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 À bon entendeur, salut. [Inachevé]

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Plume
Messages : 27
Inscription le : 01/09/2010

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MessageSujet: À bon entendeur, salut. [Inachevé]   Mar 19 Juil 2011 - 4:22


La goule dévorée de lèpre et d'os aigris

Cible le crépuscule, dans la plaine, et je vois

Sa gueule couronnée, ses crocs -était-ce écrit ?

Horribles monticules, qui déjà me vouvoient.

                                                                                                                                 Dobinié Zil'Ersat – Annotations a margine:

C'est voir la mort arriver, dure, fruide et terriblement matérielle. C'est fixer l'indicible par le langage, ou ce qui ne devrait pas pouvoir l'être, dans l'instantanéité. Mais que sait-on de la mort, que peut-on en savuir ? On meurt; on n'est jamais mort.


Des buissons s'exhalait une odeur d'été, une odeur de fleurs délicate et délicieuse sur la terre comme aux cieux. Le céruléen céleste rivalisait de contraste avec son soleil, c'était joli. Les corps, présents, transpiraient sous les tissus toujours trop achevés. Un papillon bourdonnait ?
Il y avait dans les mains de Cyter des mains d'enfants. Une à droite, une à gauche. C'était comme un flux de rivières filant droit le long des tendons, sur le triangle des armatures, un ruisselet de pensées communes dans l'entrelacs des nerfs. La chaleur gonflait les eaux lilas dans la plaine à droite, dans la plaine à gauche. Sa peau luisait dans la touffeur des atmosphères, comme badigeonnée d'une huile qui aurait dessiné précisément chaque incision, chaque scission.
Les fils voilés de peau accrochaient des ombres lorsque la main tressaillait, un pianoforte se déroulait en elle et la jouait. Et les petites mains glissaient.


                   Qui glisse et tinte et vit, là-bas ? Un violon.

A gauche, la plus jeune des fillettes: elle s'appelle Epeita, elle est charmante. Des boucles excellemment circulaires entament son front, cisèlent son visage poupin à la manière d'un parfum. Ses yeux très bleus, en amande, affolent parfois la soie que revêtent ses traits en y initiant -quoi ? Un germe de tempête labile qui forme, déforme, informe le tissu froissé. Les petites dents sont des perles, elle a l'éclat du Sud; la couleur aussi. Toute en mèches sombres et douces nuances. C'est une fleur caramel, qu'un seul adjectif résumerait: onctueuse.
On l'a vêtue de blanc. D'une robe un peu longue, un peu miséreuse pour ne pas qu'on puisse la croire noble: c'est une orpheline.
A droite, sa soeur: elle s'appelle Prauton, elle est charmante. Dans la paume de Cyter, sa main de jeune fille glisse. Si ronde et délicate que les anneaux des doigts geôliers l'enserrent. Les ongles flattant un peu l'air libre sont irréguliers, cerclés de blanc. Leur corne friable fait comme un sable mouvant pour protéger la chair. La baie de ses ongles, les radicelles de peau viennent mourir sur la rive, sur la jetée des herpes lacustres, des doigts d'enfants jusqu'au bout des ongles. L'été s'y admire à la manière d'un parfum. La même à onze ans.


Alors que l'allée plisse leurs pas, les corps des Dièses résonnent imperceptiblement au son du violon. Rien n'indique qu'elles l'ont repéré; rien n'indique à leur Plume qu'un instrument gémit. A peine leurs gestes sont pleins de sa présence. Leur indifférence même le trahit. Il se fait le fond tragique, l'arrière-plan comique d'une belle journée d'été, d'un trio putatif qui bientôt atteindra le palier. Rien n'indique que le violon les a repérées. Mais, en insinuant ces modulations d'attitudes, dans le tressaillement d'une boucle, par exemple, il s'approprie ce qui est sien; ces notes, ces petites altérations, reliées à ses cordes, comme par le fil d'or de l'éloquence.
Sargane pense. Ça lui arrive. Que les plaines montueuses rougissent, et qu'elle les regarde. Impudiquement consciente de leur existence.
Elle entend le bruit des froissements de main comme dans un grand sommeil; le bras à gauche esquisse un mouvement de marche contre son flanc.
Sous les fenêtres, une voix se mêle au miaulement des boyaux; ainsi, Sargane avait raison, avant, puisqu'on peut aisément les confondre. Ils sont fait de manière à renforcer l'association: la plainte est-elle dans leurs fibres, ou c'est le musicien qui se moque, de ses petits doigts musclés ?
Si le violon est un chat, l'animal est noir d'humour. Larmoyant, fourbe et lascif, l'objet se plie de fausse mauvaise grâce à la tyrannie de l'archet; on a pris des entrailles pour n'avoir pas à sortir les siennes. Et le résultat les touchait, là, tout mêlé d'harmoniques.
Seulement voilà: il faisait beau.


Quinze heures vingt, heure d'été.
"Dame Lil'Aforg " "Demoiselle" "Pouvons-nous..?" "..va vous recevoir" "Veuillez.." "Nous" "Elle".
Les fastueuses sobriétés d'une maison presque bourgeoise, le parfum d'une noblesse en désuétude. Al-Chen. Vue sur le lac cependant. La nuit, l'aileron des baleines sanctifiait les étoiles. Désacralisait l'arcane de leurs sommeils. Des peintures, des tableaux dans le corridor. Lorsque l'on passa sous le portrait de l'aïeul, le ventre d'Epeita se mit à gargouiller.
Cyter n'était pas à son aise dans cet univers féminin, parce que la seule robe qu'elle ait pu trouver, entre Ruym et Al-Chen, ressemblait davantage à une chemise, et que ses cheveux n'étaient pas attachés. Elle ignorait au juste pourquoi ici et pas Al-Jeit, qui étaient ces servantes à l'air las, cette femme capillairement déchue, qu'importait ? Malgré l'être adorable proclamé ombre du Chef de Choeur, la jeune Dil'Muren ne pouvait se résoudre à comparaître devant sa supérieure en compagnie d'une présence masculine. Mais, avec ses mèches éparses, ne ressemblait-elle pas affreusement à un..?


