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 Pincez moi, je rêve ! [Terminé]

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MessageSujet: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Lun 2 Mai 2011 - 22:22

Halina se réveilla, une nouvelle fois en sursaut, une sueur froide faisait coller sa chemise de nuit à son dos et elle ressentait une folle envie d’être quelqu’un d’autre. La nuit avait pourtant bien commencé, elle s’était endormie comme une masse après une journée d’entrainement intensif par Sire Guidjek et de cours plus ou moins assommants. C’était après quelques heures de sommeil paisible et sans rêves qu’elle avait commencé à cauchemarder mais, pour une fois en silence. Elle avait ressenti la même émotion que face à la Mentaï : comme si elle était prise dans un étau qui l’obligeait à se taire, à ne pas bouger, à assister sans forces à la scène qui se déroulait sous ses yeux. Elle hurlait sans qu’un son ne sorte de sa bouche alors qu’on égorgeait tous les gens qu’elle aimait. Elle voyait des visages exsangues défiler sans pouvoir les atteindre, sans savoir que faire. Kirfdéin. Vinor. Ichel. Lian. Tous ces amis Félixias. Elera. Lya. Enelyë. Et puis tant d’autres qu’elle n’était pas sûre d’avoir reconnus. Culpabilité, inutilité et douleur furent ses maîtres mots pendant les longs instants que dura ce cauchemar.


Se redressant assise, elle constata que le dortoir entier dormait encore, qu’elle n’avait plus le courage de fermer à nouveau les yeux et, plus important encore, qu’il était vraiment temps qu’elle fasse quelque chose contre ce qui l’envahissait presque une fois par semaine maintenant. La grande brune n’en pouvait vraiment plus, elle saturait de cette situation. Le dortoir lui sembla alors menaçant, elle sortit en vitesse et le plus silencieusement possible de son lit, s’habilla avec des affaires qui traînaient et fuit de la pièce. Des torches éclairaient à intervalle régulier le couloir propre. Tapis et tableaux permettaient de faire oublier au promeneur qui se trouvait dans ce qui avait été des cachots. Quelle ironie. Ou plutôt du cynisme. Ou… Merde, elle en perdait ses mots. Elle attacha à la va-vite ses cheveux avant de réaliser qu’elle était encore pieds-nus. Zut, elle ne pouvait plus rentrer dans sa chambre sans y réveiller tout le monde. Tant pis, elle n’irait pas dehors. Elle remonta l’allée de torches jusqu’à atteindre les escaliers et de monter au rez-de-chaussée où elle se dirigea vers une fenêtre afin de juger de l’heur qu’il était. Le ciel était noir et brillant d’étoiles d’été. Fin de nuit alors.  La guerrière se laissant glisser contre le mur jusqu’à atteindre une position assise, puis étouffa un bâillement avec sa main.


Elle resta là, dans les courants d’air à attendre que le temps passe, que le soleil se lève pour pouvoir bouger sans réveiller tout le monde ou se faire engueuler par un surveillant. Elle se releva vite et jeta un regard dehors puis courra vers la porte qui menait à l’extérieur orienté à l’est. Elle allait voir le soleil se lever, c’était un tel spectacle qu’elle n’avait pas pu apprécier depuis une éternité ! Ses pieds foulaient de temps en temps du parquet puis du carrelage mais elle n’avait pas froid. Dehors ce serait sûrement différent même si la température était estivale et même douce pour une nuit. Elle allait tout rater ! Elle accéléra encore le pas, faillit s’étaler en glissant dans un virage, se réceptionna in-extremis et continua sa route. Toute cette magnifique description de sa course ne dura évidemment qu’une poignée de seconde mais j’aime l’épique alors… Passons. Elle arriva donc en courant où elle voulait aller après moult péripéties passionnantes.


Sauf que bien sûr, elle n’était vraiment pas douée et en infléchissant sa route pour sortir du bâtiment, elle heurta de plein fouet une personne qui venait en sens inverse et s’effondra sur les fesses. ‘Fait chier !  Ignorant la main masculine qui se tendit comme instinctivement, elle se releva seule et dépassa le roux musclé en marmonnant :


-‘Scusez-moi, j’regardais pas devant moi.


Elle fit deux pas en avant de se retourner, d’ouvrir de grands yeux hagards, de laisser s’allumer une lueur d’espoir mêlée à de l’étonnement pur. Avait-elle bien vu ? La silhouette éclairée par les torches était en train de passer son chemin quand elle l’interpella :


-Nan mais dites-moi que je rêve !


La personne en question se retourna alors qu’Halina continua d’un air douloureux :


-Lian ?... C’est vraiment toi ?



( Dis moi si ça te va ! I love you )


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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Mer 4 Mai 2011 - 0:18

    Kylian avait du se coucher abusivement tôt le soir dernier, ce qui l' avait passablement mit d'une mauvaise humeur qu' il c' était naturellement empressé de faire partager à son entourage.Y'avait qu' à pas lui refourguer les pires horaires tient.
    C' était pas humain de devoir se lever en plein milieu de la nuit pour observer le vide alentour dans le froid et surtout dans le noir. Franchement il aurait été bien mieux et tout autant utile depuis son lit. Après tout c' est pas comme si on y voyait rien la nuit hein.
    Mais, pire que le froid, pire que le noir et cette putain de sensation de faim qui arrivait toujours au mauvais moment, il y avait ca. Ce silence, ce vide, ce calme insupportable qui encombrait tout l' espace désespérément silencieux.

    Il n' avait jamais cru pouvoir penser un jour un truc pareil mais... Locktar lui manquait. Il n' en revenait pas mais le fait était la. Au moins, avec lui dans les parage il avait quelqu'un avec qui parler, quelqu'un à ennuyer juste pour le plaisir, quelqu’un pour le maintenir éveillé aussi. Il faut dire qu' au beau milieu de la nuit, la tentation de piquer un p'tit somme était plus que forte et sans son ex coéquipier, le jeune garde se serait assoupi un bon nombre de fois.
    Sauf que maintenant il était seul.
    Seul à devoir effectuer ce tour de garde des plus ennuyant.
    Bon, au moins il avait réussit à piquer l' un des derniers saladiers de cerise dans les cuisine, c' était toujours ca de prit.

    ***

    Kylian s' étira dans un long gémissement. Il avait mal partout, c' était envoyé le saladier de cerise un peu trop vite pour qu' il soit susceptible de l' occuper pour finalement somnoler, assit contre une muraille. Bilan de la nuit: Échec Total. Quoi que.

    Devant la porte de l'entrée principale, une petite forme recroquevillée sur elle même semblait attendre quelque chose. Ou quelqu’un. En se penchant en avant, le jeune homme remarqua qu' il s'agissait d' une jeune fille, et elle n' avait pas vraiment l' air d' être en bon état. Il attendit quelques minutes, de longues minutes même, elle ne bougeait pas. Kylian fronça les sourcils. L' était morte ? Ah non ! Elle venait de bouger la tête dans son sommeil, bon c' était le principal, mais que diable fichait-elle ici ?
    Heureusement pour lui, son tour de garde venait de prendre fin, aussi, au lieu de partir se recoucher comme il l' aurait surement fait habituellement, le garde se dirigea directement vers la porte principale où se trouvait la jeune fille. Il la détailla rapidement, elle semblait vraiment mal en point. Des bleus un peu partout, des griffures sur les mains et les jambes, elle avait essayé d' escalader quelque chose ? Toujours est-il qu 'il ne pouvait pas la laisser toute seule ici, et encore moins dans cet état. Aussi, il lui fit un bref sourire, l' invitant à le suivre. Il allait l' amener voir l' intendant, une personne assez étrange mais néanmoins charmante, surement lui permettait-il de séjourner ici quelques temps, voir même d' y rester après tout.
    Ce fut donc non sans une petite pointe de fierté qu' il amena l' oiseau blessé jusqu' au bureau.

    Dès lors qu' il n' eut plus besoin de lui - assez rapidement d' ailleurs- Kylian traîna des pieds jusqu' aux cuisine pour y déposer, incognito, son saladier vide et considérer avec envie les pâtisseries en train de cuire au four juste sous son nez.
    Nononononon Kylian pas toucher au gâteaux, au fruits d' accord mais pas au gâteaux, on sait jamais, 'pourrait y avoir une alerte.
    Ce fut donc sans grande motivation qu'il traîna des pieds, les mains sur la nuque, vers le premier escalier venu qui l' amènerait au lit dont il avait tant rêvé.
    Aaah enfin du repos !
    VLAN.
    Et aller qu' il remettait ca ! C' était vraiment pas possible ! Les gens de cette académie regardaient jamais où ils mettaient les pieds où quoi ?
    Bon, c' était une jeune fille donc ca passait, en plus elle était tombée.
    Kylian lui tendit la main instinctivement. Elle l' ignora royalement et lui fila entre les pattes en s' excusant.
    Bon... Tant pis. Après tout c' était pas comme s' ils se connaissaient hein. Arrow
    Le garde se remit en marche lorsque la voix de cette même jeune fille l' interpella dans son dos. Il se retourna un peu perdu. Comment l' avait-elle appelé ?

    -Heu...non, enfin oui...Enfin qui c' est ?

    Il est vrai que depuis qu' il avait été engagé en tant que garde dans l' académie il n' avait jamais vraiment menti sur son prénom même s'il essayait parfois de ne le divulguer qu' en cas d' extrême nécessite - ma foi on change pas les vieilles habitudes - Il n' aurait donc pas du tiquer à cette appellation, pourtant...
    Avant d' arriver ici il avait fait pas mal de petits trucs, des convois de caravanes, servit de mercenaire pour une escorte de marchand et d' autres trucs du genre et il est vrai que, durant cette période il avait eu la fâcheuse habitude de ne pas donner son véritable prénom - Au cas où hein- et de le modifier quelque peu en quelques surnoms rapidement trouvés. Lian en faisait parti.

    Qui donc pouvait se vanter de le connaitre sous ce pseudonyme ?
    Kylian se rapprocha de l' illustre inconnue ( peut être pas si inconnue que ca d' ailleurs) dans l' espoir d' y voir un peu plus clair, et ce dans tous les sens du terme.
    Soit elle c' était bel et bien trompée ou soit...
    Il se planta juste face à elle lorsque la lumière d' un flambeau éclaira son visage.
    Ce visage, ces traits, il les avaient déja vu quelque part, les connaissaient même par coeur mais co...?
    La surprise figea ses traits et il la considéra abasourdit.
    Non, pas possible. Pas elle, pas ici !

