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 Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]

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Elera
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Marchombre
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MessageSujet: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeLun 16 Mai 2011 - 16:35

[Titre emprunté à HFT.]

Ena avait-elle, elle aussi, douté avec autant d’intensité, en la faisant danser sur la voie ? Avait-elle eu peur de la faire tomber, de ne pas être assez bon guide pour la mener plus loin, ou de l’envoyer vers la mauvaise direction ? Il y avait eu tellement de regrets, sur son chemin, et la jeune adolescente aux yeux miroitants n’avait que de l’espoir dans ses prunelles, quand elles avaient regardé les pétales valser avec tant de légèreté. Elera n’avait jamais douté de son maître, ni d’elle-même, pendant tout son apprentissage. Ca avait été sa force, et sa faiblesse. Et c’était difficile, de savoir qu’elle serait responsable de l’essor ou de la chute de ces deux apprenties qui avaient mis leurs pas dans ses empreintes. Qu’elle se perde, seule, était une chose ; mais elle ne pouvait pas les perdre eux aussi. Si la vie n’avait plus la même saveur qu’auparavant, elle ne pouvait pas l’effacer pour eux. Elle irait de l’avant, à nouveau, quand elle y serait prête ; mais elle ne les retarderait pas. Assise en tailleur sur une pierre au bord de l’eau, Elera était tournée vers l’étendue limpide et vers le soleil, qu’elle sentait sur son visage à travers ses paupières fermées. Dos à elle, le chemin qui menait au lac, et c’est quand elle y entendit deux pas différents s’approcher, puis s’arrêter sur la rive, qu’elle demanda, sans pour autant se retourner ni ouvrir les yeux :

- Comment m’avez-vous trouvée ?

Les pas de Kirfdéin étaient plus lourds, plus rapides, plus hésitants, aussi, mais plus discrets, mouflés. Lya était plus sûre d’elle, plus légère, plus concentrée, et l’on n’entendait qu’un seul bruit mat, quand elle posait le pied, plutôt que la multitude de ceux qui ne savent pas où marcher, et font craquer tout le sol alentours. Il faudrait qu’elle leur apprenne à marcher l’ombre et épouser le silence. Ils étaient discrets, mais encore pas assez. Si ce n’étaient pas leur pas, c’était leurs mouvements, leurs mollets, leurs cuisses, leurs bras, leur tête, leur corps que le vent identifiait en quelques instants. Elle leur apprendrait à écouter. Ca, elle en était encore capable ; c’étaient comment s’harmoniser aux hommes, qu’elle ne savait pas faire, mais les éléments étaient encore à son écoute. Elle se retourna, mais resta en tailleur sur sa pierre, lorsqu’elle posa les yeux sur ses deux apprentis.

- Qu’avez-vous appris ?

Une question courte, et qui englobait tellement de choses ; ce qu’ils avaient appris en la cherchant, ce qu’ils avaient appris lors de leur voyage en solitaire, mais aussi tout ce qu’ils savaient, depuis qu’ils s’étaient lancés sur la voie à sa suite. Ils avaient progressés. Elle voulait savoir s’ils en avaient conscience. Sa respiration était presque inexistante, et on aurait dit une étrange statue, aux yeux atténués d’infinitives voiles, dans lesquels il était impossible de se plonger, ses profondeurs trop abyssales pour pouvoir les atteindre et en agripper le sens.

Lya Dinal
Lya Dinal

Marchombre
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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeMer 18 Mai 2011 - 20:47

[si ça, va pas ==> Mp, j'édite]

Lya était avec Kirfdéin. Ils s'étaient tout bêtement croisés dans les couloirs de l'Académie, et la conversation s'était engagée d'elle-même.
Naturelle.
D'abord, le blabla habituel du "Salut, comment ça va?", "Bien et toi?". Puis, le sujet avait rapidement dérivé sur les Marchombres. Et plus particulièrement sur leur enseignement. Aucun des deux apprentis n'avait revu Elera depuis le retour de leur voyage. D'ailleurs, celle-ci ne leur avait pas demandé de la rejoindre et ne les avait pas non plus convoqué pour un nouveau cours. Les deux Kaelems décidèrent d'un commun accord de partir à sa recherche.

Lya avait hâte de raconter à son Maître tout ce qu'elle avait vu et apprit. Elle voulait aussi profiter d'un cours pour pouvoir montrer qu'elle avait progressé dans certains domaines. En effet, entre chaque étape, la jeune femme s'était astreinte à des entrainements rigoureux. Selhan et elle s'arrêtaient en général deux ou trois heures avant la nuit, sur la demande de la Kaelem. Puis, pendant que Selhan montait le camps et vaquait à ses occupations, Lya partait courir une heure, parfois plus. Lorsqu'elle revenait, elle faisait des exercices d'assouplissements et de musculations, s'entrainait au lancer de poignard sous la houlette de sa moitié et apprenait quelques mouvements avec le sabre que celui-ci lui prêtait. Enfin, couverte de sueur, la jeune femme partait se laver dans une rivière environnante, tout en évitant de perdre pied, ne sachant pas nager.

Kirfdéin et Lya partirent donc à la recherche d'Elera. Ils menèrent leur petite enquête qui consistait à demander à un peu près tout le monde s'il n'avait pas vu la rouquine. C'est ainsi que les deux apprentis arrivèrent au lac. Celui-ci avait bien changé depuis la dernière et seule fois où Lya y était venue: plus de glace fragile sur les bord, ni de neige immaculée recouvrant le paysage. Au contraire, de la verdure, des arbres recouverts de feuilles et de l'eau miroitante qui grouillait de vie. Et face aux Kaelems, une silhouette discernable de loin. Silhouette qui sembla les reconnaître sans même se retourner, presque en même temps qu'eux, comme le démontrait la voix qui s'éleva dans l'air. Lya sourit. Et son sourire s'estompa rapidement. Il y avait quelque chose de nouveau chez Elera. Quelque chose que la jeune femme aurait été incapable de discerner auparavant. Un sorte de fêlure, assez indescriptible, mais pourtant présente. Ce qui expliquait que la Marchombre n'ait pas fait appel à ses apprentis pour un nouveau cours. Lya voulu demander des explications, mais une nouvelle question l'interrompit avant qu'elle n'ait le temps de parler. La jeune femme s'assit dans la même position que son Maître, face à elle.


-Parce qu'on t'a cherché. Et c'est pas normal. Ordinairement, tu nous aurais appelé.

Lya s'arrêta le temps de s'asseoir, les genoux repliés contre son corps. Puis continua d'une voix neutre:

-Mais à part ça, j'ai apprit beaucoup de choses: à monter à cheval, à grimper sur des tours en forme de sablier. Enfin, sur une tour en forme de sablier. J'ai aussi appris à m'entrainer, seule, et que mon chéri était un noble qui a une stupide sœur. Que je déteste avoir un bouclier devant moi, que je ne sais pas marchander, et que le passé, c'est le passé. Et...

Des yeux émeraudes, vides de toutes expressions, surgirent dans l'esprit de Lya. Elle reprit avec une grande inspiration, appréhendant la réaction d'Elera:

-Et aussi, que je suis capable de tuer.



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Kirfdéin Starkhoz
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeMer 25 Mai 2011 - 0:20

Tous les cours allaient être ainsi? A la recherche d'Elera! Voilà comment les cours marchombres auraient du s'appeler. La rouquine ne disait jamais où elle allait, ne donnant aucun indice mais si Kirfdéin et Lya voulaient progresser, il fallait qu'ils la retrouvent car c'est pas la marchombre qui viendrait vers eux. Bon sang! Kirfdéin avait pas perdu 6 mois d'apprentissage pour ensuite passer son temps à fouiller la gigantesque académie dans l'espoir de retrouver celle qui devait les guider sur la voie de l'Harmonie. Et en plus, il n'était même pas sûr d'avoir un cours après ça. La dernière fois, à Eoliane, Elera leur avait simplement appris qu'ils avaient 3 semaines de liberté. C'est pas comme ça que Kirfdéin deviendrait un marchombre...

Il avait donc retrouvé Lya et ils avaient discuté un peu de leur voyage respectifs. Et Kirfdéin avait alors posé une question qui n'avait pas trouvé de réponse: Où est Elera? Lya ne savait pas non plus. Elera avait donc encore réussit à se cacher. Ils avaient donc repris ce qu'ils avaient déjà fait quelques semaines auparavant. Kirfdéin allait connaître la région d'Al-Poll par coeur si ça continuait à ce train-là. Questions auprès des élèves, des professeurs et même des habitants d'Al-Poll. Ce fut au bout de quelques jours qu'on leur apprit qu'Elera avait été vu au lac, non loin de l'académie. Et ce le matin-même. Les deux élèves prirent donc cette destination et c'est bien là-bas qu'ils la trouvèrent.

