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 "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]

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Petit ange
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MessageSujet: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Sam 29 Oct 2011 - 13:12


    Juliet regardait tout autour de lui, les yeux grand ouverts. Il avait marché longtemps, pendant la nuit, pendant le jour, cherchant des abris lorsqu'il faisait froid ou qu'il pleuvait. Quelques fois, des personnes lui demandait où il voulait aller, mais sa tata lui avait appris à ne pas parler aux gens qu'il ne connaissait pas, et grâce à sa petite taille, il s'éloignait en se faufilant parmi la foule. Et lorsqu'il n'y avait pas de foule pour se cacher, il y avait toujours des rochers ou des herbes hautes.Il fallait dire que le petit garçon avait fait sa route totalement au hasard depuis Ondiane. Enfin, un rêveur l'avait bien accompagné un bout de chemin, jusqu'à Al-Vor, mais Juliet ne voulait pas rester immobile à attendre... quoi, d'ailleurs ? Il avait donc décidé de prendre son courage à deux mains et, un moment où l'attention était accaparée par autre chose que lui, il était sorti discrètement et était parti.Deux semaines qu'il marchait. Il avait parfois tourné en rond -il s'en était rendu compte- et il avait parfois fait de grands détours pour aller d'un point A à un point B. Mais cela ne l'inquiétait pas. De toutes façons, il avait tout le temps qu'il voulait maintenant.Il s'assit auprès du lac, retira ses chaussures et baigna ses pieds dedans. Il faisait ça tout le temps, quand il habitait encore chez sa grand-mère. Il regardait le lac sous le soleil qui se levait. Il avait vu un tas de lever et de coucher de soleil, mais jamais aussi beau. Il resta là des heures et des heures, et finit par s'endormir.*****- Hum...Le soleil était très haut dans le ciel, mais il était plus que midi. Il en jugeait par son estomac qui criait famine. Il attrapa son sac, et découvrit avec un intérêt tout relatif que son sac ne contenait plus de nourriture. Il haussa les épaules, et ce fut la seule réaction qu'il eu face à sa faim. Mais de toutes façons il avait pas besoin de manger tout le temps, hein. Les princes, ils mangeaient que lors du banquet final, quand ils avaient sauvé les princesses et touuut. Alors voilà.C'est alors qu'il aperçut une fille un peu plus loin. Il se demanda comment il avait pu ne pas la voir avant alors qu'il regardait partout tout le temps. Il referma son sac, le passa autour de son corps et se dirigea vers l'inconnue. Il la connaissait pas mais elle semblait gentille, et jeune en plus de ça. Pas comme tout les gens qui lui avait parlé sur son chemin et dont il avait eu peur.En s'approchant, il vit plein de petits détails. Elle avait des jolis cheveux dorés, et des grands yeux noisettes. Et elle regardait l'horizon, totalement ailleurs. Il attrapa son bras, tira un peu, comme tout les enfants, pour attirer son attention.- Dis, t'es une princesse ?


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Flamme
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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 30 Oct 2011 - 19:14

Des vacances. Gwëll en avait longtemps rêvé. Ce n’était pas tant que les cours l’épuisaient trop -de toute manière, pas besoin de lutter, quand elle était fatiguée, elle dormait- ni que les académiciens étaient désagréables -non, au contraire, il y en avait toujours pour la porter à l’infirmerie quand elle avait un soucis- encore moins qu’elle s’ennuyait -il y avait toujours quelqu’un pour mettre l’ambiance, que ce soit l’intendant qui se jette du toit du bâtiment, ou même une bande de rigolos qui racontaient des histoires terrible en cours de dessin.
Non, ce n’était aucune de ces raisons qui avaient poussé la jeune fille à prendre congé. C’était davantage un besoin d’escapade, de grands espaces, d’aventure. Et puis, elle avait tant lu de livres dans la grande bibliothèque de l’académie, feuilleté tant d’atlas qui lui avaient fait miroiter des étoiles dans ses yeux qu’elle ne pouvait qu’aller découvrir tout cela par elle même.

Alors, elle avait préparé ses bagages, emmenant des vêtements chauds, quelques beaux livres, des cartes et quelques provision -et même beaucoup de provisions- dont elle avait rempli ses fontes. Puis elle avait scellé son cheval, et elle était partie.
D’abord, suivant sa carte, elle avait coupé par la plaine de Shaal, puis, suivant son instinct, elle avait longé le Pollimage.
Elle avait voyagé durant plusieurs jours, mais rien n’était parvenu à entamer son entrain, ni le vent qui soufflait sans cesse, ni le froid qui tombait avec la nuit, ni... non, vraiment rien. Il fallait dire qu’elle était ravie à l’idée d’un tel voyage et émerveillée par le paysage qui défilait devant ses yeux.

Puis, un beau matin, elle avait découvert l’immensité azurée du lac Chen. Sur le coup, elle était restée bête. Jamais, au grand jamais, elle n’avait vu autant d’eau. Mais ce n’était pas tant la quantité qui l’impressionnait, c’était davantage la couleur. Un bleu puissant qui puisait sa délicatesse de teinte dans les reflets nacrés de l’astre levant. Plus qu’un plan d’eau, plus encore qu’un lac, c’était un miroir translucide au reflets moirés et étincelants. À sa surface, de minuscules étincelles de lumière le paraient d’infimes paillettes irisées. De ses tréfonds, on devinait des formes mouvantes et miroitantes qui glissaient entre les flots pâles. Ce spectacle, enchanteur, l’invita à la contemplation alors qu’au lointain, on devinait, à leurs couleurs chatoyantes, un couple d’oiseaux en un balai charmant au ras des flots.

Soigneusement, la demoiselle mit pied à terre et s’avança vers la surface de l’eau, laissant son cheval où il était. Avisant un rocher, elle s’y assit et laissa le lac remplir ses yeux d’étoiles.




Une éternité peut être, s’était écoulée. Peu à peu, le spectacle avait évolué, en parallèle avec la naissance d’un nouveau jour, et désormais, les nuances dont se parait la surface étaient plus chaudes, plus franches. Les rayons du soleil chaud jouaient dans ses cheveux en une explosion de lumière mordorée. Ses yeux brillants étaient perdus dans le vague et ses bras serrés contre ses genoux.
Puis, comme se réveillant doucement d’une sieste, elle sentit une petite main sur son bras qui tirait légèrement. Clignant plusieurs fois des yeux et attendit qu’ils s’habituent à la lumière vive. Alors, elle découvrit, au bout d’un petit bras, un petit corps, avec une petite tête, elle même pourvue de petits yeux verts attentifs, d’un petit nez fin, d’une petite bouche souriante et de petites fossettes mignonnes.
Un petit garçon. Tout sourire, il lui demanda si elle était une princesse.

Une princesse...?

Gwëll réfléchit. Une princesse ? Une princesse, ça vit dans un château, ça a de belles robes, un diadème, ça cherche un prince ou alors, c’est enfermé dans une haute tour et ça attend des heures en jouant de la harpe. Ce n’était pas vraiment son cas...

Pas vraiment... Mais j’aimerais beaucoup ! Surtout si tous les princes te ressemblent...

Tout en disant cela, elle s’accroupit à son niveau et lui offrit son sourire le plus brillant. Puis, à son tour, elle l’interrogea.

Mais toi, tu es un prince ?

C’était vraiment un p’tit bout de chou, et la jeune fille s’étonna qu’il soit seul. Et pourtant ! Pourtant, il n’y avait personne d’autre aux alentours, ni même un quelconque endroit où quiconque ait pu se cacher. Et puis, le petit sac qui pendait à son coté indiquait qu’il était parti, tout comme elle, en excursion.

Dis, petit bonhomme, je me trompe ou tu es tout seul ? Tu es perdu ?

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Petit ange
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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Lun 31 Oct 2011 - 0:35

    Il tira sur son bras, souriant. Peut-être que son périple était terminée, et qu'il avait trouvé sa princesse. Mais elle répéta la question et sembla réfléchir. Les yeux ronds comme des soucoupes, Juliet attendait la réponse. Elle n'était pas vraiment une princesse. Alors il baissa les yeux au sol. Mais c'est vrai. Ça aurait été trop facile, sinon. Et puis, il n'avait pas combattu de méchant Raï qui la gardait dans une grande tour. Il haussa les épaules et se tourna vers le lac. Avant de la regarder car elle s'était accroupie de façon à être face à lui. Elle lui adressa un grand sourire. Si c'était pas une princesse, c'était au moins une fée. C'était pas possible autrement. Et elle lui posa aussi une question. Juliet lui lança un regard heureux, puis croisa les bras et répondit.

    - Ben oui, qu'est-ce que tu crois ? Sinon je chercherais pas de princesse !

    Et il éclata de rire. La douleur dans son ventre avait fini par disparaître. Il pouvait bien se passer de nourriture finalement.
    Puis il remarqua à quel point c'était joli ici. C'était très grand, très bleu, et tout se reflétait sur l'onde pure. Juliet mit une main en visière pour se protéger du soleil, et vit les bateaux qui avançaient paisiblement sur le lac. Et, alors qu'il croyait apercevoir quelque chose d'autre, la fille lui parla et l'interrompit dans ses observations.

    - Oui, j'suis tout seul. Mais j'suis pas perdu, pas du tout. Un prince c'est jamais perdu.

    Quoique, maintenant qu'il y pensait, parfois les aventuriers se perdaient dans les labyrinthes, mais il y avait toujours des personnes pour les aider, ou alors ils étaient super astucieux et ils trouvaient une façon de se libérer. Il haussa encore une fois les épaules, puis planta son regard vairon dans celui de la jeune fille en face de lui.

    - T'es une fée alors ? Tu ressembles à une fée. Est-ce que tu peux faire apparaître des choses ? Ou me faire devenir grand et fort ?

    Il leva son poing, visant le ciel, comme un héros. C'était ce que faisaient les hommes grands et forts dans les contes, lorsqu'ils réussissaient leurs exploits. Enfin, c'était comme ça qu'ils étaient représentés dans les livres et dans les pièces de théâtre qu'il y avait dans son village. Il ne sortait de sa maison que pour ça -et pour faire du cheval avec Dehym, mais c'était autre chose.

    En attendant la réponse de la fée, il regarda à nouveau l'endroit où il avait cru apercevoir quelque chose. Mais plus rien ne bougeait. Il avait dû rêver. Peut-être que les princes pouvaient avoir des hallucinations ?


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Flamme
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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 20 Nov 2011 - 18:26

Au loin, perdu dans l’étendue du lac, entre deux vaguelettes couronnées d’écume, un poisson sauta. Montant haut vers le soleil puis retombant de tout sa masse écailleuse, il avait tenté d’attraper le soleil entre ses nageoires nacrées. Et puis il était parti. Comme il était arrivé. Peut être avait il même déjà oublié pourquoi il avait sorti un instant, du liquide miroitant, ses belles couleurs et comment, dans la beauté du soleil levant, il avait tendu son corps vers la tache de lumière.

Une petite voix la tira de sa contemplation. C’était le petit prince qui lui demandait de dessiner un mouton. Du haut de sa petite taille, il montrait une assurance impressionnante et s’exprimait plein de cette fierté qu’ont les enfants qui savent ce qu’ils veulent. Les princes, pardon. Rayonnant de joie et de mignonitude, il éclata de rire. Un rire adorable qui faisait penser à un ruisseau qui chantait.

Et puis, armé d’un raisonnement implacable, il lui expliqua qu’il n’était pas perdu mais tout seul quand même. Il fallait l’avouer, il avait raison, un prince, c’est jamais perdu. Jamais, jamais, jamais. Même tout seul. A t on jamais lu un conte où la princesse restait dans son donjon parce que le prince avait mal programmé son GPS ? Non, vraiment, un prince, c’était pas perdu. Et puis...
L’immensité de l’infini se plongea dans ses yeux. Deux yeux différents, deux couleurs profondes et touchantes de réalité. Pour un seul p’tit prince.

Une fée... une fée ?


Une fée ? Non, je ne suis pas non plus...

Et puis là, arrêt sur image. Gwëll ressemblait à un poisson tout juste sorti de l’eau, la bouche bée et les yeux grands ouverts sur un réalité qui lui avait échappée. Ben si, elle était une fée. Il l’avait bien dit, un fée, ça fait apparaître des choses. Et ? Et elle savait le faire ! C’était ça ! En fait, on lui avait toujours dit qu’elle n’en était pas une, que ça n’existait pas, que c’était que des histoire stupides. Mais ça existait ! Elle pouvait cesser de rêver !
Son visage s’éclairait, ses yeux brillaient, sa bouche se fendait d’un sourire.


Si, en fait, si ! Je suis une fée !

Comme si un voile s’était soulevé, comme si le soleil brillait plus fort, comme si les fleurs étaient plus belles, comme si l’eau miroitait plus joliment, comme si... Comme si elle était passée dans un autre monde. Tout ce qui l’entourait semblait plus beau, plus pur, plus brillant, plus fascinant.

Dis moi ce que tu veux, je vais essayer de le dessiner... enfin, je veux dire de le faire apparaître. Parce que tu vois, les fées qui expliquent aux autres, elles disent dessiner. Mais en fait, c’est pas comme quand on fait un dessin, enfin, je veux dire, c’est différent ! Enfin, tu vas voir, aller, dis moi, je te montre !

Elle souriait carrément maintenant et un milliard de petites paillettes étaient apparues dans ses yeux. Exactement celles qu’on lui avait volées.
Les fées existaient.



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Petit ange
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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Mar 22 Nov 2011 - 22:34

    Il lança un regard en coin à la fille qui n'était pas une princesse, puis se tourna complètement vers elle, plantant son regard dans le sien. Avec une assurance certaine, il affirma qu'elle était une fée. Enfin, non, il lui posait la question. Mais Juliet était confiant. C'était forcément une fée. Elle répéta le mot, et dit "non". Juliet croisa les bras. Elle était quoi alors ? Puis il la regarda, et remarqua qu'elle semblait ... étrange. Peut-être que la grâce féerique venait de lui tomber dessus. Enfin, il pensait ça, parce que son visage s'était carrément illuminé et qu'elle souriait. Un beau sourire de fée.

    Et elle lui annonça ce qu'il voulait entendre. Si, elle était une fée. Il leva les bras de joie, et se mit presque à sautiller. Mais en tant que prince, il devait essayer de garder son sérieux. Les bras toujours levés, il remarqua que les manches de la chemise étaient vraiment trop grandes, et il remarqua aussi que les boutons étaient mal ... boutonnés. Il baissa alors précipitamment ses petits bras d'enfants, et entreprit de relever ses manches. Mais la fée recommençait à parler et il en oublia cela.

    Dessiner. C'était un beau verbe pour dire "Apparaître". Alors les fées dessinaient. Il aimait déjà cette expression !
    Mais que pouvait-il bien demander à la fée ? Il posa une main, cachée par le tissu, sur son menton, perdu dans une grande réflexion. Des papillons de toutes les couleurs ! Non, non. C'était trop mignon pour un prince. Une épée ? Non, il était encore trop petit pour avoir une arme. Un cheval ! Mais non, elle n'avait peut-être pas beaucoup de pouvoir. Il fallait qu'il trouve quelque chose de pratique, d'utile et si possible de joli. Et après quelques minutes de réflexion, il trouva.

    - Tu peux faire apparaître une flûte ?

    Pourquoi une flûte ? Parce que c'est un objet magique dans certains contes. La flûte sert souvent à envoûter les gens/objets, et puis c'est trop cool parce que ça fait de la musique. Il regardait la fée avec de grands yeux pleins d'étoiles, comme ceux qu'elle montrait lorsqu'elle lui avait demandé ce qu'il voulait qu'elle fasse apparaître. Il avait joint ses mains comme dans une prière, sans vraiment y faire attention. Il retrouva alors la sensation de tissu froissé autour de ses doigts.

