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 Chose promise, chose due. [Terminé]

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Mercenaire du Chaos et Maître de la boutique du Talion
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MessageSujet: Chose promise, chose due. [Terminé]   Mar 8 Mar 2011 - 20:39

Ils arrivèrent dans la rue marchande, alors qu’il faisait déjà bien nuit. Le voyage avait été long, et plusieurs nuits Elera avait du tenir dans son étreinte Elio, alors qu’il faisait milles cauchemars. Les pleurs ne cessaient pas et la rage grandissait en silence dans son ventre.
L’étole et la maison de son père se situait à la toute fin de la rue, légèrement en retrait. Ils y avaient vécu toute leur vie.
Les chevaux étaient épuisés, et le corbac sentit le soulagement d’Eolwyn d’être enfin arrivé à destination. Il lui tardait de retrouver les écuries de l’Académie. Il le gratta entre les oreilles, remerciant d’un souffle sa monture pour ce long voyage.
Devant la porte, il transpirait à grosses gouttes, et sentit la main d’Elera frôler la sienne. Cette fois-ci, elle ne suffirait pas à le calmer.







Cyprian n’arrivait pas à dormir. Voilà deux jours qu’il ne trouvait plus le sommeil, avec le mauvais pressentiment qu’un secret venait d’être dévoilé.
Avec l’horreur qu’Elio ait pu découvrir la vérité.
Le pressentiment grandissait, et devenait une certitude.
Elio savait.
Et Elio venait à lui.
L’homme massif transpirait, ses cheveux broussailleux noirs étaient trempés par la peur. Il se leva, fébrile, sentant son heure venir.
Il descendit au modeste salon, servant de cuisine, et entendit un hennissement dehors.
Il déglutit.


"C'est trop facile de se débarasser de la vérité en envoyant au loin les questions! Crois moi ça ne m'arrêtera pas."

La menace passée de son fils lui revint à l’esprit. Et son corps d’homme imposant se fit tout petit.
Il le savait, il savait très bien qu’en envoyant son fils ailleurs, il lui offrait la liberté de savoir. La possibilité de voyager. Il espérait juste que ses études l’intéresseraient, et qu’il oublierait.
Mais comme promis Elio n’avait pas oublié.







Chose promise, chose due.
Le demi-faël n’avait pas oublié.
Et il avait appris.
Son père était fait comme un rat.
Haletant, il s'apprêtait à tourner la poignée. Il n'eut pas à le faire. Elle se tourna de l'intérieur, et son père s'avança, sur le pallier.


-Bonsoir Elio.


Il le fusilla du regard en retour, tenant par la main Elera.
Cyprian se força dans un sourire.


-Tu ne me présentes pas ton amie ?

Elio sourit à son tour, un sourire malsain, sarcastique.

-A quoi bon ? Tu ne la reverras pas. Je viens juste chercher ce qui me manque.


Le silence était froid, tendu, angoissant.


-Mais si tu y tiens…Voici Elera. Elera, voici…l’assassin de ma mère.

Il ne pouvait plus l’appeler papa, ni même utiliser l’appellation « mon père ». Il ne voyait en lui que l’assassin, le traitre, le menteur, le monstre.
Cyprian devint encore plus blême, et trébucha en arrière, rentrant dans la demeure.


-Tu…tu…te…


Elio lâcha la main d’Elera, s’avançant et rentrant à son tour, prenant soin de fermer la porte derrière lui. Il valait mieux qu'Elera n'assiste pas à cela. Il posa l'arc sur la table de bois.


-Tu le reconnais ? C’était l’arc de maman.


Cyprian s’attendait à ce que son fils apprenne la vérité, mais pas par les faëls.


-Oui, je suis allé à Illuin, chez nous. Enfin, quand je dis chez nous, je veux dire chez Maman et moi.


Tous ses mots l’accusaient, remplis de venin.
Enfin ! Enfin il savait, enfin il pouvait rendre justice !


-Tu ne comprends pas…Bafouilla l’homme.

-Non, en effet, je ne comprends pas comment tu as pu tuer la femme que tu aimais. Les faëls avaient raison. Tu aurais du mourir.

-Le Chaos me tenait…j’pouvais pas…c’était pour notre…si…

-De quoi tu parles ? S’impatienta Elio.

-Il y a des années, j’ai fait affaire avec des gens puissants, très puissants, dont la plupart étaient mercenaires du chaos, voire même mentaïs…pour…pour agrandir mon commerce.

-Pour QUOI ?!!!
Explosa le garçon.

-Il…J’étais jeune, et cupide ! Il me fallait de l’argent, et je n’avais pas encore rencontré ta mère, tu sais…J’avais des dettes énormes, j’ai pas pu le rembourser, alors ils m’ont engagé pour pallier ces dettes.


