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 Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]

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Juliet
Juliet

Petit ange
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MessageSujet: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeJeu 15 Déc 2011 - 1:23


    Il était une fois ...Les contes commencent toujours par cette phrase. C'est ce que le petit Juliet était en train de se dire, tandis qu'il marchait au hasard, sur le chemin que la lune piquetait de sa lumière ténue. Le petit garçon avait fini par se dire qu'il n'y avait pas de monstres dans le grand château, étant donné que le seul être maléfique semblait être un minotaure, mais qu'il n'était pas réel. C'était sans doute parce qu'une fée habitait ici, que ce bâtiment était sans danger. Gwëll l'avait accompagné, mais il l'avait laissé devant son château et ne l'avait plus revue depuis. Il aurait bien aimé lui dire au revoir, mais bon ... Pendant qu'il visitait l'imposante bâtisse de fond en comble, il avait fait connaissance avec un chevalier. Et ensuite, le soir s'était installé, et Juliet avait décidé de partir, armé de sa petite épée de bois, son sac sur l'épaule. Il avait trouvé le temps de reboutonner sa chemise trop longue correctement, et de laver ses petites mains d'enfant. Et aussi de chiper quelques aliments dans les cuisines, sans se faire apercevoir par la cuisinière qui l'avait chassé la première fois en reprenant la pomme. Quelle égoïste, cette fille ...Quand soudain ...Ça, c'était pour l'élément perturbateur, qui entraînerait les péripéties. Mais Juliet ne le savait pas, alors qu'il continuait à marcher vers ce petit coin de verdure qu'il apercevait de loin. Les étoiles le guidaient, leur douce lumière lâchée comme la pluie sur les pétales des fleurs qui n'étaient pas encore fanées, ou sur les feuilles que le vent faisaient virevolter. C'était un cadre apaisant, et pourtant, le petit garçon se sentait mal à l'aise. C'était quelque chose qui provenait de cette espèce de maison, là-bas. Le petit prince décida de ne pas s'en approcher plus. Il s'accroupit pour cueillir une des fleurs et la porter à son nez pour respirer son parfum. Mais les pétales meurtris par le froid d'automne finirent par se détacher les uns après les autres de leur coeur. Il haussa les épaules, avant de jeter la tige qui ne lui serait pas d'une grande utilité. Il savait qu'il était dans un grand jardin, et il décida d'en faire le tour, quitte à passer derrière les arbres s'il le fallait.Il grimaça lorsque son pied fut écorché par une ronce, puis lorsqu'il trébucha sur une racine. Mais il se releva fièrement, car un prince ne se laissait jamais abattre. Il était prêt à se défendre, si jamais une quelconque bestiole lui tombait dessus. Mais il avait tout de même un peu peur, et cela se voyait aux marques rouges gravées dans ses paumes lorsqu'il lâchait l'épée de bois pour essuyer ses mains moites. Réprimant un frisson, il quitta le couvert des arbres. Finalement, Juliet n'était rien d'autre qu'un petit garçon à l'imagination débordante. De fait, il avait peur du noir et de tout les monstres qui n'attendaient que l'obscurité pour se dévoiler. C'est pourquoi il avait toujours eu des bougies dans sa chambre, quand il vivait chez sa grand-mère. Il ne pouvait s'endormir sans lumière, et les bougies ne s'éteignaient pas avant qu'il ne trouve le sommeil, heureusement.Bon, on stagne un peu à la situation initiale. L'élément perturbateur n'est pas encore là, mais il arrive ...Juliet retourna sur le chemin éclairé par la lune, le nez en l'air. Il reprit sa marche là où il l'avait abandonné pour voir à quel point le jardin était grand. Mais il s'approchait du bâtiment d'où s'échappait ce qui mettait le petit garçon mal à l'aise. Tant pis. C'était sûrement un dragon. Aussi prit-il son courage à deux mains pour avancer et s'apprêter à exterminer le monstre immonde qui osait s'être emparé de cette maison. Mais, tellement déterminé, il ne se rendit pas compte qu'il ne regardait pas où il allait. Parce qu'il avait beau être déterminé, cela ne l'empêchait pas de regarder à droite et à gauche, à la recherche d'un quelconque indice qui puisse lui indiquer où se trouvait le dragon. Un léger hennissement lui fit lever la tête.- Madame, ils sont jolis tes cheveux ! T'es une princesse ?




[Voilou. J'espère que ça te plaira, et au pire, c'est toujours éditable. ]

Amarylis Luinïl
Amarylis Luinïl

Maître rêveur
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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeMer 4 Jan 2012 - 18:10

Pataclop. Pataclop. Pataclop-clop. Faisaient les sabots de la jument sur les pierres inégales des routes menant à Al Poll.

Pataclop. Pataclop. Pataclop-clop. Faisaient les gouttes de pluie sur le manteau d’Amarylis.
Pataclop. Pataclop. Pataclop-clop. Faisaient les larmes de la Maître Rêveuse sur son visage rougi par le chagrin.

La jument de race clydesdale à la robe alezane sabino, blanche tachetée de gris et de roux,
arborant une crinière tout aussi rousse, si épaisse que le vent semblait l’empêcher de voir devant soi de ses yeux bleus, avançait sans réel guide. Elle avait perdu le sien depuis peu. Et celle qu’elle venait de trouver en retour ne faisait office que de pantin sur son dos.
Elle avançait donc d’elle-même, espérant que sa monteuse saurait au moins lui indiquer la bonne route. Voyant que celle-ci n’avait aucune réaction, elle décida de s’arrêter, balançant sa crinière en arrière.

Amarylis releva son visage tacheté de points rouges sous ses yeux gris. Pourquoi Djiwëlle stoppait-elle sa route ?
Pensant que celle-ci avait besoin d’une pause, elle la libéra de son poids, se laissant glisser sur le sol à présent humide.


-Tu as besoin de repos ?

La jument hennit, sans toutefois se faire comprendre. La jeune femme à la chevelure bleue lui caressa le flanc, l’emmenant à l’abri de quelques arbres. Son manteau était trempé, mais elle ne paraissait pas s’en inquiéter et grelotait en silence.
Djiwëlle planta ses pupilles dans celle de sa nouvelle maîtresse, perçant à jour le mal-être de la rêveuse. A elle aussi, il lui manquait.
Alors elle posa sa tête dans le creux de la nuque d’Amarylis, prenant soin de ne pas s’appuyer de tout son poids.

Ce fut dans cette marque de tendresse que la Directrice d’Eoliane comprit. A son tour elle enlaça la jument.


-Je ne veux pas y croire !

Les larmes coulèrent en flot.

-Il n’a pas pu te laisser à moi ! Il n’a pas pu me laisser seule ! Pas avec ce secret si lourd du septième cercle et toutes ces responsabilités ! Il n’avait pas le droit !


La jument ne broncha pas, mais ferma à son tour ses paupières.

-Il aurait du me le dire…je l’aurais soigné.


Mais Amarylis savait pertinemment qu’elle n’aurait rien pu faire. Si Ewen n’avait demandé aucune aide, s’il s’était seulement contenté de profiter de ses derniers instants en sa compagnie…c’est que rien ne pouvait le guérir.

Une fois toutes la tristesse évacuée, elle se remit en selle et continua sa route, se consolant par le lien qui venait de naitre entre Djiwëlle et elle. La jument était tout ce qui lui restait d’Ewen, avec une enveloppe que ce dernier lui avait laissé sur la table de son chevet de mourant. Elle ne l’avait pas encore ouverte, préférant être seule, enfermée dans ses bureaux.

Enfin, après de multiples pauses et crises de larmes, elle arriva devant le portail d’Eoliane. Pas un bruit n’entravait les murs de la Confrérie. Les rêveurs l’avaient-ils déserté ?
Voilà deux mois qu’elle était partie. Avaient-ils encore l’espoir du retour de leur Directrice ? L’avait-il seulement regretté ?

La jument stoppa le pas, et émit un léger hennissement. C’est à cet instant que la Maitre Rêveuse s’aperçut du petit être qui attendait lui aussi devant le portail.


- Madame, ils sont jolis tes cheveux ! T'es une princesse ?


Amarylis sourit, puis descendit de Djiwëlle, laissant une de ses mains dans sa crinière rousse.
Il s’agissait d’un petit garçon. Quoi qu’il possédait des trais féminins et des vêtements qui ne lui allaient pas vraiment. Elle fut surprise de voir qu’il possédait des cheveux atypiques par leur couleur. Bleus, comme les siens. Mais plus fades. Il pourrait être son fils…
Elle s’agenouilla, chassant cette idée stupide de sa tête.


