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 Petits pieds indiens et rideaux vifs - P(rocès) V(erbal) sur la place publique [Inachevé]

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Bois
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MessageSujet: Petits pieds indiens et rideaux vifs - P(rocès) V(erbal) sur la place publique [Inachevé]   Jeu 9 Fév 2012 - 17:29

Gling, gling, gling, gling…

Non, ce n’est pas le traîneau du Père-Noël – les longs prolégomènes aparte me manquent, mais ils n’ont malheureusement aucune place envisageable avec ce personnage, et puis ce serait un bien malheureux départ, au vue des circonstances. J'ai bien peur de ne pas pouvoir m'empêcher quelques remarques, mais pour le moment, passons notre chemin. Ou plutôt, arrêtons-nous – en pleine ruelle baignant dans le soleil et l’activité diurne de la capitale.

Les cymbales sonnaient au rythme du tambourin que Yeleen, d’un ample mouvement du poignet, envoyait se fracasser dans le creux de sa paume. D’autres, dans la foule, frappaient, suivant la cadence qu’elle imposait, dans leurs mains – et l’on entendait le résonnement plus fort de ceux qui tiennent toujours à faire plus de bruits que les autres, ‘on’ étant, bien évidemment, les entendants. Subtil foreshadowing, n'est-il pas. Yeleen n’avait pas de mal, elle, à faire entendre ses grelots au dessus de la foule. Son sourire, joyeux, laissait ses dents blanches à découvert, alors que sa tête se balançait, et qu’elle regardait, comme le cercle des spectateurs, sa sœur danser à ses côtés. Elle s’était assise sur une caisse de fruits, et ses pieds pendaient sous le tissu de sa robe écrémée.

Shawna, elle, ne la regardait absolument pas.

Le luth à l’arrière lui soufflait la mélodie, les cordes grattées par une main masculine, et elle pulsait aux vibrations des deux instruments. Simplicité – pas de cluejan, de mandoline, de lyre ou de flûtes, simplement les cordes, et la percussion clingolante. Elle, elle présentait aux yeux des autres une nouvelle chorégraphie, mise au point par ses soins, sans pour autant limiter son corps à des pas millimétrés – elle écoutait, elle s’écoutait, et se permettait des pas de côté – les vrais, pas les pas sur le, quoique les siens étaient plus sûrs que ceux d’un siffleur des montagnes - que l’on ne pouvait pas lui interdire. Elle aimait les improvisations, les vibrations des corps, le mariage de l’énergie et de la fatigue, de la fatigue saine des muscles chantonnant, et elle se donnait, toute entière, aux yeux des habitants d’Al Jeit.

Danse Esmeralda, danse.

Les foulards volaient. Sa tresse lui battait régulièrement les omoplates, et les mèches lui collaient aux tempes, sur son visage suant. Ses cheveux avaient bien poussés, depuis l’hiver dernier (peu importe la saison, en fait, vu les décalages temporels qui auront forcément lieu ; je ne suis pas certaine que l'hiver que j'ai laissé en page d'accueil soit le même que celui qui s'installe, et Shawna préfère l'été.) – elle ne les avait pas coupés une seule fois, et ils fourchaient sauvagement. Des fils de couleurs scellaient ensemble les cheveux d’une mèche, colorant sa chevelure et son attitude générale, de sorte que les regards ne pouvaient qu’être attirés par sa figure mouvante, quand bien même l’activité ambiante et les bruits des instruments et de la plèbe ne suffirait pas à faire ralentir le pas de ceux qui ne sont pas trop pressés pour passer à côté des occasions et des spectacles qu’offre la vie. Elle éclatait d’initiative, de la sole de ses pieds jusqu’aux racines de ses cheveux, et on ne pouvait que s’arrêter, sans trop savoir pourquoi, attiré par cette force souterraine qui rampait sous sa peau comme un serpent de boue. Mais c’est que le narrateur s’est déjà perdu – il parlait de cheveux, se retrouve à parler de corps, et va devoir retrouver une transition pour retourner à son point de départ, après être parti dans la mauvaise direction. Voyons : ses cheveux, de même, se tortillaient comme des serpents de boue. Médusa n’avait pas vu le temps filer, entre Al Poll et Al Jeit, entre le froid et la chaleur, n’avait pas fait attention aux mèches qui, lui léchant passionnément l’échine, avaient lentement, furtivement, inexorablement rampées le long de ses vertèbres. Al Poll était une cité gelée. Marchant dans ses rues glacées, grisâtres, enneigées, et dans lesquelles s’engouffrait un vent à faire tomber les nez, elle avait retiré ses gants en laine, les avait jetés par terre, et les avait écrabouillés sous ses pieds, trépignant devant un chien errant dont le souffle laissait une vapeur s’élever autour de son museau. Elle n’aimait pas l’hiver, elle n’aimait pas le froid, elle n’aimait pas les montagnes qui bouchaient l’horizon, elle n’aimait pas la neige – transformée en bouillasse brune sous les sabots des chevaux et ceux des habitants -, elle n’aimait pas Al Poll.