Elio crut qu’il allait finir par terre. Son père, enrôlé dans le Chaos ?

-Ils t’ont…engagé ?

-J’voulais pas, mon garçon…J’voulais pas…Mais je n’avais pas le choix. J’ai ruiné mon affaire en leur offrant des armes, puis j’ai tué. Et ta mère est arrivée…

Elio déglutit. Son père lui faisait pitié.


-Tu me donnes envie de vomir.

-J’ai rompu contact avec eux, pour elle, et j’suis partie avec elle.

-Elle savait ? Accusa le demi-faël.

-Non….avoua le père dans un soupire. Non…je n’ai jamais pu le lui dire, tant j’avais honte…J’ai cru qu’en partant en pays faël, ils ne pourraient plus rien faire, qu’ils abandonneraient pour une affaire aussi insignifiante !

-Tu devrais pourtant savoir qu’un homme n’abandonne jamais.


Cyprian s’affala sur une chaise, les yeux baignés de larmes. Ce qui ne toucha absolument pas le corbac.

-J’ai reçu un avertissement, me demandant de les rejoindre sous peine de…punition.


-Et tu n’as rien fait.

Le dégout envahissait la gorge d’Elio.

-Si…si…ça voulait dire tout avouer à Héliane…

-TU N’ES QU’UN LÂCHE, UN TRAITRE, UN MONSTRE !

-Elio…

Mais Elio ne se contrôlait plus, la haine et la colère étaient plus fortes que tout.


-TU AURAIS DU MOURIR POUR ELLE ! TU AURAIS DU PARTIR ! LA SAUVER ! LA PROTEGER !


-Je m’en veux Elio…je m’en veux, j’te jure, mais…comprends-moi…Imagine…cette jeune fille, Elera, si…si la même chose vous arrivait, si…

Elio se jeta sur son père, le relevant contre le mur, brutalisant son crâne jusqu'au ce qu'un filet de sang s'en échappe.

-TA GUEULE ! POUR ELERA JE PRÉFÉRERAIS LA FAIRE SOUFFRIR EN PARTANT PLUTÔT QUE DE LA TUER ! JE PRÉFÉRAIS MOURIR !

Cyprian pleurait.

-Je pensais, qu’ils me tueraient moi ! Pas Héliane !

-COMMENT OSES-TU PRONONCER SON NOM ?! COMMENT AS-TU OSE TAIRE TON MEURTRE !

-Je ne l’ai pas TUE !

-TU L’AS TUE ET TU LE SAIS !

Elio le lâcha, puis cracha par terre.


-Tu aurais du mourir.

Puis, il se tourna vers la porte, pensant à Elera. Ses yeux n'étaient que fer, et jamais elle n'avait du le voir dans pareil état. Après cette nuit, plus jamais elle ne voudrait l'avoir auprès de lui. La suite ne devait pas se dérouler dans ses yeux à elle.

Et Elera était marchombre. Le temps lui était compté. Elle ne devait surtout pas assisté à cela. Ne rien deviné, après les cris qui avaient largement percés les murs.
C’était entre lui et son père.

-El…Elio…Qu’est-ce…que…

-Chose promise, chose due. Cracha-t-il en éteignant la lumière.





Elio sortit de la maison, les yeux embués d'ombres, le mot fin gravé sur le coeur.  


 




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Marchombre
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MessageSujet: Re: Chose promise, chose due. [Terminé]   Jeu 10 Mar 2011 - 18:58

[ J'édite, si besoin !]

Plus ils s’approchaient, et plus il s’assombrissait. Elle pouvait pressentir les remous intérieurs, comme une mer qui divague, les vagues prenaient de l’ampleur, montaient de plus en plus haut, retombaient de plus en plus lentement et de plus en plus violemment, aussi, alors que le ciel devenait noir et que le vent, levé, cinglait les voiles et les crânes. Des spasmes musculaires venaient tendre sa mâchoire, et le sang pulsait sur ses poings. A croire qu’Al Poll était une ville maudite. Une ville de fantômes au ricanement gras, de démons sanglants, de remords mordants. La violence venait tordre la surface des souvenirs, tortueuse, le cliquetis des chaînes hantait la mémoire, et les marques se faisaient presque sentir, imprimés dans la peau loin après leur fêlure. Elio ne lui avait presque pas parlé de tout le voyage du retour, les mêmes pensées envahissant son esprit, et brisant sa raison.

