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 Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]

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Maître des légendes et d'animisme et primat d'Aequor
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MessageSujet: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Dim 12 Déc 2010 - 21:13


Crac crac.
Duncan, qui n’était déjà pas d’une discrétion tonitruante, ne pouvait que rager du bruit qu’il faisait en marchant. L’Académie était sauve depuis déjà plusieurs jours, et des débris de carrelage jonchaient encore le sol dans les couloirs latéraux, comme s’ils avaient été balayés là par flemmardise. Il était décidément temps que cette Académie se dote d’une domesticité digne de ce nom ! Surtout avec tout ce qu’il y avait encore à nettoyer dans le hall et les couloirs touchés pas l’incendie… Sans compter ses propres appartements. Ils avaient servis de refuge à tous les blessés et les faibles pendant la durée de la bataille, et les blessés, par définition, ont tendance à laisser du sang et d’autres fluides corporels partout où ils passent. Le tapis de son salon était irrécupérable et il avait du s’en séparer avec un pincement de cœur. Tous les meubles de son bureau arboraient encore des auréoles et des traces de main brunâtres, et il ne comptait plus les bibelots cassés et les linges hors d’état…
Mais bon, c’était pour la bonne cause. Il ne pouvait qu’être fier de lui-même ! Jehan lui avait rendu trois visites dans la semaine alors qu’il était débordé, et c’était le signe le plus magnifique de gratitude qu’il aurait pu recevoir. Le cœur léger, Duncan se dirigeait vers les cuisines. Il n’était pas encore l’heure du diner dans la grande Salle, les cours venaient à peine de se terminer, mais l’idée d’un gouter lui plaisait bien, d’autant que –drame !- il n’avait plus un seul gâteau ni un seul sachet de thé dans ses appartements.

Duncan regrettait amèrement la mort du cuisinier Osaki Naïto. Il était excellent dans sa maîtrise des arts culinaires et personne ne faisait la tarte à la rhubarbe comme lui. Il ne connaissait pas exactement les circonstances de sa mort, mais sûr était le fait que son nom figurait dans la liste des personnes décédées lors de la reprise de l’Académie. Paix à son âme. Mais il fallait continuer à vivre, et l’appétit améliorait toujours l’humeur ! Relevant la tête et arborant son sempiternel sourire loufoque, le professeur approcha d’une silhouette qu’il ne parvenait pas à distinguer, puisqu’elle était tournée vers les fenêtres. Si elle était perdue dans ses pensées ou perdue tout court, Duncan n’aurait su dire…

- Puis-je vous aider, demoiselle ?


En tout état de cause, Duncan resta en retrait. Après tout, beaucoup d’élèves avaient été choqués par la mort de leurs proches, ou la violence de l’attaque. Peu étaient ceux qu’il voyait le visage radieux, mais si leur visage était triste, au moins il n’était plus angoissé. Lui-même rayonnait de bonheur : ses élèves n’étaient plus en danger, et bien que l’Académie soit à reconstruire, elle ne craignait plus d’attaque de la Guilde du Chaos qui avait succombé ! La faim le tenaillait sec, et c’est en mettant les mains dans ses poches qu’il trouva un objet qu’il n’espérait plus trouver. Une clémentine. Allez savoir ce que Duncan faisait avec une clémentine dans sa poche, ni pourquoi il avait oublié d’arborer ses célébrissimes pantoufles roses, mais le fait était là. Avec ses ongles trop courts à son gout ( la passion n’exigeait-elle pas les griffes d’une bête fauve ? Cool ) il commença à en peler la peau, ce qui libéra un parfum exquis dans le couloir.

- Mademoiselle, vous allez bien ? Ou bien souffrez-vous d’une acoustique défectueuse ? Vous regardez fixement la fenêtre depuis quelques minutes.

Il engloba les trois premiers quartiers, manqua de s’étrangler avec un pépin, s’en sortit avec une toux d’une grâce internationale, et remit en place son pourpoint. Allez savoir pourquoi.



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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Dim 12 Déc 2010 - 22:51

Tuuli n’avait fait que descendre quelques escaliers depuis qu’elle était sortie du bureau de l’Intendant puis s’était de nouveau arrêtée au détour d’un couloir. Elle s’était pourtant bien répété des dizaines de fois qu’il fallait qu’elle actionne les muscles de ses cuisses voire de ses mollets pour chercher ses appartements mais les tiraillements de son estomac l’en empêchaient. Elle restait donc là à hésiter entre partir à la recherche de sa couche pour commencer à s’installer ou des cuisines et finalement perdait son temps debout dans un couloir à fixer une fenêtre sans vraiment la regarder. Et sa faim ne la quittait pas. Elle restait même tant et si bien accrochée à elle tel un parasite, une amie trop longtemps délaissée, que Tuuli ne remarquait même pas le désordre, qu’écris-je, le carnage qui l’entourait.
Un vague bruit sourd et lointain résonnait dans les couloirs. Pas suffisamment fort cependant pour couvrir ses gargouillements. Tuuli ferma les yeux d’agacement et de douleur. Elle n’était vraiment pas habituée à ces contractions répétées et incessantes de cet organe toujours si bien rempli d’ordinaire.


- P..j….v..z…….moiselle ?

*Ca y est ! Mon taux de sucres est tellement bas que j’entends des bruits étranges* Se décidant enfin pour les cuisines, Tuuli tentait vainement de sortir de la transe dans laquelle elle s’était plongée quelques instants auparavant. C’est alors qu’une odeur toute droit sortie du plus merveilleux, miraculeux des rêves finit de la réveiller. Une odeur sucrée, acidulée qui envahissait le couloir s’enfonçant sans pitié dans les narines de notre affamée. Soudain, de la source de cette odeur, s’éleva une voix masculine, mûre :

- Mademoiselle, vous allez bien ? Ou bien souffrez-vous d’une acoustique défectueuse ? Vous regardez fixement la fenêtre depuis quelques minutes.