Alors que faisait-elle encore ici ?

L'absence de réponse, dans sa tête, avait été assez éloquente.

Elle était rentrée chez Mérustis, avait fait ses bagages, et était partie sur le champ sans prévenir personne. C’était Lael, qui allait être content – mais ce n’était pas la première fois que sa cousine disparaissait du jour au lendemain, et s’il perdrait probablement son temps à la chercher, tant pis pour lui, il s’en remettrait. Et puis il n'était pas venu ici pour elle - il venait faire sa vie loin du berçail. Si lui, qui la connaissait depuis toujours, n’avait pas le droit à un au revoir dans les formes, pourquoi quelqu’un d’autre en aurait-il ? Elle n’avait jamais pris conscience des nécessités administratives – l’Académie remarquerait bien son absence à un moment ou à un autre. Elle était venue ici pour apprendre à se battre ; les cours de Guidjek ne lui convenaient pas plus que ça, et si elle commençait à trouver un terrain d’entente avec le maître d’armes, l’entraînement était trop lent, et elle avait l’impression persistante qu’elle n’apprenait pas à se battre, mais seulement à entrer dans un cadre, à obéir. Locktar leur apprenait la discipline – pas le combat. Et elle, elle avait horreur de la conformité. Elle gardait l’impression viscérale d’avoir davantage appris dans les rues, avec les gangs, là où il ne fallait pas suivre les règles d’ouverture, fermeture, un pas en avant et c’est seulement maintenant, qu’il faut frapper. Elle n’y croyait pas, elle n’allait nulle part – tout ce qu’elle voulait, c’était pouvoir protéger les convois lorsqu’elle suivrait sa mère sur les pas de l’Itinérance. La ruse lui servirait mieux que la force. Et puis, elle pourrait toujours apprendre seule, en réitérant les exercices déjà appris, et se trouver un autre maître, dont l’enseignement lui conviendrait mieux.

Al Poll ne lui réservait qu’un froid latent, un froid qui s’engouffrait jusqu’à la moelle des os, et qui lui donnait une envie létale de s’endormir – elle, elle aimait bouger, vivre, et elle avait l’impression d’être en pause, d’avancer au ralenti, dans ce monde qui n’avait jamais été le sien. Hors de question qu’elle se laisse dépérir – elle avait besoin du soleil du Sud, elle dont elle avait le regard noir, et elle était partie, son luth sur le dos et son baluchon sur l’épaule. Elio, Kylian – elle espérait les retrouver, un jour, elle qui aimait à penser le monde si petit, mais ne considérait pas avoir la moindre obligation envers eux. Elle était libre, libre de partir, libre de revenir. Et puis la gamine aux yeux de sodalite – elle l’aurait bien laissée grimper sur ses épaules, regarder Gwendalavir d’un peu plus haut, pour l’emporter avec elle vers un monde un peu moins dur pour elle. La laisser aux mains aimantes/diamantes de Nahemi, la voir jouer avec la mer, et rencontrer Estel. Etre une enfant, enfin, avec tout ce que cela impliquait. Mais elle ne savait pas où était la gamine, et ne prendrait pas le temps de la chercher. Elle avait foncé vers le sud, soulevant la poussière des chemins, avant de joindre la première roulotte qui partait dans la même direction qu’elle. Toujours plus sûr de voyager en groupe.

Elle avait poussé la porte de chez elle comme à chaque fois qu’elle revenait, à la volée, et avait salué la compagnie comme si elle n’était partie que trois jours plutôt que six mois.

« Tu comptes rester, cette fois ? »

Haussement d’épaules. Aujourd’hui, Al Jeit, mais aller savoir où elle serait demain. Elle lui fut gré de son silence – la voie des combattants restait tout de même un échec cuisant, et il ne chercha pas à piquer sa fierté. Il n’avait jamais été du genre à agacer de sa fourche l’animal au sol.

« Et le Dessin ? »

« Quoi, le Dessin ? »

La discussion avait été close pour ne plus être ouverte. Elle avait repris sa vie de citadine – à aider au commerce de son père, visiter le ranch, reprendre sa place dans les gangs d’Al Jeit (bon sang ce que les alliances pouvaient avoir changé, depuis le temps ! Elle devenait trop vieille pour ces jeux là, en tout cas c’est ce qu’on lui avait fait remarquer – bien sûr, elle n’écoutait pas), accueillir les convois, et puis danser, jouer, pour faire rentrer encore quelques pièces triangulaires dans sa bourse, en plus de profiter de ce qui resterait toujours une passion à part entière. Elle avait retrouvé le doux climat de ses cavalcades, et elle marchait enfin sur des pavés égaux. Al Jeit était tout de même une ville bien plus agréable qu’Al Poll, on ne pourrait jamais lui faire soutenir le contraire.