-Et toi, tu es un prince ? Après tout, on a presque les mêmes cheveux !

Elle lui donna son habituel sourire maternel, qu’elle avait toutefois perdu ces derniers temps, et se releva pour actionner la cloche d’entrer.

-Tu as faim ? Que dirais-tu de gâteaux et de chocolats chauds ?


Ce fut Eliot qui dressa sa petite tête pour annoncer les invités, et la rêveuse crut bien qu’il tombait à la renverse en la reconnaissant. Elle avait repris un peu de poids, mais ce n’était toujours pas ça, et avait coupé ses cheveux, les laissant onduler sur ses épaules.

-
Amarylis ! Amarylis est de retour !

Les portes s’ouvrirent automatiquement, devant un petit garçon étonné.

Elle le prit tout naturellement par la main, tandis que l’autre prenait la licole de Djiwëlle, faisant ainsi entrer deux nouveaux êtres dans sa nouvelle vie.
Sans Ewen.

Jùn se précipita sur elle, et elle dut lâcher ses compagnons pour se laisser enlacer avec force, soulagement et …tendresse ?


-Jùn…

L’homme aux cheveux noirs et aux yeux de menthe recula, gêné, et dévisagea alors surpris le petit garçon et la jument.

-Bienvenu chez moi, Petit Prince, bienvenu à Eoliane !



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Juliet
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Petit ange
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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeSam 21 Jan 2012 - 23:31

Quand soudain ...

Juliet leva la tête, tombant nez à naseau avec un cheval. Il se recula vite, un peu, parce que Dehym lui avait toujours dit qu'il ne fallait pas rester trop près d'un cheval. Mais peut-être que ça ne marchait que quand on était derrière ? Le petit garçon doutait du fait que l'équidé puisse donner un coup en avant, mais il préférait ne pas essayer de savoir. Alors il leva la tête, et vit une grande dame, gracieuse et jolie, assise sur l'animal. Elle avait de très beaux cheveux, et ce fut que l'apprenti-chevalier-dans-son-imagination remarqua tout de suite. Ca lui rappelait quelque chose, mais il n'aurait pas su mettre le doigt dessus. Il se contenta alors de sourire de toutes ses dents.

- Madame, ils sont jolis tes cheveux ! T'es une princesse ?

La dame sourit, puis elle descendit de son cheval. Il rangea sa petite épée de bois dans son fourreau, prêt tout de même à la récupérer à n'importe quel moment. Juliet regarda à nouveau le visage de la dame, remarquant dans ses yeux une lueur aqueuse. En plus, ses yeux étaient tout rouges. Elle avait pleuré ! Qui avait osé la faire pleurer ? C'était méchant de faire du mal aux gens. Il s'approcha d'elle, et elle aussi, puis elle s'agenouilla devant lui, pour se mettre à sa hauteur. Sa main trembla, comme si elle l'incitait à venir chasser les vilaines perles du visage de la probable princesse. Mais il n'en fit rien, puisqu'elle lui répondit et que ses pensées furent aussitôt chassées par d'autres.

- Bien sûr que je suis un prince ! On a les mêmes cheveux, pour de vrai ?

Il attrapa une mèche de ses cheveux, la portant à ses yeux. Ah oui, c'était vrai. Enfin, les cheveux de la dame étaient quand même plus jolis. Plus éclatant, et d'un bleu plus affirmé. Il se demanda qui dans sa famille avait des cheveux de cette couleur. Mais il ne trouvait pas. Bah, de toutes façons, ce n'était pas l'important pour le moment.
Tout de suite, il devait lui dire qu'un dragon s'était emparé de l'endroit où elle comptait se rendre. Mais, trop tard. Elle venait de faire sonner la cloche. Juliet vint s'accrocher à la robe de la princesse, un peu effrayé. Lorsqu'elle lui demanda si il voulait des gâteaux et du chocolat, il fit semblant de réfléchir. Qui pouvait bien refuser une telle offre ? En plus, il avait faim, malgré le petit pain qu'il avait englouti quelques minutes auparavant, sur le chemin qui l'avait conduit jusqu'ici.

Un garçon, sûrement plus âgé que lui malgré son air enfantin, passa la tête au dessus de la porte. Juliet lui trouva tout de suite un air gentil. Si ça se trouve, c'était un moine. Eux, c'était les gens qui soignaient les gens, ou qui leur faisaient des bénédictions pour qu'ils aient plus de force ! Il fut un peu étonné, à nouveau, lorsqu'il se mit à crier "Amarylis !". Ce devait être le nom de la femme qui venait de l'attraper par la main pour le mener à l'intérieur. Qu'elle lâcha lorsque quelqu'un l'attrapa, bien trop vite pour que Juliet n'arrive à se rendre compte de quoi que ce soit. Bon, il n'avait pas l'air méchant, puisqu'il faisait un câlin à la dame. C'était peut-être sa princesse, à lui. Tant pis, Juliet en trouverait une autre. En plus, l'atmosphère dragonesque semblait s'être un peu dissipé, même si elle restait présente par endroit.

Le monsieur le regarda avec insistance, mais son regard passait de lui au cheval, puis du cheval à lui. Il semblait surpris, lui aussi. Comme ça ils étaient deux ! La probablement nommée Amarylis se tourna alors vers lui, avec un message de bienvenue. Eoliane. C'était donc ça, le nom du château ? Juliet tourna sur lui-même, marchant un peu à reculons. C'était grand. Moins que le château de Gwëll, la fée, mais quand même. Puis le petit prince se tourna vers la dame, un grand sourire aux lèvres.

- J'peux rester ici, un petit peu ? S'il te plait !

Il avait joint ses mains, comme dans une prière. Il devait reprendre des forces avant de repartir à l'assaut des chemins. Après tout, un prince mal en point ne pouvait sûrement pas battre des dragons. Même pas des bébés dragons, si ça se peut. En tout cas, il commença à avancer dans le couloir, regardant à gauche et à droite, la main posée sur le fourreau de son épée, prêt à la dégainer si jamais quelque chose de dangereux entrait dans son champ de vision. Le grand garçon de la porte s'arrêta devant lui, mettant sa main en avant. Juliet recula de quelques pas, surpris encore une fois.

- J'peux pas avancer ?
- Non.
- Pourquoi ?
- On sait pas qui t'es.

Juliet émit un léger grognement. Puis il soupira, et leva ses grands yeux bicolore vers le jeune garçon.

- Je m'appelle Juliet, et je suis un prince. Et toi, à quoi tu joues ?


Amarylis Luinïl
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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeDim 22 Jan 2012 - 15:56

Le petit garçon sembla très impressionné par les évènements. Tout se bousculait, Eliott trépignait sur place et fixait le petit, Jùn semblait sur le point d’enlacer à nouveau Amarylis à chaque seconde, et les autres rêveurs accouraient en tous sens pour comprendre ce qui avait bien pu se passer durant ces deux mois.
Pourtant l’enthousiasme dut l’emporter car il souhaita rester, sans même avoir rencontré les autres rêveurs ou encore visiter la Confrérie. Le sourire d’Amarylis doubla, retrouvant toute sa splendeur. C’était un cadeau de la Dame que ce petit, alors qu’elle venait d’être privée d’Ewen !
Elle s’apprêtait à lui répondre, mais il avança et fut bloquer par Eliott qui formula tout haut ce que se demandaient tout bas les autres rêveurs.


-Et ce Prince sera mon hôte, notre hôte, autant de temps qu’il le souhaitera, Eliott !
Gronda-t-elle gentiment.

Elle ne pouvait hausser la voix contre l’un de ses rêveurs. D’une parce qu’à présent ils étaient son unique famille. Et de deux parce qu’ils leur avaient bien trop manqué !

-Et je crois que Juliet a faim…d’ailleurs…

Elle croisa le regard de Jùn dont elle savait qu’il s’était un sang d’encre ces derniers temps pour elle.


-…moi aussi je prendrais bien un goûter !

Le regard de l’homme s’illumina, et il lui rendit son sourire.

-C’est bon de te revoir.


Ce n’est pas la voix habituellement rauque qui fit sursauter Amarylis, mais le tutoiement qu’il avait toujours refusé au grand découragement de la Maitre Rêveuse.

-Quelqu’un pourrait emmener Djiwëlle aux écuries, s’il vous plait ? Et donnez-lui toute l’attention possible !

Elle se tourna vers la jument, lui chuchotant la promesse de venir la voir très vite.
Ils entrèrent tous ensemble et déjà les questions fusèrent.


-Où étiez-vous ?

