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 Bal de l'Académie [Terminé]

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Maître forgeron
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mar 5 Avr 2011 - 19:21

Le bal de l'Académie était un grand événement qui ramenait beaucoup de populasse, mais surtout amenait quelques demoiselles. Ce soir il y avait une nouveauté : les Cavaliers Fantômes, des personnes qui allaient recevoir un cavalier aléatoirement parmi les gens qui s'étaient pris au jeu. La journée fut très chargée, les serviteurs passaient ici et la pour mettre les décorations et les académiciens parlaient de leurs habits.

Silind observait tous depuis sa fenêtre. Une nostalgie le prenait, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti la présence d'une femme chez lui. Bien sûr il y eut Celebriän Pendragon... Mais cela remonte à longtemps et la solitude qu'elle lui avait laissé le rendait parfois fou au point de sentir son esprit rôder autour de lui. Ainsi il avait décidé, depuis plusieurs jours, qu'il retrouverait quelqu'un à aimer. Donc Silind s'était rasé, avait fait quelque emplette histoire d'avoir quelque chose à se mettre sur le dos autre qu'un vieux tablier et un pantalon rapiécé. Ainsi sa garde-robe fut augmentée. De plus, il reprit ses habituelles balades, histoire de ne pas rester dans le noir avec juste sa forge comme lumière. Résultat, il prit un teint moins pales et aider par sa forge, Son teint se bronza. Ses cheveux furent tressé gracieusement, sa barbe fut rasée, mais il la laissa repousser pour avoir du style.

Donc Silind était fin près pour ce soir, il passa son pantalon en tissus léger noir, une chemise rouge et une veste assortie à son pantalon. Et LA touche romantique : la petite rose rouge planté sur une poche de sa veste. Le forgeron regarda sa hache, il n'avait pas l'habitude de ne pas la sentir dans son dos ou a porté de main. Bon ça ferait certainement tâche dans un bal, donc elle resterait à sa place actuelle. Silind réajusta son col, passa la porte et ferma a clé qui rangea dans sa poche de pantalon.

Il arriva à la salle de bal ou la fête avait débuté depuis quelques minutes. Après deux ou trois musiques, Jehan pris la parole pour faire un discours parlant des nouvelles maisons etc. ... Silind fut pris d'un sursaut, quant à la fin du discours de l'Intendant, une carte apparue dans ses mains révélant sa future cavalière. Gwëll Yil' Sleil. Aïe, les organisateurs avaient un certain sens de l'humour. Rappelons une chose : Silind est grand (approximativement 2m10) une carrure normal, mais musclé par la forge, n'oublions pas ses deux yeux rouges flamboyant comme deux braises. Espérant que sa jeune cavalière ne furent pas prise d'une crise cardiaque en le voyant. Il la chercha des yeux. Lorsque le colosse la trouva, il s'approcha le plus doucement possible et se présenta :


-Bonsoir mademoiselle, je suis Silind Frandrich, votre... Cavalier.

Le géant s'abaissa pour saluer la jeune femme.

-Enchanté de vous connaitre.


_______________


Arro Skil'Liches / Silind Frandrich / XDieu / Tarus Tal'Oursian / Lyuuna Sil'Celim
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mar 5 Avr 2011 - 21:37

C'était Selhan.
Lya reconnut le murmure de sa voix, même entre les milles sons qui l'entourait. La présence du jeune homme la fit tressaillir de bonheur alors qu'ils venaient à peine de se quitter pour quelques heures. Son amour se plaça devant la Kaelem qui en profita pour détailler sa tenue, un costume assez simple, un peu long peut-être, mais qui le changeait agréablement de son habituelle cape blanche et tunique de cuir. Elle lui répondit en posant sa main dans la sienne avec un immense sourire:


-C'est avec un grand plaisir que j'accepte, cher monsieur.


Il voulait jouer le jeu? Alors autant jouer le jeu, même si Lya trouvait que ce ton noble ne correspondait pas vraiment au thème saltimbanque de la fête. Elle se laissa entrainer sur la piste de danse, laissa la musique s'emparer de son corps. La jeune femme adorait danser. Seule devant un miroir, seule face à un public, seule avec la musique ou au milieu d'autres danseurs, elle adorait danser. Il y avait un jeu qu'elle faisait lorsqu'elle était petite. Elle dansait avec sa mère au son du tambourin de son père, puis ses parents échangeaient de place et la gamine qu'elle était se retrouvait à virevolter dans les bras de son papa. Puis, fatiguée mais riant aux éclats, elle prenait à son tour le tambourin et improvisait un air sans cadence ni rythme en admirant ses parents danser. Une autre fois, ses parents avaient hébergés pour la nuit une troupe d'acrobates sur les routes. La Kaelem se souvenait parfaitement de la magnifique soirée que cela avait été. Ils avaient tous dansés, elle passant des bras de l'un à l'autre avant qu'elle ne s'écroule de fatigue sur l'un des voltigeurs.

Aujourd'hui, c'était différent. Personnes ne dansaient de la même manière. Il y avait les nobles qui tentaient une sorte de valse, les itinérants qui improvisaient totalement et les bourgeois qui faisait un joli mélange des deux. Certains dansaient vraiment bien et d'autres moins bien, comme pu le constater Lya en faisant un faux pas en même temps qu'un autre couple, les évitant de justesse. Un jeune homme roux que la Kaelem reconnut comme étant garde, avec une brunette inconnue. Lya profita de ce court répit pour jeter un coup d'œil sur les autres couples. Elle eut juste le temps d'apercevoir Maître Duncan avec Dame Nuage avant que Selhan ne l'entraine à nouveau dans des pas virevoltants. Puis, petit à petit, la musique s'éteignit et la jeune marchombre sortit de la piste pour se reposer un instant.

Elle avait chaud. Vraiment trop chaud. Lya baissa le regard vers ses chaussure, hésita. Son amour ne lui avait pas marché sur les pieds une seule fois. Elle pouvait prendre le risque. De deux coups de pieds, la Kaelem envoya valser ses chaussures, sans regarder où elles atterrissaient. Elle rejoignit le bras de son amour, les yeux plein de "je t'aime" et déposa un petit baiser sur ses lèvres avant de repartir pour une autre danse. Alors qu'elle reprenait au son de la musique, la petit bourse qu'elle portait contre sa ceinture l'interrompit, faisant remonter une nouvelle fois ses souvenirs. Elle annonça, tout en dansant:


-Dit, tu te souviens, à Al-Jeit quand je suis partie dans la boutique et qu'on a rencontré Tillian?

Selhan acquiesça, elle continua en farfouillant dans la bourse:

-En fait, je t'ai acheté ça, mais je n'ai plus du tout penser à te l'offrir, alors...

Alors rien du tout. Tu vois, la petite hirondelle au bout de ce pendentif que je te tend? Oui, je sais, la chaîne, c'est la même que celle de mon collier, mais ça on s'en fiche. Bref, tu la vois, cette hirondelle, et bien c'est moi. La petite hirondelle qui se faufile partout, vole très haut, libre, et qui construit son nid tant bien que mal, et bien c'est moi. Tu vois, tu es le loup, et moi l'hirondelle.

D'un geste précis, Lya continua de danser et ferma le collier autour du cou de sa moitié. Et ils dansèrent encore.
Le loup et l'hirondelle.



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Flamme
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Jeu 7 Avr 2011 - 11:22

Gwëll était fin prête, sa longue chevelure soyeuse était brossée, chacune de ses mèches avait été arrangée de manière à ce que cela crée un résultat cohérent (ou presque), ses délicates paupières avaient soigneusement été fardées alors ses pâles pommettes avaient été rehaussées de rose pastel.
Pour l’occasion, elle avait revêtu une légère robe bleue ciel donc l’étoffe, discrètement resserrée en dessous de la poitrine, s’évasait au niveau des courtes manches et des hanches, restant ainsi ample et facilitant les mouvements de danse. À cela, elle avait assorti un petit peigne, orné de pierres précieuses bleues, qu’elle avait fixé dans ses cheveux.

Ses pieds fins chaussés de délicates ballerines de toile (bleues elles aussi) lui avaient semblé frôler le sol sur leur passage tant elles se sentait légère et aérienne ce soir là.

Quand elle parvint aux jardins, elle remarqua immédiatement le travail qui y avait été fait, tout resplendissait de petites lumières qui semblaient n’être que des lucioles. L’ambiance était féérique. Quand l’intendant prit la parole, Gwëll l’écouta distraitement, jouant avec une mèche de ses cheveux d’or qui lui tombaient sur l’épaule.
Puis les festivités débutèrent. Très vite, la foule amassée se mit en mouvement, chacun retrouvant sa chacune dans un pluie d’éclats de voix. Ce fut à cet instant qu’un papier lui apparut entre les mains. Un papier qu’elle s’empressa de déplier afin d’en lire le contenu. Elle y trouva un nom et une image, certainement censée représenter la personne nommée au dessus.

Silind Frandrich. Inconnu au bataillon... Bon, il ne lui restait plus qu’à chercher. Ce qui en réalité, n’était pas si évident que cela, car des grands bruns musclés, il y en avait plus d’un dans l’académie. Méthodiquement, elle se fraya un chemin à travers la foule des couples en pleine discussion, détaillant chaque visage.

N’ayant pas immédiatement repéré son cavalier, elle s’arrêta et observa plus attentivement l’image que sa carte donnait du grand brun. Trop attentivement peut être, car elle n’entendit pas les pas lourds de celui qui s’approchait doucement.

-Bonsoir mademoiselle, je suis Silind Frandrich, votre... Cavalier.

Sursaut, puis volte face. L’homme qui s’était présenté à Gwëll comme son cavalier n’était pas grand. Non, il était géant. Déglutition, inspiration. Un géant, ça ne mange pas les demoiselles quand même ? Si ? De toute façon, il allait falloir faire avec et puis, l’habit ne fait pas le rêveur, c’est bien connu ! Il n’en restait pas moins impressionnant...
Galamment, l’atlante se pencha et salua la jeune fille. Salut qui permit à cette même jeune fille d'entrapercevoir sa masse musculaire toute aussi impressionnante que sa taille. Mais aussi troublée qu’elle soit, elle n’en oublia pas ses manières et salua à son tour le colosse d’une élégante révérence assortie d’un timide sourire et d’un tout aussi timide ‘’enchanté’’.
Certes, le titan semblait à première vue rude et effrayant, mais il se révélait en réalité être tout à fait charmant et qui plus est de bonne éducation.

Mais déjà, les premières bribes de musique parvenaient aux oreilles des danseurs et les couples commençaient à se mouvoir sur la piste de danse. d’un regard entendu, elle se dirigea, accompagnée de son partenaire vers le parquet de danse. Parvenue à destination, elle fit face à son cavalier fantôme, lui tendant sa délicate main et du même geste, les rênes de la danse.



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Jeu 7 Avr 2011 - 16:41

- Ah, damoiselle ! Quel coup tu me portes ! Ma moustache n’est on ne peut plus véritable... - Ne tire pas dessus, ça me ferait mal. Je te promets de ne plus crier, cela ne sera plus nécessaire, maintenant que ma voix virile a attiré ta douce beauté.

Elina sourit, elle le trouvait sympa.
Shawn était une femme, c'était sur, mais pourquoi ne pas jouer le jeu?
Le jeune homme lui pris soudainement le bras et commença à la faire tournoyer au rythme de la musique. Bras dessus-bras dessous. La robe lavande d'Elina virevoltait et se soulevait en prenant la forme gracieuse d'une cloche, et ses longs cheveux ne ressembleraient bientôt plus à grand chose.
Cela faisait longtemps qu'elle n'avait pas participé à un bal, et en plus celui ci était spécial. Du coin de l'œil, elle repéra Ewall et quelques autres connaissances.
La jeune fille se tourna à nouveau vers Shawn, remarquant que ce dernier essayait, tant bien que mal de prendre la parole en surmontant le bruit des instruments.

- Et d’où vient ma si charmante cavalière ?

Ce n'était pas une question mais plutôt un moyen d'animer un peu leur discutions, aussi Elina prit son temps pour répondre, ne désirant pas crier.
Lorsque la musique se calma enfin, elle lança :

-Je vivais dans les belles montagnes de l'Est il y a encore quelques mois, mais j'ai décidé de venir apprendre ici. Et vous, messire? D'où venez vous? Pourquoi un aussi noble homme que vous est venu dans cet établissement?

Shawn n'eut pas le temps de répondre. Elina s'effondra littéralement par terre, sous les regards étonnés des autres couples, qui dansaient pour la plupart bien moins... librement. Mais les réflexes de la jeune marchombre eurent tôt fait de reprendre le dessus, et elle se releva confuse, épousseta sa robe et bredouilla des excuses.

-Je crois.. J'ai le tournis, je vais m'assoir, désolé.

Elle repéra un banc non-loin et invita Shawn à la suivre.

-Je vais me reposer un peu. Tu peux continuer sans moi. Elle sourit. A part ce "petit" incident, ce fut un plaisir de te rencontrer.

Elle se leva, ses jambes encore instables avaient du mal à supporter son poids mais elles tiendraient bon jusqu'au dortoir. Elina fit quelques pas avant de se retourner vers le jeune homme.

- Au fait, tu est dans quelle maison? Moi je suis chez les Aecors ou un truc du genre, peut importe. Ça te dit qu'on se revoie bientôt?



[ Je pense ne pas pouvoir répondre.(vas voir mes absences),Edit a volonté avant demain soir.]


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Eclair Fugace


Lune pleine


Promesse.

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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Jeu 7 Avr 2011 - 18:34

Biensur qu'il se rappelait d'Al-Jeit meme si cet épisode dans le magasin n'était pas celui qu'il se rappelait le plus. Selhan Til' Silhan, c'est ce qu'il avait découvert à Al Jeit... Il était resté figé un long moment en lisant cela, ses parents savaient qu'ils couraient un danger, ils avaient donner un prénom a Selhan qui pourrait l'aider à retrouver son véritable nom... Il n'aurait jamais pensé à cela... Pourtant c'était bien le cas, il faisait partie officielement de la classe des nobles mais dans son esprit cela restait difficile... il avait tout de même vécu presque 20ans dans la nature... Il regardait sa partenaire, il trouvait qu'ils se débrouillaient très bien tout les deux. Lya s'était bien habillé pour l'occasion elle restait toujours aussi belle à ses yeux. Il finis par murmurer.

- Le loup et l'hirondelle...

Il regarda le pendentif qu'il avait offert à la jeune femme puis regarda celui à son cou. C'était deux très beau bijoux, accroché chacun à une petite cordelette de la même couleur. Le loup et l'hirondelle...