Nouvel accord. Sourire, terreux. Ta-ta-ta, ta-ta-ta. Elle avait besoin d’un compagnon – la danse n’était que plus belle, lorsque les corps vibraient en harmonie, trouvaient les mêmes pulsations, pour les suivre ensemble, les gestes qui se répondent, beauté exténuante. C'était toujours mieux quand l'autre savait danser aussi - et, d'un regard, elle aurait pu choisir ceux qui lui semblaient connaître leur corps, mais c'était bien trop ennuyeux, et elle avait envie d'épices. Elle fit une roue, puis un salto avant, pour atterrir de ses deux pieds joints au milieu des gens qui s’étaient empressés de lui faire de la place, et attrapa le premier bras qui se révéla à elle, sans même chercher à savoir à qui il appartenait. Elle tira, ses doigts se resserrant autour d’un poignet cassant, et retourna au centre du cercle. Yeleen frappait plus vite, et Shawna lança son sourire de loup à la rouquine – ou brune, châtain, auburn, tout est question de perceptions, les sens, c’est intéressant – avant de l’emporter dans la danse, une main sur sa taille.


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"C'est une brise-burnes, une casse-burettes, un cauchemar diurne une trouble fête" ( 8 )

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MessageSujet: Indien vaut mieux que deux tu l'auras.   Dim 6 Jan 2013 - 0:33

[Dsl pr le retar Embarassed Embarassed ]

D'abord se rétablir -ciel, ces dents ! Le petit équilibre éclate, la cheville pavée tente de se tordre. Les cheveux sont de mèche et gomment un instant l'espace. La bouche balbutie. L'oxygène est tout arythmique. Emportée par un élan qui s'impose et qui n'est pas le sien, elle cherche un point d'appui. Là, pied contre terre. Trrâm ! fait la cymbale contre la peau tendue, le geste contamine la danseuse, sa proie tressaille. Enfin, que signifie.. ? Et voilà qu'on repart, il faut bien s'élancer. Les épaules se croisadent, les tailles s'affrontent, ainsi que les regards qui se veulent joueurs. Mais, ça piège en ternaire, le luth nous moque, il faut se détourner. Droite, gauche -pause. Le sang cavale et rosit les pommettes. Pas les siennes, opaques, outrageusement étirées, gueule en avant. Un agneau se désaltérait dans le courant d'une onde pure.. C'est un sac à nerfs que la main entraîne, parce que tout claque, grince, se frotte en désordre les uns contre les os, un corps criant sa surprise, dont les altérations se répercutent, là, sous la peau tendue. Elle se sent pesante, à mesure que la saltimbanque bifurque, zèbre la rétine d'éclats qui la blessent, A, elle sent ces membres soudain étrangers s'alourdir. Chaque acrobatie menace de casser cette compagne sans souplesse. Un instant son martyre se fait rêveur ; puis elle voit la foule, qui les regarde. Brimborions de mouvement scandant en cadence, et leurs sourires dégainés. C'en est trop: brisant là, l'enfant s'esquive du cercle de culture, ballottée d'un sanglot.

On la récupéra au vol. Ce côté du cercle rayonna, à demi partagé entre celle qui persistait à troubillonner, guère émue, et la toute blonde secouée en silence. Impatienté, le tambourin sonnait le tocsin plus vite encore, l'affreuse ombre s'approchait, tranchée d'un rictus blanc. A la faveur d'une roue, elle fut à ses côtés et brandit sa serre mal affûtée. Désespoir, et de s'agripper follement au bras du "on" familier, qui lui pressait l'épaule sans l'entendre gémir.
"On" avait l’œil adolescent, le cheveu long pour un garçon et, sans doute, des connaissances dans la foule que ne tromperaient pas la chemise, au milieu des circonférences. "On" rosit au regard roturièrement direct, à la paume cambrée, impérieuse, à l'idée de se donner en spectacle.


- Par la Dame, excusez-la. Nous cherchons..

Les doigts tendus vers terre frémirent, sourds comme une condition. Pour dissiper les mouches à miel, il fallut bien les cueillir.

Pauvre Sigaie ! Toute la matinée, elle avait erré dans sa caboche, proie de ces accès hystériques qui lui gondolaient les veines en douce. Elle se levait parfois, s'accolait à la fenêtre, se penchait sur Jeit et en ramenait aussitôt ses joues connotées d'angoisse. Cyter se recréait dans un miroir, l'autre gamine devait jouer non loin à nourrir ou noyer la gent souricière qui peuplait l'étage.
Une légère vibration parcourait le plancher lorsque la petite y laissait choir son pied, à intervalles réguliers, avant de le ramener contre sa poitrine avec le reste de sa jambe, comme hallucinée d'être ici trimballée, posée sans rite ni raison.
Mais c'était là accorder à des êtres in-finis des pensées qu'ils ne pouvaient ressentir, songeait-on tout en scrutant ce zélé reflet, dans l'espoir d'y gommer toute trace d'âge -de féminité, ce qui revenait au même. Sous la chemise, la poitrine compressée dans les bandages. Le pantalon large pour masquer les hanches. Les cheveux lâches. Elle imagina un frisson roucouler le long de son échine alors qu'elle perfectionnait encore l'angle de vue, jusque dans le coin cassé. Parce qu'elle-même ne s'y trompait pas. Mais cette image semblait si jeune, si jeune, qu'elle n'avait rien d'une femme, rien d'un homme.
Elle saisit son col, le sentit tiède, trouva précisément l'endroit où, sous la chair, ronflait la glotte. Comme on étrangle une dinde, elle pressa les vertèbres pour acquérir la certitude qu'aujourd'hui encore, d'autres pourraient saisir au vol le balancement des cordes vocales. La vibration crescendo decrescendo vint chatouiller jusqu'au doigt le plus creux ; elle reprit ses apprêts.