-Pourquoi êtes-vous resté là-bas si longtemps ?

-Beaucoup vous ont cru morte ou partie définitivement !

-Vous avez pu le retrouver ?


La dernière question venait de Jùn, qui avait deviné à juste raison qu’elle s’en était allé retrouver son maitre.

-Oui, et je l’ai perdu…

Les larmes firent à nouveau surface, et elle tenta de les chasser, mais elle sentit la petite main de Juliet se saisir de la sienne. Avait-il remarqué sa tristesse ? Ou tout ce brouhaha lui faisait-il peur ?

-Plus tard, mes chers rêveurs. Je vous raconterais tout cela plus tard. A l’instant il me tarde de m’assoir sur autre chose qu’une selle de cheval, et de prendre un bon goûter avec Juliet !

Ils sourirent, certain s’excusant, et se dissipèrent dans la Confrérie, formulant milles hypothèses sur les activités d’Amarylis.
La Directrice d’Eoliane emmena, accompagnée de Jun et Eliott, son nouveau protégé dans une salle remplie de couffins et de tables basses. Ils étaient également entourés d’étagères de livres, et de quelques jeux.

Eliott s’occupa de leur amener gâteau, thé et chocolat chaud, tandis que Jùn prenait soin de s’assoir proche d’Amarylis, qui elle-même se mit à côté de Juliet.


- Dis-moi, Juliet, que fais un petit prince, comme toi, perdu ici ?

N’ai pas peur.
Raconte-moi ton histoire.
Je ne t’abandonnerai jamais.
Je serais ta mère, si tu le souhaite.
J’ai tant besoin de toi…Mais toi, as-tu besoin de moi ?



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Juliet
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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeMer 22 Fév 2012 - 15:06

Alors que le grand garçon lui bloquait le passage, Juliet dut se présenter à lui, et il grogna, à la fin. L'autre ne cligna même pas, ce qui voulait dire que les techniques ancestrales d'intimidation by Juliet ne fonctionnaient visiblement pas. Le petit Prince en fut choqué, mais ne laissa rien paraître. Parce que, c'est bien connu, si on ne veut pas être attaqué par des bêtes sauvages, il ne faut pas qu'elle sente ta peur, et il faut rester bien calme.
Mais heureusement pour Eliott, Amarylis vint empêcher la petite tête de Juliet de formenter un complot contre lui, en le grondant, bien que gentimment. Le garçon lui tira la langue et l'autre eut un sourire. Il vint marcher à leurs côtés. Et puis, la femme aux cheveux bleus souleva une problèmatique très intéressante : la faim. Oh que oui, il avait faim. Enfin, au moins, il avait eu des choses à manger ces derniers jours, entre sa fée et les cuisines du grand château de Merwyn. Il n'écouta donc pas la suite, attendant simplement d'avoir à manger devant lui, rêvant déjà.

Le petit Prince marcha en aveugle pendant un moment, ne faisant pas trop attention, mais le brouhaha qui fusa soudainement le ramena à la réalité, et un peu surpris plus qu'effrayé, il attrapa la première main à sa portée. Celle d'Amarylis. Il leva son visage vers elle, remarquant une certaine expression de tristesse sur ses traits. Mais lorsqu'elle sentit sa main, elle dit aux autres personnes qu'elle leur raconterait plus tard.
Juliet venait seulement de se rendre compte que beaucoup de monde s'était, quelques instants plus tôt, tenu autour de la femme dont il tenait la main. Elle les avait appelés « Mes chers rêveurs ... ». Est-ce que cela signifiait qu'ils avaient l'habitude dormir et de faire des beaux rêves ? Ah non, quand sa tata disait qu'il avait un air rêveur, en général, il pensait à des contes, où c'était lui le héros, et où il se battait contre des ogres et délivrait des princesses. Eux aussi ils rêvaient d'être des Princes ?

Amarylis le mena à une petite salle, pleine de coussins et de tables. Un véritable terrain de jeu, si il n'y avait pas eu les autres qu'il avait peur de déranger. Le grand monsieur lui faisait un peu peur, et il n'avait pas un très bon a priori sur Eliott qui l'avait littéralement agressé ou pas. Il s'installa sur l'un des coussins, trouvant que c'était vraiment confortable, et il ferma les yeux un instant. Il se rappelait de son petit lit chez sa grand-mère, mais surtout du grand fauteuil dans le salon. Il aimait beaucoup dormir dedans : il était tout près de la cheminée, et enroulé dans sa couverture, il ne tardait jamais à trouver le sommeil.
Eliott remonta subitement dans son estime lorsqu'il lui apporta du chocolat et du gâteau. Il le regarda avec plein d'étoiles dans les yeux, le genre de regard qui voulait dire « On est amis pour la vie maintenant » ou des choses du genre. En tout cas, il ne le considérait plus comme un ennemi et il se sentait prêt à pouvoir l'apprécier. Il allait lui adresser un grand sourire lorsqu'Amarylis lui adressa la parole.

- Je suis pas perdu ...

Il réfléchit un instant, les yeux dans le vague. Non, il n'était pas perdu. Il n'avait plus nulle part où aller, simplement. Il n'avait plus rien à faire là-bas. Il attendrait un peu, que sa grand-mère revienne, et alors il pourrait retourner chez lui. Pour l'instant, il n'y songeait pas, et continua à répondre à Amarylis.

- J'étais tout seul, alors je suis parti ... Mais c'est pour l'instant, parce que ma mamie elle va revenir un jour, je crois. Et en fait, je suis parti, parce que je dois trouver une princesse. Et sur mon chemin j'ai rencontré une fée, elle s'appelle Gwëll, et elle m'a emmené dans le grand château là-bas. D'ailleurs y a un chevalier là-bas, et on doit battre le méchant.

Voilà, c'était tout. Ah non. Pourquoi est-ce qu'il était ici, maintenant, est-ce que c'était ça qu'elle demandait ? Il but une gorgée de chocolat, puis reprit la parole.

- Et quand j'ai vu beaucoup le château, je me suis promené et je suis venu ici. J'avais un peu peur parce qu'il y avait un truc bizarre dans l'air ... Mais maintenant c'est mieux. C'est bizarre.

Pas une seconde, Juliet ne pensa que la présence d'une personne pouvait changer toute une atmosphère. Autrement, il aurait sûrement fait le lien entre Amarylis et ces dragons appelés Tristesse et Absence.


Amarylis Luinïl
Amarylis Luinïl

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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeLun 5 Mar 2012 - 17:33

Amarylis ouvrit de grands yeux à la réponse de Juliet. Il n’y avait personne, alors il était parti. C’était aussi simple que cela. Partir, seul, à son âge, sans la moindre peur apparente des nombreux dangers était de pure sottise. Mais la jeune femme vit très vite que le petit ne devait pas même se rendre compte des dangers qui l’avaient guettés sur son chemin. Lui, n’y voyait que monstres et dragons, enfermé dans son propre château.
Elle ne savait trop quoi en penser, partagée entre l’amusement, l’émerveillement, une certaine fierté, mais surtout l’incompréhension, ou plutôt la surprise.
Elle savait qu’elle s’était déjà prise d’affection pour ce petit, à l’instant même où il était apparu. Ce n’était pas rien. Non, pas rien du tout d’avoir perdu son mentor et de trouver un enfant. Elle, qui n’avait jamais eu de famille.

En y pensant, les larmes faillirent bien s’évacuer de re-chef, mais elle se contint, et Jùn, à ses côtés, du percevoir son trouble et ses pensées, car il posa une main réconfortante sur la sienne.
Depuis quand étaient-ce ses élèves qui la consolaient et non pas l’inverse ?
La nouvelle apprise avant son départ la frappa à nouveau violemment. Jùn n’était plus son élève. Tout comme Maël. Ils pouvaient partir, la quitter.
Elle réalisa alors qu’il en manquait un à l’appel. Maël n’était pas venu l’accueillir avec les autres. Etait-il parti ? Elle serra des dents, furieuse contre elle-même.


-Un truc bizarre dans le ciel, dis-tu ? J’espère que ce n’est pas un des monstres dont tu parles, parce que mon château a tout sauf besoin d’être attaqué !

Elle sourit, et lança un clin d’œil, se reprenant comme elle le pouvait.

-Quoi que, si nous avons un Prince comme toi avec nous, on devrait s’en sortir plus que facilement !

Elle prit un gâteau, voyant avec agacement que Jùn ne cessait d’épier le moindre de ses mouvements. Elle se retourna donc, dégageant sa main de la sienne.

-Jùn, il suffit maintenant. Je mange. Je vais bi….

