’à ce que tu te mettes à ronronner et je suis sûre que Jehan t’adopterait pour chasser les souris...

Mais là.. Ah, ça, elle ne pouvait pas résister. Imaginer Lya, courant à quatre pattes derrière un rongeur effrayé, toutes babines retroussées c’était juste... Et Gwëll repartit, les côtes reprenant leur activité trampolinesque, les zygomatiques poussés dans leurs dernier retranchements et les larmes coulant d’elles mêmes... Et la boucle bouclait, plus moyen de s'arrêter.


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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Mer 21 Mar 2012 - 19:31

Gwëll plongea sa main dans la boue avec un sourire jusqu'aux oreilles, souvenir de ses éclats de rire.
Lya recula de trois pas, instinctivement. Sans même comprendre pourquoi alors qu'elle était déjà barbouillée de boue sur tout le corps. Que lui importait une petite parcelle de visage un petit peu plus maculée? La voix de la Dessinatrice la rappela à l'ordre, un sourire qui permettait à ses moustaches de venir lui chatouiller le nez sur les lèvres. La Kaelem s'immobilisa, observant son amie s'approcher comiquement d'elle, la tête penchée sur le côté pour mieux mesurer son œuvre future, des gouttes de boue retombant sur le sol du haut de sa main dégoulinante et son monocle étrangement plié par le froncement de ses sourcils.

Comme si elle craignait de ne pas en avoir assez au bout des doigts, l'Aequor replongea sa main dans la boue, prenant ainsi le risque, selon Lya, de gâcher le travail par un surplus de matière qu'elle ne saurait où étaler, comment barbouiller sur ses joues parsemées de tâches de rousseurs. Immobile comme une bête traquée qui sait que sa cachette ne va pas tarder à être découverte par le prédateur, Lya regardait avec une sorte de terreur imaginaire cette main des marais approcher et se poser sur son front.
Le sensation était assez étrange.
Plutôt agréable, il fallait bien l'admettre. Inhabituelle, bien sûr, car Lya ne passait pas ses journées à se peindre le visage avec de la boue brunâtre et gluante. Et peut-être un peu froide aussi, mais une fois n'est pas coutume, et la jeune femme se pliait volontiers à l'exercice difficile qu'était de rester immobile pendant que les doigts de Gwëll lui chatouillaient le visage.

Ca ne dura pas longtemps. Un dernier cercle, un trait au centre de sa paupière et Lya ouvrit les yeux, impatiente de voir le résultat.
Alors qu'un gros plan d'une Gwëll attentive qui l'examinait venait remplacer le noir de ses paupières fermées, Lya loucha presque pitoyablement sur son visage, ne parvenant qu'à sa bouche, pour l'occasion en cul de poule, et son nez presque en entier. Impossible de voir ses beaux yeux de chat que la Dessinatrice venait de lui peindre sur le visage. Sa grimace devait être amusante, car Gwëll repartit de plus belle dans un fou rire, en solitaire cette fois. Mais pendant peu de temps, car la Kaelem ne tarda pas à se joindre à son amie pour former une mélodie un peu étrange et pas très jolie qui résonna un long moment dans le parc.
Le rire cessa. Il avait peut-être duré un peu moins longtemps que le premier, celui-la. Mais ce n'était pas certain, non plus. Lya profita du silence pour dire:


-Jehan? Depuis que je l'ai lâché du haut des toits, je crois qu'en ronronnant ou pas, il ne voudra pas de moi pour chasser ses souris. Il préfèrerait encore vivre avec jusqu'à elles ou lui meurt.

Lya rougit légèrement lorsqu'elle se rappela la fameuse tempête sur les toits de l'académie où elle avait fait du chantage à l'intendant pour tenter de sauver quelques points de sa maison. Le résultat avait été le contraire de celui escompté. Une chute de cinquante mètres et plusieurs points en moins après une visite à l'infirmerie avait été nécessaire pour calmer la Kaelem. Exactement comme tout à l'heure, avec la larve, où elle s'était énervée comme ça, d'un seul coup, violemment.
Incontrôlable.
Cela lui arrivait depuis qu'elle était gamine. C'était une accumulation de choses pendant laquelle elle ne disait rien, puis un évènement plus ou moins importait brisait le barrage et laissait sa fureur se déverser sans aucun moyen de l'arrêter. Et elle osait s'appeler marchombre, dire être en harmonie avec le monde et avec la vie. Peut-être était-ce l'une des raisons pour lesquelles Elera était partie, les avait laissé sans maître.
Une vague de désespoir s'abattit sur Lya, le temps d'un instant, avant qu'elle ne se souvienne du lieu où elle se trouvait et n compagnie de qui. Elle sourit à nouveau et s'exclama:


-Hé, j'ai une autre idée. Vu qu'on est toute belle, toute bien peinturlurée, on a qu'à s'assortir à nos chevaux! J'vais faire Bartok en souris. Toi, tu peux déguiser Jingle en.... Eh bah, en Jehan! Ou en pantoufle, mais ça risque d'être plus compliqué.

