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 Kyorn Heykel

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Sculpteur de branches
Messages : 6
Inscription le : 21/03/2011

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MessageSujet: Kyorn Heykel   Lun 21 Mar 2011 - 21:36

Nom
Heykel

Prénom
Kyorn

Race
Humain

Age
46 ans

Classe
Sculpteur de branches

Description physique
Si Kyorn devait se décrire, il dirait « Quoi ? Vous voulez vraiment ? Mais enfin vous n’avez cas me regarder, je n’ai pas de temps à perdre avec ça ! Tenez regardez plutôt cette branche et dite moi ce qui vous ferait plaisir ». Si vous demandiez à quelqu’un d’Al-Vor alors que vous le cherchez, un passant un peu âgé et doté d’une bonne mémoire vous dirait « Qui ça ? Heykel ? Pour sûr, ça me ramène de loin ça ! Voyons voir… C’était un homme plutôt grand vous voyez ? Non ? Bon, la dernière fois que je l’ai vu il avait des cheveux châtains clairs tirant vers le gris, vous savez, la quarantaine ça touche tout le monde hein ! Une mâchoire… plutôt carrée… c’est tout ce qui me revient là, et puis il a sans doute changé en six ans…».

Malgré les paroles de cet homme honorable, précisons que son visage est resté sensiblement le même depuis une bonne vingtaine d’années, si ce n’est pour les rides qui se sont ajoutées au fur et à mesure des années. Quand il était plus jeune, la trentaine, une femme d’Al-Jeit vous l’aurait décrit comme « … Pas ce qu’on pourrait qualifier d’un bel homme, ça non… Un très long nez, des grandes oreilles qu’il cache maladroitement sous une touffe de cheveux mi-longs et mal coiffés, des sourcils broussailleux, des dents souffrant d’un chevauchement net en haut et en bas et vaguement jaunâtres, heureusement qu’il sourit lèvres serrées… Mais, comment dire ? Il a le charme des artistes vous voyez ? Cette espèce d’assurance souriante avec son regard perdu. Aaah… ». Oui, les femmes poussent souvent des soupirs langoureux lorsqu’on parle d’artistes…

Si le voyant dans la rue aujourd’hui vous le pointiez du doigt à un enfant, il rirait : « Ben tu vois pas de loin toi ? Ralala, vous les adultes ! Ben il est grand et tout mince des bras et des jambes mais c’est trop bizarre parce qu’il a quand même du bidon ! Et p’tite sœur, t’as vu l’grand type qui cache son ventre sous son grand manteau ? Trop drôle hein ? Maintenant poussez-vous monsieur/madame (rayez la mention inutile) j’vais acheter du pâté de siffleur moi ! ».

Caractère
C’est artiste. Non que cela suffise à décrire son mental mais ça explique bien des choses. Il se promène souvent en quête d’inspiration pour ses commandes ou tout simplement à la recherche d’un arbre volontaire pour une transformation. Il me semble que j’aurais dû utiliser le passé. En ce moment les commandes se font rares et ses créations aussi. S’il sort aujourd’hui c’est tout simplement pour se promener et surtout arrêter le respirer l’air insalubre de sa maison. Il a des exigences parfois étranges, pour le bien de son art, et se met dans une colère terrible dès que les choses de se passent pas comme il l’avait demandé.

Dès qu’il crée, c’est un travailleur acharné et il ne sortira pas de sa transe avant d’avoir terminé son œuvre. Le reste du temps il est plutôt chaleureux. C’est un convive agréable lorsqu’il accepte de se faire inviter ou d’inviter d’autres personnes. Il ne prend cependant pas le temps de se rapprocher réellement des autres. Ca ne l’intéresse pas. Si vous voulez plaisanter, passer un moment simple et sympathique venez le voir.  Attention toutefois, il est assez taquin, âmes susceptibles s’abstenir. Si vous voulez vous en faire un ami, libre à vous mais, étant instable, il peut aller voir ailleurs dès qu’il en a envie. Enfin, c’est un épicurien. Il ne pense qu’au moment présent et pas à l’avenir, ce qui explique sa situation précaire du moment.