    Il décida alors de tout remettre en place pendant que la fée faisait apparaître l'objet. Il retroussa les longues manches, dégageant ainsi ses petites mains d'enfants, salies par le long voyage qu'il avait fait. En fait, même son visage était sale, mais il venait de le "laver" à l'eau du lac. Ses mains en revanche avaient été re-salies lorsqu'il les avait posées par terre juste après. Puis il regarda sa chemise, et décida qu'elle n'était pas si mal boutonnée que ça.

    - Au fait, c'est quoi ton nom de fée ?



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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 4 Déc 2011 - 22:04

Le p’tit bonhomme, du haut de ses trois pommes, partageait avec elle les étoiles qu’ils avaient dans les yeux. Beaucoup, beaucoup, beaucoup d’étoiles. Mais qui en avait le plus ? C’était une bonne question, mais ce serait dur à départager -la guerre des étoiles o/. Puis la voute céleste des petites mirettes du petit boud’chou s’éclipsa.
Pendant quelques minutes, il se creusa la tête, en proie à un troupeau d’idées en toutes sortes. C’est que ça cherche beaucoup à cet âge là ! Et pendant qu’il pensait, Gwëll l’observait en détail.

C’était un p’tit garçon, pas bien grand -bah oui, si il est petit... Arrow- mais, étrangement, il était vêtu comme un jeune homme. En terme de taille, bien entendu. Sa chemise, bien trop longue, pendait à son coté, laissant ses mains cachées sous le flot du tissus. Et le tout finissait... Dans sa bouche. Vraiment, on pouvait dire qu’il réfléchissait c’t enfant.

Et puis là, fin de l’éclipse. Fin des étoiles même. C’était plutôt un soleil qui éclairait ses yeux comme si... comme si. Comme si c’était magique. Il avait trouvé.
Ce qui est vraiment merveilleux avec les enfants, c’est qu’ils cherchent tant et tant, avec l’air de ne pas trouver, que quand ils y arrivent enfin, on oublie toute l’attente et on ouvre grand les oreilles et surtout le cœur pour entendre ce qu’ils ont à annoncer.

Les enfants, c’est comme les fées, c’est magique.

Et puis, une petite voix flutée résonne, c’est l’heure du verdict.


- Tu peux faire apparaître une flûte ?

Une flûte. Bien, une flûte.
Mais, une flûte, ça a combien de trous ? Non, mais parce que c’est bien beau de vouloir dessiner quelque chose, mais encore faut il savoir comment c’est fait.
Cinq trous ? Peut être.
Six trous ? Certainement.
Sept trous ? Il y a des chances.
Huit trous ? Qui sait...
Neuf ? Dix ? Pas moyen de s’en souvenir. Une flûte, ça a des trous, c’est tout. Après, combien, c’est une autre histoire.
Alors Gwëll réfléchissait. Un peu. Beaucoup. Carrément.

Puis l’idée embrasa son regard. Si elle ne savait plus, elle avait qu’à en faire une de chaque.
Alors, plongeon dans le royaume des fées, cap sur l’imagination. Donc, une flûte à cinq trous, une à six, une à sept, une à huit, une à neuf, une à dix, une à onze... Ah, mais non, pas onze, on n’a que dix doigts. Donc, on décoche la dernière case, on appuie sur le bouton et on met la machine en marche.
Dans la petite tête de Gwëll, ça travaillait. Ici, on pensait les formes. Ici, on choisissait les matériaux. Là, on essayait de combiner le tout. Et puis enfin, le plus dur était à faire.
Il fallait créer. Imaginer totalement. Réussir à faire apparaître quelque chose en partant de rien du tout. La partie qu’elle préférait. On abandonne les crayons et on se concentre sur le dessin pour faire sortir le dessin de l’idée.

Et là, ‘Tadaaa !’. Magie, la flûte numéro un sort sous tous les yeux ébahis -quatre en l’occurrence.
Et puis, alors, il y a plus qu’à recommencer pour les autres. On imagine, on crayonne rapidement, puis on se concentre et ‘plop’ on insert le tout dans la réalité. Six fois.


Entre les doigts fins de Gwëll, il y avait six jolis petite morceaux de bois. Un corps avec des trous et un p’tit bec pour souffler, pas de doute, des flûtes.
Fière de sa réussite, elle tendit les mains, grandes ouvertes, vers le p’tit garçon.


-Voilà ! Bon, par contre, je me souvenais plus vraiment de combien de trous il fallait, donc ben, j’en ai dessiné plusieurs... À toi de choisir celle que tu préfères.

Et un grand sourire de plus, un. Non, vraiment, aujourd’hui, elle se sentait d’humeur à sourire à tout le monde. Belle journée.

-Mon nom de fée ? Tu veux dire mon nom tout court ? Euh... -non, ne penses pas une seconde qu’elle a réussi à oublier son nom, c’est le trac Arrow - Bah, Gwëll... Et toi, ton nom de prince ?



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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 11 Déc 2011 - 2:59

    Pendant qu'elle faisait apparaître ce qu'il lui avait demandé, il décida d'arranger un peu sa tenue. Après tout, en tant que prince, il se devait d'avoir une allure élégante et devait donc être correctement vêtu. Là, c'était un peu n'importe quoi, il devait le reconnaître. Il retroussa ses manches, puis reporta son attention sur la fée. Une flûte était apparue ! Juliet la regardait, tout content, levant les bras en signe de victoire. Décidément, c'était une super fée. Mais elle ne s'arrêta pas là. Une deuxième, puis une troisième, une quatrième, une cinquième et enfin une sixième apparurent à sa suite. Le petit prince était totalement abasourdi. Mais c'était trop génial tout ça ! Il se demanda un instant pourquoi elle avait Dessiné autant de flûtes, puis remarqua, en en prenant deux, que le nombre de trous était différent. Ce qu'elle expliqua juste après. Il posa celle à 5 trous, préférant celle qui en avait 7, puis lui demanda comment elle s'appellait. Gwëll ? C'était joli comme nom de fée. Juliet lui sourit, en accord avec ce qu'il pensait. Puis elle lui demanda son nom de prince.

    - Moi, c'est Juliet ! annonça-t-il avec assurance, levant son poing vers le ciel.

    Il aimait bien faire ça, il avait l'impression qu'il paraissait plus grand et plus fort. Puis, regarder le ciel, c'était marrant, parce que selon l'heure qu'il était, il était jamais pareil. Et ça faisait mieux l'effet héros quand c'était le crépuscule ou la nuit. Ou quand il y avait du vent, mais là il avait trop froid, alors il ne voulait pas trop que du vent s'ajoute à tout ça. Juliet finit par s'asseoir en tailleur par terre, puis approcha la flûte de ses lèvres. Il avait bien souvent admiré sa tante lorsqu'elle en jouait, et savait à peu près bien boucher les trous afin que les sifflements ne soient pas trop stridents, ainsi que moduler son souffle. Bien sûr, ce n'était pas parfait, mais il se débrouillait pas mal. En fait, le plus gros problème résidait dans le changement de notes. Il arrêtait tout à fait de souffler lorsqu'il positionnait ses doigts différemment, ce qui rendait un son saccadé. Mais de toutes façons, c'était pas tellement la flûte qui l'intéressait. Il préférait, et de loin, chanter. Ça donnait du courage lors des longs voyages. A propos de long voyage ... son ventre grogna à nouveau, le déstabilisant un peu. Il regarda Gwëll.

    - Dis, t'aurais pas quelque chose à manger ? Ça fait depuis deux jours que j'ai pas mangé et j'ai trop faim !

    Quoi ? S'il te plait ? Désolé, cela ne fait pas partie du vocabulaire de ce jeune garçon. Il avait beau avoir été bien élevé, il lui manquait quelques principes de politesse. Mais en fait, il ne connaissait pas du tout cela : s'il te plait, merci, lui étaient aussi inconnus que les véritables problèmes qui auraient pu lui arriver durant son voyage. Il la regardant, la plainte de son ventre se faisant plus insistante. Il posa ses mains sur son ventre, lui intimant de se taire. Oui, Juliet parlait beaucoup aux objets et à son ventre ainsi qu'à sa tête. Il était comme ça, le petit. Il avait besoin de communiquer, et lorsqu'il était tout seul, il avait pris l'habitude de s'adresser à toutes sortes de choses différentes. Il regardait sa fée avec de grands yeux plein de sa demande. Il ne fit même pas attention lorsque les flûtes disparurent, les unes après les autres.


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Jeu 5 Jan 2012 - 17:04

Le P’tit Prince brillait des yeux. Admiratif comme seuls savent l'être les enfants.

Puis il s’était jeté, littéralement sur les petits instruments de bois, les observant sous tous les angles, comme pour voir d’où venait la supercherie. Les choses n’apparaissent pas ainsi ? Eh bien, si, c’est la magie, je suis une fée, c’est toi qui l’a dit. Et puis, maintenant, Petit Prince, dis moi ton petite nom.
Une main lancée vers le ciel, une pose héroïque à souhait, le regard fier et la voix carillonnante. Juliet. Juliet, le Petit Prince. Un p’tit nom mignon pour un mignon p’tit garçon, ça s’accordait à la perfection.

Elle sourit -encore. Assis en tailleur, à même le sol, il se concentrait sur les trous, un pour chaque doigt, sauf ceux qui n’en avaient pas, parce qu’il n’y en avait pas assez, il faisait revenir la mémoire. Les princes aussi ont des pouvoirs. Grande inspiration, yeux fermés, nez plissé par la concentration. Et puis... une note. Les doigts qui glissent, dansent sur le bois en un rapide balai. Seconde note. Un souffle, on inspire, on se concentre, re-balai. Troisième note.
Prince, ce n’était pas compositeur. On ne peut pas tout savoir faire, mais avec de l’entrainement, ça finirait par venir. Tout vient à qui sait attendre.

Attendrissant, disait alors le sourire de Gwëll quand son regard se posait sur le gamin. Oui, attendrissant, reflétaient ses yeux quand une note arrivait à ses oreilles.

Puis l’enfant grimaça, déstabilisé. Catastrophe. Un enfant sans sourire, c’est comme un poisson sans eau, sans avenir. Il la regarda, de ses petits yeux coloré par l’arc en ciel. Des petits yeux pâles, maintenant. Il n’avait pas mangé depuis... deux jours. Deux jours sans manger. Le ventre vide et l’esprit pourtant présent. Ici ou ailleurs, mais bien présent.
Certes, il n’avait pas été poli, mais il n’était plus que l’ombre de lui même, depuis deux minutes qu’il ne souriait plus. Un poisson sans eau est il encore un poisson ? Un enfant sans sourire n’a pas besoin d'être poli, puisque ce n’est plus un enfant.


Deux jours ? Vraiment ? Mais, mon P’tit Prince, tu dois être mort de faim !

Elle se leva et alla fouiller dans ses fontes. C’était là, qu’elle avait -difficilement- rangé toutes ses affaires et donc, tout ce qu’elle avait prévu pour les repas, les en-cas, les casse-croûte, les goûters et toutes les pauses grignotage. Autant dire, de quoi nourrir une famille de plantigrades pendant une semaine complète.

Tu aimes le gâteau ? Il m’en reste encore un morceau, celui là, c’est moi qui l’ai fait, et avec plein de chocolat.

Elle sourit en lui tendant la boite métallique contenant le précieux met.
À son âge là, elle raffolait de chocolat. D’ailleurs, c’était toujours le cas. Bien que ce soit une denrée rare, et donc chère, elle n’hésitait jamais, si chocolat il y avait, chocolat, elle mangerait. Même si les moyens n’étaient pas très bons.
La faim justifie les moyens, n’est pas ?


[chocolaaaaaaaaaat ! Very Happy Mp, si besoin]


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 22 Jan 2012 - 12:48

Le ventre de Juliet grognait. Gargouillait. Vociférait. Et il tentait en vain de le faire taire, lui donnant l'ordre de cesser tout de suite de s'agiter ainsi. Il devait, et pouvait certainement, contrôler la faim qui le dévorait - joli paradoxe.
Il perdit son sourire lorsqu'il se rendit compte que le fonctionnement interne de son estomac lui faisait mal. Alors le petit garçon regarda Gwëll, un regard un peu triste, mais surtout suppliant, implorant.
Et lui demanda, d'une voix un peu faible certainement, si elle n'avait pas quelque chose à manger. Maintenant qu'il y pensait, il se disait qu'il aurait vraiment du prendre les pommes qu'il avait vu sur le marché. Mais quand il avait vu le marchand gronder l'enfant qui avait essayé, Juliet s'était dit que ce n'était peut-être pas une bonne idée. Même si il n'avait pas compris pourquoi l'autre s'était fait disputer. Après tout, est-ce que tout n'appartenait pas à tous ?

Sa fée lui répondit, un éclat de tristesse, ou bien de compassion, dans la voix, que le petit prince perçut clairement. Il avait appris à reconnaître chaque ton, grâce aux scénettes que l'on jouait sur les places non loin de chez lui, ou bien lorsque sa grand-mère et sa tante lui lisait des contes. En tout cas, elle avait raison : il était mort de faim. Enfin non, il était encore vivant, puisqu'il respirait, qu'il tenait encore debout, qu'il pouvait encore fonctionner correctement et tout ça. Toujours est-il que sa fée se leva, et qu'il la suivit. Elle fouilla dans son sac, et en sortit une boîte qu'elle tendit à Juliet.
Il la prit dans ses mains, les ayant au préalable dégagés de ses trop longues manches. C'était ce genre de boîtes auxquelles Juliet n'avait pas le droit de toucher, à la maison. Soit parce qu'elles renfermaient les bijoux de sa tante, soit parce que c'était juste des jolies boîtes et qu'il ne fallait pas les abîmer. Il réussit quand même à l'ouvrir, tout en écoutant d'une oreille distraite ce que racontait Gwëll.

Chocolat ?

Oui, il en avait goûté, quelques fois, et dire qu'il aimait était un euphémisme. Il adorait, il en raffolait, il trouvait que c'était l'un des meilleurs aliments après les fraises. Alors, il prit un bout du gâteau, et mordit dedans. En s'en mettant partout parce qu'il ne savait manger qu'avec ses mains, et qu'en général, c'était sa tante qui nettoyait son visage, après. En tout cas, ce n'était pas très calant, mais au moins, il pourrait survivre un jour de plus. Il regarda sa fée, lui lançant un grand sourire.

- Tu fais bien la cuisine !

Puis il se leva, essuyant sa bouche avec la manche de sa chemise. Il regarda à nouveau la demoiselle, une question lui trottant dans la tête.

- Au fait, t'habites dans un château ? Parce que les princesses oui, mais je sais pas pour les fées ...

Non, décidément, il ne se souvenait pas. Il avait beau essayer de se souvenir d'un passage concernant l'habitat des fées, ça ne venait pas ... Bref, maintenant, la question était posée, il n'avait plus qu'à attendre la réponse !


[En retard pour ton post que je devais poster samedi ? Jamaaais. hug]

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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 5 Fév 2012 - 22:18

La boite en fer voyagea vite. Des mains de la fée aux mains du petit Prince en quelques secondes, seulement. Ce n’était pas tant qu’il avait faim, ce bout’chou là, c’était plutôt qu’il était affamé.

Avec ses petites menottes habiles, les même qui finissent toujours par réussir à attraper les plus rapides papillons dans les plus petits filets, il souleva le couvercle de fer. Ses yeux semblèrent alors éblouis, de cette part de gâteau, et pourtant, ce n’était qu’un simple morceau. Oui, il ne devait pas avoir mangé depuis longtemps, ce bonhomme là !

Et puis là, second tour de magie.
Une seconde, il y avait une part de gâteau dans des mains propres. Et la seconde d’après, juste un battement de cils plus tard, il y avait des mains vides et tachées et des joues couvertes de chocolat.
Étrange cela restait un mystère pour la jeune filles. Et, si enquête il y avait, elle ne manquerait pas d’être complexe.

