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 Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]

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Apprenti Chantelame
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MessageSujet: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Ven 6 Aoû 2010 - 0:26

Ou plutôt, de toute forme de cadran solaire, de mousse sur les rochers et les troncs d’arbre, de sens de la débrouillardise. Ce qui amenait le jeune Lupus à la conclusion suivante :
Cela faisait au moins plusieurs heures qu’il était perdu.
Pas comme une certaine petite fille de rouge encapuchonnée qui était assez stupide pour croire que les loups étaient doués de parole et les mères-grands pourvues de crocs, non non. Mais à sa propre manière. A savoir : il était sur une route, et non en train de batailler contre des ronces belliqueuses ou des marais putréfiés ; le seul hic était : il n’avait aucune idée de quelle route il s’agissait, pas plus que des destinations respectives de ses différents embranchements. Comble du malheur : il n’avait rencontré personne sur le dit-trajet pour le renseigner sur sa position géostationnaire.
Encore une fois, le jeune homme bouillait en son for intérieur. Si au moins on s’était donné la peine de lui donner une quelconque localisation de la grotte avant de le jeter dehors avec un sac [strike]et une liste de courses[/s] et des ordres pour aller chercher des vivres au village le plus proche ! C’était pas sa faute s’il s’était perdu. Comment pouvait-il savoir qu’il ne fallait pas prendre à droite, une poignée d’heures auparavant mais à gauche ?
Ainsi rassuré sur sa propre responsabilité de l’histoire, Einar retourna à l’essentiel : où était-il ? Sur une route, ça il l’avait statué quelques heures auparavant. Il aurait incapable de se rappeler quel chemin prendre pour retourner dans la direction générale de l’Académie, n’ayant cessé de louvoyer depuis le début de la journée. Si on ne lui avait pas confié cette stupide mission, il n’en serait pas là ! Son honneur en serait à jamais entaché s’il devait mourir de faim d’avoir perdu son chemin, ou dévoré par un loup qui n’avait plus de jeune fille en rouge à se mettre sous la dent. Heureusement pour lui, il avait emmené l’épée qu’on lui avait confié au début de son entraînement chantelame. Il ne savait pas encore complètement s’en servir, mais contrairement à d’autre, il savait distinguer la garde de la pointe.

Et il avait mal aux pieds. Et soif. Et faim, lui rappela aussitôt son estomac quand il fit le décompte de ses désagréments. La situation allait donc en s’empirant, et s’il ne recontrait pas quelqu’un rapidement, il allait…
GASP. Lui qui priait pour rencontrer quelqu’un, voilà qu’il tombait sur plein de quelqu’uns au détour d’une colline ! La Dame avait toujours une manière mesquine de lui rappeler son existence et l’utilité de ses prières, mais ce n’était pas le plus important, sur l’heure. Le groupe qui avançait vers lui semblait entourer diverses carrioles, dont beaucoup contenaient des caisses, sacs, et autres récipients. Il venait de tomber sur un convoi de marchands itinérants. La Dame et le Dragon soient loués, il pourrait trouver ce qu’il voulait.
Avec un certain énervement provenant de la soudaine idée qu’il n’allait pas mourir abandonné sur cette route, Einar Soham attendit que la caravane arrive à sa hauteur. Les membres qui en composaient l’avant le regardaient avec condescendance, mais ne lui adressèrent pas la parole. Ils étaient habillés de la manière la plus hétéroclite qui soit : certains avaient des tuniques de peaux disparates et cousus grossièrement entre elles, d’autres arboraient tant de voiles et de foulards qu’il était difficile de reconnaitre la physionomie humaine sous leurs tissus bariolés ; mais aucun d’entre eux ne fit attention à ses tentatives de paroles, ses gestes frénétiques. Une fois, il aggripa un Itinérant patibulaire par l’épaule, pour le forcer à se rendre compte de son existence, et fit connaissance avec le sol de manière assez brusque.


- Les Itinérants de nos jours… bande de rustres… l’payeront, z’allez voir…

Le murmure ronchon avait soulevé un petit nuage de poussière sur le bord de la route, où Einar avait été relégué, en tant que petite forme jetée à terre, humiliée en son for intérieur. Mais il n’allait pas se laisser faire comme ça. L’Empereur entretenait si mal les routes que les marchands croyaient à une attaque quand un petit d’homme aussi inoffensif que lui tentait d’établir un contact marchand ?  
Il avait besoin de ce qu’ils avaient à vendre, il avait les espèces sonnantes et trébuchantes que lui avait confié Valen, il avait besoin d’une indication de chemin. Tout ce qui lui manquait : c’était qu’ils reconnaissent son existence en tant qu’autre chose qu’une pierre, un arbre, un oignon bionique, etc.

Passablement échauffé par sa journée de perdition et les marchandises qui lui passaient sous le nez, le jeune Chantelame se releva, et se dirigea d’un pas ferme vers la première personne qui lui passait sous le nez : une jeune femme au teint sombre, aux cheveux tout aussi ténébreux, qui contrastaient avec ses vêtements si colorés qu’ils firent saigner les yeux d’Einar. Ou presque, mais ce n’était pas la question. Il arriva à sa hauteur, elle qui l’ignorait comme tout le monde, et lui adressa d’une voix forte, qui manquait de virilité à cause de sa voix toujours aussi peu grave :


- Hé, j'suis pas une statue de Siffleur ! Je vous parle, bande d’ingrats ! J’ai besoin de marchandises, j’ai de l’argent et je suis perdu, vous pouvez observer la plus élémentaire des politesses, non ?! Ou alors le code des Marchands n’a pas plus d’importance pour vous qu’un torchon sale ?

Il était rare que le Lupus se mette en colère, et lui-même n’aimait pas cette situation. Mais il n’avait pas le choix. S’ils ne voulaient rien lui vendre, qu’ils lui indiquent au moins le chemin ! Il ne comptait pas les lâcher de sitôt, vu qu’une caravane allait moins vite qu’un homme seul, et il les asticoterait jusqu’à ce qu’un d’eux lâche prise et réponde à sa demande. Non mais.



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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Ven 6 Aoû 2010 - 16:10

Quelle bande d’ingrats.

Shawna grommelait intérieurement, les yeux fixés obstinément par terre, jouant avec une pierre dans laquelle elle donnait des coups de pieds pour la faire avancer sur le chemin en même temps qu’elle depuis déjà un certain temps. C’était le quatrième caillou depuis son départ, et le bout de ses bottines brunes avaient pris une jolie teinte poussière. De toute façon, depuis le temps qu’elles les trimballaient sur les routes, elles étaient déjà bien usées… Mais elles ne l’auraient pas été autant, si les Itinérants lui avaient permis d’emprunter un cheval. Mais non, elle marchait à pied à côté de l’un des chariots, alors qu’il y avait trois montures fraîches à l’arrière. Ils les gardaient pour lorsque les leurs seraient fatiguées, qu’ils disaient. Au rythme où ils allaient, ils pouvaient bien marcher aussi, s’ils avaient si peur de fatiguer leurs chevaux. La seule raison pour laquelle ils avaient refusé, c’est qu’ils ne la connaissaient pas. Ce groupe-ci n’avait rien à voir avec la caravane des Djee ; sa famille avait toujours été accueillante avec les voyageurs. Trys n’avait pas peur de faire un bout de route avec des étrangers, pour assurer leur protection sur les routes. Ils allaient dans la même direction, c’était le moins qu’il pouvait faire, et Shawna se souvenait des détours qu’il avait parfois fait pour des inconnus qu’il avait rencontré la veille. Son attitude et celle du reste de sa famille avait beaucoup influencé Shawna, pour qui les valeurs de sa famille et celles du légendaire accueil des Itinérants était devenues cruciales. Même si elle passait son temps à dénigrer tout le monde et ne demandait jamais l’aide de personne…

Alors ça l’avait mise de mauvaise humeur, que ce groupe ne soit pas comme le sien. Normal, le chef faisait parti de la Guilde des Marchants, pas des Itinérants. Tout ce qu’il voulait, c’était des bénéfices. Que lui avait-il sorti, un peu plus tôt ? Ah, oui. Qu’il ne comptait pas prêter une monture à une petite voleuse qui s’enfuirait dessus à la moindre occasion. Que les voyages à travers les Plateaux d’Astariul, ce n’était pas de la rigolade, et qu’il n’allait sûrement pas en plus garder un œil sur une gamine geignarde. Elle avait explosé, alors. Elle savait se rendre utile dans les convois ; et c’était pas bientôt fini, de la traiter de voleuse sur tous les toits ? A croire que c’était écrit sur son front, ou qu’Al Poll ne contenait que ça, tellement les gens étaient méfiants envers elle dès qu’elle commençait à leur parler. Mais tout ce qu’elle avait bien pu dire, sur ses relations avec les Djee – tu pourras bien mentir, fillette – ou sa condition d’itinérant – t’es trop jeune et pas assez forte pour nous être utile, laisse tomber – n’avait pas réussi à le convaincre. Il avait fallu qu’elle sorte quelques espèces trébuchantes pour qu’il accepte enfin de faire le voyage en sa présence. Shawna serait partie sur le champ, si elle n’avait pas su qu’ils étaient les seuls à partir pour le moment, et qu’il lui faudrait retarder son départ d’une semaine ou risquer de voyager seule si elle ne partait pas maintenant. Résultat, elle allait devoir supporter leurs regards hostiles jusqu’à Al Chen, et en plus, devoir les suivre dans leurs petits détours alors qu’ils cherchaient à vendre dans quelques villages à flan de montagnes…

Elle était tellement outrée qu’elle ne remarqua même pas le petit bonhomme au chapeau pointu qui gambadait sur le côté de la route, et l’ignora royalement jusqu’à ce qu’il lui adresse la parole. Qu’est-ce qu’il faisait tout seul dans les montagnes, lui ? La route était déserte, le prochain village encore loin. Enfin, peu importait qui il était ; il partageait visiblement son agacement, et Shawna prit naturellement son parti.

