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 Eiluun (Rhhh Pffff) je suis ton maître... [Inachevé]

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MessageSujet: Eiluun (Rhhh Pffff) je suis ton maître... [Inachevé]   Mer 12 Jan 2011 - 12:55


Eiluun ferma délicatement la porte du bureau de l'intendant Hil' Jildwin. Anormalement fatiguée, elle s'appuya quelques minutes sur le mur à droite de la porte en bois, afin faire le point des derniers événements, comme Maître Wirus le lui avait appris. Cela l'aidait souvent à voir plus clair dans ce qu'elle savait d'une situation et ce qu'elle devait faire par la suite. Et ce point était plus que nécessaire après un tel entretien
Géographiquement, tout était clair. Elle se trouvait devant les appartements de l'intendant Hil' Jildwin, au troisième étage de l'Aile Principale de l'Académie. Elle venait d'être répartie à Felixia dont le dortoir se situait au second étage de l'Aile Ouest. Autant dire qu'elle devrait traverser toute l'Académie pour s'y rendre. En effet, les deux Ailes étant séparées par le Clos d'Exercice, il lui faudrait redescendre jusqu'au Rez-de-Chaussée, traverser la Cour de la Fontaine, puis remonter jusqu'au second étage. Elle commença à se diriger vers l'escalier, tout en se demandant si certains élèves utilisaient un Pas sur le Côté pour un tel trajet lorsqu'elle s'interrompit brusquement.
Elle n'avait pas fini de faire le point ! Encore trop chamboulée par les pensées qui l'avait assaillies lors de l'entretien, elle n'avait pas réellement déterminé ce qu'elle devait faire. Elle repassa dans un coin de sa tête tout ce que l'intendant lui avait dit. Et même le fait d'aller chercher son uniforme ne semblait pas être un ordre. C'était étrange, car à la réflexion, même Terra avait fini par lui donner des ordres. En réalité la jeune femme ne l'avait fait que parce qu'elle avait compris le fonctionnement de la jeune albinos, mais cette dernière l'ignorait bien évidemment. Et à défaut de savoir que faire d'autre, Eiluun se redirigea vers l'escalier avant de s'arrêter brutalement à nouveau.
Mais comment avait-elle pu oublier ? Comment avait-elle pu oublier les mots que Maître Wirus lui avait gravé dans le crâne six mois auparavant ?
« Lorsque tu seras à l'académie, quelqu'un viendra te chercher. Il sera ton nouveau maître Eiluun, et tu lui devras l'obéissance absolue. »
Voilà où était l'ordre. Uniforme et dortoir était bien secondaire en comparaison. Elle se devait de chercher son nouveau maître. Ou plutôt d'attendre que celui-ci vienne la chercher. Oui mais la chercher où ? L'académie était immense, du moins pour elle qui n'avait jamais rien vu d'autres que la modeste Fériane. L'académie avait 3 Ailes, ayant chacune de trois à cinq étages sans parler des sous sols, des cours, des jardins et des bâtiments extérieurs. Autant chercher une aiguille dans un meule de foin. Prise d'un sentiment étrange, elle essaya de se souvenir d'un point de rendez vous que Maître Wirus aurait pu lui confié. Mais dans sa mémoire si soumise, il n'y en avait aucun. Et elle était par conséquent persuadé qu'il n'y en avait jamais eu. Ce qui voulait dire que son nouveau maître savait où elle était. C'était la seule solution logique. On savait où la chercher. Elle n'avait donc rien à faire si ce n'était attendre sagement qu'on la reconnaisse.
Qu'on la reconnaisse ? Mais comment pourrait-on la reconnaître maintenant qu'elle avait les cheveux framboises et cet accoutrement ridicule ? Elle maudit Terra de toutes ses forces, ne sachant que lui souhaiter comme punition, avant de se laisser glisser le long du mur. Elle posa son chapeau à ses cotés et son menton dans le creux de ses genoux. Si on savait où la chercher, alors il lui suffisait d'attendre. Son nouveau maître viendrait de lui même et elle se présenterait à lui. Parce que, son nouveau maître savait qu'elle était ici. Parce que son nouveau maître serait le seul à se promener dans les couloirs à une heure pareil. Son nouveau maître serait le premier qui viendrait lui adresser la parole. Parce que c'était sans doute comme ca que Maître Wirus avait tout prévu.
Parce qu'Eiluun n'avait pas réalisé que le réveur avait prévu trois mois pour faire le voyage entre Fériane et Al-Poll. Parce qu'Eiluun n'avait pas réalisé, qu'en étant soignée et hébergée par Terra, elle en avait mit six pour venir. Parce qu'Eiluun n'avait pas réalisé et ne réaliserait jamais que plus personne ne l'attendait ici. Que plus personne ne devait venir la chercher.