Il sourit c'était un beau contraste, cela faisait un beau couple, Selhan et Lya. Etaient-ils fait pour être ensemble? Ce n'était pas franchement le moment de penser à cela il repris la danse de plus belle en souriant de joie, en regardant Lya et en profitant du moment présent, en profitant de cette fête. Il regardait les autres couples qui dansaient, chacun à sa facon.

- Alors après cette petite aventure à Al-Jeit, tu va reprendre ta formation de marchombre? Moi je sais pas encore ce que je vais faire, je sais pas si il y a de la place pour être professeur ici...

Il parlait tout en continuant de danser sur le rythme de la musique, le jeune homme se révélait très bon pour ce qui était de la danse, il s'en étonnait lui-même, pourtant il n'avait jamais appris à danser. Et Lya arrivait à le suivre sans trop de difficulté, elle avait même enlevé ses chaussures.


_______________


La mort n'arrive jamais par hasard.

Où que je sois, si j'y suis, la mort y est aussi.

A l'inverse, où que tu sois, si la mort y est, j'y suis aussi.

Mais si je ne suis pas là avec toi, il n'est pas dit que tu ne meurt pas.

Ma protection sera ta seule dévotion.


La méditation est noble, le courage est fort, la confiance est suprême
mais seule la mort règne.


Où que tu aille je te suivrait les yeux fermés parceque si j'ai confiance alors mon âme et mon instinct me guiderons mieux que mes yeux... Sache le!
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Jeu 7 Avr 2011 - 19:40

Le dit Arro avait un sourire amusé et allait sûrement être un joyeux compagnon s’il n’était pas en train de se moquer d’elle. Il lui prit la main et, sans qu’elle s’y attende, lui fit un baisemain et elle ne sut pas trop comment réagir, c’était la première fois qu’on lui en faisait un. Sauf son père qui l’appelait sa princesse et lui en faisait souvent pour la faire rire. Il y arrivait très bien quand il était en forme. Elle esquissa un salut maladroit du buste avec un sourire un peu gêné. L’homme était galant, tant mieux. Elle réalisa alors, qu’elle ne savait pas danser les danses de salons. Elle avait appris dans les tavernes sur la routes comment danser les quelques pas nécessaires à une danse populaire. Et s’était un bal alors forcément la musique serait plus classique, plus noble. Elle se sentit rassurée lorsqu’il s’excusa. Il ne savait pas danser non plus, pourtant, il avait un nom noble. La particule ‘Skil en témoignait.


-Bien sûr que j'accepte. Et puis, je dois avouer que je ne suis pas très douée en danse.


Elle suivit l’homme sur la piste de danse, suivant le rythme de la chanson qui démarrait, entraînante et assez proche des musiques populaires qu’elle connaissait. Elle se souvint alors du thème de la soirée et rassurée comprit que les chansons ne seraient pas classiques et qu’elle aurait de quoi s’amuser. Halina utilisait les pas qu’elle connaissait pour que sa dance ne ressemble pas à un méli-mélo embrouillé. Ils s’en sortaient pas trop mal, aucuns des deux n’avait pour l’instant marché sur le pied de l’autre et ils ne s’étaient cognés dans personne. Au moment même où elle pensa ça, un couple les bouscula, s’excusa et repartit. Elle reconnut Ichel mais pas son cavalier et eut un grand sourire.



-Nous ne sommes pas plus piètres danseurs que ces deux-là, déclara-t-elle au maître de son amie. Je dirais même que nous nous en sortons très bien.


Ils continuèrent, suivant la rythmique de la musique, tournant et virevoltant. La jeune guerrière s’amusait beaucoup, Arro était quelqu’un de souriant et sympathique, c’était très agréable. Elle aimait cette ambiance populaire et non guindée qui régnait dans les jardins ce soir, tout le monde riait ou dansait. Comme si tout allait bien. Comme si rien ne s'était passé. Mais c'était un hommage aux disparus que lançaient les Académiciens. Halina secoua sa crinière et demanda:


-Il parait que vous êtes musicien? Est-ce vous le joueur de flûte du portique?


_______________

             
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for a magic door and a lost kingdom of peace"

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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Ven 8 Avr 2011 - 18:06

On tourne à gauche, on tourne à droite, j'te fais tourner et on r'commence ♫
Kylian n' aurait jamais cru pouvoir s' amuser autant à un bal, qui plus en dansant ! Lui qui ne connaissait même pas les bases, les plus simples pas de danse, il se retrouvait à faire valser sa cavalière à un rythme effréné au son de musiques totalement inconnues.
C' était bien, c' était drôle, c' était génial !
Alors il souriait, bêtement, comme un bienheureux. Il souriait et il riait, parcequ' il ne savait absolument pas ce qu' il faisait et qu' Ichel le suivait quand même en souriant elle aussi, parcequ' il improvisait totalement les pas d' une danse qui n' existerait surement jamais, parceque sa cavalière était très jolie et que c' était un vrai plaisir de passer cette première danse en sa compagnie, parcequ' il était heureux d' être la tout simplement.

Ooooops.
A la suite d' une pirouette, ils faillirent renverser un autre couple de danseurs qui semblaient, eux, connaitre les pas de danse de rigueur sur le bout des doigts. Ne prenant pas la peine de les détailler, le jeune homme jeta un regard mi-amusé mi-embêté à Ichel, levant les yeux au ciel l' air de dire "On a rien vuuu "
Pas l' temps de s' arrêter pour s' excuser, il n' avait qu' une danse et comptait en profiter à fond ! Alors, il emporta sa cavalière un peu plus loin de la zone sinistré, ses yeux dans les siens. La ils croisèrent foule de gens. Trop d' monde, impossible de reconnaître les visages qui les entouraient tout en dansant, Kylian cru toutefois reconnaître un visage, enfin reconnaître était un bien grand mot.

Une couleur de peau caractéristique, les pieds nus, une danse plus improvisé encore que la leur mais... Un pantalon ? Pas d' foulards et une...une moustache !??
HEIIIIIN ?
Kylian tenta de détailler l' étrange personnage, les yeux ronds comme des soucoupes, ne comprenant pas trop le pourquoi du comment.
Sa reine ? C' était vraiment elle ?
Tellement étonné par sa vision, Kylian en oublia qu' ils n' étaient pas seul sur la piste de danse et ils faillirent percuter un autre couple. Re-oups.
Du coup, en se repositionnant il en percutèrent véritablement un autre. Sans attendre de savoir de qui il s' agissait, Kylian entraîna sa compagne à travers les autres couples parceque " comme ca ils ne les retrouveraient pas. "
Ichel se mit à rire et elle fut si communicative que Kylian la rejoignit très vite. Il répliqua le sourire au lèvres.


- Ah ouais ? Tu crois ca ?

Et sur ces mots il la fit se pencher en arrière, la releva, la fit tournoyer et l' entraîna dans une danse encore plus folle sous les regards interrogateurs de ceux qu' ils obligeaient à modifier les pas pour ne pas les percuter.
Il adorait danser avec Ichel, elle suivait toujours ses pas, même les plus farfelus, le sourire au lèvre et se mouvait avec la grâce d' un cygne, c' était un vrai plaisir de voir qu' elle prenait au moins autant de plaisir que lui à danser de cette façon.

Mais déja les dernières notes retentirent, annonçant la fin de la première chanson, de la première danse, la fin de sa participation au bal.
Le jeune homme bascula sa cavalière en arrière à la dernière note et la regarda, l' admira.
Oserait-il...?
Doucement, il posa ses lèvres sur les siennes dans un chaste baiser, puis reprit sa position, lui fit un clin d' oeil le sourire au lèvre et la redressa.

Prenant un ton faussement noble, Kylian lui dit alors :


- Pardonnez mon effronterie ma Dame mais ne dit-on pas que la plus belle des danses doit toujours trouver conclusion à leur hauteur ?

Il pouffa.
Leur danse avait été tout sauf une grande danse et son petit baiser était bien loin du genre des grands baisers théâtral, en plus de cela, une chose pareil ne se disait même pas, il improvisait jusqu' au bout, c' était bien plus marrant comme ca.
Kylian la regarda alors les yeux rieurs, fier de l'excuse trouvé pour l' avoir embrassé et reprit, sur un ton normal cette fois ci.

- J' dois y aller, l' appel de la garde tu comprends ? Fit-il dans une grimace.

Il se courba à demi, comme lors de leur rencontre et reprit comme un vrai gentleman :

- Toutefois, sachez que danser en votre compagnie est fort agréable et que s' il m' était possible de réitérer cette expérience ce serait avec la plus grande joie.

Sur ce, il se releva et lui sourit avant de fendre la foule en direction de l' académie avec une note de regret, il aurait bien aimé rester un peu plus longtemps.

Danse, danse petite hirondelle, j' espère que nous nous reverrons.



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Bois
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 9 Avr 2011 - 16:17

Elle bougea son verre, de façon à ce que la surface remue, tourbillonne, pour casser le reflet, déformer son visage. C'était tellement étrange, de se perdre dans un liquide. Les miroirs ne mentaient pas, les surfaces dures ne pouvaient que renvoyer un reflet exact. Les liquides, eux, troublaient tout. Elle releva soudainement le visage, comme par instinct. Elle vit Zéphyr arriver vers elle. Elle passa ses bras autour de son torse (la chaise étant suffisamment élevée pour qu'elle puisse le faire facilement) pendant qu'il l'embrassait en lui caressant doucement la nuque. Il s'excusa du retard. Quel retard ? L'important est que tu sois venu, mon chéri.

La musique, éteinte jusque là, se remit en action. Zéphyr prit la main d'Hestia et l'entraîna dans ses bras. Il lui murmura doucement une invitation à danser à l'oreille, et elle sourit, plongé dans le parfum des cheveux blancs du Demi-Faël. Elle ferma les yeux quelques secondes, savourant la situation. Si elle avait pu ne connaître que ça toute sa vie. Elle leva le visage vers lui, l'embrassa puis planta ses yeux dans les siens.


- Oui, allons danser.

Elle l'entraîna sur la piste de danse, après avoir déposé le verre qu'elle tenait toujours. La musique était joyeuse et appelait à la danse rapide. Hestia comprit assez vite que plusieurs danses se proposaient pour ce rythme, et en regardant autour d'elle, cela lui apparut encore plus clairement. Un grand sourire éclaira son visage et elle prit les deux mains de Zéphyr. Un clin d'oeil.

- Tu sais danser au moins ? demanda-t-elle en riant à moitié.

De toutes façons, ça n'a pas d'importance. Dans tout les cas, nous ne sommes là que pour nous amuser et passer du temps ensemble. Elle se pencha vers lui, posa sa tête sur son torse. Puis la releva un instant, pour lui murmurer quelque chose
.

- Zéphyr, j'ai tenu ma promesse. Je t'avais dit qu'aucun de nous ne mourrait lors de la bataille. Et nous sommes encore là...

Elle leva vers lui un regard débordant de tendresse.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 9 Avr 2011 - 17:12

Apparemment elle l’amusait. C’était heureux puisqu’elle-même passait un moment assez agréable. Riant de ses questions il avait attrapé sa main pour l’emmener dans un coin des jardins et lui conter les secrets qui l’intriguaient. La curiosité se faisait dévorante et la domestique n’avait que de hâte d’entendre ce qu’il avait à raconter jusqu’à ce que… « des hommes bien plus noirs que les tréfonds des ténèbres » ? Voilà qui était sombre, c’était le moins que l’on puisse dire. La jeune femme se faisait intriguée. Etait-il sérieux où utilisait-il la boutade afin de la faire tourner en bourrique ? Ses yeux s’étaient assombris alors qu’il chuchotait en portant sa main à son veston. Tuuli le fixait mi-inquiète, mi-émoustillée. Il sortit de son vêtement une boule de poil rouge. Si la couleur était agréable à regarder, la texture fit frissonner la demoiselle. Par pitié ! Pas un de ses êtres vivants dont les humains semblent raffoler au point de les garder près d’eux à tout moment ! D’après le propriétaire de la chose, un contact du doigt avec la chose lui apporterait une expérience à laquelle elle ne pouvait stupidement échapper. Lui prenant la main, elle n’eut qu’à tendre le doigt pour toucher la boule soyeuse… qui s’anima aussitôt.

Un chuchoteur ! C’était un chuchoteur ! Incroyable ! Elle avait toujours été persuadée que jamais ces créatures ne s’attachaient à quelconque humain. Elle observa en fronçant les sourcils la bestiole grimper sur son maître pour lui mordiller l’oreille l’air aussi peu amène que la domestique. Si la créature n’aimait être réveillée ainsi, la jeune femme appréciait moyennement être confrontée à toute sorte d’être poilu doté d’une conscience propre. Tuuli le jeta un regard méfiant lui intimant de ne pas trop s’approcher. Elle l’avait à l’œil. Elle fut donc particulièrement surprise quand son vis-à-vis partit d’un rire léger avant de jouer avec l’animal en lui avouant son passé d’acrobate. Ainsi, c’était donc un saltimbanque. Bien étrange pour le nom que le papier du jeu du bal lui avait révélé. Cela expliquait toutefois l’agilité à la danse. Peut-être devrait-elle y aller plus doucement avec les préjugés… Après tout, elle-même n’était plus grand-chose à présent.


- Je me vois navrée de vous avouer n’avoir jamais entendu parler de cette troupe. Je suis cependant sûre que vous deviez avoir un certain talent pour avoir réussi à en vivre. Je n’ai pas eu la chance de pouvoir admirer ce genre de spectacle. C’est encore une chose à ajouter sur la liste des lacunes que j’ai concernant ce monde.

A elle de se confier à présent. Le jeune homme était sympathique et c’est donc avec un sourire que Tuuli conta son histoire.

- Je suis, pour ma part, originaire d’Al-Poll, ou du moins, d’un village non loin de ses frontières. Je n’ai pas vécu d’aventures palpitantes mais ai appris tout ce qu’une jeune fille de bonne famille devait savoir. D’où mes capacités de danseuse. Me voici aujourd’hui ailleurs et curieuse d’apprendre d’un univers qui m’était jusqu’alors inconnu. La domesticité n’est peut-être pas un choix judicieux pour une reconversion mais c’est le seul métier auquel je n’ai jamais été confrontée.

