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 C'est vers le passé qu'on avance, vers le futur qu'on se perd [Inachevé]

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Marchombre
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MessageSujet: C'est vers le passé qu'on avance, vers le futur qu'on se perd [Inachevé]   Dim 19 Déc 2010 - 13:10

Le cri d’un oiseau prédateur, là-haut, qui perce l’air de toute la puissance de ses poumons remplis de l’air qui formait son royaume. Le bruissement du vent dans les feuilles, comme si les arbres avaient une chanson à lui faire partager, quelque chose à lui dire, à moins que ce ne soit le vent qui parlait aux arbres. Le ciel, limpide, dans lequel son regard se perdait sans rien trouver à quoi s’accrocher, tellement ce bleu était uni, clair, sans le moindre siffleur blanc pour percer et discorder son unité. Et puis le bruit de ses pas sur les graviers, sur les rochers, alors qu’elle ne cachait pas sa présence, ne se faisait pas discrète comme elle avait appris à le faire ; elle voulait entendre ses pas crisser, se persuader qu’elle était bien en train de fouler ce sol interdit depuis deux saisons. Elle n’avait pas vu les premières fleurs éclore, cette année ; elle n’avait pas glissé sur les parois gelées, cet hiver. Enfermée entre quatre murs, ne connaissant du vent que la faible brise qui vagabondait nonchalamment dans les jardins, et de la nature les pics qu’elle pouvait voir des toits de l’Académie.

Elle était là, à présent. Libre d’aller où bon lui semblait, comme elle aurait toujours dû pouvoir le faire. Elle s’arrêta, s’engloba de silence ; mais ses oreilles et son corps à vif ne lui signalèrent aucune présence humaine. Un silence, presque anormal, là où auparavant elle avait entendu l’écho de ses pas. Un vide, là où se glissait auparavant l’ombre de son ombre. Elle n’était pas suivie, pas surveillée, personne ne marchait dans ses pas et aucun œil ne lui perçait le dos. Elle savourait cette solitude retrouvée, s’arrêtant, tournant sur elle-même pour englober le monde entier par ses yeux d’améthystes, l’avaler, pour ne plus jamais le perdre. Elle ne voulait jamais partir d’ici. Juste s’allonger sur une pierre, fixer le ciel, et s’enraciner. Seule avec la nature, seule avec les bruits qui avaient bercé son enfance, loin des humains, loin de la bataille, loin de ses émotions discordés, loin des brisures et des difficultés. Elle ne voulait plus y penser, à tous ses fils humains qui s’entremêlaient en une pelote qui ne pouvait être débrouillée qu’à coups de ciseau. Elle voulait simplement baigner dans la simplicité de vivre, sans envies, sans besoins. Elle ne savait plus quand était la dernière fois qu’elle avait mangé, mais son estomac entièrement vide était plus un baume apaisant qu’un monstre grognant ; elle ne ressentait plus la faim, se délectait de cette sensation de vide, d’inertie, de non-besoin. Elle ne savait pas quand était la dernière fois qu’elle avait dormi, non plus ; peut-être avait-elle somnolée un peu sous les étoiles, la veille, mais elle se souvenait de chacun de ses mouvements ensommeillés, et les étoiles brillaient encore derrière sa rétine. Pouvait-on dormir les yeux ouverts ?

Elle profitait, les nerfs à vif, de tout ce qui l’entourait, le visage hagard mais en paix, la fatigue présente mais latente, tout comme la faim, et la soif, et même ses pieds, les muscles de ses mollets, de ses cuisses, ne protestaient plus de la marche forcée. Lorsque la bataille avait pris faim, Elera avait regardé la porte de l’Académie avec un air de désespoir ; parce qu’elle pouvait enfin la passer sans risque, mais qu’elle ne comptait pas le faire, malgré l’envie grandissante qu’elle avait muselée ses derniers mois. Elle avait aidé, d’abord. Cherché les vivants, et cherché les morts. Se rassurer, et s’effrayer tout à la fois. Et puis elle s’était dirigée vers la ville, pour y retrouver son apprenti, et pour voir que le monde avait continué de tourner. Elle savait qu’il faudrait du temps à Kirfdéin pour trouver Lya ; le temps de poser les bonnes questions aux bonnes personnes, le temps qu’elle se laisse trouver, aussi. L’Académie était grande. Elle avait encore du temps. Elle ne rentra pas à l’Académie lorsqu’il le fit, ni après ; personne ne l’avait vue dans l’établissement depuis la bataille, Kirfdéin était le dernier académicien à l’avoir vue.