En un sursaut Tuuli se tourna vers l’individu, un homme trop vieux pour être un élève, trop élégant pour être un combattant dont les lèvres s’agitaient au dessus d’un bouc parfaitement taillé. Son ton était clairement ironique mais ça Tuuli n’en avait cure. Ce qu’il tenait dans ses mains par contre était l’objet de toutes ses convoitises. Un objet orange, sphérique, parfait. Les mains qui englobait ce fruit en avaient déjà (non sans difficulté) retiré la peau épaisse et des quartiers orangés narguaient la pauvre Tuuli qui faillit pousser un cri de souffrance absolue lorsque l’être au bouc noir en avala trois d’un coup de mâchoire. Alors qu’elle était à deux doigts d’arracher le fruit des mains de son possesseur, ce dernier partit d’une toux grasse et sonore et la jeune fille secoua la tête frénétiquement de gauche à droite.
*Oh ! Reprends-toi ma vieille ! Tu es sur le point de baver sur le carrelage là* puis jetant un regard au sol complètement défoncé *Quoique ce n’est sans doute pas si grave que ça… Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ici ?* Nouveau gargouillement.

- Oh ! Hum… Oui, bonjour Monsieur ! Désolée je ne vous avais pas entendu arriver Monsieur. Je viens d’arriver et je suis complètement perdue. S’il vous plait pourriez-vous m’indiquer le chemin jusqu’aux cuisines… Monsieur ?

Elle avait dit tout cela d’une traite, sans réfléchir, son ventre guidant ses mots. Elle ne s'était même pas présentée, avait même ignoré sans le vouloir son interlocuteur dédaignant toutes les règles que ses parents avaient pris tant de temps à lui enseigner depuis sa plus tendre enfance. L'écho de ses paroles commencèrent à se répercuter dans ses oreilles *Combien de fois j’ai dit « monsieur » là au juste ?* mais l’odeur délicieuse engourdissait ses neurones et elle devait encore se retenir de poser les yeux sur la sphère si désirable.


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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Lun 13 Déc 2010 - 21:44

Gwell était penchée à une fenêtre, pensive, un air rêveur peint sur les traits.
Ce fut donc en raison de ce moment d’absence qu’elle manqua le crissement de la démarche chaloupée du professeur de civilisation de l’Académie. Ce fut aussi pour cette raison qu’elle manqua -de peu, il fallait l’avouer- de passer au delà de l’encadrement de la fenêtre au son de la voix de l’homme. Mais une seconde défenestration en aussi peu de temps aurait été de trop donc elle se contint et se contenta de sursauter et de jeter des regards affolés autour d’elle.

Le pire, c’était que le grand homme aux pantoufles légendaires (dont il avait sans doute oublié de se chausser ce jour là) ne s’adressait même pas à elle ! Non, en réalité, il avait apostrophé une autre jeune femme que l’ex-lotra ne connaissait pas et n’avait même jamais croisé dans les couloirs.

Celle ci était, comiquement, placée à la droite de la jeune dessinatrice, dans la même position que celle ci, le même air absent peint sur le visage. Si les deux demoiselles n’avaient pas été différentes, quiconque aurait emprunté le couloir dévasté quelques minutes auparavant aurait pu croire à un jeu de miroirs. Mais la réalité était ce qu’elle était, et la symétrie avait été rompue.

Apparemment, l’autre jeune femme devait être nouvelle car elle semblait ignorer le tempérament de son interlocuteur qui s’acharnait depuis quelques minutes déjà à tenter de lui arracher une réponse. Tentative désespérée et désespérante.
Le professeur, dont une sorte de chèvre -pardon de bouc- rongeait le bas du visage faisant ainsi ressortir la violette splendeur du maquillage -à moins que ce ne soit des cernes- qui soulignait ses yeux couleur d’émeraude, dût se rendre compte de son incapacité à capter l’attention de la jeune fille car il entreprit de s’éplucher, de ses habiles mains, une clémentine.
La tâche ne fut pas aisée et le fruit, velléitaire, ne se laissait manifestement pas manipuler par le professeur, qui lui même ne semblait pas très expérimenté dans le domaine. Il finit par s’en sortir, après maints effort et s’en récompensa en avalant goulument plusieurs quartiers du fruit juteux.

La récente Lupus s’amusait beaucoup de la scène comique qui se déroulait sous ses yeux et que, adossée à un mur, elle observait un sourire aux lèvres. C’était très appréciable, après une période d’incertitude, de peur et de doute comme celle que l’académie venait de traverser, de pouvoir rire de quelque chose aussi futile que ce soit.
Mais, autant cette petite saynète improvisée juste pour elle la fit rire, autant le moment qui suivit lui donna plutôt envie de disparaître, de se cacher. En effet, absorbée comme elle l’était par le spectacle d’un prof exaspéré, elle ne sentit pas la dalle sur laquelle elle prenait appui se dérober sournoisement sous ses pieds et l’entrainer avec elle dans sa chute.

*Bap* fit Gwell en rejoignant précipitamment le sol du couloir. Et voilà que ça recommençait ! Elle qui se croyait enfin guérie de sa maladresse... Elle s’était encore une fois fait des idées !
Mais il faillait toutefois concéder à ce petit incident aussi involontaire qu’inattendu, le prestige d’avoir sorti les deux jeunes filles, autant Gwell que sa voisine de rêverie, de leur sommeil éveillé et le professeur de son attente statique et certainement vouée à l’échec.
Ce fut donc sous les regards ahuris et inquiets de ses camarades de couloir que l’apprentie dessinatrice se releva, massant de ses doigts fins la vilaine bosse qui prenait peu à peu de la hauteur sur le sommet de son crâne.

‘’Euh... je suis vraiment confuse de vous avoir dérangés... ce n‘était, vous l’imaginez bien, pas mon intention et si, maintenant que je suis là, je peux vous être utile pour quoi que ce soit, n’hésitez pas !’’

Elle avait, pour sortir cette tirade, déployée toute son éloquence et l’avait agréablement assortie d’un de ses plus beaux sourires.
Sourire qui dénotait bien évidemment avec la laide bosse violette qui poussait en ce moment même au faîte de son front et qui lui attirait des regards horrifiés.

Et oui, en ce bas monde, il n’était pas donné à tout le monde de s’étaler avec classe !



