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 Déambulation solitaire sous le regard des étoiles [Terminé]

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Marchombre
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MessageSujet: Re: Déambulation solitaire sous le regard des étoiles [Terminé]   Mer 14 Sep 2011 - 19:26

Lya était trempée. Il pleuvait toujours aussi fort, et l'eau qui ruisselait du toit venait s'éponger sur ses vêtements et sur son corps, gouttant sur les mains de la jeune femme. Ces même mains auxquelles pendaient la vie de Jehan. Ces doigts agrippés aux poignets de l'Intendant de l'académie. Ces ongles serrés comme des tenailles contre la peau du digne Hil'Jildwin, qui, si elle venait à le lâcher, tomberait pendant une poignée de seconde avant d'aller s'aplatir cinquante mètres plus bas. Et Lya savait pertinemment qu'il fallait mieux éviter cette option. D'abord parce qu'elle aurait très probablement d'énormes problèmes avec le personnel enseignant de l'académie, mais aussi parce que la Kaelem ne souhaitait aucunement tuer l'intendant. Les menaces proférées un peu plus tôt n'étaient rien d'autre qu'une tentative d'intimidation, et au vu de la situation, la tentative en question avait parfaitement fonctionnée. L'unique problème était que la jeune femme se retrouvait désormais incapable de remonter sur le toit. Car si au début, la prise de ses pieds tenait impeccablement, la pluie et le poids de son propre corps et de celui de Jehan l'avait petit à petit fait glisser. Lya se retrouvait donc pendue à cinquante mètres au dessus du sol, le corps tendu comme un arc entre ses pieds qui s'accrochaient désespérément à une poutre, et ses mains, à un Intendant paniqué et légèrement en colère qui s'agrippait tout aussi désespérément à une gargouille ruisselante.

Jusqu'au moment où Jehan lâcha.

Le corps entier de Lya se tendit un peu plus. Un instant à peine, elle cru qu'elle allait pouvoir retenir la masse qui l'entrainait vers la bas, mais un claquement douloureux se produit dans sa cheville droite, se répercuta dans toute sa jambe et Lya tomba à son tour. Le cri qui montait dans sa gorge fut stoppé net, en même temps que sa chute. Sans trop savoir comment, la jeune femme avait eu le réflexe de ne pas lâcher l'intendant et elle se retrouva pendu à celui-ci, lui-même pendu à une corde apparue comment par magie entre les doigts d'une personne que Lya ne parvenait pas à distinguer dans la tempête. D'ailleurs, elle se fichait royalement de qui c'était, son seul objectif étant le mur à quelques mètres d'elle. Lya sa balança, mais à chaque fois qu'elle tentait de se rapprocher un peu plus des pierres, et donc de la sécurité, sa cheville l'élançait effroyablement, quand ce n'était pas les geste inutiles de l'intendant qui l'en éloignait. Lya adressa une prière silencieuse à un dieu inconnu pour que la personne qui tenait la corde résiste encore quelques secondes. Mais au moment où la Kaelem prenait son élan pour se balancer une nouvelle fois, ignorant la douleur qui pulsait dans toute sa jambe, elle se sentit partir en arrière.

Ils tombaient. Quatre corps difformes et méconnaissables tombaient du haut des toits de l'académie. Lya ne comprit tout d'abord pas ce qui se passait. La pluie s'était soudainement fait plus violente et fouettait sa peau. Il y avait aussi cette sensation de vide au niveau du ventre, comme si son cœur et toute ses tripes lui avaient été ôtées. La respiration de la jeune femme se bloqua quant elle comprit qu'elle tombait. Elle ne voulait pas mourir. Elle ne voulait pas que tout s'éteigne d'un seul coup, avec juste un bruit écœurant et la lumière qui disparaît. Elle voulait vivre encore. Mourir était une option totalement inconsidérable. Un cri incontrôlable, rassemblant toute la voix de Lya, franchit ses lèvres et s'évanouit dans la tempête sans que personne ne parvienne à l'entendre. Le sol se rapprochait à la fois en accéléré et au ralenti. Ca y est, c'était fini, plus que cinq mètres. Quatre. Trois. Deux.