Parce qu’en quittant la ville, c’est dans les plaines de Shaal qu’elle s’était perdue. Elle avait glissé entre les herbes, ses pieds se souvenant tactilement des chemins qu’elle y avait déjà parcouru ; là, c’était la flaque où elle avait rencontré Tinuviel, la deuxième fois, là, le bosquet où elle avait amené Kirfdéin, ici, le tronc abattu sur lequel elle s’était reposée, ils avaient descendu la pente de cette colline, avec Elio, mains dans la main, et ici, c’était l’endroit de l’avalanche, son premier hiver. Cette pierre, près du lac, était celle où s’était assise Marlyn, alors qu’elle regardait les montagnes, moineau prisonnier dans la cage d’or de l’Académie elle aussi, et puis elle avait glissé sur le lac avec Alatariel, et là, c’était le terrier des renardeaux. Ce chemin vers les montagnes, c’était celui où elle avait couru, de nombreux matins, et même la nuit lorsqu’elle quittait le dortoir en catimini pour se ressourcer sous la lumière de la lune, et cette paroi, c’était celle où elle avait rencontré Shaïlan pour la première fois. Il y avait toute son histoire, dans cette nature, une histoire marquée par le temps, une histoire que les lieux gardaient précieusement en leur sein, refusant de la raconter à ceux qui ne l’avaient pas vécue ; il ne restait aucune trace de sa vie, aucune trace si ce n’étaient ces lieux où la nature avait repris ses droits, effaçant les foulées humaines. C’était bien une preuve de leurs éphémérides, et de l’éternité des montagnes nonchalantes. Elles n’avaient pas peur du sang ; parce que le sang, sur les pierres, à vite fait de disparaitre. Ce n’était que du fer, du fer dont elles s’imprégnaient, avant d’oublier d’où il venait.

Le pèlerinage d’Elera devait se terminer chez les Rêveurs. Seule au cœur de la nature, elle avait tout le loisir de penser, aux événements passés, aux événements futurs, aux choix qu’elle avait fait, à ses regrets et ses fiertés, et combien tout cela pouvait être balayé du revers de la main, tellement sa vie semblait minuscule face à la frame céleste. Tout le loisir de penser à la violence et à la paix, tout le loisir de penser à ces rêveurs qui faisaient vœux de neutralité, et mettaient leur Don au service de tous, pour pouvoir guérir un tant soit peu ce monde, au lieu de le laisser saigner. Elle était marchombre ; elle avait choisi l’harmonie, mais n’avait pas laissé tomber les armes dans son combat. Les marchombres se devaient d’être neutres, eux aussi, ne levant les armes que pour la liberté. Les forces du monde lui semblaient pourtant bien compliquées pour que cela soit si simple, alors elle continuait à marcher, inlassablement ; peut-être ne trouverait-elle les réponses nulle part, mais mettre un pied devant l’autre, et se gorger du monde, semblait lui apporter un peu plus de sérénité. Si le futur était rempli de questions et d'incertitude, sa marche vers le passé ne lui faisait pas peur, elle ; elle y était déjà allée, l'avait déjà vécu, il n'y avait pas de surprise, juste un chemin tracé déjà, par elle et pour elle, tellement plus confortable, tellement moins effrayant.

