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 La renaissance [Inachevé]

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Marchombre
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MessageSujet: La renaissance [Inachevé]   Dim 5 Déc 2010 - 20:57

Combien de temps avait-il attendu ce moment-là? Des jours, des semaines, des mois même. Sortir n'avait jamais été un tel désir pour lui. Après tout, il avait vécu libre pendant toute son enfance. Même petit, il avait le droit de sortir à l'extérieur de la maison familiale, avec l'ordre de ne pas s'éloigner bien entendu. Il n'avait pas pu remarquer à quel point il adorait ça. On ne se rends compte de notre bonheur que quand on le perds. Les mercenaires lui avaient interdit de sortir et c'est là qu'il avait remarqué à quel point, il adorait la liberté. La nature. L'extérieur. Le désir de voir la lumière du jour l'avait prit très rapidement. Quelques jours après son enfermement seulement. Au départ, il n'y avait pas vraiment pensé. Il avait cherché à se repérer dans sa petite cellule. Trouver des indices sur l'endroit où il se trouvait. En vain. Il avait ensuite cherché à sortir par ses propres moyens. En vain également. C'était à ce moment-là que le désir de voir le soleil l'avait envahit. Il priait le ciel pour qu'on le retrouve rapidement, qu'on le sorte de cet enfer. Personne n'était venu. Le désir, qui était d'abord une flamme dans son corps pour chasser les ténèbres de la tristesse, avait finit par le détruire. La flamme s'était éteinte. La tristesse l'avait envahit. Il pensait toujours à l'extérieur bien entendu, mais c'était devenu un souvenir lointain. Une chose à laquelle on pense avec avidité, tout en sachant qu'on ne la reverra jamais. A partir de ce moment-là, il s'était cru perdu mais un souvenir particulier le maintenait encore en vie. Celui de sa famille. De son père décédé. De sa mère partit vivre sur les bords du lac Chen. Même s'ils étaient loin de lui, ses parents l'avaient empêché de sombrer complètement dans la folie. Puis, Halina était arrivé. Un rayon de soleil au coeur de la nuit. Son rayon de soleil. Les ténèbres avaient été repoussées à tout jamais. Mais il avait tout de même continué de penser à ce désir de sortir. Mais il ne voulait plus sortir pour lui-même. Quand il rêvait, il ne se voyait plus seul en train de se balader autour de l'académie. Ils étaient deux. Bras dessus, bras dessous. Ils étaient deux et pas seulement pour les balades. Ils étaient dans l'avenir. Deux pour affronter leur future vie.

Oh oui, ce désir avait partagé sa vie de prisonnier. Il avait vécu avec pendant deux saisons. Oui deux saisons. Kirfdéin s'était renseigné. On lui avait précisé que l'attaque remontait à 6 bons mois. 6 mois enfermé!!!! Il avait trouvé le temps long et il ne s'était pas trompé. Maintenant c'était finit. Aujourd'hui, c'était le jour de sa renaissance. Cette renaissance, il l'avait préparé. Il s'était levé de bonne heure ce matin-là. Dormir toute la journée? Il aurait pu. Mais il ne voulait pas le faire. Dormir avait été sa seule et unique occupation pendant plusieurs mois. Il voulait profiter de la vie. On perdait trop de temps à dormir dans une vie. Il s'était donc levé de bonne heure et il avait foncé à la salle des eaux de l'académie. Il voulait en finir avec cette crasse qui lui recouvrait la peau. Cette poussière qui s'accrochait à lui comme une sangsue. Il était de bonne heure. Personne n'était encore réveillé. Surtout après ce qui s'était passé la veille. La veille? non, la nuit dernière plutôt. La bataille avait finalement prit fin sur la défaite des fils du Chaos. Les vainqueurs, meurtris dans la chair et dans l'esprit, ont été obligé de deplacer les corps. Libérer l'académie de l'horreur qu'elle avait connu avant de partir vers un repos mérité. La cérémonie pour honorer ceux qui étaient tombés devraient se dérouler dans la journée. Le majestueux monument créé par Merwyn gardait encore les stygmates de la bataille qui l'avait secouée et tenue éveillé pendant toute la nuit. Des traces de sang étaient encore visibles. Des pierres s'étaient effondrées. Des choses étaient détruites. Il faudrait beaucoup de travail pour rendre la beauté que l'académie avait connu. Et il faudrait du temps pour que l'horreur soit oubliée. Seulement l'horreur. Les morts, on ne doit pas les oublier. Ils ont donné leur vie pour que d'autres survivent. Leur sacrfice ne devait pas tomber dans l'oubli. Surtout pas. En tout cas, dans l'esprit de Kirfdéin, ils ne disparaitraient pas.

C'est donc avec le souvenir de la bataille encore à l'esprit que Kirfdéin entra dans la salle des eaux de l'académie. Il était seul. Tout le monde dormait encore malgré l'heure. Le soleil était levé depuis de nombreuses heures. Aujourd'hui, l'académie allait certainement dormit longtemps. Un tel combat, on ne s'en remettait pas en quelques heures de sommeil. Kirfdéin avait apporté une tenue propre. Chose qu'il n'avait plus connu depuis des lustres. Son célèbre manteau rouge et un uniforme de l'académie. Il s'était dévêtu et avait jeté la tenue qu'il portait dans un coin. Elle ne serait plus utilisée désormais. Elle était déchirée et même rapiécée, elle ne pourrait plus être portée. Il la jeterait quand il aurait finit de bannir la crasse de son corps. Il se glissa dans l'eau chaude. Un pur délice. Un véritable rêve. L'eau se colora en un rien de temps, passant du bleu au marron. Même sans savonner, une couche de poussière s'en allait déjà. Il prit son temps. Il était seul, il pouvait rester autant de temps qu'il voulait. Rester dans l'eau chaude était un véritable plaisir qu'il n'avait plus connu depuis bien trop longtemps. Quand il sortit enfin, l'eau était devenue noire. 6 mois de poussière. Enfin, il se sentait propre. 6 mois qu'il n'avait pas ressentit ça. Il se sécha et il s'habilla. Maintenant qu'il était propre, il devait finir de s'embellir. Il attrapa une paire de ciseaux et il s'installa devant un miroir. Il entreprit de se couper les cheveux. Pendant son incarcération, ils avaient bien poussé. Lui qui avait l'habitude de les voir s'arrêter à la naissance du cou, ses cheveux étaient désormais arrivé jusqu'à ses omoplates. Beaucoup trop long! Il les coupa avec attention. Il se retrouvait. Le prisonnier disparaissait et l'élève était de retour. Dernière étape: il se rasa. Sa barbe avait poussée elle aussi. Il enleva le moindre poil. Enfin, il était propre. Les seules traces de son séjour en prison se trouvait sur son corps. Il était encore amaigri et ses muscles n'étaient plus les mêmes. Caché sous des vêtements, personne ne se rendrait compte qu'il avait passé 6 mois en prison.

Après sa toilette, il passa par les cuisines pour manger un peu. Calmer enfin la faim qui lui tenaillant les entrailles depuis trop de temps. Il mangea avec appétit et il prit la direction de son dortoir pour attraper son arc. Son arc qui n'avait pas bougé pendant les 6 mois de sa vie en cellule. Il prit également son carquois. Rien n'avait bougé. Il avait l'impression qu'il les avait posé seulement la veille. Pourtant, ça faisait bel et bien 6 mois que ses armes de prédilection n'avaient pas été déplacés. Le jeune marchombre avait envie de regoûter au plaisir d'utiliser son arc. Il sortit du dortoir dans le plus grand silence. C'était le grand moment désormais. Dans quelques minutes à peine, il serait dehors. Quelques pas. Quelques pas et il sentirait le vent sur sa joue. Quelques pas et le soleil chaufferait son visage. Il se dépêcha, accélerant l'allure. Et il posa enfin le pied sur le sol de la cour. Magique! Ce mot correspondait à ce qu'il ressentait. Il s'arrêta et il ferma les yeux. Il goûtait à ce plaisir sans contraintes. Non, finalement magique ne convenait pas. Il n'avait pas assez d'impact pour qualifier ce qu'il vivait. C'était encore plus grand que ça. Il resta quelques temps sans bouger. Savourant ce doux moment. Il se décida enfin à bouger et il prit la direction du clos d'exercice.