Elle laissa son regard s'attarder sur la finesse de l'architecture du couloir, architecture qu'elle regardait pour la première fois depuis son arrivée ici. C'était vraiment différent des dessins qui ornait les façades de Fériane. Oui les reliefs du couloir étaient agréables à regarder, lorsqu'on souhaitait faire passer le temps.
Car, elle en était sure, son nouveau maître aller venir la chercher.



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MessageSujet: Re: Eiluun (Rhhh Pffff) je suis ton maître... [Inachevé]   Jeu 13 Jan 2011 - 14:23

Combien de mois cela faisait-il au juste ? Combien de semaines à errer, à attendre, à détendre, à sournoisement espérer la fuite, la reconnaissance, le retour de Marlyn et de son Papa mort au combat ? Plus personne ne s'occupait d'elle, sa besace pendouillait mollement à son côté, inutile pour soigner puisqu'elle n'en était même pas capable pour elle-même. Elle erreait, donc, depuis ces mois vides, quémendant de la nourriture, quelques fois, lorsqu'elle avait faim, sortant lorsque le soleil brillait pour humer le parfum des fleurs que son mentor avait fait renaître, et qui fanaient maintenant de son absence, comme elle, au fond, exactement comme elle. Oh, des personnes s'étaient bien intéressées à elle, au début, on lui avait demandé ce qu'elle allait faire, ce qu'elle voulait faire, cette dernière moins importante que la première à l'évidence, on lui parlait de condoléances, la voix vide et les yeux éteint, et à force de non retour, de renfermements et de murs érigés, on avait fini par la laisser tranquille. Soit.

Elle avait gardé comme lieu de repos la chambre qui avait été attribuée à son Papa, l'espace vide ne la gênant pas, en tout cas moins que les cauchemars barbouillés de sang qui fusaient avec l'obscurité, qui l'envoutaient et lui présentaient des visages atroces et défigurés, le menton dans la gorge et les yeux au milieu du front. La nuit finissait doucement ce que son passé avait commencé : sa folie grandissait, et avec elle son impulsivité, sa dépression et ce vide, ce vide qui rongeait le corps, l'âme, le cœur tout entier, ce vide qui trouait sa curiosité naturelle comme une passoire, ce vide qui brisait l'élan de ses pas, qui rongeait les larmes sur ses joues, sculptant des sillons irréparables jointé au granit de son visage. Il y avait trop de monde et elle savait rester discrète. Une ennième larme coula jusqu'au vibrion de sa fossette qui se cachait.

Une marche après l'autre, une barrière et quelques fenêtre, depuis quelques mois sa vie se résumait à l'avancé d'un pas, à la douleur de devoir bouger le suivant, à la tristesse qui trouait le sol sous ses pieds comme pour l'enfermer dans cet abime noir et humide qui lui criait le repos éternel. Elle ne se lavait pus beaucoup, sa voute plantaire prenait d'ailleurs cette absence de couleur qu'est le noir de gris, cette crasse encroutée aux orteils qui la protégeait des aspérités du sol. Mais à présent, comme d'infinis serpents abscons, ils remontaient en se tortillant le long du molet, tachant la peau d'albâtre pour étirer leurs anneaux jusqu'aux genoux, comme pour s'y lover, comme pour rejoindre les mèches bitumes qui pendaient contre son dos et sur ses bras saccadés. Du fond de son esprit névrosé, elle savait que si ses serpents parvenaient à se rejoindre, ce serait l'aboutissement d'une clôture grillagée, électrifiée et cloutée à ses émotions, que le barrage serait alors complet et que plus personne ne pourrait la sauver. Alors elle hésitait, elle se nétoyait de temps en temps les genoux pour ralentir leur escalade poisseuse, ou alors elle se coupait le bout des cheveux, donnant en pâture au sol ses mèches fourchues et malsaines. Elle hésitait, parce que l'abime lui faisait moins peur que sa folie, même si l'un rejoignait beaucoup l'autre, mais elle avait encore cet éclat brillant d'adamante pur qui la tenait éveillée, cette touche colorée d'emmerveillement qu'elle ne pouvait empêcher de repousser lorsqu'elle voyait une jolie pierre ou une fleure qu'elle ne connaissait pas (ce qui était rare).