    -Ha...lina ?

    Merde alors, c' était bien elle ! Eh, elle avait un peu changé entre temps elle était devenu plus...Femme.
    Par la Dame, sur toutes les filles qu' il aurait pu percuter il était tombé sur elle ! Sur elle et pas sur une autre !
    Elle était toujours aussi jolie, il n' y avait pas à dire mais...Mais merde quoi ! Elle risquait à elle seule d' anéantir tout son réseaux de drague ! C' était quoi se plan foireux qu' il lui faisait le Dragon la ?
    Il l' avait rencontré lors d' un convoi de...Il nese rappelait plus, il n' en avait pas grand chose à faire en fait- et ils étaient finalement sortis ensemble un bon bout de temps. Halina avait été la fille avec lequel il était resté le plus longtemps, peut être celle qu' il avait trompé le plus de fois aussi, encore que.
    N' empêche que, ça faisait bizarre de la revoir.
    Et que diable fichait-elle ici ? Elle n' avait pourtant pas le don du dessin, si ?




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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Jeu 5 Mai 2011 - 19:20

Nan, mais, c’était définitivement impossible que ce soit lui, il n’avait rien à faire dans une Académie à part vouloir ronfler tout la journée. Elle se souvint avec une pointe d’amusement le temps qu’il pouvait passer à dormir comme un bienheureux. C’est réparateur, qu’il disait. Au contraire, lorsqu’il était éveillé, il était surexcité et aimait tout voir et entendre. Il s’ennuierait trop comme élève, n’avait pas le Don et s’était moqué d’elle quand elle avait parlé de son ambition à devenir soldat pour protéger l’Empire. Pourquoi serait-il donc venu ? Nan, vraiment, l’obscurité avait dû fausser son jugement, les roux ne sont pas si rares que ça, il fallait qu’elle arrête de penser à lui. Pourtant, le jeune homme dont elle ne voyait plus le visage répondit presque à l’affirmative et cela ne pouvait pas être une coïncidence. Puis, alors qu’elle ne répondait pas à sa question qui n’en était pas vraiment une puisqu’elle avait éveillé son intérêt et qu’il la voudrait voir par lui-même, il s'approcha.


-Oh.


Ses cheveux roux, son air mutin, ses muscles bien dessinés sous sa chemise et puis sa peau hâlée sur des traits fins. Rien n’avait vraiment changé. Certes, il avait une tenue différente et l’air un peu plus mature mais elle voyait toujours le même en lui et ça l’effrayait. Elle aimait Kirfdéin de tout son cœur et son âme mais son corps se souvenait encore trop bien de leurs étreintes passionnées et puisqu’il avait été son premier petit ami, elle n’avait pu l’oublier. Le voir si près d’elle en était presque douloureux. Surtout, lorsqu’il la reconnut. Elle aurait mieux fait de garder sa surprise pour elle et de passer son chemin le plus vite possible. Ils s’en sortaient mieux éloignés l’un de l’autre pour gérer leur vie. Lorsqu’ils avaient voyagé ensemble, elle le collait trop, elle jalousait toutes les filles qu’il regardait ( c’est-à-dire toutes les filles qu’il croisait ) et elle ne pouvait se passer de lui. Elle en était folle amoureuse. La séparation avait été une déchirure mais ça avait été une bonne chose. Elle avait repris son indépendance, celle qu’elle cherchait depuis son départ de chez elle. Elle lui était redevable aussi à ce mec, ce qui était un coup à son égo : il l’avait sauvée d’un ours élastique qui allait lui broyer le genou. Elle s’en était sortie avec une belle plaie et un handicap partiel, qui aujourd’hui avait été soigné.


Mais le revoir, ça faisait remonter trop de souvenirs d’un seul coup, c’était vraiment… Halina ne trouvait plus les mots, c’était une situation vraiment bizarre. Elle n’avait rien à lui dire. En fait si, elle aurait pleins de choses à raconter mais n’était pas vraiment sûre que ça l’intéresserait, elle avait toujours eu la sensation qu’il n’écoutait pas tout alors qu’elle était la plus bavarde. De son côté à lui, elle savait qu’il en avait des choses à dire. Elle reconnut sa tenue comme étant celle des gardes de l’Académie de Merwyn et elle eut un petit sourire.


-‘Tain, ça fait vraiment bizarre de te voir…


Elle le regarda dans les yeux et s’y perdit quelques secondes, elle les avait toujours trouvés si attirants, si profonds et si envoûtants. A une époque, elle aurait tout fait pour ses beaux yeux et elle ne regrettait pas ses instants. Aujourd’hui, c’était révolu, un autre la faisait chavirer. Et tant qu’elle arrivait à envisager un futur avec lui. Avec Lian, tout avait été si éphémère comme s’il pouvait partir à tout instant. Ou comme si elle aurait pu craquer à tout moment et en avoir marre de ses infidélités à répétition qu’elle pardonnait à chaque fois qu’elle en avait connaissance. Il lui suffisait de la rassurer et elle se calmait, sa rancœur s’envolait sous ses mots doux. Elle croyait qu'il l'aimait. Son ex-Lotra ne lui mentirait jamais, elle le savait et s’était pourquoi elle l’aimait tant. Ils avaient leur jardin secret que l’autre ne violait pas mais ils ne se mentaient pas. Pourtant, les tatouages de Lian prouvaient son am… Attends... Où étaient-ils ?! Le regardant avec un air noir qui contrastait avec sa douceur d’avant, elle lui demanda :


-Dis-moi, ‘sont où tes tatouages ?


Elle avait peur de sa réponse mais reçut une claque presque sonore. Un air interloqué. De celui qui ne voit absolument pas de quoi on lui parle. De celui qui cherche désespérément dans sa mémoire pour tenter de retrouver une contenance. De celui qui a oublié. Comment peut-on oublier ce genre de choses? Elle eut mal. Ils s’étaient quittés et ils arrivaient encore à lui faire du mal. Elle l’aida rageusement, peut-être que le mépriser ferait fuir les larmes qui commençaient à se pointer.


-Tu t’fous de ma gueule ?! Ceux qui étaient censés symboliser notre amouuuuuuur sans failles ?! Me dis pas que c'était rien pour toi?!



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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Sam 7 Mai 2011 - 19:35

    Halina quoi, HA-LI-NA !
    La vache, il n' en revenait toujours pas, c' était vraiment trop inattendu, trop brusque pour qu' il puisse réagir en conséquence.
    Depuis combien de temps ne l' avait-il pas vu ? Depuis combien de temps n' avait-il pas croisé son regard de velours ? Glissé ses doigts dans ses longs cheveux sauvage ? Caressé sa peau si pâle ? Depuis combien de temps s' étaient-ils quittés ? Et depuis combien de temps résidait-elle ici, à l'académie de Merwyn ?
    C' était quand même dingue. Le nombre d' individus vivant à Gwendalavyr, le nombre de résidents que comptait l' académie de Merwyn, le nombre de personne qui se promenait dans les couloirs malgré l'interdiction du couvre feux, et il arrivait à tomber sur elle. Sur elle et pas sur une autre.
    Non vraiment, c' était complètement fou.

    Encore sous le choc de cette rencontre des plus inespérée, Kylian ne parvint pas à quitter des yeux la jolie brune. Il avait beau tourner, retourner et re-retourner les souvenirs dans sa tête, il en arrivait toujours à la même conclusion ; le doute n' était pas permit, c' était véritablement elle.
    Ca avait quelque chose d' assez exaltant en soi que de retrouver une personne dont-il avait été si proche auparavant, d' effrayant aussi. De vraiment effrayant. Si bien qu' il n' aurait su dire si cette rencontre était finalement une bonne chose ou non.
    La revoir était vraiment quelque chose de magique mais en même temps...
    Halina ne le connaissait pas réellement, elle ne connaissait que l'homme tendre et attentionné, l' amoureux, celui qui l' avait accompagné dans sa traversé du pays, celui qui l' avait sauvé aussi. Elle ne connaissait que l'homme attentif et moqueur, un peu coureur sur les bords. Sur les bords. Et c' était bien ca le problème, seulement "sur les bords". Il n' était pas moqueur, chiant, dragueur et vaniteux "sur les bords", il l'était complètement ! Et s' il avait, le temps du voyage, eu tendance à se faire passer pour quelqu’un d ' autre, aujourd' hui ce n'était plus du tout le cas et il ne cherchait absolument plus à se faire passer pour un gentleman -quoi que seulement avec les jolies filles et seulement le temps que durait le rapprochement, après... Chassez le naturel, il revient au galop.

    Elle plongea ses yeux dans les siens et reprit d' une voix qu' il aurait presque pu croire un peu émue.
    Répondant à son petit sourire par un semblable, il reprit calmement, passant une main sur sa nuque dans un geste habituel.

    - Et à moi donc !

    Il n' avait certes pas été des plus franc avec elle, mensonges, petits mots tendres et bouille d'ange à l'occasion lui avaient souvent été bien utile et il en avait usé et abusé surement trop souvent. Mais était-ce de sa faute si elle lui pardonnait tout ? N’empêche que malgré toutes ses tromperies, ses cachotteries et ses impostures en tout genre, elle le connaissait tout de même bien plus qu' il ne l'avait espéré. Au fur et à mesure que leur relation avait évolué, c' était allongé dans le temps surtout, Kylian avait eu tendance à se relâcher, se montrer tel qu' il était vraiment face à sa belle et elle n' avait d'ailleurs pas eu l' air de s' en contrarier, bien au contraire. Alors il s' y était accoutumé, dans une certaine mesure, restant le vrai Kylian la plupart du temps et redevenant le gentil amant lorsque la nécessité lui imposait. Il n' y avait pas à dire, cela avait été une bonne période, une très bonne période même, être véritablement soi même avec quelqu’un était vraiment agréable. Mais maintenant... Elle le connaissait vraiment plus qu'il ne l' aurait craint.
    Merde.