C’était un homme terrifié qui leur ouvrit la porte. Ou plutôt, non, simplement inquiet, mais jusqu’aux tréfonds de son âme, comme si l’inquiétude se dressait en lui, et refusait de quitter son corps. Possédé. Elera lut le regret sur son visage, le même regret qu’elle voyait parfois tendre l’expression d’Ena, lorsque ses yeux se perdaient au loin, vers cet endroit délavé où son apprentie ne pouvait pas la suivre. Le même qu’elle sentait sur sa peau laiteuse, parfois, lorsqu’elle repensait à tout ce qui aurait pu être, et tout ce qui aurait pu ne pas être. Le regret, et la peur, aussi, lorsqu’il comprit qu’Elio savait. La porte claqua dans un bruit sec, et Elera resta seule sur le seuil, laissant l’homme fautif, et le fils coléreux, disparaître sur une scène où elle n’avait pas sa place. Immobile, sur le seuil d’un monde qui ne lui appartenait pas, Elera posa la main sur cette faible cloison qui l’en séparait. Ferma les yeux. Ecouta. Laissa l’histoire dériver. Vinrent les explications, et la marchombre se rassura. Elle avait vu juste, là-bas, chez les faëls…

-J’ai rompu contact avec eux, pour elle, et j’suis partie avec elle.

Pas besoin d’en entendre plus. Le regard voilé, elle laissa sa main traîner le long du mur, la pierre crayeuse râpant ses phalanges, patiente. C’était le dernier acte. La vérité tant recherchée éclatait enfin au grand jour, et une étrange mélancolie enserrait le cœur de la marchombre. Etait venu le temps des explications, leur vie entrait dans une nouvelle ère. Elio finirait, sûrement, par pardonner l’erreur qui avait noyé toute la vie de Cyprian dans un océan de regrets. Pas tout de suite ; le courroux des faëls, la frustration d’un silence de deux décennies tintaient encore trop forts dans ses boyaux pour qu’il le puisse. Mais peut-être finirait-il par comprendre l’errance humaine, et lâcherait enfin l’image chimérique de cette mère qu’il n’avait jamais connu, et dont il avait dessiné tous les traits imaginaires, une figure parfaite et sans substance qui n’existait pas plus qu’un fantasme, mais qui avait pour lui toute la consistance de la réalité. Aujourd’hui, tout ce qu’elle espérait, c’est qu’ils se comprendraient enfin, briseraient le barrage qu’ils avaient érigé entre eux par le silence, et repartir sur de nouvelles frondaisons.

Ils en auraient sûrement pour un moment. Et c’est pour ça qu’elle s’éloigna, un pied sur une pierre, un pied sur l’autre, avançant sur la route pavée de ses pas menus, sous la pâle clarté de la lune et celle, moins atténuée, des boules de lumière Dessinées. Elle descendit toute la rue, s’arrêta un instant devant une maison dont les volets n’étaient pas encore clos, malgré l’heure tardive, et observa un instant les deux êtres qui s’y trouvaient, à la lumière d’une chandelle. Un homme, une femme, tous deux assis autour d’une petite table, l’un face à l’autre. La femme tournait une tasse entre ses doigts, et les lèvres de celui qui devait être son époux remuaient en silence. Elera tenta d’imaginer ce qu’il pouvait bien lui raconter. Des histoires du quotidien, les enfants, le travail, la famille qui passerait bientôt les voir, ou le contraire. Elle resta un moment à les observer, tous les deux, jusqu’à ce la femme ne mouche la chandelle, dissimulant d’abord la flamme comme un trésor entre ses mains, avant de lâcher un souffle court, mais sans appel. L’obscurité s’empara de la maison. Alors seulement elle remonta la rue, ses pas tentant vainement d’épingler son ombre, mais celle ci la devançait toujours d’un pas. Elle avançait vers la maison qui appartenait au père d’Elio, s’étonnant que, depuis le temps qu’elle le connaissait, elle n’ait jamais su qu’il habitait si près. Le silence s’étirait, pesant. Elle n’eut pas à attendre longtemps, pourtant, avant que la porte ne s’ouvre, et qu’Elio apparaisse dans l’embrasure de la porte.

Elle ne comprit pas, d’abord.

Elle cherchait à savoir comment s’était déroulé leur discussion, mais le visage d’Elio était fermé, ses yeux, froids métalliques. Dans la demi-pénombre, elle remarqua d’abord la tâche sur sa joue. Mais son visage n’était pas le seul à refléter des ombres carmines, et elles courraient sur ses mains, aussi, imprégnaient quelques plis de ses habits.

Du sang.

Pas le sien. Il se tenait droit, il n’était pas blessé.

Elera resta immobile, incertaine, avant que la certitude n’éclate comme des débris de verre, partout, et que l’incrédulité, la terreur, l’incompréhension, le choc, brutal, ne s’empare d’elle corps et esprit.

Elio avait tué son père.

.
.
.

