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 Il y a ceux qui se retrouvent dans une taverne devant un bon lait de chèvre, et puis il y a ceux qui se retrouvent dans des débris de caisses. [Inachevé]

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Il y a ceux qui se retrouvent dans une taverne devant un bon lait de chèvre, et puis il y a ceux qui se retrouvent dans des débris de caisses. [Inachevé]   Dim 25 Déc 2011 - 22:36

Al-Poll. La saison d’or étant finie, les feuilles tombaient doucement des arbres qui finiraient nus ou recouvert de l’argent de l’hiver. Les oiseaux migraient vers les îles Alines, les ours élastiques préparaient leur hibernation avec douceur et les alaviriens commençaient à s’emmitoufler dans les peaux de siffleurs bien chaudes. Les provisions s’accumulaient petit à petit et l’on pouvait presque entendre le bois crépiter dans l’âtre. L’hiver approchait à grand pas.
La cité et son marché d’automne. La foule, les étalages multicolores, le brouhaha incessant et irritable, les odeurs des légumes de saison, les marchands beuglant quelques mérites que se soit, les passants pressés bousculant tout et rien sur leur passage. Le bonheur pour une apprentie marchombre. Le bonheur de pouvoir exercer les quelques connaissances que son maître avait bien voulu lui enseigner. Ichel s’était levée de bonne heure – surtout parce qu’elle n’arrivait plus à dormir – et après avoir prit un petit déjeuner rapide, avait accouru à l’extérieur de ces foutus murs de l’Académie. Elle n’avait aucun cours en perspective durant la journée et rien n’était prévu. Elle ne savait pas se qui l’attendait et c’était bien cela qui lui plaisait. Se jeter dans le vide avec un léger espoir de savoir que quelque chose se produirait peut-être. Quelque chose de futile, de bouleversant ou encore d’incroyable. Ne pas savoir dans quoi l’on se jette, quelle sensation si intense. Marcher pour marcher, aller pour aller. Ses pas résonnaient sur les dalles de pierre des rues dans lesquelles elle s’engageait, mais le bruit s’évaporait bien vite dans celui plus marqué du marché.

Passant devant tous les étalages possibles, elle dévorait des yeux les objets exposés à la vue de tous. Un sculpteur de branche s’occupait d’un bois que la jeune fille n’avait jamais vu de sa vie. Le bois se pliait à son simple désir grâce sans doute à son immense volonté. Les formes qu’il prenait émerveillaient son regard. Comment faisait-il cela ? Était-ce grâce au dessin ? Certainement pas. Ichel n’avait beau ne pas être dessinatrice, elle savait que cela ne ressemblait pas à un dessin. Rien ne basculait dans la réalité, rien ne disparaissait. Les branches se tordaient simplement avec la volonté de l’homme. Incroyable. Une femme bourrue bouscula la marchombre la faisant sortir de sa rêverie. Elle s’avança donc avec regret vers un autre stand. Cette fois-ci, rien à voir avec la beauté du bois sculpter. Devant elle, dans plusieurs cages, caisses, paquets ou même simplement attachés, des animaux exotiques. Différentes sortes d’animaux et pas un seul ne se ressemblaient. Tous uniques. Ce spectacle était tout aussi impressionnant que le précédent, mais les couleurs qu’offraient ces multiples bêtes, leurs cris mêlés de leurs expressions et des odeurs les faisait apparaître encore plus inimaginable que n’importe quoi d’autre. Il y avait une bête, qui tout en ressemblant à un coureur n’en était pas un. Il avait le même gabarie, mais à la place des plumes, il possédait de longs poils d’un vert forêt hors du commun. Des oiseaux de tout genre et de toutes les couleurs, quelques siffleurs, une caisse pleine de chuchoteurs. Un peu à l’écart, un gobeur d’Ombreuse dévorant les insectes qui avaient le malheur de s’approcher trop prêt de sa langue. A l’autre bout de la table, une enjôleuse d’Hulm effectuant le même travail que le lézard. Un sourire naquit sur le visage d’Ichel et elle pensa à Œil-de-tigre et à Brume. Ils auraient semblé si ridiculement simples face à ces étranges bêtes colorées. La jeune fille passa son chemin. Quelques étalages plus loin, un accident s’était produit. Un homme plutôt imposant venait de renverser des caisses pleines de racines de niam. Le marchand hurlait quelques jurons bien sentit sur le maladroit et un cercle s’était bien vite formé autour d’eux. Quelques courageux seulement tentaient de tracer leur route dans ce fracas. L’apprentie eut un sourire d’amusement. Il n’y avait pas que elle qui était maladroit après tout.