    Tout à coup, son expression changea radicalement et son regard doux et affectueux se transforma en un véritable brasier de fureur.
    Oups. Qu'est ce qu' il avait fait ? Il eut sa réponse très vite.

    Ses...Tatouages ? Mais quels tatouages ?
    Il la considéra d' un air déconcerté.
    Merde alors, il ne voyait absolument pas de quoi elle voulait parler. Tatouages, tatouages, non vraiment ça ne lui disait absolument rien. Il réfléchissait à toute allure, tournant et retournant mille fois la question dans sa tête, tentant vainement de comprendre à quoi elle faisait référence, sans succès.
    Et se regard si noir dont-elle le gratifiait. Merde alors, ca avait pourtant l' air d' être important pour qu' elle lui en veuille à ce point !?
    Elle l'éclaira alors, la voix plus agressive encore.

    ...
    Mais ouiiiiii bien sur !
    Les tatouages qu' ils s' étaient fait faire lors une escale à Al-jeit ! Halina avait été très emballé, elle c' était dans le même temps acheté de jolis bijoux qu' elle n' avait plus quitté depuis. Quant au tatouages...
    Il se souvint de son regard tout excité et de sa fébrilité à marquer sa peau pour lui, pour symboliser leur...amour. Il l' avait suivi sans grande conviction et avait offert son épaule comme support à ce tatouage temporaire.
    Le moins que l' on puisse dire était que cela avait fait plaisir à la jeune fille et qu'il l'avait rendu plus amoureuse que jamais.
    La Blague, elle ne croyait tout de même pas qu'il avait véritablement marqué sa peau à tout jamais pour un truc aussi insignifiant ?

    Il fallait croire que si à en juger par son regard rageur. Il ouvrit vaguement la bouche. Il pouvait toujours lui mentir, rester le Lian qu'elle connaissait en lui expliquant d' un air désolé que le tatoueur c' était trompé et que lorsqu'il s' en était aperçu il était trop tard, ou encore qu' il avait cru bon de demander à l'effacer une fois qu' ils s' étaient quittés. -Quoi qu' il ne savait même pas si c' était effaçable ces trucs- Même si ces arguments ne tenaient pas vraiment la route, il était certain qu' elle l'aurait cru, du moins, qu' elle aurait voulu y croire et se serait excusée tête basse, 'suffisait de se montrer persuasif.
    Non ce serait trop facile et il était las de devoir se rattraper pour des bêtises dont il ne se souciait même pas.
    La mascarade était finie.

    Kylian se détendit -pas qu' il était tendu mais cette rencontre l'avait un peu affecté quand même- et lui adressa un petit sourire avant de reprendre sur le ton de la conversation.


    - Ah oui j'me souviens.

    Il regarda sur sa droite, faisant mine de réfléchir tout en reprenant.

    -Mmmmh... Bha écoutes, je crois qu' il est parti y'a un peu plus d' un an.

    Devant son air horrifié, il lui adressa un regard étonné-mignon.

    -Quoi ? Me dis pas que le tient non ?

    Il s' approcha alors tout près d' elle et fit glisser sa manche pour y dévoiler son épaule tatouée.
    Expression épaté.

    -Woaaaw ! C' est un vrai !

    Il fit le contour du symbole en le frôlant de ses doigts avant de se redresser face à elle, un petit sourire en coin.

    - T' as du avoir bien mal.

    Le retour de Kylian.
    T' as du avoir bien mal. Pour ce tatouage, pour cette séparation. T' as du avoir bien mal alors que moi pas du tout. C' était tellement rapide, simple, temporaire et indolore.
    Éphémère et fugitif comme leur relation l' avait été. Il n' avait été à elle que provisoirement tandis qu' elle, resterait à lui jusqu' à la fin de ses jours.
    Tellement jubilatoire.
    Sourire goguenard.

    Ma pauvre Halina si tu savais.



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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Ven 13 Mai 2011 - 21:41

Elle vit la compréhension descendre jusqu’à son visage, une pointe déçue. Mais en même temps, elle s’en doutait. Elle avait appris à le connaître durant tout le temps qu’ils avaient passé ensemble, elle avait compris qu’il n’était pas toujours sincère et que, souvent, il semblait être différent. Comme si deux personnalités entraient en compétition dans certaines situations. Puis, il redevenait le gentil Lian qui s’excuse d’avoir dragué une demoiselle dans son dos ou d’éviter ses questions sur la sincérité de son amour. Et elle tombait dans le panneau de ses beaux yeux et de ses promesses. Maintenant, elle se voyait comme une gamine qui collait aux basques d’un garçon plus grand qu’elle. Elle était sotte et immature. Elle avait l’impression d’être enfin en accord avec qui elle était vraiment depuis qu’elle était avec Kirfdéin mais en réalité, elle attendait encore avec impatience sa réponse. Avec une pointe d’espoir qu’elle tenta de chasser. Elle le vit ouvrit la bouche avec le même regard qu’avant, celui qu’il avait lorsqu’il s’excusait, elle ne l’aimait pas ce regard : il était bas et quelques fois auparavant, elle le sentait lâche.


Mais aujourd’hui, ce n’était pas des excuses qu’elle attendait, elle s’en foutait de ses excuses, elle ne lui serait pas retombée dans les bras avec un soupir comme elle avait pu le faire. De toute façon, il referma sa bouche sans avoir prononcé un mot et il changea d’expression en quelques secondes. Il devint moqueur et noir. C’était cette facette de lui qu’elle avait toujours voulu effacer chez lui. Elle avait cru que son amour pourrait l’aider à changer. Qu’il avait envie de changer. Mais le temps c’était écoulé et elle n’avait pas vu de progrès, plutôt elle voyait plus souvent la partie de lui qui semblait ne pas être faite de mensonges. Elle s’était accoutumée à son humeur différente, plus chiante et moqueuse. A la fin, elle avait compris qu’elle était la seule à vouloir vraiment que leur histoire puisse continuer et à vraiment aimer l’autre. Elle savait reconnaitre, dans les derniers temps, quelques-unes des failles dans son comportement avec elle. Elle avait dû prendre son courage et sa motivation à deux mains pour pouvoir lui proposer ce qui était le mieux pour tous les deux. Mais ce qui lui avait fait tant mal.


Elle avait peur de cette expression, de ce qui allait venir maintenant. De ce qu’il allait pouvoir lui concocter puisque le Lian d’avant avait disparu avec le temps. Qu’était devenu le nouveau Lian ? Il avait sûrement du devenir ou peut-être redevenir le chieur de service qu’il avait été sur la fin de leur relation, celui qui avait presque failli la faire craquer encore plus. Halina respira un grand coup, se préparant à toutes les situations possibles. Où avait-elle eu la tête de l’engueuler comme ça pour un tatouage ? Mais merde ! Ce n’était plus son problème à elle s’il ne l’avait plus. Les siens n’avaient plus que le sens d’un passé révolu, d’un amour terminé et finalement, non pas sans fin mais plutôt borné. Il reprit la parole, d’un ton plus assuré.


Claque.


Elle avait beau clamé silencieusement depuis le début de la conversation que tout était terminé pour elle désormais, elle eut mal, vraiment mal. Cela n’avait donc eu aucun sens pour lui ? Juste une simple mascarade pour profiter d’elle, pour décider de faire d’elle une femme à part entière ? Avait-elle réellement donné sa première fois à quelqu’un qui ne l’aimait pas ? Elle déglutit et tenta de garder une contenance tenta de ne pas craquer, que ne pas tenir compte de cet élément qui s’accumulait sur une liste déjà bien longue de problèmes. Tout cela pesait lourd sur son cœur et elle dut lutter pour retenir les larmes qui montaient et ne rien laisser paraître devant lui. Nan mais merde, d’où il la touchait ?! Il n’avait pas le droit de jouer avec elle comme ça, de se moquer de ses sentiments et d’essayer de la faire tomber. C’était ce qu’il recherchait ? La faire s’écrouler en pleurs devant lui pour qu’il ricane devant sa faiblesse ? Elle n’était pas si forte, elle n’avait pas envie de se battre. De toutes façons, vu la piètre opinion qu’il avait d’elle ne voyait pas pourquoi elle devrait rester droite devant un mec qui s’en foutait d’elle quoi qu’elle fasse.


Électrochoc.


On était où là ? Dans un film, dans une caméra cachée ? Il lui en voulait tant que ça ? Qu’est-ce qu’elle lui avait fait pour qu’il soit aussi… Pour qu’il ait cet air jubilatoire et goguenard sur le visage ? Halina savait qu’elle avait eu mal, pour tout. Pour ce tatouage qui n’avait aucun sens, elle avait serré les dents croyant, dur comme fer, que cela renforcerait leurs liens. Pour cette séparation qui avait lui avait prouvé le contraire, elle avait pleuré de longues heures. Pour toutes ses infidélités, elle avait fait blanchir ces jointures, préférant pardonner que passer pour une rabat-joie. Pour ce qu’il lui infligeait maintenant, plus d’un an après les faits, elle voulait faire semblant de ne rien ressentir. N’y parvint pas. Se mit à pleurer. C’était la goutte qui faisait déborder le vase. Elle se tourna à moitié dos à lui pour laisser sa peine, sa rage, et surtout son incompréhension se frayer à peu près décemment un chemin sur ses joues. Elle ne parvenait plus à se contenir. Pleurant contre lui, contre ses fantômes et contre son incapacité à ne pas pleurer. Les sanglots se tarirent et elle fut, plus rapidement qu’elle en le pensait, reprendre plus ou moins le contrôle. C'est à dire qu'elle pu lui répondre, l'incompréhension se mêlant à de la résignation de celle qui pense avoir l'habitude.


-Voilà, t’es content ? J’ai eu mal et j’ai encore mal. La faute à quoi ou qui ? Ce fichu tatouage qui aujourd’hui ne veut plus rien dire, toi et tes faux-semblants, la vie et toi qui pense que je ne voyais rien ou que j’étais trop lâche pour te quitter.


Elle reprit son souffle après sa tirade et continua, sans se soucier à quoi elle pouvait bien ressembler. Elle disait ce qu’elle avait sur le cœur puisqu’ils en étaient là. Puisque c’était lui qui avait commencé.


-Mais tu ne comprenais pas, autant que tu ne comprends toujours pas : je t’aimais et j’étais prête à tout pour toi. En réponse, je n’ai eu que demi-vérités et mensonges. As-tu déjà essayé depuis d’offrir à quelqu’un autre chose que ton mépris ?


