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 On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]

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MessageSujet: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Mer 20 Juil 2011 - 12:06

Derrière la planche et après un trou de la longueur du mur, un sac de patates, que son guide fit tomber après s’être glissée par l’ouverture. Shawna regarda le passage, dubitative ; elle était loin d’être aussi petite que l’enfant, mais elle devrait pouvoir passer, en rampant. Ce qu’elle fit, avant que sa tête et ses coudes ne dépassent et qu’elle puisse prendre conscience qu’elles étaient dans la réserve, au dessus d’une pile de sacs. Riz, pommes de terre ou farine, Shawna ne savait pas trop, et elle n’essaya pas de deviner ou d’ouvrir un sac, se contentant de se hisser à l’extérieur, puis de descendre à la suite de la fillette. Elle ne fit tomber qu’un seul sac, à sa grande fierté, qu’elle remit ensuite difficilement au dessus des autres.

Ses yeux prirent un instant à s’habituer à la pénombre, apparemment plus que la petiote, qui attendait patiemment qu’elle soit prête à bouger. Elle visita la pénombre du regard, passant sur les sacs, les étagères, les boîtes, et un sourire retord apparut sur son visage lorsqu’elle vit, accrochés sur le porte manteau fixé au dos de la porte, des tabliers au blanc douteux. Elle en décrocha un, puis un deuxième et un troisième, compara leur longueur, puis s’en noua un autour de la taille, avant de donner le plus petit à Miaelle. Il traînait encore par terre, un peu, et elle serra au maximum pour qu’il tienne sur son corps, mais elle ne pouvait pas faire beaucoup mieux. Ainsi affublées, elle poussa alors la porte, et l’odeur du pain tout juste sorti du four lui attaqua les narines avec une force incroyable. Elle en fut coupée dans son élan, et son ventre hurla brutalement en un enchaînement de bruits dont elle connaissait trop bien le langage. Elle rit, puis prit un air affable, et s’avança comme si elle était chez elle au milieu des cuisines. Plusieurs marmitons s’affairaient dans la salle ; l’un vérifiant le four, l’autre coupant du pain dans une corbeille, un autre s’occupant de la vaisselle. Elle reconnut bien vite le Maitre Cuisinier en la personne qui parlait plus fort que nécessaire et donnait des ordres à qui mieux va. Elle l’ignora, et traversa la salle, sûre d’elle, vers les bacs d’eau où l’une des aides de cuisine était justement en train de se laver les mains.

- Allez, débarbouille-toi un peu.

Shawna plongea elle aussi ses mains dans l’eau froide, étendant ses doigts sous l’eau pour les regarder à travers la surface, avant de les sortir, ruisselante, et d’attraper le savon… qu’elle faillit laisser tomber, tellement celui-ci était glissant. Déjà humide, elle n’eut qu’à le tenir quelques instants avant de le laisser glisser dans les petites menottes de l’ondine, puis elle frotta sa peau énergiquement, laissant le savon mousser, blanc sur chocolat, ongles, doigts, paumes, dos, poignets, avant-bras. Et puis elle replongea, sourdement, et l’eau laissa un cercle autour de son bras, fonçant encore sa peau déjà sombre. L’aide de cuisine lui tendit un torchon, qu’elle prit tranquillement en le remerciant. L’hésitation dansait sur les joues du jeune homme, y laissant des traces de doute à chaque pas, avant qu’il ne se décide à prendre la parole.

- Excusez-moi, mais… Je ne vous ai jamais vues, vous êtes nouvelles ? Je ne savais pas que le Maitre Cuisinier embauchait des petites filles…

Ses yeux firent un bref aller-retour de l’enfant d’une dizaine d’années jusqu’à Shawna, attendant une réponse, qui ne tarda pas à venir.

- Elle est très utile, pourtant. Et non, on n’est pas vraiment nouvelles… On aidait du temps du défunt Maitre Cuisinier précédent… Sa disparition nous a… Bref, nous sommes parties, mais nous comptons bien nous remettre au travail, à présent !

Il bredouilla des excuses, puis retourna vaquer à ses occupations, et Shawna fit un clin d’œil à Miaelle.

- Direction les petits pains !

Et elle traversa à nouveau la salle, toute son attitude hurlant qu’elle avait sa place ici et n’en doutait pas un seul instant. Ce qui n’était apparemment pas le cas du Maitre Cuisinier, parce que celui-ci, en les remarquant enfin, bifurqua à son tour vers les fours, où il les interpella.

- Que faites-vous dans ma cuisine, mademoiselle ?

Pas un regard pour la petite.

- Nous travaillons, ça s’ voit pas ?
- Je vous ai embauchées, peut-être ?
- Vous, non, le Grand Intendant Hil’ Jildwin, si. Personne n'oserait mettre son jugement en doute, si ?
- Mm. Et vous ne venez pas vérifier avec moi ce que vous avez à faire ?
- Pourquoi faire ? Petit déjeuner, il y a des pains à préparer, la personne qui surveillait le four a momentanément disparue la Dame sait où, je sais ce que j’ai à faire. Je ne suis pas une vulgaire compagnonne.
- L’idée de vous présenter à moi ne vous a même pas effleuré l’esprit, je suppose ?
- Il me semblait que le grand Maitre Cuisinier avait mieux à faire.
- Vous supposez mal, ma chère, je supervise ces cuisines, et je compte bien ne rien laisser y rôder sans que je ne le sache. Toi, dehors.

Il s’était adressée à la petite, et Shawna répondit, cassante.

- Elle aide aussi.
- C’est une gamine.
- Une gamine qui cuisine mieux que l’autre haricot là-bas, je n'aurai jamais accepté quelqu'un d'aussi maladroit dans mes cuisines.

Shawna fixa l’un des marmitons, grand et fin comme une baguette, qui venait de faire tomber en un bruyant capharnaüm les casseroles qu’il portait, et qui se confondait en excuses au vide qui l’entourait. Le visage du cuisinier se ferma, et il reprit, dur.

- Votre nom ?
- Shawna Djee.
- Et elle ?
- Peut parler pour elle-même, je tiens à le signaler.


Le cuisinier sembla sur le point de râler, ses lèvres frémissant de contrariété, mais il se tourna vers la fillette, ses yeux froids et vides d’expression. Silence. Puis :

- Ton nom ?

[J'édite, si besoin ! Smile]


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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Sam 27 Aoû 2011 - 11:44

C’était son domaine. Et dans l’espace confiné remplie de farine en suspension, elle avait retrouvé, lorsqu’elle s’y était perdue la première fois, un univers qui avait sauvé son estomac, à défaut de sa raison. Les sacs de farines, comme autant de présences vaporeuses, avait tenté de crocheter ses pieds, gardiens anonyme d’un lieu où la poussière blanchissait jusqu’aux yeux, de lui interdire le passage qu’un improbable maître leur aurait ordonné de défendre, de lui faire peur en nouant leurs écharpes d’albâtre autour de ses articulations, jusqu’à les modeler et leur donner l’aspect repoussant des cauchemars, ultime défense contre la volonté de la petite fille de continuer sa course à l’inconnu. Elle s’était enfuie, alors, la peur au ventre, le cœur battant une chamade désordonnée, presque étouffée tant la farine saupoudrait jusqu’au silence des lieux. Mais elle était revenue, la curiosité comme une aiguille qui courrait sur son esprit, puis elle avait fini par apprivoiser les monstre, les rendre doux comme de la soie, même s’ils avaient encore la désagréable habitude de tâcher les vêtements sombres lorsqu’on les caressait. Maintenant, elle était la princesse de farine, la reine des poutres blanchies, la maîtresse du secret des cuisines.

Aussi, c’est avec un plaisir non dissimulé, amplifié par la présence de Shawna derrière elle, qu’elle s’était élancée, plus fluide que jamais, à travers les spectres de craie qui s’évaporaient sur leur passage comme des nuage devant deux zéphyrs insolents. A aucun moment elle n’avait imaginé que Shawa ne pourrait peut-être pas la suivre, ne serait-ce qu’à cause de sa corpulence. Aussi n’eut-elle aucune surprise lorsque le visage fantomatique de la noiraude éparpilla la pénombre par-dessus sa petite épaule. Elles étaient recouvertes de poussière et de farine, et Miaelle se risqua même à pouffer en voyant la peau de Shawna marbrée d’un blanc laiteux, ça lui donnait vraiment l’air d’un lutin qui se serait perdu dans u pot de peinture.

Mais lorsque l’odeur de pain frais vint s’entortiller autour de leurs narines, elles ne purent retenir, à l’unisson, un grondement guttural qui provenait du fin fond de leurs estomacs vides. Elles s’époussetèrent et parvinrent à un résultat acceptable avant de se pencher un peu plus en avant dans le conduit. En vérité, Miaelle n’était jamais venu dans les cuisines lors de l’affluence, elle se contentait de venir chipper de la nourriture lorsqu’il n’y avait plus personne, même si cela devait lui coûter le rassis du pain et la fadeur des plats froids. Aussi, lorsqu’elle vit Shawa s’élancer sans une once d’hésitation, elle eut un sursaut de recul, comme si soudain la nourriture n’avait plus d’importance. Elle ne voulait pas se faire prendre, les cuisines c’était le seul endroit où elle pouvait manger, elle ne supportait pas le monde des salles communes et ne pouvait s’empêcher de paniquer lorsqu’elle était enfermée. Mais l’assurance de la jeune femme lui donna un coup de pied au derrière, mais c’est quand même avec une certaine réticence qu’elle suivit les perles colorées qui cliquetaient devant elle.

Aussitôt au milieu de la cuisine, le bruit l’assaillit et fit vibrer sa peau. Son tablier était trop grand pour elle et elle sentait ses vêtements rêches frotter contre son ventre, écrasés qu’ils étaient par la ceinture que Shawa avait serrée comme une forcenée autour de sa taille. Telle un animal prit au piège, elle tournait la tête de tout côté, sursautait au moindre bruit, tressaillait lorsqu’un regard se posait sur elle, tremblait de se faire saisir par une main malveillante.

Ce fut sans doute seulement grâce à sa faim et à la confiance qu’elle plaçait dans Shawna qu’elle pu continuer à déambuler dans la cuisine. Mais la peur s’était emparée de ses tripes et un sentiment de claustrophobe persistant lui tiraillait la poitrine. Elle parvint cependant, en s’astreignant à respirer amplement et en fixant son regard sur le derrière de la jeune femme, à garder un calme relatif tandis qu’elles se rapprochaient de leur but.


Shawna était tout simplement ahurissante. Elle évoluait dans la foule comme une reine dans son château, sa démarche criant aux autres pieds de laisser la place aux siens, sans se préoccuper des ravages qu’elle commettait en indisposant l’équilibre précaire des assistants cuisiniers. Miaelle suivait, petite souris sur les traces d’une tigresse, et ce n’est que grâce à sa petite taille et à sa souplesse qu’elle parvint à ne pas se faire distancer. Elles firent une rapide toilette, et Miaelle en profita pour se décrasser un peu le visage, mouillant une partit de ses cheveux par la même occasion, et ceux-ci en profitèrent pour gouter le long de ses joues e dans son dos. Shawna couvrait leur coure par des excuses bidons, ce qui leur assurait une immunité partielle mais conséquente. En retour à son clin d’œil, la petite eut un petit sourire timide. Mais soudain, leur stratagème sembla battre de l’aile. Un homme au ventre aussi imposant que son visage était sévère s’approcha d’elles. Miaelle blêmi et se rapprocha le plus possible de la jeune femme, son bras battant le long de la grande jambe noire.

Mia s’imaginait déjà le pire : d’avoir désobéit, on l’expulserait de l’Académie et elle serait condamnée à errée su les routes jusqu’à mourir de faim ou bien jusqu’à ce que les tigres décide que son corps n’était pas si frêle que ça et pourrait constituer un bon repas. Cette peur là s’ajuta à toute les autres, et ce fut une véritable boule d’angoisse qui menaça de dissoudre son ventre alors que les yeux inquisiteurs se posaient sur elle. Elle ouvrit néanmoins la bouche, par réflexe à la question, mai aucun son ne pu en sortir. Elle secoua la tête, énergiquement, et, s’appuyant sur le regard intense que Shawna lui jetait, elle murmura un timide :

- J’m’appelle Miaelle.


Le gros cuisinier haussa un sourcil, suspicieux, aussi, avant qu’il ne puisse lui poser des questions compromettantes, elle prit la paroles, parce qu’elle se savait incapable de mentir, même pour ne pas mourir de faim :

- C’est vrai, je cuisine mieux, j’connais beaucoup les plantes, et toutes leurs qualités….


Et, en guise de bonne foi, elle tira sur sa pochette en cuir, farfouilla pendant quelques instants à l’intérieur sous le regard intrigué des deux adultes, puis en sortit une tige aux petites feuilles qui ne tirait pas de mine. Mais lorsqu’elle frota légèrement la plantes, un arôme délicieusement frais et épicé emplit leur petite bulle de dialogue. Le sourcil du chef, d’inquisiteur se fit intéressé.


- T’en a beaucoup des comme ça ?


Miaelle répondit, toujours tendue, mais soulagée :

- Nan, j’en ai très peu, mai je sais où ça pousse, et surtout comment en faire pousser. Mon Papa a créé un petit jardin que j’ai entretenu après sa mort, et y a plein de plantes qui pourraient vous intéresser je crois.
- J’moccupe des plantes, ajouta telle, de telle manière que ce fut assez ambigu pour que le cuisinier pense que c’est ainsi qu’elle participait aux cuisines.


