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 Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]

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Flamme
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MessageSujet: Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]   Ven 2 Sep 2011 - 1:02

C’était vraiment un pari stupide. Certes, il lui permettait, à condition qu’elle le gagne bien entendu, de ne pas avoir à céder sa part de dessert à sa camarade de dortoir. Mais bon, quand même.

D’abord, elle avait eu peur, puis elle avait eu froid. Et à nouveau peur. C’était le sentiment dominant. La peur. La peur du noir, mais aussi celle de se savoir seule. Et puis encore, l’inquiétude de tous ces bruits, étranges, qui l’entouraient, et, encore plus, celle de ces silences angoissants.
Puis le froid était revenu. Mordant, sans pitié. Et ce n’était pas sa légère chemise de coton blanc qui la protègerait. Non, pour cela, il eut fallu qu’elle soit bien plus épaisse et plus chaude... Et frêles bras glacés ne lui seraient, non plus, d’aucun secours, même serrés comme ils l’étaient autour de ses genoux transis, ils ne la réchauffaient pas.

Puis elle n’avais plus réussi à lutter, elle s’était assoupie, la lèvre bleue, la joue rougie, les épaules grelottantes. Et désormais, elle était trempée. La rosée nocturne s’était déposée sur son corps froid et il lui avait semblé que chacune des gouttelettes s’était infiltrée en elle et insinuée jusqu’à ses os.

Et en plus, elle avait faim. Ce n’était pas le minuscule morceau de pain qu’elle avait réussi à chiper discrètement qui aurait suffi à la rassasier, et ses maigres réserves s’étaient vite montrées insuffisantes. Il ne lui restait plus rien, si ce n’était la chevalière de saphir qu’elle tournait et retournait entre ses doigts gourds. Le bleu profond du bijou l’apaisait, elle oubliait, pour un temps, sa situation, quand elle se plongeait dans les méandres colorés de l'émerveillante couleur.

Mais ça ne changeait rien, elle avait toujours froid. Et faim. Et peur.

Mais surtout, elle avait peur. Autour d’elle, résonnaient les bruits de la nature. Très proches. Trop proches. Le hululement d’une chouette, le coassement d’une bande de grenouilles, le battement d’ailes de chauves souris, le sifflement du vent dans les feuilles, le bourdonnement d’insectes, sa propre respiration, tout devenait source de peur. Et puis les odeurs aussi. De temps à autre, une petite brise lui envoyait au visage les fragrances  mystérieuses des sous bois, les parfums des champignons, la senteur des feuilles mortes, mais aussi, parfois, les relents plus inquiétants d’animaux sauvages, des choses inconnues et particulièrement angoissantes. Elle était seule, tout pouvait survenir.

Mais surtout, elle avait froid. À la torpeur de l’après midi d’automne, qui l’avait laissée confiante et tiède, avait succédé le froid brutal de la nuit qui la glaçait et raidissait ses articulations. Le petit souffle qui passait régulièrement la trouvait humide de rosée et s’infiltrait sournoisement au plus profond de sa chair, comme pour la geler encore plus. Ses mouvements, bien que rares car couteux en degrés, s’engourdissaient, ses membres devenaient secs et cassants comme des brins d’herbes couverts de givre les matins d’hiver, quand le soleil n’est pas encore levé. Tout autour d’elle était froid. Tant le sol gras d’herbe verte sur lequel elle était assise que le tronc dur et noueux contre lequel elle était adossée. Nulle part ne subsistait la chaleur.

Mais surtout, elle avait faim. Une faim tenaille qui lui broyait le ventre à chacune de ses inspirations. Son estomac gargouillait, protestait de tant de négligence à son égard, et son cerveau, furieux, envoyait sans cesse des messages d’alerte, la priant d’ingérer quoi que ce soit au plus vite. Mais à la simple idée de manger, elle était tordue de douleurs, de crampes lancinantes qui lui rappelaient son maigre repas.

Mais surtout, c’était la solitude qui lui donnait envie de pleurer des larmes qu’elle n’avait plus.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]   Ven 2 Sep 2011 - 21:08

Il était tôt, c'était certain.