- Avec les recherches que tu nous imposes, on va connaître l'académie et ses alentours par coeur. La prochaine fois, tu pourrais pas nous donner rendez-vous dans un endroit précis à une heure précise, non? ajouta Kirfdéin avec un sourire.

Il écouta attentivement le résumé de Lya. Et bien, elle avait bien bossé pendant son séjour. Lui, il avait pas fait grand chose pendant son voyage avec Halina. Il avait profité de la liberté, mais il n'avait pas beaucoup avancé sur la voie de l'Harmonie. Pas un même un petit pas.

- Et bien moi, j'ai appris que le Gwendalavir avait beaucoup à m'apprendre et que la nature était magnifique. J'ai aussi traversé la route d'une bande de brigands et j'ai remarqué que la violence et l'injustice n'était pas réservée aux mercenaires.

Les deux brigands qu'il avait tué. Il s'en souvenait encore mais les deux corps n'hantaient pas son esprit. Il n'avait pas de remords. Il avait mis fin à la vie de deux personnes mais il ne s'en voulait pas. S'il pouvait revenir en arrière, il referait la même chose. Sans son action et celle d'Halina, il y aurait eu plus de victimes innocentes ce soir-là. Finalement, c'était les coupables qui avaient rejoints leurs ancêtres.


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Ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort. Suis-je vraiment vivant? Suis-je vraiment devenu plus fort?


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Elera
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeMer 25 Mai 2011 - 14:29

Elera écouta les critiques de Lya sans broncher, en silence, attendant qu’elle termine ce qu’elle avait à dire. Lorsque celle-ci se tue, attendant visiblement une réponse, Elera se contenta de tourner la tête vers son premier apprenti, attendant de savoir si l’Aequor aux cheveux blancs ressentait la même chose que la jeune Kaelem. Lui avait l’air de prendre sa demi-désertion avec le sourire, au moins, mais elle sentait un véritable reproche derrière son ton léger. Il ne se permettrait pas, comme Lya, de remettre en cause son enseignement, mais il lui en voulait pourtant, et elle pouvait le comprendre. Elle avait été loin d’être le meilleur maître possible pour eux, d’abord en étant incapable de protéger Kirfdéin face à l’homme masqué, puis en les envoyant seuls pour trois semaines, au lieu de reprendre leur enseignement d’une main de fer. Elle avait trop douté, et elle les avait empoisonnés avec ses doutes, laissant ses principes personnels se mettre sur le chemin de leur apprentissage. Il était grand temps de reprendre les choses en main. Mais s’ils croyaient que ces trois semaines ne leurs avaient rien appris, et qu’Elera leurs était complètement inutiles pour avancer sur la Voie… Ils avaient tort.

- Je vous ai appelés.

Elle savait être en tort pour le retard qu’ils avaient pris sur la voie. Mais ils avanceraient encore deux ans à ses côtés, voire deux ans et demi, et elle les mènerait aussi loin que possible. Elle était marchombre. Eux avaient le potentiel pour tendre vers l’harmonie. Seulement, il lui fallait encore les guider, s’ils voulaient un jour comprendre le véritable sens de la Voie. Et pour cela, il lui fallait mettre de côté toutes ces contradictions qui n’étaient que les siennes propres. Peut-être que, si elle avait été un meilleur maître jusqu’ici, Lya et Kirfdéin n’auraient pas à lui faire de reproches aujourd’hui, parce qu’ils auraient compris depuis longtemps déjà comment la retrouver.

- Je vous ai appelés, mais vous n’avez pas entendus.

Elle se tourna vers ses deux apprentis, son regard glissant de l’un à l’autre, avant d’expliquer.

- Vous m’avez cherchée avec votre corps, en visitant les lieux et en demandant autour de vous. Peut-être avez-vous eu l’impression de perdre votre temps, mais au moins connaissez-vous bien la région, maintenant, et cela peut toujours être très utile. Mais c’est par hasard que vous m’avez trouvée à Eoliane, et par hasard que vous m’avez trouvée aujourd’hui. Vous ne m’avez pas vraiment trouvée. Vous êtes tombés sur moi. Parce que vous n’écoutiez pas.

Dure, un peu. Mais c’était nécessaire. Ils devaient avancer.

- Alors je vais vous apprendre à écouter. Un maître est toujours lié à ses apprentis. Où qu’ils soient – ils savent où le trouver. Je ne vous donnerai jamais ni lieu précis, ni heure, Kirfdéin… C’est avec votre âme que vous devez me chercher. Mais d’abord…

D’abord, il y avait cette deuxième question, qu’elle avait posée et dont les réponses méritaient commentaire.

- Bien sûr que tu peux tuer, Lya. Et je vous apprendrai, à tous les deux, non seulement à vous battre mais à vous battre bien.

Elle n’avait jamais douté que ses apprentis puissent tuer. Elle avait décidé de ne pas ôter les vies, et avait tenté, avec Amarylis, de leurs montrer la futilité de la vengeance, mais elle n’avait jamais douté qu’ils pouvaient tuer. Elle espérait, seulement, pouvoir leurs incuber la sagesse nécessaire pour ne pas que leurs capacités ne les entraînent dans une spirale de regrets, de sang, et de violence. Elle voulait les voir voler, pas couler. Elle voulait qu’ils aient confiance qu’ils pouvaient se défendre, mais que tuer ne devait pas faire parti des premiers choix qui leurs venaient à l’esprit, face à une situation dangereuse. Mais elle ne pouvait rien faire pour le moment. Lya était trop fière pour qu’elle tente encore de lui parler, et Kirfdéin trop marqué par son emprisonnement. Alors elle leurs apprendrait à se battre bien. Le reste viendrait plus tard.

- Je n’étais pas là pour t’obliger à t’entraîner, pourtant tu as quand même avancé sur le chemin que tu t’aies choisie.

Hochement de tête approbateur. Les trois semaines de Lya avaient l’air d’avoir été riches en expérience, et c’est tout ce qu’elle avait voulu.

- Mais t’entraîner seule ne suffira pas.

Et c’est pour ça qu’elle était là, maintenant. Elle ne fit aucun commentaire sur son « chéri » et se contenta de se tourner vers Kirfdéin. Apparemment, il avait bien rempli sa mission, et la curiosité ne l’avait pas poussé à ouvrir le paquet. Neutralité. Equilibre. Les Marchombres étaient liés par contrat, qu’ils refusaient ou acceptaient selon leurs principes, mais ils n’étaient que les bras, dans ce genre de mission, glissant entre les forces, plutôt qu’étant l’une de ces forces qui chamboulent l’équilibre des relations. Bien.

- Le mal a bien des noms, et aucune guilde n’en est l’incarnation. Peut-être qu’un jour un mercenaire du Chaos vous sauvera la vie, et peut-être qu’un marchombre tentera de vous tuer. Qu’un brigand vous donnera du pain, et qu’un marchand vous fermera sa porte. Il ne faut pas se fier aux noms, mais à l’âme. Ecoutez.

Elera se releva sans un bruit, ferma les yeux de Lya, appuya sur les épaules de Kirfdéin pour lui faire signe de s’assoir, le laissa fermer les yeux aussi, puis s’immobilisa, pour devenir silence.

Ils écoutaient. Ils écoutaient, mais ils ne l’entendirent pas partir se cacher vers le bosquet d’arbres à proximité, et c’est là qu’elle attendit ensuite, les yeux fixés sur eux.

Lya Dinal
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeMer 1 Juin 2011 - 21:11

C'était juste une excuse un peu débile dans une vaine tentative pour faire de l'humour ou bien Elera ne plaisantait-t-elle vraiment pas. Lya optait plutôt pour la deuxième solution vu l'absence de sourire sur le visage de la marchombre et le ton de sa voix. Et puis, d'une certaine manière, la Kaelem comprenait ce que Elera voulait leur dire. Enfin, elle le comprenait au premier sens du terme, puisqu'elle était incapable de s'imaginer chercher la Marchombre en restant sagement assise dans un fauteuil pendant que son âme se baladait tranquillement dans l'Académie. Mais si Elera le disais, c'est que c'était possible. Enfin, peut-être pas tout à fait comme cela, mais c'était possible. Lya croyait en tout cas suffisamment en la marchombre pour penser que chercher quelqu'un avec son âme n'était finalement pas une idée totalement idiote. Après tout, les Dessinateur étaient capables de communiquer par sorte de télépathie, enfin, avec leur esprit. Parvenant à cette conclusion, Lya se tut et continua d'écouter les affirmations et les conseils que leur donnait Elera. Enfin, celle-ci se leva et ferma les yeux de Lya d'un geste doux. la jeune femme sentit plus qu'elle n'entendit Kirfdéin s'asseoir à ses côtés, surement les paupières closes lui aussi.