Shawna posa une main sur son épaule et la serra brièvement, et ce contact ému la petite presque jusqu’aux larmes. Et là, elle su qu’elles avaient gagné : Devant les grands yeux rempli de cristal qui le fixaient, le deuil et l’attente au fond de ses prunelles abyssales, le rouge monta légèrement aux joue du cuisinier qui prit les larmes pour ce qu'elles n'étaient pas. Il devait avoir peur d’une crise de larme qu’il ne semblait pas en mesure de gérer. Après un grommellement inaudible, il tourna les talons, et Mia pu entendre un vague :

- Allez-y, mais pas de bêtises hein… Plantes aromatiques… Cuisine… Revenir avec un peu de… Oui ça irait bien avec….


Miaelle était déboussolée par sa victoire. Elle s’attendait à des coups, une expulsion, voir à une mort certaine, et elle récoltait le plaisir d’imaginer des petits pains tout chauds dans son estomac vide. Alors, un sourire pharaonique lui explosa sur le visage. Ses yeux brillèrent de mille feu alors qu’elle se retournait vers Shawna, et qu’elle serrait son corps noir dans ses bras tout frêle. Elle se dégagea bien vite, sentant la crispation de la jeune femme, puis se retourna, embrassant l vue de la cuisine survoltée. Sans vérifier que Shawna la suivait, elle s’élança, furtive, le nez pointant dans la direction du pain.

Lorsqu’elle arriva devant l’énorme four à bois, il y avait malheureusement un ennui : celui-ci était gardé par l’homme le plus gros qu’elle ai jamais vu, encore plus gros que le chef. Il pétrissait la pâte, le dos tourné à elles, mai impossible de voler les pains sans se faire prendre. Miaelle tourna un regard affolé vers sa compagne de rapine.



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C'est une kyrielle de volutes satyres que signe le vibrion de ses fossettes.



Anaïel
/ Miaelle Campbelle
/ Lev Mil'Sha






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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Mer 28 Sep 2011 - 20:57

Shawna ne douta pas un seul instant que la petiote s’en sortirait, n’imagina même pas qu’elle puisse avoir peur, ou être mal à l’aise. La bohémienne, à force de bouger et de changer de lit tous les soirs, avait appris à être chez elle partout, et à agir comme tel. Là où on ne lui donnait pas le droit d’être, elle le prenait ; souvent, on la laissait faire, parce que les interdictions ne tiennent que pour ceux qui n’essaient pas, et s’en imaginent là où il n’y en a pas. D’autres fois, elle se faisait virer sous les insultes – mais qu’est-ce que ça pouvait bien faire ? Elle savait très bien qu’elle n’en mourrait pas. Les mots se perdent dans l’air, ne sont plus qu’un écho aux oreilles qui déjà s’emplissent d’autres bruits ; l’eau poisseuse d’un seau jetée en pleine figure n’est jamais agréable, mais elle s’évapore, elle aussi, comme si elle n’avait jamais été. On ne pouvait rien lui faire, au fond, parce qu’il y avait toujours ces conventions qu’ils suivaient tous, et dont elle profitait à outrance. Et si elle devait mentir un peu, qu’est-ce que ça pouvait faire ? Jouer avec les croyances des autres était on ne peut plus amusant. Le monde était crédule, et elle était conteuse. Si celle-ci avait déjà été écrite, Shawna aurait adoré la fable du corbeau et du renard, et n’aurait pas hésité deux fois à choisir son personnage. Le renard se faisait peut-être avoir dans d’autres histoires, mais elle était bien capable de changer de peau… Le fromage en valait la chandelle.

Elle attrapa le nom en même temps que le cuisinier, prenant soudain conscience qu’elle traînait la gamine sans le connaître. Elle y mettait si peu d’importance, aussi… Commencer la conversation par son nom et sa vie, ça faisait partie de ces conventions qu’elle méprisait tant ; elle, elle aimait vivre, sautait les présentations pour se mettre immédiatement à danser, zappait les introductions pour se jeter corps et âme dans la musique. Les fausses notes de départ, tant pis. Tout ce dont on a besoin, c’est un moyen d’appeler les gens, et même quand elle avait leurs noms, elle avait tendance à les remplacer par des surnoms plus ou moins affectifs et plus ou moins insultants…

Lorsque Miaelle fouilla dans sa poche, Shawna se pencha pour voir de plus près, et laissa l’odeur lui chatouiller les narines. Elle connaissait cette odeur ; son estomac se serra, son corps réagissant par delà sa volonté, et la nostalgie la prit complètement au dépourvu. Elle avait oublié le nom de la plante – Yelana le lui avait dit, plus d’une fois, d’ailleurs, mais elle n’écoutait jamais. Yelana, herboriste et guérisseuse à ses heures, avec ses sachets plein de plantes aromatiques, qui passait une pommade de sa propre confection sur leurs bosses lorsqu’ils se faisaient mal, savait marier les meilleures épices ensemble pour rendre ses repas bien plus appétissants que ceux de n’importe qui d’autres, qui était la seule à réussir à les faire manger de la soupe, petits, qui leurs racontait les plantes sur le bord du chemin, les fruits à cueillir et ceux à éviter, et qui leurs donnait toujours des remèdes miracles quand ils partaient de leur côté. Elle n’avait pas revu sa tante, en descendant à Al Jeit ; celle-ci aurait tellement aimé Miaelle. Et puis il y avait tellement de courage, dans ce petit bout de chair, alors que la frêle fillette tenait tête au cuisinier à la bedaine imposante avec, pour seules armes, sa voix désarmante et les effluves d’une tige feuillue qui dépassait à peine d’entre ses petits doigts. Ceux de Shawna vinrent brièvement se serrer sur son épaule, suivant le creux de sa clavicule, dans un simple geste de soutien. Elle se débrouillait bien, pour une fillette qui avait peur d’écraser les fourmis. Le cuisinier fit demi-tour sous le regard goguenard de l’itinérante, et celle-ci, qui continuait à suivre son pas pataud des yeux, fut complètement prise par surprise par les bras de l’enfant, qui fila avant qu’elle n’ait pu comprendre ce qui se passait.

Etait-ce si spécial que ça, de réussir à convaincre un homme de la laisser passer ? De ne pas se faire houspiller, et de pouvoir manger un pain chaud ?

Ses pas se firent plus lents, derrière l’enfant, et c’est seulement lorsqu’en arrivant à elle le visage de la gamine se tourna vers Shawna comme si elle détenait toutes les solutions qu’elle s’arracha à ses pensées. Elle se souvenait, elle, d’avoir tourné le même visage vers Ombeline plus d’une fois, et elle voyait encore ceux d’Estel, Seun et Othan faire de même, parfois. Ils avaient besoin d’un exemple à suivre, attendaient de voir comment faisaient les autres pour oser à leur tour, et apprenaient, petit à petit. A elle, ça lui foutait des frissons dans le dos. Elle n’était pas la science infuse, et ne voulait certainement pas être un modèle pour qui que ce soit. L’exemple qu’elle donnait lui convenait parfaitement, mais il n’était pas, non plus, le plus facile à suivre. Si elle pouvait marcher au milieu des lignes ennemies avec autant d’aisance, c’est qu’elle n’avait que faire de ce qu’on pensait d’elle, et c’était loin, très loin d’être le cas de tout le monde. Les gens avaient besoin de reconnaissance, d’affection, de différence – elle s’en jouait, et ses dents blanches ricanaient à l’ombre de ses lèvres. Peu lui importait ce que pensait le cuisinier, ou ce gros monsieur qui s’occupait du four – il ne pourrait pas lui ôter le pain de la bouche, et lui faire recracher ce qui était déjà en cours de digestion. Alors elle ignora le regard de Miaelle, pour redonner à ses gestes l’absence d’importance dont elle les affublait, et plutôt que de prendre seulement l’une des miches, elle attrapa un plateau entier de petits pains, et se détourna sans l’ombre d’une hésitation. Le cuistot, atone, leur lança un regard indolent avant de se tourner à nouveau vers le feu, les gestes flasques. Shawna, pleine de vitalité au contraire, s’éloignait en fredonnant vers la porte principale. Il était temps d’apporter les pains dans la grande salle, et personne ne posa de questions ni ne les accosta avant qu’elle n’atteigne la porte. Elle eut au moins la présence d’esprit d’attendre que celle-ci se soit refermée derrière elles avant d’en tendre un à Miaelle et d’en prendre un pour elle, malgré l’odeur qui la faisait saliver depuis une éternité déjà.

- Et ben tu vois, ch’est pas chi compliqué, mâchouilla-t-elle en même temps que la mie.

La croûte craqua sous ses dents, et la mie, chaude et moelleuse, se joua de ses papilles. Elle s’arrêta, défit le nœud de sa ceinture, passa le tablier au dessus de sa tête, et le jeta par terre. Attrapant les pains, elle en glissa dans les poches de Miaelle, fit de même pour les siennes, et abandonna le plateau au même endroit que le tablier. Quelqu’un passerait bien ramasser ça…

- Mais du coup on a trop de pains pour deux, ramène-toi.

Et elle tira Miaelle derrière elle sans lui demander son avis, direction : chemin de garde façade Est, celle qui surplombait les jardins où elles se promenaient un peu plus tôt. C’était là, elle le savait, que Kylian avait son tour de garde à cette heure ci. Elle n’avait aucune envie de passer dans la grande salle et de retrouver le bruit des matinaux, pas encore, mais n’aimait pas gâcher, non plus, alors autant faire la tournée du petit déjeuner… Lorsqu’elle arriva en bas du mur, elle prit l’un des pains dans ses poches, et le jeta en l’air, visant la chevelure rousse, atteignant une épaule, à la place. Pour une fois qu’elle lançait des pains littéralement, plutôt que figurativement…

- Le danger ne vient pas toujours de dehors, crevette, fais gaffe à tes arrières !

Après lui avoir dédié un sourire moqueur, elle s’approcha de l’échelle posée contre le mur, et se tourna vers la gamine :

- T’arrives à monter toute seule ?


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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Jeu 29 Sep 2011 - 21:14

    Tibibibibilip , tibilibilip, tibilibilip ♪
    Si les réveils avaient existé en Gwendalavyr, Kylian aurait sans le moindre doute envoyé s’écraser le sien contre le mur d'en face avec au moins autant de hargne qu' un brûleur qu'on dérange en pleine digestion. Et croyez le ou non, les brûleurs sont vraiment très attachés à leur pause post-repas.
    Encore que non, la c'était même pire. Le déranger l'heure de la digestion passait encore mais alors AU BEAU MILIEU DE LA NUIT ! C' était plus perfide que de pendre une salade de champignons face au plus grand des dessinateurs tout en l’empêchant d'y accéder, plus fourbe que de promettre à quelqu’un quelque chose que l'on sait qu'il n'obtiendra jamais, plus sournois que de réveiller quelqu’un en pleine nuit juste pour l' ennuyer, parce-que la... La il allait devoir RESTE éveillé lui ! Il pourrait PAS se retourner dans sa couette en bougonnant quelques insultes des plus recherchés à l'auteur de cette fourberie et ne pourrait PAS ronronner de nouveau en se calant contre l'oreiller.
    Il y a certain matin, ou dans ce cas certaines nuits, où on se dit que la vie c'est vraiment de la merde, aujourd'hui semblait être le jour.
    Par la Dame, se lever de si bonne heure pour faire si peu de chose c'était vraiment pas humain.

    Et tout ca au cause de qui ? De cet espèce de petit lombric défiguré, cette morve de troll d' Illyas ! Il l'avait balancé cette vermine ! Cet ignoble petit cafard !
    Bon, d'accord il l'avait peut être un peu cherché en s'introduisant chez ce très cher Duncan, n’empêche que s'il n'avait pas eu l'absurdité de révéler comment il avait découvert le shampoing miracle du légendaire Danaelien, et bha IL SE SERAIT PAS FAIT CHOPER ! Abrutis de gardes va, c'était qu'une bande d'envieux de toute façon, jaloux qu'il ne leur aient pas fait partagé sa découverte - Et quel découverte !- Un trésor pareil, ça ne se partageait pas avec les premiers imbéciles venu quand même !
    Et c'est justement à cause du trésor en question qu'il en était la, au alentours de 4 heures du matin, d'aussi bonne humeur qu'un Raïs, planté, comme un con devant sa porte en regardant avec envie et désespoir ce lit qui l'appelait. Il hésita un instant à amener sa couette avec lui avant de finalement se raviser et se diriger vers son lieu de rendez vous. On sait jamais, il pourrait y avoir des inspections, des fois que. Encore que non, c'était même pas possible puisque dans cette académie tous les gardes faisaient bien leur boulot, s'en était vraiment déprimant.
    Bon, trop tard, il était arrivé, avec la rapidité et la motivation d'une larve certes, mais il était arrivé.

    Le garde à qui il offrit la délivrance, l’accueilli avec la plus grande joie en le remerciant 'encore' pour avoir 'accepté' ce tour de garde redouté de tous.


    *Ouais ouais, t'inquiètes pas mec ca m'fait plaisir, me réveiller au beau milieu de la nuit pour me les geler dehors ca m'fait rêver...*

    Le garde lui répondit par un grognement, l'autre idiot ne sembla pas vouloir insister et fila sans demander son reste.

    Génial, maintenant il faisait nuit, il faisait froid, il était fatigué et il avait de longues heures à rien faire devant lui.
    Le pied quoi.