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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Ven 17 Déc 2010 - 0:29

Dûdju ! C’est qu’elles se reproduisaient, les demoiselles… Suspect
Y’en avait seulement une à la première seconde, et deux à l’instant d’après ! Comment elles avaient réussi ce tour de magie ? Il n’y connaissait rien en dessin ni même en lapin dans des chapeaux, mais quand même. Ah, une petite cascade en plus ? La blonde tomba avec lourdeur légèreté et se releva aussitôt, un sourire mi-figue mi-raison sur les lèvres.
Duncan, circonspect, avait un quartier de clémentine entre les doigts, les lèvres mi-ouvertes alors qu’il s’apprêtait à la manger. Arrêté en plein geste, un sourcil instigateur levé dans ses cheveux en broussaille, le digne professeur de légendes et de lettres considéra un instant la situation. D’un, une jeune femme à l’air un peu paumé, qui répétait des Monsieur à tout va comme s’il était un prof’. Ce qu’il était, mais chuuut. Et puis elle n’avait que vingt ans de moins que lui. Et puis elle bavait, pour une raison inconnue de son pertinent sens de l’orientation. Et l’autre, la blonde, avec ses grands gestes et ses couleurs violacées…
Non, décidément, il devait se trouver devant une troupe de cirque. Cahin et Caha, peut-être, il n’avait plus vu leur caravane depuis son enfance et ce serait un bonheur de les revoir. Oui mais non, elles étaient bien trop jeunes pour avoir déjà pu être en fonction alors que lui-même était encore dans les langes. Dilemme. Dans le doute, mangeons. Et un quartier de plus. Une simple coïncidence, alors ? Une scène aussi cocasse amena un sourire large sur les lèvres minces de l’homme de littérature, et s’il n’avait pas la bouche pleine, il aurait ri de bon cœur. Que cela faisait du bien de retrouver pareil comique de situation dans une Académie où l’ambiance avait été glauque depuis plusieurs mois !

- C’est un couloir à mystères, par la Dame en bretelles ! Les fenêtres perdent les jeunes femmes dans leur limbes et les carrelages forment des pièges pour les jeunes filles maladroites ! Faut-il donc que je me garde de la tapisserie ou elle me tombera dessus ?

…Note, ça pouvait être méchant, une tapisserie. Duncan fit quelques pas loin d’elle et brisa son restant de clémentine en trois parts égales –notez son don pour les mathématiques, 6 divisé par 3.-, qu’il distribua à ses deux interlocutrices. Ils avaient tous trois l’air fin : l’une qui avait les joues rouges d’avoir bafouillé, l’autre d’être tombée devant un public, et lui-même d’avoir manqué de s’étouffer tantôt avec une pelure de clémentine.
L’amant secret de Jehan Le digne professeur dévisagea un instant la maladroite, et reconnut en elle :

- Gwëll bien sûr ! Je ne vous avais pas reconnue, allongée sur le carrelage que vous étiez ! Vous ne vous êtes pas fait trop mal, j’espère ? J’ai ouï dire que votre maladresse légendaire avait défait une Mentaï, il y a quelques jours !

Il se tourna vers l’autre jeune femme. Elle par contre, il ne la connaissait pas, mais alors pas du tout. Qu’est-ce qu’elle faisait là ? Ventre-saint-gris, il lui faudrait décidément laisser trainer plus d’une oreille dans le bureau de l’Intendant, dans l’espoir de trouver quelque nouvelle recrue à enrôler pour le nettoyage de son bureau, ou les-dites trouveraient d’autres tâches à accomplir avant !

- Et vous, demoiselle ? Venez-vous à ce point d’arriver que vous m’appeliez « Monsieur » ? Appelez-moi Duncan, je vous prie, ou sieur Cil’ Eternit si la familiarité ne vous convient pas.



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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Ven 17 Déc 2010 - 21:15

[Et Dunkychou je peux ? Dites je peux ?^^]

La scène semblait presque irréelle. Alors que l’attention du curieux personnage s’était reportée sur la jeune fille qui venait de s’étaler de tout son long sur le sol (Gwëll de son prénom apparemment) et que Tuuli espérait qu’il l’avait oubliée, le voilà qui lui proposait de l’appeler par son prénom. Depuis quand les roturiers s’adressaient-il de manière si présomptueuse à leurs supérieurs ? Les mœurs de cette Académie étaient décidemment bien étranges… Ses propres domestiques l’avaient toujours appelée « Damoiselle » voire « jeune Damoiselle » quand elle était petite, Tuuli ne pouvait donc se permettre de s’adresser si familièrement à l’individu qui lui faisait face. Individu qui, soit dit en passant, semblait l’avoir prise en pitié (ainsi que sa coéquipière dans la mésaventure qui semblait avoir pour but de mettre à mal leur dignité) puisqu’il leur avait à chacune offert un morceau du fruit béni qu’il tenait entre ses mains. Ayant repris de la contenance, et décidé par pure compassion de laisser la jeune blonde se remettre de sa chute sans l’enfoncer d’avantage en lui faisant remarquer la curieuse tâche violette qui se dessinait sur le haut de son visage, Tuuli s’inclina brièvement en signe de gratitude.

- Je vous remercie Sieur Cil’Eternit. Vous avez en effet percé à jour le sort qui m’accable en tant que nouvelle résidente de cette Académie. Je me nomme Tuuli Kilang et viens d’être embauchée comme domestique ce qui, d’après ce que je vois, et si vous me permettez l’expression, n’est pas du luxe ! Il me semble que ce lieu a grand besoin de mes services !

Enfin ! Sa langue s’était déliée et c’était la première fois depuis son arrivée à l’Académie qu’elle arrivait à formuler une phrase sans avoir l’air d’une complète idiote. La domestique avait la sensation qu’un peu d’espièglerie dans son langage n’était pas de trop avec cet interlocuteur qui paraissait lui-même suffisamment hors norme pour ne pas s’en offusquer. Oui, pour Tuuli, l’expression « ce n’est pas du luxe » était presque insolente, il allait vraiment falloir qu’elle se dévergonde un peu…
Sur ce elle enfourna un des deux quartiers de clémentine qui lui avaient été donnés et croqua dedans avec délice. Un liquide frais et sucré se propagea entre ses dents alors que le croissant orangé se vidait de sa substance. Le parfum exquis qui se promenait tantôt dans le couloir avait enfin un écho sur ses papilles alors que Tuuli se surprenait d’éprouver tant de plaisir à déguster un fruit si commun. Elle mâcha un peu plus longtemps que nécessaire pour laisser la faim s’éloigner et profiter encore un temps de ce mets qui ravissait ses sens. Le sort du second quartier ne fut guère différent si ce n’est pour le goût amer de regret d’avoir été dévoré si vite qu’il laissa dans la bouche de la jeune femme.
Tuuli dévisagea alors Gwëll dont le front était plus violacé que jamais. Légèrement plus jeune qu’elle, ce devait être une élève de l’Académie.
*Hinhin… Un uniforme ? Oui, l’élève à qui j’ai demandé mon chemin tout à l’heure portait le même. Je me demande ce qu’elle étudie ici… Il a dit qu’elle avait battu une Mentaï ? Ce ne sont pas les guerriers dessinateurs surpuissants dont m’a parlé mon père ? Décidément cette Académie abrite des individus des plus curieux…* puis décidant de calquer son attitude à celle à laquelle elle avait tant eu droit jusqu’à il y a encore à peine quelque jours :

- Je suis enchantée de faire votre connaissance Damoiselle. J’ai bien l’impression que je vais devoir me mettre au travail au plus vite afin que cet établissement retrouve un peu de sa prestance et ne représente plus aucun danger que ce soit par son sol ou ses tapisseries.

