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 C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]

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Marchombre
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MessageSujet: C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]   Ven 3 Sep 2010 - 0:30


    Un regard vers le ciel.La voûte céleste se piquetait de petits joyaux blancs qui scintillaient faiblement, créant formes torturées et autres constellations à l'oeil de qui voulait voir dans le ciel un ordre rassurant. Chacun était libre d'y voir le Dragon, la Dame, Merwyn, le Pollimage ou encore une cuisse de poulet selon son humeur, le jeune homme quant à lui pensait que la Nature n'aimait pas l'ordre et que l'imagination humaine était parfois ravissante... Malheureusement elle était beaucoup plus souvent destructrice. Elle était tel un couteau bien aiguisé : on pouvait s'en servir pour couper une tranche de pain à ses amis ou bien pour fouiller les entrailles de son voisin, mais le couteau en lui-même n'est ni bon ni mauvais, il est juste un couteau.Yaemgo rabattit la capuche de son manteau de cuir sombre en arrivant près des portes d'Al-Poll. Le crépuscule était passé depuis quelques heures déjà, mais de loin il avait vu les lumières urbaines, flambeaux lumineux éclairant la vie des citadins, êtes humains normaux avec deux bras et deux jambes pour signifier qu'ils existent. Le jeune marchombre avait croisé sur son chemin quelques petits villages, mais rien de comparable à une ville comme Al-Poll qui, si elle n'était pas d'une envergure comparable à Al-Jeit, la capitale de Gwendalavir, fourmillait tout de même d'une activité bruyante de jour comme de nuit, colonisée par les marchands, les gens du voyage... Les voleurs aussi, et certainement quelques mercenaires du Chaos : il eut été bien étonnant de n'en croiser aucun . Ceci expliquant cela, et inversement, les portes de la ville étaient bien fermées à cette heure, et nul doute que les gardes ne laisseraient passer personne.Yaemgo se gratta l'arrière de la tête et soupira : il avait trop l'air d'un vagabond pour oser toute tentative de négociation d'entrée avec les cerbères à la porte. Il décida donc quelques centaines de pas avant la cité de la contourner, et se retrouva au pied de la muraille dans un endroit un peu plus calme et moins surveillé.A l'ordinaire, Al-Poll était protégée des intrusions pas des sphères graphes encastrées dans les murs, mais l'Ordre du Chaos les volaient allègrement pour qu'elles servent leurs fins : une petite escalade nocturne se révélait donc possible. Les pierres, encastrées des centaines d'années auparavant, avait suffisamment subi l'érosion pour ne pas être trop lisse, offrant donc de nombreuses prises : l'ex-apprenti marchombre eut donc tôt fait de se retrouver en haut de la muraille, de s'accrocher à un arbre et d'en descendre silencieusement. Mais au moment d'agripper la dernière prise au bas de l'arbre, il perdit l'équilibre et tomba en désordre à quelques pouces d'un chat errant qui poussa un cri horrifiant en détalant. Complètement immobile, Yaemgo décompta douze secondes dans son esprit : personne n'avait rien remarqué.Il souffla et esquissa un sourire : il n'était plus tout à fait au meilleur de son entraînement en ce qui concernait la désescalade. Vérifiant que ses dagues étaient bien cachées par sa tunique et que sa sacoche et sa capuche tombaient naturellement, il suivit son chemin les mains dans les poches, comme si de rien n'était.Al-Poll n'était pas exactement ce qu'on pouvait appeler une ville de bourgeois, et n'avait pas le charme et la beauté d'Al-Jeit. Il était même difficile de s'y sentir à l'aise sans y être habitué depuis longtemps. Le péquin moyen avait de grandes chances de s'y faire détrousser, probabilité démultipliée s'il se vêtait d'autre chose que d'un pagne de cuir. La vie dans l'Empire était très difficile en ce moment, affaiblie qu'il était par le Chaos qui s'infiltrait partout. Merwyn était introuvable depuis des années déjà, lui qui représentait une garantie de puissance éternelle pour Gwendalavir. On racontait qu'il avait forgé par le dessin l'épée éternelle d'Arthur Til'Kamlot pour qu'il aille combattre un Ts'Liche, ou encore qu'il pouvait disparaître à volonté dans une dimension parallèle à ce monde, ou bien... Tant de légendes couraient à son sujet, Yaemgo n'en revenait pas de l'avoir rencontré et de lui avoir parlé en personne. Il était la première personne à avoir eu vent de l'existence de Lindörm lorsqu'il avait testé son don pour le dessin : les résultats du jeune marchombre étaient si médiocres qu'il ne savait même pas allumer une étincelle grâce aux Spires, mais une gigantesque masse noire, symbole du pouvoir de Lindörm, se superposait aux cercles de Yaemgo. En y réfléchissant, il se demandait pourquoi Merwyn n'avait pas agi plus tôt, s'il savait l'existence du Démon...Yaemgo fut arraché à ses pensées en arrivant sur une grand-place circulaire presque au centre de la cité. Malgré l'heure avancée, un grand nombre de gens y circulaient, la tête coincée entre leurs deux épaules. Mais ce fut à la vue d'une silhouette à quelques pas à sa gauche, que son cœur manqua un battement.Était-ce possible...?Il avait entrevu un visage qui lui semblait familier, au moment où un mouvement involontaire de l'ombre avait légèrement soulevé la tête de son manteau. Le jeune homme s'arrêta net et cligna des yeux. Déjà il ne voyait plus qu'une cape virevoltante emmenée par un pas souple qui se fraya un chemin dans un attroupement pour disparaître dans une rue, rayon de la place ronde. Se reprenant, il suivit le même chemin en tentant d'être le plus discret possible, mais il ne faisait nul doute qu'il n'avait pas été remarqué. En débouchant dans la rue sus-citée, il fit quelques pas, s'arrêta, tourna la tête et regarda partout où il le pouvait.Disparue ?Haussant un sourcil, le jeune marchombre sourit en comprenant. Il avisa une enseigne en bois sur un des côtés de la rue, suspendue à un piton métallique, qui se balançait lentement au rythme des courants d'air avec un léger bruit. Dessus était peint apparemment récemment un grand dragon stylisé couleur d'émeraude, accompagné de ces mots autour desquels son corps serpentin s'enroulait : « Au Dragon Vert - Auberge ».Il releva sa capuche de nouveau et entra.L'ambiance était enfumée et joyeuse dans cette auberge d'un renom modéré. A priori, c'était une aubaine : Yaemgo avait besoin de repos et n'avait pas dormi dans un vrai lit depuis trop longtemps. De plus il avait quelque argent en poche. Il s'approcha du comptoir et de l'aubergiste, un homme d'apparence et de moustache joviaux, qui semblait néanmoins plus fin qu'il n'en avait l'air. Faisant quelques secondes de conversation, il commanda une chambre pour la nuit et sortit quelques pièces triangulaires de la bourse à sa ceinture. S'approchant un peu plus de l'aubergiste, il ajouta en aparté :- Dites moi, auriez-vous vu passer une femme encapuchonnée à l'air dur et aux cheveux noirs ?A la réaction étonnée de l'homme il paraissait évident qu'il voyait à peu près de qui Yaemgo voulait parler. Cependant il ne dit pas un mot et jeta un coup d'œil aux pièces laissées par le jeune homme pour payer la nuit. Laissant apparaître un léger sourire, il sortit une pièce supplémentaire en forme d'étoile qu'il avança vers l'aubergiste. Celui-ci la prit précipitamment et, d'un air inquiet, indiqua du regard une petite table isolée dans un coin à l'ombre de la taverne. Le jeune marchombre le remercia et lui lança un regard complice en se retournant vers la direction indiquée. Rabattant de la main quelques cheveux qui venaient frôler son iris violet, il arriva à seulement quelques pas de la table où se trouvait la silhouette.Prenant une chaise, il se posta en face d'elle et lança un sourire amusé.- Bonsoir, Marlyn. Je t'offre quelque chose ?