Principales qualités
Il est plutôt sociable dans le sens où il lui faut un certain réseau pour vendre. Donc en fait, il est plutôt vendeur. Efficace dans son travail, il crée exactement ce qu’il a en tête et, dès qu’il est motivé, sa tête est vraiment bien remplie.

Principaux défauts
Il est très indépendant et fait ce qu’il veut. Sans forcément faire attention aux autres. Il est d’un égoïsme sans nom, sa fille est la seule personne à occuper son esprit, le reste est dédié à la sculpture. Il a, de plus, peu d’ambition, donc peut vraiment se laisser aller. Ce n’est pas un problème lorsque ça n’engage que lui mais lorsque la famille est concernée… Et bien… il a tenté le coup, résultat : sa femme est morte et sa fille ne lui parle plus.

Particularités
Il déteste se battre alors sa technique secrète c’est la distraction. L’Imagination l’aide pas mal là dedans. Lors de ses longs voyages cependant il a appris à manier la dague (simplement dans un but défensif, les voleurs de grands chemins peuvent être tenaces). Il ne la garde à sa ceinture que lorsqu’il s’éloigne de chez lui pour un laps de temps qu’il n’a pas déterminé à l’avance. Autrement dit, ça fait maintenant longtemps qu’elle est rangée dans un tiroir.

Capacités
C’est un Sculpteur de branche plutôt talentueux. Il reproduit ses émotions à merveille dans ses œuvres.
Il a le Don mais ne l’utilise que d’un point de vue pragmatique (lumière, feu essentiellement, vu ce qu’il fait et ce qu’il vit, il n’a pour le moment pas besoin de plus) mais il a appris à le maitriser il a un niveau… potable. Ni mauvais, ni bon. Il maitrise les basses et moyennes-basses spires. S’il veut vraiment l’utiliser, je pense qu’il lui faudra un peu de temps avant de reprendre l’habitude d’y mettre du pouvoir. La création pas de problème, la volonté, il faut la trouver mais sinon ça va, c’est juste le pouvoir qui limite le tout. Il sait reconnaitre le bon bois d’un seul touché de la main. Pour être sûr qu’il vaut le coup cependant, il lui faut un peu plus de touchés.
Il a appris à lire à l’Académie d’Al-Vor… ou du moins les rudiments de la lecture. Il n’a plus utilisé la lecture depuis. Il sait toujours reconnaitre les lettres mais pour les assembler en un mot il lui faut du temps… beaucoup de temps.

Situation familiale
Il a été très proche de son père jusqu’à sa mort (sa mère est morte en couche alors il ne connait que la famille monoparentale et ne s’en est jamais plaint). Sa femme est morte dans un accident mais il lui reste sa fille qui refuse de lui adresser la parole.

Situation sociale
Kyorn n’a pas de titre mais cela n’a aucune importance. Il est Sculpteur avant tout et, dans ce métier, ce sont les relations qui comptes. Il connait quelques Dessinateurs de l’Académie d’Al-Vor et surtout pas mal d’artistes (confrères sculpteurs essentiellement) d’Al-Jeit essentiellement mais aussi d’autres villes. Il a aussi su se créer un réseau de connaissances qu’il a un peu perdu au fil des années. Il n’y a, aujourd’hui, que les parents des personnages les plus jeunes pour se rappeler son nom.

Histoire

***La lettre était dans ses mains, froide. Kyorn s’appuya sur le dossier de sa chaise défoncée en fermant les yeux. Il commença à se souvenir. ***

Korzan était un le meilleur sculpteur que Kyorn ait jamais connu mais peut-être manquait-il d’impartialité concernant son père. Sa définition de la sculpture restait  la plus vraie et Kyorn ne l’oubliera jamais.
« Il ne s’agit pas de Dessin. Il faut transformer l’arbre. L’imagination est dans ta tête, ce n’est pas la grande Imagination qui compte. Le Dessin c’est visualiser ce qu’on veut et la chose apparait. Ici il faut construire. Il y a plusieurs étapes. Ca prend un certain temps avant même de commencer à sculpter.

