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 Tu m'expliques ?... [Terminé]

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Ven 23 Sep 2011 - 21:20

Couchée sur les toits et les yeux fermés, Ichel se délestait de la tempête qui tentait de l’envahir. Depuis peu, tout avait changé. Depuis peu, elle le savait. Elle savait qu’elle n’était pas devenue folle, que ce n’était pas qu’une simple impression. Que quelqu’un l’avait sans doute surveillé durant la période qui suivit la mission de repérage. Cette douloureuse intrusion en plein centre des mercenaires. Cette mission suicide.
Pourtant, ils avaient réussit. Pourtant, ils avaient obtenus quelques renseignements, mais le tribut payé avait été trop élevé pour la marchombre. Le sacrifice d’une amie. Mais le tribut n’était pas celui-ci, qui malgré tout lui avait été insupportable au point de penser à elle jour et nuit. Mais autre chose s’était passé durant la vie du soleil et de la lune. Elle s’était sentie épiée. Peut-être était-ce qu’une simple sensation, mais celle-ci avait été tellement réelle que pour la kaelem il avait été impensable de ne pas y croire. Elle ne dormait plus et se cachait constamment. Elle n’arrêtait pas de se retourner partout et à chaque fois que quelqu’un passait à côté d’elle son cœur battait la chamade. Observée en permanence. Elle n’en pouvait plus et s’était cent fois demandé à quel instant les mercenaires s’en prendraient à elle. Mais jamais rien ne s’était produit. Pourtant elle sentait sans cesse des yeux marqués son dos.
Le lourd tribut n’avait rien de comparable avec cette sensation glaciale qui l’avait alors envahit.
Elle avait été trahie.
Trahie par une des seules personnes qu’elle n’en croyait pas capable.
Trahie par une des trois seules personnes en qui elle avait une totale confiance.
Trahie par Halina.

Cette sensation désagréable pesant dans son dos s’était alors transformée en coup de poignard en plein cœur. D’abord, elle avait cru ne pas pouvoir s’en relever, mais la raison s’imposa à elle. Son amie ne l’avait pas voulu. La torture l’avait guetté et les mots étaient passés outre la barrière de ses lèvres sans qu’elle n’ait pu les stopper. Sauf que la jeune fille ne pouvait le nier, cela faisait mal. Un de ces maux que l’on n’enlevait guère avec un simple remède. Non, il était ancré en elle depuis le moment où la teylus le lui avait avoué. Depuis presque quatre semaines, depuis presque un mois. Durant ces longs jours de réflexion elle n’avait cessé de fuir Halina. Elle faisait en sorte d’éviter la salle d’armes, des environs du dortoir des teylus et de tout endroit où la brunette pouvait passer du temps. Les rares fois où elle la voyait de loin elle s’en retournait ou se cachait dans les ombres. Elle ne voulait affronter son regard qui, elle le sentait, serait fuyant. Elle ne voulait pas parler. Pas pour l’instant, car la plaie était encore bien trop douloureuse pour tenter de la soigner. Elle saignait bien trop et la marchombre avait peur de dire ou faire quelque chose qu’elle risquait de regretter. Après tout c’était son amie et d’après ses souvenirs bien que vagues, elle était la seule. La vraie.

Les étoiles et la lune avaient fait leur apparition depuis bien longtemps lorsqu’Ichel prit enfin le temps de lever les yeux de ses sombres pensées. Halina. Les nuits de la marchombres avaient étés bien courtes ces derniers temps et ses yeux commençaient à se fermer tout seul. La fatigue l'emportait petit à petit à grand regret loin de sa contemplation des étoiles, et à grand soulagement de ses troublantes pensées. Elle allait enfin pouvoir se reposer. Un dernier regard en direction de la lune presque pleine, son pull en laine remit en place et bien calée sur les toits, la jeune fille s'endormit doucement.


***



Tôt dans la matinée, bien avant l’heure des cours, une ombre quitta le dortoir des kaelems sans émettre le moindre bruit. Aussi silencieuse que la brume, elle se glissa de couloir en couloir, les yeux rivés sur son but. Ichel n’avait pas fermé l’œil de la nuit. Encore ces pensées qui submergeaient son esprit embrouillé. Peut-être que le trésorier avait raison après tout, car pourquoi se donner la peine de s’attacher à d’autres pour au final souffrir ? La marchombre possédait peu d’amis, mais les seuls qu’elle s’autorisait à avoir recevaient une confiance absolue. La plupart du temps. Avaient, car depuis quelques jours elle n’avait de cesse de tout remettre en question. Absolument tout.
Sauf que ce matin-ci, elle n’avait aucune envie de penser une énième fois à tous ces problèmes qu’elle se créait seule. Ou avec aide. Elle voulait à tout prix se changer les idées, si toutefois elle y parvenait. Elle atteignit enfin sa destination, la salle d’armes. En voyant ses muscles ramolli, elle avait entreprit de venir les mettre à l’épreuve. Depuis trop longtemps ses membres ne s’étaient retrouvés couverts de bleus ou endoloris par un entraînement intensif.

Pénétrant enfin dans la salle, la marchombre se rendit compte qu’elle n’était pas la seule à vouloir s’entraîner si tôt le matin. Un jeune homme d’une vingtaine d’années s’étirait au centre de la salle. Grand, cheveux châtains et lorsqu’il se retourna, elle put apercevoir ses yeux d’un marron intense. Ils se toisèrent, chacun évaluant l’autre. La carrure de l’inconnu, musclée et forgée par des années d’entraînement, était sans nul doute celle d’un élève de dernière année. Un combattant acier. Le silence avait pris place entre eux. Le sabre se trouvant à terre émanait une aura de puissance et la garde usée avait été maintes fois tenues par les mains calleuses de l’inconnu. Un véritable combattant. Bien plus expérimenté qu’elle. En combat, elle n’aurait quasiment aucune chance de le vaincre. Quasiment.

- Ca te dit un duel ? Seul ça ne doit pas être simple.

Le jeune homme esquissa un semblant de sourire avant de lui répondre.

- Tu as sans doute raison, alors j’accepte volontiers ta proposition.

Sans attendre d’autres paroles inutiles, la kaelem s’avança afin de se poster face à son nouvel adversaire. Elle senti ses bonnes vieilles habitudes se mettre en place. Elle vérifia d’un geste fluide que ses dagues étaient bien là, puis le peu de muscles qu’elle possédait, tous rouillés pour l’instant, se remirent à fonctionner, elle senti ses membres fléchirent et la souplesse envahir son corps. Esprit ouvert, garde marchombre. Le jeune homme empoigna alors son sabre et, tout comme elle, prit une garde de combat. Parfaite. Subjuguée, elle était prête.

Un temps d'arrêt se fit sentir. Puis, enfin, le combattant se mit en mouvement. Rapide, fluide et précis. Son coup destiné à offrir un bleu monumental à la cuisse d'Ichel ne fit que l'effleurer. La marchombre n'avait eu cette chance uniquement grâce aux entraînements intensifs que son maître lui donnait. Un réflexe entrainé, habituel. Au prochain assaut elle n'aurait peut-être pas autant de chance. Malheureusement pour elle, ce dernier ne tarda pas. L'aequor, d'après la bague qu'il portait au doigt et qu'elle venait d'apercevoir, fit une volte sur lui-même avant de donner un puissant coup du plat de sa lame qui atteignit le bras droit de la marchombre. Elle retint avec peine un gémissement de douleur naissant. Il n'y était pas allé de main morte. Elle se souvint seulement qu'il ne pouvait savoir qui elle était et surtout de quel niveau elle était. Si niveau il y avait chez les marchombres, se qui, elle s'en doutait, n'était sûrement pas le cas. Il devait penser avoir à faire à une combatante, comme lui, de même niveau, il n'allait donc pas la molester. Ichel commençait à penser qu'elle avait surestimé ses propres capacités. Mais après tout elle s'en fichait, car elle voulait simplement se changer les idées et s'entraîner. Quoi de mieux que d'apprendre aux côtés de personnes plus expérimentées que soi ?
Elle se réveilla enfin. Depuis quelques minutes, elle ne faisait qu'éviter les coups de son adversaire qui lui affichait un sourire de satisfaction. Cela allait bientôt changer. Même si elle savait n'avoir presque aucune chance de le surpasser, elle allait au moins essayer de lui asséner quelques coups. Après avoir éviter une énième fois le sabre de l'aequor, Ichel passa à l'action. D'un geste d'une fluidité surprenante de vitesse, elle lança son pied en direction des côtes du jeune homme. Destiné à lui couper le souffle un instant. Mais comme elle s'en doutait, il ne se laissa pas faire aussi facilement. Elle frôla à peine son torse et son coup tomba dans le vide tout comme elle, qui trébucha sur la jambe tendue du combattant. Un rire sec sortit de sa bouche.