Faits sans aucun doute moins amusants que ceux qui avaient pu être vécu par un acrobate dans une troupe de saltimbanque. Vie bien rangée, bien comme il faut qui, il fallait l’avouer, lui manquait par moment. La fierté de son père, la grâce de sa mère, l’humour et l’audace de son frère… Cette règle familiale de coupure de contact était vraiment sévère et, Tuuli se le répétait bien souvent, inutile. Qu’elle perde son nom était justifié mais pour le reste… Quoiqu’il en soit, elle n’avait aucun moyen de contacter ceux qu’elle avait quitté. Elle espérait tout de même recevoir un jour des nouvelles, surtout de son frère lui qui avait perdu l’espoir et se reposait désormais entièrement sur elle. C’est toutefois avec humour qu’elle ajouta :

- Toujours est-il que je ne vous le pardonnerai pas si j’apprenais que vous êtes la cause d’un travail plus harassant que d’ordinaire de ma part. Autrement dit, je compte sérieusement les coups de balais que je délivre au sol et s’il en est plus que nécessaire par votre faute, le manche de mon arme la plus fidèle risque bien vite de se trouver confronté à votre dos tout acrobate que vous êtes. Mais rassurez-moi un instant… vous êtes bien ici en tant que résident dans cette Académie et non comme acrobate participant aux festivités, n’est-ce pas ? Car si ce n’est pas le cas, je tiens à vous faire remarquer que les amuseurs de troupes sont en place sur scène et qu’il faudrait peut-être voir à les rejoindre.

En effet, les mises en scènes se mettaient déjà en place, les spectacles se joignant vite aux danses et musiques. Non pas que la domestique fusse réellement inquiète qu’un possible travail attendait Ewall sur l’instant mais lui ayant avoué ses activités actuelles, elle en attendait tout autant de la part du brun.



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Dura scopa sed scopa n'est-il pas ?


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 9 Avr 2011 - 17:57

En parfait gentleman, Shawn, puisque tel était son rôle ce soir, tendit son bras pour qu’Elina puisse s’appuyer sur elle – lui, pardon – après être tombée. Etait-ce la chaleur qui lui montait ainsi à la tête ? Il y avait pourtant un doux vent, le temps était parfait. La danse n’était pas terminée, et il était déçu de voir son plaisir ainsi écourté, mais il se contenta de suivre sa cavalière là où celle-ci pourrait s’assoir et reprendre sa respiration. Le musicien héla l’un des alaviriens qui passaient avec boissons et petits pains autour des danseurs, et prit un verre de lait de siffleur qu’il tendit à la jeune femme ; peut-être que boire un peu lui ferait du bien. Elle voulait partir se reposer tranquillement, loin de la chaleur et de la musique, ce que le bohémien comprenait parfaitement ; mais là s’arrêtait le rôle. Shawna avait trop envie de rester ici et de faire la fête pour rester le parfait cavalier jusqu’au bout et ramener la jeune fille à l’intérieur. Elle se contenta donc de rester à ses côtés quelques temps, jusqu’aux bords des jardins, le temps de répondre à ses questions.

- Je n’ai rien d’un noble, belle montagnarde, et ne suis qu’un pauvre voyageur, né dans les rues de la capitale et parti sur les chemins du monde. Oiseau migrateur, je ne fais que me poser quelques instants en ce havre, le temps d’apprendre à me garder contre les dangers des routes.

Fière de sa petite prose, elle attrapa une mèche de cheveux qui dépassait sur son front pour la cacher sous son chapeau, et passa rapidement la langue sur ses lèvres.

- Quant à la maison qui m’accueille pour le moment, je n’en ai pas la moindre idée.

Shawn eut un sourire faussement dépité. Etant arrivé au portique et voyant qu’Elina avait l’air de tenir debout, il ne se fit pas de souci pour sa santé, et se contenta de la laisser partir.

- Salut.

C’était peut-être un peu quotidien, un peu froid, aussi, comme au revoir, mais elle ne voyait pas quoi dire d’autres. Les gens qui se promettaient de se revoir, de s’écrire, de s’aimer, ça la rendait malade. Elle, elle avait passé un bon moment, elle avait dansé comme une folle, elle adorait ça. Et peut-être que si elle recroisait la jeune fille aux cheveux noirs un autre jour, elles passeraient à nouveau leur temps dans une humeur joyeuse. Mais elles ne se connaissaient pas, s’étaient contentées de se croiser à une soirée. Elle serait contente de tomber sur elle à l’occasion, mais si elles devaient ne plus jamais s’adresser la parole ou se voir, son monde ne s’arrêterait pas pour autant de tourner à vive allure. Alors elle la laissa partir d’un signe de main, sans promesses aucune, et lorsqu’elle fit demi-tour vers les sons, les couleurs et les odeurs, ce fut sans un regard en arrière.

Elle s’approcha d’un arbre, et grimpa sur la première branche, puis la deuxième, abimant ses vêtements au passage et se salissant les mains, mais peu importait. Une fois qu’elle fut sur la deuxième branche, en surplomb par rapport aux autres, elle s’installa, un bras autour du tronc pour ne pas tomber, un pied sur la branche, l’autre se balançant dans le vide, et elle jeta un œil à la cantonade. Voyons voir qui elle pouvait trouver… Ah, Kylian était là, impossible à rater avec sa chevelure rousse, à danser avec… Ichel ? Marrant. Ses deux amis avaient l’air de bien s’amuser. Il y avait d’autres couples qui dansaient, certains clairement ensemble et amoureux, d’autres amis ou inconnus qui se tendaient la main le temps d’une chanson, d’autres couples sur les côtés, aussi, qui se bouffaient des yeux et se complimentaient du bout des lèvres. Elle grimaça à moitié, en remarquant qu’il y avait autant de personnes habillées en roturiers que de manière plus nobles. Certains avaient visiblement entendu « bal » et étaient partis se pomponner sans attendre le mot « populaire » qui suivait. Peu importait. Si c’était dans des vêtements trop serrés qui grattent qu’ils se sentaient à l’aise, tant mieux pour eux.

Elle tenta de reconnaître les autres, mais sa mauvaise vision lui jouait des tours, et tous les visages étaient flous. Elle crut voir trois Einar et laissa tomber l’idée de rejoindre l’un des trois, même si s’adresser à l’un des mauvais doubles auraient pu être amusants ; Lael n’était nulle part en vue, sûrement le visage caché dans le cou d’une fille, de toute manière, et Lohan non plus – pas qu’elle souhaite la rejoindre de toute manière. Oh, mais il y avait ce cher Duncan ! Lui était au moins un peu plus reconnaissable que les autres. Les adultes ont tendance à être plus facile à repérer au milieu des adolescents. Il était visiblement beaucoup plus en forme que la dernière fois qu’elle l’avait croisé. Pas encore véritablement joyeux, mais il y avait tout de même un net progrès… C’était qui, la femme avec qui il dansait ? Oh, mais c’était qui celle-là, avec sa robe rose bonbon ? Il fallait oser, quand même, ça faisait carrément tache au milieu des autres… Princesse, c’est le jaune, le rouge et le beige, l’orange et le brun, les couleurs roturières, pas le rose éclatant ! Elle s’esclaffa toute seule sur son arbre, avant de repartir de plus belle dans son rire en voyant un géant danser avec une toute petite blonde. Excellent, c’était excellent !

Oh, mais les acrobates se préparaient !

Elle fut en bas de l’arbre en instant, sautant sans faire attention à ce qui pouvait se trouver en bas, ses pieds causant un bruit mat lorsqu’ils heurtèrent la terre. Brun sur brun, ils se mêlèrent, et partirent rapidement vers la scène. Elle grimpa sans l’aide des escaliers, et s’adressa à l’un d’eux :

- Dites, ça vous dérange que je me joigne à vous ?

Le garçon haussa les épaules en pointant du pouce vers quelqu’un d’autre ; ce n’était pas à lui de prendre les décisions. Le maître de la troupe refusa qu’elle participe au spectacle – ce n’est pas qu’il ne voulait pas, mais ils avaient préparé des numéros, ils s’étaient organisés, ça allait tout leur fausser, bref, tout plein d’excuses banales qui ne lui plaisaient pas. Il eut la bonté de lui prêter trois quilles, pourtant, en la menaçant de toutes les représailles si elle ne les ramenait pas. Elle le remercia joyeusement avant de les jeter en l’air et de s’éloigner en jonglant. L’une d’entre elle finit par lui échapper, pourtant, alors qu’elle l’avait jeté trop fort pour pouvoir avancer assez vite pour la rattraper.

- Atten-

Elle n’eut pas le temps de finir son avertissement avant que la quille n’aille s’écraser sur le dos de l’une des nombreuses personnes présentes.

-…tioOoOn. Oups.

[Pour qui veut o/]


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 10 Avr 2011 - 8:48

Oui, ils avaient tenus leur promesse. Ils avaient réussi à rester vivant tout les deux. A chasser le Chaos de l'Académie et à continuer de s'aimer. Encore et toujours plus. Zéphyr fut légerement décontenancé, lorsqu'elle lui demanda s'il s'avait danser. Sa mère, l'avait certes fait danser, lorsqu'il était plus petit, mais les Frontaliers étaient plus tournés vers l'art de la guerre, que l'art de la danse. Heureusement que la Bibliothéque de la Citadelle possédait un vaste rayon sur le choix des danses à adopter sur certaines chansons Le Demi-Faël espérait qu'il se souvenait de quelque pas, et surtout que le rythme des chansons étaient surtout sur des bases rapides. Il prit les mains d'Hestia dans les siennes, et la fit tourner et virevolter, alors que lui même bougeait sur le même rythme que le tourbillon dorée qu'Hestia formait. C'était l'un de ces instants magiques que le jeune homme n'oublierait jamais.

Zéphyr se redit compte que la musique et la danse l'épuisait, même s'ils dansaient depuis une heure déjà.
Il prit son Aequor favorite par la main et l'emmena dans un lieu tranquille du Jardin, car il n'y avait personne. Il lui caressa doucement le dos, tout en la tenant contre lui. Il aimait bien l'avoir auprès de lui, et parfois, embrasse les cheveux dorés qui pouvaient se presser devant ses lèvres.
Zéphyr sortit la petite boite de sa poche et l'ouvrit devant Hestia.

C'était une broche, sculptée délicatement par les orfèvres d'All-Poll, représentant un oiseau en train de s'envoler. Il y avait un mélange d'or et d'argent, ainsi que d'autres métaux que le Frontalier ne connaissait pas. Il l'attacha dans les cheveux dorés de sa chérie et lui prit la main.

-Je suis parti te la chercher, pour aujourd'hui, pour ce moment, pour te prouver à quel point je t'aime Hestia. J'ai toujours ce même sentiment pour toi... Et je l'éprouverais éternellement...

Le Kaelem serra la main d'Hestia et attendit.
Il attendait que sa douce parle, que le vent chuchote et que tout apparaisse dans sa splendeur.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 10 Avr 2011 - 22:59

Einar attendit. Longtemps. Enfin, ce qui lui sembla une éternité. Surtout quand on est au milieu d’une foule en liesse, et plus particulièrement d’un groupe de filles gloussantes, qu’elle vous fixe avec leurs yeux fardés pendant que vous proposez une danse à votre cavalière, et qu’elle ne vous répond pas.
Elisha ne semblait d’ailleurs même pas avoir entendu. Elle avait les yeux rivés à l’autre bout de la piste, et discutait gaiement avec deux de ses amies qu’il ne connaissait que de vue, sans lui adresser un seul regard. Ahem. Bon. Titidum. Vent. Mistral. Tramontane. Borée. Zéphyr. Ouragan. Brise. Einar se balança sur ses talons un moment, dans l’espoir qu’elle le verrait, ou qu’elle daignerait au moins reconnaitre sa présence et trouver une excuse pour ne pas danser avec lui, ou d’aller voir ailleurs, ou d’avoir mal au pied, mais pas le silence alors que le reste du groupe de filles souriait niaisement.
‘Fin, elle avait choisi de participer aux Cavaliers Fantômes, quoi ! Elle pouvait au moins le supporter le temps d’une danse, même si elle ne l’aimait pas, même si elle le trouvait moche, ou stupide, ou mauvais danseur, ou tout ce qu’elle voulait. Mais apparemment, ça la dépassait..


- Elisha ?

Toujours pas de réponse. La musique était déjà bien démarrée, et les couples dansaient avec ferveur pour la plupart, voire se préparaient pour la seconde danse. Il n’allait pas rester planté des heures à être à moitié ridiculisé alors qu’il avait mis vachement d’espoir à passer une chouette soirée. Il attendit encore une minute, puis tourna les talons après avoir marmonné une vague excuse pour le dérangement, et dirigea son attention vers un illusionniste posté sur une estrade un peu plus loin. Il était juste trop bien : avec un simple mouchoir en tissu, il arrivait à recréer le monde, plus joli encore que d’ordinaire. Le carré de tissu virevoltait entre ses doigts, disparaissait dans un tour de passe-passe, réapparaissait d’une autre couleur ou laissait s’échapper une fleur, une colombe, ou même des notes de musique, il avait aucune idée de quel instrument c’était, ni comment il arrivait à jouer sans qu’ils le voient.
Son regard fut attiré par un autre coin des jardins, en périphérie, moins éclairé par les lampions incandescents. Il avait cru distinguer une couleur connue, une silhouette amie, à qui il avait voulu reparler depuis longtemps et qu’il n’avait jamais recroisé depuis la résistance externe, et toussa. Il avait espéré la croiser et sa prière avait été exaucée. Enfin, s’il parvenait à la retrouver.
Chassant lentement de sa tête l’humiliation d’Elisha, Einar traversa la foule et s’écarta du gros du bal, renversant le thé d’herbes d’une fille sur sa robe, avec juste une excuse marmonnée. La silhouette s’écartait, semblait flotter dans le vide, ou au dessus du vide.

- Elera, attends !

Il était même pas sûr qu’elle se souviendrait de lui. Ou qu’elle voudrait lui parler. Il allait lui dire quoi, de toute manière ? Que voilà, il avait fui pendant l’attaque, et qu’il avait pas servi à grand-chose pendant des mois, terré dans une grotte, et qu’il avait rien accompli d’exceptionnel à la reprise, à part survivre ? Le nouvellement Teylus enleva la médaille qui ornait son cou et la rangea dans sa poche, jugeant que ce serait mal venu. Il avait plus envie de penser à la reprise. Ni envie de passer pour un frimeur.
Il allait se prendre un deuxième vent dans la soirée, vu comme c’était parti.