Elle vivotait donc ainsi, sur le fil de ses émotions, incertaine du côté où sa chute la balancerait. Elle manqua une marche et déboula dans les escaliers, sans dessus dessous, les marches frappant son corps frêle, le projetant contre une infinité de murs et de rambardes salvatrices, ou pas, les échardes et la pierre écorchant sa peau pâle, y traçant d'improbables dessins écarlates qui, au mieux, lui redonnèrent un peu de couleurs.


" ça y est, c'est fini, je vais mourir là, à cause d'une stupide marche d'escalier, pourquoi ça dur si longtemps ? Je devrait au moins être dans les cachots, j'ai mal... mon genou... Je le sent enfler, aïe, il vient de retaper contre une marche, flute, ma sacoche ! "

Elle tendit un bras, réflexe pur, et sauva du vide la seule possession qui lui restait de son Papa. Mais la lanière bloquée, entortillée autour d'un axe de bois refusa de suivre la chute et l'arrêta donc. Miaelle se remit péniblement debout, étonnée de l'absence totale de personne en ces lieux. Chancelante, elle entrepris, les yeux flous de larmes de douleur, de démêler l'écheveau de la lanière de sa sacoche. Triturant ainsi pendant une bonne minute, pestant et maudissant le sort de ce monde stupide où tout était plus stupidement stupide que le reste des stupidités de ce stupide monde, elle finit par tirer d'un coup sec... Et tout lui vint dans les main. En colère mais soulagée, elle se retourna d'un pas qu'elle voulait ferme et vindicatif, mais s'appuya sur sa cheville et son genoux gonflé, ce qui lui arracha un couinement du plus bel effet dans le genre petite chose pitoyable. Alors qu'elle s'asseyait pour vérifier son intégrité corporelle, son attention su attirée par deux yeux rouges qui la fixaient.

Quelques secondes passèrent, le temps qu'elle remette un visage autour de ses yeux, comme on remodèlerait une bouche rose, un nez blanc, des sourcils presque inexistant, et une cascade affriolante de cheveux roses framboise. Ma foi... La colère douchant pour un temps la folie de son esprit, elle pouvait réfléchir clairement, et rien d'autre n'existait dans sa tête que cette albinos qui la regardait, et ne s'était même pas levée pour l'aider. Les enfant c'est comme ça, toujours à suivre ses émotions...


- Toi là, oui, il y a quelqu'un d'autre ? T'as rien de mieux à faire que de me voir tomber dans les escaliers et rester les bras croisés ? D'ailleurs, pourquoi t'as les cheveux roses, c'est pas très beau, puis faut que tu mange quelque chose, t'as des cernes sous les yeux et la respiration sifflante t'es en train de faire une crise d'hypoglycémie mademoiselle !

Tout en pestant, elle s'était rapprochée pour s'assoir juste en face de l'étrange albinos. Le vide de ses yeux ne fit pas tilt, simplement elle répéta sa première question avec peut-être plus de curiosité que de colère. Non pas qu'elle aime qu'on lui vienne en aide, mais elle aimait découvrir les comportement des gens, et il était rare pour une personne qui en voyait une tomber de ne pas venir l'aider, dans cette Académie. Parce que dehors c'était quand même pas pareil... Pourquoi tu m'as abandonné Marlyn ?

- Pourquoi t'es pas venue m'aider ? Pourquoi tu restes assise là ? Tu veux manger quelque chose ?




[ Editage à volonté bien entendu =) ]


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MessageSujet: Re: Eiluun (Rhhh Pffff) je suis ton maître... [Inachevé]   Jeu 13 Jan 2011 - 16:45

