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 Bal de l'Académie [Terminé]

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Premier Gardien
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 18 Mai 2011 - 2:18

De là où elle siégeait depuis le début de la cérémonie, Edel leva les yeux une nouvelle foi, pour parcourir naturellement la foule de son regard bleu azure.

Installée en hauteur, la table des professeurs et des membres important de l’Académie, jouissait d’une position idéale pour la surveillance de la soirée. Tous ses hommes étaient bien à leur place, regardant vers elle régulièrement montrant ainsi une disponibilité de tout instant, et pourtant assez discret pour ne pas gêner ou inquiéter les convives. A l’oreille Amir lui chuchota les derniers rapports des murs d’enceinte : bilan très positif, aucun incident, tout allait pour le mieux tous les convives arrivaient sans encombres aucuns. Il lui communiqua que tous étaient bien à leur place et situé dans les points stratégiques dont ils avaient discuté la veille lors de la réunion générale à laquelle tous ses suppléants avaient étaient convoqués.
En repensant à cette réunion Edel ne pu s'empêcher de se souvenir de la peur dans les yeux de ses hommes, des yeux qui ne quittaient jamais longtemps sa main ganté… une main qui avait fait sensation lors de la bataille, le hall en portait toujours les stigmates… et elle-même n’était pas d’une forme olympique depuis! Ses capacités au combat avaient largement reculé et l’essoufflement la gagnait deux fois plus vite qu’à l’accoutumer. De plus la jeune femme se sentait envahie d'une sensation étrange, inconnue jusque là, une sensation qui la laissait perplexe mais toujours sereine pourtant...
Et dans tout ça, seul Amir se comportait comme avant à son égard et elle l’en remerciait secrètement infiniment. Elle avait bien choisi son bras droit, cette certitude se confirmait de jour en jour. D'une voix à peine perceptible, elle le remercia de ne pas relâcher sa vigilance et le congédia d’une légère inclination de la tête. Il la salua discrètement et se retira.

L’Intendant termina son discourt et Edel glissa sa main dans celle du nouveau Maître d’Arme, assit à ses côtés. Elle était fière à l’envie mais déçue de cette prise de fonction bâclée. Chez elle, le maître d’arme était le second de son père, peut-être l’un des titres les plus honorifique dans la famille. L’on remettait ses fonctions au nouveau maître lors d’une cérémonie qui pouvait rivaliser avec le sacre de certains empereurs. Le domaine entier se paraît des couleurs de l’heureux élu, l’on chantait ses exploits passés mais aussi ceux qu’il allait réaliser dans le futur. Car être maître d’arme chez les Hil’Meredrine, c’était beaucoup plus qu’une simple fonction, il était également Le Gardien absolu du savoir guerrier de la famille dans toute son art. Le Maître par excellence de toutes ses subtilités, le propagateur plus que respecté des arts et coutumes guerriers ancestraux de la famille, mais aussi le défenseur et l’enseignant des élèves en cour de formation. Le Maître d’Arme était l’un des piliers sur lesquels toute l’éducation d’Edel, de ses frères, de tous les siens, reposait. Il détenait les clés du savoir guerrier, la philosophie et le mode de pensé des anciens, pour ainsi mieux dispenser son savoir au service du futur.

Edel serra un peu plus affectueusement la main de son homme paisible et heureux à ses côtés. La veille elle lui avait parlé de tout ça. Elle espérait que par ses yeux et sa description des jours de fêtes organisés en l’honneur d’un si grand évènement chez elle, il se sente encore d’avantage honoré par cette promotion. Une promotion d’une brillance qui ne pouvait être que plus éclatante quand on savait que son prédécesseur n’était autre que l’illustre Valen Til’Lleldoryn, celui la même dont le portrait était immortalisé sur les nombreuses tapisseries représentant les grands combats passés, dans la salle des mémoires…
Elle aurait tellement aimé le fêter ainsi, mais eu lieu de cela, tout c’était passé en une seule phrase de l’Intendant.
Soupirant silencieusement, après un sourire affectueux à l’homme de sa vie, elle détourna sereinement le regard alors qu’il lui serrait un peu plus la main. Devinait-il ses pensés et son regret ? Sûrement, elle était déçue qu’on ne lui fasse pas plus honneur, il le devinerais assez bien, mais sans doute était-ce ainsi dans ces contrés…

Un cri de Shawna capta immédiatement son attention. Et Edel sourit en voyant la jeune fille s’amuser gaiement, elle avait levé son interdiction de présence au moins pour cette soirée. Il faudrait qu’elle lui parle bientôt, mais pour l’heure, la soirée était à la fête. C’était vraiment un clown à jongler et à relever tous les regards d’un air de défis, elle ressemblait tellement à Audric… quoi que lui préférait les défis de boissons, dont les règles obscurément définis, encadraient un défis qui consistait à boire une quantité impossible de bière ou tout autre alcool, en un temps record, sans pause aucune, avant d’ouvrir des séries de duels à mains nue.
Comment faisait-il pour réussir à se battre totalement éméché ? Et même parfois à se battre mieux encore qu’en temps normal? ça avait toujours été un grand mystère pour tous, même Solivan, plus vieux, s'effondrait toujours avant Audric. En fait Audric était toujours le dernier debout à ce jeux là et à bien d'autres faisant appel à une quelconque endurance. De quoi en mettre un coup à chaque foi, à certains de ses frères qui se prenaient volontiers au défis.
Edel n’avait jamais compris et Audric lui-même ne semblait pas se rendre compte que c’était un fait assez atypique. Il était comme ça, surdoué et avec des capacités beaucoup plus importantes que la majorité des jeunes de son âge et pourtant il était d’une légèreté et d’une désinvolture presque insolente. Mère n’aimait jamais qu’il fasse ces jeux durant les fêtes, ou qu'il les fasse tout simplement d'ailleurs, mais les hommes l’aimaient. Audric avait toujours sut trouver sa place parmi eux et père trouvait que cela était bon. Et il n’avait pas tord.

La première gardienne sortit de ses souvenirs en croisant le regard bicolore d’une figure immobile dans la foule. La fille étrange, amie de Locktar la saluait de la tête, son regard éperdu de liberté brillant d’un feu sans foyer. Elle sourit en répondant d’un signe de tête et en levant son verre à son intention. Geste pour la féliciter de l’acquisition officiel de son nouveau poste elle aussi. Cette fille était tellement étrange… qui était-elle finalement ? Locktar ne lui en parlait jamais et elles ne s’étaient croisées de prêt qu’une seule foi, c'était une nuit d'horreur et de douleur durant laquelle la première gardienne avait faillit l’éliminer sans qu’elle ne bronche aucunement.
La confiance absolue qu’elle avait eue en ce simple bijou qu’elle avait simplement laissé glisser de ses doigts pour arrêter la course endiablée de la Mort qui fendait sur elle… cette confiance surtout qu’elle avait eue en Locktar… en qui si elle n’avait pas cru, n’aurait jamais pensé qu’Edel l’épargnerait à cause d’une babiole. Et puis elle se souvenait de l’absence d’inquiétude, la confiance en fait… c'était décidément celui là le mot clé. Edel avait vu la confiance désintéressé, personnifiée un moment en cette fille, un moment surprenant, qu'elle n'oublierait jamais… mais la fille n’était déjà plus là.

Du regard la première gardienne la chercha un moment. Son regard glissa sur la foule, trouva ce mystérieux Arro sensé être membre de la garde, mais à qui elle n'avait même jamais parlé. Il ne répondait jamais aux convocations d'ailleurs. Les marchombres... ils n'en faisaient toujours qu'à leur tête. Tant que celui-ci ne semblait pas représenter un danger pour la sécurité du domaine, il n'était cependant pas un problème. Mieux encore, il semblait être respecté par bien des personnes. Il faudrait qu'elle s'entretienne avec l'Intendant à son sujet toutefois.

Son regard continua puis croisa un autre, moins sage et mystérieux, plus jeune et amusé : Kylian quittait comme prévu sa cavalière après la première danse. Elle lui fit signe d’approcher.
Tout allait pour le mieux, et la soirée était magnifique, de plus Kylian l’avait beaucoup impressionné lors du combat, il était d’ailleurs parmi les survivants, fait qui par lui seul prouvait sa valeur alors même que nombre de ses hommes valeureux s’étaient éteint ce soir là.

Locktar l’interrogeât du regard et elle lui répondit d’un sourire. Pour tout dire, elle n’avait pas prononcé un seul mot depuis le début de la soirée, préférant laisser son regard aller et venir comme bon lui semblait, saluer respectueusement les gens qui s’écartaient plus que volontiers sur son chemin, plus par crainte sans doute que par réel respect, mais elle s’en fichait. Ce n’était pas une raison suffisante pour qu’elle devienne hautaine et sans respect envers eux. L’inconnu a de tout temps effrayé l’homme, et l’inconnue ce soir et depuis le combat, c’était elle. Elle en souffrait certes, chez elle naturellement ce genre de comportement était inexistant, seuls les ennemis craignaient La Main Morte, mais elle comprenait la peur de ces gens, elle-même avait du mal à accepter ce dessin meurtrier. Pourquoi attendre des autres ce qu’elle même ne parvenait pas à intégrer ?

La jeune femme invita le jeune garde à monter sur l’estrade la rejoindre et le fit asseoir à la place libre sur sa gauche. Le pauvre ne comprenait guère et jetaient des regards anxieux, comme un enfant qui craignait d’avoir fait une bêtise, pressentant le piège d’une punition certaine, dissimulée sous un voile de velours:


_Kylian, cette soirée est la votre. C’est mon cadeau pour honorer ma plus jeune recrue, des exploits dont il a fait preuve face aux tourments du combat et à la mort elle-même. Demeurez un moment avec moi à cette table, que les hommes se souviennent du jour où un simple garde, le plus jeune de la garde qui plus est, a siégé à la table des grands de cet établissement de renom, en récompense de la porté de son courage et de la grandeur de sa force qui le fit survivre à l’un des plus grands épisodes guerriers de ce lieu. Sais-tu seulement que ton nom est marqué à jamais dans les mémoires de l’académie dans la liste des victorieux survivant au combat ? il ne semblait pas tellement réaliser, peut-être la trouvait-il étrange mais tant pis, il fallait qu’il sache ce qu’elle pensait de lui, que ses paroles puissent l’encourager à poursuivre ainsi sa routeTa parfaite obéissance de ce soir ne me remplis que plus de fierté, c’est cela qui m’a décidé. Mange et fête avec tes amis ce soir, bois autant que tu le peux, je veillerais à ce qu’aucun tonneau, aucune boisson ou nourriture ne te soit refusé. Voici ta récompense. A une seule condition cependant… que tu reprennes ton post demain soir, à ta juste place. Et prend garde de ne pas abuser de mon cadeau en ne remplissant pas cette condition.


Le tutoiement s’était fait naturellement. Demain tout reprendrait sa place, mais pour l’heure elle ne pouvait pas lui priver de cette soirée, il était encore jeune, il devait encore profiter de ce que cela pouvait lui apporter. Elle aurait été ingrate et mal apprise de lui refuser cela. Pourtant il avait été prêt à lui obéir et se refuser à la fête. Elle lui sourit et se tourna à nouveau face à la foule qui discutait ici et là en dansant, chantonnant, buvant, mangeant.

La main de Locktar dans la sienne elle se sentait plus que bien. Elle le regarda discuter et rire avec quelqu’un qui venait de l’interpeller. Comme il était beau dans ses habits d’apparat… le savait-il seulement et à quel point ?


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 18 Mai 2011 - 21:35

Shawna paru soulagée de voir que ce n'était pas une inconnue à qui elle avait malencontreusement fait retomber une de ses quilles dessus. Effectivement, quelqu'un qu'elle ne connaissait pas l'aurait peut-être mal prit, vu les heures qu'ils avaient sans doute tous passé devant leur miroir afin d'être tout beau. Tous le monde s'était mis sur son trente et un, même les professeurs et... Shawna à sa manière. Cette dernière avait pris un ton offusqué en répondant à la remarque d'Ichel. Puis, afin de démontrer que la marchombre avait tord, elle se remit à jongler de plus belle. Les quilles volaient au-dessus de sa tête de plus en plus haut dans les jardins pendant que les couples se donnaient à cœur joie dans la danse. Elle était impressionnante et paraissait plus que sûre d'elle. Ichel avait les yeux rivés sur les quilles qui restaient en l'air pour quelques secondes avant de redescendre à contre-cœur dans les mains de Shawna. La vitesse accéléra et les quilles, toujours et encore plus hautes, finirent finalement par retomber pour de bon entre les mains de la musicienne. Ichel s'inclina alors pour faire ses excuses et saluer la prestation de son amie. Lorsqu'elle releva la tête et qu'elle regarda Shawna dans les yeux, elle put y lire une pointe de malice. Inquiète, elle écouta ses paroles. Et voilà, il fallait toujours que la marchombre ouvre sa bouche. A présent, à cause de sa langue trop bien pendue, elle allait devoir jongler pour ne pas perdre la face. Jongler ! Elle qui avait à peine touché à des quilles une fois dans sa vie ! La seule qu'elle avait dû tenir dans ses mains depuis qu'elle avait pointé le bout de son nez était sans nul doute celle qu'elle avait reçu sur le dos il y avait de cela quelques minutes.

La marchombre attrapa donc les trois quilles que Shawna lui lança. Mais comment jonglait-on ? Elle avait vu à plusieurs reprises des jongleurs faire preuve de talents avec ces objets et les avait bien observé. La première fois, elle s'était simplement dit qu'il suffisait de les lancer en l'air et de les rattraper, mais elle s'était vite rendue compte que cela ne suffisait pas. Loin de là. Les jeter dans les airs était bien beau, mais il fallait bien les jeter. Elle avait bien observer les fois suivantes et avait immédiatement remarqué qu'il fallait trouver l'axe exact du lancé. Complexe. Comme pour vérifier, elle regarda instinctivement les autres jongleurs aux alentours. Un en particulier attira son attention. Il jonglait avec précision et adresse. Les objets vibraient presque d'exaltation lorsqu'ils étaient au sommet de la courbe.
Finalement, cela ne pouvait pas être aussi compliqué qu'il n'y paraissait. Elle regarda une dernière fois les objets en bois dans ses mains et se concentra sur le ciel étoilé. Shawna risquait de bien se moquer d'elle si elle les faisait tomber du premier coup. Elle se lança enfin. Une quille commença à s'élever, puis la deuxième la suivie. Lorsqu'une d'entre elle attérie dans l'autre main, la troisième prit son envol. *Wouaouh !* pensa-t-elle en souriant face à son exploit. Cela eu pour effet de la déconcentrer et une des quilles parti de travers. Non, pas maintenant qu'elle y arrivait à peu près ! Elle se précipita en tournant sur elle-même, la rattrapa in-extremis et revint à sa place pour les deux autres. Intéressant. On pouvait même jouer avec ses lancés ratés. La marchombre enchaîna quelques lancés maladroits, mais toujours contrôler, certes avec peu d'expérience. Shawna lui parla soudain et la jeune fille sortit de ses pensées. Sa concentration parti en éclats et les quilles se dispersèrent. Ichel en rattrapa une qui failli écraser une plaque à gâteaux remplie de ces derniers, une autre à un mètre plus loin, mais la troisième alla s'écraser au sol, devant les pieds d'élèves ébahit. Ichel marmonna des excuses et retourna vers son amie.

- Bon d'accord, je m'incline. T'es tout de même forte pour jongler.

Elle lui rendit les quilles en souriant, non sans une pointe de soulagement avant de continuer.

- Oui, j'ai un peu soif après avoir tournoyé comme une folle avec mon cavalier fantôme de la soirée. Une danse assez insolite, je l'avouerais. Malheureusement, je vais devoir me dénicher un autre cavalier, il a dû retourner à son poste de garde.

Ichel comprenait pourquoi l'Académie était devenue plus vigilante, mais le pauvre, une seule petite danse. Elle espérait qu'il en avait réellement profité. La marchombre regarda les musiciens et dit :

- C'est bien dommage que je n'ai pas pensé à emmener mon luth avec moi, j'aurais bien jouer un morceau ou deux si on m'avait dit que les élèves pouvaient le faire.





[excuse-moi pour le retard Shawna, je suis troop nulle, j'ai pas assuré... j'ai pas réellement d'excuse, donc j'en inventerais pas Wink ]


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Ven 20 Mai 2011 - 16:43

Capter le regard de cette femme, c’était comme capter un glacier en pleine tête…c’était le seul souvenir qu’elle avait de la première gardienne qui était assise prêt de Locktar. Ça et aussi sa superbe lame aussi glaciale qu’elle. L’Académie avait perdu un maître d’arme de grande envergure, mais elle avait peut-être gagné au change.