Tu y gagnerais. Tu pourrais comprendre que la vie ne se résume pas à ce que tu crois. Qu’elle peut être belle si tu y mets du tien. S’il mettait autant d’ardeur dans une relation stable que pour séduire, il aurait réalisé pleins de choses. Mais bon, elle le connaissait, elle savait que cela ne l’intéressait pas. Que sa partie préférée avec les filles c’était de les pousser à la faute et de mettre en pratique cette aura qu’il avait. Elle soupira, de guerre lasse.


-De toutes façons, ça sers à rien que j’essaie de t’expliquer, tu t’en fous. Tu t’fous de tout.



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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Dim 15 Mai 2011 - 22:14

    Touché.
    Ca avait été tellement simple, tellement facile de trouver sa faille que s'en était même pas drôle, il la connaissait vraiment trop bien pour ca. Il savait tout d'elle et de ses faiblesses, tout de ses pensées et du moindre de ses ressentis juste à observer ses expressions. C'était simple, il la connaissait par coeur.
    Il avait dans un premier temps pensé qu'elle ait pu changer, devenir, pas totalement mais au moins légèrement différente de la Halina faible et fragile qu'il avait connu, il n'en était rien. Même si elle avait changé physiquement parlant, peut être même un peu mentalement parlant, elle restait la même, exactement la même. Une pauvre petite chose sensible et naïve derrière ses grands airs de guerrière effarouchée.
    Elle était à lui comme le témoignait se tatouage qui marquerait sa peau à jamais. A lui, et en dépit de tous ses efforts pour s'affranchir de lui, elle ne pourrait jamais complètement l'effacer de sa mémoire, de ses souvenirs. Parcequ'il y était ancré bien trop profondément à ses yeux pour qu'elle puisse le renier, il en était certain.
    Et cette expression de douleur sur son visage lui prouvait qu'il avait raison. Il avait raison pour tout.

    Eh bien petite Halina, pourquoi es-tu donc si touchée ? Si ébranlée par ses mots pourtant tellement courants ? Je vois dans tes yeux que tu essayes de lutter. Lutte donc ! De toute tes forces même, lutte contre la violence de mes propos à ton égard, lutte contre cette douleur que je t'astreint et qui fait saigner ton coeur, lutte fort avant de t'écrouler plus faible que tu ne l'étais déjà. Plus pathétique que tu ne le seras jamais.
    Et quoi ? Tu fuis mon regard ? Tu cherches à soustraire tes larmes naissantes à ma vue ? C'est inutile voyons ! Tellement inutile, je te connais trop bien pour que tu puisses t'imaginer une seule seconde pouvoir m' échapper en détournant simplement les yeux. Je te connais trop bien pour ca je te dis, alors cesse donc cette comédie hypocrite, ce semblant de fierté que tu sembles vouloir garder à tout prix devant moi. Je sais très bien qui tu es véritablement, je sais qu'au fond tu n'es que cette fille tendre et vulnérable incapable de faire abstraction à ses sentiments, inutile d'essayer de le nier.

    Elle se mit à pleurer, pleurer de douleur et de rage et Kylian la regarda dans le plus glacial des silence, attendant patiemment comme le plus avide des vautours qu'elle ait terminé de gémir, que la proie ait cessé de lutter. Ca ne l’intéressait pas de continuer cette discutions de toute manière inutile dans ces conditions, alors il attendait. Il attendait qu'elle se reprenne, sèche ses larmes et ose enfin se retourner, plonger enfin ses yeux dans les siens, brillant de cette lumière déterminé et rageuse qu'il lui connaissait. Qu' elle l'affronte une nouvelle fois, pour qu'il puisse la rabaisser, encore, et qu'elle puisse enfin se rendre compte du pouvoir qu'il avait eu sur elle.
    Il l'avait contrôlé comme il le souhaitait auparavant. Comme une marionnette il lui faisait prendre les chemins qu'il voulut qu'elle prenne. Peut être avait-elle été un objet d'étude aussi finalement ? Une étude sur la manipulation par les sentiments, sans doute la plus méprisable de toutes. Il l'avait conditionnée et presque modelée à son bon vouloir. Avant.
    Maintenant que toute cette mascarade (♪) avait prit fin, il ne restait sans doute plus que des brides de son influence passé.
    Mascarade dont elle semblait enfin prendre conscience.

    Elle se retourna finalement, mélange de force et de résignation dans les yeux. Kylian esquiva un sourire et l'écouta déverser ce qu'elle avait sur le coeur sur un ton faussement ironique.
    Il lui répondit tranquillement sur un ton faussement apitoyé.


    -Ooooh, sois pas triste ma petite fleur des prés, tu veux que je te console ?

    Petit sourire narquois.
    Utiliser ce vieux surnom minable, rien de pire pour réanimer des souvenirs.
    Il la laissa continuer sur sa lancée, le sourire tranquille de celui qui se sait en position de force au coin des lèvres.


    - Bien sur que si je le savais, tu en doutes encore ?

    Je le savais et j'en ai allègrement profité, tu ne t'en es toujours pas rendu compte ? Oh Halina ! Pauvre petite créature, si frêle et naïve, tu ne croyais tout de même pas que j'étais inconscient à ce point ?
    Nul doute qu'il la blesserait plus avec ces mots qu'avec n'importe quels autres.

    Il répondit finalement à son questionnement sur un ton mielleux à souhait.


    - Bien sur que oui, et ceux qui l'ont testés n'ont pas eu à s'en plaindre.

    Il explosa de rire avant de finalement passer son avant bras sur les épaules de la jeune fille et de reprendre, comme s'il s'agissait d'une conversation banale.

    - Aaah oui t'as pt'être raison.

    Il posa son pouce sur ses lèvres et rapprocha son visage d'elle pour lui susurrer :


    - C' est qu' t'es plutôt intelligente comme fille finalement.

    Dans un petit sourire il s'écarta d'elle, ne lui laissant pas le temps de le repousser comme elle aurait sans doute voulu le faire.

    Il est vrai que les longs discours réprobateurs n'avait jamais été son fort, il faut dire qu'il était un garçon plutôt impatient et passer son temps à écouter quelqu’un lui faire la morale l'exaspérait plus que ne le résonnait mais ca, elle devait s'en souvenir,le nombre de fois qu'il l'avait fait taire en l'embrassant n'était plus à compter et son efficacité n'était plus à prouver non plus.


    - C' est pour ca qu' t'es dans cette académie ?

    Fausse tentative de debuter une conversation normal, en vérité, il n'en avait rien à faire. Il rajouta alors, sur un ton legerement exaspéré pour la forme.

    - Alala, quoi que je fasse il faut toujours que tu sois dans mes pattes hein...

    Petit sourire en coin.





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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Dim 5 Juin 2011 - 0:18

Nan mais il était pas sérieux lui ? Il lui ressortait ce surnom débile maintenant, alors qu’elle n’était pas au mieux de sa forme ? Qu’elle n’avait pas la force de répliquer avec un truc encore plus naze ? Alors qu’elle ne comprenait rien à ce qui se passait dans la tête de Lian ? Il la fatiguait. Cette conversation l’irritait. Il n’avait aucun cœur, aucune émotion ? Prenait-il tout à la dérision ou avec neutralité ? Pourquoi ne pouvait-il rien ressentir de vrai ? Une fille qui pleurait ne lui faisait aucun effet ? Non, se corrigea-t-elle, ce n’était qu’elle qui ne lui faisait plus d’effet, qui semblait le dégoûter. Elle ferma les yeux quelques secondes, tentant de se calmer, pour arrêter de se faire du mal à cause d’un crétin qui ne tenait plus à la voir. Elle n’avait ni besoin de lui, ni de son respect et encore moins de son amour. Pas besoin d’être gentille. Retrouver sa méfiance naturelle. Et par-dessus tout, arrêter de lui offrir sa fragilité sur un plateau.


Toujours ce sourire exaspérant. Elle n’avait pas vraiment écouté ce qu’il lui racontait, ses miaulements. Sa voix devenue désagréable devenait fond sonore alors qu’elle tentait de retrouver une contenance. Elle ne voulait plus craquer devant lui et pourtant, sa crise n’avait pas chassé la fatigue qui s’accumulait. Ses nerfs n’avaient lâché qu’un court instant intense et menaçait de recommencer. Il fallait qu’elle soit plus forte et qu’au lieu de ses vaines larmes, elle lui montre sa progression et sa force. Elle avait tué. Cette constatation s’imposa soudainement à elle, elle n’était plus une simple gamine. Elle était une femme et une guerrière. Elle avait une vie qui n’était pas pavée de mensonges et d’ironie. Elle vivait vraiment. Pas Lian, il vivait sous un masque : d’où venait sa noirceur sarcastique ? Elle était plus mature que lui. Mais était-ce vraiment mature de penser ça ?


Son contact la ramena en un rien de temps à la réalité et à la situation. Ce n’était plus agréable. Les mains de Kirfdéin étaient plus douces et l’électrisaient dès qu’elles touchaient sa peau mate. Elle faillit lui dire d’ôter ses sales pattes de là et de dégager le plancher en vitesse mais il la prit de vitesse. Après une nouvelle moquerie inutile et infantile, il retira son bras musclé de ses épaules. Ils n’étaient plus amis ni rien. Il n’avait pas le droit de se comporter ainsi. Elle se corrigea : il pouvait faire ce qu’il voulait, elle n’avait rien à faire. Il savait la manipuler, connaissait se points faibles. Il en savait beaucoup trop. Celui qu’elle avait tant aimé avait-il un jour existé ? Halina aurait dû s’en douter, ne pas autant croire au Prince Charmant. Aurait-elle du le repousser, repousser toute nouvelle rencontre par méfiance ? ‘Pourquoi s’attacher quand on sait que ceux que l’on aime vont nous être arraché ?’ Fallait-il ne s’attacher à rien ni personne juste pour éviter d’avoir mal ? Nan, sinon on finit en ermite, seule et aigrie des gens. Tout le temps déçue. S’attendre au pire ne permet pas d’apprécier les bons moments, d’en savourer l’instant éphémère. Elle devait continuer à être comme elle l’était : aller vers les autres, être curieuse. S’attendre au meilleur mais être prête au pire.