Depuis combien de temps était-elle là ? Elle n'aurait su réellement le dire. Le fin réseau des motifs de l'architecture du couloir l'avait avalé. Littéralement englouti. Détails après détails. Moulure après moulure. Ornementation après ornementation. Gravure après... Chaque forme avait était un appel. Un appel à quoi, elle ne le savait pas vraiment. Juste à se laisser tenter par l'engourdissement. S'enfoncer dans le mur, dans le sol. Sentir tout son corps devenir mou. Aussi mou qu'un nuage. Laisser tomber ses paupières... Non, surtout pas ! Elle ne devait surtout pas fermer les yeux. Elle ne devait surtout pas s'endormir. Si le maître passait, il fallait qu'elle le voit. Il fallait qu'il l'a voit. Qu'ils se reconnaissent. Non, il ne fallait pas qu'elle dorme. Elle n'était pas fatiguée. Elle ne devait pas être fatiguée. Elle...
Oh, une toile d'araignée, dans un coin de la voûte. Et chaque fil, si droit, si fier, si tendu. A la fois visible et invisible. A la fois simple et complexe. L'oeuvre d'art d'une anonyme qu'il l'a déjà abandonné. Abandonné aux caprices du temps, aux caprices des gens. Des gens qui passent et repassent dans ce couloir. Mais...
Mais il n'y a personne. Et le temps passe. Et les paupières tombent, tombent, tombent. Quelle heure pouvait-il bien être ? Est ce qu'elle s'était endormie ? Étrangement, elle avait à la fois l'impression de ne plus sentir son corps et celle de le trouver lourd. Trop lourd. Excessivement lourd. Comme si elle ne pouvait plus bouger aucun de ses membres. Elle essaya de déplier ses genoux, mais seul un craquement lui répondit.
Depuis combien de temps était-elle là ? Elle avait faim, elle avait soif. Elle avait froid aussi. Et mal. Oui, elle avait mal. Dans ses jambes raides. Dans ses bras nus, heurtés par un vicieux courant d'air. Dans sa gorge sèche. Et dans son ventre qui grognait. Et elle attendait, elle attendait toujours. Qu'on vienne la chercher. Parce qu'on allait venir la chercher. Parce que s'était ainsi que ca devait se passer. Et le reste importait peu. Elle devait seulement attendre. Ne pas penser au reste. Ne pas penser à ses membres endoloris, ne pas penser à ses propres grelottements, ne pas penser à son estomac qui hurlait.
Et ne pas penser non plus à ses paupières qui tombent. À ses yeux qui se troublent.
Depuis combien de temps était-elle là ? C'est la question qu'elle se posait lorsqu'un bruit attira son intention. Elle essaya de tourner la tête dans sa direction, mais son cou refusa strictement de bouger. Ses yeux semblaient, quant à eux, s'être couvert d'un voile, et les détails des murs lui échappaient. Elle cilla, mais rien n'y fit. Elle essaya de distinguer la toile d'araignée, mais seule l'ombre grise de la voûte lui était visible.
Après s'être acharné plusieurs minutes en vain, ses yeux, qui semblaient s'être à leur tour alourdis, tombèrent sur une forme étrange.
Une forme vaguement humaine derrière le voile de son regard si faible. Une forme qu'elle fixait sans bouger. Une forme qui l'a fixait à son tour.


- Toi là, oui, il y a quelqu'un d'autre ? T'as rien de mieux à faire que de me voir tomber dans les escaliers et rester les bras croisés ? D'ailleurs, pourquoi t'as les cheveux roses, c'est pas très beau, puis faut que tu mange quelque chose, t'as des cernes sous les yeux et la respiration sifflante t'es en train de faire une crise d'hypoglycémie mademoiselle !

La voix lui vrilla les oreilles. Les lui déchira. Chaque mot rebondit dans son esprit comme une épée tranchante sur un mannequin d'entraînement. A la fois aiguë, pointu, tranchant. C'était tout simplement horriblement douloureux. Anormalement douloureux. Et lorsque le calme fit à nouveau surface dans sa tête, la voix revint, plus calme peut être, mais toujours aussi désagréable. La voix revint l'entraînant à nouveau dans un couloir de violence. La forme s'était approché d'elle et elle pouvait à présent discerner les contours d'un visage, encadré de cheveux noirs. Mas rien de plus. Elle voulu ouvrir la bouche, même si elle ne savait pas réellement quoi dire, mais sa voix s'étouffa d'elle-même dans sa gorge. Surprise, elle tenta à nouveau d'émettre un son mais ne réussi qu'a ressembler à une carpe sortie de l'eau.
Et si ? Et si cet être était le maître ? Et si c'était lui ? Non il ne fallait pas qu'il la voit comme ca !
Elle essaya de bouger sa main, mais son corps ne lui répondait plus. Et le maître qui était là. Et s'il partait ? S'il la laissait parce qu'elle était trop faible, trop pitoyable, trop décevante ?
Mais le maître ne parti pas. Au contraire, il continua à lui parler.

- Pourquoi t'es pas venue m'aider ? Pourquoi tu restes assise là ? Tu veux manger quelque chose ?