Là, c’était la grotte où Lupus les avait mené, elle et Julia, là où le vieil homme leurs avait donné la charge des louveteaux, là où Elera avait refusé ce rôle, et où la meute s’était formée. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait plus entendu le hurlement des loups. Sa main frôla la roche, jusqu’à ce que celle-ci se courbe pour former l’entrer de la grotte, disparaissant à l’intérieur, et Elera se glissa par l’ouverture. Elle sourit, en se souvenant la première fois où elle y était entrée, et baissa la tête avant de se prendre le plafond descendant sur le crâne ; elle avait beau être petite, la fente se rétrécissait, tout comme dans ses souvenirs. Bientôt elle fut à quatre pattes, et cette fois-ci, elle ne chuta pas dans la pente, prévoyant le coup, et glissa de manière contrôlée dans la grotte éclairée par les mêmes champignons que la première fois. Elle resta longtemps, en tailleurs au milieu de la grotte, à se remémorer le passé en fixant la voûte, et le lac, et les présences fantomatiques de ceux qu’elle avait rencontré ici. Elle ne se souvenait plus du nom de l’homme, et s’il leurs en avait donné un, seulement… Elle se souvenait simplement de sa confiance immédiate, et de la méfiance contrastante de Julia. Du nom qu’elle lui avait donné immédiatement, et de celui que Julia n’avait pas voulu lui offrir.

Elera quitta la grotte ; lorsqu’elle sortit, le vent du soir s’était levé et souffler fort au sommet des grands pins Joie du vent qui souffle au sommet des grands…, mais le soleil brillait encore au dessus de l’horizon. Fin d’après-midi. Les odeurs de l’extérieur attaquèrent ses narines, fortes après le temps passé dans la grotte, et elle reconnut l’eucalyptus.

Avant de sursauter, les nerfs à vif, en prenant conscience de la présence humaine dans les parages. Une peur vive courut sur sa peau, le long de sa colonne vertébrale, et sans réfléchir, guidée par un instinct animal, elle se glissa à nouveau dans la fente qui servait d’entrée à la grotte, une seule idée en tête : se cacher. Eviter le contact. Danger.

Avant de prendre conscience de la stupidité de son action. Elle ne savait plus depuis combien de temps avait commencé son pèlerinage loin des hommes, mais il avait réveillé en elle des peurs ancestrales qui n’avait pas raison d’être, ou du moins, c’est ce qu’elle essayait maintenant de se répéter pour s’en persuader. Elle devrait sortir. Il lui faudrait bien refaire face aux siens bientôt, elle ne pouvait pas se cacher infiniment. La solitude prenait fin, maintenant.

Elle s’avança timidement vers l’entrée, toujours prudente, cherchant des yeux celui qui était venu troubler la paix qu’elle avait mis tant de temps à retrouver.


[Edition à volonté =)]

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MessageSujet: Re: C'est vers le passé qu'on avance, vers le futur qu'on se perd [Inachevé]   Mar 21 Déc 2010 - 17:50

Julia se baissa jusqu’au ras du sol, silencieuse comme jamais, son regard bicolore courut au delà du buisson derrière le buisson où elle se cachait. Lupus était juste là, de l’autre côté, il ne bougeait pas les sens en alerte. Il savait déjà où elle était sûrement, car si elle pouvait être quelque peu silencieuse, elle n’arrivait pas à camoufler les odeurs naturel de son corps. D’ailleurs elle doutait que quelqu’un soit capable de cela dans tout Gwendalavir. Ce n’était pas important en plus, là c’était pour le jeu. Lupus la cherchait depuis prêt d’une heure, et à plusieurs reprises il avait faillis le retrouver. Parfois elle trichait un peu et grimpait tout en haut des arbres. Il s’était prit au jeu aussi semblait-il, puisqu’il y avait eu course effrénée quelques instant plus tôt.
Julia sourit en regardant le bel animal à quelques pas d’elle. Qu’est-ce qu’elle pouvait bien s’amuser parfois avec celui là. Ça lui rappelait quand elle se cachait avec Blanche autrefois, il y avait bien longtemps déjà…

Julia prit appuis sur ses jambes lentement, prête à se propulser en avant pour surprendre le loup, mais un vertige soudain l’en dissuada brusquement. Elle n’eut juste le temps que de se rassoir, avant que Lupus ne surgisse à travers le buisson et la bouscule tout à fait sur le sol. Eclatant de rire, elle ébouriffa la superbe fourrure aux reflets bleutés. Il avait encore gagné… elle le regarda un instant son ami aux yeux de prédateur, plein de vitalité et de puissance. Déçue de sa propre performance, elle lui dit :


_Je me ramolli mon vieux – son regard se perdit dans le vide, alors qu’elle se disait que la position allongée était sûrement celle préférait en ce moment, tellement elle était fatiguée – je me ramolli…