Il faut trouver le bon arbre, celui qui sera « volontaire » à la transformation. Ca ne s’explique pas, on sent le bois ou non. Ensuite il faut se l’approprier. Se sentir proche de lui. Et puis il faut dessiner pour trouver les idées. Oh, bien sûr on peut commencer une sculpture comme ça, sans savoir où on va. Ce sont même souvent les plus intéressantes. C’est un ressenti. Mais pour les commandes, il faut dessiner avant, planifier. C’est ton imagination qui sert alors.

Les spires ne te seront pas inutiles mais c’est un coin bien particulier des spires que tu dois arpenter. Si particulier que les sculpteurs eux-mêmes ne peuvent décrire ce qu’ils y voient, contrairement aux Dessinateurs. On ne voit pas l’œuvre se créer dans l’imagination mais bien sous nos doigts et nos psaumes. Il faut chanter pour l’arbre, lui demander de changer, voir la transformation avant qu’elle ne se fasse, pendant et après. Le temps ne compte pas lorsqu’on sculpte. Pour le vrai sculpteur, cela peut prendre des heures ou des jours. Il ne peut pas s’arrêter avant que l’œuvre ne soit achevée, d’où l’importance d’une bonne planification si l’on veut que ça aille vite.

Une fois l’œuvre achevée, l’arbre doit être immédiatement coupé pour que la sculpture soit fixée à jamais. L’arbre ne vit alors plus que par la forme qu’il a accepté de prendre. C’est au propriétaire de l’œuvre d’en prendre soin. Ensuite, le sculpteur s’en va. Il se repose pendant quelques temps. Pour les plus grosses œuvres, celles qui prennent plusieurs jours à être sculptées, il faut commencer par manger doucement au réveil pour finalement reprendre un rythme normal. Le sculpteur doit dormir autant de temps qu’il a mis pour faire la sculpture. La concentration requise est réellement épuisante. Peu de pouvoir est demandé mais l’esprit ne doit plus être humain pendant tout le temps de la création. Si tu comprends tout ça, mon fils, si ton corps et ton esprit le ressentent alors tu es prêt ».


***Son Art. Tout ce qu’il aimait. Et pourtant cette lettre lui rappelait pourquoi il devait se réveiller. Il se laissa rêver de sa vie. Il était temps de se remettre en question.***

Korzan, son père, était sculpteur mais Kyorn ne se destinait pas à ce métier. Il avait appris à dessiner, à psalmodier un peu et surtout à aimer les arbres mais il n’arrivait pas à construire. Il n’essayait pas vraiment. Il voulait être Dessinateur pour se sentir utile à grande échelle. Son père souriait tristement quand il lui parlait de ses projets. A ses yeux son fils était le sculpteur parfait. Meilleur que lui-même. La majorité des sculpteurs avait l’imagination mais pas la technique. Son fils apprenait la technique à une vitesse hallucinante mais faisait croire qu’il était dénué d’imagination. Pourtant ses dessins démentaient ses paroles. Il représentait la vie. La vie d’un enfant certes, mais ses sentiments sur les papiers étaient honnêtes et vrais, authentiques. Ils représentaient sa vie de la façon la plus pure qui soit. Son apprentissage avait commencé alors qu’il avait quinze ans. Le Don n’était pas nécessaire pour arpenter les spires de la sculpture. Il avait le Talent et cela suffisait. Ce n’était pourtant qu’au dessin qu’il excellait.

A dix-neuf ans son Don se révéla à lui. D’abord par de douces lumières, puis des changements de couleurs et enfin des créations. Des vraies. Celles dont il rêvait. Il avait un joli Don, ni puissant, ni faible mais efficace. Il partit à l’Académie d’Al-Vor pour apprendre à l’utiliser. C’était un bon élève. Il était heureux. Il ne voulait pas être le meilleur mais seulement dessiner. Ses professeurs appréciaient son enthousiasme et sa motivation. La vie était bien légère. Il ne tenta plus de sculpter une seule fois pendant tout ce temps. Les deux ans qu’il passa à L’Académie furent doux et insouciants. Il y rencontra une bien jolie jeune fille, bourrée de charme et pétillante comme tout. Toujours souriante et chaleureuse. Elle s’appelait Brésinys. Leur histoire dura un an et demi, toute aussi simple que la vie qu’ils menaient. Elle se finit tout aussi simplement : Brésinys rejoignit Al-Jeit pour parfaire sa maitrise du dessin et devenir Sentinelle. Kyorn jamais ne sut si elle avait réussi mais il l’espérait pour elle. Lui-même ne savait pas ce qu’il ferait de son Don.