Il posa ensuite une question dénuée d’intérêt et de réflexion. Tout en réfléchissant à comment lui répondre sans entrer dans sa sphère de débilité, elle libéra d’un mouvement fluide ses cheveux et les agita pour leur donner une forme et du volume. C’était devenu inconscient chez Halina, elle ne faisait pas très attention dans ces moments-là. Elle pensait plutôt qu’il connaissait déjà la réponse. Elle lui répondit alors doucement


-Si tu écoutais quand on te parle au lieu de flatter ton égo, tu le saurais.


Elle le lui avait dit des centaines de fois qu’elle voulait être comme son frère, être un soldat de qualité pour tous les aider. Vision utopique du monde dans lequel elle vivait. Aujourd’hui ce n’était pas pour prouver aux hommes que les femmes pouvaient devenir soldats qu’elle voulait être plus forte. Elle avait compris que sa motivation était de retrouver la Mentaï quand elle aurait les capacités de prendre sa revanche. Et puis accessoirement : défendre la loi et les valeurs de l’Empire. Etre fière de la guerrière qu’elle deviendrait. Empêcher qu’il puisse être possible que quelqu’un subisse ce qu’elle avait vécu. Ou largement pire, ce que Kirfdéin avait enduré. Elle priait la Dame pour que ses blessures dues à la torture ne le fassent plus souffrir, pour qu’il trouve la paix. Dut-elle passer par la vengeance. Rictus douloureux. Il le voulait mais n’en n’était pas près : il était apprenti marchombre et pas super-héros. Elle espérait qu’il attendrait d’être plus fort ou alors qu’Elera parviendrait à l’en dissuader. Il n’était pas fait pour ça. Les archers préfèrent et garde leur efficacité à l’écart des combat ; le corps à corps n’était pas son truc. L’autre était rompue à tout cela. Soupir.


Peut-être avait-il répondu à sa remarque, en tout cas elle ne capta que son exaspération évidemment feinte. Elle sourit à son tour en coin. Il le faisait exprès non ? C’était pas possible sinon d’être aussi bête. Et puis non, c’était pas bête, c’était son truc à lui de feindre un truc pour l’énerver, pour la rendre jalouse ou pour la faire taire. Il avait toujours été fort à ce sujet. Il l’était toujours et avait peut-être même progressé. La pratique peut-être, se dit-elle. Combien de jeunes femmes avaient subi depuis son arrivée sa technique bien rodée de drague ? La même sûrement que celle à laquelle elle avait eu droit. Simuler le parfait gentleman, faire tomber la fille dans ses filets et récolter. Se lasser, la rendre désespérée puis recommencer avec une autre. Encore et toujours. Elle pouvait être fière de dire qu’elle l’avait fait rompre cette monotonie puisque pendant des mois, il avait dû réfréner un peu ses ardeurs.


-Mouais... Je crois que c’est toi qui étais dans mes pattes la première fois.


Dans une taverne durant une journée de printemps, elle mangeait un rôti de siffleur plutôt bon alors qu’un jeune homme entra dans la pièce, elle n’y prit pas attention alors qu’il commandait une bière. Il vint s’installer à sa table. Elle rétorqua, peu aimable que ce n’était pas libre. En effet, elle essayait de lire une carte qu’elle venait d’acheter dans le village pour trouver sa route. Cela lui demandait de la concentration et elle n’avait pas envie de se faire draguer par un ivrogne une nouvelle fois. Il insista, finissant par lui montrer du doigt sa destination, après quelques questions dont il n’eut pour réponses que des onomatopées. Elle avait finalement accepté son aide. Ce fut le début d’une histoire qui semblait belle jusqu’à ce que l’épilogue soit dévoilé. Halina aurait mieux fait de l’ignorer ce jour-là, ça lui aurait éviter de devoir subir cette conversation. Elle retint un baillement.



[ Avec pas mal de retard. Vraiment désolée ! I Hope you enjoy ! I love you ]


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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Lun 27 Juin 2011 - 19:18

    Kylian la regardait avec ce petit sourire avide du vainqueur au coin des lèvres. Comme il était facile de la chambouler, lui faire perdre tout ses moyens, c' était tellement simple ! Quelques mots blessants et un petit regard de travers, il n'en avait fallut pas plus pour qu'elle flanche et abandonne l'idée de paraître forte un jour à ses yeux. En quelques phrases bien tournées il avait réussit à réanimer cette douleur qu'elle avait sans doute pensé avoir oublié, voir enterré dans un coin sombre de ses souvenirs. Comme il adorait voir ce léger grimacement au coin de ses lèvres à chacune de ses paroles, son regard noir et pourtant blessé, son rien à foutre apparent et pourtant cette douleur réprimée. En l'occurence, elle semblait ne jamais avoir fait son deuil et ce, pour son plus grand plaisir. Plaisir de la pousser dans ses derniers retranchement, voir jusqu'où elle serait capable d'aller dans sa chute. Colère ? Fureur ? Rage ou frustration ? Irait-elle jusqu'à le frapper ? Non, ce serait vraiment trop beau et puis, elle continuerait surement à protéger sa soi disant fierté plutôt que de se rabaisser à un geste aussi stupide. Quoi que. Après tout, il avait peut être sous estimé la profondeur de ses sentiments pour lui à l'époque.

    Bien sur, il aurait pu lui mentir, jouer le rôle qu'elle attendait de lui pour lui épargner cet instant de souffrance passager et qu'ils puissent de nouveau se parler normalement, sauf qu'il n'en avait plus envie. C'était comme si lui révéler enfin qui il était vraiment après avoir passé tant de temps à s'amuser à ses dépends était devenu une nécessité, un véritable impératif, comme une purge intégrale de tous ces moments à jouer la comédie en lui brisant ses souvenirs. Tout ce qui lui restait de lui venait de partir en fumée, elle avait bâtit son idylle sur un jeu de carte qui venait de se souffler en un simple coup de vent, une simple rencontre, au hasard d'un couloir.
    Depuis qu'il avait rejoint l'académie de Merwyn, Kylian se sentait vraiment différent. C' était une sensation nouvelle, rafraîchissante comme une gorgée d' eau fraîche après une course effrénée, et délicieuse comme un fruit de saison sous le palais. Et puis surtout il y avait eu ca, cette sensation de liberté. Délivré des entraves qui l'oppressaient, il avait l'impression de devenir un homme, un être humain à part entière, libre de ses choix et de ses décisions. Une véritable sensation d’allégresse, de puissance qu'était celle de se sentir indépendant.
    Mais il ne se leurrait pas, ll n'en était pas plus libre pour autant, ce n'était qu'une simple impression, un voile léger posé sur ses obligations, mais qu'importe, il aurait été fou de se priver de ce bonheur de passage.

    Halina passa sa main dans ses cheveux, les repoussant en arrière dans un geste aussi naturel et souple qu'il en fut étonné.
    Kylian regarda son ex amante en levant un sourcil amusé.
    Tient, depuis quand se prenait-elle pour une grande dame sa petite Halina ? C'était nouveau ca ! Les petites princesses étaient de celles les plus faciles à séduire, mais au naturel, quel cauchemar !
    Non mais vraiment, sans rire, en quoi croyait-elle le tromper ? Elle voulait lui faire croire qu'elle avait changée, qu'elle était devenu plus forte, plus indépendante aussi peut être. Tu parles... Ce n'était pas avec des mimiques aussi ridicules qu'elle parviendrait à le faire changer d'avis sur la chose. Non vraiment, si c'était veritablement une tentative pour lui montrer sa nouvelle détermination, elle était vraiment pathétique.

    Elle remonta toutefois dans son estime dès lorsqu'elle rouvrit la bouche.
    Ah, CA c'était mieux déjà, bien mieux que ses petites répliques précédentes, il se serait presque prit à la féliciter de son -enfin- refus de se laisser écraser de la sorte. Bien, la au moins la conversation allait peut être devenir un peu plus intéressante que lorsqu'il avait du se contenter de l'observer pleurer.

    Le garde lui répliqua alors, toujours le ton faussement indigné puis railleur à souhait.

    - Mmmh ? Oh mais si, bien sur que j'écoute ! Les trucs intéressants seulement.

    Il lui fit un petit sourire sarcastique auquel elle répondit par un sourire en coin, surement plus par habitude ou agacement qu'autre chose. Après tout, il se souvenait comme si c'était hier de chacune de ses réactions face à ses répliques feintes et généralement, ça suffisait à la stopper dans son élan. Pas cette fois en tout cas puis qu'après un instant de silence elle le relança.

    Kylian plissa les yeux.
    C'est lui qui était dans ses pattes la première fois... Mmmh... C'était comme pour l'histoire des tatouages, une vieille anecdote qui remontait à un bon moment. Mais comment diable arrivait-elle à se rappeler de tout ca ? Ca faisait un bout de temps quand même qu'ils avaient voyagé ensemble et puis, il ne se souvenait plus vraiment du jour de leur première rencontre si c'était bien à cela qu'elle faisait allusion, seulement qu'ils s'étaient rencontrés lors d'une escale du convois qu'il escortait, après, les détails... Aussi, il réfléchit un moment puis, par lassitude, arrêta bien vite. De toute manière, a quoi cela servait-il qu'il se triture les méninges pour un truc sans grande importance ? Et puis si elle en avait vraiment envie, sans doute Halina se ferait-elle un plaisir de le lui rappeler.

    Kylian haussa les épaules, l'air de n'en avoir rien à faire avant de lui répondre le plus sereinement du monde.

    - Mmmh si tu l'dis.

    Petit sourire appréciateur.

    - En tout cas grace à moi t'as atterri dans la plus maaagnifique des académies !

    Il surjouait, c'était visible.
    Puis tout à coup flash.


    -Ah mais oui c' est vrai ! La demoiselle paumée à qui j'ai proposé mon aide !

    Kylian leva les yeux au ciel et continua, plus pour lui même que pour la jeune femme en face de lui.

    - Mmmh oui j'me rappel de ce jour la. J'crois même que je t'avais offert un verre. Dis donc j'avais été vraiment sympas quand même.

    Il reporta son regard sur Halina et lui sourit, provoquant.