Locktar saurait se faire respecter, enseigner ça elle en doutait fortement : ce bougre ne savait même pas choisir ses propres chemins, le nombre de fois où il l’avait mise hors d’elle-même par ses faux pas… Julia sourit en se souvenant de leurs disputes, de son impatience et des habitudes irréfléchies et souvent trop spontanés. Et puis il était d’une impatience ! Elle leva les yeux au ciel quand l’intendant divulgua officiellement sa prise en fonction. Pauvres élèves… heureusement qu’il apprendrait d’eux tout ce dont il aura besoin pour les faires avancer. Le temps filait à une vitesse… il lui semblait déjà voir Locktar changé, assit là, presque sagement auprès de cette femme assez étrange peut-être pour donner l’impression qu’elle venait d’un autre monde.

Non seulement Locktar allait sans doute être une bonne relève au Maître Til’Lleldoryn donc, mais en plus il y avait la nouvelle Première Gardienne. Où est-ce que Merwyn était allé la chercher celle-là ? Personne ne semblait savoir. L’académie avait changé de visage depuis la dernière foi que Julia l’avait vu. Les gardes étaient au taquet comme jamais, sans cesse en activité. Elle avait entendu parler de l’ouverture de nouvelles cours réservées exclusivement à l’entraînement de ces hommes. Ils semblaient tous en pleine santé et vifs, loin d’être avachis et puis plus rien avoir avec ces gardes tout moues, qui s’endormaient après deux minutes d’inactivité ou bien parce qu’ils avaient trop bu la veille. Il y avait plus de relèves aussi, et tous les tours étaient respectés, tout semblait avoir été réglé au millimètre prêt.
Que dirait Evaine de tout ce travail si elle avait été encore là ? Cette femme avait fait tout ce qu’elle avait ignoré durant ses fonctions. Elle aurait sûrement rouspété et détestée celle qui avait prit sa place.

L’Académie n’avait jamais été aussi fermement tenue, à sa connaissance du moins. Et puis il fallait dire qu’elle faisait un peu peur… enfin du moins elle était impressionnante à travers le regard emplie de respect de chaque membre de la garde.
Même à la fête les gardes restaient sur le qui-vive, ils étaient très attentifs et malgré le fait qu’ils aient revêtus la superbe armure d’apparat de l’Académie et qu’ils portaient haut les couleurs du lieu qu’ils protégeaient, ainsi que la fête environnante, pas un ne semblait être ne serais-ce qu’attiré par la nourriture ou la boisson qui foisonnait délicieusement sur de longues tables ici et là.

Julia se dit soudain qu’elle avait une faim de loup. Non, la faim d’au moins deux loups, ou peut-être plutôt d’une meute entière… un éclair bleu passa dans son champs de vision, la première gardienne justement levait son verre à son encontre. Ce regard était-il donc aussi capable de reconnaissance ? Changement radical depuis la dernière fois. Julia sourit en retour et salua de la tête, car elle ne tenait en main aucun verre elle… enfin pas encore, il fallait absolument qu’elle mange où il faudrait qu’elle aille chasser trois ou quatre siffleurs ou sangliers qu’importe, pour calmer sa faim qui semblait la dévorer de l’intérieur. Il faudrait qu’elle en parle à Mael de ces faims monstrueuses. A chaque repas il lui semblait avoir vécu une famine de plusieurs mois entier ! Mael… il lui manquait tellement.

Vérifiant que son arc était bien accroché à son dos, Julia se dirigea d’un pas léger vers la table la plus proche et se servit timidement d’abord, puis plus allégrement finalement. Non en fait il ne faudrait rien dire à Mael, il se douterait de quelque chose et ce n’était pas le moment. Enfin bon, c’est vrai qu’il n’était pas toujours fute-fute pour ces choses là, mais n’était-il pas rêveur après tout ? Et puis c’était sûrement normal dans son état de manger autant finalement, il fallait bien qu’il grandisse là dedans ! Elle posa une main affectueuse sur son ventre qui commençait tout juste à s’arrondir sous ses vêtements et sourit rêveusement en mordant dans la chaire bien juteuse d’un morceau de cuisse de poulet qui lui semblait la meilleur du monde.

Elle avait bien fait de ne pas mettre de robe, son ventre n’était déjà plus très plat et au moins comme ça elle n’aurait pas de remarques désobligeantes sur une quelconque prise de poids. En gardant ainsi ses vêtements habituels, on y voyait que du feu. Et puis elle ne resterait pas longtemps, Lupus l’attendait non loin elle le savait, même si elle l’avait interdit de s’approcher.
Tout comme elle, il avait sentit le bouleversement dont elle était sujette depuis quelque temps. Une foi, il était revenu de nul part avec un lapin entre les crocs. Ce jour là elle avait décidé de ne pas manger, jugeant qu’elle tombait dans l’excès et que c’était mauvais pour ses exercices. à cette époque elle n’avait fait encore aucun lien entre les différentes manifestations de son nouvel état. Depuis, il ne la laissait plus vraiment seule et même qu’il était devenu plutôt affectueux avec Mael. Lupus l’étonnerait toujours... elle sourit en repensant à tout ça.

Et puis Julia était impatiente, elle allait prendre possession dans l’après-midi, de la petite cabane dans la forêt et en faire sa première demeure à elle, qui ressemblait à une vraie maison ! Si seulement tante May pouvait être là… elle serait tellement fière. Julia sourit encore sereinement en se disant qu’au moins ça serait plus facile pour elle d’accueillir le petit comme ça. Elle allait enfin avoir un toit à elle et une chose merveilleuse qui allait occuper toute sa vie… enfin...

Trouvant un endroit plus ou moins tranquille où s’asseoir, elle enchaîna en croquant dans une seconde cuisse de volaille en dévorant déjà des yeux tout ce qui emplissait le plat qu’elle venait de remplir. La nouvelle garde forestière jeta un regard noir à un jeune garçon de première année qui la regardait manger, les yeux ronds. Et ben quoi ? Il avait jamais vu quelqu’un manger de sa vie ou quoi celui-là ? Ou peut-être se demandait-il seulement où elle allait pouvoir mettre tout ça. Quand il fut parti, Julia rigola silencieusement, amusée. Hé oui, c’était pas donné à tout le monde de manger comme dix, en restant mince et svelte. Quoi que dans son cas ça n’allait pas durer, mais c’était bon d’en profiter ! Et puis de toute, elle avait si faim…




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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Ven 20 Mai 2011 - 23:04

[T'inquiète Ichel Very Happy]

Shawna sourit en voyant Ichel tenter de jongler. Elle se débrouillait bien, pour une débutante. Elle avait le coup d’œil, et suivait bien les quilles des yeux ; avec un peu d’entraînement, elle devrait y arriver. Les quilles n’étaient pas les plus faciles à rattraper, en plus ; l’équilibre était faussé par la forme de l’objet, plus lourd d’un côté que de l’autre, attiré par la pesanteur à sa base, alors que sa tête tournoyait librement. Les mains devaient ensuite trouver où se positionner pour pouvoir les relancer sans les lâcher, entourant le corps de l’objet sans glisser sur ses formes bombées, sans s’accrocher à sa base qui l’empêcherait alors de tourner, ni trop se resserrer sur son cou trop fin… Ichel aurait moins de mal à apprendre avec des balles remplies de graines, plus stables. Les sphères étaient toujours plus faciles à manier, étant plus régulières, pratiques à tenir et partant souplement à la moindre impulsion, dans la direction projetée par les doigts. C’était tellement plus simple que de lancer des torches enflammées ou des couteaux… Shawna ne se risquait pas encore à ce genre de pitreries, contrairement à Dwelan ; elle savait très bien ne pas être assez douée pour le faire sans se blesser plus ou moins sérieusement. Elle, ou les gens alentours.

Shawna retira pourtant son chapeau un bref instant pour la remercier de son compliment, récupéra les quilles, puis fit signe à Ichel de la suivre pendant qu’elle lui répondait ; elle se contenta de se rapprocher des jongleurs et de ranger les quilles après un signe à leur propriétaire, qui hocha la tête pour montrer qu’il avait bien vu qu’elle les avait rendues, puis elle s’éloigna à nouveau avec la jeune brune, l’écoutant joyeusement.

- Je ne joue pas en tant qu’élève, en fait, j’suis venue avec des musiciens d’Al Poll. Mais y a des élèves qui jouent, donc si ton luth n’est pas trop loin, y aura pas de problème, tu peux aller le chercher. Hésite pas, plus on est de fous plus on rit...

Mais l’heure n’était pas encore à la musique, loin de là. L’heure était à la danse, et Shawna tendit sa main vers la joueuse de luth, un sourire sous sa moustache frémissante :

- Et bien, tu as perdu ton cavalier et moi ma cavalière, alors viens !

Pas de demande romantique, pas de révérence, pas de « m’accorderiez-vous cette danse », pas de jeu de regards ou de tous ces petits gestes qui, dans les bals des Grands, étaient amplifiés pour vouloir dire la lune. Elle se contenta de prendre Ichel par le coude, et de la tirer vers elle avant de se mettre à danser, à la mode des roturières, sans retenir ses mouvements – elle était là pour s’amuser ! Et puis les cuivres se turent dans un dernier fracas et une fausse note en décalé vint percuter les tympans de la musicienne qui éclata de rire, joyeusement compatissante. Un jeune musicien hurla « Ce n’est pas moi », et tous dans la troupe se mirent à montrer une personne différente du doigt, de sorte que les rires commencèrent à fuser parmi les invités. Certains des musiciens descendirent de l’estrade improvisée, d’autres montèrent pour les remplacer, et après quelques dernières plaisanteries, la musique reprit. Shawna hurla de joie.

- Ma ronde ! Youhou !

Un cercle se créa, un peu au hasard la chance, par le mouvement des pieds qui suivent la vague, incertains sur la position à prendre, mais finissant par se trouver une place. Shawna faisait encore face à Ichel. Un pas en avant, un pas en arrière, on claque des mains, pas latéral gauche, on lève le genou, pas latéral droit, on lève le genou tout en bougeant les bras, et puis on se prend sous le coude, on fait un tour complet, et on accroche le coude du voisin, pour danser la suite avec lui… Shawna fit un grand signe de main à Ichel avant de la perdre dans l’anneau des danseurs, et de s’amuser avec la suivante – ah non, le suivant, il avait dû se tromper celui là. N’avait-il pas vu que les cavaliers étaient à l’intérieur du cercle et les cavalières à l’extérieur ? Ah, mais Ichel était avec une fille, ils avaient dû prendre le mauvais coude… Le temps qu’elle comprenne, elle était déjà devant la suivante, qui fit des yeux de merlan frit en voyant son costume. Ben ouais, les filles aussi ça peut mettre des pantalons, cocotte.

Elle haletait. C’était crevant, de danser comme ça, surtout qu’elle n’y allait pas à moitié. Elle sautilla jusqu’à l’une des tables, où une jolie paysanne versait le contenu des urnes dans des timbales.

- Vous voulez, monseigneur ?

Clin d’œil de la jeune demoiselle qui jouait le jeu. Shawna étira les lèvres, mais répondit simplement :

- De l’hypocras, s’te plait.

Elle s’éloigna ensuite, pour se laisser tomber sur une souche d’arbre un peu à l’écart et se reposer un instant, en regardant les autres, sirotant son vin. Sucre, miel, cannelle – c’était vraiment spécial. La chanson suivante était fort connue, et Shawna rejoignit les autres dans les paroles, chantant de sa voix écailleuse un couplet sur deux. Tiens, il y avait Edel, à la table des professeurs. La dernière fois qu’elles s’étaient croisées, Edel avait interdit à Shawna de revenir dans l’enceinte de l’Académie, mais après la bataille, l’itinérante avait pu se balader dans les couloirs sans aucune inquiétude, les autorités de l’Académie ayant bien d’autres priorités. Et ce soir… Ce soir, elle n’avait pas encore été virée, donc Edel avait dû lui pardonner de s’être battue contre son chevalier galant. De toute manière, ça ne changeait rien, elle avait intégré l’Académie en tant qu’élève, et cette décision reposait dans les mains de l’Intendant. Elle était là, maintenant, et elle comptait bien y rester. Mais elle ferait peut-être mieux de parler à la Première Gardienne, histoire de ne pas se faire attraper par un garde à tous les détours des couloirs. Mais il serait toujours temps de voir ça plus tard ; ce soir, ou demain, ou après-demain. A voir si elle était occupée toute la soirée avec le nouveau maître d’armes ou pas…


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 25 Mai 2011 - 14:21

Selhan était heureux, il était libre, il était avec celle qu'il aimait, il connaissait la vérité sur lui-même, il connaissait la vérité sur sa famille, il venait de rencontrer sa soeur, il était heureux pour tout ce qui s'était produit ces derniers mois. Aujourd'hui il dansait avec joie et avec adresse, la kaelem qui dansait avec lui était pied nue, il n'avait pas compris pourquoi Lya avait jetté ses chaussures mais il ne l'avait pas interogé et s'était remis à danser. Quand la chanson se termina, elle parti chercher à boire, le jeune homme la laissa partir et ne la voyant pas revenir se mis en quête de chercher quelqu'un qui pourrait le renseigner sur l'Académie et comment devenir professeur. Il finis par rencontrer une jeune femme qui ne dansait pas, ou plus.

- Bonjour, je suis Selhan Til' Silhan, je cherche quelqu'un qui a une place importante à l'Académie de Merwyn, quelqu'un qui pourrait me renseigner sur la manière de devenir professeur. Pourriez-vous m'indiquer cette personne?

Cela pouvait paraitre bizard, un inconnu qui demande a devenir professeur mais le jeune homme ne savait pas dutout à qui s'adresser, quoique... il pourrait rechercher la personne pour qui il avait travaillé il y a peu de temps de cela, Jehan... mais Selhan n'était pas sur que ce dernier voulait le revoir par ici en sachant que c'était un assassin, dumoins Jehan devait croire que l'assassin en était toujours un... c'était un peu compliqué comme situation... enfin maintenant il avait demander des renseignements à cette jeune femme alors il allait attendre de voir vers qui elle allait le conduire.

[La jeune femme peut être n'importe qui, la première qui se porte volontaire ^^]


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La mort n'arrive jamais par hasard.

Où que je sois, si j'y suis, la mort y est aussi.

A l'inverse, où que tu sois, si la mort y est, j'y suis aussi.

Mais si je ne suis pas là avec toi, il n'est pas dit que tu ne meurt pas.

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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 25 Mai 2011 - 15:45

- Bonjour, je suis Selhan Til' Silhan, je cherche quelqu'un qui a une place importante à l'Académie de Merwyn, quelqu'un qui pourrait me renseigner sur la manière de devenir professeur. Pourriez-vous m'indiquer cette personne?

Julia leva les yeux de son délicieux morceau blanc de siffleur et fixa de ses yeux bicolores, l’individu qui venait de l’interpeler. Un homme, d’une vingtaine d’année environ, un étranger, il ne portait aucun signe distinctif le lien à l’Académie et sa question confirmait cette hypothèse. Julia posa son morceau de viande pour avaler un bout de salade, sa faim ne se calmait toujours pas, elle se faisait peur elle-même en réalisant tout ce qu’elle avait pourtant déjà mangé. Même si elle était ronchon qu’on la dérange en pleine dégustation, elle se dit qu’une petite pause serait peut-être nécessaire. Elle sourit à l’étranger, s’essuya les mains et la bouche avec l’une des nombreuses serviettes mises à disposition des invités et le salua :

_Julia. Je m’occupe de la forêt et des alentours. – elle trouva le regard du dénommé Selhan, sûrement un guerrier, en tout cas il n’était pas botanistelui - Pour ta question, ça dépend de quel genre de professeur tu veux être. Je te dirais d’aller voir Jehan, c’est lui qui s’occupe de ça, mais je ne l’aime pas tellement, il est vraiment insupportable, personne ne mériterait de comparaître devant lui. Cette idée même ne devrait même pas exister. – le souvenir de la gifle lors du premier bal de sa vie était tenace, et sa trace en elle n’était pas prête à s’effacer. Julia le savait, elle s’en souviendrait toujours. Cet Intendant n’avait aucunes manières et il était lâche – Donc, comme je me sens de bonne humeur je ne te laisserais pas aller vers ce triste sort. Que tes pas te mènent vers Amarilys, la rêveuse d’Eoliane si c’est enseigner la nature que tu désir. Si tu es plus porté sur l’art du combat, va donc voir le nouveau maître d’arme assis à la table des professeurs : Locktar Guidjek. Si c’est le dessin… ha ça je n’en sais rien, je connais mal les dessinateurs mais j’ai des connaissances parmi les élèves. Pour le reste, à savoir ceux que j’ai cités, ce sont tous des amis à moi. Et enfin, je ne te donnerais pas de noms quand à l’enseignement marchombre, tu n’en es visiblement pas un, l’information serait inutile et tout le monde sait leur amour de la discrétion.