Arrivé à sa destination, il installa une cible et il s'en éloigna. C'était une courte distance. Une rigolade pour lui. Il arma son arc. Il se concentra et il lâcha la corde. Le trait fila dans l'air et il se planta dans la cible. En plein centre. Bien. Il n'avait pas tout perdu. Il fit quelques pas en arrière. Il recommença son geste. Une nouvelle fois la flèche arriva dans le centre de la cible, non loin du premier trait. Il recula une nouvelle fois. Son geste se répéta mais cette fois-ci la flèche ne toucha pas la cible en son centre. Elle était plus basse. D'habitude à cette distance, il atteignait toujours le centre. Il recula encore, bien décidé à voir quand sa flèche ne toucherait plus sa cible. Trois flèches plus tard, son trait toucha terre. En temps normal, il atteignait la cible à cette distance. Ainsi donc, il avait perdu avec son séjour dans le cachot. Il allait devoir bosser avec intensité pour rattraper tout ça. Même si ce tir ne donnait aucune raison de se réjouir, le marchombre n'était pas mécontent. Tout cela aurait pu être pire. Sans l'entrainement d'Halina, d'ailleurs, ça aurait été pire. Pour voir si la nature n'avait pas influé dans son tir, il tira une nouvelle fois. La flèche s'écrasa par terre comme avant. Non, ce n'était pas le vent qui avait joué, c'était bien lui qui n'était plus assez fort pour attendre la cible à cette distance. Au moment de rabaisser son bras, il entendit du bruit derrière lui. Il se retourna dans la direction du bruit.


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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Lun 6 Déc 2010 - 18:47

Gwell était éreintée par les évènements qui s’étaient déroulés la nuit passée au sein de l’académie. C’était pourquoi elle était allée se reposer dès son retour, peu après la fin de la bataille. Bataille qui, elle l’avait appris un peu tard, opposait les élèves et leurs professeurs aux forces obscures du chaos. Bataille qui s’était soldée par un échec pour les mercenaires du chaos, et donc, une victoire des académiciens. Ce qui étonnait par ailleurs la jeune dessinatrice au plus haut point car, du peu qu’elle en avait vu, l’affrontement lui semblait perdu d’avance.

Épuisée comme elle l’était, la jeune lotra avait pensé s’endormir avant même de poser la tête sur son oreiller. Mais, contre toute attente, la peur qui la tiraillait empêchait ses paupières de se clore, et le sommeil de reposer son esprit et son corps à bout de forces.

Elle avait peur, oui, c’était le mot, bien qu’elle se refusait à l’admettre, c’était bien la peur qui la tenait loin du repos bienfaisant auquel elle aspirait tant... la peur de la mercenaire du chaos. Celle-là même sur laquelle elle était tombée quelques heures plus tôt, bien qu’elle aie du mal à se figurer que seules quelques petites heures s’étaient écoulée depuis l’accident en question.

Ce fut donc la peur et l’anxiété qui la gardèrent éveillée alors que l’académie peinait encore à se remettre de cette nuit cauchemardesque... Longtemps, elle observa les étoiles, tout en songeant aux ravages que l’affrontement avait occasionné, que ce soit dans un camp ou dans l’autre. Tant de morts prématurées... Tant de vies sacrifiées... C’était vraiment terrible.

Puis, aux premières lueurs du jour, alors que l’astre sanguinolent, maitre du jour et modèle de la nuit passée, peinait à éclairer des ses pâles et timides rayons, les restes d’une nuit dantesque, la dessinatrice se leva et, toujours les yeux fixés sur le ciel dégoulinant de sang qui précédait une journée qui aurait pu être normale, se prépara. Elle ne pouvait vraiment plus supporter l’atmosphère figée qui régnait dans l’immense édifice de pierre toujours imbibé d’un liquide rouge, que l’on aurait pu prendre pour du sang si il n’avait pas été en dehors de son réservoir naturel...
Elle s’extirpa de son dortoir dans le plus grand silence possible afin de ne pas réveiller les autres élèves, dans le cas où ils auraient réussi à trouver le sommeil, et dévala les marches quatre à quatre sans pour autant -aussi étonnant que cela ne puisse paraitre- se casser la figure. Ses progrès étaient visibles, mais plutôt que de les attribuer à une quelconque réussite, elle préféra les offrir à la chance.

Envieuse non pas d’oublier -c’aurait été impensable et inadmissible- mais de reléguer à un second plan ses idées noires et ses peurs, elle se dirigea vers les jardins.
Elle passa devant les écuries et put, à loisir, observer le restes calcinés de la porte massive qui à une autre époque empêchait les intrus de s’introduire dans le vieux bâtiment. Son cœur se serra au souvenir des quelques minutes d’enfer que sa fin avait durées...
Puis elle se détourna, après tout, ce n’était qu’un souvenir de son passé, aussi sombre soit il, et il appartenait donc à une époque révolue, elle ne devait plus s’en soucier, les erreurs du passé sont faites pour ne pas se reproduire dans le futur.
Elle marchait, ruminant ses idées noires, et ça lui faisait du bien. Mais, elle était tellement perdue dans ses pensées qu’elle commit l’irréparable. Ses pieds se prirent dans une racine et elle trébucha, se retrouvant une fois de plus face contre terre.
Elle souffrait, non physiquement, mais plutôt de s’imaginer par terre, lamentable, de se voir si instable, si incompétente à se maintenir elle même debout.
C’était une chute de trop, et même si la jeune fille s’en doutait auparavant, ce fut une preuve de plus qui la conforta dans sa certitude de n’être rien, de ne rien valoir. Gwell n’en pouvait plus, ravalant ses larmes et sa fureur, elle se releva et s’épousseta les coudes.

Elle se retourna et marcha vers un petit clos qu’elle ne connaissait pas, mais qu’elle avait dépassé peu avant. Son intuition lui soufflait qu’elle aurait beaucoup à y faire, et beaucoup à y apprendre. Comme c’était la seule partie d’elle même à laquelle elle se permettait, parfois, d’accorder sa confiance, elle cheminait bravement, se demandant ce qu’un tel édifice pouvait représenter. Peut être une salle de travail ? Peut être une bibliothèque ? Non, elle n’en avait vraiment aucune idée...

La porte étant entrouverte, elle se glissa à l’intérieur. Les yeux encore aveugles de la lumière qui filait en ligne droite dans ses pupilles sensibles, elle se focalisa sur les sons qui l’entouraient, le vent qui soufflait dans les feuilles tendres, les bruits des la nature qui s’éveillait enfin à la nouvelle saison et, plus proches, le chuchotement régulier d’une respiration, le froissement délicat d’une étoffe qui se plisse puis le bruit sec d’une corde tendue puis, brusquement, relâchée.
Le clos d’exercice. Elle en avait entendu parlé, déjà, mais n’y était encore jamais venue. C’était là que sa conscience l’avait guidé, c’était là qu’elle irait.

Ses yeux s’étant enfin accoutumés à l’obscurité relative à la grande salle qui lui faisait face, la jeune fille découvrit celui que ses oreilles lui avaient décrit. Alors qu’elle le détaillait, le jeune homme se retourna et braqua son regard acier sur elle. La jeune fille n’en fut pas gênée, seulement déstabilisée. Comment avait il pu l’entendre arriver d’aussi loin ? Alors qu’elle n’avait pas eu l’impression de faire plus de bruit qu’une souris... Le jeune homme était il marchombre ? Vu son état physique, Gwell se permettait d’en douter. En effet, il semblait plutôt chétif, bien que ses vêtement tentent habillement de le dissimuler, et sa masse musculaire ne paraissait pas à l’apprentie dessinatrice suffisante pour un tel enseignement. Mais quoi alors ? Il n’était certainement pas guerrier, ou alors il le cachait bien... Dessinateur ? Elle avait du mal à se figurer une telle orientation de la part du jeune archer, il lui manquait ce petit quelque chose qui fait des dessinateurs des dessinateurs, une petite étincelle dans le regard...

Ce fut donc on ne peut plus ignorante qu’elle s’adressa au jeune homme aux yeux d’argent.

‘‘Excusez moi, je ne voulais pas vous déranger... je viens seulement m’entraîner. Faut il une autorisation pour utiliser le clos ? Doit on être accompagné ?’’

La jeune fille fut heureuse de ne pas voir son interlocuteur éclater de rire à l’idée la voir s’entraîner, après tout, cette idée devait paraître saugrenue, au vu de ses capacité plus que réduites... mais il ne rit pas, ou du moins, se contint discrètement.
Ce fut avec patience qu'elle attendit la réponse du jeune homme, réponse qui scellerait sa décision d'entrainement.



