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 Et de cinq !! [Terminé]

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Primat de Kaelem et Maître dessinateur
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MessageSujet: Et de cinq !! [Terminé]   Mer 8 Fév 2012 - 20:34

Le ciel hivernal accorda à quelques rayons du soleil de passer à travers les maigres interstices qui se glissaient parfois entre les nuages. Ces derniers filaient à une vitesse ahurissante vers le sud. Le vent n'avait jamais été aussi puissant que cette matinée-ci, même les oiseaux avaient de la peine à voler.  Le vent balayait les plaines et la vie commençait à battre dans la célèbre Académie de Merwyn. Les cours débuteraient dans quelques heures et les professeurs préparaient avec minuties les derniers préparatifs des cours de la journée.
A part Myra. Etant encore dans son lit, elle eut les plus grandes peines du monde à se lever. Lorsqu'enfin elle réussit à se mettre sur le côté, à se redresser un peu, elle se heurta à une barre presque aussi dure que la vargelite des armures de la légion noire. Presque. Ses yeux s'éclaircirent et ses idées avec. Elle ne se trouvait pas sur son lit, mais sous la grande table de la salle principale. Oui, elle s'était endormie sous la table. Inquiétant venant de la part d'une maître dessinatrice ? Et en plus de cela, de Myra Ril'Otrin ? Oui, c'était même plus qu'inquiétant. D'habitude si ordonnée, elle aurait su où elle se trouvait dès les premiers clignements de cils. Sauf que ce matin-là était différent des autres matins habituels de la dessinatrice. Elle ne se souvenait de rien comme si un ras de marée avait emporté au loin tous les souvenirs qu'elle aurait pu avoir de la veille. Sa mémoire était tel une plage déserte des Archipels. Vide, sablonneuse. Fronçant les sourcils, la dessinatrice sortit de dessous du meuble en bois – et cette matière-ci était loin d'être aussi dur que la vargelite des soldats, très loin – et essaya de se lever sur ses deux jambes. Impossible. Elle tremblait comme les feuilles au dehors, elles flageolaient comme jamais. Se hissant à l'aide de la table, elle réussit à braver la douleur lancinante dans ses jambes, mais une nouvelle vague apparue soudain. Cette fois-ci elle se trouvait ailleurs. Comme naturelle et appelée par le démon. Une vague d'une force impressionnante, d'une force insoupçonnée. Plus haut que ses genoux, plus haut que son ventre, plus haut que sa poitrine, plus haut que sa gorge, plus haut que son visage. Elle souffrait le martyr. Son crâne l'assénait de grands coups non mérités aux tempes. Des coups non mérités d'après ses souvenirs très vagues, à vrai dire inexistants.
Se dirigeant difficilement vers sa chambre, elle essayait de rassembler ses derniers souvenirs, le regard dans le vague. Des images se baladaient dans sa tête, toutes des bribes de souvenirs refoulés ou oubliés.
Une table de bois sombre... un liquide de couleur recouvrant un plancher... d'un rouge bordeau... des gens... tous étrangers... une table, plus loin, plus haute... des éclats l'aveuglant... des éclats de... verre... des éclats annonciateurs de problèmes... des éclats meurtriers... assassins de la raison. Mais un verre en particulier. Le souvenirs d'un verre vide, plusieur fois rempli, devant... elle.
Les sourcils froncés, elle comprit se qui s'était passé. Pour la première fois de sa vie, Myra ne savait pas comment gérer cette situation. Elle ne savait pas quoi faire et elle ne savait encore moins quoi dire. Elle savait simplement que ce n'était pas la première fois. Ni la dernière. Cette situation dans laquelle elle ne se serait jamais vu tomber, cette situation dans laquelle elle n'avait pu éviter de tomber. Le gouffre dans lequel elle s'enfonçait était bien trop grand pour qu'elle réussisse à en trouver la sortie, à en trouver ne serait-ce que le commencement. Elle n'arrivait pas à se dépêtrer de l'ombre qui l'assaillait, bien trop forte pour elle. Depuis plusieurs jours, même plusieurs semaines, Elle la traquait tel un loup affamé sur sa proie. Elle avait commencé à l’envelopper de sa toile et avait presque fini de tisser les dernières chaînes emprisonnant la dessinatrice. Elle l'avait enfin prise entre ses doigts, entre ses griffes. Elle. La honte. Cette dernière s'était alors alliée à la détresse afin de renforcer les barrières, mais ce n'était pas tout. La détresse attira à son tour d'autres sentiments que la femme ne voulait pas posséder. Elle haïssait ce sentiment de haine qui commençait à envelopper son coeur. Ce sentiment de vide. Elle...

Myra tourna subitement la tête lorsqu'un bruit résonna dans le couloir, la faisant sortir de ses pensées funèbres. Elle se rendit soudain compte qu'elle s'était arrêtée en chemin et se tenait à présent au beau milieu de la pièce, immobile. Elle pensait trop, mais elle n'arrivait pas à oublier. Comme si cela ne suffisait pas, elle devait préparer un cours qui se déroulerait dans à peine quelques heures. Et pour une fois elle avait du matos à mettre en place. Beaucoup à vrai dire. Elle s'était donné de la peine afin de concocter un cours intéressant qui n’ennuieraient pas les élèves dès les premières secondes. Elle espérait capter leur attention au moins durant la première demie-heure, après elle savait que tôt ou tard ils penseraient fatalement à autre chose. Elle s'était jetée dans son travail pour oublier, sauf que celui-ci ne l'aidait en rien. Il ne faisait que la confronter à la dur réalité dans laquelle elle s'était jetée d'elle-même.

Son mal de tête s'intensifia. Se rendant vers sa garde-robe elle ôta les vêtements sales de la veille qu'elle portait encore et les laissa tomber à terre sans même les regarder. Elle sortit une nouvelle robe d'un vert olive usé par le temps et, après l'avoir enfilé, passa une cape de la même couleur par dessus ses épaules. Elle s'apprêtait à partir lorsque son reflet dans le miroir l'attira irrésistiblement. Elle haïssait se qu'elle devenait, mais n'y pouvait rien. Elle essayait de ne pas sombrer, mais elle n'était pas assez forte. Son reflet... Myra ne le supportait plus. Il n'était que l'image de son échec, de sa perte, il lui rappellait constamment le vide qui s'était formé en elle deux semaines auparavant. Ce vide qu'elle ne pourrait plus jamais combler. Ses yeux montèrent difficilement vers son visage. Des signes étaient apparus, montrant qu'elle avait récemment perdu du poids. Qu'elle se décharnait, qu'elle s'enfouissait dans sa solitude et sa dépression. Sauf que personne ne savait. A part Duncan, mais elle savait qu'il ne dirait rien tant qu'elle-même n'aurait rien avoué. Il respectait sa douleur et elle lui en était reconnaissante. Ses mains aussi devenaient squelettique. Son coeur manqua un battement, elle se sentait ridicule. Elle avait honte de se lamenter ainsi sur son sort, mais elle haïssait la Dame de ne rien faire. Comment pouvait-elle assumer son rôle sans son instrument ? Sans la moitié d'elle-même ? Elle essayait, mais n'était pas sûre d'y parvenir. Une colère naissante la faisait trembler. Son regard continuait à se ballader tout au long de son reflet, mais elle ne supportait toujours pas sa vue. Elle n'en pouvait plus. La colère ne semblait pas partir. Ses sourcils se froncèrent instantanément et soudain, d'un mouvement de bras extrémement rapide, elle brisa son miroir en mille morceaux qui séparpillèrent aux alentours. Des éclats de verres... encore. Détournant le regard, elle grimaça de douleur. Un bris de verre s'était fiché dans sa main et semblait bien accroché. Elle n'avait pas le temps ni l'envie de se rendre à l'infirmerie, elle prit donc le débris avec l'autre main et le serra de toute ses forces avant de tirer d'un coup sec. Il se retira dans un bruit immonde et le sang commença à gicler. Arrachant un bout de tissu à sa robe de la veille, elle l'enroula autour de sa main en sang, essuyant le reste du liquide rouge sur sa robe vert olive. La couleur ne se remarquait presque pas sur le tissu grenouille de ses vêtments. Avant, elle se serait inquiétée de la blessure et l'aurait mieux traitée, mais à présent à quoi bon. Elle n'avais plus réellement de raison de s'inquiéter. Le pire était déjà survenu. Sans plus de cérémonie elle sortit de ses appartements, laissant la pièce telle quelle, elle prit un énorme sac en toile au passage et referma la porte à clé. Le sang coulait toujours. Le sac était plus lourd que la dernière fois qu'elle l'avait pris sur son dos, mais elle supportait le poids qui pesait sur son épaule. Les élèves qu'elle croisait dans les couloirs se donnaient presque toujours la peine de la saluer, mais attendaient rarement la réponse de la femme. Ils étaient bien trop pressés de rejoindre quelques amis que ce soit ou de se rendre à leurs cours. Après quelques minutes elle arriva enfin dans la cour qui menait vers sa destination. Le ciel était toujours recouvert de ce voile gris de l'hiver et le vent soufflait de plus belle. La dessinatrice rabattit son capuchon sur ses cheveux et continua d'avancer. Elle déboucha enfin dans le clos d'exercice. Le lieu idéal pour sa leçon.
Ayant reservé le clos pour la matinée, elle était sûre que personne ne viendrait la déranger. Elle se dirigea vers le fond et posa enfin le lourd sac de toile au sol. L'ouvrant en hâte, elle sortit les objets qu'elle y avait entreposé, mais à chaque fois qu'elle en prenait un elle grimaçait à cause de sa main blessée. Elle l'ignora cependant très vite, car elle avait plus qu'une dizaine de minutes pour mettre tout en place. Les objets, disposés cinq par cinq les uns à côté des autres, étaient tous alignés sur des supports en bois disposés à égale distance au fond du clos d'exercice. Elle cacha le sac dans un coin et elle finit enfin par entendre le bruit des pas de ses élèves.
Lorsqu'ils furent tous arrivés, elle les convia à se placer chacun en face d'un groupe d'objets en silence. Elle se plaça entre eux et les objets, et commença enfin le cours.


- Bienvenue à ce cours de l'art du Dessin. Pour certains celui-ci est le premier, pour d'autres un quelconque cours dans les nombreux qu'ils ont reçu. Mais pour vous tous, ce cours va être la première fois où vous allez réfléchir à la question fondamentale au sujet de l'art du Dessin. Vous vous demandez peut-être de quoi je veux parler ? Eh bien... je parle de la question que vous devez toujours avoir en tête, celle qui devra vous guider tout au long de votre voyage dans les spires.

Elle observa ses élèves, laissant en suspent leurs pensées. Elle pouvait presque entendre leur cerveau chercher la question en vain.

- Cette question est toute simple. Qu'est-ce que l'art du Dessin ?




[Eh bien je ne vais pas être égoïste, alors je vais donc suivre l'exemple de mon très cher collègue Sieur Cil'Eternit et vous déclarer que : pour le (la) premier(e) à répondre = 15 pts ; le (la) deuxième = 10 pts ; le (la) troisième = 5 pts pour la maison respective.]


_______________
Ne fuyez pas la MAGIE...


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Jeu 9 Fév 2012 - 16:55

Le clos d’exercice n’était pas vide lorsqu’il arriva, mais il était tout de même parmi les premiers. Les ecchymoses avait presque totalement disparu de son visage, même s’il lui restait une ébauche de cicatrice à la tempe et quelques croutes sur les métacarpes. Un cours de dessin. Tout ce qu’il lui fallait pour agrémenter cette journée.

C’est avec un air guilleret qu’il s’approcha, saluant de la tête les élèves qu’il croisait, tantôt agréable, tantôt aguicheur, tantôt diabolique. Il s’assit au pied d’un poteau qui entourait le clos, n’ayant apparemment aucune gêne particulière à s’installer ainsi, en dessous de la ligne des regards des élèves demeurés debout. Le monde lui apparaissait encore plus grand, vu d’ici, les élèves encore plus imposants. Qu’importe, ils ne pouvaient rien contre lui.

Son visage devint sérieux lorsqu’il se mit à scruter avec acuité tout ce qui l’entourait, détaillant les visages, délimitant l’espace de ses yeux électriques. Immobile, son corps trahissait une nonchalance qui contrastait avec l’éclat de ses prunelles. Le cours de dessin était un prétexte absolument valable pour la découverte du don des autres personnes, et leur signature dans les spires ne viendraient que compléter son registre mental. Un jour, il retrouverait sa sœur comme ça.

Mais actuellement, ce n’était pas elle qui occupait la plus grande partie de ses pensées. C’était Ciléa Ril’Morienval, l’assistante, celle que la sirène aux yeux violets lui avait demandé d’approcher. Cette condition, à chaque fois qu’il y repensait, lui apparaissait toujours comme étonnante. Ambre n’avait pas chercher à tirer profit rapidement de ce que Lev lui offrait, elle aurait pui lui demander de l’argent, de l’accompagner, qu’il l’a serve sans férir –perspective qui avait le don de l’exiter un tantinet, il devait bien se l’avouer. Au lieu de ça, elle avait choisis de le tester d’une manière qui lui semblait complètement… Anodine. Mais il ne connaissait absolument pas les liens qui pouvaient unir la roturière à l’assistante de dessin.

Quelle ne fut donc pas sa déception de voir que leur professeur du jour n’était pas Ciléa. Le visage de Lev se colora de dégout, un petit instant, avant qu’il ne se refonde en un masque de courtoisie soignée. Mais son esprit était en ébullition. Déjà, sans la connaître, sans l’avoir jamais vu, pas même dans les couloirs, elle l’avait trahit. Elle était venue à la place de Ciléa. Elle lui avait volé sa dette à payer.

D’un œil incisif, il nota son visage agréable, ses longs cheveux blonds qui tombaient dans une capuche informe, et le bandage teinté de sang qu’enserrait sa main. Une coupure fraiche, du sang frais. Lev eut un sourire, comme si le miroir brisé aut pu le venger de l’insatisfaction de son désir de voir Ciléa. La professeur lui apparaissait comme insipide face à la noble qu’il sublimait dans ses pensées. De plus, le cours de dessin précédent avait déjà vu débattre de ce qu’étaient les spires, et il n’était pas vraiment passionnant de ressortir toute les bêtises qu’il avait infligés à la classe, alors.