Lya écouta. Elle attendait que la voix d'Elera s'élève à nouveau. Mais elle n'entendit rien d'autre que les piaillement des oiseaux, le vent dans les arbres et les bruits de pas d'un groupe qui passait sur le chemin derrière eux. Ils devaient avoir l'air malin, les yeux fermés face au lac. La Kaelem entendit quelques commentaires qui venaient du groupe, et n'y tenant plus, elle ouvrit les yeux.

Il n'y avait personne. Juste l'étendue d'eau calme parcourue par quelques vaguelettes. Kirfdéin avait toujours les yeux fermés. Il était bien plus patient que Lya. Celle-ci avait fait un grand effort pour rester immobile aussi longtemps à attendre.
A attendre quoi d'ailleurs?
Un mot? Une voix? des pas? Lya n'en savait rien. Elle finit par dire:


-Kirf', tu peux ouvrir les yeux. Elle est partie.

La jeune femme se retint d'ajouter un "encore", peu pertinent. L'Aequor sembla se réveiller d'un sommeil sans rêve, et Lya continua d'une voix d'où elle ne parvenait pas à masquer l'agacement:

-Bon, j'imagine qu'on a plus qu'à la chercher. Mais cette fois chacun de son côté. C'est pas que je veux faire une course. Juste être un peu seule.

Lya n'entendit pas la réponse de Kirfdéin, masquée par le cri d'un oiseau. Elle l'observa quelques instants hésiter, puis se détourna avant qu'il n'ait choisit vers quelle direction s'éloigner. La jeune femme se tourna vers le lac, sans savoir quoi faire. Elle fit un résumé rapide de la situation dans sa tête. Elle était au bord du lac, elle était seule, elle ne savais pas quoi faire, elle était face à un nouvel exercice totalement inconnu, et elle devait appeler l'âme d'Elera. Parce que la Kaelem n'avait aucune envie de faire plusieurs fois le tour de Gwendalavir jusqu'à tomber sur la Marchombre. Une question essentielle trônait au centre de son esprit. Comment on fait pour appeler l'âme de quelqu'un? Il faut se concentrer très fort? Respirer un bon coup et dire "Allo"? Lya en doutait. Comment les Dessinateurs faisaient eux? Sa mère lui avait dit que c'était leur esprit qui partait dans un autre monde d'où ils créaient leurs objets et communiquaient. L'esprit, l'âme, c'était plus ou moins pareil non? Par contre, Dessinateurs et Marchombres, c'était loin d'être ressemblant.

Portée par sa réflexion, Lya était totalement inattentive à ce qui pouvait se passer autour d'elle. Ses pensées avaient vogué loin de leur sujet principal et ses yeux dérivaient dans le vague. Soudain, elle sentit une présence. Juste derrière elle. Elle se retourna brusquement et non ce n'est pas Elera, ça aurait était bien trop facile Smile se retrouva face à un Teylus, au vu de son uniforme.


-Dit, ça va? Ça fait un moment que t'es comme ça à pas bouger. Ca nous un peu inquiété.

Le "nous" désignait le groupe entendu un peu plus tôt et qui l'observait en retrait. La réponse de Lya fusa:

-T'es Dessinateur?

L'autre acquiesça, le regard inquiet. Il devait la prendre pour une folle. La marchombre sourit pour tenter de le rassurer.

-Super! Comment vous faites pour... parler? Communiquer? Bref, vous entendre quand vous êtes dans votre sorte de monde parallèle?

-L'imagination? Bah, c'est surtout une question d'entrainement en fait, mais à la base, t'es censé te représenter la personne et les parole que tu veux lui transmettre, et au bout d'un moment, ça vient tout seul. Pourquoi?

-Pour rien. Merci beaucoup.

Et elle se détourna à nouveau. Le jeune homme jeta un regard à ses amis qui l'attendaient. Il semblait hésiter entre les rejoindre pour continuer de passer une après-midi tranquille ou tenter de convaincre une élève apparemment folle de cesser... D'être folle. Comme le groupe l'appelait, il finit par se joindre à eux, avec un dernier regard à la jeune femme en uniforme rouge au bord du lac.
Celle-ci souriait. Elle était sûre d'une chose. Elera n'était pas loin.



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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeJeu 2 Juin 2011 - 6:37

Kirfdéin avait fermé les yeux dès qu'Elera l'avait forcé à s'asseoir. Il s'était alors focalisé sur les sons. Quand on perdait un sens, on compensait avec un autre. Le marchombre, depuis quelques temps, avait remarqué que son ouïe s'était amélioré pendant son séjour dans les cachots de l'académie. Six mois passés dans le noir complet. C'était son sens du toucher et son ouïe qui avait travaillé quand il était en cellule. Il était ressortit vraiment changé. Maintenant, les sons avaient un tout autre sens pour lui. Mais, quand il avait les yeux grands ouverts, il n'arrivait pas encore à se concentrer sur l'écoute. Avec les yeux fermés, c'était différent. Sa vue ne parasitait plus son écoute.

Il avait donc ouvert en grand ses oreilles. Il entendait le souffle du vent dans les arbres. Quelques voix lui parvenaient sans qu'il puisse savoir ce qui se disait, mais il se doutait que quelques élèves n'étaient pas très loin. Le frottement des pieds sur l'herbe fraîche. Une branche qui craque. Kirfdéin se trouvait bien. Il était content d'être là. Il sentait le vent lui caresser doucement le visage. Le soleil offrait de la chaleur avec ses rayons bienveillant. Le marchombre avait appris à apprécier tout ce que la nature pouvait offrir. Son séjour en prison l'avait vraiment transformé. Il se sentait bien plus marchombre qu'à son arrivée à l'académie. Etrange. Il avait fallut qu'il soit capturé, torturé et approché par le Chaos pour que l'Harmonie se révèle à lui. Kirfdéin franchissait les étapes de sa vie d'une manière bien étrange. Il rencontrait une femme qui a fait chaviré son coeur dans les cachots et il en était tombé amoureux sans l'avoir vue. Il avançait sur la Voie de l'Harmonie grâce aux fils du Chaos. Il espérait vraiment que désormais, il allait faire les choses simplement.

-Kirf', tu peux ouvrir les yeux. Elle est partie

Kirfdéin sortit du flot de ses pensées et il ouvrit les yeux. Elera était en effet partit. Elle avait profité que ses apprentis avaient les yeux fermés pour s'éclipser. Un nouvel exercice. Le jeune marchombre ne put s'empêcher de sourire. Ainsi, Elera n'avait pas demandé qu'ils écoutent la nature, elle voulait qu'ils sachent quand elle partait. Et bien, encore une erreur pour les deux apprentis. Kirfdéin n'avait pas réussit à savoir que la marchombre avait bougé à ses côtés. Il se releva et Lya partit de son côté. Alors qu'il regardait autour de lui dans l'espoir de trouver une chevelure rousse, les paroles d'Elera lui revinrent à l'esprit. Quel idiot! Elera n'avait pas voulu qu'ils entendent quand elle partait. Elle voulait qu'ils la retrouvent sans fouiller pendant des heures. En écoutant son appel!

Kirfdéin était perplexe. Il ne savait pas comment faire. Il ne voulait pas parcourir encore une fois les rives du lac en demandant qui avait vu Elera. Non, il devait utiliser une autre technique. Il referma les yeux et il se reconcentra sur les bruits qu'il avait entendu quand il était assis quelques secondes plus tôt. Il retira immédiatement le vent et les voix. Ce n'était pas ses bruits-là qui allaient l'aider. Qu'avait-il entendu d'autres? Les clapotis de l'eau? Non, Elera n'était pas aller se baigner. Il aurait vu les cheveux roux dans l'eau clair du lac. Sauf si elle avait plongée mais Kirfdéin se doutait bien que personne n'avait autant de souffle, même les marchombres. Et c'était pas un corps s'avançant dans l'eau qu'il avait entendu, simplement les clapotis du vent qui faisait bouger l'eau. Par contre, il avai entendu des pas et une branche qui se brisait. Les pas auraient pu aller dans n'importe quelle direction, ce n'est pas ça qui allait l'aider. Mais la branche, c'était un détail important. Il rouvrit les yeux et il scruta les alentours. Avec un sourire, il se dirigea vers les arbres qui n'étaient pas très loin. Il n'eut pas à fouiller. Son regard de chasseur venait de repérer une tâche orange au milieu des arbustes.

