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 De beau matin, l'inopportun...

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MessageSujet: De beau matin, l'inopportun...   Lun 9 Jan 2012 - 22:41

Première nuit à l'Académie de Merwyn. Mon sommeil fut interrompu une fois encore par les cauchemars qui le hantent. J'ai revu les hommes que j'ai tué, j'ai revécu la mort de Lan Vil' Paendrag. Je pensais qu'ils disparaîtraient une fois que je serais en sécurité, une fois que j'aurais l'occasion de me reposer en toute quiétude. Je m'étais trompé, j'espérais ne pas finir comme Lan... le vieux chevalier avait peur de dormir tant ses rêves le hantaient. Je m'étais réveillé en sursaut, l'aube venait à peine de se lever. J'aurais pu essayer de me rendormir un peu, mais je préférais me lever et m'occuper pour ne plus penser.

J'enfilai l'une de mes tenues les moins usées par mes voyages. Gris anthracite, bien entendu. Je ne portais jamais d'autres teintes. Jehan Hil' Jildwin m'avait dit que je recevrais bientôt un uniforme comme tous les élèves, le temps que la couturière le réalise à mes dimensions. Par réflexe, j'avais revêtu ma cotte de mailles. Il n'y en avait nul besoin à priori, mais je me laissais guider par cet instinct qui m'avait permis de survivre jusqu'à ce jour. Mon épée à mon côté, je quittais les dortoirs, ma vieille flûte à la main. De bois sombre, ciselée d'argent, elle avait appartenu à Lan. Il l'avait conservée avec lui tout au long de sa carrière d'officier et de ses errances de mercenaires, une fois qu'il avait été déshérité par sa famille pour une obscure histoire. Je me mis à en jouer allègrement au fil de mes pas, cela m'aidait à me réveiller et à me détendre. Je fis un détour par les cuisines que j'avais repéré la veille, comme tout bon homme d'armes, et j'y déjeûnai sans prêter attention aux cuisiniers qui semblaient intimidés par mon apparence peu amène et ma mise guerrière.

Une fois restauré, je repartis aussitôt, droit vers mon objectif, la flûte en action. J'interrogeai les rares personnes sur mon passage afin de trouver mon chemin dans ce dédale que je ne connaissais pas encore. Je parvins finalement aux appartements de maître Duncan Cil' Eternit. Le maître des légendes. L'homme qui était le plus susceptible de m'apprendre à écrire parmi les professeurs d'après ce que j'avais entendu dire. Le maître des lettres. J'espérai qu'il était déjà levé, je n'avais pas envie de subir l'ire d'un homme réveillé contre son gré. Passanr la flûte dans ma ceinture, je frappais vigoureusement à la porte. Pas de réponse, voilà qui s'annonçait mal. Je collais mon oreille à la porte, je ne percevais nul son. J'actionnais la poignée, la porte s'ouvrit. Maître Duncan devait être là, les professeurs ne laissaient jamais leur porte ouverte lorsqu'ils ne se trouvaient pas dans leurs appartements. La logique même. Je me décidai, je poussai la porte, et j'entrai sans invitation. L'homme était peut-être dur d'oreille. J'entrai d'un pas martial, aussi bruyant que possible pour faire connaître ma présence. Avec ma cotte de mailles, ce n'était guère difficile de l'être. De ma voix grave, je questionnais de manière un peu rude :


- Maître Duncan Cil' Eternit?

Il apparut. Jamais je ne m'étais attendu à une telle vision...

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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Ven 13 Jan 2012 - 18:13

- Sortez d’ici tout de suite.

Le ton ne souffrait aucune réplique, et possédait l’autorité de l’enseignant qui sait parfaitement poser sa voix quand les circonstances l’exigent. Malgré son manque flagrant de force et de carrure, tout drapé d’une robe de chambre damassée qu’il était, Duncan n’en était pas point dans une certaine colère noire. Non seulement, on venait ENCORE de s’introduire dans ses appartements sans y être invité ni même se présenter, mais de plus, l’inconnu se trimballait dans sa ferraille et portait l’épée au côté.
Et rien que cette habitude, Duncan la considérait comme une menace à part entière ainsi qu’un flagrant manque de civilisation. Il n’avait rien de dangereux et ne souffrirait pas qu’un membre de l’Académie, puisque la bague à son doigt signalait son appartenance à la maison Kaelem malgré son air bourru et son âge avancé, daigne le menacer de ses armes. Il se dressa devant l’inconnu qui le regardait, l’air étonné – il devait se croire dans son bon droit – sans bouger.

- Vous sortez d’ici tout de suite, vous et votre ferraille, ou j’appelle les gardes.

Quoi que l’individu soit venu chercher dans ses appartements, Duncan n’en avait cure. La vue de l’arme et des mailles l’ulcérait à un point difficilement imaginable, surtout de si bon matin. Comme l’étranger ne faisait pas mine de bouger, croyant sans doute qu’il pourrait intimider le petit professeur de lettres et civilisation avec sa grande stature et son air rugueux, Duncan s’écarta et jeta dans le couloir un :

- Gardes !

retentissant. Tôt le matin, il était sûr que les gardes effectuaient leur première ronde de la journée avant de se rendre dans la tour d’enceinte où Edel les briefait pour la journée. En effet, il n’eut pas à attendre longtemps pour qu’apparaissent deux reîtres à l’air interrogateur.

- Messieurs, escortez cet importun hors de mes appartements, par la force si nécessaire, qu’il apprenne que je ne souffrirai aucun manquement à la courtoisie la plus élémentaire et au règlement.

Les deux gardes encadrèrent sans un mot l’inconnu, et selon les indications de Duncan, l’emmenèrent hors de ses appartements. Avant de refermer la porte, Duncan se rappela que l’inconnu arborait fièrement sa bague d’appartenance au Kaelem ; et bien, qu’ils subissent les conséquences d’accepter pareil rustre dans leurs rangs :

- Et sachez que votre comportement de barbare vient de faire perdre cinquante points à la maison dont vous vous targuez de faire partie. Que je ne vous revoie plus jamais dans mes appartements, ou les gardes n’auront plus aucune obligation de rester courtois envers vous.

Il referma la porte violemment et en poussa le loquet – ce qu’il faisait très rarement par excès de confiance, mais les évènements affectaient son sens de l’éthique.
Il devrait toucher deux mots son Intendant et ami Jehan de cet étranger qui, manifestement, n’avait rien à faire parmi les élèves de l’Académie.