- Eh bien, eh bien, eh bien. Tu ne m'as pas l'air d'être une bonne combattante acier !

Un sourire ironique naissait sur les lèvres de la marchombre.

- C'est parce que je n'en suis pas une !

Tout en lui assénant ses quelques paroles, elle fit un bond, se retrouvant derrière son adversaire. Il émit un hoquet de stupeur, ne s'attendant apparemment pas à un tel revirement de situation. Malheureusement pour lui, c'était loin d'être fini. Dans la seconde qui suivit son bond, la marchombre se ramassa à terre, tourna et faucha les deux pieds du jeune homme avec le sien. Il tomba net dans un bruit mat.

- Alors, content ?

Les deux adversaires partirent dans un fou rire commun. Mais à peine avait-il commencé, que le combattant se releva. Un piètre détournement d'attention, car elle était prête. Elle l'avait trop bien cerné et savait à quelques choses prêts comment il fonctionnait. Il empoigna sa précieuse lame et se jeta littéralement sur elle. La jeune fille réussit in-extremis à lui ôter son sabre qui alla valser à l'autre bout de la salle. Ils étaient enfin à armes égales. Eh bien non, Ichel n'avait aucune intention de se servir de ses dagues. Vraiment aucune. Ils se relevèrent enfin, dans le même temps et se préparèrent à se rejeter dans le combat lorsqu'un bruit de pas si fit entendre.

- Par la Dame, nous ne pourrons pas terminer notre duel.

Chuchota presque l'aequor tout en allant ramasser son sabre.

- Dommage, j'étais en train de te massacrer...

Il leva un sourcil.

- Ne me provoque pas, tu le sais, tu n'as aucune chance face à moi.

- Tu veux parier ?

Les bruits de pas s'intensifièrent pour se rapprocher de plus en plus des portes de la salle d'armes. Sans doute le maître d'armes qui venait préparer la salle en vue de son cours. Le jeune homme lui fit un signe d'adieu, un dernier sourire et s'enfuit par la porte. En effet, il n'était pas sûr de se trouver dans la salle lorsque Locktar Guidjek apparaissait. Elle s'apprêtait à en faire de même lorsqu'elle vit la poignée de la porte commencer à tourner. *Par le héros de la Dame, je suis coincée !* Un marchombre coincé ? Impossible. Une ombre amie appelait l'apprentie, qui ne tarda pas à se fondre dedans. L'homme pénétra enfin. C'était bien Locktar Guidjek. Il ouvrit le râtelier et entra à l'intérieur. Sans doute pour prendre les accessoires dont il avait besoin. La kaelem en profita pour s'évaporer. Elle passa le pas de porte, mais les pas du maître d'armes n'étaient pas les seuls à venir dans cette direction. Un groupe d'élèves se rapprochait. Son coeur commença soudain à battre la chamade. Elle reconnue une voix, une des seules qu'elle ne pourrait jamais confondre. La marchombre se cacha derrière une colonnade non loin de l'entrée de la salle, car elle le savait, le groupe venait au cours d'art du combat. Elle aurait pu partir, prendre ses jambes à son cou, mais elle voulait en avoir le cœur net. Lorsque le petit groupe passa devant elle, elle su. C'était bien Halina.

Ils entrèrent dans la salle et refermèrent la porte derrière eux. Ichel resta là quelques minutes à penser, puis s'apprêtant à partir loin d'ici, elle renonça. Fuir n'était pas la bonne solution. Jamais. Elle ferma alors les yeux et tenta d'écouter les éléments autour d'elle. Le souffle du vent, les chuchotis des feuillages, le bruit des arme s'entrechoquant, la puissante voix du maître d'armes, les pas des élèves dans les couloirs, le cuisinier faisant la vaisselle, les chevaux farfouillant dans leur foin, la porte de la salle d'armes qui s'ouvrait... La marchombre ouvrit lentement ses yeux. Elle attendit qu'Halina passe devant elle, seule.

- Tu m'expliques ?

Sans le vouloir, trop de force et de froideur étaient ressorties de ses trois mots.




[ Enfin, le réglement de compte !! =) ]


_______________
...hanter la tempête et rire de l'archer ??...
Que devient la neige quand elle fond ? Symphonie du printemps.
Que devient un rire qui se brise ? L'ébauche d'une nouvelle farce.



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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Lun 3 Oct 2011 - 16:06

Comme tous les matins, Halina se réveilla en sursaut, avec la peur au ventre et un effroyable mal de crâne. C’est fou ce que les nuits n’étaient plus reposante. Elle se couchait tard, attendant d’être écrasée de sommeil, d’être bien sûr qu’elle s’endormirait d’un seul coup. Elle dormait ainsi, peu mais évitait les cauchemars trop longs qui risquaient de la faire hurler dans son sommeil. Puis, une fois réveillée, elle enfilait sa robe de chambre et se rendait dans la salle commune des Teylus. Elle voyait ses notes remonter dans les devoirs à rendre puisqu’elle avait plein de temps à dépenser dans la salle commune, elle travaillait pas mal au niveau intellectuel mais au niveau physique, le manque de sommeil commençait à se faire sentir. Elle courrait moins longtemps le matin, finissant son tour habituel en marchant ; elle sentait sa tête devenir lourde dans certains cours du matin ou après manger et en combat, elle avait moins de hargne et prenait plus de bleus. Enfin, elle était la seule à s’en rendre compte de ses infimes changements. Tout le monde dormait paisiblement lorsqu’elle allait se coucher ou se levait.


La jeune guerrière bouquina près d’une heure dans un fauteuil moelleux. Elle avait emprunté ce livre à la bibliothèque quelques jours auparavant et ne parvenait pas à s’en décrocher. Elle en dévorait les pages une par une, elle aimait bien ce style mélangeant humour, aventures, amour et fantasy : les héros étaient géniaux avec leurs grand cœur et leurs boutades et ils croisaient sur leur route des créatures magnifiques ou terrifiantes. Halina détacha ses yeux des lignes pour voir le soleil poindre et décider qu’il était temps d’aller courir un peu. Elle remonta dans le dortoir, posa son livre et s’habilla, le plus silencieusement possible. Puis, elle partit se défouler sur les chemins du domaine de l’Académie pendant une heure, profitant de l’air frais du matin. A son retour et après sa série d’étirements, elle prit des affaires dans son armoire et patienta derrière un groupe de filles qu’une douche ou qu’un bassin se libère. Son bain fut finalement court mais agréable, elle discuta avec les camarades de tout et de rien.


Elle prit son petit déjeuner avec comme d’habitude ses amis et Kirfdéin qu’Elera n’avait pas traîné à un entrainement matinal. Elle aimait bien ce moment, elle se sentait privilégiée, ainsi entourée. Mais il en manquait encore une qui continuait de l’éviter. Une de celles qui comptaient le plus pour elle. Halina savait que ce refus, ce déni était en partie de sa faute mais elle trouvait que cette situation perdurait un peu trop. Elle ne savait pas du tout quoi faire pour remettre les ponts à leur place. Fallait-il qu’elle les reconstruise ? Ou devait-elle juste attendre ? Elle ne croisait que peu son amie-qui-n’en-était-peut-être-plus-une et les seules fois, elle était pressée ou alors elle ne l’avait pas vu. Il fut enfin, l’heure du cours et le groupe se sépara entre guerriers, marchombres et dessinateurs. Elle n’avait aucun problème à faire semblant que tout allait bien, elle discutait et riait. Pourtant, avant d’entrer dans la salle du cours, elle ressentit comme un malaise qu’elle mit sur le compte de la fatigue et qu’elle chassa aussi vite.


La Teylus mit de côté ses problèmes lorsqu’elle entra dans la salle de combat. Le lieu où elle se sentait entière. Elle n’avait plus besoin de réfléchir, elle apprenait tant de choses depuis qu’elle était arrivée et espérait bientôt quitter le Fer. Même si elle savait que c’était un peu utopique pour l’instant. Le Maître d’armes parlait peu, il se contentait du minimum et faisait peu de compliments. Les cours en petit effectif comme ceux-là étaient bien plus calmes car il n’y a avait que des gens ayant plus ou moins le même niveau. La jeune femme découvrait de nouvelles esquives, parades, feintes et attaques. Elle expérimentait de nouvelles armes. C’était très intéressant même si elle avait encore un peu de mal avec la stratégie. Elle préférait agir que penser avant. Pendant ces cours, elle soufflait beaucoup, transpirait vite et pourtant elle était aux anges. A la fin de la séance, elle était de corvée rangement du matériel. C’était chacun son tour habituellement. Elle remit les lames dans les râteliers, poussa les mannequins contre le mur et passa un rapide coup de balai comme on le lui avait demandé.