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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Lun 6 Déc 2010 - 19:39


Halina s’extirpa de son lit dans le dortoir. Contre toutes attentes, la jeune guerrière avait mal dormi : le matelas lui avait semblé trop confortable voir, trop mou ; la couverture était trop épaisse et elle avait eu trop chaud ; le dortoir résonnait de bruits par tous ces gens qui respiraient fort ou ronflaient. Avant, elle n’avait aucun problème avec ça vu qu’elle aussi, elle avait tendance à respirer assez fort mais cette nuit-là, ça lui était insupportable. Elle récupéra sa serviette de bain, son pain de savon et des vêtements propres. Le moment tant attendu allait enfin arriver. Se débarrasser de la couche de crasse et de sans qui la recouvrait. Se débarrasser de cette odeur de renfermer qui la suivait partout auquel elle s’était habituée. Elle quitta le dortoir et, après quelques couloirs, entra dans la salle d’eau. Elle se glissa dans une cabine de douche et savoura l’eau chaude qui ruissela sur son corps. Elle se lava trois fois de suite avant de s’estimer satisfaite et de se rattacher les cheveux. Pour les détacher à nouveau en se souvenant du bassin d’eau chaude à l’extrémité de la salle. Elle était seule, autant en profiter. Elle y entra avec délices, elle trouva des sels de bain aromatisés et les mit dans l’eau. Elle se sentait revivre. Elle avait appris qu’elle avait passé environ deux mois dans cet enfer. Soit, six mois pour Kirfdéin : deux saisons entières. Elle espérait qu’il avait réussi à se reposer, de toutes façons, il ne devait pas avoir beaucoup dormi, pressé de sortir, de revoir du monde et de retrouver son arc adoré. Avait-elle pensé à elle ?


Elle passa presqu’une heure dans le bassin et se trouva tellement bien qu’elle faillit s’endormir avant de réaliser qu’elle avait faim. Elle avait grignoté avant d’aller se coucher. La nouvelle tant espérée lui avait été apprise dans le bureau de Duncan. Les mercenaires avaient vaincu et nombre d’entre eux avaient fui. Elle n’avait pas osé se rendre sur le champ de bataille de peur de voir de livides visages connus. Elle avait peur de tomber face à face avec le corps sans vie d’une amie ou d’un camarade de chambre ou de cours. Elle sortit du bain, complètement réveillée et propre. Elle galéra un certain avant que ses cheveux soit entièrement secs et plus ou moins comme elle voulait qu’ils soient. Un tour chez le coiffeur serait plus que nécessaire. Elle se rhabilla avec des vêtements propres. Les loques qui lui servaient d’habits finirent dans une poubelle alors qu’elle retournait vers sa chambre. Elle récupéra une brosse qui traînait dans ses affaires et eut beaucoup de mal à les coiffer. Ils étaient vraiment trop longs et avaient eut le temps de bien s’emmêler. Quand elle fut satisfaite - ou plutôt qu’elle en eut marre – elle alla dans la Grande Salle ou chacun prenait son petit déjeuner. Elle avait faim et dévora plus de tartines que jamais. Halina écouta distraitement les conversations de ses voisins, tous semblaient heureux de la libération et s’étonnaient de ne pas avoir compris plus tôt qui les contrôlait. Certains, avec quelques bandages, se vantaient d’avoir tué des ennemis ou d’avoir sauver tel ou tel professeur. La brune ne participa pas, même lorsqu’une des filles l’interrogea. Elle ne répondit que par des phrases courtes, trop concentrée sur son déjeuner. Cette fille avait-elle réalisé qu’elle avait été absente quelques mois ? Peut-être pas.


Après avoir fini, elle les salua et retourna dans le dortoir d’où elle chercha ses couteaux de lancer de rechange. Ils étaient de moins bonne qualité et moins bien équilibrés donc. Il faudrait qu’elle en rachète d’autre ou qu’elle demande l’autorisation d’en prendre dans l’armurie. La jeune femme descendit vers l’extérieur pour sentir le vent dans ses cheveux. Elle espérait voir le Lotra, elle savait qu’il aurait la même envie qu’elle et qu’il aimait énormément son arc. Si elle devait le trouver, ce serait perché dans un arbre du parc pour avoir une vue de paysage d’ensemble ou au clos d’exercice. Elle s’arrêta sur le seuil de la porte et ferma ses yeux. Le soleil lui caressa la peau et le vent son visage. Un océan d’odeur l’envahit, de l’herbe à fleurs en passant par le fer. Cette dernière odeur était assaillante, porté par le vent. Elle résista à l’envie d’aller voir et resta sur place jusqu’à ce qu’un élève la pousse. Elle choisit le clos, souhaitant en même temps tester son propre lancer. Elle eut du mal à le reconnaître de dos, concentré sur sa cible et sa flèche. Il avait des cheveux blancs en fait. Ca lui allait mieux que le gris - blond. Elle l’observa de loin et vit qu’il avait raté sa cible. Il eut l’air déçu mais réessaya une nouvelle fois. Rata. Allait-elle avoir perdu ses capacités de lancer ? Il y avait une autre personne dans la salle. Une blonde. La trompait-t-il déjà? Elle sourit à sa propre bétise et entra. Il l'entendit arriver et elle s'approcha de lui et parla doucement pour ne pas déconcentrer l'autre fille.


-En vérité, tu as les cheveux blancs et… cette mèche étrange noire. Je n’avais pas vu ça. C’est original.


Il avait l’air si différent, si joyeux, si simple et elle le sentait plus ouvert. Il était lui aussi enfin tout beau tout propre. Ils avaient survécu à leur enfermement, il avait supporté la torture pour revoir l’extérieur. Elle avait l’impression que cette béatitude qui l’envahissait durerait éternellement. Elle avait envie de le serrer dans ses bras et le fit. Il sentait bon. Elle savoura cet instant puis ils se séparèrent et elle se plaça face la cible à la distance la plus proche, désireuse de savoir. Halina prit sa dague à sa ceinture et le lança. Au centre. Elle le récupéra et se recula : au centre. C’est au bout du cinquième lancer qu’elle rata sa cible. Il se planta dans le sol. Et merde ! Elle avait vraiment perdu de ses capacités. C’était rageant. Tant de choses à rattraper, à réapprendre, ce n’était pas pour demain qu’elle pourrait se défendre et défendre ses amis sans risquer se faire emprisonner. Elle se reconcentra et réessaya. Le couteau se planta dans la cible mais juste au bord. Elle eut une petite mou dépitée en direction de la blonde et de Kirfdéin qui l'avaient observée.


-Mouais, il y a du travail.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Dim 12 Déc 2010 - 22:21

C'était une jeune fille qui était venu dans le clos d'exercices. Une jeune blonde. Une personne qu'il ne connaissait pas. Il allait devoir s'habituer aux nouveaux visages. Lui, il avait mis sa vie entre parenthèses pendant plusieurs mois. L'académie, elle, avait continué à vivre. Même si le Chaos la dominait. De nouveaux élèves étaient arrivés. Des nouveaux élèves que Kirfdéin ne connaissait pas. Il allait devoir apprendre à les connaître pour rattraper son retard et se faire de nouvelles connaissances. Cette jeune fille ne devait pas être dans l'académie depuis bien longtemps, vu la question qu'elle avait posé sur le clos d'exercices.

- Non, il n'y a pas besoin d'autorisation ou d'accompagnateur. Tant qu'on ne se gêne pas mutuelllement, tout le monde a le droit de venir s'entraîner ici.

Kirfdéin n'eut même pas le temps d'encocher une nouvelle flèche qu'Halina arriva. La douce Halina. Le soleil l'illuminait. Elle était encore plus belle que dans le cachot. Le jeune marchombre avait vraiment de la chance qu'elle ait été emprisonnée. Ce n'est pas sérieux de se réjouir de ce malheur qui était tombé sur Halina mais sans cet enfermement, ils ne se seraient jamais rencontré. Le jeune guerrière lui parla doucement dans l'oreille, lui parlant de ses cheveux. Ainsi elle n'avait pas vu la véritable teinte de sa chevelure? Etrange, mais explicable par le manque de lumière qu'ils avaient eu. Pour les mèches, c'était plus normal. Les cheveux bruns étaient sur le dos de sa tête, il ne s'était jamais montré de dos à la lumière de la bougie. Halina n'aurait jamais pu les voir.

Halina se mit alors s'entrainer, lançant son couteau sur la cible que Kirfdéin venait d'utiliser. Le jeune marchombre s'asseya sur l'une des barrières du clos d'exercices. Il observa l'entrainement d'Halina. Tout comme pour le marchombre avec sa flèche, le couteau se planta au bout de quelques lancers dans la terre du clos. Elle était comme lui. Son séjour dans la cellule ne l'avait pas aidé au niveau de l'entrainement.

- On est tous les deux au même point, dit Kirfdéin en se levant. On va avoir du boulot pour rattraper notre retard.