- Elera, attends, s’il te plait, c’est moi, Einar…



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Sentinelle
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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mar 12 Avr 2011 - 18:49

De retour à l'Académie. Alatariel ne savait plus trop quoi penser ... A la fois heureuse et un peu perdue. Après tout tellement de personnes importantes pour elle avaient disparut et d'autre étaient devenu tellement distant qu'ils étaient désormais des étrangers ... Pourtant elle avait accepté de remplacé Slynn et de passer outre la disparition de Valen . Mais cette décision avait été facilité par une prise quelques années plus tôt lorsqu'elle refusa de le rejoindre à l'Académie ... Après tout ils n'avaient décidément rien a voir l'un avec l'autre mais mis à part ça il était quand même de sa famille ...
La Sentinelle n'avait pas sentie la présence de son mentor, Slynn Ar' Kriss, lors de la bataille de reprise ... Elle avait sans doute été abattue avant que les résistant lance l'attaque ... Même si leur relation n'avait pas été particulièrement amicale, sans elle, elle n'en serait jamais arrivée là. Et elle n'aurait jamais pu vivre toutes ces expériences à la Citadelle. Les Frontaliers étaient des personnes formidables et elle avait pu vivre où avait grandi Merwyn, le fondateur de l'Académie, qu'elle avait eu la chance de connaître le temps de ces quelques années de formations ... Ce temps paisible s'acheva aussi vite qu'il avait débuter.
Au final elle tomba enceinte et eut des feux jumeaux dont le père était connu de tous les occupant de l'Académie mais il valait mieux que tous pense que le père était Gelmir ... En parlant d'enfant ... Kusanagi ne semblait pas vouloir qu'on découvre leur lien de parenté. A vrais dire la Sentinelle pensait qu'elle était un peu trop idéaliste sur cette décision. La ressemblance était assez frappante mais il était certe possible de maintenir la confusion. Elles n'étaient pas obliger de confirmer les dire et rumeurs qui circulaient.
Bref Alatariel avait été chercher Emrys et Indis à la Citadelle après son affectation officialisé par l'Empereur. Le voyage de retour avait été plus long car il avait été effectuer en calèche. Heureusement les deux bambins s'étaient tenu remarquablement tranquille, bien que l'impatience d'arriver pouvait se lire sur leur jolis visages rond.
Ils avaient d'ailleurs préféré dormir après la lecture d'un conte plutôt que de réclamer de rester avec leur mère durant la soirée. Cela arrangeait la Sentinelle même si elle aimait ses enfants ... Ils avaient encore le temps avant d'avoir à être mêler aux affaires politiques ...
Elle repensa à quelques semaines plus tôt lorsque la nourrice qu'elle avait engagée avait appris qu'il y avait un bal. Selyvaine l'avait traînée de force dans les boutiques d'Al-Pol pour lui trouver une "robe convenant à son rang". Au départ Alatariel n'avait pas eu l'idée de quitter sa tenue vestimentaire habituelle, mais la nourrice n'avait pas tord.
La femme se vit donc vêtue d'une belle robe en satin grenat corseté en haut et évasée en bas, le volume venant du jupon qu'elle portait en dessous tout cela brodé de petit fils argentés et assez léger pour ne pas lui tenir trop chaud et pour ne pas entraver ses mouvements.
Alatariel se trouvait donc là ... dans cette fête de l'Académie, nommée officiellement par Jehan comme Sentinelle en poste remplaçant Slynn. Et elle était désespérément seule . De manière assez ironique pour quelqu'un qui avait passer tant d'années entre ces murs ... Elle se perdit dans ses pensées.



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 17 Avr 2011 - 16:54

On aurait dit un fantôme, dans les yeux desquels elle s’évaporait.

Ses iris étaient toujours aussi violets, ses pupilles toujours aussi noires, ses cheveux toujours aussi roux, et elle avait mis un haut vermillon à manches courtes qui se plissait au bout des manches et en bas du tissu, découvrant en partie ses clavicules. Que de couleurs, et pourtant, on aurait dit un fantôme, avec ses longs bras blancs qui pendaient hors de ses vêtements. Sa peau avait toujours été pâle, de la pâleur des roux qui crament dès qu’un rayon de soleil les effleure, et pourtant, il lui semblait que ce n’était que maintenant qu’elle prenait conscience de son corps d’ectoplasme. Comme si elle pourrait fondre à la moindre goutte d’eau, ou tanguer et se dissiper au moindre souffle de vent ; fragile funambule sur le fil du temps. Peut-être n’était-ce que la vitre qui faisait cet effet, délavant les couleurs et la transformant en un simple reflet. Elle était encore vivante, et la vie se doit de se peindre en couleurs contrastées, et non pas de rester dans les tons des pastels. Il suffisait de jeter un œil en bas, vers les jardins, pour se le confirmer.

Les doigts d’Elera effleurèrent la pierre, et elle descendit les escaliers, doucement parce que sa jupe beige était un peu trop grande pour elle et qu’elle pourrait trébucher dessus, si elle marchait trop vite. Parce qu’elle n’était pas vraiment pressée, non plus. L’escalier pouvait bien descendre pour l’éternité, s’il voulait ; que lui importait d’arriver ? Elle ne savait même pas pourquoi elle allait.

Ou si, plutôt, elle savait.

Plus tôt dans la journée, elle s’était souvenue qu’elle avait promis à Elio d’être sa princesse, ce soir, et de l’accompagner au bal. Sauf qu’il n’était plus son prince, puisqu’elle l’avait laissé planter au milieu de la ruelle, dans une flaque métaphorique de sang. Et elle, elle voulait se noyer dedans. Mais elle ne pouvait pas. Marcher lui semblait futile. Respirer lui semblait inutile. Garder les paupières levées, seulement, était un effort de tous les instants. Elle se serait bien laissée tomber, comme un drap qu’on jette en boule dans un panier de linge sale, toute froissée dans un coin sombre. Après tout, dès qu’elle disait oui, la vie lui disait non. Dès qu’elle espérait, quelqu’un venait écraser sa confiance, dès qu’elle rêvait, la réalité revenait tel un boomerang en pleine figure pour lui rappeler que les mots qu’elle passait son temps à prononcer n’étaient qu’illusions. Anaïel était venue pour lui rendre ses ailes, et qu’avait-elle fait de sa vieille liberté une fois celle-ci rendue ? Elle les avait brûlées à la première chandelle, comme un insensible papillon. Elle était libre d’aller et venir, à présent, mais n’en avait plus ni la force ni l’envie. A quoi bon voyager, si partout, ce n’était que sang et violence ? A quoi bon bouger, seulement ? Peut-être les arbres avaient-ils raison. Peut-être l’immobilité, et les nouvelles du vent, étaient déjà amplement suffisantes.

Elle marchait dans les jardins, pourtant, au milieu des fleurs, des rires et des gens, à entendre d’une oreille discrète discours et mélodies. Parce que le jour où elle avait tué un homme, l’ange lui avait dit de regarder les étoiles, plutôt que la violence, et qu’elle ne voyait rien d’autre que des yeux vitreux de poissons morts, à l’intérieur. Le bal était lancé. La foule dansait. Et elle, elle levait les yeux, et elle ne voyait rien, parce que les lumières des feux de camp et des lucioles illusoires brillaient trop forts, et que leur lumière formait un masque humide sur ses yeux larmoyants. Elio aurait dû la faire tourner comme les autres, ce soir. Danser au rythme d’une chanson, bercée par le son, de l’accordéon copyright. Il aurait dû être là, elle aurait dû pouvoir lui parler, le toucher, l’aimer encore. Voir dans ses yeux le demi-homme amoureux, plutôt que le demi-faël vengeur. Mais elle l’avait perdu, pour toujours, à cause du silence, celui de son père, le sien lorsqu’il n’avait pas répondu à sa question, celui qu’elle avait laissé languir pendant ces derniers mois, et celui des faëls qui laissaient parler leur haine plus fort que les mots qui défont la trame de l’incompréhension.

C’était toujours le même silence, toujours la même histoire. Pourquoi ne l’avait-elle toujours pas compris ? Pourquoi ne pouvait-elle pas se rentrer dans son petit crâne qu’elle ne pouvait rien faire pour la réécrire ? Elio, Marlyn, c’était tout du pareil au même, ce n’était pas son histoire, mais la leur, et elle n’avait pas le pouvoir d’infléchir les chemins. Elle n’avait plus, non plus, le pouvoir de les acquiescer. Ni de regarder, parce qu’elle ne le supportait plus. Ni de suivre le sien, puisque celui-ci, fade, ne menait plus nulle part. Tous ceux qui l’avaient jalonnée l’avaient abandonnée. Devant elle il restait Ena et Anaïel, deux Marchombres, comme pour lui inspirer la futilité de vouloir mêler les voies, et derrière elle, Kirfdéin et Lya, qui comptaient sur elle sans savoir que sous sa consistance apparente il n’y avait qu’un rideau au travers duquel il est facile de voir, un fantôme, et rien de plus.

C’était pour eux qu’elle était là. Elle se fraya un chemin entre les hommes, la buée de ses yeux commençant à disparaitre, bien décidée à s’éloigner des lumières de la fête, à la recherche d’autres, plus petites, plus nombreuses, et qui ne s’entrevoient que dans l’obscurité relative. Juste pour s’assurer qu’elles existaient vraiment, parce qu’elle n’en était plus sûre.

Elle fut retenue par une voix et se retourna, indécise, incapable d’en reconnaître le timbre. Ses yeux se posèrent sur le jeune homme qui s’approchait, l’air assez misérable, et tangua un instant dans le doute, incertaine sur son identité. Le nom déchira sa mémoire, pourtant, faisant valser des images endormies depuis longtemps. Einar. Leur rencontre revenait à si loin… Avant le Chaos, avant Elio, même. Elle n’avait pas la moindre idée de ce qui lui était arrivé, entre temps. Il avait sûrement fui à l’arrivée du Chaos, elle aurait su s’il était resté entre les murs. Il avait changé, grandi un peu, pris de l’assurance, aussi, même s’il semblait toujours aussi modeste qu’auparavant. Elle fit un effort pour lui adresser un pâle sourire, ne sut pas si elle réussit ou non, mais ne pouvait de toute manière pas faire mieux.

- J’ai l’impression que c’était dans une autre vie, la dernière fois que nous nous sommes vus… Tu…

Elle allait dire tu vas bien, lui demander de ses nouvelles, mais ravala ses mots, sachant que sa question serait forcément suivie de la réciproque. Il avait l’air d’aller bien. Ca suffisait. Elle jeta un regard vers le portique, vers lequel elle se dirigeait, puis à nouveau vers Einar, et ensuite vers les danseurs. Elle ne savait pas quoi faire, ni ce qu’elle avait envie de faire. Incapable de prendre la moindre décision. Ce qui n’avait de toute manière aucune importance ; ses choix n’avaient pas le moindre poids dans ce monde. Alors elle se contenta de rester où elle était, à attendre que l’on choisisse pour elle.

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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 18 Avr 2011 - 11:54

Il parut un peu surpris par sa question et elle ne put s'empêcher de rire. Elle posa un délicat baiser sur sa joue pendant qu'il prenait ses mains. Il la faisait tourner, la prenait par la taille pour la faire virevolter, et elle souriait. Hestia ne s'était jamais sentie aussi bien. Elle aurait tant voulu que ses instants durent toujours qu'elle ne le lâchait pas. Ses doigts trouvaient toujours les cheveux de Zéphyr ou son épaule, et elle s'accrochaient à ces liens. Ses liens. Lorsqu'ils s'arrêtaient, à peine quelques secondes parfois, elle l'embrassait, ou le prenait dans ses bras. Elle en était si amoureuse, que cela parvint à lui faire peur. Que se passerait-il, si jamais... Elle chassa bien rapidement ces interrogations, continua à danser, à s'amuser.

Au bout d'un certain temps, qui lui avait paru beaucoup trop vite, Zéphyr l'arrêta. Il prit sa main - elle sourit - puis il l'entraîna vers un coin plus tranquille des jardins. La musique leur parvenait toujours clairement. Il la prit dans ses bras, caressa son dos, et elle se blottit contre lui. Il embrassait ses cheveux, elle le sentait bien. Oh Dame ! si ces moments pouvaient ne jamais prendre fin. Puis il la lâcha quelques secondes, chercha quelque chose dans sa poche et en sortit une boîte. Hestia fut surprise. Il ouvrit la boîte et la jeune femme put voir une magnifique broche. C'était un oiseau qui prenait son envol, d'or et d'argent. Elle ne put dire un mot pendant qu'il attachait le bijou dans ses cheveux. Puis il prit sa main, déclama des mots qui firent rougir l'Aequor. Elle se sentit tellement rougir qu'elle lâcha la main de Zéphyr et se détourna.

Lorsqu'elle se sentit assez calmé, lorsque son coeur cessa de battre comme un fou, elle se jeta brutalement dans les bras du Demi-Faël, l'embrassa violemment. Cette soirée se déroulait bien mieux que toutes ses espérances. Elle était si heureuse, si joyeuse, que son coeur aurait pu exploser. Elle finit par le lâcher, finalement, resta tout de même contre lui, dans l'écrin protecteur de ses bras. Elle aurait voulu dire mille mots pour exprimer ce qu'elle ressentait, tout ce qu'il lui inspirait, mais elle n'y parvenait.


- Merci...

D'être là. De t'occuper de moi. De ne pas fuir. De m'aimer. "Merci.". Ce fut le seul mot qu'elle réussit à dire. Dans sa tête se mélangeait trop d'émotions. Elle finit par pleurer, essuyant toutes ses larmes avec son bras.

- C'est de la joie, t'inquiète pas...

Elle lui sourit. D'un sourire qui voulait exprimer tout ce qu'elle n'arrivait pas à dire.

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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Jeu 21 Avr 2011 - 19:20

Kylian esquissa un sourire malicieux et lui répondit, juste avant de redoubler la cadence de leur danse imaginaire. Ichel se retrouva bien vite courbée sur le dos, tournoyant dans les airs ou à terre. Le couple se déplaçait entre les autres en essayant de ne pas trop en bousculer, mais cela ne manqua pas bien sûr. Les autres danseurs modifiaient leurs pas afin d'éviter les collisions avec Kylian et Ichel. Leurs regards interrogateurs ne faisaient rien à la marchombre qui voulait se délecter de cette danse improbable.
Le guerrier se disait mauvais danseur, mais malgré tout il se débrouillait sur la piste. Il avait tout de même crée une danse sympa et fait rire la kaelem.
Ils prenaient tous deux du plaisir à danser ensemble, sans que l'un ne marche une seule fois sur les pieds de l'autre.
Il était dommage que la musique se finisse. Les dernières notes retentirent et sans qu'elle prenne garde, il la fit renverser en arrière. Il observa Ichel un moment avant d'hésiter et enfin il se pencha délicatement afin de l'embrasser. Baiser léger, court, mais agréable. Un clin d'oeil plus tard, il la redressa et commença à parler.
Effectivement, la plus belle danse se devait d'avoir une conclusion digne de ce nom, mais il subsistait un tout petit détail. Leur danse n'avait rien à voir avec la plus belle des danses. Cela avait été une catastrophe et Ichel s'en souviendrait toute sa vie. Malgré cela, ce souvenir resterait une pensée chaleureuse. Mais... ce n'était pas une excuse valable pour l'embrasser. Kylian avait tout du parfait homme qui aimait se faire remarquer des femmes. La petite voix faussement noble et le baiser à moitié courbé. Bien trop courant ces réactions, mais drôle lorsqu'on le place dans ce contexte et avec leurs têtes de circonstance.
Lorsqu'il lui avoua qu'il était temps pour lui de s'en aller, elle lui fit une révérence désastreuse en retour et lui répondit :

- Bien évidemment, un homme comme vous a des responsabilités. Oui, cela est bien dommage que nous n'ayons pas pu impressionner une seconde fois les autres couples avec nos incroyables talents de danseurs. J'ai moi-même eu un très grand plaisir à valser avec vous et j'ai hâte de pouvoir réitérer l'expérience.