_______________


"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


Marlyn Til' Asnil | Duncan Cil' Eternit | Einar Soham
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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Jeu 9 Fév 2012 - 18:27

Alors que les deux gardes m'escortaient loin des appartements de maître Duncan, j'enrageais en silence et je fomentais les plus terribles vengeances. L'homme m'avait traité de la manière la plus méprisable qui soit à mes yeux en m'expulsant de la sorte hors de ses appartements. Bien que je n'aurais pas dû prendre la liberté d'y entrer sans invitation, je m'étais montré courtois et j'avais frappé à la porte, ne recevant nulle réponse.

Duncan Cil' Eternit aurait pu avoir une attaque ou être mal en point, mais ce n'était pas le cas. Il s'était simplement pavané dans une robe de chambre que je jugeais ridicule, avec une démarche de paon, et son regard m'avait foudroyé, à peine entré dans son champ de vision. Je n'avais pas eu le temps de réagir, l'insolent m'avait traité comme un rustre, insulté de barbare, et, de surcroit, il avait eu l'audace d'appeler des gardes pour me mettre dehors avant de me claquer la porte au nez. Aucun mercenaire n'aurait toléré pareil traitement et, si j'avais été moins surpris, ce fumier y aurait laissé quelques dents après cet outrage. Ecumant de colère, je m'étais néanmoins laissé guider par les gardes que j'avais assassiné du regard. Ils avaient été fermes et intraitables, mais ils ne firent rien pour me manquer de respect et se contentèrent d'exécuter la tâche qui leur avait été assignée... l'espace d'un moment. Impuissant, je m'étais maîtrisé. Duncan Cil' Eternit... il paierait cet affront, je m'en faisais le serment!


***


Une semaine s'était écoulée depuis ma rencontre avec Duncan Cil' Eternit. Une semaine durant laquelle je m'étais préparé à assouvir ma vengeance. Un chevalier aurait pu défier Duncan Cil' Eternit en duel, mais je n'avais pas cette liberté, je demeurais un élève soumis au code merwynien. Un duel aurait été vain de toutes manières, l'homme ne savait probablement pas se défendre à l'épée et son ignorance de l'honneur l'aurait seulement amené à me dénoncer aux autorités plutôt qu'à relever le gant. Il m'avait traité en rustre, je lui retournerais la faveur... je comptais le rosser de belle manière au beau milieu de son sommeil.

J'aurais pris plaisir à le faire ouvertement, mais ce plaisir m'était interdit. J'étais conscient des risques auxquels ma vengeance me vouait : si jamais j'étais reconnu ou capturé sur le fait, c'en serait fait de moi. Bien entendu, la mort ne m'attendait pas au tournant de cette expédition, mais le Magister pouvait choisir de me châtier sévèrement ou de m'expulser de l'Académie ; conséquences que je ne pouvais pas encourir. Dès lors, j'avais consacré la semaine à observer attentivement les faits et gestes de Duncan Cil' Eternit et à étudier les itinéraires et horaires des patrouilles des gardes. Sortir des dortoirs la nuit pour effectuer mes missions de reconnaissance s'était avéré délicat et risqué au début : les élèves étaient soumis à un couvre-feu et, s'ils étaient surpris hors des dortoirs la nuit sans autorisation, ils encouraient des punitions et étaient signalés aux autorités afin que l'on garde un oeil sur eux. Le rituel était simple : attendre la pleine nuit que tous les élèves de la Maison Kaelem soient profondément endormis, quitter les dortoirs en silence, et marauder dans l'Académie en espérant ne croiser personne. A plusieurs reprises, j'avais manqué de peu de tomber nez à nez avec une patrouille nocturne. Néanmoins, le temps aidant, j'étais parvenu à connaître leurs horaires et itinéraires et je savais comment les éviter. Les marchombres, en revanche, étaient nettement plus problématiques. Jamais je n'en vis, mais j'étais parfois persuadé qu'ils rôdaient, non loin, et je me savais incapable de les détecter par moi-même... Ma seule solution à ce potentiel problème était d'emprunter des itinéraires sinueux présentant des angles de vision restreints et d'utiliser la morphologie du terrain. Régulièrement, je me dissimulais dans l'ombre suite à un détour et j'attendais, aussi silencieusement que possible, de voir si quiconque me suivait. Jamais je ne vis de potentiel poursuivant, mais cela ne signifiait pas qu'il n'y en avait pas. Un marchombre ou toute autre personne entraînée à la furtivité pouvait parfaitement déjouer mes précautions et m'espionner à mon insu.

L'étape suivante avait été d'observer la porte des appartements de Duncan durant ses absences. J'ignorais s'il dormait avec sa porte fermée et, pour exécuter ma vengeance, je devais être capable de crocheter discrètement sa serrure si nécessaire. J'étais chanceux, l'homme était négligeant quant à sa sécurité et la serrure était des plus simples. Cela me convenait à merveille, j'étais incapable de crocheter des serrures bien conçues. Restait alors à planifier la suite : il me fallait des vêtements d'emprunt, une dague et une matraque de la salle d'armes, de la corde, et un masque. Les vêtements d'emprunt et le masque serviraient à masquer mon identité. J'avais opté pour une uniforme d'élève à ma taille que j'avais volé. Ma première préoccupation avait été d'en enlever les armoiries et tout autre signe trop distinctif. Je conçus moi-même le masque à partir de chutes de tissus et de cuir : il ne serait pas du tout esthétique, mais il ne laisserait voir que mes yeux. La dague et la matraque furent empruntés lors du dernier entraînement avec maître Locktar : ces armes me serviraient en dernier recours. Quant à la corde, Duncan Cil' Eternit verrait l'usage que je lui réservais. Je consacrais les deux jours précédant la mise à exécution de ma vengeance à m'assurer discrètement que personne ne se souciait de mes faits et gestes. Tout au long de la semaine, j'avais adopté un profil bas, j'avais suivi le règlement à la lettre, j'avais tenté de me lier, sans grand succès, avec quelques élèves de la maison Kaelem, et j'avais tenté d'agir aussi normalement que possible. Je m'étais donné beaucoup de mal pour éviter de me trouver sur le chemin de Duncan Cil' Eternet, même par hasard. Je tenais à ce qu'il conserve de moi un souvenir aussi flou que possible pour qu'il ne parvienne pas à me reconnaître le moment venu.