- Même quand tu es tout prêt de nous, tu arrives à t'enfuir. Dommage que ton pied ait écrasé une branche morte, sinon j'aurais pas trouvé aussi rapidement, dit Kirfdéin à l'attention d'Elera, avec un sourire aux lèvres.

Heureusement que Lya n'avait pas cherché la course en partant seule de son côté, sinon, elle aurait perdue.



[Edition à volonté si jamais le peu de temps pour trouver Elera vous déplait. Mais vu que Kirf a "travaillé" son ouïe pendant 6 mois, je me disais que ça pourrait convenir. Merci de me prévenir par MP si je dois éditer. Si y a pas de pb: bon post Very Happy]


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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeSam 4 Juin 2011 - 22:36

Le pied d’Elera glissa au sol, se posa sur une branche ; resta suspendu, un instant, avant de prendre son élan, et de véritablement se poser malgré la discordance occasionnée. Crac. Et puis elle tourna dans la poussière, posa son dos contre un tronc d’arbre, sa colonne en épousant la forme, et elle resta là, les yeux ouverts fixés sur ses deux apprentis. Ils écoutaient. Ils écoutaient de tout leur cœur, mais l’ennui les prit rapidement, et ce fut Lya qui ouvrit les yeux la première. Elera l’observa discuter avec un groupe d’élèves, et la brise, en venant lui rafraichir le visage, y inscrivit un sourire au passage. Le Dessin… L’art des Dessinateurs et celui des Marchombres différaient largement, mais la base était toujours l’écoute. Peut-être les esprits ne se rencontraient pas de la même manière, ou par les mêmes chemins, mais ils se rencontraient tout de même… Les mots de l'apprenti l'aideraient peut-être à comprendre. Kirfdéin, lui, avait pris les instructions d’Elera au pied de la lettre : il continuait à écouter, à se remémorer les sons, et elle ne frémit pas lorsqu’il se tourna dans sa direction, s’avança, et la trouva. Elle hocha la tête lorsqu’il parla, mais ses sourcils étaient légèrement froncés.

- Tu as écouté avec tes oreilles.

Elle s’approcha de lui, avançant sur les brindilles tombées, mais cette fois-ci, aucune ne craqua. Elle leva la tête vers lui, pour voir ce que serait sa réaction… Elera avait appris à marcher sur la neige sans y laisser de traces. Elle pouvait marcher sur les branches, placer la plante de ses pieds sans y laisser de sons. L’ouïe serait utile à Kirfdéin dans bien des situations, mais elle n’était pas la seule à pouvoir s’envelopper de silence… Il fallait qu’il puisse sentir la présence d’un marchombre, aussi, pas seulement celle des Bruyants. S'il ne pouvait pas la trouver, comment pourrait-il seulement rêver de sentir la présence d'Anaïel ?

- Ecoute avec ton âme.

Lya avait probablement vu Kirfdéin s’approcher des bosquets ; et en effet, elle apparut entre les branchages, pour les rejoindre. Elera lui sourit, puis se reconcentra sur son premier apprenti, sachant que la deuxième écoutait elle aussi.

- Quand j’approche ma main, tu la sens, n’est-ce pas ?

Elera plaça la paume de sa main à un centimètre du bras de Kirfdéin, au dessus de sa peau, sans le toucher.

- Même si je ne fais pas de bruit, et que tu as les yeux fermés, tu sais que je suis à côté de toi. Si tu te concentres bien, tu peux sentir tous les volumes qui t’entourent, les arbres, ce qu’il peut y avoir à tes pieds… Parce qu’ils dégagent quelque chose. De la chaleur. De la solidité. Leur chant est différent. Certains aveugles peuvent sentir les formes sourdes de la même manière, et deviner la marche avant de la sentir… Le vide, le plein. Le vent ne résonne pas de la même manière lorsqu’il souffle librement et lorsqu’il contourne un objet. Ecoutez le vent. Ecoutez le vent, la manière dont il tourne autour des êtres mouvants, et vous pourrez suivre de l’âme même le plus silencieux des lynx. Essayez…

Elera se mit à marcher, lentement, ses pieds sûrs dansant sur la terre meuble sans la faire bruisser, sa respiration lente et contrôlée, impalpable. Mais même le marchombre ne peut pas disparaitre. Il ne laisse pas de traces là où il était, mais il est là où il est. Il sait traverser le vent sans abimer sa course, mais il traverse le vent tout de même, et le vent l’entend comme il peut tout entendre. Alors elle tournait autour de ses apprentis, en cercles concentriques, en huit, en ovale, en lignes, les laissant chercher à sentir le mouvement, à entendre le vent. Une fois que ce serait fait… Peut-être, alors, réussiraient-ils plus tard à reconnaître sa silhouette parmi les autres, par delà la distance, par delà les limites posées par les cinq sens… Alors seulement ils ne la perdraient plus.

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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeMar 7 Juin 2011 - 21:20

Lya méditait sur ce que lui avait dit le jeune Dessinateur, tout en faisant fonctionner sa logique. Les deux apprentis étaient restés immobiles à peine plus de deux minutes. Ce qui était un temps relativement court pour aller se cacher à l'autre bout de Gwendalavir. Par contre, la Kaelem soupçonnait que ce temps suffisait largement à Elera pour que celle-ci puisse rejoindre un endroit tel que l'Académie, Al-Poll ou l'autre bout du lac. En plus, c'était tout à fait possible que la Marchombre soit encore en train de courir pour se cacher loin d'eux. Sauf si elle voulait les observer, voir leur réaction, leur comportement... Ce qui était le plus logique. Elera n'était donc pas loin. Arrivant à cette conclusion, Lya se releva et regarda attentivement autour d'elle. A une cinquantaine de mètres, le groupe de Dessinateurs discutaient tranquillement sans plus faire attention à elle. Plus loin, sur le chemin qui bordait le lac, un couple semblait se disputer, et à l'opposé, plus proche de Lya, une tunique d'Aequor qui disparaissait dans des fourrés.
Kirfdéin. Il avait trouvé Elera. Sans plus attendre et en ne prenant pas la peine de faire semblant d'écouter une quelconque âme, Lya couru vers les fourrés. Elle ne voulait rien louper de se qui pourrait se dire.


- Écoute avec ton âme.


La jeune femme s'engouffra dans les taillis en s'infligeant quelques égratignures au passage. Elera et Kirfdéin apparurent devant elle. Lya aurait voulu poser de multiples question à la Marchombre, mais la seule réponse qu'elle reçu fut un sourire. Alors elle écouta.

Lya crut sentir la main d'Elera au-dessus de son bras lorsqu'elle fut au-dessus de celui de Kirfdéin. Un frisson parcourut sa peau, hérissant les poils de son bras, et disparut presque aussitôt. La sensation s'était évanouie en même temps que le court tremblement de son corps. Puis, la jeune femme admira le silence qui régnait autour de la marche d'Elera. Elle n'entendait pas ses pas, ni le frôlement de ses vêtements de cuir, la souffle de sa respiration et encore moins les légères pulsations de son cœur. Rien, pas le moindre bruit. Sauf que la marchombre ne demandait pas à ce qu'ils entendent des sons, mais des sensations. La sensation du vent sur une forme.
Lya ferma les yeux.
Elle entendait Kirfdéin à côté d'elle. Mais elle ne voulait pas l'entendre. Alors elle l'oublia. Que restait-il? Le vent qui effleure les feuilles des arbres. Encore un son. Lya l'oublia lui aussi, ainsi que tout ceux qu'elle parvenait à entendre. Que restait-il? Rien. Pas la moindre sensation. Pas de chaleur, ni de solidité. Pas de volume, de chant, de forme, de vide ou de plein. Rien. Juste le noir. L'effleurement d'une main contre sa peau, comme pour la rassurer et lui redonner courage. Puis le noir à nouveau. Encore le noir. Un noir infini que rien ne perturbait. La Kaelem souleva ses paupières. Les sons affluèrent à ses oreilles. Kirfdéin était toujours là. Elera aussi, continuant son étrange danse autour d'eux. Lya s'exclama, brisant la sérénité qui entourait le groupe:


-C'est impossible. On ne peut pas écouter un mouvement, une sensation ou le vent contre les choses. 'Fin, j'veux dire... C'est irréel. C'est comme si on me disait que voler ou respirer sous l'eau, c'était faisable. Ben nan, j'suis désolé mais t'auras beau essayer et t'entrainer, tu chuteras toujours et t'avalera de l'eau. Franchement, je vois pas comment on peut faire ce que tu dis. On peut pas faire un peu de concret pour une fois?