    ***

    L'aube se levait. Lentement, très lentement, trop lentement même.
    Bordel mais ce tour de garde n'en finirait-il donc jamais ?
    Cela faisait bien au moins 3 heures qu'il était la à... rien faire ! 3 heures à rien faire, c' était juste énorme !
    Aah oui bien sur, son rôle c' était de 'guetter' et 'surveiller' les alentours de l'académie, oui, bien sur... Mais qu'est ce que tu veux 'guetter' et 'surveiller' lorsque t'y vois rien à moins de 3 mètres ?
    Les ennemis pourraient bien être juste sous son nez qu'il ne pourrait même pas les voir ! Dame que ce job était con et inutile. En plus, Edel se doutait Très bien qu'il ne patrouillerait pas plus ici que depuis son lit alors pourquoi ? Simplement pour le faire chier, et le moins qu'on puisse dire c' est que ca marchait.

    Elle avait gagnée.
    Il était fatigué de s'être réveillé au milieu d'un beau rêve, en avait marre de ce tour de garde qui, de toute façon ne servait à rien puisque il ne se passait purement et simplement RIEN de ce coté ci, et encore moins au beau milieu de la nuit, haïssait tout ces abrutis qui dormaient encore tranquillement sous leur draps pendant que LUI devait se farcir un boulot déplaisant et par dessus le marché, pire que la fatigue, pire que l'ennui et pire que l’énervement, il avait FAIM ! Et pas une petite faim du style ' Oh oui j'veux bien, passe moi la tomate la "Ah ca non ! Plutôt un truc du style " Eh toi le steak de coureur, viens par ici j'vais te faire ta fête !"
    Il n'avait rien mangé depuis le dîner du soir puisque, qu'on se le dise, la capacité à ingurgiter des trucs à 4h du matin juste après s' être réveillé est plutôt moindre, même pour un rouquin.
    Alors il maudissait les cons qui lui avaient infligés ca, Edel' qui trouvait toujours la punition qu'il fallait, Locktar aussi mais lui c'était seulement parce qu’il aimait bien le détester, et même le jour qui mettait tant de temps à se lever.

    Journée de merde.

    Le garde était tellement irrité qu'il aurait sauté à la gorge du premier imbécile venu lui faire la moindre réflexion. Alors quand il se prit ce qui semblait être un projectile dans l'épaule, il se retourna dans un grondement mécontent vers le suicidaire qui avait osé.
    Sauf qu'à la surprise de se retrouver avec un pain dans la main -réflexes de mecs surement- s'ajouta la surprise de voir débouler une bohémienne qu'il ne connaissait que trop bien.
    Kylian lui répondit par un petit grognement - oui non il savait plus parler à ce stade, et au moins, il ne lui avait pas sauté à la gorge comme si elle avait été une autre personne- avant de s'attaquer au bon petit pain tout chaud qui n'attendait qu'à être croqué. ♥
    Il attendit une réaction quelconque de sa reine mais celle qu'elle eu le surpris plus qu'autre chose.
    Le garde s'approcha curieusement de l'échelle et remarqua la petite chose en bas qui commencait à s'accrocher aux barreaux à l'aide de ses petites mains.
    Une... gamine ?


    - Qu'est ce qu'elle fou la la demi portion ?

    Son ton était plutôt neutre, pas vraiment méchant, mais pas vraiment gentil non plus, un peu étonné et un peu irrité à la fois. Mais c'est vrai quoi ? Qu'est ce que fichait cette gamine ici ?

    Déja plus calme qu'avant qu'elles n'arrivent - il faut dire, le pain y était surement pour quelque chose- le garde retourna s'adosser contre la muraille, coudes posés au niveau de ses épaules, face à elles, sans la moindre inttention de leur venir en aide. Le garde croqua dans le pain, les regarda presque amusé devant leur apparente galère à isser la petite fille puis questionna sa reine.


    - Depuis quand tu joues la baby sitter ?

    Parceque oui, il ne voyait que cette explication à l'apparition de cette gamine, surtout pour un être aussi libéré que Shawna. Il ne la voyait sérieusement pas s’encombrer d'une gamine pleurnicheuse et toujours dans ses pattes à longueur de temps juste par simple plaisir. Après tout les enfants étaient tous comme ca non ? Chiant et pleurnicheur, c'était la nature même de ces petites moitiés d'homme.





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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Jeu 27 Oct 2011 - 22:25

C’était juste merveilleux. Dans son ventre, la nourriture avalée semblait danser une valse démesurée, plus agréable que tout ce qu’elle pouvait imaginer. Le petit pain craquait sous la dent, et l’intérieur fondait, comme la plus tendre des choses, contre son palais affamé. Elle ferma les yeux, un sourire merveilleux sur ses lèvres gercées, et ses yeux s’embuèrent derrière ses paupières de vivre pareil contentement. Elle ne pu savourer bien longtemps son petit pain, cependant, puisque Shawna, comme la pile électrique qu’elle était, s’en retournait déjà après avoir abandonné le plateau.

Miaelle hésita, un pain dans chaque main, puis se précipita sur le tas de nourriture pour essayer d’en fourrer un maximum dans son sac « au cas où ». En se retournant, elle ne vit trace de noir nulle part. Son estomac sembla se dissoudre entre ses entrailles. Une incompréhensible horreur la figea, comme une statue d’albâtre aux genoux écorchés. Un frisson la secoua entièrement et elle s’élança ; erratique, dans une direction hasardeuse, tournant un regard affolé de tous côté dans les couloirs déserts pour retrouver Shawna. Mais la chance semblait avec elle ce matin, et alors qu’elle allait s’assoir par terre et fondre en larme de désespoir, elle vit un furtif mouvement au coin du mur, une main aux doigts de boue qui basculait vers le ciel, envoyant un petit pain vers une direction inconnue – peut-être un paradis pour pain, une sorte d’offrande au dieu des pâtisseries qui vivait sur un nuage meringué. Le soulagement qui s’écrasa sur les épaules de la petite fille lui fit pousser un soupir qui ressemblait vaguement à un rire. Mais lorsque Shawna se tourna vers elle, elle afficha la plus totale innocence – bah quoi, elle était là depuis le début, elle n’avait pas failli se perdre ni mourir de chagrin dans les couloirs, n’importe quoi !

Lorsqu’elle leva la tête, elle put se rendre compte de son erreur en apercevant un éclat d’un rouge étonnant : la chevelure d’un garde qui tenait un petit pain, l’air abasourdit et irrité. Le regard de la petite fit la navette entre les deux adultes, jusqu’à comprendre qu’ils semblaient se connaître… Et que Shawna comptait le rejoindre en grimpant à l’échelle démesurée qui menait forcément jusqu’à un paradis tellement elle était haute. Un tremblement agita nerveusement la nuque de Mia, alors qu’elle gravissait en pensée les échelons infinis. Mais puisqu’elle put les compter – 78 – c’est que forcément ils n’étaient pas éternel ! Pourquoi alors rechigner à les monter, ces 78 barreaux ? Parce qu’elle n’était tout simplement jamais monté plus haut que sur le dos de son Papa. Et qu’on aurait pu mettre une bonne dizaine de son Papa dans l’échelle. Elle trembla derechef. Mais un regard de Shawna, interrogatif, l’amena à penser au mépris qu’elle pourrait y trouver si elle se dégonflait.

Ses lèvres chevrotèrent, comme pour dire quelque chose, mais elle les serra ensuite, fronçant le front crispant les mâchoires. Ses épaules se carrèrent, et c’est avec un air bravache tremblant qu’elle s’approcha du pied de l’échelle. Elle tendit une main vers le deuxième barreau – le plus haut qu’elle pouvait atteindre – et là… Horreur, elle n’arrivait même pas à en faire le tour avec sa main. Après une hésitation, elle la serra de toute la force de ses deux mains, et leva les jambes. D’un coup de rein, elle s’élança à l’assaut de l’échelle, ses avants-bras tremblants sous l’effort… Et se retrouva par terre, les fesses sur la pierre, son égo fraquassé en mille morceau. Une intense détresse fit couler deux larmes jumelles au coin de ses paupières, et c’est avec rage qu’elle les essuya, marbrant ses joues de farine.

Oh, elle entendit bien le rire goguenard des deux adultes, et parmi celui-ci, le timbre de Shawna lui fit mal au cœur. Plus mal qu’elle n’aurait pu l’imaginer. Alors elle se remit debout, en colère contre elle-même et contre sa faiblesse, contre ses yeux qui semblaient déverser toute l’eau qu’ils pouvaient contenir, et ce en toute occasion, contre Shawna aussi qui s’était moquée d’elle, et contre l’autre zouave là-haut à qui elles avaient apporté un petit pain. Mais surtout, elle s’en voulait. De ne pas être à la hauteur, de n’avoir que ses genoux écorchés et ses larmes pour arme, sa volonté et sa tristesse comme aiguisoirs.

Prenant conscience de ça, elle se remit debout, le regard braqué droit devant elle pour n’en croisé aucun autre. Venu d’elle ne savait où, une petite flammèche vint ocsiller dans son cœur. Une petite flammèche au gout de petit pain frais, au gout de victoire durement gagnée. Il y avait Marlyn qui la regardait de tout la haut, et peut-être que si elle s’élevait assez, elle pourrait la retrouver. Ses poings se serrèrent convulsivement, et dans sa gorge elle sentit grandir une boule de sauvagerie qu’elle n’avait jamais éprouvée. Immobile, droite comme un i, elle laissait son ressentiment prendre de l’ampleur, et quand elle le sentit au bord de ses yeux, elle se jeta de tout son poids sur les barreaux de l’échelle, déversant son courroux à l’assaut du ciel, un cri fluet s’échappant d’entre ses lèvres. Non sans peine, elle parvint à gravir quelques barreaux, sans qu’elle ne sache vraiment comment, mais c’est de la même manière qu’elle retomba sur le sol, s’écrabouillant le bras droit contre le flan dans sa chute d’autant plus rude qu’elle était plus haute. Shawna voulut bien l’aider, mais c’est avec un coup de poing sec dans sa main qu’elle la repoussa, se remettant sur ses pieds avec au fond des yeux une rage consumante de continuer. La même rage sublimée par l’instant qui la poussait depuis toujours à survivre plus qu’à ne vivre, malgré tout ce qui avait pu s’abattre sur ses épaules au cours de sa vie.

Elle tomba plusieurs fois, dont une qui faillit lui être fatale, et elle resta sonnée quelques minutes, mais plus personne ne vint l’aider. Ce qui lui tira un sourire tordu malgré les bleus qui s’accumulaient. Et soudain, ce fut le déclic. Alors qu’elle se hissait en feulant jusqu’au 10 ème barreau, elle sentit ses membres se mettre en mouvement, comprendre comment il fallait s’y prendre pour enchainer les étapes sans tomber. Il lui fallait jouer sur le déséquilibre, cesser de se heurter au mur de ses peurs, se laisser emporter par l’élan d’une cheville, avec l’acceptation de tomber si le barreau était trop haut. Ce qu’il ne serait pas puisqu’ils étaient toujours à même distance. Avec un nouveau cri, conquérant cette fois, elle courut presque jusqu’en haut sans une seule fois regarder en bas. Emportée par son élan, elle bascula par le haut de l’échelle directement aux pieds du garde roux qui s’écarta de sa chute d’un pas.

Elle se mit à genoux laborieusement, soufflant tout l’air de ses poumons pour les gonfler ensuite à leur capacité maximum, diluant dans ses veines l’adrénaline qui lui avait permis d’arriver à ses fins. Une fois que son souffle fut quelque peu apaisé, elle s’empara d’un petit pain qu’elle avait engrangé dans sa sacoche et mordit dedans à pleine dent. Entre temps, Shawna l’avait suivi et ils se retrouvèrent tous les trois serrés comme des sardines sur la plateforme, sur laquelle ils s’assirent en rond par un accord tacite. Une fois son petit pain fini, la petite se tourna vers le garde et lui lança, la voix rauque :


- Et puis j’suis pas une demi-portion. Sauf si toi t’es un ours roux et rachitique.

Elle s’avança alors vers lui, les murs tournant légèrement autour d’elle. Elle tendit une main vers sa tête et s’empara d’une mèche de cheveux qu’elle fit miroiter sous la lumière, fascinée par cette couleur étrange. Mais il la repoussa, et sans demander son reste elle se rassit à sa place, les joues rouges. Elle jeta ensuite un coup d’œil à l’échelle qui dépassait, et un frisson parcourut ses épaules. Refusant de penser au moment où il lui faudrait fatalement redescendre, elle se retourna vers les deux adultes, scrutant leurs visages si différentes. Silencieuse, elle attendit sagement la suite des évènements.


[ j'ai essayé de jouer le moins possible vos personnages, mais si quelque chose vous gène, si vous voulez agir autrement, pas de soucis j'édite ! ]



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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Jeu 15 Déc 2011 - 20:15

    Tout en continuant à croquer dans la mie tendre du petit pain, Kylian observait.
    Cette matinée qu'il avait envisagé des plus désagréables prenait une tournure tout à fait inattendue. S’il s’était attendu à ça en se levant ce matin, il aurait sans doute mit un peu plus de bonne volonté à émerger. Encore que. L’arrivée imprévu de sa reine avait beau lui faire plaisir, et Le petit pain qu’il tenait entre ses mains avait beau conserver encore cette odeur et cette chaleur toute particulière, caractéristique du pain tout juste sorti du fourneau, se réveiller au milieu de la nuit restait tout de même une épreuve qui ne pouvait pas se définir au même titre que l’arrivée de Shawna même si celle-ci rendait tout de suite plus intéressante sa morne mâtiné.
    Tout au plus il n’aurait pu qu’espérer reléguer son tour de garde au malchanceux suivant – toujours moins malchanceux que lui en tout cas- dans un soupir de soulagement. Et voilà qu’il se retrouvait un petit pain tout chaud en arrivage direct des cuisines dans l’estomac, sa reine à ses côtés plus motivée que jamais suivit de près par une gamine aux grands yeux qui la regardait comme on regarde une idole. Pas de doute, elle était en adoration devant la bohémienne.
    Il retirait tout ce qu'il avait pu dire de méchant jusqu'à présent sur ses journées passées à l'académie, on ne pouvait décemment pas s'y ennuyer. Surtout quand on avait une amie comme Shawna en fait. En matière d'éléments perturbateur elle savait assez y faire il fallait dire, et comme personne.