Elle ne put terminer sa phrase devant le regard accusateur du beau brun. Ils savaient tout deux qu’elle ne pouvait aller bien. Amarylis perçu alors le regard inquiet de Juliet, et se pencha à lui.

-Je vais te raconter une histoire, Juliet. Il y a très très longtemps, vivait une Reine, une magnifique Reine, appelée Vie. Elle créa son monde, l’imaginant comme le plus parfait, comme là où tout homme et toute femme, et même tout enfant pouvait vivre heureux. Mais des démons attaquèrent. Au début Vie et son peuple purent les repousser, mais ils multipliaient sans cesse leurs attaques, ayant la faculté de renaitre de leurs cendres. Epuisée, Vie perdit pied et fut atteinte d’un grave maléfice.

Comment lui expliquer ? Comment lui expliquer autrement qu’à travers une histoire à quoi ressemblait la vie une fois adulte ?

-Empoisonnée, elle répandait le mal sans le vouloir sur son monde, toujours aux moments les plus inattendus. Et elle ne pouvait plus qu’espérer s’éteindre pour que le maléfice cesse.
Mais Vie ne peut mourir, car si elle s’éteint, c’est tout son monde qui se perd avec elle. Alors, elle est là, en chacun de nous, distillant son poison à regret.


Mais n’ai pas peur, petit. Je te protégerais, comme une mère.

-Le poison m’a atteint il y a peu, c’est pour cela que Jùn s’inquiète pour moi et me surveille. Car le poison m’a pris toutes mes convictions, mes petites fées à moi qui me protégeaient ! Et sans fées, on se sent bien seul, pas vrai ?

Les larmes perlèrent d’elles-mêmes, roulant sur ses joues creuses et rouges.

-Et alors que je me rendais dans le château de…de mon roi à moi, de celui qui m’a tout appris…et celui qui m’a à présent donné un nouveau pouvoir…alors…

Sa gorge se bloquait, incapable d’avouer la vérité. Elle ne prit pas même garde aux regards de Jùn et Eliott, comprenant ce que son nouveau pouvoir signifiait.

-…alors il me l’a pris aussi, mon roi…mon père…

La main de Jùn saisit à nouveau la sienne, mais s’en empara avec une certaine violence, déchargeant tout l’amour possible pour l’aider à surmonter cette épreuve.

-Mais !

Elle leva son doigt tremblant.

-Mais Vie arrive parfois à vaincre le poison, l’espace de quelques instants, pour aider ceux qui en ont besoin, leur offrir une arme, un moyen de se battre !

Elle prit se son autre main la petite menotte de Juliet, tandis qu’Eliott se rapprochait d’eux, tout aussi chamboulé.

-Et je crois que c’est ce qu’elle a fait en te plaçant devant mon Château. Un Prince pour nous protéger du poison et pour me guérir, me délivrer !

Elle esquiva un sourire plein d’espoir.

-Accepterais-tu d’être mon Prince, mon enfant, mais surtout mon Chevalier ? Ce Château sera le tien, et tu pourras vaquer à toutes les occupations que tu désireras. Mais acceptes-tu de me sauver des monstres ?

Aide-moi.
Tu es mon espoir.
Mon renouveau.
Ma preuve que tout ne peut s’écrouler.
Mon arme contre tous ces monstres du passé et du présent qui m’infectent les entrailles.



I love you


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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeSam 24 Mar 2012 - 19:42

Oui, un truc bizarre. Juliet, devant la phrase d'Amarylis, ne put qu'hocher la tête. Il n'en savait pas beaucoup sur la nature de cette chose, ce n'était peut-être pas un monstre, mais peut-être que si ... En tout cas, la femme dit qu'elle ne voulait pas d'un monstre, mais c'était pas grave, parce que maintenant il était là pour la protéger ! Elle sourit, puis dit presque exactement ce qu'il venait de penser. Il la regarda avec des grands yeux ronds. C'était peut-être une autre fée, mais elle faisait pas apparaître des trucs, elle lisait dans les pensées ! Mais elle ne le vit pas, parce qu'elle se tourna vers l'homme. Il était grand, et il avait trop l'air d'un guerrier moine. Les guerriers moines, ils sont supers dans une équipe, parce qu'ils attaquent fort mais ils peuvent aussi soigner, alors c'est cool. Et tout à ses pensées de combat acharné, il ne remarqua pas tout de suite qu'Amarylis le regardait. Il la regarda, un peu inquiet. Pourquoi elle semblait toute triste, soudainement ?

Elle se pencha vers lui, disant qu'elle allait lui raconter une histoire. Chouette ! Juliet aimait beaucoup qu'on lui raconte des histoires. Depuis qu'il était tout petit, il captait les histoires et au fur et à mesure qu'elles avançaient, il bâtissait des univers intérieurs. Chaque nouvelle histoire les transformaient un peu, et Juliet finissait par confondre ses univers pour n'en créer qu'un, qui mêlait un peu tout ce qu'il écoutait. C'était en partie pour cela qu'il était impatient d'entendre Amarylis.

Une Reine appelée Vie. Juliet l'imaginait très belle, avec de longs cheveux blancs, comme la dame de son village qui jouait avec les marionnettes. De grands yeux, dont la couleur oscillait entre le bleu des rivières vives et le vert doux des prairies. Un peu comme si on mélangeait les deux couleurs de ses yeux vairons. Il l'imaginait grande, parée de somptueuses robes, d'étoffes bleues claires, ou blanches, pour garder une image presque angélique, quasi divine. Il voyait son air de bonté sur un visage souriant au regard doux. Et la femme qui racontait l'histoire fit alors apparaître l'effroi sur le beau visage de Vie. Des démons, sortes de monstres gélatineux sombres, venaient s'attaquer à elle, laissant de longues traînées noires sur ses vêtements, sur le halo de lumière qui l'entourait.

Vulnérable.

Juliet la vit se perdre dans les ténèbres et en ressortir, abattue. Victime de son maléfice, de son poison qu'elle répandait sans le vouloir. Il comprenait bien que si Vie disparaissait, tout son univers disparaitrait avec elle. N'en était-il pas de même pour lui ? Le petite garçon gardait son regard fixé sur Amarylis, sans toutefois la regarder. Il construisait intérieurement un nouvel univers, composé de ces quelques données supplémentaires. Cependant, il décida de ne garder que le personnage de Vie, même si elle lui restait empoisonnée.

Dans la suite de son discours, il aperçut Jùn, alors. Il soutenait la dame aux cheveux bleus, par le regard, par sa présence. Il le fallait bien, si elle n'avait plus de fées. On ne peut pas vivre sans fées et sans protections. Sans fées ...

- Oui, lâcha-t-il d'une petite voix.

Des larmes coulaient sur les joues d'Amarylis, et il sentait les siennes qui commençaient à picoter ses yeux. Il était un peu empathe, aussi la plupart des sentiments que ressentaient les autres, notamment les fortes sensations, rejaillissaient-ils sur lui. Il attrapa la main de la femme, écoutant la suite de son récit. Son Roi était mort. Son Roi, c'était son papa ? Ou celui qui lui avait donné une mission ? Il n'en savait rien, mais avait compris qu'il était mort en lui offrant un nouveau pouvoir. Il lâcha sa main pour essuyer ses yeux.

Mais la vie est forte, et le poison, elle est capable de l'éliminer par instant. La Reine redevint lumineuse, ses yeux ternes gagnant une lueur d'espoir. Ses mains douces se refermant sur un arc majestueux de bois clair, et une flèche toute blanche, à la pointe de fer. Une arme fabuleuse pour la guerrière que la Vie était.

Amayrlis vint prendre la main de Juliet, et de son autre main, il attrapa Eliott par le bras, même si il n'avait pas été très gentil avec lui. Dans ce petit cercle, elle termina son histoire. Juliet lui-même avait été envoyé par Vie ? C'est ce que disait la femme aux cheveux bleus, et le petit garçon aux yeux vairons la croyait. Il serra sa main lorsqu'elle sourit.

La proposition qu'elle lui fit eut pour effet de faire apparaître des papillons dans son coeur.

- Oui ! Je veux protéger ce château et tout les gens qui y habitent ! Je veux te protéger, madame.

Il lui sourit de toutes ses dents. Evidemment qu'il serait là. Elle lui offrait un toit, une occupation. Perdu au milieu du monde, Juliet n'avait pas réfléchi vraiment. Il savait toutefois qu'il pouvait trouver des choses à faire aux alentours, ne serait-ce que dans le château d'à côté, où le Chevalier à la Belle Epée et sa fée Gwëll habitaient.