Elle fit un pas vers lui, deux, en titubant, cherchant dans son regard un démenti, quelque chose pour lui prouver qu’elle se trompait, qu’elle avait mal compris, qu’elle se faisait des idées. N’en trouva pas. Son esprit se distordit, luttant contre cette cruelle hypothèse, en même temps que ses boyaux. La douleur, poignante, lui serra le ventre de manière fulgurante, et elle sentit ses intestins se retourner, se serrer, comme si une poigne ferme dans une armure de vargélite les broyait, comme un serpent qu’on attrape par la tête pour ne pas se faire mordre et qu’on écrabouille, l’espace d’un instant, et puis le liquide lui remontait dans l’œsophage, lui brûlait la gorge, envahissait sa bouche, et elle s’étranglait. Relents. La substance à moitié digérée s’étala sous le porche, miasmes nauséabonds, putrides, dégoulinants de dégoût. Elio fit un pas en avant, et elle leva le bras devant elle, comme pour l’arrêter.

- N’a… N’approche pas.

Ses boyaux bondirent à nouveau, et elle se vida, entièrement, avant de reprendre son souffle, pliée en deux, et de s’essuyer la bouche avec le dos de la main. Elio avait tué son père. Son père lui avait expliqué, lui avait dit qu’il n’avait pas eu cette intention, qu’il avait fait de mauvais choix qui s’étaient retournés contre lui, qu’il avait regretté, qu’il avait tout laissé tomber pour Héliane. Et il l’avait tué. Pour quoi ? Pour venger une femme qu’il n’avait pas connu, un simple nom, une idée flottante, vacillante, idéalisée. Il avait tué, de sang froid, un homme avec qui il avait vécu la plus grande partie de sa vie. Et il ne regrettait rien, il pensait avoir accompli ce qui devait être fait, dans sa quête pour la vérité, pour le droit, pour le juste. Elle voulu vomir encore, mais se contenta de s’étranger, n’ayant plus rien à régurgiter. Prit une grande goulée d’air, puis une deuxième, et une troisième. Vacilla à nouveau, et se rattrapa en posant les yeux sur lui. Ses yeux affolés cherchaient un réconfort là où ils ne devaient plus le trouver, et sa voix tremblotante partie avec eux.

- Plus jamais, Elio, promets-le moi, plus jamais.

Elle porta sa main à son visage, essuya ses joues sans comprendre pourquoi elles étaient mouillées. Elle n’avait pas remarqué que les larmes coulaient, ne savait pas quand elles avaient commencé. Ses cils étaient nacrés de perles salées, et elle trembla, complètement perdue. Il avait tué son père. Il avait tué son père. A dix mètres d’elle. Sous… un coup de colère. Et pour la première fois depuis qu’elle le connaissait, elle eut peur de lui. Peur de ce qu’il pouvait faire. Il ne lui avait jamais fait de mal, depuis qu’il la connaissait, et même s’il le souhaitait, physiquement, elle l’en savait incapable. Mais elle avait entendu les histoires, elle le savait sombre, violent, mais l’avait toujours mis sur le compte d’une colère difficilement maîtrisable, une mauvaise passe, qui passerait, une fois qu’il aurait pris confiance en lui, qu’il se serait réconcilié avec son père. Elle pensait qu’il se calmerait. Prenait enfin la mesure de sa rage, non, pas de sa rage, de sa froide détermination. Il avait décidé de tuer. Délibérément. Pour une vengeance qui n’était pas la sienne.

Et elle, qu’allait-elle faire, maintenant ?

Devait-elle prévenir la garde ? L’homme qui lui faisait face – oui, l’homme, parce que les faëls ne tuaient pas ceux de leur race – était un meurtrier. Un meurtrier qu’elle aimait, un meurtrier auprès de qui elle était restée, jusque là, mais un meurtrier. Pas un guerrier. Le guerrier se bat contre des personnes armées, pour protéger les autres. Il ne tue pas un homme sans défense, qui a peut-être commis du tort mais qui depuis vit tranquillement chez lui.

Elio était malade, complètement malade.

Et elle, elle ne savait pas si elle devait fuir, s’échapper tant qu’il était encore tant, avant qu’il ne décide de s’en prendre à elle aussi, prendre ses jambes à son cou et lâcher enfin les amarres, lâcher ces cordes et défaire les nœuds qu’elle semblait systématiquement faire entre elle et les meurtriers. Pourquoi devait-elle toujours s’attacher à… Marlyn avait tué et blessé ses amis devant ses yeux, et elle était incapable de se battre contre elle, Elio avait tué son père, et elle savait qu’elle serait incapable de le dénoncer. Elle devrait. Elle savait que c’était la chose à faire, qu’il était dangereux, que s’il l’avait fait une fois il pourrait le refaire, même s’il ne haïrait probablement jamais autant que son père. Qu’il pourrait l’attaquer, elle, pour préserver son silence éternel. Mais c’était une chose, de décider de le condamner, une autre, de décider de partir ou de rester. Elle devrait partir. Loin du danger, loin de cet esprit tortueux, et de tous les problèmes existentiels, l’hésitation, le doute, et la crainte, la peur, la frayeur quotidienne. Mais partir, c’était un peu l’abandonner, aussi, le pousser sur cette voie solitaire qu’il avait empruntée, une voie dirigée par son ire, ouverte par son arc, et couverte de sang. Ne plus jamais revenir, et le perdre, pour toujours, comme elle avait perdu Marlyn.