Elle détourna le regard de la scène pour essayer de trouver un moyen de passer et de continuer sa visite d’Al-Poll qu’elle connaissait pourtant déjà. Ecarquillant les yeux, elle vit quelque chose qu’elle n’aurait pas cru revoir de si tôt. Était-ce seulement possible ? Le garçon qui avait attiré son attention se trouvait juste en face d’elle. De l’autre côté du cercle formé par les deux hommes. Impossible de passer. Mais était-ce seulement lui ? Il était de dos et elle n’aurait pas sût dire précisément se qu’elle avait put voir, elle avait seulement entraperçut son visage durant quelques secondes avant qu’il ne se retourne et continue sa route. Pourtant, sa peau… personne n’avait une peau pareille à part lui, personne.  Une peau noire, blanche, rouge, jaune, d’accord. Mais une peau bleue ?! Il devait bien être le seul. Ichel voulait en avoir le cœur net. S’époumonant avec des « pardon » de tous côtés, elle tentait de traverser la foule le plus vite possible pour ne pas le perdre. Mais ils ne semblaient pas l’entendre et encore moins se pousser afin de la laisser passer. Elle abandonna donc l’idée de foncer dans le tas. Observant les alentours, elle repérât son ticket de passage. Une corde suspendait le long du mur d’une grande bâtisse jouxtant la scène. Avec un grand élan, elle se précipita vers la dite corde. Sautant le plus haut qu’elle put, elle attrapa la corde des deux mains et se retrouva en l’air au-dessus des passants. Elle courut contre le mur, la corde et son corps décrivirent un demi-cercle, et la jeune fille termina sa course en haut de la bâtisse. Grâce à un saut incroyable, elle atterrit sur une enseigne de l’autre côté de la foule et des deux ahuris. Sourire. Pas mal pour une apprentie, dommage que son maître ne l’ait pas vu. Elle sauta à terre et se mit à courir. Il fallait à tout prit qu’elle le rattrape.

Courant de tout côté, elle tentait de retrouver sa trace. Il avait malheureusement disparut. Elle allait abandonner lorsqu’une silhouette passa devant elle la renversant presque dans des légumes frais. Elle se rattrapa de justesse à une poutre et levant les yeux, elle reconnut cette fameuse silhouette. Plus de doute à présent. C’était bien lui. Elle l’avouait, elle avait beau ne pas l’avoir vu plus d'une fois, elle s’était attaché à sa petite tête toute de bleu vêtue. Elle l’aimait bien et il lui avait manqué. Mais par dessus tout, elle était heureuse de voir qu'il allait bien. On ne pouvait pas dire que les circonstances dans lesquelles ils s'étaient quittés avaient été les meilleures du monde. Elle voulait savoir comment il allait et se qu'il avait fait après leur escapade dans les sous-sols. Mais pendant qu’elle pensait à leur première rencontre catastrophique dans la tour marchombre, il continuait son chemin. Elle poussa presque un juron avant de courir après lui.


-Lorek ! Lorek !

Hurlant le prénom de son ami, elle essayait d’éviter tous les passants qui avaient le malheur de se trouver sur sa route. Il ne se retourna pas n’ayant pas entendu les cris stridents que poussait Ichel. Sûrement à cause du brouhaha du marché. Quoiqu’il en soit, elle l’avait enfin rattrapé et sans réfléchir plus loin que son nez, elle lui sauta littéralement dessus. Ils roulèrent quelques mètres plus loin, atterrirent dans un amas de caisses vides – heureusement pour eux – et finirent leur roulade l’un sur l’autre. Ils se retrouvèrent nez à nez et Ichel lança un merveilleux sourire, mêlé de rire et de honte,  à son ami. Penaude, elle ne savait quoi dire après cette deuxième rencontre tout aussi catastrophique que la première. Lui, il avait l'air plutôt extrêmement surpris. Finalement, elle devait être la personne la plus maladroite de tout Gwendalavir.

- Je t'ai appelé mais tu répondais pas !

Sourire immense.