Se redressant, elle le câlina de la main en le regardant affectueusement. Ils reprirent leur promenade alors qu’elle se saisissait d’un bâton qui gisait sur le sol. Toute cette forêt lui faisait tellement de bien. Il lui semblait vivre à travers toute cette végétation et l’air frai ambiant la revigorait à souhait. Tout était un plaisir. La brise sur son bras, le bruit des feuilles dans les arbres, le silence des tronc majestueux, le bruit des oiseaux et animaux ici et là, les feuilles humides sous ses pied, l’odeur de terre mouillée par la rosé, sa vision saturé par les belles couleurs de la nature splendide… elle était amoureuse en fait.
Et dire que Maël lui faisait tout ces effets là en même temps, avec un seul de ses regards. Elle ne lui survivrait pas à ce rythme, elle mourrait d’un trop plein d’amour avant l’heure un jour. Son cœur avait déjà manqué plus d’un battement en le voyant, il finirait par s’arrêter tout à fait à la longue.

Julia sourit faiblement, elle voulait encore qu’il soit là avec elle, elle serait tout le temps malheureuse comme ça en son absence ? La vie était injuste parfois… même quand vous y trouviez le bonheur, elle s’arrangeait toujours pour vous trouver une peine qui lui soit proportionnel. Mais avoir mal, supporter l’Absence, ça elle en avait l’habitude maintenant. Elle avait passé sa vie à ça, elle était rôdée de ce côté là.
Au détour d’un minuscule sentier, elle déboucha sur l’endroit où avec Elera une foi, elle avait rencontré ce vieil homme avec qui voyageait Lupus dans le temps. Elle fut émue que ces pas l’aient menée jusqu’ici. Elle n’avait pas revue son amie depuis des mois, et même durant la bataille et parmi les blessés elle ne l’avait même aperçue.
S’approchant de l’entrer de la grotte, elle posa sa main sur la paroi rocheuse. Elle ne rentrerait pas cette foi, elle ne se souvenait que trop bien de la panique que cela lui avait infligé la dernière foi.

Un mouvement sur sa gauche, la fit brandir son bâton immédiatement, prête à se défendre elle se mit en garde. Quelqu’un était là, Lupus avait disparu. Elle n’avait plus ses armes sur elle, même son arc et son carquois étaient restés dans cette chambre que lui prêtaient les rêveurs pour un temps.

Puis la surprise fut totale. Timidement un visage familier se présenta à elle, Elera était là, debout devant elle avec sa belle chevelure rousse tout comme dans ses souvenirs. Elle était là en vrai… elle était là pour de vrai, ce n’était pas un rêve. Julia s’accrocha à une brise qui caressa alors son visage, non, ce n’était pas un rêve…
Durant un long moment elles restèrent là à se regarder en silence. Que pouvait-elle dire ? Que devait-elle dire ? Elera lui avait tellement manquée, elle s’en rendait vraiment compte que maintenant en fait. Elle semblait tellement faible cela dit, comme détruite quelque part. Dans son regard mystérieux, elle semblait déceler quelques fissures dans son être, un mal être, peut-être un malaise… elle la dérangeait sûrement. Cette vision l’attrista quelque peu, Elera était toujours tellement impartiale d’habitude et son regard sans failles aucun. La voir ainsi ébranlée… c’était quelque chose.


_Je pensais justement à toi… - fini – t –elle par dire – cela fait bien longtemps que je ne t’ai vu. Et voilà où on se retrouve finalement. – silence – On se ressemble peut-être plus qu’il n’y paraît finalement.



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MessageSujet: Re: C'est vers le passé qu'on avance, vers le futur qu'on se perd [Inachevé]   Sam 25 Déc 2010 - 19:17