Oui, beaucoup de boulot les attendait. Si tirer à l'arc était compliqué, escalader serait autre chose. Pour tirer à l'arc, il fallait de la précision, pas forcément de la force. La force, c'était sur la distance. Voilà pourquoi il n'arrivait pas atteindre le centre au fur et à mesure qu'il reculait. Pour escalader, c'était de la force qu'il fallait. Il devrait tout réapprendre depuis le début. Commencer par les petites collines. Après un tel séjour en prison, c'était un retour en arrière qu'il faisait. Retrouver les bases pour redevenir ce qu'il avait été. Il était venu pour apprendre, pour progresser. Finalement, il avait regresser. Il aurait pu regretter sa venue à l'académie, n'avoir qu'une envie: repartir chez lui, mais ce n'était rien de cela. Il ne regrettait pas sa venue. Perdu dans sa maison auprès de la forêt Barail, il n'aurait jamais rien connu de la vie. Il serait devenu garde forestier comme son père. A l'académie, il avait un avenir de maitre marchombre devant lui. Il allait devoir bosser plus que les autres, ou plus longtemps si elera le voulait bien, mais c'était ainsi qu'il se voyait. Il voulait devenir marchombre désormais et il ferait tout pour l'être.

Il y avait une autre chose qui lui tenait à coeur: apprendre à se défendre. Il en était incapable actuellement. Elera accepterait-elle de lui apprendre à se servir d'armes? Il espérait vivement. Il devait apprendre à se défendre pour ne plus revivre l'horreur de la prison. S'il savait utiliser autre chose que son arc, il deviendrait dangereux au corps à corps. C'est ce qui lui avait manqué dans son précédent combat. Il avait tenté d'affronter un mercenaire avec son couteau..... Un simple couteau face à une longue épée..... Un débutant face à un combattant d'expérience...... Kirfdéin avait fait pâle figure. Il avait été terrassé en un rien de temps. Il fallait en finir avec ça. Il ne voulait plus retourner en prison. Il voulait être capable de se défendre et de défendre les personnes qu'il aimait. Si Elera ne voulait pas l'aider, il trouverait un autre moyen, mais il ferait tout pour atteindre cet autre objectif. Un marchombre se battant avec des dagues, ça ne devait pas être incompatible normalement. Ou alors, il inventerait un nouveau style pour marcher sur la voie de l'Harmonie.

Il se tourna vers la jeune blonde qui était arrivé avant Halina.

- Dis-moi, tu t'appelles comment et quel enseignement as-tu choisit dans cette grande académie?


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Flamme
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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Ven 17 Déc 2010 - 23:05

Le jeune homme avait contre toute attente répondu à la question de la désormais Lupus. Oui, il était autorisé de s’entrainer librement et seul dans le clos. C’était déjà un bon point. Si il s’était avéré que la réponse soit négative, cela aurait coupé court à la tentative d’amélioration physique de la dessinatrice.
Mais en l'occurrence, l’archer avait répondu par l’affirmative, et Gwell ne perdait pas espoir.

Par contre, ce que la demoiselle avait oublié de prendre en compte, c’était que, comme à son habitude, cette résolution avait été instantanée et donc non réfléchie.
En gros elle avait rien prévu.

Et rien, à ce moment là compromettait son entrainement. C’était plutôt mal parti en fait...

Mais bon, de rien on crée tout. Ce fut sur cette maxime de son invention -ou pas, mais comme elle aurait été incapable de citer ses sources, elle préférait se dire qu’elle l’avait inventée- que la jeune fille se mit au travail, débutant ce qu’elle espérait être son échauffement quotidien. Indécise sur ce qu’il fallait faire, elle entreprit de reproduire les mouvements que, petite, elle avait observés depuis la fenêtre de sa chambre et qui lui paraissaient adaptés à l’occasion.
Et qui, en somme ne l’étaient pas. En effet, ce qui, bien accompli, permettait un assouplissement rapide des muscles avait plutôt tendance, dans le cas contraire, à se révéler catastrophique et douloureux. Surtout douloureux en fait.

Ayant senti un étrange craquement (plutôt sinistre, il fallait l’avouer) en provenance de son épaule, la jeune fille stoppa net l’exercice. Elle ressentit d’ailleurs bien vite une douleur sourde, preuve incontestable de la stupidité de son idée, irradier de son l’articulation meurtrie. Ce n’était certainement pas grand chose, juste une simple douleur passagère, mais elle était froissée de ne pas pouvoir continuer à s’entrainer.
Mais quelle idée aussi !? Exécuter comme ça quelque chose qu’elle n’avait jamais testé auparavant... Quelle sottise de sa part !
Mais le mal était fait et le seul moyen d’y remédier était de passer outre la douleur et de traiter la blessure (si on pouvait qualifier ainsi le petit incident) par le mépris.
Elle se remit pour cela à l’ouvrage mais, cette fois ci, à un exercice qu’elle connaissait, qu’elle avait l’habitude de pratiquer. Certes, ce n’était pas l’idéal en terme de développement musculaire, mais à défaut de les améliorer, Gwell n’empirerait pas les choses. Et c’était déjà pas mal ! En plus, la méditation lui permettrait d’apaiser son esprit, à la libérer des contraintes journalières qui était siennes telles les choix de ses lectures et celui de ses activités.

Bref, elle méditait, assise en tailleur dans un coin du clos les yeux fermés, ou plutôt ouverts sur un autre monde, celui de son esprit, quand une autre jeune femme pénétra dans l’enceinte.
Elle méditait encore quand la jeune femme en question s’adressa amoureusement à l’archer.
Et elle méditait toujours quand la nouvelle venue débuta ses tirs.

*Chtang ! Chtang !*

Les unes après les autres, les lames allèrent se planter dans la cible, comme dans une motte de beurre. jusqu’à ce que Gwell ouvre les yeux. Hasard ou coïncidence ? Pour quelqu’un comme la jeune dessinatrice, l’exploit était remarquable, mais la jeune femme ne parut pas s’en contenter. Apparemment, le résultat n’était pas à la hauteur de ses espérances.

Gwell se releva habilement -pour ce qui était de quitter le sol, elle était presque aussi douée que pour le rejoindre- et bougea son épaule meurtrie, désireuse de voir si sa méditation avait eu un effet quelconque sur la douleur. Elle avait beau être lucide, ne dit on pas que l’espoir fait vivre ?
Mais malgré ses vaines espérances, la douleur était toujours présente et le calme de la jeune lupus n’avait servi à rien (du moins pour ce qui était de son épaule).

Que faire alors ? Avec une épaule hors jeu, la jeune fille ne voyait pas quoi faire. Elle aurait très bien pu demander aux deux autres personnes présentes dans la pièce, mais elles paraissaient occupées par leur échange, échange plus qu’amical, qui plus est. La grande blessée n’aurait donc pas osé une seule seconde les interrompre dans leurs petits regards doux pour les interroger sur une telle futilité.
Tant pis, elle réfléchirait par elle même.

Cette décision, elle ne put que se féliciter de l’avoir prises quand, au bout de à peine deux minutes de réflexion, elle trouva une solution à son problème. Problème simple, solution évidente. Ce n’était pourtant pas compliqué !
Et que la solution était simple ! Elle se reprochait de ne pas y avoir songé plus tôt, mais l’essentiel étant tout de même d’avoir trouvé, il ne servait à rien de débattre mentalement sur la disproportion du laps de temps qui avait séparé sa question de sa réponse.

Son plan était, cette fois ci, non pas d’attaquer l’entrainement aussi subitement et intensément, mais d’y aller progressivement et de commencer par les jambes.
Elle se mit donc à l'œuvre avec entrain, observant d’un œil attentif les cercles que son pied décrivait avec pondération. C’était décidé, cette fois, elle se contenterait de peu et ne prendrait pas le risque de se blesser. Pas encore une fois.
Elle était donc en plein exercice, très concentrée sur sa jambe droite qui la soutenait alors que, de son genou gauche, elle tentait de toucher son menton, quand le jeune homme aux cheveux blancs s’adressa à elle.
Elle fut déstabilisée, non pas par l’incongruité de sa question, qui était on ne peut plus banale, mais par le fait qu’il s’adresse à elle, qu’il l’apostrophe ainsi. Elle ne s’y attendait vraiment, mais alors là vraiment pas.
Et sa première réaction fut de... tomber. Et oui, ayant perdu tout équilibre, la jeune fille partit en arrière et se réceptionna avec une grâce apparente sur son postérieur.

Une fois au sol, plutôt que de se lamenter sur son triste sort, elle réfléchit afin de répondre au jeune homme. La question n’était pas très compliquée -en effet, il l’interrogeait juste sur son nom et son enseignement-, mais le désordre ambiant qui régnait dans son crâne ne l’aidait pas à se concentrer sur l’évidence de la réponse.

Elle finit par se rappeler de son nom -encore heureux- et de son orientation -plus dur, mais pas pour autant irréalisable- puis elle s’empressa de lui divulguer ce ‘secret d’état’ à celui qui s’entrainait à l’arc avant de le perdre dans le capharnaüm de son esprit.