Le moment de passer à l'action était venu : l'attente avait été longue, je n'avais pas quitté les dortoirs avant de m'assurer que tous dormaient profondément. En silence, j'avais revêtu l'uniforme préparé pour cette nuit et j'avais enfilé mon masque avant d'abaisser la capuche de ma cape. De la sorte, j'étais méconnaissable et la teinte sombre de mes habits me permettait de me cacher plus aisément. En outre, je n'avais conservé aucun signe distinctif susceptible de trahir mon identité. Matraque à la ceinture, dague glissée dans une botte, la corde enroulée de manière à être saisie rapidement ; j'étais fin prêt. La traversée de l'Académie fut lente et méthodique, car je ne tenais absolument pas à être détecté. Je disposais d'approximativement quatre heures avant le lever du soleil, cela devrait me suffire. J'étais nerveux et inquiet parce que je risquais ma place à l'Académie avec cette expédition punitive, mais j'étais tout autant excité et impatient de me venger de Duncan Cil' Eternit. J'évitais discrètement plusieurs patrouilles dont je connaissais l'itinéraire et je faillis me faire surprendre par un garde qui se rendait aux latrines. Fort heureusement, il passa devant moi sans me remarquer, obnubilé par son besoin de se soulager. Taille moyenne, jeune, longs cheveux cuivrés... il avait un air efféminé. Je détournai mon attention de lui pour reprendre ma marche. Je finis enfin par parvenir devant la porte de Duncan Cil' Eternit. Je scrutais alors les alentours pour m'assurer que personne ne me voyait et j'écoutais ensuite, oreille plaquée contre la porte, ce qu'il se passait dans l'appartement. Je n'entendais rien... bon signe, mauvais signe? Je l'ignorais. La porte était fermée, je la crochetai donc aussi silencieusement que possible, mon coeur battant à tout rompre. Matraque à la main, je pénétrais dans les appartements de Duncan, les sens aux aguets, prêt à frapper si nécessaire.

Je le découvris profondément endormi dans sa chambre. Faisait-il semblant? Je restai un moment à l'observer, en silence, à attendre. Personne ne m'avait vu entrer et le lettré ne m'avait pas entendu. Il dormait à poing fermés, marmonnant parfois des phrases incongrues. Je m'approchais, matraque à la main. J'allais entreprendre une manoeuvre délicate... le ligoter à son lit avec la corde que j'avais volée sans le réveiller. J'agissais lentement et en douceur, mais il finit par se réveiller... Sans hésiter, je plaquais ma main gauche sur sa bouche avant de lui donner un solide coup de matraque de l'autre main. Je l'avais assommé... j'achevais rapidement de l'attacher solidement à son lit avant de le baîllonner pour qu'il ne puisse pas crier. J'avais mal à la main gauche, ce fumier m'avait mordu à pleines dents quand il s'était réveillé. Une fois que je m'étais assuré qu'il était solidement attaché et réduit au silence, je parcourus son appartement pour voler son or. J'aurais pu dérober d'autres objets de valeur, mais son or était plus aisé à dissimuler et à emporter. Au moment de partir, je le réveillais en lui déversant une carafe de vin sur la tête et en montrant ostensiblement son aumonière pleine de pièces d'or et d'argent pour épier sa réaction dans son regard...


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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Ven 10 Fév 2012 - 15:17

    Kylian venait de terminer sa garde de la matinée, enfin de la mâtinée... Du matin très tôt quoi et c'était un véritable soulagement car il n'avait qu'une hâte : Retourner se coucher.
    Le garde discutait, accompagné par plusieurs camarade de garde tout en se rendant... Se rendant où tient d'ailleurs ? Parce que bon lui il suivait il suivait mais derrière... Il savait pas franchement où ils allaient.
    C'est après avoir questionné le plus innocemment du monde l'un de ses compagnons que le garde fut mis au courant et qu'une alarme sourde alerta son esprit de façon aussi significative qu'une alarme incendie en plein milieu de la nuit.

    "On nous a demandé de nous rendre au premier étage après notre service".
    Bah tiens.
    Au premier étage, l'étage du bureau d'Edel, ça sentait le coup foireux à pleins nez. Un piège bien fumant du genre
    " Oh mais vous n'avez plus rien à faire ? Et puis vous n'allez surement pas aller vous recoucher... Venez par ici j'ai quelque chose pour vous occuper"
    Hahaha, quelque chose pour vous occuper... Une bonne raison pour les exploiter oui ! Il s'était déjà fait avoir une fois, pas deux ! Faire du bénévolat, non merci, il était absolument hors de question de sacrifier volontairement son temps de Dodo pour des bonnes oeuvre. Quand on a du temps libre on en profite pas pour travailler gratuitement non mais franchement.
    Et eux, cette joli bande d'ignorants s'y rendaient le plus simplement du monde en bavassant. Non mais sérieusement, c'étaient possible d'être naïf à ce point ? Parce que oui, tous ceux la ce n'étaient pas les derniers arrivés hein, et ils avaient déjà du y avoir droit eux aussi au coup du "
    Oh bah tiens, quel hasard" et ils se laissaient encore avoir ?
    Bande de cons.

    Mais comment s'esquiver ? Prétexter un rendez vous inopportun serait clairement louche, surtout à cette heure -encore que, ils arrivaient encore à se faire piéger par un traquenard aussi balisé que celui dans lequel ils allaient mettre les pieds alors...- quant à une visite médicale ce n'était même pas la peine d'y penser, d'ailleurs il y en avait une de visite médicale ? Avec un peu de chance, ils ne sauraient pas non plus.
    C'est lorsqu'il s’apprêtait à mettre en place sa magnifique technique de fuite que, bonheur, un petit retardataire les héla pour les accompagner, les faisant se stopper. Ni une ni deux, le garde jeta un rapide coup d'oeil à ses compagnons avant de filer à l'anglaise au croisement auquel ils s'étaient arrêtés.
    VICTOIRE !
    Continuant l'air de rien son chemin - au cas où sait-on jamais- le garde entreprit de prendre l'escalier et de monter d'un étage, les autres descendraient alors tant qu'à faire, autant essayer d'éviter de les recroiser.
    Un dernier regard en arrière. Parfait.
    Ils avaient surement du se rendre compte de sa disparition mais ils n'iraient certainement pas le chercher aussi loin qu'à l'étage supérieur héhéhé.