    Autant l’arrivée brusque de Shawna l'avait surpris, autant c’était surtout la présence de la petite qui l’accompagnait qui intriguait le garde. L’Académie était ouverte à tous c’était vraie, mais aucun des enseignements qu’elle instruisait ne pouvait véritablement concerner une enfant de cet âge. Elle ne devait vraisemblablement pas déjà savoir si elle détenait le don du dessin, quant aux cours de combat, menue et fragile comme elle était, elle ne pouvait décemment pas y assister, les élèves étaient bien trop grands et plus formés qu’elle. Mais alors que fichait-elle ici ? Etait-ce la fille de l’une des domestiques ? Cela pourrait permettre d’expliquer sa présence mais vu le regard affolé qu’elle lança à l’échelle en la découvrant, le garde révisa sa théorie. Si tel était le cas, elle connaitrait assez l’académie pour savoir que pour monter sur les murailles il était nécessaire d’emprunter une échelle non ? A moins qu'elle ne le sache déjà mais soit effrayé à l'idée de devoir l'escalader. Mmh ça se tenait.

    Il se désintéressa momentanément de la petite chose lorsque Shawna arriva à son niveau, instant qui coïncida parfaitement avec le moment où il avala sa dernière bouchée, c’est beau le hasard non ? Il chercha du regard la présence d’autre truc à manger sur elle. A première vue il ne trouvait rien mais il ne s’y fia pas, Shawna ne POUVAIT PAS n’avoir piqué qu’un seul pain pour ses beaux yeux, c' était moralement impossible, il devait surement y en avoir d’autres.
    BINGO ! Dans un sourire moqueur et une réplique tout à fait Shawnienne, sa reine lui offrit gracieusement un autre morceau qu'il accepta avec grande joie.

    Ils discutèrent brièvement, -se charrièrent mutuellement serait plus exacte- avant de finalement se mettre tous les deux à regarder la petite fille en bas qui avait bien du mal à engager l’escalade.
    Kylian ne put retenir un rire en la voyant retomber sur les fesses la première fois et se mettre de la farine sur le nez en essuyant son visage.
    C’était pourtant pas si dur de monter des barreaux ! Mais en l’occurrence ca l'était pour elle puisqu’après quelques tentatives vaines entrainant toutes de jolies chutes, la gamine ne parvenait toujours pas à parvenir jusqu’en haut. Déjà qu’elle n’arrivait même pas à la moitié…
    Sa reine, prise de pitié peut être, lui proposa son aide qu’elle repoussa férocement. Sans plus s’inquiéter de son cas, ils reprirent leur discussion. Apres tout, si elle ne voulait pas d'aide, ils n'allaient pas s’embêter à l'aider coûte que coûte , enfin Shawna surtout puisque lui n'avait depuis le début aucune intention de lui venir en aide.
    Ce ne fut que lorsqu’il remarqua qu'il n'avait pas vu émerger un petit crane chevelu d'au dessus du mur depuis de longues minutes qu’il eut le bon sens de regarder ce qu’elle fichait. Pas s’inquiéter hein, non non, juste regarder. Au cas où quoi.
    Par terre, apparemment sonnée. Le garde se retourna vers sa reine.


    - Si tu veux l'achever c'est l'moment la.

    Elle lui sourit.

    Crack cruiiick Cruick
    Les barreaux grinçant lui firent tourner la tête et ce fut avec surprise qu’il vit la petite fille atteindre le rebord de la plateforme et se jeter dessus de toutes ses forces. Se décalant d’un pas, non pas pour lui faciliter la tâche mais plutôt pour ne pas se faire écraser, le garde regarda incrédule ce petit corps étalé à ses pieds. Ah oui, elle avait finalement réussit, c’est qu’il en aurait presque oublié sa présence tient.
    Tandis qu'elle reprenait son souffle, Kylian prit conscience que hum, à trois, la place était plus limité déjà et il se laissa donc glisser jusqu'a se retrouver les fesses au sol, une jambe replié et l'autre à demi tendue devant lui. Oui bhon, il s'étalait un peu vu la taille de l'espace qu'il devaient se partager à trois mais bon, après tout, c' était sa plateforme hein, alors il avait le droit à un peu plus d'espace ! Et puis il était un homme et il était plus grand aussi et en plus, c'était plus confortable, alors autant prendre ses aises.
    De la même manière, sa reine s'assise elle aussi.

    Après l'effort, le réconfort. La petite protégée de sa reine mordit à pleine dent dans son pain, s'enfarinant les joues par la même occasion. Le garde la regarda faire et eu un petit sourire. L'escalade lui avait ouvert l'appétit, vu la vitesse et la détermination qu'elle mettait à engloutir la friandise, on aurait pu croire qu'elle n'avait rien manger depuis des jours.



    -Et puis j’suis pas une demi-portion. Sauf si toi t’es un ours roux et rachitique.

    HEin?
    Kylian mit plusieurs secondes avant de comprendre qu'elle s'adressait à lui, il cligna des yeux et la regarda, stupéfait. Trop surpris pour lui répondre il fit le voyage entre elle et Shawna, Shawna et elle.
    Il grogna.


    - Et arrête de rire toi ou je t' étrangle avec tes foulards.

    Ngrrblblblb il comprenait mieux pourquoi elle la gardait avec elle cette gamine. Son caractère semblait déjà bien trempé, à moins qu'elle ne soit une bonne élève de Shawna. Plus étonnant encore, elle avait entendu ce qu'il avait dit une dizaine de mètres plus haut. Il allait falloir qu'il commence à faire attention à ce qu'il disait lui.

    *Par la Dame, dit moi que c'est ta seule protégée, l'avenir de Gwendalavyr en dépend T^T*

    Se faire tailler par une gamine haute comme trois pommes, il en prenait pour son égo la. Le pire étant surtout qu'il ne savait même pas ce que signifiait rachitique ! Mais il se garderait bien de leur faire savoir. Il n'avait pas spécialement mal prise la remarque de la petite mais plutôt la surprise de l'avoir entendu sans qu'il s'y attende et de rester, comme un con, les yeux comme des soucoupes. Quel idiot, si maintenant il fallait aussi se méfier des fillettes. En plus, ca se trouve, ca existait même pas ca ! Rachitique ! Ngrr. Il bouda.

    Hey quoi ! Mais qu'est ce qu'elle fichait exactement ?
    Il repoussa la fillette en gromelant.


    - On touche pas aux ours roux si on veut pas qu'ils mordent.


    Non mais oh.

    Tout à coup, Shawna se releva d'un bon, -soudaine prise de conscience ?- et se tourna vers lui


    - Le dessin !

    Heuuu oui ? Le dessin ? mais encore ?

    - Je file, on s'voit plus tard !

    Ah, elle devait parler de son cours de dessin ! Ah oui d'accQUOI ?? Nononononon mais reste ici toi ! Hey oh t'as pas oublié quelque chose la ? Oh revieeeens !

    Avant qu'il n' ait put exprimé autre chose qu'une grimace d’effarement, la bohémienne avait filé.
    ...
    Elle était pas sérieuse la ? Elle allait revenir hein ? C'était une blague ?Est ce qu'elle venait vraiment de le planter la avec SA mini elle ?
    ... Elle venait vraiment de le faire.
    Oh putin de merde qu'il la haïssait à cet instant.
    Non mais sérieusement ! LUI avec une GAMINE, en haut d'une PLATEFORME avec une ECHELLE à descendre ! LUI avec une GAMINE quoi !!
    Comment aurait-il pu imaginer un seul instant en se levant ce matin qu'il terminerait avec une gamine dans les pattes ? Non vraiment, quand la journée avait-elle commencée à déraper ?
    C' était pas possible c'était pas possible, pourtant tout avait si bien commencé !
    A la réflexion non, des l'instant où il avait mit un pied dehors il avait prédit que ce serait une journée de merde mais à ce point, il serait surement resté dans son lit quit à se faire passer un savon par la suite.


    *Ah oui non mais j'ai loupé mon tour de garde parce que j'ai eu la prémonition que j'allais me retrouver coincé en haut d'une plateforme avec une... une... une petite humaine*

    Ordure.

    Le garde se fit une raison en soupira.
    Bon, il n'avait pas le choix apparemment et il allait devoir jouer la baby-sitter pour un moment. Mais bon, ca ne devait pas être si difficile après tout !


    [J'ai essayé de jouer un minimum Shawna, j'espère que ca ira Smile ]



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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Sam 31 Déc 2011 - 16:34

Mia savourait la fin de son petit pain tout en observant attentivement le comportement des deux adultes qui l'entouraient. L'un comme l'autre semblait s'apprécier, si l'on excluait l'espèce de rivalité qui marquaient leurs regards, ce petit brin d'ironie et de franche camaraderie qui unissaient leurs gestes. L'un comme l'autre, ils s'étaient apropriés l'espace, étendant leurs jambes autant que l'espace exigu le permettait, sans se soucier du la petite qui se rencogna dans un coin sans sourciller.


Elle ne prit pas ombrage du rejet du garde roux, et baissa les yeux en se reculant. S'ensuivit un échange de propos tout à fait obscures à la petite, puisqu'il était question d'anciennes aventures communes, mais sans qu'à aucun instant il ne fut question du nom du garde. Mia tendait l'oreille, néanmoins, à la recherche de cette précieuse information.

C'est dans cette atmosphère étrange, tout à fait nouvelle pour elle, qu'elle sentit poindre, pour la première fois depuis des mois, une ébauche de bonheur, un fragment lumineux qui miroita tout doucement juste sous sa peau. Son estomac plein partageait son contentement en ne grognant plus, ses genoux piquaient de la victoire sur l'échelle, à l'égal de sa pommette qui pulsait un bleu douteux, mais ces deux douleurs étaient comme une récompenses plus qu'une punition. Aujourd'hui, elle avait enfin pu faire quelque chose dont elle pouvait être fière. Elle avait gravit l'échelle sans aide, après moult difficultés, et elle n'avait pas abandonné.

Son dos prit contact avec le mur et, inconsciemment, elle adopta la même position que Shawna et le garde, savourant d'être entourée, de ne plus être toute seule. Finalement, ça faisait du bien d'être avec une ou deux personnes. Ce petit moment de détente ne durerait probablement pas, Mia se connaissait suffisamment pour savoir qu'à la moindre incartade, la veille pourrait virer au cauchemars. Alors pour l'instant, elle laissait couler, et gardait soigneusement à l'écart de son esprit l'image de l'échelle interminable qu'il lui faudrait bientôt redescendre.

Soudain, Shawna sauta sur ses pieds, avec une telle spontanéité que Mia avala sa salive de travers et se mit à tousser comme pour cracher ses poumons. A peine s'était-elle remise à respirer convenablement que la noiraude avait disparut, emportée par un courant d'air. Mia voulut jeter un œil par dessus l'échelle, mais le vide, que dis-je, l'abime qui envoutait son regard semblait bien trop accessible. Son cœur s'emballa derechef, et elle se recula précipitamment.

Elle se réalisa alors que Shawna n'était plus là.

Instantanément, son visage devint d'une pâleur maladive. Son sang se glaça, sinuant sous la peau comme un serpent, tandis qu'une sueur froide en incendiait la surface. Les poils de sa nuque se hérissèrent, et le vide tout proche happa son regard, magnétique.

Shawna était partie.

Shawna l'avait abandonné. Comme Marlyn. Comme Papa.

C'était si soudain ! elle ne lui avait même pas adressé un regard. Ses yeux se remplirent de larmes, et dans un sanglot, elle hoqueta sa souffrance en se cachant le visage dans ses mains. Un sifflement houleux vint emplir l'espace, arpège de souffrance qui sortait directement des entrailles de la petite. En un instant, elle passa de la petite fille sereine à un fantôme consumé de douleur et de détresse.

Pendant un instant, elle n'eut plus conscience de la présence du garde roux à ses côtés. Tandis que son petit cœur se brisait une énième fois, elle se repliait sur elle-même comme une coquille d'huitre, ne laissant au regard du monde que l'aspect informe d'un petit tas de vêtement crasseux poussiéreux de farines et de terre.

Petit à petit, cependant, la douleur laissa place à quelque chose de moins violent, quelque chose plus proche de la mélancolie que de la réelle souffrance. Elle se rendit compte que si elle se concentrait sur les signaux qu'émettaient son corps, elle pouvait laisser de côté les pulsation terribles de son cœur ouvert.

Alors elle compta. Un. Deux. Trois.

Ses genoux qui piquaient, la bosse su sa tête, et son ventre repu de petit pain tout chaud. Et la respiration tracassée du garde roux qui ne savait visiblement que faire de la situation.

Elle releva la tête, et croisa les yeux du roux. Elle se rendit compte que ce qu'elle faisait lui déplaisait, ou sucitait au moins quelque chose de négatif chez lui. De la gène ? Du dégout ? De la peu ? Du mépris ? Elle n'avait pas la réponse. Alors, et puisqu'elle était Miaelle, et qu'elle ne supportait pas de causer du tort à qui que se soit, elle alla puiser au fond d'elle le courage de lui faire un semblant de sourire, pour qu'il ne se traquasse pas pour elle. Pour qu'il arrête de la regarder avec des yeux grand comme des soucoupes. Pour qu'il ne se sente aucune obligation vis à vis d'elle.