Là, le p’tit Prince nettoya noblement son menton et déclara, d’un ton de fin connaisseur, apprécier sa cuisine. Gwëll sourit. Les enfants, c’est facile à contenter, il suffit de faire autre chose que les légumes, et c’est bon, tout est mangé. Mais c’est ça aussi, qui fait leur charme... Qui d’autre pourrait rester des heures durant, les bras croisés et une moue peinte sur le visage en lorgnant son assiette traitresse ? Personne d’autre, ça, c’est certain.

Ensuite, Juliet lui demanda où elle habitait, parce que c’était vrai, dans les contes, on décrit toujours beaucoup tous les châteaux des belles princesses, et puis, il y a toujours de belles illustrations des demeures monumentales des princes super riches et beaux et gentils. Et même les chaumières délabrées des vilaines sorcières méchantes et pleins de pustules, mais jamais, au grand jamais, on évoquait quoi que ce soit qui eut trait aux résidences des fées.
Jamais.


Eh bien, mon p’tit chou, je ne vis pas dans un château, mais en fait, dans... dans... Ben, ça ressemble un peu à un château, parce que c’est trèèès trèèès grand, avec beaucoup de grandes pièces et puis très décoré avec beaucoup de couloirs, comme dans un labyrinthe, mais c’est as un château puisqu’il y a pas de vrai roi, mais on a comme une reine... Oui, c’est comme notre reine à nous, elle décide tout, et elle aide les gentils qui ont besoin, mais elle a juste pas de couronne.
Mais c’est pas vraiment un château... si tu veux, je t’y emmènerai, un jour.


Elle avait totalement perdu la notion de ce qui l’entourait. Totalement oublié qu’elle parlait à un petit bonhomme qui devait bien avoir des parents et une famille et qu’elle ne pouvait pas, comme ça, lui promettre qu’elle l’emmènerait avec elle. Non, elle n’avait pas le droit, pour lui et pour ses proches, ce serait comme si elle l’enlevait.

Mais dis, mon p’tit prince, et toi, ton château, il est comment ? Tu me le montreras ?

Bah oui, un petit Prince digne de ce nom devait avoir un superbe château, non ?

[voila pour toi hug]


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Petit ange
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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Mer 7 Mar 2012 - 2:53

Gwëll lui expliqua qu'elle ne vivait pas dans un vrai château, mais c'était comme si. Comme elle le décrivait, ça avait l'air super beau ! Et même que c'était un labyrinthe ! Et qui dit labyrinthe, dit Minotaure. Et qui dit Minotaure, dit Régis monstre à combattre et donc, besoin d'un Prince fort et courageux. Et dans ce château il y avait une sorte de Reine. Juliet eut l'envie de couper sa fée, pour lui dire que des sortes de reine, ça existait pas, soit c'en était une, soit c'en était pas une, mais si ça se trouvait elle y croyait très fort et le petit Prince ne voulut pas briser son rêve. Et en plus c'est pas très très gentil d'interrompre les gens ...

Et en plus elle disait qu'elle allait l'emmener le voir ! Ah ça oui ! Juliet lui fit un grand sourire, il était tout à fait d'accord pour ça. Et en plus si c'était un labyrinthe ... Et de toutes façons, il n'avait pas de destination précise, alors elle pouvait bien l'emmener avec elle. Il regarda les grands cheveux blonds de sa fée. Elle était jolie comme dans les contes. Alors la princesse devait être mille fois plus belle. Parce que les fées, en vrai, elles servent surtout à donner plein de bons trucs aux princesses quand elles naissent, comme la gentillesse, la beauté et l'intelligence, tout ça, ou sinon quand elles sont grandes et qu'elles font que le ménage, elles les transforment en princesses avec des belles robes et tout. Ou alors elles aident les Princes en leur donnant des indications qu'il y a que eux qui peuvent les comprendre parce qu'ils sont trop intelligents.

Puis elle lui demanda comment était son château, et si il pouvait lui montrer. Juliet esquissa une moue boudeuse et croisa ses bras. C'était même pas juste, parce que d'abord, son château, bah il en avait même pas. Il hésita un instant, puis alla récupérer son sac dans les hautes herbes, espérant qu'il n'y ait pas de Pokémon monstre sauvage et sanguinaire. Mais il s'en sortit avec une petite griffure due à une vilaine plante, mais il revint près de Gwëll, tirant un livre de son sac. C'était un beau volume, plein d'enluminures et d'illustrations de toutes les couleurs. Ici et là, de petites étoiles semblaient briller faiblement. A certains endroits, des touches rouges sautaient aux yeux. Et le bleu ciel et le vert prairie adoucissaient toutes les autres couleurs acides.

En fin connaisseur, Juliet ouvrit le livre à une page qu'il connaissait bien. C'était sa tante qui avait fait ce dessin, et elle en était extrêmement fière. Il représentait sa maison. C'était une bâtisse de taille moyenne, de pierre et de bois. Il y avait un jardin, avec un petit étang dans lequel on pouvait se baigner quand il faisait chaud, et même qu'au fond y avait comme un bois. Le garçon leva un visage lumineux vers Gwëll, indiquant le dessin.

- C'est ça mon château ! Enfin, c'était ça ... finit-il sur un murmure.

Le murmure, c'était pas vraiment volontaire. En tout cas, il n'éprouvait aucune tristesse d'avoir quitté son domicile. De toutes façons, personne ne s'occupait de lui et il n'avait plus rien à faire là-bas, ayant exploré de fond en comble chaque recoin de sa grande maison, même les endroits où il avait jamais eu le droit d'aller.

- Mais je sais pas si je pourrai te le montrer un jour. Tu sais, c'est très très loin d'ici ! C'est au moins à ... 28 jours de marche !

Bon, peut-être pas autant, c'était vrai, mais Juliet avait tendance à exagérer les distances, parce qu'il n'aimait pas trop marcher. En tout cas, il continuait de sourire, pendant que Gwëll prenait le livre. Il la regarda et une idée germa dans sa tête ...

- Dis, tu sais lire ? Parce que sinon je peux te raconter des histoires, je les connais par coeur !

Il s'était allongé dans l'herbe et jouait avec des brins d'herbe. Puis il se releva soudain, ayant eu une illumination.

- Oh nan, j'ai une trop meilleure idée ! Tu me racontes une histoire et je t'en raconte une après ! D'accord ?

Il vint s'asseoir à côté de Gwëll. Elle n'avait pas le droit de refuser !


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Lun 19 Mar 2012 - 21:40

Une seconde, il était là, la seconde d’après, il avait disparu. Gwëll cligna des yeux. Elle avait tout juste eu le temps de regarder ce qui pouvait bien lui chatouiller ainsi les mollets (de l’herbe, bien sûr), et quand elle avait relevé les yeux, plus l’ombre d’un petit Prince.
Bon, il fallait dire, un petit Prince comme ça, avec la peau bien rosée, des petits bras bien en chair et de bonnes joues, ça battait pas la campagne. Et même, c’était très recherché ! Servi en sauce, avec un bon vin (à boire avec modération, bien sûr Arrow), du pain frais et des légumes du jardin, ça restait un plat de luxe. Alors, le bon gros monstre, bien à fond dans les clichés, avec un gros ventre (pour mieux te digérer), une grosse bouche (pour mieux te manger) et des grandes mains (pour mieux d’attraper), lui qui passe par là, avec ses couverts à la main et sa serviette déjà attachée autour du coup, il voit ça, son cerveau interprète, son (petit) cortex cérébral envoie un message ‘‘Miam’’ à ses glandes salivaires et là, ‘Paf !’, il se jette sur le petit p’tit Prince, l’attrape, le dévore tout cru et va digérer plus loin...

Oh, non mais quelle horreur ! Gwëll s’en serait donné des claques. Avoir de telles idées... Oh, mais que c’était atroce ! Et indigne d’elle même, en plus. Nan, mais parce que si ça avait été Régis qui avait pensé ça, à la rigueur, on aurait pu l’excuser, un minotaure, ça n’a pas à rougir d’avoir de pareilles pensées, mais une jeune fille... Berk, berk berk.

Soudainement, les herbes bruissèrent. Tout près. Le moooooooonstre !!! C’était lui, il revenait ! Aaaaaaaaaaaaaaah !
Affolée, Gwëll se leva précipitamment, cherchant du regard un quelconque gourdin, ne serait ce qu’une grosse pierre pour assommer cette bête féroce, le temps de trouver un bucheron avec une paire de ciseaux pour sortir le petit chou de ce ventre boursoufflé. Mais rien, il n’y avait rien ! Pas le moindre morceau de mouche ou de vermisseau de branche... Il ne lui restait plus qu’une seule option. Elle fit volte face et son regard se perdit dans les abysses du lac proche. Certainement qu’elle aurait le temps, mais ce qui était moins certain, c’était la température de l’eau. Et ça, ça ne pardonnerait pas.

Mais déjà, les pas étaient sur elle. Le monstre allait la manger. C’était sûr ! Mais au moins, triste consolation, elle se retrouverait avec le petit Prince, dans ce grand ventre sombre... L’air triste, elle se retourna.
Et il revenait, de son petit pas joyeux, un grand sac à la main, les yeux rivés sur l’autre. Une autre vilainement abimée, comme déchirée par une griffe aiguisée. Le combat avait du être rude. Mais elle était fière. Malgré cette blessure sanguinolente, il savait rester brave et surtout, il gardait la tête froide. Même si il était ressorti victorieux de ce choc des titans.

Quel héroïsme. Impressionnant de sagesse enfantine, il retourna s’assoir dos au gros rocher et sortit grandement un gros livre de la besace. Gwëll s’installa à coté de lui, juste comme il fallait pour pouvoir voir les jolies images et attendit, plus ou moins patiemment, qu’il ne lui explique.
Ouvrant le livre à une page qu’il semblait particulièrement bien connaître, il lui montra une superbe illustration qui semblait lui rappeler des souvenirs. Rêveur, il se perdit dans la contemplation des arabesques d’aquarelle.

C’était une grande image, un paysage calme et serein. Une petite maison, maison de famille, maison d’histoire, et un grand jardin. Un grand étang et une petit forêt. Un paradis personnel. Son château. Sa voix décrut alors que ses yeux s’embrouillaient. Pudiquement, il baissa la tête. Gwëll comprit que, malgré les apparences, malgré qu’il semblait empli de joie, sa vie avait été troublée. Mais tout enfant sait rester positif à tout événement. Pas comme les grand, les adultes qui s’effondrent et ne se relèvent pas. Quand c’est trop dur, insurmontable, un enfant baisse les yeux, fait couler une larme. Puis après, il oublie. Il relève la tête, sourit à nouveau. Et là, il peut passer à autre chose.

Et c’est ce qu’il fit. Il rebondit, comme un ballon bien gonflé. Son château était trop loin, il ne pourrait pas lui montrer. Elle n’insista pas. Elle pensait bien que si elle lui redemandait, il serait peut être triste.
Elle prit alors le livre, observant de près l’image. C’était un vraiment beau dessin, avec des couleurs magnifiques et des détails très précis. Quant à Juliet, il continuait à la regarder avec son sourire lumineux.
Et là... comme une révélation. Ses yeux s’éclairèrent quand il lui expliqua. Si elle savait lire ? Mais bien sûr. Mais d’un coté... d’un coté, ça ne l’aurait pas gênée qu’il lui raconte son histoire. Elle avait toujours beaucoup aimé, elle, qu’on lui raconte des histoires. Cependant, elle s’apprêtait à ouvrir la bouche pour lui annoncer qu’elle savait lire et que, si il voulait, elle pouvait lui raconter son livre quand il l’interrompit.

...Lui raconter une histoire ? Mais quelle histoire ? Une drôle ? Une triste ? Une belle ?
Elle ne savait pas, ne pouvait pas... et elle restait plantée là ( Cool ).
Doucement, comme le font les petits enfants, il vint se blottir contre elle et la fixa de ses grands yeux clairs. C’était trop tard, elle ne pouvait plus faire marche arrière. Toutefois, elle prit quelques secondes pour réfléchir. Puis l’histoire lui apparut, nette. Elle savait que c’était celle ci qu’elle voulait raconter. Une belle histoire qui faisait imaginer plein de belle images.
Elle posa sa respiration et ferma un instant les yeux avant de s’élancer.


Il était une fois un magnifique palais caché dans une très jolie vallée. Grand, très grand, et coloré, on aurait dit qu’il avait poussé comme ça, d’un coup, comme un champignon. Mais quand on l’observait de près, il ressemblait à une immense chaine de montagnes, en dentelle, avec ses hautes tours pointues et touts ses fenêtres.
Tout autour de lui, il y avait un village. Ce village, ça se voyait, n’était pas sorti en une nuit. Quand on l’observait, on sentait qu’il avait été construit, maison après maison, pierre après pierre.
Et puis, encore autour, il y avait des jardins magnifiques. En fait, ce n’était pas vraiment des jardins, mais juste la nature qui avait poussé et fleuri. C’était tout vert (un vert qui fait du bien aux yeux) et piqueté de taches de couleurs vives. Ces taches, c’était des fleurs, de toutes les couleurs, de toutes les formes, mais aussi des oiseaux. Des petits oiseaux qui chantaient toute la journée, des petits chants doux qui faisaient plaisir aux oreilles.



Les yeux fermés, Gwëll se figurait tout cela, ce décor enchanteresque. Elle imaginait, ces chants mélodieux portés par un vent doux. Mais elle ouvrit les yeux, vérifiant que le petit Prince ne décrochait pas.


Et dans ce royaume, dans cette jolie vallée où soufflaient des vents musicaux, vivaient des familles heureuses. Toute la journée, les hommes allaient cultiver leurs champs, les femmes tissaient et les enfants jouaient. Et, de la terrasse de son palais, le grand roi les observait. C’était un bon roi, il savait que les Hommes ont besoin de travailler le jour pour être heureux le soir, avec leurs familles. Il savait cela, mais il savait aussi qu’il fallait qu’ils se reposent et qu’il ne devait pas trop leur en demander. Alors, il les laissait vivre heureux, heureux lui même de les voir ainsi.
Mais le bon roi avait un fils. Un jeune prince qui ne savait pas cela. Jamais il ne regardait, depuis la terrasse les hommes heureux. Lui, il ne savait pas ce dont les hommes ont besoin. Et voir son père si passif, se contenter de ce que les hommes lui rapportaient sans en demander plus, l’exaspérait. Lui, il préférait faire des projets d’avenir, pour quand il gouvernerait. Il rêvait de comment il ferait agrandir le palais, de comment il ferait pousser plus de fruit, de comment il récupérerait plus d’argent.



Stoppant encore une fois son récit, Gwëll tourna son regard vers Juliet. Totalement absorbé par l’histoire, il attendait, avec de grands yeux, la suite. Ne souhaitant pas le faire patienter plus longtemps, elle reprit le fil de son histoire.