Elle lui adressa un clin d'œil amical et un sourire ironique avant que Kylian ne se fonde dans la foule. Elle était seule au centre de la piste de danse et se rendit compte un peu tardivement qu'une nouvelle mélodie avait démarré. Elle se retrouva alors au beau milieu de couples tournoyants et failli se faire percuter par l'un d'entre eux. Elle cru reconnaitre un kaelem avec qui elle avait vaguement parlé un soir de mauvais temps. La jeune fille se rendit soudain compte qu'elle ferait mieux de sortir de là avant que quelqu'un ne le fasse pour elle. Elle passa à travers les couples en zigzaguant et arriva enfin vers la table où se trouvait les boissons. Elle s'apprêtait à se verser un verre lorsqu'un objet non-identifié lui arrive dans le dos et lui agrandit les yeux dans un signe de douleur fugace. Elle s'était à peine rendu compte du cri qui était sensé la prévenir qu'un projectile lui arrivait dessus. Elle se baissa enfin, ramassa la... quille ? Le jongleur qui l'avait perdu n'était pas très doué. Elle se retourna afin de voir qui était l'auteur de l'incident. Un petit homme moustachu qu'elle n'avait jamais rencontré. Il n'avait pas réellement la carrure... Non, c'était une fille ! Une fille déguisée en homme ! Mais... non, impossible. Ce teint mat, ses yeux brun-marrons... Shawna !! Cela n'étonna pas Ichel de voir son amie habillée ainsi, mais se posa tout de même quelques questions.

- Eh bien, tu es plus douée pour la musique que pour jongler.

La marchombre lui sourit, puis en remarquant qu'elle n'était ni en train de danser ni en train de papoter, mais de jongler, se qui était bizarre pour elle, fronça les sourcils.

- Mais d'ailleurs pourquoi n'es-tu pas en train de jouer du cluejan avec les autres musiciens ?





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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Sam 23 Avr 2011 - 23:53

Il savait pas déchiffrer les visages, c’était un fait. Il pouvait pas déduire ce que pensait une personne juste parce qu’elle détournait les yeux, ou parce que ses masséters se contractaient. Il avait aucune idée de la signification profonde des tics, des gestes. Mais même avec son manque d’observation flagrant, il était clair que quelque chose allait pas.
C’était pas normal d’être bizarre à ce point-là. Enfin, il se comprenait, il traitait pas Elera de bizarre, mais clairement, y’a quelque chose qui allait pas. On pouvait avoir le teint pâle, mais elle, elle avait le teint pâle… bizarre, toujours. Le jeune Teylus était pas assez psychologue pour décrypter la signification de tout ça. Il avait juste entendu des rumeurs, bien sûr, parce qu’une Académie sans rumeurs n’existait pas. Dans ses yeux passa un voile d’inquiétude pour la marchombre qui lui faisait face. Comment on pouvait ne pas aller bien alors que c’était le Bal ? Le Bal, ça signifiait que la période de deuil était finie, ça signifiait que tout le monde se réjouissait parce que l’été s’était bien passé, parce que les vivants avaient enfin pris le pas sur les morts et vivaient deux fois plus pour les remplacer. C’était ce qu’il se disait tout le temps, en tout cas. Quand quelqu’un meurt, ça sert à rien de mourir soi-même, même mentalement. Faut vivre avec deux fois plus de vivacité pour qu’elle puisse en profiter aussi. Même mentalement.
Pourquoi Elera fuyait la danse ? Il savait pas exactement ce qui lui était arrivé à l’Académie pendant l’occupation du Chaos, juste que, comme lui, elle avait reçu une médaille pour acte de bravoure –elle ne la portait pas au cou. Sujet à éviter. Note.
Inquiétude, toujours. Que faire ? Même ses propos étaient plus morts que les victimes de la reprise. Il avait du mal à la reconnaitre. Et c’était pas juste les cheveux. Elle avait pas l’air si… si bizarre, avant. Il l’avait connu qu’un après-midi, mais quand même. Elle semblait pas porter le poids du monde sur ses épaules, à l’époque.

Ses sourcils s’affaissèrent, tout comme ses épaules, alors qu’il s’était arrêté de courir quand elle s’était retournée. Voir quelqu’un d’aussi triste un soir de Bal, un bal populaire en plus !
Le nouvellement Teylus passa la main convulsivement dans ses cheveux en pétard, pour tenter de cacher sa gêne.

- Une autre vie, ça voudrait dire que l’un d’entre nous deux est mort et a complètement changé d’identité, faut pas dire ça… On est tous les deux bien vivants, c’est ça qui compte, non ?

Il ne s’attendait pas vraiment à une réponse. Elle avait l’air tellement… déconnectée ? Il ne savait pas vraiment dire. Elle ne le regardait pas. Elle voulait partir loin de la fête. Mais pourquoi ? Participer c’était le meilleur moyen de se changer les idées, et de relativiser, de se soulager de toutes les tensions. Ca servait à rien de se morfondre dans son coin, ou de s’écarter du monde.
… Enfin après, il connaissait rien aux marchombres. Ni à leur philosophie, elle était trop abstraite et complexe pour lui, trop détachée du monde pour être vraiment viable.

Et pourtant, d’après les rumeurs, c’était pas vraiment un truc marchombre qui lui était arrivé. Beaucoup de gens parlaient dans les couloirs, la veille, du fait qu’Elio et Elera n’étaient plus un couple, parce que c’était un scoop, que ça affectait les cavaliers au Bal, et tout. Lui, c’était une sorte de jalousie qui l’avait empêché de vraiment se tenir au courant. Il avait été content qu’elle trouve quelqu’un pour l’accompagner, mais il n’avait jamais vraiment apprécié Elio. Sans aucune raison valable, d’ailleurs, mais bref.

Fallait faire quoi ? La suivre, s’isoler pour qu’elle lui raconte ? Ou la laisser partir ? Ou la ramener à la fête, la faire sourire et se débarrasser de ses soucis ?
Si elle en avait marre de lui, elle lui dirait, au pire. Un sourire faible s’étira sur ses lèvres, aussi doux qu’il pouvait, sans être trop envahissant, et il posa la main sur le bras d’Elera.

- Tu viens pas à la fête ? Y’a des acrobates aussi bons que les marchombres, et des gateaux de là où je viens, des gens qui viennent de-- … Enfin si t’as pas envie, on peut rester là aussi, si tu veux, y’a un banc juste à côté.

Il désigna un banc un peu à l’écart, du genre dont les pieds disparaissaient sous l’herbe, et qui était dans les jardins de l’Académie depuis des temps immémoriaux. Il voulait pas la forcer, même si elle avait l’air complètement amorphe. Il pouvait pas non plus lui demander ce qui allait pas. Ca se faisait pas, fallait qu’elle en parle d’abord. Ou qu’elle aborde un autre sujet. Ou un sujet tout court d’ailleurs..
Silence gêné. Immobile. Balancement sur les talons. Tactique intermédiaire. Il murmura un «Je reviens » rapide et embrouillé, et retourna vers la fête juste un moment, cherchant des yeux ce qu’il avait en tête. Il trouva les plats qu’il cherchait sur des tréteaux, posés en cercle pour permettre à tout le monde de se servir au buffet. Einar prit soigneusement deux patisseries dans ses mains, des patisseries qu’il savait parfumées à la canelle, et qui étaient une spécialité de la région où il avait été élevé. Même quand on est au fond du fond du trou mental et psychologique, ça faisait chaud au cœur, ces gateaux.
Il craignait qu’elle ne soit pas là quand il reviendrait. Après tout, pourquoi elle resterait ? Ils se connaissaient finalement que peu, même si ils s’entendaient bien, et ça faisait plusieurs mois et morts qu’ils ne s’étaient plus recroisés. Mais elle n’avait pas bougé. Et en fait, ça l’inquiétait encore plus. Il tendit un des gâteaux en silence, espérant qu’elle le saisirait. En attendant, il l'accompagna jusqu'au banc, et, alors que ses jambes balançaient et que la pointe de ses chaussures raclait nerveusement le gravier, il tenta de trouver quelque chose à dire. Peut-être qu'il aurait pas du la déranger. Dytar, son frère, disait toujours en parlant de filles, qu'il fallait parler de n'importe quoi, et que soit elles en profiteraient pour changer de sujet, soit elles reviendraient forcément sur ce dont elles voulaient parler. Enfin, on pouvait pas vraiment compter sur les conseils de Dyt', mais..

- T'as vu sir Hil'Jildwin danser ? J'pensais pas qu'un vieux crouton comme lui était capable de danser aussi bien, surtout sur des musiques de village..



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 24 Avr 2011 - 14:15

Silence. Un silence qui n’était pas à sa place et sautait d’un pied sur l’autre sans savoir où se mettre, parce qu’il n’était pas censé exister, comme n’est pas censé exister le silence lorsque le vent souffle entre les ramures d’une forêt équinoxiale de feuillus. Alors pour passer d’une vie à l’autre, il faut mourir, et changer d’identité ? C’était peut-être ce qui lui était arrivée. Celle qu’Einar connaissait était tout sourire, et n’hésitait pas à se jeter à l’eau pour les autres. Elle avait confiance en la vie, n’avait pas peur du danger, et elle voulait tout voir, tout sentir, tout connaître. Elle aimait, et avec les mots, elle communiquait et sa joie et son enthousiasme. « I used to be someone happy. » « You used to see that I’m friendly. » Mais plus maintenant. Maintenant, elle était incapable seulement de formuler une réponse. Au lieu de glisser dans le vent, elle le laissait la pousser où bon lui semblerait, et n’ouvrait même pas les yeux pour savoir où elle était. Elle ne voulait plus. N’était-elle pas une autre personne, en un sens ? Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Peut-être que le Chaos l’avait tuée, parce qu'elle ne se sentait pas plus forte, au contraire. Peut-être avait-il réussi, enfin, à moucher l’espoir inviolable qui avait toujours formé comme un halo autour de son corps d’enfant.

Ou alors, elle avait simplement grandi, et il avait raison ; mais alors elle n’aimait pas grandir, et elle voulait retourner à avant.

Elle posa à nouveau les yeux sur lui, et prit conscience qu’il lui parlait, depuis tout à l’heure, et qu’elle n’avait aucune idée de ce qu’il venait de dire. Il lui montrait un banc. Elle acquiesça de la tête mais ne bougea pas, un peu embêtée par son moment d’absence, mais n’eut pas le temps de se rattraper – déjà il filait hors de portée de sa voix. Ses yeux restèrent fixer sur son dos aussi longtemps qu’ils le purent, et puis ils se perdirent dans le vague, regardant toujours dans la même direction sans cligner une seule fois, mais sans rien pour s’y accrocher, à présent. Et maintenant, elle faisait quoi ? Il y avait le banc, il y avait la fête, et il y avait la nuit, et elle ne savait toujours pas dans quelle direction faire un pas. Depuis quand était-elle incapable de prendre une décision seule ? Elle y arrivait, avant. Elle avait envie de montagnes, et elle bravait les interdictions pour leurs voler un instant à la nuit. Elle avait envie de partir, et elle quittait tout en vrac derrière elle pour foncer droit vers le sud. Elle avait envie de chaleur, et elle allait se blottir dans un coin de la forge, à regarder les reflets du feu sur les muscles du forgeron. Mais elle n’avait pas été seule à se frayer une voie. A l’origine il y avait eu sa sœur, et puis il y avait eu Ena, et puis il y avait eu Elio. Sa sœur était toujours là, mais de l’autre côté Gwendalavir. Ena était toujours là, mais son apprentissage était fini, à présent, et son rôle n’était plus de guider ses pas. Et Elio, Elio ne marchait plus sur le même chemin. Leur présence ne l’avait jamais empêché de suivre le chemin qu’elle voulait suivre ; mais leur absence tordait son cœur, et elle ne savait plus, ne savait plus.

Oh, Einar. C’est vrai qu’il avait dit qu’il reviendrait. Et il n’était parti que pour quelques instants. Ca avait semblé une éternité, pourtant. Pas aussi longue que depuis une potentielle vie antérieure, mais longue, tout de même. Elle ne s’attendait pas à le revoir. Les gens ne restent jamais. Elle non plus, elle ne restait jamais. La vie est mouvement. Et pourtant il était là, et il avait ramené quelque chose pour elle… Une pâtisserie. Elle n’avait pas faim. Elle ne se souvenait plus de la dernière fois qu’elle avait avalé quelque chose, non plus. Elle la prit quand même, et le suivit vers le banc, où elle s’assit à côté de lui, tenant le gâteau entre ses deux mains, la tête baissée. Il était tiède, et moelleux, entre ses doigts. La pâte tournait pour faire comme un escargot, au dessus, et elle suivait du regard la courbe de la spirale, dans un sens, puis dans l’autre. Ca sentait la cannelle, et puis quelque chose d’autre, aussi, sans qu’elle puisse mettre un nom dessus. La salive lui noya la langue. Peut-être qu’elle avait faim, en fait ; elle ne savait pas.

- Non, je ne l’ai pas vu…

Elle n’avait pas vraiment fait attention aux danseurs, ou à qui que ce soit, en vérité, mais que Jehan danse bien ne l’étonnait pas le moins du monde ; que ce soit parce que cet homme avait fait tellement de choses étonnantes que plus rien ne surprenait venant de sa part, ou parce que dans l’état dans lequel elle était, même des éléphants à carreaux multi couleurs jouant du violoncelle ne lui apporteraient aucune réaction.

Le gâteau, par contre.

L’odeur lui chatouillait les narines, et elle l’inspirait, doucement, comme si elle avait peur d’en perdre les effluves. Et elle croqua dedans, une toute petite bouchée, de ses dents blanches. Première envie. Premier choix. Même s’il lui avait été un peu mâché, puisqu’elle n’était pas elle-même allée le chercher. Son estomac vide sembla se réveiller, et elle prit une deuxième bouchée.

- Merci.