Elle releva bravement le menton, et c'est son instinct si précieux de guérisseuse qui prit le relai, afin d'apaiser, de redresser, a situation ou autre. D'une voix un peu rauque, dans laquelle elle parvint à insérer une touche d'humour, ce qu'elle fit en copiant le plus fidèlement possible l'intonation de Shawna lorsqu'elle s'adressait au garde, elle dit :


- C'est Crevette ton nom ? Nan parce que c'est pas mal, une crevette ça a la même couleur que tes cheveux. Ils sont chouet d'ailleurs. T'es un garde ? Pourquoi tu reste là toute la journée ? Tu veux encore un petit pain ? J'ai fait une petite réserve pour plus tard mais je peux t'en donner un si tu veux.

Et la petite de se noyer dans le feu de ses questions, d'oublier la tragédie qui lui courrait après depuis quelque temps déjà. Et ces questions, âcre de gout qui lui rappelait tellement les instants similaires qu'elle avait partagé avec Marlyn, là-bas, dans la salle de bain...

[avec un peu de retard, mais j'espère que ç te plaira =) probablement le dernier ost de l'année o/ ]



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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Dim 15 Jan 2012 - 17:31

    Le garde osa un regard en direction de la fillette qui semblait exsangue tant elle avait pâlit à la disparition de Shawna, il se demanda même pendant un bref instant si elle n'allait pas s'évanouir. Ses grands yeux azur cherchaient avec désespoir et horreur les derniers plis des vêtements de la bohémienne dans l'angle des escaliers, les mains agrippées au rebord aussi férocement que les serres d'un oiseau de proie.
    A son tour, Kylian jeta un coup d'oeil à la sortie. A lui non plus sa disparition ne l'enchantait pas vraiment, tant parce qu’il appréciait sa présence et ses sarcasmes que parce que de ce fait elle lui reléguait la gamine. Et lui, les enfants...
    Autant il savait se débrouiller avec les femmes, aussi différentes soit elles, autant les enfants, il était complètement novice en la matière et se retrouver confronté à une situation aussi extrême - en tête à tête avec une petite fille quand même !- sans avoir la moindre base sur le sujet le rendait un peu mal à l'aise.
    Le garde plissa les yeux en direction du lieu de disparition de sa reine.
    Ngrblblbl, elle lui revaudrait ça.

    Le garde se retourna en direction de la petite.
    Wow, wow wooow ! Mais, mais, qu'est ce qu'il lui prenait !?
    Les larmes et les sanglots de détresses avaient relayés sa paralysie mortuaire et il n'était pas vraiment sur de préférer ceux ci. Recroquevillée sur elle même, la petite gémissait de douleur et de tristesse à tel point que le garde s'en retrouva encore plus perdu et démuni.
    Bon d'accord, il pouvait concevoir que la disparition de sa mentor puisse l'affecter mais à ce point !?
    Il n'était pas si effrayant si ? Par la Dame pourquoi pleurait-elle de douleur aussi obstinément ? Elle allait bien finir par la revoir sa nounou, alors pourquoi se mettre dans des états pareils ?
    Kylian la regarda un mélange d'incompréhension et d'un peu de gène aussi dans les yeux, il n'était jamais très à l'aise avec les pleurs.
    Alors comme ca une simple absence pouvait vraiment engendrer une réaction pareille.
    C'était effrayant.

    Bien heureusement, la petite commença à se calmer avant que le garde n'atteigne le stade critique du "je fais quoi ?". Dans un ultime reniflement farouche, elle releva la tête, les joues encore humides des larmes qu'elle venait d'essuyer mais aussi fière et détachée qu'elle le pouvait. Ses lèvres tremblaient encore un peu et sa gorge demeurait serrée mais le garde vit bien qu'elle faisait tous les efforts possible pour adopter une attitude plus convenable ou tout du moins plus détachée. Elle s'essaya même à un petit sourire rassurant, légèrement tordu par les sanglots qu'elle refoulait.

    Il s'était bien trompé en la voyant pour la première fois, elle n'avait rien d'une mini Shawna, encore moins d'une petite chipie qui ne s'occupait que de sa propre satisfaction. Elle était une petite fille perdue, sans doute effacée et qui, par force de courage et de volonté s'était choisie sa Reine comme modèle. Pas parcequ'elle était comme elle comme il l'avait premièrement envisagé mais parcequ'elle voulait simplement lui ressembler. Respirer un peu de son détachement naturel, de sa spontanéité, de la confiance qui émanait de chacun de ses gestes, c'était tout ce qu'elle souhaitait.
    Il lui sourit à son tour.

    En vérité il lui était reconnaissant de ce changement d'attitude et la trouvait très courageuse de prendre sur elle alors qu'elle avait l'air d'être vraiment affectée par la disparition de Shawna. Il faut dire qu'il n'aurait vraiment pas su comment réagir si elle avait continué à pleurer, le fait qu'elle se calme le soulageait il devait l'avouer. Et puis, qu'on se le dise, dans sa façon d'être elle était attachante mine de rien cette gamine.

    Il ignora volontairement sa voix un peu brisée lorsqu'elle pris la parole, faisant mine de pas s'en apercevoir, ne releva pas son changement d'attitude un peu brusque et inattendu et s'amusa de l'influence Shawnienne qu'il cru retrouver dans sa manière de s'adresser à lui et de l’assommer de question.

    Le garde roula des yeux, l'air faussement offensé avant de lui répondre.


    - Dit moi, t'as déjà vu quelqu’un s'appeler Crabe ? Ou Coquillage ? C' est pas un prénom Crevette ! Et puis je t'interdis de m'appeler comme ca !

    Il tourna la tête, un brin vexé, un brin boudeur tout en marmonnant pour lui même.

    -Et puis d’abord c'est rose une crevette, j'ai pas les cheveux rose moi et puis qu'est ce que vous avez tous avec mes cheveux d'abord, qu'est ce qu'ils vous on fait ?

    Il se retourna vers la petite fille, son ton était redevenu habituel, légèrement grommelant mais loin d'être méchant et accusateur.

    - Et puis c'est quoi toutes ces questions, c'est une enquête ? Normalement on attend que l'autre ait répondu avant d'en poser une autre sinon il oublie la moitié de ce que tu lui as demandé et t'auras jamais ta réponse.

    Il soupira et se ré adossa confortablement contre la muraille.

    - Mais t'as de la chance, avec ma reine je suis habitué.

    Kylian posa son regard sur la petite file, un petit sourire en coin avant d'entreprendre de répondre à ses questions.


    - Ouaip', je suis attaché à la protection de l'Académie, ca en jette non ? Mais on fait tellement bien notre boulot que plus personne ose attaquer d'où ma réponse à ta deuxième question, je fais rien. Il grimaça.

    Le garde attrapa le petit pain qu'elle lui tendit et le lança dans les airs puis le réceptionna plusieurs fois, l'esprit occupé.

    - Mmmh, vous les avez volés dans les cuisines non ?

    Il riva ses yeux dans les siens.

    - Tu sais que c'est interdit ca, je pourrais te dénoncer.

    Devant son air un peu perdu il lui sourit et reporta son attention sur le petit pain qui dansait entre le ciel et sa main.

    - Mais comme je suis un mec particulièrement sympas je ne vais pas le faire. Il lui lanca un regard en coin. A une seule condition.

    Il la sentit attentive et se delecta des quelques secondes qui la séparait de la "condition" avant de mettre fin à son attente en se tournant vers elle.

    - Comment tu t’appelles ?

    Il lui lança un regard réprobateur et amusé à la fois, taquin.

    - Et tes parents sont au courant que tu t'promènes dans l'académie avec des petits pains volés pleins les poches ?


    De toute évidence, Shawna n'était pas la seule à savoir mettre les pieds dans le plat...


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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Lun 30 Jan 2012 - 23:25

Elle vit bien le soulagement se peindre sur les traits du garde, en même temps que sa voix prenait un air grognon, un peu trop au vue de la situation, qui tentait vaille que vaille de masquer son soulagement. Les genoux remontés sur la poitrine, elle se sentait toute petite, minuscule face au garde affalé, et sa position décontractée, un peu trop, lui faisait prendre encore plus de place que ce que sa taille laissait supposer.

Elle était toute seule, abandonnée une nouvelle fois, le cœur ouvert en deux, et pourtant… Pourtant, elle se sentait en sécurité à l’ombre du garde, sur cette minuscule plateforme qui se couvrait d’écailles de pain à chaque fois que l’un ou l’autre mordait dans la nourriture. C’était sans doute dû au fait que Kylian était garde, et par là même apte à défendre ce sur quoi il veillait, mais pas que. Il était encore plus grand que son Papa.

Et ses cheveux étaient rouges. Vraiment très rouges. Pas comme du sang, non, plutôt comme une flamme, comme une couverture molletonnée de polaire, tout doux. Elle avait envie de passer sa main dedans, et de voir s’ils étaient aussi doux que ce qu’elle imaginait. Ce n’était pas la première fois qu’elle croisait cette couleur de cheveux, mais à chaque fois cela la fascinait. Elle s’imaginait alors une foultitude de scénarios tous plus improbables que les autres, sur le pourquoi du comment cette couleur, même si objectivement elle savait que, brun, blond ou noir, chaque type de cheveux était une couleur particulière, même si elle détonait moins que le rouge flamboyant.

Les menaces du garde, un instant, la glacèrent jusqu’aux tréfonds. Elle ne savait même pas si elle avait le droit d’être là, toute seule, sans la présence officielle de son Papa. Et il lui était impensable, pour l’instant, de quitter l’Académie, c’était tout bonnement inconcevable à ses yeux. Elle était capable de se débrouiller seule, ses connaissances végétales le lui permettaient, si seulement elle avait ne serait-ce que l’idée de quitter le lieu qui avait vu mourir son Papa. L’idée ne lui avait pas traversé l’esprit une seconde. Et voilà que le garde remettait en cause sa présence, la confrontant violement à ce qu’il y avait à l’extérieur. Ses poumons se vidèrent. L’air commençat à lui manquer de nouveau. De laiteuse, sa peau prit une teinte maladive. Elle détourna les yeux, et c’est juste à temps qu’il dissipa le quiproquo, à l’instant où elle sentait la bile lui remonter dans la gorge.

Surprise, elle déglutit en grimaçant, et dévisagea le roux, scrutant son visage afin de découvrir s’il disait la vérité. Avec un discret soupir de soulagement, elle vit un sourire se peindre sur son visage, et elle retrouva dans ses fossettes les éclats de dérision qui marbraient celles de Shawna. Pas étonnant que ces deux-là soient amis.

Elle répondit d’une petite voix :


- Miaelle… Campbelle.

Puis il lui posa La question. Elle ne savait pas ce que son statut avait de particulier. Pour elle, être seule était un aléa de la vie, une chose comme une autre, il ne lui serait jamais venu à l’esprit de demander au garde comment s’appelait sa petite cousine du côté de son père, sauf si le dialogue introduisait la notion de famille. De même qu’elle ne saisissait pas l’intérêt de lui demander si elle était seule, alors même que c’était sa situation, et qu’une petite fille orpheline n’était normalement pas laissée vouée à elle-même.

Qu’importe.

Elle sentit les prémices de l’horreur monter en elle. Une tristesse effroyable qui lui nouait les tripes, qui diffusait en elle comme un torrent de lave-rasoir, et lui dissolvait le peu de raison qu’elle avait. Fhuit , fhuit, fhuit, ses yeux se voilaient par palier, alors que défilait devant eux, par l’intérieur, le visage de son Papa marbré de sang, les sillons écarlates déchirant ses commissures, un sourire macabre qui lui brûlait les rétines, et les jambes de Marlyn, devant ses yeux à elle, et sa tombe, celle de son Papa, couturée de graine, l’herbe commençait tout juste à repousser.

Il y eut tant d’espoir
Que sa raison vacilla
Dans le gouffre noir
D’un monde d’apparat

- Mon Papa est mort pendant la bataille, il avait de la salive rose au coin de la lèvre gauche, le côté sur lequel il était tombé, et Marlyn m’emmenait avec elle… Sous son bras… Partie. Tout le monde est parti, même Shawna, et les cigales, et les nuages, j’sais pas pourquoi, les p’tits pain c’était magique, t’aurais vu Shawna couverte de farine, et le gros cuisinier qu’on a blousé, c’était tellement bon… Les céréales y a rien de meixu pour grandir, ça forge la peau et les cheveux, les muscles et tout et tout, si j’veux devenir forte faut que j’en mange plein mais ça faisait 3 jours que j’avais pas manger alors mon estomac il ne peut plus parce qu’il a réduit de taille, tu vois, c’est comme un muscle qu’on utilise pas, ça rétrécit, c’est mon Papa qui dit ça, une fois il a du ouvrir un homme qui avait un truc à l’estomac, et il avait pas mangé depuis 2 semaines, et son estomac avait la taille d’une noix, par contre, j’aime pas les noix, c’est trop âcre mais c’est bon pour la santé, mon Papa il en mangeait dans la salade avec du fromage de chèvre, y avait même une chèvre qui nous avait suivit un jour…

Et elle continua comme ça pendant un certain temps, un temps pendant lequel le garde ne l’interrompit pas une seule fois. Elle était immobile, les yeux perdus dans un vide apocaliptique, loin, très loin de la réalité, et c’est sans nul doute ses paroles, jetées comme on jète une dernière corde au-dessus de soit lorsqu’on tombe, qui la maintenait à flot, qui l’empêchait de partir trop loin, là d’où on ne revenait pas.