Elera dévisagea l’être qui lui faisait face, encore perdue dans son état instinctif, incapable de relier les pensées, abstraites, et le monde, physique, qui l’entourait. Elle était corps, réflexes et nerfs, stimuli et réaction, et dans son esprit disjoncté, elle n’arrivait pas à lier ce que ses yeux lui montraient avec ces souvenirs. C’était une femelle de petite taille, brune, aux yeux discordants flottants entre le ciel et la cime des arbres. Les contours se flouèrent. Comme un reflet dans l’eau, ou une ombre dans le brouillard. Elle parla. Des mots. Elera plissa les yeux et rentra la tête dans les épaules, comme si elle voulait se protéger de quelque chose, étonnée par les mots, les mots qu’elle n’avait pas entendus depuis elle n’avait pas compté les jours, clairs et adressés à elle, elle qui n’avait pas parlé depuis sa… fuite ? Oui, fuite de vie, fuite de l’âme. Eux aussi, ils étaient flous, comme lorsqu’on écoute les sons alors qu’on est submergé par la vague, entouré d’eau, noyé d’eau. Elle ne comprenait rien, essayait de se cacher, et puis rouvrit les yeux lorsque les mots ne l’attaquèrent pas – réactions instinctives en chaîne, sans pensées, sans réflexion.

C’est la voix, plus que les mots, qui la sortirent de son état inconscient. Parce qu’elle connaissait cette voix, comme elle connaissait cette silhouette, et qu’elle voulait l’écouter, cette voix. Sauf qu’elle se tut, juste quand elle levait finalement la tête sans peur, juste quand elle faisait un pas en avant pour sortir de sa cachette. La surface éclata, comme lorsque, d’une pulsion des jambes au sol, elle crochetait le sol de ses orteils pour se propulser à la surface, avaler une goulée d’air. Les souvenirs déferlèrent à nouveau, libres, et Elera battit des paupières pour les refouler. Sang, sueur, haine, violence, métal, chair, orbites… Non. S’accrocher. A elle, la fille qui lui faisait face, à sa voix, à ses mots réconfortants, à…

Julia.

Voilà, Julia. S’accrocher à Julia. Julia, qu’elle avait fait fuir à coups de mensonges, pour ne pas qu’elle soit à l’Académie pour voir tout ça, pour ne pas qu’elle vive le Chaos, sous le Chaos, prisonnière. Les mensonges avaient été inutiles, l’avait fait fuir loin d’elle plutôt que de l’Académie. Alors que la vérité avait été tellement plus simple Elle était partie, elle avait été libre… Elles ne s’étaient pas vues depuis l’hiver dernier, et elles avaient changé. Julia semblait… Non, pas triste, ni heureuse, Elera n’arrivait pas à mettre de mots dessus. Elle ressentait, dans ses gestes, l’expression de son visage. Julia avait vécu beaucoup, ces deux dernières saisons, il y avait un poids attaché à ses épaules qui n’y avait pas été plus tôt, mais il ne semblait pas la retenir, il ne la faisait pas plier comme le faisait habituellement les fardeaux ; parce qu’il y avait aussi une nouvelle force, une nouvelle joie en elle, et elle était comme un oiseau. Plus forte.

Elera fit voler les dernières éclaboussures, les derniers relents de son exil, courant jusqu’à la fille aux yeux vairons, et passant ses bras autour de ses épaules, sa tête allant se loger dans son cou, pour effacer sa réaction première de recul. Elle serra la jeune fille contre elle, et sourit.


- Tu m’as manquée, Julia.

Avant de la relâcher, son sourire toujours accroché au visage. Oui, c’était vrai, elle lui avait manqué, la fille qui observait les loups, la fille qui observait le ciel, la fille allongée au milieu des brins d’herbe. Oui, peut-être qu’elles se ressemblaient plus qu’ils n’y paraissaient, malgré leurs choix si différents, malgré le fait que Julia partaient, souvent, alors qu’Elera était restée figée à l’Académie tout ce temps. La marchombre repassa son regard sur le visage de son amie, essayant d’y lire tout ce qu’elle ne pouvait pas savoir, d’y trouver tout ce qu’elle devinait sans pouvoir le comprendre.

- Tu me raconteras ?