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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeLun 18 Juil 2011 - 21:48

Quand il vit Elera se déplacer sans écraser la moindre la branche alors que le sol en était jonché, il comprit son erreur. Elle avait volontairement écrasé la branche pour le tester. Quand la marchombre rousse plaça sa main à quelques centimètres de sa peau, le jeune homme eut presque l'impression qu'elle l'avait vraiment touché. Ses explications sur les aveugles qui arrivaient à se déplacer malgré leur cécité lui rappela son séjour en prison. Il avait connu ce problème. Dans le noir de la cellule, il n'y voyait rien et il avait quand même réussit à deviner les murs et Halina. Mais là-bas, il savait qu'Halina était à ses côtés et qu'il y avait des murs qui l'entourait. Comment pourrait-il en faire de même dans un endroit qui lui était totalement inconnu? Et comment pourrait-il retrouver Elera si elle partait loin de l'académie sans avoir besoin de perdre du temps en la cherchant où elle n'était pas? Il était aussi incrédule que Lya.

- Je n'irais pas jusqu'à dire que c'est impossible mais je ne comprends pas non plus. Si je ferme les yeux, je saurais que tu es là parce que je t'ai vu quelques secondes auparavant. Mais si tu te déplaces sans faire de bruits, je serais surpris de voir que tu as disparu quand j'ouvrirais les yeux à nouveau. J'ai passé plusieurs mois en aveugle et je sais qu'on peut se répérer même sans voir, mais dans ma cellule, j'ai taté les murs au départ pour savoir où était chaque chose. La suite, c'est ma mémoire qui a fonctionné.

Il marqua un temps d'arrêt.

- Et puis, même si je savais me déplacer en fermant les yeux, comment pourrais-je te retrouver sans savoir où chercher?

Nouvelle pause.

- On te déçoit sûrement mais nous débuttons sur la voie des marchombres. Rappelle-toi tes débuts, tu ne devais pas être beaucoup plus doué que nous.


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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeMer 20 Juil 2011 - 13:19

Elera s’arrêta. Statique, son corps ne bougeait plus d’un millimètre, sa respiration silencieuse, lente, presque inexistante. Elle écouta chacun des mots prononcés par ses apprentis, non seulement les sons, mais les intonations, et celles qu’ils ne disaient pas, non plus. Elle écouta. Leurs mots, puis leurs regards, et le vent, l’eau du lac, les oiseaux, les feuilles et les branchages, les insectes, le bourdonnement des conversations, une cloche, quelque part. Elle écouta, en même temps que ses apprentis, et lorsque, peut-être, ils se demandaient si elle comptait un jour répondre, elle entrouvrit les lèvres.

- Il est possible de voler.

Elle l’avait prononcé lentement, sur le ton de la certitude, constatation-révélation qui n’était peut-être, pour eux, que le mirage d’un esprit brouillé, qui les guidait sur une voie dont ils ne comprenaient pas les nuances, et dont il ne croyait pas aux miracles. Elle s’assit par terre, en tailleur, sur la terre et les branches et les feuilles, avant de continuer.

- Il est possible de voler, de respirer sous l’eau, de voir dans le noir, de grimper des tours en forme de sablier, de disparaître dans l’ombre, de chevaucher la brume, de passer entre ces deux branches, là, même s’il semble que votre corps est trop grand pour passer dans cet espace trop effilé. De toucher la lune, de chanter les êtres, d’écouter le vent, et d’entendre les âmes.

Sous son front pâle, elle vit Ellundril disparaître dans la brume, vit Anaïel ouvrir les ailes, devant le soleil rougeoyant, vit ses pieds danser sur l’eau, et ceux d’Ena danser sur la braise. Les Marchombres apprenaient la matière véritable du monde, apprenaient à la connaître, et à danser avec. Ce qui était impossible pour les autres était possible pour eux. Mais la porte était encore fermée, dans l’esprit de ses apprentis, et ils n’y croyaient pas. Ils avaient choisi la voie des Marchombres parce qu’on leurs avait dit qu’elle leurs permettrait d’être libres, apprenaient à se battre pour la force que cela leurs procurerait, comme n’importe quel combattant, la cherchaient, parce qu’elle le demandait, mais ils ne comprenaient pas. Elle repensa à son propre apprentissage, à ses débuts, comme l’invitait à le faire Kirfdéin, mais elle n’y trouva pas ce regard buté, désabusé. Elle murmura, à peine, du bout des lèvres :

- J’ai toujours cru.

Il y avait beaucoup de choses qu’elle n’avait pas compris ; des choses qu’elle avait pris un temps immense à saisir, d’autres avec lesquelles elle se battait encore. Elle était toujours incapable de tenir les braises entre ses doigts sans se brûler, ne savait pas chevaucher la brume, et ce n’était que récemment que la voix du vent avait bien voulu se faire entendre avec davantage de clarté ; les courants s’étaient ouverts sur les montagnes, lorsqu’Anaïel avait fait chanter ses paumes, mais elle n’entendait alors que des bribes, celles qui voulaient bien l’atteindre, alors qu’elle était capable de choisir, maintenant, la brise qu’elle voulait bien écouter. Elle avait fait des erreurs, savait qu’elle avait encore un long chemin à parcourir, mais elle avait toujours cru. Elle savait que c’était possible, baignait dans la certitude, effleurait déjà, avant même de rencontrer Ena, l’harmonie du monde. Elle n’avait jamais appris à croire, parce qu’elle avait toujours su. Comment enseigner ce qui relevait de l’évidence la plus pure, d’une vérité qui l’avait toujours transcendée, et à laquelle elle s’était rattachée, se baignant dans sa sérénité, chaque fois qu’elle avait été sur le point de basculer ? Elle prit un air pensif. Du concret. Ils voulaient du concret. Mais le Marchombre n’était pas concret, il permutait la matière, la devançait d’un pas. Il n’y avait que la poésie qui pouvait capturer, un bref instant, l’essence de leur être.

- La Voie des Marchombres est infini. Chacun y avance à son rythme, à son envie… Il apprend, à se connaître, à connaître le monde, et à glisser entre les forces qui le forment. Elle n’a pas de fin, parce qu’il y a toujours plus à comprendre, pas de chemin fixe, parce que chacun apprend à connaître des pans de monde différents, selon son être propre. Il existe une unité, pourtant. Notre Voie est une philosophie. Un élan infini vers l’harmonie, un élan de liberté. Il existe une Guilde, la Guilde des Marchombres, formée des plus anciens Marchombres. Il existe une Epreuve, aussi, du nom d’Ahn-Ju. Tous les marchombres ne s’y présentent pas ; ne pas s’y présenter pendant son apprentissage, ou échouer, ne signifie pas ne pas être Marchombre, ni ne plus pouvoir avancer sur la Voie. Cette présentation au Conseil ouvre seulement la possibilité d’arpenter une partie différente de la Voie. Celle de pouvoir se présenter au Rentaï, et de solliciter la greffe.

Ils ne savaient pas ce que c’était, mais elle ne donna pas plus d’informations sur le sujet ; elle en avait déjà assez dévoilée sur la Guilde pour le moment. Le reste viendrait en temps utile.

- Les Marchombres forment des liens avec le monde, des liens plus puissants que ceux formés par la plupart des gens. Des liens qui leurs permettent de faire l’impossible. Le lien, entre Maitre et Apprenti, alors que les autres liens sont peu à peu découverts… Je vais vous montrer.

Elle se releva, fluide, et s’approcha d’abord de Kirfdéin. Attrapa son poignet, entre ses doigts, puis le fit pivoter, en appuyant plus fort. Ouvrit la porte.

