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 Le sang des silences sur nos mains de pantins [Terminé]

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Mercenaire du Chaos et Maître de la boutique du Talion
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MessageSujet: Re: Le sang des silences sur nos mains de pantins [Terminé]   Mar 4 Sep 2012 - 14:08

Marlyn mit quelques secondes, peut-être bien une minute à répondre. Ce fut la minute la plus longue du monde aux yeux d’Elio. Yeux qui ne percevaient plus rien derrière son sac qui puait franchement le mort et la pisse ! Il entendait, par contre. Tous ces cris, ces demandes de mise à mort, cette excitation de voir un homme mourir, puni de ses fautes. Il ne put s’empêcher de penser qu’il était bien facile de corrompre de telles personnes. Elles aussi ne souhaitaient que vengeances. Elles avaient toutefois trop peur de se salir les mains et de finir pendues à leur tour. Il sentait de même les projectiles s’écrasant et dégoulinant sur ses vêtements rapiécés dont il avait fait l’acquisition lors de son entrée en prison. Des tomates sûrement. Il n’aimait pas être tourné en ridicule de la sorte, mais ne pouvait pas vraiment rendre la pareille, là, maintenant. Surtout derrière son sac. Et s’en était des plus dégradant, humiliant. Il commençait sérieusement à transpirer là-dessous, et la peur montait en grade à chaque mouvement à ses côtés. L’attente. L’attente était insupportable, tout comme le fait de ne pas savoir. De ne pas savoir quand. Quand il allait activer le levier pour l’expédier directement à la mort. Et pas si directement que ça. Finegan disait qu’on ne mourait pas de suite, se cassant ongles et doigts à gratter la corde pour se libérer.
La panique s’emparait alors de lui, et ses jambes se mirent à trembler, lorsqu’enfin elle répondit. Ça allait secouer, qu’elle disait. Et comment ! Elle lui pardonnait ! Il n’allait pas finir agrippé à sa corde ! Il allait faire le plus beau pied de nez possible à la mort avec Marlyn.
Il laissa échapper un petit rire sous son sac, souriant comme un con sans que personne ne sache.

Le levier s’abattit dans un claquement sec, comme si c’était une lame tombant sur son crâne pour le trancher d’un coup sec. Et la trappe sous ses pieds disparut dans le même claquement. Son corps ne tomba pas, il resta suspendu, la corde l’étranglant, lui brûlant la gorge. La respiration coupée, il ne pensa à rien d’autre que relever ses mains jusqu’à la corde pour la griffer, la tailler, l’écarter. N’importe quoi, mais arrêter ce supplice. Ses ongles s’emplissaient de pelures de corde lorsque soudainement la pression lâche et il tomba lourdement sur le côté, sifflant plus que soufflant. Il sentit une main lui ôter le sac, sachant bien qu’il s’agissait de son mentor. Enfin ! Par la Dame, merci ! Mains plaquée contre son cou, il tentait de reprendre avec difficulté sa respiration, pâle comme un linge dans cette fumée noire qui les enveloppait et qui attaquait sérieusement ses yeux. Il prit soin de garder la bouche close le maximum possible, afin que l’artifice de Marlyn n’aggrave pas son manque de souffle. Il entendait au loin les hurlements de surprise et de colère. Ils privaient le public du spectacle dont ils raffolaient le plus. Et les autorités devaient commencer à se douter que ce n’était pas qu’un effet visuel. D’ailleurs, que diraient-ils en voyant qu’il manque un pendu ? Il avait une totale confiance en Marlyn, mais ne pouvait pas s’empêcher de douter de cette réussite là. Ils avaient vu son visage en prison, ils n’auraient aucun mal à le retrouver s’ils le savaient vivant.

Les actions prirent alors une vitesse supérieure, et il ne contrôla plus du tout l’ampleur des évènements. La main de son professeur agrippa son bras, et il fut transporté, comme aspiré par il ne savait trop quoi. Il eut tout juste le temps de voir un autre corps se balancer à sa place, que son corps atterrissait lourdement sur un sol nouveau, et pourvu d’herbe. Il n’y avait pas d’herbe dans la cité des Hil’Muran. Elio cligna de ses pupilles rougis par la fumée noire, et secoua la tête tant il lui semblait encore entendre les cris de la pendaison.
Il mit un temps à comprendre ce qui venait de se passer. Marlyn venait de faire un pas sur le côté, avec lui, laissant les mondains célébrer les deux pendus, persuadés d’avoir face à eux l’inconnu complice de Bekléos. L’apprenti mercenaire ayant refusé de donner son nom, le seul témoignage qui en était revenu pour l’identifier était celui d’un garçon du conseillé du feu empereur, appelé Morat.
Il la sentit trancher les liens qui brûlaient encore ses poignets, le laissant à présent aussi libre que possible. Il releva la tête, découvrant avec joie que leurs chevaux les attendaient, avec leurs affaires, prêts à partir. Il se retourna, prêt à remercier son maître, mais ce fut elle qui ouvrit la première la bouche, un sourire invisible sur le visage.