*Quoi ? Tout. Parce que la dernière fois, tu revenais du royaume des raïs, où tu devais y avoir trouvé ce que tu cherchais, et puis l’Académie était en flamme et tu étais déjà de retour sur les routes. Ca n’a jamais été chez toi, les murs gris, tu es toujours allée ailleurs, mais tu es de retour, tu es toujours de retour, ça doit bien vouloir dire quelque chose, non ? On est ici, comme avant, et c’est chez toi, la forêt et les montagnes, peut-être un peu chez moi, aussi, si nous ne sommes pas si différentes, si nous nous retrouvons là, et je veux savoir, ce que tu as vécu ailleurs, ce qui a changé, ce qui est important pour toi, qui tu es, maintenant. J’ai l’impression que tu es plus grande, toi qui a toujours été à ma taille, laisse-moi monter avec toi.*

Flots de pensées, après les flots de sensations et les flots de souvenirs, et bientôt, peut-être, les flots de paroles, elles avaient tant à se dire. A moins que ce ne soit le silence qui ne soit leur partage…

[Je ne sais pas quand je pourrais répondre la prochaine fois, examens en janvier donc bon ^^" Mi janvier au pire, j'essaierai avant si je peux. Et s'il y a un problème j'édite =)]

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MessageSujet: Re: C'est vers le passé qu'on avance, vers le futur qu'on se perd [Inachevé]   Mer 12 Jan 2011 - 23:00

Julia ne put aucunement esquiver l’étreinte, à peine avait-elle réalisée ce qu’Elera allait entreprendre, que déjà cette dernière était sur elle. Ne sachant pas comment réagir tout d’abord, elle finit toutefois par accepter l’étreinte de bon cœur. Ses yeux en devinrent même humide. Il n’y avait que tante May qui la prenait ainsi dans ses bras parfois. Enfin, avant… une larme glissa sur sa joue et elle réalisa plus que jamais, qu’il ne lui restait aucune famille, aucun membre pouvant de prêt ou de loin en être. Elle réalisa plus que jamais que sa seule famille était maintenant le peu d’amis qu’elle s’était fait ici. Le peu d’ami oui, mais pas des moindres… elle sourit vaguement.
Il y avait Locktar et puis Elera là dans ces bras, comme la sœur qu’elle n’avait jamais eu, une sœur qu’elle pensait déjà avoir perdu d’ailleurs. Et puis Mael… mais lui, c’était encore différent. Il était plus que sa famille, il était une part d’elle…

Le moment saturé d’émotion prit fin, Julia sécha distraitement sa larme et se fit violence pour ne pas repenser à tante May qui souriait dans ses souvenirs.


_Tu m’as manquée toi aussi… - répondit-elle avec une voix dont l’émotion avait légèrement modifié la tonalité – Mais ça, ça ne m’étonne pas. Par contre que moi je t’ai manqué… - elle lui sourit faiblement – Je n’aurais sut le deviner, tu m’as presque chassée la dernière foi. – elle fit glisser son regard ailleurs, pour ne pas trop alourdir ses paroles, un pincement au cœur. Elle soupira – Je suis de passage dans la région – dit-elle vaguement pour répondre à la question de son amie, le regard tombant dans le vide – Je ne t’embêterais donc pas longtemps, promis – elle lui sourit sincèrement quelques secondes, puis fronça légèrement les sourcils à nouveau – Et toi ? Tu sembles changée… - ajouta – t-elle prudemment – Tout va bien Elera ?

Julia ressentait comme une tristesse autour de la jeune fille et en elle-même également, ébranlée de la voir ainsi. Elera semblait comme… triste ? Mélancolique ? La meilleure image qui lui venait en tête pour la décrire au mieux, était celle d’une fleur toute pâle, en fin de vie et toute moue, sans énergie ou du moins pas assez pour encore se tendre vers les rayons chaleureux et revigorant du soleil. Un peu comme quand on oublie de l’arroser ou d’en prendre soin en la laissant sans attention sur la terrasse, ballottée et malmenée par les vents et les intempéries. Elle eu même soudainement envie de lui dire tout haut, pour rire « Et bien alors ? Il faut rentré un peu dans la maison maintenant, non ? Qu’est-ce que tu attends ? » Mais elle n’aurait pas comprit. Julia garda cette image pour elle et devant le silence qui s’installait à nouveau, elle lui dit cependant:

_Tu sais quoi ? Je crois sincèrement que… - elle chercha ses mots– qu’en vu de la quantité de choses qu’on a sûrement à se raconter l’une à l’autre, on ferait peut-être mieux de s’asseoir un peu, toute les deux, non ?