Il resta donc silencieux, les yeux brûlant, dans l’attente d’un exercice pendant lequel il pourrait se laisser aller à son pouvoir.



_______________
Spoiler:
 


J'aurais du sang sur les doigts
et l'éclat de tes yeux vides
comme antichambre au trépas
de mon âme impavide




Lev Mil'Sha
// Anaïel // Miaelle Campbelle



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Flamme
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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Jeu 9 Fév 2012 - 17:21

Une paupière qui se lève. Pour retomber immédiatement.
Un effort surhumain, déjà. Les jours passent et le froid s’installe, saisit les peaux frileuses et scelle les mirettes endormies.

Trop tôt. Pas le bon jour. Trop froid. Repassez plus tard.
Mais il est l’heure. À travers la membrane charnelle, les rayons pâles filtrent. Pâles et encore faibles. Eux aussi, ils subissent. Le froid n’a pas de pitié. Mais ce n’est pas une excuse. Les études, c’est à l’année. Pas juste quand ça arrange. Malheureusement.

Un clignotement. Une lutte acharnée. Mais la fatigue est tenace. Et têtue. Elle ne lâchera pas. Faut pas rêver.
Un soupir. Glissement de draps. Le froid s’insinue. Sournoisement. Comme une brise serpentine, il court sur la peau exposée, il se faufile entre les mailles du tricot. La trahison des vêtements.
Désespoir. À quand l’été ? Qu’on puisse se plaindre de la chaleur...
frisson. Le froid piquette la peau de petites bosses. Comme des millions de petites choses qui se rebellent et se dressent contre ce froid cruel. Cruel et invincible. Pas d’effet.

Et puis les deux yeux cèdent. C’est la fin, ils se rendent. Plus la peine de lutter, l’ennemi est trop fort.
Défaite amère...

***

... Amère comme le thé du petit déjeuné. C’est pas bon, mais c’est chaud. Alors, on fait un petit effort. Une gorgée et puis les deux mains sur la tasse. Ça réchauffe comme ça peut, et c’est déjà bien.

Même le pain dort encore. Ça doit bien faire dix minutes, que Gwëll le regarde. Mais il n’a pas eu l’idée de se couper en deux, pour l’instant. Et la confiture, pas mieux. Même pas sûr qu’elle se sente observée. C’est vraiment pas le jour. Quel manque de collaboration...
Dans la salle commune, c’est le dortoir. Tout le monde louche dans le fond de son bol. Et ceux qui n’ont pas de bol ? Eh bien, ils jettent sur ce monde givré une regard morne et encore ensommeillé. Plus d’un s’endormira en cours...

***

...Courir pour arriver à l’heure. En avance, certes, mais ça laissera au moins le temps de se reposer avant de commencer. Où, déjà ?
Le clos d’exercices. La porte est déjà là, lourde et sourde. Gwëll la regarde. Mais elle non plus ne veut pas collaborer, elle qui reste fixe et qui la regarde dans le blanc de l'œil, la comme ça. Fatiguant, à la fin.
Alors, on sort les mains des poches et on tend les doigts vers la poignée. Glacée.
Grimace. On tire. Ça grince. La porte et les dents.

Dedans, il fait tout noir. Juste quelques élèves, là, droits comme des piquets gelés. Et la prof, dans son coin, silencieuse. Et tout le monde de s’observer. Voir qui avait les plus gros gants. Essayer de reconnaître ses amis, sous l’amas de vêtements chauds.

Et puis, tout le monde est là. Intro au cours, question rhétorique. Ou pas. Question tout court. Qu’est ce que l’art du dessin ? Cinq pages en trois axes Arrow


L’art du dessin ? C’est... amener entre ses mains ce qui était dans notre esprit ? Comment dire ? C’est quand on contr... concri... concréc... concrétise ce qui est pas réel ? Une sorte de magie... comme... les fées ?

Oui, comme les fées, exactement. C’était le Petit Prince qui l’avait dit. On aurait pas dit, comme ça, à première vue, mais il en savait, des choses, le Petit Prince. Et, lui, il savait toujours garder la tête froide.


[voila =)]


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Etincelle
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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Jeu 9 Fév 2012 - 19:26

En retard ! Elle était en retard ! Pour un peu, elle se serait giflée. Certes, elle n'avait appris l'existence de ce nouveau cours que tard dans la matinée, certes, elle avait tourné en rond un bon moment avant de trouver ce satané clos d'exercices, mais ça n'excusait pas. Pas tout, en tout cas.
Alors qu'elle courrait à travers les jardins, le souffle court, elle se remémora avec une grimace dépitée sa journée qui avait pourtant si glorieusement commencé.

***

Le froid. C'est la première chose qu'Attalys perçoit en posant un orteil hésitant sur le sol glacé. Le lit s'enfonce légèrement sous son poids tandis qu'elle se lève en tremblant, emmitouflée sous un amas de vêtements de laine. Déjà, elle ne souhaite plus qu'une chose : se recoucher. Et s'endormir. Jusqu'au printemps.

***

L'eau chaude coulant sur son corps frigorifié lui arrache un soupir de bien-être. La jeune fille ferme les yeux et, avec un large sourire, se savonne lentement, chantonnant entre deux giclées d'eau brûlante. Elle desserre soudain les paupières, juste à temps pour apercevoir une bulle aux reflets irisés s'élever dans les airs en tournoyant gracieusement. Les couleurs dansent dans ses pupilles dilatées. Rose, mauve, pourpre, bleu, indigo... Reflets infinis et éphémères.

***

Elle court. Les arbres défilent de part et d'autre d'elle, statufiés dans leur costume hivernal. Les branches couvertes de givre scintillent doucement à la lueur du soleil. Elle sourit. Le vent joue avec ses cheveux, tourbillonne autour d'elle, comme un petit animal taquin. Révélation. Elle aime courir.

***

Elle court. Mais plus pour les mêmes raisons, cette fois. Les mots résonnent encore dans sa tête. "Cours de Dessin dans le clos d'exercices, tous niveaux compris"... Une bise glacée s'élève, lui arrachant des larmes gelées. Ses yeux picotent. Pourquoi ? Pourquoi doit-elle arriver en retard à son premier cours de Dessin ? Elle court.

***

Lorsqu'elle se glissa silencieusement dans le clos, une petite assemblée d'élèves était déjà formée. Son coeur se serra. Ils avaient déjà commencé. Sans elle. Attalys baissa la tête et rejoignit les jeunes dessinateurs sans un mot. Honte. Gêne. Elle savait qu'elle aurait dû s'excuser, mais elle en était incapable. Pour la première fois de sa vie, elle se sentait intimidée. Vraiment intimidée.

Rapidement, sa concentration se porta sur le centre du lieux. Une jeune femme se tenait là, promenant un regard attentif sur le groupe d'étudiants. Blonde, un visage aimable et avenant ; plutôt agréable, en somme. Leur professeur. Et qui leur avait manifestement posé une question. Or, c'était ici que la partie se corsait. Car Attalys n'avait aucune idée de la-dite question. Oh, ça devait sans doute avoir un rapport avec l'Art du Dessin. Mais après...

À ce moment, une jeune fille un peu sur sa droite prit la parole d'une voix incertaine. Grande, des yeux noisette rêveurs et éveillés... Elle ne mit qu'une fraction de seconde à la reconnaître. Gwëll ! Il s'agissait de Gwëll !
Elle l'écouta avec attention. De la magie... Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire réjoui. Oui, de la magie, exactement. Sans la baguette, mais, sinon, c'était à peu près ça. Après un instant d'hésitation, elle se lança à son tour :


- C'est... c'est quand on rend réel une chose virtuelle, qu'on imagine.

Elle laissa planer un silence, indécise, puis ajouta d'une voix un peu tremblante :


- Mais c'est aussi un Don merveilleux et une Voie pleine de mystère, magnifique pour ceux qui ont la chance de l'arpenter...


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Jeu 9 Fév 2012 - 22:19

Enelyë regardait par la fenêtre. C'était devenue son nouveau passe-temps, maintenant que sa maison n'était plus celle qui était confinée dans les cachots. C'était son habitude, maintenant qu'elle ne dormait plus que quelques heures par nuits. La dessinatrice poussa un soupir, retraçant de son doigt le contour de l'arbre sur la couche embuée de la vitre. Le monde était encore plongé dans l'obscurité. Il était tôt, mais c'était déjà le matin. Elle en était intimement convaincue. La vie commence toujours dans l'obscurité. La vie se termine toujours dans l'obscurité. Sur cette pensée, elle fit volte-face, ne remarquant pas les quelques cheveux collés à la fenêtre à cause de l'humidité, avant qu'il ne se décolle pour suivre leur propriétaire.
La Kaelem croisa les bras, remarquant tout à coup le froid mordant. Même à l'intérieur de l'Académie, il faisait relativement froid. Et de toutes façons, cela faisait un moment qu'elle sentait des frissons la parcourir. Un long moment ... Elle soupira à nouveau, observant la chair de poule formé sur sa peau pâle. Elle leva son regard noisette vers le couloir qui s'étendait devant elle. Un pas, puis un autre. Un long rythme régulier, un long rythme calqué sur les battements de son coeur, résonnant atrocement à ses oreilles. Elle se dirigeait vers la salle de bain. A cette heure-là, elle était certaine de ne pas être dérangée.

****

- Non, vraiment ... Je te dis que c'est plus compliqué que ça, Ene.
- Oui, d'accord. C'est vrai que choisir entre beurre et confiture ... Ouais, j'peux comprendre.

Elle se leva rapidement, le froissement de sa robe suivant chacun de ses mouvements. Elle avait depuis bien longtemps abandonné l'uniforme, en se rendant compte que personne ne le portait, de toutes façons. Vêtue, donc, d'une robe d'un rouge sombre bien chaude, elle partit pour le cours de dessin. Elle se demandait un peu pourquoi Myra voulait faire son cours au clos d'exercice, mais cela ne l'embêta pas plus que ça. Ici ou dehors, ça ne changerait rien. Elle aurait froid.
Le vent glacial vient caresser son visage. Attraper son cou pour y déposer ses marques brûlantes. Colorer ses joues si pâles. Le froid la brûle et la consume. C'est paradoxal, mais pourtant ... Ses yeux se ferment pour chasser les larmes qui prennent leur source dans le froid. Ses paupières se ferment un peu trop souvent à son goût. Mais tant pis. Elle arrive où elle est attendue.

****

- Le dessin ... Vous prétendez que c'est simple, mais je trouve qu'il n'y a pas de question plus compliquée. Est-ce la même chose pour tout le monde ? Gwëll nous dit que c'est le fait de faire apparaître ce qu'on imagine. Cette demoiselle, dont je ne connais pas le nom, nous dit aussi que c'est un Don et une Voie. Elles ont raison, n'est-ce pas ? Mais au fond, ce n'est pas ce que vous demandez.

Elle n'en savait rien, en réalité. Mais Enelyë aimait creuser les choses, et ce qu'elles avaient dit était superficiel. Elle jeta un oeil autour d'elle, remarquant non loin un Lev à l'air ensommeillé. C'était sans doute la raison pour laquelle il n'avait pas réagi, et ressorti le blabla inutile de l'autre jour. Elle reposa son regard sur Myra, remarquant au passage son air fatigué, et le bandage sur sa main. Que lui était-il arrivé ?

- Le dessin c'est l'art de concrétiser ce que l'on imagine, certes. Mais on le fait en empruntant des chemins si spéciaux, si étranges. Le dessin, c'est les Spires en priorité. Cet univers où tout semble possible. Il faut suivre un chemin, puis un autre, grimper, descendre, sentir tout le pouvoir autour de nous pour créer ce que l'on veut. Il arrive même que l'on change d'idées en cours de route. Le dessin, c'est l'irréel qui devient une vérité.

Un nouveau regard autour d'elle. C'était l'effet matin qui rendait tout ces élèves somnolents ou bien était-ce son discours ? Peut-être les deux ... En tout cas, elle en remarqua quelques-uns encore réveillés, aussi prit-elle la peine de continuer.

- Le dessin c'est un Don, c'est vrai. Pourquoi certains en sont-ils privés ? Je me le demande depuis toujours. Je crois que ce don est ancré en chacun de nous, à différentes échelles. Le travail pourrait-il servir à le faire émerger ? Ou bien est-ce intuitif ? Je pencherai pour la seconde option, étant donné que je n'ai aucun exemple du premier. Et donc, c'est une Voie, également. Une Voie qu'il faut traverser lentement car elle est très subtile et pleine de surprise. Une Voie qui n'a pas de fin.

Elle était intimement convaincue que le dessin était un don qui ne pouvait se perdre. Les seuls endroits où cela était possible étaient les hiatus et autres endroits infestés de gommeurs. Elle posa son regard sur la professeur. Que lui était-il arrivé pour que ce sourire si faux parcoure ses lèvres au lieu de son habituel sourire réconfortant même dans le froid ?

Peut-être que Myra Ril'Otrin avait aussi froid qu'Enelyë.


_______________



    Papillon Princesse à votre service ! o/

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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Sam 11 Fév 2012 - 1:27

Il y avait des matins où j'émergeais du sommeil sans rien me rappeler des atrocités que j'y revivais sans fin; j'étais glacée et couverte d'un âcre film de sueur mais un oubli bienheureux m'était accordé. Je n'eus pas cette chance pour mon premier réveil entre les murs de l'Académie. Douloureusement courbaturée du fait d'avoir dormis dans le placard à balais de la salle commune des Teylus, chaque détails de mes tortures oniriques étaient gravés en filigrane dans les brumes sourdes de mon regard. Je passais une main lasse et frigorifiée sur mon visage mais cela ne fis rien pour apaiser mon angoisse, et bien que j'eus un instant la tentation de m'arracher la peau de la pointes de mes ongles je laissais retomber mollement mon bras. A quoi bon, ce n'était pas une petite douleur physique qui éloignerait mes cauchemars, d'autant plus que je ne tenais pas à fournir à mes camarades l'occasion de me demander des explications à ce sujet. Je n'avais pas spécialement envie de me frotter à eux du tout. Cela dis, même moi je reconnaissais que fuir mon dortoir pour un placard à balais semblais être un comportement singulièrement pathétique. Un lit aurait été plus agréable, mais l'inconfort ne me gênait guère, déjà j'oubliais les signaux de mon corps rompu pour penser à autre chose. Néanmoins...je n'aimais pas cette lâcheté qui me poussait à fuir toutes présences, quand bien même elle fût endormie. Je devrais au moins être capable de dormir aux côtés de mes camarades. Pourtant, rien qu'a l'évoquer je sentais la crainte s'écouler insidieusement en moi et mon souffle se faire saccadé. Comment me laisser aller à tant de vulnérabilité? Pitoyable ou pas, le petit réduit que j'occupais me semblais être un havre - trompeur, mais qu'y avait-il d'autres?- de sécurité.