Enfin, elle fut dehors. Halina, qui avait attrapé sa serviette s’essuya et posa le tissu sur son épaule. Lorsqu’elle releva les yeux, elle tomba nez à nez avec Ichel. Un sourire joyeux commença à se former sur les lèvres de la guerrière avant de disparaître bien vite quand elle vit son expression. Du ressentiment, de la colère, de la douleur et un autre sentiment qu’elle ne comprit pas. Elle sentit comme un poignard s’enfoncer à nouveau en elle. Oh non, peut-être pas un coup aussi direct. Plutôt, une énième enfilade sur sa peau, un énième coup à son moral bien entamé. Comme si l’on rouvrait une plaie juste après qu’elle ait commencé à cicatriser. Elle frissonna. Les mots suivants, ou plutôt cette absence de compréhension, cette question qui recouvrait un ordre la heurtèrent de plein fouet. Elle faillit se plier en deux sous l’assaut. Mais resta droite. Elle pensait qu’Ichel aurait compris après tout ce temps à l’éviter mais peut-être pas en fait. Les mots filèrent hors de sa bouche, sans attendre des réponses jusqu’à aboutir à une évidence : évidemment que je vais te la raconter cette histoire.


-Que je t’explique ?... Mais que veux-tu que je t’explique en réalité ? Tu veux vraiment que je te parle de ma peur, celle qui m’a clouée sur place dans ce couloir, celle qui me rendait folle dans mon cachot humide et de celle qui dévore toutes les nuits ?... Pourrais-tu comprendre les doutes qui m’assaillent, encore et toujours ? Et surtout, crois-tu être prête à entendre mes regrets ? Si la première réponse qui te vient est un non, tu peux retourner m’ignorer. Sinon, ça fait des jours que je n’attends que cela, te l’expliquer...



[ Après un peu de retard, la confrontation o/ ]


_______________

             
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for a magic door and a lost kingdom of peace"

Eugene O'Neil

Spoiler:
 


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Sam 8 Oct 2011 - 23:40

Semaine un peu chargée --'


Les sentiments qu’Ichel ressentaient étaient bien trop nombreux.
Tout d’abord de la colère.
Colère de ne pas avoir pu sauver son amie, colère de ses souffrances et des siennes, colère de la trahison.
Puis, tout prêt de ce dernier, la douleur. La confusion entre elles était plus que marquée, mais leur force unie rendait Ichel plus dure.
La douleur de l’absence, douleur d’un manque, douleur de stresse, douleur de la trahison.
Par la suite, la tristesse.
Tristesse de la longue séparation, tristesse du lien désagrégé des deux côtés, tristesse de la trahison.
La peur se cachait derrière toutes ces précédentes, attendant le moindre instant pour entrer en scène et faire des dégâts.
Peur de ne pas pouvoir la retrouver, peur des mots, peur des phrases, peur de la trahison.
La haine, la culpabilité, la honte aussi.
Haine contre la teylus et elle-même, culpabilité de l’emprisonnement et surtout honte de ses craintes, de ses fuites perpétuelles. De la trahison.
Mais surtout, bien qu’atténuée par tous les autres, de la joie. Une joie intense qui peinait à prendre place en elle. Une joie si lointaine, mais pourtant tant désirée, recherchée dans les tréfonds de son cœur. Cette joie qui ne faisait que s’enfuir derrière tous ces noirs sentiments.
Joie de pouvoir enfin la revoir, joie de lui parler, joie de la contempler, joie de peut-être pouvoir la toucher, joie de savoir qu’elle n’avait rien eu, joie de la voir en vie, joie.
Joie immense cachée par les autres.

Une joie qu’elle peinait à faire ressortir, mais qu’elle avait pourtant tant envie de lui communiquer. Oui, elle était déçue par le comportement de Halina, elle s’était tant cachée durant la prise de l’Académie, tant elle redoutait le courroux des mercenaires. Elle se sentait épiée et savait à présent que c’était sa propre amie, Halina, qui l’avait dénoncée. Elle lui en voulait, mais elle savait. Elle savait que ce n’était pas sa faute, qu’elle n’était qu’une enfant. Tout comme elle. La marchombre savait pertinemment qu’elle n’aurait jamais tenue non plus si elle avait été dans le même cas que la teylus. Jamais. Cela faisait tout de même mal. Un mal si présent, que cette lointaine joie n'osait s'approcher au grand damne de la jeune fille.

Les deux jeunes filles se toisèrent, les deux amies. L'étaient-elles encore ? Pouvaient-elles ne plus l'être à cause de cet unique événement ? La jeune marchombre ne savait plus quoi penser. Elle sentait que quelque chose avait changé, quelque chose de primordial, mais ne savait quoi. Halina était-elle encore digne de confiance. La réponse s'imposait d'elle même. Bien sûr que oui. Elle ne l'avait pas dénoncée simplement pour le plaisir, mais pour sa souffrance physique. Mais qu'avait elle fait pour celle plus grande, plus meurtrière, dans sa tête ? Ichel ne pouvait que s'imaginer de loin la souffrance que la teylus avait dû affronter jours et nuits et devait sans doute encore en ce moment. Mais elle-même souffrait aussi.

La kaelem eut l'impression que la brunette fut plus touchée par ses paroles que se qu'elle avait espéré. Celles qu'elle lui asséna en retour étaient tout aussi dures. Cela faisait des jours. Des jours qu'apparemment elle attendait la venue d'Ichel. Des jours qu'elle voulait lui expliquer ses souffrances perpétuelles, ses craintes, sa peur et ses regrets. Ichel voulait tout savoir, tout. Toutes les épreuves qu'elle avait enduré, toutes les craintes, les peurs, les douleurs, les horreurs, les pensées, les maux, les solitudes et bien encore. Tout, pour pouvoir comprendre enfin. Oui, elle avait énormément réfléchit et elle s'étonnait elle-même de ne pas avoir encore pu comprendre d'elle-même, mais elle avait du mal. Elle avait énormément de mal à comprendre ces temps-ci. Oui, elle avait réfléchit. Depuis des jours elle pensait encore et encore, toujours essayant de trouver le courage de se ruer vers son amie, mais jamais elle ne le débusquait derrière une quelconque réponse. Jamais. Elle n'avait toujours pas compris. Ou peut-être qu'à moitié. Mais à présent elle était enfin prête à entendre.

Ichel alla donc s'assoir sur un muret sans se soucier de savoir si la brunette la suivait. Elle le savait au fond d'elle, au plus profond d'elle, qu'elle la suivrait. C'était une évidence. Elle s'assit et sentit la présence de l'autre juste à ses côtés. Elle l'avouait, ne pas voir son visage l'aidait un peu à supporter le flot de questions qui tentait de couler le navire de ses pensées. Elle trouva enfin le mot.


- Oui.

Un simple mot, pourtant elle sentit l'atmosphère depuis peu chargé se détendre. Ce minuscule mot si courant devint alors si important, que le silence naissant ne provoquait guère plus de gène. Plutôt un silence rassurant. Cependant, tout en elle brouillonnait, tout en elle était contradiction. Pour ce point, rien n'avait changé. Cogner, mais aussi enlacer. Elle espérait les deux et ne tentait aucun. La seule chose qu'elle réussit à faire et qu'elle ne put s'en empêcher, ce n'était rien d'autre que de parler. Parler encore et encore.

- Oui, je veux tout savoir. Tout, depuis les premières douleurs, les nombreuses pensées, le manque de tout, la peur intense, jusqu'à l'odeur de la pierre sur laquelle tu t'asseyais. Tout.

Ichel se retourna et plongea son regard noisette dans les yeux de la teylus.

- Peut-être penses-tu que j'aurais dû comprendre depuis bien longtemps, que j'aurais dû te pardonner sans réfléchir, mais je ne le peux. J'ai eu beau essayer, mes pensées étaient bien trop troubles afin que je puisse trouver la solution. Je ne sais pas quoi penser de tout cela ! Et par dessus tout, j'en ai marre de fuir ! J'en ai marre de ces images qui m'envahissent jours et nuits !... Je devine que tu as souffert, mais moi, as-tu pensé à moi ?