Sa propre image exerçait sur elle une fasçonnation dont elle n'avait pas conscience. Dénuée devant la glace, elle défigurait inlassablement cet elle involatil, par nippes mâles, accentuation des pommettes, poudres d'escampette. Elle passait un tissu, repassait d'un doigt le pli de l'habitude, empruntait les chemins dérobés qui mènent d'un objet à l'autre, délectée de se blottir dans le spectre d'un précédent contact. Aucun miroir rituel ne captait la même lumière.
Aveugle aux lignes de force, aux symboles qui suggèrent l'esthétique, elle ne voyait sur la surface qu'une personne protéiforme, qui jamais n'était elle. Et l'existence soudaine, imméritée de ces petites faces la volait, car elle les savait vivantes.
"On" les taillait dans du Sargane, on entendait battre leur corps.
Elle voulait croire que le frisson qui ne la parcourait jamais suivait les pointillés.
Elle se complaisait dans le tracé d'une volutueuse jumelle.


Sigaie se mit à geindre, ce qui, chez elle, s'exprimait par des sursauts, un balancement irréfréné d'avant en avant. Ses cils exorbités feignaient on-ne-sait-quoi; les sourcils au qui-vive s'affolèrent. Cyter sertit ses traits du miroir oblong, les placarda, coupable, dans sa cervelle muséifiée. Elle froissa quelque chose sur la table puis, seulement, se tourna vers elle. L'enfant n'était qu'un petit silence cerclé d'un silence plus grand, qui se balançait. Le premier, aussi irascible et insatisfait que le second bête, brut. Sans se presser, la jeune noble glissa certains objets dans une poche interne, certaines feuilles, aussi. Puis, jugeant qu'il était temps, elle s'éleva et capta d'un geste la tension puérile.

« Tu as quoi ? » 

Malgré le ton, ses phalanges empruntaient des courbes trop molles, affectaient. Bancal ou surjoué, c'était là son alliage, et Sigaie le savait, qu'elle parlait à une -Il. Elle se raidit perceptiblement, mais dût s'astreindre à répondre.
Plus que la différence de classes, c'était la hiérarchie qui grouillait jusqu'ici. La défiance bougonne, instinctive à l'égard d'un être foncièrement dissemblable. Un tuteur équivoque synthétisant, séculaire, les fils qui nous lient.
L'appartenance, qu'ils ont voulue absolue, à l'organisme, la confiance par l'habitude, de cette espèce qui suppose les dents sous les babines.
Les secrets mesquins, qu'elle s'efforce d'enterrer dans ce qu'elle suppose être la seule intimité qu'ils laissent, un petit coin de tête ; autour desquels elle se recroqueville, haineuse, informulée, en espérant qu'ils veuillent les lui arracher, en appelant, le rouge aux joues, une appartenance absolue.
Elle est grande, Sigaie, presque onze ans, elle comprend qu'on ne peut pas voir le monde juste par leur prisme. On ne peut plus nourrir la reconnaissance qu'ils exigent, elle a grossi, mûri, acrimonieuse. Sargane sent parfois un regard brûlant corroder Sargane. Mais elle n'est pas inquiète, et toutes deux le savent, sans se le clamer: la haine, c'est juste un moyen de resserrer les nœuds, de tatouer cette aliénation profonde -et celle de Sigaie est si médiocre.
Certains gosses ne doutaient jamais, ou n'avaient pas besoin, car, vraiment, on les sauvait. Une même certitude chevillée au corps, une même fierté empourprée: il court, il court, le secret, la masse des enfants de l'opprobre coulée en une seule voix. Que leur importait, que cette voix fût muette ?
C'était plus qu'une fidélité: le réseau, Sigaie l'aimait, de tout son Choeur.