Rester, c’était se trahir, trahir le monde pour lequel elle se battait, trahir son cœur de marchombre, vivre dans une angoisse infinie, dans la désharmonie quotidienne, dans le chaos blafard des sentiments distordus. Rester, c’était lui laisser une chance, aussi, celle de la choisir, elle.

Mais c’était impossible.

Aussi impossible que Marlyn courant dans l’herbe verte de la prairie en éclatant de rire, tournoyant les bras tendus pour faire voler sa robe et laissant le soleil réchauffer son visage libre de tout masque. Ce n’était pas dans sa nature. Ce n’avait jamais été dans la nature d’Elio, d’être calme, et toute l’affection – non, pas l’amour, ce ne pouvait pas être de l’amour – qu’il avait pour elle, tous les efforts qu’il pouvait faire pour elle, n’y changerait rien. Elle connaissait déjà sa réponse, au fond. Il lui avait déjà répondu, par ses non-dits, puis par ses actes. C'était juste qu'elle ne voulait pas écouter. Lui, il avait toujours cherché la vérité. C'était elle, qui se créait des univers, des univers étoilés, où elle ne voulait rien entendre. Même maintenant, alors qu'elle savait, elle ne voulait pas croire, et elle attendait. Espérait. Parce qu'on ne sait jamais, elle pouvait se tromper. Le monde était peut-être beau, c'est juste qu'elle n'avait pas regardé assez longtemps. A moins qu'elle n'ait regardé trop longtemps, justement, pour commencer à en discerner tous les défauts, les mauvaises herbes, les acines et les vers. La pourriture.

Elle savait pourquoi elle était ici. Pourquoi il l’avait amenée. Il voulait lui montrer, qu’elle se sauve tant qu’il en était encore tant, pour ne pas qu’elle se brûle les ailes par naïveté, croyant que la flamme dévorante n’était qu’une simple lumière attirante. Et pourtant, petit papillon, elle avait toujours été prête à se brûler les ailes pour ceux qu’elle aimait, et pour lui. N’aurait jamais été malheureuse, si ce n’était pour ces grandes traces brûlées, qu’elle s’était faite elle-même, en se jetant dans le feu, souvent inutilement, puisque les autres semblaient tous immunes au feu, contrairement à elle, et qu’ils riaient de ses efforts, de son espoir et de sa naïveté sans fin. Est-ce qu’Elio rigolerait, lui aussi, se moquerait de ses sacrifices vains ? Est-ce qu'elles vallaient si peu que ça, ses ailes, pour qu'elle les abîme avec tant de désinvolture, pour des gens qui ne comprenaient même pas ce qu'elle faisait ? Anaïel lui avait rendu ses ailes, et c'était pour les briser à nouveau, alors que l'été n'était même pas à sa fin ?

Et elle s’agrippait, physiquement au mur qui s'effritait, mentalement à lui qui se dressait , et elle, elle était sur le point de sombrer dans le gouffre, la seule attente de sa réponse l’empêchant, pour le moment, de chavirer. Dès qu’il aurait dit un mot, ou un silence, une vérité, ou un mensonge, ce lent et pourtant si court moment où un objet est sur le point de chuter, et qu’on le voit, clairement, en sachant pertinemment qu’on n’arrivera jamais à temps pour le rattraper, basculerait. Il basculerait, et ce serait la chute, libre, vers le néant.

Un mot, un silence de lui, et son choix était fait. Irrémédiablement.