Un moment sa pensé glissa vers Elera et sa discrétion avec elle. Julia sourit faiblement en y repensant, elles ne s’étaient pas revues depuis déjà un petit moment. Elle l’avait aperçue ici parmi la foule, mais toujours occupée ou accompagnée.

_C’est tout ce que je peux vous dire. – poursuivit-elle – Cela fait longtemps que vous êtes ici ? Comment trouvez-vous la fête ?

Ils avaient bien changée tous… Elera toujours aussi éperdue de liberté et de vérité parcourait toujours son chemin un peu plus loin chaque jour, mais le regard et sa vision du monde graduellement changés. En tout cas c’est ce que disaient ses yeux. Elle avait perdu quelque chose des les sous-sol de l’académie, quelque chose qu’elle ne retrouverait peut-être plus jamais… Locktar gagnait en sagesse, il était encore jeune et occupé pourtant déjà un poste à haute responsabilité. Et puis il était amoureux, sans doute pour de vrai cette foi, il semblait se confondre avec cette femme blonde, tant ils se complétaient. Amarilys gagnait en assurance, elle était à présent un véritable pilier entre l’Académie et Eoliane. Aussi nécessaire à leur fonctionnement, que l’air ne l’était pour permettre la vie.
Et puis elle… elle Julia. Le chemin avait était bien long et voilà qu’elle se trouvait ici aujourd’hui à parler orientation avec un homme qu’elle n’avait jamais vu. Elle aussi avait changé, elle était aussi amoureuse, peut-être beaucoup plus calme qu’il y avait encore un an, mais surtout elle n’était plus seule. Porter la vie, elle n’aurait jamais pensé à quel point ça la changerait, en bi
en.

_Vous voulez boire quelque chose ?

Elle s’entendit poser la question sans vraiment réaliser. La certitude encore clair dans sa têtes, ils en avaient fait tous, du chemin.
Julia sourit faiblement à l’étranger en lui tendant une cruche remplie de cidre. Il fallait qu’elle sorte de ses réflexions ininterrompues, l’autre en face se poserait des questions très vite autrement. Mais bon, elle était bizarre, on lui avait déjà tellement dis, qu’une foi de plus ou de moins…

Ses idées allèrent quelques secondes vers Mael. Il tardait à se montrer, ils n’auraient pas le temps de se croiser si jamais il s’attardait trop.




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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 25 Mai 2011 - 18:38

Selhan regardait toujours cette jeune femme qu'il venait d'interpeler, elle devait avoir au moins dix ans d'écart avec lui. Elle avait une attitude bizard, on aurait dit qu'elle était sûr d'elle qu'elle savait où elle était où elle allait, il émanait d'elle une aura de stabilité pourrions nous dire mais en même on aurait pu croire qu'elle réfléchissait beaucoup, était-elle dans le doute? Le jeune homme ne le saura pas car il n'allait pas lui poser de question indiscrète, il ne la connaissait pas, elle ne le connaissait pas, alors pour le moment il fallait mieux se tenir aux échanges d'informations. Alors comme sa Jehan était quelqu'un de très important dans l'académie? Il comprenait mieux pourquoi la mission que se dernier avait confier à l'ex-assassin avait dû se faire discrètement, il en allait de sa place, sa réputation, mais Selhan n'était pas sûr de vouloir le rencontrer tout de suite, c'est pourquoi il fut intéressé par le deuxième prénom que la jeune femme proposa par rapport au choix qu'il voulait faire, les arts martiaux, l'art du combat... Locktar Guidjek, interessant, il ne manquerait pas d'aller le voir.

- Disons que je suis venu il y a quelques semaines de cela, puis je suis reparti pour Al-Jeit et je suis revenu aujourd'hui même pour ce bal car j'étais sûr de pouvoir y trouver quelqu'un qui pourrait me renseigner. Je veux bien à boire merci.

Pendant qu'elle lui servait du cidre, le jeune homme réfléchissai à ce qu'il pouvait dire ou non? Il n'avait pas dit pourquoi il était revenu, il n'avait pas prononcer le nom de Lya, pourtant cette jeune femme qui faisait parti de l'Académie devait la connaitre, il n'avait pas dit non plus que c'était avec la kaelem qu'il était parti à Al-Jeit et que c'était cette dernière qui l'avait invité à venir au bal. Enfin comme il se l'était dit au début, il fallait qu'il se limite à l'échange d'information pour le moment, pas de superflu. Il regarda les personnes sur la piste de danse danser puis se retourna vers Julia.

- Et vous depuis combien de temps êtes vous ici?

Selhan pensait qu'en connaissant cette information il connaitrai l'importance que la jeune femme avait dans l'académie... ou pas? Non en faite c'était par simple curiosité.



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 29 Mai 2011 - 19:36

La rêveuse se laissait porter par son cavalier dans une valse lente et rassurante. Avec Duncan, pas de fougue, pas de brusquerie, à son grand plaisir, mais de simples pas calculés, précis dans le rythme de leurs âges s’effaçant aux côtés de ceux des élèves.
Ils n’étaient plus de ceux qui choisissaient chaque jour une voie différente à suivre, ceux qui pouvaient rire de tout et de rien sans se soucier du lendemain, ceux qui ne voyaient en la mort qu’un triste sort, mais trop loin encore.
La moyenne d’âge n’était pas si élevé que ça en Gwendalavir. Et même si Amarylis n’avait qu’une trentaine d’année, elle se savait à la moitié de sa vie, plus ou moins. Et lorsqu’elle se retournait pour voir le passé derrière elle, elle n’y voyait que regret, temps perdu et solitude. Certes, elle était restée sage, et digne d’une rêveuse. Jusqu’à la reprise, du moins.
Avant son coma, elle n’avait que peu conscience du temps qui passait, et surtout elle aimait sa vie ainsi. Elle possédait la fierté, le bonheur d’être rêveuse.
Aujourd’hui, elle ne pouvait même plus se réjouir d’être rêveuse, tant sa faute récente lui pesait sur le cœur. Et elle se rendait compte alors qu’elle n’avait rien d’autre à quoi se raccrocher. Pas de famille, elle les avait abandonnés. Pas de mari, ni d’homme ou femme dans sa vie. Encore moins d’enfants qui pourraient lui succéder, qui pourrait l’aimer comme elle les choierait. Des élèves, certes. Mais des élèves qui grandissent, et qui deviennent en âge de la quitter, de viser plus grand dans le rêve.
Le temps passe et nous dépasse.
Amarylis était dépassée, et ne pouvait que songer aux erreurs du passé. Elle n’avait jamais tenu sa promesse, celle de revoir sa jeune sœur, ni même ses parents. Pourraient-ils être morts, qu’elle n’en saurait rien.

La valse se termina, et le professeur de civilisation posa un baiser chaste sur sa main blanche. Alors qu’il la complimentait, ce qui eut l’effet de gêner terriblement la jeune femme, il l’emmena à l’écart, à une table reculée des festivités de jeunesse, avec quelques victuailles à leur portée.
Son cavalier prit un grain de raisin, et elle suivit son geste, dégustant ainsi des fruits légers. Rien de quoi remplir son estomac, mais elle mangeait. Et Jùn aurait prit plaisir à enfin voir sa supérieure accepter d’avaler quelque chose.

Le brin d’optimisme et l’inquiétude de son collègue, toucha Amarylis et elle ne put retenir son fameux sourire doux et maternel.
En effet, qui était là pour les soigner, tous deux ? Qui rendraient à deux adultes l’ardeur et la joie du temps passé ? Elle soupira, ne trouvant pour la première fois aucune réponse à ses questions. Quelle piètre enseignante faisait-elle.


-Vous n’êtes pas plus vieil homme que je ne suis vieille femme, Duncan. Disons, que nous sommes juste…dans l’âge où l’insouciance ne nous est plus accordée et où le temps nous pourchasse plus que l’inverse.

Il en va ainsi de tous, un jour ou l’autre. Chacun détenait le même avenir : celui de la mort. Sauf qu’habituellement son métier consistait à retarder cette échéance. Hors, en ces temps, elle s’en sentait incapable. Comme si en laissant mourir nombre d’innocents et autres, et Joran, elle avait perdu son don.

-Il y a des blessures qui ne peuvent être soignées. C’est la première règle que j’enseignais à mes élèves.


Elle baissa les yeux, consciente du passé qu’elle employait dans ses paroles.
Pourrait-elle à nouveau enseigner un jour, sans faillir, sans rompre ses propres règles comme elle l’avait fait.


-Pourtant il faut croire que parfois les règles peuvent être bafouées. Mais pas sans risques, pas sans pertes. La vie d’êtres sacrifiés vaut-elle celle des sauvés ? Je me pose cette question chaque jour. J’ai trahie l’engagement de neutralité des rêveurs. Est-ce pour cela que je suis admirée ?

Pour avoir amener mon propre élève à la mort, alors qu’en venant dans ma confrérie il avait fait serment de paix et de rêve ?


-Un rêveur tâché de sang est-il toujours un rêveur, Sieur Cil’ Eternit ? Permettez-moi d’en douter.

Une larme coula sur sa joue, goutte vide de sens et d’avenir. Et ses doigts vinrent fleurer la tâche rouge sur sa tempe gauche.

-C’est comme si ce sang se transformait en raz de marée, et que je nageais, que je me débattais avec cette eau pourpre, sans savoir dans quel sens aller, et sans savoir si je dois lâcher prise ou non. Si je me laisse entrainer je pars en arrière, et rien ne m’attend dans le passé, si je lâche je me noie, et si j’affronte le courant…je ne vois rien devant moi...

Elle déglutit avec difficulté.


-Quel a vraiment été notre rôle dans tout ceci, Duncan ? Et qu’allons-nous devenir ? J’ai comme l’impression de m’être trompé de chemin.


C’était la première fois qu’elle avouait douter du Rêve depuis la reprise. Jamais elle n’avait remis en question sa voie et sa place en celle-ci. Mais voilà qu’à présent elle ne savait plus.


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            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?







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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mar 31 Mai 2011 - 16:07

Non, monter sur l'estrade n'était pas une très bonne idée. Surtout en prenant en compte que Lya ne savait ni chanter, ni jouer d'un instrument, ni jongler et encore moins marcher sur un corde. Elle fit donc demi-tour avec un dernier regard d'admiration pour les acrobates et les musiciens. Sur la piste, une nouvelle danse commençait, et la Kaelem y fut entrainée joyeusement. Elle ne connaissait pas les pas de la ronde, mais les apprit rapidement au rythme des autres danseurs. Lya passait donc d'un bras à l'autre en riant aux éclats et en s'emmêlant les jambes lorsqu'elle arriva entre les bras d'une jeune femme à la peau noire et déguisée en homme. Celle-ci la fit tourner vigoureusement en la tenant fermement de ses mains à la peau sèche avant de la passer à son voisin de droite. A son tour, Lya fit tournoyer énergiquement chacun des danseurs avec qui elle se retrouvait, si bien que lorsque les dernières notes s'éteignirent avec une odeur de fête, elle était complètement essoufflée et respirait bruyamment.

La jeune marchombre s'éloigna du cercle de terre battue, où une nouvelle ronde commençait déjà, et entreprit de retrouver Selhan qu'elle avait oublié pendant quelques minutes. Lya repartait donc vers les quelques tables qui servaient de bar avec l'attention de rapporter au jeune homme une boisson. Elle louvoyait entre la foule d'élève lorsqu'elle l'aperçut en compagnie d'une femme que Lya ne connaissait pas, un peu en retrait. Et bien, son absence ne semblait pas avoir perturbé Selhan. Oubliant le bar, la Kaelem se dirigea vers eux. En arrivant à leur hauteur, elle glissa sa main dans celle de sa moitié annonça avec un sourire d'excuse:


-Désolé de t'avoir laissé. Disons que mon attention a été un peu... détournée par tout ces acrobates. Ils sont vraiment doués. Et du coup, j'ai oublié de te prendre un verre. Mais apparemment, tu es aller te servir toi-même, et je ne t'ai pas trop manqué, donc tout va bien.

Lya se tourna ensuite vers la jeune femme qui ne disait rien et l'examina attentivement. Ses longs cheveux châtains mettaient en valeur un visage fin et régulier à la peau pâle, contrastant avec ses yeux plutôt foncés. Elle portait une tenue ample, confortable, et qui semblait pourtant usée par le temps. Elle semblait sympathique. Lya lui adressa un sourire, rassembla ses esprits un peu embrumés par l'alcool et s'assit au côté de ses interlocuteur. Elle continua:

-Tu nous présentes? Moi c'est Lya, fit-elle en tendant sa main à la jeune femme. Tu es élève ici? Vous parliez de quoi?

La Kaelem finit par se taire, craignant soudainement d'avoir interrompu une conversation qui ne la concernait en rien.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mar 31 Mai 2011 - 17:45

Selhan avait obsverser Lya du coin de l'oeil depuis qu'il s'était assis, il l'avait vu observer les musiciens puis aller danser, il souriait en la voyant s'amuser. Il était bon danseur mais ne rafollait pas forcément de la danse. Il vit la kaelem arriver et glisser sa main dans la sienne, un peu comme un acte d'appartenance, pour montrer à la femme avec qui il parlait que le jeune homme était bien pris. Cela ne déplaisait pas à l'ex-assassin qui commencait à aimer cette petite touche possessive dans le caractère de sa belle. Elle se mit à poser des questions et se présenter. Selhan voyant qu'elle s'arretait de parler pris la parole.

- Je te présente Julia, je viens de la rencontrer par hasard, elle s'occupe des alentours de l'académie. J'étais en train de lui demander vers qui je devrait me tourner pour me renseigner pour être professeur.

En finissant sa phrase le jeune homme déposa un baiser sur la joue de Lya pour bien lui montrer qu'elle n'avait pas besoin de s'inquiéter. Puis il se tourna vers Julia.

- Et donc comme elle l'a très bien dit, Julia, voici Lya, elle est élève ici et c'est elle qui m'a invité à ce bal.

Maintenant que les présentations étaient faites, le jeune homme attendait toujours une réponse à sa question précédente à Julia. "Depuis combien de temps était-elle dans le coin?". Toutefois il ne répéta pas sa question même si Lya les avaient interompi, Julia avait bel et bien entendu la question de Selhan et donc elle y répondrait si elle en avait envie.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 1 Juin 2011 - 11:55

Julia se rassit et grignota distraitement ce qui existait encore dans son plat. Elle invita Selhan à s’asseoir à côté et sourit à sa question. Il lui semblait avoir toujours vécu ici… sa deuxième demeure, sa seconde chance, son second foyer… que répondre à cette question ?

La jeune femme allait répondre quand une élève surgit de nul part et s’incrusta joyeusement dans la conversation en glissant sa main dans celle de l’homme qui lui faisait face. Les joues un peu rosies de la jeune fille aux cheveux courts, laissait à penser qu’elle avait peut-être déjà avalé un verre de trop. Julia rigola intérieurement, elle avait l’air marrante.
Un peu fatiguée pour elle ne savait encore qu’elle raison, Julia décrocha la lanière de cuire qui retenait ses deux lames jusque là plaqué dans son dos, afin d’être plus à son aise. Elle les glissa prêt d’elle et rajusta sa tunique de lin clair. L’habit la serrait un peu à la poitrine, aussi se sentit-elle mieux sans le poids de ses armes. Un garde jeta un œil dans sa direction avant de poursuivre sa surveillance ailleurs. Ils étaient à peine angoissés ceux là ! En même temps, elle devait être l’une des seules à avoir eu l’autorisation d’entrer armée à cette fête… y avait du bon finalement à avoir un poste à responsabilité ! Elle se sentait moins nue sans ses lames.
Revenant à ses interlocuteurs, son regard bicolore se riva sur les deux amoureux qui lui faisaient face. L’un semblait la trouver étrange, comme la plupart des gens qui la regardait la plupart du temps, l’autre paraissait un peu ailleurs, sûrement à cause du léger effet de l’alcool. Une partie d’elle se demanda si ils l’auraient tous les deux regardé autrement si elle avait eu des yeux aux couleurs un peu plus conventionnels, mais la réponse lui sembla tout bonnement une évidence.


_Il fut un temps oui, j’étais élève ici – répondit la jeune femme un sourire discret aux lèvres– Mais je le suis plus… Je suis la nouvelle garde forestière dont Jehan à annoncer officiellement la prise en fonction dans son discourt d’introduction. – elle lui tendit la main pour la saluer, remarqua certaines caractéristiques de ses mains et s’en amusa – Et bien, Marchombre ou bien casse-cou ?