    -Finalement j'suis un type bien non ? Quelle chance tu as eu de tomber sur un homme aussi charmant et dévoué que moi ce jour la ! Toutes n'ont pas eu cette chance.

    Il se mit à rire puis reprit, un sourire enigmatique sur les lèvres.

    - C' est que j'avais du te trouver mignonne surement.



    [Comme promis, après le bac :] Désolé j'avance pas des masses T_T J'espère que ca ira quand même :] Ps: J-5 ♥]



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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Ven 1 Juil 2011 - 1:20

Il lui fallut du temps avant de se souvenir de leur rencontre. Il commença par faire celui qui n’en avait rien à foutre et qui détourne la conversation sur autre chose. Allez, pourquoi ne pas parler de la météo ? Il était si doué pour changer le cours d’une discussion grâce au soleil ou au vent. Vraiment, elle se demandait de plus en plus comment elle avait pu aimer autre chose que son corps. Il préféra tenter l’Académie et… Nan, mais n’importe quoi ! C’était elle-même qui avait décidé d’essayer d’étudier dans cette Académie renommée et ce n’était absolument pas grâce à lui !! Le fait qu’elle souhaite étudier l’Art Guerrier était complètement indépendant de sa rencontre avec lui. Cela venait de son frère et de la vénération qu’elle avait toujours placée trop haute pour les gardes qui surveillaient l’Empire. Depuis, elle avait changé de motivation mais lui ne changerait jamais. Il se donnait trop d’importance le pauvre…


-Depuis quand tu t’attribues le mérite de choses auxquelles tu n’as même pas contribué ?! Tu es arrivé après moi ici. Cette entrée à l’Académie, je ne la dois qu’à moi !


Sa colère avait presque le ton d’un caprice mais elle ne s’en rendait même pas compte. Elle eut un soupir blasé et un regard à demi dédaigneux devant ses vaines tentatives pour se souvenir. Il fronçait les sourcils, sa curiosité piquée à vif. Alzheimer te guette très tôt mon coco. A moins que… Elle réfléchit elle aussi, tentant enfin de le percer. Et si dès le début, il ne fonctionnait que par automatisme face aux belles jeunes femmes qu’il croisait ? Et si tous les évènements vécus ensemble étaient tous aussi flous pour lui parce réellement il n’en avait jamais rien eu à faire du tout ? Avait-elle toujours été la seule à faire des efforts vers lui ? Ne l’avait-il abordée que parce qu’elle était « mignonne » et « paumée »? Avait-il joué du début à la fin le rôle du gars « sympa, charmant et dévoué » face à elle ? Mais si c’était le cas, pourquoi était-il resté aussi longtemps avec elle ? Qu’est-ce qu’il avait à y gagner ? C’était ça qui la tracassait le plus. Elle déclara alors, l’air sincèrement étonnée :


-Je me pose une question. Pourquoi as-tu tenu ton rôle de mec génial autant de temps ? Ca a dû être super dur de passer des mois avec une fille que tu n’aimais pas… Et qui te faisais tant chier, d’après ce que t’en dis…


Il n’allait peut-être pas répondre. C’était si facile pour lui de détourner la conversation, de faire comme si la question était idiote et inintéressante mais elle savait qu’en vérité certaines le touchaient. Celle-là serait peut-être trop naïve pour que Monsieur prenne la peine de lui répondre. Pourtant, elle se le demandait vraiment comment il avait pu la supporté la Princesse chieuse qu’elle semblait être. Comment avait-il pu si elle le dégoûtait autant ? Il la provoquait, se moquait, jouait les durs mais ne semblait pas disposé à lui répondre sincèrement. Les non-réponses ou demi-réponses étaient-elles devenues une habitude chez lui ? Les utilisaient-ils avec tout le monde ? Halina aurait aimé se faire petite souris pour voir qui d’autre il avait fait souffrir et quelles sortes de personnes il arrivait à supporter et à vraiment apprécier. Des gens comme lui sûrement : beaux-parleurs, narcissiques, sarcastiques, égocentriques et provocateurs. Elle se dit qu’il formerait un beau duo avec l’ex-Corbac bagarreur dont elle avait oublié le nom. Elle eut un très court sourire.


Elle réalisait durant cette conversation que Lian en lui-même ne lui faisait plus aucun effet. Elle en venait même à se demander comment elle avait pu être amoureuse. Mais son corps… Elle ne doutait pas que c’était cela qui l’avait toujours attirée, en plus de ses mensonges. Elle ne pouvait s’empêcher de se souvenir de leurs instants ensembles, de son corps dans ses bras. Tant de douceur semblait impossible pour un tel être aujourd’hui. Tout ce plaisir ne semblait plus compatible avec ce qu’il était réellement. Elle avait été assez sotte pour croire au Prince Charmant qui adorait sa Princesse. Pour croire qu’on pouvait aimer dès la première rencontre. Pour ne pas s’imaginer qu’il profiterait d’elle. La Teylus n’avait pas fait le rapprochement avec les gros lourds qui voulaient lui faire découvrir de « vrais hommes » lorsqu’elle les croisait sur les routes. Alors qu’il aurait très bien pu l’aborder uniquement pour pouvoir ensuite profiter d’elle. Il fallait qu’elle arrive à ne plus être troublée par son corps et à se concentrer pour l’oublier.


Il y avait Kirfdéin maintenant. Elle ne devait plus être déconcentrée par cet hurluberlu qui avait un jour été la personne qu’elle aimait. Et pourtant… Comment oublier des souvenirs ? Comment être sûre que lorsqu’il aura disparu de son champ de vision, elle ne lui pardonnera pas de nouveau au nom de leur ancien amour ? Elle en était vraiment capable. Sauf si elle arrivait à être complètement dégoûtée de lui. Elle croyait que leur séparation l’avait sevrée de son emprise, qu’elle allait enfin être indépendante. Le voir ce matin-là, lui fit comprendre qu’elle n’était pas si forte qu’elle le pensait. Elle pleurait pour rien devant lui. Lui offrait sa fragilité qu’elle pensait invisible. N’était plus si sûre d’elle. Comment un seul homme pouvait la faire replonger ? La faire retomber dans la faiblesse ? Pourquoi continuait-elle à être attirée par lui comme à une drogue ?


La jeune guerrière réalisa que sa pseudo-indépendance n’était rien d’autre que des mensonges à elle-même. Elle était accro à Kirfdéin. Elle était accro au combat et à la violence. Et pire que tout, elle avait toujours été accro à Lian et son souvenir. Elle était ligotée à ses sentiments, incapable de réfléchir clairement et d’être seule. Elle avait un trop plein d’amour, de peur, de frustration, d’enthousiasme et de manque. Tout cela ressortait aléatoirement quand elle n’arrivait plus à faire semblant d’être forte. Elle se voulait forte et digne, courageuse et droite alors qu’elle ne parvenait même pas à faire la différence entre un crétin et quelqu’un qui l’aimait. On disait que ce sentiment de vouloir à tout prix être aimé était humain mais cela ne la satisfaisait pas. Elle s’était faite rouler comme une bleue. Halina n’arrivait plus à se concentrer sur ce que l’autre pouvait bien dire ou faire, elle n’arrivait même plus à cadrer ses pensées, à se concentrer sur une seule chose. Tout se bousculait en même temps dans sa tête. Le monde se mettait à tourner de plus en plus vite autour d’elle comme si la fatigue et le stress avaient décidé de la faire tomber au sol.


La grande brune prit enfin une grande inspiration. Le grand ménage attendrait qu’elle soit hors de portée de l’aura de séduction de Lian. Loin des yeux, loin du cœur comme on disait. Mais merde pourquoi l’avait-il suivi là ?! Comment allait-elle faire pour ignorer ces pulsions purement charnelles quand il était près d’elle ? Comment allait-elle faire pour vivre sa vie en le sachant dans les parages ? Comment ne pas s’énerver lorsqu’elle croiserait ses sourires ironiques ? Et puis, comment ne pas douter de son amour pour Kirfdéin quand un autre homme arrivait à l’attirer autant ? Comment être sûre qu’elle ne l’aimait pas juste parce qu’elle se sentait seule ? Elle doutait. Cet inconnu détestable au corps de rêve la faisait douter mais elle ne lui laissait pas paraître à quel point elle était troublée. De toutes façons, il la connaissait trop bien, il le savait déjà qu’elle n’arrivait pas à oublier. Soudainement, elle se demanda ce qu’un mec comme lui faisait comme garde à Al-Poll.


-Alors comme ça, on est devenu garde à l’Académie de Merwyn. C’pas trop ennuyeux comme boulot ?



[ J'aime ce rp ! J'espère que ça te plait aussi ! PS: Quand tu liras ce post, tu seras chez moi ! Nyaaaaah <3]


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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Mar 19 Juil 2011 - 19:14

    Comme blessée dans sa fierté, Halina répondit du tac au tac, sans même se poser de questions, à l'une de ses remarques pourtant des plus innofensive. Le garde s'en étonna un instant puis sourit. Il n'aurait pas envisagé une tel réaction, surtout sur un sujet aussi anodin mais sa riposte n'en était que plus intéressante.
    Si elle avait réagit de la sorte c'est qu'il y avait bien quelque chose, cela lui ouvrait désormais de nouveaux horizons, de nouvelles faiblesses donc, de nouveaux sujets sur lesquels l'ennuyer, la contrarier peut être même la blesser qui sait, après tout, elle semblait si fragile. Elle avait beau se donner des grands airs, marcher droit et tenter de ne pas détourner le regard, tout ce cirque n'était que façade, un masque derrière lequel elle se cachait, un objectif qu'elle cherchait désespérément à atteindre sans jamais y parvenir. Halina, Halina, quand t'en rendras-tu compte ?

    Elle était mignonne.
    A s’énerver comme ça, comme une gosse capricieuse qui dément en bloc certains propos pour n'être que l'entière détentrice du mérite qui leur revient, une vrai gamine. Peut être était-ce encore une nouvelle étape dans sa transformation en petite princesse qui sait. Décidément...
    Eh bien, pourquoi donc était-il si important à ses yeux qu' elle ait été la "seule" ou encore la "première" à être arrivé dans cette académie ? Toujours dans un soucis de fierté ? Halina oh Halina...
    Celle la... Elle mettait vraiment toujours les pieds dans le plat ! C' était à se demander si elle ne le faisait pas exprès.
    Il la regarda d'un air légèrement consterné, cherchant le moindre indice qui lui permettait de décrypter de la moquerie dans ses paroles avant de se souvenir que c'était d' Halina dont il s'agissait et qu'elle était certainement la personne en Gwendalavir la plus incapable de lui cacher quelque chose, ne serait-ce que par son attitude.
    Alors comme ca elle pensait qu'elle ne devait son arrivée à l'académie qu' à elle même hein ? Prenant un air un peu ailleurs, Kylian lanca.