Peut-être Halina avait-elle le regard fuyant, mais les yeux de la marchombre retenaient les siens aussi fortement que des chaînes d'acier. Elle n'en avait pas fini avec la fille qui se trouvait devant elle. La fille qu'elle croyait connaître, la fille avec qui elle voulait refaire connaissance. La fille qui ne répondit rien sentant sans doute que son amie n'avait pas terminé.

- Jours et nuits je pensais à toi, jours et nuits je cherchais une solution pour venir te chercher. Combien de fois ai-je descendu les marches quatre à quatre dans l'espoir de pouvoir venir te libéré pour ensuite me dire je n'avais aucune chance ? Et celles passées à observer les allées et venues des gens dans les sous-sols ? Je ne saurais les compter. Jours et nuits des cauchemars m'envahissaient où je te voyais, toi, l'amie qui s'était sacrifiée, torturée encore et toujours. Je ne dormais plus. Je ne pensais qu'à toi.


Sa dernière phrase presque inaudible s’évanouit dans le néant. Il fallait que ces mots sortent à tout prix, car depuis longtemps elle les gardaient pour elle sans qu'ils n'émergent. A présent elle était enfin réellement prête à écouter.

- Je ne veux pas de remarque. Simplement t'écouter et... nous verrons seulement après...




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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Sam 15 Oct 2011 - 16:37

Halina sentit qu’Ichel avait été touchée par ce qu’elle venait de dire et elle laissa ses parole faire leur bonhomme de chemin dans la tête de la jeune fille. Au lieu de donner une réponse directe, celle-ci se déplaça pour s’assoir sur un muret, sans se soucier d’être suivie ou non. Mais bon, la guerrière en avait marre de jouer au chat et à la souris. Elle en avait trop sur le cœur pour prendre ça pour un refus. Il était vrai que lui tourner le dos n’était pas le meilleur moyen de la mettre en confiance mais bon, elle commençait à avoir l’habitude avec son amie. Pouvait-elle encore l’appeler son amie d’ailleurs ? Au fond de son cœur, elle savait que oui. Elle n’avait pas envie de la perdre. Ce serait trop bête. Et ce serait sa faute en plus. Elle aurait du mal à avaler ça. Pas sûr que ce soit la meilleure façon d’aller mieux. Halina la suivit donc et s’assit à ses côté sur le muret. Elle ne savait pas trop à quoi s’attendre.


Soudain, Ichel donna son assentiment, elle lui dit qu’elle voulait tout savoir. Qu’elle avait envie de savoir tout ce qui lui était passé par la tête depuis leur séparation. Comment allait-elle pouvoir raconter ça ? Elle n’avait encore jamais détaillé. Elle l’avait déjà dit. Deux fois mais c’était plus concis, moins difficile que là. Pourtant, elle n’attendait que ça pouvoir lui raconter, pouvoir enfin lui dire pourquoi et comment. Lui dire qu’elle avait tremblé à chaque bruit de pas à l’extérieur de sa cellule en se demandant si on ne venait pas mettre son amie dans l’une d’elle. Qu’elle avait guetté son visage dans la foule des prisonniers libérés au cas où sa trahison lui avait coûté sa liberté. Qu’elle avait eu tellement peur de lui dire, d’avouer que celle qui se comportait en héros n’était qu’une lâche. Au-delà de la joie de la voir saine et sauve, elle avait tant craint la perdre. On lui avait assuré que ça ne ferait pas d’elle une paria mais elle aurait préféré l’être si ça lui permettait de la garder comme amie… Non, elle se mentait. Elle ne supporterait jamais l’idée de devenir une paria, une rejetée, une ignorée. Elle préférait encore devoir supporter les regards et les ragots.


La marchombre la fixa dans les yeux. Elle attrapa son regard, le cadenassa et jeta la clef. Par ses mots, elle fit trembler la vaillante guerrière. Il était vrai qu’elle avait espéré en vain qu’Ichel lui pardonne sur le coup. Que comme les autres, elle lui dise que ce n’était pas sa faute, qu’elle ne la jugerait pas pour ses choix. Mais non, au lieu de ça, elle lui avait tourné le dos, elle s’était isolée. Et, elle, égoïste au possible avait trouvé ça long. Elle s’était demander quand est-ce qu’on lui pardonnerait ou donnerait ou donnerait l’occasion de s’excuser. Mais à quoi bon ? A quoi bon attendre sans s’expliquer ? Elle n’avait pas réfléchit à ce qu’elle aurait pu penser dans la situation inverse. Elle ne pensait toujours qu’à sa pauvre petite souffrance sans se soucier de celle des autres. Elle était pareille avec tout le monde. Pourquoi ne disait-elle rien à Kirfdéin ? Il devait savoir de sa bouche, pas de racontars. Il devait savoir pour Lian avant que celui-ci ne décide de la trouver. Elle devait être forte.


L’édifice bancal de ses certitudes s’ébranla encore. Elle sentit des larmes poindre. Elle s’imagina à la place de la marchombre. A lutter contre le désir fou et un peu idiot qui lui dictait de sauter dans le tas et de les libérer tous. Elle se vit tapie dans le noir ou au détour d’un couloir, guetter LE signal. Elle aurait été libre alors que son amie croupissait au fond d’un cachot, sûrement affamée et blessée. Elle n’aurait pas dormis non plus, elle aurait repassé tous les moments en se demandant « Et si… ? ». Elle aurait passé ses nuits à tourner autour du lieu, à chercher des entrées secrètes possibles, à chercher un plan à la bibliothèque, à regarder le ciel en se disant que son amie na pourrait peut-être plus jamais le revoir. Elle serait peut-être devenue complètement folle. Sans aucun doute même. Elle aurait tout fait pour se battre le jour de la Reprise. Tout fait pour la revoir. Elle aurait tant eu peur de la retrouver morte ou complètement changée. Comment aurait-elle réagi si on lui avait dit que cette amie l’avait dénoncée ? Mais merde ! Pourquoi n’y avait-elle pas pensé plus tôt à cela ? Pourquoi n’avait-elle pas réfléchi un peu plus ? Au fond d’elle, elle savait qu’elle n’avait pas eu le choix, que c’était ça ou tout dire. Tout. Elle avait choisi la facilité. Comme d’habitude.


-Je me suis battue avec beaucoup de volonté. Au début. Je croyais que je pourrai les vaincre ces deux hommes. Mon genou défaillant m’a perdue. Je me suis débattue, j’ai tenté de Lui résister… mais Elle était trop forte. J’ai eu si peur de ne pas pouvoir me retenir, si peur de ne pas être assez forte pour ne rien dire si…Elle me torturait. Son œil unique me menaçait. Je ne l’oublierai jamais. Alors j’ai parlé. Juste vos noms, vos trois noms. Pas ceux de la résistance. Juste les vôtres. Sur le coup, c’est ce qui m’a semblé le mieux. J’ai abdiqué, je me suis salie et je vous ai mis dans la merde.


Elle marqua une pause. Devait-elle parler de l’enfermement ? Devait-elle tout dire ? Elle continua. Soyons sincère jusqu’au bout.


-Puis ce fut le noir. Pendant des semaines. Des mois. Je ne veux pas me souvenir. Seule je serais devenue folle. Avec Kirfdéin, j’ai survécu, je n’ai pas perdu espoir. Je voulais tenir jusqu’au moment où on viendrait me dire que j’avais fini de souffrir. Fini d’entendre ses cris de douleur quand on lui faisait ce à quoi j’avais évité. Il ne m’a jamais posé de questions. Il a compris tout seul. Et moi j’avais honte. Honte de ne pas être à sa place. De la culpabilité aussi. J’avais peur pour vous.


Elle avait fini en chuchotant, comme si les souffrances de Kirfdéin ne devaient pas être dites à haute voix. Il était si renfermé. Il n’avait rien dit à personne. Il gardait pour lui et elle essayait de l’aider. Mais comment venir en aide à quelqu’un quand on s’y accroche comme à une bouée de sauvetage ? Halina, se lança dans à nouveau dans son récit.


-J’ai retrouvé la lumière. Je ne dors plus. Je n’ose plus fermer les yeux. Je la vois partout. J’ai peur. J’ai mal. J’ai pas pensé à toi comme j’aurai du. Cette peur irraisonnée me rend égoïste. Je suis pitoyable.