- Je me serais bien arrêter pour te faire savoir quelles marchandises sont transportées dans ce chariot, mais malheureusement, rien ne m’appartient ici. Si ça avait été moi, tu aurais été le bienvenu, mais visiblement, le Maitre Marchand n’est pas du même avis…

Elle avait parlé fort, plus que nécessaire pour être entendue du jeune homme, jetant un regard lourd de signification vers le Maitre Marchand en question, qui n’avait pas pu omettre d’entendre les reproches dans sa voix. Il tiqua, sa lèvre s’étirant sur la gauche avant de reprendre sa position normale, et il se tint un peu plus droit sur son étalon, sans répondre à l’insulte. C’est l’un des cochers qui s’en occupa :

- Toi, la fillette, tu profites de notre protection, alors tais-toi et tiens-toi à carreau, veux-tu.

- Je f’rai c’que je veux, j’l’ai payée, vot' protection, alors z’avez rien à m’dire.

L'agacement lui volait son langage, mais elle se reprit bien vite. Ayant ainsi cloué le bec à l’homme d’âge certain, Shawna se tourna vers le jeune homme, et lui tendit la main.

- J’suis Shawna. Et si tu veux des vivres, j’te conseille de nous suivre et d’acheter plutôt aux villageois un peu plus haut, ça vaudra mieux pour toi. C’ui là, il te vendra rien du tout pour une somme titanesque ; il t’aurait pas ignoré, s’il avait pensé la moindre seconde gagner quelque chose d’un marché avec toi.

Et en effet, passant rapidement son regard sur le jeune homme des pieds à la tête, Shawna confirma bien vite qu’il n’était pas l’un des riches bourgeois à qui s’adressait visiblement le Marchand pour ses affaires…


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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Mer 11 Aoû 2010 - 17:50

Blink.
Einar songeait à se pincer, pour vérifier qu’il n’était pas dans un de ses rêves fous à gambader dans les prés à dos de siffleur en chantant des contines.
Il avait, pour la première fois de cette nom de dieu de caleçon de Merwyn de journée, de la chance. Et ça, il avait du mal à s’y faire. Normalement, la cascade de malheurs durait jusqu’à la nuit tombante, et il n’était même pas l’heure pour le soleil de tomber.
Y avait-il enfin une justice dans ce monde ? Il avait peine à y croire, mais il ne laisserait pas cette chance s’échapper. La colère lui chauffait toujours les oreilles et son souffle s’apparentait à celui d’un kazarghante asthmatique. Mais il avait trouvé quelqu’un qui tapait sur les mêmes personnes que lui, pour les mêmes raisons. Hallelujah ; en plus, cette personne semblait saine d’esprit, ce qui n’était pas plus mal.

La jeune femme ne semblait guère plus âgée que lui, mais possédait le caractère irascible d’une grand-mère. Enfin, c’était ce que supposait Einar, qui n’avait d’exemple de grand-mère que le rapace pourvu de jupons qui avait sévi dans son enfance. Et si ses prédictions et ses réminiscences de l’ancêtre étaient bonnes, il n’aurait pas à reprendre la parole de sitôt.
Tant mieux. L’énervement et la journée entière lui avait brisé le souffle, et un point de côté commençait à cogner contre ses côtes. L’intervention de l’écuyer détourna l’attention d’Einar d’un tonneau de pommes qui l’appelait, tel l’anneau d’un œil géant, ou le médaillon d’un homme-serpent. Il commençait à faire sérieusement faim, et son estomac rebelle se chargeait de lui rappeler par gargouillis ignobles et frustrés. Heureusement que les jurons des deux itinérants couvraient cette trahison corporelle, ou le petit Lupus aurait trouvé le moyen de se cacher sous un caillou, voire un grain de sable.

Si beaucoup de paramètres avaient été différents (notamment la masse musculaire manquante du futur Chantelame), il aurait volontiers appris les bonnes manières au blanc-bec dégingandé qui les raillait. Mais ce dernier était plus grand que lui, et plus assuré.
Les pires tortures mentales passèrent dans l’esprit d’Einar, depuis le vol d’une pomme ( ce qui serait un acte outrecuidant, n’est-ce pas ?) jusqu’à la pire insulte qu’il connaissait : le tirage de langue.

Il était tellement occupé à ça qu’il sursauta quand une main ouverte se tendit vers lui. Que lui voulait cette main ? Elle était vide, caleuse, et n’apportait ni tartine de pâté d’herbes, ni pomme, ni promesse de jours meilleurs. Des yeux, Einar suivit cet appendice, attaché à un bras, lui-même relié à une épaule, qui bizarrement, était drapée de couleurs qui lui rappelait quelque chose. Des étoffes bigarrées, qui entouraient un cou ébène.
Blink. Que faisait la tête de la dénommée Shawna sur ces épaules ? Et surtout, pourquoi une main dépassait-elle en sa direction ? Non, décidément, c’était un trop grand mystère pour lui.
Qui, heureusement , fut dévoilé par les paroles aussi bigarrées que les foulards qui les énonçaient.

Un sourire rassuré sur ses lèvres et des étoiles de délivrance dans les pupilles, Einar Soham serra la main tendue qui semblait appartenir à Shawan. Une présence amie ( ou au moins, amicale ) dans cette forêt hostile n’était pas de trop, surtout si ça le conduisait à des vivres, et l’accomplissement de sa mission.
Que diraient les autres s’il n’était même pas capable de remplir une tâche aussi avilissante ? Il ne lui resterait plus qu’à se saisir d’une serpillière et récurer le sol de la Grotte aux Chantelames, si il en était même digne.
Soulagé de n’avoir pas à conserver un ton formel comme il le devait devant les Til’Lleldoryn et Tifen Layan, il reprit avec joie son langage châtié qui lui rappelait sa folle jeunesse :


- Moi c’est Einar, ‘content que tu sois pas comme les autres balourds d’cette caravane.

L’éclat rouge, la lueur du soleil qui se reflétait sur ses courbes si alléchantes, la promesse d’un plaisir juteux qui précédait la douce chaleur de l’apaisement… Ces pommes étaient décidément tentatrices.
Elles n’étaient qu’à une longueur de bras, dans la carriole la plus proche. C’était suffisant pour décider Einar, qui avait planté ses dents dans l’une d’entre elles avant que quiconque puisse dire le mot « Gwendalavir ».
Comme appelé par un radar, le dirigeant de la carriole leur tomba dessus, rouspétant sous les agréables effluves de sa crasse et de l’alcool de prune qu’il devait consommer régulièrement :

- Hé ho, le gamin ! J’vais venir te baroufler les ouillets si tu continues ! Ton vol, tu le paies avec du métal clinquant ou avec des soufflets !

L’appel de la faim rendait Einar imperméable à tout – que ce soit les insultes ou les postillons qui leur tombaient dessus par ouragan. La pomme dans une main, la bouche pleine, il tenta quelques borborygmes avant de laisser tomber, de plonger la main dans sa bourse et d’en tirer un nombre plus que suffisant de piécettes pour payer un boisseau de pommes. Il en mangerait quelques-unes en route et raménerait le reste aux autres – s’il en restait.

- Tu l’veux, ton or ? Attrape !

Et la poignée de piécettes de cuivre vola dans le visage du vieux marchand patibulaire, lui tirant une exclamation particulièrement grotesque et une kyrielle de jurons suffisante pour habiller un Siffleur pour l’hiver. Arrachant des lambeaux de pommes avec avidité, Einar en tendit une autre à Shawna :

- T’en veux une ? Et au fait, on est loin du prochain village ? L’autre vieux va pas me tolérer pendant des heures, ‘serait capable de m’reprendre mes pommes.