Elle obtint une réponse. Bricolée en signes naïfs et secs, inachevés aux entournures. C'était un babillage confus, appuyé par les yeux diaphanes piquetés de méfiance, trouée d'une angoisse sincère. Des malheurs enfantins qu'on tentait de faire passer pour strictement pertinents venaient renforcer le mutisme de la petite, qui retenait visiblement des larmes -de fureur ? Vint l'abdication:

« La Dame, elle existe pas, hein ? Moi j'en ai vu dans le lac Chen, c'est un poisson à la peau de bête qui vit dans l'eau, ça peut pas nager dans les étoiles, ça respire dans l'eau, et nous, on se noie, alors pourquoi elle nous aiderait ? » 

L'argumentation floue rappela à Cyter un dîner qu'avait donné son aïeule, pas plus tard que la semaine d'avant; à l'un des convives qui semblait vouer au céleste cétacé un culte non cantonné aux adresses formulaires, aux superstitions mythiques que les dessinateurs entretiennent, souvent par pur amour de l'allégorique, Iverna avait répliqué, dédaigneuse: « Voyons, ne vous faites pas plus roturier que vous ne l'êtes. La Dame, le Dragon, ce sont assurément de belles représentations, et de ce que vous voulez, mais de là à les tenir pour réels.. ! Et s'ils n'étaient pas que des mythes ? La belle affaire ! Non, je n'adorerai jamais une bête, fût-elle légendaire. Vous savez, je crois qu'il est peut-être quelque chose ou quelqu'un, au-delà de ces énergies primitives. Si, vraiment, il fallait que je m'adresse à lui, à eux, il faudrait qu'ils aient quelque chose de plus.. humain. Sinon, comment pourrais-je croire qu'ils m'écoutent ? »
Ce réquisitoire devait entraîner l'adhésion, avait-elle songé. Aujourd'hui, cela n'avait plus guère d'importance. Comme nombre d'alaviriens, Sargane avait ces tics de langage, ces croyances qui dessinaient en filigrane l'importance culturelle du Couple. Il ne lui serait jamais venu l'idée de prier vraiment la Dame, voire de lui élever des autels -dans une certaine frange de la noblesse, ceux qui s'embarrassaient d'autres salamalecs qu'une offrande propitiatoire de temps à autre étaient stigmatisés comme des fats, voire des illuminés, avilissant l'honneur dessinateur et grand guerrier. Aussi ne s'était-elle jamais représenté la Dame comme bien distincte des Spires et susceptible d'influer sur leurs destinées. L'émoi de la fillette en était d'autant plus troublant: qui, au sein du Chœur, pouvait colporter pareilles superstitions ?


« Non, elle n'existe pas vraiment. Elle ne peut pas nous -nous entendre » , hésita-t-elle.

Le temps filait. Sigaie, lèvres pincées, plus blanches que tout son corps albinique, la fixait. Prise d'une aspiration subite, elle lança sa vue vers l'arrière, revint, et, posément, signa:

« Au fond, ce n'est pas si grave, pas vrai ? Des Dames, il y en a d'autres. Il y en a -une. » 

Avait-elle conscience de glisser le long d'un sens maintes et maintes fois éprouvé, dont l'onomastique questionnait la nature de la divinité même ? Toutes deux savaient ce qui allait suivre. Sigaie secoua la tête pour en ôter les mèches, se raidit -mais Cyter lut, dans l'immobilisme soudain, sa fascination répondre à la sienne. Solennellement, elle prit les menottes en main: la droite coule sous la gauche, remonte souplement alors que l'autre s'éclipse, pointe, pivote vers le visage, concentrée dans l'index, en esquisse de loin l'ovale puis s'ébroue à hauteur de clavicule.

« Ailil » 

Ça supposait tellement.
Til'Eyvindr ou Zil'Urain, la, jeune, femme, noble, belle, le geste, inatteignable, voire inaperçu, qui déjà avait valeur de prière. De signe au sein du langage éponyme, dont seuls les initiés percevraient l'importance. C'était un passage délicat, l'enfant, vigilante, fit son possible pour couler son paraphe dans celui de l'aînée. Un grain de terreur s'y entait aussi, elle s'ingénia tant à masquer sa défiance des discours trop lus -et son adhésion- que tout s'exhalait, signait en révérence. Pénétrée, malgré elle, d'un respect écrasant. Cyter jugulait son propre enthousiasme, néfaste, elle le savait, à l'enracinement de cette im-pression dans l'enfantine caboche. Le geste se devait d'être parfait.


« Ailil » 

Celle, tu sais, qui vous sourit, parias, qui venge doucereusement son silence par la musique, dit-on, joueuse de violon de Hamlin dont le charme fait vibrer chaque corde de ce qui est nous, qui vous élève, qui incarne au monde la symphonie dont vous, dont nous sommes chaque note. Qui sublime et gomme par sa grâce les altérations, jusqu'à la plus petite croche boiteuse.
Sigaie, muette aussi, comptait dans sa tête les battements de son cœur. Malgré elle, il s'assagit.
Ce fut à cet instant que l'autre gamine entra dans la pièce. Sans accorder un mot à sa camarade, elle tira par la manche celle qui ne pouvait l'entendre que par les yeux et annonça, exhibant fièrement un bras bizarrement excorié:


- On m'a mordue.

Et la grande ombre emporte dans ses voiles, sous le soleil d'Al-Jeit, une deuxième compagne.