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La Borgne
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MessageSujet: Re: C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]   Sam 4 Sep 2010 - 2:12

Ce qu’il manquait à l’orage philarmonique, c’était la transcendance.
Le nombre infinis de bruits qui résonnaient entre les murailles d’Al-Poll et les rues à hauts pignons avait un certain intérêt à l’oreille. Lui manquait le silence, l’agent liant de toute désharmonie sonore. Toute la journée, Marlyn avait œuvré sans but dans les rues bruyantes et fourmillantes d’activités plus ou moins licites d’Al-Poll. Pour une fois, rien ne l’avait retenue, qu’il s’agît d’un Mercenaire du Chaos incompétent, d’un receleur d’herbes à droguer ou d’une quelconque affaire de ténèbres et de sang. Pour une fois, la jeune femme menait ses pas dans la direction qu’elle voulait ; à savoir, n’importe laquelle.
La foule d’Al-Poll bruissait comme les ailes crasseuses d’un corbeau après la curée : l’oreille de Marlyn s’était affinée bien malgré elle à cause de l’état de son visage et elle pouvait distinguer le tintement d’une bourse pleine de celui, plus rugueux, d’une lame d’acier qui cognait contre son fourreau. Les cuirs mal raffinés de la population crissaient dans les places publiques et souillaient –au contact- les délicates étoffes des nobliaux égarés dans cette ville. Mais de jour, sous un soleil mal assumé entretissé de nuages, la foule urbaine était tout juste remarquable, à peine digne d’attention. Les sons qu’elle produisait, en revanche, distrayait.