Dans le dortoir des Kaelems, seul un lit était vide. Lya ne savait pas à qui il appartenait, mais son propriétaire n'y était plus depuis longtemps déjà. En effet, la jeune marchombre était réveillée depuis plus d'une heure et le lit était déjà vide. Dans tout les autres, on pouvait distinguer les bosses formées par les corps endormis, sauf dans celui-ci. Sans s'en formaliser, Lya se redressa, puis se leva en prenant soin de ne réveiller personne. Elle revêtit rapidement son uniforme, passa ses doigts dans ses cheveux avant d'y ajouter son éternel bandeau bigarré, accrocha à son avant-bras sa gaine et son poignard, enfila des chaussures de cuir souple, puis sortit sans parvenir à éviter l'habituel "clap" de la poignée de porte.

Une fois dans le couloir, Lya s'approcha d'une des grandes fenêtres. La vitre était constellée de minuscules gouttelettes d'eau et d'un nuage de buée qui rendait le paysage méconnaissable. Les couleurs étaient les mêmes, mais les formes et les lignes des objets étaient floues et déformées. Le paysage ressemblait à un tableau abstrait assez extravagant. Pour qu'il y ai autant d'humidité sur les fenêtre, il avait du faire vraiment froid cette nuit. Lya recula son visage de la surface transparent qu'était la vitre, puis descendit à la grande salle. Son ventre criait famine, et c'était surement la raison pour laquelle elle s'était réveillée aussi tôt.

La Kaelem poussa la porte de la grande salle. Il n'y avait presque personne. Seul un assistant du Maître cuisinier préparait les tables, et un groupe de trois Teylus s'expliquaient, à grand renfort de gestes, l'un des cours qu'ils semblaient avoir eus la veille. Lya salua le jeune homme qui déposait du pain sur chaques table, saisit un couteau, un pot de confiture de pomme et s'installa le plus loin possible des Teylus. Pendant qu'elle déjeunait, seul une Aequor entra dans la salle, et alors que Lya sortait, les trois Teylus n'avaient toujours pas bougés.

La jeune femme n'avait rien à faire. Rien du tout. Pas de cours de quoi que se soit prévu pour la journée, ni aucune sortie quelconque à Al-Poll. Elle allait devoir tuer le temps. Et ça lui allait parfaitement. Le ventre plein, habillée chaudement, sûre d'elle et en surplus de compagnie, Lya prit la direction des jardins. A cette heure, elle était certaine de ne croiser personne. La Kaelem passa par le portique Ouest. Elle marcha d'abord tranquillement vers son arbre, mais très vite, la certitude d'échouer encore une fois la fit se rétracter. Elle se serait à nouveau mise en colère, et cela n'aurait servi à rien d'autre qu'à lui gâcher sa journée. La jeune femme changea donc de trajectoire et sa main droite vint naturellement effleurer le poignard caché sous sa manche. Lya caressa alors l'idée de s'exercer au lancé de son arme. Pour cela, il fallait qu'elle se rende au clos d'exercice, et elle n'en avait pas non plus envie. Faisant une nouvelle fois demi-tour, Lya longea l'académie, lorsque soudain, assise contre un arbre, une tunique bleue.

La Kaelem voulu d'abord faire un détour pour l'éviter, mais en reconnaissant le chevelure blonde de sa complice du cours d'Alchimie, elle décida de s'approcher. Les vêtements, tout comme les cheveux et tout le corps de Gwëll étaient imbibés d'eau. Dans les yeux de la jeune femme brillaient des larmes qui semblaient retenues, et on s'apercevait sans peine que l'Aequor grelottait de froid. A la fois consternée et embarrassée de ne pas trouver la jeune femme d'habitude joyeuse et pleine de vie dans un si piteux état, Lya ne su pas trop comment réagir. Enfin, elle finit par demander:


-T'as pas dormi ici quand même?


Face à l'absence de réponse et aux grands yeux de la jeune femme, elle continua:

-Quoi? T'as plus le droit d'entrer dans ton dortoir, c'est ça? C'est un pari stupide? Ou alors on t'empêches d'accéder à ton lit juste pour te faire ch***? Parce que si c'est ça, il reste des lits dans notre dortoir, tu peux venir tu sais. Pis faut le dire. Faut pas te laisser faire. Merde Gwëll, bouge, dis quelques chose, me laisse pas comme une nouille à essayer de deviner ce que tu fait la, trempée et grelottante de froid.