Un jour, leur maître décida de les emmener à la capitale pour qu’ils admirent ce que les Dessinateurs y avaient fait. Qu’ils voient comme leur pouvoir pouvait être merveilleux. En longeant les Dentelles Vives, ils avaient été attaqués. Seuls trois d’entre eux survécus. Ceux qui étaient partis chercher de l’eau alors que les autres installaient le campement. Ils étaient revenus et avaient fuis en voyant avec quelle puissance leurs amis et leur maître étaient tués. Kyorn ne se le pardonna pas. Il savait certes qu’ils n’auraient eu aucune chance devant les assaillants, ils n’auraient pu que mourir mais il ne pouvait oublier l’image de ses compagnons criant et combattant alors qu’on leur retirait la vie.

Pendant des mois, il cessa de Dessiner. Il arrêta de parler. Il s’enferma dans ses appartements, les quittant parfois des jours entiers pour errer sans but dans les Grandes Plaines. Ses professeurs et amis ne pouvaient plus rien tirer de lui. Un de ses jours de sortie, il trouva une souche et s’assit dessus en regardant dans le vide. Se sentant étrangement apaisé par ce contact avec le bois, il se leva pour l’examiner. Il était abîmé, détruit mais pas encore mort. Une vie faible s’écoulait encore en lui mais dans quelque mois il pourrirait. Kyorn passa sa main dessus. Sans qu’il y pense, quelques fentes se resserrèrent pour finir par disparaitre. Il commença à murmurer d’une voix douce, puis à psalmodier vraiment. S’enfuyant dans un monde qui n’appartenait qu’à lui, il sculpta. Il écrivit sa douleur, son désespoir, sa culpabilité sur le bois. Quand il se « réveilla », la souche, qui n’en était plus une, était plus vivante que jamais. Kyorn sourit pour la première fois depuis longtemps. Il était Sculpteur.


***

Korzan mourut à l’âge respectable de soixante-quinze ans alors que Kyorn en avait vingt-quatre. Il s’endormit paisiblement du sommeil de l’homme qui a bien vécu, avec la satisfaction d’avoir transmis à son fils tout ce qu’il savait. Kyorn avait souffert de cette perte. Il aimait sincèrement son père mais il savait aussi qu’il était parti heureux. Sa peine se transforma vite en reconnaissance sans nom pour l’homme qui l’avait élevé et qui l’avait formé. Il fut bientôt chargé des commandes de son père alors qu’il reprenait son entreprise, et son nom fit bien vite de tour d’Al-Vor. Bientôt, il ne fut plus le fils Heykel mais Kyorn le Sculpteur des rêves. A vingt-six ans il décida de voyager. Après tout, il n’était pratiquement pas sorti d’Al-Vor et n’était finalement jamais allé voir la capitale. Il vagabonda, ne s’arrêtant au même endroit que quelques semaines, le temps de créer un peu, pour repartir de nouveau. Il était devenu un sculpteur des routes. Il partait avec les itinérants, qui accueillaient ses mains utiles de bon cœur, et parcouru tout le Gwendalavir: Al-Poll, Al-Chen, Fériane… Il laissa même sa trace à la citadelle des Frontaliers mais aussi dans des villages. Il termina son long voyage à Al-Jeit alors qu’il avait vingt-huit ans et s’y installa pendant douze paisibles années. Cette cité était l’endroit le plus extraordinaire qu’il ait jamais vu. Sa créativité s’y trouvait sans limite. Il y rencontra Menna et en fit sa femme.

C’était une femme douce qui lui passait bien des choses comme ses absences régulières dans ses quêtes d’inspiration, ses enfermements pour travailler, sa légèreté concernant l’avenir, ses rentrées d’argent peu régulières (mais conséquentes quand elles arrivaient) et son détachement permanent de tout. Elle avait tout juste vingt ans lorsqu’elle accoucha d’une petite fille qu’ils prénommèrent Lynia. De nouvelles années tranquilles s’écoulèrent. La vie à Al-Jeit était agitée et cela profitait tant à l’inspiration de Kyorn qu’à la distraction de Menna. Et de la distraction, elle ne demandait que cela ! Si ce n’est s’amuser avec sa fille, lui jouer des tours et lui en apprendre, lui conter des histoires… Kyorn ne s’occupait de personne. Même sa femme était délaissée. Pour autant, il n’eut de cesse de refuser de la voir travailler. Il avait, pour on ne sait quelle raison, besoin qu’elle reste à la maison dès qu’il sculptait et entrait dans des colères noires dès qu’il ne la trouvait pas.