Ce n’était plus une nouvelle, ni même une surprise, Marlyn cherchait tous les moyens d’échapper au quotidien de l’Académie. Elle ruminait en son for intérieur toutes les raisons pour lesquelles ces murs n’avaient plus aucun intérêt, pour lesquelles la guilde du Chaos qui partait en déliquescence la laissaient royalement blasée.
Aujourd’hui, elle s’ouvrait le ciel et l’oxygène, et c’était le seul but de la journée.

But atteint, puisqu’elle s’en allait, les poings dans ses poches crevées, tel un Arthur ruminant en direction de n’importe où. L’ellipse temporelle nous épargne de narrer les longues allées et venues de la silhouette encapuchonnée dans les ruelles crasseuses à la géométrie douteuse, et d’en arriver au point où, après une folle course, le soleil s’échoue dans les bas nuages et les assoiffés dans les tavernes. Les torches sales donnaient à présent à la foule d’Al-Poll des allures fantomatiques –presque intéressantes. La jeune femme, dont la cape claquait derrière elle à chacun de ses pas, dirigeait à présent ses pas en direction du Dragon Vert, établissement calme et chaleureux, où elle ne risquait pas de tomber sur un sbire, un contact ou un tavernier trop regardant.

Evidemment, Marlyn était attablée dans un coin reculé de l’auberge, là où les chandelles ne dispersaient plus qu’une lueur diffuse en dehors de celle qui se consumait sur la table de frêne, et éclairait son capuchon avec langueur. Les genoux collés contre le rebord de la table, elle était absorbée dans ses pensées. Son œil céruléen se fixait sur les silhouettes qui allaient et venaient au comptoir dans des effluves tantôt alcooliques, tantôt paysannes, parfois raffinées. Mais, comme le Pollimage coulait au travers de paysages divers et variés sans dévier son cours, son cerveau n’enregistrait aucune information, aucun détails des humains qui traversaient son champ de vision.
Un inconnu aux cheveux argents et aux yeux violet aurait pu traverser la taverne sans qu’elle le remarque, car ses pensées étaient entièrement tournées vers la flammèche de la chandelle devant elle, comme elle assistait à sa lente consomption.
Il est donc logique que, occupée à faire le vide dans son esprit, elle ne vit pas arriver l’inconnu. Arrachant sa prunelle unique aux iridescentes flammes, elle se raidit et ramena vivement ses genoux dans une position normale en entendant le râclement de la chaise. Son sourcil droit –celui qui avait réchappé du massacre de son visage- alla se perdre dans les boucles sombres de sa chevelure, à l’entente de cette voix familière. Et des paroles jointes.

Se pouvait-il ? Quel miracle amenait le passé à ressurgir au Dragon Vert, quelle volonté de la Dame menait devant son œil une silhouette d’antan ? Car c’était difficile de confondre : ses cheveux argent avaient une autre coupe, mais ils ne cachaient pas le violet profond des yeux qui la fixaient avec intérêt. Yaemgo se tenait devant elle, accoudé à la même table.
Combien de temps, déjà ? Il semblait à la jeune femme que c’était des millénaires, ces années passées à l’Académie à se défier, à combattre le jeune homme à l’esprit infesté du démon. Démon dont elle n’avait plus de nouvelles depuis quelques temps d’ailleurs, nota-t-elle dans un coin de son esprit.

- Yaemgo.

C’était une constatation, un ancrage dans la réalité. Leur dernière rencontre datait d’au moins.. cinq ans. Leur dernière rencontre… Un tic agita les lèvres de la jeune femme, qui se déformèrent dans un rictus. Un rire silencieux secouait lentement ses épaules et fit tomber la capuche - qui glissa de ses cheveux geai et découvrit son visage ravagé, sans qu’elle y fasse attention. C’était ironique. Terriblement. Qu’avait fumé la Dame, pour qu’ils se revoient ! Eux qui s’était quittés sur un massacre.. C’était Yaemgo qui avait fait prévenir Valen du combat, et Valen qui l’avait emmenée dans la Salle de l’Oubli. Ca la faisait rire.