Elle sourit pâlement, de ces sourires qui tentent de vous dire : je vais bien. Elle s’était presque recroquevillée, comme si était de retour dans le noir et humide cachot. Elle n’avait pas pleuré. Assez de larmes. Elle avait essayé d’être rapide et claire. Halina avait fixé son amie dans les yeux pendant presque toute son explication.




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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Mer 4 Jan 2012 - 16:59

[Aaaaaaaah je n'ai aucune excuse valable pour ce retard, je suis trop nulle. mea culpa. j'ai honte --' tu me pardonne ? non, tu ne devrais pas, c'est impardonnable]




Les deux jeunes filles ne s’étaient pas quitté des yeux. Pas une seconde. Elles avaient parlé l’une après l’autre, déballant un long monologue et dévoilant à l’autre toute la nature de leur passé et de leur peurs. Elles avaient toutes deux soufferts. Différemment, mais pour la même raison. Pour l’autre. Pour l’amie. Ichel se mordait la langue. Pourquoi avait elle insinué que la guerrière était égoïste ? En réalité c’était elle, elle haïssait sa sincérité et sa grande gueule. Halina avait énormément souffert, bien plus qu’elle-même. Elle était en danger alors que la marchombre respirait à l’air libre, encore apte à se mouvoir et à se protéger. Son amie ne le pouvait pas, elle était enfermée entre quatre murs froids et plongée dans la nuit, avec comme seule son la promesse d’une souffrance proche. Elle avait souffert plus qu’Ichel et cette dernière osait lui dire le contraire.
Pourtant la marchombre lui en voulait et ça, elle ne pouvait s’en empêcher. Elle lui en voulait de s’être fait prendre, de l’avoir laissé, d’avoir souffert, de l’avoir trahit. C’était elle l’égoïste. C’était Ichel. Halina s’était battue avec courage contre des mercenaires qu’elle savait plus fort, simplement pour laisser le temps à ses amis de s’enfuir. Fuir. Se qu’elle pouvait détester ce mot. Une tentation si forte lorsqu’on est dans une mauvaise posture, une tentation que tout le monde éprouve un jour, une tentation contre laquelle il est difficile de résister. Halina était courageuse. La kaelem écoutait les paroles de son amie, mais seuls quelques mots marquaient son esprit au fer rouge.
Perdue.
Débattue.
Résister.
Elle… trop forte.
Peur… retenir.
Peur… rien dire.
Elle… torturait.
Œil unique… menaçait.
Jamais.
Juste les vôtres.
Abdiqué.
Salie.

Halina s’en voulait, elle ne dormait sans doute plus. Les cernes qu’on devinait sous ses yeux prouvaient les paroles qu’elle offrait à son amie. Des cernes présentes sans doute depuis son enfermement. Depuis des mois. Ichel l’obligeait à se remémorer ses pires souvenirs, mais elle voulait savoir. Et elle pressentait que de son côté, Halina voulait lui dire. Elle avait souffert, mais pas seule. Elle avait gardé espoir grâce à l’homme auquel elles avaient parlé derrière le mur. Halina avait évité le pire et Ichel était soulagée, mais pas assez pour arrêter cette stupide mascarade. La teylus avait survécu grâce à l’inconnu, mais celui-ci lui avait infligé de par ces cris interminables cette sensation de culpabilité. De honte. Ichel avait deviné ; son amie ne dormait plus. Elle avait peur, elle avait mal. Elle La voyait partout. Mais qui donc ? Qui voyait-elle partout ? Sûrement la femme à l’unique œil. Qui était-elle et que lui avait-elle fait ? Ichel fulminait. Faire autant de mal à autant de personne pour rien d’autre que le pouvoir. Ces gens-là ne méritaient rien, pas même la compagnie d’un âne. Les derniers mots touchèrent la marchombre au point sensible.


- … j’ai pas pensé à toi comme j’aurai du. Cette peur irraisonnée me rend égoïste. Je suis pitoyable.

Le sourire qui suivit ne fit guère mieux. Un sourire faussement réconfortant. Un sourire qui voulait écarter l’inquiétude. Un sourire que la marchombre connaissait trop bien pour l’avoir vu à plusieurs reprises. Elle savait se qu’il voulait dire, elle savait que ce n’était qu’un mur protecteur de plus. Halina n’allait pas bien. Pas bien du tout et elle se voilait sans doute la face.
Voyant qu’elle avait fini son récit, la kaelem quitta son amie du regard pour se lever. Elle fit quelques pas et se retourna vers la petite brune qui s’était levée à son tour. Elle paraissait si frêle à côté du muret, si désemparé, si triste. Ichel aurait aimé lui dire que tout allait aller de mieux en mieux, mais elle ne le pouvait pas. Si son amie ne passait pas le cap, elle ne s’en sortirait pas. Elle devait réagir et arrêter de s’enfoncer dans le gouffre béant sous ses pieds, ce gouffre qui l’attirait irrésistiblement dans son abîme sans fond. Mais comment réagir lorsque personne n’est là pour nous donner le coup de pouce qu’il faut ?! Kirfdéin était son épaule, son réconfort, mais pas son coup de pouce. Il était tout pour elle sauf cela.
Ichel tourna le dos à son amie, elle avait besoin de réfléchir encore un peu. Pitoyable. Halina se voyait presque comme si elle avait commandité elle-même l’attaque des mercenaires. Egoïste et pitoyable. Elle représentait tout sauf ces deux adjectifs, mais elle ne le voyait pas. Ses pensées se focalisaient sur se que les autres penseraient de la seule mauvaise chose qu’elle avait fait. Elle se focalisait sur sa trahison et oubliait tout le reste. La marchombre n’en pouvait plus de voir l’esprit de son amie torturé. Ses poings se fermèrent instantanément. La colère. Elle n’avait pas pu être là pour elle avant, ça allait changer. Maintenant.


- T’es pas pitoyable.

Soufflant ces quelques mots dans un murmure, elle se retourna vivement et envoya son poing en direction de Halina. Cette dernière évita de justesse le geste pourtant si rapide. La main de la marchombre resta suspendue en l’air à quelques centimètres de la joue de son amie. Elles se toisèrent l’une perdue, l’autre en colère. Quelques secondes qui semblaient durer une éternité. Ichel voulait la faire réagir quitte à se qu’elle s’en reçoive plein la figure. Cela faisait trop longtemps qu’elles souffraient autant l’une que l’autre et qu’elles s’évitaient. Il fallait que tout cela s’arrête et maintenant. Le pied de la kaelem décrivit une courbe parfaite vers la teylus. Pas de réaction. Elle évitait tout simplement. Ichel surenchérissait encore et encore, mais Halina semblait ne pas vouloir faire de même.

- Bon sang, attaque-moi ! Je continuerai tant que tu ne m’auras pas frappé !

Les yeux de la marchombre, fixes et indéchiffrables, ne quittaient pas la guerrière. Pourquoi la provoquait-elle alors qu’il y avait quelques minutes tout s’arrangeait ? Personne n’aurait su le dire, mais une chose était certaine, la guerrière devait se battre. Frapper encore et encore. Frapper cet œil qui venait troubler ses nuits, cet œil unique qui l’effrayait tant. Un œil qui la guettait à chaque tournant. Un œil que la kaelem rêvait de percer afin de libérer les rêves de son amie. De sa seule amie. Il fallait qu’elle se batte, qu’elle affronte ses peurs. Qu’elle les écrase d’un geste. Ichel savait qu’elle en était capable. Il lui fallait juste faire le premier pas, avec un peu d’aide si cela était nécessaire. Et cela l’était.

- Frappe-moi ! Frappe-La ! Frappe par la Dame ! Tu ne te déferas pas de cet œil si tu ne te bats pas !! Tu es stupide !

La marchombre frappait encore, mais son amie évitait. Toujours. Ichel l’atteignit enfin dans les côtes, mais elle ne bougeait toujours pas.

- Peut-être que je me suis trompée après tout et que t’es pitoyable au point de ne pas te rendre compte que tu t’enfonce ! Oui, ne me regardes pas avec ces yeux-là, ta peur te dévore de l’intérieur et t’es trop bête pour t’en rendre compte !

Nouvelle tentative. Aucune réaction.

- Frappes imbécile !!

Ichel avait tenu parole. Il n'y avait eu aucunes remarques.