‘‘ Je m’appelle Gwell et j’ambitionne de devenir dessinatrice. Et toi ?... enfin et vous ?’’

Il lui semblait naturel de lui retourner sa question et ce fut pour cette raison qu’elle le fit.



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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Sam 18 Déc 2010 - 19:36


Avant son enfermement, elle arrivait à lancer ce foutu couteau dans la cible de plus loin encore. Tant pis. La fatalité et sa lâcheté l’avaient conduite dans une prison froide et terrifiante. Par sa trahison, elle avait échappé à la torture physique. Cependant, la facette morale de cette histoire la hanterait encore longtemps. Elle n’arrivait pas à déterminer se vengeait sur Kirfdéin parce qu’elle n’avait pas pu la faire souffrir elle ou si elle lui faisait passer un message de mise en garde ou alors elle avait seulement besoin de se défouler sur quelqu’un. Il faudrait qu’elle revoit cette Mentaï. Elle se doutait que son intelligence lui avait permis de fuir. Et après c’était elle la lâche… Ou peut-être était-elle morte, quelque part sur le champs de bataille. Elle se sentait idiote mais elle aurait aimé connaître l’histoire de cette femme qui disait lui ressembler. Elle ne finirait pas comme elle. Halina se demandait si un jour elle serait capable de battre cette ennemie seule et sans flancher. On peut toujours rêver. D’autant plus qu’elle avait du retard à rattraper. Elle travaillerait tous les soirs comme elle le faisait avant un examen. Elle deviendrai forte pour pouvoir tous les protéger et puis, à ce moment-là, elle se vengerait. Elle vengerait Kirfdéin et tous les autres otages qui avaient souffert là-bas. Heureusement qu’ils s’étaient maintenus en forme sinon, dans quel état seraient-ils ? Quelle quantité de travail auraient-ils eu à rattraper ?


Le jeune homme interrogea la jeune blonde avec naturel ? Il était ouvert et amical, même envers les inconnues. En réalité, seul le petit –e- à la fin du mot l’agaçait un peu. Néanmoins, elle ne dit rien. Ce n’était pas le moment de faire des crises de jalousie pour rien. Sa question eut pour effet de déséquilibrer la fille et de la faire tomber de surprise. Il fallait préciser que sa position pour s’exercer était étrange. Halina l’aida à se relever avec un sourire. Quand on a pas - ou peu - d’équilibre, il fallait mieux éviter es figures acrobatiques. Elle lui demanda, un peu inquiète :


-Ca va ? Tu t’es pas fait mal ?


La blonde paraissait un peu sonnée et sembla, pendant quelques secondes, ne pas tenir sur ses jambes. Elle était maladroite dis donc. C’était rare une dessinatrice dans le clos. En fait, ça expliquait la position étrange et son manque d’équilibre. Ca devait être un truc pour le Dessin ou la méditation peut-être.


-Je m’appelle Halina et je suis guerrière. Enfin, novice quoi.


Elle eut un petit sourire et joua avec sa mèche de cheveux en réfléchissant. La jeune femme portait une bague vert émeraude, ça devait donc être une Lupus. Elle semblait bien instable pour tomber toute seule mais intelligente. Et polie, elle avait inclus la jeune brune dans la conversation sans rechigner. Elle ne baragouinait pas une réponse évasive comme le font certains Corbacs ou Félixias. Elle observa sa propre bague : rouge rubis, rouge sang, rouge passion. Elle aimait bien cette couleur intense. Le bleu de la bague de Kirfdéin était… Mais, où était–elle passée ? Il lui avait dit être Lotra et elle avait sa bague le veille. C’était une question existentielle. Et puis, pourquoi donc était-elle rouge ?


-Kirf’, comment ça se fait que tu n’as plus ta bague Lotra ?


Le fait qu’il soit à Felixia ouvrait un vaste éventail de possibles qui l’attirait beaucoup. Ils étaient dans la même maison. Et libres. Et amoureux. Celui qui l’avait changé de Maison savait-il le bonheur qu’il lui procurait ? La guerrière rigola intérieurement, elle était vraiment accro à lui. Halina s’assit sur une des rambardes du clos et sortit une première dague avec une pierre à aiguiser. Elle s’attela à la tache fastidieuse tout en attendant la réponse du blond ou une remarque de la blonde. Aiguiser ses couteaux était un travail quotidien indispensable et même en voyage, elle ne manquait jamais son devoir. Ses dagues lui avaient sauvé plusieurs fois la vie. Elle avait appris par le forgeron qui les lui avaient vendues que certains de ses clients avaient été tués ou blessés parce que leur dague n’avait pu les défendre. Et comme elle retenait toujours ses leçons, celle-ci était bien rentrée.

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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Jeu 23 Déc 2010 - 22:14

La jeune blonde était tombée. Kirfdéin lui avait fait peur. Elle ne s'attendait certainement pas à être interrogée. Après tout, elle avait certainement remarqué qu'Halina et le marchombre se connaissait. Elle s'était donc imaginé que personne ne ferait plus attention à elle. Mais Kirfdéin n'était pas ainsi. En temps normal, il ne délaissait personne. Maintenant qu'il avait subit l'oubli pendant si longtemps, c'était encore plus poussé. Il avait envie de connaître tout le monde et de parler à tout le monde. Bon, il était pas totalement fautif de la chute de la jeune fille. Elle s'était mis dans une telle position que même sans distraction, l'élève serait sûrement tombé quand même. Non, mais franchement, c'était idiot de faire de telles choses! Elle était marchombre ou quoi?

Halina s'était précipité pour l'aider à se relever. Elle s'inquiéta de son état. La jeune blonde leur avoua qu'elle s'appelait Gwell et qu'elle était dessinatrice. Une dessinatrice? Une dessinatrice qui faisait ces mouvements bizarres? Les dessinateurs, c'était pas censé utiliser leur Don? Et normalement le Don, c'était intérieur, alors pourquoi elle s'embêtait à faire des exercices compliqués que même un marchombre aurait du mal à faire. Franchement, elle était bizarre cette élève-là. Mais bon, elle était peut-être sympathique. Il y avait des gens bizarres qui étaient très très sympa.

-Kirf’, comment ça se fait que tu n’as plus ta bague Lotra ?

Le marchombre leva la main qui possédait la bague de son académie. Le rubis brillait à son index. Il venait à peine de changer de maisons. Lotra n'existait plus.

- Le dortoir Lotra a été détruit pendant la bataille. Il était impossible d'y dormir. Tous les Lotras ont été répartis dans les autres maisons. Moi, on m'a mit chez Felixia. J'ai même pas eu le temps de visiter mon nouveau dortoir. On m'a juste donné un lit et c'est tout. La visite, je verais plus tard. Tu pourrais peut être me servir de guide d'ailleurs.

Il se rappelait qu'elle lui avait dit qu'elle était Felixia. Ainsi donc, le destin jouait maintenant en leur faveur après leur avoir fait endurer les pires tourments. Tant mieux. Après tout, maintenant son avenir s'annonçait sûrement meilleur. Il avait supporter l'enfer mais il devait se relever désormais. Il en sortirait grandit de cette épreuve. Comme on dit, ce qui tue pas nous rends plus fort.

Kirfdéin ramassa son arc qu'il avait déposé à côté de lui. Il remarqua alors que la corde commençait à s'éfilocher. Elle allait bientôt céder s'il ne faisait rien. Pfff, c'était même tout l'arc qu'il fallait changer. L'arme n'était plus tout jeune. C'était son père qui lui avait taillé la branche dans laquelle l'arc avait été fabriqué. Kirfdéin était très jeune à l'époque. Il apprenait tout juste à chasser avec l'arc de son père. Le père du marchombre avait construit l'arc le jour où Kirfdéin avait atteint le centre de la cible à plusieurs reprises. Le jeune homme avait été extrêmement fier de sa nouvelle arme et elle n'avait plus quitté. Non en fait, c'était faux. Il prenait souvent son arc mais il ne le suivait pas partout. Il y avait des moments où il restait éloigné de son arme favorite pendant un temps. Là, par exemple, ça faisait 6 mois qu'il l'avait pas eu en main. D'ailleurs, c'était bien mieux qu'il ne l'avait pas en sa possession au moment de sa capture, sinon il aurait été brisé par les mercenaires. Il y tenait à son arc. Son unique souvenir venant de son père. Il était certes temps de le changer mais il ne briserait pas ou ne le jeterait pas. Il le garderait en souvenir, comme une relique des souvenirs passés avec son père. Il n'avait pas assez d'argent pour s'en acheter un nouveau, il allait devoir le tailler dans une branche, comme son père l'avait fait. Il allait devoir se rappeler les gestes que son père avait fait. Ca ne devait pas être plus dur que de se tailler des flèches après tout. Autant le faire dès maintenant. Il prendrait tout le temps qu'il faudrait mais il se ferait un superbe arc, qui remplacerait son ancien le temps d'avoir les moments de s'en acheter un.