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MessageSujet: Re: Chose promise, chose due. [Terminé]   Dim 20 Mar 2011 - 11:03

Elera était là, debout, plus belle que jamais avec sa chevelure rousse qui défiait la lune noire. Elle le fixait, tentant de comprendre, des tas de questions sur ses lèvres aux baisers qu’il aimait tant.
Elle ne comprendrait pas. Non. Elle ne pourrait jamais comprendre.
Elle n’avait pas vécu ses derniers tourments. Et n’avait pas ressenti les cris et hurlements de son cœur. Elle ne savait pas ce que voulait dire les tressautements de ses lèvres fébriles ou ses poings qui se mortifiaient chaque jour. Elle ne cauchemardait pas toutes les nuits, et ne se réveillait pas en sueur, faible et fragile.
Elle avait peut-être rencontré Marlyn, mais n’avait pas su voir sa puissance. Jamais son maître n’avait du lui montré un mort, tout comme elle avait fait ressurgir sa mère. Elle n’avait pas ce pouvoir là, Elera. Elle avait essayé, prétextant pouvoir l’entendre, mais elle avait échoué. Marlyn, pas.
Alors non. Elle ne pourrait jamais comprendre, ni lui pardonner. Car il n’y avait rien à pardonner, et ça elle ne le savait pas.
Et d’un côté, ça valait mieux. Parce qu’il avait été bien trop faible de ne pas la quitter avant. De ne pas partir pour éviter de la tuer. De ne pas être son père. En tuant son père, il avait exterminé la dernière parcelle de faiblesse en lui.

Elle fit un pas, puis deux vers lui, mais tremblait sérieusement, comme si elle allait tomber. Instinctivement il fit un léger pas en avant, voulant la rattraper, l’aider. Mais il s’arrêta en route sous son ordre, et sous la réalisation qu’il ne fallait surtout pas compliquer les choses. S’il la prenait dans ses bras, c’était foutu.
Elle ne voudrait pas même qu’il la touche. Elle vomissait. Elle vomissait de lui. De sa véritable nature, de ses secrets et silences, de son côté trop noir pour elle qui brille de sa stupide harmonie. De son meurtre, presque sous ses yeux, à quelques mètres d’elle. Elle qui l’avait accompagné en pays faël. Elle voulait découvrir la vérité, et redécouvrir Elio ? La voilà la vérité, et le voilà, Elio.


- Plus jamais, Elio, promets-le moi, plus jamais.

Plus jamais quoi ?
Plus jamais nous ?
C’est déjà fait, ma douce.
Je ne peux rien te promettre, et tu le sais. La seule promesse que je t’ai faite était de t’aimer, et je t’ai aimé. Et je t’aime, même. Je t’aimerais sans doute toujours. J’ai tenu ma promesse.
Il n’y en aura pas d’autres. Hormis celle peut-être de te laisser reconstruire ta vie de ton côté, de ne jamais te revenir, de me rendre invisible à tes yeux, si tu le souhaites.
J’espère ne pas t’avoir trop amoché, et que les petits tracas de tes lèvres ne vont pas en pâtir.
Parce que tu es belle, Elera.
Et je regrette. Je regrette à présent de ne pas t’avoir embrassé une toute dernière fois avant de rentrer avec l’assassin de ma mère. Je regrette de ne pas t’avoir serré plus fort dans mes bras lors de notre dernière nuit. De ne pas t’avoir donné toute la dernière tendresse qu’il pouvait alors encore me rester.
Mais c’est fini. Et tu le sais depuis bien longtemps. Depuis la cabane du toujours. Tu as su m’y retenir. Mais tu ne pouvais me retenir chez moi, ici.

Elle le fixait, fiévreuse, faible, pâle. Elle avait perdu tout son rayonnement, toute sa sûreté et sa sérénité. Elera venait de perdre ce qui faisait d’elle une femme hors du commun.
Elle était si pathétique, qu’Elio voulut à nouveau s’avancer, la soutenir de ses bras d’homme, la porter jusqu’à une couche où quelqu’un prendrait soin d’elle. Puis il partirait.
Mais il ne la toucherait pas. Il n’en avait pas le droit. Ses mains étaient encore bien trop tâchées de sang, tout comme son corps, et il avait assez salit Elera de la sorte. Il avait l’impression, la vision, de voir son propre sang sur elle. Il ne se sentait pas si bien que ça, lui aussi. Son ventre se tordait, ses intestins s’entremêlaient, et il transpirait énormément. La fièvre allait le gagner aussi, et il risquait de piquer une crise, de s’effondrer, de pleurer, ou encore de vomir à son tour.
Mais il devait se ressaisir. Arrêter les tremblements de ses mains qu’ils cachaient en serrant des poings, ses phalanges plus rouges que jamais.

Il ne ferait jamais de mal à Elera. Pas physiquement du moins, et pas par plaisir. Mais il comprenait à présent qu’elle ait peur de lui. Il s’y attendait, et se demandait même à présent pourquoi elle ne le craignait pas comme les autres.
Aveuglée par l’amour elle n’avait pas su déchiffrer l’acier de ses yeux lors des mauvais jours. Elle n’avait pas décelé le danger qui pouvait s’y cacher, et la noirceur du personnage. Elle, elle n’avait vu que le petit garçon perdu et solitaire. Elle n’avait connu que le petit cœur d’Elio, le bon fond que l’on trouve en creusant. Elle avait creusé si bas qu’elle l’avait touché, et qu’elle en avait oublié la surface. Elle serait sans doute la seule.