Il avait 40 quand il déménagea sa famille à Al-Vor, ayant besoin de retrouver ses sources. Menna commença à tomber malade. Ce n’était pas une maladie du corps mais bien de l’esprit. La vie à Al-Vor était trop fade. Elle n’en pouvait plus de s’enfermer. Sa fille ne lui suffisait plus pour retrouver le sourire. Un jour où le soleil appelait à la promenade, elle se décida. Elle prit un bagage, attrapa Lynia par la main et sortit, pour ne plus revenir. Kyorn l’aperçu alors qu’elle poussait la porte d’entrée. Fou de rage il la poursuivit en lui ordonnant de revenir. Elle se retourna pour lui répondre, les yeux embués de larmes, en lâchant la main de sa fille et continuant à reculer pour s’éloigner encore de lui. C’est le moment que choisit un guerrier pour passer sur son valeureux destrier en fauchant la malheureuse. Lynia vous racontera que sa mère a dormi pendant trois jours avant de décider qu’elle ne se réveillerait pas.

C’est ainsi qu’à onze ans Lynia fut emmenée par ses grands parents affligés du comportement que Kyorn avait eu avec leur fille. L’enfant ne se battit pas. Elle quitta son père en lui criant : « Tu as tué Maman, je ne veux plus jamais que tu t’approches de moi. Meurtrier ! ».

A partir de ce moment, les sculptures de Kyorn commencèrent à refléter la solitude et une tristesse des plus profondes. Les commandes se firent de plus en plus rares et les dettes de plus en plus nombreuses. Pendant six ans Kyorn créait quand il le pouvait, autrement dit rarement, et passait le plus clair de son temps à composer des lettres pour sa fille. De tous les jours, il finit par écrire une fois par semaine puis une fois par mois. Il voulait la récupérer, lui montrer que s’il n’était pas arrivé à aimer sa mère, elle était désormais tout ce qui importait à ses yeux. Elle avait aujourd’hui 17 ans et lui répondait pour la première fois.

«  Papa,
Je t’écris pour te dire d’arrêter de m’envoyer toutes ces lettres. Mon Don s’est révélé à moi et je pars pour l’Académie d’Al-Jeit. Je doute d’avoir une cheminée pour brûler mon courrier là-bas.
Si un jour tu peux me prouver que tu vaux plus qu’un pauvre homme seul qui traine sans but, je veux bien que tu te souviennes de mon adresse. D’ici là, je te souhaite de faire quelque chose de ta vie pendant que je construis la mienne.

Lynia. »


***Une jeune fille bien impétueuse, certes. Une donneuse de leçons qui ne connait pas le respect, sans doute. Mais une porte ouverte, assurément. ***

RP

Citation :
Les rayons du soleil avaient atteint le visage d’un homme qui se rapprochait dangereusement de la cinquantaine quand il se décida à ouvrir les yeux. Un grognement plus tard, il plaçait sa tête dans ses mains dans le but de cacher ses yeux de l’astre brillant. La chaleur que la lumière produisait sur sa peau lui indiquait que la journée avait commencé depuis un moment déjà. Apparemment il venait de perdre une matinée entière. L’homme grommela quelques paroles de mécontentement et se leva pour attraper un morceau de pain un peu dur dans lequel il faillit laisser quelques dents. Il chipa une tranche de viande séchée, la tint entre ses dents le temps d’enfiler son manteau puis sortit de chez lui en croquant avidement dedans. Dehors, la lumière était vraiment éblouissante et il lui fut un certain temps pour s’y habituer. Les bruits de la ville retentissaient de plus en plus fort à mesure qu’il s’approchait de la foire. Les marchands vendaient autant qu’ils pouvaient en déblatérant des slogans plus vendeurs les uns que les autres (et par là même, pour certains, plus invraisemblables les uns que les autres).