Elle qui n’avait pas parlé des marchombres à ce type par peur d’en dire trop, voilà que celui-ci avait justement pour compagne une marchombre. Enfin… une élève marchombre… qui avait un peu trop bu. D’ailleurs les marchombres buvaient-ils seulement ? Il faudrait qu’elle demande ça à Elera. Elera… elle avait tellement envie de la voir, il lui brûler de lui parler de… certaines choses.

_Pour répondre à ta question Selhan, je dirais que c’est fort indiscret de questionner ainsi une dame ! – répliqua-t-elle l’air faussement outrée avant de finalement sourire de bonne foi– Tu as bien de la chance que je n’en sois pas une ! En vérité, je ne compte plus les années, pour tout dire, j’ai totalement perdue le compte. – elle se sentit bête et son sourire s’élargie en conséquence – Je suis un peu une grand-mère ici en fait… vous avez faim ? Je ne vous vois pas manger. Profitez de la fête, c’est Jehan qui tien les comptes, il ne fait pas preuve de tant de générosité aussi souvent que ça, alors profitez. Pourquoi voulez-vous devenir professeur ? Et vous, vous êtes élève depuis longtemps ? Je ne me souviens pas vous avoir déjà vu.

Elle ne savait si il fallait les tutoyer ou bien les vouvoyer, et il fallait le dire là pour le oup elle s’emmêlait les pinceaux. Mais c’était pas grave, elle se sentait bien ! Et bien, elle était de bien bonne humeur aujourd’hui ! Si Mael la voyait ! Roh, il n’était jamais là quand elle était au top lui ! Il attendait toujours les moments où elle était fatiguée ou bien d’humeur noire, pour surgir dans sa journée. Dans un sens c’était agréable car elle allait mieux plus rapidement quand il était à ses côtés, mais dans l’autre au finale, elle avait toujours l’impression d’être désagréable avec lui. Et elle s’en voulait.

Elle se resservit en viande de siffleur, dont la seule pensée la faisait fondre d’appétit. Sous le regard des deux en face d’elle, elle se sentit obligé de dire
:

_Les expéditions en forêt ça creuse vous savez…

Surtout qu’elle devrait courir avec Lupus dans l’après-midi ! C’était devenu indispensable et elle s’était dit qu’elle continuerait à se dépenser comme avant, tant que son corps le lui permettrait encore, ou au moins jusqu’à ce que le bébé ne soit pas assez lourd pour qu’elle puisse se mouvoir normalement. En pensant à lui une sérénité qu’elle n’avait jamais connue avant ça, s’emparât d’elle comme à chaque foi que sa pensé descendait vers ce petit cœur qui vivait en elle depuis quelque temps déjà.
Elle se sentait heureuse comme jamais encore, il lui semblait vivre une seconde naissance d’elle-même. Même son amie La Mort, pourtant toujours à ses côtés là juste là à sa droite derrière elle, ne l’approchait plus tellement ses temps-ci.
Elle s’inclinait devant la vie, ne devenant plus qu’une simple ombre sans réelle présence.

Julia se sentait vivre pour la première foi depuis bien longtemps. Peut-être trop longtemps d’ailleurs…




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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Jeu 2 Juin 2011 - 21:55

Selhan présenta les deux jeunes femmes et Lya en profita pour examiner avec attention les deux lames que Julia venait de déposer. On n'en apercevait presque que la poignée, mais la lumière vive qui scintillait sur l'acier attirait la Kaelem comme une abeille par une fleur. Il faisait trop sombre pour qu'elle parvienne à reconnaitre l'arme, mais elle se promit de demander ce que c'était à la première occasion. Une idée commençait à germer dans son esprit. Puisque Locktar était un guerrier, sa manière de combattre n'était pas la même que les Marchombres. Lya avait tout de même décidé d'aller à l'un de ses cours, aussi se tiendrait-elle à ce qu'elle avait dit, mais le résultat risquait d'être assez étrange. Sauf que Elera ne voulait ou ne savait pas manier le sabre. L'apprentie marchombre ne pourrait donc pas apprendre de ce côté non plus. Alors, peut-être que Julia... Il faudrait lui demander. Lya s'apprêtait à le faire, oubliant le fait qu'elle venait à peine de la rencontrer lorsque la garde forestière se décida à lui serrer la main et en profita pour lui poser une question. La Kaelem répondit en riant:

-Un peu des deux. Disons, une casse-cou à son temps et une marchombre pas finie. Ça se voit tant que ça?

C'est vrai, la plupart des personne que Lya avait rencontré depuis son arrivé à l'Académie s'étaient rendues compte presque immédiatement que la jeune femme était une Marchombre. Pourtant, celle-ci n'avait même pas fini son apprentissage. Et si on s'aperçoit du premier regard que quelqu'un est marchombre, il n'y a plus vraiment de secret à l'être. Ce qui est assez paradoxal puisqu'un marchombre est censé se fondre dans la masse.
Lya sortit de ses pensées au moment ou le mot "Jehan" parvint à ses oreilles. La Kaelem ne l'avait en tout et pour tout aperçut que deux fois. La première, lors de sa répartition, où le bonhomme lui avait semblé un peu étrange étant donné qu'il n'avait pas sorti une seule fois ses mains de derrière son dos. Lya avait du prendre elle-même la bague dans un coffret au milieu d'un bazar innommable. La seconde fois, c'était aujourd'hui, lors du fameux discours dont la jeune femme avait loupé la moitié au moins. L'intendant ressemblait plus à un être humain normal, bien que de multiple rumeurs courant à son sujet semblaient vouloir démontrer le contraire. L'individu attirait donc la curiosité de Lya, mais la jeune femme se retint de couper Julia pour lui poser de multiples questions à son sujet. A la place, elle suivit le conseil de son interlocutrice et avisa les plats qui s'étalaient par dizaines sur des tréteaux derrière eux. Comme Julia se servait de la viande de Siffleur, Lya décida de l'imiter, avec un supplément de ce qui devait être du soufflé aux racines de niams. Puis elle se rassit confortablement et répondit avant que Selhan n'ait eu le temps d'ouvrir la bouche:


-Ca doit faire environ un an, un an et demi. J'ai toujours eu un peu de mal avec le temps, mais il me semble que c'est plus un an et demi que un an. Normal qu'on s'est jamais vu, avec tout ce qui s'est passé.


Lya sous-entendait la reprise de l'Académie, ce qui jeta un froid à peine perceptible sur les trois jeunes gens. Pour se rattraper, elle ajouta:

-'Fin, on est là pour s'amuser non? Alors amusons-nous, non d'un Raï moisi.

Et pour appuyer ses paroles, la jeune femme engouffra la moitié de son soufflé en une énorme cuillère. Elle le regretta bien vite en observa le mal qu'elle avait à avaler. Pour se donner une contenance et aider le passage des aliments, Lya se releva pour se resservir à boire, de la bière cette fois. Elle revint avec son gobelet et la capacité de parler, et son regard tomba à nouveau sur les deux lames posées à côté du groupe. Elle avala une nouvelle gorgée de la boisson mousseuse, s'assit tout contre Selhan et demanda:

-Dis, c'est quoi cette arme? J'arrive pas à reconnaître.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Ven 3 Juin 2011 - 12:10


- Crétin d’égoïste


Ewall ouvrit de grands yeux, ne s’attendant pas franchement à l’insulte de la part de la jeune fille, tandis que Noukas sortait les griffes, grognant contre la méchante madame embêtant son maitre chéri.
Plus que tout, le marchombre en fut blessé, ne comprenant pas en quoi il était égoïste de se confier et d’engager une conversation des plus sérieuses.
Les filles étaient vraiment d’un spécial, dans cette Académie. Il regrettait presque les cruches qu’il charmait dans les rues avec une facilité déconcertante.

Elle eut beau se confondre en excuses qui n’en n’étaient pas et expliquer son malaise face à de telles choses, Ewall ne parvenait plus à trouver cette fille sympathique. Il savait à présent qu’elle ne compterait sûrement pas dans les personnes qu’il garderait en contact. Il avait besoin d’être entouré de personnes franches, qui n’ont pas peur d’exprimer leurs réels sentiments, d’avoir peur, de pleurer, de raconter leurs histoires…Elle n’en faisait pas partie.

Serrant des poings il ne savait comment réagir et ne pouvait qu’afficher un visage dur et fermé. Ce n’était pas vraiment sa faute à elle, il le savait. Mais il lui en voulait tout de même. Pas au point de répliquer méchamment, de la vexer et la rendre plus mal encore, mais suffisamment pour vouloir se défaire de sa compagnie.
Il se racla la gorge, cherchant les mots.

-Je ne te demandais pas d’être là. Je t’expliquais juste ce qui m’a mené à cette Académie, comme tout élève ici à eu une raison de le faire.


Sa mâchoire grinçait, encore vexé de la réaction de la demoiselle. A présent, il n’avait plus aucune envie de s’éterniser à ce bal.
Pour la toute première fois, il avait réussi à assumer son nom, sa famille et les évènements encourus. Pour la première fois il s’était libéré du poids du silence, du secret de ses années et de la peur constante.
Et elle, elle le traitait ainsi ?


-Regarde-moi, Tuuli. Cesse de cacher tes yeux et assume ce que tu penses. Tu ne dois pas avoir honte d’être ce que tu es, même si cela implique de m’insulter.

Il força ainsi la demoiselle à le regarder.


-Tu as peur, soit. On a tous peur de quelque chose. Mais il arrive que certaines peurs ne soient pas compatibles.


Comme les notres.


-Je suis désolé, mais je crois qu’il vaut mieux que je rentre. Profite bien de ta soirée. Demain sera une rude journée avec les vestiges de ces gens.


Il désigna de la main les élèves complètement ivres ou d’autres fêtards légèrement pompettes mettant plus de boisson ou de nourriture par terre que dans leurs bouches.
Il lui offrit un sourire compatissant, et s’en alla, Noukas sur son épaule.
Première fois.
Premier échec.

La rage se transformait en larmes naissantes et il avait hâte de retrouver son lit.
Il pensait que son arrivée à l’Académie avec Anaïel serait l’occasion d’une nouvelle vie bien plus simple. Mais chaque jour il s’apercevait du contraire.
Sa sœur.
Sa famille.
Anaïel.
Ses sentiments.
Les rencontres.
Les cours.
La Naeëlios.
Sa sœur.

Trop, c’était trop. Il ne pouvait se permettre de s’encombrer de nouvelles difficultés.



[Si tu veux me rattraper, tu peux, c’est comme tu veux.Par contre, j’ai pas mal de rps en cours, alors j’serais longue à répondre:/]


_______________

Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 4 Juin 2011 - 14:51

Il y avait le temps qui avait filé. Et les gens, également, comme des serpentins torsadés, des silhouettes vagabondes, aux destins mêlés, démêlés du sien. Il y avait eu Ewall, qu'elle n'avait jamais longtemps perdu, toujours un oeil sombre qui le couvait, le cherchait, sans jamais l'approcher. Il y avait Ambre, aussi, Ambre qu'elle comprenait un peu mieux à présent, même si leur histoire ne serait jamais de celles qui noient les cœurs. Des sœur de sang, peut-être, des sœurs que tout ou presque sépare, ce qui les rapprochaient, mine de rien. Il y avait les professeurs, les élèves, qui valsaient, sur la musique du bal, sur le tempo des rencontres, sur la soie de leur robe, sur le velours des pétales de rose.

Et il y avait son sang qui se figeait de toutes ces personnes, il y avait le bruis rêche du papier au fond de sa poche, il y avait les doutes et les espoirs, les peurs et les désespoirs, l'illusion, et quelque chose qu'elle se cachait, ne voulait pas vraiment analyser. Et ce quelque chose grandissait lorsqu'elle regardait son apprenti toucher cette jeune fille, la couver des yeux et lui susurrer des paroles qu'elle n'entendait pas. Elle n'avait pas eu l'occasion de lui parler vraiment, depuis qu'ils étaient arrivés à l'Académie, ou plutôt elle n'avait jamais saisit cette occasion, préférant lui laisser la liberté de découvrir ce lieu qui avait été le berceau de sa vie.

Mais sa présence lui manquait, elle devait bien l'admettre.

Elle soupira et regarda autour d'elle, son regard s’arrêtant de temps en temps sur un visage connu, glissant sur les consciences sans vraiment s'y arrêter. La fête battait son plein alors qu'elle était arrivée, en retard, sans vraiment l'avoir décidé : Ewall lui manquait.

Elle se fustigea intérieurement. Ses émotions résonnaient en elle de manière trop puissante, depuis toujours, que se soit la peur, l'envie, la tristesse, la curiosité, la haine, pour qu'elle ne fasse pas attention à ce qui faisait frémir son cœur. Elera lui manquait également. Elle sourit en pensant à toutes ces personnes qui avaient jalonné sa vie, ces ancres qui liaient son corps à son esprit et son esprit à sa vie. Elle ferma les yeux pour se détendre, et apprécier la musique qui pulsait sur sa peau et la faisait frissonner.

Elle ondula à travers la foule, petite ombre insaisissable, se délectant de l'anonymat qu'elle briserait lorsqu'elle en aurait envie. Elle passa près d'Elera, et son sourire se gorgea d'une tendresse infinie. Son amie avait l'âme en miette, quelque chose d'hagard dans ces beaux yeux, et la démarche piégée, comme une araignée prise à sa propre toile. Elle ne s’arrêta pas, cependant, et se contenta d'effleurer son dos, d'une caresse plus légère qu'un souffle de vent, avec ceci d’égoïste qu'elle ne pouvait pas passer à côté d'elle sans lui faire savoir qu'elle était là.

La musique changea à nouveau. La lenteur des notes ralentit son propre coeur, et elle se mis à bouger en rythme, sans cesser sa déambulation. Mais lorsqu'elle se retrouva à quelques pas d'Ewall, son esprit se figea et elle s’arrêta, assez proche pour entendre sa voix sans l'être assez pour en saisir le sens. Elle fit un pas, puis un autre, souris derechef, et passa dans son dos en l'effleurant, comme elle l'avait fait pour Elera. Elle ferma les yeux à son contact, le seul avec celui d'Elera qu'elle toléra, le seul qui lui procurait du plaisir.

Elle s'éloigna et s'accouda à un arbre, à l'ombre, les yeux luisant. S'il tournait la tête, il la verrait. S'il continuait à danser, elle s'en irait. Le saule dans son dos lui murmurait des mélodies plus douces que la plus belle des chansons de ce soir.



_______________
Des ailes dans le dos...




Anaïel / Miaelle Campbelle/ [i]Lev Mil' Sha

[/i]


Aucun destin n'est inéluctable.

L'arborescence des possibles nous tisse le sang aux poignets


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 5 Juin 2011 - 16:23

Julia sourit volontiers à la réponse de la jeune fille, elle était décidément bien marrante celle là ! Elle la laissa poursuivre sa présentation et voulu répondre que oui ça se voyait et pas qu’un peu, quand la jeune fille enchaîna sur une autre question…
Et rien ne la prépara à ce que Lya demanda soudainement sans lien direct avec la conversation de base… son cœur tomba alors en deuil. La douleur d’un pincement continu mais qui s’était fait plus que discret ces derniers mois, resurgit de l’endroit où elle l’avait enfoui dans son cœur. Ses yeux clairs se mirent à briller légèrement et une boule d’émotion lui monta un instant à la gorge alors qu’elle se redressait en toussotant pour ne pas faire paraître son émotion soudaine. Elle s’aida de ses bras, qu’elle posa simplement sur la table pour reprendre contenance alors que son regard fuyait quelques secondes ailleurs, donnant juste le temps à son esprit de ne pas se fixer à certains souvenirs douloureux toujours vif.


_On va dire qu’elle est unique en quelque sorte. – répondit-elle simplement d’une voix mesurée qu’elle espérait ne pas entendre trembler – C’est peut-être pour cela que tu ne reconnais pas. – elle sourit faiblement en jetant un regard aux deux lames – On pourrait dire d’elles qu’elles se rapprochent du glaive, mais leurs lames sont aussi fine qu’un sabre solitaire, bien qu’un peu plus lourdes. Elles sont bien trop courtes pour être confondu avec une épée et aussi bien trop légère pour ça, sans pour autant être dépourvu d’efficacité cependant. Elles ont toutes les deux fait leurs preuves en temps et en heure, jamais je n’ai connu jumelles plus fidèles et fiable– son regard clair revint à la jeune fille qui l’écoutait et elle dû prendre sur elle-même pour couper net le flot de souvenirs qui remontait à la surface – Elles appartenaient à mon père.