[ah oui, à part ça, si y a un problème, mp et j'édite Very Happy ]



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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Mer 18 Jan 2012 - 19:07

Ichel l’écouta avec attention, silencieusement. Elle attendit qu’elle eut finit son monologue pour même bouger. Il y avait une sorte de tension dans l’air. Quelque chose qu’Halina ne comprenait pas. Son amie se leva du muret et fit quelques pas alentour. Ne sachant que faire, la guerrière se leva aussi, un peu perdue. Elle savait qu’elle aurait certainement besoin de réfléchir à ce qu’on venait de lui dire mais… pourquoi se levait-elle ? Devait-elle toujours nécessairement bouger ? Ca l’angoissait de ne pas savoir à quoi son amie pensait. Le silence ça allait bien deux minutes mais après il fallait s’exprimer. C’était pas compliqué. La jeune femme en avait un peu marre de guetter un signal positif de la part de la marchombre. Elle était fatiguée. A bout de force. Pourquoi fallait-il que le sort s’acharne sur elle à ce point ? Elle ne lui avait rien fait au Destin. Elle avait juste été égoïste. Etait-ce un crime ? Allait-elle éternellement pour ça faute ? Elle ne croyait pas nécessairement en le Dragon et la Dame mais ces temps-ci, elle se surprenait parfois à leur demander de faire preuve de clémence. Elle pensait qu’elle en avait déjà assez fait pour se faire pardonner. Elle aurait voulu que le sort s’acharne enfin sur quelqu’un d’autre. Ce qui était encore égoïste de sa part.


Finalement, la jeune femme déclara qu’elle n’était pas pitoyable. Et Halina ne sut pas trop comment le prendre. Qu’est-ce que cela voulait dire ? La marchombre comprenait-elle son geste ? La pardonnait-elle ? Ou est-ce que cette phrase plutôt sibylline ne signifiait que le contraire ? Halina ne lisait pas dans les esprits. Elle ne pouvait pas savoir ce que pensait vraiment son amie. Et si surtout elle pourrait un jour retrouver leur complicité passée. Elle lui avait demandé son pardon en espérant que tout rentrerai dans l’ordre mais rien ne serait certainement pareil entre elles. La guerrière n’arrivait pas à la réaliser. Elle en demandait toujours trop aux autres de la même manière que sa vie la poussait à en faire toujours plus. Lian la forçait à devenir plus forte et plus indépendante, la Mentaï l’avait vu comme une ancienne elle, ce qui l’angoissait, et les autres l’obligeaient à ne rien montrer de sa peur ou de son sentiment d’échec ou de culpabilité. Paraître telle qu’elle ne l’était pas. Ce n’était pas sain. Elle n’était plus la même que lorsqu’elle était entrée pour la première fois dans l’Académie, pleine de certitudes et d’espoirs. Avait-elle vraiment progressée ? En tant que guerrière ? Et en tant que femme ? Rien n’était moins sûr.


Ichel la frappa. Enfin, elle frappa mais la guerrière évita le coup, interloquée. A quoi jouait-elle ? A quoi rimait ce petit jeu ? Allait-elle continuer longtemps à tenter de la frapper ? Halina se contenta d’esquiver les coups qui pleuvaient. Elle ne comprenait pas l’intérêt, et n’était pas sûre de vouloir le connaître. Elle se sentait détachée des évènements. Comme de plus en plus. Ça lui prenait souvent de regarder la scène qui se déroulait sous ses yeux comme si elle n’était pas vraiment elle. Comme si son corps se dirigeait seul. Parfois, il lui semblait qu’elle n’était plus vraiment là. Son esprit était son dernier bastion quand elle se sentait dépassée par les évenements. Parfois, Halina se sentait vieille. Elle soupira silencieusement contre son propre détachement. Ne pas laisser paraître que c’est la guerre dans ma tête. Comment réagir ? Elle savait par contre qu’Ichel ne la frappait pas juste dans le but de lui faire du mal. Il y avait autre chose derrière tout ça. Elle le sentait sans encore comprendre. Ah, il fallait donc qu’elle la frappe. Non, jamais de la vie. Elle lui en avait déjà bien assez fait comme ça. Elle s'exclama, peut-être un peu trop sérieuse:


-Non ! Je ne frappe pas une amie ! Je ne te frapperai pas !...


Elle comprenait maintenant l’acharnement d’Ichel. Celle-ci voulait qu’elle frappe la Mentaï à travers elle. Qu’elle passe sa colère sur elle. Non. Halina n’était pas actuellement en colère. Et cette colère sourde, tenace et bouillonnante qu’elle pouvait sentir au fond d’elle… Elle ne voulait pas lui laisser le champ libre. Cette simple impression qu’elle ne parviendrait peut-être pas à la contrôler l’empêchait de rentrer dans le jeu de son amie. La bride ne serait lâchée qu’en face de celle qu’elle jugeait responsable. Si elle la revoyait un jour. Pas qu’elle ait réellement de se mesurer à elle tout de suite… Peut-être quand elle aurait cessé d’hanter ses cauchemars ou quand elle aurait progressé. Quand elle serait Acier, elle serait plus en mesure d’envisager un jour se venger. Ou peut-être qu’elle formerait un groupe de gens qui en voulaient à celle qui s’appelait Marlyn puisque par ses choix de vie, elle devait avoir pas mal d’ennemis. Elle fondrait une confrérie anti-Marlyn et éradiquerait toutes les personnes portant ce nom lorsqu’elle serait devenue le Maître ultime du monde ! Ce ne serait pas aisé de s’échapper de son emprise mais elle y arriverait. Ou alors, elle serait perdu pour toujours. Non maître de son propre esprit. Elle continua enfin, à l’adresse de la marchombre qui continuait de s’acharner en la touchant parfois :


-Tu sais pourquoi ? Parce que je ne pourrai jamais penser que tu es Elle ! Tu ne peux pas te substituer à Elle. Je ne le veux pas.


Elle baissa la voix sans le vouloir comme si ce qu’elle racontait était d’une importance capitale et que cet aveu devait être protégé des oreilles indiscrètes. En réalité, elle ne disait pas grand-chose de plus que ce qu’elle avait déjà avoué. Elle se déporta sur la droite pour esquiver un coup, se baissa, respira plus vite quand un pied la frôla d’un peu trop près et se reconcentra sur la discussion plutôt que sur les attaques. Tant pis si elle allait avoir des bleus. Ils étaient mérités de toute façon. Halina déclara toujours avec ce ton linéaire :


-Parce que si je le fais, je me perdrai définitivement. Tu as le droit de me taper dessus après ce que je t’ai fait. Mais jamais je ne te frapperai dessus de cette manière.


Halina avait compris la raison du geste d’Ichel et elle était touchée. Mais elle n’aurait jamais cru que les marchombres avaient pour habitude de régler leurs problèmes dans la colère et en se défoulant sur les autres. Elle devait avouer qu’elle avait été étonnée par la proposition d’Ichel. Elle ne se serait jamais attendue à ça de la part de son amie habituellement plus... Non, les adjectifs discret, posé ou encore rationnel ne s’appliquaient définitivement pas à la jeune femme aux cheveux de jais devant elle. La guerrière sourit en terminant :


-Je sais pourquoi tu veux faire ça, et je t’en remercie. Mais non. Tu peux continuer à frapper, je ne te rendrai pas la pareille.


Et elle croisa les bras en signe international de refus et de défense. Elle avait peur d’en avoir trop dit sans avoir été claire.


[ T'es pardonnée parce que je suis moi-même en retard Rolling Eyes Edition comme toujours possible ! ]


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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Ven 2 Mar 2012 - 20:37

[ Désolé du retard, je n'ai aucune excuse --' ... par contre, je pense qu'on peut clore ce rp magnifique avec un dernier post de toi (si tu en as envie bien sûr ^^) et puis, édition à volonté =D ]

Ichel se stoppa net dans le vide devant le refus net de son amie. Son dernier geste hué par le silence. La marchombre resta perplexe devant la volonté d'acier de son amie. Comment faisait-elle pour ne pas flancher, pour rester ainsi de marbre ? Ichel était trop impulsive. Elle s'était souvent demandé pour quelles raisons elle s'était retrouvée chez les kaelems, mais à présent la réponse s'imposait d'elle-même. Elle était aussi téméraire qu'eux, aussi impulsive, aussi bornée, aussi ignorante. Elle attaquait toujours les problèmes de face. Depuis quelques temps, elle s'en rendait de plus en plus compte. Elle ne réfléchissait plus par se qui lui servait auparavant de tête. Ses muscles fonctionnaient plus rapidement que son cerveau. Elle le voyait bien, mais n'était que simple spectatrice. Elle n'avait pas moyen de faire autrement. Sans doute à cause de toutes ses choses qui lui étaient tombées dessus d'un seul coup, sans prévenir. Elle n'avait pas vu le coup venir. Un jour tout va très bien et le lendemain tout s'effondre. Ce fut le cas pour la jeune fille. Maître, amis,... frère. Tout se confondait, mais tout se rassemblait en un seul centre, en un seul point. Du jour au lendemain, à cause de cette foutue bataille, tout s'était effondré. Comme un château de cartes. Elle n'avait pu éloigner le vent qui l'avait fait flancher.