- On pourra faire revivre tes fées. Parce que Vie elle est triste quand les gens ils perdent leurs fées.

Il en était convaincu. Il prit Amarylis dans ses bras, parce que quand on a pas de fées, on a besoin de câlins et de réconfort, c'était bien connu. Il la lâcha au bout de quelques secondes. Puis il se tourna vers Eliott, lui demandant de s'approcher par un geste. Il le regarda, et respira, s'apprêtant à demander quelque chose d'important.

- Dis ... Il reste du gâteau ?


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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeJeu 5 Avr 2012 - 17:29

Jùn était mort d’inquiétude. Et terrifié. Le retour d’Amarylis était sa plus grande joie, et à la fois sa plus grande peur. Comment lui apprendre ?
Le petit « oui » si aigue et pourtant si déterminé qui sortit des lèvres enfantines de Juliet faillit tirer de nouvelles larmes incontrôlables à Amarylis, et il hésita à lui serrer plus fort encore la main. D’une parce que rien que le fait d’avoir cette main si fragile dans la sienne lui procurait déjà des rougeurs qu’il ne devrait pas avoir. De deux parce qu’il ne voulait pas non plus lui faire du mal à force d’augmenter sa poigne à chaque larme. De trois parce que souvent, c’est lorsqu’une personne nous prend dans ses bras que les flots se déversent le plus. Les personnes croient nous aider. En réalité, elle ouvre la dernière brèche et c’est la fin.

Alors il se contenta d’une caresse avec son pouce.
Il n’arriverait jamais, au grand jamais à le lui dire !

Le petit ne s’arrêta pas en chemin, jurant qu’il fallait retrouver les fées de la rêveuse. Conviction si touchante qu’elle provoqua un dernier, il l’espérait, hoquet de sanglot à son mentor, un grand sourire à Eliot, et une moue émue pour sa propre part.
Il était heureux que cet enfant soit arrivé. Il était la bonne étoile au milieu de toutes ces horreurs, et il aiderait Amarylis dans ses deuils. Peut-être mieux que lui-même.
Pas un seul instant Jùn n’avait songé à quitter Eoliane. La vérité était qu’il n’avait pas un seul instant songé à quitter Amarylis.
Mais comment lui dire pour Maël ?

Personne n’attendait plus son retour. On parlait de fuite, d’exil, même de mort.
Il ne s’était jamais résigné à ces solutions, mais ne s’était pas imaginé qu’elle reviendrait en portant déjà un deuil. Celui d’Ewen, qui plus est.
Elle ne supportera jamais la nouvelle.

La gourmandise de Juliet les fit tous rire, et Eliot partit en chercher. Toutefois, dans l’encadrement de la porte, il se tourna vers Jùn, le consultant du regard. Le rêveur lui fit signe de filer. Il n’était pas prêt. Pas comme ça. Qu’il le fasse, lui, si cela était si simple !


-Eliot te montreras ta chambre, tout à l’heure. C’est celle à côté de la sienne. Et puis ce soir je te présenterais les autres rêveurs. Tu verras, ils sont très gentils ! Et Maël sera sûrement ravi d’avoir un nouvel élève, qui sait ? D’ailleurs où est-il ?

Eliot revint à se moment, se figeant. Le plat en argent sur lesquels il venait d’entreposer des gâteaux tomba à terre dans un grand fracas.


-Eliot ! Gronda Jùn.

Amarylis se tourna vers le jeune rêveur aux cheveux de chocolat noir, voyant son trouble.


-Que se passe-t-il ? Jùn…Jùn ?

Eliot devint blanc comme un linge, et Jùn crut que son cœur allait exploser.

-Amarylis…Maël…

Elle dégagea sa main de la sienne, soudain le visage grave. Puis, d’une seconde à l’autre, redevint sereine.

-Il est parti. C’est ça ? Il est passé au cinquième cercle, est devenu Maître et a préféré rejoindre une plus grande Confrérie. Il devait venir avec moi à Ondiane, mais j’ai eu une halte avant, et il n’a pas du m’attendre…J’aurais pensé qu’il allait rester à Ondiane, c’est la plus grande Confrérie possible, la meilleure pour avoir des élèves ! Je pensais juste…qu’il me dirait au revoir…

Eliot ne bougeait plus, pétrifié. Ce qui joua sur les nerfs de Jùn.

-Mais ramasse ça, voyons ! Et va en chercher d’autres, t’es empoté ou quoi ?!!


La Directrice d’Eoliane fronça les sourcils. Jamais le rêveur ne s’énervait ainsi contre ses pairs. Même les plus jeunes.

-Jùn…Ce n’est pas grave, tant qu’il trouve sa voie et est heureux…On reste ensembles malgré tout !

Jùn se força à sourire.

-On reste ensembles, oui ! C’est ce qui compte !

Il ne pouvait décidément pas le lui dire. Ce n’était pourtant que trois mots. Trois simples mots.
Mael est mort.
Je t’aime.
Trois simples mots.

Eliot, partit en courant, revint, avec de nouveaux gâteaux, sous le regard de Juliet, qui fit partir Amarylis dans un grand rire.


-Il pourrait t’avoir passé une chasse digne d’un père à son fils qu’il aurait le même regard ! Maël te regardait souvent comme cela quand tu faisais les pires bêtises possibles.


Il ne pouvait supporter de la voir rire et sourire alors qu’elle ne savait pas. Il n’avait pas le droit de le lui cacher.

-Maël est mort.

-Je t’aime.

Les trois premiers mots venaient d'Eliot, tétanisé, toujours debout, les poings liés entre ses jambes comme s’il avait envie de faire pipi.
Les trois derniers venaient de Jùn, qui se maudissait déjà intérieurement de les avoir prononcé.

Elle ouvrit la bouche, mais ne parvint pas à crier. Ils crurent qu’elle allait tomber dans les pommes, mais il n’en fut rien. Elle se tourna juste vers Juliet, d’une voix si brisée que la question fut à peine entendue.


-Tu les trouves où tes fées ?







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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeSam 12 Mai 2012 - 15:31

Juliet demanda des gâteaux avec un air grave et solennel. Ce qui eut pour effet de faire rire les trois autres. Le petit garçon ne se demanda pas pourquoi : à cet instant, tout ce qu'il voulait, c'était des petits gâteaux. Eliot partit en chercher et il eut un sourire de satisfaction. Rien n'était meilleur que les gâteaux quand on était tristes. Puis il tourna la tête vers Amarylis qui, malgré ses yeux rougis, avait un petit sourire. Elle lui annonça rapidement quelques petites choses, comme le fait qu'Elio lui montrera sa chambre et le fait qu'il devienne peut-être un élève de Maël.

- Maël ? El …

Avant qu'il ne puisse terminer son exclamation interrogative, le fracas d'un plateau tombant contre le sol retentit. Jùn gronda Eliot, et Amarylis se tourna vers lui, d'un air presque affolé. Le guerrier-moine, comme Juliet avait décidé de l'appeler dans sa tête, bafouilla les deux prénoms de la femme et du potentiel futur maître du petit garçon. Il vit que la dame retirait sa main, et que son visage perdit toute trace de joie. Avant qu'elle ne semble à nouveau, si non joyeuse, au moins calmée. Sa voix, néanmoins, flancha sur la fin et Juliet vint s'asseoir à côté d'elle, agrippant son bras. Jùn gronda à nouveau Eliot, lui disant de ramasser tout les gâteaux et d'aller en chercher d'autre, et le petit Prince un peu effrayé alla aider le jeune rêveur.

Juliet alla ensuite s'installer sur un coussin, fermant les yeux. Il était épuisé et les conversations autour de lui ne le concernait pas. En entendant des pas, cependant, il rouvrit les yeux. Des gâteaux ! Il se dépêcha de les prendre, avant qu'il ne les fasse tomber à nouveau, et retourna s'installer sur les coussins, se léchant les babines. Ce fut pourquoi il n'écouta pas les paroles qu'échangeait les trois autres. Néanmoins, lorsqu'il mordit dans un gâteau, deux vérités éclatèrent dans la pièce, aussi bruyantes qu'un éclat de tonnerre. Dans le silence total qui avait précédé, ses deux phrases semblaient avoir fait retomber encore plus de silence. Pesant.

Amarylis ouvrit la bouche, la referma, la ré-ouvrit en se tournant vers Juliet. Où il trouvait ses fées ? Si Gwendalavir c'était comme dans Zelda, il lui aurait dit « Dans les sanctuaires des déesses. » mais Gwendalavir, c'était pas dans Zelda. Il posa les gâteaux à côté de lui, essuya sa bouche avec sa manche et leva la tête vers la femme.