- Si tu as de quoi payer, je prendrai volontiers une liqueur de Rougoyeur.

Et s’il n’avait pas de quoi payer.. Well, il devrait accepter son hospitalité. Son œil détailla plus précisément le jeune homme : il avait changé. Le dessin de Marlyn, bien que rouillé à sentir la présence de Lindörm, ne détectait plus rien ; il s’était purgé du démon ? Pas impossible. Ses yeux violets étaient toujours aussi insondables bien qu’ils le brulaient plus de colère et de haine. Elle était désavantagée de moitié pour le fixer dans les yeux, aussi reporta-t-elle son œil sur la chandelle, ses bras enroulés autour de son torse, pour signifier qu’elle ne prendrait pas la garde. Qu’elle ne se méfiait pas du Corbac. Ou de l’ex-Corbac. L’ironie lui étirait toujours la commissure des lèvres, et c’est sur un ton amusé, quoique teinté d’amertume qu’elle dit :

- Cinq ans… Le temps d’un battement de cils. De la mort d’une flamme. Ou d’une éternité ? Qu’en penses-tu ? Te souviens-tu des circonstances dans lesquelles nous nous sommes quittés ?


Ces questions un peu métaphysiques allaient à l’humeur du moment. A ses doigts qui jouaient avec la flammèche de la chandelle, l’éteignait pour que son Imagination la rallume aussitôt, dans un cycle sans bout.



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Marchombre
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MessageSujet: Re: C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]   Dim 10 Oct 2010 - 15:59


    Yaemgo scrutait avec intérêt le visage de Marlyn, en face de lui, en quête d’une réaction, quelle qu’elle soit. Etonnament, ses traits n’exprimaient aucune émotion, à peine un peu de surprise à la vue de celui dont elle n’avait entendu parler depuis maintenant à peu près cinq ans. Le jeune homme s’étonnait d’ailleurs de cette durée si étendue : pour lui, passé quelques années, le temps s’était déroulé de manière subjective. La solitude prolongée rend souvent fou et détruit l’âme de la personne en question ; en l’occurrence c’était simplement sa part d’ombre qui avait disparu. Cela s’était fait progressivement, comme on réapprend à marcher après de longues semaines d’immobilisation. Toujours était-il qu’il en avait perdu la perception du temps, et que « cinq ans » glissant entre les lèvres de Marlyn lui avait fait lever un sourcil.
    Apostrophant une serveuse passant avec son plateau, Yaemgo passa rapidement leur commande.

    - Une liqueur de Rougeoyeur et une tymbale de nectar relevée au lys blanc. Au shaker, hein ? Pas à la cuillère.

    Puis il reporta son regard vers son ancienne rivale, la fixant d’un air goguenard. Elle n’avait pas beaucoup changé, dans sa silhouette générale : ses cheveux noirs de jais l’étaient toujours autant, et elle ressemblait toujours autant à un félin prêt à bondir dans l’instant par sauter sur sa proie. Il faut dire que, conformément à ce que Marlyn évoquait, leur dernière rencontre ne s’était pas déroulée exactement en termes amicaux. Tout cela était loin dans le passé, mais certaines images se révélaient gravées dans l’esprit de Yaemgo. Easlya et Marlyn se battant à mort. La première blessée presque létalement, la seconde folle de rage. Yaemgo (qui passait par là) avait pu intervenir juste à temps et prévenir Valen Til’Lleldoryn, retenant la jeune disciple du Chaos le temps que celui-ci arrive.
    Valen.
    Une force démesurée, presque autant que son estime de lui. A l’Académie, d’aucuns assuraient que le semi-Faël avait déjà essayé de se jeter du haut de son ego : à l’heure qu’il était, il était, paraît-il, toujours en train de tomber. Un personnage étonnant et extrêmement frustrant, mais qui avait été d’un secours inespéré dans cette histoire.
    En tout état de cause, la présence de Marlyn dans cet endroit lugubre alors qu’elle aurait dû être en train de pourrir au fond d’un cachot de l’Académie ne pouvait signifier qu’une seule chose : le Chaos avait sérieusement infiltré les lieux à l’heure qu’il était. Difficile de connaître la position de Marlyn dans cet affrontement : obéissait-elle toujours à Lindörm, en bonne mercenaire soumise ? S’était-elle repentie, était-elle neutre ? La flamme qui semblait brûler en elle éliminait pratiquement à coup sûr la seconde proposition, cependant tout n’était pas clair. Dans ses yeux ne transparaissaient pas son âme.
    …Ses yeux ?
    Son œil.
    Yaemgo leva un sourcil. Voilà donc ce qu’ils lui avaient fait par sa faute, aux tréfonds de l’Académie. Marlyn était dorénavant borgne. Le mot n’était pas très élégant, mais il n’en existait pas beaucoup d’autres à sa connaissance. Ceci devait sérieusement compromettre son futur de combattante chevronnée, dégradant sa vision du relief et sa vision périphérique. Mais pour elle qui maîtrisait les Spires de l’Imagination, le problème était moins grave. C’était au tour du jeune homme de prendre la parole.

