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 Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]

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Marchombre
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MessageSujet: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Dim 9 Mai 2010 - 21:21

- Non mais franchement, je ne la supporte plus. Elle est vraiment… Tu ne peux pas imaginer…
- Oh, si, je vois tout à fait ce que tu veux dire. C’est une peste, un point c’est tout.
- Elle a vraiment dépassé les bornes. Mais je ne sais pas quoi faire, Mae. Elle me pourrit la vie et je ne peux rien faire.
- Pourquoi tu ne lui en parles pas ?
- Tu rigoles ? Comme si elle m’écouterait ! C’est une Felixia, je te signale. Toujours à chercher les ennuis.
- Tu as raison… Peut-être qu’on peut…
[Acte 1 : Vive les pnjs
- Plus on est de fous plus on rit]

Elera, jusque là recroquevillée et les paupières obstinément fermées, posa un pied sur le sol froid et se leva sans un bruit, laissant glisser le drap le long de son bras. Ses chevilles nues s’entrecroisèrent entre les ombres, et elle entrouvrit la porte afin de se glisser dans l’obscurité de la salle commune des lotras, laissant derrière elle le chuchotement des jeunes filles. Elle s’immobilisa dans l’entrée, ses yeux glissant sur les cendres de la cheminée, et profita quelques instants du silence retrouvé. Cela faisait un moment que les deux lotras chuchotaient dans le noir, et si les autres avaient réussi à s’endormir malgré tout, Elera flottait entre Morphée et Réalité pas dans le dictionnaire, donc, tirée loin des songes à chaque fluctuation de voix. Le sommeil pesait lourd sur ses paupières, et elle ne rêvait que de calme, absent en cette nuit dans le dortoir de ceux qui étaient sensés être les plus paisibles.

Elle irait finir la nuit dans ses appartements ; là, au moins, aucune voix ne viendrait la troubler. Elle n’aimait pas ces deux grandes salles vides, trop vastes pour la petite Marchombre qu’elle était, mais ce soir, elle s’en contenterait. Elle s’y sentait isolée, comme une coquille de noix encore fermée dont les entrailles n’auraient jamais encore senti l’air extérieur, elle qui avait besoin de sentir le mouvement de la vie et le lien entre toutes choses. Les murs étaient trop épais, l’air trop dense, la porte close trop imposante. Elle avait besoin d’entendre les sons de la nuit, comme lorsqu’elle était enfant, sans qu’ils ne soient entravés par les cloisons – ou par les voix de jeunes adolescentes. Les murs des dortoirs, moins isolés, ne camouflaient pas entièrement les bruits des criquets et le chant de la lune Sisi, elle chante. Ses appartements, eux, lui faisaient l’effet d’une boîte close et la tentative de l’ouvrir était trop grande Perséphone qui ouvre la boîte de Pandora o/. Et bien, elle ouvrirait la fenêtre. Rien ne l’en empêchait.

Les couloirs étaient vides, nus, solitaires. Fantôme, elle flottait sur les dalles, un rayon de lune venant parfois éclairer son chemin, avant de se perdre à nouveau dans la pénombre. Où était cette plaque gravée de son nom, déjà, marquant sa propriété sur une salle qui n’était pas la sienne ? Pas dans l’aile est, dans laquelle elle se trouvait et qu’elle connaissait trop bien pour avoir oublié ; pas dans l’aile principale, non plus, se dit-elle en passant devant les bureaux prestigieux de Merwyn Ril’ Avalon, où personne n’avait mis les pieds depuis son arrivée au moins, et celui de l’Intendant Jehan Hil’ Jildwin, deuxième figure emblématique de l’Académie depuis la disparition de Valen Til’ Lleldoryn. Alors elle continua son chemin, souriant à un garde au passage. Il était jeune, et sembla hésiter un instant, comme s’il souhaitait lui demander la raison de sa présence ici mais ne l’osait pas ; avant qu’il ne puisse prendre une décision, Elera avait disparue au détour du couloir suivant, et le premier mot inarticulé de sa phrase fut étouffé dans son gosier.