Concluant là mes élucubration je rejoignis à pas de loup mon dortoirs afin de me saisir de vêtement propre avant de filer à mes ablutions. L'eau était délicieusement chaude lorsque je tournais les robinets ouvragés, mais je ne voulais pas m'alanguir ni somnoler aussi tournais-je le robinet d'eau froide à fond et, tressaillant à peine, accueillis-je une eau glaciale semblable à celle dont j'avais pu jouir une grande partie de ma vie. Le choc salutaire s'écrasa sur les dernières émanations de ma nuit et je cessais de trembler d'autres chose que de froid. Mes yeux restèrent semblable à deux puits d'horreur voilés, mais s'ils étaient les seuls à me trahir j'estimais que mon état était dés plus correct. En sus de cela, rares étaient ceux doté d'un minimum d'empathie qui s'attardaient à les contempler trop longtemps. Quittant la salle d'eau je revêtis une robe saphir légèrement translucide et parée de doux reflets moirés. Une ceinture de cuir tressé vint agrémenter mon tour de taille souple et je glissais mes pieds dans de hautes bottes de cuirs. Accordant à l'hiver le crédit que je lui devais je passais une lourde cape bordée de fourrure dont je relevais sur ma tête le capuchon qui plongea mon visage dans l'ombre. Le soleil ne se lèverait pas avant plusieurs heures mais je me dirigeais vers l'extérieur, ne croisant sur mon passage nulles âmes vivantes. Il n'y avait que les murs froids. Et moi. De nous deux je n'aurais sut dire lequel était le plus glacé mais la pierre était certainement plus paisible que moi.

Une fois à l'extérieur je me dirigeais aux hasards de mes pas là ou ils me guideraient. Mon regard balayait les alentours sans que rien ne lui échappe, et pourtant je ne retenais rien de ce qu'il voyais, uniquement confrontée au cour sinueux de mes réflexions. Le gravier, puis l'herbe, puis la pierre se succédaient sous les talons de mes chaussures, mais je demeurais imperturbable; manquant probablement de noter la beauté des lieux mais sans en éprouver de regrets. Je me sentais à mi-chemin entre l'hébétude douloureuse et l'apathie, le vent cinglant ne réussissant pas à percer la gangue solide de ruminations dans laquelle je me trouvais enfermée. Il se contentais de rendre ma peau plus insensible encore, et j'aurais probablement put rentrer de plein fouet dans un mur sans m'en apercevoir. Néanmoins le soleil finis par se lever, et je me dirigeais vers le clos d'exercices sur la foi d'un très vague souvenir de ma promenade. Je tombais juste et pénétrais silencieusement dans le lieu alors qu'une femme finissait d'installer ce que je supposais être son matériel. J'étais la première mais je ne pris pas sur moi de briser la quiétude du moment pour saluer et je préférais me placer dans un endroit ou je serais légèrement en retrait, sans pour autant paraître refuser le cours.

Par petits groupes ou seuls, les autre étudiants rejoignirent le clos et je fus soulagée qu'aucuns ne semble conscient de ma présence discrète. Immobile sans être figée, à l'écart sans être isolée, je goûtais ce qui se rapprochais le plus de l'invisibilité. J'en profitais pour observer mon professeur, son regard avait quelque chose de familier et de différent à la fois; un étrange mélange de sentiments si proches des miens et pourtant si dissemblable. C'était inattendu, et bien plus déroutant que rassurant, mais je décidais de ne pas chercher plus avant à la comprendre. Je respectais son fardeau et ne voulais pas en partager le poids; peut-être n'était-ce en fait que de la lâcheté, encore, mais qu'importe. Ses secrets lui appartenaient, je n'étais là que pour apprendre. Sa question me fit immédiatement sentir cette lourde porte qui dans mon esprit barrait l’accès aux spires. Si je ne le voulais pas, je ne basculais pas dans l’imagination; c'était aussi simple et réconfortant que cela.
La première réponse que formula une élève était emplis de tant d'innocence que je sentis mon cœur se serrer à l'écoute des mots simples et pourtant presque éthérés employés par la jeune fille aux cheveux d'ors. Elle donnais l'impression envoutant de n'avoir jamais perdue son cœur d'enfant et que confrontée aux obscénités du monde son aveuglement aurait été totale. C'était là une situation singulière, mais visiblement habituelle car aucunes marques de surprises ou de moqueries n'avait conclut son intervention.
La seconde réponse semblait dénoter d'une même insouciance bienheureuse et la jeune élève qui la formula avait des étoiles pleins les yeux tandis qu'elle parlait avec une passion évidente. Merveilleux, magnifique; chacun de ses mots était prononcé d'un air profondément convaincu que j'aurais été simplement incapable d'imiter.
La troisième réponse était empreinte de fierté, de convictions et un peu plus construite que les précédentes. Elle décrivait le Dessin comme une voie, un chemin sans fin que l'on empruntait.

Qu'était-ce pour moi? Peur et joie; souffle puissant qui peut se faire insignifiant, reflet sombre ou lumineux de notre âme. Le Dessin incarnait la vie sous toute ses formes; hideuses et magnifique; porteuse du souffle vital ou de mort implacable. C'était une extension de nous-même et nous pouvions être tant de choses, avoir tant de visages; l’Imagination et le Dessin n'étaient restreint d'aucunes limites. Ils étaient.
Ne souhaitant pas prendre la parole je me présentais la porte sombre dans mon esprit, ne cessant pas d'accorder au réel mon attention pleine et entière. Indécelable, mon esprit se glissa sous la porte le temps d'un soupir et matérialisa le Dessin de mon choix le souffle suivant. Je n'avais pas quittée les spires de bas niveau et mon intrusion dans l’Imagination avait eut moins de réalité que le rire du vent. Au niveau de la poitrine de l'enseignante un petit bouquet de fleurs s'était soudain matérialisé. De simples fleurs des champs, aux couleurs sans prétentions mais imprégnées de vitalité. Le bouquet tenait grâce à un cordon ébène qui semblait aussi vieux que les fleurs paraissaient jeunes, rêche et sans éclat, il contrastait d'une manière presque choquante avec le délicat bouquet. Une image naïve de la vie encerclée par une représentation de la fin bien trop terre-à-terre. L'imagination était le siège des contraires, incarnation de chacun d'entre nous, elle ne tenais pas qu'aux grand débordements de pouvoirs, pas plus qu'elle ne se restreignait à des notions de bien et de mal. La vie devenait ce que l'on en faisait, à chaque instant, par le biais de chacun de nos actes; il en allait ainsi du Dessin. Du moins, en était-ce la vision que j'avais, et qu'au travers de ma création anonyme, je tentais de partager.


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Mar 21 Fév 2012 - 20:25

[ Désolé pour le retard, j'étais sur les pistes et ensuite je n'ai pas trouvé le temps nécessaire... mais maintenant amusez vous ^^ ]




Myra se délectait d'entendre les réponses de ses élèves. Naïfs, leur expérience était restée à la base du Dessin, au point mort. A ses trois premières dimensions. Soit ignorants, soit lâches de toute tentative de parole, ils ne faisaient aucune allusion à une quelconque dimension supplémentaire. Gwëll fut la première à parler et elle réussit à tirer un sourire à son professeur. Comme les fées. De la magie. Gwëll était loin de l'idée que Myra voulait proposer à ses élèves. Même si pour elle chacun avait sa propre définition de l'Imagination et de tous ses aspects, elle tentait tout de même de leur montrer celui qu'elle, elle voyait. Chacun se faisait sa propre idée de ce monde irréel. Mais était-il vraiment irréel ? N'était-il pas réel puisque l'on pouvait s'y rendre et faire se que l'on désirait entre ces chemins ? A chacun sa vision. Celle de Myra était un peu plus développée que celle de ses élèves. Bon, ils n'avaient pas encore tous donnés leurs avis. Ce fut au tour d'une petite nouvelle que la dessinatrice n'avait jamais eu l'occasion de rencontrer dans ses cours. Cela n'étonna pas la femme que la petite aequor n'ait pas beaucoup de connaissances en cette matière. On n’apprenait pas l'art du Dessin dans les livres. Il fallait s'y rendre en personne. Elle souleva cependant un point intéressant. Une voie mystérieuse. Elle n'avait pas tord. Enelyë prit soudain la parole. Myra l'avait déjà remarqué dans les rangs et s'était vite dit qu'elle allait s'embêter si elle ne trouvait pas une solution pour elle.
Dès les premiers mots de sa plus vieille élève, elle su qu'elle saurait montrer la voie à ses camarades. Peut-être les autres suivraient... Ce ne fut pas le cas. Plus personne ne parla après elle, se qui découragea un peu la dessinatrice. Comment était-elle arrivée au point de n'avoir jamais parlé à ses élèves de l'Imagination ? Elle se démoralisait de l'ignorance de ses élèves. Il fallait qu'elle y remédie.


- Votre camarade, Miss Wind, a touché un point sensible. Peut-être parce qu'elle a plus d'expérience que les autres, peut-être pas. Mais oui, le Dessin est extrêmement compliqué à cerner. Même moi, il n'y a pas si longtemps de cela, je me suis fait surprendre par les spires. Elles sont imprévisibles. Savoir se qu'elles prévoient est impossible. Jusqu'à maintenant, je pensais les connaître, mais il s’avère que l'Imagination et moi sommes des inconnues l'une envers l'autre. Je suis loin d'en avoir fait le tour, je suis même presque sûre que jamais personne ne pourra y parvenir.

Elle se remémora le jour fatidique. Elle revit les débris de verre, Duncan essayant de lui remonter le moral, elle essayant de comprendre pourquoi. Son sourire de façade disparut quelques instants. Il ne tarda pas à revenir, mais elle n'était pas sûre de pouvoir le garder plus longtemps. Le désespoir la gagnait de plus en plus et cela se voyait à son plus grand désarroi. Elle voulait faire bonne impression devant ses élèves, mais les voir, eux, arpentant le lieu qui lui était à présent refuser... Cette vision lui était insupportable. Le Dessin, quel vaste monde... Dans lequel elle ne pourrait peut-être plus jamais aller. Une partie d'elle haïssait ses élèves, mais l'autre savait que se n'était pas leur faute. L'Imagination était sa drogue. Avait été sa drogue.
La dessinatrice entreprit de se reprendre. Il ne fallait pas qu'elle faiblisse.


- L'art du Dessin n'est pas que le simple fait de rendre réel se que l'on imagine, c'est beaucoup plus complexe que cela. J'aimerais vous montrer la quatrième dimension de l'Imagination. Oui, elle n'en pas pas que trois. Tout d'abord, pouvoir accéder aux spires n'est pas un don que l'on peut acquérir, de par la naissance ou autre. Certes, en théorie, c'est exactement cela. Mais je ne suis pas là pour vous faire part de la théorie que vous avez déjà tant entendu et je men voudrais de vous rabattre les oreilles encore une fois à ce sujet. Non, aujourd'hui, je commence par cela pour aborder un nouvel aspect des spires. Celui que nous ignorons la plupart du temps. Je suis là pour vous parler de la « magie », comme le dit si bien Miss Yil'Sleil. De la « magie » des spires. De leurs faces cachées indécelables à nos yeux.

Myra se retourna, fit quelques pas avant de se confronter aux regards de ses élèves. Elle leur mentait. Elle se tenait là, devant eux, leur cachant la vérité. Elle n'avait même pas assez de tripes pour être honnête envers eux. Certes, elle n'était pas obligée de leur faire pars de cela, mais elle se sentait coupable. Coupable de mensonges. Coupable de fraude. Coupable. Elle aurait dû, dès le début, se rendre dans le bureau de l'Intendant et le mettre au courant de sa situation, mais elle n'en avait rien fait. Elle avait bien trop peur de perdre son boulot. Son rêve. Elle avait tant fait pour se retrouver là où elle était, elle avait tant sué pour arriver à rentrer dans l'Académie de Merwyn. La plus grande et la plus prestigieuse d'entre toutes. Elle avait tant rêvé de parcourir ses murs avec aux lèvres son immense sourire et des cours plein la tête. Son rêve s'écroulait, mais elle n'avait pas du tout envie d'abandonner ses espoirs maintenant. Maintenant qu'elle y était parvenue.
Elle dû encore se ressaisir. Décidément, elle n'arrivait pas à se concentrer. Ses pensées allaient dans une seule direction, mais il fallait qu'elle les écarte de sa tête. Tout de suite.


- Vous voyez, les spires ne sont pas là pour nous aider à Dessiner. Là est bien notre plus grande erreur. Les spires ne sont pas de quelconques outils que nous utilisons pour parvenir à nos fins. Non, elles possèdent une âme propre à elles-mêmes. Une âme veut donc dire des sentiments et donc du respect. S'il n'y a pas de respect, il n'y a pas de collaboration. Hors nous collaborons avec l’Imagination. Elle nous offre ce don merveilleux qu'est l'art du Dessin et en contrepartie, nous la faisons exister en l'arpentant. Sauf que sans le respect, la collaboration n'est plus de mise.

Son coeur manqua un battement. Respect. N'avait-elle pas toujours respecté les spires depuis qu'elle avait découvert son don ? N'avait-elle pas toujours fait tout se qu'il fallait pour ne pas rendre furieux ses éclats de lumière provenant de cet autre monde ? Elle ne savait plus quoi penser. La dessinatrice aimait son travail, mais elle ne voulait plus devoir se confronter sans cesse à son échec. La plus grande force est de se relever de ses échecs. Mais avait-elle seulement ne serait-ce qu'un peu d'espoir pour cultiver cette pensée ? Rien ne lui prouvait qu'elle allait récupérer le vide en elle. Rien ne lui soufflait cette douce idée.

- Faites attention à se que vous entreprenez dans l'Imagination. Faites le avec délicatesse et respect... Sinon vous pourrez bien le regretter.