Au soleil d'Al-Jeit, chaque visage est avantageusement d'éclats, traversé de part en part par une lumière blanche. Les traits s'estompent, la poussière d'or que soulève le troupeau des curieux endore les noms que l'on pourrait connaître, qu'on ne reconnaît pas, puisqu'ils ne peuvent y être. Un marchand profite du spectacle pour faire jaillir un collier dont la gemme rouge écorche la réfraction, assorti au foulard que Shawna brusquement révulse, les nantis claquent des mains, peu de nobles, en fait, pourquoi s'arrêteraient-ils sinon de loin. Penchées aux fenêtres, deux vieilles femmes ponctuent la danse de hochements de tête. Les pavés de la Grand'place, géométrie de matériaux précieux, vibrent doucement sous les pas des dessinateurs, mais leur chaleur n'exclut pas les profanes qui, pénétrés de la beauté de l'endroit, s'épanchent sur la splendeur mathématique.
Les gemmes sont versicolores, plus minérales, nuancées que les couleurs criardes ou telluriques qu'exhibent ce ballet d'itinérants. Par et pour le peuple; la paume de la roturière est calleuse, par endroits comme couverte de cloques et autres disgracieux durillons. Venus du Sud, encore plus bas, certains nobles ont la peau aussi noire. Mais la leur semble douce; celle-là est une poignée de boue jetée à la face de Jeit. Pas que la ville ne regorge de roturiers ou d'amuseurs publics -mais, ceux-là font partir du paysage. Ce n'est pas à ceux-là qu'une Dil'Muren prend la main.
Ni ceux-là qui la dérobent. Voilà pourquoi, en chemise, j'erre sans l'être de noblesse.


Elle savait les pas, au salon. Mieux, par hasard, elle savait l'espace.
Comme un insecte piqué par le bruit, la saltimbanque adaptait sa danse au son, laissait son venin se répandre -en elle, autour- puis le recrachait en torsions, en acrobaties toujours plus féroces. Le creux de son croissant de bouche semblait devoir trancher sa tête en deux parts égales; les dents s'extorquaient une à une, à mesure que le plaisir se faisait plus incarnassié. Cyter n'hésita guère.
Elle commença par caler ses gestes sur ceux de l'autre, formant en décalqué des distorsions semblables, quoique non identiques, écoutant de tous ses yeux la musique que trahissait ce corps, puis seulement ce corps.
Le rythme: une pulsation mentale débitant un tempo intérieur comme le sourire de Shawna débitait l'espace. Au besoin, sentir son sang, tournoyé de plus en plus vite, de plus en plus rose.
Les pavés délicats de Jeit transmirent à ses pieds le sceau du tambourin. Presque inutilement: c'était la danseuse qu'elle suivait, la courbe du bras se résorbant en arc sec, les orteils frémissants qui annoncent le saut, parce que -il n'y a nulle différence entre lire les lèvres et les corps. En ôtant, bien sur, le sûr.
Alors, prenant peu à peu conscience en elle, elle empreinta les chemins invisibles, ceux dans lesquels on se coule avec délices car ils sont instantanés, balisés, purement spatiaux.
La noiraude jouait parfois d'acrobaties, de grand spectacle qui donnaient aux bouches badines des aspects ronds, elle s'astreignait alors à des schémas plus classiques, qui dénonçaient presque les bals impopulaires. Mais ce n'était pas dans les salons qu'elle avait appris à danser, pas avec ces manies d'en-avant-la-mutique.
Leurs ombres dioptriques se traçaient aux arêtes éclatantes du sol, sur les pierres plus rares, c'étaient deux ombres noires. Elle se repérait à leur relief, l'escaladait des yeux, s'enchantait du reflet brut, esquisse trompeuse de son mouvement. Alors, elle suivait les contours, et les points intracés, pour juguler les trous qui les séparaient, les trouées de lumière dont elles étaient les creux.


Non, elle ne s'exerçait pas avec autant d'ardeur que son inégale, mais commettait des gestes que son véritable nom lui eût interdit. La danse, un instant, perdit de son allant, l'agitation, globuleuse, condamnait de nouveau sa galaxie ouatée. Au demi-tour suivant, elle agrippa la main qui l'avait rattrapée, lui imprima une immobilité qui prit effet quelques secondes plus tard -des secondes élancées, lancéolées .. !
Shawna s'effaça brutalement -provisoirement ?- du cercle, tambourin et luth se lancèrent, apparemment, dans un duo énergique (oh, ces pierres jeitiennes cristallisant même l'écho faiblard des grelots, le lamento des cordes, surtout). Une fragrance salée, chaude et légèrement ivre lui tournait la tête -transpiration spatiale, mais elle trouva la force de balbutier:


- Je cherchun homme enfant. Une fille, de uit ou neuve ans. Elle était - par ici-

L’essoufflement l'empêcha de poursuivre, et un éclat brusque dans la foule. Elle n'aurait su décrire la gamine en question ; de toute façon, c'était parti comme ça, à croire qu'elles ne venaient pas de se désosser sur et sous la Place.
Ou qu'elles y étaient encore, un peu trop mouvementées pour songer à penser.
Ou à parler autrement qu'en traçant dans l'espace, avec les mains, ou -face soleil, elle cligna des cils. La Place scintillait, trop, mettait des rayures versicolores sur les dents railleuses de l'itinérante, toujours au clair -elle, ingambe.