Quand on vous dit que la faim transfigure un homme, en voilà un parfait exemple.



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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Mer 11 Aoû 2010 - 20:42

Shawna arracha presque la pomme des mains d’Einar, d’un mouvement rapide et violent, et mordit dedans à pleine dent. Mais c’est qu’elles étaient bonnes, en plus, pas la peine de chercher loin pour comprendre pourquoi le Marchant ne voulait pas les vendre à n’importe quel prix… Elle prit une autre bouchée, observant le maître de la caravane s’énerver, son visage prenant soudain une couleur d’un rouge… pomme. Parce que les tomates, un peu ça va mais trop c’est trop. : za : Il ordonna sèchement à l’une des femmes de ramasser les piécettes, les yeux fixés sur Einar, lui réservant visiblement les pires horreurs pour cette insulte frappante. Mais l’argent passait avant la vengeance, dans le dictionnaire comme dans la tête du marchand, et Shawna profita des quelques secondes de répit pendant lesquelles il comptait discrètement – à ses yeux, sûrement – la somme donnée par le jeune homme en soupesant du regard ce qui devait rester dans la bourse qui pendait à sa ceinture.

- Ici la règle, moustique, c’est chacun pour sa pomme, répondit Shawna laconiquement, le fruit rond toujours coincée entre sa paume. Ils sont peut-être antipathiques, mais ils vont me permettre de traverser les Plateaux d’Astariul en un seul morceau, donc à moins que tu ne caches une bande de guerriers sous ta tunique, j’reste avec eux et j’évite de les agacer plus que nécessaire avant la fin du voyage.

Le Marchand avait terminé ses actes avares ; mais avant qu’il ne puisse ouvrir la bouche pour donner un ordre ou un autre, insulter Einar ou demander une plus grosse somme, Shawna n’en savait rien, elle attrapa le jeune homme par le bras et lui glissa à l’oreille :

- Mais j’suis sûre qu’ils seraient très heureux de me voir disparaitre pour un morceau du voyage, alors laissons-les donc se morfondre joyeusement dans leur silence taciturne et leur austérité. Au pire, si on tombe sur un nid de marcheurs, j’te jetterais dedans en sacrifice et j’en profiterais pour me barrer.

Incertaine de s’il avait pris sa phrase sérieusement ou non, elle lui fit un clin d’œil en souriant, avant de se tourner vers le Marchand.

- Je t’offre généreusement une demi-journée de paix, sans avoir à écouter mes jérémiades et en tenant le gamin à distance. D’ailleurs, toi qui rappelle si bien que seuls les soufflets attendent les voleurs, ne pensent même pas à lui demander plus, alors que ce qu’il t’a payé est parfaitement convenable.

Il tiqua à nouveau ; Shawna n’eut aucun mal à deviner pourquoi. Il est beaucoup plus facile d’arnaquer quelqu’un lorsqu’il n’est pas certain de la valeur de ce qu’il achète. Mais finalement, se débarrasser des deux jeunes gens pour le reste de la journée n’était pas plus mal pour lui…

- Fais comme tu le souhaites, roturière. Mais sache que nous ne t’attendrons pas pour continuer notre route.
- Tu devrais tenir ta langue, petit bourgeois. Tes poches sont peut-être plus gonflées que les miennes, mais il suffit de quelques mots glissés aux bonnes personnes pour faire baisser tes prix en flèche, et les bonnes personnes, je sais où les trouver.
- Tu sais où nous nous arrêtons prochainement, débrouille-toi simplement pour t’y rendre avant demain.
- Je tenterais de ne pas faire attendre son honneur trop longtemps, finit-elle avec une petite révérence ironique.

Et sur ce, elle fit un signe de tête pour montrer l’avant du chemin à Einar, pour qu’ils puissent prendre de l’avance, en profitant enfin pour répondre à sa question :

- Eux, ils leur faudra bien encore trois quart d’heures pour arriver à destination… Nous, une demi-heure, si tu n’égales pas leur lenteur de gommeur.

Elle lança un regard en biais vers le fardeau qui encombrait les bras du pauvre jeune homme ; quelle idée, aussi, d’acheter un boisseau de pommes et de chercher des vivres sans apporter quoique ce soit pour les transporter. Surtout qu'il avait l'air de venir de loin, l'inconscient... Bah, ils trouveraient bien quelque chose au village pour l’aider à repartir de là d’où il venait sans se briser le dos.

- J’vais te décharger un peu, va.

Et sur ce, elle attrapa deux pommes en plus, lui retirant ainsi un poids bien moindre, par rapport à ce qu’elle aurait pu faire… Elle lança une pomme en l’air, puis une deuxième, puis rattrapa la première alors que la troisième, déjà abimée par ses traces de dents, rejoignait la deuxième pour virevolter dans les airs. Continuant à les fixer pour ne pas perdre le rythme, les yeux levés à mi-distance vers le ciel, elle lâcha :

- C’est mon cousin qui m’a appris à jongler.


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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Mar 17 Aoû 2010 - 23:14

- Hey, mes pommes !

Malheureusement pour Einar, il ne pouvait pas taper Shawna, récupérer les pommes en l’air ET tenir le reste entre ses bras dans le même temps. Il était comme tous les hommes : une tâche à la fois.
D’abord : se décharger de sa charge. Car oui, Einar n’était pas complètement stupide (même s’il s’en rapprochait dangereusement) et n’était pas parti dans une expédition stomacale sans prendre de quoi transporter la nourriture. Et non, le gouffre sans fond qui lui servait d’appétit n’était pas un récipient valable.
Le sac de tissu froissé qu’il sortit tels les grands Siegfried et Roy de l’intérieur de sa veste en cuir était un contenant valable, lui. L’équilibre précaire des dizaines de pommes qu’il tenaient dans un seul bras y fut sacrifié et quelques-unes tombèrent à terre, qu’Einar se dépêcha de fourrer dans le sac informe avant qu’elles ne découvrent le vol ascensionnel entre les mains moqueuses de l’Itinérante.
Non mais. Maintenant, au lieu d’avoir plein de pommes dans les bras, il avait un sac plein de pommes dans les bras. Il y avait du mieux.


- J’t’ai dit que tu pouvais en prendre une, pas faire la troubadour avec l’intégralité de mon déjeuner !

Ni une ni deux, le Lupus ajusta le sac dans son dos d’un nœud solide et courut vers la jeune femme qui avait profité de son rangement pour s’éloigner d’un pas aérien, les orbes rouges virevoltant plus haut encore. Un rire insolent s’effilochait sur son passage, qu’Einar saisit telle une corde pour la rattraper, son sac ballottant sur les épaules.
S’il avait pesé 1.90m, avait possédé une barbe et la carrure d’un célèbre rugueux-byman, il n’aurait pas hésité à se jeter toutes paluches dehors sur la chapardeuse pour lui reprendre son larçin. Mais le fait était qu’elle le considérait comme le moustique qu’il était.
Aussi, plan B.

Arrivé en courant à la hauteur de Shawna, la main d’Einar fusa et saisit ce qui lui tombait le plus facilement sous les doits – à savoir les foulards. Quelle idée de les laisser traîner négligemment sur les épaules, aussi ? Les tissus geignirent tant qu’ils purent, mais c’était trop tard ! Déjà ils se dénouaient du cou où ils étaient mollement enroulés, et l’adolescent partit sur le chemin au triple galop.


- Tes foulards contre mes pommes !

L’avantage qu’il y avait à avoir une carrure de crevette, c’était le peu de poids qu’il fallait mettre en branle pour courir. Filant ventre à terre sur les chemins tortueux, le futur Chantelame se retourna le temps de voir Shawna démarrer à sa suite, les pommes balançant au rythme de ses bras comme des zébrures rouges dans la végétation dense. Dard dard, il continua hors d’haleine, sautant par-dessus les fourrés, se baissant pour éviter les branches basses.
Entre deux souffles erratiques, il lâchait des éclats de rire. Qu’importait qu’il n’avait pas encore rempli sa mission ? A leur allure de chevreuils effarouchés, ils seraient au village rapidement, et il n’y avait qu’un seul chemin qui trouait la forêt, pas moyen de se perdre.

Un tiers observateur qui se serait trouvé sur les chemins à la recherche de champignons n’aurait rien compris à sa vie. Qu’interpréter dans les éclairs de couleurs vives laissées par un jeune homme galopant des foulards à la main, suivi de très près par pas moins d’éclairs vivaces à la kyrielle de jurons plus inventifs les uns que les autres ?



- Tu m’attraperas jamais, t’es qu’une fille !