Nouveau silence. Silence réflexion.
Sourire faussement vrai.


- A présent, l'exercice du jour. Simple, efficace. La plupart d'entre vous êtes du niveau étincelle, mais cela ne veut pas pour autant dire que vous êtes des incapables. Certes, vous ne pouvez pas monter énormément de niveaux, mais vous pouvez tout de même créer des dessins respectables. En principe. J'espère que c'est le cas... Bien. Vous avez remarqué en arrivant que j'avais disposé en face de chacun d'entre vous cinq objets identiques, mais différents pour chaque élève. Je vous demanderais de les briser. Mais pas de n'importe quel moyen, ce serait bien trop facile pour vous. Vous êtes là pour apprendre et c'est se que j'ai l'intention de faire. Je veux que vous utilisiez l'eau, le feu, la terre et l'air pour les quatre premières copies. Et pour la dernière... faites vous plaisir. Surprenez vos camarades et moi-même. Je donnerais des points aux trois premiers qui finiront l'exercice.

La dessinatrice se dirigea soudain vers le grand sac de toile qu'elle avait posé au loin. Elle le prit sur son épaule et se dirigea vers un des trônes de bois et disposa cinq nouveaux objets semblables. Une autre plate forme plus loin, elle fit de même.

- Enelyë, vu que tu es plus avancée, je complique ton exercice. Tu aura dix objets.

La primat se tourna vers un autre élève. Assis à terre, il n'avait pas pris la parole. Myra le trouvait trop arrogant et sûr de lui. Elle avait malheureusement trop entendu parler de lui. Il était temps de le remettre à sa place.

- Lev ! Je te donne le même défi que ta camarade vu que tu as l'air si sûr de tes connaissances.

Myra se mit de côté et donna le signal de départ. Elle observa ses élèves durant tout l'exercice qui se passa heureusement sans dommages. Lorsqu'ils eurent enfin terminé de détruire tous les objets, elle reprit la parole.

- Bien. Maintenant, recréez les cinq objets.


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Mer 22 Fév 2012 - 1:39

Il y avait décidément quelque chose de fragile dans tout ce petit monde. Toutes ces personnes assujetties autour de ce même item, le dessin, le pouvoir, la balance de l’irréel. Il y avait ce professeur, qui écoutait mais qui semblait ailleurs, il y avait Attalys, aux yeux de biches, et des compagnons Kaelem, comme cette Enelyë qui finalement avait trouvé les mots les plus justes pour répondre à la question de Myra, et il y avait cette autre, qui avait cru être discrète, en dessinant sans compter sur la présence de Lev qui était à l’affut. Oh, il aurait pu laisser passer la création, mais effectivement, il se faisait un devoir d’emmagasiner, à chaque cours de dessin, le plus de cartographie de pouvoir possible. Et l’autre avait dessiné, légèrement, discrètement, mais pas assez. Il n’en eut cure, et lui décerna seulement un regard curieux, quoique légèrement ailleurs, en lisière d’imagination.

Cependant, les propos de Myra le tirèrent assez de sa semi torpeur pour qu’il émerge complètement et qu’il se focalise sur ses mots, sur ses expressions. Elle semblait avoir un point de vue intéressant, mais il y avait, sous-jacent, quelque chose de troublant, comme une onde parcourant la surface d’un lac, et cette paume qui se serrait sur son bandage, ce fragment – de quoi, de peur, de doute ? – dans ses yeux, qui trahissait autre chose, sans que Lev puisse mettre le doigt dessus.

Le dessin. Cette chose mouvante, mystique, cet art qu’une poignée de personne seulement maitrisait vraiment, cette articulation divine de l’esprit autour de ces trois items – la créativité, la volonté et le pouvoir – qui avait sauvé l’empire, c’était tout simplement génial. Lev ne connaissait aucune autre chose plus belle que l’Imagination et ses spires louvoyantes d’instants prêts à être saisit. Il se savait doué pour les arpenter, il savait qu’il avait quelque chose en lui, son pouvoir de prime, bien plus puissant que ses autres cercles, mais aussi autre chose, une image, une empreinte, une lave particulière qui coulait dans ses veines, quelque chose de plus vieux que lui, de plus ancestral. Il l’attribuait, à raison, à son sang, celui que partageait à moindre dose la plupart des habitants du Village, ce sang gluant de pouvoir que lui avaient légué ses parents, frère et sœur, sublimant leur don respectif pour le fondre en Lev, et lui décerner plus que leur simple addition, le mélange détonant qui l’ancrait dans l’Imagination. Ainsi, dès la naissance, il avait été doté de quelque chose d’étrange, un don mixé d’éléments étrangers qui se complétaient, se multipliait pour le gangrené jusqu’à l’esprit de la folie des spires, leur attrait agissant comme une véritable drogue sur son âme damnée. Il avait un don flamboyant, mais la médaille avait son revers, avec cette fluctuance hasardeuse et mystérieuse, qui le laissait aussi démuni qu’un bambin. En dehors de ces périodes atroces, il savait qu’il pouvait compter sur son pouvoir pour satisfaire ses envies. Il se targuait de posséder quelques connaissances sur la spirale, puisqu’il avait les capacités de les étudier, ce qu’il faisait avec un zèle accomplit. Entendre leur professeur parler de « la face indécelable des spires » l’émoustilla assez pour qu’il se relève et affiche un air intéressé.

Enfin, le moment tant attendu. Lev s’avança de quelques pas, et se trouva presque coude à coude avec Enelyë à laquelle il décerna un regard en coin. Les consignes lui plaisaient, et donnait des perspectives d’utilisation de son don qui lui chatouillèrent l’esprit. Les objets étaient devant lui, alors qu’il était toujours aux côtés de la kaelem. D’un geste délicat, il traça une courbe légère sur la sphère opaque et laiteuse autour de laquelle s’enroulait un ruban gracieux et minuscule, soudée à la surface, s’échancrant en tourbillon par le haut. C’était une belle création, et Lev était presque peiné de devoir la détruire. Ses yeux flamboyèrent d’envie, alors qu’il attendait le top départ de l’exercice, et il ne put s’empêcher de s’introduire de l’Imagination, délicatement, pour ajouter une petite teinte bleutée à la sphère.

Lorsqu’il vit le regard de leur professeur posé sur lui, il grimaça intérieurement et quitta complètement les spires, ce qui ne lui arrivait que rarement. Surprit, il arqua un sourcil alors que ses objets se multipliaient, pour atteindre le nombre de 10. Mais il était surtout étonné par le ton de Myra, et par la hauteur dont elle faisait preuve envers lui. A l’évidence, alors même qu’ils ne se connaissaient pas, elle avait des aprioris sur lui, ce qui en soit ne le gênait pas, mais qui prouvait la simplicité avec laquelle les gens pouvaient se fourvoyer, pour peu qu’ils prêtent attention aux rumeurs et racontars. Cette attitude était méprisable. Et ne fit qu’accroître le mépris que Lev avait pour l’enseignante. Il ne quitta pas ses yeux et releva le menton, le regard flamboyants. D’une voix claire, il lança :


- Si vous considérez qu’être sûr de ses connaissance c’est privilégier l’écoute à la parole, alors certes, je suis sûr de mes connaissances. Ce qui accessoirement n’a rien à voir avec ce qui précède, et je suis peiné de voir qu’un professeur sensé être impartial, parle avec tant d’aprioris sur un élève qu’il n’a jamais vu.

Un blanc monstrueux suivit ses paroles. Ce qui lui tira un sourire en coin. Lui, il s’en foutait que l’on soit injuste avec lui, qu’on le déteste, qu’on le haïsse, qu’on lui veuille du mal. Mais ces personnes-là essayaient de lui causer du tort, et même si cela ne marchait pas dans le sens où ils l’entendaient, il ne voulait pas se soumettre. Et l’avantage de paraître inconstant, d’avoir avec chacun une attitude différente, c’était bien de pouvoir déjouer les pièges des autres, de liguer contre eux des masses de gens incertains de la marche à suivre, chacun ayant une version différente de Lev, et donc des versions superficielles, facilement délitables. Que tous en soit témoin, et il n’avait plus rien à dire.

Les murmurent reprirent, et mes élèves se positionnèrent devant leurs objets. Lev détourna les yeux, par le biais et jeta un coup d’œil circulaire pour admirer tous ces élèves, assidus, prêts à jouer avec le feu – et l’eau et le vent et la terre – ce qui lui rappela brièvement le cours de civilisation auquel il avait apporté sa petite pierre. Il s’était bien amusé ce jour-là. En repensant à son œuvre, à son petit monde concave à l’intérieur duquel il avait emprisonné son auditoire, un sourire de joie pure fit scintiller ses yeux. Son esprit le picota à la pensée d’entrer dans les spires et d’y faire ce qu’il voulait. Fiévreusement, ses joues se colorèrent de pourpre et le sang battit plus vite à ses tempes.

Enfin, le top départ. Ils pouvaient y aller. Avec un cri de joie interne, le jeune homme se lança de toutes ses forces dans l’Imagination… Et devint aussitôt blanc comme un linge.

Il n’y arrivait pas.

Plus surprit qu’apeuré, il relança une deuxième tentative, qui se solda par un nouvel échec. L’accès lui était interdit. Il ferma les yeux. Très fort. Une peur ancestrale, violente, lui dissolvant les entrailles. Avec délicatesse, il tenta d’approcher doucement la barrière, s’y lovant, testant les jointures de l’Imagination. Puis, de plus en plus paniqué, il se jeta mentalement de tout son poids contre les spires, tambourinant des tempes, son cœur battant une chamade de plus en plus désordonnée, martelant ses côtes comme il martelait son esprit, frénétiquement, comme un forcené. Un film de sueur colora son front alors qu’une migraine pointait, acide, à l’avant de sa tête, et lui dissolvait, au fur et à mesure de ses efforts enragé, le peu qu’il avait de contrôle sur la situation. De rage, un cri lui échappa, un cri furieux et apeuré, la détresse d’un enfant devant une situation contre laquelle il ne peut rien faire, aussi imaginatif soit-il. L’Imagination lui était interdite. Il l’avait quitté, un tout petit instant, et elle le lui faisait payé, l’ignorant superbement, alors qu’il s’escrimait devant elle, comme un prétendant soumis rampe aux pieds de la femme qu’il aime sans qu’elle ne lui jette même un regard de mépris.

Avec un sanglot comprimé, qui lui venait des entrailles, il tomba à genoux et se prit la tête entre les mains. Il n’y avait pas Shawna à ses côtés, il n’y avait personne à qui se raccrocher, aucune mélodie, odeur, sensation à laquelle s’amarrer, rien que cette étendue déserte de solitude à la place des spires. Son âme était un gouffre béant, une caverne sombre, grouillante de vide, bruissant de rien, effroyable de néant. A travers les barreaux de ses doigts, il voyait l’herbe sans la voir, et les objets qui le narguaient, de leur présence, aussi réel que lui n’était rien.

Rien. Sans l’Imagination, il n’était rien.

Il ferma les yeux, et tentât de juguler la peur qui montait, toujours la même, cette peur de ne plus jamais retrouver les spires. Mais il avait déjà vécu ce genre de crise. Et toujours son don était revenu, après un temps plus ou moins long, un temps pendant lequel, bien évidemment, il était dévoré d’angoisse. Tenir le coup. Ne rien aggraver, ne pas forcer. L’Imagination s’ouvrirait à nouveau, un jour, il en était le gardien, l’un de ses plus fervents admirateurs. Et si, comme Myra le disait, elle avait une âme et des sentiments, elle saurait que nulle part ailleurs elle ne trouverait chez quelqu’un la ferveur qui animait le jeune homme à son encontre. Il devait se raccrocher à cette idée. Rattraper les choses, et surtout ne pas laisser voir ses faiblesses, ce qui était déjà le cas, mais il fallait limiter la situation. Prendre sur soi. Continuer. Se relever.

La migraine lui prenait maintenant toute la tête. Un autre que lui aurait probablement grimacé sans discontinuer, se serait même taper le crâne contre un mur, aurait tenté de faire quelque chose pour enrayer la douleur, par n’importe quel moyen. Mais Lev réagissait différemment face à la souffrance. Celle-ci était même plutôt bienvenue, et remplaçait le vide atroce généré dans sa tête par l’absence de l’Imagination. Il se contenta alors d’afficher un visage impassible, les lèvres serrées, réduisent à un pli, blanches, alors qu’il se relevait, les genoux tremblants, pour se camper face à leur professeur.

Il ne savait pas combien de temps il s’était passé, mais pu voir du coin de l’œil que certains objets avaient déjà été détruits. Son visage était livide, et contrastait maladivement avec les deux tâches pourpres qui ornaient ses pommettes. Ses poings comprimés se serraient spasmodiquement, alors que de leurs jointures blafardes saillaient les tendons tendus à bloc. Cependant, à part ses poings et l’aspect de son visage, son allure avait récupéré ce quelque chose de nonchalant auquel il se raccrochait en situation de crise. Ses yeux brûlants contrastaient avec le calme de sa voix lorsqu’il déclara doucement :


- Excusez-moi pour le dérangement. Il semble que je ne puisse accéder aux spires pour le moment. Cela m’arrive parfois. Je suis incapable, présentement, de faire votre exercice, veuillez m’en excuser.

Et c’était un véritable exploit, pour lui, tellement sujet à l’irraison, à la passion qui l’emportait souvent, que de se contrôler ainsi, et de cacher à tous à quel point l’absence des spires l’angoissaient. Il jeta un coup d’œil aux objets, intactes, et fut envahi d’une haine ardente à leur encontre.



_______________
Spoiler:
 


J'aurais du sang sur les doigts
et l'éclat de tes yeux vides
comme antichambre au trépas
de mon âme impavide




Lev Mil'Sha
// Anaïel // Miaelle Campbelle



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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Mer 22 Fév 2012 - 16:08

Cinq objets. Un défi. Attalys concentra son attention sur les copies qui la toisaient avec hauteur et une indifférence tout à fait... objective, justement.
Il y avait d'abord une statuette en porcelaine représentant une petite fille en train de jouer au cerceau. Juste à côté figurait une flûte en bois brun grossièrement fabriquée. Puis venaient une fiole transparente, en verre visiblement, ainsi qu'un bout de tissu rouge et blanc. Et enfin... de la glace. Un bloc de glace rectangulaire, pour être précis, de taille moyenne. Mais de la glace quand même.
La jeune fille jeta un regard un peu désemparé au professeur puis à ses camarades qui, lèvres pincées et sourcils froncés, étaient de toute évidence plongés dans les Spires. Avec un soupir, elle se lança à son tour dans l'Imagination.