    Souriant tout seul de sa victoire, le garde se rendit au troisième étage, pressé de retrouver son matelas et sa couette tant aimé.
    Le couloir était sombre comme d'habitude mais un mouvement silencieux lui titilla les sens. Étrange, d'habitude à cette heure la tous les élèves dormaient encore à moins que ça ne soit un professeur. Oh, il espérait que ce soit un élève, surtout une élève, il pourrait toujours lui proposer d'aller se recoucher dans sa chambre, toujours plus proche que l'un des trois dortoirs héhé.
    Tout à ses divagations, le garde continua son chemin l'esprit tranquille lorsqu'avant d'arriver au dernier embranchement un détails le stoppa.

    La porte.
    La porte des appartements de Duncan était ouverte et même si par expérience le garde savait que celui ci ne la fermait jamais à clés, il était tout de même assez étrange qu'elle soit grande ouverte au beau milieu de la nuit.
    Le garde fit un pas discret, puis deux et, juste avant de pénétrer dans la salle qu'il avait déjà entreprit de visiter avec sa reine, se retrouva nez à nez avec un individu masqué, couvert de noir et les mains pleines de richesses. Surement aussi surpris que lui, l'homme -parcequ'il s'agissait la bien d'un homme- le bouscula pour sortir le plus rapidement possible et tenter de s'échapper endant les brefs instants d'évasion du garde, avant que celui ci ne lui court après.


    - HEY ! Hey, arrête toi !

    L'autre était un rapide mais Kylian était un barbare, aussi dès qu'il en eu l'occasion il lui agrippa violemment le haut et freina des quatre fers, stoppant l'individu dans sa course.


    - Quand j'te dis de t'arreter tu t'arretes !


    Les richesses encore dans les mains, l'homme ne pu se débattre comme il l'aurait souhaité.
    Le garde en profita pour lui attraper un bras et le bloquer dans son dos d'une main tandis qu'il lui arrachait la monstruosité qui lui servait de masque de l'autre.

    -Et retire ca, j'parle pas aux mecs qui s'planquent derrière un masque.

    Un homme, d'un certains âge, et pourtant il portait l'uniforme de l'Académie, chose absolument improbable, voir impossible à obtenir si l'on ne résidait pas à l'académie.
    Mais qui était ce type et qu'est ce qu'il foutait la ?



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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Ven 10 Fév 2012 - 20:02

Insomnie....... Qui est l'idiot qui a inventé un tel état? :na: Locktar n'arrivait pas à dormir cette nuit-là. Le maître d'armes avait bien essayé de chasser le sommeil au départ mais, comme toute bête traquée, le sommeil s'enfuyait de plus en plus loin. Tellement loin que l'ancien Corbac avait finit par abandonné. Il s'était levé, discrètement pour ne pas éveiller Edel et il s'était éclipsé dans son bureau, où il avait allumé une lampe avant de s'asseoir.

Et bien voilà qui annonçait une journée bien longue pour le lendemain. Déjà qu'il rentrait harassé de ses journées de cours quand il dormait bien la nuit, mais là, c'était même pas la peine d'imaginer son propre parcours du combattant de la journée du lendemain. Pour tuer le temps et espérer que le sommeil arrive, au moins pour quelques heures, il décida d'aller prendre des nouvelles de l'un de ses compagnons: son aigle. Il lui avait donné de nombreuses libertés depuis qu'il était à l'académie, mais Locktar l'avait vu parfois venir frapper au carreau de sa fenêtre. C'était la nuit, certes, mais Locktar n'avait rien de mieux à faire. Il enfila une tunique et il prit une lampe avant de sortir.

A vrai dire, il n'arriva jamais à la volière. Un étage plus bas, sa marche fut stoppée par un vacarme venant de l'un des appartements du deuxième étage. Intrigué, le maître d'armes éclaira la plaque avec le nom..... Quoi?? Duncan Cil'Eternit? Mais qu'est ce qui lui arrivait? Locktar poussa la porte afin de vérifier qu'il n'y avait pas de problèmes, ce dont il doutait vu le boucan. Il tomba nez à nez avec deux silhouettes découpées par la lumière de la lune venant de la fenêtre dont les rideaux n'étaient pas fermés. Il reconnu d'ailleurs l'une d'entre elle. Les cheveux flamboyants de Kylian se voyait même dans ce noir. Au départ, Locktar voulut s'en prendre au jeune garde mais il fixa la seconde silhouette. Ce n'était pas Duncan, trop grand et trop habile au combat. C'était donc un intrus que Kylian avait surpris. Ce n'était donc pas lui qu'il fallait attaquer mais l'autre. Le maître d'armes déposa sa lampe et il se rua, poing en avant, vers la grande silhouette. Il le frappa au creux de l'estomac, lui tirant un soupir de douleur. En se pliant, le visage de l'inconnu fut éclairé par la lumière de la lampe de Locktar. Ewald? Qu'est ce qu'il faisait là en pleine nuit?

- Ewald? rugit Locktar. Donnez moi immédiatement une raison pour votre présence dans cet appartement.

Il y avait des objets par terre. Un vol? Et Duncan qui n'était pas là. Assommé? Ou trop profondément endormit?

- Kylian, va dans la chambre pour voir si Duncan est là et s'il va bien.



[Désolé, Ewald, je ne voulais pas que tu t'échappes
Very Happy ]



_______________
Il est plus facile de faire la guerre que la paix







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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Sam 11 Fév 2012 - 1:19

Au milieu des schèmes de l'univers, un coup de poing suffit parfois à vous ramener à la réalité des choses. Tout avait si bien commencé, tout allait mal se terminer. Lorsqu'un garde m'avait surpris dans les appartements de Duncan Cil' Eternit - J'avais omis de refermer la porte dans l'excitation du moment - je n'eus d'autres alternatives que de fuir... ou du moins tenter de fuir. Le jeune garde était plus vif que moi et il était parvenu à m'attraper au vol et à m'immobiliser par une clé de bras. M'immobiliser? Le temps de m'enlever mon masque, du moins. La clé de bras qu'il avait employée était inefficace contre un homme d'armes correctement entraîné et je sus me dégager sans peine... pour rencontrer le poing de Locktar Guidjek me saluant dans l'estomac.