Fière de sa trouvaille, Lya s'approcha de sa monture qui broutait paisiblement un peu plus loin, l'air pas le moins du monde perturbé par la course suivit de la magnifique chute. Elle plongea ses deux mains dans la boue et réfléchi un instant. Comment faire ressembler un cheval à une souris? Exercice difficile, certes, mais pas impossible. Le cheval leva la tête à son approche, lui facilitant la tâche. Prudemment, la jeune femme dessina des moustaches le long de sa tête. De longues moustaches de souris qui s'étiraient presque jusqu'aux oreilles de l'animal. Puis elle arrondi son regard par deux cercles autour de ses yeux, dans une vaine tentative pour lui donner un air mignon. Elle ajouta un museau le long de ses nasaux, puis passa derrière Bartok pour lui dessiner une longue queue effilée qui partait du haut de son dos et venait s'enrouler le long de sa patte arrière droite. La Kaelem recula de trois pas pour admirer son œuvre. Le résultat était pour le moins... étrange. Tout de même ravie de son travail, Lya se retourna pour observer Gwëll qui s'affairait encore autour de Jingle

[Voila, enfin tu as ta réponse ]



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Lun 2 Avr 2012 - 10:14

Gwëll en avait marre. Carrément.
Parce que ça faisait bien cinq minutes que ça durait et ça voulait pas s’arrêter, pas lui laisser la moindre seconde de répit. Et puis aussi parce que ça faisait ma, mine de rien. Et que c’était frustrant, en plus. Ça durait, ça durait, une seconde, on pensait que c’était bon, plus rien à craindre, tout ça, tout ça, et puis là, ça reprenait en traitre à la tu-m’as-oublié-je-me-rappelle-à-toi. De faux espoirs, mais un vrai ras-le-bol.

En plus, à chaque fois qu’elle essayait de peindre son Jingle comme Lya avait proposé bien gentiment, toute la boue qu’elle avait eu la prétention de vouloir recueillir retombait en pluie de gouttelettes sur ses pieds et dans ses yeux.
Et ça l’énervait parce qu’elle arrivait à rien comme ça. Et que ça l’énervait de n’arriver rien.
Et puis, elle avait tout essayé. Tout. Toutes ces vieilles recettes de grand mères, de bonne fame. Tout, vraiment tout. Les trucs débiles et les moins débiles. Mais rien ne marchait, vraiment rien.
Alors, elle persévérait, elle essayait d’avoir le bon timing, de prendre la boue assez tôt pour avoir le temps de dessiner avant que ne revienne ce terrible incident.

Parce que Gwëll avait le hoquet.

Un hoquet terrible, qui n’avait de cesse de la terrasser, la laissant seule avec sa détermination face aux soubresauts qu’il lui infligeait. Une peste, en définitive. Et tenace, en plus de ça pire que Cérys.
Au prises avec son destin, Gwëll bataillait, une guerre d’usure harassante.
Mais avec tout cela, elle parvenait tout de même à se concentrer assez sur son petit cheval pour réussir à le peinturlurer complètement et pas trop mal. Comme un cheval d’elfe dans les contes. Certes, le rapprochement avec Duncan n’était pas évident, mais quand même, on pouvait comprendre, avec un peu de bonne volonté.

Non ? Ben si, je vous explique : Duncan = prof de légendes. Et ?
Prof de légende = légendes. Quoi encore ?
Légendes = Elfes.
Évident, quand même, non ? Et pour ceux qui seraient pas très matheux :
Duncan étant professeur de légendes, le petit esprit léger de Gwëll s’était envolé vers les lointaines contrées imaginaires de légendes anciennes qu’elle écoutait pendant ses cours. Et comme celles qu’elle préférait, c’était celles qui racontaient les elfes et leurs oreilles bien pointues, elle avait choisi de grimer son Jingle en cheval d’elfe.

Et comment ? Eh bien, entre deux hoquets, elle lui dessinait, à la boue, tous les petits symboles mignons qui représentaient les elfes. Un grand soleil plein de rayons sur la croupe, les ondulation de la rivière sur les flancs, les petits poissons d’argent juste sous la surface de l’eau et puis un à-pic rocheux enneigé sur l’encolure. Ça lui faisait comme un paysage en lui. Comme si il représentait à lui seul ce monde dans lequel on évolue mais qu’on oublie tant.

Mais, avec tout ça, il était encore trop sobre. Alors, elle se pencha et chercha dans les fourrés ce qu’elle aimait ramasser, petite, en forêt. Des plumes. Elle l’avait très vite compris, il y en avait souvent sous les petite buissons, parce que quand les oiseaux passent, leurs plumes s’accrochent et restent dans le feuillage.
Alors, elle en ramassa quelques unes, le plus belles qu’elle avait trouvées. Puis elle retourna vers Jingle, et entreprit de lui attacher ces plumes là, de toutes les couleurs, dans les crins.

Elle avait vu ça dans un livre, comme ça, quand il galoperait, ça donnerait l’impression qu’il s’envole.
Puis, un instant, elle repensa à ces nuages qu’elle avait vu passer dans les yeux de Lya. Ces nuages de peine. Lya avait mal, ça se voyait, parce qu’elle baissait trop les yeux. Mais pourquoi ? Était ce à cause de Jehan ? Ou alors à cause du sorcier ? Ou alors, parce qu’elle sentait ses actions lui échapper.
Parce que, des fois, quand on sent qu’on ne contrôle plus ce qu’on veut, on se sent mal, on a envie de pleurer. Mais Gwëll savait aussi que même si Lya avait envie de pleurer, elle ne le ferait pas. Parce que Lya était solide. En fait, elle ne se le serait pas permis, certainement. Parce qu’elle ne voulait pas se laisser aller à ce point, qu’elle ne voulait pas laisser ses émotions prendre le dessus. Qu’elle était forte. Peut être trop forte ? On ne peut pas indéfiniment lutter contre ses émotions, il y a un moment où ça lâche. Et là, là, ça fait vraiment mal.

Mais Gwëll ne voulait pas pousser Lya. Le nuage s’était évaporé, c’était oublié, pour l’instant, elle ne voulait pas lui rappeler ce qu’elle ne voulait pas entendre. Donc elle ne dit rien.
Mais elle peint tout de même sur le chanfrein de Jingle un joli nuage bien bourgeonnant. Si Lya y voyait un signe et qu’elle voulait lui parler, elle pourrait, mais sinon, ce ne serait pas grave.
Une amie, c’est aussi fait pour respecter les silences dont on a besoin.