Un peu en retard, peut-être, mais si elle l’avait dit en prenant la pâtisserie, elle ne l’aurait pas pensé. Elle leva les yeux vers lui. Se demanda ce qu’il faisait là. Tout le monde faisait la fête, dansait, manger, riait, jonglait, jouait, chantait, et lui, il était assis sur le banc à côté d’elle, à tenter de lancer une conversation qu’elle n’arrivait pas à tenir, alors qu’il ne la connaissait pas. C’était parfois sympathique, de retrouver des gens qu’on n’a pas vu depuis longtemps ; mais davantage quand on les connaissait. Davantage de choses à dire, déjà. Tout le monde était heureux, il avait plein d’occasions de s’amuser, et à la place, il restait avec elle, alors qu’elle était tout sauf intéressante, tout sauf joyeuse, tout sauf de bonne compagnie.

- Pourquoi tu n’es pas avec tes amis ?

Prononcer les mots, ça ravivait les souvenirs, et elle se souvint de ce jour où, lui ayant demandé pourquoi il restait avec elle à l’infirmerie, il avait dit que c’était normal de rester avec une amie, ou quelque chose comme ça. L’image la fit sourire, et elle se rattrapa.

- Pardon, j’avais oublié que c’était déjà le cas.

Il avait raison, en fait. Ca faisait peut-être longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus, et ils ne s’étaient peut-être pas connus longtemps, mais ils avaient partagé beaucoup, en une journée, et ils s’appréciaient. Pourquoi ne voudrait-il pas, en la retrouvant, rester un peu avec elle ? Même si c’était pour partir dans peu de temps retrouver un cercle plus joyeux. Alors elle fit un effort. Pour qu'il ne regrette pas de l'avoir invitée à s'assoir. Elle n’avait pas envie de parler de l’Intendant, parce qu’elle ne le connaissait pas, au fond, et n’avait pas la tête aux commérages habituels d’une Académie. Elle n’avait pas envie de parler des événements récents, non plus, tout sauf ça, pas pour le moment, les envoyer valser loin, arrêter d’y penser justement, même si elle aurait bien voulu savoir ce qu’il était advenu de lui ces derniers mois. Alors à la place, elle reprit là où ils s’étaient quittés. Parler de lui, c’était plus facile, parce que ça lui évitait de se concentrer sur elle. Sa vie était une parenthèse, un sursis, une pause entre deux mouvements, une inertie. Mais celle d’Einar, peut-être pas.

- Tu as appris à nager, depuis la dernière fois, ou tu évites toujours autant l’eau ? Tes parents et tes frères vont bien ? Tu laisses tes flèches voler, maintenant ?

Elle avait mangé la moitié du gâteau à la cannelle, mais elle ne pouvait plus prendre une seule bouchée. C’était bon, mais son appétit était celui d’un oiseau, en ce moment, et sa gorge se serrait à l’idée de le finir. Elle ne savait pas quoi en faire. Alors elle tendit le croissant de lune vers Einar.

- Tu veux le finir ?

Quel effort. Heureusement, maintenant, elle pouvait juste se laisser glisser. Ecouter, c’était plus simple, pas besoin d’ouvrir la bouche, de bouger les lèvres, de projeter sa voix, de vouloir. Elle pouvait juste suivre.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 25 Avr 2011 - 20:51

Shawna grimaça en voyant la quille s’écraser sur le dos de la jeune femme, mais poussa un long soupir de soulagement lorsque celle-ci se retourna et qu’elle reconnut Ichel. Ses boucles brunes étaient toujours aussi jolies. Pas que les boucles, d’ailleurs, Ichel s’était bien habillée pour l’occasion… Bon, au moins, l’apprentie ne lui en voudrait pas, ou tout du moins lui pardonnerait facilement – c’était toujours plus simple de blesser par inadvertance des gens que l’on connait que des gens que l’on ne connait pas, les inconnus ont tendance à croire qu’on fait tout exprès et à être rancuniers. Alors que les gens qui connaissent sont plus enclin à laisser passer, à comprendre que c’est un accident… Elle s’approcha d’Ichel, récupéra l’objet de sa jonglerie avec une grimace d’excuses, puis prit un ton faussement offensé :

- Comment ça, je jongle mal ? Insulterais-tu mon maître dans ce domaine, en insinuant qu’il m’a mal enseigné ?

Elle mit les mains sur ses hanches, comme si elle était en colère, même s’il était clairement évident que ce n’était pas le cas. Elle lança les quilles en l’air, jongla un instant, les jetant toujours plus haut, puis elle récupéra les trois, une dans la main gauche, une coincée entre l’index et le majeur de sa main droite, une entre le pouce et l’index. Heureusement, cette fois-ci, aucune d’entre elle ne tomba, elle aurait vraiment eu l’air quiche, sinon. C’est vrai qu’elle laissait souvent tomber balles, assiettes et autres objets, en fait. Elle jonglait souvent avec ses cousins – Lael était extrêmement doué, surtout qu’il en faisait même à cheval, Keo s’en sortait, et Dwelan était toujours en train de jeter des trucs en l’air. Elle, elle s’en sortait bien, mais comme elle passait son temps à expérimenter, en lançant plus vers là, plus vite, plus haut, en arrière, en tournant, et bien les trois quarts du temps elle se pliait en deux pour ramasser et elle ne maîtrisait pas vraiment quand elle revenait à des jongleries plus… habituelles, disons. C’était avec Dwelan, qu’elle avait commencé à apprendre. Son cousin lui manquait. Elle avait revu ses sœurs, son père et ses cousins lointains lorsqu’elle était revenue à Al Jeit au printemps, mais aucun des Djee n’étaient présents. Elle avait l’habitude de ne pas les voir souvent, eux qui étaient toujours sur les routes, mais ça commençait à faire long, maintenant – plus de deux saisons, quand même. Elle n’allait plus reconnaître Shëra, si ça continuait. Mais en attendant, elle était ici, et elle comptait bien être la reine – le roi, pardon – de la soirée. Elle repoussa les réminiscences, leva les sourcils et fixa la brune qui avait avec tant de désinvolture déprécié ses qualités de jongleuse tout en complimentant ses talents de musicienne.

- J’aimerais bien t’y voir, toi.

Et elle lança l’une des quilles vers Ichel, puis une deuxième, puis la troisième, pour voir comment elle s’en sortirait. Peut-être ne savait-elle pas jongler du tout. Elle le saurait bien vite, de toute façon, parce que la jeune fille allait bientôt être noyée sous les objets. Elle en profita pour répondre, aussi – et avec des paroles pour te déstabiliser en plus, tu y arrives ?

- Je jouerais plus tard. La soirée va être longue, t’inquiète pas, tu finiras bien par m’entendre. J’peux pas jouer toute la nuit, mes lèvres ne s’en remettraient pas… J’attends la ronde, avant, j’ai trop envie de danser et j’ai pas envie de rater la première parce que je suis sur l’estrade, c’est toujours la plus drôle, la première, parce que personne sait quoi faire et y en a qui tournent dans le mauvais sens et on se rentre dedans et on danse avec plein de gens différents et bizarres et c’est juste à mourir de rire… Et toi, pourquoi tu danses pas ? Déjà soif ?

Elle aimait tellement la fête qu’elle s’emmêlait dans ses mots et ne pouvaient plus s’arrêter de parler, allant toujours plus vite, articulant de moins en moins, et faisant tomber toute ponctuation. C’est pourtant avec intérêt qu’elle regarda Ichel au dessus de sa moustache…


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 1 Mai 2011 - 22:02

Il mordillait pensivement dans sa patisserie. Le gout était toujours aussi bon que dans ses souvenirs. Bien sûr, il n’y avait que dans les films et les histoires de saltimbanques qu’un gout familier ramenait brutalement des flashs-backs clignotants de l’enfance du héros, dans lesquels il se retrouve plongé à chaque bouchée. Non Einar était trop préoccupé du silence d’Elera, de la musique qui leur arrivait en filigrane à travers les allées, de la manière dont elle semblait étrangement décalée avec la situation présente. Il pouvait dire quoi, hein ? A part la distraire, et espérer qu’il pourrait égayer sa soirée de Bal plus que s’il ne l’avait pas vu. C’était le peu qu’il pouvait faire pour l’aider. Lui il avait pas besoin de passer la soirée à danser et à rire avec le groupe qu’il fréquentait, il aurait mille autres occasions de les voir, et il voulait passer un peu de temps avec Elera. Ca faisait si longtemps..

Un sourire. Encore un. Ca lui donnait envie de sourire aussi, d’arriver à chasser la brume dans l’humeur d’Elera. Son cœur s’était serré à l’entendre parler de « ses amis », comme si elle n’en faisait pas partie. Il l’avait toujours considérée comme une amie, depuis qu’elle l’avait sauvé de la cascade. Il avait vécu plus de moments intenses en une seule journée avec qu’elle qu’en une semaine de cours avec Layki et les autres. Et elle était plus.. comment dire. Plus intéressante, elle n’était plus élève, elle avait été là dans les premiers temps de l’Académie, elle était plus âgée que les ados avec qui il passait ses journées. Elle était marchombre. Einar n’avait jamais compris l’art marchombre, ni saisi ses nuances, alors forcément, quelqu’un qui le maitrisait comme Elera avait son admiration.
Il l’admirait aussi pour toutes ses actions souterraines alors que l’Académie était sous l’emprise du Chaos, même s’il s’obligeait mentalement à éviter le sujet. Lui avait eu la « chance » de pouvoir s’échapper, et d’être obligé de travailler activement à la résistance. Elera était restée, et avait pris beaucoup plus de risques qu’eux pour permettre à l’Académie de revenir ce qu’elle était.

Et elle se considérait quand même spontanément comme son amie, après un temps. Ca lui faisait vraiment chaud au cœur, qu’elle se souvienne de la journée où ils s’étaient rencontrés, et qu’elle soit pas distante parce qu’ils avaient vécu des destins séparés pendant plusieurs mois.

- Nan j’suis toujours aussi nul dès qu’il s’agit de rentrer dans l’eau, je pense que j’éviterai la moindre flaque jusqu’à la fin de mes jours. J’t’envie, avec la gestuelle marchombre tu dois avoir aucun problème même dans les cascades et tout, c’est impressionnant.

Non pas qu’il l’eut observée ni rien en fait, mais quand il faisait beau, ils restaient souvent dehors et ce n’était pas rare de voir un cours marchombre se dérouler. Il adorait, en fait, leur grâce, et tout. C’était incompréhensible. Le nouvellement Teylus prit le gateau à moitié fini d’Elera avec un demi-sourire. Il avait une faim monstre personnellement, mais il pouvait concevoir que son amie non. Tout le monde n’était pas un adolescent en pleine croissance, un vortex à tartes comme disait le cuisinier. Il voulut répondre aux autres questions d’Elera, mais avec la bouche pleine, c’était difficile ; il manqua d’ailleurs de s’étouffer en tentant de parler quand même.

- Chépatrdconttctché – déglutition, rougissement, sourire gêné – J’sais pas trop comment ils vont ces temps-ci, en fait, j’ai pas pu leur envoyer de lettre à cause de… enfin tu vois, tout ce qui s’est passé. Mais j’ai reçu une vieille lettre récemment, vu que le réseau a été remis en place, attends, j’crois qu’je l’ai même avec moi…

Il se leva énergiquement, partant à la recherche de la-dite lettre dans les poches de ses pantalons. Il aimait les pantalons et les habits avec plein de poches, c’était toujours très pratique pour ramasser ce qui trainait de marrant sur les chemins, et pour stocker ce qui lui appartenait. Mais il avait du la laisser dans son autre chemise, celle qu’évidemment, il avait changée tout à l’heure, vu qu’il s’était habillé pour le Bal…
Il se rassit, le sourire quand même aux lèvres. Il aimait parler de sa famille. C’était rare que les gens posent des questions sur les familles à l’Académie, y’avait tellement de gens qui étaient orphelins ou séparés de leur famille, alors il évitait généralement de donner des nouvelles de la sienne, autant parce que ça n’intéressait personne que parce que ça risquait de vexer beaucoup de monde. Mais là, Elera lui demandait. C’était différent.

- Mes parents m’ont envoyé ça y’a quelques mois mais j’ai reçu la nouvelle seulement y’a trois jours, j’ai une nouvelle petite sœur ! Ca doit faire plaisir à ma mère, on est que des garçons à la maison en fait. Et puis apparemment, Sylar, mon grand frère va bientôt se marier, je suis un peu triste de pas pouvoir assister au mariage, sire Hil’ Jildwin me laisserait pas partir pour cette raison-là, surtout que ça se passerait dans un village aline, vu que sa femme est aline, ‘fin c’est un peu compliqué en fait..

Il prit une pause. Il était toujours tellement enjoué quand il parlait de Sylar, ça devait être vraiment pénible pour les autres, quand on connaissait pas les Soham. Enfin, il avait jamais été aussi proche de Sylar parce qu’ils avaient dix ans de différence et que c’était le surdoué de la famille, Einar avait plutôt passé son enfance avec Dytar, vu qu’ils avaient qu’un an d’écart, et qu’il était beaucoup plus marrant. Mais quand même. Ses yeux étaient toujours brillants quand il en parlait, et il venait seulement de se rendre compte qu’il gesticulait dans tous les sens.
Calme, Einar. Calme. Il finit la dernière bouchée du gateau. Elera l’écoutait. Ca déjà, ça l’impressionnait. Elle aurait pu s’en moquer royalement, après tout, elle connaissait pas les gens dont il parlait et elle les rencontrerait sûrement jamais. Et puis elle non plus , elle avait pas de famille complète comme lui, il se souvenait que ça lui avait fait de la peine quand elle lui avait raconté, le jour de leur rencontre. Mais là, encore une fois, c’était différent. C’était peut-être l’atmosphère du Bal.

- Je pense que t’apprécierais mon p’tit frère, ‘fin le plus jeune, Peklar, il arrêtait pas de me parler des marchombres, c’est son grand rêve. J’me rappelle, quand j’suis parti pour venir ici, il m’a demandé de lui ramener un marchombre, même un tout petit, et qu’il s’en contenterait quand même.

Il rit légèrement en repensant à la scène. Ses mains dépiautaient machinalement une feuille d’arbre qu’il avait prise du buisson proche. Peklar avait toujours été le préféré de sa mère. Après Sylar bien sûr, mais c’était différent, Sylar était la fierté de la famille et son père arrêtait pas de lui dire de prendre exemple sur lui, mais Peklar, du haut de ses 4 ans, c’était le plus adorable.

- Si ça se trouve, dans dix ans, tu l’auras comme élève. T’imagines, ça ? Ce serait drôle, même si ça me rendrait un peu jaloux parce qu’il est déjà doué, j’ai jamais vu un gosse aussi agile..