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     ~Bals de diamants, hanches roses ;
              Et, bien sûr, je n'étais pas né
                              Pour ces choses.

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MessageSujet: Re: Petits pieds indiens et rideaux vifs - P(rocès) V(erbal) sur la place publique [Inachevé]   Dim 17 Mar 2013 - 16:07

Elle n’était vraiment pas amusante, la gamine. Shawna n’avait absolument pas eu l’intention de se moquer d’elle, de la vexer ou de l’effrayer – juste de l’entraîner dans sa danse, de rire un peu. Il y avait des gens bien faibles qui frôlaient de leurs petits pieds indiens la terre – des gens qui vibraient de peur et de pleurs au moindre dérapage, incapables de réagir calmement à une situation, qui se laissaient vibrer comme des violons, laissaient les archets jouer sur leurs cordes sensibles sans se défendre. Des gens incapables de prendre de la distance, incapables aussi de se laisser aller, cordes de luth beaucoup trop tendues, et qui claquaient au moindre effleurement des doigts.

C’était bien triste, tout ça.

Elle aurait voulu la faire revenir, la faire danser encore, pour lui faire comprendre son rythme, lui faire comprendre que, toute cette pression qu’elle se jetait sur les épaules comme un manteau trop lourd pour elle, était en fait plus légère qu’une plume, obsolète, absurde, inutile, idiote. Mais Shawna n’avait jamais couru après personne pour lui apprendre la vie, et se contentait d’expectorer sur ceux qui évoluaient autour d’elle comme des planètes autour du soleil, assez proches pour entendre ses rayons brûlants. Les débris qui sortaient de sa galaxie – peu importait. Et si la petite gardait dans son esprit le souvenir de ses dents blanches dansant sur son visage de suie, comme le sourire d’un chat sans visage, ce n’était pas son problème. Si elle transformait, dans son esprit déluré, le jeu en moquerie, le rire en mépris. A chacun de se forger ses souvenirs, et de choisir d’en créer de bons ou des mauvais. Elle avait choisi de faire du jus d’orange avec des ananas – si l’autre choisissait de faire de la soupe de chaussettes avec des raisins, qu’elle s’amuse. Fuir était une bonne solution pour ne pas jouer. Au fond, c’était bien la meilleure des solutions – la fillette qui ne voulait pas danser qui ne dansait plus, et Shawna qui le voulait et choisissait une nouvelle compagnonne. Celle ou celui dans les bras de qui la gamine était allée se cacher, tiens – peut-être que ça lui montrerait qu’il n’y avait pas de peur à avoir, et que les grands méchants Itinérants ne mangent pas les pauvres petits chaperons blonds. Celle-là semblait vaguement plus dégourdie – plus âgée, aussi. Mais pas beaucoup plus féminine – pas à la manière d’un gosse, mais l’adolescent n’est que le nom utilisé pour la tranche de vie suivante. Shawna ne se laissait pourtant pas démonter facilement, et n’avait que faire des tergiversations identitaires de son cavalier. Elle avait elle-même dansé habillée en homme, il n’y avait pas si longtemps. Enfin si, il y a longtemps. La différence entre la mesure du temps, le ressenti du temps et la force des souvenirs resterait toujours un mystère non-élucidé.

Elle n’excusa donc rien du tout, et surtout pas « Par la Dame », parce qu’excuser la gamine aurait signifier lui accorder beaucoup plus d’attention qu’elle n’en avait à offrir, que le tambourin continuait sans attendre de laisser le temps à des conversations mondaines, et que la Dame n’avait certainement pas grand-chose à faire de ce que pouvait ressentir ni la petite fille, ni l’itinérante. Dansons. La vie n’a qu’un temps.

Et quel temps !

Shawna aimait partager ses tempos. Sentir la musique vibrer chez les autres, savoir qu’ils partageaient les mêmes sons et les mêmes pulsations. C’était quelque chose de puissant, la musique, quelque chose qui appelait à des émotions semblables, qui formait des liens entre les gens sans qu’ils ne s’en rendent compte. Sa vie était tissée de musique, sa famille était tissée de musique, et sans musique il ne restait jamais rien, rien que le silence dans des crânes sans intérêt.

Mais la fille avait, apparemment, mieux à faire que de danser. Mieux à faire que de se laisser emporter, mieux à faire que de se poser un temps, et cette main, appelant son esprit à s’arrêter sur autre chose, lui fit froncer les sourcils et fit poindre un grain d’agacement au milieu de ses grains de beauté – il aurait presque pu passer inaperçu. Elle s’effaça dans un nouvel élan de luth, laissa la place dans le cercle, en hurlant à qui voulait :

- A vous, les amis, à vous !