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MessageSujet: Re: Il y a ceux qui se retrouvent dans une taverne devant un bon lait de chèvre, et puis il y a ceux qui se retrouvent dans des débris de caisses. [Inachevé]   Sam 31 Déc 2011 - 0:05

Al Poll, l'automne, les gens, tout ça...
Lorek s'ennuyait.
Il avait quitté l'Académie et son agitation sans prévenir, et depuis, il vagabondait comme en sa tendre enfance a travers les rues tortueuses de la cité. Ses contacts ne lui avaient pas fait faux bond, il lui fut facile de se réinsérer. Il repris sa place dans une société qu'il n'avait pas vraiment eu le temps de quitter.
Mais, sans vraiment savoir pourquoi, ce matin, il repensait a l'Académie. C'était sans doute la douce agitation du marché, dans lequel il se promenait, sans réel but. Le brouhaha de la foule, le pot pourri aux milles odeurs que formaient les étals, les bruits venant de tout les coins du monde l'apaisaient, et le plongeait dans une sorte de mélancolie chaleureuse.

Il avait touché le rêve du bout des doigts, mais il ne s'était pas montré a la hauteur. Après un court temps passé dans une Académie vérolée contrôlée a l'insu des nouveaux élèves par les forces du Chaos, il avait servi lors d'une mission de repérage aux cotés d'une Marchombre un brin catastrophique, d'une... chose, grande, puante et inquiètante et qui se disait dessinateur, et d'une guerrière un brin... rabat-joie. Mais, dès sa sortie du périlleux souterrain qu'il avait exploré, il fut rapidement perdu dans la bataille pour la reprise de l'Académie en préparation, et lorsqu’il compris de quel camp il était, il fut trop tard. N'ayant pu s'organiser avec les autres, il lutta sur le champ de bataille du mieux qu'il put, puis affronta l'ennemi de trop, qui le mit a terre. Pour sauver sa peau, il s'en fut, seul et estropié, vers la ville.
Il n'osait plus retourner vers une Académie qu'il avait lâchement abandonné, le goût amer de la défaite mêlé a celui de la honte encore en lui.
Les jours passèrent.
Et plus ils passaient, plus Lorek devait se faire une raison: Il ne méritait pas l'Académie.
Il n'avait pu se résoudre a abandonner ses rêves, aussi était il sombré dans une sorte d'oubli gluant, dans lequel il préférait sombrer plutôt que d'avoir a affronter son reflet dans une glace.

En ce matin que le Destin avait donc jugé propice a une rêverie nostalgique, la proximité humaine que lui procurait le marché l'amena a penser a l'Académie et a sa joyeuse agitation habituelle. Il se laissait aller par le flot lent de ses souvenirs, quand il vit un attroupement au milieu de la rue. Des badauds se rassemblaient autour d'un de ces multiples conflits du quotidien qui font la joie de quiconque avait du temps a perdre. Lorek tenta de jouer des coudes pour briser l'attroupement et continuer sa route, énervé qu'il était d'avoir ainsi été interrompu, quand une vision lui glaça le sang.

Sa démarche.
Sa grâce.
Ses yeux.
Elle.
Ichel.

C'était impossible, il ne DEVAIT pas la revoir, pas ici, pas maintenant...
Un sentiment de malaise s'empara du jeune homme, qui du se contenir du mieux qu'il pouvait pour ne rien en laisser paraitre.
Fuir.
Il remonta le peu de foule qu'il avait parcouru a contresens, au grand dam de ladite foule.
Ses gestes étaient nerveux, tandis que son cerveau carburait. Une veine gonflait sur son front, il serrait la mâchoire.
Ichel était son amie, et si il l'adorait, l'idée de devoir assumer sa lâcheté lui étant déja insupportable, l'affronter devant Ichel serait pour lui la pire des choses.
Il en pleurait presque.
Seulement Ichel était ce qu'elle était, elle devait le suivre, leur rencontre n'était plus qu'une question de seconde...

Lorek n'avait pas bien compris.
De ce que sa conscience pourtant rapide avait eut le temps d'enregistrer, Ichel lui avait sauté dessus, le bousculant, et ils avaient tout deux atterris sur une caisse qui hélas ne résista pas a la charge qu'on lui imposait.
Elle le regarda.
Il fit de même.
(Elle était belle.)
Elle lui sourit...