Lya ferma les yeux dans l'attente de l'impact. Son corps atterrit sur quelque chose de souple qui n'était pas le sol. Elle se sentit rouler vers le centre de la toile avant que trois autres impacts ne la fasse craquer. La Kaelem chuta encore une seconde et elle atterrit avec violence sur la dos. Le souffle coupé, elle attendit quelques secondes avant d'inspirer une première fois, difficilement. Le peu d'air qui entra dans ses poumons suffit à la faire sourire. Lya se remettait du choc petit à petit. Elle était vivante, et autour d'elle, c'était le chaos. La jeune femme entendait des cris perçant parvenir à ses oreilles et elle était incapable de comprendre à qui ils appartenait. Par contre, elle n'entendait aucune voix rassurante, aucun "tout va bien?". Inquiète, elle se redressa lentement. Sa vision s'obscurcit un instant avant de redevenir nette. Lya tenta d'essuyer la boue qui maculait son visage, mais ses mains et ses vêtement en était aussi couvert et elle ne parvint qu'à l'étaler un peu plus. La Kaelem finit pas se relever en prenant garde de ne pas s'appuyer sur sa jambe droite. Son regard croisa celui d'Hestia qui semblait aller bien. Puis elle tourna la tête pour voir que Gwëll était toujours couché au sol, les yeux fermés. Sans attendre une seconde de plus Lya lança à l'Aequor:


-Occupe-toi de Jehan. Essayes de savoir pourquoi il cri comme ça, et si c'est du cinéma, fait le taire. Si tu vois noir ou s'il y a un quelconque problème, assieds-toi et attends.

Sans plus faire attention à Hestia et à l'Intendant, Lya claudiqua difficilement vers Gwëll est s'agenouilla dans la boue. De toute manière, qu'elle en soit un peu plus ou un peu moins maculée importait peu. En voyant que la jeune femme avait les yeux fermés, la Kaelem paniqua en la pensant morte. Elle ne sut tout d'abord pas quoi faire, puis elle s'aperçut que la poitrine de l'Aequor se soulevait imperceptiblement à un rythme régulier. Ne sachant par quoi commencer, Lya essaya d'enlever la boue qui noircissait le visage de la jeune femme inconsciente. Y parvenant tant bien que mal, elle fini par se retourner pour crier à travers la tempête:

-Hestia, j'sais pas quoi faire avec Gwëll. Elle est inconsciente et elle se réveille pas.

Non mais dans quel pétrin les avait-elle tous fourrés? Ils avaient besoin d'aide.


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MessageSujet: Re: Déambulation solitaire sous le regard des étoiles [Terminé]   Mer 21 Sep 2011 - 0:38

Il n’y eut d’abord qu’une grande cacophonie. Beaucoup de cris.
De très longs cris. De très beaux cris.
Le cri du vent qui leur crissait aux oreilles et déchirait l’air que leurs corps désarticulés pourfendait. Le cri du tonnerre qui craillait dans l’espace infini et accompagnait leur chute. Un cri lui vrillait les tympans, aigü et terrifiant par l’horreur qu’il charriait. D’autres, qui s’entremêlaient dans le lointain, interrompus par la distance et la pluie qui filtrait les sons.
Et enfin le sien propre, tellement éraillé qu’il en était presque muet ; ah, les pendants d’avoir crié toute la sainte nuit sur des jeunes imbéciles, qui maintenant, gâchaient le paysage des dernières secondes de sa vie. C’était très triste, en vérité, car il n’aurait jamais l’occasion de les sanctionner, et le sol sur lequel ils allaient tous s’écraser lourdement allait le priver de cet honneur, de ce devoir qui était le sien. Il en aurait été chagriné, s’il n’était pas aussi occupé à crier et faire ses dernières prières.
Il avait certes eu de grandes frayeurs dans la vie, mais jamais il ne s’était retrouvé en pleine tempête, en chute libre, avec la certitude de trouver le trépas lorsque la gravité opérerait la rencontre entre ses os et le sol dur comme la pierre. Aussi, il se le serait avoué s’il avait eu le temps- mais la chute allait trop vite.