Virevolter, tourbillonner, vivement, avec l'aisance que confère la pratique et l'habitude. Elle devait pour l'instant se cantonner aux Spires les plus basses, mais cela ne lui posait aucun problème. La richesse et la complexité que formait l'Imagination l'enchantaient quelque soit la place qu'elle avait en son sein. Les paroles de la blonde enseignante résonnèrent un instant dans son esprit.
« Collaboration, magie, respect... »

Elle sourit puis reporta son attention sur l'exercice. D'abord, la figurine. Elle chercha un instant sans parvenir à trouver son bonheur. Les quatre éléments... Elle secoua la tête. Cela lui disait quelque chose. Rappel furtif d'un ancien cours, un cours en rapport avec le Dessin, lui aussi. Et Merwyn avec... La jeune femme tressaillit. Vivyan ! Elle se souvint fugacement de l'histoire qu'elle avait inventé pour expliquer la signification des Quatre Maisons. La solution était là, tout près, elle le sentait... Elle manqua pousser un cri de joie lorsque tout lui revint en mémoire : l'aide apportée par les éléments, la reproduction d'argile... La reproduction d'argile. Pourquoi n'y avait-elle pas songé plus tôt ?
La statuette devant elle frémit un instant, comme si elle savait ce qui allait lui arriver, puis prit peu à peu la consistance et la couleur de la terre, s'assombrissant jusqu'à en devenir presque noire, avant de s'effriter lentement. Lorsqu'il ne resta à sa place plus qu'un petit monticule de poussière ocre et marron, Attalys ne put s'empêcher de pousser un long soupir tandis qu'un sourire de victoire naissait sur ses lèvres. Le premier objet était brisé.

La flûte maintenant. La jeune fille caressa une fraction de seconde l'idée alléchante de la faire flamber mais se contint de justesse. Brûler n'est pas briser. Les consignes ne seraient pas respectées. Elle réfléchit ainsi quelques minutes puis abandonna finalement avec un haussement d'épaule dépité ; elle y reviendrait plus tard.

Quand elle se concentra sur la fiole, elle esquissa une moue moqueuse. La faire tomber d'un coup de vent pour la casser en mille morceaux ne devrait pas représenter de difficultés majeures. Elle se plongea à nouveau dans les basses Spires afin de créer une bourrasque qui vint déstabiliser la fiole, la renversant aussitôt. Mais elle ne se brisa pas. La dessinatrice eut beau réitérer plusieurs fois l'expérience avec des souffles d'air de différentes forces, cela n'eut aucun effet sur la maudite fiole qui se contentait de rouler sur le sol sans le moindre mal pour revenir ensuite la toiser de sa parfaite indifférence. Attalys dut finalement se rendre à l'évidence : cela ne fonctionnait pas. Apparemment, elle allait devoir trouver un autre moyen.
Ce fut en lançant un coup d'oeil désappointé au bloc de glace qu'une idée commença à germer dans son cerveau. Si l'air n'était pas efficace, il restait donc le feu... et l'eau. Une eau capable de prendre plusieurs états puisqu'elle existait sous forme liquide, gazeuse et solide. La jeune Aequor remit pour la dernière fois le récipient à sa place et se concentra. À son immense soulagement, celle-ci se remplit aussitôt d'eau jusqu'à ras-bord. Mais le plus dur restait à faire. Une inspiration, profonde, puis le liquide refroidit doucement pour se transformer en glace. Qui gonflait, gonflait... La fiole ne résista pas à la pression et, tout à coup, explosa. Littéralement. Alors que des bouts de verre jaillissaient d'un peu partout, la jeune femme croisa le regard curieux de la professeur et se sentit rougir. Puis détourna rapidement la tête, fière et gênée à la fois.

Le tissu, donc. Attalys haussa un sourcil, étonnée. Comment pouvait-on briser du tissu ? Elle créa une légère brise qui emporta aussitôt le morceau d'étoffe, le transformant en origami écarlate. Quelques loopings plus tard, elle le reposa délicatement devant elle, intact, aussi brillant et soyeux qu'auparavant. Elle se retira doucement des Spires, pensive. Que pouvait-être l'air ? Le vent, certes. Mais que pouvait faire le vent, outre ceci ?
Un sourire se dessina soudain lentement sur ses lèvres tandis qu'elle replongeait dans l'Imagination. Le même souffle d'air taquin et caressant reparut, s'engouffrant dans les plis du bout de tissu pourpre. Il s'éleva un peu puis, tout à coup, se tordit sous les rafales de plus en plus fortes, s'emmêlant lui-même dans le tourbillon que la dessinatrice venait de créer. La jeune fille écarquilla ses grands yeux pailletés d'or, aussi ravie qu'agréablement surprise quand elle remarqua les nœuds serrés et compliqués que les bourrasques causaient sur le textile. Et lorsqu'il se rompit à son tour, le vent disparut aussitôt, remplacé par une discrète brise qui se volatilisa elle aussi au bout de quelques instants, laissant une Attalys tremblante devant l'effort qu'elle avait fourni et ruisselante de sueur.

À la glace, maintenant. Cette fois-ci, la jeune femme n'eut pas à chercher longtemps et, une fois sortie de l'Imagination, observa avec satisfaction la petite boule de feu qui scintillait à quelques centimètres de l'objet en question. Et puis... plus rien. Elle se figea, essayant de comprendre pourquoi son magnifique plan ne fonctionnait pas comme prévu, puis intensifia encore la chaleur de son soleil miniature et attendit, la gorge nouée. Plusieurs secondes. Jusqu'à ce que, enfin, le bloc commença à fondre, terminant sous la forme d'une flaque d'eau d'une dizaine de centimètre de circonférence. Bien. Attendre, encore. Son entreprise était risquée, elle le savait, et certainement vouée à l'échec. Si résultat il y avait. Une minute. Deux minutes. Des gouttes de transpiration commencèrent à couler le long de sa nuque mais elle se força à ne pas céder, malgré ses dents serrées et sa fatigue croissante. Trois minutes. Le feu ne devait pas s'éteindre. Pas tant que...
Avec un soupir de soulagement, elle vit la flaque d'eau disparaître peu à peu, se métamorphosant en vapeur. Une vapeur qui ne devait surtout pas s'échapper. Utilisant le peu d'énergie qui lui restait, elle remplaça la boule ardente par un air tiré tout droit du Pôle Nord de la chaîne du Poll qui lui tira un gémissement. Heureusement, elle n'eut pas à forcer beaucoup la température, déjà glaciale, et quelques gouttelettes apparurent à l'endroit précis d'où s'était élevée la vapeur d'eau, bientôt remplacées par des flocons cotonneux puis par une horde de grêlons à l'allure agressive. Qui chutèrent par terre dans un ensemble parfait. Boum. Pulvérisés.

Un sourire. Bientôt remplacé par une grimace désappointée. Mince, il lui en restait encore un. Elle avait failli l'oublier, celle-là. L'Aequor jaugea la flûte avec une mimique concentrée avant de hausser les épaules. Elle était suffisamment épuisée comme cela, ce n'était pas la peine de faire encore dans la dentelle. Tant pis.
Lorsque la pierre s'écrasa sur le fragile instrument, elle ne put cependant s'empêcher d'esquisser un sourire honteux. Question élégance et distinction, on repasserait. Mais, après tout, n'était-ce pas ce qu'attendait Myra, malgré le manque flagrant de grâce et – oui, il fallait bien l'avouer – d'originalité ?
Alors qu'elle s'apprêtait à s'assoir devant sa plateforme pour un repos bien mérité, l'enseignante reprit la parole sur un ton impénétrable.


- Bien. Maintenant, recréez les cinq objets.

Gloups. Comment elle, qui était aussi exténuée que si elle avait couru un marathon, trouverait encore la force d'accomplir un exercice supplémentaire sans un moment de récupération, Attalys aurait été bien incapable de le dire. Eh bien, quoi qu'en dise la prof', elle attendrait encore un peu avant d'exécuter cette nouvelle application.

Et là... Un cri. Lev tomba à genoux. Puis le silence. Le jeune homme se releva lentement, poings crispés, avec une indifférence feinte. Mais elle sentait, sous cette carapace nonchalante, l'être torturé, le dilemme de douleur, la souffrance abjecte. Le vide. Il ouvrit la bouche :



- Excusez-moi pour le dérangement. Il semble que je ne puisse accéder aux spires pour le moment. Cela m’arrive parfois. Je suis incapable, présentement, de faire votre exercice, veuillez m’en excuser.

Sa voix avait retrouvé un semblant de calme mais son visage, secoué de spasmes et de sanglots contenus, ne pouvait dissimuler le doute et l'angoisse qui le rongeaient. La jeune femme balaya le clos du regard. Le silence pouvait-il faire si mal ? Alors qu'elle tournait la tête dans sa direction, Lev releva soudain ses yeux vers elle, et dans cet azur il y avait tant de détresse, tant de désillusions, qu'elle sentit son cœur se serrer.


[Edit' si problème]


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Sam 25 Fév 2012 - 17:48

Enelyë termina son discours et soupira. Après elle, le silence. Elle regarda à droite et à gauche, mais seul le souffle du vent se faisait entendre. Elle ressera un peu sa veste contre elle, ne souhaitant pas laisser de prise au vent. Et attendit, patiemment mais nerveusement, que quelqu'un vienne combler le silence. Finalement, ce fut Myra qui continua. Les autres semblaient passablement somnolents ou inattentifs. L'atmosphère de ce petit matin lui semblait lourde. Quelques phrases sybillines vinrent achever la première partie de son discours. Les Spires lui étaient inconnues ? Le sourire bienveillant de son professeur disparut quelques instants, mais revint ensuite. Définitivement faux. Mais elle continua à parler, et Enelyë se concentra sur ses paroles plus que sur l'apparence.

La quatrième dimension de l'Imagination. La magie des Spires. Leur face caché. Elle tourna son visage un instant, avant de leur refaire face, avançant de quelques pas. Les Spires ont une identité. Il faut collaborer avec elles, avec respect. Délicatesse. Attention. Que voulait-elle dire, lorsqu'elle demandait de faire attention à ce que l'on entreprenait ? Il y avait dans ces mots un sens caché, qu'Enelyë ne parvenait pas à décrypter. Mais cette pensée lui échappa lorsque Myra expliqua le cours. Utiliser les éléments pour détruire les objets, du moins, un certain nombre, et utiliser ce qu'elle voudrait pour les autres. Enelyë, Flamme, avait un exercice plus compliqué. Enfin, elle avait plus d'objets, exactement. Elle s'installa face à ses objets, déduisant qu'elle devrait en casser 8 avec les éléments et 2 de manière originale.

La Kaelem sentit le bras d'un autre la frôler, et lorsqu'elle tourna son visage, elle aperçut Lev. Elle s'éloigna, presque automatiquement. Il la fascinait, un peu, par son étrangeté, mais il y avait cette part de lui qu'elle ne comprenait pas et dont elle avait peur, aussi. Les traits de son visage, son regard, chaque chose la fascinait et la repoussait. Et donc, elle s'écarta, se concentrant sur ses dix objets.

Elle se lança dans les Spires, confiante. Son chemin était empli de parfums, tous différents. La conception de l'Imagination pour chaque dessinateur était différente, et elle, elle sentait. Un fil vint l'attirer vers un autre point, et elle suivit un chemin qui sentait la vanille, avec une pointe de rose. Qu'allait-elle créer ? L'image lui vint, doucement. Elle façonna une pierre. Puis se reprit. Ce n'était ni de l'eau, ni de l'air, ni du feu, ni de la terre. Ca aurait pu correspondre à la terre, mais Enelyë tenait à respecter les consignes à la lettre. Aussi ce fut un mélange de glace et de vent qui vint percuter le premier objet et le briser. Elle n'avait pas réellement fait attention à l'objet, cherchant juste sa place pour l'attaquer rapidement. Elle jongla ainsi avec les éléments pour 7 autres objets. Elle avait fait d'une boule de terre une sorte de magma qui avait fissuré l'objet de verre avant qu'il ne se brise. Elle avait créé un astucieux mélange entre de l'eau et du feu, qui avait fait craqué le tissu. Et toutes sortes d'autres combinaisons.

Arrivèrent enfin les deux derniers objets. Cette fois-ci, elle les étudia patiemment. La Kaelem vit tout d'abord le coffret. Il avait l'air très solide, très compact. Comment le briser ? Elle eut un instant d'hésitation, mais avant de réfléchir, elle préférait être dans les Spires. Elle s'y glissa doucement, comme on entrerait dans de l'eau un peu trop chaude. Et réfléchit. Qu'est-ce qui pouvait détruire quelque chose de dur ? La réponse était simple : quelque chose d'encore plus dur. On peut détruire une noix avec une pierre, et cette fois, c'était une pierre, ou assimilé, qu'il fallait briser. Du métal, peut-être ? Elle façonna une sorte de pointe de métal, qu'elle voulait extrêmement solide. Cela lui prit du temps et de l'énergie, mais elle le fit basculer dans la réalité au bout d'un moment. Le coffret fut coupé en deux. L'important était là. Il avait été brisé. Le deuxième objet était un livre. Un simple livre. Enelyë avait chaque fois repoussé le moment où elle devrait le détruire, mais maintenant, elle ne pouvait plus reculer. Alors qu'elle s'apprêtait, à regret, à retourner dans les Spires pour trouver de quoi détruire ce livre, un cri retentit et l'en empêcha.

Enelyë lança un regard interrogateur à Lev. Après quelques instants où il sembla absolument déboussolé, il se releva, chancelant. Il alla trouver Myra et la Kaelem se désinteressa de la suite. Elle avait un livre à détruire. De façon originale. Elle se lança dans les Spires, presque violemment, puis se radoucit aussitôt. Respect et délicatesse. Enelyë portait à ce monde une sorte d'amour tendre. C'était son monde, un rêve éveillé, un endroit à elle. La Kaelem suivit un chemin d'odeurs boisés. Le bois pouvait-il vaincre le papier ? Oui, à condition de lui offrir une certaine forme. Mais Enelyë bifurqua sur un autre chemin. Il n'y avait rien de mieux que le vent. Et ce vent siffla, soufflant insidieusement entre les feuilles qu'il arracha une à une, comme une jeune fille pourrait enlever les pétales d'une fleur pour savoir si elle était aimée.