- Je t'ai appelé mais tu répondais pas !

Son Destin venait de le rattraper.

Alors, ne sachant que faire, démuni, perdu, et brisé au plus profond de lui, il plongea dans les bras de son amie, dont il eut le temps de voir la surprise, malgré ses yeux embués de larmes.
De joie et de honte.
Il resta ainsi quelque secondes, haletant, hoquetant. Peu de gens l'avaient un jour vu en pareille posture, Lorek pleurait rarement. Mais il n'en pouvait plus. il se fichait de tout, Ichel était là et lui renvoyait tout ce qu'il avait perdu. Au milieu de ses sanglots, il articula quelques mots:


- Oh, Ichel... Toi, l'Académie, Arro... Vous m'avez tant offert... Et moi je n'ai rien su faire d'autre que de fuir. Je suis un lâche Ichel, un moins que rien... Je ne mérite aucun nom, ni celui d'élève, ni celui de Marchombre... Pourquoi reviens tu me voir ? Je ne vaux rien.

Il resta longtemps ainsi, Ichel ne semblait pas broncher. Lorek pensa un instant aux gens autour. Ils devaient s'attroupper, comme ceux autour du maladroit de tout a l'heure. Il n'avait pas la force de regarder. Il ne savait plus quoi faire. Peut-être qu'Ichel ne comprennait pas, peut être que l'Académie ne s'était pas rendue compte de son absence... Il chassa cette pensée.
Il inspira, se redressa, secha ses larmes, et sans se relever, il demanda:


- Si tu es ici, et que tu m'as offert ton sourire, c'est que tu ne m'en veux pas ? Crois tu que je puisse revenir ?

Aussitôt cette phrase formulée, il sentit le feu de l'espoir raviver son coeur meurtri.

[Allez zou, de la séquence émotion ! si ca va pas, tu dis !]

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Il y a ceux qui se retrouvent dans une taverne devant un bon lait de chèvre, et puis il y a ceux qui se retrouvent dans des débris de caisses. [Inachevé]   Dim 1 Jan 2012 - 18:09

Ichel s'attendait à tout sauf à la réaction de son ami. Lorek s'était jeté dans ses bras ! Le sourire de la jeune apprentie s'effaça pour laisser place à un visage surpris et désemparé. Que devait-elle faire ? Pour le peu de temps qu'elle avait passé avec lui, elle ne l'avait pas vu autrement qu'enjoué, blagueur et prêt à toutes farces aussi incongrues les unes que les autres. Que devait-elle faire ? Ils ne s'étaient vus qu'une journée, que vingt-quatre petites heures, mais elle avait immédiatement apprécié sa petite tête bleue et ses sourires ironiques. Malheureusement, elle ne le connaissait pas assez pour savoir se qui avait déclenché cela. Ils s'étaient quittés directement après leur assaut dans les sous-sols. Elle n'avait pas revu non plus ce... enfin cette chose... euh ce Xzar. Halina en revanche, elle l'avait vu et revu. C'était logique, il n'y avait qu'un seul maître d'arme et donc qu'un seul cours d'art du combat. Le réfectoire avait beau être immense, il était facile de croiser des têtes connues et puis surtout... leur intercation devant la salle d'arme... Bref. Elle, elle l'avait revue. Lorek, en revanche, lorsqu'ils étaient sortis de là-dessous, plus rien. Le vide, le silence, le calme. Ils ne s'étaient plus recroisés. Elle n'avait d'ailleurs pas compris pourquoi. Même après l'attaque, plus rien. Elle avait eu beau tenté de demander aux élèves aequors, elle n'avait obtenu aucuns renseignements. Rien. Que du vide. Un peu déçue, car elle l'avouait, elle aurait voulue pouvoir le connaître un peu plus. Elle l'aimait bien et c'était rare qu'elle ait de l'affection pour une personne aussi rapidement. Généralement, elle se méfiait et attendait quelques jours avant de parler plus librement. C'était peut-être le fait qu'ils partagent la même voie, le même maître. Un lien existait entre maître et élèves, pourquoi pas entre deux élèves du même maître ? Elle se demandait pourquoi il avait quitté si soudainement l'Académie. Par obligation, par désir, par volonté, par... peur ? Elle n'osait le lui demander pour l'instant.