Et puis, Jingle était fin prêt. Alors, en attendant que la boue soit sèche, Gwëll se retourna vers son amie et Bartok.
Lya avait décidé de l’assortir à elle plus simplement. Un chat et une souris. Mignon, ça, c’était sûr, mais pas très décoré. Puriste, dirons nous.
Et déjà, Gwëll les regardait de son petit sourire en coin, des idées plus stupides les unes que les autres plein la tête et son hoquet oublié entre deux réflexions artistiques.


Et si on se construisait une hutte avec de branches ? Pour avoir notre cabane secrète à nous ? Comme des elfes !

Son visage s’était éclairé, elle repartait dans ses rêves d’enfant. Avec son imagination débordante et ses bêtises non désirées. Gwëll n’avait jamais eu de mauvaises intentions, seulement des idées farfelues qui finissaient mal.
Les bêtises, c’était pas sa faute, à Gwëll. Jamais.




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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Jeu 5 Avr 2012 - 23:34

C'était joli, il fallait l'admettre.
Un brin poétique peut-être.
En tout cas, il y avait une nuance d'originalité, c'était certain. Quelques traces de-ci, de-là, deux ou trois mouvement de poignets, les mains dans la boue, la matière à combattre... Les difficultés surmontées, Gwëll se retrouva avec un cheval transformé en digne monture de conte.
Lya s'approcha encore un peu.
Mais juste à peine.
Trois pas seulement.
Elle observa sans dire un mot, voyagea dans ce paysage unique. Elle traversa la rivière où nageaient des poissons aux écailles colorées, et marcha dans la plaine jusqu'aux pics ensoleillés qu'elle gravit sans peine, le temps d'un regard qui change de direction. Et là-haut, assise les pieds dans le vide, au bord du précipice, elle regarda avec admiration des oiseaux de toutes les tailles voler autour d'elle avant de s'éparpiller un peu plus loin et de se poser entre les crins de l'animal, guidés par un main invisible. Alors elle sourit à Gwëll, de l'un de ces sourires qui disait "c'est beau, tu sais."

Et beau, ça l'était. Ce dessin de boue avait pris des couleurs, le temps d'un instant d'imagination.
Le temps d'un instant d'évasion.
Le temps de partir dans un autre monde pour oublier un peu tous les problèmes qui pouvaient se poser dans celui-là. Tous ces problèmes qu'on ne comprend pas, que l'on arrive pas à résoudre et qui souvent aussi, font mal.
Puis cet autre monde était redevenu ce qu'il était au départ. Un simple dessin de boue sur les flans d'un cheval. Des poissons immobiles, trois trais en vague pour une rivière, un soleil froid et quelques pics sans neige.
Presque triste.
Mais pas tout à fait non plus, parce que c'était rare quand même, de voir un cheval tatoué de la sorte. Et ces plumes dans la crinière donnait envie à Lya de l'emmener galoper pour un long voyage, en compagnie du vent. Mais Gwëll la retint, avec son sourire, sa voix et ses idées lumineuses, enfantines, qui donnent envie de rire. Heureusement d'ailleurs. Et puis, Lya ne serait pas partie bien longtemps de toute façons. Elle serait revenue rapidement. Après tout, Jingle n'était pas son cheval.


-Comme les elfes? Non, plutôt comme des lutins. C'est plus rigolos. Les elfes, c'est des grands sérieux pas marrants dans les histoires, alors que les lutins, ils font tout le temps plein de bêtises. Alors plutôt comme les lutins. Mais si tu veux, on a qu'à dire que toi, t'es un elfe et moi, j'suis un lutin. Comme ça on inverse un peu les rôles.

Et sans attendre, Lya retourna auprès de Bartok pour l'amener, à l'aide de quelques caresses, auprès de sous-bois. Gwëll l'imita, puis les deux jeunes femmes s'enfoncèrent dans le bois, la rouge devant et la bleue derrière. Leurs chevaux ne risquaient rien, aussi près de l'académie, mais les approcher du sous-bois permettait qu'ils ne gênent pas les éventuels flâneurs qui passeraient sur le chemin. Les deux jeunes femmes marchaient côtes à côtes lorsqu'elles le pouvaient, cherchant des yeux un endroit adéquat pour accueillir leur cabane d'elfe et de lutin. Parfois, elles se séparaient, le temps d'aller voir si près de cet arbre, juste là, ce ne serait pas bien, avant de revenir vers l'autre, un peu déçue peut-être, mais toujours le sourire au lèvres. Elles veillaient aussi à ne pas trop s'éloigner du chemin, pour ne pas se perdre et pouvoir retrouver l'endroit facilement.
Ce fut Lya qui le trouva, l'endroit.
Le lieu parfait pour construire leur cabane, un peu isolée du reste du monde. Quelques arbres presque en cercle qui montaient haut dans le ciel, des taillis tout autour, bien plus bas, des branches épaisses et feuillues et le sol tapissé de feuilles mortes. Paisible, calme et accueillant.


-Gwëll, viens voir, j'crois que j'ai trouvé, fit-elle pendant que l'Aequor accourait vers elle. Regarde, il suffirait qu'on coupe les branches qui viennent dans le cercle. On les repositionnent autrement, un peu comme ça, pour terminer les murs et distinguer l'entrée et on l'aura, notre petite hutte? T'en penses quoi?