    - Hmm. Je crois m’en souvenir en effet. Tu dois me voir d’un… « mauvais œil », après ça.

    Détournant le regard, Yaemgo observa la flamme de la bougie qui tremblotait sous l’effet de leurs respirations conjuguées. Il y a quelques années, les deux jeunes gens se seraient d’ores et déjà sautés à la gorge, et l’hémoglobine coulerait à flots. Aujourd’hui, peut-être s’étaient-ils assagis, peut-être avaient-ils chacun conscience de ce que l’adversaire était beaucoup plus puissant et entraîné pour que le combat soit aussi rapide que jadis ? Yaemgo avait peu de doute sur sa capacité à contenir, sinon à vaincre Marlyn. Quoiqu’en tant que Mentaï chevronnée elle devait maîtriser de nouvelles techniques effrayantes de puissance… Yaemgo, lui, n’avait jamais vraiment complété son apprentissage marchombre, mais des années de communion avec son environnement, et l’ombre de Lindörm disparu avaient développés en lui des capacités incroyables. Et la brume était courante sur les sommets montagneux…
    Il releva le regard. Combat d’iris inégal.
    La serveuse déposa leurs consommations sur la table.
    Il porta sa boisson à ses lèvres.
    Silence.

    - Puisque nous ne paraissons pas disposés à nous entretuer dans l’immédiat, que dirais-tu de discuter comme deux vieux loups de guerre ? Dis-moi donc où tu en es, dit-il dans un sourire évanescent.



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La Borgne
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MessageSujet: Re: C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]   Lun 29 Nov 2010 - 8:34

[=O Ton code est imparfait, c’est quoi ces balises qui respectent pas la hiérarchie ? Un peu de soin dans le travail, voyons digust ]

Des gouts d’aristocrate, le jeune homme…
Parce qu’il avait enfin compris, pendant toutes ces années, que la vie de sauvage ne valait rien contre la civilisation ? Ou parce qu’il avait passé tellement de temps comme un sauvage qu’il saisissait chaque opportunité de luxe ? Une question ma foi sans importance. Juste un détail à retrouver dans cette silhouette connue, juste une bricole d’informations à déduire. Un jeu.

Des jeux, ils en avaient eu. Des jeux sanglants, à jouer sur le fil de la mort pour se prouver leur valeur, pour prouver à l’autre qu’ils pouvaient l’écraser du pouce, pour survivre. Des combats sans honneur qui se terminaient souvent par les deux à l’infirmerie. Pour recommencer à se taper dessus sitôt remis. C’était si juvénilement vain que la jeune femme, à ce souvenir, retint un sourire narquois. Il y a une époque, la table entre eux aurait déjà explosé et le tenancier de la taverne serait parti se réfugier dans la remise, assistant de loin aux débordements d’énergie des deux anciens camarades, gâchant inutilement leur énergie dans des mouvements impressionnants, des dessins inutilement rocambolesques… Pour commémorer, Marlyn aurait bien provoqué un combat.
Mais elle savait aussi bien que Yaemgo qu’il aurait probablement le dessus. Elle n’avait aucune idée de l’entrainement qu’il avait reçu ces dernières années, mais vu sa posture et la confiance qui émanait de lui, il avait atteint le niveau des Marchombres. Ce qu’elle pouvait maitriser ces arrogants personnages, toujours à parler de mystères et de brumes, sans jamais agir en face. Son propre don du Dessin pouvait lui permettre de contenir Yaemgo et tout aussi certainement de fuir. Mais au niveau du combat pur et dur, elle avait beaucoup perdu.