La Dame, sûrement vexée dans cette considération féminine peu appréciatrice de son sujet juvénile, choisit cet instant précis pour placer sur la route d’Einar une racine dissimulée par une flaque de boue, une racine à la courbure convexe suffisante pour qu’un pied aux semelles de vents s’y glisse, y entraine une jambe, déséquilibre les forces de l’inertie et joue sur la gravité, pour étaler horizontalement une masse haletante et pommée.
Le souffle coupé par ce soudain changement de décor, le jeune homme ne prit pas le temps de réfléchir. Il sentait déjà une main s’aggriper aux foulards et tirer dessus, et s’acharna à les reprendre avec toute la hargne que la jeunesse mettait à relever un défi puéril.
Son défi nota l’étonnante résistance des tissus qui geignirent et se tordirent sous leurs forces respectives sans céder. Bougre, elle avait de la force, la fille !
Plan C. Une expression de soudaine surprise sur le visage, Einar osa lâcher une main pour pointer un index fébrile vers le ciel, tandis que sa voix claire et enfantine s’éleva :

-Regarde !! Un oiseau mort !

Et il tira. C’était la demi-seconde qu’il lui fallut pour reprendre les foulards, les enrouler autour de ses poignets tandis qu’il repartait toutes voiles dehors, le sac de pommes balloté dans son dos.
Requiem pour les poumons brûlants, mais il avait un honneur de jeune lièvre à sauver.
Et au pire, si les pommes résistaient pas, ils auraient de la compote ce soir.




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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Dim 29 Aoû 2010 - 23:49

- Chapardeur ! Mes foulards contre une belle tarte dans la figure, oui !

La pomme, au lieu de retourner voltiger loin de la loi de celui-qui-dit-que-les-pommes-ça-tombe-vers-le-bas-pas-vers-le-haut, s’arrêta au creux de la paume de la saltimbanque, et les deux suivantes dans son autre main, l’une d’entre elle coincée entre l’index et le majeur ; sur ce coup là, elle était fière, elle n’avait rien fait tomber malgré la déstabilisation apportée par les gestes inattendus du mioche. Tirer sur ses foulards ! Cela faisait bien trois siècles que personne n’avait osé faire une chose pareille. Depuis… depuis Lael, tiens. Trois siècles, donc. Ou trois courts instants, maintenant qu’Einar filait avec son ruban violet, son foulard jaune et son fichu bleu. Oui, parce qu’il n’y avait pas que des foulards, elle se mettait vraiment n’importe quoi n’importe comment sur la tête… et n’allait bientôt plus rien avoir pour se couvrir le crâne, si elle le laissait filer comme un lapin. Elle n’hésita pas, avant de se lancer à sa suite à flan de montagne, entre les arbres et les cailloux.

Sauf que si Einar pouvait malmener sa compote, le fardeau de Shawna était un tant soit peu plus fragile. Il était hors de question qu’elle détruise son luth, bien attaché dans son dos, en glissant dans la boue et en dégringolant dans un fossé quelconque pour trois morceaux de tissu sans intérêt. Ou qu’elle casse l’ocarina qu’elle avait glissé dans l’une de ses nombreuses poches. Ou sa flûte de pan à sa ceinture. Ou… non, on va dire que les choses fragiles s’arrêtent là, parce que s’il fallait fouiller dans toutes ses poches, on n’était pas sorti des ronces. Elle laissa d’ailleurs les pommes chuter dans l’une des poches en question, pour avoir les mains libres, et accéléra un peu, malgré l’attention qu’elle portait à l’endroit où elle mettait les pieds, chose rare en ce qui la concernait, il faut le dire ; c’est qu’il allait fichtrement vite, le moucheron ! Et puis, il faut dire que malgré son passage à Eoliane, qui était sur la route de la caravane, les courbatures de son combat récent se faisaient encore quelque peu ressentir. Tant mieux, en même temps. Pouvoir empêcher quelqu’un de ressentir la douleur, quel pouvoir sinistre, brr.

- Ralentis, moustique, sinon quand je t’attrape je vais te le faire regretter !

Menaces en l’air, qui ne voulaient rien dire, et elle en avait très bien conscience. Jamais elle n’aurait dit quelque chose d’aussi stupide, si elle avait été sérieuse ; mais leurs éclats de rire mutuels, étouffés ou non, se laissaient entendre dans l’air frais, et la mauvaise humeur apportée par les marchands s’envolait peu à peu. Bon, il n’était pas encore assez loin pour ne pas entendre ses insultes, c’était un bon point. Heureusement pour elle, une racine salvatrice lui permit de rattraper son retard… avant qu’une ruse enfantine ne permette à Einar de repartir entre les arbres.

- Saleté de mioche de Raï baveux ! Tu me le paieras !

Ce n’était même pas la phrase, qui lui avait fait baisser sa garde ; c’est qu’il était bon comédien ! De la vraie surprise, sur son visage ! Et puis, il avait lâché une main, ça signifiait bien la fin du jeu, non ? Ah ! Avec une petite sœur et des tonnes de cousins plus ou moins éloignés, elle aurait dû se méfier plus que ça, et savait très bien que toutes les ruses étaient bonnes ! Toutes les ruses… Eh ! Mais ça pouvait être utile, une pomme. Plus qu’un foulard. Sortant la première de la poche où elle l’avait glissée tout en continuant à courir, elle visa maladroitement et la jeta vers l’avant. Elle passa telle une fusée à la droite du jeune homme, pour aller s’écraser sur un tronc. La deuxième eu plus de chance – en même temps, elle n’était pas assez loin pour avoir une chance de rater -, et s’écrasa contre son dos. C’était la pas ronde, en plus. Nous allons pouvoir théoriser sur la précision des pommes croquées par rapport aux pommes rondes, avec et sans tige, s’il vous plait.

- Bien fait pour ta pomme !

Enormément fière de ce jeu de mots complètement obsolète qui avait dû être fait au moins par tous les jeunes gens de Gwendalavir depuis son origine, et qui n’était même pas très bien trouvé ni original vu les circonstances, elle accéléra encore, le sourire aux lèvres, n’étant plus qu’à quelques foulées du jeune homme. Elle ne ralentit pas en se rapprochant de lui ; souvent, c’est ce que faisait le loup, et il perdait sa proie sur le coup. Elle, au contraire, tendit les mains en avant, s’agrippa à sa tunique, et… Bon, il n’est pas avisé de foncer dans quelqu’un qui tient un sac de pommes. De peur de voir les pommes s’écrabouiller sous les 1m90, et le détenteur du sac avec, et la personne qui fonçait avec… Bon, ce n’était pas grave, son luth était au dessus du vric à vrac de bras, de jambes et autres affaires. Shawna profita de la confusion générale pour récupérer le truc jaune qui traînait par terre et se replacer le fichu bleu sur la tête, alors qu’Einar serrait désespérément le foulard restant entre ses phalanges, elles allaient finir par casser, les pauvres. Avec une moue dérisoire, Shawna se dégagea, tapota du bout des doigts le crâne du jeune homme, avant de lâcher lâchement :

- Tu peux le garder, j’t’ai perdu une partie de ton repas.

Et elle sortit le dernier fruit, seule à être encore en état, lui faisant confiance pour la rattraper au vol.

Ce fut le moment où elle l’entendit. Juste là, sous son oreille, à bourdonner de ces menaces implicites qui ne laissent personne de glace. Ils étaient en pleine forêt, en plein été, et maintenant qu’elle y faisait attention, le joyeux commandant qui agaçait ses oreilles de musicienne n’était pas le seul. Mais c’est qu’ils étaient toute une escadrille pale

- Moustiques !

Au manque de réaction flagrant de son compagnon, elle ajouta, agacée, en se souvenant que c’était ainsi qu’elle l’appelait depuis leur rencontre :

- Mais non, pas toi, y a des moustiques !

Devant ce groupe d’attaque imparable, une seule solution : la fuite. Shawna partit en courant dans les bois à la recherche d’un endroit moins infesté, reprenant la course poursuite, à la place du lapin plutôt que du chasseur, cette fois, laissant Einar derrière elle se faire dévorer par les bêtes assoiffées de sang. Elle avait prévenu, que s’ils tombaient sur des marcheurs, elle le jetait en sacrifice. Mais les moustiques, dans la catégorie monstre, c’était bien, bien pire…


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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Sam 11 Sep 2010 - 19:19

Et soudain, ce fut l’Apocalypse.
Bon, ok, juste la fin du Monde.
… D’accord, juste la fin de la course. Mais elle fut violente, brutale, soudaine et innattendue, tout ça. Einar passa de l’état de lièvre à celui de carpette, exprimant tout l’air que contenait ses poumons sous le poids terrible de : un sac plein de pommes, une jeune fille pleine d’insolence et une défaite pleine d’amertumes. En gros, Einar couinait comme une petite souris sous la patte d’un Siffleur, bataillant pour
Clong.