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 2 Mai 2011 - 2:53

Par la Dame, ce qu’Amarilys Luinil semblait avoir souffert de la reprise de l’Académie…
C’était la seule explication à son apparence. Le fait qu’on aurait dit une dryade flottant entre deux dimensions, immatérielle, si fine que le vent pouvait la dissoudre. Rien n’était arrivé, à la confrérie ou à l’Académie, depuis que le Chaos avait été défait par les courageux élèves de cette école. Et il savait que cette nuit de douleurs avait été terriblement éprouvante pour la rêveuse, bien plus que pour lui, qui n’avait pas eu autant d’énergie à fournir qu’elle. Il savait que sa santé s’en était ressentie, même s’il n’avait pas eu accès aux détails. Mais la voir ce soir, même si elle semblait bien amaigrie, très maladive, c’était déjà une petite victoire. La main galamment dans la sienne, Duncan la guida jusqu’à la piste où les danseurs virevoltaient ; sa main se posa délicatement dans le dos de sa partenaire, et il commença à tourner lentement, en comptant tout haut les temps pour l’aider à se repérer. Après tout, elle lui avait dit une fois qu’il l’avait invitée à passer un après-midi à l’Académie qu’elle s’y connaissait mal en danse. Et si lui avait eu droit à cette éducation de bourgeois, il ne pouvait en vouloir à personne de ne l’avoir pas connue. Aussi dansaient-ils, non fougueusement comme certains, mais lentement, avec douceur, une ronde qui s’adaptait à la musique enjouée en laissant toujours un temps passer quand deux étaient joués. Un deux trois, un deux trois…
Il n’avait pas besoin de parler pour l’instant. Son sourire suffisait pour l’instant à répondre à Amarilys, un sourire doux même s’il était encore fatigué, un sourire qui voulait profiter de la fête pour oublier les morts et le sang, un sourire qu’il voulait communicatif. Il aimait bien la compagnie de Dame Luinil, une rêveuse extrêmement instruite, avec qui il avait eu plaisir à parler. Et qu’il avait secondé du mieux qu’il pouvait dans l’épouvante du camp de blessés et des pleurs. La danse lui permettait de se vider l’esprit de ces vilaines images, et il espérait que c’était également le cas pour sa partenaire, qui suivait avec justesse tous ses mouvements, toutes ses indications sur la musique.

Lorsque la musique s’estompa, il virevolta une dernière fois, puis amena la main de sa cavalière à ses lèvres, de manière galante, pour la remercier de la danse. Il passait un bon début de soirée, malgré son inquiétude pour la rêveuse aux cheveux océan. Les élèves étaient entre eux, certains en train de danser, de manger ou de rire, certains isolés plus à l’écart, sur des bancs, dans les arbres, par petits groupes. Il les laisserait à leurs réjouissances de jeunesse, et préférait amplement continuer de tenir compagnie à Amarilys. Il avait le sentiment que leur expérience partagée les aiderait tous les deux à franchir la mauvaise passe.

- Beaucoup de gens regrettent que vous n’arpentiez l’Académie plus souvent, je le crains. Vous avez de nombreux admirateurs parmi les élèves, Dame, et nombre voudraient vous remercier. Moi le premier, évidemment.

Les danses reprenaient autour d’eux, et il l’emmena un peu à l’écart de la piste, là où les tables se recoupaient pour supporter les nombreuses pâtisseries offertes à quiconque tendait la main vers elles. Duncan choisit plutôt dans une coupe de fruit, et goba un grain de raisin pensivement, suivi d’Amarilys. Comment allait-il ? Voulait-elle la vraie réponse, ou bien ce qu’ils aimeraient entendre ? Il avait lui aussi eu du mal à se remettre, physiquement et mentalement, du carnage. Et encore plus du lendemain, où ses appartements avaient été impunément fouillés par deux insolents, ce qui avait fini de lui ruiner le moral et l’avait obligé à fouiller le passé, quelque chose qu’il détestait faire. Son sourire réapparut, toujours doux, mettant en exergue les rides de ses joues.

- Les temps sont durs, en vérité, pour un vieil homme comme moi, qui suis bien sensible. Mais ce soir, c’est l’occasion d’aller bien, de redevenir soi-même un moment, ne trouvez-vous pas ?

Il hésitait à aborder le sujet de la reprise de l’Académie. D’un côté, il avait envie de l’oublier, de l’autre, peut-être qu’en discuter tous les deux permettrait une espèce de catharsis mutuelle. Après tout, ils avaient partagé les mêmes choses. Et en étaient ressortis blessés dans leur moral, très profondément. Et aucun des deux ne s’en était encore complètement remis. C’était beaucoup plus facile, quand on avait dix-sept ans, de tout jeter aux quatre vents et de tourner la page. Mais pas quand on en avait plus de quarante.

- La fête est merveilleuse. C’est extrêmement rassurant. L’Académie fonctionne, et ce grâce à vous. Mais qui est là pour vous soigner, vous ? Je ne suis pas rêveur, ni devin, mais je sais ce que nous avons vécu ensemble, et ne puis que frôler l’ampleur de votre douleur.



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"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Lun 2 Mai 2011 - 16:22

Lya dansait toujours avec Selhan, heureuse de son cadeau. Elle dansait sarabande sur ronde et gambille, faisait virevolter sa robe légère, tourbillonner ses cheveux d'où les plumes s'étaient échappées depuis longtemps, tournoyait sur ses pieds nus qui frappaient le sol à une cadence régulière. Elle avait oublié la question de Selhan, ne l'avait pas écoutée, préférant s'amuser et danser plutôt que de s'intéresser aux questions de la vie quotidienne.
C'est incroyable comme d'être pieds nus donne une sensation de liberté. Lya avait balancé ses chaussure un peu plus tôt, sans se soucier de l'endroit où elles avaient atterris. De l'endroit ou de la personne. Mais apparemment, ce n'était pas cette deuxième solution, car personne n'était encore venu la voir avec une chaussure dans la main et une bosse sur la tête. Bref, revenons aux pieds nus. Pourquoi avait-elle enlevée ses chaussures? Parce qu'elle les avait tout le temps aux pieds. En marchant, en sautant, en courant, en allant en cours, en déjeunant, en voyageant... La liste était longue, et elle donnait à Lya l'impression d'une vie quotidienne qui n'en fini pas d'être... une vie quotidienne. Pieds nus, Lya se sentait plus libre, et cela la rendait joyeuse. elle se promit de le faire plus souvent.

Une nouvelle danse s'acheva sur quelques notes joyeuses. Essoufflée, Lya se décala sur le bord de la piste, suivie de Selhan. Une danseuse maladroite en profita pour lui marcher sur les orteils, et Lya ne parvint pas à étouffer un petit cri de douleur. Et oui, marcher pieds-nus a aussi ses inconvénients. Déjà la danseuse s'éloignait en se déhanchant au milieu de la piste. Lya ne lui en voulant pas. C'était jour de fête, et surement pas le moment de faire un scandale pour quelques malheureux orteils qui viraient au rouges vifs. La Kaelem tenta d'oublier la douleur qui pulsait de son pied gauche et se tourna vers Selhan:


-J'ai super soif. Je vais chercher quelque chose à boire là-bas,
fit-elle en désignant quelques tables alignées qui servaient de bar. Je te prend un truc et j'arrive tout de suite.

Sur ces mots, elle planta un baiser sur les joues de Selhan et s'éloigna en boitillant légèrement. Arrivée face au "bar", elle désigna un grand saladier plein d'un liquide orange vif. Un employé lui servit à l'aide d'une grande louche dans deux gobelets. Lya le remercia et s'éloigna, un verre dans chaque main. Elle gouta le sien. Un gout fort de liqueur de maïs et de fruits acides envahi sa bouche. La jeune femme termina le gobelet d'un trait, puis bu l'autre à petites gorgées. Elle revint sur ses pas avec l'intention de redemander un gobelet pour Selhan, mais l'alcool agissant déjà sur son corps qui y était peu habitué, elle se dirigea vers l'estrade pour admirer les troubadours qui faisaient leur numéro, tout en chantonnant une petite chanson et en se demandant si elle allait monter les rejoindre.


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Mer 4 Mai 2011 - 13:08

Au grand désespoir d’Ewall, la jeune Tuuli n’avait jamais entendu parler de la troupe Fillibulle. C’était pourtant une troupe plus que connue.
L’apprenti marchombre était fier d’avoir fait partie de cette troupe. Sa renommée était grande, et le but louable. La manière dont Jil avait forgé cette troupe avec sa jeune fille, de ses propres mains, et suite à la mort de sa femme, pour que leur progéniture passe sa vie à rire et plus jamais à pleurer, émouvait Ewall. Et puis, à chaque nouveau membre, orphelin ou non, c’était une magie nouvelle à offrir au public. Le revenu n’était pas grandiloquent, mais suffisant pour vivre avec simplicité. Et en troupe, la vie devient bien plus aisée et appréciée que seul.
Et puis, il leur devait tout. Surtout sa guérison. Le départ de cette saloperie de dépression. Enfin, départ…c’était vite dit, mais déjà une amélioration !
Bref, la troupe lui manquait, et il avait pour idée que toute personne se devait de les connaitre !

Ce fut ensuite au tour de la jeune fille de se confier, dans un sourire, et le jeune homme l’écouta attentivement. D’après ce qu’elle disait, elle venait d’une « bonne famille », donc noble. Il ne s’était pas trompé, les signes étaient bel et bien présents. Toutefois il fut plus que surpris par l’annonce de son métier. Domestique ?! Une jeune fille de bonne famille choisissant le métier de domestique ? C’était complètement paradoxal. Et génial !
C’était un peu comme lui : le noble se retrouvant roturier dans une troupe de saltimbanques ! Bon, lui ne l’avait pas vraiment choisi, mais…Le principe de reconversion lui plaisait, même s’il n’en saisissait pas toutes les raisons. La vie en troupe l’avait transformé, lui apportant des choses plus précieuses que la noblesse. Elle le savait aussi. Le savait-elle alors, avant de se convertir ?
Sa surprise s’effaça, laissant un sourire amusé et admiratif. Dans une condition de bonne famille, il devait être difficile et peu apprécié de prendre une telle décision. Elle avait du cran et du caractère !

Et en plus, elle avait un certain humour, qu’il appréciait. Des coups de balais, hein ? Son caractère bien trempé ne donnait pas envie de se confronter à son balais en mauvaise période !
Il jeta un coup d’œil aux acrobates. Il était vrai que la tentation de les rejoindre était forte. Très forte.
Mais comme elle le disait, il était là en tant que résident, en tant qu’élève, et plus en tant qu’acrobate. La troupe faisait à présent partie de son passé. Il fallait qu’il s’y fasse.


-Non, ma place n’est plus avec eux. Je suis élève dans cette Académie.


La nostalgie débordait de sa voix. Il ne regrettait pas d’avoir suivi Anaïel. Bien au contraire ! Mais les évènements ici le dépassaient, et il songeait aux festivités simples de la troupe. Là bas, pas de sœur fantôme qui revient, pas de nouvelles vies, de rencontres aussi étranges que la Naeëlios, pas de nom noble qui fausse les jugements…

-En réalité, je suis comme toi.


Le tutoiement était venu instinctivement, cessant le ton galant et appliqué au bal. Il s’apprêtait à révéler ce que jamais il n’avait réussi à confier à qui que ce soit d’autre qu’Anaïel. Et encore, il avait fallu qu’il lui montre pour le lui dire.
Il était temps de changer, d’assumer son rang, sa famille, son passé.


-Je suis noble de naissance, j’appartenais à la grande lignée des Ril’Morienval…

Venait le plus difficile. Aussi but-il une gorgée d’un verre prit sur une table, pour se donner du courage.


-Suite à… l’assassinat de ma famille…j’ai été recueilli par une troupe de saltimbanque : la troupe Fillibulle.


Il détourna ses yeux humides, ne voulant pas paraitre faible et pitoyable devant la demoiselle.


-Tu es bien plus courageuse, tu as choisi. Moi je m’y suis accommodé. Et puis j’ai rencontré Anaïel, qui m’a fait entrer dans cette Académie. Je change sans cesse de vie. Je ne suis pas là pour donner du travail à ton balais, il y a déjà trop de désordre dans ma propre tête !

Il rit, voulant détendre de nouveau l’atmosphère.

-Mais je me souviendrais de ne pas trainer dans les pailles de tes instruments, sait-on jamais !

D’un sourire il sécha les larmes naissantes. Il l’avait dit. Il s’était présenté dans son identité entière. Il avait réussi.



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Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?



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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 15 Mai 2011 - 16:23

Elera haussa les épaules. Ce n’était pas vraiment la gestuelle marchombre qui faisait qu’elle était à l’aise dans l’eau. Elle avait toujours aimé nager, la sensation du liquide sur son corps, la vision différente, lorsqu’elle ouvrait les yeux, et la gravité qui perdait tout son sens pour en prendre un complètement différent. Les oreilles en étaient toujours le centre, mais les pieds n’avaient plus à être accrochés en bas… C’était un autre monde, où tout avait un autre goût, où les sons ne perçaient plus de la même manière, et le toucher, et la vision. Un autre monde, sans paroles, où tout était plus simple, plus basique, plus instinctif.

- J’ai grandi près d’un lac, aussi.

Et pas n’importe lequel. Peut-être était-ce pour cela, plutôt, que l’eau était devenue si vite son amie, à se baigner dans des flots conscients, dans ces bras d’eau qui la protégeaient. Pensive, elle mâchouilla le bout de son index, renvoyée loin dans le temps, replongée en enfance. L’Œil d’Otolep l’avait toujours attirée. Il n’y avait pas la moindre peur, en s’approchant, au contraire, plutôt une sérénité, qui flottait sur sa paisible surface. L’eau des cascades coulait sans s’inquiéter des hommes qui voulaient la traverser, des branches qu’elle emportait ou des poissons qui y nageaient, et c’est là que son apprentissage marchombre rentrait dans la ligne de compte. Mais l’eau de l’Œil avait conscience des corps qui s’y mouvaient, et les invitait ou les rejetait. Et c’était bien pour ça qu’elle avait toujours été en sécurité, là-bas…

- Je me demande… J’aimerais t’y amener, un jour.

Est-ce qu’Einar pourrait approcher le lac ? Aurait-il toujours peur, face à la quantité de liquide, ou serait-il, comme elle, empli de quiétude ? Elle aurait aimé savoir. Mais Einar n’avait aucune raison de la suivre, et sûrement pas pour aller voir le genre d’étendue dont il avait horreur. Alors l’idée fana comme le reste, ses projets incapables de rester en vie plus de quelques secondes, et elle se contenta de l’écouter. De baisser la tête, lorsqu’il fit référence au Chaos. Lui aussi avait été coupé du monde. Ce monde, plein de joies et de velléités, qu’il décrivait avec tant de désinvolture, ce monde si simple que semblait être celui de sa famille, un monde où les gens vivent et naissent et grandissent sans que les nuages de la perversité ne viennent recouvrir leur ciel et voler leurs espérances. Une fille.