Et ça tenait au fait qu’elle ne se battait plus sans considérer tous les tenants et les aboutissants. Sauf quand elle se savait gagnante par avance. Marlyn avala une gorgée de liqueur, savourant l’amertume qui lui raclait la gorge et venait jouer un instant avec sa vision, avant de se dissiper. Leurs boissons couteraient cher au jeune marchombre ; il serait intéressant de savoir comment il compter s’en tirer pour payer.
Un tic à son jeu de mots.

- Où j’en suis ? Mais ici-même, mon ami. A l’Académie, je suis une élève comme les autres, rien de plus.

Et rien de moins. Qu’il saisisse le ton légèrement ironique, ou qu’il la considère repentie, elle n’en avait cure. Yaemgo avait été absent de l’Académie de Merwyn suffisamment longtemps pour n’y avoir plus aucune attache, ni même aucune influence. Que pouvait-il faire contre l’invasion du Chaos ? Et qu’en avait-elle à faire qu’il tente quelque chose pour y remédier, elle qui languissait de pouvoir s’en aller, de disparaître de ces maudits murs.

- Et ce cher Lindörm, que devient-il ? Nous n’en avons plus gère de nouvelles, ces temps-derniers. Lui manquais-tu au point qu’il te réinvestisse ?

Ca ne manquerait pas d’ironique, d’autant qu’elle pouvait deviner que la réponse était non. Le jeune homme devant elle n’avait plus rien de l’adolescent qu’elle avait connu, cet adolescent qui irradiait les ténèbres aussi sûrement qu’un mercenaire du Chaos, dont on pouvait percevoir des échos de folie dans les yeux améthyste.
Les lèvres noyées dans l’alcool, Marlyn surveillait les mouvements de son interlocuteur. Il avait l’air calme, mais rien n’indiquait qu’il n’allait pas se jeter sur elle dans la seconde. Tout comme elle pouvait lui sauter dessus, dagues sorties, sans prévenir. La taverne ne désemplissait pas, et le tenancier débonnaire criait des ordres à ses subordonnés en arrière cuisine, faisant partie du brouhahah général qui couvrait leurs voix. Des gens biens, aux tables. Pas forcément très riches, mais avec de la dignité suffisante pour être convenables ; les ramassis d’ordure allaient à l’auberge du Siffleur, le trou à pouilleux le plus mal fréquenté d’Al-Poll.

Marlyn se redressa sur sa chaise et ôta ses genoux du rebord de la table. La flamme de la bougie s’éteignit par une pichenette de dessin – ou était-ce son mouvement de main ?- et elle se pencha légèrement sur la table de manière à n’être entendue que du jeune homme aux cheveux d’argent. Ses lèvres plissées en un sourire qui laissait voir le profil de ses dents, elle lui murmura :

- Je te déchirerai l’oreille avec les dents avant l’aube, vieux loup de guerre.






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MessageSujet: Re: C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]   Lun 28 Fév 2011 - 12:15

Yaemgo leva un sourcil en direction de sa presque-homologue. Depuis tant d'années ils se jaugeaient mutuellement, s'entre-étripant pratiquement à chaque rencontre, pour des raisons de plus en plus obscures. Si le jeune homme avait en souvenir une membre de l'ordre du Chaos concernant Marlyn, rien n'était moins sûr à présent. Il avait passé si longtemps seul dans son montagne lointaine... Il avait même du mal à savoir où en était Gwendalavir dans la situation actuelle. Certes, à son départ, le Chaos menaçait sérieusement la stabilité du pays, infiltrant l'Etat, l'armée, et son établissement le plus précieux, l'Académie de Merwyn.
Marlyn était-elle toujours dans cette affaire ? Il la savait suffisamment intelligente pour savoir qu'un tel système aurait du mal à tenir, mais Lindörm était susceptible d'offrir à ses adeptes une telle force que même les plus vertueux pouvaient succomber à la soif du pouvoir. Elle disait être une élève comme les autres, mais une telle impression étrange suintait de sa voix... Yaemgo ne répondit pas, et se contenta de feindre l'absentéisme en trempant les lèvres dans sa boisson.
En revanche, il haussa un sourcil et le regard à la question de la Felixia déchue concernant Lindörm. Elle cachait certainement autre chose ; il était clair que l'âme du jeune homme était à présent purifiée de la noirceur démoniaque de cette aberrance antique de la Nature.