- Les fées, c'est la Vie qui les fabrique. Des fois, elle est trop empoisonnée pour les faire alors on peut pas les trouver. Mais un jour elle reviendra encore plus forte pour te faire plein de nouvelles fées. Pour l'instant il faut attendre. Tu peux manger des gâteaux sinon, tes fées reviendront plus vite !

La féerie, c'est quand même un concept abstrait. Mais Juliet était persuadé que le sucre ça aidait à créer les fées. C'est normal, une fée c'est doux, comme le sucre ou le pelage d'un chat. Comme une histoire que l'on raconte ou un rêve que l'on fait. Comme les cheveux longs d'une femme ou une caresse sur la joue.

- Et puis, faut pas se laisser abattre ! Faut se dire « Comment les héros réagiraient dans ce cas ? » et puis, les fées reviendront d'elles-mêmes !

Il s'était levé, gesticulant, faisant de grands gestes avec ses bras, comme toujours quand il parlait. Puis il se rassit, presque aussitôt. Il regarda Amarylis, l'air grave.

- T'as le droit d'être triste. Mais pas pour toujours. Juste un peu, puis il faut attendre que la joie revienne. Elle reviendra, forcément.


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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeLun 4 Juin 2012 - 18:48

Amarylis fut surprise que Juliet reprenne si bien l’histoire de Vie, comme s’il la connaissait depuis toujours et qu’elle était évidente aux yeux de tous. L’état de choc l’empêchait de réellement prendre conscience des évènements, aussi souriait-elle bêtement.
Il faudrait un temps pour réaliser.
Un temps pour accepter la mort d’Ewen et de Maël et l’amour de Jùn.
Mais plus tard. L’instant n’était pas à cela. L’instant n’était à rien du tout, elle ne parvenait pas à réfléchir. Elle se sentait flotter, rêver. Elle se savait se réveiller au lendemain, constatant que Juliet et tout le reste n’était que le fruit de son imagination et que la vie allait continuer d’elle-même. Qu’il y avait une vie, et pas la Vie.
Alors tant qu’à se réveiller à un moment ou à un autre, autant sourire bêtement et laisser couler, hein. On va suivre le Petit Prince. Dans les rêves on suit toujours les Petits Princes. C’est ce qu’il y a de mieux à faire pour éviter les cauchemars.

Alors elle prit un gâteau, actuellement persuadée que le gâteau ferait venir plus vite les fées dans son rêve et que tout irait bien. Tout pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Le chocolat fond dans sa bouche, comme si le monde pouvait encore fondre et paraitre des plus doux, comme si le sucre qui se coince entre ses dents pouvait être le seul souci de toute une vie. Le souci de Vie.

Un héros. Oui, il faut devenir un héros. Juliet y réussit bien, lui, à être un héros. Tout petit qu’il semble être, c’est tout de même un prince !
Et dans les rêves, les princes ont des alliés. Et les reines ne pleurent pas. Au contraire, elles consolent les larmes des princesses et les aident.
Oui, il faut faire ça.

Triste. Il dit qu’on a le droit d’être triste. Mais Amarylis n’était pas triste. Non, pas à cet instant. Elle le serait sans doute, plus tard, mais là, maintenant…En fait elle ne savait pas du tout ce qu’elle ressentait, là, maintenant. Elle savait juste que cela était sans doute un rêve, et que de cette façon elle n’avait pas à chercher une quelconque réaction.

Et pourtant il y avait toujours ces regards braqués sur elle. D’Eliott et Jùn. Juliet aussi la regardait, mais pas de la même manière. Contrairement aux autres le Petit Prince n’attendait rien de la rêveuse.
Eliott attendait sûrement des pleurs, des cris, la demande de comment avait bien pu mourir Maël. Et Jùn, lui, attendait un « moi aussi ».
Mais comment savoir dans un rêve ou tout est faux, mais rien n’est vrai, si l’on est amoureuse. Si l’on souhaite rompre une fois encore le code des rêveurs et s’engager dans le gouffre des sentiments.
Alors elle gardait les yeux rivés sur le prince, espérant se réveiller avant que les deux autres hommes ne forcent son regard et des réponses.

Emmène-moi avec toi Petit être de lumière. Emmène-moi loin de tous ces débuts de cauchemar. On est bien mieux dans notre rêve, non ? On pourrait se remplir le ventre de chocolat jusqu’à ce qu’il explose et qu’en sortent toutes les fées du monde. Et on se laisserait doucement emporter par Vie, avec une berceuse, une mélodie d’une princesse à son prince.

C’est curieux comme tout peut basculer en trois mots. Trois simples mots, et quelques mois.
Je pensais pouvoir guérir les maux et blessures en devenant rêveuses. Et maintenant que j’ai atteint le septième cercle, voilà que je réalise que je ne peux pas même me soigner moi, et que le grand pouvoir des rêveurs, si secret, si caché, n’apporte en réalité que l’exact inverse de toute une vocation.

Auparavant elle aurait couru à Ondiane, se jeter dans les bras d’Ewen pour lui clamer à quel point elle se sentait vide et perdue. C’était d’ailleurs ce qu’elle avait fait, il y a peu. Sauf qu’elle n’avait rien clamé du tout, rengorgé par sa victoire sur la santé et l’enfant de Marlyn.
Sauf qu’Ewen était mort.
Et que l’unique personne à laquelle elle se raccrochait à présent était un petit garçon se prenant pour un prince.

Amarylis se rapprocha de Juliet, et, le plus naturellement du monde, comme si elle n’était qu’une enfant et que le Petit Prince était un grand roi réconfortant, elle se recroquevilla, posant sa tête et sa longue chevelure bleue sur les genoux du garçon.


-Raconte-moi une aventure…

Le silence était de mise, on n’entendit que le soupir de Jùn, qui prit Eliott par l’épaule, comprenant qu’ils n’avaient plus rien à dire ici, et qu’ils ne faisaient pas partie du monde de leur rêveuse. Pas cette fois-ci.
Le monde des morts n’appartient qu’à ceux qui restent.



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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeVen 20 Juil 2012 - 0:01

Juliet regardait Amarylis, en croquant dans un nouveau gâteau. Elle semblait un peu perdue. Il jeta un regard à Jùn et à Eliott. Il avait l'impression que le temps s'était arrêté. Aucun autre bruit autre que les respirations, plus ou moins calqués sur les sentiments, et sa mastication. Puis il se tourna à nouveau vers la Rêveuse, ses yeux s'accrochant aux siens. Le petit garçon lui sourit, cherchant à effacer le trouble qu'il percevait dans ses prunelles grises. Puis, comme si leurs rôles avaient été inversées, comme s'il avait été le Roi et elle la princesse captive à délivrer, elle posa sa tête sur ses genoux. Avait-elle besoin d'être délivrée ? Mais de quoi ? De sa tristesse, de son trouble, que Juliet percevait sans réellement le faire exprès, sans le chercher ? Il posa sa main sur sa tête, pendant qu'elle réclamait « une aventure ». Le petit Prince hocha la tête, réfléchissant. Une belle aventure, une bien épique. Il trouva au bout de quelques minutes. Une légende, que l'on racontait depuis longtemps en Gwendalavir et qu'Amarylis connaissait peut-être, mais il l'avait toujours beaucoup aimé. Une histoire de chevalier et de monstres, et de Dragon.

- C'est une histoire qui s'est passé il y a très longtemps.

Il entendit des pas dans la pièce. Se rapprochaient-ils ou partaient-ils ? Juliet ne voulut pas savoir et ne tourna pas la tête. Il ferma les yeux, pour, d'une part, se remémorer l'histoire, et d'autre part, pouvoir mieux voir les images qu'il ferait apparaître dans sa tête.

- Il existait un Royaume très loin, dont on ne se souvient pas le nom. Il y avait un Roi, qui vivait avec ses quatre garçons. Tout le pays vivait dans une atmosphère joyeuse et paisible, chaque jour passant avec les chants des travailleurs et les rires des enfants.

Encore une fois, il reprenait les mots de sa grand-mère, tels qu'il s'en souvenait. Elle lui avait tellement souvent raconté qu'il se souvenait de la moindre parole et des expressions qu'elle avait lorsque par moment, il ouvrait les yeux. Elle lui manquait. Ça faisait comme un creux dans son cœur, qu'il s'efforçait de remplir comme il le pouvait.