J'ignorais d'où il avait surgi, mais je sus que toute velléité de résistance était vaine. Le maître d'armes m'avait reconnu de toutes manières... à part le tuer lui et le garde, je n'avais pas vraiment d'autres choix qu'avouer mes infractions, assumer ma culpabilité, et espérer que j'évite l'expulsion. Fuir ne servirait plus à rien, si ce n'est à aggraver mon cas. Par certains côtés, je me disais que je pouvais égorger sans peine Locktar Guidjek. L'homme était un combattant compétent et expérimenté, mais il était bien moins vif que je ne pouvais l'être... à cet égard, il était l'une de ces forces de la nature toutes en muscles et en robustesse. Néanmoins, les chances étaient contre moi et l'homme était certainement sur ses gardes. Me redressant péniblement - Le maître d'armes frappait comme un Thül - je répondis la vérité :


- Je rendais visite à Messire Duncan Cil' Eternit afin de lui réserver une mauvaise farce d'élève. La semaine dernière, il m'avait insulté et il m'avait manqué de respect lorsque j'étais venu le consulter. Je comptais l'attacher à son lit pendant son sommeil - ce que j'ai fait - et j'entendais laisser la porte ouverte avec son or en vue pour que le premier venu entre, attiré par la convoitise, et découvre Messire Duncan ligoté et baîllonné. Le code m'interdisait un duel pour réparer mon honneur, aussi ai-je improvisé.

Mes explications avaient été livrées sur un ton neutre, tel un soldat qui fait un rapport à son officier supérieur. Je n'appréciais guère la situation, la seule présence de Locktar Guidjek me contrariait au plus haut point parce qu'il m'avait ôté tout espoir de regagner les dortoirs discrètement, mais je devais me comporter séant avec contrôle et discipline. Réagir violemment ou avec insolence ne m'aiderait en aucun cas...

- Mon intention n'était pas de nuire à Duncan Cil' Eternit ou de lui causer du mal, mon intention était de le placer dans une situation grotesque pour venger l'insulte. Un élève n'a pas à agir de cette manière, mais un professeur n'a pas davantage le droit de manquer de respect à un élève. Tels sont les faits que je reconnais.


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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Dim 12 Fév 2012 - 15:54

    Surpris face à ce visage inconnu et improbable -rappelons qu'il était plus âgé que la norme ce qui ne l’empêchait pas de porter l'uniforme officiel de l'académie -, le garde en avait oublié toute prudence et l'homme le comprit bien puisqu'en réponse à sa clés de bras il relâcha son chargement et, aidé de son bras libre réussit à le faire lâcher prise. Kylian n'eut pas le temps de lui fondre une nouvelle fois dessus qu'un poing s’abattit dans l'abdomen du voleur avec une force que bien peu de gens pouvait se targuer de posséder. En l’occurrence cette force la provenait de Locktar qu'il reconnu instantanément à sa protection de fer avant même de voir son visage, et puis il n'existait pas 36 000 personnes à l'académie qui étaient susceptible de se balader en pleine nuit dans provoquer une réaction des patrouilleurs, encore moins une protection de fer au bras.

    Sans plus se poser de questions et tandis que le maître d'arme prenait la relève, Kylian s'écarta par réflexe, le laissant s’occuper de l'intru à sa manière, un peu barbare certes, mais plutôt efficace.
    Alors comme ca il le connaissait ? En tout cas la réaction de Locktar lui confirma bien que ce n’était pas pour une simple visite de courtoisie que le dénommé Ewald était venu dans le coin. Il aurait bien voulu en savoir un peu plus sur l'identité et le pourquoi de la présence de l'homme, et puis pourquoi portait-il l'uniforme des élèves aussi ? Et un uniforme sans la coloris de l'une des trois maisons ? Son ex coéquipier le ramena à la raison et, suivant ses directives, le garde tourna les talons et fila en direction du bureau du Maître des légendes et des lettres, ne doutant pas un seul instant que Locktar sache faire bon escient de ses compétences pour l’empêcher de fuir.

    L'homme n'avait pas couru bien loin, aussi Kylian se retrouva très vite sur leur premier lieu de rencontre mais il s’introduit cette fois ci dans les appartements, prudemment.


    - Monsieur... Il fit un pas en arrière pour relire le nom du professeur. Cil' Eternit ? Vous êtes la ?

    La pièce était sombre et rangée, aucune trace de lutte ou de quoi que ce soit de similaire, aucune bagarre n'avait eu lieu, c'était plutôt bon signe, du moins en théorie.
    Peut être ne s'agissait-il que d'un simple vol et que, bien-heureusement -ou non d’ailleurs- Duncan ne se trouvait pas dans ses appartements à ce moment la, ou qu'il dorme profondément au moment du méfait ?
    Des bruits étouffés de mouvements sur des draps anéanti tout espoir en lui et le garde galopa jusqu'à la chambre du professeur.


    - Est ce... Merde ! !

    Alerté par la présence de liquide rouge sur son peignoir, le garde se précipita à son chevet cherchant des yeux la blessure qui aurait permise au précieux liquide de s'écouler.
    Il n'y avait pas de lumière mais la texture tout autant que l'odeur de vin qui vint lui chatouiller les narines le rassurèrent quelque peu et il entreprit alors de détacher le baillon serré autour de sa machoire, restant atentif à une blessure quelconque.


    - Est ce que ca va ? Vous êtes blessé ?

    Le rouge qui imbibait son vetement semblait véritablement n'être que de vin, et mis à part un serieux hématome sur le haut du crâne, il avait l'air d'aller plutôt bien, ou tout du moins physiquement parlant puisque le professeur était dans un véritable état de choc totalement compréhensible.
    Après s'être assuré que sa bonne condition physique, Kylian entreprit d'essayer de détacher les cordes qui le liait à son lit. Il l'avait bien serré l'animal, tellement même que le garde du s'aider de son épée pour couper les lanières qui entravaient ses bras.
    Tout en finissant de le liberer de ses attaches, le garde jeta un coup d'oeil à Duncan. Il n'avait vraiment pas l'air d'aller bien, aussi, il entreprit de le rassurer un peu.


    - On l'a rattrapé et Lock... Monsieur Guidjek s'en occupe.

    No reaction.
    Kylian l'aida à se redresser et se positionna à ses cotés.


    - Ca va aller ? Vous pouvez marcher ? Je vais vous emmener à l'infirmerie.