Les lumières des fenêtres s’imprimaient sur sa rétine alors qu’elles défilaient sans fin, de grandes éclaboussures de lumière fantômes qui s’accumulaient dans son regard. A sa colère dissoute par la terreur qui faisait frémir chaque parcelle de son être, s’était succédée un grand sentiment de culpabilité – il pouvait se le permettre, il allait mourir. Culpabilité, parce qu’il entrainait dans la mort plusieurs élèves. Et même si c’était les pires pouilleuses de la création, des êtres vénaux, malpolis, mal dégrossis, d’une incorrectude incroyable et d’une insolence irrémédiable, ils étaient sous sa responsabilité.
Et un accident aussi tragique à l’Académie ne manquerait d’entâcher sa réputation posthume. Comment l’Académie se reléverait de tel évènement ? Sans son Intendant, l’Académie partirait à vau-l’eau, elle se désagrégerait, faute de successeur compétent, elle perdrait son faste, et bientôt, elle cesserait d’exister. Et pourquoi ? Parce que Jehan Hil’ Jildwin avait fini sa course en compote sur ses dalles. C’était très triste, en vérité. Son épaule percuta une autre, anonyme, qui tombait à la même allure à ses côtés.

Il en était à dresser la liste des objets qu’il aimerait voir son collègue de légendes et de lettres hériter, quand sa macabre et mortuaire nomenclature fut, littéralement, interrompue. Perdu dans les pensées préparatoires à son trépas, Jehan Hil’ Jildwin avait réussi à chasser sa terreur ; jusqu’à ce qu’un choc brutal et improbable le ramena à la dure réalité. La gravité ébranla sa colonne vertébrale, et il se crut sauvé, enroulé dans les mailles d’une toile qui avait considérablement amorti leur chute.
Mais à l’étonnement succéda l’impact. Le sol, à quelques mètres, chassa toute parcelle d’air de ses poumons lorsqu’il atterrit, ainsi que tous les autres, dans la fange pluvieuse. Et puis, tout devint blanc dans sa tête. Blanc comme l’acier que l’on monte en fusion, et tout aussi douloureux.

Jehan poussa un cri d’agonie.
D’ailleurs, il poussa tout une série d’hurlement d’agonie tous plus horribles les uns que les autres, les mains crispées sur sa jambe, ou ce qu’elle était devenue. Quand il osa ouvrir ses yeux crispés par douleur – et l’indignation- , il poussa encore un hurlement ; d’effroi, cette fois. Ce qu’il tenait entre les mains n’était plus une jambe. C’était bien trop horrible pour être une jambe, n’est-ce pas ? Son tibia s’était fracturé par le milieu, et l’extrémité ébréchée avait traversé la peau de sa jambe et saillait, sanguinolente et macabre sous cette luminosité d’enfer. Affolé par cette vision, Jehan préféra encore ôter précipitamment sa tunique détrempée et imbibée de boue, et s’en servit pour recouvrir son tibia saillant, et masquer à sa vue l’horreur de sa jambe cassée.
Jehan poussait toujours des gémissements d’agonie, et à cette agonie s’ajouta une certaine fureur.

C’était leur faute. A ces écervelés, à toute cette bande d’incapables, sur qui il n’avait même pas pu compter pour le tirer en sécurité et se laisser punir tranquillement. D’une main, l’Intendant ôta les cheveux plein de boue et la pluie qui lui obstruaient la vue. Il ne vit trace nulle part de la nouvelle ; peut-être était-elle restée sur le toit, elle. C’était bien la seule. Gwëll gisait sur le sol, inconsciente aux tentatives de Lya – cette infâme traitresse, ce suppôt de Satan, ce séide des Enfers. Et Hestia regardait tout le monde, les yeux comme deux ronds de flanc et la bouche en cul de poule. S’il avait encore eu l’énergie nécessaire, Jehan aurait volontiers explosé. Au lieu de ça, il se répandit en invectives entrecoupées de gémissements de souffrance à l’intention de n’importe qui se sentirait concerné, en particulier Hestia :

- Mais ne restez pas plantée là, petite sotte ! Allez chercher de l’aide ! N’importe qui ! De préférence quelqu’un qui s’y connait en soins ! … Vous êtes encore là ?! Mais ventre à terre, crénom !