Peut-être qu'en fait, il n'y avait pas que des problèmes dans ce monde là.
Peut-être qu'il existait aussi des solutions, des moments de joies, de loisirs, de plaisir. D'existence.
Et puis, quand ça n'allait pas, on pouvait toujours se créer un autre monde. En compagnie d'une amie, ça ne prenait jamais longtemps



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Sam 21 Avr 2012 - 20:58

Les images s'égrainaient comme les secondes. Les unes après les autres dans les grands yeux lointains de Lya. Un voyage immobile, le temps d'un instant. Gwëll ne la dérangea pas, bien entendu. Ces moments là, elle le savait, étaient sacrés.
Alors, elle attendit, sans un geste, l'observant comme une curiosité. Qu'est ce qui avait capté son regard ? Où était elle partie ? La jeune dessinatrice l'ignorait, et sans doutes, ne le saurait elle jamais.

Puis Lya se tourna vers elle, les yeux brillants. Brillants de larmes ou brillants d'étoiles ? Elle ne le saurait jamais non plus. Mais Lya parlait, alors, il fallait qu'elle l'écoute. Des elfes et des lutins. L'idée n'était pas mauvaise normal, c'est la mienne angel, et même plutôt bonne. Mais elle, elle serait un elfe, c'était sûr. D'abord, parce qu'elle était beaucoup trop grande pour être un lutin et puis aussi parce que -elle devait bien l'avouer- les lutins lui avaient toujours fait peur, dans les histoires, parce qu'ils étaient petits, grimaçants et puis parce qu'ils étaient tout le temps vilains avec les autres et qu'elle, elle aimait pas les vilain et ne voulait surtout pas être vilaine, même pour jouer.
Alors, elle serait un elfe et puis, ce serait tout.
Mais, le temps qu'elle réfléchisse, Lya avait déjà tourné le dos et rejoint Bartok. Et, comme elle le poussait en dehors du passage, Gwëll fit de même avec Jingle. Puis, toutes deux s'enfoncèrent un peu plus dans la masse végétale omniprésente autour d'elles.

Elles cherchaient un terrain à cabanes. Ce qui était une bonne chose, pour construire une cabane, tout de même.
Toutefois, Gwëll s'interrogea, durant une demi seconde au moins : ça ressemblait à quoi, un terrain à cabane ? Parce que, bon, elle avait déjà construit plein de cabanes, mais elle ne s'était jamais embêtée à chercher un bon endroit pour les installer, elle les avait toujours construites juste là où elle avait pensé à les faire... Bon, peut être juste un peu plus loin si il n'y avait pas d'arbres, là où elle en avait eu l'idée, mais tout de même pas très loin.
Puis elle oublia bien vite, tant elle était occupée à chercher son endroit. Parce que, évidemment, même si elle ne se le disaient pas, il y avait concours. Et Gwëll aurait bien aimé le gagner, ce concours.
Mais elle déchanta. C'était Lya qui avait trouvé. Mais bon, ça restait une bonne chose, quand même. Comme ça, elles pourraient commencer bientôt la construction.

Gwëll se dépêcha. Elle avait vraiment envie de voir ce que Lya avait trouvé. Elle suivit la voix qui l'appelait et déboucha dans une petite clairière au fond de laquelle se trouvait la Kaelem. Tout au bout, il y avait de petits bosquets avec des arbres placés sur un cercle plutôt régulier.
Maintenant, Gwëll savait à quoi ressemblait un terrain à cabane. Et celui ci était très bien.
Alors, elle sourit à son amie.


Hum... je pense que t'as raison, mais peut être qu'on pourrait éviter de couper les branches, non...? Enfin, c'est toi qui vois ! Tu veux que j'aille chercher des branches ? Avec plein de feuilles ! Nan, je sais, des fougères !

Et elle n'attendit même pas l'accord de Lya, elle sa lança sur les traces de végétaux dont elle avait besoin : de belles branches mortes récoltées par terre qu'elle posa juste à coté des futurs murs de leur futur grand palace et une grande brassée de fougère et d'herbes sauvages qui lui chatouillaient le bout du nez et jusque sous les yeux.
De belles fougères, il fallait dire. Bien vertes, avec les petits points oranges des spores de pollen. Orange... et pas que les feuilles des fougères.
Gwëll éternua.


[si ça te va =) ]


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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Mar 26 Juin 2012 - 21:37

[Un tout p'tit peu de retard, désolé, mais ça y est, c'est posté ...Bon, j'admet, un peu court]

On va la construire notre cabane. On aura des échardes dans les doigts, et peut-être aussi des griffures sur les bras, mais ce sera la plus belle cabane du bois.
Et puis surtout, elle sera juste à nous deux. Ce sera notre petit endroit à nous, un peu à l'écart du reste du monde. Si un jour on est triste, ou si on veut être un peu seule, on pourra venir ici. Personne ne le saura. Et puis, le lac n'est pas très loin. En été, si on a trop chaud, on pourra aller s'y baigner, ou juste se retrouver pour parler. Cet endroit est parfait.