Là, les appartements des résidents. Elle passa devant ceux où le nom d’Hisae n’avait pas encore été retiré, celui d’Arro dans lequel elle n’entendit pas un souffle, de Myra Ril’ Otrin qui venait de se retourner dans son sommeil, de Tifen – son cœur se serra, elle aussi n’était plus depuis la bataille des Raïs – et de la nouvelle Dame d’Atours, qu’elle n’avait encore jamais croisée. Elle sourit enfin en reconnaissant les lettres qui formaient son nom sur la porte suivante, et poussa la porte avec reconnaissance. Enfin. Elle allait enfin pouvoir dormir. Elle traversa la première salle, dans laquelle les résidents recevaient habituellement leurs visiteurs, pour se rendre à la salle suivante, la chambre. Elle se laissa tomber sur le lit sans une pensée, laissa le noir de ses paupières envahir sa vision, et s’endormit presque immédiatement… pour être réveillée peu de temps après, sans vraiment savoir quand, mise à part que la nuit était encore noire. Sa mine endormie laissa la place à une expression perplexe.

Des éclats de rire.

Elle regarda autour d’elle, vérifiant qu’elle était bien dans ses appartements.

Ne comprit pas.

Pourquoi y avait-il quelqu’un dans la première salle ? Avait-on décidé qu’elle n’utilisait pas assez souvent les lieux pour y rester ? Et pourquoi, pourquoi l’empêchait-on de dormir cette nuit ? Elle se leva sans bruit et posa une main douce sur la poignée de la porte contingente, sans la pousser encore, et resta là un instant, les oreilles aux aguets.

[Acte 2 : Clichés marchombres et image encore inaltérée
- profitons tant qu’il est encore temps]

Sept personnes. La voix tonitruante d’un jeune homme qui se croit tout permis, le rire discret d’une jeune fille, la voix mièvre d’un autre élève, des pas frottant discrètement sur le parquet, le bruit du verre qui s’entrechoque et du liquide qui coule au fond d’une coupe sans trous, pour pas en mettre partout. Des apprentis, alors. Entrés sans permission, visiblement. Elera soupira. Qu’ils utilisent les lieux ne la dérangeait aucunement, ne considérant pas que quoique ce soit ici soit à elle, et elle ne comptait pas les déranger, mais une fois de plus, elle allait devoir chercher le sommeil ailleurs pour la convenance des autres. Parfois, faudrait apprendre à être méchante. Elle était vraiment très fatiguée – n’aurait-elle pas entendue les apprentis entrer bien plus tôt que maintenant, dès leur arrivée, si cela n’avait pas été le cas ? Elera lâcha la poignée, prête à partir par une autre ouverture, quand les paroles de l’un d’entre eux l’arrêtèrent.

- Bon, maintenant que tout le monde est là, invités et trouble-fête inclus – ahem – je propose qu’on aille dans la salle du fond, moins de chances qu’on nous entende du couloir.

Elera eut juste le temps de faire un pas en arrière pour se trouver derrière la porte au moment où la troupe entrait. D’abord, un grand aux cheveux sombres qui tenait une jolie brune par la taille et une bouteille dans l’autre main ; Felixias, les deux. Puis un troisième Felixia, les cheveux pendant devant ses yeux, un rictus infernal sur le visage, l’ambition brûlant sur sa peau. Il gardait les yeux fixés sur le premier Felixia de manière troublante. Tigre en laisse. Dangereux, ça. Après…

Elera fronça les sourcils en reconnaissant l’une des silhouettes.

Qu’est-ce que Tinuviel – Emna, elle s’appelait Emna maintenant – faisait là ? Elle se pencha, voulant vérifier que cette tignasse brune n’était pas celle d’un simple clone, la ressemblance lui jouant des tours et lui faisant voir des gens là où il n’y en avait pas. Elle eut juste le temps de reconnaître la démarche cauteleuse et le bout d’un nez droit qui dépassait entre deux mèches de cheveux qui lui tombaient sur le visage, puis elle croisa le regard du brun qui, en s’avachissant sur son lit, venait de tourner les yeux vers sa petite cour et de la remarquer. Elle ne lui laissa pas le temps de réagir ou de prévenir les autres par signes frénétiques, faisant d’elle-même un pas vers le centre de la chambre. Le brun garda les yeux fixés sur elle sans se départir de son sourire provocant, et la fille lui lança un regard énervé, mais ne bougea pas, attendant visiblement un signal de son copain. Seul le troisième Felixia sembla s’inquiéter de sa présence, et prit la parole douceureusement, un air innocent sur le visage.