Mais un beau jour de Printemps, alors que les oiseaux sifflotaient gaiment dans le ciel bleu et que le jeune prince jouait à jeter de petits cailloux sur ceux qu’il apercevait, le grand roi vint le voir. La mine sombre, il lui annonça qu’il était appelé dans la province voisine pour aider son ami qui était en guerre. Il lui expliqua donc qu’il lui laissait les rênes du pouvoir pendant qu’il serait absent. Il lui dit aussi qu’ainsi, il se formerait pour reprendre plus tard la direction du royaume.
Le jeune homme était enchanté, bien sûr. Ça, il en rêvait depuis longtemps, de pouvoir gouverner à la place de son père. Et en plus, cette formation, il en était sûr, annonçait que bientôt, il serait lui aussi monarque.
Le midi même, son père partit, le laissant seul dans ce grand palais pour s’occuper de ce grand royaume. Il décida alors d’aller jouer dans les jardins du palais avec un enfant du village qui était son ami. Seulement, dès qu’ils mirent un pied dehors, le temps vira à la pluie. Ce furent de grosses gouttes d’eau qui s’abattirent sur eux, les forçant à rentrer le plus vite possible. En colère, le futur roi se mit à crier très fort, ce qui alerta ses ministres. Il leur dit alors :
‘‘Trop, c’est trop. Il pleut quand je veux jouer. Alors je ne peux pas jouer. c’est la faute à ces satanés nuages ! Faites les partir sur le champ ou alors je vous fais couper la tête !’’
Comme les ministres avaient peur de cet enfant plein de pouvoirs et avec de mauvaises intentions, ils acquiescèrent et lui demandèrent comment il voulait qu’ils fassent.
‘‘Vous n’avez qu’à les pousser plus loin, comme ça, je ne les verrai plus jamais. Mais je vous préviens, si ça ne marche pas...’’
Bien sûr, les ministres firent appel à un architecte qui imagina de grand moulins à faire tourner à la force des bras. Ainsi, ils créeraient un vent fort qui pousserait les nuages très loin. Trop loin pour que le jeune garçon ne les voie encore.



Un instant de silence passa. Gwëll reprenait son souffle tout en se rappelant ce qu’elle pensait, de cet horrible enfant, quand elle était elle même enfant. Elle se souvenait qu’elle aimait cette histoire principalement pour la fin, parce que cette partie là, avec ce tyran si proche d’elle par son age l’horrifiait.
Mais déjà, elle sentait son petit Prince qui commençait à s’agiter, à trouver le temps long.



Alors, l’architecte dessina les plans et pensa à tous les petits détails qu’il serait important de prévoir, avec des tas de calculs très compliqués. Mais le garçon trouvait le temps long, alors il alla le voir, le menaça comme il l’avait fait avec les ministres et, pour finir, lui dit de réaliser cela avec les moyens du bord, pour ne pas perdre trop de temps.
Donc l’homme fabriqua ses moulins avec les matériaux qu’il avait trouvé dans les maisons autour du palais et avec le bois des arbres des jardins qu’il avait fait couper pour l’occasion, et il les fit fonctionner à la force des hommes du village.
Donc, dans la fin de l’après midi, les nuages furent partis tellement loin que e prince ne pouvait même pas en voir un seul petit moutonnement. Il put donc jouer bien tranquillement dans ses jardins avec son ami.
Mais si il avait été, à cet instant, comme son père, perché sur la terrasse à observer les alentours, il aurait vu des hommes malheureux rentrer dans leurs maisons dépouillées et des femmes inquiètes à cause des cultures détruites par le vent et des beaux arbres coupés. Mais le jeune homme avait toujours trouvé cette habitude stupide et ne savait donc pas que les vents qu’il avait fait souffler pour pousser les nuages avait tout dévasté.



À cette idée, Gwëll eut un léger pincement au cœur. Elle avait toujours aimé la nature et imaginer des paysages superbes détruits par la volonté d’une personne seule la chagrinait profondément. Même si elle savait bien que ce n’était qu’un conte et que ce n’était pas vrai.
D’un geste ample, elle remit en place la mèche de cheveux qu’une petite brise avait faite tomber devant ses yeux puis reprit.



Le lendemain, le jeune homme fut réveillé par des chants d’oiseaux. De mauvaise humeur, il sortit dans les jardins pour voir ce qui se passait là car, jamais auparavant, il n’avait entendu autant de piaillements et si proches. Quand il fut descendu, il remarqua que tous les oiseaux qu’il avait l’habitude de chasser des arbres depuis la terrasse s’étaient perchés sur les rebords de fenêtres et sur toutes les surfaces du palais où ils pouvaient. Tout d’abord, il ne comprit pas, puis, quand il fut grimpé sur la terrasse, il constata que les arbres sur lesquels ils se perchaient habituellement, avaient été coupés.
Il remarqua cela comme il aurait pu constater qu’un vase avait été changé de place, il descendit jouer dans les jardins avec son ami. Mais, au bout d’un moment le bruit des oiseaux l’ennuya beaucoup. Alors, il se mit à crier, une fois encore. Et encore une fois, les ministres arrivèrent en courant. Et cette fois, il leur dit :
‘‘Trop, c’est trop. Il y a trop de bruit quand je veux jouer. Alors je ne peux pas jouer. C’est la faute à ces satanés oiseaux ! Faites les partir sur le champ ou alors je vous fais couper la tête !’’
Les ministres, terrifiés, réfléchirent quelques minutes puis ils décidèrent... ils décidèrent... Ils...



Là, c’était dur, quand même. Dire une telle chose, si terrible comme ça, à un enfant... Sa gorge se serrait et les mots avaient du mal à passer. Mais elle ne voulait pas pleurer, pas montrer de marque de tristesse à cette petite grande âme, elle se ressaisit et se dit, une fois de plus, que tout cela n’était qu’un conte, que ça n’arrivait pas pour de vrai.


Ils décidèrent de faire appel aux meilleurs tireurs, aux plus habiles d’entre tous. Ils les firent venir, leur taillèrent des flèches dans les dernières branches des derniers arbres et les postèrent sur la terrasse. De là haut, ils tirèrent, tous, autant qu’ils le purent pour faire plaisir à leur prince. Ils tuèrent la plupart des oiseaux, et les seuls qui restaient s’enfuirent aussi vite qu’ils le purent.
Donc, dans la fin de l’après midi, les derniers oiseaux furent partis tellement loin que le prince ne pouvait même pas en entendre un seul petit gazouillement. Il put donc jouer bien tranquillement dans ses jardins avec son ami.
Mais si il avait été, à cet instant, comme son père, perché sur la terrasse à observer les alentours, il aurait vu des hommes encore plus malheureux rentrer dans leurs maisons toujours aussi dépouillées et des femmes encore plus inquiètes à cause des cultures détruites par le vent, des beaux arbres coupés et des charmants oiseaux tués. Mais le jeune homme avait toujours trouvé cette habitude stupide et ne savait donc pas que les flèches qu’il avait fait tirer pour tuer les oiseaux avaient rendu tous les hommes tristes et le silence pesant.
Le lendemain matin, le prince se réveilla de bonne humeur, il se leva et alla à sa fenêtre observer son royaume. Mais quand il regarda dehors, sa mauvaise humeur revint. Il trouvait toute cette vallée très laide, avec ses vieilles maisons toutes abimées, ses arbres coupés, ce ciel tout pâle et vide. Alors, il se mit à crier, une fois de plus. Et cette fois ci encore, les ministres arrivèrent en courant. Et là, il leur dit :
‘‘Trop, c’est trop. Il y a trop de laideur, dans mon royaume. Alors je ne peux pas l’admirer. C’est la faute à ce ciel vide ! Changez ça immédiatement ou alors je vous fais couper la tête !’’
Les ministres étaient bien d’accord, cette fois ci, et ils savaient pourquoi c’était si laid. Mais ils ne pouvaient pas le dire à leur futur roi sans le vexer. Alors ils firent mine de réfléchir et attendirent qu’il vienne leur donner ses ordres. Et ça ne tarda pas.
‘‘Je veux de la couleur, tatouez moi ce ciel ! Un grand arc-en-ciel ! Et je l’exige, sinon...’’
Là, les ministres ne surent pas comment faire, ils firent appel à l’architecte, mais il n’avait pas d’idée pour les aider. Puis ils demandèrent aux tireurs si ils ne savaient pas, mais ils ne savaient pas. De son coté, le prince était sur la grande terrasse et contemplait ce monde si laid. Mais ce qu’il remarqua l’étonna. La seule chose qui ne soit jolie dans toute la vallée, c’était les couleurs, en bas, dans le village. Car c’était le jour du marché, alors tous les hommes étaient sortis dans les rues et leurs vêtements brillaient de mille couleurs. Et puis, le prince, avec ses rêves d’arc en ciel géant, revint voir les ministres, et comme ça n’avançait pas, il se mit en colère.
‘‘Mais, ce n’est pas compliqué, bon sang, dépêchez vous ! Et ne perdez pas de temps, fabriquez le avec les beaux tissus du village ! Ou sinon...’’
Très vite, tous les ministres descendirent dans le village, sur la place du marché et expliquèrent aux femmes qu’elles devaient coudre, avec le tissus de leurs beaux habits, un grand arc en ciel pou mettre dans le grand ciel, pour le prince.
Les femmes se mirent alors en file, toutes assises en tailleurs sur la place. Certaines triaient les vêtements par couleurs, d’autres découpaient des bandes de tissus et d’autres encore les cousaient ensemble. Leur travail fut rapide car elles étaient minutieuses et habiles de leurs mains.
Donc, dans la fin de l’après midi, l’arc en ciel fut prêt. Le prince, satisfait du travail, monta sur la grande terrasse pour admirer le ciel qui se faisait tatouer. Les bras croisés, un grand sourire peint sur le visage, il contemplait les hommes qui hissaient le travail dans le ciel.



Ce passage, c’était le préféré de Gwëll. D’abord parce qu’elle essayait toujours de s’imaginer cet arc en ciel hissé bien haut dans le ciel et puis aussi parce qu’on pouvait sentir que l’histoire était bientôt finie. Et que les fins des histoires, ce sont toujours les plus beaux moments.


Il regardait donc son ciel se faire tatouer quand il entendit des bruits de pas derrière lui. Il se retourna et aperçut son père. Celui ci était très étonné. Son fils pensa tout de suite que c’était parce qu’il était fier de tout ce que lui avait réussi à faire alors qu’il n’était même pas encore roi. Mais en fait, quand il s’approcha, il lui dit :
‘‘Mon fils... Qu’as tu fait là ?
-C’est un bel arc en ciel, n’est ce pas ? C’est mon idée à moi, à moi seul ! J’ai bien réussi, hein, à gérer ton royaume, pendant que tu n’étais pas là ?’’ lui répondit le jeune homme.
Là, le bon roi fit une drôle de mine.
‘‘C’est ton royaume, ça mon fils, pas le mien’’
En entendant cela, le prince bondit de joie. Il se dit qu’enfin, il pourrait gouverner, et même, faire agrandir don palais.
‘‘C’est ton royaume, mon fils, le mien ne ressemblerait jamais à cela. Dans mon royaume, les hommes sont heureux et ne portent pas de guenilles. Dans mon royaume, les oiseaux chantent toute la journée pour donner le sourire à ceux qui travaillent dur. Dans mon royaume, les arbres poussent droit et produisent plein de beaux fruits. Ce royaume est le tien, mon fils, je te le donne, mais avant cela, il faudra que tu répares tes bêtises...’’
À ces mots, le prince pâlit. Il n’avait pas pensé faire du tort à qui que ce soit, il avait juste pensé à lui et rien qu’à lui.



Gwëll sourit. Elle trouvait cette histoire magnifique parce qu’elle fait imaginer de belles images et aussi parce qu’elle se finissait bien, même si elle commençait mal.
Puis, elle regarda son petit Prince à elle, qui, lui, n’aurait jamais eu pareille idée et lui glissa à l’oreille les petits mots de la fin.



On raconte que, dans cette grande contrée que l’on a un peu oubliée aujourd’hui, dans un petit village qui semble avoir été construit pierre après pierre et avec beaucoup d’amour, un petit village qui entoure un grand palais avec plein de belles couleurs et de grandes tours qui pointent vers le ciel et qui se cache dans une vallée fleurie de rêves bleus et de fleurs éclatantes... On raconte que dans ce petit village, au détour d’une petite rue dallée de pierres sèches, tout près de la place du marché, est assis un vieux monsieur, avec une longue barbe blanche et douce comme la neige des montagnes qui fond, qui, avec une aiguille dans une main et un très long morceau de tissus dans l’autre, découd lentement une grande toile multicolore faite avec plein de beaux tissus cousus entre eux. On raconte que ce vieux monsieur raconte à qui veut l’entendre son histoire... la belle histoire d’un enfant qui avait tatoué le ciel. On raconte aussi, à ceux qui ne veulent pas le croire, à ceux qui pensent qu’il est fou, que ce vieil homme est bien plus intelligent et surtout bien plus sage que ce que l’on pourrait croire...

[c'est peut etre un peu long Arrow]


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Lun 30 Avr 2012 - 2:25

Il y avait tant de choses à voir, tant de chemins à parcourir, tant de paysages à imaginer.

Juliet s'était installé près de Gwëll, tout près d'elle. D'un geste, il aurait pu jouer avec ses cheveux, mais il s'était contenté de poser sa tête contre sa jambe. Ça le réconfortait, un peu. Et puis, il aimait bien être installé comme ça quand on lui racontait une histoire. Il ramena ses jambes vers lui, et ferma les yeux.
Aussitôt, le château se dessina devant son regard enfantin. Acteur passif de la pièce, il ne pouvait que regarder, ou s'amuser avec les poules des paysans, invisible. Il se voyait, en train de cueillir les fleurs, d'en faire un bouquet, qu'il donnerait à sa tante, plus tard. Les mélodies des oiseaux lui parvenaient, réellement. Il ouvrit un œil suspicieux, vérifiant que ce n'était pas là de véritables oiseaux. Oh et puis, qu'importe. C'était une touche de réalisme, rien de plus.

Comme sa fée ne parlait plus, il se tourna vers elle, et elle continua.
Le petit garçon imaginait facilement le bonheur tissé entre les gens, le bonheur que les gens heureux inspiraient au roi qui ne demandait que ça. Inconsciemment, ce fut le visage d'un vieux roi, aux cheveux blancs et à la longue barbe de la même couleur, au visage ridé, parcheminé, avec une lourde couronne d'or qui s'imposa à l'imaginaire du garçon. Lorsque Gwëll parla du fils de ce roi si bon, il ne put s'empêcher d'imaginer un gamin arrogant, aux cheveux et aux yeux d'un noir sorti des ténèbres. Il frissonna, imperceptiblement.

Elle s'arrêta à nouveau, et il tourna vers elle un regard qui demandait la suite. Elle reprit son histoire.
Il n'arrivait pas à comprendre pourquoi le garçon jetait des cailloux sur les autres. Ce n'était pas un comportement de prince ça ! Et il comprit, dès que Gwëll dit que le roi partait en guerre, que le garçon allait mener le royaume à la catastrophe. C'était logique. Juliet fut étonné un peu, d'imaginer que ce prince pouvait avoir des amis, qui de plus faisait partie du village. Mais bon, tout le monde avait le droit d'en avoir, et peut-être que c'était un ami aussi malveillant que lui, allez savoir. Il imagina clairement le ciel s'assombrir avec les nuages qui arrivaient au loin. Il entendit clairement les cris du futur roi. Mais ça, c'était peut-être parce que sa fée était très douée. « Je vous fais couper la tête » ? Ça lui rappelait une histoire, mais il ne se souvenait plus de laquelle c'était, alors il se remit très vite à écouter celle de Gwëll. Juliet voyait sans peine les immenses constructions prendre forme.

En avance sur l'histoire, il ne remarqua pas tout de suite que la jeune fille s'était arrêtée. Mais lorsqu'il s'en rendit compte, il lui sembla qu'elle s'était arrêté trop longtemps. Il la regarda, commençant à s'agiter, quémandant la suite. Elle sembla se « réveiller » comme si elle venait de réfléchir, et reprit comme si rien ne s'était passé.
Imaginer le village dévasté fit un peu mal à Juliet. Vraiment, ce garçon n'était pas digne d'être appelé un Prince. Parce que les princes devaient tous être comme le vieux roi, ils devaient chercher avant tout le bonheur de leur peuple avant le leur. Mais tout ce qui importait au garçon était que ses volontés soient faites. Puis, les chants des oiseaux. Parfois, lui-même en voulait aux oiseaux de le réveiller, mais cela ne durait que quelques instants, parce qu'après il écoutait les mélodies des volatiles. Toujours les mêmes, peut-être. Mais toujours aussi belles. Mais le prince de l'histoire en avait marre. Mais c'était sa faute aussi ! Si il avaient pas détruit le village, il aurait pas eu tout les oiseaux sur son château. Alors il ordonna qu'on l'en débarrasse.