- Mais un jour, des monstres envahirent le pays. Les quatre fils du Roi, qui étaient de grands généraux, durent partir à la guerre. L'aîné partit protéger le Nord : de ce côté là, il n'y avait que cent ennemis, et son armée était composée d'un milliard de soldats. Le premier cadet partit à l'Est. Il y avait de ce côté là mille ennemis. Mais son armée était faite d'un million de puissants soldats. Le second cadet choisit de partir dans le Sud : il y avait là un million d'ennemis, et sa pauvre armée avait beau être équipée d'armes, il n'en restait pas moins que mille. Enfin, le benjamin dût partir à l'Ouest, où les ennemis se faisaient légion, accompagné de cent soldats.

Juliet trouvait cela injuste. Mais comme c'était les plus grands qui choisissaient en premier, c'était ainsi. Et puis, si ce n'avait été le cas, il n'y aurait pas pu y avoir d'histoire, n'est-ce pas ?

- L'aîné pensait que sa bataille serait vite terminée, et qu'ensuite il pourrait aller aider ses frères. Il fut très surpris lorsqu'il se rendit compte que les ennemis, une fois tombés, se dédoublaient. Ainsi, il fut coincé et ne put partir à la rescousse de ses frères, trop occupé à abattre des ennemis invincibles.

L'histoire se compliquait toujours au bout d'un moment, parce qu'autrement la résolution n'était pas toujours intéressante. Au moins, dans cette histoire, les quatre frères s'entre-aidaient. Ou du moins le souhaitaient, puisqu'ils étaient toujours coincés.

- Le premier cadet pensait lui aussi que sa bataille serait vite terminée. Mais les ennemis tués revenaient à la vie, trois fois plus forts que précédemment. Aussi dût-il se résigner à rester à l'Est, sans pouvoir aider ses autres frères.
Le second cadet sentait déjà la difficulté, mais il était extrêmement déterminé et son armée était équipée d'armes puissantes. Ils parvinrent à décimer la moitié des ennemis, et continuèrent à se battre. Les monstres d'ici ne revenaient pas, bien heureusement.


Juliet reprit son souffle. L'événement le plus intéressant intervenait maintenant.

- Le benjamin cru que sa dernière heure avait sonné. Comment aurait-il pu en être autrement ? Lui et sa centaine de soldats, contre un milliard d'ennemis ? Non décidément, il n'avait pas eu de chance. Mais au lieu de se lancer dans une bataille probablement perdu d'avance, il se retira dans un coin et commença à prier le Dragon. Mais le Dragon de la Dame, hein, pas un méchant dragon ! Juliet s'était senti presque obligé de le préciser. Bref. Donc, il a prié, parce qu'il ne voulait pas laisser les monstres ravager son pays, et en plus, ils risquaient d'ensuite aller attaquer ses frères, et ça il le désirait encore moins.

Juliet aimait beaucoup cette partie de l'histoire, puisque c'était le moment où le Dragon apparaissait. Il l'imaginait très grand, gigantesque même, tellement imposant qu'il mesurerait plusieurs kilomètres de long, et au moins un de haut. On sentirait la chaleur qui viendrait de sa forge, puisqu'il était le créateur des alaviriens. Il apercevait ses grand yeux emplis de bonté et de courage. Un regard que Juliet voudrait obtenir, plus tard …

- Les ennemis arrivaient, avançaient sur le camp. Et au moment où le général perdait tout espoir, une forte chaleur se fit sentir aux alentours. Un incendie se déclara soudain, brûlant tout les monstres, s'arrêtant aux pieds des soldats. Le jeune homme releva la tête. Jamais, même dans ses rêves les plus fous, il n'aurait espéré le voir : le Dragon qu'il venait de prier était venu à sa rescousse. Il se posa devant lui, et aussitôt le silence se fit dans la troupe. « Jeune humain, dit le Dragon, je suis venu à toi car tu as demandé mon aide avec un cœur pur et des intentions généreuses. Tu n'as pas pensé qu'à ta vie, tu n'as pas été égoïste. Tu as voulu sauver ton pays et tes frères. Malheureusement, je ne peux rester plus longtemps. Je peux, en revanche, t'offrir cette arme. ». Il fit apparaître une épée d'or. Il lui expliqua qu'il s'agissait d'une lame magique. Elle pouvait le mener là où il le désirait, et elle le rendait invincible. Il partit au Sud, aider le second cadet. Ils abattirent les monstres avec une étonnante rapidité. Ils partirent ensuite aider leur frère à l'Est. Malheureusement, seuls les coups du benjamin empêchaient les monstres de revenir définitivement. Alors tout les soldats se battaient, beaucoup tombèrent, et il dû les achever un par un. Lorsque tout fut terminé, il ne leur restait qu'un millier de soldats, et ils partirent ainsi aider l'aîné.

Ce passage-là était un peu plus triste, mais les héros ne peuvent pas être victorieux sur tout les tableaux.

- Lorsqu'il arriva au champ de bataille, il vit qu'il ne restait plus qu'un soldat, se défendant vaillamment contre les monstres qui frappaient. Il ne s'agissait pas de son frère. Son cœur se fendit, mais sa détermination s'en trouva renforcée : il devait venger son frère. Il se lança dans la bataille en hurlant, tuant dix monstres en essayant d'atteindre le jeune soldat. A nouveau, son armée se battit courageusement, et ils détruisirent tout les monstres. La fin de la journée arriva finalement, lorsque le dernier ennemi tomba. Ce fut à ce moment que le Dragon revint. Il lui reprit l'épée, mais lui donna un autre don. Celui de guérir les autres. « Tu as fais preuve de beaucoup de courage. A présent je t'offre la possibilité de soigner tes amis blessés. Fais attention toutefois : il te sera impossible de ramener les morts. Tan qu'il reste un souffle de vie, tu y arriveras. Je dois maintenant te quitter. Bonne chance, jeune humain. » Il repartit comme il était arrivé. Le jeune homme soigna son armée, et retourna au château de son père. Ils organisèrent un somptueux enterrement pour ceux tombés au combat, et quelques temps plus tard, le deuil passé, de grandes festivités dans tout le pays pour célébrer leur miraculeuse victoire contre les monstres.

L'histoire se terminait ainsi. Juliet tilta soudain. N'était-ce pas les Rêveurs qui soignaient les autres ? Juliet fit un grand sourire à Amarylis.

- Tu as un cadeau du Dragon, toi ? Tu es une Rêveuse, non ?

Il attrapa un gâteau sur le plateau, et le croqua en attendant la réponse de la femme.


[Désolée pour cet affreux retard ! J'espère que mon post te plaira, au moins ><]

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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeMer 8 Aoû 2012 - 13:58

Un roi. Et ses quatre enfants. Lovée contre l’enfant, Amarylis sourit. Elle connaissait cette histoire, mais qu’importe. Elle prenait toujours plaisir à écouter les histoires. Et puis le début de cette aventure la transporta une trentaine d’année en arrière. Et ce n’est plus sur Juliet qu’elle se trouvait blottie, mais contre le ventre engrossi de sa mère. Son oreille de petite fille plaqué contre le rebondi que formait sa sœur dans le corps de leur mère. Et le chuchotement de maman, une main dans les cheveux bleus d’Amarylis, une autre sur son bidon, protégeant la future Lyssandréa. Et cette histoire pour bercer ses deux filles et s’endormir à son tour paisiblement, dans la caravane familiale. Loin de toute séparation conjugale, loin du rêveur que déteste Amarylis et qui pourtant l’emportera avec lui à Ondiane, gagnant sa confiance et son amour. Loin de la rancune d’avoir voulu séparer les deux sœurs qui valut l’absence de nouvelle de la rêveuse. Loin de tout chagrin d’un maître perdu et de l’ignorance de la survie ou non de sa famille. Loin d’une adulte pesant tout le poids de sa détresse sur les frêles épaules d’un pauvre enfant-prince.

Autant gamine qu’adulte, la Directrice d’Eoliane trouvait terriblement injuste la répartition des armées des frères. Les ainés prenaient la voie la plus simple et laissaient aux benjamins une mort certaine. Elle se refusa alors à penser qu’elle avait sans doute fait la même chose. Fuir la séparation en partant à Ondiane n’était pas en soit la solution de facilité. Mais ne prendre aucune nouvelle, rompre tout contact, l’était bel et bien. En cela dans quelle situation avait-elle laissé Lyssandréa ?
Et tout comme l’ainé, le karma l’avait rattrapé. Pas en démultipliant ses ennemis, mais en la confrontant à l’oubli, la guerre, la mort. La perte de son équipe, de son armée, en somme.
Le second cadet lui faisait penser à Ewen. Déterminé, et restant jusqu’au bout sur place. Il avait certes quitté la caravane pour l’éducation d’Amarylis, mais il s’absentait souvent pour retourner donner un coup de main. Il n’abandonnait pas son équipe, lui.
Pourtant l’histoire la plus intéressante était celle du benjamin. Le personnage qu’elle n’était pas. Le personnage que serait Lyssandréa, peut-être, maintenant, ou dans un autre monde.
Le héros de l’histoire qui ne pense à ceux qui l’aime et ceux qu’il aime.