    - Oui oui oui bien sur...

    Il se tourna alors vers elle et planta ses yeux dans les siens, un rictus moqueur au coin des lèvres.

    - Et tu peux me dire comment tu aurais fait pour arriver ici si un gentil et adorable soldat ne t'avais pas prit en pitié et trouvé une place dans son convoi Mmh ?

    Parce qu’elle avait beau le nier, sur ce coup la il lui avait été plutôt bien utile, même si involontairement. Il avait beau avoir eu des intentions pas très très chevaleresque au départ, il l'avait quand même déposé à Al Poll en un seul morceaux, du moins... Pas trop cassée quoi, ce dont ne pouvait se vanter tous les convois ayant suivit le même parcours que le leur. A vrai dire, sur les plusieurs convois qui avaient suivit le même itinéraire, bien peu étaient ceux qui avaient eu moins de perte humaine que le leur, question de chance. N’empêche qu' en vérité elle avait raison, ce n'était pas vraiment grâce à lui qu' elle était entrée à l'académie, après tout il n'avait fait que l'amener la où elle le désirait, rien de plus, mais l'admettre lui aurait arraché vraiment trop de fierté, et puis, c'était bien plus drôle de la taquiner pour la voir s’énerver ensuite et pester face à l'injustice de ses paroles.

    Chose inattendue, la Teylus se tourna vers lui avant de l'interroger, véritablement étonnée. Étonnée ou... ? Ou bien cherchait-elle purement et simplement à lui faire avouer une quelconques trace d'humanité, qui plus est, sentimental, à son égard ? En cherchant à le discrediter lui elle ne faisait que s'enfoncer davantage. Quand comprendrait-elle enfin qu' a ce jeux la il était bien meilleur qu'elle ? Enfin, si tel était son véritable but, elle pouvait toujours espérer la pauvre, l'amour n'était pas vraiment quelque chose qu'il parvenait à concevoir, encore moins à apprécier. Les gens amoureux l'avaient toujours dégoûté, trop flasques, trop mous, trop gentils, trop faux. Non vraiment, comment pouvait-on seulement désirer atteindre un mode de vie si pitoyable ? Si dépendant de l'autre ? Pas de quoi envier les amoureux. Et s'il se complaisait à faire naître ce sentiment sournois dans le coeur de ses conquêtes, il se le refusait bien. Pas envie de se changer en guimauve.
    Elle voulait des réponses ? Très bien, qu'elle ne vienne pas s'en plaindre si elles n'étaient pas conforme à son souhait, elle l'avait cherchée.


    - Ah si tu savais !

    Fit-il en riant.
    Il reprit alors, sur le ton banale de la conversation mais ses yeux rieurs plantés dans les siens, assistant à la moindre de ses réactions.


    - A vrai dire les villages commençaient à se faire rare et puisqu'il n' y avait pas la moindre présence féminine dans le chariot...

    Il la fixa, les yeux flamboyants.

    Qu'est ce que tu croyais être Halina ? L’héroïne géniale auquel succombe le convoyeur désarmé ? La demoiselle en détresse qu'aide le garde amoureux ? Tu peux abandonner ton masque d'arrogance, ton orgueil et ta présomption guerrière, tu n'es et n' as jamais été que la première fille dans le coin assez naïve pour croire aux beaux discours et assez stupide pour accepter ce voyage. Rien de plus, rien de moins. Mais ca ne doit plus de surprendre désormais, maintenant que tu sais.

    Et elle n'avait été choisit qu' à cette tache, l'occuper et combler sa solitude et ses envies, pour ca et pour rien d'autre. Pendant un temps, une fugitive pensé l'avait mit mal à l'aise. Ils avaient voyagé tellement longtemps ensemble que son pseudo caractère avait commencé à s’émietter, se désagréger même jusqu' à finalement presque tomber en lambeau. Chasser le naturel, il revient au galop. Alors, peut être que... Mais non, Halina était toujours restée dans son rôle d'amoureuse transit, aveugle et sourde à tout changements alors, il n'avait pas à s’inquiéter, elle ne savait pas qui il était. La Dame bénisse la stupidité qui lui avait collé à la peau comme à tout ces imbéciles amoureux, sans cette crédulité, elle aurait bien pu représenter l'un des pires danger pour le garde. Après tout, elle était la personne qu'il avait le plus côtoyé mais pas celle avec laquelle il avait été le plus franc.

    Halina reprit son inspiration.
    Elle avait l'air un peu dans la lune depuis quelques minutes, aussi le garde en déduit qu'elle devait être dans ses pensées à réfléchir à quelques souvenirs plus ou moins douloureux. Au hasard, avec lui ? Elle n'avait pas encore totalement avalée la pilule hein ? Qu' à cela ne tienne, ca lui allait. Tant qu'elle ne se mettait pas à pleurer comme une fontaine...
    La demoiselle se ressaisit à son plus grand bonheur avant de reprendre sur un ton jovial.
    Tient ? Elle ne cherchait plus la confrontation ? Que cherchait-elle donc à faire ? Lui pardonner ? Inconcevable. Faire semblant de lui pardonner ? Oui mais dans quel but ?
    Il aurait bien aimé détourner la conversation dans le seul but de l’énerver mais paradoxalement il ne voyait aucun inconvénient à répondre à sa question, aussi il lui répondit aussi détendu que d'ordinaire.


    - Humpf un peu au début, mais finalement ce boulot à ses bons cotés.

    Il termina dans un sourire satisfait.

    Oh que oui ! Pleiiins de bons cotés ! Une chambre à soit, des horaires assez lâches - enfin plus trop maintenant à cause de la punition du aux 'troubles' pendant le cours de combat- de la nourriture pas trop mauvaise mais surtout, surtout, un accès illimité à toutes les jolies filles de l'académie et ca, y'avait pas à dire, c'était vraiment cool.

    Le garde se tourna vers elle. C' était étrange, la, ils se parlaient comme deux vieux amis de longues dates alors qu' a les voir quelques instants plus tôt on n'aurait jamais pu imaginer une telle chose. Bizarre oui, il ne voyait pas d'autre terme pour appuyer ses pensées. Mais bon, puisqu'il ne voulait pas d'elle en tant qu' ami et qu'elle semblait s' être totalement calmé...

    Kylian se rapprocha de la Teylus et vint se placer dans son dos, glissant un souffle léger sur sa nuque découverte tout en annonçant d'une voix suave.

    - Et toi alors, plutôt difficile les cours de combat non ?

    Comme pour appuyer ses dires, le garde fit glisser ses mains le long du bras de la jeune fille pour venir effleurer un beau bleu au niveau de son coude.
    Toujours sur le même ton quoi q'un peu plus amusé, il reprit.


    - Quel bande de brute.

    Il relacha doucement le bras de la guerrière.


    - En tout cas, si tu as besoin de quelque chose pour te sentir mieux...

    Il lui susurra alors à l' oreille.

    - Chambre 321...



[ Je sais pas si ya des chambres jusqu' a ce numéro, ni même si ya des numéros mais on s'en fouuu o/ Bon voyage :] ]


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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Dim 7 Aoû 2011 - 19:45

C’était vraiment un crétin ce type ! Plus la discussion durait plus elle ne pensait qu’à ça. Elle devait pourtant prendre sur elle, ne pas réagir à ses piques ou risquer de passer encore plus pour une cruche. Elle n’aimait décidemment pas qu’on lui montre ses faiblesses ; c’était beaucoup mieux quand on n’en avait pas. Enfin, ça c’était ce qu’elle pensait et rien que le fait qu’elle le pense la rendait gamine et un peu prétentieuse. Tout le monde a des défauts et elle en avait aussi mais les vrais amis faisaient avec. Elle voulait toujours trouver les faiblesses des autres mais ne s’interrogeait jamais sur les siennes. Il fallait que ce soit un roux arrogant et chiant qui lui fasse dévoiler ses failles. Son explication l’indigna : Nan mais oh ?!!! Il était resté avec elle uniquement parce qu’elle… était la seule fille du convoi et des environs avec laquelle il puisse satisfaire ses instincts primaires ?! Elle manqua de s’étouffer suite à sa provocation puis choisi de ne pas répondre alors qu’elle en avait grande envie. Elle était incendiée, ravagée de l’intérieur. Son cœur lui semblait devenir un tas de cendres encore fumantes alors qu’il n’en finissait pas de se moquer et de lui avouer ce qu’elle prenait pour la vérité.


A sa question suivante, il fit comme elle, c’est-à-dire, comme si de rien n’était. Faire semblant. Sauver les apparences envers et contre tout. Garder tout bien caché à l’intérieur et avaler la clef. Etre la seule à pouvoir ouvrir cette barrière qui protégeait toute cette violence, destruction, colère et ce désespoir. Elle n’arrivait pas à les supprimer alors autant essayer de les canaliser en attendant qu’elle trouve une solution durable. Elle n’allait pas bien et le savait mais ne parvenait pas à comprendre comment calmer sa peur pour le futur. Elle paniquait ou s’énervait pour peu de chose en somme : elle aurait dû se douter que tant d’amour de la part d’un mec pareil était forcément fake… Mais sous ce même point de vue un peu idiot, elle devrait se mettre à douter de tout et de tout le monde. Devait-elle vraiment douter de l’amour de Kirfdéin ou de l’amitié d’Ichel ? Peut-être que oui pour cette dernière… Elle ne savait toujours pas ce que pensait la marchombre après qu’elle lui ait révéler la vérité. La vérité peut-elle blesser ? Sûrement. Faut-il y préférer le mensonge ou l’omission qu’affectionne Lian ? Pourquoi pas ? Faire semblant. Mettre un masque.