Petit à petit, ses yeux revinrent à la vie. Tout doucement, à mesure qu’elle ravivait, par ses paroles, de l’intérêt, et que cet intérêt éloignait la vérité abjecte de la mort de son Papa de son esprit, la préservait des miasmes putrides de la folie. Elle y était presque. Elle pourrait bientôt clouter la porte – pour un temps – et maintenir les monstres derière la cloison de son subconscient. Petit à petit, elle s’arc-boutait contre le paneau, et par la force bravache de ses paroles, elle se déhanchait un peu plus, et faisait pivoter les gonds rouillés. Pour finir, elle reprit une inspiration , la voix devenue rauque de ses paroles désechées, et tourna ses yeux cerclés de larmes vers Kylian :


- T’sais, j’me dis que les gens qui ont les cheveux roux, ils sont trop uniques. Je suis sûre que t’as quelque chose à l’intérieur de toi qui fait que. Je suis sure que quand t’étais tout bébé, tout juste né, tes parents t’ont aimé très fort et ont voulu montré à la nature que tu étais né, et ils t’ont présenté au soleil. Sauf que le soleil, ce jour-là, il se levait, et qu’il crachait des oriflammes rouges. Et il a dû lire en toi que t’étais ou que t’allais devenir quelqu’un de bien, et il t’a pris par une cheville, et il t’a trempé tête la première dans le ciel qui était marbré de tout ce qu’il y a de plus rouge dans le monde. Et ces tâches de rousseurs, bah c’est les éclaboussures de ta petite trempette. C’est pour ça que t’es roux

Une rêverie, un songe, ce n’était pas fait pour être raconté. Bien entendu qu’elle ne pensait pas que ça s’était passé comme ça, elle savait intuitivement que l’aspect des parents conditionnaient dans une certaine mesure celui de leurs enfants, que le soleil ne parlait pas et qu’on ne pouvait décement pas se baigner dans le ciel. Mais son histoire était sortie de sa bouche sans lui demander l’autorisation et par un processus chimique inconnu, il s’avérait que c’était le dernier clou planté dans la barricade de ses cauchemars.

Le silence s’installa, pesant, rompu seulement par la respiration hachée de la petite qui tentait vainement de se rappeler si elle avait jamais autant parlé de sa vie. Mais cela ne comptait pas, puisqu’elle ne se rappelait qu’à moitié du torrent de mots qui était sorti d’entre ses lèvres tuméfiées. Comme une plaie fraiche, elle avait mal, au milieu de la poitrine, mais elle sentait, profondément, que le pire avait été évité, et que l’autre n’avait pas fait exprès de poser la question. Simplement, la première parade qui s’était imposée à elle, ben ce fut celle de ses paroles, et de tout ce qui pouvait passer par sa bouche pour monter au cerveau et noyer la tristesse sous une vague d’ineptie.

L’air de rien, elle farfouilla dans sa sacoche et en sortit une toute petite bouteille d’eau qu’elle gardait au cas où. Elle dévissa le bouchon qu’elle posa soigneusement en équilibre sur sa cuisse et laissa le liquide clair réhydrater sa gorge en feu. Puis elle remit le bouchon, vérifia si la bouteille était étanche en la retournant doucement, et la remit dans son sac. Finalement, elle se tourna à nouveau vers le garde et lui demanda, avec dans la voix une curiosité toute enfantine :

- Et toi tu t’appelles comment ? Tu veux pas m’apprendre à me battre par hasard ?

Elle aurait pu paraître tellement normale sans l’ombre atroce qui nageait juste sous la surface de l’océan de ses prunelles…




[ Avec beaucoup de plaisir I love you si tu trouve que je ne fais pas avancer assez, je peux éditer ! ]



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C'est une kyrielle de volutes satyres que signe le vibrion de ses fossettes.



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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Mer 22 Fév 2012 - 17:52

    Un instant, la petite avait paru si mal et si paniquée qu'il eu presque des remords de la taquiner de la sorte. Un instant seulement.
    Après tout, il n'avait pas totalement tort, une petite fille de son âge n'avait absolument rien à faire toute seule à cette heure ci au beau milieu de l'Académie et encore moins à voler des petits pains dans les cuisines avec Shawna. Mais par delà ce duo improbable, c'était la solitude de la petite qui l'intriguait, car pour qu'elle se retrouve parrainé par la bohémienne de cette façon il avait bien fallut qu'elles se rencontrent et il doutait fort que Shawna ait embarqué la gamine dans ses expéditions dans le cas où elle aurait été accompagnée.

    Il avait cette drôle de sensation en regardant la fillette, cette étrange impression de déjà vu, que quelque chose clochait.
    Il y avait eu cette profonde admiration pour Shawna dans son regard lors de leur arrivée, cet émerveillement pour chacun de ses gestes, cette sensation qu'elle buvait chacun des mots qu'elle prononcait, qu'elle se refusait à la décevoir d'une quelconque manière que ce soit en reniant toute aide; qu'elle se raccrochait à elle, de toute ses forces pour une raison qui lui échappait.
    Et puis cet affolement dans son regard lorsqu'elle était partie, cette angoisse à son départ. Cette détresse était bien trop profonde pour n'être que le fruit d'une trop grande émotivité.
    Il avait l'impression que quelque chose n'allait pas et il était bien incapable de mettre le doigt dessus.

    Il était sans doute trop curieux.

    Après tout, elle n'était qu'une enfant.
    Elle n'avait peut être que seulement échappé un instant à la vigilance de ses parents ou encore vagabondait librement dans l'établissement avec la bénédictions de ses ascendants. Et puis, peut être s'attachait-elle vite ou connaissait-elle déjà Shawna tout simplement.

    Oui, surement.

    - Miaelle… Campbelle.

    Il lui sourit.

    -Dans ce cas, enchanté Miaelle.

    Il s'attendait à ce qu’elle balbutie une excuse, tente de se défendre, de s'expliquer, lui étale un mensonge ou lui raconte comment elles avaient réussit se procurer les petits pains mais elle ne dit rien. Elle resta muette et son silence parla pour elle. En une fraction de seconde le garde compris, son adoration pour la gitane, sa détresse lors de son départ précipité, et maintenant son silence.
    Merde.

    La tête basse, elle clignait des yeux et à chaque fois que ses paupières venaient obscurcir sa vision, son regard s'humidifiait un peu plus, emportant avec lui la lumière qui faisait briller ses pupilles dans un vide sans fin.
    Merde.
    Mais pourquoi avait-il fallut qu'il pose cette question ? Merde non, elle venait tout juste de se calmer...
    Il ne pouvait pas la blâmer, il aurait du s'en rendre compte plus tôt, comprendre plus vite la situation dans laquelle elle se trouvait. Mais c'était trop tard maintenant, il avait réveillé ses souvenirs et avec eux sa douleur, l'avait ramené dans la réalité trop violente qu'elle avait taché d'oublier et il se retrouvait à nouveau impuissant devant son chagrin muet, devant la solitude de son coeur.
    Il était bien placé pour savoir que qu'importe ce qu'il dirait ou ferait maintenant pour se rattraper, ses tentatives resteraient surement vaines. Il ne pouvait pas lui sourire et lui dire que tout allait bien, il ne pouvait pas la prendre dans ses bras et lui demander d'oublier son chagrin, qu'elle n'avait rien à craindre, que tout allait s'arranger et qu'elle ne devait plus penser à ca. Parce que ce serait un mensonge et qu'il n'existait rien de pire que des promesses vaines et complètement vide de sens.

    Une fois de plus il se retrouvait démuni, incapable de quoi que se soit pour l'aider ou la calmer. Il n'avait rien à lui offrir pour soulager sa peine, aucun recourt face à son état mais sa solution à elle semblait être les mots. Alors il la laissa parler.

    Et elle parla, parla, parla à n'en plus finir, changeant de sujet au gré de ses pensées ou de ses souvenirs, parla de toutes ces petites choses qui l'avaient marquée et qui venaient colorer le fil de la discutions sans qu'elle y prenne garde, dans la continuité, juste... Comme ça.
    Et il l'écouta, se nourrissant des fragment de vie de la petite qui lui permirent d'en connaitre un peu plus sur elle, de pénétrer petit à petit le sanctuaire de ses petits bonheurs, petites curiosités fragiles et maladroites qui marbraient ses souvenirs et rendaient la vie plus intrigante.
    S'il n' y avait pas pris garde il se serait vite trouvé dépassé, perdu au milieu d'un discours sans queue ni tête mais le fait est qu'il n'avait qu'un seul but, l'éloigner de la triste vérité.

    Et puis, elle releva la tête. Un peu. Et ses yeux retrouvèrent un peu de leur éclat enfantin, brillant de cette conviction toute rêveuse lorsqu'elle se tourna vers lui.

    Ses paroles figèrent le garde par l'émotion. Son coeur brouillonnait comme si une multitude de fourmis des bois en avait pris possession et s'activaient dans sa cage thoracique. Ce n'était qu'un rêve, une pensé tout droit sortie de l'imagination de la petite, pourtant, cloué par l'émotion le garde n'aurait su dire si ces paroles lui brisèrent le coeur ou au contraire lui réchauffèrent.
    Les paroles innocentes de Miaelle lui déchirèrent la poitrine.
    Comme dans un rêve, les phrases se répétèrent en écho dans son esprit "... Quand t’étais tout bébé, tout juste né, tes parents t’ont aimé très fort...", "... Ils t’ont présenté au soleil..." , "... Il a dû lire en toi que t’étais ou que t’allais devenir quelqu’un de bien..."
    Maintenant que sa douleur avait été passé au baume de ses mots, voila que c'était à son tour de se sentir mal, quelle ironie.
    "... Tes parents t'ont aimé très fort...; Quelqu'un de bien..." Il aurait tellement voulu y croire. Tellement.
    Mais que pouvait-il espérer maintenant, alors que ses parents l'avaient prétendument abandonné alors qu'il n'était qu'un enfant et que traquer, tuer, voler et briser des âmes faisait partie de son quotidien en tant que mercenaire. A quoi pouvait-il encore se permettre de rêver ?

    Kylian ravala sa salive, incapable du moindre mot.

    Un temps passa. Un temps pendant lequel ni l'un ni l'autre ne parlèrent, un temps où seules les gorgée de Miaelle qui buvait ponctuèrent le silence qui s'était installé. Et puis elle reprit la parole, sans sanglots dans la voix, sans détresse ni peur, une voix de petite fille normale.
    L'orage était passé et bientôt viendrait l'Arc en ciel.

    Il la regarda un instant puis lui sourit.


    - Tu peux m’appeler Kylian.

    Son ton était enjoué comme à son habitude lorsqu'il reprit.

    - Mais ne compte pas sur moi pour t'apprendre à te battre.

    Il s'étira.

    -Par contre...

    Il lui sourit, le regard malicieux et puis se releva.

    - Je veux bien t'apprendre à te défendre.

    Il sourit de plus belle devant sa mine tout étonnée. Elle n'avait pas du trop saisir le sens que la nuance impliquait mais cela importait peu. Il n'était pas pédagogue, encore moins professeur et il était bien incapable d'apprendre des techniques de combat à qui que ce soit, mais les techniques de défenses les plus simple qu'il avait appris enfant, ca, il pouvait.

    - Aller debout ! Qu'est ce que tu attends ? Et laisse ton sac dans un coin, voila, maintenant attrape moi le bras.

    D'un geste rapide et sur, le garde plia le genoux en se rapprochant d'elle et tourna sa paume de main vers le ciel, obligeant la fillette à le lâcher.
    D'un hochement de tête il invita la petite fille à recommencer, plus lentement cette fois ci pour qu'elle puisse prendre le temps de comprendre le mécanisme.

    - A toi maintenant.

    Tant de concentration dans un geste, il n'y aurait jamais cru. En riant, le garde corrigea ses geste et rectifia sa position plusieurs fois jusqu'à ce qu'elle exécute parfaitement le mouvement. Il vit toute la fierté et l’exaltation de la gamine lorsqu'elle se retourna vers lui après lui avoir fait lâché prise dans les règles de l'art. Il lui sourit à son tour et, sans prévenir, l'attrapa dans ses bras, ses bras croisés contre sa poitrine.

    - Et maintenant que faite-vous mademoiselle ?

    Il rit et lui donna les instructions vers l’échappatoire.

    - Okay alors garde tes bras comme ca, voila, maintenant tourne tes poignets, non, juste tes poignets, ok, ouvre tes paumes maintenant, va y pousse, -fait gaffe à tes genoux- plus fort ! Voila c'est bien ! Essaye de pas tomber la prochaine fois ok ? Aller va y.

    C'était si drôle de lui apprendre tous ces petits gestes si simple mais qui pouvait renverser le court des chose lors d'un combat. Ce n'était pas très complexe et Miaelle était une élève appliquée, aussi il pu lui apprendre plusieurs techniques de base mais qui pouvaient sauver une vie. Ainsi il lui apprit à s'extirper de l'emprise d'une personne ou encore à exécuter une clés de bras. Bon, pour cette dernière elle n'était pas encore très au point mais qu'a cela ne tienne, il était fière de ses progrès, elle apprenait vraiment vite, le tout étant qu'elle ne l'oublie pas avec la même rapidité.