Retroussant ses manches, Lya suivit un instant Gwëll des yeux. L'Aequor s'enfonça un peu plus dans le bois, ramassant sur son passage de longs bâtons qu'elle revient ensuite déposer près de leur lieu à cabane. La marchombre la remercia avant qu'elle ne s'éloigne à nouveau, partant cette fois à la recherche de fougères. Très bonne idée d'ailleurs, les fougères. C'était un élément indispensable pour faire une bonne cabane digne de ce nom.
Lya sourit, puis se mit au travail. Elle repoussa d'abord les plus grosses branches, les entrelaça entre les troncs et d'autres branches pour former un début de mur. Une sorte de cercle se formait déjà autour d'elle, pendant que les tas de bois et de fougères ne cessaient de grossir à la frontière du cercle. La jeune femme plaça ensuite une à une les branches que son amie avait rapporté du bois. Elle les faisait tenir en les tortillant avec d'autres branches, jouant avec les feuilles et le méli-mélo que l'ensemble formait. Les murs étaient déjà plus compacts, mais ce n'était pas terminé pour autant. Gwëll vint la rejoindre pour la dernière étapes. Ensemble, les jeunes femmes glissèrent une à une les fougères entre les trous. Il leur fallu longtemps pour terminer. Une heure, peut-être deux. Le temps passait sans que Lya ne s'en rende vraiment compte. Le soleil atteignait déjà presque la frontière de l'horizon, donnant à la forêt une lumière d'un rouge enflammé. Il ferait nuit dans peu de temps, moins d'une heure. Les deux amies entrelacèrent les dernières fougères.
Leur cabane était terminée. Cabane d'elfe ou de lutin des contes, Lya n'aurait su le dire.
Elles étaient désormais dans leur en droit juste à elles. Seuls de simples rayons de lumières parvenaient à traverser le mur de fougères, donnant à l'endroit un aspect sombre mais pourtant paisible. Lya sourit pour elle-même, puis elle offrit son sourire à Gwëll. Elle tourna sur elle-même, examinant rapidement la cabane de l'intérieur.


-C'est joli.

Elle réfléchit un instant, puis reprit:

-Dis, ça te dirais qu'on reste ici. J'veux dire, encore un peu. On rentrera plus tard, quant il fera nuit... J'ai pas envie, tout de suite. Enfin, si tu veux bien.

...

-Enfin, j'sais pas vraiment si on peut laisser les chevaux comme ça... Gwëll?


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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Dim 2 Sep 2012 - 21:27

Gwëll était euphorique.
Elle aurait sauté dans tous les sens, si seulement, elle n'avait pas eu un but. Et ce but été capital. Elles devaient finir la cabane coûte que coûte avant la tombée de la nuit. Parce que sinon, elles risquaient de revenir le lendemain, et de voir une cabane détruite par des animaux sauvage, ou saccagée par des élèves jaloux, ou pire, on pourrait leur avoir piqué leur emplacement.
Et puis aussi, parce qu'elles étaient d'accord pour dire que quelque chose de commencé se doit d’être rapidement terminé sous peine de ne plus revêtir autant d'intérêt.

Alors Gwëll ramassait encore et toujours les branches qu'elle trouvait pas terre, les amenait à Lya, et repartait en chercher d'autres. Et puis, après, il y en eut assez, alors, elle aida la Kaelem à les assembler sur la structure du toit et des murs. C'était amusant, le but étant de faire loger les branches dans les interstices entre les branches déjà en place.
Gwëll était d'un coté, Lya de l'autre. L'une dans la cabane et l'autre en dehors. Et elles se passaient les branches, les feuilles, tout en se faisant coucou dès qu'elles parvenaient à s'entrapercevoir. Et avec tout ça, elles riaient bien. Et la cabane avançait rapidement, aussi, et c'était important, ça.

Ensuite, vint le moment fatidique de mettre les fougères. Et ça aussi, c'était vachement drôle. Parce qu'il fallait réussir à les glisser entre les branches, sans qu'elles se déchirent dans les tiges qui dépassaient et c'était pas évident -au début, elle avait vraiment eu du mal, mais après, elle avait pris le coup de main- et il fallait en mettre partout, partout pour que la cabane soit le plus étanche possible.
Et, enfin, ce fut fini. Et Lya et elle étaient pas peu fières.

Lya sourit, et Gwëll aussi. Et dans ce geste, on pouvait lire tout ce qu'il y a d'inaltérable dans une amitié entre un lutin et une elfe.
Et Lya trouva que la cabane était jolie. Et Gwëll était du même avis.
Et Lya proposa de rester encore un peu. Et Gwëll était d'accord.


T'as raison, j'ai pas non plus envie de rentrer tout de suite.

Et non, elle ne voulait pas rentrer. Parce qu'elle se sentait comme chez elle, et qu'elle avait un peu l'impression d’être Blanche Neige devant la chaumière des sept petits après avoir quitté précipitamment le château de la mégère en chef.
Et elle rêvait de tout ça quand elle entendit la voix de Lya, bien au loin.


Euh... les chevaux ? Ben si, ils sont gentils. Ça va pas gêner... Si ? On a qu'à les pousser du milieu, ils iront pas bien loin.

Bon, et maintenant, au boulot, et on nettoie, et on enlève la poussière. Regarde, avec une branche, comme ça, et... Sifflons en travaillant, et le balais paraît léger si vous pouvez siffler ! Lala
Et Gwëll de s’asseoir sur un tas de fougère et de faire signe à Lya d'en faire autant. Et si on parlait, maintenant ? Mais de quoi donc ?
Aller, choisis, toi !