Il pleurait. Elle sentait le froid affluer sur son épaule, dans ses boucles folles, dans son dos. Elle ne savait quoi lui dire, elle ne savait quoi faire. N'étant pas très douée pour consoler, elle était complètement désemparée. Un souvenir la frappa alors de plein fouet. Un souvenir tant lointain, un souvenir qu'elle préférait garder intact, pour elle et lui. Pour elle et le teylus. Elle se voyait assise exactement comme elle l'était à présent, mais à la place de Lorek. Elle pleurant toutes les larmes de son corps, lui essuyant ses larmes du mieux qu'il pouvait et l'entourant de ses bras si chauds. Elle ne l'avait jamais vu, il ne l'avait jamais vu. Ils ne se connaissaient pas, mais il l'avait consolé. Ils ne se connaissaient pas, mais ils s'étaient embrassés. Elle gardait ce souvenir pour elle et lui, pour elle et Einar. Seulement pour eux. Elle avait eu honte ce jour-là. Tellement honte que des mois étaient passés avant qu'ils se revoient. Comme aujourd'hui, comme avec Lorek. Peut-être avait-il honte de quelque chose, mais de quoi ? Elle n'en savait rien et ne savait toujours pas quoi faire pour le réconforter. Elle le serra tout de même dans ses bras. C'était déjà un bon premier pas, peut-être qu'un deuxième suivrait naturellement. Il pleurait et commença soudain à parler au milieu de quelques larmes et sanglots.


- Oh, Ichel... Toi, l'Académie, Arro... Vous m'avez tant offert... Et moi je n'ai rien su faire d'autre que de fuir. Je suis un lâche Ichel, un moins que rien... Je ne mérite aucun nom, ni celui d'élève, ni celui de Marchombre... Pourquoi reviens tu me voir ? Je ne vaux rien.

Elle avait raison. Honte. Il débitaient des propos qu'elle connaissait, les ayant elle-même aussi ressentis. Et une voix dans sa tête lui soufflait que c'était pour les mêmes raisons. Que cette honte venait du même moment, du même foutu combat. De cette même reprise de l'Académie. Elle avait aussi eu honte de ne pas s'être montrée à la hauteur de son maître et de ses enseignements, de ne pas s'être montrée à la hauteur des marchombres. Elle avait hésité, elle s'était longtemps demandé si elle était digne de l'être et après de très longues journées passées seule sur les toits, une seule conclusion lui était venue à l'esprit. Une personne n'était pas "digne" ou non d'être marchombre, une personne le méritait grâce à ses actes. Seuls les actes comptaient, seulement si le coeur y était, si l'envie et l'harmonie étaient de mise, une personne pouvait être "digne" d'être marchombre. Seulement si ces trois choses étaient présentes, une personne était marchombre. Personne n'est digne de rien. On est se que l'on est, il suffit d'essayer. Il suffit de le vouloir. Seule la volonté compte. Et de la volonté, elle en avait plein son panier.
Ichel s'était donc remise - peut-être que à moitié, mais tout de même - de sa période noire. Elle s'était remise d'aplomb et avait recommencé à participer aux cours, même si le premier cours avait été celui sur l'art du combat. Elle n'avait revu Arro que plus tard. Elle s'était tout de même réveillée. Elle aurait voulu que quelqu'un la réveille plus tôt.

Lorek pleurait toujours, mais Ichel ne bronchait pas, le serrant encore dans ses bras. Elle regardait dans le vague et réfléchissait à ses paroles. Plus elle y pensait, plus elle les trouvaient idiotes, dénuées de sens et ridicules. Comment avait-elle pu penser cela elle aussi ? Comment pouvait-il dire ça ? Un fond de colère prit place dans les yeux noisettes d'Ichel. Il ne devait pas croire à toutes ces sottises ! Lorek se dégagea des bras de son amie et après s'être essuyé les dernières larmes qui pointaient leur nez, il reprit la parole. Un peu plus assuré que les premières phrases. Elle ne les avait cependant écoutées qu'à moitié, encore en train de fulminer sur ses précédentes paroles. Elle en avait marre, il fallait qu'elle le fasse réagir, car elle aurait voulu qu'on la fasse réagir. Elle ne voulait pas perdre un ami. Sa main partit à la volée. Le choc contre la joue de l'aequor fut intense. Une claque qui était bien obligé de le réveiller, de lui faire entendre raison. La jeune fille planta alors un regard empli de colère entremêlé de peine et d'encouragement. Celui de son ami se rempli soudain d'incompréhension, mais elle eut le temps d’apercevoir l'espoir naissant qui réussissait à le combler. Elle venait peut-être de tout gâcher, mais il fallait qu'elle le fasse réagir sur ses paroles. Il en valait de son honnêteté, elle ne pouvait pas rester là sans rien dire et le laisser mijoter dans le gouffre qui s'ouvrait sous ses pieds. Elle ne pouvait pas lâcher sa main et le laisser tomber éternellement dans ce trou béant qu'était la honte. Elle ne le pouvait pas. Prenant sa main dans la sienne, elle gardait son regard enchaîné au sien plus sûrement que des chaînes d'acier pur. Il ne pouvait pas se défiler, il ne pouvait pas pleurer. Elle parla à son tour.