L’adrénaline de leur effroyable chute avait mis les nerfs de l’Intendant à rude épreuve. Absolument rien ne fonctionnait comme d’habitude cette nuit, rien ne fonctionnait comme il voulait. Tout partait en grand n’importe quoi. Irrité contre le monde entier, et cloué au sol par sa jambe monstrueuse, fracturée à angle droit, Jehan Hil’ Jildwin tenta malgré tout de se relever.
Un glapissement s’échappa de ses lèvres pincées, et il retomba lourdement dans la boue, la vision obscurcie par un soudain vertige et une soudaine nausée. A contre-cœur, le digne Intendant de l’Académie, à présent torse nu, une jambe cassée, couvert de boue, se rallongea dans la-dite boue, les yeux clos, en grognant. Il avait vu du coin de l’œil que Gwëll était inconsciente, et une pointe d’inquiétude arrivait à percer sa carapace. Rien qui vaille la peine d’être relevé, note.

- Et puis dépêchez-vous, par la Dame ! Si vous êtes debout, c’est que vous pouvez courir, toutes les deux ! On va pas aller à l’infirmerie en rampant, que diantre ! Allez chercher des brancards, de l’aide, des gens, n’importe quoi !

L’indignation se mêlait à la colère, au stress, à la douleur, aux reliquats de frayeur que la chute avait causée. C’était juste trop. Cette nuit était vraiment incroyablement merdique, pardon du peu.
Il souleva délicatement sa chemise tâchée de sang, de pluie et de boue, et jeta un coup d’œil à son os brisé mis au jour. Manqua de défaillir.



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MessageSujet: Re: Déambulation solitaire sous le regard des étoiles [Terminé]   Mer 21 Sep 2011 - 14:56

Selhan éait parti, il était passé par l'intérieur de l'académie pour redescendre des toits, en essayant d'être discret, il avait rejoint le hall d'entré puis était sorti, ce n'est qu'une fois près de l'entré principal de l'enceinte de l'académie qu'il commença à entendre des cris, d'abord il entendi comme une engueulade mais avec beaucoup de mal car la tempête était quand même bien présente. Il était resté là, planté devant les grandes portes sans les franchir, que ce passait-il sur ce toit que l'on entendait aussi loin?

C'est alors qu'il entendi des cris de terreur et de douleur, ce coup si il ne se posa pas de question il fallait qu'il y retourne, il fallait qu'il aille voir ce qui se passait, il fallait qu'il soit sûr que tout allait bien. Peut importe s'il devait affronter le regard de Lya ou celui de l'intendant les cris étaient trop élevé pour que ce soit juste une engueulade.

Il couru à perdre haleine jusque quand dans le hall, il n'entendait plus rien, évidemment les cris étaient déjà étouffé par le vent et la pluie quand il était à l'extérieur, alors une fois à l'intérieur il n'y avait plus que la pluie qui frappait les fenetre que l'on pouvait entendre. Il ressorti donc pour savoir d'où venait les cris, c'est alors qu'il ne comprenait plus rien, ils ne venaient pas des toits... ils couru encore et encore et arriva stupéfait sur les lieux.

Gwell était inconsciente, Jehan agonisait en maudissant ses élèves et Hestia et Lya étaient là en train de savoir ce qu'avait la jeune fille allongé et inconsciente. L'ex-assassin ne se posa pas de question, il arriva à hauteur de l'intendant puis lui dit.

- Je vais vous enmener à l'infirmerie, je crois que vous en avez besoin, dites moi où vous avez mal pour que je n'augmente pas votre souffrance.

Il essayait de ne pas enervé l'intendant pour bien montré qu'il était là pour l'aider et non pas pour l'achever... Pendant que l'intendant regardait le jeune homme prêt à répondre, Selhan se tourna vers les filles pour leur dire.

- Enmenez-la à l'infirmerie, je pense qu'a deux vous pouvez le faire, je vais m'occuper de lui.

Evidemment le "la" était pour Gwell et le "lui" pour Jehan, le jeune homme était pratiquement sûr de pouvoir porté l'intendant tout seul et il pensait que Lya et Hestia pouvaient à toute les deux porter Gwell. Il commença donc à se baisser pour aider Jehan.


[Si sa vous plait pas que je revienne dans le rp dites le moi Very Happy ^^]


_______________


La mort n'arrive jamais par hasard.

Où que je sois, si j'y suis, la mort y est aussi.

A l'inverse, où que tu sois, si la mort y est, j'y suis aussi.