- Alors, ta première mort ?


Elio haussa les épaules, faussement hésitant.

-Pas trop mal ! Légèrement trop enfumée à mon goût, mais ça aurait pu être le bûcher, j’me plains pas.


Il se massa le cou, encore marqué du souvenir de la corde. Finalement, p’tètre ben qu’il aurait préféré le bûcher.
Mais là, à l’instant, il pensait à tout autre chose. Elle ne lui en voulait pas. Elle plaisantait, même. Pas de colère, pas de rancune, rien. Juste une camaraderie, comme avant. Comme s’ils venaient simplement de boire un verre ensemble. Et non d’assister à leur propre pendaison.
Il hocha simplement la tête, signifiant qu’il allait bien, et ne pipa mot. Il savait qu’elle avait accepté son pardon, sinon quoi elle l’aurait laissé mourir sur la grand place. Rien n’avait besoin d’être dit, le regard suffisait.
Et les regards se félicitaient d’avoir réussi. Ensembles.
Voilà pourquoi il accepta cette main tendue, émue qu’elle veuille encore de lui. Ils se regardèrent un instant, comprenant que cette aventure n’était que le début.
Il courut alors rejoindre les montures, ressentant l’immense bonheur du petit instant. Eolwyn hennit devant l’excitation de son maître et réclama caresses qui lui furent doublement acceptées. Elio caressa avec soulagement son arc, découvrant que ses affaires étaient au grand complet. Alors cette fois-ci, il sentit le besoin de parler.

-Merci.
Sourit-il.

Il monta Eolwyn, fier, mais pas prétentieux. Fier d’être son élève, toute trace de dégoût parti.

-Alors ? Quelle est notre prochaine mission ? Je t'en supplie, dis-moi qu'il s'agit d'un bon lit et d'un bol de lait de siffleur !

Mais tu pourrais tout aussi bien me demander d'y retourner, que je le ferais. Avec toi.
Et on repart, écrire notre sombre histoire.



[Tu peux clôturer là, si tu le souhaites, ou m'emmener pour de nouvelles aventures, au choix ! =D]


_______________

                 Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?

                           Gérant de l'Arma Gauche et du Talion


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La Borgne
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MessageSujet: Re: Le sang des silences sur nos mains de pantins [Terminé]   Sam 8 Sep 2012 - 13:30

Terminée. Cette mission était terminée. Marlyn ne se lassait pas de le penser. La fatigue pesait sur ses membres comme une chape de plomb, mais il fallait encore être alerte, au moins quelques heures. Ils avaient échappé à la fureur seigneuriale et rempli tous les termes du contrat qu’elle avait accepté de passer avec ce client obscur, mais la garde de la ville serait encore sur ses gardes.
Il ne restait plus qu’à aller au rendez-vous prévu avec le client, et recevoir la récompense prévue. Ca pouvait être un piège, un guet-apens, tout comme ça pouvait bien se passer. Marlyn posa les yeux sur son élève ; devait-elle l’emmener, ou bien le renvoyer à l’Académie dès maintenant ? Il avait tout autant droit à sa récompense qu’elle, d’autant qu’il avait été beaucoup secoué lors de ces derniers jours. Et puis, avec de l’or à la clef, peut-être se montrerait-il plus coopératif lors des prochaines missions… Si elle pouvait éviter le genre de désagréments qu’ils venaient de connaître, ça n’était pas plus mal.

Ils avaient mérité le repos, et l’or. Elio, le sourire aux lèvres, retrouvait sa jument qu’il pensait sûrement perdue, Marlyn le regardait faire, le regard dans le vague. Elle avait eu, autrefois, une certaine affection pour une monture en particulier, du temps où elle se trouvait elle aussi entre les murs de cette école. Mais maintenant, que les dangers crevaient parfois les chevaux sous elle, et qu’elle pouvait les voler ou s’en procurer de nouveaux lorsqu’elle le souhaitait, quel intérêt de s’attacher à une seule bête ? C’était comme s’attacher à une seule arme. Rien de plus qu’un morceau de fer et de cuir. L’arc d’Elio possédait sans doute une valeur sentimentale au moins aussi forte que sa valeur pécuniaire, à en voir sa joie lorsqu’il l’eut de nouveau en main.
Elle, depuis des années, avait délaissé les armes personnelles, préférant se battre avec des armes indistinctes qui ne permettraient pas de remonter jusqu’à elle, voire des armes que lui procuraient les méandres de ses pouvoirs lorsqu’elle en avait besoin.
Bah. Elle n’allait pas lui dénigrer ça en plus. Mais il faudrait qu’il apprenne à tisser moins d’attaches, ou il risquait d’être rattrapé par des menaces ou des chantages plus souvent qu’à son tour. Mais l’heure n’était ni aux reproches ni aux leçons. La Mentaï accepta ses remerciements silencieusement, d’une inclinaison de tête et d’un sourire narquois.