- Comment s’appelle-t-elle ?

Elle ne savait pas ce que c’était, de retourner chez soi, de rentrer à la maison, de retrouver sa famille, mais elle pouvait sentir, dans le ton de sa voix, combien cela faisait plaisir à Einar de parler d’eux, et elle se détendait, en l’écoutant. Le monde recommençait à tourner rond. Alors elle essaya de se sortir de son inertie, et de tourner avec lui. C’était facile, il suffisait de se trouver un pivot, la rotation se faisait toute seule autour, une fois que le point central était trouvé. Alors elle se fixa sur les paroles d’Einar, sur ces pâles figures dont elle ne connaissait ni le visage ni la carrure mais qu’il allumait par un nom dans son esprit. Quelque part, ils respiraient, bougeaient, riaient, en chair et en os, et elle le savait. Alors que ces trois amies qui dansaient ensemble devant eux ne connaissaient pas leur existence autrement que par le fait qu’elles savaient qu’il y avait des gens, ailleurs, quelque part.

- Si tu demandes à l’Intendant, je pense qu’il te laisserait partir… Mais pour aller dans un village aline, il te faudrait traverser la mer.

L’image d’Einar montant sur un bateau, entouré d’eau de tous les côtés, grimaçant en bougeant les bras dans tous les sens, flasha un instant dans son esprit. Mais de l’eau, partout… Elle se voyait sur la berge de l’Œil, elle se voyait sur celle du lac Chen, mais il y avait toujours la terre, d’un côté ou d’un autre. Qu’est-ce que ça pouvait faire, de n’avoir que le ciel et l’océan ? Est-ce qu’il était comme un lac, en plus grand, ou était-ce différent, une autre impression ?

- Je n’ai jamais vu la mer.

Simple assertion. Neutre. Sans aucun sous-entendu. Elle n’alla pas plus loin. Elle ne savait pas si ça voulait dire qu’elle voulait la voir un jour, ou si elle le ferait. N’avait pas envie de penser que oui, pour être déçue quelques temps plus tard, comme elle avait été systématiquement déçue jusqu’ici. La mer disparaitrait avant qu’elle n’arrive, engloutie par la terre, qui se refermerait au dessus des vagues. Et si elle voulait la terre, c’est la terre qui serait engloutie par la mer. Elle ne voulait plus vouloir, c’était trop douloureux. Et puis Peklar. Elle aimerait tellement avoir encore son insouciance, ses rêves. Il ne savait rien des marchombres, mais rien que le mot, légendaire, lui mettait des étoiles dans les yeux. Et pourquoi ? Qu’avaient-ils de si spécial, les marchombres ? Ce n’était pas parce qu’ils savaient traverser les fleuves sans se laisser emporter qu’ils avaient davantage de réponses que les autres. Elle était aussi perdue, voire davantage, que n’importe quel danseur présent ici… Pourquoi les marchombres étaient-ils entourés d’autant de mythes, et de rêves ? Elle n’avait pas, plus, l’impression de les vivre. Rien que ses apprentis – comment pouvait-elle les guider, alors qu’elle était ainsi transpercée par les doutes qui l’avaient terrassée ?

- J’espère que dans dix ans, je serais un meilleur maître que je ne le suis aujourd’hui… Si c’est le cas, je suis une toute petite marchombre, tu pourras tenir ta promesse. Mais j’ai du mal à y croire. Je… Je ne sais plus ce que ça veut dire, marchombre.

Torpeur. Glaciale. Elle se sentait tellement vide, d’en prendre conscience. De prendre conscience que toute sa vie, elle s’était accrochée à une idée lumineuse, celle de ne jamais abandonner ceux en qui elle tenait, et qu’elle l’avait laissée s’échapper. Parce que c’était elle qui avait laissé Elio. Pas lui. Elle n’avait pas tenu, n’avait pas pu supporté son crime, et lui avait prouvé qu’il avait raison depuis le début. C’était ça, son harmonie – son acceptation des autres, envers et contre tout, et elle ne l’avait plus, et elle ne savait pas, ne savait plus, c’était le chaos dans sa tête et dans son cœur, et tu sanglotes, petite fille, calme-toi, tu vas inquiéter Einar, mais ce n’est plus possible, tu ne contrôles rien, ça fait longtemps que tu ne contrôles plus rien, même ta respiration n’est plus la tienne, tes poumons hoquettent tous seuls et tes inspirations sont hachées, parce que tu l’as perdue, ton harmonie, tu as jeté tout ce en quoi tu croyais, et maintenant il ne reste plus rien, la preuve, si tu fermes les paupières, il ne reste que les traces humides sur tes joues et la musique qui bourdonne, la vie est une ruche, et les rires t’étouffent.

[Euh, mouais 0o Edition à volonté.]


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MessageSujet: Re: Bal de l'Académie [Terminé]   Dim 15 Mai 2011 - 22:03

Et bien sûr son choix de métier était surprenant ! A vrai dire, elle-même commençait à se demander pourquoi elle avait fait ce choix. Après tout, elle aurait pu se faire passer pour élève en civilisation ou quelque chose s’en approchant. Sa réflexion avait été étrange mais elle commençait à s’habituer à sa situation. Attention ! S’y habituer, pas l’apprécier. Les douleurs de ses membres l’empêchaient d’en arriver à ce stade. Pourquoi la regardait-il tout sourire ? Comme si son choix avait quelque chose de judicieux ou d’admirable. A bien y réfléchir, s’il n’était pas judicieux il était admirable. Elle se sentit brusquement fière d’être là où elle était. Peu de nobles pouvaient se vanter de savoir manier le balai comme elle y parvenait. Elle n’était pas loin d’en faire un véritable art ! Elle sourit à son tour tant l’idée était ridicule. L’art du balai après celui du Dessin ou des Marchombres voilà qui serait approprié ! Prétentieusement, elle se dit qu’elle pourrait être l’héroïne de certains des contes qu’elle avait l’habitude de lire : ces jeunes filles qui avaient tout ce qu’elles voulaient et qui se retrouvaient dans une situation impossible qui leur apprenait la vie et leur apportait plus que tout ce qu’elles avaient pu avoir auparavant. Ces contes n’étaient que mensonges. Tout ce qu’elle avait au moment présent c’était des bleus, courbatures et autres crampes. Sans compter qu’elle n’avait que peu d’argent. Autrement dit, elle avait plus perdu que gagner et parfois regrettait son choix.

Dans ces moments là, elle se mettait à penser à ce qu’il se serait passé si elle était restée. Son frère lui en aurait voulu. Il ne l’aurait plus considérée comme une sœur digne de faire partie de sa famille. Ses parents, eux, l’auraient aimée, choyée et poussée dans les bras d’un bon parti. Parti qui lui aurait fourni tout ce dont elle aurait eu besoin. Tous sourires, ils lui avaient déjà présenté quelques jeunes gens pour « de simples prises de contact », des « rencontres arrangées ». Tout cela lui semblait si normal et elle s’était faite à l’idée que les seules passions qu’elle vivrait seraient la musique et la lecture. Sa plus grande aventure aurait été celle de fonder une famille. Et elle aurait été satisfaite. Elle comparait alors tout cela à ce qu’elle vivait désormais. Elle avait des colères, des rires, des paroles qu’elle n’aurait jamais exprimés auparavant. Un souffle de liberté planait au-dessus d’elle mais elle ne désirait pas encore s’envoler. Elle ne voyait que trop ce qu’elle avait perdu : sa famille. Elle ne pourrait pas refaire marche arrière mais étrangement ne le désirait pas non plus. Les sentiments qu’elle exprimait enfin étaient une expérience par trop nouvelle et curieuse pour qu’elle désire continuer son petit bout de chemin. Et il y avait trop de choses intrigantes dans cette Académie. Les gens qu’elle y avait rencontré ne ressemblaient en rien à tous ceux qu’elle avait pu rencontrés et étaient par beaucoup de points beaucoup plus agréables. Tous ces états d’esprit paradoxaux l’habitaient désormais et l’empêchaient d’être entièrement triste ou entièrement heureuse, quoiqu’elle se situât plutôt vers la première catégorie. Comme quand on avale un remède trop mauvais. On se concentre sur l’arrière goût mais on est soulagé de prendre en charge le mal dont on est atteint. Elle était soulagée d’être partie mais triste de ne plus être là-bas bien qu’elle guérissait son mal : une obéissance sans borne et une montagne d’interdits qu’elle avait laissé les autres lui imposer.

Elle secoua la tête pour se concentrer sur son aimable cavalier. Il était donc bien élève mais ce n’était pas ce dont il avait envie de parler apparemment. Sa voix se voilait de tristesse et il se confia. Pourquoi à elle ? Pourquoi comme ça ? C’était si impromptu et en même temps… amené à point. Son nom, inscrit sur le papier donnant les noms des cavaliers fantômes, n’était donc pas une simple coïncidence, quoiqu’elle n’y ait probablement pas fait attention s’il n’avait pas mis le sujet dessus. Ril’Morienval… Ce nom flottait quelque part dans son esprit lui évoquant un sentiment d’influence forte mais un destin tragique. Elle n’était pas tellement au courant des histoires ayant chatouillé l’esprit des nobles mais se doutait d’avoir entendu jaser sur cette histoire, sans réellement y prêter grande attention. Sa mère avait dû s’y intéresser fortement mais son père préférait se concentrer sur ses devoirs que l’écouter déblatérer sur des sujets qu’il considérait comme futiles. Le nom ayant résonné dans son esprit, Tuuli se dit que sa mère avait dû en parler avec ses amis mais comme elle n’avait pas le droit de se joindre à elle, elle ne savait rien de l’histoire. Et voilà qu’elle rencontrait un des acteurs principaux de ce drame.

Famille assassinée, devient acrobate puis élève dans cette Académie. Il en avait une couche, pour sûr ! Comment réagir à cela ? Tuuli évitait toujours d’aborder ce type de sujet. La tristesse des autres lui était complètement étrangère et elle ne la comprenait pas. Elle limitait son empathie et se bouchait les oreilles. Elle ne voulait pas savoir. C’était trop étrange, trop douloureux et elle ne voulait pas essayer de deviner ce que les autres pouvait ressentir. Elle préférait souffrir de ces petits problèmes, les considérer comme immenses, se plaindre à leur sujet sans laisser à l’autre le temps de la raisonner et de lui rappeler à quel point elle était futile. Ecouter les problèmes graves d’autres personnes lui rappelait qu’elle l’était et elle n’aimait pas ça.

Elle pinça les lèvres. Ewall lui dit qu’il la trouvait plus courageuse que lui parce qu’elle avait choisi. Elle ne ressentait rien de tout cela. Oui elle avait été courageuse, non mais faut pas le renier ça ! Elle avait été très, très forte et s’était détournée de sa famille. Celle du garçon lui avait été arrachée et il vivait encore, qui était le plus courageux ? Elle n’avait fait que faire ce que lui disait son petit frère, rien de plus, rien de moins. Son acte à elle lui semblait soudainement dérisoire. Du « désordre dans sa propre tête »… Ben il aurait mieux fait de le garder pour lui ! La voilà qui réfléchissait maintenant ! M ais pourquoi, alors que ce moment de danse était si agréable, avait-il tout gâché avec ses problèmes ! Tout allait bien ! Maintenant elle devait trouver quelque chose à dire, à faire ! Elle ne réagit même pas à sa touche d’humour. Lui qui se confiait sans penser à l’effet qu’une bombe pareille pouvait faire, ce n’était qu’un…


- Crétin d’égoïste

Ah non ! L’insulte était sortie toute seule ! Si elle la pensait, elle ne pouvait le dire ! Les yeux d’Ewall étaient encore humides de sa confession. Sa confession… il s’était ouvert à elle, comme ça alors qu’il ne la connaissait pas. Parce qu’il devait lui faire confiance ou quelque chose s’en approchant. Mais encore une fois, pourquoi elle ? Parce qu’il pensait que parce qu’elle avait « déchu » elle lui ressemblait ? Mais ce n’était rien de tout cela ! Elle ne savait pas, ne voulait pas savoir… Elle ne… pouvait pas laisser la situation comme ça. Que dire ? Les mots commençaient à se mélanger, devenant plus maladroits les uns que les autres, plus décevants voir blessants. Tuuli soupira. Et elle arrêta de penser. Pour une fois, elle laissa le voile de politesse et pensées toutes faites dont elle se couvrait se détacher d’elle. Elle baissa les yeux. Ce qu’elle allait dire correspondait trop à ses pensées réelle pour qu’elle assume de regarder Ewall dans les yeux.

- Je te prie de m’excuser. Je ne voulais pas… enfin si je voulais dire ça mais je ne voulais pas que tu l’entendes. Je… je ne sais pas comment réagir à cela. Je peux répondre aux boutades, aux insultes, aux hypocrisies, aux flatteries, aux compliments mais à l’honnêteté des sentiments… ça je ne sais pas. Je n’ai jamais su. Tu as dû beaucoup souffrir et moi je ne trouve rien de mieux à faire que de t’insulter et d’avoir peur d’entendre ce que tu as vécu. Tu n’es pas censé avoir à gérer mes craintes… je…

Elle releva la tête mais regardait derrière le garçon, elle ne pouvait toujours pas se résigner à se confronter à son visage.

- Je ne suis pas courageuse. J’ai répondu à une demande de mon frère. J’ai obéi à mes parents toute ma vie durant et je suis partie pour répondre à l’attente de mon petit frère. Je vis pour lui, parce qu’il me l’a demandé. Et maintenant… maintenant je passe mon temps à me plaindre et à ne penser qu’à mon confort, qu’il soit matériel ou psychologique. Je ne peux pas te dire « si tu veux parler, je suis là ». Je sais que c’est ce qu’on devrait faire normalement mais… je suis désolée. Je n’y arrive pas. J’ai trop peur.

Elle serrait et desserrait ses mains, se tordait les doigts. Elle finit par baisser les yeux de nouveau. Son regard tomba sur sa robe d’un rose soutenu et elle se sentit encore plus ridicule, petite, futile. Tout est tellement plus simple lorsqu’on ne se pose pas de question, lorsqu’on ne regarde pas ! D’un autre côté, cet élan d’honnêteté la soulageait. Comme si elle commençait à assumer son propre égoïsme… aux dépens de son vis-à-vis. Si elle avait été à la place du jeune homme, elle serait partie. Autant ne pas rester en compagnie d’une pauvre fille qui préférait se regarder plutôt que d’être là pour d’autre personne. Elle n’était pas encore assez grande.



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Dura scopa sed scopa n'est-il pas ?

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