Mais si je ne suis pas là avec toi, il n'est pas dit que tu ne meurt pas.

Ma protection sera ta seule dévotion.


La méditation est noble, le courage est fort, la confiance est suprême
mais seule la mort règne.


Où que tu aille je te suivrait les yeux fermés parceque si j'ai confiance alors mon âme et mon instinct me guiderons mieux que mes yeux... Sache le!
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MessageSujet: Re: Déambulation solitaire sous le regard des étoiles [Terminé]   Ven 7 Oct 2011 - 23:55

[J’ai légèrement fait agir vos personnages pour les besoins de l’avancée, mais si ça vous dérange vraiment, on peut s’arranger dans mon bureau.]
Et voilà que la Dame et le Dragon le mettaient dans une situation absolument infernale.
Pire encore que de dégringoler cinquante mètres.
Pire encore que de se casser la jambe et d’hurler à la lune devant des élèves dissidents.
Pire encore que de se sentir responsable de l’inconscience de Gwëll Yil’ Sleil.
Pire encore que de voir Duncan lui refuser un rencart tisane.
Pire.

Il allait devoir ravaler sa fierté et accepter l’aide d’un INCONNU ! Non mais c’est intolérable ! A vrai dire, tout était intolérable. Tout. TOUT. Mais là, plus que tout. Quand il reconnut la silhouette de l’assassin qui s’était trouvé avec eux sur les toits plus tôt dans la soirée, Jehan avait bien cru retomber dans les bras de Duncan Morphée. Quand il le vit s’approcher de lui et lui proposer son aide, il sentit sa plèvre se décoller. Quand il se rendit compte qu’il n’avait pas vraiment le choix, il aurait été prêt à s’arracher le cœur et à l’empaler sur le bout d’os brisé qui saillait encore sous sa peau. Vieille carcasse.
La pluie commençait enfin à s’éclaircir un peu, et la nuit, sombre, humide et silencieuse s’abattait autour d’eux. Tout le monde semblait attendre qu’il prenne une décision, même si les jeunes élèves tentaient encore de réveiller la Aequor inconsciente.
C’est donc en grognant fortement que Jehan Hil’ Jildwin, digne intendant de l’Académie de Merwyn, rendit l’âme les armes, et répondit à l’assassin :

- La jambe.

Incapable d’en dire plus, par frustration, par indignation et par douleur, l’Intendant se releva sur le coude, et saisit le bras que l’assassin lui tendait pour l’aider à se redresser. Il ne put empêcher des grognements de franchir ses lèvres lorsqu’il dut se remettre à la verticale, sa jambe inutile pendant dans une position écœurante sous lui. Selhan fit son possible pour le soutenir, et Jehan s’appuyait lourdement et sans aucune réserve sur l’assassin – autant qu’il serve à quelque chose. Seulement, il ne se voyait pas aller à cloche-pied à l’infirmerie, et subir le choc de chaque pas le long de sa jambe – surtout que la pluie risquait de les faire glisser, et qu’ils étaient suffisamment couverts de boue comme ça (il devrait d’ailleurs très probablement subir les remontrances du concierge pour ça..).
Et jamais.
JAMAIS.
Never ever. Il n’accepterait d’être porté comme une mariée de printemps par Selhan Assian. Jamais. Plutôt crever. Plutôt voir saillir cinquante tibias de tous les endroits de sa peau pendant que Duncan se mettait à chanter. Vraiment. Surtout devant des élèves. Ils n’avaient pas le temps de telles plaisanteries avec une élève toujours inconsciente. Namého.
Il devrait donc bien se résoudre à se soutenir aux épaules de l’assassin en ronchonnant chaque fois qu’il clopinait un peu trop fort. Après tout, la soirée était catastrophique, pourquoi ne le serait-elle pas jusqu’au bout ? Jehan Hil’ Jildwin se retourna vers ses élèves et leur lança d’un ton polaire :

- On va tous à l’infirmerie. Vous prenez la miss Yil’Sleil comme Assian l’a dit. On rediscutera de tout ça une fois au chaud, au sec, et réparés.

La perspective de passer les dix prochaines minutes les plus longues et les plus pénibles de sa vie l’emplirent de lassitude, et ils commencèrent d’avancer clopin-clopant vers l’Académie.

[Suite à l’infirmerie]



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