Il fallait qu’elle fasse attention quand même ! Trop d’assurance tue l’assurance et détaillant de plus en plus son nouveau lieu de travail, Tuuli sentit ses genoux fléchir un peu sous le poids des corvées qui l’attendraient dès le lendemain. *J’espère vraiment que je ne suis pas leur unique recours pour remettre de l’ordre ici parce que ça me paraît un peu trop là… Comment je vais m’y prendre ? J’ai même jamais touché un balai de ma vie moi alors le bricolage…*Puis se souvenant de la raison première de sa présence même en cet endroit, elle se décida pour l’humour en guise d’explication de son comportement incontrôlé d’il y a quelques minutes

- Comme je le signalais au Sieur Cil’Eternit, je souhaitais me rendre aux cuisines lorsque mon sens de l’orientation m’a fait faux bon et que mon bon sens l’a suivit je ne sais où me laissant errer dans des couloirs sans fin, la tête aussi vide que l’estomac. Je ne sais pas où vous désiriez vous rendre, Damoiselle, mais votre aide dans ma quête de nourriture, pour le moment apaisé grâce au geste généreux de Sieur Cil'Eternit, me sera certainement d'un grand secours.

La domestique était désormais toute excitée de sa nouvelle façon de s'exprimer au risque même d'en faire un peu trop *C'est trop drôle de parler comme ça ! J'ai l'impression de me sentir toute petite par rapport aux autres !*. Tout ce qui est exotique est vraiment très attrayant et amusant pour quiconque sait en jouer, ou plutôt pour quiconque ne s'en est pas encore lassé.

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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Lun 20 Déc 2010 - 23:31

Une fois qu’il fut sûr que la dessinatrice se portait bien, l'excentrique professeur se permit un petit trait d’humour. Gwell le savait, chacun avait son humour bien a lui et celui du petit homme bleu était pour le moins... désarçonnant.
Elle le regarda donc débiter sa blague en silence, tout en tentant de la comprendre, ou du moins de comprendre ce qui devait y avoir d’amusant dans cette tirade. L’allusion à l’agressivité de la tapisserie ? Peut être... après tout, si la jeune fille ne venait pas de prendre un tel coup, peut être aurait elle ri à la plaisanterie... mais le fait était qu’elle venait de tomber et qu’elle ne comprenait rien à la blague.

Puis, n’ayant pas l’air de se rendre compte de l’incompréhension propre à l’apprentie dessinatrice, il enchaina. Il lui apprit quelque chose qu’elle savait déjà -son nom. Mais aussi quelque chose qu’elle ignorait et qui la surprit au plus haut point, il la connaissait. Fait bien entendu non réciproque, sauf bien sûr si on considère que le fait de connaître quelqu’un se résumait à connaître son nom et sa fonction. Et ses déplorables habitudes aussi !
Encore une fois, il lui apprit quelque chose à son sujet. En effet, elle ignorait que les rumeurs au sujet de sa mésaventure avec la mentaï lors de la nuit de la reprise était si répandues.

Pour la peine, elle rougit -on lui avait déjà dit que violet et rouge ne s’accordaient pas, mais elle ne pouvait rien faire par rapport à sa timidité. Ne sachant quoi faire, elle baissa les yeux et contempla la première chose qui lui tomba sous la main, c’est à dire les quartiers de clémentine que le professeur lui avait galamment remis ainsi qu’à sa camarade et qui gisaient sans but dans le creux de sa paume, laissés à l’abandon. Non que les petits morceaux de chair végétale aient l’air particulièrement intéressant, mais elle avait honte de ce petit incident que le sieur avait évoqué peu avant et qui contrairement à ce qu’il devait penser n’avait, aux yeux de la jeune fille, rien de glorieux.

Ce fut pour cette raison qu’elle tenta de se cacher -sans grand résultat- parmi les méandres fibreux du fruit. Bref, elle se fit la plus petite possible, ce qui restait quand même assez grand, et se tut. Puis, alors qu’elle sentait enfin dans ses veines couler une sève sucrée et collante, elle se rappela qu’elle était déjà rouge et violette et que, par conséquent, une peau orange aurait du mal à s’accorder à ses tons. Elle stoppa donc brusquement ses effort pour devenir fruit, avant qu’il ne portent leurs fruits. [désolée, mais celle là, je pouvais pas la laisser passer !]

Le petit homme de la situation reprit la parole. Probablement plus pour meubler la conversation que pour sortir Gwell de son embarras mais en l’occurrence, les deux fait se superposaient et il fit d’une pierre deux coups. La jeune fille lui en fut grandement reconnaissante. Elle songea même une seconde à s’inscrire à ses cours.
Seconde qui dut d’ailleurs en durer plusieurs puisque, absorbée comme elle l’était dans sa contemplation attentiste des quartiers de clémentine, elle manqua tout un tronçon de la conversation. Un assez gros tronçon même puisque quand elle finit par enfin s’y raccrocher, il n’était plus question d’elle, mais d’elle. Ce qui eut le don de l’effrayer.
En effet, elle s’interrogea sur ce qui avait bien pu être dit en son absence de consistance pour passer d’elle à elle de la sorte. À moins que... le «damoiselle» sortant de la bouche de Tuuli ne pouvait bien concerner qu’elle et elle seule ? Prise d’un doute, la jeune dessinatrice décrivit un magnifique cercle à 360° sur elle même, vérifiant ainsi qu’ils n’étaient que trois dans cet espace qui jadis avait du être un couloir. Jadis.