- Non, répondit-il simplement, je n'ai pas plus de nouvelles que vous.

Il avait levé les yeux vers l'unique globe oculaire de Marlyn à ce dernier mot. Il avait déjà une bonne partie de sa réponse concernant l'inclinaison actuelle de Marlyn...

- Mais je ne doute pas qu'il ne tardera pas à surgir de nouveau. Il est si... facétieux.

C'était le mot.
Depuis sa tendre enfance -d'aussi loin que remontait ses souvenirs, car il ne souvenait de rien avant ses douze ou treize ans- Lindörm s'était trouvé en lui, un monstre occupant une coquille vide. L'humain et le démon menaient une lutte de chaque instant, le premier pour garder le contrôle de son corps, le second pour maîtriser l'âme et l'esprit de son hôte de chair. Lindörm avait été humain, de nombreuses, très nombreuses années auparavant... Cependant, un pacte avait le diable avait considérablement augmenté sa puissance, avant que sa défaite contre un héros Alavirien réduise considérablement sa tangibilité. Il en était donc réduit à parasiter le corps d'humain jusqu'à avoir retrouvé suffisamment de force pour devenir indépendant et remettre sur pied ses plan d'apocalypse.
Avoir partagé si longtemps son existence avec l'entité avait permis au jeune homme d'apprendre des secrets du démon... Pouvait-il en cela être utile à une hypothétique Résistance ? Peut-être. Dans l'immédiat, cette conversation avec Marlyn était une aubaine, en cela qu'il jaugeait à la fois l'état du continent et celui des forces du Chaos.

Marlyn changea de position sur sa chaise. La chandelle qui séparait les deux jeunes gens s'éteignit, et Yaemgo eut à peine le temps de cligner des yeux pour accoutumer ses pupilles au changement de lumière que le visage de Marlyn était dangereusement avancé vers lui. Sa menace susurrée ne le fit pas particulièrement réagir en apparence, mais sous le bois de la table, ses doigts se raidirent légèrement avant de s'assouplir dans une torsion complexe.
Les autres consommateurs du bar ne semblait pas avoir remarqué l'incroyable tension entre ces deux personnes sur cette table du fond, si intense qu'elle en devenait presque palpable.
Il sourit, un air rêveur peint sur son visage amusé.

- Ma chère, n'allez pas si vite en besogne. De plus... n'allez pas croire que je n'ai pratiqué que l'élevage d'écureuil durant ces quelques années d'exil, ajouta-t-il un ton plus bas.

En vérité, s'il s'estimait capable de surpasser cette Académicienne ambiguë au combat rapproché -il avait dans son sac quelques tours sympathiques- son don incroyable pour le Dessin le faisait douter.
A vrai dire, il ne préférait pas commencer ce retour à la civilisation par un affrontement direct, mais si tel était le cas, il défendrait chèrement sa vie. A priori, la jeune femme ne semblait pas réellement vouloir se battre, mais qu'attendre d'une hypothétique Mentaï ?
Nouveau sourire amusé.

- Aurais-tu l'obligeance de bien vouloir rallumer la lumière ? Je n'ai jamais rien entendu aux Spires, et ces ténèbres m'inquiètent : il paraît qu'il y a des mercenaires dans le coin.

[ Désolé, je suis un peu en retard (y) ]


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MessageSujet: Re: C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]   Mar 8 Mar 2011 - 23:04

Oui, facétieux, c’était le mot. Ce démon insaisissable que l’on croyait mille fois disparu ou oublié, et qui revenait toujours, un temps bref, une explosion, un danger énorme, une folie. Le démon avait perdu la main haute sur le Chaos, à force de disparaître pendant des mois sans laisser de traces. Et de revenir terroriser son monde quelques jours, chambouler les plans mis en place, torturer ceux qui passaient à sa portée. Si un moyen existait pour s’en débarrasser, il était fort probable que la guilde serait prête à aller aussi loin qu’à établir la trève le temps de se débarasser du cher Lindörm.
Elle-même espérait ne plus le croiser. Elle lui devait quelques-unes de ses cicatrices, à demi effacées, réminiscences d’une époque pleine de flamboyance, de vanité, et de démons schizophrènes. Monde fantastique et irréel. Lindörm était une entité déchue, oubliée de Gwendalavir, en dehors de la Guilde du Chaos sur lequel il avait choisi de sévir. Que Yaemgo réapparaisse était-il un signe que le démon reviendrait-lui aussi ? Il pouvait très bien lui mentir, dissimuler des informations, ou bien être sous le contrôle délicat du démon. Pour ce qu’elle en savait, elle n’était pas et n’avait jamais en bons termes avec le jeune homme aux yeux de vin, pour ainsi dire. Patience. Elle se recula dans sa chaise, amenant la coupe de liqueur amère à ses lèvres.
Lindörm ou pas, un fantôme s’agitait en elle, un souvenir d’avant, une envie de renverser les meubles, de tirer une quelconque lame, pour affronter son vis-à-vis. Et pour quelle raison ? Ils n’en avaient jamais eu besoin, à l’époque, et s’entredéchiraient par pur instinct. Par pur défi. Par pure vanité. Et ils auraient été tous les deux prêts à recommencer, si le temps s’y prêtait. S’il n’avait pas adopté la philosophie placide des écureuils, si elle n’avait pas eu un corps raide et manquant de réflexes. Elle sourit dans son verre.