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Marchombre
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MessageSujet: Re: C'est vers le passé qu'on avance, vers le futur qu'on se perd [Inachevé]   Mar 18 Jan 2011 - 18:35

Elera sentit un léger pincement au cœur aux souvenirs que faisaient remontés Julia. Elle l’avait chassé, à coups de mensonges, lui avait dit qu’elle n’était pas chez elle, qu’elle n’avait rien à faire ici, alors qu’elle aurait tellement voulu pouvoir passer plus de temps avec elle, cette jeune femme éprise de liberté, au moment où ses ailes étaient rognées. Parce qu’à cet instant, la fatigue et l’échec de la bataille pesant encore sur ses frêles épaules, elle avait pensé que cela était la meilleure solution. Ou plutôt, la seule solution, pour empêcher le Chaos de mettre la main sur l’amie des loups. Elle n’avait pas voulu que la lupus se retrouve enfermée, comme elle, dans une cage aux barreaux plaqués d’or mais faits de la plus pure vargélite.

- Tu ne m’embêtes pas, Julia.

Le ton avait été inébranlable, et c’est la seule réaction immédiate qu’elle donna à la jeune fille, avant d’acquiescer à sa proposition, et de s’assoir dans l’herbe. Peut-être, oui, avait-elle fuit pour rechercher la solitude ; mais la lupus ne l’embêtait pas. C’était la violence, qu’elle fuyait. La violence, et les conflits. Le contact humain n’en était qu’un corollaire, et puisque Julia n’apportait pas de haine en bandoulière, elle pouvait rester. Ses paroles troublaient la jeune fille, pourtant, faisant remonter un tas de souvenirs, plus anciens que ceux qu’elle avait ressassés ces dernières semaines. Il y avait des remords, mais de l’amitié, aussi. Des questions, beaucoup. Des incertitudes, sûrement. Mais de l’espoir, aussi.

- Tu te rappelles ? Toi assise dans le parc, et le faucon qui perçait le ciel.

Elera fit remonter ses genoux vers elle, passa ses bras autour de ses mollets, et posa son menton au creux de ses genoux, les yeux perdus dans le vague, dans la vague d’un temps où tout était plus simple, et où pourtant déjà Julia avait prédisait le futur, sentait déjà la pourriture qui grouillait dans les frondaisons de l’Académie.

- Je n’ai pas voulu te chasser, Julia, et j’aurais voulu que tu sois plus que de passage… Où tu vas aller, maintenant ? Est-ce que tu sais ?

Vague étirement des lèvres, qui tenait davantage de la grimace que du sourire escompté.

- Mais on ne choisit pas toujours où on va, et où on reste. C’est pour ça que je t’ai chassée, Julia. Pour que tu puisses continuer à choisir où aller, ou au moins, à aller tout court. Pour ça que je ne vais pas, non plus. Tu sais que ça fait deux saisons que je rêve de venir m’assoir dans l’herbe, dans un endroit comme celui-ci où les murs de l’Académie ne sont plus visibles ? Et je ne pouvais pas. Moi, marchombre, enfant de liberté, je ne pouvais pas.

Elle eut un rire nerveux, comme elle en avait parfois depuis le règne du chaos, un rire désillusionné, un rire sans espoir, un rire résigné.

- Je ne sais pas quand est-ce que tu es revenue… Si tu as entendu ce qui s’était passé ?

Parce que si elle venait de revenir, qu’elle n’avait pas eu le temps de repasser à l’Académie, la rumeur de la chute de la guilde obscure n’avait peut-être pas encore atteint ses oreilles, et dans ce cas, les paroles d’Elera ne devaient être pour elles que des propos décousus. Même si elle avait entendu, d’ailleurs, la rouquine n’était pas certaine de dire des choses très sensées… Mais son regard s’adoucit en se posant sur Julia, Julia qui s’inquiétait pour elle, Julia qui l’avait trouvée ici, alors que personne ne savait où elle était depuis la bataille. Julia qui se demandait comment elle allait, et qui pouvait comprendre à quel point elle était ébranlée rien qu’en posant les yeux sur elle. Alors elle tenta de la rassurer, autant qu’elle le pouvait sans mentir. Parce qu’elle ne mentirait plus à celle qui courrait avec les loups.

- Tout ce en quoi je voulais… voudrais, croire… chamboulé. Mais j’irais mieux, Julia, j’irais bien. Il faut juste m’en laisser le temps.

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