Un passé assez proche qui, selon l’autre jeune femme, aurait un reflet dans le futur puisque, en tant que domestique, elle comptait remédier au danger que représentaient les couloirs et les tapisseries (les tapisseries ?? O.o) pour les élèves et leurs professeurs.
Gwell réfléchit une minute pour trouver quoi répondre mais, apparemment, aucune réponse n’était attendue de sa part puisque Tuuli enchaina sur les raisons de sa présence à cet endroit à cet instant.
D’ailleurs, étrangement pour une domestique, elle s’exprimait fichtrement bien et avait l’air d’y prendre plaisir. C’était plutôt louche...

Elle releva enfin ses mains du contenu de sa main pour fixer son regard noisette sur le pâle visage de son interlocutrice. Cette fois ci, elle se décida à être plus efficace dans sa réflexion afin de ne pas se faire devancer encore une fois par la jeune domestique. Elle ne passa donc pas par quatre chemins, allant directement à l’essentiel :

‘’Moi aussi je suis heureuse de te rencontrer Tuuli ! Au fait, tu peux me tutoyer... Oui, ce serait bien que tu me tutoie, histoire que j’ai pas l’impression d'être aussi vieille que le monde ! Et sinon, puisque tu te posais la question, je ne faisais rien de plus que toi, j’étais ‘absorbée’ par la fenêtre comme l’a si bien dit M. Cil’Eternit ici présent.’’

Elle avait, comme à son habitude, ponctué sa tirade d’un grand sourire franc et bienveillant.
Gwell aimait sourire, c’était naturel chez elle et elle y prenait un grand plaisir. Son sourire l’accompagnait partout où elle allait, la devançant même parfois, et elle se soupçonnait de sourire dans son sommeil. Quand la jeune fille ne souriait pas, c’était qu’elle était malade. Et encore ! Il lui arrivait même de sourire alors qu’elle était alitée. C’était vraiment un sourire à toute épreuves qu’elle arborait à longueur de journée.

Puis, revenant subitement à la réalité, la ‘’demoiselle’’ se rendit compte. Elle se rendit compte de sa manière de s’exprimer. Pour une jeune fille de sa stature et de son rang, c’était une chose sacré que le langage. Et en l’occurrence, elle en avait bafoué les règles.
Quelle horreur ! Mais l’erreur était irrécupérable, sauf bien sûr en se ridiculisant, mais là, c’en était déjà assez, et même trop. Tant pis, elle ferait attention la prochaine fois. Elle se contenta de serrer les dents et de noter dans un coin de son cerveau déjà atrophié de ne pas oublier de s’exprimer plus correctement.
Puis, elle s’accorda quelques minutes de réflexion afin de pouvoir sortir une phrase digne de ce nom.

‘’Et donc, tu es affamée et en quête de nourriture ? En effet, je peux t’aider.‘’

Cette fois ci, la réponse lui parut plus cohérente et elle se permit une auto ovation. Ce fut donc humble et fière que Gwell se souvint de l’existence de deux petits éléments charnus et délicieux dans le creux de sa main.
Elle ouvrit les doigts. Oui, le don du professeur de lettres était toujours là. À cette découverte, elle associa bien vite le sens des propos de Tuuli. Elle ne réfléchit donc pas plus longtemps et attrapa la main de sa camarade, écartant doucement ses doigts, afin de glisser les deux demi lunes orangées dans le blanche paume de Tuuli.

En effet, si Gwell aimait sourire, elle aimait aussi faire sourire. Et pour cela, il n’y avait pas de secrets, il fallait savoir donner sans compter.



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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Mer 22 Déc 2010 - 18:22

Fort bien, visiblement le vouvoiement n’était pas un bon plan, entre l’homme au bouc (over bouqué ?) qui lui demandait de l’appeler par son prénom et la jeune élève qui la priait de la tutoyer, la domestique devait apparemment se calmer sur ce qu’elle considérait être le dû de ses récents semblables. Elle prit bonne note de ces nouvelles informations et décida de tutoyer tous ceux qui lui demanderaient de le faire sans se poser de question (ce qui pourrait sembler plutôt logique d’un premier abord mais qui pour elle allait constituer un renversement de son mode de pensée pour le moins déstabilisant). Gwëll était décidément très souriante. Elle souriait déjà après être tombée et continuait de sourire alors qu’elle assumait pleinement être plongée dans des rêvasseries auxquelles elle seule avait accès, dans une sorte d’autodérision des plus plaisantes. Tuuli en aurait presque oublié l’étrangeté du moment précédent où la peau de l’élève avait brièvement pris un curieux reflet orangé (certes charmant mais peu en accord avec le teint que l’on saurait attendre de n’importe quel être humain).
Son sourire ne masquait pas toutefois le petit air surpris qui s’était peint sur son visage alors que Tuuli finissait sa tirade toute fière d’elle-même
. *Eh bien quoi ? J’ai bien parlé non ? J’ai été polie et tout, et tout. Oui, bon, je l’ai vouvoyée mais c’est ça qui est censé être normal non ?*. Toujours souriante, Gwëll avait glissé dans sa main les deux quartiers de clémentine que le Sieur Cil’Eternit avait eu la gentillesse de lui donner. Ebahie par la bonté naturelle de la jeune élève, Tuuli ne réagit pas immédiatement. Elle demeura un temps la paume semi-ouverte sur les morceaux du fruit juteux puis étira ses lèvres en un fin croissant joyeux et reconnaissant.

- Merci beaucoup ! Tu me fais ici un don précieux et je m’incline devant ta bonté Gwëll.