Aucun tremblement dans la voix, la phrase était sortie impeccable, c’était parfait, elle sourit. Julia était incapable d’en dire d’avantage cependant. Une vieille peine fit de l’ombre sur son cœur quand ses pensés effleurèrent à nouveau le souvenir de son oncle, le seul père qu’elle avait jamais connu. Son oncle qui ne l’était pas d’ailleurs… pas par le sang… mais il n’en était pas moins le seul père qu’elle avait eu, même si elle n’avait jamais osé l’appelé ainsi de son vivant. Tante May aurait sûrement parlé fièrement de lui si elle avait était là à ses côtés. Elle était comme ça c’est tout, toujours enjouée, même face à de souvenirs douloureux, elle ne gardait que le meilleur et distribuait sa bonne humeur et tout le positif dont elle était capable tout autour d’elle. Mais elle, Julia… elle n’était pas comme ça.
Elle baissa un moment les yeux comme son cœur entrevoyait le vide laissé par la disparition de ces deux seuls parents. Un vide creusé quelque part dans une sale isolée de son cœur et fermé à triple tour. Ce vide qui sembla vouloir l’engouffrer à nouveau… elle se voyait déjà tomber dans cette obscurité lancinante dont la noirceur n’avait d’égale que la souffrance qui continuait à saigner certaines parois de chair… ces yeux s’embuèrent discrètement, sa main se posa sur ces deux lames à côté, dans l’espoir premier de trouver la main, ou le bras de Mael. Elle se souvint alors qu’il n’était pas là aujourd’hui… elle désira si fort sa présence à cet instant qu’elle crut que son cœur allait cesser de battre, uniquement par caprice… il n’y avait personne pour la rattraper aujourd’hui…

C’est l’odeur de l’alcool qu’elle apportait inconsciemment à sa bouche qui la fit revenir totalement à l’instant présent. Ses lèvres n’eurent le temps que d’effleurer le bord de son gobelet, qu’elle le déposa immédiatement, réalisant le geste machinal qui avait faillit lui porter préjudice à elle et à son bébé. Quelque chose lui disait que ce n’était pas une bonne idée d’enivrer déjà le petit.
Julia réalisa également le froid qui s’était installée à la table et incapable d’ajouter quoi que soit, elle ramassa ses armes et se leva le regard troublé :


_Si vous voulez bien m’excuser, je dois y aller maintenant, merci pour cette conversation.

Il fallait qu’elle retrouve Lupus à présent, elle se sentirait moins mal avec lui à ses côtés. Et puis il fallait surtout qu’elle pense à autre chose. Une larme s’échappa timidement de son œil droit au moment où de façon tout à fait fortuite, son regard croisait celui d’Elera, là dans la foule.
Elle lui sourit et se retira.




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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 5 Juin 2011 - 21:06

Pardon ? Excusez-moi ? Il est sérieux, là ? Elle venait de s’ouvrir, de lui dire ce qu’elle pensait réellement, d’oublier son hypocrisie viscérale et qu’obtenait-elle en reconnaissance ? Un rat des champs qui sort les griffes, un grincement de dents, un ton sec et un au revoir des plus brutaux ? Pourquoi ? Oui, bon elle l’avait insulté. Ce n’était peut-être pas très gentil de sa part (sans rire). Mais… d’après ce qu’il disait ce n’était même pas l’insulte qui l’avait blessé mais sa peur elle-même. Pour la jeune fille qui, de son point de vue venait d’admettre une de ses faiblesses et espérait être acceptée avec, c’était un coup dur mais, après tout, elle avait fait de même avec lui en lui balançant sa peur. Tout cela n’était pas si injuste qu’elle se plaisait à le croire mais Tuuli n’avait jamais réellement été honnête concernant ce qu’elle méritait ou non.

Quoiqu’il en fût, elle était en colère et triste à la fois. Le rejet n’est jamais pilule facile à avaler et pour la domestique, qui en avait la gorge nouée, ça ne passait pas du tout. La seule défense alors c’est la colère et la jeune fille se laissa aller à ce sentiment avec joie (si tant est qu’il puisse y avoir de la joie là dedans). Elle rougit ostensiblement – jurant tout à fait avec sa robe fuchsia –, de la fumée sortant presque de ses narines et oreilles, des flammes quasiment visibles dans ses yeux et se mit en quête du garçon qui l’avait fuie en lui tournant le dos. Il marchait vite le bourge mais elle eut aussitôt fait de le rattraper et de le tirer en arrière par l’épaule. Avant même qu’il ait pu esquisser un geste elle leva la main haut, très haut. Cette main abîmée par le travail, rendue légèrement moite par la danse, attachée à un bras solidement tendu. Cette main aux doigts raides, aux ongles rongés, aux phalanges restant pourtant fines. En quelques secondes, cette main se retrouva sur la joue du désagréable jeune homme, y laissant une marque rouge vif.


- Comment oses-tu ! Tu me dis de ne pas avoir honte de mes sentiments mais tu me reproches ma peur parce qu’elle n’est pas compatible avec les tiennes ? Pour la première fois, j’ai été honnête et j’ai dis ce que je pensais. Et oui j’en ai honte ! J’en ai honte parce que ces sentiments sont difficilement acceptables et je le sais. Je suis la plus égoïste des deux, sans nul doute. Si tu voulais partir tu n’avais qu’à le faire en prétextant quelque activité à accomplir, tu n’étais pas obligé de me traiter de la sorte. D’ailleurs tu n’avais même pas à le faire. Je suis aussi noble que toi et même si je ne l’étais pas je mérite plus de respect que ça. Tu n’as pas à me juger et d’ailleurs, passé l’insulte, je ne l’ai pas fait pour toi !

Des larmes de fureur lui montaient aux yeux. Elle qui ne pleurait presque jamais parce que c’était montrer un signe de faiblesse, elle était en train d’exploser. Littéralement. Elle ne criait pas, elle hurlait. Tout son corps était tendu par la colère et une veine ressortait sur sa tempe. Elle leva la main pour la jeter sur l’autre joue de son vis-à-vis mais réalisa ce qu’elle était en train de faire. Elle se vit furieuse, ne répondant uniquement à des impulsions et la rage avait beau être forte, elle ne pouvait pas se laisser aller ainsi. Elle serra donc le poing et baissa sa main, toujours aussi tendue. Elle avança et le bouscula pour passer. Elle tourna la tête une fois qu’elle l’eut dépassé de quelques centimètres.

- Va te faire voir chez les Raïs.

C’était vulgaire, grossier, en rien admissible par sa condition mais bon sang que cela faisait du bien ! La domestique ne voyait pas à quel point elle était injuste. Elle ne voyait pas qu’elle l’avait sans doute aussi vexé par le rejet qu’elle avait émis qu’il venait de le faire pour elle. Tuuli ne voyait pas que toute cette colère était autant dirigée vers le garçon que vers elle-même pour avoir de tels sentiments de lâcheté. Elle ne s’en rendait pas compte. Il lui faudrait encore quelques jours avant de se poser la question.



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 12 Juin 2011 - 1:11

Des projets de voyage se formaient dans sa tête à l’entente de l’invitation d’Elera. Il regardait les lampions qui égayaient la scène du bal, et se demandait si elle lui parlait avec franchise, ou si c’était juste pour meubler. Il aimerait vraiment découvrir l’univers dans lequel elle avait grandi, parce que peut-être, il pourrait la comprendre, et affleurer cette ambiance marchombre qui semblait l’environner en permanence. Et puis, un lac, il n’était pas forcément obligé de s’en approcher, non ? Ca pouvait être super beau depuis les hauteurs d’une colline ou en sécurité dans les berges surélevées. Il avait entendu ses parents lui raconter qu’il existait en Gwendalavir un peu partout des petits écrins de paradis, un peu comme la cascade de l’Académie, mais en plus grand, en plus paisible, et en beaucoup moins dangereux. Elle avait pas vraiment l’air de vouloir s’étendre sur le sujet, mais il le garda bien présent à l’esprit. Peut-être que quand tous les deux seraient un peu moins pris par les obligations qui les liaient à l’Académie et à leur maitre / élèves respectifs, ils pourraient voyager ? Il se rappelait leur toute première conversation, quand il avait proposé de l’emmener à Al-Far pour visiter un peu. S’en souvenait-elle seulement ? Déjà qu’il n’arrivait plus à se rappeler les termes exacts… Mais il gardait sa proposition bien claire dans sa tête. Un jour, ils pourraient en reparler plus calmement. C’était juste pas le bon moment pour les projets. Toutes les douleurs et les tensions étaient encore trop proches.

Il releva la tête un peu brusquement au changement de sujet, car il était parti dans ses pensées et avait oublié de raccrocher le fil de la conversation. Il dépiautait toujours les feuilles que ses mains ramassaient sur le sol autour du banc, de manière systématique, en suivant les nervures des feuilles de fin d’été. Ses ongles s’incrustaient de sève verte, mais c’était pas très important, il se salissait toujours les mains dès qu’il était dehors.
Ses oreilles rougirent. La surprise le désemparait. Il n’avait même pas eu l’esprit de se demander comment sa petite sœur s’appelait. Et la lettre ne le disait pas. C’était tellement abberrant qu’il resta un instant sans répondre, les yeux fixés par-dessus l’épaule d’Elera. Comment oublier un détail aussi important ? Pourquoi ses parents ne lui avaient-ils pas dit ? Etait-ce juste un oubli à cause de l’excitation du moment, ou alors une incertitude ? Et s’ils avaient choisi de retarder le choix d’un nom parce qu’ils n’étaient pas sûrs qu’elle survivrait ? Comment il pouvait savoir ? Il faillit se lever pour se diriger vers la volière, pour renvoyer immédiatement une lettre, ou même aller chercher un aigle géant pour se rendre directement vers Al-Far. Mais l’un comme l’autre étaient impossibles, et en plus, impolis, car ça supposait de quitter la compagnie d’Elera.
Il sourit, et chassa ses inquiétudes dans les recoins de sa tête. Qu’il envoie une lettre ce soir ou demain n’avait pas d’importance, si les choses se passaient mal pour sa petite sœur. Mieux valait penser que c’était juste un oubli de sa famille, ça ne servait à rien de se gâcher la soirée.

Il avait du rester silencieux plus longtemps qu’il pensait, parce qu’elle avait continué, et il se sentit gêné d’avoir eu l’impolitesse de ne pas lui répondre. Rien que penser à Jehan l’aida à retrouver son humeur, et il eut un petit rire rien qu’à l’idée qu’il aurait du passer plusieurs jours sur un bateau pour atteindre l’endroit du mariage. Elle avait raison, c’était un obstacle de taille.

- Effectivement, je crois qu’une partie de moi-même est rassurée de rester sur la terre ferme, j’aurais pas aimé me trouver malade pendant tout son mariage, Sylar est trop fier pour accepter qu’un de ses petits frères le ridiculise, j’le comprends… Et pour ma petite sœur, je sais pas. Ma mère a pas précisé son nom dans la lettre. Elle est un peu tête en l’air.

Il tenta de garder un ton parfaitement insouciant jusqu’au bout de sa réponse, et espérait avoir réussi. Au pire, vu que la conversation allait bon train, et que le sujet commençait à changer, il n’aurait peut-être pas à revenir dessus. Une petite voix dans sa tête lui commandait de relire la lettre pour savoir s’il avait mal lu, ou vérifier comment sa mère s’était exprimée. S’était-il fait une fausse joie d’une nouvelle qui était en fait un deuil ? Ca l’inquiétait, et il dépiautait les feuilles avec un peu plus d’énergie.
Il eut l’impression d’avoir le cœur fendu à la constatation d’Elera. Quelqu’un d’aussi attaché à la nature qu’elle souffrait-il quand il n’avait pas vu une des beautés du monde ? Il n’avait jamais vu la mer non plus, mais il avait peur de l’eau, alors ça ne le tiraillait pas. N’était-elle jamais allée à Al-Vor, la ville cotière ? Ou même sur les côtes à l’Est ? Il ne savait pas trop quoi répondre, alors pour signaler qu’il avait entendu, il choisit juste de se lever, pour déplier ses jambes [strike]d’adolescent en pleine croissance[/s], et se mit juste en face d’elle, en s’amusant distraitement à taper le bout de ses bottes contre les siennes, sans faire attention. Il la laissa dévider tous ses doutes avec l’air inquiet de celui qui n’a aucune idée de comment l’aider, un peu honteux que parler des ambitions de son petit frère ait déclenché cette nostalgie chez elle. Encore plus honteux quand elle commença de pleurer, et qu’il se retrouvait saisi, les bras ballants. Qu’est-ce qu’il pouvait faire, alors qu’il avait réveillé des souvenirs en elle en voulant lui changer les idées ? Idiot, Einar, tu es un idiot, vraiment. Rustre imbécile, va. Il se mordit la lèvre.

- Hé, Elera, j’suis désolée, j’voulais pas, pleure pas, dis…

Deux filles de Kaelem qui passaient par là en bavardant beaucoup et en rigolant fort leur jetèrent des regards guogenards, et se mirent à glousser quand elles atteignirent leur niveau. Le jeune homme ne savait plus où se mettre. Elera était assise, les yeux fermés à pleurer en silence, et il savait pas quoi faire. Il osait pas la toucher, comment savoir si elle réagirait violemment, ou pas du tout, ou si elle partirait en courant pour pas qu’il la voie pleurer ? La réaction einarienne logique aurait été de paniquer à moitié et de commencer à pleurer aussi par sympathie, parce qu’il avait les nerfs faibles.
Mais les évènements des derniers mois l’avaient endurci, quoi qu’il en pense. Il voulait juste trouver les mots pour rassurer Elera, et les pensées qu’il avait commencées à formuler, en l’écoutant, et qui n’étaient pas tout à fait tendres à son égard, fondirent comme neige au soleil devant la détresse de la jeune femme. Il voulait juste pouvoir lui dire que tout irait bien. Mais ça voulait rien dire. Il s’accroupit devant elle pour pouvoir poser les bras sur ses genoux, et rencontrer ses yeux qu’elle avait dissimulées en baissant la tête. La foule plus loin applaudissait à la fin d’une chanson, et des groupes passaient, mais l’univers se concentrait autour du banc. Il pouvait pas dire comme la plupart des poètes que tout disparaissait en dehors d’eux deux,parce qu’il sentait quand même les mouvements du reste de l’Académie, mais il était juste intéressé par sa main qui essuyait les larmes d’Elera, doucement, en lui laissant la possibilité de repousser sa main.

- Ca veut peut-être rien dire, le mot marchombre, tu disais. C’est juste plein de lettres qui fusionnent deux mots pour en inventer un nouveau. Ce serait dommage qu’on puisse donner une définition, ça perdrait de sa magie, et même les ignorants comme moi pourraient prétendre pouvoir savoir ce que ça veut dire le mot marchombre. T’es marchombre c’est tout. Peklar te considère comme telle, et c’est le plus important, non ? C’est pas des critères fixes ni une liste de techniques, marchombre c’est juste un mot pour rassembler grosso modo tous les gens qui ont à peu près la même vision du monde, parce que sinon on comprendrait vraiment plus rien, et Jehan devrait inventer un nouveau mot et un nouvel enseignement pour chaque individu, t’imagines le bazar ?

Il parlait beaucoup, il en avait conscience, en déversant toutes les pensées qui lui venaient par la tête, juste pour occuper Elera, et tenter de la sortir des miasmes du désespoir qu’elle s’autoinfligeait. Il était toujours accroupi contre elle, et son front reposait contre celui d’Elera, autant pour reposer son dos un peu ronchon d’être étiré comme ça que parce qu’il tentait d’envoyer toutes les ondes rassurantes qu’il pouvait à son amie. C’était en partie sa faute si elle pleurait, et il se sentait lui-même suffisamment bien pour vouloir qu’elle aille mieux aussi. Il s’éloigna un peu pour poser le menton sur ses bras posés sur les jambes d’Elera, et la regarda la tête penchée, un sourire réconfortant sur les lèvres.

- Ca fait même pas un an que t’es maître, comment tu veux que tout se passe bien, dis ? C’est pas comme si tu devais enseigner les lettres ou le calcul, c’est pas une science exacte, et tout le monde y est pas réceptif. Regarde, t’aurais beau m’expliquer pendant dix ans, j’y comprendrais toujours rien à ce que ça veut dire, marchombre, et encore moins à ce que ça veut dire pour toi, marchombre, parce qu’au final, c’est ça qui compte. Et même, pourquoi tu te demandes ce que ça veut dire, marchombre, plutôt que de l’être ? Les épreuves, ça change rien. Je sais pas ce qui s’est passé exactement, ni qui t’a fait du mal et a détruit ta confiance, mais ils peuvent pas souiller le fait que t’es marchombre, et au-dessus d’eux.