- Hé ! Heykel ! Tu veux du Siffleur ! J’ai le plus beau là, tu l’sais hein ? Regarde-moi ça ! C’rôti là j’lai fait avec le Siffleur qu’on a eu hier. Ha ! C’ui là il a bien faillit m’éventrer avec sa corne !
- Comme celui de la semaine dernière et celui de la semaine d’avant encore Liunik. Je les connais tes histoires. Allez file-le moi ce rôti, un peu de viande ne sera pas de trop pour le voyage que je prévois de faire.
- Ah ! Ca y est ! Le Grand Kyorn retourne sur les routes ! Nom d’un Raïs, tu crois vraiment que tout l’argent que tu dois va se faire oublier ! Oh moi j’dis ça, j’dis rien.

Kyorn prit un ton aristocratique pour lui répondre avec un grand sourire.

- Que nenni mon ami ! Je vais me refaire une santé et tu vas voir que je vais redevenir le plus grand Sculpteur de tous les temps ! Mes dettes ne seront alors plus qu’un vieux et mauvais souvenir.

Le marchand éclata d’un grand rire tonitruant.

- Mais oui fils de T’slich on y croit ! Comme si t’avais d’jà été ce Sculpteur là ! En attendant ce rôti va pas se payer tout seul alors bouge tes miches et sort les pièces ! Ah mais arrête avec cette eau ! C’est la troisième fois cette semaine !

Kyorn se réveilla de sa transe en riant de bon cœur lui à son tour. Il jeta un coup d’œil à la timbale toute simple de terre cuite qui venait de vider son contenu sur le vendeur de viande et la renvoya dans le monde de l’Imagination.

- Tu la mérites mon vieux, et ne me dis pas que c’est un peu d’eau qui va terrifier le plus grand chasseur de Siffleurs de tous les temps ! Tiens voilà tes pièces.
- Fiche donc toi de moi sottard ! Un jour tu vas te prendre de l’huile bouillante sur le museau et tu rigoleras moins !
- C’est ça ! Bonne journée Liunik !

Le marchand allait lui manquer, assurément, mais il allait se reprendre en main. Il continua son dernier tour de la ville qui abritait ses souvenir d’enfance, saluant les commerçant qu’il connaissait, évitant ses créanciers, effectuant les quelques achats qui lui seraient utiles au cours de son voyage. Avant de partir il fit une halte chez lui pour rassembler quelques effets personnels : vêtements, couverture, baluchon spécial pour la nourriture et bâton pour la marche. Il ouvrit également un tiroir pour en sortir sa dague, au cas où. La lame était un peu émoussée mais il n’allait pas dépenser de l’argent pour une arme. Il jeta un dernier regard à la maison sombre en désordre. Il avait le cœur léger. Il ferma la porte et se dirigea aux frontières nord de la ville. Ses yeux fixèrent l’horizon. Ca faisait longtemps qu’il n’avait pas paru aussi heureux, plein d’une énergie nouvelle, jeune. Aujourd’hui le voyage, demain la gloire et après demain il serait père de nouveau. Les nuages de son ciel commençaient à se dissiper. Le Gwendalavir lui appartenait.

Autre chose
Comment avez-vous connu ce site ? Comme la première fois ! Gnéhéhé !

Autre chose à nous dire ? Je viens de me rendre compte que ce personnage pourrait presque être le protagoniste de Dallas…  Oh ! Et aussi, je n’ai fondé ma description des sculpteurs que sur le petit paragraphe qui les décrit dans La Forêt des Captifs. Autrement dit, sur pas grand-chose. Donc s’il y a un problème il faut que j’édite ! Mis à part ça   :albino: (là il faut mettre un smiley bien viril wesh !)

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MessageSujet: Re: Kyorn Heykel   Lun 21 Mar 2011 - 21:55

C'est ce qui s'appelle avoir la perruche Cool Les Sculpteurs de branche étant de toute façon une guilde très elliptique dans les bouquins (voire), je suppose que tout ce qui est cohérent sera cohérent, dès qu'on extrapole. Jolie initiative, en tout cas. Passez o/


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.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


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Kyorn Heykel
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