Elle en faisait sans doute un peu trop là. C’est du moins ce qu’elle se dit alors qu’elle goutait les derniers morceaux du fruit si récemment pelé. Vraiment son manque de pratique en société était flagrant. Suivre des cours était facile, répondre à son précepteur et à ses parents était aisé, mais converser avec des personnes aussi étranges que celles qui sévissaient en l’Académie de Merwyn était une tâche bien ardue. Surtout qu’elle ne pouvait pas être elle-même, ou plus exactement celle qu’elle avait appris à être depuis sa naissance. Avant que le naturel surmonte l’éducation il faudra du temps. Mais pour le moment le naturel futur n’était pas le naturel présent. Tuuli se sentait vraiment loin d’elle-même en ce moment. Son estomac ne se posait cependant pas tant de questions et semblait estimer que quatre quartiers de clémentine c'était clairement insuffisant même s’il était soulagé de voir qu’on cessait de l’ignorer.
*Je sais bien que je devrais me montrer plus reconnaissante et tout ça mais… « La faim m’assaille alors que je m’en sens défaillir, apportez les viandes que je me sustente ! » comme dirait Bon-Papa*. Tuuli réfléchissait à la façon de présenter la chose, histoire de se montrer aimable et respectueuse lorsque son estomac fit un barouf des plus impressionnants, résonnant dans les couloirs, amplifié par le silence qui suivait la dégustation de la domestique. *Oh oui, ça c’est particulièrement classe et élégant !*. Elle commença à marcher vers la première porte qu’elle voyait, à la recherche d’une échappatoire (on ne peut pas rester en si bonne compagnie alors qu’on ne sait même pas se tenir !).

- Je vous prie d’excuser cet organe reconnaissant de votre geste à tous les deux mais néanmoins impatient de rencontrer des plats plus consistants et… Oh !

La porte s’ouvrait sur une pièce à l’origine de maints fantasmes de la domestique (fantasmes culinaires s’entend ! Non mais qu’allez-vous penser ?) puisque les cuisines apparaissaient enfin au plus grand ravissement de Tuuli qui masquait tant bien que mal un certain agacement. *Elles étaient là depuis le début ces cuisines ? Je suis restée plantée là au moins une demi-heure à souffrir de la faim alors que je n’avais rien mangé depuis un jour et demi et elles étaient là ? Traitresses !!!*. La domestique ne pouvait s’empêcher de sourire cependant et elle se tourna vers ses deux compagnons, surexcitée.

- Wouah ! Vous avez vu c’est trop génial cet endroit !!!

En effet, un endroit tant désiré ne pouvait être qu’extraordinaire (totally awesome !) d’où le langage peu châtié. *Certes oui… j’ai dit quoi là ?*


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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Sam 29 Jan 2011 - 18:08

[Veuillez excuser mon retard, demoiselles]

Un sourire bienveillent vint peindre les lèvres du digne professeur de lettres et civilisation. Que c’était bon d’avoir une conversation honnête et joyeuse avec deux personnes normales, enfin ! Que ça faisait chaud au cœur de voir la générosité sans borne de Gwëll, la gêne pudique de Tuuli, bref des émotions qu’il n’avait plus revues depuis que la crainte et la suspicion avaient noirci l’âme de tout le monde. Lui y compris. Mais trève de palabres intérieurs !
Il nota dans un coin de son esprit aussi bien rangé que ses appartements qu’il avait à faire à la nouvelle domestique. De bon cœur, il la crut compétente et franche, lui qui n’était pas versé dans l’art d’observer les gens. Sans quoi il aurait noté ses mains fines dépourvues de cals, son dos fier qui n’avait rien de roturier, et l’élégance toute féminine de ses cheveux qui n’aurait jamais tenu dix minutes devant toutes les corvées ménagères qui ponctuaient le quotidien. Mais lui, il la saluait avec honnêteté, content qu’il y ait enfin un personnel domestique digne de ce nom à l’Académie pour nettoyer tout ce qui restait de chaotique dans les destructions.
Bon, il était vrai, la moitié du petit personnel avait été tué pendant l’attaque, n’ayant rien d’autre que seaux et serpillières pour se défendre, mais il ne le savait pas.

Légèrement déconnecté de la réalité qu’il était, il suivit du regard la conversation entre les deux demoiselles, et rit légèrement devant le problème de tutoiement / vouvoiement qui semblait concerner Tuuli. Elle apprendrait bien vite que l’Académie était comme une grande famille, et que personne n’était à cheval sur l’étiquette. Bon, à part certains nobles.. Mais ceux-là, on apprenait bien vite à les éviter ou à les caresser dans le sens du velours.
Le regard absent, il les suivit alors qu’elles entraient dans les cuisines, et ne fut reconnecté avec la réalité que grâce à l’exclamation vive de Tuuli. Alors elle ne savait pas où se trouvaient les cuisines.. ? On pouvait comprendre sa surprise alors ! Les effluves gastronomiques qui emplissaient l’atmosphère firent se rendre compte à Duncan que tudju, il avait faim aussi. Et pas qu’un peu !

- Ah, les cuisines, un vrai paradis pour l’estomac. Excusez-moi ? Garçon ? Marmitooon !

L’ambiance était à la moite tranquillité des cuisines, et les marmitons allaient et venaient aux casseroles sans leur accorder la moindre attention, car il n’était pas rare qu’un élève ou un membre de l’Académie vienne chaparder un quelconque. En vain, Duncan tenta d’attirer l’attention de l’un d’entre eux, mais ceux-ci l’ignorèrent avec l’indifférence toute propre aux cuisiniers affairés. Il fallait dire qu’ils avaient une double dose de travail, depuis la mort de ce pauvre Osaki. Une vieille cuisinière avait été engagée pour le remplacer le temps de trouver quelqu’un de compétent, mais elle n’avait pas la même virtuosité qu’Osaki pour se faire obéir de tout le monde.
Bondissant entre les tas de pains vrais pétris, les gousses d’ails et d’herbes pendant du plafond et les serviteurs chargés de quartiers de viande gros comme des charrues, le professeur suivait les deux jeunes filles dans leur visite des cuisines, le regard émerveillé.

- Voilà qui devrait apaiser votre faim, Tuuli ! Vous n’avez que l’embarras du choix pour votre repas. Personne ne viendra vous disputer, il n’est pas rare que moi-même je vienne prendre un encas ici, l’ambiance y est tellement dynamique.

Il ne savait plus lui-même ce qu’il voulait manger, tant le choix était grand. Mais son cœur bondit de joie quand il trouva les petits pots alignés d’herbes à infuser, herbes qui étaient la raison de sa venue, au départ. Enfin, il allait pouvoir se refaire une tisane ! Enfin ! Depuis des heures d’assèchement gastrique à ne pouvoir engloutir des litres et des litres de cette tisane dont il avait le secret. Peut-être pourrait-il en faire partager la saveur aux deux jeunes filles ?

- Désirez-vous une infusion pour accompagner votre repas, demoiselles ?
lança-t-il par-dessus son épaule, occupé à ouvrir les pots étiquetés pour en sentir la voluptueuse odeur.