    Lorsqu'il la vit, le nez tout rouge et toute essoufflée, il lui sourit puis s'assis contre la muraille, invitant par ce geste la petite à faire de même et à se reposer. Ils faut dire qu'il ne l'avait pas vraiment ménagé, elle ne s'en était pas plainte pour autant.
    Il la regarda chercher sa bouteille d'eau, la tête soutenu par sa main gauche, le regard pensif.
    Trois jours qu'elle n'avait pas mangé et qu'en était t-il d'un bon lit ?
    Tout à ses pensés le garde réfléchit, il avait peut être une idée.
    Plus tard, pour le moment repos, et il était bien mérité.



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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Ven 9 Mar 2012 - 20:59

Le sourire de Kylian lui fit vraiment du bien. Elle n’en avait pas conscience, de tout ça, soit par choix refoulé, soit pas manque d’expérience, elle percevait seulement qu’elle était bien, là, assise en tailleurs, à l’ombre du rouquin, l’estomac merveilleusement plein, et la plaie de son cœur lavée, purifiée par sa volonté qu’elle avait mise à l’épreuve, remportant inopinément la bataille contre la tristesse.

Elle se disait qu’elle n’était rien, rien qu’une brindille qui flottait dans un ciel grand comme un univers, et qu’elle croisait de temps en temps autre chose, de très grand, une autre présence qu’elle qui l’écrasait par sa réalité, par sa puissance et l’importance de sa vie. Miaelle n’était rien du tout comparée à de telles choses, elle n’était qu’une petite fille perdue dans le monde, et le monde continuait à tourner, qu’elle soit heureuse, triste, en colère ou affamée. Elle n’était importante pour personne. Ca, elle le savait, elle le concevait gravement, sans se complaindre sur son sort, sans rejeter la faute sur qui que ce soit, c’était ainsi, elle n’y pouvait rien, mais les autres non plus. Elle voulait croire que les autres n’y pouvaient rien, elle voulait croire que c’était ainsi, que c’était une loi immuable du monde dans lequel elle évoluait, que son inimportance lui appartenait, et qu’elle ne dépendait pas de la gentillesse des gens qu’elle croisait. Elle voulait le croire, parce que ça signifiait que les gens n’étaient pas méchants. Et qu’elle pouvait avoir confiance, un petit peu, en ceux qu’elle jugeait digne, en ceux qu’elle rencontrait et qui étaient gentils. Et elle y arrivait, à se persuader de cela. Même si cette idée était dérangeante, surtout lorsqu’on la maltraitait, l’ignorait, la refoulait plus loin. Elle parvenait toujours à oublier, à refouler. C’était primordial pour sa santé mentale, en quelque sorte.

Elle pensait que c’était de cette idée, de cette auto-persuasion, que naissait son sentiment de bonheur, celui d’être bien, corporellement, en bonne santé, qu’elle ne devait rien à quiconque, et qu’en se battant pour survivre, elle arrivait à des états comme ceux-ci, ces états de stase émotionnelle, où ses cauchemars se vidaient de leur substance, sans se douter un seul instant qu’elle se voilait la face. Sans se dire que finalement, ce qui lui réchauffait le cœur, c’était qu’on s’intéresse à elle, qu’on lui sourit, qu’on la nourrisse et qu’on l’intègre, dans une petite portion d’existence, quelle qu’elle soit. Parce que si elle se rendait compte de ça, si elle se rendait compte de la vérité, elle ne pourrait plus supporter les brimades de la vie, elle n’aurait plus la force de continuer alors qu’elle saurait qu’il lui manquait tout ce qui était nécessaire à son bonheur.

Il ne fallait donc pas du tout y penser. Jamais. Et se contenter de sourire, et d’être bien, de se laisser aller, s’adosser au mur sans penser que derrière il y avait un vide mortel. Les enfants sont très forts pour se voiler la face. Et puis, finalement, elle aimait bien le garde. Il rigolait avec elle, se moquait, mais elle savait que c’était gentil. Elle le dévorait du regard, ébouriffer ses cheveux, sourire, sursauter, froncer les sourcils. Comme chaque personne, il avait une manière unique de montrer ce qu’il y avait à l’intérieur de lui, d’extérioriser ses émotions. Et Mia aimait bien regarder vivre les gens. Cela la rassurait, le monde tournait.

Elle fut dépitée lorsqu’il répondit par la négative à sa demande, et son vidage s’affaissa de déception. En revanche, lorsqu’il continua, un semblant d’espoir la ranima. Elle ne saisissait pas totalement la différence de concept entre la défense et l’attaque, mais elle aurait le temps d’y réfléchir plus tard. Tout était bon à prendre de toute manière, Mia était ce genre d’enfant en éternel manque d’information, qui dévorait les connaissances à pleine gorge, dotée en plus d’une mémoire étonnante pour son âge, qu’elle avait mi- innée mi- acquise par l’instruction que lui avait donné son Papa.

Toute frétillante à l’idée d’apprendre, elle se leva rapidement, mais conçu un moment de panique lorsqu’il lui demanda de se séparer de sa sacoche. Elle jeta un regard à droite et à gauche, mais se rassura en constatant la petitesse de l’endroit. Sa sacoche était en sécurité, et elle pourrait à tout moment, d’un simple regard, vérifier qu’elle était toujours là. Avec une petite appréhension elle trottina jusqu’à Kylian qui se mit en garde, prenant une pause d’attaque caricaturale pour le plus grand plaisir de son élève qui rigola un instant, avant que ne commence les exercices.

Ce fut sans doute l’après-midi la plus heureuses de Mia depuis que son Papa était mort. Dans l’action et l’apprentissage, que le rouquin faisait naître comme un jeu, elle s’amusa comme une folle, riant à gorge déployée lorsqu’il la faisait voler autour de lui, la rattrapant in extremis, la corrigeant le plus possible et toujours gentiment. Elle se plu à se laisser aller quand il la prenait contre elle, s’imaginant étreinte, pour l’éternité, et ce fut pendant ce cours de défense qu’elle se laissa le plus aller à ce bonheur infini de petite fille jouant avec le monde. Sa joie enfantine ne l’avait finalement pas complètement désertée, et c’est avec un soulagement profond qu’un poids quitta ses épaules, la laissant aussi légère qu’un courant d’air, aussi vive qu’un éclat de rire s’échappant de sa gorge de manière incontrôlée. Cristalline, elle devenait petit ange, auréolée de cette toute puissance magnifique et totale qui caractérise l’enfance.

Elle apprit donc à s’échapper, lorsqu’on la tenait de différente manière, et à faire une clé de bras. Mais cette dernière partie n’avait pas vraiment été réussie, et ils avaient rigolé tous les deux comme des bossus lorsqu’elle avait tenté de l’immobiliser avec ses maigres forces et ses tout petits bras, et qu’il s’était dégagé en faisant semblant de bailler. Mais maintenant elle avait la technique, et comme toute chose elle n’était pas prête de l’oublier. Il serait bien temps de la mettre à profit lorsqu’elle aurait un peu plus de muscle.

Finalement, essoufflée, elle s’affala aux côtés de Kylian, prenant inconsciemment la même pose que lui. Les joues rouges, les yeux pétillant, elle était l’image même de la vie, cette vie qu’elle sentait flamboyer dans son cœur, la couver d’une chaleur bienfaitrice. Pour la première fois depuis un très long moment, ses abdominaux lui faisaient mal à force de rire, de même que ses zygomatiques à force de sourire. Elle s’appuya légèrement contre le garde, engloutie contre son flan immense, à l’abri de toute chose. Elle se dit que le bonheur pouvait exister quand on imaginait que quelqu’un comme Kylian pouvait être son grand frère. Mais cette pensée fugace s’effaça avant qu’elle ne s’y attache, sachant par avance que rien n’était acquis, et que l’attachement faisait mal au moment de l’abandon, comme précédemment avec Shawna.

Sur une brusque pensée, elle se décida et prit la décision de ne plus s’attacher aux gens, mais de continuer à apprécier les bonnes choses qu’ils peuvent apporter. Elle ne savait pas si elle en était capable, ce genre de pensée était d’ailleurs un peu trop instinctive pour qu’elle en prenne réellement conscience, mais ce nouvel état d’esprit prit naissance à ce moment-là, pour le meilleur et pour le pire.

Sa respiration se calmait progressivement alors qu’elle regardait le rouquin. Prise d’une soudaine impulsion, elle se leva et se retrouva d’ailleurs pratiquement aussi grande debout que lui assis. Sans lui laisser le temps de la repousser, elle enfouit ses deux mains dans ses cheveux roux, avec encore plus de franchise que précédemment. Un sourire illumina son visage en découvrant leur douceur. Spontanément, elle lança :


- R’garde, j’met mes mains dans le feu du ciel ! j’peux toucher un lever de soleil !


Et elle rigola toute seule de sa piètre blague, séduite néanmoins par la vision de ses doigts recouverts de flammes.


- C’est sans doute la première fois que je peux jouer avec le feu.


Son ton était devenu grave alors que cette idée avait germé dans sa tête et qu’elle en prenait la mesure. Le feu brûlait, et à moins de souffrir elle ne pourrait jamais mettre ses mains à l’intérieur. Il lui fallait donc palier à cette impossibilité, et son sourire s’agrandit lorsqu’elle s’imagina courant d’air dans un feu de camps, et qu’elle songeait que ce serait vraiment très beau si ses mains étaient des grosses étincelles flamboyantes.

Finalement elle se détourna et se pencha légèrement par-dessus le parapet, à côté de l’échelle. L’après-midi touchait à sa fin, et la couleur de l’atmosphère changeait progressivement, se feutrait de plus en plus à mesure que les heures filaient comme des rivières. A moitié pour elle-même, elle grommela dans la barbe qu’elle n’avait pas :


- J’espère que je vais réussir à descendre sans me casser les jambes. Pi va falloir que j’retrouve mon coin pour dormir, moi. Mais j’pense que j’vais bien me reposer, la fatigue physique y a rien de mieux pour bien dormir.


Elle se retourna vers Kylian et demanda, curieuse :

- T’habite où dans l’Académie ? Et tu restes là jusqu’à quand ?

Autrement dit : combien de temps vais-je encore profiter de cette petite plateforme en ta compagnie ? Elle était un petit peu triste à l’idée de partir de cette plateforme qui lui paraissait maintenant si accueillante. Elle s’y amusait bien, finalement.




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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Sam 31 Mar 2012 - 23:46

    Tout à ses pensées le garde oublia l'espace d'un instant la présence de la fillette à ses cotés, trop prit par ses réflexions pour se souvenir qu'elle se trouvait si près de lui.
    Elle était pourtant la, toute petite, affalée de la même façon que lui juste à ses cotés, reprenant tranquillement son souffle éclipsé par son ombre, discrète.
    Surement trop discrète et trop dissimulée par sa hauteur pour qu'il la négliger de cette façon.
    Mais sa présence le rattrapa très vite lorsqu'elle s'adossa contre lui, fatiguée des exercices qu'il lui avait fait faire toute l'après midi.
    De surprise, le garde bâtit des paupières, un peu étonné par ce poids inattendu qui venait s'adosser sur son flanc. Il n'était pas vraiment habitué à ce genre de chose et n'avait même pas envisagé que quelque chose se semblable puisse se produire. Était-ce parce-que Miaelle lui avait semblé terriblement timide et effacée lors de son arrivé avec Shawna ? Il n'aurait su le dire mais passé son bref moment de déroute il sourit.

    C'était mignon une petite fille.

    Finalement, lui qui s'était fait tout un plat de s'occuper d'elle parce que "je sais pas m'occuper des gosses", "les enfants c'est chiant." et tout autres préjugés, avait finit par accepter sa présence, mieux encore, il l'avait prise en affection.
    Comment n'aurait-il pas pu ?

    Elle était tellement mignonne, gentille et témoignait d'une si grande bonne volonté ! Comment était-il seulement possible qu'elle vive seule et que personne ne veuille s'occuper d'elle ?

    Son coeur se serra à cette pensée et les paroles du commandant du camp d'entrainement pour enfant où il fut élevé, son prétendu oncle, lui revinrent en mémoire.

    "Si j' avais le pouvoir, plus aucun enfant ne serait malheureux et je construirais des orphelinats comme celui la partout dans le monde pour les enfants orphelins... Kylian est ce que tu veux m' aider à réaliser mon rêve ?"

    Il refoula ses pensées avec dégoût. C'était faux, complètement, tellement faux que ça en devenait ironique. Les mercenaires désiraient simplement prendre le pouvoir pour imposer leur idée et leur tyrannie, aucun orphelinat ne serait créé et le nombre d'enfants qui crèveraient dans les rues suites à l'assassinat de leur parents ne cesserait d'augment. Pourtant il en avait besoin, il se devait d'y croire, parce-que c'était tout ce qu'il avait, la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher, cette toute petite lueur d'espoir que peut être, un jour...

    Miaelle bondit tout à coup sur ses jambes avec l'impulsion d'une sauterelle -il n' y avait vraiment que les enfants qui pouvaient se lever d'une position aussi flasque d'une façon aussi rapide, c'était étonnant- et enfouit ses mains dans ses cheveux pour sa plus grande surprise, le plus beau des sourires aux lèvres.

    C'était un peu gênant mais il la laissa tout de même faire.
    Autant, qu'on mette sa main dans ses cheveux pour les ébouriffer et lui rappeler qu'il était le roi des idiots lui était égale -et Shawna ne se privait pas de lui rappeler le plus souvent possible- , autant qu'on mette sa main dans ses cheveux d'une façon plus douce le perturbait.
    C'était quelque chose de plus embarrassant, de plus génant, c'était plus... Personnel et c'est pourquoi il ne laissait jamais ses cheveux aux mains de ses conquêtes trop longtemps, surtout au mains de ses conquêtes en fait.
    Mais Miaelle était une enfant et elle était mignonne et puis, il ne pouvait rien lui refuser.