Debout sur les étriers pour repérer la route qu’ils devaient emprunter, Marlyn scruta les environs avec attention. La plaine était vide, et les routes ne charriaient que des paysans à leurs récoltes ou des seigneurs à leurs maîtresses.

- Bientôt, Elio, bientôt… Il nous reste une petite formalité qui devrait te plaire, et ensuite, nous pourrons repartir et laisser derrière nous Hil’Muran et ses macchabés.

A bride abattue, ils empruntèrent une sente à peine visible, avec pour seule mélodie les sabots des chevaux frappant en cadence le sol mat. Fatiguée, la jeune femme aurait été incapable de faire un pas sur le côté pour le moment, et cantonnait ses Spires aux univers les plus bas. Leur cavalcade les mena bientôt à une demeure reculée, presqu’appuyée sur les flancs des murailles d’Al-Vor, sans vraiment y appartenir. Elle semblait délabrée, à en juger par la saleté et les bottes de paille qui s’entassaient dans la cour du bâtiment principal.
Les deux criminels mirent pied à terre. Toutefois, Marlyn retint Elio par le bras avant qu’il ne s’engouffre dans le bâtiment.

- Il vaut mieux que tu restes là. Ces gens ne te connaissent pas, et il vaut mieux pour que toi que ça reste le cas le plus longtemps possible. Je ne serai pas longue, et je reviendrai ce qui nous est dû
, termina-t-elle d’un air entendu.


Elio retourna docilement garder les chevaux, et Marlyn entra seule dans la villa délabrée. Dans ses sous-sols, elle comportait une trappe dissimulée qui menait dans un tunnel, lequel passait sous les murailles jusqu’à une autre demeure analogue à Al-Vor même. C’était un chemin d’accès qui ne servait que lorsqu’il s’agissait de rencontrer ce réseau ombreux.
Une dizaine de minutes plus tard, elle reparut devant Elio, portant en bandoulière un sac de cuir d’aspect mité. Mais à l’intérieur se trouvait une petite fortune. Les négociations avaient été rudes et la tension palpable, mais ils n’avaient pas eu l’imprudence de vouloir la coincer dans un traquenard pour se débarrasser d’elle.
Ils repartirent le plus rapidement possible et s’arrêtèrent dans un bois à l’abri des regards, où ils démontèrent à nouveau. Marlyn sortit du sac en cuir une bourse distendue tellement elle était pleine. Elle la tendit à Elio :

- C’est pour ta pendaison, avec quelques intérêts ! Tu as beau profiter de l’hospitalité de Merwyn, ça peut toujours servir, surtout quand tu seras avec moi.

Jetant un autre coup d’œil dans le sac, elle en tira également une broche d’argent toute simple, un peu ternie.

- Garde ça. C’est suffisamment discret pour ne pas attirer l’attention à ton Académie, mais ça reste quand même assez précieux pour le revendre en cas de besoin.

Elle se tut quelques secondes, le regard dans le vide, en proie à ses réflexions intérieures.

- On verra peut-être à la rendre plus précieuse encore, comme tu le souhaitais.

C’était une allusion claire au fait qu’il souhaitait un objet dans lequel elle aurait distillé les souvenirs de sa mère. S’il y tenait absolument après avoir eu le temps d’y réfléchir, alors elle verrait à le créer, au final. Ca ne devait pas être impossible de rester prudent en recréant en partie ce qu’il voulait. Mais pas cette fois. La fatigue et l’adrénaline étaient dangereuses pour un dessin aussi complexe.
Elle remit le sac dans les fontes de son cheval. Il contenait les richesses dont elle avait besoin pour créer cette identité qu’elle ciselait patiemment, certains faux papiers, les moyens de faire chanter quelques voriens. A voir plus tard.

- On va voyager à cheval, pour le restant de la journée, vers le Nord, jusqu’au relais de Chen. Ensuite, quand on aura eu assez de repos, je te renverrai à Al-Poll, jusqu’à la prochaine fois que nous nous croiserons. Ca te va ?

Il acquiesca, le regard un peu inquiet, peut-être parce qu’elle n’avait pas précisé combien de temps s’écoulerait entre maintenant et leurs prochaines rencontres. Elle ne le savait pas elle-même. Mais ça ne pouvait pas être si long, ça ne pourrait jamais être aussi long que ces derniers mois tumultueux.
Après s’être reposés une demi-heure dans cette clairière en raillant feu Bekleos Hil’ Muran et sa couardise, son manque de dignité lors de sa mort et l’atrocité de la foule, ils reprirent la route vers le Nord.
Tout deux ne rêvant sans doute qu’à une chose : arriver au relais, trouver un repas chaud, et avoir une véritable nuit de sommeil, les rêves plein d’or et d’aventures.
[ J’clos le Rp ici, mais qu’Elio ne se repose pas sur ses lauriers, des missions il y en aura d’autres ike ]



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