_______________


"“Je manquais de mémoire - plus encore de l'habitude d'une mémoire
qui fut prégnante, à cran et à croc, apte à extravaser dans ma gorge,
pour salive, le sang des moments vécus ensembles."


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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Mar 8 Fév 2011 - 19:33

Alors que Tuuli se jetait goulument sur les quartiers de fruit offerts par Gwëll, celle ci remarqua quelque chose. Elle n’aurait su dire quoi, mais elle savait que quelque chose avait changé. Ce n’était certes qu’une impression, mais elle était sacrément persistante. Cependant, la jeune fille avait beau observer le moindre recoin du couloir dans lequel elle se trouvait, elle n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce détail qui l’obnubilait tant. Non, à son grand désespoir, elle ne voyait vraiment pas de quoi il s’agissait.

Soudain, un grondement retentit dans le couloir, faisant sursauter Gwëll et grimacer Tuuli et n’ayant, étonnement, aucun effet sur le sieur Cil’Eternit.
Était ce le tonnerre qui résonnait ainsi ? L’apprentie dessinatrice n’y croyait pas, mais préféra tout de même jeter un œil par la fenêtre afin de s’en assurer. Comme elle s’y attendait, le ciel était d’un bleu limpide, uniquement parsemé par endroits de siffleurs tellement blancs qu’ils en auraient paru translucides. Aucun nuage noir à l’horizon...
Mais, si manifestement Gwëll ignorait la source de ce bruit, elle restait la seule dans ce cas. L’excentrique professeur ne semblait pas s’en formaliser plus que de sa première pantoufle -et encore, la jeune fille ignorait l’importance qu’il y attachait- et la domestique paraissait plutôt informée. Concernée même puisqu’elle s’empressa de joindre ses deux mains sur son ventre, grimaçant terriblement. Alors comme ça, le terrible gargouillis venait de l’estomac de la jeune fille ? Gwëll n’y aurait pas songé un seul instant et même maintenant qu’elle le savait, elle avait du mal à se le figurer.

Du coup, la jeune fille à la panse grondante, tenta, dans une démarche désespérée de s’éclipser tout en s’excusant brièvement. Elle fut si rapide que, dans sa précipitation, elle ouvrit une porte au hasard et s’y engouffra.
Elle se rendit alors compte qu’elle touchait à son but ! Enfin, après maintes heures de gémissements gastriques, elle trouvait enfin les cuisines. Sa joie dut alors être immense car, aussi polie et distinguée qu’elle pouvait être, elle se permit une exclamation joyeuse, et sa camarade en fit de même. Intérieurement il s’entend. Car Gwëll n’était pas de ceux qui extériorisent tout ce qu’ils pensent, au contraire, elle n’était pas très loquace et n’ouvrait la bouche que lorsqu’elle était sûre de ce qu’elle allait dire.
Enfin, bref, Gwëll cria intérieurement de joie. Pour une raison futile, il s’entend, très futile même. Elle avait eu raison. Raison de quoi ? d’une futilité encore une fois. Elle avait eu raison de penser que quelque chose avait changé. Parce que quelque chose avait réellement changé. Cependant, ce n’était pas par ses yeux qu’elle aurait du percevoir le changement, mais par son nez. En effet, un subtil fumet s’échappait délicatement de par la porte, désormais ouverte, des cuisines.

Les cuisines ses révélèrent alors à Gwëll. Un vrai paradis pour l’estomac était l’expression adéquate, Duncan avait bien raison ! Bien qu’elle ne le sache pas, elle eut subitement la même réaction que le brave homme. Elle saliva. Et encore, saliver était un faible mot pour décrire la succession d’images qui défilèrent alors dans l’esprit avide de nourriture de la jeune fille. Chaque odeur qui s’échappait d’un plat, elle la répertoriait. Tout, vraiment tout lui donnait faim.
Alors que ses comparses progressaient entre les marmitons et leurs marmites, elle pénétra enfin de ce lieu quasi sacré. Le petit professeur semblait très bien connaître ce lieu -dans laquelle il avouait faire un pèlerinage régulier- et en profita donc pour prendre la tête de leur procession.
Des trois, il était le plus apte à guider la troupe et il se débrouillait plutôt bien à sa tache. Car si Tuuli paraissait certaine de ne jamais être venue auparavant, Gwëll était incapable de dire si ça avait été son cas. Fait étrange, il fallait le concéder. Mais la jeune fille ne s’en formalisa pas, elle commençait à être habituée à cette étrangeté de sa part. Le fait était que désormais, elle saurait où trouver un petit encas en cas de petit creux.

Elle déambulait donc en compagnie de la domestique affamée et de l’excentrique professeur dans le labyrinthe que formaient les cuisines, parmi les commis affairés, les récipients emplis à ras bord et les divers ingrédients. Bref, il n’était pas évident de ressortir entier des cuisines. Gwëll, comme si elle ignorait les dangers qui la guettaient, laissait son regard errer au hasard des fourneaux et étagères et les fumets embaumer son nez.
Soudainement sorti d’un recoin sombre de la pièce, un jeune homme chargé d’une corbeille brulante de petits pains lui fonça dessus. Elle eut tout juste le temps de s’écarter de son chemin avant de se faire renverser. Cet incident, aussi bénin soit il lui permit de revenir sur terre et de se concentrer sur les paroles de l’homme aux grandes connaissances culinaires. Et elle fit bien, car ce qu’il leur proposa, elle ne l’aurait refusé pour rien au monde. Une infusion, ça faisait bien longtemps que la jeune noble n’en avait pas dégusté une, et ça lui manquait cruellement. Après avoir tourné sept fois sa langue dans sa bouche, exactement comme le lui avait appris sa mère -et oui, tous les enfants, même les plus grands n’ont pas compris que ce n’était pas à prendre au sérieux... que voulez vous, on ne se refait pas du jour au lendemain- elle se permit de donner son avis quant à le réalisation de ce projet.

‘’Je m’adonnerais bien volontiers à une dégustation de votre breuvage, sieur, voyez vous, je suis moi même friande de ce genre de boisson et, si je puis me permettre, je vous ferais bien volontiers goûter à mes préparations.’’