Son amie se dressait toujours devant elle. Immobile, tout comme elle. Ichel ne savait que dire, elle ne savait que faire. Tout était confusion dans sa tête. Elle savait qu'elle ne lui en voulait pas, mais elle se sentait nulle. Ridicule. Presque pathétique. Elle avait insulté son amie alors qu'elle aurait dû la consoler, lui dire que tout allait s'arranger, que tout allait redémarrer. Que le moteur avait seulement besoin d'une bonne vidange et après il roulerait comme neuf. Mais ces mots, elle n'avait pu les dire. Elle n'y avait pas penser, car trop de choses la tourmentait. Elle ne méritait pas l'amitié de Halina. Cette dernière ne demandait qu'une seule et unique chose : le réconfort et enfoui derrière, le pardon. La jeune fille n'avait même pas eu besoin de se soumettre à ce dernier, l'évidence même l'avait contrainte. Certes, cela avait été un peu dur au départ, mais elle l'avait toujours su. Rien ne pouvait la mettre en colère contre son amie. En revanche, elle n'avait su lui offrir le premier. Le réconfort qu'elle avait tant cherché. Pas celui de l'amant, mais celui de l'amie. Celui de celle qui rit à ses blagues, qui sourit à chaque mot, qui partage ses journées, qui est tout simplement là. La guerrière avait simplement cherché l'oreille de son amie qui l'avait fuit. Ichel s'en voulait. Comment n'avait-elle pas perçut l'appel ? Quand était-elle devenue sourde à ce point ? La honte recouvrit alors son visage et son coeur commença à battre la chamade. Son coeur. Elle l'avait oublié. Elle l'avait délassé depuis plusieurs semaines, oubliant jusqu'à son souffle, jusqu'à son doux son si apaisant. Seul. Ses muscles, son incompréhension et sa colère avaient remplacé tout se qui la définissait. Son esprit et son coeur. Elle s'était perdue.
Un battement. Puis deux, trois, sept, vingt, cent... Son coeur battait. Il battait et vivait. Elle se rendit soudain compte de son erreur. Des erreurs qu'elle avait accumulé depuis les dernières semaines. Se refermant sur elle-même, ses yeux et ses oreilles s'étaient refermés d'eux-même empêchant le reste du monde de l'atteindre. Elle n'avait donc pas perçu plus tôt l'appel muet de son amie. Elle avait besoin d'elle, mais elle ne l'avait pas vu. Quelle idiote. Halina s'en voulait, d'une manière dont Ichel ignorait la nature, mais n'était-ce pas elle-même qui s'était refermée ? Une larme roula sur sa joue et dégringola jusqu'au sol dans un silence unique.

Son regard se releva pour se plonger dans celui de la guerrière. Les deux jeunes filles s'observèrent, chacune respectant le silence de l'autre. Un silence bienvenue dans leur altercation. Un silence réparateur. Un silence que la marchombre voulait pourtant à tout prix casser. Ichel chassa une deuxième larme qui tentait de se frayer un chemin vers son nez. Elle voulait parler, mais ne trouvait pas ses mots. Quels mots convenaient le mieux ? Quels mots Halina voulait-elle entendre, lesquels lui feraient le plus de bien ? Mais surtout, comment réparer son erreur. Comment faire pour que leur regard, leurs oreilles, leur coeur soient à nouveaux accordés... Une troisième larme. Halina fit un pas vers la kaelem, mais cette dernière l'arrêta d'un geste avant qu'elle en fasse un de plus. Pas maintenant. Pas pour le moment. La marchombre venait à peine de trouver ses mots.

- Tu es bien moins égoïste que se que tu ne penses. Tu as bien plus de volonté que n'importe quel dessinateur et j't'admire. Regarde moi, je suis aussi immature qu'Elio et aussi bornée que Shawna ! Je ne sais même pas comment tu fais pour me supporter encore. Même si mon geste partait d'une bonne intention, il est stupide et ridicule. Je suis stupide et ridicule en pensant pouvoir me substituer à Elle. Jamais je ne pourrais t'ôter cette souffrance et j'en souffre. J'aimerais pouvoir l'effacer d'un geste, mais jamais je ne pourrais y parvenir. Je te suis inutile...

Elle baissa les yeux. Ses larmes avaient cessées. Enfin. Elle avait tenté en vain de contenir les premières, mais elles avaient détruites le barrage comme si il était fait de vent. Elle respira soudain plus librement. Le wagon était lancé.

- Je suis désolée. Je n'aurais jamais dû commencer cet affrontement. Qui est loin d'en être un...

Un obstacle. Que dire, Ichel n'avait jamais été douée pour les scènes émotions, les actes de réconforts. Mais il fallait qu'elle réagisse. Ne serait-ce au moins pour son amie qui aurait sans doute fait de même. Les paroles de Halina lui revinrent soudain en mémoire ; Ichel répondit enfin aux propos qui avaient précédés sa stupide réaction immature.

- Non, ce n'est pas ta faute. Tu sais,... pour tout se qui est arrivé. Je veux que se soit bien clair ; je ne t'en veux pas. Je ne t'en voudrais jamais. Tu m'es bien trop chère pour cela. C'est de ma faute. Je n'ai pas su percevoir tes appels. Tu avais besoin de moi, mais je n'étais pas là. Je t'ai fuit, pensant qu'à mes problèmes. Croyant naïvement que tout le monde s'étaient tournés contre moi. Même toi... Si tu te définie comme égoïste, eh bien nous avons cela en commun. Je me suis enfermée dans mes pensées, ressassant les derniers instants de la bataille. Les plus durs pour moi... Pour tout le monde, je le sais, mais les dernières images que mes yeux ont imprimées me hantent jours et nuits, sans relâche... Tout le monde se réjouissaient parce qu'on était enfin sur le point de récupérer notre Académie, mais moi... Moi, je me suis effondrée. Mon âme en a prix un coup lorsque tout semblait s'arranger. Lorsqu'il semblait que plus rien ne pouvait nous arriver et nous rabaisser plus bas que le seuil où nous étions arrivés. Mais j'ai réussi l'impossible... J'ai dépassé ce seuil.

Elle fit une pause afin d'essuyer les quelques larmes qui pointaient leurs éclats. Etait-il infiltré ou traître ? Comment le lui demandé alors que lorsque leur regard s'étaient croisés, elle ne savait même pas qu'il était encore en vie. Il était en vie, mais pour combien de temps ? Son frère était-il aux ordres du chaos ? Elle ne le connaissait même plus. Le regard qu'elle avait capté n'était pas celui de son frère. Un monstre l'avait remplacé. Des images tourmentaient son esprit, des images qu'elle aurait voulu ne jamais voir. Iolan, son sabre à la main, entamant une danse mortelle. Une danse irréelle et surprenante de fluidité. Mercenaire. Sa lame s'était enfoui dans ses entrailles, elle avait tué un ami. La jeune fille avait vu son grand frère, son modèle, assassiné de sang froid un kaelem avec qui elle avait partagé un pain aux herbes, avec qui elle avait rit, avec qui elle s'était promené, avec qui elle avait échangé des moments de bonheur. Son frère était un assassin. Un inconnu.
Et à cause de ces pensées, de ces images, elle s'était détournée des personnes qui avaient peuplé son monde durant ces dernières années. Elle avait fuit ses vrais proches. Elle releva une dernière fois son regard pour ne plus quitter celui de la teylus.


- Je me suis renfermée et je n'ai pas su t'entendre. Je suis désolée...