C’était étrange comme parler l’apaisait lui-même. Il se sentait bizarrement plus vieux que d’ordinaire, plus calme, plus… serein. C’était étrange. Il avait oublié l’angoisse de sa petite sœur, les soucis d’administration, il était juste concentré pour qu’Elera sente aussi comme l’univers pouvait être calme, selon ses yeux à lui. Bien sûr qu’il n’était pas comme les preux chevaliers des légendes, qu’il ne parlait pas d’une voix grave et profonde et empreinte d’une sagesse infinie, il disait juste à la file ce que son esprit d’adolescent pensait. Avec sa voix de gosse et les tremblements de son caractère fébrile. Il resta toujours dans sa position, la tête et les bras appuyés sur les jambes d’Elera assise sur le banc, et il lui sourit de son sourire le plus idiot et le plus niais.

- Ce serait bête de marcher dans l’ombre la tête baissée juste pour coller au mot, tu crois pas ? Autant leur marcher dessus, à ces vilaines ombres qui te font pleurer. La musique parait moins gaie quand tu pleures.



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 13 Juin 2011 - 22:03

Son corps se saccadait au rythme de son hoquet en spasmes courts et rapprochés, alors que tout ce qu’elle retenait enfermé en elle depuis des mois, déjà, s’écoulait pour la première fois hors de sa trop petite enveloppe charnelle. Comme un vase rempli à ras bord qu’on renverse et dont l’eau inonde le meuble en une grosse flaque mouillée, comme un barrage qui lâche soudain sous la pression du torrent, ou comme une braise qui, rougeoyante, explose soudain en un million d’étincelles. C’était Trop. Trop d’un coup, trop violent, trop. Marlyn, Elio, l’étouffement, les cadavres, le visage de cet homme qu’elle avait tué dans un sursaut de dégoût, les flaques de sang, l’effroyable nature qui ne la réconfortait plus, les cauchemars, les chaînes, le regard de ses apprentis, la peur, la haine, et ce ciel brouillé où ne brillait plus les étoiles. Pour tout le monde, c’était fini, deux mois déjà que leurs plaies cicatrisaient, mais pour Elera, c’était comme si Elio avait redonné un coup de poignard sur les blessures à peine refermées, et la souffrance coulait à flot encore plus vivace qu’auparavant. Elle ne pensait même plus à ce qu’elle avait fait, ou à ce qu’elle ferait ; elle savait juste que les autres la croyaient forte, pensaient qu’elle pouvait tenir, et que ce n’était pas vrai. C’était trop, et elle ne pouvait plus. Elle lâchait tout, tous les fils, et ils allaient se perdre dans la poussière, invisibles à l’œil nu, à jamais. Larguez les amarres, relevez l’ancre, baissez les voiles, et laissez la tempête mener le bateau au naufrage. Sanglote, sanglote, pour nourrir un peu plus les vagues, et faire courber la pluie.

Et puis il se passa plusieurs choses simultanées, et un long frisson déchira son échine.

Des doigts de fée qui font chanter le tissu pour atteindre la texture de la peau, frôlement, effleurement, toucher éphémère empli d’une douceur infinie.

Des yeux, l’un vert, l’autre bleu, ce ciel et cette terre renversés sur le côté, pour qu’au lieu d’être en haut et en bas, ils soient à gauche et à droite, l’horizon transformée en verticale, à en perdre la cime. Des yeux, et au milieu de la buée éloignée par les yeux papillonnants au contact dans son dos, un sourire, adressé à elle à travers la foule, qui vint la cueillir au creux de la poitrine.

Un mouvement, intérieur, comme une question, une inquiétude, une silhouette qui se retourne, vers elle à nouveau, et une main qui se tend sans toucher, attendant de savoir ce qui était attendu d’elle, mais présente, là, légère, comme un pétale blanc qui tombe sur la surface de l’eau.

Et puis encore des doigts, masculins ceux-là, plus maladroits, des pouces qui venaient ramasser ses larmes et sécher ses pommettes, d’un mouvement tout aussi doux que les autres, régulier, présent. Alors elle l’écouta, les yeux écarquillés, la respiration toujours chevrotante mais moins incontrôlée, et puis ce fut un front, à la place des mains autour de son visage, et elle ferma les yeux, s’abandonnant sur cette île improvisée. Quand le contact étendu disparut, elle rouvrit les yeux sur ce sourire réconfortant, niais, sur ces yeux attentifs qui ne perdaient pas la moindre de ses réactions, sur ce visage calme, serein, apaisant, qui lui promettait que tout irait bien. Et puis des mots, encore des mots, des mots qui voletaient comme des graines de pissenlit, blancs et légers sur l’alizée. Il y avait tant d’innocence, dans la courbure de sa mâchoire, et d’espoir sur la courbe de son nez, aussi, cet espoir qui était mort comme une souris entre les griffes d’un chat, ou un oiseau fonçant sur une fenêtre, et tombant raide au pied du mur. Cet espoir qu’il y avait aussi au creux de son dos, là où le souvenir d’un contact la picotait encore, et dans ce sourire, qui avait maintenant disparu derrière les têtes des danseurs. Dans ce sentiment, rassurant, au creux de son être.

Ce n’était pas grave, qu’il décrive les marchombres comme ayant la même vision du monde, et que ce soit justement cette vision du monde qu’elle ne savait plus définir. Ce n’était pas grave, qu’il ne sache pas ce que signifiait être marchombre non plus, qu’il parle pour ne rien dire, et ne réponde à aucune des questions qui lui noyaient l’esprit. Ce n’était pas grave, qu’elle ne sache pas s’il avait raison, quand il disait qu’elle était au dessus de tout ça, qu’elle pouvait perdre sa confiance, mais pas perdre le fait qu’elle était marchombre. Ce n’était pas grave, qu’elle n’ait pas la force d’écraser les ombres, et n’en avait jamais eu envie. Ce n’était pas grave, parce qu’il était là à la regarder en souriant, à essayer de lui remonter le moral alors qu’il ne l’avait pas vu depuis presque un an, et la connaissait à peine. Ce n’était pas grave, parce que dans la foule, il y avait un ange, quelque part, qui ne l’oubliait pas. Ce n’était pas grave, parce qu’il y avait une jeune fille qui aimait les loups, avec qui elle aimerait se poser, plus tard, pour regarder la forme des nuages, et parler, à moitié, de tous ces bouleversements qui changeaient leurs deux vies les uns après les autres – Elle irait la retrouver, plus tard, ça lui ferait au moins quelque chose à quoi raccrocher le futur. Ce n’était pas grave, parce qu’elle avait toujours un guide, qui la laissait choisir son chemin, mais serait toujours là pour lui tendre la main, si elle en avait besoin. Même si elle n’était pas censée en avoir besoin, ayant appris à escalader les chemins les plus ardus… Ce n’était pas grave, parce qu’il était là, devant elle, à lui parler et la rassurer, alors qu’il n’avait aucune obligation envers elle, aucune raison de le faire, sinon la gentillesse. Elle n’était pas seule. Elle n’avait pas… tout perdu.

Trop émotive, elle faillit se remettre à pleurer, étreinte par une bouffée de gratitude, mais les derniers mots d’Einar, plus fort que la gravité qui tirait les eaux lacrymales vers le bas, la retinrent. A la place, elle attrapa ses mains, l’obligeant à se relever et à tenir sa tête tout seul comme un grand, et se leva, quittant la dure pierre du banc. Il se leva aussi, suivant son mouvement alors qu’elle tenait encore ses mains, et elle en lâcha une, mais raffermit sa prise sur l’autre.

- La mu, musique pa, parait… Viens danser. S-S’il te plait.

Elle n’arrivait pas encore à parler normalement, alors elle ne dit rien de plus, se contentant d’avancer vers les danseurs, lui la suivant gentiment, sans qu’elle ait besoin de le tirer. Elle se serait sûrement arrêtée, et l’aurait lâché, si ça avait été le cas… Se perdre dans la foule. Danser. Et pas comme ceux qui l’entouraient ; pas de ces danses à bout de bras des paysannes, pas des mouvements amples des roturiers, pas de ces jeux de sabots dans la terre et de grands éclats de rire, pas de rondes, pas de danse à plusieurs, de gens qui passent sous les bras étendus, et qui tournent pour mieux revenir, pas de chenilles, non plus. Elle garda la main d’Einar dans la sienne, posa l’autre sur son épaule, puis posa sa tête quelque part entre son cou et sa poitrine, et ferma les yeux. De son oreille collée contre son corps, elle entendait les battements du cœur du jeune homme, et c’était comme une autre ligne mélodique, pour s’ajouter à celle des musiciens.

Ca ne changeait rien. Elle avait quand même tué un homme. Elle avait quand même été incapable de protéger son apprenti, ou de rester libre, sous le règne du Chaos. Elle avait quand même abandonné Elio, avec du sang sur les mains, dans le silence et la rancœur. Mais peut-être, juste peut-être, n’avait-elle pas fait le mauvais choix. Peut-être serait-elle morte, si elle ne l’avait pas tué. Peut-être aurait-elle dû attendre, avant de prendre des apprentis, mais la décision était prise, maintenant, et elle devait les accompagner jusqu'au bout à présent. Peut-être Elio n’avait-il pas besoin d’elle, non plus, tout comme Marlyn n’avait jamais eu besoin d’elle. Elle s’était accrochée, pourtant, et c’était elle qui s’était fait mal, inutilement, encore et encore et encore et encore. Elio était sûrement mieux sans elle, lui aussi. Qu’est-ce qui lui faisait penser qu’il ne l’aurait pas rejetée avec mépris, si au lieu de se retourner et de s’enfuir, elle était allée jusqu’à lui, et était restée ? Qu’est-ce qui lui disait qu’elle aurait pu rester aux côtés d’un meurtrier sans être brisée intérieurement, comme elle l’avait été en restant à l’Académie alors que la liberté l’appelait vers le sud ? Elle ne savait pas si abandonner quelqu’un était plus marchombre que de rester au côté de quelqu’un qui ne respecte pas la vie, mais elle avait choisi. Et Einar avait raison, là-dessus. Le passé était figé. Qu’elle ait pris, ou non, la bonne décision ne changeait rien. Elle devait vivre avec le passé qu’elle s’était forgée, maintenant.

Et s’il y avait du sang, sur le miroir des souvenirs, il y avait aussi des sourires, et ce cœur qui battait, là, juste à côté de sa tête.

Elle se laissa emporter. Comme si cette danse était un instant de répit. Parce que pour le moment, entre les bras d’Einar, sous les ailes d’un ange et un regard bicolore, entourée de pétales de fleurs, il ne pouvait rien lui arriver. Illusion, elle le savait ; les ombres n’en existaient pas moins, mais ce n’était pas grave, pour le moment, puisqu’elles se tenaient à distance. Elle n’avait même pas aperçu les cheveux blonds tant redoutés, ce soir. Alors elle s’appuya, un peu plus, sur l’épaule de son ami. Cocon de simplicité.

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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 20 Juin 2011 - 11:36

La main sur sa joue claqua dans un étonnement non feint du jeune homme.
Mais pour qui se prenait-elle ? De quel droit se permettait-elle de le toucher, de hurler de la sorte ?
Aussi il resta stoïque, la regardant avec ignorance, sachant bien que l’indifférence est ce qui fait le plus mal. Il la laissa se défouler, taper du pied, commencer à pleurer, l’insulter, et enfin, par la Dame, enfin, s’en aller.
Il souffla, pas mécontent de s’être débarrassé de cette nouvelle difficulté. Il ne savait plus très bien quoi faire. Les évènements le dépassaient complètement et il semblait évident que la vie en communauté à l’Académie ne seraient pas aussi simples qu’il ne l’avait imaginé.

Trainant des pieds, tandis que le chuchoteur bondissait de rage sur son crâne, comme pour hurler encore après la jeune fille de ménage, il s’apprêtait à rentrer se coucher et oublier les nouvelles surprises que lui réservait ce putain de destin. Il devait y avoir quelque chose là-dessous, bien loin de tout hasard. Il n’avait pas rencontré Anaïel pour rien, et son arrivée à l’Académie avait déjà fait quelques preuves : il venait de retrouver sa sœur. Bon, ce n’était plus vraiment la sœur qu’il connaissait et tout devenait de plus en plus complexe, mais…rien de hasardeux là-dedans.

Maugréant, il manqua de louper son maître, assise contre un saule. Il freina, abandonnant de suite tout air grognon pour arborer un sourire plus que bienvenu. Il n’oserait jamais le lui dire, puisqu’elle semblait ne vouloir qu’une simple relation maitre-élève, mais elle lui avait beaucoup manqué ces
derniers temps. Lorsqu’elle lui rendit son sourire, il ne put que rougir, et toutes les émotions contradictoires de ces derniers temps remontèrent jusqu’à sa gorge et ses pupilles. Ces dernières s’embuèrent de larmes, et dans un souffle fort il se laissa tomber aux côtés d’Anaïel.

Il chercha avidement sa main à serrer dans la sienne et sans réfléchir lova son crâne acajou dans le creux de la nuque de la jeune femme. Au diable la relation d’enseignement, il ne pouvait s’y résoudre !

-J’peux pas. Souffla-t-il d’une voix rauque.

Il retenait difficilement ses sanglots et ne savait comment lui expliquer. De plus, la peur le rongeait qu’elle ne le repousse à nouveau. Alors, il se dégagea lui-même, soudainement gêné, et passant une main sur sa nuque il racla sa gorge.

-Désolé…C’était déplacé.

Ses émeraudes fuyaient son regard, et son instant de faiblesse se transforma en bouffées de chaleur apparentes sur ses joues rondes.

-Tu savais ?


Il tenta de fixer les yeux promesses de la jeune femme, mais détourna de sitôt ses iris, trop honteux.


-Tu savais pour ma sœur ? Tu savais qu’elle était ici et vivante ?


Sa voix reprit de l’assurance, mais se fit bien plus dure et méfiante. A nouveau il leva les yeux et parvint cette fois-ci à soutenir le regard de son maître, comme découvrant une nouvelle facette, une autre vision
de tous ces évènements consécutifs.


-Pourquoi m’as-tu amené ici ?

Pour la retrouver ?
Noukas faisait les gros yeux à Anaïel, révélant ainsi la colère montante dans la gorge de son maître. Il n’avait pas pensé jusqu’ici à la possible implication d’Anaïel dans les funestes retrouvailles avec Ciléa. Et si
c’était le cas, si la chimère de ses rêves savait dès lors qu’il avait prononcé son nom, que sa sœur se trouvait à son lieu de destination, alors il ne pourrait le lui pardonner. Pas de suite, du moins.
Pourquoi ne lui avait-elle rien dit ? Il aurait du savoir, avant. Se préparer. Et décider de lui-même de la revoir ou non. Mais pas de cette manière, pas en feintant un prochain mariage avec une marchombre des plus étrange.
Le chemin se fit petit à petit parmi les méandres de ses pensées. Naeëlios connaissait Anaïel.
Coïncidence ? Hasard ? Il n’y croyait pas.
Il tapa du poing par terre, refusant de croire à cette conspiration.

-Dis-moi que tu ne savais pas !
Hurla-t-il.

Les sanglots éclatèrent en millions de petites gouttes dans l’air tendu de cette soirée de fête.

Dis-moi la vérité.
Mais je t’en supplie, dis-moi que tu ne savais pas.
Parce que je t’aime. Et parce que je t’ai fais confiance.
Ne me trahie pas, toi aussi.



_______________

Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 20 Juin 2011 - 12:18

Julia venait de répondre aux questions de Lya, cette dernière s'était beaucoup interessé aux armes de Julia, faut dire que la jeune femme était la seule à en avoir à cette fete, Selhan lui avait cacher ses lames dans un buisson non loin de la fête pour pas que quelqu'un se pose des questions surtout que pour l'occasion il avait enlevé sa cape blanche habituel pour paraitre un jeune homme comme les autres en tenu de soirée etc... Enfin bref il essayait de faire bonne impression alors les lames n'étaient pas forcément les bienvenues bien qu'il ai toujours un peu de mal à s'en séparer...

Quoiqu'il en soit une fois sa phrase terminé, Julia dû partir, le jeune couple se retrouva donc de nouveau seul. Selhan regarda sa belle, il lui sourit, approcha sa main de son visage caressa sa joue, puis il l'embrassa puis enfin il s'exclama.

- Et si nous retournions danser un peu?

Il était joyeux ce soir, c'était une soirée amusante comme il n'en avait encore jamais fait mais il aimait sa. Il se dit cependant qu'il allait falloir un moment ou un autre aller voir Locktar ou Jehan, enfin il avait plus un penchant pour Locktar étant donné que l'intendant de l'académie le connaissait deja et ne risquait pas de lui dire bienvenu... Enfin s'il faisait bonne impression à Locktar et que celui-ci allait plaider sa cause auprès de l'intendant peut-etre que ce dernier aurait plus de mal à avancer des arguments contre Selhan?

Enfin... pour le moment place à la fête! Il se leva et invita Lya a se lever pour le rejoindre sur la piste de danse!