Ce fut comme un flot, pour elle, comme un barrage soudain tombé, alors qu’elle versait le torrent de son âme, sans le réfréner aucunement, pour que Kirfdéin puisse enfin la sentir. Pas d’images, pas de souvenirs, comme cela avait été le cas avec le Dessin de Marlyn, mais des sensations brutes, un chant. Elle envoya tout, sa force et sa fragilité, sa tristesse débordante et son sourire continuel, son espoir indicible, sa persévérance, sa curiosité enfantine et sa résignation, tout ce qui avait laissé en elle des stigmates, qu’elle en soit consciente ou non, certaines choses bouleversantes d’évidence, d’autres plus nuancées. Et les flots étaient ouverts des deux côtés ; elle sentait déjà Kirfdéin, savait où le trouver, mais ouvrir ainsi les portes, ne plus rien réfréner, elle savait que cela ne pouvait pas se faire sans qu’elle ne découvre des choses plus profondément cachées. Mais elle était prête, et elle attendait…

[Kirfdéin peut répondre d’abord, puis Lya, tu peux faire dire « A toi » à Elera, et continuer =)]

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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeDim 7 Aoû 2011 - 22:22

Kirfdéin fut surpris d'entendre le discours d'Elera. Il n'avait jamais entendu parler de l'existence d'un tel groupement appelée la Guilde des Marchombres. Après la maigre explication de la rouquine, le jeune homme voyait désormais les arpenteurs de l'Harmonie sous un jour différent. Le jeune apprenti les avait toujours vu comme des êtres libres de toutes chaînes, sans personne pour les asservir. Mais les Marchombres étaient comme les autres. Ils avaient besoin de "supérieurs". Cette Guilde devait avoir ce rôle et cet Ahn Ju devait être une sorte d'examen de passage pour s'assurer que le maître avait bien fait le travail sur son apprenti. Par contre les mots Rentaï et greffe ne lui disait pas grand chose. Enfin, si le mot greffe lui était connu mais il espérait que c'était dit au sens figuré plutot qu'au sens propre. Le Rentaï était peut être une espèce de grand manitou de la Guilde, le plus puissant de tous, celui que tout le monde respecte. Et la greffe devait être une arme ou un puissant secret que cet homme donnait à l'apprenti qui avait triomphé de cet Ahn Ju.

Pour la suite, Kirfdéin n'eut même pas le temps de réfléchir à ce qu'Elera venait de dire. En effet, cette dernière se leva très vite et elle s'approcha de lui. En une fraction, l'apprenti comprit que c'était lui qui serait le premier à qui Elera "allait leur montrer". La marchombre rousse lui attrapa le poignet, le fit pivoter avant d'exercer une plus forte pression. Le jeune homme aux cheveux d'argent n'eut pas le temps de se demander où elle voulait en venir. Il reçu un flot de sensation, comme une vague s'abattrait sur un rocher. Lui, il était le rocher, Elera était le vent qui poussait les vagues. Car il comprit rapidement que ces émotions étaient celles d'Elera. Pas de colère, pas la moindre idée de vengeance alors que l'âme de Kirfdéin était tiraillée depuis qu'il avait séjourné en prison. Son voyage à Al-Jeit avait amélioré son état d'esprit et chasser quelques idées noires mais certaines étaient toujours là, ancrées en lui. Quand le flot se rompit, Kirfdéin chancela. Il se rattrapa de justesse à un arbre non loin de là. C'était étrange. Il y a quelques secondes, il avait l'impression que retrouver Elera dans l'immensité du paysage était très compliqué, voir irréalisable. Mais maintenant, c'était différent. Cette recherche devenait futile, un véritable jeu d'enfant. Elle partirait se cacher immédiatement qu'il serait sûr de la retrouver sans difficulté. Comme s'il avait toujours su le faire. Comme s'il connaissait les endroits préférés d'Elera. Comme si elle lui avait donné rendez-vous. Alors qu'il y a seulement quelques minutes, il avait galéré pour la retrouver.

Kirfdéin se remit doucement les idées en place et il jeta un regard vers Elera, qui s'approchait de Lya pour faire la même chose à sa seconde apprentie.


[Dsl, c'est un peu court]


[Edition à volonté]


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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeDim 21 Aoû 2011 - 12:51

Il est possible de voler. Elera parlait elle encore d'une chose abstraite, métaphore pour en désigner une autre, ou bien était-il vraiment possible de voler? Lya n'aurait su le dire. Ca semblait tellement... impossible. Et pourtant, dans les yeux d'Elera brillait la certitude qu'on percevait dans ses paroles. L'apprentie marchombre ne savait trop que penser, aussi écouta-t-elle avec attention lorsque son maître s'assit sur le sol et continua.

Il est possible de faire des choses impossibles. C'était ce que semblait vouloir dire la marchombre. Mais chaque fois qu'elle citait une nouvelle réalité, Lya avait beau essayer d'y croire, elle n'y parvenait pas. Car aucun phénomène scientifique ne l'expliquait. Il aurait fallu être un oiseau pour voler, un poisson pour respirer sous l'eau et une ombre pour disparaître dans l'ombre. Et la brume c'est comme la fumée, une matière inconsistante et intouchable. Si c'est intouchable, comment s'en servir pour se déplacer? C'était encore une fois impossible. Tout était impossible. Tout, sauf une chose. Un souvenir remonta lentement le long des méandres de l'esprit indécis de Lya. Un souvenir dont elle voulait à la fois se souvenir et l'oublier. C'était à Al-Jeit. C'était juste après que Selhan et elle aient quitté l'amphithéâtre qui hantait ses cauchemars. C'était la nuit. Elle était seule. Elle allait mal. Et elle grimpait le long d'une tour en forme de sablier.

Lya commença à croire.

Et comme pour mieux l'accueillir dans cette voie que la Kaelem commençait peut-être à comprendre, trois mots murmurés par Elera s'élevèrent en spirales voluptueuses dans l'atmosphère calme autour des trois silhouettes. Trois mots suivis par beaucoup d'autres, plus concrets cette fois, mais sans doute moins beaux. Et si Lya en apprit un peu plus sur les marchombres en général, ça n'était pour une fois pas par ce concret qu'elle était attirée. Non, plutôt par ces liens permettant l'impossible dont parlait Elera. Et surtout par ce lien Maître et Apprenti. Le seul auquel la Kaelem croyait pour l'instant. Car si ce lien n'existait pas, comment expliquer la confiance presque immédiate de Lya envers Elera lors de leur première rencontre? Comment expliquer le fait qu'elles se soient immédiatement comprises lors de leur conversation espionnée à la volière? Ca ne s'expliquait pas, car c'était des choses abstraites envers lesquelles Lya croyait, bien que ça puisse sembler non pas impossible, mais plutôt insolite.

Tout à ses pensées, l'apprentie marchombre ne vit pas Elera se lever pour faire une chose étrange à Kirfdéin. Elle n'eut que le temps de voir une curieuse expression se peindre sur le visage du jeune homme. Un mélange entre l'apaisement et la compréhension. C'était presque avec une panique incertaine que Lya vit Elera se diriger ensuite vers elle. Avant qu'elle ne s'en rende compte, elle s'exclama:


-Attends!

La jeune femme ne savait pas ce qu'Elera venait de faire à Kirfdéin, mais elle semblait l'avoir changé imperceptiblement changé en profondeur. Et Lya ne voulait pas subir la même chose. L'idée que quelqu'un, qui que se soit, farfouille dans son cerveau pour y changer deux ou trois trucs ne lui plaisait qu'à moitié. Voir pas du tout. Sauf que dans le cas présent, ce n'était pas juste "quelqu'un", c'était Elera. Cette même Elera en qui Lya avait une confiance pratiquement indéfectible. La Kaelem se détendit, inspira profondément et prononça lentement:

-Tu peux y aller.

Et avec une douceur infinie, comme si elle avait peur d'effrayer Lya et de s'effrayer elle-même, Elera saisit le poignet de la jeune femme. A l'instant où une légère pression s'y exerça, il y eut comme un contact entre les esprits des deux marchombres. Entre le Maître et l'Apprentie. Une succession d'image et de sensations défilèrent derrière les yeux clos de la Kaelem. Une nuit de tempête, elle, qui joue avec le vent, la pluie et la boue. L'ivresse ressentie ce soir là. Puis, la manière dont Elera se jouait d'elle, d'abord dans les jardins, puis à la volière. L'étonnement face à cette façon fugace et invisible de se déplacer. Les images qui suivirent ensuite provenaient non plus de Lya mais d'Elera. Il y eut une vieille femme aux yeux plus âgés que le corps qui s'éclipsa dans la brume, et une autre, plus jeune, s'envola dans un ciel de la même couleur que ses yeux. Deux visions impossibles, mais pourtant bien réelles. Puis le contact fut rompu, mais les images restèrent gravées dans l'esprit de Lya lorsque celle-ci ouvrit les yeux. Pour croiser ceux d'Elera.