Ichel s'approcha enfin de son amie. Depuis combien de temps ne s'étaient-elles pas réunies, depuis combien de temps étaient-elles aussi distantes ? Ichel ne voulait plus y penser. Elle voulait revoir son amie, partager ses sourires, ses rêves, ses peurs, ses idées, ses pleurs, ses colères, ses rires et bien plus encore. Ichel avait besoin de ses amis plus que tout. Lorek, Einar. Où pouvaient-ils bien être ses deux-là ? Elle avait revu son ami à la peau bleu en ville, mais il n'avait plus reparu dans les jours qui suivirent. Quand à Einar, elle avait été un peu brutale avec lui lors de leur dernière rencontre. Il fallait qu'elle aille s'excuser auprès de lui. Mais pas maintenant. Là, tout de suite, elle voulait profiter de ce moment qu'elle partageait avec la guerrière. Ce moment qu'elles avaient tant cherché depuis des semaines. Ichel sourit enfin. Après tout ce temps, elle lui offrit un sourire digne de ce nom dont Ichel avait le secret. L'atmosphère bondé des quelques minutes précédentes avait disparu. Elles se retrouvaient. La marchombre ne put s'empêcher de verser une dernière larme avant de sauter dans les bras de son amie. Une étreinte qu'elles avaient tant cherché, qu'elles avaient tant attendu. Si longue, elle paraissait infinie. C'était si doux de se retrouver. Elle savait qu'à présent, après se qu'elles venaient de vivre, elles seraient plus unies que jamais. Elles se séparèrent après plusieurs minutes. Un nouveau sourire, cette fois plus sarcastique.

- Qu'est-ce que tu dirais qu'on aille panser ces quelques égratignures que je t'ai offertes ?


_______________
...hanter la tempête et rire de l'archer ??...
Que devient la neige quand elle fond ? Symphonie du printemps.
Que devient un rire qui se brise ? L'ébauche d'une nouvelle farce.



Le secret réside dans les lettres du mot MAGIE
Un brin de bravoure pour cinq-cent-vingt-sept grains de folie o>
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MessageSujet: Re: Tu m'expliques ?... [Terminé]   Sam 24 Mar 2012 - 15:35

Il y eut cet interminable silence. Et les larmes. Soudainement Halina s’en voulait, avait-elle été trop brusque avec son amie ? Elle n’avait pas mâché ses mots mais bon, ce n’était pas dirigé contre Ichel. C’était même plutôt dirigé contre elle-même. Son amie pourrait lire l’incompréhension dans ses yeux. La guerrière était un peu désemparée : d’un côté, elle voulait laisser du temps à la marchombre et ne voulait pas faire le premier pas ; mais, de l’autre elle avait envie de la serrer dans ses bras. D’être comme elle l’était depuis longtemps. La fille un peu trop maternelle. Est-ce que c’était ça d’avoir très peu connu ça mère ? Développait-on un complexe au nom-plus-qu’étrange ? Parfois, elle se disait qu’elle collait un peu trop les gens, à vouloir qu’ils se comportent ainsi ou non. Elle maternait. Avait vraiment envie de tous les protéger. Elle fit un pas en avant et Ichel l’arrêta d’un geste.


Elle se souvenait de cette gamine, cette Félixia arrivée juste avant sa capture. Tia. Elles s’étaient un peu liées et avaient pas mal discuté. Elles venaient toutes les deux de la même cité. Elle connaissait les même lieux et parfois les même personnes. Et puis, il y avait eu cette phase de ténèbres. Et la lumière était revenue. Sa libération. Elle avait cherché du regard ses amis Félixias dans l’infirmerie puis, dans la salle où on les avait réunis pour annoncer la nouvelle. Puis, il y avait eu les corps à ramasser, les amis à enterrer. Parmi eux, il y avait Tia. Et Halina s’était sentie encore plus inutile. Elle en avait pleuré de rage. Elle aurait dû être là ! Elle aurait dû la sauver. Elle n’avait jamais ressenti avant ce sentiment d’inutilité. Elle avait toujours réussi à protéger son monde. Elle avait toujours cru en ses capacités. La jeune femme réalisait pour la première fois qu’elle ne pouvait pas protéger tout le monde. Elle était vulnérable. Elle devait arrêter d’être leur bouclier. Il fallait déjà qu’elle se forge sa propre armure. Qu’elle se blinde. Et après, une fois que sa protection à elle serait assurée, il s’agirait de ne pas retomber dans un engrenage vicieux.


Puis, la marchombre se remit à parler. Elle se dénigrait, elle se sentait coupable de ne pas pouvoir l’aider, elle était désolée… Mais merde, ce n’était pas à elle d’être désolée, il n’y avait pas de raison à ça ! Elle avait le droit de la frapper, elle avait droit d’être chiante. Elle avait le droit de lui en vouloir. Et il y eut les mots. Ceux qu’elle guettait depuis des semaines. Ceux qu’elle espérait depuis un certain temps. Ils n’étaient pas vu seuls, ils étaient accompagnés de toute une ribambelle d’entre eux. Ils arrivaient en masse, libérant leurs esprits. Retirant les poids qu’elles avaient sur le cœur. Ichel avait les yeux brillant de larmes en lui racontant ce qu’elle avait ressenti durant la bataille. Les gens non habituer au combat ont tendance à avoir du mal après à reprendre une vie normale. Et il y avait plus que de la peur du combat. Il y avait autre chose. Une fissure en elle. Et Halina avait certainement dû participer à cela. Elle se sentit mal.


-Tu n’as pas à être désolée Ichel. C’est moi qui le suis.


Les deux amies se regardaient dans les yeux, priant toutes les deux pour que leur amitié ai tenu durant cette épreuve. Elles avaient souffert chacune de leur côté, peut-être était-ce temps de partager leur souffrance. La marchombre essuya ses larmes et sourit. Halina lui répondit de même, un vrai sourire, non forcé. Elles s’étreignirent. Avec bonheur. Heureuses de se retrouver enfin, heureuses de ne pas avoir perdu leur spontanéité. Et la guerrière devait avouer que son amie lui avait manqué. Beaucoup. Leur complicité d’antan avait été une source de grande joie à l’époque. Surtout qu’elles étaient dans la même Maison. Enfin, le passé, c’est le passé, profitons plutôt du présent ! Elle lui proposa d’aller panser ses égratignures avec un sourire qu’elle jugea sarcastique. Elle prit un temps de réflexion pour savoir si elle en avait vraiment besoin. Elle en avait évité la majorité. Ainsi, la jeune femme refusa d’un geste de la main avant de s’expliquer :


-Pas la peine, je survivrai !


Elle ne le dit pas mais elle sentait cela comme une presque punition, ces bleus lui rappelleraient ce qu’elle avait fait et leur discussion pendant quelques temps. Elle pourrait réfléchir un peu à ce que la marchombre lui avait proposée. Est-ce qu’elle avait vraiment envie de frapper la Mentaï. Est-ce qu’elle avait envie de devenir cette personne ? En tout franchise oui. Elle rêvait de vengeance, de lui enfoncer son épée dans l’abdomen. Qu’elle souffre comme elle souffrait. Mais était-ce bien ? Etait-ce pour cela qu’elle voulait devenir une guerrière à part entière ? Finirait-elle par prendre plaisir à tuer des gens ? Halina redoutait tout cela. Elle craignait de devenir celle qu’elle détestait tant. Mais elle savait qu’il y avait du monde près à l’empêcher de devenir folle. Elle ferait face. Et ensuite, elle trouverait une solution.


-Et puis tu sais, en sortant des cours de Sieur Guidjek, j’ai souvent bien plus d’hématomes !


Ichel savait sûrement de quoi elle parlait, elle avait suivi quelques-uns de ses cours. Les cours ouvert à tous. Mais ceux pour les guerriers étaient bien plus durs. Il repoussait leur limites, trouvait leur failles et espérait d’eux qu’ils la comble. Elle se doutait que les examens pour déterminer leurs niveaux ne tarderaient pas à être annoncer, elle sentait cela. Il n’y en avait pas eu depuis la reprise et maintenant que tout était rentré dans l’ordre, ils allaient être testés, comme c’était le cas avant. Halina angoissait un peu pour cela et redoublait d’efforts. Elle ne voulait pas les foirer. Elle espérait bien devenir une Acier. Ce serait un gage pour elle que les efforts paient un jour. En réalité, elle en avait besoin même. Elle avait besoin que des bonnes choses arrivent dans sa vie. Trop de malheur finirait par la tuer. Elle sourit à Ichel tout en proposant :


-Bon allez, rejoignons les autres, c’est l’heure du repas, non ? J’ai une faim de loup !


La jeune femme acquiesça et elles sortirent de leur couloir pour se diriger vers la Grande Salle. Elles reprirent un bavardage futile sur leurs profs et amis. Comme avant. Et Halina savait : ça irait mieux.


[Voila ! J'espère que ce post de clôture du rp te va ! J'aurai mi le temps Smile J'ai beaucoup aimé en tout cas I love you ]


_______________

             
"Obsessed by a fairytale, we spend our lives searching
for a magic door and a lost kingdom of peace"

Eugene O'Neil

Spoiler:
 


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