Gwëll eut un instant d'hésitation, lui sembla-t-il. Puis elle termina sa phrase finalement. Des chasseurs. Pour tuer tout les oiseaux ? Oh, c'était horrible. Il n'y avait plus un oiseau dans l'histoire. Et les gens étaient encore plus tristes dans le royaume.
Et voilà qu'il se plaignait à nouveau, cette fois parce que tout était devenu laid. Tout ça à cause de lui. Mais les ministres ne pouvaient rien dire, raconta sa fée. Et ils n'avaient pas d'idées. Si bien que ce fut le prince qui leur en donna une. Juliet aussi aurait voulu construire des arc-en-ciels, mais il savait bien qu'en vrai, ce n'était pas possible. Et pourtant, il restait là, à imaginer les tisseuses coudrent les grandes bandes de tissus pour faire un arc-en-ciel, comme si tout cela était réel. Il essaya de voir l'arc-en-ciel, haut, très haut dans le ciel, mais eut un peu de mal à comprendre comment il avait pu être tatoué au ciel.

Et puis, c'était le moment où le roi revenait au château. Déçu par son fils qui ne comprenait pas ce qu'il avait fait de mal. Fils qui lui, était heureux, croyant qu'il pourrait reprendre les rênes du royaume alors qu'en réalité, le roi lui imposa de réparer toutes ses bêtises.
Puis Gwëll se pencha vers lui, pour lui raconter la fin de l'histoire à l'oreille. Un vieil homme qui découd une grande toile de tissus ?

- Tu crois que c'est le prince ? De toutes façons, c'est bien fait pour lui ! Il avait qu'à pas faire toutes ces vilaines choses. Mais … c'est beau les arc-en-ciels.

Il resta pensif un instant. Puis il se releva, étirant ses bras comme s'il venait de se réveiller.

- A moi de te raconter une histoire maintenant !

Il s'installa en tailleur en face d'elle, un grand sourire sur le visage. Il avait été facile pour lui de décider quelle histoire il allait raconter. Son conte préféré, tout simplement. Celui que chaque soir, il demandait à sa grand-mère. Il savait que cette histoire était très connue, et sûrement sa fée la connaissait-elle, mais tant pis, c'était juste pour le plaisir de raconter une histoire et d'imaginer.

« Il était une fois une famille qui habitait pas très loin d'un grand bois. Il y avait les deux parents et leurs sept enfants. C'était sept garçons, très grands et costauds. Sauf le dernier. Lui, il était tout petit et chétif. C'est pour ça que toute sa famille l'appelait le Petit Poucet.

Les parents de ces sept enfants étaient très pauvres. Et arriva le jour où ils n'eurent plus assez d'argent pour tous les nourrir. Alors, ils décidèrent … »


Juliet n'aimait pas cette partie de l'histoire, même si ce n'était pas encore le plus terrible. Mais rien que l'idée suffisait à le faire frissonner. Il inspira un coup, et continua.

« Ils décidèrent de les abandonner dans le bois. La mère pleurait en acceptant. Mais le Petit Poucet, réveillé, avait tout entendu de la conversation de ses parents !
Prétendant une promenade, et aussi le fait qu'il fallait aller chercher du bois pour chauffer la maison, le père et la mère appelèrent leurs garçons, et ils allèrent tous ensemble dans la forêt. Le Petit Poucet, qui avait entendu ses parents, prit des petits cailloux dans la cour, et les sema derrière lui.
Une fois que les parents virent que tout leurs fils étaient bien occupés, ils s'enfuirent sans un regard en arrière. Et la journée passa, et la nuit tomba. Au bout d'un moment, l'un des frères s'exclama :

- Nos parents ne sont plus là ! Ils nous ont oubliés ! Comment allons-nous rentrer à la maison ?
- Ne vous inquiétez pas, mes frères, j'ai semé des cailloux, nous n'avons qu'à les suivre pour rentrer !

C'était le Petit Poucet qui avait dit cela d'une toute petite voix. Les frères heureux le suivirent, jusqu'à la maison. Lorsqu'ils arrivèrent, ils entendirent leur mère se lamenter. En effet, durant leur excursion, un homme était venu leur annoncer qu'ils avaient gagnés de l'argent, et elle s'était rendue compte qu'il y en aurait eu assez pour elle, son mari et ses enfants.

- Maman, nous sommes là !

Ils venait d'ouvrir la porte, et toute heureuse, encore en pleurs, elle vint embrasser ses sept garçons. »


Juliet regarda Gwëll un instant. Il se leva, incapable de tenir en place quand c'était lui qui racontait. Il utilisait, mot pour mots, les phrases de sa mamie. Parce qu'elle avait toujours su raconter les histoires. Il reprit.

« Tout se passa bien pendant un moment, puis, vint un jour où ils recommencèrent à manquer d'argent. Les parents firent à nouveau le projet de les abandonner. Le Petit Poucet les entendit à nouveau. Il se dit qu'il sèmerait encore des cailloux derrière lui et se rendormit tranquillement.
Seulement le lendemain, il ne put pas prendre de cailloux. Ses parents les avaient tous enlevés ! Alors, il garda dans sa poche le pain qu'il avait eu au petit-déjeuner.
Tout se passa comme la première fois : la journée passa, la nuit tomba, et ils remarquèrent l'absence de leurs parents. Mais le Petit Poucet les rassura : il avait semé du pain tout le long du chemin.

Problème : les oiseaux avaient mangé le pain ! Ne trouvant plus leur chemin, ils errèrent dans le grand bois, jusqu'à ce qu'ils voient une lumière. L'aîné annonça qu'il s'agissait d'une maison, et ils s'y rendirent. Ils frappèrent à la porte, poliment.

- Qui est là ? Demanda une grosse voix.
- Bonjour ! Nous nous sommes perdus dans la forêt et nous cherchons un abri pour la nuit !

Un homme vint leur ouvrir. Ils ouvrirent de grands yeux lorsqu'ils se rendirent compte que c'était un ogre qui venait d'ouvrir sa porte ! Mais ils étaient pris au piège, ne pouvaient plus reculer. Et à leur grande surprise, il les accueillit chaleureusement, leur proposant même le dîner. »


Juliet avait mimé toute la scène, imitant tour à tour les enfants cherchant leur chemin et l'ogre invitant à entrer.

« Le repas se passa très bien. Le Petit Poucet remarqua que l'ogre avait sept filles, portant de belles couronnes sur leurs vilaines têtes. Puis vint l'heure du coucher. Le Petit Poucet, un peu inquiet malgré le fait que l'ogre n'avait pas l'air de leur vouloir du mal, il échangea les sept couronnes des filles contre leur sept bonnets.
Et dans la nuit, l'ogre se leva et il ... »


A nouveau, il s'interrompit. Parce que c'était terrible, ce qu'il se passait à ce moment, et à chaque fois que sa grand-mère racontait ça, il essayait de ne pas imaginer mais n'y arrivait jamais.

« Il vint dans la chambre du Petit Poucet et de ses frères et tâta leurs têtes. En sentant les couronnes, il crut s'être trompé de chambre et il alla égorger ses filles, avant de retourner se coucher.

Le Petit Poucet réveilla vite ses frères, les pressant de partir. Ils sortirent tous et s'enfuirent aussi vite qu'ils le purent. Et alors qu'ils n'étaient plus très loin de leur maison, ils virent l'ogre, chaussés de ses bottes de Sept Lieues, arriver vers eux. En effet, quand il avait vu au matin qu'il avait égorgé ses filles, fou de chagrin, il avait juré de se venger de ces enfants, et grâce à ses bottes, il pouvait aller aussi vite qu'il le voulait.

Le Petit Poucet remarqua une pierre creuse tout près, et il ordonna à ses frères de s'y cacher. Comme ils avaent très peur, ils l'écoutèrent et tout le monde se cacha. Ils entendirent alors l'ogre grogner parce qu'il était fatigué. Alors, il s'approcha de la pierre, enleva ses bottes et se mit à ronfler.

Vite vite, le Petit Poucet sortit de sa cachette pour prendre les bottes de sept Lieues. Comme c'était des bottes magiques, elles purent prendre la taille des pieds du Petit Poucet. Alors, avec ses bottes qui lui permettaient d'aller beaucoup plus vite, il se rendit chez la femme de l'ogre. Il lui annonça que son mari était en grand danger : en effet, il lui dit que des voleurs allaient l'assassiner si elle ne lui donnait pas tout l'or qu'ils possédaient. Et il n'oublie pas de lui montrer les bottes de Sept Lieues qu'il avait aux pieds, pour lui faire croire que c'était vrai. Et il est revenu chez lui après, avec ses frères et ils vécurent heureux pendant très longtemps ! »


Juliet avait quelque peu l'impression qu'il lui manquait des bouts d'histoire. Mais après tout, ce n'était pas trop grave, l'important étant que ce soit compréhensible. Cependant, une question subsistait dans son esprit.

- Dis, l'ogre, tu crois qu'il a fait quoi après, quand il a vu qu'il s'était fait berner par le Petit Poucet ?

Il posa son index sur sa bouche et entra en grande réflexion.


[Je t'avoue ne pas avoir eu grande inspiration pour le conte. Désolée. ><]

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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Jeu 7 Juin 2012 - 17:47

Pendant tout le temps qu'avait duré son récit, elle avait regardé son petit prince. Calé contre elle, il écoutait bien patiemment. Et puis, il bougeait. De petites mimiques toutes mignonnes, des contractions quand l'histoire était plus crue et puis, il gardait les yeux fermés.
Et Gwëll en comprenait la raison. Elle avait toujours fait comme ça, quand elle était petite, fermer les yeux, quand on lui racontait une histoire. Mais maintenant qu'elle était grande, elle ne le faisait plus. À vrai dire, pensa-t-elle, on ne lui racontait plus beaucoup d'histoires, maintenant. C'était triste, d'ailleurs.

Mais le p'tit bout reprenait déjà.
Il n'aimait pas les vilaines choses, trouvait beaux les arcs en ciel, et voulait lui raconter immédiatement son histoire. Gwëll sourit. Les enfants étaient toujours super pressés. Ils voulaient tout faire vite, puis quand ils avaient fini, ils voulaient passer à autre chose sans attendre. Impatients. Mais tellement mignons.
Et puis, il se mit à sourire, lui aussi, et Gwëll en fut toute attendrie. Elle ne savait pas vraiment ce qu'il lui était arrivé, pour qu'il se retrouve, ainsi, tout seul sur les routes, mais elle se dit que ceux qui l'avaient perdu devaient amèrement le regretter.

Ironie du sort, lui qui avaient été abandonné, peut être, racontait l'histoire du petit Poucet. Le pauvre gamin perdu dans la forêt par ses parents, mais assez malin pour s'en sortir. En quelque sorte, son petit Prince, à elle, devait être un petit Poucet. Malin, débrouillard... après tout, n'avait il pas déjà survécu jusque là tout seul ?
Gwëll connaissait déjà l'histoire, mais cela ne la gênait pas de l'écouter encore, parce qu'elle faisait partie de ses préférées, déjà, ensuite parce que toutes les versions n'étaient pas les mêmes, et qu'elle aimait toujours tout étudier dans tous les sens, et puis, enfin, parce que l'enfant semblait si passionné par son histoire que quand bien même il y aurait eu un problème, elle n'aurait pas osé l'interrompre.

Et il contait, et il contait. On sentait vraiment qu'il avait un don pour attirer les gens, pour parler bien. Pouvait on déjà parler de séduction ? Non, ce devait juste être ses grands yeux colorés, sa voix douce, ses gestes délicats et la sensibilité dont il faisait preuve. Un petit ange. Mais elle s'avisa bien de lui dire, à cet âge, et pour un petit garçon, pas de pire insulte et elle craignait par dessus tout de perdre sa confiance, doucement acquise.
Elle parcourait son visage d'un regard chaud, écoutant d'une oreille attentive son conte. Brusquement, il se leva. Comme un flèche, on eut dit qu'il voulut partir à l'assaut du soleil, mais il resta cloué au sol, ange déchu.

Quand il se mit à mimer la seconde partie de l'histoire, Gwëll eut vraiment du mal à contenir son rire : il était si adorable, avec ses expressions... et surtout, son air de grand vilain, tout droit tiré des illustrations des contes.
Mais, tout d'un coup, il se stoppa, net. Étonnée de le voir si statique, la jeune fille regarda derrière elle. Mais non, il n'y avait vraiment personne... alors, elle comprit que c'était à cause de l'histoire. Le passage, ce passage, qu'il racontait, c'était vrai, était plutôt horrible. D'un regard gentil, elle l'encouragea à continuer.

Et il reprit. Et termina. Avec un air étonné, à la fin, un air que Gwëll ne comprit pas. Mais comme il l'abandonna bien vite, elle ne chercha pas à en savoir plus.


L'ogre ? Hum... ben il a mangé le bras de Lehya et comme il avait pas bon goût, il l'a recraché Arrow je pense qu'il a du être très en colère... Oui, ça, c'est sûr, même. Et puis, après, eh bien, il a du crier très fort, comme les loups, le soir, sauf que c'était pas un hurlement de loup, c'était un cri d'ogre... Et après... Après, peut être qu'il était perdu ? Comme le petit Poucet et ses frères, parce qu'il avait perdu ses bottes... Et alors, il a cherché très longtemps dans la forêt et peut être même qu'il a jamais retrouvé sa maison et son ogresse ? Ou alors, il a rencontré d'autres gens et il est devenu gentil ?

Elle avait vraiment plein d'idées qui fourmillaient dans sa tête, mais elle avait du mal à faire le tri entre le possible, le probable et le ridiculement improbable.

Mais je suis pas sûre, en fait, je sais pas trop... et toi, qu'est ce que tu en penses ?

[si ça te va =)]


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Ven 15 Juin 2012 - 3:29

Juliet raconta son histoire, puis lança Gwëll sur une réflexion philosophique : qu'avait donc bien pu faire l'ogre après s'être rendu compte que le Petit Poucet l'avait berné et dépossédé de ses bottes ? Évidemment, le gamin ne s'était pas dit la chose comme ça. D'ailleurs, il ne s'était rien dit du tout. La question avait germé dans son esprit, et il l'avait posé, simplement, comme on demande à une personne comment elle va ou quel temps il fait dehors. Mais les chemins qui conduisaient aux réponses étaient bien plus complexes, puisqu'il fallait les imaginer. La suite du conte n'était écrite nulle part : à eux de l'inventer.

Gwëll proposa plusieurs idées. Il s'était peut-être perdu, ou peut-être était-il devenu gentil. Mais avant tout ça, il avait crié et s'était énervé. Pour cela, Juliet avait la même chose, mais pour le reste, c'était encore un peu indéfini. Une espèce de mélange d'idées, pas vraiment très digeste. Il tenta de mettre de l'ordre dans sa tête, triant ses pensées. Il y avait une pile où il classait les choses impossibles : il retrouva le Petit Poucet et devint son ami entrait dans cette catégorie. Il y en avait une autre, pour les idées qui étaient pas vraiment intéressantes : il est parti cueillir des champignons et rentra chez lui se positionnait ici. Et enfin, il y avait la pile des autres, de ces idées géniales qu'ont tout les enfants, et les adultes qui gardent un cœur … d'enfant, justement.

- Hum, moi je crois comme toi, que l'ogre il a pas été très content … Mais je crois qu'après, il est rentré chez lui et il a préparé sa vengeance. Alors il a voulu demander aux animaux de la forêt de l'aider, mais ils ont pas voulu parce que les animaux sont gentils et qu'il avait mangé des membres de leurs familles. Alors il a demandé aux arbres, mais ils ont pas voulu et on préxe … prétexe … ils ont dit qu'ils pouvaient pas à cause de leurs racines qui les empêchaient de bouger. Alors il a renoncé, et il a eut d'autres enfants, et il leur a apprit à être gentils parce qu'être méchant ça rapporte rien.