Hon. Naaan, reviens petite boule d’inspi lumineuse, je t’adore, je t’adule, je t’offre mille taureaux d’un aux aux cornes luisantes d’or, qui n’ont jamais porté le joug pour qu’Ulysse ingénieux revienne à sa patrie… Bip bip. *secoue la boule d’inspi comme un pommier, des fois que les prédictions eleriennes fonctionnent*

Retrouverunpeudesoufflevitalquiluipermettraitdes’extrairedesouslamasseéléphantlamasseélephantlamasseéléphantlamasseéléphantesque. STOP. Rewind. Play.
En gros, Einar couinait comme une petite souris sous la patte d’un Siffleur, bataillant pour retrouver un peu de souffle vital, qui lui permettrait de s’extraire de sous la masse éléphantesque. Ses articulations craquaient comme des miel pops et il avait AU MOINS trente-trois cotes cassées.
Mais il avait gagné un foulard dans l’affaire et ça, il en était super fier. En plus il était joli, bien qu’un peu tâché de boue et de poussière à cause de la chute. Il était vrai qu’il ne pourrait pas se présenter à la Grotte aux Chantelames avec seulement ce foulard crasseux comme dîner, ça ferait un peu léger pour tout le monde et il n’était pas sûr que le groupe serait foulardophage…

Une sensation poisseuse qui lui coulait le long de l’échine lui indiqua que son butin… n’en était plus un. Rien qu’au jus qui dégoulinait du sac en toile, on pouvait deviner le massacre pommeux à l’intérieur… et ça c’était terrible aussi, parce que la compote, ça va bien cinq minutes, mais seulement faite par sa grand-mère.
Toute son inspomme, écrasée, réduite en bouillie par face-de-suie… Sad Il n’allait jamais s’en remettre –ni moi finir mon post avec le-dit personnage, si aucune des pommes n’est encore en vie. Mais ! Heureusement, le coup de théâtre (ou plutôt le coup de pomme) de ce post arrive :

En effet, Einar, encore tout éboubi de sa chute et de l’extraordinaire proximité de la fille, n’était pas au top de ses performances. Déjà qu’en tant normal ses réflexes équivalaient ceux du vieux Artaïel en pleine crise de rhumatismes, je vous laisse imaginer après une folle galopade dans les prés. Donc, évidemment, il ne rattrapa PAS la pomme que lui lançait Shawna. Moi, en revanche, petit membre derrière son ordinateur, je saisis ce globe rubicond d’inspi et le dévorai tout cru, préparant ainsi la seconde page de ce post avec un entrain renouvelé. Quant à la cohérence dans l’histoire, disons simplement que la pomme disparut de son champ de vision et qu’avant même de songer à la chercher, il entendit le mot fatal :
Moustiques.

Moustiques ?

Moustiques. Idea

Moustiiiiiiques ! pale

Et l’autre avait fui. Il se trouvait tout seul devant une mort terrible : se faire sucer le sang par intervalles de millilitres par des bêbêtes qui faisaient bzz, qui lui mettaient de l’urticaire et des gros boutons qui grattent et qui pouvaient le rendre malade si en plus elles s’étaient pas lavées les pattes avant de partir en chasse de sa précieuse hémoglobine. C’était affreux. Les larmes lui montaient aux yeux quand il vit un de ses insectes voleter près de son nez, le forçant à loucher, puis alla se poser délicatement sur sa joue et.
Paf, le moustique. Mais trop tard : ses pommettes le démangeaient déjà. Par pur réflexe de survie animal, le jeune homme toujours a moitié étendu se débattait des quatre fers en agitant ses membres torses en tout sens, pour chasser l’inchassable et éviter de finir comme une calculette. Ses pieds glissaient sur le sol boueux, et c’est cahin-caha qu’il se remit en position debout, de grandes traces de terre sur l’habit, gémissant sous l’assaut des bêtes. Le sac de pommes écrasées servit bientôt de massue (il se gorgea d’en avoir éborgné un dans la foulée, précis comme il était) et des giclées de jus de pommes l’entourèrent, tel Aang waterbendant l’eau tout autour de lui, tel le fléchu qu’il était.

- Reviens ici, ‘spèce de lâche ! Tu vas pas le laisser mourir ici, sinon j’viendrai te hanter de tout mon ectoplasme !!

Tel était Einar le Vociférateur, digne de Ménélas, se démenant contre la nuée de moustiques des marais qui l’avait pris pour cible, certainement à cause de son sang noble de toutes les odeurs qui devaient exhaler de lui après une journée de marche sous le soleil. Sa décision fut prise : c’était lui, ou elles. De tout ce qui lui restait de force, il fit tournoyer le sac de compote et l’envoya dans les fourrés au loin, espérant que ça suffirait à dériver de lui la horde vrombissante ; ceci fait, il dérapa sur le sol caillouteux et boueux et prit ses jambes à son cou (métaphoriquement, sinon je vous dis pas le bordel pour courir). Comme un dératé, il rejoignit l’autre fille qui s’était arrêtée plus loin, à l’abri d’un rocher, pour observer le jeune homme mourir sous d’atroces souffrances.
Essouflé, il se laissa choir sur le sol moussu, et lui darda un regard noir pour l’avoir lâchement abandonné à son triste sort.

- Toutes mes pommes… En plus ce sac il était pratique, comment j’vais faire pour ramener de la nourriture à mes amis maintenant ?

Les larmes n’étaient pas loin, et les joues d’Einar se teintaient de rouge –de la course effrenée et de la panique qui venait de les prendre, et non pas de honte pour une fois. Des démangeaisons le prirent et ses doigts aux ongles crasseux vinrent écorcher la peau de son cou, de ses bras et de son torse, alors qu’apparaissaient sur sa peau pâle des boutons rouges à l’endroit où il avait été piqué. Furieusement, il se tordit sous le ricanement de Shawna, et lui jeta plus d’une fois un bâton pour tenter de la faire taire. La journée était décidément une pire journée, et l’enfant qu’il était resté avait envie de se rouler en boule dans le creux de ses couvertures écouteurs sur les oreilles et d’appeler après sa mère. Malheureusement, il n’en avait pas le loisir.

La nausée le prit subitement, reste de pommes et de peur, et un haut le cœur lui secoua tout le haut de la poitrine.

-Oh non… j’avais oublié que ça me rendait malade…
gémit-il avant de se plier en deux en avant et de rendre tout son maigre repas, à grands renforts de bruits saugrenus. Les larmes lui tombaient maintenant des cils, autant de confusion que de désespoir. Quand son estomac fut vidé de tout ce qui pouvait repartir dans l’autre sens , il leva ses yeux couleur tourbe vers Shawna et lui adressa un regard de chien battu, tel qu’il savait si bien le faire quand il voulait qu’on l’aide. Son teint devait être assez amusant, pensa-t-il amèrement, entre la peau crayeuse et suante et les boutons rouge vif qui irradiaient autour des piqures.

- Spèce de face-de-suie, t’as essayé de me tuer, hein, avoue ?!

Il se releva, jambes flageolantes. Heureusement, ça ne dureras pas toute la journée et il fallait attendre un peu que le malaise passe, mais pour le moment, il avait tout de la chiffe molle. Il s’accrocha à Shawna de sorte qu’elle subisse son contact, déterminé à l’empoisonner comme elle venait de tenter de le livrer en pâture aux moustiques.
Odeur, sueur, vision, tout y était. Il s’accrocha de plus belle aux différents tissus qui composaient l’étoffe de l’Itinérante, pour l’empêcher de s’éloigner.



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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Dim 21 Nov 2010 - 12:24

[Moins de trois mois de retard, oua o/]

Shawna ricanait, pliée en deux de rire, en voyant le moustique se débattre au milieu de ses semblables, et se battre avec son sac de pommes ; elle n’avait jamais vu quelqu’un batailler avec autant de.. grâce, et avec une arme pareille. Il tournoyait comme une ballerine, et la compote fit un vol plané, utilisant cette fois la loi centrifugesque de celui-qui-avait-dit-que-quand-on-tourne,-la-puissance-envoie-sur-les-côtés-et-pas-vers-l’intérieur. Le jeune homme s’écrasa à ses pieds, fatigués, et Shawna resta adossée au rocher, le regardant de haut. A sa question, elle se contenta de sourire de toutes ses dents.

- Ils sont fous comment, tes amis, pour envoyer un moins-que-rien comme toi chercher le repas, et lui faire confiance pour revenir avec la nourriture et en un seul morceau, voir revenir tout court ?

Et visiblement, son sang faisait un bon repas pour les autres bestioles, parce que les insectes ne l’avaient pas raté. Elle avait réussi à s’en sortir sans trop de mal, mais lui… Quoiqu’elle sentait bien une irritation sur son avant-bras droit, mais plutôt mourir que de le montrer au pommeur [pommeur, du radical pomme, aussi connu sous le nom de possesseur de pomme. De la même famille que l’instituteur, qui possède des instituts, et de l’agriculteur, qui possède des agri cultes. Dans un deuxième sens, quelqu’un de pommé. Voir paumé, qui sait.]. De toute façon, il ne faut surtout pas gratter les boutons de moustique, c’est encore pire, après.