    Le professeur n'allait vraiment pas bien mais il crut le voir légèrement hocher la tête suite à sa proposition. Pauvre homme, il n'avait décidément vraiment pas de chance.



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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Dim 12 Fév 2012 - 22:17

A torto di viltate, tacciato mai sarò

Duncan avait cet air d’opéra bien célèbre dans les cours de Gwendalavir lorsqu’il se coucha ce soir-là, en récitant mentalement des vocalises de baryton et des réponses alto. Rien de mieux que de relire les livrets de ces chez-d’œuvre d’Al-Jeit pour sombrer dans un sommeil joyeux et plein de tirades tragiques et de retournements fantastiques. Après tout, ce n’est pas comme s’il avait besoin de se préoccuper la tête avec des inquiétudes infondées, personne n’avait encore essayé de le tuer dans son sommeil.

*

Il ne sut pas exactement ce qui le réveilla en sursaut, si c’était la main qui se plaquait sur sa bouche, les liens qui lui entravaient les membres lorsqu’il tenta de se débattre ou bien cette présence malfaisante qu’il sentait à ses côtés. Une peur panique l’envahit sur l’instant, manquant d’exploser son cœur, avant de nouveau, le noir ne l’accueille dans ses limbes d’oubli.

*

Une sensation de noyade l’envahit juste avant qu’il ne se réveille, et il ouvrit les yeux dans un sursaut, recrachant le vin qui lui envahissait la bouche et les narines. Les liens l’entravaient toujours de manière à ce qu’il ne puisse pas bouger et qu’il se débatte en vain, et toujours ces deux yeux plein de morgue qui le regardaient par en haut, cette fois avec ce qu’il considérait être une étincelle de fierté, alors que le malfrat faisait jouer devant son regard la rapine qu’il venait de commettre. Les yeux de Duncan s’agrandirent de nouveau, il continua de crachoter faiblement, mais la peur s’insinuait en lui. Il était fait comme un rat, il avait été assommé comme un vulgaire sac de son, et voilà que le voleur avait la possibilité de faire ce qu’il voulait de lui, il pouvait lui trancher la gorge.
Da qual tremore insolito, sento assalir gli spiriti!
Duncan, à la vérité, était transi de peur, et ne continuait plus que faiblement à se débattre contre ses liens alors qu’un désarroi de plus en plus culpabilisant s’emparait de lui. Les vapeurs de vin lui tournaient la tête et le bâillon l’empêchait d’appeler à l’aide.

Le noir et le silence s’abattirent dans la pièce alors que le professeur de légendes et de lettres pleurait doucement de trouille et d’impuissance. Il n’avait aucune idée de l’identité du malfaiteur ni des raisons qui avaient pu le pousser à l’agresser, encore moins à lui voler son argent et ses biens après l’avoir violenté.
Quelqu’un allait-il seulement le découvrir, ou bien devrait-il passer des heures et des heures avec ces liens qui le meurtrissaient et la peur qui lui retournait le ventre ? Oh, cruelle humanité..

Che strazio, ohimè, che smania! Che inferno, che terror!

Une semi torpeur s’était emparée de Duncan lorsque le conflit éclata dans le couloir et que des bruits feutrés lui parvinrent à travers les murs. Plusieurs voix s’élevaient, il en sentait parfois la colère, parfois l’étonnement, mais ne pouvait rien faire pour attirer leur attention, le bâillon était si serré qu’aucun son ne s’échappait d’entre ses lèvres.

Quand il vit de la lumière puis une silhouette se découper dans l’encadrement de sa porte, son cœur fut tellement empli de soulagement que le contrecoup lui fit verser une nouvelle larme. Le visage familier du garde Kylian Holin apparut, et les liens se rompirent, permettant à un Duncan tremblant de frayeur et de choc. Il ne parvenait pas à reprendre ses esprits à cause des vapeurs du vin, et aucune pensée ne lui traversa l’esprit alors qu’il écoutait en hochant passivement de la tête les propos du garde compatissant. La tête lui sonnait terriblement, il avait l’impression d’avoir été renversé par un troupeau de siffleurs.

Les propos du jeune garde ne lui parvenaient que confusément à travers l’écran des restes de sa peur, mais il parvint à en saisir le sens global.
La présence du jeune homme à côté de lui parvenait à le rassurer, comme l’évocation du nom de Sire Hil’Guidjek. Il ne craignait plus rien avec eux pour le surveiller, et pourtant, pourquoi n’arrêtait-il pas de trembler.. ?


- Ca ira, oui.. Qui ? L’infirmerie ? Oui, allons-y..

Ses pensées étaient encore très embrouillées et il laissa Kylian l’aider à se lever. L’intrus avait du frapper sacrément fort avec son gourdin car quand il passa en station debout, un vertige manqua de jeter Duncan à nouveau par terre, si le garde ne l’avait pas aidé à se maintenir debout. L’odeur de vin empuantissait la pièce, Duncan se débarassa tant bien que mal de sa robe de chambre et se drapa dans un de ses manteaux secs, comme si avoir un vêtement chaud autour des épaules l’aidait à se sentir mieux. Puis ils sortirent de ses appartements.

La lumière de la lanterne de Locktar illuminait la scène, et les traits de son agresseur lui apparurent clairement. Il lui fallut plusieurs secondes à réfléchir malgré l’hématome qui se formait sur sa tempe pour parvenir à identifier de nouveau cet individu qui ne lui avait laissé qu’un souvenir très flottant :

- Vous.. ?

Che gridi, che lamenti, come mi fa terror…



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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Mar 14 Fév 2012 - 17:31

- Moi...

Locktar Guidjek n'avait pas eu le temps de réagir, pas eu le temps de me sermonner. Je voyais Duncan Cil' Eternit apparaître devant moi, escorté par le jeune garde qui m'avait détecté. Il paraissait encore affecté par mon coup de matraque, pourtant je ne l'avais pas frappé si fort... Peu importait, cela serait bien un moindre mal, l'homme conserverait un souvenir de moi pour quelques jours. Je réfléchissais : j'étais pris sur le fait, ma situation était pour le moins critique, mais j'avais encore une carte à jouer, une carte que je m'étais refusé de jouer parce que l'honneur m'interdisait de déléguer ma vengeance. Néanmoins, j'avais toujours des obligations à l'égard de la Légion Noire et je ne pouvais pas me faire expulser de l'Académie. Je pris ma décision, je m'étais tourné vers Duncan Cil' Eternit, et je me mis aussitôt à torse nu, révélant à la lumière de la lampe du maître d'armes un buste labouré de contusions et d'hématomes.