Et il acheva sa tirade sur un grand sourire, rempli de l'innocence dont il était fait. Mais déjà ses yeux se fermaient, peu à peu. Combien de temps étaient-ils restés là, à observer les paysages du lac et à se raconter des histoires ? Juliet n'aurait pas pu le dire. Il s'assit au bord du lac, faisant bouger ses pieds dans l'eau. Un poisson brillant passa, frottant ses écailles visqueuses contre son pied. Cela n'eut pour effet que de le faire rire. Il se tourna vers Gwëll, qui semblait un peu songeuse. Mais c'était peut-être juste son air naturel, après tout. Une nouvelle question avait pris place dans la tête du jeune garçon.

- Dis, tu crois qu'il y a vraiment des Dames ici ?

Si il se posait cette question, c'était parce que le dernier voyageur qui l'avait accompagné lui avait parlé de vieilles légendes, de Dragon et de Dame. D'après cet homme, le Dragon vivait dans le Ciel, et il était si haut qu'on ne pouvait le rencontrer, disait-il. Mais la Dame, elle, vivait sur Terre, dans les grandes étendues aqueuses, et on avait déjà recensé plusieurs cas d'apparitions de ces immenses créatures aquatiques. Le voyageur lui avait alors dit que s'il continuait vers Al-Chen et qu'il s'arrêtait au lac, il aurait peut-être la chance d'en voir une. Pour l'instant, ce n'était pas le cas. Mais il avait trouvé mieux, bien mieux : il avait trouvé une fée.

- On dit que, quand on voit une Dame, on peut faire un vœu, et qu'il s'exaucera à coup sûr. Tu y crois, toi ?

Juliet ne savait pas trop quel vœu il pourrait faire si il était amené à croiser le regard d'une Dame. Peut-être demanderait-il à devenir un vrai héros, comme dans les histoires qu'il aimait tant. Ou alors, il demanderait que tout le monde s'aime et arrête de se battre, ou que les méchantes créatures cessent d'exister. Mais un vœu secret était enfoui en lui, si loin qu'il n'en avait presque pas conscience : si jamais il pouvait faire un vœu, ce serait sûrement de retrouver une famille.


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Jeu 30 Aoû 2012 - 17:57

Préparé sa vengeance ?
Ben ça, c'était sûr que les animaux l'aideraient pas. Il était bête, ou quoi, l'ogre ? Il les avait chassés, leur avait fait peur et avait mangé leur famille, et il voulait qu'ils l'aident ?
Pas malin, vraiment pas malin.
Et les arbres ? Ben c'était du pareil au même, les arbres, c'est gentil, pacifique -la preuve, greenpeace Arrow - et en plus, en plus, ça bouge pas. Pour une vengeance, c'est pas de top alliés. Quelle andouille, cet ogre.
Quoique, il avait du quand même un peu réfléchir, puisqu'il avait décidé d'avoir de nouveaux enfants, des gentils, cette fois-ci.

En fait, cette histoire était pas mal.
Du tout, du tout, ça correspondait bien à l'ogre quoi. Et puis, Gwëll avait déjà oublié que c'était pas la vraie de vraie, donc elle devait être assez crédible.
C'était bien bien son genre à l'ogre, quand même.

Histoire terminée, on tourne la page.
Assis au bord de l'eau, les pieds au frais, le gamin regardait l'horizon. Gwëll en profita pour souffler une petite seconde. Elle aimait son petit Prince, mais parler autant l'avait épuisée.
Doucement, le ciel descendait à la surface des eau, le soleil admirait le miroir liquide dans lequel il se préparait à se baigner. Au loin, les poissons sautaient pour gober les insectes et les oiseau rasaient la surface des flots pour attraper les poissons.

Les yeux de Gwëll, eux, se perdaient dans la transparence de l'azur. Son esprit voletait entre les oiseaux, sans but précis.


- Dis, tu crois qu'il y a vraiment des Dames ici ?

La question semblait sortie de nulle part. Juliet la fixait, droit dans les yeux.
Gwëll réfléchit un instant. La plupart des légendes qui parlaient de la Dame, des Dames parlaient aussi du lac Chen. Il semblait donc logique qu'il y ait des Dames ou, au moins, une Dame. La Dame ? Peut être pas. Mais La Dame n'était elle pas une entité englobant toutes les Dames, présente dans toutes les Dames ? Plusieurs parts qui constituent un tout ?


Oui, je pense. Plusieurs, même, peut être ?

Un vœu ? Concrètement, c'était peu probable, et si ç'avait été Sieur Cil'Eternit qui l'interrogeait, elle aurait certainement répondu que non, elle n'y croyait pas. Mais les circonstances étaient toutes autres.
Pas de professeur de Légendes, mais un Prince légendaire. Alors, tout de suite, ce n'était plus la même chose, et rien que pour les fossettes Gwëll aurait été capable d'admettre que les oiseaux avaient des dents.


Bien sûr que j'y crois. Tu sais, je pense que la Dame, c'est comme une fée. Une grande, grande fée avec beaucoup, beaucoup de pouvoirs. Et quand on croise son regard... Eh bien, elle lit en nous. Et là, elle voit notre vœu, celui qu'on voudrait le plus voir se réaliser. Et si elle pense qu'on le mérite, eh bien, elle l'exhausse.

La jeune fille se leva et alla s'asseoir à coté de son Prince. Elle défit ses chaussures et mit, elle aussi, ses pieds dans l'eau.

Je crois que certaines personnes n'y croient pas, parce que le vœu qu'elles ont fait n'était pas le même que celui que la Dame a lu en eux. Et puis, tu sais, il doit y avoir des personnes qui pensent que c'est faux parce qu'elles ont trop cherché la Dame et ne l'ont pas trouvée. À mon avis, elle ne se montre que à ceux qu'elle a choisis... Tu crois que la Dame nous a vus ? Tu penses qu'elle viendra nous voir?

Tu penses qu'elle se montrera au petit Prince et à sa fée ?


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Sam 20 Oct 2012 - 23:22

Le Soleil commençait à se perdre dans l’eau, loin, très loin dans l’horizon. Le ciel était encore bleu, mais il commençait à se teinter de rouge, d’orange et de rose. Juliet avait toujours aimé ce moment de la journée. En général, c’était celui où sa grand-mère lui disait de rentrer, et elle le prenait sur ses genoux et lui racontait des histoires, avant d’aller faire le dîner. Il se souvenait de l’odeur des soupes, du grand feu qui brûlait dans la cheminée, des yeux noisettes de sa tante qui jouait à la Princesse avec lui et qui faisait en même temps le méchant dragon. Une époque bien belle que celle-ci.

- Dis, tu crois qu’il y a vraiment des Dames ici ?

La question avait fusée, sans qu’il ne tienne vraiment à la retenir. Ca l’intéressait, lui, cette histoire. C’était à cause du monsieur qui l’avait accompagné un bout de chemin, un homme – un peu fou, sans doute – qui lui avait raconté des tas d’histoires sur la Dame et le Dragon. Alors, il s’était installé ici, et il avait attendu que quelque chose se produise. Il regarda Gwëll lorsqu’elle lui répondit qu’il y en avait sans doute. Même plusieurs ! Plusieurs Dames … ça faisait plusieurs vœux, ça, non ? Ce serait cool, il aimait bien avoir le choix. Mais elles devaient pas se montrer en même temps. Elles devaient être méga malignes, les Dames.

- On dit que, quand on voit une Dame, on peut faire un vœu, et qu’il s’exaucera à coup sûr. Tu y crois, toi ?

Elle sembla réfléchir un instant, avant d’assurer qu’elle y croyait. Juliet lui sourit. Lui aussi, il croyait aux vœux. Une vie sans rêves, sans souhaits, ça devait être particulièrement ennuyant. Et si on en avait, sans pouvoir le dire, sans pouvoir rêver qu’ils ne s’exaucent, ça devait être encore pire, parce que l’ennui était remplacé par la frustration. Et même que sa fée pensait que la Dame et ben, en gros, c’était la Reine des Fées. Et qu’elle exauçait que le vœu que l’on souhaite le plus. Pendant qu’elle venait s’asseoir à côté de lui, il réfléchit.
Comment elle pouvait savoir, la Dame, que c’était ce qu’on voulait le plus si nous-même on le savait pas ? Elle était vraiment trop forte. Ça lui rappelait une histoire que sa grand-mère lui avait raconté une fois, mais il s’en rappelait pas trop, alors tant pis.

Et il continuait d’écouter sa fée, attentif et pensif.

- Bien sûr qu’elle nous a vus ! Elle voit tous ceux qui viennent la voir, j’crois. Parce que sinon elle peut pas choisir qui elle vient voir, tu crois pas ? Mais est-ce qu’elle viendra nous voir … J’sais pas, mais ce serait cool !

Il remua ses pieds dans l’eau en riant. Il se demandait quel genre de rêve pouvait avoir Gwëll, puis se désintéressa de ce sujet et entreprit de remonter le bas de son pantalon et d’entrer un peu plus dans l’eau. Des poissons multicolores venaient glisser contre ses jambes. Vraiment plein plein plein. Il comprenait maintenant, pourquoi les pêcheurs venaient ici. Peut-être que si il avançait suffisamment, les poissons grossiraient jusqu’à devenir des Dames ? Il se tourna vers Gwëll, une idée germant dans son esprit.

- Dis, tu sais nager ? Je crois que les poissons ils sont plus gros là-bas ! Mais faut qu’on trouve un autre moyen en fait, sinon on va être tout mouillés et on va être malades avec la nuit.

Juste au moment où il pensait à cela, un bateau vint s’échouer non loin, et quelques marins descendirent de leur embarcation sur le port. Juliet eut une sorte d’illumination, vint attraper la main de Gwëll et l’entraîna vers eux. Ils s’arrêtèrent, semblant remarquer que le petit Prince voulait quelque chose. Il se redressa, se mit très droit et déclara d’une voix très solennelle :

- Bonjour. Est-ce qu’on pourrait monter dans votre bateau pour aller voir des Dames ?

Puis, d’une petite voix, moins assurée :

- C’est très important, vous comprenez …

Il espérait que les gens voudraient bien. Allez quoi, ça se trouve eux ils en avaient déjà vu plein, ils pouvaient partager le plaisir !



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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 2 Déc 2012 - 21:24

L'eau chatouillait ses pieds et l'air, ses épaules.
Elle était bien, là, au bord du lac, et elle se disait qu'elle aurait voulu que cet instant, hors du temps, n'y revienne jamais. Parce que le temps tue tout ce qui existe et qu'on ne peut pas lutter. Enfin, on ne peut pas lutter de face, parce que le destin est une chimère. Mais on peut se battre, quand même. Il faut se battre, quand même, parce que c'est en se battant contre ce qu'on ne veut jamais voir arriver, qu'on l'empêche de venir trop près, qu'on le tient à distance.
On le verra. On finit toujours par voir les choses. Mais parfois, se retrouver devant le fait accompli, c'est moins dur, beaucoup moins dur. Parce qu'on ne l'a pas vu arriver, occupé comme on l'était par ce qu'on luttait contre lui. Et c'est moins dur, parce qu'il n'y a pas ce sentiment d'impuissance, de celui qui voit les choses venir, mais qui ne peut que les voir.

Elle ne voulait pas que cet instant se termine. Elle ne voulait pas devoir ramener son petit Prince chez lui, ou même ailleurs, puisqu'il n'avait plus de chez lui. Elle ne voulait pas rentrer à l'académie, elle ne voulait pas reprendre ces cours si proches de la réalité, si loin du rêve.
Elle voulait rester là et ne plus jamais enlever ses pieds de l'onde, ne plus jamais quitter l'horizon des yeux.

Elle regarda Juliet.
Lui non plus, elle ne voulait pas le laisser s'en aller, elle ne voulait pas l'abandonner, elle aurait voulu le serrer dans ses bras pour toujours, pleurer devant des histoires tristes avec lui, rire des oiseaux qui se croisaient, rêver des histoires les plus belles, et sourire à la vie. Elle ne voulait pas le laisser partir, loin d'elle, lui qu'elle avait découvert en premier, sa petite pépite de joie, son petit trésor.
Parce que ce serait le gâcher que le laisser dans d'autres mains, l'abandonner, et elle en était incapable. À vrai dire, elle était égoïste, elle en avait conscience, mais elle savait qu'elle serait incapable de se séparer de son Prince, si ce fichu destin venait à casser leurs liens.
Et pourtant, elle le connaissait à peine. Quelques heures tout au mieux.

Le destin de mêlait vraiment de tout.
Gwëll ferma les yeux des secondes pour inspirer un grand coup. Jamais il ne la laisserait profiter de l'instant présent ? Serait il toujours là pour lui rappeler que toute chose à une fin et qu'elle se rapproche inexorablement ? Était il vraiment impossible qu'elle puisse, un jour, penser qu'elle s'en éloignait, qu'elle ne l'atteindrait pas ?
Elle rouvrit les yeux et ses pupilles glissèrent vers l'enfant. Debout, dans l'eau, les yeux vers ses pieds, il regardait les poissons qui louvoyaient dans l'onde. Dans chacune de ses mains, il tenait une jambe de son pantalon, pour ne pas le mouiller.
À son tour, il la fixa.


Nager ? Oui, un peu... Mais pourquoi donc ? C'est pas une bonne idée d'aller nager, parce que t'as pas d'autre habits et que je sais pas où on va en trouver à cette heure ci.

Nager, nager où ? Pour voir des poissons plus gros ?
Les poissons, si ils étaient plus gros, ça voulait dire qu'ils avaient une plus grande bouche et des plus grandes dents, et il y avait tellement d'histoires, dans les contes, où les gens étaient gobés par des gros poissons... Comme le petit garçon qui avait retrouvé son papa, dans le ventre du poisson géant qui l'avait avalé. Ça avait l'air joyeux, comme ça, mais c'était assez horrible, quand même.
Elle ne voulait pas être gobée, certes non.


Oh ! Je vois ce que que tu veux dire ! C'est une Dame, que tu veux aller voir ? Mais j'crois qu'il faudrait nager très loin, pour pouvoir en voir une quand même... T'imagines, comme on serait très fatigués, pour rentrer sur la plage, après ?

Trop fatigués, il aurait du mal à rentrer, et là, ce serait encore plus horrible que de se faire manger par des gros poissons. En plus, peut être que la Dame aimerait pas qu'on aille la voir au fond de son lac, peut être même qu'elle se cacherait et qu'ils seraient allés jusque là bas pour rien. Non, pas pour rien, parce qu'on ne fait jamais rien pour rien. Mais pour pas grand chose, en vrai.
Il saisit sa main, par le bout des doigts, comme tous les enfants, parce que c'était plus simple, avec leurs petites mains. Elle se leva, un peu emportée par son élan, et suivit ses petits pas. Ils couraient, main dans la main, avec un grand sourire, vers la petite embarcation, le petit rafiot de bois qui tanguait sur les flots.

Les trois hommes, avec leurs filets sous le bras s'arrêtèrent, et ils les regardèrent avec les yeux de ceux qui se souviennent, de ceux qui regrettent. Nostalgie, paraît il que ça s'appelle.
Ils attendirent patiemment qu'ils arrivent à leur niveau, et puis, ils écoutèrent bien gentiment ce que disait le petit Prince. Qui le disait fort bien, à vrai dire. Une seconde, ils se concertèrent du regard. L'un d'entre eux, le plus jeune, avait une mine qui signifiait qu'il n'était pas pour, que l'entreprise était folle, que c'était envoyer deux enfants à la mort. Il devait certainement être père, celui là. Parce qu'il se comportait exactement comme un adulte responsable.
Et être responsable, c'était loin d'être bien. Très très très loin.