Les ricanements de Shawna se turent bien vite, par contre, lorsque le pathétique morveux, non content de gémir, se mit en plus à pleurnicher et à rendre son maigre repas à ses pieds. Shawna recula précipitamment, et grimaça d’un air dégoûté lorsqu’il leva vers elle ses yeux de chat potté. Il croyait vraiment qu’elle allait l’aider ? C’était lui qui avait préféré se battre avec son sac de pommes de terre au lieu de sortir des bois et du nid à moustiques, lui qui avait décidé de courir en fonçant avec ses foulards, et lui encore qui s’était vautré à terre. Ce n’était pas sa faute à elle s’il était une petite nature. Et puis qu’est-ce qu’il voulait qu’elle fasse, de toute façon ? Lui dire que ça allait aller mieux et lui tapoter gentiment le dos ? Comme si ça changerait quelque chose. Autant crever.

- T’aurais mieux fait de laisser mes guerriers moustiques te finir, t’es vraiment dans un état lamentable.

Evidemment, tuer Soham à coup de piqûres n’avait jamais été son intention, et il le savait aussi bien qu’elle, mais elle continua sur sa lancée, heureuse de pouvoir délirer avec lui. Elle ne rit pas longtemps, pourtant, et ses piques verbales disparurent aussi vite que ses ricanements précédents.

Aaaah !

- Mais lâche-moi, le mioche !

Shawna le repoussa brutalement, mais les doigts de Soham serraient désespérément le tissu de la manche de sa tunique, et elle eut beau tenter de se dégager, le mioche s’accrochait. C’est qu’il y tenait, à ses tissus, le môme ! Il était tout faible, mais il avait de la poigne. Les larmes, la sueur et le vomi se partageaient son visage de manière assez pitoyable, mais ce n’était pas ça qui dérangeait Shawna ; c’était qu’il l’obligeait en se tenant à elle à l’aider à se recomposer, et qu’elle n’avait absolument aucune envie de l’aider. S’il voulait retrouver son équilibre, qu’il se retienne au rocher, mais pas à elle, par tous les Ts’lichs !

- J’vais pas partir, t’as pas besoin de me retenir ! Si je t'abandonnais là, j'suis sûre que tu serais capable de gémir assez fort pour te faire entendre sur tout le flan de la montagne, et je tiens trop à mes oreilles pour laisser une chose pareille arriver.

Mais il ne lui faisait visiblement pas confiance, et pour cause. Soupirant, Shawna attendit qu’il se reprenne, puis le tira après elle loin de l’odeur nauséabonde du repas qui pourrissait par terre, ou plutôt, s’éloigna sans faire attention s’il suivait ou s’il allait finalement lâcher sa manche. Elle avait entendu un ruisseau pas loin, en courant tout à l’heure, et s’enfonça à nouveau dans les bois, faisant attention de contourner la zone à moustiques, du moins tant qu’elle le pouvait – ces bêtes-là avaient tendance à voler un peu partout, n’empêche. Ils contournèrent un fourré de buissons, et là derrière coulait le minuscule ruisseau dont elle avait entendu le bruit.

- Bon, dépêche-toi de te débarbouiller, si tu veux qu’on arrive un jour au village. Et t’inquiète pas pour ton sac de pommes, y a bien un sablier sanglier qui en profitera, et les sacs, on t’en vendra bien d’autres pour transporter tes denrées.


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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Lun 29 Nov 2010 - 10:30


Si Einar avait été une Gorgone avec des serpents à la place de la tignasse, il aurait pétrifié Shawna de son regard noir. Nan, pire que pétrifié, il l’aurait réduite en cailloux tous fins avec lesquels il aurait fait des ricochets, puis siphonné la mare, et versé celle-ci dans les égouts d’Al-Poll. C’était au moins le sor t qu’elle méritait, cette sale grognasse !
Titubant et pâle comme une omelette (vous n’avez jamais vu la tronche des omelettes de sa grand-mère), le petit Soham suivit la face de suie à travers les ronces, les fourrés, les mares de boue et les moustiques. Au point où il en était, de toute manière, il n’avait guère d’autre choix. Son sac était inutilisable, il était dégoutant, esseulé, malheureux :’( et elle semblait connaître suffisamment bien le coin pour lui indiquer où se décrasser.

… Elle espérait qu’il allait pouvoir se débarbouiller avec ce ridicule filet d’eau ? Elle se moquait de lui, là, c’était pas possible. Il y avait même pas de quoi remplir une gourde, elle avait la vue qui baissait ou quoi ? Grommelant, Einar planta là la foulardée et entreprit de remonter le mini-ruisseau-de-poche dans l’espoir de trouver un endroit où le cours serait un peu plus large, histoire de pouvoir y plonger la tête et les bras. Il était difficile de suivre ce cours, qui tortillait entre des buissons dardés d’épines, voraces et méchants, pointus et terrifiants. Mais il tint bon, et puis heureusement, il n’eut pas à aller bien loin, le ruisseau s’élargissait relativement vite. Un squik de plaisir accompagna ses ablutions, alors que la fraîcheur de l’eau lavait son visage de toutes les immondices qui le couvrait. Il allait enfin pouvoir réfléchir comme un homme. Propre comme un sou neuf, Einar se retourna vers Shawna, qui se tenait encore une fois à distance ; il se doutait que l’eau ne pouvait pas ôter toutes les piqures de moustique, et il devait sembler assez bizarre, avec son visage pâle à poix rouges.


- Mes amis, ils ont des oreilles pointues, d’abord. Tu peux pas comprendre.

Et je te bouderais bien, tiens, maintenant que j’ai retrouvé un semblant de dignité…. Quoique. Je sais pas par où c’est, le village. Ni comment retourner vers les environs de l’Académie. Je me hais pour le penser, mais j’dais devoir te suivre, la mioche… Tss.
Apparemment, le message était passé dans ses yeux de gorgone (il semblait à Einar que des serpents lui poussaient sur les poils de tête) et ils se remirent en marche, lui restant dans les pas de Shawna pour éviter de se prendre des branches dans la tête. Il avait eu son compte d’humiliation et voulait juste pouvoir acheter ses petites pommes pour retourner auprès de ses amis aux oreilles pointues… tristesse.

- C’est encore looooin ? J’ai mal aux pieds…

Et ça pouvait se comprendre, non ? Il devait avoir les pieds dans un état… Pire encore que les compotes de son ancien sac. Et puis il avait crapahuté toute la journée, quoi, il avait droit à un peu de repos. Alors qu’il allait s’apprêter à s’asseoir sur un rocher et ne plus bouger, la forêt se dégagea un peu, et ils virent en creux de vallée le village dont elle avait fait la mention. Enfin.
ENFIN.
Einar promit mentalement de consacrer des hécatombes de pommes à la Dame quand le luxe lui permettrait, et descendit avec un entrain renouvelé dans la vallée jusqu’à l’entrée du village. Il devait vérifier qu’il était en état de se présenter devant la civilisation. Aussi, comme un grand garçon, il rajusta sa chemise, tenta d’effacer les tâches avec le pouce, remit les pans qui dépassaient dans ses pantalons de toile à qui il donna un semblant d’ordre malgré les genoux tâchés de terre. Il ne devait pas ressembler à grand-chose, mais ça devait être mieux que ressembler à rien du tout. Dans sa poche se trouvait..

- Hé ! Ma bourse ! Rends-la moi, sale voleuse !

Pourquoi elle l’aurait volée ? Parce que. Elle avait plein de foulards sur la tête et un teint bizarre, elle avait voulu le tuer à coups de bzz bzz. Et elle avait l’air assez agile de ses mains, et lui était suffisamment niais pour se faire n’importe quoi. N’empêche que sa bourse, il en avait besoin, elle était pas à lui et Valen allait lui faire des oreilles pointues s’il revenait sans nourriture, sans sac et sans bourse… Catastrophe. Surtout maintenant qu’ils avaient atteint un village civilisé et qu’il était sur le point de d’acquitter de la mission qui lui avait été confiée.

-Allez c’est pas drôle, rends-la mooi, Oreilles Pointues va me tuer, me découper en rondelles et me servir en terrine aux autres, si je reviens sans rien et sans son argent… Je suis sûr que je ferais une très mauvaise terrine en plus, tu empêcherais une intoxication alimentaire massive en me rendant mon argent !


Yeux mouillants de siffleur potté : ON.






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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Dim 12 Déc 2010 - 11:41

Shawna suivit Einar à distance, et s’arrêta à côté d’un tronc d’arbre, s’appuyant latéralement dessus, son épaule contre l’écorce sèche. Avant de s’éloigner immédiatement en vitesse, et de faire une grimace singesque en levant les yeux vers la cime des arbres. Evidemment, elle avait choisi un pin comme appui ! La résine dégoulinait le long du tronc, collante, visqueuse, et elle ne voulait même plus toucher le tissu au niveau de son bras, elle en avait jusqu’au coude. Heureusement pour elle, le moustique n’avait pas remarqué ce qu’il venait de se passer, occupé qu’il était à se plonger dans le ruisseau. Lorsqu’il daigna enfin lui répondre, elle haussa les sourcils.