La domestique qui l'introduisit ne signait pas. Pendant qu'on prenait les mains moites des petites pour qu'elles se tinssent tiennent à l'écart jusqu'à ce qu'un accord les convoque, Cyter s'accrochait aux lèvres  des visages pour y dérober des bribes de mots.
O graphique. N'était-il pas tellement plus vrai de prendre à la source même les écailles, le moule permettant le son plutôt que ce produit fini, artificiel ?
Les sons -les lèvres. Le violon était là. Assez tranquille, posé, insolemment posé. Seul. Un sourire doré courait sur ses hanches. Un sourire sans lèvres. Il avait un certain culot, c'est vrai. Elle n'aurait su dire s'il n'était pas en train d'émettre un son, un sussurrement de chat moqueur.
En majesté. C'est beau, bien formé, équilibré, charmant. On en jouerait.


Le soleil estival jouait dans les cheveux blonds, comme un archet. C'était une profusion luxuriante, une éclatante onctuosité qui toucha même l'absence de sens esthétique de la Plume. On eut dit une cascade, la source originelle d'où découlaient leurs veines, celles de tout à l'heure. Leur consécration. O grand Staline, toi qui fait couler nos rivières... Le soleil jouait donc sur les boyaux soyeux, les fils d'éloquence des cheveux d'or, l'archet quiet sur les cheveux du violon.
Tout cela fôlatrait de plus belle sur les fils et les filles, soufflé dans la poussière, des paillettes d'or.
Cyter n'aurait su décrire l'apparence générale d'Ailil, ni sa plus ponctuelle, alias "vêture". Il lui semblait bien que quelqu'un d'autre se trouvait dans la pièce, à gauche, mais il n'était plus en son pouvoir de détacher son regard des poignets.
Un instant, tout petit, ses yeux croisèrent les lèvres, plus muettes que toutes cordes vocales. Ils s'en retournèrent, pris en faute. Depuis longtemps, le chef de Choeur avait arraché ces cordes-là pour les enter sur l'insupportable matou.
Les poignets, car ce serait d'eux que surgiraient les mains. Pour modeler des sons comme des paroles.


La jeune fille sentit le poids de la lettre dans la besace, et sut qu'elle devait avoir terriblement honte: une besace ! Mais sa vergogne fit long feu, car là n'était pas la question. Elle inclina la tête. Sensible aux mouvements morts dans lesquels elle venait se désincarner. Le plafond trop bas de cette demeure écrasait plus sûrement qu'un soleil. La chevelure d'Ailil gonflait de couleurs fauves, comme en avance sur l'après-midi. Cyter dégagea ses poignets des manches et les trouva vaguement ronds, joliment humbles. Prenant garde à ne pas dessiller ses lèvres, qui risqueraient de laisser échapper quelque son, par mimétisme, les doigts commencèrent avec application.

Il était une fois au bord du lac Chen un certain mystère, des bambins, des richesses. Un noble à la réputation douteuse, situation précaire, envoyant un émissaire. Un émissaire porteur de feuillets piece together liés entre eux, calligraphiques. Bleu brillant. Cette petite mission, déjà. Après..
Elle se coupa la parole en cherchant dans le cuir. La liasse y crépitait, indépendamment vivante. Pressée d'arriver à bon port: c'était une liasse noble. Du parchemin froissé mais habitué, depuis tout jeune, à reposer sur un bois convenable. Et l'encre ..! Du genre qui tache à peine, tout délicatement. Mais fière, et bouillonnante d'écume. L'esprit bien contenu dans les reflets-joujou. On s'y noierait. Elle tendit donc cette aristocratie à qui de droit, puis ajouta quelque chose comme: l'une des petites y était. Elle a quelque chose à vous dire. Crispation des muscles à l'encoignure du "vous". Son champ de vision toujours étroitement concentré ignorait si l'autre était Sao, ou quelqu'un.
Oh, heureusement qu'elle n'avait pas emmené Rat, songea-t'elle brièvement, juste avant que cette idée ne lui apparaisse dans toute sa stupidité: elle n'aurait jamais commis un tel impair.
Elle se coupa la parole en filant vers sa gorge.


- N'aipa peur, ange..

Prauton était toujours rassurée par cette voix si juvénile, si maladroite. Mais aujourd'hui, on ne lui demandait pas seulement d'être charmante. Cette grande dame l'était bien plus qu'elle, et c'était perturbant. Alors que sa soeur s'asseyait sagement parmi les servantes, elle entra dans la pièce en traînant les pieds -des pieds charmants. Souriante ou douce, sa Plume lui saisit le bras et l'attira vers le centre un peu décalé, où la lumière jouait du violon. Elle ne s'aperçut pas que son étreinte était perçue comme brutale et n'entendit pas la fillette grimacer. Elle toucha les petites omoplates comme pour leur parler; mécaniquement, le corps glissa vers le Chef de Choeur, une érubescence au poignet.



[..Le bénéfice du doute, peut-être ?]


_______________


     ~Bals de diamants, hanches roses ;
              Et, bien sûr, je n'étais pas né
                              Pour ces choses.
 
À bon entendeur, salut. [Inachevé]
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