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Mar 4 Sep 2012 - 19:06

Les mots tintèrent dans l'air qui se rafraîchissait à l’approche de la nuit, soulageant Lya d'une certaine anxiété quant à la réponse de Gwëll. Si le verdict avait été négatif, Lya serait restée ici de toutes manières, refusant de retourner s'enfermer entre les quatre murs du dortoirs, parmi toutes les pipelettes qui tournaient en rond sans arrêt dans cet atmosphère amère et fatigante. Mais elle préférait quand même que la Dessinatrice reste à ses côtés, assise dans la cabane, protégée du monde extérieur ou les ombres s'allongeaient doucement au rythme du soleil qui s’approchait de l'horizon, presque menaçantes.
Elles n'avaient même pas besoin de s'occuper des chevaux. Ils s'occuperaient très bien d'eux tout seuls, d'ailleurs. Et de toutes façons, ils ne risquaient rien de le parc. A sa connaissance, aucun puma ou autre bêtes sauvage du même genre n'y rodait en quête de nourriture. Ils resteraient où ils étaient, donc. Et les deux jeunes femmes les récupéreraient le lendemain. Ensembles, elles achevèrent leur cabane en silence, ôtant les branches cassées qui étaient rentrées dans les lieux sans la permission de personne, retirant de même les feuilles de fougèrent tombées, replaçant quelques branches. Cela ne leur prit pas longtemps. Lya décida de sortir le tas de débris et de l'amener un peu plus loin. Lorsqu'elle revint, Gwëll avait entassé les dernières fougères pour former un canapé de feuille à l'aspect assez confortable. La Kaelem s'y assit aux côtés de son amie et désenchanta rapidement quant au luxe de l'objet. Ses fesses touchaient le sol au cause du manque d'épaisseur, et des branches cachées dans la verdure l'épinglaient et la démangeaient à certains endroits que je ne décriraient pas. Elle resta assise cependant, refusant de bouger, épaule contre épaule avec son amie.
Elle était bien, là.
Mieux que d'habitude en tout cas, laissant le silence s'étirer en même temps que la nuit, qui recouvrait de son voile tous les elfes et les lutins du monde. Apaisée, elle se remettait doucement des émotions de la journée, renvoyant même la Larve de son esprit. Et puis, elle laissa les mots couler de sa bouche, sans vraiment rompre le silence. Mais plutôt le remplir, dans la simplicité de l'instant.

-J'vais te raconter une histoire. Une histoire d'elfes et de lutins. Mais faudrait juste qu'avant, tu me promettes de pas avoir peur, et de rester mon amie, d'accord?

Parce que j'ai besoin d'amies, j'ai besoin de toi , je suis triste et dépressive en ce moment, mais t'inquiète pas ça ira mieux après. La jeune femme acquiesça doucement de la tête, presque hésitante. Les pupilles de Lya se perdirent dans une horizon perceptible par elle seule, dans son histoire. Les mots s'envolèrent:

-Il était une fois une jeune lutine, partie loin des siens dans une école réputée ou l'on trouvait toutes sortes d'espèces: des lutins, bien sur, mais aussi des trolls, des elfes, des fées, des ogres, des gentils et des méchants. Dans cette école, la jeune lutine appris beaucoup de chose. Elle finit même par tomber amoureuse d'un autre lutin. Mais elle appris rapidement que ce lutin était un assassin, qui tuait les grands méchants trolls sans états d'âmes. La petite lutine prit alors la mauvaise décision en restant avec ce lutin. Mais qui pouvait-elle? Elle l'aimait et il lui était totalement inconcevable de continuer sa vie sans lui. Alors, ensemble, ils partirent en voyage dans la capitale du royaume des lutins, pour retrouver les origines de celui qu'elle aimait.

Au fur est à mesure qu'elle racontait, les images défilaient dans sa tête au rythme de l'histoire.

- Ils y arrivèrent après plusieurs jours de voyage. Mais ils tombèrent dans un piège des grands méchants trolls, qui voulaient se venger du lutin qui avait tué plusieurs des leurs. La pauvre lutine, qui n'y était pour rien dans cette histoire, fut obligée de combattre pour ne pas mourir. Elle fut contrainte de tuée pour ne pas être tuée. Elle fut blessée à la hanche, pendant ce combat qu'elle refusait, mais aussi à l'esprit. Elle n'avait jamais voulu tuer personne, tu comprends? Mais elle voulait tellement continuer à vivre qu'elle n'avait pas eu le choix. La fin est très rapide. Lorsqu'ils rentrèrent à l'école, la lutine finit par comprendre que le lutin ne lui apporterait que de mauvaises choses. Ils se quittèrent, mais cela ne lui suffit pas pour réparer son coeur.

Sa cicatrice le long de sa hanche la brûlait, plus que jamais. Lya passa une main dessus comme pour effacer la douleur.
Dis, t'es toujours mon amie?



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Dim 23 Sep 2012 - 18:56

Dans la forêt lointaine, elle entendait le coucou, du haut de son grand chêne, qui répondait au hibou. Et puis il y avait aussi le vent, qui s'en allait, sifflant soufflant dans les grands sapins vert.
C'était la musique de la forêt qui parlait au silence. Mais jamais il ne lui répondait. Et c'était triste, quand même, parce qu'elle, elle faisait beaucoup d'efforts pour établir un dialogue et que lui ne sortait jamais de son mutisme, ne tendait pas la main.

Et Lya de lui promettre une histoire. Gwëll aimait les histoires.
Mais Lya lui demanda aussi de promettre de rester son amie. Et ça, ça l'inquiétait un peu, il fallait l'avouer. Parce qu'en fait, elle ne voyait pas du tout pourquoi elle devrait ne pas le rester. Parce qu'elle l'aimait bien, Lya, il y avait pas de raisons pour que ce soit plus le cas.
Quant à ne pas avoir peur... ça, elle craignait de ne pas en être capable. Si il y avait de quoi, c'était certain qu'elle aurait peur. Parce que la dessus, elle était pas du tout résistante. Et elle le savait. Alors rien qu'à l'idée qu'on le lui demande, elle commençait à avoir peur.
Mais elle vaincrait, pour Lya. Parce qu'elle le lui demandait, et qu'elle avait vraiment pas envie de la décevoir.


Bien sûr.

Je te suivrai où tu voudras, si tu en as besoin. Parce que ce dont tu as besoin est en nous. En chacun de nous et plus particulièrement en moi, parce que je suis ton amie et que je suis prête à t'aider.
Et Gwëll posa sa main sur l'épaule de Lya. Réconfortante, douce et encourageante. Je suis là. Je suis là pour toi. Parle.