Les deux autres, avaient une peau brune comme un parchemin et des yeux clairs. Leurs cheveux étaient blancs comme le sommet des crêtes des montagnes du Poll. Eux, dans les lacs de leurs yeux, il n'y avait que eau pâle et claire. Eux, ils étaient d'accord, ils comprenaient, et même, si ils avaient pu, ils les auraient accompagnés. Mais là, ils voyaient bien que c'était pas très possible. Qu'ils auraient été de trop dans ce drôle de petit couple.

Oh, s'il vous plaît, on fera très attention, on vous promet ! Et puis, on ira pas loin et pas trop vite, promis !

Et puis, on mangera pas tout les gâteaux, on évitera les flaques, on jouera pas dans la boue, on rentrera pas trop tard, on parlera pas aux gens qu'on connaît pas et on mangera pas les fruits des arbres qu'on sait pas ce que c'est.
Elle sourit de son sourire tendre de grande enfant, celui qui fait fondre le chocolat pour mettre dans le lait et craquer les biscuits qu'on coupe en petits morceaux pour pas tout donner d'un coup.
Le monsieur avec le plus grand sourire fit un signe vers la coque en bois, et les deux enfants sautèrent de joie le plus discrètement qu'ils purent, parce que ce n'était pas très poli, quand même.


Oh, merci beaucoup, on vous le rend vite !

Juliet courut sur la jetée et sauta sur le pont. Gwëll le suivit, un peu plus lentement. Elle releva le bas de sa robe, d'une main, et elle rentra dans l'eau. Elle avança jusqu'à la poupe du bateau, et puis, elle le poussa, pour qu'il se désensable un peu.
Et puis, elle se hissa à bord. Elle essora le bas de sa robe et rejoint Juliet à la proue. Elle dessina une grosse roue qui poussa le bateau en avant et s’accouda au bastingage. Face au lac, à cette immensité, elle se sentait toute petite, mais elle se sentait aussi particulièrement sereine.


La Dame, on va la voir, je te promets !

Et une promesse est une promesse, c'est pas toi, destin de malheur qui m'en empêchera. On la verra ensemble, la Dame, mon Prince, et on fera tous les deux le vœu que le destin ne pourra pas empêcher de se réaliser.
On luttera, et on sera plus forts que le destin, je te le promets.


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Sam 15 Déc 2012 - 16:18

Juliet attrapa la main de sa fée, sans attendre, et la conduisit jusqu'à l'embarcation qui se dessinait un peu plus loin. Ils couraient, enfants pressées de monter sur le bateau, qui les conduiraient sur les flots, qui les amènerait jusqu'à leur Reine, la Dame, qui nageait, élégante, dans les eaux profondes, peut-être. Et les pêcheurs les attendirent, avec leurs filets pleins de poissons, et le petit Prince lâcha alors la main de Gwëll, quelques instants, le temps de parlementer. Au mot « Dame », les réactions se firent. L'un des trois regarda les deux autres, comme pour dire « Non, c'est hors de question ! » et Juliet eut peur, un moment, que les autres pensent la même chose. Mais les autres, ils acceptaient. Il l'avait bien vu, maintenant, que leurs regards d'eau glacée s'étaient illuminés. Et même, quand Gwëll parla, et leur offrit un beau sourire, leurs visages s'éclairèrent.

Et finalement, même le plus jeune finit par leur accorder un sourire, pour leur donner le droit de fouler de leurs pieds d'enfants le pont du bateau. Juliet n'attendit même pas Gwëll ; l'autorisation de monter sur le bateau avait fait jaillir en lui l'impatience, et il avait couru, pour voir comment le bateau était fait, l'explorer peut-être même ! Il y avait un gouvernail, et une barre, comme dans les contes, mais il n'y avait aucune voile. Il posa sa main sur son menton, ennuyé. Alors il chercha Gwëll du regard, mais ne la trouva pas. Et le bateau bougea. Un peu paniqué – il avait pas son permis bateau, lui ! – il se précipita vers la terre ferme. C'est alors qu'il compris que c'était elle qui venait de faire bouger le bateau, pour qu'ils puissent partir plus loin. Et sa question lui revint en tête.

- Dis Gwëll, comment il avance le bateau si y a pas de voiles pour que le vent, il souffle dedans ?

Elle lui expliqua rapidement qu'il y avait pas besoin, avant d'aller vers le devant du bateau. L'embarcation partit alors, mais cela ne l'étonna pas le moins du monde ; Gwëll était une fée, après tout. Elle était sa fée, et il ne l'échangerait pour rien au monde. Il partit très vite se pencher au-dessus des bords du bateau ; des poissons multicolores – ceux qui peut-être s'étaient glissés sur ses jambes auparavant ? – se pressaient contre le bois, et nageaient à ses côtés. Et les poissons devenaient de plus en plus gros, et de plus en plus beaux. Juliet comprenait maintenant pourquoi les pêcheurs venaient jusqu'ici. D'ailleurs, il voyait ici et là les grands filets que traînaient des bateaux presque immobiles. Il revient près de Gwëll, ravi.

- Bien sûr qu'on va la voir ! Je suis sûr qu'elle voudra bien se montrer !

Il n'en savait rien, en fait, mais il espérait, de tout son petit cœur d'enfant, de tout son espoir, de toute sa joie d'être avec une fée qui faisaient avancer des bateaux sans voile pour aller voir une Reine aquatique.
Juliet regardait l'horizon, aussi. Et se sentait encore plus petit que d'habitude. On disait que c'était un lac, mais il était si immense qu'il aurait volontiers cru qu'il se trouvait face au grand Océan du Sud, dont lui avait tant parlé sa grand-mère. Il ne l'avait jamais vu, mais elle en parlait avec tant de joie et de connaissance, qu'il avait longtemps soupçonné qu'elle ait vécu près de cette étendue d'eau. Soupçons confirmés, presque, par ses grands yeux couleur embruns qui se souvenaient, qui se perdaient, tandis qu'elle parlait. Mais cela, il ne le verrait plus avant longtemps. Quand bien même il n'avait pas conscience que la mort était une perte définitive, il sentait bien qu'on ne lui avait pas vraiment tout dit. Mais il chassa cette idée, en regardant à nouveau l'horizon.

Le soleil avait continué sa course, durant l'après-midi. Le ciel commençait à devenir rose et orange, d'un côté, tandis que de l'autre il était encore tout à fait bleu. Et si le vent venait chatouiller ses joues de son souffle froid, il s'en fichait, car cela ne l'empêcherait pas de savourer ce moment. Il tira la manche de Gwëll, avec un sourire.

- Dis, il te reste un bout de gâteau ? J'crois que c'est bien de regarder la mer avec du gâteau, parce qu'on dit toujours que l'eau ça donne faim.

Et le bateau avançait, doucement, continuant son avancée. Les poissons sautaient au dessus de l'eau, et il trouvait tout magnifique : les reflets du soleil, les éclaboussures des gros poissons qui arrivaient jusqu'à eux, le son sourd de la mer … Dame, quand arriveras-tu jusqu'à nous ?
Lui, il était prêt à attendre très très longtemps, pour en voir une. Mais il ne savait pas si Gwëll serait d'accord. Et puis, les pêcheurs auraient sans doute besoin de leur bateau le lendemain matin. En attendant, cela ne faisait qu'une demi-heure à peine qu'ils étaient partis, et qu'ils parlaient, et qu'ils grignotaient les gâteaux de sa fée, alors il leur restait encore du temps. Beaucoup de temps, suffisamment en tout cas pour espérer voir la Dame.

Il s'assit, sur le pont, regardant le ciel. Même si il était encore tout à fait bleu, il voyait la Lune et quelques étoiles piqueter le ciel de leur éclat. Il n'avait pas conscience qu'il était si tard. Et il ne voulait pas s'en rendre compte. Alors il ne dit rien à Gwëll, et se releva juste, pour voir encore l'immensité du Lac.

- J'espère qu'on arrivera pas au bout sans avoir vu la Dame ! Ou alors, ça se trouve, elle apparaîtra juste quand on s'y attendra le moins. Si ça se trouve elle veut pas venir tant qu'on l'attend. Alors il faudrait s'occuper ! Ou alors c'est parce qu'on est pas assez impatients ! Enfin non, je crois pas, je suis très très pressé de la voir.

Et un grand sourire angélique aux lèvres plus tard, il se tourna vers Gwëll.

- Tout à l'heure, t'as dit que la Dame c'est la Reine des fées. Alors si une fée demande très fort à sa reine d'apparaître, ça marchera peut-être ?

Dis-moi que tu as ce pouvoir. Ce serait le cadeau le plus merveilleux que pourrait m'offrir la vie.



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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Ven 28 Déc 2012 - 15:04

Le bas de sa robe était trempé, mais elle n'en avait cure.
L'eau avait beau dégouliner, elle s'en moquait parce qu'elle réalisait un rêve. Même si elle ne se l'était jamais avoué, voguer sur un bateau, au beau milieu du lac Chen, c'était un peu comme quelque chose qu'elle voulait faire depuis très longtemps. Et là, ça se concrétisait. Alors sa robe, vraiment, c'était pas important.
Le pantalon de Juliet, il était sec, en bas, mais certainement que si il avait été mouillé, ça aurait été pas plus grave. Parce que dans ses yeux, il y avait tant d'étoiles qu'elles auraient été capables de sécher n'importe quel pantalon.

Elle soupira d'aise et se hissa à bord de l'embarcation.
Elle y retrouva un grand sourire luisant et des question innocentes.


    Maman, les p'tits bateaux,
    Qui vont sur l'eau,
    Ont ils des jambes ?


Elle lui offrit son sourire de grande, celui qu'elle donnait quand elle connaissait une réponse et qu'elle voulait bien expliquer. C'était peut être pas un sourire de savant, mais, au moins, c'était, sûr, un sourire de savoir. Du savoir qu'on partage et qu'on donne à qui en veut.

    Mais oui, mon gros bêta,
    Si ils n'en avaient pas,
    Ils ne marcheraient pas !


Il avance grâce à la magie. Enfin, moi, je le fais avancer comme ça, si ça se trouve, les pêcheurs, ils rament ou alors ils amènent une voile ? Mais c'est pas sûr, parce que par ici, il y a pas toujours du vent, alors les voiles, des fois, elles doivent servir à rien.

Elle contourna la petite cabine, avec la petite main du petit garçon dans la sienne et ils s'avancèrent vers la proue. Juliet partit se pencher au dessus du bastingage et elle ne put s'empêcher de lui demander de faire attention.

Oh, méfie toi bien de pas trop te pencher. Faudrait pas que tu tombes avec les poissons, parce que les pêcheurs, ils ont emportés tous les filets, je pourrai pas venir te repêcher...

Elle s'assit sur le pont, accoudée au rebord de bois et elle laissa sa main tomber le long de la coque, frôler l'eau. Elle sentit de petits poissons glissants jouer avec ses doigts et, une fois, elle tenta d'en saisir un. Mais il était tellement glissant qu'elle ne put que le toucher.
De toutes manières, qu'en aurait elle fait ?
Tout sautillant, le petit Prince revient vers elle et son sourire éclairait la surface des flots. Gwëll ébouriffa ses cheveux et elle lui sourit encore. Elle ressentait envers ce petit une tendresse qu'il lui rendait bien et elle aurait voulu qu'il reparte avec elle à l'académie. Mais certainement que ce serait pas possible. Quoi qu'il en dise, il devait bien avoir un foyer, et une famille qui le cherchait.
Elle ferma les yeux et le picotement cessa. Elle était terriblement sensible, à vrai dire et elle sentait qu'elle ne pouvait pas le laisser seul, livré à lui même. Même si seul, en ce cas, ça voulait dire avec sa famille.
Parfois, on est bien plus seul quand on est accompagné.


    Allant droit devant eux,
    Ils font le tour du monde,
    Mais comme la Terre est ronde,
    Ils reviennent chez eux.


Une petite main vint tirer sur sa manche et une petite voix chatouiller ses tympans.
Elle sortit de sa rêverie et son regard se porta sur l'enfant. En réalité, elle ne l'avait jamais quitté des yeux, mais elle n'en avait pas eu conscience.


Tu veux du gâteau ? Je crois qu'il m'en reste, mais plus beaucoup, alors il va falloir le couper en tout petits bouts...

Elle ouvrit la sacoche de cuir posée à coté d'elle et en sortit la boite, d'une main, et un couteau, de l'autre. Elle sortit le dernier morceau qu'il restait, et elle le coupa en petits cubes. Et puis, elle tendit la boite à l'enfant. Sa petite main plongea dedans en même temps que ses yeux.
Il s'assit à coté d'elle et elle lui sourit. Puis son regard se perdit dans cet azur qui tournait à l'orange et ses doigts dansèrent à la surface de l'eau. Au loin, elle voyait quelques voiliers se détacher sur l'horizon et la lumière faisait briller de mille reflets les poissons qui tentaient de sortir de leurs filets. Certains étaient très gros et sautaient très haut.
Une conversation badine s'installa, ils parlaient de tout et de rien, mais sans s'en rendre compte. Leurs esprits étaient ailleurs, tournés vers d'autres idées, d'autres images.

Le ciel se décolora peu à peu et puis il prit une teinte rose saumon vers le milieu. La nuit tombait doucement et l'horizon devenait déjà noir. Mais elle n'avait pas envie de rentrer. Elle avait promis la Dame, elle ne voulait pas manquer à son engagement. Même envers un enfant. Surtout envers un enfant.
Ils ont des rêves, ne les brisons pas, il existe déjà tant de rochers pour qu'ils s'échouent.


Moi aussi, je suis très pressée, mais je pense qu'elle attend qu'on s'endorme, pour apparaître dans nos rêves. Parce qu'elle doit avoir peur des pêcheurs, ils ont certainement essayé de l'attraper. Alors en sortant juste au moment où les paupières tombent, elle se fait passer pour un songe, les pêcheurs essayent pas de la prendre dans leurs filets.

C'était cruel, quand même, de vouloir capturer une divinité comme celle là. Parce que c'était comme la liberté, comme les rêves, comme le savon à la violette, c'est beau, ça rappelle de beaux souvenirs, mais ça glisse entre les doigts. Insaisissable, furtif, c'était presque plus une image qu'une réalité. À mi chemin entre le vrai et le presque vrai.
Elle se força à ouvrir les yeux pour se cacher de cette image qui saturait son esprit. Elle ne voulait plus imaginer ce filet géant qui se refermait comme un piège sur ce pur esprit.


Je sais pas, peut être que oui... Mais je sais pas trop comment faire pour l'appeler. Peut être que si je dessine une lanterne pour qu'elle voie mieux où on est ça l'aidera ?

Les lucioles volaient autour d'eux, il suffisait qu'ils en attrapent quelques unes et leur lanterne brillerait de mille feux.
Elle se glissa dans les spires, silencieusement, pour ne pas troubler cette aurore qui s'étendait sur eux. L'imagination était calme, comme apaisée par cette présence, par toute cette eau. Et elle ressentait une aura comme magique s'étendre sur son don. La Dame. Elle était toute proche et elle veillait sur eux.
Elle sourit.

La lanterne apparut dans sa main.
Elle se retourna vers Juliet et la lui montra. Il lui fit signe de l'ouvrir, avec son menton. Elle entrebâilla la petite lucarne et il rentra ses deux mains fermées, l'une contre l'autre, comme un coquillage, dans l'ouverture. Et puis, il les ouvrit, les enleva vite et ferma la porte.
Derrière la vitre de verre fin, dansaient un nuage délicat de petites lumières dorées.

Gwëll se retourna vers la cabine et accrocha la lanterne au crochet au dessus de la porte. La lumière diffusa sur le pont et auréola le petit visage angélique de l'enfant d'une lumière diaphane.