- Je m'excuse, je vais chercher de quoi me tailler un nouvel arc.

Il s'eclipsa sans attendre que les deux demoiselles approuvent son projet. Il prit rapidement la direction de la forêt, où il n'eut aucun mal à trouver une branche de belle taille. Il l'arracha et il revint au clos d'exercices. Il s'installa relativement confortablement et il sortit un couteau de son manteau. Il commença à tailler sa branche.

- Dis-moi... Gwell, c'est ça? Tu es à l'académie depuis longtemps? Tu étais au courant que les mercenaires étaient présents?


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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Dim 2 Jan 2011 - 20:33

Gwell avait dégringolé sans douceur de son perchoir -qui en l'occurrence se trouvait être sa jambe- et s’était reçu tant bien que mal sur le sol pavé du clos. La jeune brune, celle qui s’entrainait peu avant à lancer des couteaux, avait immédiatement volé à son secours en entendant le bruit sourd de sa chute. Les dégâts n’étaient pas très importants, mais l’autre jeune fille avait tenu à l’aider à se relever de cette chute et à s’assurer de son état. Sur ce point, Gwell s’était empressée de la rassurer.
Puis, tout en la maintenant debout et en attendant qu’elle ait retrouvé un semblant d’équilibre, elle s’était présentée. Elle était donc combattante, ou plutôt apprentie combattante comme elle avait tenu à le préciser. Ça n’avait rien d’étonnant, mais ce fut tout de même une découverte pour l’apprentie dessinatrice. En tant normal, peut être n’en aurait elle pas été surprise, mais elle restait sonnée par sa chute.

Bref, alors qu’elle épiloguait intérieurement sur l’apparence guerrière ou non de la jeune femme, celle ci s’adressa à son acolyte. Une question tout à fait normale qui aurait très bien pu désintéresser la dessinatrice inexpérimentée qu’elle était, mais qui au contraire, l’interpela. Alors comme ça il avait été Lotra ?

Tout comme elle... Sa chevalière de saphir lui manquait, son bleu doux et lumineux était irremplaçable, elle le savait, et en changer pour une émeraude lui avait été douloureux. Elle s’était alors rendu compte de combien elle aimait sa maison et sa pierre, si douces, si calmes, si reposantes. Elle ne se plaignait pas de sa nouvelle répartition, non, au contraire, ç’avait été une bonne chose, mais son dortoir, ses amis lui manquaient. Heureusement, il y avait Ereine à Lupus. Gwell lui devait beaucoup, elle avait été d’une grande aide, fraiche et spontanée, elle l’avait sauvée du la solitude dans laquelle elle plongeait la tête baissée en se morfondant de la sorte sur l’injustice qui l’avait éloignée de son ancienne maison.

Alors que Gwell ressassait sa nouvelle vie, son cerveau dérapa sur un détail, il était lotra ? C’était pour le moins étrange qu’elle ne l’ait pas croisé au détour d’un couloir... les lotra n’étaient pas très nombreux et il possédait de plus un de ces visage qu’on oublie pas facilement, un teint blafard, des joues creuses et surtout, détail immanquable, des cheveux tellement clairs qu’il en paraissaient blancs, ornés de mèches plus foncées qui se détachaient étrangement de cette pâleur. Non, elle ne l’avait vraiment jamais vu. Ce visage lui était inconnu.

Alors qu’il expliquait à son amie les raisons de la disparition de cette bague, raisons que Gwell connaissait trop bien, les yeux de la demoiselle dérivèrent distraitement sur la nouvelle chevalière de Kirfdéin. Le bleu azur s’était changé en rouge rubis. Ainsi, comme le plupart des lotra, il n’avait pas été réparti à Lupus, mais à Felixia. Sa compagne -puisque la jeune femme paraissait correspondre à ce profil- en portait, elle aussi, une. Deux felixias. Malgré leur prétendu caractère irascible, ils paraissaient tous deux calmes et pondérés. Ce qui était déjà une bonne chose. Tant qu’à s’entrainer avec d’autres personnes autant que celles ci soient agréables et non belliqueuses.
Coupant court aux explications, le jeune homme prétendit aller chercher du bois pour se tailler un arc et sortit. La jeune femme, quand à elle, malgré son apparente joie à l’idée de l’accompagner, se contenta de le suivre des yeux et demeura dans le clos, poursuivant l’affutage de ses lames.

Gwell remarqua qu’elle possédait une certaine habilité et une dextérité toute aussi évidente qui lui permettaient d’être rapide et efficace dans son travail. Elle la regardait faire en silence, observant, s'imprégnant de chacun de ses gestes.
Bientôt, le jeune homme fut de retour, une épaisse branche sur l’épaule. Toujours dans le plus grand des silences, il alla s’installer auprès de sa compagne, tout en lui coulant un regard amoureux.
Gwell les trouvait vraiment adorables, ces deux là, et songea un instant à se remettre à l’exercice et à les laisser entre eux. Mais, alors qu’elle commençait à anticiper le mouvement de sa propre main en direction de sa cheville, le tireur l’appela une seconde fois, lui demandant, cette fois ci, si elle était à l’académie depuis longtemps et si elle avait eu conscience du joug chaotique.
Elle réfléchit un instant -encore un, décidément, sa vie était faite d’instants-, se demandant si elle avait réellement su que le chaos était à la tête de la grande bâtisse.

‘’Ça fait peu de temps que je suis là, depuis une semaine ou deux avant la bataille, et, pour être franche, non, je ne me suis aperçue de rien vis à vis de cette occupation...’’

Elle s’était bel et bien fait berner, comme tous les autres ! Cela la chagrinait un peu bien sûr, mais elle restait lucide, même si il avait pu lui arriver de voir des règlements de comptes dans l’enceinte de l’établissement, elle n’avait jamais fait le lien -ni même songé à le faire- avec l’importante croissance du nombre de mercenaires qui peuplait Gwendalavir.
N’en oubliant toujours pas la politesse, la jeune demoiselle retourna la question au couple. Cependant, leurs réponses successives l’étonnèrent. Alors comme ça ils étaient ici depuis longtemps ? Pourtant, comme elle sen était fait la remarque plus tôt, elle n’avait jamais croisé ni l’un ni l’autre. Envieuse de connaître les raisons de cette méconnaissance mutuelle, elle réfléchit un instant à la manière par laquelle aborder le sujet. En effet, un tel sujet pouvait vite devenir épineux si la question était mal formulée et Gwell ne souhaitait surtout pas froisser les deux autres jeunes gens.

‘’Vous êtes ici depuis plus longtemps que moi, pourtant nous ne nous sommes jamais croisé, c’est étrange...’’

Elle laissa sa phrase en suspend, espérant que l’un d’eux, voire les deux, lui explique, rassasie sa curiosité, et elle s’assit par terre. Après tout, tant qu’à attendre, autant attendre assise, ce serait moins dangereux et surtout plus confortable. Assise en tailleur, une main sur la tempe, elle fit mine de réfléchir intensément à cette question qu’elle avait posée et qui n’en était pas réellement une.



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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Jeu 6 Jan 2011 - 20:57


Halina affûtait patiemment ses lames et elles en avaient bien besoin. Elle écouta la réponse de Kirfdéin et se dit de nouveau que c’était une bonne chose, ça les rapprocherait sûrement. Elle allait lui présenter ses amis, ceux avec qui elle passait avant son enfermement ses soirées et temps libres. C’est par eux qu’elles avait compris pourquoi les Félixias avaient la réputation de se mettre vite en colère. Mais leur susceptibilité pouvait être remplacée par une franche amitié. Par contre, si le moindre problème ou discorde survenait, ça partait très vite. Il ne fallait pas contrarier un Félin ou ne pas avoir peur d’y perdre quelques plumes. Elle se sentait plus calmes que certains autres, sans les citer Dyane ou Sylver par exemple, mais il ne fallait pas venir la chercher non plus… En y réfléchissant, elle trouvait que réunir tous les irascibles dans une même maison était assez dangereux, la plus petite goutte faisait démarrer au quart de tour plus d’un. Mais, lorsque tout allait bien, ils étaient de bons compagnons, ils avaient le rire facile et toujours plein de choses à raconter. La salle commune résonnait en soirée du bruits des conversations ou des jeux des élèves et c’était très rassurant comme atmosphère après une dure journée. Elle espérait de tout cœur que la bataille n’avait pas fait trop de victime et qu’elle ne ferait pas perdre tout ça.