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Dessinatrice
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MessageSujet: Re: Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]   Lun 5 Sep 2011 - 1:14

Enelyë s'était réveillée, trop tôt encore une fois. Trop tôt... Cela devenait son habitude, son heure. Aux alentours de 5 heures du matin, elle se réveillait. Elle se leva, sa couverture plaquée contre son corps de porcelaine, puis se rassit sur le lit en soupirant. Elle regarda autour d'elle, et ne vit rien d'autre que des lits où dormaient des élèves. Elle cacha son visage avec sa main, comme si quelqu'un avait pu la voir. Puis, au bout d'une dizaine de minutes, elle se releva, sans faire de bruits. La dessinatrice passa son uniforme, tenta vaguement de donner une forme normale à ses cheveux, puis sortit sur la pointe des pieds. Telle une ombre, elle se faufila à travers la porte entrouverte -le dernier qui était entré avait dû mal fermer- et sortit, prenant soin de refermer doucement la porte. De toutes façons, ils se levaient tous en même temps...

Les couloirs lui semblaient étrangement ternes. Mais peut-être était-ce parce qu'ils n'étaient que faiblement éclairés. Comme si les élèves ne pouvaient pas se balader alors que le jour n'était pas encore levé. Enelyë retenta l'épreuve des bras. Mais elle ne touchait toujours pas les deux murs en les tendant. Il aurait fallu au moins deux Enelyë pour ça. Voire même trois ou quatre oucinqouetc.. Elle replia ses bras sur elle-même, cherchant à se réchauffer un peu. Il ne faisait pas particulièrement froid, mais une dessinatrice c'est fragile et ça a froid. Elle en tout cas.

N'ayant rien à faire, la jeune femme décida de se promener dans l'Académie. Depuis la destruction de Lotra, elle n'avait pas fait de tour dans les bâtiments mais elle pensait que pas mal de choses devaient avoir changé. Mais en réalité, à part quelques détails, l'Académie restait égale à elle-même. Le sol du hall avait certes changé, mais il était à nouveau usé comme la première fois qu'elle l'avait foulé. Si pendant un moment, les élèves avaient tenté d'éviter vainement d'y marcher, rapidement, ils convinrent silencieusement qu'ils ne pourraient pas éternellement s'en détourner. Quant à l'aile est de l'Académie, seul le troisième étage s'était retrouvé condamné. La jeune femme se demanda un instant si les nouvelles maisons prenaient leur place à l'emplacement des anciennes, ou si tout avait bougé.

Le temps avait passé. Enelyë se dirigea vers les jardins. Sans nul doute, il y ferait bien plus frais que dans l'Académie, mais qu'importe. Elle n'avait pas pris sa veste, et doutait réellement de son utilité. De toutes façons, elle avait toujours froid. Et puis, qui lui dirait de se vêtir plus chaudement ? Actuellement, elle était seule. Comme elle l'était depuis la mort de son père. Comme elle l'était depuis qu'elle avait compris ce que pouvait avoir ressenti Ciléa, après ces images. Comme elle l'était, depuis toujours.

Elle se dirigeait au hasard, se prenant les pieds dans les racines, trouvant son chemin par intermittence. Il y avait un léger brouillard, dû sans doute à l'heure beaucoup trop matinale. Néanmoins, elle entendit une voix. Qu'elle reconnut. Cette voix, elle l'avait entendu pour la première fois dans le parc. C'était la voix de Lya. Elle capta quelques mots, comme "pari", "dortoir", "Gwëll"... Gwëll ? C'était une des filles du cours de dessin, ça, non ? Enelyë se glissa doucement vers les deux jeunes femmes. L'Etincelle était repliée sur elle-même, tremblante, sans doute de froid, et la marchombre était penchée au-dessus d'elle, comme une sorte de barrière, une sorte de protection.

La dessinatrice ne réfléchit pas un instant de plus. Elle s'approcha et dessina un peu de feu, et elle sentit alors la douce chaleur s'insinuer en elle.

- Gwëll, explique-nous.