- Vous souvenez-vous des deux gardes que vous avez appelés pour me reconduire hors de vos appartements? Je ne les avais pas reconnus alors, mais eux m'avaient reconnu. Tous deux furent des mercenaires par le passé, des mercenaires dont mon tuteur avait démontré la duplicité à leur employeur. Plusieurs années plus tard, ils ont finalement exercé leur vengeance en me battant avec application une fois qu'ils m'eurent amené dans un endroit isolé. Admirez votre oeuvre, Duncan Cil' Eternit.

Ma colère, mon ironie, et mon arrogance perçaient chacun de mes mots. Aujourd'hui, je me tenais droit et fier pour exposer mon torse malmené. Plusieurs jours plus tôt, je n'en menais pas large, menotté, labouré de coups par les deux gardes que je n'avais pas reconnus. Ils avaient procédé de manière méthodique : pas de plaies ouvertes, pas de sang versé, pas de foulures ou de brisures ; seulement des coups portés au torse avec application de manière à passer pour des séquelles reçues lors des entraînements. Ma parole contre la leur : un élève fraîchement arrivé contre deux gardes probablement respectés et recrutés depuis quelques années. Je m'étais tu et je comptais m'attaquer à eux une fois mon expédition punitive contre Duncan Cil' Eternit effectuée. Un garde avait contrarié mes plans, Locktar Guidjek m'obligeait à exercer ma vengeance différemment.

- Cette nuit, je me vengeais de vous. Leur tour serait venu après. Ma parole, celle d'un élève fraîchement arrivé commettant une entorse à la discipline, n'aurait guère pesé face à la parole d'un professeur éminent et de deux gardes respectés.

Le regardant droit dans les yeux, j'ajoutais :

- L'ordre venait-il de vous? Ou vous êtes-vous fait joué par deux mercenaires sans honneur?

Je n'attendis pas sa réponse, je ramassais les menottes que le garde avait perdues au cours de la lutte pour les donner au maître d'armes, bras tendus. Je n'avais rien à ajouter, j'attendais la suite et j'espérais que mes révélations briseraient la carrière de ces deux infâmes brutes. Si je devais être expulsé, que ma défense serve au moins à cela.

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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Mar 14 Fév 2012 - 20:01

Quand Kylian se dirigea vers les appartements de Duncan, Ewald commença son récit. Il évoqua une altercation entre le maître des légendes et lui-même. Même si Ewald n'était pas un élève de la maison Teylus, il participait tout de même aux cours de combat. Duncan l'avait donc mis au courant de ce qui s'était passé. Le Kaelem se présentait en victime alors qu'il était entièrement fautif.

Malgré le fait que sa rage bouillait, Locktar se retint d'intervenir, attendant l'arrivée de Duncan. Le maître des légendes ne tarda pas, soutenu pas Kylian. Duncan était faible et totalement épouvanté. Cette vision cumulée avec la nouvelle réaction d'Ewald qui accusait le maître des écrits d'être responsable de cette agression fit sortir le maître d'armes de ses gonds.

- Vengeance! Tu n'as que ce mot à la bouche! Tu t'es présenté à mon bureau comme un chevalier et un futur membre de la Légion Noire. Je t'ai cru et je me rends compte aujourd'hui de ma bêtise. Les recruteurs de l'empire ont vu ce que moi je n'ai pas remarqué. Tu n'es pas mieux que les pires têtes brulées de cette académie. Tu es même pire car je suis sûr qu'ils n'auraient jamais eu la bêtise de s'attaquer à un professeur en pleine nuit. Eux, ce sont des gens d'honneur, toi, tu n'es qu'un pleutre.

Locktar avait rarement été aussi en colère.

- Une farce d'élève alors que tu te présentes comme un chevalier? Je suis bien content de ne pas t'avoir eu comme frère d'armes quand j'étais dans l'armée. Duncan ne t'a pas insulté, c'est toi qui l'a agressé. Tu n'avais aucune raison de rentrer dans ses appartements sans invitation. Tout comme aujourd'hui, tu as agit ce jour-là comme un voleur.

Le maître d'armes jeta un coup d'oeil au torse du Kaelem.

- Je n'approuve pas ce que les gardes ont fait et je parlerais de leur cas à Edel. Ils seront sévèrement réprimandé mais ça n'excuse en aucun cas ce que tu as fait.

Locktar se tourna vers Duncan.

- Une perte de points sera une bêtise. Inutile de pénaliser les Kaelems pour ce qu'il a fait. Ce qu'il a fait est trop grave pour en rester là. Je pense qu'il faudrait prévenir l'intendant. Qu'en pensez-vous?

Duncan était le mieux placé pour jugé Ewald. Il était la seule victime de ce qui s'était passé. Locktar s'en remettrait à son jugement.



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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Mar 14 Fév 2012 - 20:46

La voix d’Ewald tira un frisson au maître de légendes et de lettres, difficilement remis de son choc. En des temps plus normaux, son côté humaniste se serait insurgé contre les traitements dont l’homme se prétendait la victime, mais l’orgueil dans sa voix et ses agissements l’empêchaient de songer à autre chose qu’à du dégoût. Terriblement las de la mésaventure de la soirée, Duncan était toujours soutenu par Kylian, qui le tenait par l’épaule et l’empêchait de vaciller. En soi, le coup qu’il avait reçu à la tête n’était pas grave, mais la peur qui l’avait envahi, faible et impuissant qu’il était, l’avait vidé d’énergie et de volonté, et il commençait à se faire trop vieux pour s’en remettre en seulement quelques minutes.
Il fixait d’un œil vide les bleus qui parsemaient le torse d’Ewald, à se demander si véritablement cette histoire était vraie ; il n’était pas rare que les élèves arrivent en cours avec des bleus sur les bras à cause de leur entrainement ou de disputes personnelles…
Et ce ton, bouffi de morgue et de colère… Ni compassion ni colère ne pouvaient le saisir à ce moment précis. Maître Cil’ Eternit songea que bien des élèves avaient été torturés ou maltraités par les mercenaires du Chaos et n’avaient jamais cherché à en tirer vengeance, encore moins sur des personnes innocentes.