- Ne redis plus jamais ça. Tu es un sombre idiot si tu penses que tu vas t'en tirer comme ça ! Cette claque tu l'as bien mérité, est-ce qu'au moins tu as entendu tes paroles ? Tu as enchaîné des mots qui n'auraient jamais dû sortir de tes lèvres, tu n'y a même pas réfléchit, j'en suis presque sûre. Tu n'es pas le seul à avoir fuit, tu n'es pas le seul à avoir peur ! Même moi j'ai peur et pourtant... Je mettrais ma main à couper en disant que même Merwyn Ril'Avalon avait peur lui aussi ! Tu n'es pas un lâche par la Dame !!

Son regard s'adoucit alors. Sa voix fit de même. Elle se rappela son entrée catastrophique dans la salle de méditation et leur escapade de cette ambiance qui avait manqué de les étouffer.


- Tu es tout sauf un lâche Lorek. Tu t'es précipité dans la gueule du loup avec une stupide apprentie marchombre qui ne sait même pas tenir en place. Tu es tout sauf un moins que rien, tu m'as compris ?!

Ses yeux noisettes se durcirent à nouveau et ses sourcils se froncèrent.

- Et pour ce qui est du nom... Tu en mérites des tonnes. Tout d'abord Lorek. Tu es Lorek Gil'Galesh et pour le peu que je le connais celui là, il est loin d'être aussi pathétique que celui qui vient de m'offrir ces quelques paroles. Tu mérites celui d'élève bien plus que certaines personnes dans cette Académie. Pourquoi je reviens te voir ? Parce que je suis ton amie et que tu es le miens, alors tu peux rajouter ce nom là à ta liste ! Quand à celui de marchombre... Tu es un marchombre et ça, on ne peut pas te l'enlever. Tu l'es et tu le resteras. Ton maître est Arro Skil'Liches et ta partenaire c'est moi. Tu es marchombre !! Point final !!

La kaelem se leva prenant soudain conscience de la scène qu'ils offraient aux passants. Elle enjoignit à Lorek de faire de même et l'aida à se débarrasser des décombres de caisses. Elle s'approcha alors doucement de lui et lui murmura quelques dernières paroles à l'oreille.

- Et si tu me dis encore une fois que tu ne vaux rien, ce ne sera pas une claque que tu prendras, crois moi sur parole. Se sera bien pire. Et... je t'ai offert ce sourire parce que tu le mérite.

Ichel se recula, face à Lorek, et lui offrit un nouveau sourire. Apaisant, encourageant. Elle l'aimait bien. Passant un bras sur l'épaule de son ami, elle commença à marcher comme si de rien n'était. Peut-être voudrait-il parler des paroles de la jeune fille, peut-être pas, mais elle voulait lui montrer qu'elle tenait à lui. Qu'il n'était pas un moins que rien, qu'il servait à quelque chose malgré ce qu'il pensait. Marchant dans les dédales des rues, elle reprit la parole de sa voix enjouée qu'était la sienne naturellement. Comme s'il ne s'était rien passé, comme dans la salle de méditation.

- Alors, d'après se que tu me dis, tu reviens à l'Académie ? Trop cool, je serais plus seule face à Arro. L'autre jour il m'a fait monter et descendre une paroi jusqu'à se que mes mains suintent de transpiration et de sang. C'était abominable ! Au moins, maintenant que t'es de retour, je serais plus toute seule !

Encore un sourire.




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