_______________


La mort n'arrive jamais par hasard.

Où que je sois, si j'y suis, la mort y est aussi.

A l'inverse, où que tu sois, si la mort y est, j'y suis aussi.

Mais si je ne suis pas là avec toi, il n'est pas dit que tu ne meurt pas.

Ma protection sera ta seule dévotion.


La méditation est noble, le courage est fort, la confiance est suprême
mais seule la mort règne.


Où que tu aille je te suivrait les yeux fermés parceque si j'ai confiance alors mon âme et mon instinct me guiderons mieux que mes yeux... Sache le!
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 20 Juin 2011 - 15:28

Un sourire déchira les dents de la marchombre lorsqu'elle croisa enfin les yeux de son Ewall. Qu'il lui avait manqué ! Elle serrait encore les poings sous le coup de la colère tout en avisant la marque rouge sur la joue de son apprenti, mais ce n'était pas ses oignons. Elle n'aimait juste pas qu'il ai mal.

Cela faisait quelques temps qu'ils ne s'étaient pas vu, même si la marchombre n'était jamais vraiment loin de lui. Leur voyage, tout en maintenant une distance étrange, teintée de gène, avait néanmoins pu les rapprocher, unir leur confiance réciproque pour créer un véritable lien de maître-apprenti. Mais ce lien, Anaïel s'en rendait de plus en plus compte, était loin d'être satisfaisant. Il y avait tant de non-dit, de chaleur dans les joues, de détournement de regard... Elle ferma les yeux au contact de ses doigts. Sa main gauche n'était pas totalement remise du traumatisme du manoir des Ril'Morienval, mais ça allait en s'arrangeant. Elle ferma les yeux et écouta le chant de la peau des doigts d'Ewall.

Étrange. Étrange comment son pouvoir pouvait se manifester. C'était la musique du monde qui transitait à travers ses paumes, qui se catalysait dans les phalanges pour devenir arpèges audibles, mélodie d'osmose et d'harmonie. Ce n'était pas pour la vie, c'était pour la trame de cette même vie, et d'un côté c'était normal, une onde ne pouvait se répercuter dans une mouvance constante, il lui fallait de l'armature, des poutres et des voutes à courir. Voila pourquoi elle n'était jamais parvenue à entendre une mélodie humaine. Ou plutôt, si, elle avait pu, mais ce n'était pas de la mélodie, c'était du bruit, quelque chose de brutal et de trop vif pour les oreilles. A ces pensées, Anaïel passa son autre main sur le tronc du saule. Elera. Elera qu'elle avait pu soigner, ses cellules avaient répondues à l'appel. Mais jamais une musique n'était jamais sortie d'un contact avec un animal ou un humain. Jamais, depuis Ewall.

Etait-ce l'harmonie ? Etait-ce le hasard ? La confiance qui nouait leur relation ? Une simple dysfonction depuis le drame du manoir ? Car oui, ç'aurait pu être ça, puisque, même si elle tirait une musique de son contact avec Ewall, elle ne pouvait le faire qu'avec sa main gauche, celle-là même qui s'était immergée dans le lieu d'enfance du jeune homme. Alors quoi, un portail qui se serrait ouvert ? Elle secoua la tête, indécise, tout en savourant ce contact qu'elle aimait tant, malgré ce par quoi il était causé. Son corps lui-même avait accepté l'apprenti. Et pour ça, elle ne le remercierait jamais assez. C'était possible. Elle ferma les yeux.

Au même moment, l'odeur chaude et boisée du jeune homme envahit ses narines, tandis qu'il l'étreignait, qu'il respirait dans son cou, et qu'il faisait naître une farandole d'arcs électriques dans le corps entier de la marchombre. C'est à ce moment là qu'elle réalisa pleinement à quel point il lui avait manqué, à quel point elle tenait à lui. Elle avait voulu lui laisser la liberté nécessaire pour découvrir l'Académie et s'adapter à son nouvel environnement, tout en s'éloignant pour se recentrer et réfléchir à son avenir proche. Mais cette pseudo-séparation lui avait couté, quoi qu'elle puisse en penser. Elle, la marchombre, Anaïel, élève douée d'Elhya, l'Ange de feu aux ailes blanches, la solitaire, le fauve aux yeux de feu, elle ne pouvait plus se passer d'un petit bout d'homme qui lui avait ravi sa solitude en même temps que sa détresse. Elle sourit à cette situation. Elle avait peur, sans nul doute, de la rapidité et de la puissance avec laquelle ses sentiments s'exprimaient, mais elle lui faisait confiance. Au delà du raisonnable. Alors quand il la serra dans ses bras, elle referma les siens autour de lui, l'attirant encore plus contre elle. Son odeur devint tout un univers juste avant qu'il ne se recul brusquement pour s'éloigner, baissant les yeux, comme honteux de son geste.

Elle ne comprenait pas. Pourquoi avoir honte ? Pourquoi cette rougeur sur ces joues que la marchombre aurait voulu caresser d'un doigt ? Mais ç'avait été comme ça durant tout le voyage. Des je t’aime moi non plus qui fourmillaient et électrisaient l'air, qui les éloignaient autant qu'ils les rapprochaient. Anaïel avait prit l'habitude de ne pas le retenir, en voyant la gène qui se lisait sous ses yeux baissés, mais à chaque fois, elle avait cette petite pointe au cœur de voir qu'il ne voulait pas s'approcher plus. Elle voulu lui répondre que ce n'était pas le cas, mais n'en eu pas le temps.

L'atmosphère changea rapidement. Pas instantanément, non, Anaïel vit bien la colère monter, la haine battre aux tempes, la tristesse affluer. A ces sens aiguisés, et parce qu'elle était complétement immergée dans la bulle créé par leur deux présences, les quelques secondes qu'il fallu à Ewall pour cracher le doute qui le taraudait semblèrent à Anaïel comme la lente descente du soleil dans l'horizon. Mais elle ne pu rien faire. Parce qu'elle était complètement immergée dans cette drôle substance qui lui collait les membres et les lèvres.

Tout à coup, Anaïel repris pieds dans la réalité. Les bruits l'assaillirent et lui tirèrent une grimace, l'écorce de l'arbre dans son dos lui écorcha la peau des épaules quand elle sursauta sous le ton venimeux d'Ewall, une balle perdue vint presque percuter l'épaule de son apprenti avant qu'elle ne la rattrape in extremis, les vapeur d'alcool lui ébouriffèrent le nez et elle sentit quelque chose naître au fond d'elle.

Elle fixa sans fléchir le regard d'Ewall, les sourcils froncés, le cœur en ébullitions alors qu'un frisson lui écorchait l'échine. Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais ne pu rien faire devant la dernière flèche de son ami, devant son air blessé et haineux.

Le bruit de la musique, des pas des danseurs, des jongleurs, des soulards, qui s'affalaient sur le sol, toutes ces vibrations se répercutaient dans le corps de la marchombre, le douchant sous un miel poisseux et glauque, bloquant ses réaction tout autant que son esprit. Sous l'avalanche de questions, elle n'avait pas reprit pied, au contraire. Elle s'était noyée. Dans la confiance perdue de son apprenti.

Parce que, oui, elle savait pour Ciléa.

Oh, pas depuis le début, loin de là ! non, elle avait rencontré Ewall de manière totalement imprévue, ce ne pouvait pas être quelque chose de planifié. C'était un hasard qui s'était transformé en une chance merveilleuse. Elle avait décidé de lui faire découvrir l'Académie. Comme ça, sur un coup de tête, pour renouer un peu avec le berceau de son enseignement, une manière pour elle de trouver des réponses sur le déroulement d'une formation tout en fournissant à son apprenti un toit et un nouveau monde à découvrir. C'était également, de manière beaucoup plus inconsciente, une manière de lui rendre la pareil, de lui montrer sa maison, son passé, ce qu'on pouvait appeler son enfance, en retour à ce qu'il lui avait donné le soir de leur rencontre. Un échange qu'elle savait ne pas être juste, mais que son inconscient semblait vouloir honorer tout de même. Ce n'est qu'une fois parvenus dans le lieu qu'Anaïel avait réalisé qu'elle avait déjà entendu parlé du nom de Ril'Morienval. Ce fut un flash, quelque chose qui ne l'avait pas effleurer avant, tout simplement à cause de la distance et du détachement des deux histoires -Ewall d'un côté et l'Académie de l'autre. Elle savait qu'elle avait entendu ce nom en ces murs tout en ignorant quel visage mettre dessus, ce qui l'avait poussé à ne rien dire à son apprenti, pour ne pas ranimer quelques espoirs que ce fut s'il s'avérait qu'elle avait imaginer le souvenir ou que la personne soit morte durant l'attaque.

Puis elle avait fureter, pour retrouver des traces de ce souvenir qui s'effilochait. Et elle avait vu Ciléa. Une personne qu'elle avait de prime trouvé très hautaine et d'un mépris qui ne lui inspirait aucune sympathie. Ciléa Ril'Morienval. Et elle n'avait rien dit à Ewall. Parce qu'elle ne savait tout simplement pas quoi faire et qu'elle avait peur de le faire souffrir. Oui, elle, Anaïel, avait peur. Peur de simples émotions.

Elle détourna le regard. Erreur fatale. Les émeraudes d'Ewall se transformèrent en lave incandescente tandis qu'elle sentait sa colère s'écraser contre sa peau sensible et que les jointures de ses doigts criaient, blessant ses oreilles avec le bruit ambiant. Elle essaya de parler, entrouvrant les lèvres juste assez pour un murmure babillant :


- Je.... Je n'ai....

Mais elle ne pouvait pas. Il y avait tellement de déceptions dans la voix de son apprenti... Tellement de détresse, et les bouts de cette confiance brisée qui s'enfonçaient dans l'esprit comme une lame dans la chair, pillant la conscience comme des éclats de métal acérés...

Il se releva d'un bond, chancelant, les épaules tendues à l’extrême, son front ridé de souffrance et de mépris. Elle ne savait comment, mais elle l'avait trahit. Elle avait trahit ses attentes, et la confiance qu'il avait placé en elle. Une boule d'acide clouta les lèvres de la marchombre, l'étouffant avec ses propres mots plus surement qu'avec un bâillon. Un frisson glacé la prit au ventre et elle sentit son estomac se tortiller sous la puissance de l'émotion qui l'étreignait. Elle trouva la force de lever les yeux vers lui. Ils chatoyaient, les yeux d'Anaïel, d'un torrent de feu plus ardent que jamais, bouffant le visage jusqu'aux tréfonds, les lèvres entrouvertes sur une respiration haletante presque invisibles tant les vortex ignés gravitaient le regard. Elle dit, d'une voix rauque :

- Je... Je ne t'ai pas amené ici parce que je savais. Je ne savais pas. Mais je l'ai su. Et je ne te l'ai pas dis. Parce que je ne savais pas comment. Et que je n'ai pas eu le temps. Je ne savais pas avant.

ça chevretait, ça tremblait. Mais Anaïel prit une inspiration qui lui déchira les poumons tant elle était sous tension. Alors elle se releva, doucement, tout en vrillant ses yeux à ceux de son apprenti. Le choc passé, elle se rendait compte de sa situation, et, étrangement, cela lui permit de prendre la distance nécessaire pour se rendre compte de son état pitoyable. Elle était trop émotive. Elle se recula, mais elle ne pouvait afficher un calme qu'elle ne possédait pas.

- Je veux pas te faire souffrir. J'veux pas parce que ça me fait mal.

Mais surtout, elle ne pouvait s'imposer à quelqu'un qui ne voulait pas d'elle. Fut-ce son apprenti, son ami, l'homme dont elle était...

- Je t'aime.

Et le monde s’arrêta lorsqu'elle prit conscience de ses mots. Lorsqu'elle prit conscience qu'elle ressentait ses mots. Lorsque l’univers se résuma aux yeux verts qui la fixaient, dont la colère lui faisait plus mal que tout. Lorsqu'elle se rendit compte que la seule personne qui avait rendu la musique humaine possible se tenait devant elle. Lorsqu'elle repensa à leur vol à deux. A l'étoile qu'il avait peint sur sa joue. A la joie qu'elle avait de le retrouver, et à sa peine lorsqu'elle avait décidé de le quitter. Au vide que créait cette dislocation de confiance qui comptait tant pour la marchombre.

Je t'aime Ewall. Du moins je crois que c'est ça aimer. Et si ce n'est pas le bon terme, alors j'ai besoin de toi, car tu es la personne la plus importante pour moi. Au delà des mots et du sens que vous, humain, leur donnez.

Elle s'agenouilla devant lui et, dans la terre, de ses doigts magiques, elle traça ces quelques mots :

Harmonie et confiance
Essence et sens aux tréfonds des univers
Destins aux hasards liés


Sa main trembla, alors elle l'enfonça dans la terre fraichement retournée, à côté d'une fleur à la corole fermée.


_______________
Des ailes dans le dos...




Anaïel / Miaelle Campbelle/ [i]Lev Mil' Sha

[/i]


Aucun destin n'est inéluctable.

L'arborescence des possibles nous tisse le sang aux poignets


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Ven 24 Juin 2011 - 17:08

Les premiers mots d’Anaïel, à peine sortis d’entre ses lèvres que déjà brisés dans l’indécision, firent flancher tout espoir à Ewall.
Elle savait.
Et elle ne lui en avait rien dit. Rien.
Il déglutit, constatant son maître en train de se débattre avec ses pensées. Il ne voulait pas croire à cette trahison, car il ne savait pas quelle réaction adopter. Partir ? Pardonner ?
Son cœur battait si fort qu’il crut qu’il allait se rompre, le laissant, là, sur le tas, seul avec toutes ces démêlées.
Il se releva, chancelant devant la vérité qui ne tarderait pas. Comment lui dire ? Comment continuer. Il était déjà si difficile de se contenter du rôle d’élève, de masquer ses sentiments. Alors à présent jouer celui qui s’est trouvé là par hasard ? Cela, il ne le pouvait pas. Il haïssait le hasard. Le hasard n’existait pas.
Il n’était pour elle alors qu’un objet. Qu’une peau abandonnée de serpent que l’on traine avec soi, de lieux en lieux, à laquelle on refait vivre un passé si douloureux que l’autre part de son corps est parti avec ? Comme un instrument. Un jouet. Un pantin de bois sur lequel elle tire toutes les ficelles.
Mais cela, il ne le voulait pas. Il était hors de question d’avoir des ficelles. Depuis l’assassinat de ses parents il se débattait pour faire taire à jamais le hasard, les coïncidences et toutes ces merdes qui contrôlent votre vie. Ce n’était pas pour être à nouveau aliéné.

Enfin, des tremblements franchirent le seuil des mots entrecoupés, et elle réussit à faire une phrase complète. Bien que complexe.
Elle savait, et ne savait pas à la fois. Fronçant les sourcils, il se força à l’écouter, un éternel espoir au creux de son cœur. Il lui couterait de la quitter. N’imaginait-elle donc pas le mal qu’elle pouvait lui faire ? N’avait-elle donc pas compris qu’il était bel et bien amoureux ?
Que la plus belle des demoiselles admiratives paraissait bien pale à ses côtés. Et qu’il ne supportait pas de passer une journée loin d’elle.

Elle se leva à son tour, mais ne s’approcha pas de lui. Il le regretta. Avait-elle peur de lui ? Pouvait-il être violent sous la colère ?
Pas avec elle. Jamais il ne pourrait lui faire du mal. Et là, maintenant, dans les tensions du Bal des Survivants, il avait besoin plus que jamais de son étreinte sur son corps, de sa voix mélodieuse chantant à son oreille, de ses yeux de velours le couvant et de son corps promesse pour l’aider à continuer.

Ewall eut un sursaut en entendant son maitre souffrir. Il s’en voulu aussitôt de s’être énervé si vite, d’avoir passé toute la colère des évènements sur elle. Elle avait mal. Et il ne pouvait le supporter.
Et cela même si elle lui avait caché l’existence de sa sœur au sein de l’Académie.

- Je t'aime.


Ce fut comme un détonateur. Comme une pression pour activer une bombe. Le monde autours de soi qui explose, les pensées qui s’envolent, et le temps qui se fige.
Juste le temps de quelques secondes.
Car de suite revinrent les réflexions assaillantes et la panique. Que faire ? Que répondre ?
L’embrasser ?

Mais pour elle, je t’aime, ça veut dire quoi ? La même chose que moi ?

Il paniquait, se retrouvant dans cette situation, partagé entre l’extase et la frayeur, pour la première fois. L’avait-il mal comprise ?
Pas un seul instant, il n’avait imaginé que les sentiments puissent être réciproques…Pas un seul instant.

Il la vit s’agenouiller et se demanda ce qu’elle allait bien pouvoir faire. Soudainement le temps reprenait son cours, mais bien plus vite, comme s’il voulait se rattraper. Il fallait à tout prix qu’il dise quelque chose, qu’il agisse. Sinon quoi elle aurait bien plus mal.