- Des faëls ? Laisse-moi rire. Ils sont quand même beaucoup plus dégourdis que les moustiques comme toi, en général. Ils ont le sens de l’orientation quand ils se baladent en forêt, au moins. S’ils t’ont envoyés toi, ils ne doivent vraiment plus avoir toute leur tête. Ou alors, ils essayaient de se débarrasser de toi, et t'as même pas remarqué.

Espérons que les clichés faëls n’étaient pas totalement erronés, et qu’elle ne passe pas pour une parfaite ignare. Mais les faëls vivaient dans la grosse forêt à l’ouest dont elle avait oublié le nom, non ? Donc ils devraient être un peu moins doués à se perdre que le jeune garçon homme. Bon, allez, c’est pas tout mais il fallait y arriver, au village. Oh, mais c’était un vrai pleurnichard, ce gamin !

- Oh, arrête de te plaindre et avance, sinon j’t’abandonne aux marcheurs avec ordre de t’arracher la langue. Et aux moustiques. Quoiqu’ils t’aient déjà vidé de tout ton sang, ils peuvent pas faire grand-chose de plus.

Mais ses insultes étaient prononcées d’un ton las, sans l’énergie qu’elle y mettait habituellement ; elle aussi, elle avait mal aux pieds, à force de vagabonder dans la forêt. Moins que lui, évidemment – elle devait avoir davantage l’habitude – mais tout de même, la forêt n’était pas le plus facile des parcours. Et puis, elle préférait largement entendre ses gémissements plutôt que le silence hostile des marchands qui avaient accepté qu’elle les accompagne. Eux étaient véritablement insupportables, et elle ne pouvait rien y faire. Lui, elle pouvait toujours lui taper dessus s’il devenait trop collant :arrow : Les premiers toits apparurent enfin en contrebas, et Shawna accéléra. Non pas qu’elle était pressée, mais Einar accélérait derrière elle, et elle comptait bien garder ses distances, cette fois ! Le cri retentit, et elle se retourna, outrée. Pour croiser son expression de mignon avant qu’il ne parte dans une tirade désespérée.

- C’est pas bientôt fini, les gens qui me prennent pour une voleuse ? J’pourrais jamais faire carrière là dedans, moi, même quand je ne fais rien on m’accuse ! J’ai pas ta bourse, t’as dû la faire tomber dans la forêt.

Ohla. Elle aurait mieux fait de se taire, vu la tête qu’il faisait. Quoi, ils étaient si effrayants que ça, ses amis à oreilles pointues ? Ils avaient les dents pointues, aussi, et ils mangeaient de la chair humaine ? A croire que ses « amis » étaient en fait un groupe de bandits comme il y en avait tant dans les montagnes, groupe qui le menaçait des pires représailles s’il ne leurs ramenait pas un festin, lui le pauvre petit animal en détresse. Ils devaient vivre dans une caverne, et le chef s’appelait Ali-Baba… Ils seraient quarante, avec leurs oreilles, leurs dents et leurs couteaux pointus, des sourires mordants et.. Non, ils étaient sept. J’ai dis quoi ? J’ai dis sept. Dix sept ? Non, sans dix. Cent dix sept voleurs acharnés et… Oh, fallait qu’elle se calme, là. Einar avait beau être pathétique, il n’était pas assez stupide pour jouer à l’esclave des bandits, et il n’avait pas l’air si désespéré que ça.

Quoique.

Ca allait être drôle.

- Tu la retrouveras jamais, ta bourse, laisse tomber. J’suis absolument incapable de retrouver le chemin exact qu’on a suivi en venant ici, et puis suffit qu’elle soit tomber sur le côté, dans la boue, dans un trou pour qu’on passe à côté sans la voir. Et puis ça signifierait retourner sur les lieux du crime dans le nid à moustiques, et puis quand on courrait elle a pu tomber n’importe où…

Aaah, qu’est-ce qu’elle aimait martyriser les pauvres petits malheureux comme ça… Mais les blagues les plus courtes sont les meilleures, et si Shawna riait du ridicule de la situation du garçon à poids rouges (c'est rare qu'on puisse décrire les persos comme ça o/), ce n’était pas pour ça qu’elle allait le laisser là tout seul avec son malheur dans la forteresse de la solitude. Il allait les retrouver, ses amis. Avec de l’argent, des pommes, des sacs et à manger. ‘Suffisait d’être un peu débrouillard.

- Tu sais quoi ? J’ai une idée. Les marchands avec qui je suis ne vont pas tarder à venir ici, et ils ont beaucoup trop d’argent qui part en fioritures. Je sais où est le coffre. Il est bien gardé, mais on devrait pouvoir l’atteindre, et tu prendras ce que tu as perdu, comme ça, tu ne te feras pas dévorer par tes amis cannibales. Quitte à ce qu’on m’appelle voleuse, autant que ça soit vrai, hein…

Elle pourrait même en profiter pour reprendre le prix qu’elle avait payé pour le voyage. Bon, après, elle serait obligée de trouver un groupe d’aventuriers quelconque pour traverser les plateaux d’Astariul, mais de toute façon, elle ne se voyait pas supporter les marchands pendant toute la traversée…


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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Ven 17 Déc 2010 - 11:18

Damned. Horreur. Crime et chatimeeeent. Sa bourse.. Sad
Perdue dans la forêt ? Perdue à jamais dans la forêt lugubre avec plein de bandits et de moustiques et d’ogres et de marcheurs et de faces de suie et de méchants mangeurs d’enfants ? Perdue dans un trou boueux ou un coin de mousse ou une souche desséchée ou derrière une protubérance terreuse ou un cadavre de moustique ou même un nid de moustiques ? Par tous les cétacés volants, il était perdu. La bourse en elle-même n’avait rien de transcendant, c’était juste un bout de cuir rattaché à un bout de cuir tressé et dans lequel il y avait des bouts de métal en forme d’étoiles, mais c’était le bout de cuir de Til’ Lleldoryn, le bout de cuir tressé de Til’Lleldoryn et les bouts de métal de Til’Lleldoryn. Il était mouru. Peut-être qu’il pourrait demander à Face-de-suie de l’adopter ? Il serait son aide, il transporterait son luth ou je sais pas quoi qu’elle avait dans le dos, elle lui tiendrait compagnie et ferait pare-moustiques, et il égaierait sûrement le convoi de marchands. Oui, voilà, il allait se faire adopter. Tout sauf retourner dans la grotte, tout sauf affronter sa destinée tragique et marquée par une mort lente et douloureuse.

Einar ouvrit des yeux grands comme des soucoupes à pois (sisi :p ) quand Shawna dit qu’elle avait une idée. Elle, une idée ?! Peuh, elle était trop mesquine pour avoir des idées, il était sûr. Et elle avait surement moins d’idées que de tours dans son sac… Quoique ça dépendait s’il s’agissait d’un tour de potier, d’un tour de passe-passe ou d’un tour du monde, auquel cas tout devenait possible dans son sac bizarre. Enfin bref. Shawna, une idée ?! Il lui fallut s’asseoir rien qu’à cette pensée, sur la butte herbeuse-même, ou il allait défaillir. Voilà, là il pouvait l’écouter. Ecouter sa brillante id-

… Quoi ?!

- Hé ! J’suis pas un voleur moi ! Je préfère encore finir dévoré par les demi-faëls blonds que d’avoir la main coupée pour un crime que tu m’as incité à commettre ! Je suis sûr qu’en plus, tu trouveras un moyen pour te défiler et me faire accuser, et tu t’en sortiras avec tout l’argent en me regardant pendre au gibet comme un sac de patates dans le cellier de chez moi. J’ai pas confiance en toi. Et puis en plus, tu parles trop.

Et c’était pas faux, ça. Elle était bavaaarde, cette fille. Même pour ne rien dire et surtout pour ne rien dire. Et ses parents lui disaient toujours que des gitans qui parlent trop n’ont pas la langue dans leur poche, mais ta bourse et tout ce qu’ils ont pu te piquer. Craintif, le jeune homme passa les paumes sur toutes ses poches pour vérifier leur contenu. Ouf, elles étaient toujours vides, comme au début. Tout allait bien. Elle n’avait pas volé le vide de ses poches.

- Et puis ils arrivent quand tes marchands, hein ? J’ai pas envie de poireauter trois quarts d’heure pour tes beaux yeux, il fait froid et y’a sûrement d’autres marchands dans le village-même à qui quelques quartiers de viande et quelques fruits manquants ne feront pas de tort, non ?