Ses pupilles se firent deux lames, posées à plat pour ne pas blesser, pour ne pas tuer à nouveau, et s’abstinrent de caresser les améthystes d’Elera, préférant opter pour l’impassibilité.
Que lui répondre ? Aucun mot ne pouvait franchir ses lèvres. Elles étaient scellées et refusaient catégoriquement de se séparer. Même pour hurler.
Il n’y avait que des larmes, plus fine que des brins d’herbes, qui coulaient, muettes et avec langueur, sur ses joues en feu. Il ne voulait pas pleurer, montrer qu’à lui aussi tout cela le blessait. Mais il ne pouvait pas vraiment les contrôler. Et il ne savait même pas s’il évacuait pour le meurtre de père ou pour la fin de son histoire avec Elera. Pour sa monstruosité, ou pour sa sécurité. Peut-être un peu des deux.

Plus les secondes s’écoulaient et plus il regrettait. Pas d’avoir assassiné son père, il était encore incapable d’avoir le moindre sentiment, la moindre réflexion sur ce qu’il venait de faire, tant son esprit était brouillé. Mais de n’avoir pas mis Elera à l’écart, de l’avoir entrainer dans cette aventure bien trop grande pour son petit cœur de namoureuse et d’idéaliste. Et surtout, de la quitter. De la faire souffrir, de se priver d’elle, de se mutiler en retirant l’unique personne qui adoucissait son petit cœur de fer.
Sans elle, il le savait, il chuterait, plus jamais il ne serait capable de faire des efforts, de faire parler de temps en temps sa faiblesse. Il ne serait plus que le fond de l’humanité.

Je t’aime Elera.
Mais surtout, ne me pardonne pas.
Tu mérite de trouver celui qui saura panser tes petits tracas. Celui qui ne te laissera pas seule dans l’obscurité du monde.
Mais surtout, ne m’oublie pas.
Je t’aime Elera.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Chose promise, chose due. [Terminé]   Dim 20 Mar 2011 - 14:54

Il ne dit rien.

Ce n’était plus un non-dit, ce silence entre eux, ce gouffre qu’elle avait tellement détesté, incapable de sauter par-dessus, c’était un dit hurlé à une puissance époustouflante, dévastant tout sur son passage, un hurlement silencieux qui bouffait tous les non-dits pour faire éclater une vérité destructrice. Le regard d’Elera se voila, et elle hocha la tête, tristement. Il l’avait fait, il le ferait encore, et il ne changerait pas pour elle. Lui non plus ne la choisirait pas. Lui aussi l’abandonnerait. Lui aussi la trouvait niaise, et se demandait sûrement comment elle avait pu s’aveugler aussi longtemps sur lui, comment elle pouvait encore s’aveugler à son propos, parce qu’elle y croyait encore, à son petit Elio. Elio, il était homme et faël tout à la fois. Il était le gamin perdu qu’elle avait attrapé par la main pour ne plus le lâcher, et il était aussi le meurtrier de son père, emporté par la colère, qui se moquait de ce que pouvaient ressentir les autres lorsque ses idéaux carbonisés le poussaient à commettre des actes irréparables qu’il ne regrettait pas. Elle ne pouvait pas vivre avec cet Elio là, même si elle en connaissait l’existence à présent, et elle ne pouvait pas le bâillonner, non plus. Mais c’était Elio, celui dont les deux premières lettres étaient à jamais en symbiose avec les siennes, qui creusait une déchirure au creux de son petit être. Parce qu’elle ne pourrait plus être avec lui, non plus, puisque les deux Elio étaient un.

Elle fit un pas en avant, tendit une main vers le visage de celui qu’elle aimait, et dont la voie était pourtant à jamais séparée de la sienne, et l’arrêta en cours de route, à une vingtaine de centimètres de ce visage qu’elle avait embrassé tant de fois, le caressant du bout des doigts, et du bout des lèvres. Ce visage si doux, si aimant, percé par deux yeux-lames dont elle n’avait jamais su déchiffrer la couleur. Elle s’était toujours plongée au cœur des pupilles, au fond de ces ténèbres dans lesquels était perdu son amoureux, et elle n’avait jamais regardé le tumulte de son océan, cet océan si puissant, si vaste, dont les vagues coupantes pouvaient écraser une vie sans un remord, transformer le bateau en épave, noyer le passé dans le présent, mêler le sel et l’eau, pour que celui qui se penchait pour boire recrache le liquide en en sentant le goût. Sa main resta figée en l’air, comme celle d’une marionnette dont on aurait tiré le fil du bras, et c’était comme s’il y avait une surface, entre eux, une façade invisible et pourtant solide et gelée comme la glace, un mur qu’elle aurait pu briser, en choisissant de suivre cet Elio aux yeux froids, mais qu’elle ne voulait pas franchir. Peut-être était-ce pour cela, aussi, que Marlyn était partie. Parce qu’elle lui avait sans le savoir demandé de la suivre, alors qu’elle se savait incapable de faire la même chose. Comme elle était, aujourd’hui, incapable de suivre le demi-homme dans sa descente ensanglanté. L'histoire était vouée à se répéter.