- …Maitre Elera, je, nous, enfin, on peut tout vous expliquer, c’est juste que…

Elle ne prit pas la peine d’attendre qu’il finisse sa phrase et fit demi-tour sur elle-même, mais les trois personnes restantes lui bloquaient la sortie. Campant sur leur position. Un regard lui suffit pour savoir qu’ils ne comptaient pas la laisser passer, ou qu’en tout cas il ferait ce qu’ils pouvaient pour l’en empêcher. Elera ne murmura qu’une phrase.

- Je ne compte pas vous trahir, je vais juste chercher un autre endroit où dormir.

- Et vous croyez qu’on vous fait confiance ? Vous êtes Maître Marchombre. N’êtes-vous pas sensée punir les élèves qui ne sont pas au lit après le couvre-feu ? Et ceux qui entrent dans les appartements sans permission ? Sans parler de ça, ajouta le Felixia en secouant sa bouteille. Nous sommes en tort, mademoiselle la Représentante de l’Autorité.
[Acte 3 : Exercice de provocation avec un mot en moins
- Le début de la fin ou la fin du début]

Elera eut un sourire maussade. Représentante de l’autorité ? Elle ne pensait pas que c’était ainsi qu’on la voyait ici… Elle n’était qu’une Marchombre comme une autre, beaucoup d’élèves avaient son âge, et elle n’avait jamais usé de sa position de Maitre pour avoir le moindre privilège. Elle vivait d’espoir, l’espoir que l’autorité en question tombe et se paralyse, que la corruption arrête de ronger les ossatures d’une Académie pourrie de l’intérieur. Ils étaient là, à se rebeller contre les ordres, à briser les lois du Code Merwynien dans l’objectif de… de quoi ? D’être. Par choix. De ne pas suivre, simplement. Pas comme elle. Elle, elle se contentait d’obéir et de baisser la tête, ses yeux brillants d’espoir dès qu’elle croisait un membre connu de la résistance, mais sans oser remuer un doigt de peur de ce qui se déroulait dans les entrailles du bâtiment. Elle, elle n’aurait jamais osé défier ainsi le Chaos, sortir un verre, et laisser l’alcool se figer sur son verre. Elle n’osait toujours pas, d’ailleurs.

Et pourquoi pas ?

Pourquoi continuer à s’imaginer les yeux et les oreilles du Chaos partout ? Il n’était pas une Entité insondable, un Être invisible se faufilant sous chaque courant d’air. Il ne pouvait pas savoir qu’elle était là. Elle croisa le regard de celui qu’elle avait deviné être le chef, essayant de voir une trace d’apocalypse au fond de ses pupilles, mais fut incapable d’aller plus loin que la surface. Et puis quelle importance, s’ils apprenaient ? Qu’est-ce que cela pouvait bien faire ? « Elera, vous avez désobéi. Ce n’est pas bien, et vous serez punie. » Elle n’était plus une enfant, quoique le monde puisse en penser. Qui étaient-ils pour contrôler les moindres de ses gestes et de ses paroles ? Elle n’était pas un pantin, et ce qu’elle s’apprêtait à faire n’était en rien dangereux pour leurs pénibles petites intrigues. Et puis, Emna – le nom paraissait bien étrange lorsque lié à la longue silhouette de la Corbac – était là. Elles avaient un échange à faire, des bagues à retrouver, des défis à lancer, et, maintenant, une présence ici à expliquer. Elles savaient qu’elles se recroiseraient ; Elera n’aurait simplement jamais imaginé que cela puisse être dans ces conditions. Etait-ce un goût de ferraille sur sa langue ?

[Acte 4 : Déstructuration de l’être
- Et une âme qui part en lambeaux]

Le regard brûlant du Felixia lui semblait lancer un défi silencieux, et elle sentait le poids de celui de Tinuviel sur sa colonne vertébrale. Peut-être ni l’un ni l’autre ne portait dans son regard ce qu’elle croyait y déceler, mais c’était tellement étrange ; ils attendaient sa réponse, son prochain geste, s’inventant leurs scénarios à partir de ce qu’ils savaient d’elle, parce qu’elle était si prévisible dans sa confiance aveugle. Elle pourrait partir, sans qu’aucun d’entre eux ne puisse l’arrêter. Faire ce que le Chaos attendait d’elle, se faire discrète, oublier l’incident, agir comme si elle ne reconnaissait personne en les croisant à nouveau dans les couloirs. Mais elle n’était plus cette coquille vide dont elle devait jouer le rôle depuis des mois déjà, prêchant l’harmonie alors que le Chaos peignait les couleurs de son monde. Briser les lignes droites devenait trop tentant, pour quitter les sentiers et se forger un chemin là où personne n'avait encore mis les pieds. Se libérer des chaînes qu'elle portait depuis la bataille. Ses yeux restèrent fixés sur la bouteille, qui lui renvoyait un reflet distordu, une image d’elle dont elle n’avait pas l’habitude, peut-être un morceau de ce qu’elle était dans leurs yeux. Apparences ? Appât rance.