Alors qu’elle se posait des questions, le jeune homme partit chercher du bois pour se tailler un nouvel arc. Elle l’aurait bien accompagné mais on lui avait appris la politesse c’est-à-dire attendre qu’on t’invite et ne pas laisser une personne seule en pleine conversation. Elle resta concentrée sur ces lames. Il paraissait que ce créer un arc nécessitait un processus personnel et que souvent les archers s’éloignaient pour trouver LA branche parfaite. Il revint plus vite qu’elle aurait pu le penser et cela ne la dérangeait pas le moins du monde. Chacuns d’eux travaillaient en silence : Kirfdéin à son arc, la Lupus à son entraînement et Halina à son affûtage. L’apprenti marchombre rompit ce silence et demanda à la jeune blonde si elle savait pour l’occupation. La guerrière savait que peu d’élèves avaient connaissance du joug et Gwell confirma son hypothèse. Nombre avaient été embrigadés et content du calme régnant à l’Académie. Elle-même faisait partie du lot avant de comprendre avec Ichel ce qui se trâmait. Après cette prise de conscience, elle avait rejoint la Résistance et plus tard, s’était faite capturée pendant une mission.


Elle ressassait ses erreurs lorsque la blonde s’assit après leur avoir poliment demandé pourquoi elle ne les reconnaissait pas. C’était étrange en effet, normalement, les élèves se connaissant de vue au moins à force de se croiser dans les couloirs ou suivant les même cours. Elle échangea un regard avec son ami avant de s’arrêter d’affûter se lames et de se mettre à réfléchir. Comment pouvait-elle lui expliquer leur situation, ce long enfermement et la torture physique ou morale ? Elle chercha ses mots pendant un instant et raconta, du moin en partie :


-C’est normal, Kirfdéin et moi-même faisons partie des prisonniers libérés pendant la bataille. Ou a été capturés avant que tu n’arrives à l’Académie, et lui avant moi…


Elle laissa planer ses mots, si elle désirait plus d’explications, elle pourrait leur demander. Peut-être même que Kirfdéin lui en raconterait plus. Pour sa part, elle aurait l’impression de se plaindre et détestait cette idée. De plus, c’était encore trop frais dans sa tête pour qu’elle se livre d’elle-même. Elle raconterait son histoire si Gwell le voulait, ce qui semblait probable si la jeune femme était aussi curieuse qu’elle le paraissait. Elle observa tranquillement ses dagues et corrigea avec sa pierre à affûter les quelques coups sur la lame. Elle n’aimait pas trop faire autre chose dans une discussion mais il fallait qu’elle s’occupe les mains d’une façon ou d’une autre. Elle se demanda comment gagner de l’argent pour s’acheter de nouveaux couteaux. Il lui faudrait un petit boulot : dans une taverne ça prenait trop de temps et elle en avait marre des soudards et de leurs haleines chargées ; sur le marchée pour décharger c’était pas mal en plus ça musclait et les marchands étaient contents ; il y avait aussi dans les boutiques de la ville. Elle trouverait bien et continua d’y penser tout en attendant une réaction d’un côté ou de l’autre.





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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Dim 9 Jan 2011 - 22:28

La jeune blonde s'était fait avoir par les mercenaires. Elle n'avait rien vu. Cette réponse plongea Kirfdéin dans une profonde mélancolie. Il se revoyait dans sa cellule. Il se revoyait en train d'espérer qu'on vienne le chercher. Il se rappelait encore les moments où il imaginait les élèves de l'académie en train de le chercher. Mais il se rendait compte maintenant à quel point il se trompait. Les mercenaires avaient habilement trompé tout le monde. Sa disparition avait paru logique. Tout le monde croyait qu'il était inutile de le chercher. Personne n'avait donc commencé les recherches. Les seuls qui savaient été muselés. Tout ceux qui avaient des amis en prison étaient coincés. S'ils agissaient, le prisonnier serait torturé, défiguré ou pire, tué. Kirfdéin comprenait maintenant pourquoi il avait attendu si longtemps dans sa prison. Les mercenaires du Chaos avaient bien joué leur jeu. Heureusement qu'un groupe de résistance s'était formé, sinon il serait encore dans sa prison à se morfondre. A se morfondre seul surtout. Car sans le groupe, les quatre élèves ne seraient pas venu dans les cachots. Si les élèves ne seraient pas venu, Halina n'aurait pas été capturé. Sans Halina, il serait resté bien seul. Il aurait peut-être finit par mourir de chagrin ou alors il aurait trouvé le moyen de se suicider. Mais heureusement, ça ne s'était pas déroulé ainsi. Le destin avait joué en sa faveur. Un destin sûrement mené par son père d'ailleurs.

La dénomée Gwell posa la question à laquelle il fallait s'y attendre. C'était obligatoire qu'elle se demande où étaient les deux amoureux. Oh bien sûr, il aurait été possible qu'ils ne se croisent jamais dans cette immense académie mais c'était quasiement impossible. L'édifice était très grand certes, mais pas au point de ne pas croiser un regard pendant 6 longs mois. Non, c'est certain. Si Kirfdéin et Halina n'avait pas été emprisonné, ils auraient sûrement croisé la jeune dessinatrice dans un couloir ou ailleurs dans cette académie. La guerrière expliqua de façon très brève ce qu'ils avaient connu. Trop brève peut-être. Kirfdéin était partagé. Devait-il en dire plus? Ou devait-il en rester là? Il avait envie d'expliquer un peu plus mais il ne voulait pas repenser aux terribles évènements qu'il avait vécu. Ils étaient suffisamment ancré dans sa mémoire pour ça. Les revivre dans son sommeil était douloureux. Les entendre dit de sa propre bouche en plus serait certainement pire. C'était mieux de se taire..... Non, il ne pouvait se taire. Se taire, c'était gardé enfermé ses souvenirs en lui. Il devait en parler. Mais la dessinatrice n'avait pas besoin de connaître tous les détails.

- J'ai passé 6 longs mois dans la même cellule. Pour Halina, c'était 2 mois.

Kirfdéin marqua une pause. Il repensa au bonheur qu'il éprouvait depuis peu.

- Profite bien de ta liberté, c'est quand on en ai privé qu'on se rends compte à quel point elle est précieuse.

Le marchombre s'était seulement rendu compte dans sa prison qu'il aimait être à l'air libre. Il avait passé toute son enfance à l'extérieur. Dans la forêt de Baraïl. Dans les alentours de la cabane familiale. Sur les Plateaux d'Astaruil avec Elera. Il avait toujours été à l'extérieur. Jamais enfermé plus d'une journée. Maintenant qu'il était sortit de sa prison, il se demandait comment il avait fait pour survivre à son enfermement. Six mois dans l'enfer. Seul. Sans lumière. Entouré par le Chaos. Il n'avait jamais renoncé. L'espoir l'avait fait vivre. Et là, il était en train de renaître. Il était mort pendant 6 mois, maintenant, le temps était à la renaissance.

- Mais bon, maintenant, tout ça, c'est finit. On a tout l'avenir devant nous. Et comme on dit, ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort.

Oui, il espérait vraiment être devenu plus fort mais il en doutait beaucoup.

[Edition à volonté]

[C'est super court, désolé]


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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Lun 17 Jan 2011 - 18:20

Gwell était satisfaite, sa curiosité avait été comblée. Car, si Halina était restée plutôt vague dans ses explications, son compagnon avait été franc et direct, lui donnant rapidement une explication claire à leur absence. Ils avaient donc été fait prisonniers par les mercenaires du chaos durant l’occupation.
La jeune fille fit instinctivement le rapport avec la question que Kirfdéin lui avait posée précédemment. Elle comprenait (bien que comprendre ne soit pas le terme le plus approprié à la situation étant donné qu’elle n’avait rien vécu de tout cela) que le jeune homme se soit renseigné à ce sujet car en tant que prisonnier -surtout si il l’avait été six mois- il avait dû longuement attendre la venue d’élèves comme Gwell pour le secourir ou, du moins, lui apporter de quoi subsister.
L’apprentie dessinatrice percuta alors un mur quelque chose. Le jeune homme avait bien précisé que si il avait passé un moi dans les geôles, Halina, elle, n’y était restée que le tiers, c’est à dire 2 mois. Dans un premier temps, Gwell s’interrogea sur la raison de ce décalage. Puis une conclusion s’imposa à son esprit. Ces élèves dont les prisonniers avaient du tant se languir la venue, et bien, ils avaient fini par arriver ! Et Halina en faisait partie ! Elle avait du se rendre compte de la supercherie et décider d’aller porter secours à ces élèves prisonniers, mais les fils du chaos avaient certainement du les intercepter, elle et ses camarades, avant qu’ils ne parviennent à faire quoi que ce soit. Alors, ils avaient certainement du se retrouver mêlés à ce à quoi qu’ils avaient tenté de mettre fin. Oui, ce devait certainement être ça ! En tout cas, c’était la conclusion à laquelle Gwell était arrivée.