Pourquoi ? Pourquoi quoi ? Elle ne comprenait pas tout. Elle voulait parler. Elle voulait se permettre de lui demander si quelqu'un d'autre était passé dans ce couloir. Lui demander peut être si c'était vraiment Lui. Et répondre à ses questions ne pas le faire attendre. Pourquoi était-elle assise là ? Parce que son corps était absolument incapable d'esquisser le moindre geste. Et manger ? Manger ? Oui pourquoi pas. Et boire aussi. Ne plus sentir la brûlure dans sa gorge, la brûlure qui la rendait muette. Elle se sentait faible, si faible. Comme il y a six mois dans le chariot. Elle pensa à la caravane, puis à Terra. Peut-être qu'il y avait quelque chose qui aurait pu la faire aller mieux dans son sac, posé à coté d'elle. Elle aurait du y penser avant. Avant que ca devienne insupportable.
Et le maître ? Le maître devait rester. Le maître devait l'aider. Juste cette fois-ci. Après elle remplirait son rôle, après elle ferait tout ce qu'il voudrait.
Le maître ne devait pas partir... pas partir... pas...

- ...Maî...tre...

Sa propre voix aiguë lui rongea à son tour le cerveau. Sa propre voix aiguë... Elle avait donc réussi. A parler, à dire quelque chose. Le maître allait rester, le maître l'avait entendu... Faites que le maître l'ai entendu...



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MessageSujet: Re: Eiluun (Rhhh Pffff) je suis ton maître... [Inachevé]   Lun 17 Jan 2011 - 11:57

Bon. A l'évidence l'autre avait un sérieux problème de dénutrition et de déshydratation. Sans plus s'occuper de ses gargouillements stomacaux et de ses élucubrations concernant un certain "maître" inconnu, la petite fille entreprit de s'occuper de sa nouvelle patiente. Elle la regarda un instant, le teint blafard, presque transparent, les lèvres craquelées et pâles, les yeux papillonnant et décrocha sa sacoche de son épaule. Suivant un rituel immémorial, elle la déposa devant ses genoux, l'ouvrit, secoua la tête dansa quelques pas de salsa tout en se mettant un doigt dans le nez , remit une mèche de ses cheveux derrière son oreille droite, et vérifia compulsivement que tout était bien à sa place, qu'il ne lui manquait rien de très très important.

Oh, l'autre était malade, certes, déshydratée surtout, mais pas en danger immédiat, même s'il ne fallait pas trop tarder quand même, alors Miaelle prit son temps pour tout vérifier. Cependant, de saccadée, la respiration de la malade devint un souffle, heurté mais faible, alors qu'elle perdait sans doute connaissance. Et perdre connaissance lorsqu'on était déshydraté c'était pas bon du tout. Mia se releva avec une grimace de douleur, mais oublia vite ses écorchures pour lui porter secoure. Elle vérifia que l'autre était évanouie et, avec sa force de mouche, entreprit de la glisser le dos au sol, puis de la faire pivoter afin de faire reposer ses pieds contre le mur que son dos venait de quitter en le raclant.. Le sang afflua presque immédiatement dans ses joues diaphanes qui se colorèrent un instant. La petite fille se mit ensuite au dessus de sa tête et la gifla. Bien fort. Les paupières translucides papillonnèrent, les iris firent des farandoles en essayant de fixer le regard, et les borborygmes abdominaux reprirent avec force gargouillements. Son front était moite de fièvre.

Mia sortit de sa sacoche une petite bouteille d'eau et y glissa beaucoup de sucre, un peu moins de sel, réfléchit, et prit quelques herbes qu'elle réduisit en poudre avant de les incorporer à la mixture peu ragoutante. Elle essaya ensuite tant bien que mal de mélanger le liquide en le secouant, mais elle ne parvint qu'à en mettre un peu partout sur elle. Pestant sur ce monde injuste, elle se pencha sur le visage qui la regardait. Elle écarta doucement une mèche rougeâtre, et releva la tête par derrière pour que la nuque de l'inconnue repose sur ses genoux écorchés. Elle versa ensuite précautionneusement le liquide salvateur entre les lèvres fissurées de soif. Le sucre coagulait au fond, avec les herbes et le sel, mais à force de secouer et grâce à l'autre qui reprenait des forces, elle parvint à tout lui faire avaler.