Elle baissa la main, au ralenti. Ne toucherait pas, une dernière fois, ce jeune homme qui avait été tellement pour elle, et qui était déjà loin, pourtant. Elle se souvint des cauchemars qu’elle avait fait, alors que le chaos venait de prendre le pouvoir, ce cauchemar où elle était un fantôme invisible, tournant en rond, et que même Elio n’avait pas été capable de prendre dans ses bras. Il était parti, sans même savoir qu’il la quittait, et elle, elle tournait en rond dans sa charrette, n’allant nulle part, puisque le cercle passait toujours les mêmes décors. Il était devant elle, et pourtant, il ne l’était déjà plus. Il n’était qu’une figure, pâle, fantomatique, comme elle l’avait été, et si elle le touchait, ce serait pour passer au travers, parce qu’ils n’étaient plus ensemble. Il ne la regardait même pas, son regard plongé ailleurs, fixant quelque chose qu’elle ne pouvait pas voir. Et il avait raison, de hurler en silence, parce qu’il n’y avait plus rien à dire. Il était lui, elle était elle, et ils n’existaient plus, parce qu’ils ne pouvaient pas coexister ensemble. Parce qu’elle ne pouvait pas accepter la vérité, et qu’elle n’avait pas la force de la changer. Elle ne pouvait que s’éloigner, et l’ignorer. Espérer qu’un jour, elle aurait assez de recul pour revenir lui parler, même si elle ne serait plus jamais ce qu’elle avait été pour lui. Que plus jamais personne ne saurait ce qu’il avait été pour elle, même lui.

Le temps était une force tellement immuable, et qui jouait avec tellement de désinvolture avec les brindilles humaines qu’ils étaient. Le futur, un entrelacs de tellement d’images floues, inexistantes, abimées, mal cadrées, secouées toutes ensemble pour se mêler entre elles et ne plus ressembler à quoique ce soit de reconnaissable. Elle ne savait pas de quoi demain serait fait. Ni le demain qu’apporterait le soleil dans quelques temps, ni le demain de l’horizon, tellement lointain qu’elle n’en voyait même pas le paysage. Tout ce qu’elle connaissait, c’était ce présent qui la rendait malade, qui lui piétinait le ventre comme on piétine la boue, qui lui froissait l’esprit comme on froisse une boule de papier, et qui lui tordait le cœur comme on tort un linge pour l’essorer. Tellement fort. Tellement douloureusement. Elle cligna des paupières, deux fois, rapidement, puis brisa la tension de sa voix, parce qu’elle ne supporterait pas de le quitter sur une nouvelle note de silence, une dernière note pour suivre la kyrielle de non-dits qui avait été le centre de leur mélodie.


- Tu vas me manquer, Elio.

Une note au futur, pourtant. Parce que les mélodies laissent un écho bien après s'être tues dans les coeurs. On ne peut pas effacer son histoire comme on efface la craie sur le tableau, ou un mot dans le sable. Une acceptation des faits, aussi. Pas de cris, pas de reproches, pas d’essais pour les retenir, les réparer, les ficeler. C’était fini, et le mot fin était écrit sur leurs deux cœurs. Fin de l’histoire d’Elio, de la recherche de la vérité, et fin de leur histoire commune, aussi. Il n’y avait plus d’écrivain pour écrire la suite. Vie, coupée en deux, ça ne voulait plus rien dire. C’était difficile à couper, un i, en plus.

Il allait lui manquer. Mais c’était ainsi, et il n’y avait plus rien à faire que de se retourner, et s’en aller. Elle le laissa seul, seul dans le noir, se demandant où était la plus profonde obscurité, derrière elle, ou devant elle, avec lui, ou avec elle, et elle pensa à cette chandelle qui s’était éteinte, par la fenêtre qu’elle regardait plus tôt. Si facilement. Juste un souffle. Fwoosh.


"C'est un bien triste effort, et c'est lourd à porter, que de t'aimer encore maintenant que je te connais. Tu as pris tout de moi, même l'espoir insensé, de m'enfuir loin de toi sans me retourner ; de t'oublier" Lala

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Chose promise, chose due. [Terminé]
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