    Il lui sourit et releva la tête pour la regarder ce qui eu pour effet de se dégager légèrement de son emprise ce qui l’entraîna a aller jeter un oeil de l'autre coté de la muraille.


    - Tant que ce n'est que celui la, ça va.

    Il l'entendit murmurer pour elle même et ce n'est qu'à ce moment la qu'il se rendit compte que l'après midi touchait à sa fin.

    - Mmh ?

    Par la Dame, que le temps passait vite ! Il n'avait pas vu filer les heures.
    C'était idiot, il avait du coup, finit son tour de garde depuis un bon moment et il n'avait pourtant pas bougé d'un pouce, c'était bien la première fois d'ailleurs ! D'habitude il filait à la minute même, grappillant parfois quelques précieuses minutes qui lui étaient offertes mais prendre sur son temps libre alors la, c'était du jamais vu.
    Le garde se tourna vers la tour la plus proche et la présence d'un garde non loin de la confirma sa thèse.
    Tsss quel abruti celui la, il n'aurait pas pu passer le prévenir au moins ? Bon finalement ce n'était pas trop grave, après tout il ne s' était pas ennuyé alors il n'avait pas perdu son temps et puis il n'aurait pas pu la laisser toute seule la petite, pas après que Shawna ait filée comme une diablesse ! Il s'en sentait responsable lui du coup.
    Tient en parlant de diablesse, elle n'était pas revenue finalement. Elle avait surement du trouver une occupation plus intéressante et oublier totalement la petite fille.
    Ah Shawna.
    Il se prenait parfois à la comparer à un chaton. Attachant et volage dont l'attention était constament captée par le moindre petit truc à l'allure intéressante qu'elle pouvait croiser. Il ne pouvait pas la blâmer, il faut dire qu'il était plutôt comme ca lui aussi...

    Le garde se releva en s'étirant.


    - Mmmh j'ai une chambre au deuxième étage et je trouve que maintenant serait un bon moment pour lever le camp, tu m'suis ?

    Avant même qu'elle ne comprenne ce que cela impliquait, Kylian lui sourit et d'un pas se dirigea vers l'échelle. Il prit les deux branches dans chaque mains et d'un bond, se laissa glisser jusqu'en bas. L'échelle n'était pas trop haute et le bois n'avait pas eu le temps de lui bruler les mains.

    Arrivé en bas il mit sa main en visière pour appercevoir la petite et lui lanca:


    - Bha alors, tu viens ?

    Moins elle réfléchirait, plus vite elle serait descendue.

    - Aller bouge ! Met toi dans la même position que lorsque tu es montée et descend juste les pieds ! Au pire si tu tombes j'te rattrape.

    Miaelle finit par descendre et le garde félicita sa performance dans un sourire en coin.

    - Eh bha tu vois, c'était pas si compliqué !

    Il la laissa à peine remettre sa sacoche sur l'épaule avant de l'entrainer vers les escaliers les plus proche.

    -Aller viens. On est bien, regarde tout ce qu'on peut faire ! o/

    Il trotinna dans les escaliers jusqu'u troisième étage, talloné par la petite fille aux yeux bleus.
    Puis, il se stoppa dans un coin, jeta un coup d'oeil dans le couloir et se retourna vers Miaelle, jnuste derrière lui.

    - Attend moi ici, je reviens dans une minute.

    Kylian se dirigea vers la pièce qu'il convoitait et colla son oreille contre la porte.
    Aucun bruit.
    Ce n'était pas la première fois qu'il y venait. Le plus souvent pour pecher des informations sur les personnes qui avaient un interet aux yeux des membres du Chaos, la dernière en date : Edel, aussi il savait à peut près vers quel heure le bureau était desert. Il ne l'était pas souvent alors il devait faire vite.
    Le garde entra dans la pièce -Bazard monstre, comme d'hab'- et chercha des yeux ce dont il était à la recherche. Mais où pouvait donc se trouver cette fichu coupe ?
    A la reflexion, il n'y en avait pas, il le reconnu au fur et à mesure qu'il croisa des bagues de toutes les couleurs au fil de ses recherches.
    Bon, vu le bordel environnant, celui qui remarquerait la disparition d'une seule du tas de bagues éparpillées dans tout les sens serait un véritable génie.
    Il en trouva une de la couleur qu'il souhaitait et ressortit comme une ombre rejoindre la petite fille qui l'attendait un peu plus loin.

    Kylian s'agenouilla face à elle et lui présenta le bijou. Une très belle bague orné d'un crital bleu.


    - Tiens, c'est la bague de la maison Aequor, comme ca, si un jour quelq'un vient t'ennuyer ou essaye de te mettre dehors tu n'auras qu'à lui montrer ca d'accord ? Leur salle commune se trouve dans l'aile ouest il me semble, tu ne pourras sans doute pas avoir un lit puisque tu n'es pas une élève officielle mais il y a des canapés et en hiver il laisse le feu brûler, tu y seras toujours mieux que je ne sais où.

    Il lui sourit.

    - Par contre évite de montrer cette bague lorsque tu n'en as pas besoin, on ne sait jamais.

    D'après ce qu'on lui avait dit, les Aequor étaient, pour la plupart, des personnes sympathiques mais sans grand esprit de groupe, aussi ils risquaient moins de se poser la question de voir une petite fille inconnue au bataillon se promener dans leur salle commune.
    C'était un peu risqué mais ca ne durerait surement qu'un temps, d'ici un moment elle serait assez grande pour demander à étudier à l'académie et elle obtiendrait alors les autorisations officielles.
    Après tout, n'y avait-il pas une autre petite fille d' à peu près son âge venu rejoindre les Teylus ?



    [Pardon, pardon, pardon, pardon, mille fois pardon pour le retard é__è. Je peux continuer un peu si tu veux mais j'avais peur que ca fasse trop long :] ]






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MessageSujet: Re: On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]   Lun 18 Juin 2012 - 0:26

A vrai dire, le temps avait comme cesser de couler. Enfin, pas exactement, c’était plutôt comme si les minutes, les secondes, s’engluaient aux confins, comme si les couleurs elles-mêmes coulaient, luisait aux pourtours des choses, comme si le temps résonnait, sourd, chaud, serein. Mais peut-être était-ce simplement son cœur, tût depuis quelques temps, qui se remettait à fonctionner, à pulser une vie, un sourire, un éclat, de bonheur ou de rire. Mia souriait, pour la première fois depuis des mois. C’était logique, en même temps, quelle journée chargée ! Elle avait volé des petits pains avec Shawna, avait pu manger à sa faim, puis elle avait bravé le monstre de l’échelle, le verti-monstre qui faisait tourner sa tête, elle avait pleuré, encore, un peu, quand Shawna était partie pour ne plus revenir, elle avait ensuite appris à se battre – ça c’était chouette – et elle avait même pu jouer avec le feu des cheveux de ce garde pas si bougon que ça ! Elle s’en serait frottée les mains de contentement si celles-ci n’était occupées à ranger machinalement les herbes, plantes, graines et compresse de sa sacoche qui avait subi quelques chamboulements lors de son escapade.

Et Kylian ne bougeait pas, lui non plus. Elle avait l’impression qu’il était bien lui aussi, et c’était un sentiment chaud et réconfortant de ne pas voir dans ce regard qui se posait sur elle, une once de mécontentement ou de méchanceté. Elle était comme ça, Mia, bien trop empathique pour ne pas se laisser transpercer par les mauvais sentiments, même si ceux-ci ne lui étaient pas destinés. Et au contraire, lorsqu’une personne était heureuse, elle ne pouvait s’empêcher de l’être aussi, véritable éponge des sentiments, à fleur de peau, constamment.

Soudain, le garde sembla se rappeler quelque chose. Il tourna la tête à gauche, puis à droite, comme s’il cherchait quelque chose, avant que son regard ne se fixe sur une silhouette proche, et qu’il ne fronce les sourcils. De mécontentement ? Instantanément, les épaules de la petite se raidirent. Mais elle constata bien vite que l’énervement de Kylian était passager. Pourquoi sinon lui décernerait-il un petit sourire doux avant de lui proposer de le suivre ?

Un grand sourire illumina le visage de la petite herboriste. N sourire qui se fana aussi rapidement qu’il était apparu lorsqu’elle le vit disparaître de son champ de vision, véritablement happé par le gouffre de hauteur. Le vide lui semblait comme une gueule immense d’où s’échapperait cette langue de barreau qui ne semblait souhaiter qu’une chose : se défiler sous ses prises. Elle avala sa salive avec un « gloup » audible avant de s’avancer prudemment, tiraillée entre le désire de rester en sécurité et celui de suivre son nouvel ami.

Mais il ne semblait pas du genre patient, le bougre, et c’est bien la peur de se faire abandonner une nouvelle fois, la peur qu’il parte si elle ne descendait pas rapidement, qui délia ses gestes, et poussa son corps à faire ce que le garde demandait. Comme une petite marionnette, elle se positionna sur les barreaux comme il l’avait fait précédemment, et elle ferma les yeux, s’attendant à tout instant à percuter le sol par le dos, les pavés lui brisant la colonne vertébrale, le sang coulant de sa bouche aux dents brisées… Mais ce furent inopinément les mains ferment de Kylian qui la réceptionnèrent en bas de course. Elle ouvrit les yeux sur ses mains blanchies, serrées très fort sur l’échelle de bois. Son cœur tambourinait dans sa poitrine, mais le sol ne tanguait pas sous ses pieds. Elle leva la tête vers la terrasse, mais baissa les yeux bien vite, cependant qu’un petit sourire venait trembler ses lèvres. Encore un peu secouée, elle suivit le garde en trottinant derrière lui, louchant à gauche à droite pour essayer de se repérer dans l’immense château. Les pas du jeune homme faisait trembler les pavés, tandis qu’elle se fondait dans son ombre comme une petite sourie de pétrole. Ils n’allèrent pas très loin, cependant. Soudain, le garde disparut de sa vue après une petite phrase et un sourire malicieux qui mot la petite mal à l’aise. Allait-il revenir, lui ? Elle fouilla dans ses pensées pour se rassurer. Jamais personne ne lui avait promis de revenir sans le faire vraiment. Les promesses devaient avoir un certain pouvoir magique, même si certaines ne se réalisaient pas tout le temps. Par exemple, son Papa avait promis de toujours la protéger, mais il n’était plus là à présent. Miaelle s’adossa contre un mur et entoura ses genoux de ses bras, en plein réflexion. Bon, peut-être qu’il n’était plus là, mais il ne lui était rien arrivé de très grave, cependant, comme s’il veillait toujours sur elle. Peut-être que la promesse faisait effet quand même, même s’il n’était plus physiquement là, peut-être qu’il y avait quelque chose, quelque part, qui faisait en sorte que les promesses se réalisent, que…

Kylian avait réapparut. La petite sauta sur ses pieds et se rua vers lui, stoppant à quelque centimètre de ses jambes, heureuse de le retrouver. Soulagée aussi. Il s’agenouilla pour se mettre à son niveau, et même ainsi elle ne le dépassait pas, tant elle était petite. De près, sa chevelure était encore plus étrange, encore plus jolie. Mais l’objet qu’il lui présenta détourna ses pensées des flammes rousses et des glaçons bleus . Une bague. Une jolie bague avec une pierre, bleue, comme ses yeux. Elle leva la tête vers le garde, écoutant attentivement ses instructions, de plus en plus stupéfaite par ses propos. A la fin, elle lui décerna un sourire qui dévoila toutes ses dents.

Elle n’irait probablement pas dormir à l’intérieur, sauf si elle n’avait vraiment pas le choix. Elle avait trop peur des personnes qu’elle pourrait rencontrer. Mais savoir, avoir dans un coin de la tête, seulement l’idée d’un refuge, d’un endroit chaud et sec, au cas où, ça lui donnait du baume au cœur. Bien moins cependant que l’attention de Kylian, qui avait volé cette bague rien que pour elle, sans rien demander en échange. Saisit d’une impulsion soudaine, elle se jeta à son cou et, avec l’absence de retenue qui la caractérisait, le serra de toute ses forces, à tel point qu’il finit par devoir détacher gentiment ses deux petits poignets. Elle ne s’en formalisa pas et passa doucement la bague à son doigt. Elle était bien trop grosse, bien trop lourde pour sa petite main d’enfant, mais à présent elle lui apparaissait comme la plus belle bague du monde. C’était le premier bijou qu’on lui offrait. Une petite larme pointa à sa paupière, qu’elle essuya machinalement. Il fallait qu’elle aille le raconter à son Papa ! Tout de suite !

Elle se tourna vers le garde qui s’était relevé, et le trouva à nouveau très grand. Qu’importe. Elle tira sur son vêtement pour qu’il baisse les yeux vers elle, attendit de croiser son regard, et lui fit un petit sourire.


- Merci beaucoup. Maintenant je vais aller raconter à Papa ma journée, et je vais arroser mes fleurs. A plus tard !

Et elle tourna les talons, s’enfuyant à l’horizon, le cœur peut-être un peu moins chamboulé que la veille, certainement plus serein, un poil plus heureux. Après tout, elle avait joué avec le feu.


[Je te propose de clore ce rp à ce niveau, ça m'a semblé le plus logique, mais si tu veux continuer, je suis ouverte à toute propositions ! merci pour ce rp en tout cas, du fond du coeur I love you ]


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On s'entrecroise, sous le crépitement des êtres [Terminé]
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