Son ton avait été calme, sa voix douce, et elle tentait ainsi de rassurer l'autre dessinatrice.


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Flamme
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MessageSujet: Re: Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]   Lun 12 Sep 2011 - 22:05

Ne plus rien ressentir.
Des heures durant, elle en avait rêvé. Elle avait souhaité de tout son cœur que tout s'arrête, que la nuit s’achève.
Puis, avec le crissement des criquets, s’étaient éteint la peur, le froid et la faim. Seul avait demeuré son regard. Comme si elle n’était plus que par ses yeux. C’était pour le moins étrange, mais elle n’avait plus vraiment conscience.

Assise par terre, elle fixait le ciel. Ce ciel froid et obscur d’automne que la lune éclairait avec flegme au gré de ses envies. De temps à autre, un nuage, de passage, accrochait son regard. Et, alors qu’il dérivait lentement, ses yeux revenaient se fixer sur la voute céleste avec ses étoiles pales et sa trame sombre.

Une éternité sembla passer. Puis, au terme d’une attente silencieuse et immobile, le ciel se mit à trembler. C’était en réalité, plus qu’un tremblement, une ondulation. Comme si il se secouait pour se sortir d’un mauvais rêve.
Puis il parla. Le ciel parlait... le ciel parlait ! Le ciel parlait ? C’était à croire qu’elle devenait folle. Ou que, à l’article de la mort, la Dame s’adressait à elle afin de lui demander ses dernières volontés. Mais la voix, fut elle celle de l’entité divine, était inaudible. Pas un mot n’était compréhensible.
Gwëll s’inquiéta, elle aurait souhaité savoir, comprendre. La mort n’était elle pas, paradoxalement, un des plus grand mystères de la vie ? Rares étaient ceux qui s’essayaient à en parler.

'‘Je suis morte...?’'

Sa voix avait vacillé, puis elle s’était élevée dans le silence froid de la nuit, haut, vers les étoiles. Ses échos avaient résonné longtemps dans la tête vide de la jeune fille. Puis le silence lui avait répondu, digne, froid, hautain. Alors ses yeux s’étaient emplis de larmes. Elle allait mourir sans savoir comment. C’était trop bête.

Une larme, unique, roula sur la joue rougie par le froid. Une larme qui glissa le long de sa gorge, jusqu’au col de sa chemise où elle disparut. Dans son angoisse, elle ne cessait de sangloter, bien que les larmes attendues ne sortent pas, et sa poitrine se soulevait irrégulièrement sous l’action de violents spasmes musculaires. Ses poings se serraient comme pour l’ancrer davantage dans la réalité.
Puis, comme une muraille aurait rompu sous un assaut continu, la barrière qui l’isolait du monde extérieur implosa. Le froid s’insinua en elle, la peur retomba sur ses épaules comme une chape de plomb et la faim s’ancra en elle comme une vrille acérée.

De nouveau, elle ressentait le vent froid sur sa peau, de nouveau, elle sentait les parfums du monde qui l’entourait, de nouveau elle entendait le bruissement des feuilles autour d’elle.
Tous ces sens, à peine retrouvés, faisaient en elle un vacarme assourdissant, comme le bruit d’une machinerie qui se remettrait à fonctionner en grinçant. Et dans tout ce brouhaha, ses yeux parvinrent à percevoir une faible lueur vacillante.

C’était à peine une flammèche, un minuscule rougeoiement, mais c’était déjà suffisant pour attirer son instinct de papillon. Elle partait se griller les ailes, baissant le regard vers les visages inquiets des deux jeunes filles.
Étaient elles là depuis longtemps ? Gwëll n’aurait su le dire, mais leurs mines angoissées témoignaient d’une attente silencieuse et impatiente.

Cependant, ses yeux brillaient du reflet de la flamme et une douce chaleur s’insinuait paisiblement en elle. Ses paupières, si fatiguées, peinaient désormais à rester ouvertes, et elle sombrait peu à peu dans un état de sommeil superficiel.
Pourtant, elle luttait, de toutes ses forces, elle retenait le sommeil qui manquait de déferler sur elle.

‘‘...Que faites vous là... au beau milieu de la nuit ?...’’