Peut-être croyait-elle, désormais. L'apprentie marchombre n'en était pas certaine. Alors elle voulu essayer, voir si elle croyait vraiment ou si ce n'était qu'une sensation fragile et passagère. Son regard se posa sur les deux branches désignées un peu plus tôt par Elera. Un instant, elle eut peur d'échouer, mais elle s'en approcha tout de même. L'espace était étroit, très étroit. Mais le bras passait. L'épaule aussi, ainsi que la jambe. Au niveau de la cuisse, il fallut forcer un peu plus, mais ça passait. Ensuite, Lya était coincée. Peut-être qu'en rentrant le ventre, en forçant ou en tentant d'écarter les deux branches qui ne bougeaient pas d'un poil. Non, rien à faire. Et elle n'arrivait même pas à retirer sa jambe. ALors que la Kaelem s'apprêtait à demander de l'aide, elle comprit, vraiment cette fois. Se contenta de se laisser couler. Se retrouva avec un barrage entre elle et Elera et Kirfdéin qui l'observaient de l'autre coté. Souriant, elle contourna les branchages pour revenir aux cotés des deux marchombres et annonça:


-Je crois que je comprends.


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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeSam 3 Sep 2011 - 15:38

Son pouce, appuyé sur le poignet du jeune homme, une rotation, nette, qui s’arrête exactement quand elle doit s’arrêter, et puis son esprit qui part à la recherche du sien, quelque chose d’effrayant, mais d’apaisant, aussi, parce qu’elle avait confiance – et puis les pensées, qui s’entrechoquent. Il y avait des fantômes, dans l’esprit de Kirfdéin, et le vent qui souffle, comme un blizzard, un vent de liberté au cœur de la tempête. Elle le savoura, un instant, avant que ses oreilles ne commencent à entendre les bruits que camouflaient le vent hurlant – des cliquetis de chaînes, en fond sonore, mais qui bientôt se firent assourdissants. Ce n’est pas que les sons se faisaient plus forts, ou que la tempête se calmait, plutôt que, maintenant qu’elle était concentrée dessus, elle n’entendait plus que ça, comme lorsqu’un étrier mal réglé se fait entendre à chaque fois que la monture pose son sabot antérieur gauche sur le sol. Il neigeait, et les chaines se mêlaient aux branches mortes.

Elera fut horrifiée.

Pas qu’elle n’aime pas l’hiver, ou que ce paysage lui semble particulièrement dangereux ; ce n’était qu’une image, la manière dont son esprit avait traduit ce qu’elle avait senti. Kirfdéin se sentait prisonnier, comme il l’avait été précédemment ; et là où les marchombres avaient été pour lui à l’image du vent, ils devenaient maintenant chaînes, simples marionnettes qui, commes les guerriers, montent les échelons du simple soldat au commandant en chef. Elle sentit, en ouvrant leur lien davantage, ce qu’il ressentait. Il hiérarchisait les marchombres, se comparait à eux, et il y avait une soif, en lui, une soif de réussir, de se prouver qu’il n’était pas l’être faible qu’il craignait d’être. Il y avait des joutes, des balances, le bien et le mal, les bourreaux et les victimes, un sens profond de l’injustice, et une réticence, une amertume, comme s’il avait déjà laissé tomber, un espoir mouché. Ce qui lui était arrivé n’aurait jamais dû lui arriver, et il en voulait, il en voulait au monde entier. Elera le lâcha, et prit une grande goulée d’air.

Lui aussi chancela. Elle le regarda, un instant, mais ne fit aucun commentaire, trop remplie, encore, de ce qu’elle avait partagé et de ce qu’elle avait senti. Elle se tourna vers Lya, et fit un pas vers sa deuxième apprentie, le doute plissant légèrement son front. Elle n’avait eu aucune hésitation, en s’approchant de Kirfdéin ; et elle avait su, consciemment, qu’elle montrerait et verrait des choses qui les surprendraient tous deux. Mais ils étaient Maître et Apprenti ; un lien fondé sur la confiance, une confiance qu’elle lui offrait, malgré le malaise occasionné par les pensées, tellement divergentes des siennes propres, faussée, il lui semblait, qu’il pouvait avoir. Lya avait le droit à la même confiance ; celle qu’elles partageaient, depuis la première fois qu’elles s’étaient vues. Elera était peut-être volatile, fragile à sa façon, mais elle était leur Guide, et elle serait là, pour eux, à leurs montrer un chemin qu’ils choisiraient ensuite ou non d’arpenter. Alors elle s’approcha de Lya, l’hésitation du premier pas bientôt effacée par le calme du deuxième.

Un mot crissa dans l’air, et Elera s’arrêta, tranquillement, observant la jeune fille qui lui faisait face. Elle était Guide, et non pas Cochère ; si Lya ne voulait pas qu’elle lui montre le lien, si elle souhaitait prendre le temps de le trouver et de l’ouvrir davantage elle-même, laissant le temps faire ce qu’Elera comptait obtenir par un relâchement plus soudain, alors elle ne ferait rien.

Mais la jeune fille lui fit signe de venir, et Elera sourit, doucement. Lya aurait dû pouvoir la trouver. Elle savait déjà, vaguement, ce qui les liait ensemble. La rouquine ne ferait que confirmer ce qui était déjà… Leur lien, lorsqu’elle s’ouvrit à elle, fut beaucoup plus calme. Là où un torrent d’émotions avait chamboulé son contact avec Kirfdéin, il n’y avait là qu’une rivière calme sous le soleil estival, à l’heure où la chaleur du jour hésite à se décider à partir, et ronronne sur les rochers. Ce n’était pas la peine, l’injustice, la condition criante de prisonnier dans un monde dont il ne pouvait s’empêcher de se méfier, qu’elle sentit cette fois, mais des doutes, des doutes en poussière d’étoiles, des doutes sur toutes ces impossibilités que les marchombres, d’une phrase, rayaient, avant de s’élancer sur cette ligne à peine tracée pour courir jusqu’aux étoiles. Mais la certitude sur ces points rayonnait si énergiquement, en Elera, qu’elle la partagea naturellement, sans condition. Elle lâcha Lya. Croisa son regard, où elle trouva comme une pincée d’étonnement, la curiosité des enfants, qui croient sans conditions. L’observa, alors qu’elle s’approchait des branches, et sourit, largement cette fois. Elle hocha la tête, puis observa ses deux apprentis. Elle avait toujours senti leur présence, pourrait les reconnaître n’importe où – et maintenant, il en était de même pour eux. Ses yeux passèrent de l’un à l’autre, puis elle reprit, doucement, s’adressant d’abord plus particulièrement à Lya, même si elle parlait aux deux.

- Beaucoup se posent des limites, d’eux-mêmes, abandonnent avant d’essayer parce qu’ils ont peur d’échouer. Ils se forment des barrières, et s’imaginent qu’elles sont impossibles à gravir. Mais… Les Dessinateurs sont bien capables de faire apparaître du feu là où il n’y avait que du vide, et tout ce qui peut bien passer dans leur imagination. Pourquoi croiriez-vous en leur pouvoir, et pas en celui des Marchombres ? Parce que nous sommes plus discrets, que nous n’étalons pas au monde ce que nous savons faire, nous saurions faire moins ? Il n’y a pas besoin d’yeux pour croire. Mais il y a besoin de croire, pour faire ce qui semble impossible.

Son corps pivota légèrement vers Kirfdéin.

- Il n’y a pas besoin d’yeux, et il n’y a pas besoin des autres, non plus. Je vous guide sur la voie, pour vous montrer que ce que vous croyiez être des murs n’en sont pas. Mais après, ce sera à vous d’avancer, à vous de choisir ce que vous voulez découvrir. Le monde nous offre une infinité de merveilles… Et si vous voulez voler, alors vous écouterez jusqu’à comprendre comment, et si vous voulez chevaucher la brume, alors vous essaierez aussi, et si vous voulez voir le monde du plus haut pic de Gwendalavir, alors vous grimperez, là où tous les autres auront abandonnés face à une paroi trop abrupte. Parce que vous le pourrez. Mais pour ça il vous faut y croire, il vous faut écouter, et il vous faut vous entraîner, le temps qu’il le faudra. L’Univers vous offre une infinité de possibilités. A vous de choisir les vôtres.

Elle fit une pause, légère, avant d’ajouter.

- Les vôtres, et celles de personne d’autre. Ce n’est qu’ainsi que vous serez libres. Les Marchombres ne se comparent pas, ni entre eux, ni avec ceux qui suivent une autre voie que la nôtre. Il y aura toujours quelqu’un de plus doué que vous. Ca n’a aucune importance. Seuls vos pas importent.

Encore un silence. Elle espérait, sincèrement, qu'il comprendrait.

- Tu n’arriveras peut-être pas à passer entre ces deux branches aussi facilement que Lya, Kirfdéin, mais peut-être maîtriseras-tu beaucoup plus rapidement l’eau, ou la brume, ou le vent. Je sais facilement retrouver et reconnaître les présences, ou marcher sans laisser de traces, mais je sais ne pas être prête à marcher sur les braises, même si je l’ai vu faire plus d’une fois… Chacun a son propre rythme. Chacun apprend ce qu’il souhaite apprendre. Et ce que leur Maître leurs demande d’apprendre.