Elera prit le verre plein que tenait l’un des trois apprentis campés dans l’embrasure de la porte, bloqua sa respiration aux premiers élans de vapeurs du liquide, et le laissa couler dans sa gorge malgré tous ses instincts contraires. Comment faisaient-ils pour boire verre sur verre de cette liqueur immonde ? Une gorgée était déjà une épreuve. Elle leva les yeux vers le Felixia et sourit :

- Si je reste, je suis autant en tort que vous pour ne pas avoir prévenu qui que ce soit, n’est-ce pas ? Je dormirai demain.

Un sourire carnassier répondit au sien, et il hocha la tête, lentement, s’attendant visiblement à s’amuser. Elle ne s’occupa plus de lui, cherchant le visage de Tinuviel pour lui adresser les prochains mots.

- « La prochaine fois » …c’est maintenant.

[Acte 5 : Point de non-retour.
- Chute.]
[...De pire en pire. Tu sais que y a qu'avec toi que mes rps partent dans tous les sens et qu'Elera divague autant, même sobre ? Arrow ]

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MessageSujet: Bili bip bip biiip   Ven 2 Juil 2010 - 23:07

Le soir tombait de tout son poids au d'ssus d'la rivière. Bon. Il me reste une vie.
La Salle commune des Corbacs avait ceci de particulier que, se trouvant en sous-sol, contrairement à celles des autres animaux de Poudlard, elle ne laissait aucunement transpirer la lumière et qu'ainsi ses élèves vivaient dans des conditions idéales aux cafards introvertis qu'ils étaient supposés être, par lieu commun et récurrence. Par conséquent, chaque merle ayant assisté à la Prise de l'Académie depuis sa fenêtre est un félixia qui s'ignore. Mais là n'étaient pas les seuls avantages de ce repaire: situé non loin de la redoutable Salle du Conseil et des caves, il côtoyait les murmures interlopes de la Salle des Secrets. Bien entendu, seules les autorités les plus dignes et compétentes en la matière étaient censées connaître son existence; mais tout enfant qui se respecte ne serait-il pas allé un peu voir là-bas, au détour de la rivière du couloir, ces mur discrets tordant vers où ? A force de rencontrer la contingence d'un regard appuyé en armure, toute personne, fut-elle alavirienne ou non, eut légitimement pu se targuer d'engranger des soupçons. Puis pour qui l'existence de ces salles -cabalistiques ! Innommées !- demeurait-elle un secret autre que de Polichinelle ? Il fallait bien, même à l'Etablissement idéal, ses petites cachotteries, ses défenses abandonniques, en un mot ses geôles. Mais pourquoi m'égarai-je ? Le voisinage se présenterait bien à vous s'il le désirait. Peut-être certains petits corbeaux avaient-ils deviné que les excoriations griffues contre les murs de leur sommeil n'étaient pas le seul fait des rats ? Les battements d'ongles berçaient leur fatigue. Toujours est-il que, bien qu'ils fussent fournis en piètre macabre et en racontars, les malheureux élèves affiliés à ce sous-étage l'étaient bien moins en confort puisque la salle des eaux de cette aile, lieu béni des guerriers ankylosés, s'était nichée au quatrième étage. Que la vie est mal faite, me direz-vous.