Et il fallut réparer les objets, toujours grâce à l'Imagination. Mais à vrai dire, la Kaelem était passablement fatiguée. Elle se rappelait de son dernier cours, où Myra lui avait dit que le dessin était un exercice éreintant. Et elle mesurait à quel point, au début de l'exercice, elle avait été confiante. Elle avait oublié qu'elle ne pouvait pas tenir trop longtemps si elle créait des dessins compliqués. Elle reprenait son souffle, peu à peu, préférant attendre un instant avant de continuer. De plus, elle ne savait pas comment recréer les objets. Est-ce qu'elle pouvait les recréer de toutes pièces, à partir des Spires, ou devait-elle les réparer ? Dans le doute, elle choisit la première option. Se souvint qu'elle n'avait pas vraiment fait attention aux détails des objets. Elle fixa les débris, tentant d'en retenir l'essence. Elle espéra arriver à des résultats assez acceptables. Étonnement, ni le coffret ni le livre ne lui posèrent de difficultés. Sans doute était-ce parce qu'elle avait passé du temps à les observer, à chercher chaque caractéristiques. En revanche, les autres objets lui parurent bancals, pas tout à fait identiques aux originaux. Elle était peut-être Flamme ; mais cela ne l'empêchait en aucun cas de faire des erreurs.



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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Dim 4 Mar 2012 - 17:14

Les spires étaient magiques.
La professeur avait confirmé. Mais, de toutes manières, elle le savait. C’était son petit prince, qui lui avait dit. Et même si c’était un enfant, il savait voir au delà des apparences. Surtout parce que c’était un enfant, à vrai dire.
Donc l’imagination était une fée. Instinctivement, Gwëll se la représentait jeune et douce. Belle et délicate. Avec des doigts fins, des cheveux soyeux, et des yeux clairs. Une jeune femme. Tout juste adulte, avec encore les stigmates de la jeunesse ancrés en elle. Resplendissante et souriante.

L’imagination était elle vraiment quelqu’un ? Ou tout simplement était-ce une figure allégorique qui lui venait ? Parce qu’elle avait besoin de voir pour comprendre ? Mais tout de même, elle voulait y croire. Elle les aimait, les belles histoires, celles qu’on a envie de croire, celles qui continuent à faire rêver les grands.
Alors une imagination-fée... Ce ne pouvait que faire briller davantage ses yeux.

Mais ce qu’il manquait, c’était l’étincelle dans les yeux de Myra. Car ils étaient ternes. Un regard pale, fade, éteint. Comme si... Si elle était cassée. Comme si quelque chose s’était brisé en elle et... C’était comme si ça retournait le couteau dans la plaie. Comme si ce qu’elle disait la plongeait dans une tristesse-abîme. Comme si cette vérité qu’elle disait, comme si cet horizon qu’elle leur offrait, qu’elle ouvrait devant eux, était sombre pour elle.
Ce n’était pas tant une peur, qu’on lisait, mais plutôt... Comme une angoisse. Irréfrénable. Profonde. Terrible. Sans issue, des parois lisses. Terrifiante.
Puis un frisson. Dans la surface plane du lac de ses pupilles. Elle se ressaisissait. Elle cachait toutes ses émotions sous un tapis d’apparences.

Et puis, il y avait ce sous entendu. Cette petite note cachée. Entre deux petits mots. Cette petite chose qui disait à quel point elle était mal. Qui chantait son désespoir.
Ce regret, dont elle parlait qu’on pouvait sentir dans ses paroles. Et voir dans ses yeux. Qu’on comprenait dans son ton. Cet infime accent touchant sous sa bogue vernie de prétextes.

Mais l’heure était au travail, elle ne souhaitait pas laisser de place aux sentiments. Par esprit professionnel ? Ou juste par crainte de la douleur ? Là n’était pas la question. Elle voulait juste avancer, les voir progresser, mais pas trop, quand même. Cette même peur pour les autres. Altruisme ? Ou lâche égocentrisme basé sur sa performance personnelle au détriment des autres ? Là encore, ce n’était pas le moment de s’interroger. Car on est soi et ce que l’on est. Et là, Myra n’était pas elle. Elle devenait seulement (était ce réellement une restriction ?) la professeur de dessin.

Alors Gwëll ferma les yeux. Elle ferma les yeux sur ce qu’elle voyait, ce qu’elle ressentait pour ne plus se focaliser que sur ce qu’elle entendait. La consigne.
Simple et concise. Détruire (reflet de son état d’esprit ?) les objets qui leur faisaient face. Avec les éléments. Élémentaire, mon cher Watson aurait pu dire Sherlock Til’Holmes. Mais Gwëll ne s’appelait pas Sherlock, n’était pas médecin et n’avait pas de canne. Donc elle n’eut pas à le dire.

Alors, elle se retourna vers ces cinq malheureux objets. Ils la regardaient tous, autant les uns que les autres, avec de petites mines, un air triste, une face blême. Bien sûr, ils ne voulaient pas, eux, qu’on ne les détruise. Il auraient aimé vivre leur pauvre petite vie d’objet. Ou bien même, au pire, s’empoussiérer sur un recoin de bureau.
Gwëll les regardait, avec ses yeux clairs. Les couvrait de son regard translucide. Elle ne pouvait se résoudre à les détruire, ces pauvres petits choses.
Prise d’une soudaine inspiration, elle se saisit des petites pièces alignées devant ses pieds et les glissa dans ses poches. De toutes manières, qu’ils soient détruits ou juste rangés ailleurs, quelle différence ? Mais toutefois, elle devait réaliser l’exercice. Sinon, elle ne progresserait jamais. Et ça aurait quand même été ennuyeux.

Donc Gwëll rechercha, du regard, quelque chose qui soit apte à être détruite par un des éléments. Bien vite, son regard se porta vers le sol du clos. Il y avait, épars, quelques petits morceaux de brindilles, de petites billes de terre sèche, des moutons de poussière et le sable du clos formait de petits serpents longilignes et bosselés. Ce qui était déjà pas mal.
Gwëll rassembla donc tous ces trésors devant elle et entreprit de les détruire un à un. D’abord les moutons de poussière, qu’un souffle de vent dispersa au loin.
Puis les brindilles, qu’une astucieuse flamme fit crépiter et fumer.
Ensuite, les petits serpents de sable qu’un léger tremblement de la terre du clos fit disparaître.
Enfin, les billes de terre qui, détrempées par une petite averse, s'effritèrent.

Elle avait fait disparaître ses quatre objets en n’utilisant que les éléments naturels. Assez fière d’elle même, elle se retourna vers ses camarades pour voir où ils en étaient. Bon, bien évidemment, la plupart avait fini. Mais il en restait encore une petite poignée à n’être pas plus rapides qu’elle. Ce qui était assez réconfortant. Quant à l’enseignante, elle déambulait parmi les élèves, telle un fantôme, regardant sans voir, parlant sans s’en rendre compte. Bien ailleurs.
Puis un cri terrifiant retentit. Lev, à genoux, les deux mains plaquées sur le visage. Il semblait se tordre de douleur, être en proie à quelque chose qui le surpassait. Inquiète, Gwëll l’observa bien. Il ne semblait, étonnement, pas blessé physiquement, mais toutes fois, avoir particulièrement mal. Tous les autres élèves étant retournés, elle se désintéressa bien vite de son cas. Après tout, elle n’était pas rêveuse et certainement pas, non plus, celle qui courrait le plus vite et qui aurait pu vite aller les alerter.

Puis la consigne suivante résonna. Recréer les objets. Mais lesquels ? Ceux qu’elle leur avait distribué au début ? Ou alors ceux qu’elle avait détruit ?
Mais, étant donné qu’elle était sensée avoir détruit ceux qu’elle avait eu au début, ce devait certainement être ceux là. Alors, il n’y avait plus aucune difficulté. Il lui suffisait de les sortir de sa poche et de les replacer devant elle. Et le tour était joué.
Mais du coup, elle manquait encore un entrainement.
Alors, elle décida de les recréer quand même. Pour faire une seconde ligne avec des objets identiques. Dans le mesure du possible, bien évidemment.

Le premier objet était le plus simple. Une petite sculpture de bois à l’effigie d’un arbre. Les détails n’étant pas très précis, elle n’eut aucune difficulté à en reformer un ressemblant. Bon, bien sûr, ce n’était pas exactement la même chose, mais si on fermait à demi les yeux et qu’on faisait un quart de tour, c’était très proche.
Ensuite, c’était une feuille de papier fin, avec des belles lignes d’écriture, dessus. Là encore, elle plongea dans les spires sans l’ombre d’une hésitation. Elle fouilla entre les divers chemins qui s’offraient à elle et projeta dans la réalité une mince page de parchemin bleuie par des taches d’encre. Ce n’était pas tout à fait la même chose, mais là encore, ça pouvait être ressemblant.
Puis, il y avait un petit flacon de verre, brillant et gravé. Celui là, c’était plus dur. Parce que le verre restait une matière assez complexe. Elle se concentra bien et ferma les yeux. Puis elle sentit sa main lestée. Ses yeux s’ouvrirent et elle découvrit la fiole qui reposait dans sa paume. Ce n’était pas tout à fait la même que celle qu’on lui avait fournie mais cela restait quand même une fiole en verre.
Enfin, un petit pot en terre cuite laissée brute. Ce dernier n’était pas le plus compliqué, il lui suffisait de s’imaginer qu’elle le modelait entre ses mains comme lorsqu’elle était petite. Quand, enfin, elle rouvrit les yeux pour la dernière fois, elle découvrit la petite motte d’argile qui était apparue entre ses mains. Bon, ça ne ressemblait plus du tout au pot qui était juste devant, mais elle n’avait jamais vraiment été très douée en poterie.



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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Mer 7 Mar 2012 - 13:39

« Bien. Maintenant, recréez les cinq objets. »

Cette phrase résonna dans l'esprit d'Attalys alors qu'elle plongeait à nouveau dans les Spires. Autour d'elle, la plupart des élèves avait terminé l'exercice, et elle s'en voulait à présent de s'être accordée ces quelques minutes de récupération.

Les yeux curieusement éteints de Myra se fichèrent un bref instant dans les siens avant de se détourner, aussi froids et mornes que deux cailloux glacés. Pareillement fades et faux que le sourire qu'elle leur avait adressé au début du cours.

Se concentrer. Surtout, se concentrer. La jeune femme essaya de se rappeler des cinq objets qu'elle avait dû briser tour à tour. La flûte, la statuette, un bout de tissus, un gros morceau de glace et une fiole de verre.

Elle commença par la glace. Ni la forme ni la couleur n'étaient très compliquées à reproduire. En fait, c'était plutôt la matière qui représentait une réelle difficulté. Après plusieurs essais infructueux durant lesquels elle fit apparaître successivement une flaque d'eau, un glaçon minuscule et un pavé de pierre blanche, elle réussit finalement à créer un bloc de glace assez ressemblant, peut-être un peu plus petit et un tout petit peu moins rectangulaire que le premier. Enfin, c'était bien quand même.

La flûte, maintenant. Grossièrement taillée dans du bois très sombre, elle ne constitua pas de véritable obstacle pour la jeune fille, bien qu'elle dusse réfléchir pendant quelques secondes pour déterminer le nombre exact de trous qu'elle comportait.

Ensuite, Attalys décida de s'attaquer au textile écarlate. Là encore, cela ne lui posa pas de problème, et quand elle sentit la douce étoffe lui caresser la paume, elle esquissa un sourire réjoui. Finalement, cet exercice n'était pas si dur qu'il en avait l'air !

Elle se concentra alors sur la fiole transparente. La reproduire fut moins difficile qu'elle ne l'avait craint tout d'abord et, hormis une légère différence de taille et d'opacité, elle lui parut tout à fait convenable.

Restait donc le plus ardu : la statuette. Malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à se souvenir avec précision de ses moindres détails et, excepté le fait qu'elle représentait une petite fille s'amusant avec un cerceau, elle n'en avait plus qu'une vague idée assez floue.
La jeune Dessinatrice tâtonna un moment dans l'Imagination, ébauchant un trait incertain pour l'effacer aussitôt après. Lorsque la poupée en porcelaine se matérialisa enfin sur l'estrade qui lui faisait face, Attalys se sentit si soulagée que rien ne put entamer sa satisfaction, ni son absence de précision ni même l'apparence un peu bancale de l'objet en question.
Décidément, il lui restait encore beaucoup à apprendre...



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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Sam 28 Avr 2012 - 16:11

[ Mea culpa... Mea très très grande culpa --' désolé pour le retard pale ]



Très vite absorbée par une élève qui avait bien plus de peine que les autres à créer de la matière, Myra détacha son regard durant presque tout l'exercice afin de se concentrée sur la pauvre fille. Cette dernière venait à peine de débarquer d'Al-Jeit. L'Académie de la capitale n'arrivait pas à en faire quelque chose. Myra eut honte de leur comportement, comment pouvait-on mettre une enfant dehors simplement parce qu'elle avait plus de difficulté que les autres ? La dessinatrice n'avait réellement aucune affinité avec ses collègues d'Al-Jeit. Ils cherchaient à tout prix la perle rare, l'enfant qui leur donnerait la célébrité qu'ils mériteraient selon eux. Mais Myra les voyait d'un autre oeil. Ils avaient droit à tout sauf à de la reconnaissance. Censés enseigner leur voie aux plus jeunes, ils ne devaient pas rechercher la gloire. Elle, elle aimait voir les visages de ses élèves s'éclairer lorsqu'ils comprenaient enfin une des très nombreuses facettes de l'Imagination. Elle était fière d'eux et cela lui suffisait. Elle aimait les voir réussir. Au contraire de ses pairs d'Al-Jeit, elle cherchait à leur faire aimer cette voie si difficile et inaccessible. Peu de gens pouvaient y pénétrer et elle faisait tout pour que ce petit pourcentage contribue à son amélioration. Il fallait dire que certains élèves n'allaient pas souvent jusqu'au bout de leur apprentissage et gâchaient le don que la Dame leur avait offert.
Myra faisait donc tout pour que même les moins doués apprécient les spires à leurs justes valeurs.
Sauf qu'en ce moment, la dessinatrice avait tendance à oublier ces choses-là. Dans un coin de sa tête, elle ne voulait pas que les autres puissent profiter de se qu'elle, elle avait perdu si stupidement. C'était sa faute, mais elle ne supportait pas de voir d'autres jouir de se dont elle était privée.
Elle n'avait cependant pas le choix, il fallait qu'elle continue à les guider. Il fallait qu'elle continue à leur apprendre tout se qu'elle savait. Mais comment apprendre à de jeunes gens sans démonstrations ? Elle essayait de trouver, mais rien ne lui venait à l'esprit. Cette matinée-ci, elle avait eu de la chance, mais quand serait-il des autres jours ? L'avenir seul le lui dira. Sauf qu'elle s'en méfiait à présent plus que de la peste.