Alors Lya ouvrit la bouche. Et conta. Raconta.
Et les oreilles pointues débarquèrent dans la tête de Gwëll. Des lutins, des trolls, des elfes, des fées, des ogres... et la petite lutine, en particulier. Gwëll la voyait jolie, délicate et sensible, intelligente. Mais aussi naïve. Parce qu'elle était restée avec le vilain. Parce qu'elle l'aimait. Mais c'était normal, d'un coté. Quand on aime quelqu'un on ne voit plus ses défauts.
Et elle l'avait suivi. Ça, par contre, ça sentait le piège. Parce qu'elle était partie loin des siens, loin de ce qu'elle connaissait, et si elle avait un problème, elle aurait du mal à s'en sortir.

Et Gwëll ne s'était pas trompée. En plein dans le mille. Piège. Gros piège. L'Aequor frissonna. Et les larmes lui montèrent aux yeux, quand elle comprit que la lutine était prise au piège. Et elle pleura à chaudes larmes quand la lutine tua. Et encore plus quand elle comprit que c'était ce qu'elle ne voulait surtout pas faire.
Quant à la fin... cette histoire lui en rappelait une autre.
Un soir. En particulier. Une nuit, même. Dehors, sur les toits, sous la lune. Et d'un geste. En particulier. Un pendentif, jeté, dans le vide, à la nuit, aux ténèbres. Le passé, rejeté. Et de la colère, aussi, de la rancune, une volonté tenace.
Et ce pendentif, Gwëll était allée le ramasser, le lendemain. C'était un loup. En pierre brillante. Elle l'avait mis dans sa poche, et elle l'avait rangé bien soigneusement dans son coffre à bijoux, dans un morceau de papier de soie.

Et puis, Lya avait passé la main sur sa hanche. Là où la lutine s'était fait blesser.
Parce que la lutine, c'était elle, c'était certain. Et elle avait tourné son regard vers Gwëll. Un regard triste, plein de larme, contrit. Mais aussi de la peur. Peur d'être seule, peur d'être rejetée.
Alors Gwëll sourit, sécha ses larmes et commença à parler.


Une histoire ne se finit jamais, tu sais. Alors, on va écrire l'épilogue. Le cœur de la lutine, eh bien, on va le réparer, toutes les deux. Si elle a besoin, je les lui recollerai moi même, ses morceaux de cœur. Quant à sa hanche... elle aussi, elle guérira. Parce que la chair, c'est ce qui se voit le plus, mais qui se sent le moins.

Et elle lui sourit encore, doucement. Elle passa son bras sur ses épaules et la serra doucement dans ses bras. Délicatement, elle lui tapota dans le dos.



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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Dim 30 Sep 2012 - 22:26

[Post déprimant, musique aidante. C’est dur de jouer une Lya encore déprimée]

Je ne sais pas comment exprimer le trop plein de toutes ces émotions que je ressens.
Je ne sais pas comment faire pour que tu les comprennes.
J’aimerais pouvoir crier ma rancune, ma pitié de moi-même. Mais à chaque fois que j’essaie, rien n’arrive à sortir. Rien à part un murmure rauque qui me déchire la gorge. Alors je me tais.
Je tais toute cette colère, cette tristesse, cette peur. Je tais tout ce qui me hante et me tourmente depuis cette nuit à Al-Jeit. Les mots restent coincés derrière mes lèvres.

Et puis il y a tous ces regards aussi.
Tous ceux qui m’observent et pensent que je ne sens pas le poids de leurs regards effleurer ma peau, avant de s’y accrocher, de la marquer par cette curiosité qui s’arrête sur mes cernes, descend le long de mes joues creuses et de mon regard vide. Ils pensent tous que je ne les vois pas, mais ils se trompent. Et ça me fait encore plus mal qu’ils ne comprennent pas sans les mots.
Ces mots qui ne sortent pas.

Surement parce que personne n’accepte de les entendre.
Presque personne.

Halina les a entendus. Et moi j’ai écouté les siens en retour.
Ou peut-être était-ce l’inverse, je ne sais plus vraiment. D’ailleurs, peu importe. Elle les a entendus, et c’est tout ce qui compte. Après, j’étais comme un oiseau. J’avais retrouvé mes ailes.
Mais je ne savais plus voler.
Je ne saurais pas te dire pourquoi, ni comment. Je n’y arrive pas non plus. Le poids est revenu, petit à petit.
Celui de la culpabilité. Toujours accompagné de ce regard émeraude qui ne me quitte plus depuis ce jour-là. Ce regard qui me suit sans cesse. Ce regard qui s’éteint, meure à nouveau dès que mes paupières se ferment.

Tu comprends pourquoi je n’en peux plus.
Pourquoi j’ai crié sur la Larve, tout à l’heure.
Pourquoi ce n’est pas Sheïna que je monte.
Pourquoi je l’ai frappé et pourquoi j’ai relevé mon poignard au dernier instant.
Je ne sais même pas si j’ai bien fait. Peut-être que j’aurais dû le tuer aussi.

Mais si je l’avais fait, tu ne m’aurais pas écouté comme tu viens de le faire.
On ne serait pas à l’abri dans notre cabane d’elfes et de lutin. A l’abri du reste du monde, et de tous ces regards qui le peuplent. Je ne serais pas en train de laisser couler mes larmes le long de mes joues et de ton dos, plutôt qu’à l’intérieur de mon cœur.
Et tes mots à toi me font tellement de bien, si tu savais. J’aimerais pouvoir te dire à quel point ils me soulagent. Mais je ne sais pas vraiment manier les mots. Pas aussi bien que d’autre en tout cas, que toi, ou qu’Elera.