Harmonie et confiance
Essence et sens aux tréfonds des univers
Destins aux hasards liés


Son cœur rata un battement, tant les mots firent effet. A son tour il s’agenouilla, face à Anaïel, tous deux séparés par les mots gravés dans la terre fraiche.
Il n’était pas mécontent de ne plus être debout, tant ses jambes s’étaient mises à trembler.

Il fixa de ses prunelles sa chimère, y déversant tout l’amour possible. De sa main gauche, il prit la sienne, et se sa main droite il brouilla les mots « aux hasards », ne laissant que « Destins liés ».

-Je ne crois pas au hasard.
Souffla-t-il.

Et sur ces mots, il s’approcha et déposa ses lèvres sur celles en fleur de son maitre.
N’ayant aucune envie d’arrêter le plus bel instant de sa vie, il attrapa la taille de la marchombre pour l’attirer jusqu’à lui, et la serrer tout contre son cœur, dans un baiser tendre et prometteur.
Car avec elle, tout était promesse. Peut importe qu’elle ne lui ai rien dit sur Ciléa, il savait qu’il n’avait pas besoin de lui demander de ne plus rien lui cacher.


-Je t’aime. Je t’aime plus qu’un non dit déjà envolé. Je t’aime plus qu’un simple lien maitre-élève qui ne me suffit plus, qui ne m’a jamais suffi. Je t’aime plus qu’un passé qui me bouffe et que je rabats injustement sur tes mains trop écorchées. Je t’aime plus encore que l’intensité de notre premier vol. Je t’aime depuis notre premier regard, depuis l’étoile dessinée sur ta joue, depuis le jour où j’ai renoncé à tout pour te suivre jusqu’aux tréfonds de l’inconnu. Je t’aime, Anaïel, je t’aime.

Il avait dit tous ces mots d’amour à une vitesse qu’il n’aurait jamais cru possible, en un souffle pris au préalable, en un battement assourdissant dans ses tempes, en un regard embrasé.


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Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 25 Juin 2011 - 15:30

Ces lames étaient magnifiques, et uniques. Il émanait d'elles une aura de puissance et de vivacité que l'on ne pouvait pas ignorer. Lya était tellement absorbée dans leur contemplation qu'elle ne perçut pas le malaise provenant soudainement de Julia. Ce ne fut que lorsque la jeune femme récupéra son bien et se leva que la Kaelem émergea difficilement du rêve éveillé qui l'avait emporté. Pour se donner une contenance, Lya saisit son gobelet et bu une longue lampé de bière. Elle faillit s'étouffer et finit par déglutir avec difficulté avant de se tourner vers Julia, qui s'éloignait déjà, pour lui dire:

-A une prochaine fois j'espère, et bonne soirée!

Elle était de nouveau seul avec Selhan. Enfin, seul... c'était une façon de parler puisque tout autour d'eux se déroulait le bal, avec ses danseurs, ses buveurs, ses musiciens, ses commères et ses intrigues. Le long baiser qui s'ensuivit confirma néanmoins qu'ils étaient bel et bien seuls au milieu de tout ce monde. Lya se sentait bien. La musique et les sons qui l'environnaient étaient passé au second plan. Il n'y avait que son corps, et celui de Selhan. Leurs mains qui ne se quittaient pas, leurs respirations, longue et posée pour l'un et un peu plus précipitée pour l'autre, mais pourtant presque au même rythme. Leurs yeux, bleus tout les deux, reflétant l'océan ensoleillé pour le premier et ses profondeur abyssal pour la seconde. Pareils mais différents, liés par ce qui fait se ressembler deux personnes venant chacune d'endroits complètements différents. Fusionnés par la passion.

Lya ne savait comment exprimer le bonheur presque nostalgique qui s'emparait de son être. Elle avait besoin de l'évacuer, aussi la proposition de Selhan fut la bienvenue. La Kaelem fini sa boisson en deux gorgées et abandonna les restes de son assiette sur le muret avant de se relever vivement pour s'emparer de la main de Selhan. Aussitôt, les jardins tout autour d'elle se mirent à tournoyer lentement, formant de zones parfois nettes, et d'autres plus troubles. Face à ce phénomène visuel, la jeune femme éclata d'un rire joyeux. Elle ne tenait vraiment pas l'alcool. Deux verres de punch et un de bière suffisaient à lui faire perdre les pédales. La Kaelem fit quelques pas difficiles aux côtés de son amour, avant de se rendre compte d'une évidence. Elle serait incapable de danser dans cet état, à moins de jouer au bowling avec les autres danseurs. Elle serait la boule évidemment. Elle s'exclama, face à une évidence:


-Chéri, j'crois que ça va pas êt' possible! J'tiens même pas debout... La bière, c'tait d'trop!

Et son fou rire la reprit, irrépressible. Lorsqu'enfin il cessa, Lya reprit:

-Faudrait p't'être que j'retrouve mes chaussures, non? J'sais pu où elles sont parties. Tu crois que ça marche, des chaussures? Tant pis, j'les chercherais demain ou plus tard. Elle est sympa Julia, hein?

Un long bâillement l'interrompit. La fatigue du voyage la rattrapait, et lui rappelait sa troisième rencontre avec Selhan, dont Lya ne gardait d'ailleurs que de vagues souvenirs. Elle n'en avait retenue que l'image de longs couloirs, des larmes, et des phrases interminables dont les mots ne lui reviendraient surement jamais. Soudainement épuisée, Elle s'appuya sur Selhan et continua:

-Je vais monter me coucher... J'en peux plus

Sur ces mots, la jeune femme s'éloigna au milieu des danseurs, en direction de l'académie, laissant Selhan dans la foule. Elle avait besoin d'être un peu seule.


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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 2 Juil 2011 - 14:55

Oui, peut-être qu'elle jouerait plus tard. Soudain, sans aucunes formalités débiles de grands bals, Shawna invita la marchombre pour une danse. Elle la tira par le coude et Ichel se retrouva bien vite au beau milieu de la piste. Les deux jeunes femmes dansèrent simplement pour s'amuser. Ne s'encombrant en aucunes façons des moeurs d'un bal traditionnel, elles dansaient simplement. La musique s'arrêta soudain en se concluant par une fausse note d'un des musiciens. Le rire tonitruant de Shawna fit démarrer celui d'Ichel. Elles ne furent pas les seules, car les musiciens commencèrent à tous désigner quelqu'un du doigt, de ce fait, les rires fusèrent dans les jardins. Les musiciens changèrent, puis un cri fit sursauter la Kaelem. Shawna aimait apparemment énormément les rondes. Le cercle se créa aléatoirement, les uns ne sachant où se mettre, les autres essayant de suivre les premiers. La musique redémarra et la danse avec. Pas en avant, pas en arrière, on claque dans les mains, puis les pieds suivirent le mouvement. La danse très simpliste n'en était pas moins amusante. Lorsque la ronde avait débuté, Ichel se trouvait encore en face de Shawna, mais avec le changement de partenaire, elle l'avait comme qui dirait perdue. Elle put apercevoir un dernier signe de la main auquel elle répondit en y rajoutant un immense sourire. Lorsqu'elle se retourna et qu'elle fit face à son nouveau cavalier... euh non, cavalière. En faisant un léger tour du cercle, elle remarqua que son amie se trouvait avec un homme. Ah ben oui, ils s'étaient trompés de sens. Avant qu'elle eut le temps de rire, elle se retrouva avec le partenaire suivant. La danse continua encore un petit moment avant l'accord final et le salut des danseurs. La marchombre épuisée se dirigea vers une table où trônait quelques verres, elle prit un rafraîchissement, le bu cul sec avant de sortir enfin de la piste de danse sur laquelle une nouvelle danse débuta.

Faitguée. Elle n'en pouvait plus. Après sa danse catastrophique et la ronde infernale, elle était déjà fatiguée de toute cette agitation, de toute cette soirée. Elle se trouva un coin isolé et s'assit. Mais il n'était pas si isolé que cela, car un couple passa, puis une fille en pleurs et encore le mec qui lui courait après. *Bon sang, impossible d'être tranquille un moment ici !!* pensa-t-elle tout en réfléchissant à une solution agréable pour tous. Elle sentit soudain le bois dur d'un chêne dans son dos. Mais oui, pourquoi pas ? Elle se leva, prit quelques appuis et en quelques tractions de bras, se retrouva sur la plus haute de ses branches. Elle se cala contre le tronc, les jambes remontées contre sa poitrine. Voilà, enfin seule. depuis l'endroit où elle se trouvait, elle pouvait apercevoir tous les recoins des jardins et tous ses danseurs. Un rapide coup d'oeil sur la piste de danse et les environs lui montrèrent quelques visages connus.
Le premier qu'elle venait de rencontrer à peine quelques heures plus tôt, avait retrouvé sa cavalière. Cette dernière étant dans la même maison qu'Ichel, les deux jeunes filles se connaissaient donc un peu. Lya et Selhan. Elle avait trouvé ce dernier sympathique et pas trop difficile question conversation. Sur les toits, ils n'avaient pas abordés de sujets trop sensibles, ils avaient juste contemplé le soleil et les étoiles avant de se quitter. Rencontre sur un coup de tête, rencontre imprévue.
*Sympathique.*
Elle tourna les yeux et tomba sur les deux personnes qu'elle respectait sans doute le plus ici. Amusant de savoir qu'ils s'étaient retrouvés cavaliers fantôme pour cette nuit. L'un plus respecté, l'autre plus proche.
Le premier, son maître. Arro. Leurs voies, infiniment liées, s'étaient pourtant séparées durant la bataille. Lui, il ne l'avait plus contactée pour l'aidée à progresser sur la voie. Elle, n'essayant même pas de le retrouver pour s'expliquer. La honte de la marchombre s'était vite transformée en colère. Il n'avait pas d'autres élèves, à sa connaissance, à part Lorek et elle, et s'il le voulait, le cours pouvait se dérouler à trois. Elle avait fini bien vite par se calmer. A quoi lui servait la colère, la haine, pour avancer sur la voie de l'harmonie ? Son regard était fixé sur lui comme si elle ne voulait pas encore le perdre de vue. C'était sans doute la première fois depuis bien longtemps qu'elle le voyait. De loin. Il était pour elle bien plus que son guide de la voie. Il lui avait offert sa liberté.
*Profond respect*
Sa cavalière n'était entre autre que la seule et unique Halina, sa première vraie amie. Elles s'étaient rencontrées dans la salle commune des Félixia et étaient vite parties dans la salle d'arme. Elles avaient immédiatement accrochées. Un projet fou avait été proposé, une course s'en était suivie, puis une promesse glissée au creux de l'oreille avant la perte. Elles ne s'étaient pas reparlées non plus depuis ce jour.
*Amie précieuse*
Marrante coïncidence que les deux personnes à qui elle craint le plus de parler se soient retrouvées ensemble pour ce bal.
Et son regard se posa enfin sur la première personne qu'elle avait rencontré à l'Académie, à part bien sûr l'intendant Jehan Hil'Jildwin en personne. Il l'avait écouté, réconforté et ça sans la connaître. Il était agréable de parler avec lui. Ils ne s'étaient pourtant vu que deux fois. Le premier jour de son arrivée et à l'infirmerie. Etrange, mais ils étaient devenus proche en deux conversations, même si la deuxième, ils n'avaient pas parlé réellement ensemble.
*...*

Les souvenirs, pourquoi la poursuivaient-ils sans cesse ? Ne pouvaient-ils donc pas la laisser en paix durant quelques minutes ? Elle n'en pouvait plus de ses pensées qui s'imposaient sans cesse à elle. Plus du tout. Toujours installée sur sa branche, Ichel leva les yeux vers les étoiles afin d'échapper à ses souvenirs. Mais même dans le ciel, le plus douloureux la pourchassait.





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Marchombre
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 16 Juil 2011 - 21:08

Ses poings se serrèrent contre ses flans. Les poils de ses bras se dressèrent, électriques, piquetant sa peau d’un milliard de boutons d’émotion. Sa nuque crissa sous l’assaut des sens, ses jambes tremblèrent et ses doigts… Ses doigts serrés chauffèrent, chauffèrent comme plongés dans une eau brûlante, irradiant jusque dans ses paupières fermées d’une lueur-harmonie aux contours étincelant, du métal en fusion à l’intérieur des paumes.

Ewall l’embrassait.

Il y avait un mystère certain sur la vie, sur la naissance d’Anaïel. Elle-même ne savait pas d’où elle venait, batarde d’un autre monde ou chimère incertaine, fruit du hasard où fille des univers ? Elle avait ouvert les yeux face au ciel, son petit corps crasseux étreint de terre, et le feu, croulant sous ses paupières, déjà ardent, les mains fermement agrippées à ses paumes, comme une âme à son corps. Et dans cet être chétif au visage bouffé par les flammes, il y avait une empreinte immémoriale, une mémoire tassée sous les braises et une volonté inouïe de survivre, de vivre et de rêver. Elle avait tissé son existence au fil du monde, se liant à lui au-delà du corps, plus profondément encore que ce qu’une potentielle destinée aurait pu entrainer. Elle avait du ciel dans la tête comme on a de l’air dans les poumons, la vie dans les veines comme les doigts d’une mère dans les cheveux. Et cette osmose parfaite, autant qu’elle puisse l’être pour une créature, l’avait préservé des affres humaine, tout en la gangrenant d’un savoir et d’une entité qu’elle était sensée protégée autant que celle-ci était destinée à la préserver. La vie d’Anaïel c’était cette lame à double tranchant, des dons chimériques associés à une personnalité rendue instable par une contrepartie exigée par la Nature avec un grand N qui l’avait enfanté. Et chaque cellule de son corps, chaque instant de sa vie, chaque expérience, son existence entière était connectée avec la trame du monde, dans une danse effrénée, une valse que rien, pas même son propre corps ne pouvait enrayer. Elle avait cette conscience aiguë des instants, et un contrôle parfait de son corps lorsque ses émotions ne l’emportaient pas sur sa raison.

Et en cet instant, alors que, de ses lèvres en contact avec celles d’Ewall, elle se liait à lui, elle eut le flash de leur histoire, comme une trainée incandescente dans le ciel de sa vie, et elle eut la certitude qu’une charnière se mettait en place, consolidait la voute de son existence en y incorporant ce qui lui était devenu vital. Elle avait besoin d’Ewall, comme de quelqu’un pour partager ses rêves et sa Voie, pour vivre avec elle, et lui donner un peu de cette humanité qu’elle recherchait depuis tant d’année. Elle avait besoin de l’amour qu’elle n’avait jamais eu. Elle avait besoin d’aimer, tout simplement. Mais jamais elle n’avait eu cette occasion, puisqu’elle n’avait encore jamais rencontré Ewall, et qu’il était celui qui chantait pour elle. Sa peau était la musique de ses mains, ses yeux les arbres que le feu de ses yeux avait détruits, et son envie de vivre, son souffle. Elle ne savait où irait leur relation, ne savait si elle ferait un professeur compétent, désormais, ne savait pas encore pourquoi ses yeux brillaient tellement lorsque son visage s’y reflétait, mais ces questions n’avaient plus d’importance alors que les mains douce d’Ewall se posaient sur ses hanches et l’attiraient à lui.

C’était une sensation si unique… Elle avait fermé les yeux pour la savourer complètement, se laissant guider par le jeune homme qui semblait posséder bien plus d’expérience qu’elle. Et puisqu’elle ne savait pas comment cette partie de la vie fonctionnait, elle laissa son corps s’abandonner dans les bras de son amoureux. Lorsqu’il se détacha enfin d’elle, distillant dans son oreille des mots si merveilleux qu’elle doutait de la véracité de l’instant, elle sentit sa curiosité naturelle se réveiller, et son étonnement lorsqu’il lui avoua qu’il l’avait aimé dès le début.

Elle voulut lui demander, des détails, ses pensées, mais le bruit et l’agitation du bal la rattrapa et ses oreilles teintèrent. Ses pupilles se dilatèrent lorsqu’elle plongea son regard dans celui d’Ewall qui la fixait sans ciller. Elle lui prit la main, la serra et tourna le dos, l’entrainant à sa suite. Ils avaient des choses à se dire. Enfin, elle, elle en avait. Son passé était resté trop longtemps inconnu.

Il était temps de dépoussiérer les pierres endormies.



( Je te propose d’ouvrir un nouveau rp dans un coin tranquille, si tu veux bien et si tu en as finis avec le bal ! ]



_______________
Des ailes dans le dos...




Anaïel / Miaelle Campbelle/ [i]Lev Mil' Sha

[/i]


Aucun destin n'est inéluctable.

L'arborescence des possibles nous tisse le sang aux poignets


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