Juliet... Tu sais, toute à l'heure, quand j'ai dessiné la lampe ? Ben, j'ai senti quelque chose. C'était pas loin, et ça souriait. Enfin, je crois, parce que j'ai pas vu son visage... Je pense que c'était la Dame.

Maintenant, on va s'asseoir au milieu du pont, tu vas venir sur mes genoux et on va attendre sagement. On sa surveiller la surface de l'eau, même si c'est pas facile parce qu'il fait presque complètement nuit.
L'eau semblait étrangement d'huile. Gwëll coupa son dessin-moteur et l'embarcation ralentit jusqu'à se stopper complètement. Et puis la coque frissonna, la chair de poule apparut sur leurs peaux blanchies par l'éclat de la lune.
Les flots se troublèrent et le liquide sembla instantanément blanchir, comme éclairé de l'intérieur par une lumière douce et terriblement heureuse, bienfaisante.


La voilà, Juliet, c'est elle.

Leurs pupilles se dilatèrent, sous l'effet du plaisir que leur procurait cette apparition. La lueur sortit de l'eau, frôlant la surface et un œil leur apparut. Et cet œil, c'était un monde en lui même, tant les couleurs changeaient de la vie à laquelle elle était accoutumée. C'était tout un monde en nuances de violet, en teintes améthystes.

Ton vœu, Juliet, oublie pas ton vœu.

Elle, elle ne savait que demander, elle se sentait comblée par sa vie, même si elle pouvait toujours trouver quelque chose à redire sur ce qu'elle avait. Mais elle n'était pas capable de formuler explicitement ce qu'il lui manquait le plus pour être encore plus heureuse.
Alors, elle sourit à la Dame, elle sourit à l'oeil, au ciel, au lac, à la vie et à Juliet. Elle sourit, elle se leva et elle s'approcha du bastingage. Elle se pencha, doucement au dessus et ses doigts frôlèrent la peau douce de la Dame, dansèrent à ce contact. Elle sourit encore et ce sourire était destiné à la Dame seule, parce que c'était un remerciement. Gwëll pensait que, certainement, la Dame exauçait tous les vœux, mais que peu de monde pensait à la remercier. Parce que c'est vite fait, d'oublier, quand on obtient ce qu'on veut, d'oublier l'essentiel.


Merci, ma Dame, merci de t'être montrée à nous.

Ce n'était pas plus qu'un murmure, mais elle vit tout le monde améthyste s'agiter et danser comme un vol de flamants roses par une aube rose.
Tu as exaucé mon vœu, Dame, mais n'oublie pas mon Prince, son vœu à lui est pur et il mérite que tu lui réalises.



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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Dim 3 Fév 2013 - 20:52

Juliet comblait le silence en parlant. En fait, ce n’était même pas une question de silence : il parlait parce qu’il aimait parler, et rire, et bien souvent lorsqu’il parlait, il parvenait à se faire rire lui-même. C’était un enfant, c’était un Prince, il était imaginatif et vivant. Il aimait courir, et rêver, rêver des heures durant, rêver pendant des jours dans sa bulle de joie et de vie. Il était enfant, il était invincible, et n’avait besoin de personne. Croyait, du moins, ne pas en avoir besoin. Mais ces personnes-là avait une utilité, car ils le remettaient sur un chemin protégé ; juste, il ne le savait pas.
Les personnes qu’il rencontrait étaient, dans sa tête, comme des étoiles : à part l’étoile du Nord, la plus brillante, on ne pouvait pas toujours retrouver celle que l’on avait vu la veille. Sauf si l’on apprenait les constellations. Il était Prince, il devait savoir se guider, et il les connaissait grâce à sa grand-mère. Comme celle du Dragon, par exemple, qui était justement celle qui prenait en compte cette étoile brillante. Certes, celle de la Dame comprenait aussi cette étoile particulière, mais. Ainsi, chaque étoile pouvait devenir une personne que l’on retrouvait ; et tandis qu’il pensait à ça, il savait que Gwëll serait une des étoiles de sa constellation du Dragon intérieure.

Lorsqu’enfin il parvint à se taire, elle put lui répondre. Les pêcheurs voulaient capturer la Dame ? Mais … c’était horrible ! Comment on pouvait vouloir la capturer ? C’était pas gentil, en plus, si ça se trouvait, elle voudrait plus réaliser les vœux des gens après. Mais c’est vrai qu’elle était intelligente, la Dame, et qu’elle savait comment faire pour que l’on ne puisse pas l’emprisonner dans des filets. Il soupira de soulagement en pensant à ça. Ce serait vraiment trop triste que la Dame soit capturée. Et Gwëll disait qu’elle ne savait pas comment l’appeler, mais qu’il fallait peut-être éclairer. Juliet regardait toutes les lucioles qui volaient autour d’eux, avec un petit bourdonnement apaisant. Même si la nuit n’était pas encore tout à fait tombée, les lucioles éclairaient quand même la scène. De l’extérieur, ce tableau était particulièrement beau : le crépuscule flamboyant, avec le soleil qui se couchait dans l’arrière-plan, le bateau sans voile qui voguait tranquillement sur l’eau encore bleue d’encre, des lucioles flottant autour de deux personnes, dont une fée et un enfant.

Juliet attrapait les lucioles, en faisant attention à ne pas leur faire de mal ; il se serait presque excusé auprès d’elles. Gwëll avait fait apparaître une lanterne, mais elle était toute vide, comme il l’avait pensé. Il lui fit signe d’ouvrir la lucarne et il lâcha à l’intérieur un nuage de lucioles. C’était hyper-joli, des lucioles qui dansaient comme ça dans une lanterne. Il espérait simplement qu’elle n’oublierait pas de les relâcher, après. Parce que c’était pas très gentil de garder des lucioles enfermées pour soi tout seul. Puis elle alla accrocher la lampe et Juliet se pencha un peu au-dessus de l’eau. Elle était si noire maintenant que ça lui faisait un peu peur. Sa fée se tourna vers lui pour lui dire que la Dame était toute proche. Il ne sut pas quoi répondre, et se contenta de sourire. Il s’installa sur ses genoux, au milieu du pont, et ils attendirent, le souffle court, que la divinité daigne se montrer.

La nuit était tombée. La Lune brillait très fort, et les lucioles dansaient encore, alors il ne faisait pas trop trop noir. Le bateau s’était arrêté. Et soudain, la surface de l’eau se souleva. Il entendit Gwëll dire quelque chose, mais il ne comprit pas, trop obnubilée par Son apparition. L’œil violet de la Dame les regarda, et Juliet vit tout un monde dans cet œil. Il vit les châteaux des livres, les fées qui surveillaient le monde, il put apercevoir le début du bonheur, le commencement de la magnificence. Il admirait sa propre innocence et la beauté du monde, reflétée dans l’œil d’améthyste. Ton vœu, Juliet. Il ne savait pas quoi demander. Il se sentait comblé, déjà. Il était profondément bouleversé par cette apparition, à vrai dire. Il n’avait jamais vraiment espéré se retrouver face à elle. Il en avait rêvé, mais n’avait jamais réellement cru la voir. Mais il savait qu’elle connaissait son vœu, même si il n’arrivait pas à penser à autre chose qu’à tout ce monde de rêve qui venait de s’ouvrir devant lui.

Gwëll s’était précipitée vers la Dame, et lui avança plus doucement, tout intimidé. Le remerciement pulsait dans sa poitrine, mais il n’arrivait toujours pas à parler, alors il le pensa juste très fort. Merci, d’être venue. Merci d’avoir bien voulu te montrer. Cet instant, je ne l’oublierai jamais. Il tendit sa main vers elle, parvint à toucher sa peau glissante dans une caresse toute tendre. Il avait encore du chocolat sur la main.

*

Il était resté très longtemps pensif, au bord du bastingage, sans dire un mot, ce qui est assez rare pour être souligné. Il avait soupiré, tout heureux. Le bateau n’était pas reparti ; Gwëll était sans doute restée aussi rêveuse que lui. Il s’étira ; la fatigue commençait à le prendre. Il marcha silencieusement vers sa fée, attrapant sa main.

- Elle était très belle.

Sa voix était encore pleine d’émotion, même si il s’était un peu calmé. Suffisamment en tout cas pour avoir sommeil. Il fallait repartir, maintenant. Ils ne pouvaient pas rester là éternellement, même si Juliet en avait très envie. Mais il allait finir par avoir faim, et puis les pêcheurs avaient besoin de leur bateau. Lorsqu’ils arrivèrent, il sauta sur le pont où les attendaient deux hommes. Il reconnut aussitôt les vieux hommes qui leur avaient accordés le droit de prendre le bateau contre l’avis du plus jeune. Leurs grands yeux d’un bleu délavés luisaient d’une expression sereine et heureuse.

- Vous l’avez vu, n’est-ce pas ? Ça se voit sur vos visages, les enfants. N’oubliez jamais qu’elle vient de vous faire un cadeau.

Ils se lancèrent un regard plein de compréhension.

- Est-ce que vous voulez passer la nuit ici ? Vous reprendrez votre route demain, il se fait tard.

Juliet leva la tête vers Gwëll. Il ne sut pas trop ce qu’elle répondit : son état-second et sa fatigue l’empêchèrent de suivre un traître mot de ce qui suivit.


[Merci ma petite Gwëllichoute pour ce magnifique rp qui a duré un an et deux mois I love you Je te laisse le droit de clôturer le rp sauf si tu penses qu'il finit très bien comme ça. Comme tu veux, et encore merci I love you]


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MessageSujet: Re: "Dis, t'es une princesse ?" [Terminé]   Ven 15 Fév 2013 - 22:51

La main de Gwëll frôlait l'eau. La Dame était partie depuis longtemps, mais elle n'av
ait pas enlevé son bras.
Elle sentait encore le contact doux sur sa main. Cette soie, sois ses doigts, elle ne l'oublierai jamais. C'était certain. Peu de gens avaient déjà rencontré la Dame. Et d'aucun ne l'avait oubliée. C'était une de ces choses qui ne se réalisent qu'une fois, dans une vie, mais qui ne cessent jamais plus, qui vous suivent. Une de ces choses qui réchauffent votre cœur et font briller vos nuits.

Les doigts de Gwëll dansaient à la surface des flots.
Eux même n'en revenaient pas. Toute cette douceur qu'ils avaient pu frôler de si près... jamais plus ils ne la retrouveraient. Et ils la cherchaient, ne voulaient plus la perdre, frénétiquement, obsédés. Un balais gracieux et ils dessinaient, des arabesques sur le liquide
Et le cœur de Gwëll chantait dans sa poitrine.
Une douce mélodie, un chant léger, une berceuse. Ce cœur qui avait été si proche de la pureté même, battait au ralenti.

Une légère brise vient jouer avec ses cheveux et ramassa, au passage, une larme perlée au creux de son œil.
Gwëll releva la tête et son regard sortit du vide dans lequel il était plongé. Il glissa délicatement à la surface des flots, effleura la côte, tutoya, au loin, les sommets. Un frisson la saisit et, lentement, elle ramena son bras à elle. Puis elle s'agenouilla, sans se presser, toujours moitié dans son rêve éveillé, adossée au bastingage. Et elle regarda ses mains, diaphanes, longues et fines. Longuement.

Elles avaient touché la Dame. Cet être divinité et pourtant réalité.
Certains disaient que la Dame n'existait pas. Mais Gwëll ne les avait jamais crus. Ils disaient que ce n'était que son imagination et pourtant, pourtant, il n'y avait pas qu'elle. Juliet aussi. Certains diraient, bien sûr, que ce n'était pas ni le témoignage d'une gamine attardée ni celui d'un enfant de dix ans qui prouvait quoi que ce soit. Et c'était vrai. Leur témoignage ne prouverait rien.
Parce qu'ils ne chercheraient pas à prouver quoi que ce soit. Ils avaient vu la Dame non pour prouver qu'elle existait mais pour la rencontrer. Car c'était bien la rencontre qui importait. Le reste n'avait aucune espèce d'importance.

Elle entendit des pas qui la sortirent de sa rêverie et une petite main vint se glisser dans la sienne. Elle releva la tête et sourit.


Bien sûr, qu'elle était belle, c'était la Dame.

Qui aurait pu en douter, d'ailleurs ? Même les sceptiques n'en auraient pas été capables. La Dame incarnait la beauté même, la grâce, la délicatesse. Tout, la Dame était mère de toutes les beautés naturelles.
Mère des femmes, mère des mères, mère de la terre, de la mer, du ciel et des nuages. Mère de l'imagination elle même.
Gwëll relança le moteur et le bateau fit demi tour vers la berge de laquelle il étaient partis. Le retour lui sembla durer une éternité et, pour autant, il lui sembla court. Puis la coque toucha le fond et Juliet sauta sur le pont. Elle prit une seconde pour souffler et libéra les lucioles de leur lucarne. Puis elle mit pied à terre à son tour. Les deux pêcheurs qui leur avaient prêté l’embarcation les attendaient. Ils souriaient et Gwëll pensa qu'ils devaient bien savoir qu'ils avaient vu la Dame.
Il lui semblait, d'ailleurs, que ça devait être écrit sur son visage, que ça devait être visible de très loin, tant il lui semblait qu'elle flottait encore dans la rencontre. Ses pas étaient de nuages et ses gestes comme ralentis.


Oui, elle s'est montrée à nous... Jamais on ne pourra oublier, maintenant, elle restera avec nous. Toujours.

Oui, toujours avec eux, dans leurs esprits et dans leurs cœurs. Ils seraient bien incapables d'oublier ça.
Tout le monde, d'ailleurs, serait bien incapable d'oublier une telle chose.


Ce serait très gentil de nous héberger pour cette nuit, mais on ne tient pas à vous déranger...

Après tout, si ça les gênait, ils pouvaient très bien camper au bord du lac, elle avait le nécessaire dans ses fontes. Elle sourit et le monsieur lui sourit aussi.
Puis il lui dit que ça ne dérangeait absolument personne car, de toutes manières, sa femme et lui vivaient seuls depuis un petit moment et que son fils était parti il y avait longtemps et que donc sa chambre était vide et qu'ils pourraient très bien y dormir.


C'est très gentil, monsieur, on vous suit.

Et il partit vers le village et ils le suivirent. Enfin, elle seule parce que Juliet n'avait pas bougé. Elle retourna sur ses pas et elle attrapa la main du petit garçon. Mais il la regarda avec des yeux tellement peu éveillés qu'elle eut pitié. Elle lui ouvrit ses bras et il enroula les siens autour de son cou. Alors, elle le souleva et elle suivit le marin qui les avait invités.

La maison était modeste mais confortable. Le monsieur ouvrit une porte et Gwëll rentra, Juliet dans les bras. Elle l'allongea sur le lit et l'installa sous les couvertures, bien au chaud.
Le marin regarda le petit garçon avec un grand sourire et puis Gwëll avec un grand sourire. Et il lui proposa une boisson chaude. Elle le regarda, puis elle regarda le lit avec l'enfant dedans et puis encore le monsieur. Enfin, elle lui sourit.


C'est très gentil, mais je pense qu'il est tard, je vais aller dormir, moi aussi... Je n'abuserai pas plus de votre hospitalité ce soir.

Sans un mot de plus, il lui adressa un clin d’œil et ferma la porte.
Alors, elle borda un peu mieux Juliet et étendit la couverture qui était au bout du lit au pied du lit. Puis elle s'allongea dessus et s'endormit instantanément.
À l'instant même où elle ferma les yeux, il y eut un éclair violet, alors, elle sut de quoi elle rêverait, cette nuit là.

Loin dans le lac, la Dame sourit et ses pensée vinrent bercer des enfants endormis du sommeil du juste.



_______________
Minou Merveilleux Magique à votre service I love you
Si c'était une fleur, bleue, pardi.

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