Voler, nan mais je vous jure. Il n’avait jamais volé de sa vie. … Bon, peut-être quand il était gamin avec sa bande de copains, ils avaient chapardé des saucisses qui trainaient sur un étal.. Et puis il avait pris ses foulards aussi. Mais elle lui avait kidnappé ses pommes, et eux avaient laissé trainer leurs saucisses, alors c’était pas sa faute. Et puis comment on faisait pour voler dans un coffre bien gardés par deux gros bourrins poilus ? Tilt.

- Hééé, non, pas question. Il est HORS de question que je serve d’appât ou de jouet pour les gardes. J’suis trop jeune pour mourir, et pourquoi c’est pas toi qui ferait la diversion, hein ? Je sais aussi ouvrir des coffres, namého.

C’était clairement pas vrai. ‘Fin. Si, des coffres ouverts, comme tout le monde il n’avait aucun problème à les ouvrir. Mais des gros coffres avec cinquante-mille cadenas et traquenards bizarres pour empêcher les malotrus de se servir, il avait jamais tenté. Et même s’il avait tenté, il n’aurait jamais réussi. Et quand bien même il aurait réussi, qu’est-ce qu’il aurait volé, d’abord ? Il était un honnête petit garçon jeune homme et ne voulait pas avoir de casier judiciaire.
Un nuage de poussière s’élevait au loin, de la route qui contournait le village sur le flanc de la colline d’en face. Les marchands ! Zut, il avait plus le temps de réciter ses prières ni son code de bonne conduite.

- …. Bon ok. Je veux bien faire le peunchingue baule. Quand tu seras prêt de là où il y a le coffre je saurai où faut que je me dirige, j’irai distraire les deux molosses. Mais j’ai pas sept vies, alors t’as intérêt à faire vite, hein ?







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MessageSujet: Re: Tenons-nous loin des [s]sangliers[/s] sabliers [Terminé]   Sam 18 Déc 2010 - 14:45

Shawna leva les yeux au ciel au premier refus choqué du jeune homme, mais ne s’en offusqua pas ; s’il voulait se faire lapider par ses soi-disant amis, qu’il fasse donc, ce n’était plus son problème. Ne pas voler de la bande de marchands était même mieux pour elle, ça lui éviterait de devoir partir à la recherche d’un autre groupe traversant les Plateaux d’Astariul. C’était pour lui, qu’elle proposait. Et puis un tout tout tout petit peu pour narguer les marchands, aussi. Ils n’avaient qu’à pas être aussi taciturnes et avares. Elle tenta de le convaincre, pourtant, plus par jeu qu’autre chose.

- Tu peux p’t’être pas me faire confiance, mais je suis ta seule chance, moustique. C’est ça où partir les poches vides. Et je refuse de voler quiconque d’autres que cette bande de désagréables personnages. Les gens du village, ils nous ont rien fait de méchant, et ils ont besoin de vendre leurs denrées pour leur vie quotidienne, ils travaillent pour, c’est hors de question qu’on leurs rende la vie difficile. La bande de marchands, par contre, c’est des avares qui mettent des prix exorbitants pour rien du tout. En plus, ils escroquent les gens, y a des trucs pas nets dans leur marchandise, des trucs qui cassent facilement, des fruits pourris de l’intérieur.

Elle n’allait surtout pas développer comment elle avait découvert ça.

- Tu connais l’histoire de Robyn d’Ombreuse ? Ben voilà, on serait comme Robyn d’Ombreuse. On vole aux riches pour donner aux pauvres. Sauf qu’on vole à des gens qu’on aime pas pour donner à nous-mêmes, mais bon, tu en as plus besoin qu’eux. J’savais pas que les demi-faëls étaient carnivores, mais si ça peut te sauver la vie…

Elle avait adoré cette histoire, quand elle était petite. Elle ne comptait plus les fois où elle avait demandé à Nahemi de la lui conter, ou les fois où elle avait joué son histoire avec Yeleen dans le jardin, chacune avec son bâton à la main, à s’inventer des milliards d’histoires où elles combattaient à ses côtés. Ou plutôt, où elle combattait à ses côtés – Yeleen était plus souvent la princesse à sauver. Robyn était juste, et il ne se laissait pas marcher dessus par les gens de plus haute naissance ; il défendait une cause noble, et sa ballade avait été la première qu’elle avait apprise à jouer en entier sur son luth.

Tiens, le moustique avait changé d’avis. Shawna sourit du sourire de la victoire, et l’empoigna par le bras pour l’entraîner derrière elle à l’entrée du village. Les marchands étaient au bout de la route ; ils seraient bientôt là.

-T’auras pas besoin de poireauter trois-quarts d’heure, t’as vu ? Même si mes beaux yeux en auraient valu la peine, ajouta-t-elle en le regardant d’un air mi-provocateur, mi-amusé. Bon, s’ils font comme avant, ils vont s’installer sur la place du village, et le Maitre Caravanier sera occupé à se pavaner devant la populace. Si j’rentre dans la charrette, personne me dira rien, j’voyage avec eux, et y a pas que le coffre dedans, j’dirais que je pose mes affaires. Y a deux problèmes, deux molosses, comme tu les appelles. Le vieux qui nous a causé des soucis la dernière fois, le cocher, il voit tout, il entend tout, et c’est un rapporteur. Faudrait l’occuper ailleurs. Et puis y a un garde à l’intérieur de la charrette à faire déguerpir aussi, mais ça, ça va être facile, je m’en charge. T’as intérêt à gérer, j’ai pas envie d’avoir la main coupée non plus.

Et comme elle s’y était attendue, ils s’installèrent sur la place du village. Shawna se joint à eux, gratifiée d’un rapide hochement de tête de la part du chef lorsqu’il vit qu’elle avait réussi à les rejoindre à temps, puis il ne s’occupa plus d’elle. Shawna vérifia qu’Einar s’occupait bien du vieillard, puis entra dans le chariot.

- S’lut, toi. T’as vraiment pas de chance d’être coincé ici, dis donc, dit-elle en posant son luth, y a un prix sur les bières à la taverne du village, apparemment c’est l’anniversaire des 40 ou 50 ans de la femme du tavernier ou je sais pas quoi, y a une bière gratuite pour une bière achetée. C’est pas tout les jours qu’on peut faire ce genre de bonnes affaires, c’est sûr ! J’te plains, en tout cas. J’te laisse, par contre, j’vais m'balader, voir si y a pas d'autres bonnes affaires dans le coin.
- Attends !
- …Oui ?
- …Tu voudrais pas m’en ramener une ? Tiens, j’te donne quelques pièces.
- Euh, c’est pas comme si je pouvais partir avec les choppes, non plus, ça se boit sur place ces bêtes là.

C’était bien ce qu’elle pensait ; elle avait bien vu qu’il buvait beaucoup, avant leur départ…

- Tu sais quoi, si tu veux, j’peux bien te remplacer dix minutes. Mais dépêche-toi, alors, qu’on se fasse pas prendre. T’es pas censé quitter ton post, si on me voit à ta place je risque d’avoir des ennuis et ne pas pouvoir continuer le voyage avec vous.
- Ne t’inquiète pas, j’ferais attention, et j’reviendrais vite, tu verras, tu le regretteras pas !

Et un de moins. Espérons qu’elle ait le temps de prendre l’argent avant qu’il n’apprenne qu’elle lui avait raconter des bobards, maintenant. Shawna regarda fixement le cadenas, avant de s’insulter mentalement de ne pas avoir pensé à la clef. Elle ne savait pas l’ouvrir, ce truc. Et même si elle savait, ça prenait du temps, il lui semblait. Bon, une seule solution, alors. Shawna attrapa un fourreau qui traînait, et frappa de toutes ses forces sur le cadenas, espérant que le bruit des villageois et les cris des marchands couvrirait le bruit que cela faisait. Elle tapa encore, et encore, tordant le cadenas avant de tirer brusquement dessus, et qu’il se détache en même temps que ses mains. Fière d’elle, elle souleva le couvercle.

...C’était pas la bourse du petit, ça ? Sales voleurs ! C’était eux, les voleurs ! Shawna fronça les sourcils. Saleté de marchands. En tout cas, elle n’aurait pas à s’inquiéter de ce qu’ils viennent après elle, vu tout ce qu’ils avaient à cacher à la garde impériale, Shawna doutant que cette petite bourse soit le plus gros de leurs larcins. Elle la fourra donc dans l’une de ses poches, y rajouta quelques piécettes, puis referma le coffre et jeta le cadenas dans un coin, avant de remettre son luth sur son dos et de jeter un coup d’œil à l’extérieur. Elle sortit comme si de rien n’était, avant de chercher Einar du regard ; il était temps de partir, et vite. Loin, même. Avant que quelqu’un ne se doute de quelque chose.

Le pauvre allait devoir faire ses emplettes ailleurs.



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