Elle acquiesça machinalement à sa réponse sur son boulot, à vrai dire, elle s’en doutait un peu qu’il aimerait certains aspects. Par contre, elle ne se doutait pas que ça lui plairait autant, pour un flemmard chronique, c’était bien étrange d’apprécier obéir à un supérieur ou rester des heures à surveiller un hypothétique ennemi en haut de remparts au lieu de s’amuser comme les jeunes de son âge. Il était bizarre ce mec en fait, quels étaient ces « bons côtés » dont il parlait ? Elle commença à se creuser inutilement la tête pour trouver une réponse à cette question qui éveillait sa curiosité puis il l’aguicha. Evidemment, chasser le naturel, il revient au galop ! Et pour elle aussi, ça allait être dur de ne pas flancher, de ne pas tomber toute molle et doucereuse dans ses bras alors que son corps lui criait de satisfaire ce besoin intense et innommable… Halina n’eut même pas la capacité de comprendre ce qu’il lui demandait tant elle luttait intérieurement. Pourquoi un contact aussi rapide qui l’avait dégoûté quelques instants auparavant la mettait-il dans un état pareil ?


Elle s’était contractée lorsqu’il la touchait sur ce bleu très sensible datant de la veille, pas de douleur mais par défense. Une fois lâchée, elle respira un peu mieux, parvenant à se contrôler de manière plus efficace. Elle n’entendit sa proposition que derrière un voile, comme dans un rêve. Il susurra à son oreille et sans le vouloir, elle retint instantanément ce numéro. Si les évènements ne lui avaient pas appris à se maîtriser un minimum, elle l’aurait suivi sur cette voie et l’aurait aguiché. La jeune guerrière projetait deux choses : une première irréfléchie qui serait de retomber sous son charme et une seconde rationnelle qui visait à utiliser son charisme à elle pour le faire tomber dans son filet. Cependant, elle n’était pas sûre que cette technique marcherait puisqu’elle était elle-même encore trop accro à... son corps dira-t-on. Elle expira un grand coup quand il s’éloigna enfin, laissant passer l’occasion de mettre son plan à exécution. Elle pouvait enfin respirer normalement. Pourquoi lui faisait-il encore autant d’effet ?


Halina préféra ne pas creuser la question et le laissa partir, fuir une fois encore. Une nouvelle fois il la laissait dans un piteux état, le cœur en cendres et ses certitudes en miettes. Lian avait un talent inégalé pour mettre les gens en morceau rien qu’en leur parlant. La Teylus le vit la regarder une dernière fois avec son sourire sarcastique aux lèvres comme s‘il allait ajouter autre chose puis il se ravisa, peut-être pensait-il l’avoir enfin assez enfoncée. Il tourna les talons et repartit vers l’intérieur du bâtiment. Elle se dit alors qu’elle devrait peut-être lui dire la vérité à celui qui ne la disait jamais. Elle se devait de lui montrer qu’elle avait passé le cap et qu’elle ne reviendrait pas vers lui. Il devait s’en faire une raison. Il l’électrisait encore mais ça n’empêchait pas qu’elle n’irait plus jamais vers lui autrement qu’en tant qu’amie. Et encore. Elle le rappela alors, cette fois-ci, elle avait elle aussi le sourire aux lèvres.


-Lian !...


Il se retourna, l’air de dire, « quoi tu retombes dans mes bras ? » ou « Je le savais qu’elle ne pourrait pas résister cette gamine ». Il ne revint pas sur ses pas, resta juste là, bras croisés et sourire satisfait.


-Il fallait que je te dise que je donne autant de bleus que j’en reçois… Elle marqua une courte pause et ajouta : Ah oui au fait, il y a déjà quelqu’un qui me fait aller mieux, mais merci quand même...


Il eut l’air surpris. Ou peut-être était-ce elle qui distinguait mal ses traits, elle ne savait pas. Elle enchaîna, toujours sur le même ton égal qui cachait plus ou moins bien sa colère intérieure


-Qui sait, la prochaine fois qu’on se verra, j’arriverai peut-être à te surprendre enfin…


On peut toujours essayer du moins.



[ Après, c'est comme tu veux, soit ce post clore le rp, soit Kylian réagit et tu clos le rp soit on continue. Hope you enjoy <3 ]



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MessageSujet: Re: Pincez moi, je rêve ! [Terminé]   Mer 10 Aoû 2011 - 16:39

    Il la sentit se crisper au contact de ses doigts sur cette zone rendu sensible par les combats. Pourtant il n'avait fait que la frôler, à ce degré de contact son effleurement n'aurait pas du réveiller en elle une quelconque douleur. Surjouait elle une douleur excessive ? Non ce n'était pas vraiment son genre, elle au contraire aurait tout fait pour se prétendre fière et forte en expliquant que ce n'était pas un simple bleu qui la mettrait au tapis, mieux, que ça ne faisait 'même pas mal'. Il se remémora un instant dans un sourire un épisode de leur traversée du pays. La jeune fille s'était blessée et refusait obstinément qu'il la soigne, feignant le 'mais non c'est rien' habituel, il avait finalement lâché l'affaire en la mettant au défis de ne pas tenir jusqu'à la fin de la journée. Je ne vous décrit même pas l'énorme sourire satisfait qu'il avait eu en la voyant revenir le voir en piteux état dans le courant de l'après midi. A ce moment la déjà il avait commencé à abandonner ses faux-semblant, surement pour le plus grand désespoir de la Teylus.

    Mais alors si ce n'était par douleur ou réaction excessive alors pourquoi ? Par... simple contact ? Cette seconde pensée lui arracha un petit sourire satisfait. Si tel était le cas alors il s'était débrouillé encore mieux qu'il ne le croyait ! Il avait été étonné déjà qu'elle ne le repousse pas comme elle l'avait fait précédemment, mieux encore, elle l'avait laisser faire sans broncher. Plutôt étonnant non ? de la part de la fille humiliée et ridiculisé par ses soins. Se pourrait-il qu' elle soit encore attiré par lui malgré tout ce qu'il lui ait fait subir ? Non, ce serait vraiment trop beau. Il jubilait intérieurement de se savoir encore éloigné de la case "indifférence" dans le coeur d' Halina.
    En tout cas il ne l'avait pas choisit pour rien celle la, il l'avait bien éduqué :arro: encore capable de ne pas le rejeter entièrement malgré le fait qu'il n'ait fait que s'amuser à ses dépends, elle avait du être vraiment, vraiment amoureuse.
    ...
    Finalement, il avait peu être trouvé un autre moyen de s'amuser tiens...


    C' est en s'éloignant d' elle qu'il l'entendit reprendre son souffle discrètement et qu'il pu prendre connaissance de sa réaction un peu plus troublée qu'elle n'aurait du l'être. Dans un sourire le garde s'éloigna. Il arrivait encore à la troubler, il avait encore toute ses chances pour tenter de la séduire une nouvelle fois. Bien sur elle était maintenant au courant de sa trahison et du fait qu'il c'était fichu, et se fichait toujours d'ailleurs, de toutes les filles avec qui il avait passé du temps. Pour sur elle se méfierait, ne lui ferait pas confiance et resterait sur la défensive un bon moment -Bon il y avait de quoi aussi - n’empêche qu'elle restait une bonne opportunité à saisir et puis, il aimait les défis et partait du principe que rien n'était impossible, il lui suffisait juste d'un peu plus de doigté et de finesse et le tour serait joué.
    Finalement cette rencontre s’annonçait plus fructueuse que prévu.

    Le garde se retourna dans sa direction, s’apprêtant à dire quelque chose, se ravisa. Il faisait peut être mieux de s’arrêter la pour aujourd'hui bien que cela l'amusait terriblement. Il lui en avait déjà fait voir de toute les couleurs la pauvre et puis, plutôt que de terminer sur une note cruelle, la laisser à ses pensées hasardeuses et indécises ne lui semblait finalement pas être un si mauvais choix.
    Il tourna alors les talons, l'abandonnant dans sa réflexion pour retrouver le lit douillet qui n'attendait plus que lui d'une démarche satisfaite avant d'être coupé dans son avancée par le cri déchirant d' Halina. Arrow Ah oui si, Lian, c' est vrai qu'il s'appelait Lian pour elle.

    Si vite ?
    Il avait espéré sans trop de conviction qu'elle finisse par craquer mais la, déjà, c'était plutôt inattendu.

    Se retournant d'un air amusé, il la fixa, bras croisé sans daigner faire le moindre geste à son encontre, le genre de dire " Si tu veux venir tu viens, moi j'viendrais pas te chercher. ". Pourtant elle souriait.
    Zut, il aurait du se douter que c'était un peu trop tôt pour un revirement mais bon, maintenant qu'il s' était retourné, autant écouter ce qu'elle avait à dire bien que cela devait être bien moins intéressant que ce à quoi il s'attendait.

    Evidemment. Aah, elle ne changeait pas sa petite Halina.
    Déjà quelqu’un ? Le garde haussa un sourcil, surpris avant de finalement retrouver son sourire en coin.


    - Tu m'en vois ravis.


    Le fait qu'elle donne du fil à retordre à ses adversaires ne le surprenait pas vraiment mais pour ce qui était du reste... Du bluff ? Si c'était le cas elle devait pourtant le connaitre assez bien pour savoir que ce n'était pas ca qui l’arrêterait. Alors c' était vrai ? Encore mieux. Le fait qu'elle ne lui soit pas totalement insensible alors qu' elle avait déjà "quelqu’un pour la faire sentir mieux" lui faisait infiniment plaisir, plus plaisir même qu'elle ne pouvait l'imaginer. Le garde se délecta de cette révélation involontaire et la laissa continuer les yeux plus brillants de malice que jamais.


    - Mmmh qui sait ?


    Et, c' est satisfait et non sans lui décerner un ultime sourire en coin qu'il lui tourna définitivement le dos pour regagner l’intérieur du bâtiment.
    Un nouveau jeu se mettait en place plus difficile mais plus excitant que les précédents.

    Pauvre Halina, elle qui surement pensait être arrivée au bout de ses peines, il n'avait pas fini de lui en faire baver.
    Le garde esquiva un ultime sourire en imaginant sa réaction lorsqu'elle apprendrait que, encore aujourd'hui il c'était fichu d'elle en se faisait passer pour 'Lian' et non Kylian.
    Royal.






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