Et de tourner son visage vers celle qui n’avait pas su se retirer de la danse à la fin de la cadence, qui avait certes attendu la fin de la mesure, mais pas de la strophe, puisqu’elle avait attendu quatre temps au lieu de huit. Erreur d’amateur. L’écouter parler en continuant à battre la musique du pied et de mouvements des épaules, la voix étrange, déformée à la fois par sa gorge et par la musique qui noyait ses paroles aux oreilles de Shawna. Mais qu’est-ce qu’elle voulait qu’elle sache où était son autre sœur ? Entre la pleurnicharde et la fuyarde, elle plaignait presque l’adolescente. Shawna sourit, à contre-jour – ça ne devait pas être bien visible.

- Oui, j’l’ai vue passer tout à l’heure, elle est partie par-là !

Et de montrer, du bras, une ruelle parallèle. Comment voulait-elle qu’elle sache ? Elle ne savait pas à quoi ressemblait la gamine, était entourée d’un cercle de spectateurs depuis un certain temps, parmi lesquels, un rapide coup d’œil le lui confirma, il y avait bien quatre ou cinq gamines pouvant avoir à peu près cet âge-là. Mais elle irait chercher dans la rue qu’elle lui désignait, si elle était crédule, ou pas, dans le cas contraire, et ça faisait une belle jambe à Shawna. La danseuse avait toujours adoré envoyer les passants dans les mauvaises directions, dans Al Jeit, et s’amusait parfois à inventer des itinéraires particulièrement précis – et qui ne croirait pas l’itinéraire d’une itinérante ? Ca la faisait mourir de rire. Elle tourna la tête. Yeleen, qui venait de sauter gracieusement de dessus son tonneau, en continuant à tambouriner gentiment, rejoignait sa sœur.

- Si tu ne danses plus, on y va ? Tu avais promis…
- Ouais, j’t’emmène.

Et Yeleen d’applaudir avec ses grelots dans un capharnaüm qui fit grimacer l’aînée et sourire béatement la benjamine. Les spectateurs commençaient à s’éloigner, d’autres traînaient, peu pressés, en écoutant les accords languissants du luth en solo. Shawna passa derrière sa sœur, et laissa ses bras pendre au-dessus de ses épaules, posant son menton sur son épaule gauche.

- J’comprends pas trop ce qui t’attire tant là-bas, mais enfin bon…

Petit sourire en coin de Yeleen, qui vira sa sœur de ses épaules d’un geste du bras et d’un pas sur le côté – ce n’était pas très proper.

- Est-ce que je te demande ce que tu trouves à tes bagarres des rues, toi ? Non, je me contente de t’inventer des excuses quand Pa demande où tu es, et de t’aider à cacher tes bleus avec mes poudres.
- Bah, faut bien qu’elles servent à quelque chose !

Regard incendiaire de Yeleen.

- C’est du pur gâchis de les utiliser ainsi.

Shawna rit avant d’embrasser sa sœur rapidement sur la joue, d’aller dire au revoir au luthier qui avait décidé de rester encore un peu, et de s’éloigner avec Yeleen dans l’une des ruelles, en direction des demeures les plus aristocrates.

- Tu cherches une demeure en particulier, ou c’est juste pour te balader dans le quartier ?
- Tu promets de ne rien dire à Pa ?

Roulement des yeux.

- Et de ne pas me gronder ?
- Yeleen, quand t’ai-je grondée pour la dernière fois ?
- Hier soir, quand j’ai piqué une patate dans ton assiette.
- C'est pas pareil.

Mine boudeuse. Double mines boudeuses.

- Bon, tu vas cracher le morceau, oui ou non ?
- J’ai trouvé la résidence des Kil’ Wen.

Sans laisser à sa sœur le temps de la couper, elle enchaîna.

- Et, il y a un muret où on peut grimper et regarder dans les jardins, et il y a une fille, je crois que c’est notre cousine, et, et… Shawna ?

Shawna s’était arrêtée en plein milieu des pavés.

- Yeleen ?

Petite voix.

- Oui ?
- Tu ne trouves pas qu’on a déjà assez de cousins comme ça sans en chercher d’autres ?

Soupir de soulagement de Yeleen, qui s’attendait visiblement à pire réaction.

- Tu m’aideras, alors ?
- A quoi ?
- Ben… J’aimerai bien que… Oh !
- Quoi ?
- Regarde !

Shawna leva les yeux. Au bout de la rue, une fillette, les cheveux bruns et raides, les traits grossiers, tapait sur un chien avec un bâton. Yeleen se mit à courir vers eux, avant de pousser la fille.

- Mais arrête !

Le chien grognait, aboyait. Soupir de Shawna.

- De quoi elle se mêle, encore…

Et puis courir, pour la rejoindre.



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Petits pieds indiens et rideaux vifs - P(rocès) V(erbal) sur la place publique [Inachevé]
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