Arrêtant pour de bon de penser à autre chose, elle se concentra sur la jeune fille qu'elle avait à ses côtés. Cinq objets se trouvaient en face d'elle. Le premier, un bougeoir en verre rouge, fut vite brisé. Un coup de vent et il se retrouva à terre. Myra ne trouva pas cela très classe, mais il était clair que cela était efficace. On ne pouvait pas le nier. La jeune fille restait cependant bloquée au deuxième objet, un chat en métal. De la sueur perlait déjà de son front et cela prouva la théorie de Myra. Elle restait bien trop longtemps dans les spires. La jeune fille regarda la primat en demande de secours.


- Enniah, tu ne devrais pas trop t'attarder dans les spires. Infiltres-les durant le court laps de temps qu'il te faut et ensuite ressors en. Si tu veux les contempler, fais le à un autre moment. Lorsque tu es dans la précipitation ne te retourne pas partout sur ton passage. Fais se que tu as besoin de faire. Ne te fatigue pas pour rien.

La jeune fille acquiesça et se remit au travail. Une idée avait germé dans son esprit et un sourire venait de prendre place sur le visage de la dessinatrice. Enfin un vrai sourire. Quelques secondes plus tard, une immense flamme embrasa le matériaux. Simple et efficace. La jeune fille se retourna avec un sourire, fière d'elle. C'était simplement cela son problème ? Elle s'attardait trop dans les spires et donc était plus lente que les autres, se fatiguait plus vite ? Elle ne croyait pas que les professeurs de l'Académie d'Al-Jeit soient aussi stupides. C'était pourtant évident, mais à son avis ils n'avaient même pas essayé de s'attarder sur son cas. Pitoyables. Maintenant elle savait pourquoi elle avait poster pour l'Académie de Merwyn et pas pour celle de ces imbéciles. Ils ne s'intéressaient pas vraiment à leurs élèves, ils ne voyaient en eux que leur propre intérêt. Ridicule.

Une voix s'éleva soudain dans son dos. L'exercice ne s'était apparemment pas passé aussi paisiblement que se qu'elle avait espéré. Lev se tenait devant elle avec un air presque horrifié sur son visage. Un air qu'il voulait apparemment à tout prix cacher. Trop fière pour le montrer. Mais ce furent ses mots qui la troublèrent plus qu'autre chose. Il n'arrivait pas à accéder aux spires. Le coeur de Myra rata un battement. Se qu'elle avait réussi à oublier grâce à la petite Enniah venait de lui revenir à la tête tel un boomerang. Il était jeune, c'était normal. Elle, non.
Ce regard. Elle le connaissait par coeur. L'angoisse intense qui se peignait dedans, elle l'avait tant vu dans son miroir qu'elle était devenue habituelle. Cette angoisse de ne pas savoir si les spires se rouvriraient un jour à son passage. Elle eut soudain envie de s'enfuir, de partir loin d'ici même si pour cela elle devait laisser ses élèves en plan. Mais le regard de Lev la retint plus sûrement que n'importe quel lien. Elle se souvint pourquoi elle voulait à tout prix guider les jeunes dessinateurs. L'Imagination pouvait être abominable envers ses pensionnaires. Elle aurait voulu le prendre à part, le rassurer, lui dire que tout allait revenir, qu'avec l'âge ce problème disparaîtrait. Mais elle n'y arrivait pas. Elle se haïssait parce que d'un certain côté, elle se réjouissait de voir quelqu'un d'autre dans la même détresse que la sienne.
Non ! Elle n'avait pas le droit de se réjouir du malheur de ses élèves !
La dessinatrice se rapprocha de lui afin de pouvoir lui parler entre quatre yeux. Elle ne pouvait que se sentir mal pour lui.


- Tu ne me déranges pas du tout, je suis là pour ça. C'est normal si ton don est aléatoire durant tes premières années, cela arrive à la plupart des jeunes dessinateurs. Par contre, si cela se répète bien trop souvent, viens me voir et on en parlera. Je n'aimerais pas que tu reste dans ton coin tout en ruminant d'horribles pensées sur ton manque des spires.

Voilà qu'elle se mettait à donner des conseils qu'elle ne suivait pas du tout, mais alors vraiment pas. Elle aurait voulu se donner une gifle. Comment pouvait-elle parler ainsi ? Elle le pensait, mais n'arrivait pas à agir ainsi. C'était bien plus facile à dire qu'à faire.

- Ce n'est pas grave, je suis certaine que l'exercice était à ta portée.

Elle se retourna et vit que tous ses élèves avaient fini ou venaient de finir. Soulevant les sourcils, elle observa les objets reconstitués. Certains étaient bien recréés, d'autres pitoyablement fait. Son exercice avait beau être en apparence totalement raté, sauf que c'était faux. Son objectif avait été atteint, sa leçon allait sûrement être assimilée.
Se remettant en face de ses élèves, elle prit la parole et les élèves se stoppèrent instantanément.


- Bien, vous avez sans doute remarqué que plus vous vous attardez dans les spires, plus vous vous fatiguez et donc plus vous peinez à dessiner. Voyez, l'Imagination ne vous laisse pas toutes les libertés que vous voulez. Vous ne pouvez pas rester indéfiniment entre ses bras. Elle vous offre la possibilité de la parcourir, mais elle vous prend quelque chose en contrepartie. Le plus souvent, il s'agit de votre énergie. Rien de bien méchant en somme, mais il arrive parfois que le due qu'un dessinateur doive payer soit bien plus conséquent.

Myra stoppa son cours. Son due. Bien plus conséquent. Implicitement elle avait envie de leur dire toute la souffrance que sa perte pouvait lui apporter, mais les mots ne passaient pas la barrière de ses lèvres. Elle n'y parvenait pas. Elle n'y parviendrait jamais. Elle voulait pourtant tant les avertir des dangers que représentaient les hautes spires, mais comment... Elle ne voulait pas avouer sa faiblesse et même si elle rêvait au plus profond d'elle que ce fameux jour ne soit jamais arrivé, elle ne regrettait pas d'avoir pu apercevoir la beauté ultime que proféraient les plus hautes spires offertes par l'Imagination. Mais était-ce réellement les plus hautes ? Le Dragon et sa Dame ne pouvaient pas se rabaisser à planer dans les zones des mortels. Plus la dessinatrice y pensait, plus elle réfléchissait à la possibilité qu'il n'existait pas de limites à l'Imagination. Non, elle en était pratiquement sûre, le mot limite était quelque chose d'inconnu dans ce monde parallèle. Tout était faisable, tout était réalisable. Possibilités. Ce mot était le fondement même des spires, il était sa base, son appui. Rien ne se ferait là-bas sans les dizaines de billions de possibilités qu'elle pouvait offrir aux simples mortels qui la contemplait.

- Les dangers existent partout. Que vous vous déplaciez dans les plaines de Gwendalavir ou dans les spires de l'Imagination. Les plus basses de ces dernières sont inoffensives, le danger se situe dans les sommets. Plus vous montez, plus vous vous fatiguez.

Pause. Silence.

- J'ai entendu parler d'une étude sur certains cas advenus à Al-Jeit. Certains dessinateurs, après s'être aventurés dans les hautes spires, sont ressortit affaibli au point que certains s'évanouissaient de fatigue. Lorsqu'ils se réveillaient, leur don avait disparu. Certes, ils l'ont retrouvé à chaque fois, mais cela n'empêche pas les risques de le perdre définitivement. Ne tentez pas les démons si vous n'êtes pas sûr d'en être capable sans dommage. Réfléchissez toujours à chaque possibilités. Les dangers sont bien trop nombreux et leurs résultats détruisent tout sur leur passage. Pensez aux dues que l'Imagination pourrait vous prendre...

Myra voyait quelques visages se décomposer et d'autres se demander se qui arrivaient à leur professeur pour parler ainsi de l'art du Dessin. Elle reprit un sourire de façade et attaqua la suite du cours qui, elle l'avouait, venait de lui arriver en tête. Au moins elle n'aurait pas à les regarder se plonger dans les spires. Ces chemins auquel elle n'avait désormais plus sa place.

- A votre avis, quels sont les dangers les plus importants que l'on retrouve dans les spires, dans tout se que l'on sait faire ?


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Mer 2 Mai 2012 - 19:29

Enelyë fronça le nez devant la réplique de sa petite statuette. Perplexe, elle la regardait comme s'il s'agissait d'un objet particulièrement laid. Comment avait-elle pu à ce point rater la reconstitution de la figurine à l'effigie de la Dame ? Voilà qui lui échappait. Et alors qu'elle s'apprêtait à se couler à nouveau dans les Spires pour obtenir un résultat plus convenable, Myra Ril'Otrin vint se placer devant eux, interrompant alors la Kaelem. Un peu déçue, elle écouta cependant attentivement son professeur. Les premières phrases, elle les avait déjà entendu de nombreuses fois, bien sûr. Depuis le temps qu'elle était ici, il aurait été difficile de faire autrement.

Seulement, la dernière phrase vint frapper les souvenirs de la demoiselle. Payer un du plus conséquent. Comme … l'accès aux Spires, par exemple ? Elle se souvenait avoir demandé à Myra s'il était possible de perdre son don, et avait dévoré de lourds volumes traitant du sujet. Les mots qu'elle retenait dans ses yeux éteints, son attitude inhabituellement indifférente … Tout semblait concorder. Malgré tout, elle n'avait aucune certitude, et il était possible, même probable, qu'elle se fasse des idées. La façon la plus simple de savoir serait d'aller lui demander après les cours, quitte à remuer le couteau dans la plaie. Elle casa cette pensée dans un coin de son esprit et se remit à écouter le cours. Néanmoins, ses soupçons revinrent d'autant plus fort qu'elle parlait elle-même de perte de don. Certes, pas de son propre cas, mais tout de même, cela faisait trop de coïncidences …

Puis, elle éluda les questions silencieuses des élèves en posant elle-même une question bien audible. Les dangers les plus importants ? A part perdre son don, donc. Enelyë s'avança machinalement et répondit.

- Rester bloqué, peut-être ? J'imagine que c'est possible, non ? Si on peut … ne plus y accéder, je suppose qu'on peut aussi y rester bloqué.

A vrai dire, elle n'avait pas vraiment réfléchi avant de parler et ses mots s'étaient échappés avant qu'elle ne puisse les retenir. Maintenant, elle trouvait sa justification un peu bancale et elle se dépêcha de trouver autre chose. Peut-être qu'il y avait quelque chose à dire sur le Pas … Au bout de quelques minutes de réflexion où d'autres élèves lancèrent leurs idées, elle reprit la parole, ayant trouvé quelque chose, ou du moins elle l'espérait.

- Ou alors, se retrouver très éloigné de notre but lors d'un Pas sur le côté parce qu'on ne s'est pas assez bien imaginé la scène.

En fait, elle ne savait pas non plus si c'était possible, et n'y croyait pas vraiment. On ne pouvait pas se tromper de destination avec un pas sur le côté. C'était impossible, puisqu'on ne pouvait pas se remémorer des endroits que l'on avait jamais vu. Mais à vrai dire, elle ne voyait vraiment pas quel problème il pouvait y avoir avec les Spires, autre le fait de « payer » de son énergie ou de son Don. Peut-être si …

Le dessin ne tient pas assez longtemps. Ça peut nous pénaliser.

Et ses hésitations, qui la rendait un peu trop indécise et qui la faisait s'exprimer sans même qu'elle ne s'en rende compte, s'effacèrent tranquillement. Au fond, elle n'avait peut-être pas bien compris ce que Myra demandait, mais pour elle, c'était ça, les dangers des Spires. Il en existait sûrement une foultitude d'autre, mais elle laissait les autres chercher un peu. Elle restait debout, mais en vit d'autres s'asseoir. Et tandis qu'elle fermait les yeux, elle bascula rapidement dans les Spires. Quel danger pouvaient-elles bien receler ?

[Un peu court, désolée, mais j'avais pas beaucoup d'idées.]


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Dim 17 Juin 2012 - 15:52

Comment les Spires pouvaient-elles bien représenter un danger ?

Telle était la question que se posait Attalys alors que son attention s'égarait sur le clos d'exercices. Certes, Myra avait parlé de la possibilité de se voir refuser l'entrée à l'Imagination. Certes, dessiner nécessitait une sacré dose d'énergie. Certes, la création - qu'elle soit un Pas sur le Côté ou un dessin quelconque - pouvait ne pas se montrer à la hauteur des espérances du Dessinateur. Et peut-être que l'on pouvait bel et bien rester coincer dans la Spirale si on n'y faisait pas attention. Mais après ?

La plupart des élèves s'étaient à présent assis sur le sol dur et poussiéreux de la petite cour et, hormis la jeune femme qui venait de prendre la parole, aucun parmi eux ne semblait s'intéresser de très près au déroulement du cours de Dessin. Et puis, leur professeure paraissait si lointaine, si absente...

La jeune Aequor, elle, en tout cas, aurait bien aimé participer un peu plus activement. Mais il fallait tout de même avouer que cette question ne l'inspirait pas tant que ça. Un danger, d'accord. C'était bien beau, tout ça, mais encore fallait-il en trouver un, et ceux énoncés par sa camarade lui semblaient amplement suffisants. Elle baissa la tête, fixant son attention sur le bout de ses chaussures, tandis que la phrase de la dame Ril'Otril résonnait dans son esprit :


«
A votre avis, quels sont les dangers les plus importants que l'on retrouve dans les spires, dans tout ce que l'on sait faire ? »


Dans les Spires et dans tout ce que l'on sait faire... Le visage de la Dessinatrice s'illumina. Si elle ne parvenait pas à trouver de dangers spécifiques aux Spires et à l'Imagination, elle pouvait toujours en citer quelques uns de plus généraux !
Après avoir réfléchi une poignée de secondes, elle leva timidement la main, attendant de se faire interroger du regard par la professeure.