Une fois sa tirade terminée, Gwëll s’aperçut avec étonnement que cela représentait la plus longue prise de parole de sa part depuis un certain temps. Elle s’en réjouit, tout en remarquant que ses origines nobles avaient la fâcheuse tendance à ressortir quand elle parlait de nourriture.
Prenant exemple sur le petit homme pirouette cacahuète, elle se saisit d’un pot d’herbes aromatiques et le porta à son nez, tentant d’y reconnaître une odeur familière.

[Arg, niveau retard, je suis aussi coupable... vraiment désolée]


_______________
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Si c'était une fleur, bleue, pardi.


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MessageSujet: Re: Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]   Dim 13 Fév 2011 - 22:39

Cette pièce était incroyable, merveilleuse, fantastique ! Tout un petit monde s’agitait, des odeurs plus délicieuses les unes que les autres forçaient leur passage dans des narines consentantes, des plats alléchants leur faisaient de l’œil… Bref, un véritable paradis se tenait là, caché par une porte qui s’était généreusement ouverte pour eux. La domestique ne semblait pas être la seule à s’extasier de l’endroit. Ils formaient ainsi un groupe pour le moins singulier d’individus tous salivant dont Sieur Cil’Eternit se fit le guide emprunt d’une assurance joyeuse après avoir suivis les deux jeunes filles un instant. Etait-ce d’ailleurs une si bonne idée que ça de suivre deux personne qui, selon toute apparence, n’étaient guidées que par leur curiosité et ne connaissaient rien de l’endroit dans lequel elles se trouvaient. Tuuli avait même presque oublié la présence de ses deux compagnons quand le petit homme excentrique appela sans succès un de ces êtres qui allaient et venaient dans ces cuisines et finit par se vanter de l’accueil chaleureux dont il bénéficiait régulièrement de la part de cette pièce. A vrai dire, peut-être n’y avait-il aucune vantardise de sa part, mais, aux yeux de Tuuli, avoir le privilège de côtoyer des magnificences cachées là pourrait monter à la tête de n’importe qui, et le professeur aurait alors de quoi se vanter. Autant ne pas réfléchir donc et supposer directement qu’il se vantait, puisque c’était justifié.

Avant que l’homme ne leur propose une sympathique infusion, Gwëll manqua une fois de plus de retrouver son meilleur ami le sol. Quoique Tuuli eut pu en penser auparavant, la jeune fille devait avoir certains réflexes puisqu’elle réussit à éviter le panier de petits pains qui dirigeait droit sur elle guidé par la main d’un marmiton trop pressé. Ce petit moment qui n’avait pas eu le temps de devenir cocasse (oui… Tuuli n’est pas très charitable) fit remarquer à la domestique un four entrouvert derrière l’élève. Le professeur faisait sa proposition quand la curieuse découvrit une tarte carbonisée piégée dans ce placard chauffant au lieu de l’être dans un conteneur à ordures. En voyant les marmitons si agités, c’était à se demander comment la chose avait pu rester enfermée ainsi. Que faisait le cuisinier ? N’avait-il pas remarqué que son plat avait brûlé ?

D’une oreille distraite, Tuuli écouta la réponse de Gwëll ravie de démontrer ses talents en matière de manipulation d’herbes aromatique (dont elle tenait justement un pot à l’instant même, pot dans lequel son nez de connaisseuse s’était glissé). Après s’être amusée de voir que lorsque la maladroite se décidait à délier sa langue elle faisait de fort belles phrases, la domestique décida de montrer qu’elle aussi était douée dans ce qui était de reconnaitre les senteurs
*Mais enfin, j’ai été élevée à ça moi ! Je m’y connais très, mais alors très, très bien dans tout ce qui a trait à la nourriture. Que ce soient les aliments eux-mêmes ou tout ce qui sert à les accompagner !*, fait qui n’était pas entièrement vrai (même pas à moitié vrai en fait…).

- J’accepte votre proposition avec une joie immense Sieur Cil’Eternit, d’autant plus qu’elle tombe à point nommé. Je n’ai de plus que de hâte de gouter tes préparations Gwëll. J’ai moi-même un goût très sûr en ce qui concerne ce type de boisson.

Elle avait ajouté la dernière phrase d’un ton un peu suffisant. Mais, après tout, elle s’était tant et si bien entrainée avec sa mère à reconnaitre les différents parfums des infusions qu’elle dégustait, qui lui semblait presque insupportable de regarder Gwëll se mettre en avant de la sorte. Tuuli prit le pot situé juste à côté du vide qu’avait laissé celui pris par la jeune fille et le renifla de la même façon qu’elle. Bien sûr, c’est toujours lorsque l’on commet un acte censé nous mettre en valeur, aussi puéril soit-il, que c’est tout à fait le contraire qui se produit. Ainsi, les particules qui se trouvaient dans le pot ne dégagèrent aucun parfum agréable, seulement une senteur piquante et sans doute allergisante puisque la domestique se mit à éternuer et éternuer encore jusqu’à ce qu’elle referme le pot et le repose là où était sa place. Les éternuements s’estompèrent rapidement jusqu’à disparaitre complètement mais elle avait vraiment l’air d’une parfaite idiote. Histoire de se redonner un peu de contenance, la triple buse se redressa et, tout en rosissant, partit en quête de nourriture, car si la matière de la boisson était réglée, elle devait s’accompagner de quelque chose à mâcher. Elle se tourna tout de même vers ceux qui partageaient son bonheur de pouvoir enfin avaler quelque chose.

- Si vous me le permettez, je vais m’efforcer de trouver quelque chose à nous glisser sous la dent. Il n’y a pas de cuisinier à qui nous pourrions demander conseil j’en ai peur… Auriez-vous une préférence particulière pour de quelconques mets ?

Avant même qu’une réponse ne fut esquissée, la domestique visa un plat grandiose sur lequel reposait un gigot. Un merveilleux gigot dont la couleur et l’odeur ne pouvait tromper personne : du siffleur. Pour le coup, la mâchoire de Tuuli s’abaissa brusquement et alors qu’elle s’en voulait d’être passée pour une idiote quelques instants auparavant, là voilà qui avait l’air sérieusement atteinte.

[Sur ce j’ai envie de dire… J’y go ! (c’est à croire que Tuuli n’a trouvé ce gigot que pour que j’aie un prétexte de placer cette blague minable…)]



_______________
Dura scopa sed scopa n'est-il pas ?

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Il faisait ZIIP quand il roulait, BAP quand il tournait, BRRR quand il marchait ! [Inachevé]
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