- Qui sait, peut-être que si je te sautai dessus, griffes sorties, ton armée d’écureuils surentrainées me réduirait en lambeaux. Nous sommes en Gwendalavir, après tout.

La taverne commençait à se dépeupler, pour ne laisser accoudés aux diverses tables que quelques habitués, occupés à s’échanger les dernières rumeurs d’Al-Poll, les nouvelles du jour, leur vie. De minables. Qu’étaient-ils, ces paysans à peine urbanisés, ces commerçants mollement installés dans leur routine, ces femmes au foyer gérant leur petit système familial ? Qu’avaient-ils dans leur existence, comparés à eux ? Ils vivraient plus vieux. Ils vivraient dans la quiétude. Mais ils ne « vivront » rien. Ils ne se consumeront pas dans leur existence comme les deux antagonistes assis dans les ténèbres, ils ne flamberont pas leur esprit à lutter contre leurs… démons intérieurs. Ils ne comprendront rien au maelstrom d’émotions violentes qui poussent deux êtres à se confronter en permanence. Enfin. L’humanité avait son rembourrage.

Menace. Ou était-ce inconscient de la part de Yaemgo ? Trop innocent pour l’innocence. Elle caressa machinalement les épines de son esprit pour rendre à leur tablée la consomption de lumière qui rendait leurs yeux brillants. Sourire, c’était trahir. Mais il n’y avait pas grand-chose à trahir. L’ermite aux écureuils s’était trop coupé du monde, était trop neutre. Et il n’était pas dupe, ne l’avait jamais été. Jouons, mon ami.

- Si les rumeurs disent vrai, c’est dangereux. Ils seraient capables de s’en prendre à l’Académie, quand bien même ce serait inutile. N’est-ce pas ?

Difficile à contenir, le ricanement, difficile d’étouffer le sourire sous une mince ligne contemplatrice alors qu’elle tourna son regard diminué par la petite fenêtre opaque, suivant de l’esprit les tâches de couleurs floues qui la traversaient, s’en éloignaient ou piquetaient le verre de leur luminescence céleste. Même les habités du Dragon vert laissaient leurs conversation mourir dans les reliefs de repas, les ragots se tarir et les regards se tourner machinalement vers l’extérieur, en attente du moment poli pour prendre congé.

- Mais il se fait tard, l’ami. Si j’étais toi, j’éviterais les ruelles trop sombres. …Il paraît que la demi-lune est propice à l’enracinement du Chaos dans les âmes errantes.

Les dernières gouttes de liqueur disparurent, et les pieds de chaise raclèrent contre le parquet usé quand elle se leva, attentive au moindre mouvement inattendu de la part de son compagnon de table. Une dernière envie de relancer les chamailles léthales, leur compétitivité perdue, l’innocence de leurs efforts grandiloquents pour s’impressionner et se tuer mutuellement. Petite révérence ironique restreinte au bras.

- Je doute que l’on se recroise de si tôt, sauf si la Dame le veut. A dans cinq ans, l’ermite.

Ca me ferait actuellement rire, si nos chemins devaient encore se croiser avant la mort.
La jeune femme ne tourna complètement le dos à la table désormais occupée seulement par Yaemgo qu’au moment d’atteindre le seuil de la porte. Les démons se manifestaient même chez les écureuils, si les ménestrels disaient vrai, et un couteau est si vite lancé…
Qu’il n’essaie pas la déçut, une fraction de seconde.
Mais la rassura : ils avaient tous deux vieilli.



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C'est à l'amie que j'offre mon vin [Terminé]
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