Elle se reconnecta à la réalité à laquelle elle s’était soustraite alors que Kirfdéin lui conseillait de profiter au maximum de sa liberté. Il ajouta même que c’était lorsqu’on s’en retrouvait privé qu’on se rendait compte de son importance. Encore une fois, la jeune fille comprenait, elle n’avait jamais subi un enfermement comparable à celui des amoureux, mais, petite, elle avait maintes fois été punie et enfermée dans une pièce qu’elle ne devait quitter. Elle avait toujours très mal vécu ces instants, bien que son ‘’cachot’’ ne se situe à mille lieues de ceux de la guilde du chaos, et que sa pénitence n’ait jamais excédé quelques heures. Non, elle n’avait jamais vraiment subi d’emprisonnement, mais ce qu’elle avait vécu avait suffi à la traumatiser et à lui insuffler un début de claustrophobie. Elle était par conséquent admirative de ce petit couple qui avait manifestement résisté avec brio aux aléas de la vie.

Kirfdéin cita alors une petite maxime que Gwell connaissait fort bien.
‘’Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort’’
La jeune fille n’approuvait pas. Elle avait rarement -pour ne pas dire jamais- frôlé la mort, mais à plusieurs reprises, elle y avait cru, et ce n’était pas foncièrement différent. Généralement, ce n’était en réalité qu’une chute plus impressionnante qu’une autre ou une peur plus intense. Une seule fois, peu de temps auparavant, elle avait vraiment approché la mort, mais, à son grand désespoir, sa force ne s’était pas décuplée pendant la nuit qui avait suivi.
Non, sa puissance musculaire n’avait pas progressé d’un iota, mais, par contre, elle avait gagné en détermination, et ce serait cela qui la ferait progresser. C’était pour cette raison qu’elle se trouvait à cet endroit en cet instant. Elle était déterminée à s’améliorer.

Mais ce ne serait pas en pensant de la sorte qu’elle développerait un quelconque muscle, mis à part, peut-être, son cerveau, et encore, elle se permettait d’en douter. Il lui fallait donc s’entrainer, mais comment ? Elle ne connaissait rien en terme d’exercice physique, et ne possédant aucune arme, elle ignorait comment s’y prendre pour savoir quoi travailler en premier. Car tout était à travailler chez elle, chaque muscle aurait bien eu besoin d’un entrainement particulier, mais, alors que le moindre mouvement lui demandait un effort considérable, tous les travailler en même temps lui semblait irréalisable.

Elle faillit désespérer, mais elle se souvint de la présence des deux autres individus dans le clos. Ils lui seraient d’une grande aide, eux qui semblaient si expérimentés.
S'apercevant que chacun était retourné à sa tache, et que par conséquent, une remarque à cet instant sonnerait dans le vide, elle tenta de se racler la gorge. Tenta. Car malgré ce que l’on pourrait penser, il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir attirer subtilement l’attention. Et en l’occurrence, ce n’était pas le cas de Gwell. Sa discrète apostrophe aux jeunes personnes présentes dans la pièce faisait plutôt penser au bruit d’une personne qui s’étouffe. Les deux amoureux, se retournèrent d’un même mouvement, tant coordonnés dans leurs actions que dans leurs expressions.

Bien que la jeune fille ait atteint son but, elle déplorait l’effet qu’elle avait produit. Elle décida tout de même de prendre parti de cet horrible gargouillis.

‘’Euh... Je suis désolée de vous avoir dérangés, mais... euh... est ce que l’un de vous pourrait m’indiquer que faire pour m’entrainer ?’’

Consciente du fait que tous les regards soient braqués sur elle, elle tenta de sourire afin de montrer qu’elle allait bien, tant physiquement que dans sa tête. Surtout dans sa tête en fait...



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MessageSujet: Re: La renaissance [Inachevé]   Lun 24 Jan 2011 - 20:31

Halina gambergeait fort, elle essayait par tous les moyens possibles et imaginables de remémorer la dernière fois qu’elle était venue dans ces lieux , aussi calme et détendue qu’elle l’était actuellement. Détendue n’était pas le terme qu’elle aurait du utiliser ou alors préciser que cet instant était celui où elle se sentait le mieux depuis des mois. Environ trois. Ou plus. Lorsqu’elle avait découvert ce qui se tramait entre les murs de son Académie, elle était constamment sur ses gardes, angoissée à l’idée que les otages aient finalement été exécutés et paniquée que le ciel puisse lui tomber sur la tête que la résistance ne puisse rien faire. Aujourd’hui, elle se sentait mieux, plus apaisée. Ce qu’elle avait vécu serait toujours en elle pour la hanter mais elle pouvait agir en conséquence. Profiter au mieux de cette liberté retrouvée. Kirfdéin avait raison sur ce point. Elle avait réalisé dans son enfer à quel point elle aimait les grands espaces et les endroits vivants qui regorgent de visages, de rires et de discussions. C’est pourquoi elle ne se sentait pas enfermée dans l’Académie, il y avait toujours quelqu’un à croiser ou une salle de classe bondée. Dans une foule, elle ne s’était jamais sentie oppressée alors que les forêts par exemple, la fascinaient.


La maxime de Kirfdéin lui semblait un peu trop sûre d’elle, il aurait fallu la nuancer un peu. Ce qui ne nous tue pas ne nous rendre pas forcement plus fort. Enfin, il faut faire l’effort de chercher à devenir plus fort. Une épreuve permet d’en sortir soit abattu et déprimé soit encore plus déterminé. Ce n’était pas l’épreuve en elle-même qui nous renforce, c’était l’individu dans une situation donnée qui décide ou non de se battre. Certains ne se remettent jamais d’un enferment ou d’une perte, trouvant la vie bien fade et décident d’arrêter ici les efforts. D’autres se disent que ça ira mieux avec le temps et se laissent vivre. Enfin, il y avait ceux qui ont comprit et qui veulent continuer dans l’épreuve la plus difficile pour l’être humain : la vie. Ce n’était pas donné à tout le monde de traverser les aléas de l’existence avec détermination. Ce sentiment était le plus important d’après Halina pour celui qui veut se remettre de quelque chose qui a failli le tuer. Ce n’était donc pas physique à son avis mais plutôt une question de psychologie. Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, à la condition de le vouloir et de faire des efforts constants dans ce sens.


La guerrière sentit le silence revenir doucement. Cela lui rappela une devinette : qu’est ce qui se brise dès qu’on prononce son nom ? Laissant la blonde intégrer leur histoire, elle se remit à observer ses lames, cherchant les griffures, traquant une partie ébréchée et corrigeant les défauts un par un. Avec attention. En réalité, elle tentant de se calmer, de penser à d’autres choses que l’obscurité et la peur. Elle en avait marre de toujours avoir les mêmes images dans la tête depuis tous ces mois. Et même lorsqu’elle avait été tirée du sommeil, les souvenirs avaient ressurgi si vite et contre son gré. Elle n’avait pas eu de cauchemars mais elle avait eu si mal à son réveil… Tout lui était revenu d’un coup sans qu’elle puisse réagir.

Halina chassa ces saletés de sa tête. Ou du moins essaya de ne pas y prêter attention. Elle mit ses remords dans un coin, poussa ses peurs sous le tapis et rangea les images qui la troublaient dans son tiroir à bazars. De telle sorte qu’au moindre coup de vent tout reviendrait. Elle entendit un son rauque à côté d’elle et se retourna vivement, craignant que quelqu’un soit en train de s’étouffer. Ah non, rien à voir. Elle était décidément bien étrange cette fille, qui posa une question étrange. Ceci expliquait ses mouvements bizarres. Elle comprit alors que les dessinateurs n’avaient pas besoin d’une gestuelle particulière. Gwell essayait juste de s’entraîner, assez mal devait-elle constater.


-En effet, on peut t’aider. Mon ego volumineux en serait fier Hum… Par quoi commencer ?


Elle descendit de son perchoir et se rapprocha. La grande brune adressa un regard pensif à Kirfdéin. Se souvenait-il des tous premiers exercices qu’elle lui avait appris. C’est par ceux-là que les maîtres d’armes remettent en forme de grands débutants. La différence entre ces entraînements et ceux pour l’ancien Lotra était qu’il avait eu besoin qu’on le soutienne.


-Tu veux lui montrer Kirf’ ou je le fais ?


[ Désolée pour le retard ! Embarassed ]



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"Obsessed by a fairytale, we spend our lives searching
for a magic door and a lost kingdom of peace"

Eugene O'Neil

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La renaissance [Inachevé]
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