« Moi je serais fière de toi si tu devenais rêveuse! Tu viendras me voir dès que possible! Nous nous reverrons je te le promets! Je grandirais et je pourrais venir te voir! »

Le benjamin a prié. Il a prié pour les revoir, et le Dragon est venu.
Sauf que pour se revoir il faut être deux à prier. Et très certainement que les autres frères ont prié aussi, intérieurement, pour appeler à l’aide.
Sauf qu’Amarylis n’a jamais prié pour revoir sa famille. Et que toutes les prières du monde n’ont apparemment pas suffi à Lyssandréa.
Amarylis admirait la façon dont le benjamin, avec son armée si faible, avait volé au secours de ses frères, pieux de son épée magique. On voyait toutefois bien là la différence du conte de la réalité. La rêveuse le savait pour avoir assisté à la bataille de l’Académie. Il n’y a pas d’épée magique. Et même la plus grande volonté de monde ne suffit pas. Les morts se comptent par millier au final. Le benjamin n’aurait jamais pu tous les vaincre. Ce n’était que légende.

L’histoire s’acheva, et le silence reprit son rôle morbide dans la salle. Amarylis ne pleurait plus. Elle n’était plus qu’un verre vide. Un verre éternellement vide.
Vous connaissez la théorie des verres ?
Chacun de nous est un verre, remplie d’une boisson unique. Par exemple, la jeune femme, Marlyn, qu’elle avait soigné était un verre d’un liquide noire, noire de ses souffrances, mais pétillant, car survivante. Jùn serait un verre de menthe comme l’éclat de ses yeux, si frais et fort à la fois. Eliot serait un jus, épais et doux, comme un jus de citrouille. Et Juliet…Juliet lui, serait une pétillante et fruitée limonade à la cerise. Il crée des attaches, comme les tiges qui relient deux cerises ensembles.
Mais, son verre, à elle, était vide. Vide parce que percé. Et que vous pourriez bien mettre tout le liquide que vous vouliez dedans, il fuirait. Et qu’un verre troué, et bien il se noie.

Soudain, elle sentit Juliet se redresser, comme pris d’une révélation. Elle-même se releva, ses petits yeux gris perdu dans l’innocence de cet enfant.

- Tu as un cadeau du Dragon, toi ? Tu es une Rêveuse, non ?


Ses fins sourcils bleus se froncèrent sous l’évidence de la coïncidence. Elle avait bel et bien le pouvoir de guérir, tout comme le benjamin. Guérir, et non de sauver les morts. Comme dans l’histoire.
Elle n’était pourtant pas le benjamin, ce n’était pas elle le Héros de l’histoire. Alors pourquoi avait-elle donc droit au pouvoir ?
Elle cligna des yeux, ne comprenant pas trop.

-Oui…oui je suis une Rêveuse…

Mais ce mot avait-il encore le moindre sens à présent ?


-Mais c’est toi le benjamin. Moi je ne suis qu’une ainée…

Ses pupilles tombèrent sur l’épée de bois de Juliet.


-Tiens, tu vois, tu possèdes l’épée magique ! Peut-être as-tu aussi le don de guérir, ou l’auras-tu, plus tard ?

Elle déglutit. Elle ne devrait pas avoir ce don.

-Moi je ne suis pas le benjamin. Je ne suis qu’une ainée…


_______________
Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] 282551BannAmacopie
            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?







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MessageSujet: Re: Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]   Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé] Icon_minitimeMer 15 Aoû 2012 - 23:23

Juliet se redressa, se rappelant alors de ce qui signifiait Rêveur. C'était ceux qui avaient le pouvoir de guérir les malades. Les derniers temps où il vivait avec sa grand-mère, il en voyait un venir souvent pour s'occuper d'elle. Un jour, il avait disparu dans la nature. Le garçon avait été un peu attristé, parce qu'il avait commencé à le considérer comme un grand frère. Il jouait au chevalier avec lui, comme l'avait fait Einar. Mais il savait aussi raconter des histoires, et puis il aimait bien le gamin et le courant était tout de suite passé entre eux.

Amarylis cligna des yeux, apparemment un peu perdu. Son grand regard innocent croisait les iris gris de la femme, tandis qu'elle admettait être Rêveuse. Oui, elle l'admettait. Comme une faute, comme un crime. Selon Juliet, elle aurait dû être fière, de posséder un don du Dragon, et si elle ne le clamait pas, au moins aurait-elle dû en être contente. N'était-elle pas heureuse lorsqu'elle sauvait des vies ? Elle disait n'être que l'aîné. Il aurait voulu parler, mais il voyait qu'elle avait encore des choses à dire, et comme tout enfant bien élevé, il se tut, attendant qu'elle finisse. Le regard de la rêveuse tomba sur l'épée de bois que Juliet gardait toujours à portée de main. C'était lui qui avait l'épée magique ? Il la contempla, songeur. Peut-être serait-il capable de guérir. Et il deviendrait un chevalier-moine, comme l'homme aux yeux verts. Trop cool.

Elle répéta alors que c'était lui, le benjamin, et qu'elle était l'aînée. Le petit Prince posa son gâteau, et prit une grande inspiration.

- L'aîné il meurt à la fin. Toi t'es vivante. Et mon épée, elle est pas magique.

L'épée d'Einar, elle, l'était par contre. Il en était presque sûr. Même qu'elle était hyper belle et tout. Il réfléchit, un petit instant, à ce qu'il allait dire ensuite. Ou plutôt, il réfléchissait à la façon de formuler ses sentiments. C'était diffus, mais il sentait la tristesse, la honte peut-être, de son interlocutrice, sans toutefois en avoir vraiment conscience.

- Tu sais, si le benjamin il avait pas prié, tout le monde serait mort. Alors c'est peut-être la solution. Prier. Espérer, plutôt. 'faut que tu demandes les trucs, si tu veux qu'ils se réalisent, faut pas les attendre.

Il ne savait pas trop pourquoi il disait ça, mais il avait l'impression que la dame aux cheveux bleus comprendrait. Il haussa les épaules, avant de se lever et de promener son regard bicolore dans la salle. Des coussins un peu partout, des tables basses dans certains endroits. A vrai dire, Juliet était très curieux, et aurait bien voulu visiter la Confrérie. Il se tourna vers Amarylis et lui tendit la main.

- Viens on va se promener !

Il attendit un peu, qu'elle se lève, puis il passa par dessus les coussins, les tables et ouvrit la porte. Il choisit une direction au hasard. Ce n'était pas important de toutes façons. Il y a des choix qui méritent une certaine réflexion, comme partir de chez soi, approcher quelqu'un ou non ; ce sont des choix qui agissent ensuite sur la vie, lourds de conséquence parfois. Et il y avait les petits choix de tout les jours, tourner à droite ou à gauche, manger ceci ou cela. Parfois, on regrettait un moment, puis ça passait vite.
Ils croisèrent Eliott, qui les regarda un peu surpris. Juliet lui tira la langue et il continua à avancer avec Amarylis. En réalité, il faisait le chemin inverse de celui qu'il avait effectué pour arriver jusqu'à la petite salle. Mais il ne le savait pas, perdu qu'il avait été dans ses pensées lorsque la femme aux cheveux bleus l'avait accompagné à l'intérieur. Mais qu'il se retrouve à l'air libre ne lui fit ni chaud ni froid.

Enfin, peut-être un peu froid quand même, parce que c'était l'hiver et que le vent soufflait un peu. Mais il leva son doigt très haut vers le ciel.

- Regarde, là ! Y a une étoile qui est trop brillante ! Tu crois qu'on peut atteindre les étoiles ? Avec une grande échelle peut-être ? J'sais pas, mais un jour j'y arriverai. Tu voudras que je te ramène une étoile quand je serai là-haut ?

Juliet, il avait toujours aimé la nuit. Parce qu'il avait toujours aimé les étoiles. Il lui lança un sourire.

*

Lorsque ses yeux se fermèrent cette nuit-là, il était content. Les dragons s'étaient envolés.


[Terminé I love you]

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Les Princes ont parfois affaire à des dragons invisibles. [Terminé]
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