- Eh bien... Je ne sais pas exactement concernant la Spirale, mais peut-être que, dans toutes les choses que l'on fait, que l'on sait faire, que l'on aime faire, il y a toujours le risque de se donner sans compter, de trop prendre et ne rien offrir en contrepartie, ou, au contraire, de s'épuiser lentement à la tâche et de se dessécher à petit feu. Peut-être aussi que, dans des dimensions parallèles telle que l'Imagination, par exemple, on peut se faire surprendre par des gens malintentionnés et, étant dans un univers immatériel, se trouver dans l'incapacité physique et mentale de se défendre. À moins qu'il ne soit possible de ne plus réussir à contrôler ses dessins lorsqu'ils sont vraiment importante ou nécessitent trop de pouvoir ou de quelque chose que l'on a en trop faible quantité - de la force, de l'énergie, de la puissance, de la volonté... - et, dans ce cas, les forces entre créateur et création s'inversent. Ou alors...

Elle hésita une fraction de seconde.

- Ou alors, acheva-t-elle à voix basse, peut-être aussi que l'on peut tout sacrifier pour son Don ou n'importe quel art, n'importe quelle passion, jusqu'au point que ça devienne notre unique raison de vivre et de mourir, le seul but de notre existence, une sorte de drogue. Et quand on se rend compte tout ce que l'on a perdu, il est trop tard - il est toujours trop tard. Et on n'a plus qu'à continuer à vivre sans vraiment vivre, sans amour, sans rêves, sans espoir, sans liberté, sans réalité à l'exception de ce... cette espèce de... prison dorée qui, jour après jour, nous étouffe un peu plus. Ou à mourir.

Oui, peut-être que c'était cela le réel risque des Spires : celui qui n'existe que lorsqu'on ne le voit pas.


[Court également... ]


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Sam 1 Sep 2012 - 17:48

Qu'est ce qui rendait les Spires dangereuses ?
Question intelligente. Mieux valait toujours connaître les dangers de chaque chose afin d'en avoir la pleine mesure. Oui, c'était préférable. Parce que les découvrir au fur et à mesure, ça pouvait vraiment être dangereux.
Eh bah oui, la logique, les dangers, c'est dangereux Arrow .

Et à voir les dangers que Enelyë et Attalys mentionnait, Gwëll se disait que l'imagination n'était peut être pas si belle que ça. Pas si idyllique, du moins. Et à entendre tout ça, elle s'imaginait encore pire. Elle revoyait la vision de Lev, celle qu'il avait exposée pendant le cours de l'assistante.
Un monde de pièges et de dangers. De coups bas et de vengeances.
Un cauchemar intérieur.


Je crois... Il me semble que certaines personnes peuvent en contacter d'autres par la pensée. Et les repérer. Juste parce qu'on a le don. Donc... le don peut nous faire repérer par des ennemis, des mentaïs, par exemple.

À cette idée, elle frissonna. Elle se rappelait bien comment la mentaï folle l'avait repérée, et poursuivie, et... non, c'était vraiment trop horrible.

Donc, même quand on ne l'utilise pas, on laisse des traces ? Et puis, il paraîtrait que certains dessinateurs, avec un très haut niveau peuvent pénétrer les pensées des autres, et les lire. Ou même leur parler directement dans leur tête. Certains disent même qu'on peut être torturés par la pensée, comme ça. Mais ce n'est pas vrai, n'est ce pas ?

Elle s'adressait en particulier au professeur, à cet instant, elle avait besoin qu'on lui infirme ce qu'elle espérait être faux. Parce que ce ne pouvait pas être possible, c'était bien trop atroce pour être vrai. Et que, en plus, ça semblait on ne peut plus impossible, comment faire souffrir à distance ? Non, certainement pas vrai, ce devait avoir été imaginé pour faire peur aux trop naïfs. Et ça marchait très bien, d'ailleurs.

Un danger est aussi de passer à coté de quelque chose de réel, de terre à terre. Je veux dire, si on est dans l'imagination, on ne voit pas ce qui se passe en dehors. On peut être attaqué, alors, peut être, pendant ce temps là ? Et si on est tué alors qu'on est dans les spires, on s'en rend compte ? Ou alors, on n'est plus que par l'esprit ?

Ça aussi, ça l'angoissait, de manquer quelque chose en dessinant et de ne plus jamais pouvoir réparer son erreur. Et puis aussi d’être condamné à errer à jamais. C'était surtout le jamais, qui l'effrayait, puisque à jamais signifie qu'on ne peut plus revenir sur rien. Comme une condamnation à perpétuité. Irréparable.
Les spires c'était dangereux, il y avait beaucoup trop de dangers.

[pas non plus trop long :/]


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Dim 2 Sep 2012 - 0:38

Quelques élèves osèrent prendre la parole et parler des dangers de l'Imagination. Il était vrai que l'on ne regardait pas toujours les côtés obscurs et que l'on avait l'habitude de s'émerveiller devant la beauté sans limite des spires. C'était sans doute pour cela qu'il n'y avait pas autant d'élèves qui se manifesta pour donner son avis. Ils n'en avaient pour la plupart aucun, vu que les dessinateurs ne parlaient pas souvent de cet aspect.
Enelyë prit la parole la première, ne faisant que de courtes phrases. N'osait-elle pas donner son avis, ses connaissances, ses intuitions ? Mais sa réflexion restait bonne. Y rester bloquer, cela pouvait être possible même si Myra n'en avait jamais entendu parler. Peut-être le découvrirait-on dans les années à venir. Elle, elle avait bien découvert que la perte du Don était possible. Rester coincé dans les spires pouvait tout à fait être quelque chose de faisable. Pas conseillé, mais faisable.
Une aequor se manifesta à la suite de la kaelem. En revanche, cette jeune fille-ci, Attalys, ne semblait plus vouloir laisser la parole à quiconque. Elle parlait encore et encore, sortant toujours de nouvelles idées, de nouveaux mots. Elle était lancée tel une goule sur sa proie. Rien ne paraissait pouvoir la stopper à part elle-même. Son raisonnement était pertinent et même plus que réel. Il créait en Myra un étrange sentiment, comme un déjà vu.

Notre unique raison de vivre et de mourir.

La dessinatrice avait l'impression que la jeune aequor parlait de son professeur, qu'elle parlait de Myra. Elle avait tant donné au Dessin, elle avait consacré toute sa vie à l'Imagination, elle n'avait prêté attention à aucune autre forme de distraction. Elle s'était plongée tête baissée dans les spires et ne voulait plus en ressortir, de telle sorte qu'elle ne s'était pas réellement fait d'amis à Al-Jeit. Ni même à l'Académie d'ailleurs. A présent qu'elle avait perdu son Don, Duncan apparaissait et devenait son plus grand ami. Ils prenaient le thé ensemble pratiquement chaque après-midi quand leur horaire le leur permettait et discutaient de choses et d'autres.
Mais elle avait perdu sa raison de vivre : le Dessin.
Les dernières paroles de l'aequor transpercèrent le coeur de la femme. Elle avait raison, totalement raison. Elle était sans doute la plus dans le vrai. Elle s’emmurait dans une prison, même si elle n'était pas dorée. La sienne était d'un noir abyssale profond. Elle semblait même parfois se laisser aux bras de la mort. Elle en serait bien capable.

La voix d'une troisième personne la ramena à la réalité. Gwëll venait de prendre la parole, un peu hésitante. Juste, très juste même. Son propre Don pouvait se retourner contre soi-même. Pas littéralement, mais ceux qui connaissaient la trace du Don d'une tierce personne pouvait la repérer grâce à cette fameuse trace. La trace dans l'Imagination. Tout le monde en laissait une, obligatoirement. Lire dans les pensées ; un Dessin dur à réaliser, quelque chose de fortement éreintant. Parler en revanche était à la portée de beaucoup de dessinateurs avec un peu d'entraînement. C'était comme cela que les messages circulaient en Gwendalavir.
Torturer par la pensée. Devait-elle réellement répondre ? Elle savait que c'était possible, même si elle ne l'avait jamais essayé. Dans les deux sens.


- Je ne sais pas Gwëll, on ne peut pas réellement savoir si un dessinateur tué dans la réalité alors qu'il est dans les spires demeure en esprit dans l'Imagination à jamais. On ne voit que les esprits lorsque l'on parcours les spires et donc on ne peut reconnaître les morts s'ils étaient là en esprit. Je ne sais pas si tu me suis.

Un léger sourire, bien vite dissipé.

- Et pour savoir si on se rend compte de notre mort lorsqu'on est dans les spires, il faudrait essayer pour voir. Et je n'ai pas très envie de faire le test aujourd'hui.

Elle commença à faire les cents pas, comme à son habitude. Le cours touchait à sa fin, il fallait qu'elle conclue. Elle avait besoin de se retrouver seule ; elle saturait à cause de toutes ces visions du Dessin.
Se retournant face à ses élèves pour la dernière fois de la journée, elle débuta un long discours.


- Vous avez toutes trois raisons, pour chaque aspect dont vous avez fait allusion. L'Imagination n'est pas toute rose, les dangers existent ; j'aimerais que vous ne l'oubliez jamais. Oui, on peut entrer dans vos esprits, oui on peut torturer par les spires, oui on peut mourir lorsqu'on est dans les spires. Oui, oui et oui. Il y a encore bien des dangers que nous ignorons, mais je vous demande la prudence. Nous ne savons rien de l'Imagination par rapport aux infinies possibilités qu'elle offre. On vous cache souvent ces dangers, de peur de perdre de potentielles futures Sentinelles et grands dessinateurs. Moi, je vous met en garde. L'Imagination est magnifique, foisonnante, merveilleuse. Mais elle est aussi dangereuse qu'attirante.

Silence. Elle ne savait plus quoi dire, elle ne voulait plus parler des spires pour aujourd'hui. Le souvenir encore trop marqué de la merveille à laquelle elle n'avait plus droit.
Sourire forcé afin de donner bonne impression à ses élèves.


- Mais ne vous affolez pas, les dangers sont là, mais rares. Ils ne se trouvent pas à chaque croisements.

Dernier regard.

- Bien, c'est la fin du cours. Alors à la prochaine fois, mais les cours seront séparés par niveau. A bientôt !

Elle se retourna et se confronta à la réalité ; elle n'avait plus qu'à ranger le clos d'exercice.







[ Rp terminé o/ ]


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MessageSujet: Re: Et de cinq !! [Terminé]   Dim 2 Sep 2012 - 18:38

On pouvait mourir dans la réalité alors qu'on était dans les spires. Mais personne n'avait jamais essayé. Ou du moins, ceux qui avaient essayé n'étaient pas revenus raconter aux autres. Donc c'était normal que personne n'en sache rien. Mais dommage, quand même. Bien que raisonnable.
Quant à voir les morts dans l'imagination, ça ne l'étonnait pas que ce ne soit pas possible... Quoique, si on savait reconnaître quelqu'un dans l'imagination et qu'on le recroisait après qu'il soit mort. Enfin, si on était sûr que ce soit lui alors qu'il est mort, ça pourrait être possible ? Compliqué, quand même, parce que cela sous entendait qu'on connaisse très bien le don de quelqu'un, que ce quelqu'un meurt en dessinant, et qu'on arrive à recroiser son emprunte peu de temps après, puisque sinon, on risque d'oublier. Non, pas évident.
Et Dame Ril'Otrin ne souhaitait pas tenter l'expérience, bien entendu. Enfin, pas aujourd'hui, du moins.

Et puis, le professeur reprit la parole et conclut le cours.
Le sang de Gwëll se glaça à son discours. On pouvait entrer dans son esprit. On pouvait la torturer à distance. Et il y avait encore d'autres dangers ignorés. Ça faisait quand même beaucoup, tout ça... beaucoup beaucoup, d'autant plus que quelques heures à peine, avant, elle n'avait conscience d'aucun d'eux. Donc trop d'un coup.

Alors, quand le professeur leur dit au revoir, que ses camarades se levèrent, elle ne bougea pas. Elle ne bougea pas non plus quand Enelyë lui fit signe de la rejoindre, ni quand elle baissa les bras, ni quand elle se mit à courir pour ne pas être en retard à son prochain cours. Non, elle ne fit attention à rien de tout cela. Elle restait figée, n'osait plus bouger. L'imagination était dangereuse.

Et puis, quand même, la dessinatrice se retourna, et l'aperçut. Alors, elle s'approcha, et tenta de la rassurer. Elle lui expliqua que ces dangers, même si ils existaient, étaient très très peu fréquents. Que rares étaient les personnes mortes à cause des spires. Et que, même si danger il y avait, mieux valait continuer à dessiner, parce que c'était encore plus dangereux de ne pas savoir se défendre. Enfin, elle argua d'un argument de poids. Du danger, il y en avait partout.
Et c'était vrai.

Alors, Gwëll se releva et sourit. C'était bon, c'était fini.
Mais bon, elle se trouvait là, et elle se trouvait un peu bête, seule élève alors que tous les autres étaient partis à un autre cours. Elle n'en avait pas, pour sa part, à cet instant, alors elle proposa gentiment d'aider à ranger.
Et elle commença, avant même qu'on ne lui ait répondu, à ranger les différents objets des différents élèves dans le grand panier en osier qui était posé contre l'un des murs du clos. Et puis, elle alla chercher le balais qui était dans le placard à coté de la porte, et elle entreprit de rassembler tous les débris qui jonchaient le sol, débris du travail des élèves. Et enfin, elle déposa tous ces petits morceaux de bois, de verre ou de terre dans un seau qu'elle vida dehors, dans las poubelles qui étaient mises à disposition des élèves.

Et puis, elle s'en retourna vers son professeur et pris poliment congé.
Il fallait qu'elle se documente un peu, tout cela l'intriguait beaucoup.

[tu me diras si tu trouves que j'ai trop joué Myra, hein =)]


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