Une histoire ne se finit jamais.
Les morceaux finissent toujours par être recollés de toute façon, non ? J’voudrais juste réapprendre à voler. Si les lutins savent voler, c’est parce que les elfes sont toujours là pour les aider.


-Gwëll...

Les mots restèrent coincés encore une fois. Lya se dégagea de la douce étreinte de son amie pour affronter son regard à elle. Noisette, qui ne la dévisageait de la même manière que tous les autres.
Doux, calme, tellement confiant. Aucune trace de curiosité mal placée, de ce désir de connaître l’origine des cernes qui s’étendaient sous ses yeux sans plus disparaître. Lya essuya maladroitement ses larmes.
Essaya en tout cas, mais elles continuaient de rouler le long de ses joues sans s’arrêter. La marchombre se laissa glisser à nouveau dans les bras de Gwëll, et y resta longtemps, immobile, le corps seulement secoué de sanglots irrépressibles, silencieux.
Elle finit par s’y endormir, sans vraiment s’en rendre compte, bercée par l’aura tellement apaisante de la jeune Dessinatrice.
Accédant enfin à un sommeil profond, qui bien que sans rêves, était enfin sans cauchemars.




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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   Lun 5 Nov 2012 - 23:03

Tu es là, dans mes bras, contre mon cœur.
Et je les serre bien fort, mes bras. Parce que j'ai peur que tu t'échappes, que tu t'envoles, que le vent te pousse trop loin de moi et que je ne puisse plus te voir. J'ai peur que tu ne te laisses trop vivre sans penser à être. Tu n'es pas une feuille Lya, et pourtant, tu es bien verte.
Verte de cette inexpérience, fraîche, pourrais je dire. Tu t'étonnes, encore, tu es marquée par ce que tu fais, par ce que tu deviens, et tu crains ce que tu ne contrôles pas. Mais en fait, on ne contrôle rien.
Verte de rage aussi. Parce que tu t'en veux, parce que tu aurais aimé changer le passé. Mais le passé ne se change pas. Ne se change plus. Il était un temps où c'était possible. Il suffisait de fermer les yeux, d'imaginer que ce n'avais pas été comme ça. Et c'était fini, passé, les nuages avaient quitté le ciel. C'était ce temps béni, tu vois, où les feuilles, on en faisait des couronnes et on se les mettait sur la tête.
Et puis verte de peur, aussi. Parce que tu sais que tu grandis. Et parce qu'on t'a dit, quand tu étais petite, que quand on devient grand, on se débrouille seul. Et que ça te paralyse. Parce que tu voudrait avoir toujours seulement besoin de brouiller tes yeux un peu et d'ouvrir grand tes bras pour avoir un câlin.


Mais Lya, n'oublie pas, t'es pas une feuille.
Alors, arrête un peu de trembler comme ça.
Et je passe ma main dans tes cheveux, parce qu'ils sont en désordre et que je veux que tu comprennes que je serais toujours là. Là pour toi. Pour que tu aies toujours quelqu'un qui vienne te faire un câlin quand tu auras besoin. Parce que tout le monde a beau dire, moi, je grandirai pas. Jamais. Plus. Fini, j'en ai assez vu.
Il en faut, tu sais. Qui restent là où ils en sont. Pour les autres. Parce que si tu te rends compte que tu grandis, c'est pas rapport aux autres. Si tout le monde grandit, change en même temps, tu t'en rends pas compte. Et puis moi, j'ai pas envie. Je préfère rester celle que j'étais, que je suis encore. Parce que sinon, ce serait me trahir.


Et tu continues de pleurer, de sangloter, j'ai l'impression que tu ne finiras jamais.
Que tu vas te noyer dans tes larmes. Et moi, je veux pas que tu te noies. Parce que sinon, ça signifierait que j'ai échoué. Et un échec serait intolérable. Jamais je n'accepterai de perdre, face au chagrin, je te le dis. Jamais. Je ne plierai pas.
Surtout si c'est toi.
Tu murmures mon nom. Je tends l'oreille, mais c'est ta peau qui te me répond.
Un frisson. Tu es bloquée. Je ne sais pas par quoi, mais je finirai par l'apprendre. Pour pouvoir le recoller, ton cœur. Et je te promets que quand j'aurai fini, il ne restera plus la moindre brèche, plus une seule irrégularité. Je ne m'arrêterai pas avant. Hors de question.
Et tu te retournes, tu me regardes. Et tes yeux sont bleus. Bleus de toutes les larmes qui attendent de tomber. Et moi, je te souris. Et mes dents sont blanches. Blanches de toute la douceur que je peux t'apporter. Et tu les essuies, tes larmes, mais ça ne change rien, elles coulent quand même. Mais tu le fais quand même, parce que c'est symbolique.


Et puis, tu glisses. Tu glisses. Comme sur de la neige. Et doucement, tu sombres. Mais pas dans l'obscurité. Et même si ça ressemble un peu à un paradoxe, toi, tu sombres vers la lumière. La lumière douce et tamisée des rêves clairs.
Et tu tombes, petite feuille dorée. De plus en plus vite, tu virevoltes. Et malgré tes yeux fermés, je vois la lueur dans ton regard. Et malgré ton dos tourné, je vois le sourire sur ton visage. Et malgré la nuit qui tombe, je vois un matin éblouissant se lever.


Tu verras, ton cœur, je vais le réparer.
Mais en attendant, dors, petit bourgeon, le printemps approche.


[J'sais pas ce que tu en penses, mais on va peut être le clore là, nan ? On en fera un autre, par contre. *.*]


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MessageSujet: Re: Et si on laissait le vent qui court sur nos peaux effacer les doutes, les peurs et les souffrances ? [Terminé]   



 
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