[désolée du retard, mais la rentrée... toussa... j'espère que ça vous va !]


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]   Dim 18 Sep 2011 - 0:39

Le son régulier de pas sur la terre humide de rosée annonçait qu'une personne approchait. Lya se retourna pour reconnaître Enelyë et lui adressa un sourire. La jeune marchombre sentit une vague de soulagement monter doucement en elle. L'état de Gwëll la préoccupait, et elle était rassurée de ne pas se retrouver seule pour s'en occuper. L'Aequor tremblait toujours autant et elle ne semblait même pas avoir entendu les mots de Lya. Ses yeux voguaient à la frontière de l'inconscience. En voyant cela, l'ancienne Corbac réagit rapidement en faisant apparaître une flamme sortit de nul part. Les volutes azures et safranées emportait l'esprit de Lya, lui rappelant une aurore estivale. Elle acceptait le pouvoir des Dessinateurs, tout comme elle acceptait depuis peu de temps celui des Marchombres, mais elle ne parvenait toujours pas à comprendre comme ils parvenaient à faire apparaître des choses que n'existaient même pas quelques secondes plus tôt. La douce chaleur qui s'évadait des flammes la ramenèrent à la réalité, à ces premières lueurs du jour froides, humides et nuageuses, sans la moindre éclaboussure de couleur, et au visage de Gwëll qui semblait enfin se réveiller.

"Se réveiller" était un bien grand mot pour décrire l'état de la jeune Aequor. "Émerger lentement d'une rêve inachevé" semblait mieux convenir. La chaleur des flammes qui flottaient au-dessus de la main d'Enelyë l'avait apparemment tiré de l'état de transe dans lequel elle se trouvait. Mais petit à petit, presque imperceptiblement, le corps de Gwëll se détendait et s'affaissait à nouveau, comme pour y retourner et rêver à nouveau. Mais le rêve qui l'attendait semblait être menaçant, et Lya décida qu'il fallait réagir avant que cela n'arrive. Elle s'agenouilla et secoua doucement, mais fermement, l'épaule de la jeune femme:


-Gwëll, t'endors pas. C'est pas la nuit, là. C'est le matin, et dans moins d'une heure les jardins grouilleront d'élèves. Il faut mieux pas pour toi qu'on te retrouve là, à moitié endormie et trempée.

Bien que la voix de Lya se montrait pressante, ses mots ne semblaient pas atteindre l'Aequor. Le feu d'Enelyë semblait avoir une empreinte à la fois positive et négative sur elle. Il la maintenait loin du froid mordant, évitant ainsi que sa morsure ne l'atteigne plus profondément. Mais en la réchauffant, il semblait la détendre d'une manière presque malsaine, comme si le feu, en éloignant le froid, laissait la mort approcher. Lya savait qu'il leur fallait réagir rapidement. Les deux Kaelems éviteraient ainsi la mort de Gwëll, et la honte qui lui tomberait dessus si d'autres élèves venaient à la trouver à moitié morte sous un arbre, dans les jardins de l'académie. Lya ôta sa main de l'épaule trempée de Gwëll et se retourna vers Enelyë pour lui dire:

- Je crois qu'il faut mieux que tu éteignes ton feu. Je sais pas ce qu'elle fait là, mais elle a pas vraiment l'air en état de répondre à nos questions pour l'instant. On devrait la transporter à l'intérieur. A l'infirmerie je pense, avant que les autres élèves ne se réveillent.

C'était logiquement le seul lieu où amener Gwëll, mais Lya rechignait un peu à y aller. Le rêveur qui s'y trouvait ne manquerait pas de les questionner sur le pourquoi du comment de l'état de la jeune Aequor, et Enelyë et Lya n'aurait aucune réponses à lui donner. Pourtant, c'était le seul endroit où amener la jeune femme grelottante. L'apprentie marchombre saisit un bras de Gwëll et le passa sur son épaule, attendant que la Dessinatrice fasse de-même pour se relever.

[Voila, édition à volonté bien sur. Mais il faudrait peut-être continuer à l'infirmerie.]



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MessageSujet: Re: Quand la lune est seule, elle voudrait pleurer [Terminé]   Dim 2 Oct 2011 - 16:26

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