Elle se releva, et remis en position assise la jeune femme qui se laissa faire sans aucune résistance (sans même l'aider du reste). Miaelle était sure, à présent que si elle avait voulu parler elle aurait pu le faire. Ses yeux se fixaient plus longtemps, ses membres ne tremblotaient plus et ses joues étaient un peu plus colorées. Quelques biscuits et elle pourrait se relever pour chercher de la nourriture plus consistante. Miaelle était fière d'elle. Enfant qu'elle était, une passion parvenait à effacer un temps l'angoisse nerveuse qui était la sienne au quotidien, épargnant son esprit aux cauchemars sanglant de ses nuits terribles. Elle utilisait son art, l'utilisait bien, son héritage, tout ce qu'il lui restait de son Papa. Il serait fier d'elle, ça oui, son Papa...

Une boule de douleur pure explosa dans sa gorge. Ses prunelles devinrent floues de larmes, presque instantanément, alors qu'elle sentait sa poitrine se déchirer d'une tristesse affreuse qui noyait ses perceptions plus que ne l'eut fait un torrent furieux. Son Papa... Elle tomba à genoux, la tête dans les mains, dégoutantes de sang et de boue salée. Derrière ses paupières défilaient des visages exsangues aux contours écarlates, ses larmes pavaient à nouveau, en s'écrasant au sol, le socle de l'histoire qui lui avait couté les deux personnes les plus chères à sa vie, l'histoire qui l'avait détruite, pour la seconde fois de sa courte vie. Plus personne n'était là, son Papa ne la superviserait jamais plus, elle pourrait bien tuer un patient, il ne serait plus là, il avait la gorge tranchée, les yeux mats, exorbités de douleur et de néant, tout autour. Les balafres se mêlaient aux plaies suintantes et prirent peu à peu la forme du sourire de Marlyn, ce sourire tordu à cause des cicatrices, le sourire de Marlyn, et son dos, enfin, son dos, le dernier souvenir qu'elle avait d'elle alors qu'elle l'abandonnait dans la tourmente. Pourquoi vous êtes partit ? Papa ? Marlyn ? Un gémissement affreux s'écoulait, continue, de la gorge de la petite fille, râpeux, comme s'il ramenait à la surface toutes les peurs encroutées dans la gorge et l'abdomen, c'était un son horrible, pitoyable et fragile, c'était le cri de détresse de Miaelle, comme si un seul son pouvait retranscrire la peur et la douleur qui était la sienne.

Mais un mouvement parvint à franchir la carapace de sa tétanie, fissurant la gangue de détresse dans laquelle elle se murait. Elle ouvrit les yeux et vit, posés sur elle comme un papillon sur une fleur, deux miroirs sanguins, deux billes mouvantes et écarlates. Miaelle tenta de bouger, convulsivement, déchirée de l'intérieure, agrippa l'avant bras qui reposait par terre à côté d'elle et le serra, le serra jusqu'à sentir la chaleur de l'autre se répendre à travers ses paumes, l'ancrer dans cette réalité si dure à accepter, mais qui était la sienne et le resterait malgré tout ce qui pouvait arriver. Et puis l'inconnue avait besoin d'elle. Pour son Papa. Pour son Papa, pour le sacrfifice de sa vie, pour l'héritage qu'il lui avait confié, elle devait vivre et s'occuper de la framboise ambulante (enfin pas tant que ça, amorphe contre le mur), vivre pour retrouver Marlyn. Et la guérir, oui, la guérir.

D'un geste rageur et tremblant elle s'essuya les yeux et fouilla son sac de cuir jusqu'à en sortir 3 biscuits à l'allure peu recommandable. Elle n'en avait pas d'autre. Il faudrait qu'elle aille aux cuisines emprunter quelques ingrédient pour en fabriquer. S'ils n'étaient pas beaux, ils avaient au moins le mérite d'être si calorique qu'en général un ou deux suffisaient à résoudre une crise d'hypoglycémie sévère. Il y avait de toute dedans, de la graisse, du sucre, de la viande en poudre, des céréales, du lait, du sel, et quelques herbes si elle pouvait en trouver. Le tout n'était un fouillis qu'apparent car elle dosait minutieusement chaque mélange pour en retirer le maximum de ses qualités nutritives, ce qui donnait quelque chose d'extrêmement long à digérer mais qui avait le mérite de tenir dans une poche.

Elle tendit une main avec, trônant fièrement au milieu, les trois biscuits.


- Il faut que tu manges. Après tu viendras avec moi et tu m'aideras à trouver de l'eau pour que je guérisse ton rhume.

De l'autre main elle tenta de s'essuyer les joues, mais ne réussit qu'à les barbouillées un peu plus de poussière, de sang et de larmes. Ses prunelles céruléennes engouffraient la lumière en prisme de ténèbres.


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