Petit sourire mesquin, puis :

- A l’eau, maintenant.

Elle revint vers le lac, laissa ses vêtements sur une pierre, et se glissa dans l’eau froide, sans frémir.

Lya Dinal
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeVen 16 Sep 2011 - 23:47

[Désolé du retard, mais avec la rentrée, toussa... Ah, et c'est pas sûr que Kirf' réponde, et désolé pour la longueur Embarassed ]

Les limites. Des frontières visibles ou invisibles, souvent infranchissables, mais pourtant à franchir. Elera leur demandait de les gravir, et tout comme les Dessinateurs pouvaient faire apparaître des objets sortis d'un monde connu d'eux seuls, Lya était passée entre deux branches apparemment impassables. Et de la même manière, elle savait que les images apparues un peu plus tôt dans son esprit étaient réelles, bien qu'impossible. Mais l'impossible semblait désormais possible, puisqu'il faillait croire et que Lya croyait. Pourtant, croire ne suffisait pas. Il fallait aussi du temps, et de l'entrainement. Le temps n'inquiétait pas la jeune femme. Elle avait toute la vie devant elle. Quant à la sueur et aux cals sur les mains, elle ne les craignait pas non plus. Et cela formait un tout, sa vie et les chemins qu'elle prendrait, son passé et les chemins déjà prit et le temps de l'instant et le chemin sur lequel elle marchait. Et c'était cela, ses pas. Mais était-ce vraiment les seuls qui importaient? Lya comprenait tout à fait que n'importe qui pouvait être meilleur qu'elle dans n'importe quel domaine, mais sa question ne concernait pas cela. Les pas de ceux qu'on aime ne nous importe donc pas? Fallait-il les laisser faire s'ils choisissaient la mauvaise voie? Et comment juger si leur voie était mauvaise ou non? N'était-ce pas les priver de leur liberté? Lya aurait voulu poser toutes ses questions à Elera, mais à l'instant où elle ouvrait la bouche pour parler, elle se rendit compte que la marchombre avait disparu dans les eaux du lac et semblait les attendre.

Apparemment, la Kaelem avait manqué la partie du discours qui disait "tous à l'eau". Elle jeta un regard en coin à Kirfdéin, dans bouger. Il lui fallu quelques seconde pour comprendre que se baigner voulait dire se mettre nue. Or, Lya n'avait aucune envie de se mettre nue devant Kirfdéin, et c'était apparemment réciproque. Mais comme Elera semblait s'impatienter et que de toutes manières, la jeune femme savait qu'elle finirait par aller dans l'eau à un moment ou à un autre, autant ne pas faire de chichis et montrer l'exemple. Hésitante, elle revint sur les rives du lac. Lya enleva ses vêtements un par un en jetant de fréquents coup d'œil aux alentours, espérant que personne ne décide de venir se promener sur ce bout de chemin. Elle posa ensuite un pieds, puis l'autre dans l'eau fraiche, et un long frisson lui parcourut le dos. Les poils de ses bras se hérissèrent, et la jeune marchombre se laissa glisser dans l'eau en retenant sa respiration. Lorsqu'elle eut enfin de l'eau jusqu'au cou, elle inspira profondément, ferma les yeux, mit la tête sous l'eau et la ressortit aussitôt. Puis elle se tourna vers Elera et demanda:


-Pourquoi tu nous fait prendre un bain dans ce lac glacial et en plein jour? Personnellement, l'eau chaude et l'absence de public me conviennent parfaitement.

Comme pour approuver ses paroles, le groupes de Dessinateurs choisit cet instant pour passer à côté d'eux. Ils devaient surement rentrer à l'Académie. Ils s'ignorèrent mutuellement. Heureusement, l'eau était suffisamment trouble pour que le groupe ne voit pas tout les détails. Et à vrai dire, la situation devait autant les gêner que Lya. D'ailleurs, celle-ci leur tourna le dos, et se concentra sur ses pieds. Pour l'instant, elle pouvait sentir sous ses orteils un mélange entre du sable, du gravier et des algues. Tant qu'il y aurait un sol sous ses pieds, tout allait bien. Mais si elle venait à ne plus le sentir, Kirfdéin et Elera risquaient d'assister à une crise de panique mémorable très probablement suivi d'une noyade peu glorieuse. Enfin, c'était peut-être un peu exagérer, car Lya était tout de même capable de flotter, mais elle n'aimait vraiment pas perdre pied et préférait l'éviter le plus possible. Elle ajouta, avant que la marchombre n'ait eu le temps de lui répondre:

-Enfin, du moment que tu ne nous demandes pas de traverser le lac à la nage, je veux bien rester là autant que tu le voudras.


_______________
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MessageSujet: Re: Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé]   Je m'en vais ce matin vers les bleus paradis [Inachevé] Icon_minitimeDim 23 Oct 2011 - 19:46

Kirfdéin avait regardé Lya passé entre les branches de l'arbre avec un regard rempli de questions. Elle s'était dirigée, sûre d'elle vers ses branches, comme si elle savait déjà qu'elle passerait. Kirfdéin n'aurait pas tenté une telle chose. Il était sûr de ne pas passer. Sauf s'il brisait les branches.

Il écouta le discours d'Elera avec attention. Croire pour y arriver. Cette maxime trouvait un sens dans le passé du jeune homme. Quand il était plus jeune, il y avait non loin de sa maison un arbre imposant. Il y allait souvent avec ses amis et un jour, Kirfdéin lança à l'assemblée qu'un jour, il parviendrait à grimper tout haut. Bien entendu, tout le monde s'est moqué de lui car l'arbre était vraiment grand. Mais Kirfdéin y a cru et il s'est imposé un entrainement de grande envergure. Et un jour, quand il s'est sentit prêt, il avait entreprit son escalade. Il y était parvenu, avec difficulté certes mais il avait quand même atteint son but. Est-ce que c'était la même chose avec les cours marchombres? S'il se disait qu'il pouvait passer entre les branches, passerait-il? Il avait du mal à s'imaginer en train de passer. Pour une escalade, il suffisait d'entrainer son corps mais pour passer dans un petit espace, comment fallait-il s'y prendre? Quoi qu'il fasse, la largeur de son corps ne changerait pas. Il se dit qu'il viendrait essayer de passer lui aussi quand il serait seul, histoire de voir si la croyance faisait tout.

Quand Elera se tourna vers lui, Kirfdéin sortit de ses questions intérieures pour regarder sa maître marchombre."Ne pas se comparer aux autres". Ce n'était pas les autres qu'il voulait surpasser, c'était lui qu'il voulait battre. Il n'avait pas l'impression qu'il progressait. Cela faisait bientot un an qu'il avait accepté de suivre Elera sur la voie et pourtant, il avait l'impression de rester au même point. Il avait bien entendu passer du temps enfermé dans les cachots de l'académie mais malgré ça, il ne bougeait pas. Lya semblait progresser, elle. Kirfdéin ne souhaitait pas être plus fort et plus doué que Lya. Il souhaitait simplement être plus fort et plus doué que le jeune homme qui était entré une année auparavant dans l'académie avec l'espoir de devenir un grand maitre marchombre.

Quand la maitre marchombre leur demanda de plonger, Kirfdéin hésita. Il avait peur. Pas de se mettre à l'eau, mais de se mettre nu devant Lya et Elera. Lya sembla elle aussi hésiter avant de descendre doucement dans l'eau. Le jeune homme finit par se dire qu'il était plus ridicule à rester habillé en dehors de l'eau. Il posa ses vêtements sur la rive et il entra dans l'eau.... brrrrr!!!! Fraîche, l'eau. Non, glacée plutôt. L'apprenti marchombre plongea la tête dans l'eau, restant quelques instants immergé afin que son corps s'aclimate à la fraîcheur du lac en ce début d'automne. Il ressortit enfin la tête et il vit Lya qui semblait mal à l'aise. Kirfdéin, de son côté, n'avait pas peur de l'eau. Il savait nager depuis de nombreuses années déjà et il venait régulièrement se baigner dans le lac quand il avait un peu de temps libre.

- Concernant l'eau, je le maîtrise déjà. Mon père m'a appris à nager quand j'étais plus jeune. Pour ce qui est du vent ou de la brume, je ne pourrais te dire, j'ai pas encore essayer.

Avec un grand sourire, il poursuivit:

- Alors qu'est ce que notre maître nous demande d'apprendre désormais?


_______________
Ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort. Suis-je vraiment vivant? Suis-je vraiment devenu plus fort?


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