Et il n’en déplaise, il ne pouvait qu’appuyer les dires de sieur son collègue Locktar, tant la lassitude et le contrecoup de sa frayeur étaient intenses. Quelques secondes de silence passèrent avant que le maître de Légendes et de lettres ne comprenne que Locktar s’adressait finalement à lui, et son regard passa tour à tour sur les trois protagonistes de la scène.

- Vous me connaissez suffisamment bien, sire Hil’Guidjek, pour savoir que jamais je n’aurais ordonné pareille sottise…
souffla-t-il d’un ton sans chaleur ni énergie. Quant à lui, je ne veux plus jamais le revoir, qu’il parte, qu’il disparaisse.

C’était délibérément que Duncan s’adressait à Locktar plutôt qu’à Ewald directement pour cette dernière phrase, de même qu’il n’osait croiser le regard de l’étranger, tant il lui semblait dangereux et terrifiant. Sa haute stature, sa morgue et ses manières contradictoires lui causaient suffisamment de trouble pour qu’il décide de rester à quelques pas, à l’entrée de ses appartements, aux côtés de Kylian qui faisait son devoir sans mot dire et avec une étonnante docilité.
Frustré contre sa propre faiblesse, Duncan reprit un peu contrôle de lui-même en se redressant et posa sa voix un peu mieux et ses idées plus clairement :

- Il fut un temps où l’on fouettait les élèves pour avoir agressé leurs professeurs… mais ce temps est révolu et je refuse que l’on use de plus de violence encore.

Il réfléchit longuement, autant que le permettait son hématome grandissant et le vin qui lui embuait encore l’esprit, et , une main posée sur l’avant-bras de Kylian pour s’empêcher de trembler, reprit la parole en les regardant tous :

- La décision devra être prise collégialement, je ne peux me targuer d’avoir telle responsabilité sur un élève…

Il prit une inspiration et termina en fixant Ewald pour la première fois :

- Mais que l’on sache que c’est lui ou moi, et que je ne tolérerai pas de rester vivre et enseigner sous le même toit qu’un individu aussi abject et que des affidés de son acabit.

Le mot était fort, mais il convenait à un homme aussi faible que Duncan Cil’ Eternit.




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MessageSujet: Re: De beau matin, l'inopportun...   Mar 14 Fév 2012 - 21:55

Devant l'absence de réaction du maître d'armes, je me passais moi-même les menottes. Sa colère m'importait peu, cet homme ne m'avait jamais considéré d'un bon oeil depuis mon arrivée à l'Académie. Sentiment que je lui retournais : à mes yeux, Locktar Guidjek était un personnage obtus et borné sans la moindre once de clairvoyance ou de compréhension et cela se reflétait dans son enseignement des armes. Sa vue était la seule importante. D'un ton froid, je repris la parole après les déclarations de Duncan Cil' Eternit :

- Maître Locktar, qu'il soit noté et annoncé au conseil disciplinaire que je me constitue prisonnier et que je reconnais ma culpabilité aux charges d'agression envers un professeur et d'infraction du couvre-feu. Qu'il soit également noté et annoncé que j'adresse à Duncan Cil' Eternit mes excuses pour le tort que je lui ai causé cette nuit.

Excuses que je présentais ensuite avec l'humilité requise de la part d'un coupable. Je ne m'attendais pas à ce que Duncan Cil' Eternit les considère autrement qu'avec mépris et dégoût, mais je présumais que cela s'imposait dans la situation présente. Je poursuivis ensuite ma déclaration officielle :

- Je réfute en revanche toute charge de vol. De même, je réfute toute charge d'agression commise sur la personne de Duncan Cil' Eternit la semaine dernière. Je déclare être entré sans invitation dans les appartements dudit professeur, mais après avoir frappé à sa porte avec insistance et n'avoir obtenu aucune réponse. La porte était ouverte, je suis par conséquent entré en m'annonçant pour m'assurer du bien-être dudit professeur, lequel se présenta et me mit à la porte de manière irrespectueuse après en avoir appelé aux gardes. Les gardes Dieter Jundo et Marek Lywain répondirent à son appel, m'escortèrent jusqu'à un lieu isolé et m'infligèrent le traitement dont vous voyez présentement les séquelles. Je demande par conséquent que ma plainte à leur encontre soit remise à la Première Gardienne pour enquête.

Je regardai alors Locktar Guidjek droit dans les yeux avant de déclarer :

- Je demande que mes présentes déclarations soient consignées par écrit et remise au conseil disciplinaire qui me jugera . Je requiers enfin le droit d'assurer personnellement ma défense en présence dudit conseil.

Je ne m'attendais pas à un jugement équitable de la part de l'Académie. Un élève qui agresse un professeur comme je le fis, l'émotion prendrait le dessus et il était nécessaire que tous les faits soient connus, que toutes les versions soient prises en compte. Si le Conseil disciplinaire ne recevait que les seuls témoignage de Locktar Guidjek et de Duncan Cil' Eternit, je serais envoyé au bourreau sans la moindre clémence. Je n'allais pas dénier mes fautes et mes crimes, mais je refusais d'endosser ceux qui n'étaient pas miens. Je n'avais pas agressé Duncan Cil' Eternit lorsque j'étais allé le rencontrer la semaine dernière... et, à entendre le maître d'armes, j'en étais presque un voleur qui s'était introduit par deux fois dans ses appartements pour s'approprier ses richesses et le maltraiter. Assurément, je n'avais pas innocent, mais il me fallait prévenir un certaine injustice, je ne voyais pas devenir un martyr pour les beaux yeux d'un précepteur, si brillant lettré était-il.

Une chose était certaine, mon officier de contact à la Légion Noire serait certainement intéressé par cet épisode anecdotique. Le pouvoir impérial se méfiait de l'Académie de Merwyn depuis la disparition du mythique dessinateur et l'officier m'avait confié que des voix dans l'entourage de l'empereur s'élevaient en sa défaveur. Il pensait que ce n'était qu'une question de temps avant que l'empereur ne la ramène au pas et la place sous l'égide du seigneur d'Al-Poll. Selon des rumeurs avérées, l'école avait été sous la coupe de la Guilde du Chaos durant un temps... Décidément, je commençais à penser que l'Académie s'était bien éloignée de ses valeurs premières depuis la disparition du vénéré Merwyn...


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