Coïncidence ou hasard inouï qui nous permet providentiellement de dévier, un trait maussade regagnait justement le frais de son dortoir après une visite impromptue à la salle en question. Et sans vouloir faire de mauvais jeu de mots.. non, rien. La jeune fille avait découvert avec émerveillement le concept: quand tu t'immerges, la crasse part, trop la classe n'avait rien trouvé de mieux pour calmer et son appétit contrarié, et sa mordacité; l'eau froide présentait le mérite d'éveiller muscles et sang, de contrôler le tout. N'était-elle pas ici depuis deux ou trois mois maintenant, sans jamais n'avoir rien poignardé ou vomi que d'imaginaire, bêtement, pour saccader un rythme finalement salvateur ? Elle n'honorait plus que très peu ses maigres devoirs de subordonnée (l'aurais-je déjà répété ?) ; d'ailleurs, d'après ses observations, "tout le monde" se trouvait dans un cas semblable, on entendait la coque du navire se fissurer. Voyez: il lui suffirait de saisir l'instant opportun pour glisser de son joug délacé et, hop, partir glaner plus loin un prétexte pour survivre. Pourquoi pas ? Quelque part, elle avait souvenance d'une gamine frileuse soigneusement occupée à déverser toute sa passion et sa haine de gamine frileuse sur le tonneau des Danaïdes; d'une espèce de serpent blond de cuir muant de soie -ressuscité, aux dires d'un palotin au nez long, il y avait peu; au cours de récentes crises quasiment clastiques, elle avait craint de l'effleurer au détour d'un couloir, qu'il la reconnaisse et l'efface. Elle y tenait toujours aussi connement, à sa préexistence, bien que d'une façon plus lasse. Son entraînement n'avait-il pas physiquement porté ses fruits ? Qu'importait si les bribes de celui de parole avaient peu survécu à l'année passée ? Sans parler des visages, ces échos polyphages qui ne communiquaient plus. Pas qu'ils l'aient jamais fait, mais n'avaient-ils pas auparavant quelque chose d'une différence à gommer d'agonie ? Elle se concentrait toujours sur les mains et savait encore lire les mouvances, les fragrances, les pas. Mais les faces desquamées faisant défaut à sa mémoire grisaillaient dans l'uniformité, à force d'en croiser, elle les oubliait. Ils s'intriquaient, les fourbes, passant de traits à tête. Pas de quoi s'inquiéter ? Juste une preuve de plus qu'elle n'avait que trop macéré dans son bain de et que, en ayant mieux compris, sans jamais savoir, il était temps. Les gouttes de son cou grisâtre humidifiaient ses cuisses et l'autre cicatrice qu'elle distinguait encore sous le système tégumentaire. Finalement, elle avait de nouveau coupé les mèches incoercibles qui, mouillées, approchaient trop son coude; que n'essayaient-elles pour l'étrangler ? De retour au premier étage et bien qu'on fut en plein après-midi, absence d'hésitation: lassée de jouer à l'élève-type importée de Corbac, elle regagna le terrier commun heureusement désert. Comparé aux autres lieux d'accueil académiciens il y faisait plutôt frais. Constatant une nouvelle fois la vacuité de l'endroit et de la vie, Alasa s'assit dos au mur, à quelques pas de la cheminée comateuse.

Lorsqu'elle ouvrit les yeux, la luminosité déjà ridicule ne faisait plus acte de présence que par quelques torches fixées tout au long de la salle commune, chuintant d'une mauvaise volonté certaine. Dans son coin de cheminée elle pouvait à peine distinguer ses pieds. Donc elle s'était endormie ce qui ne laissa pas de l'étonner, davantage parce qu'elle ne se sentait pas particulièrement harassée qu'à cause d'oh-mince-alors-tous-ces-êtres-immondes-sont-passés-devant-moi-ils-auraient-pu-me-tuer-ou-autre-en-plus-j'ai-rien-entendu. Mais un peu quand même, faut pas déconner. Des chuchotements plus ou moins discrets décroissaient en continu dans la pénombre; camarades de dortoir peu enclins au sommeil, sans doute. Redessinant machinalement la grossière ligne de peau blanchâtre sur son flanc gauche -même à travers le tissu, on pouvait la deviner- la mercenaire, après un long regard circulaire vers le reste de la salle ou rien ne paraissait doué d'une vie particulière, se focalisa sur les deux silhouettes dévoilées à la lueur d'une torche. L'une haute et carrée, l'autre plus frêle. Deux mâles. Un instant, la lumière ricocha sur le goulot d'une bouteille que l'un d'eux brandissait comme pour appuyer ses propos -quand je vous disais que la proximité des caves avait ses avantages. Elle écoutait paresseusement et sans le comprendre -sans non plus beaucoup essayer- leur bourdonnement labial, leur nervosité perceptible lorsque le plus haut -soit prescience, sensibilité visuelle ou faiblesse scénaristique- s'aperçut, ô rage, de sa présence. Il en eut assez d'esprit pour ne pas interrompre brusquement sa phrase mais celle-ci subit une nette altération au niveau des tons. Décidant finalement que jouer la fausse indifférence ne lui apporterait rien, il s'entretint à voix plus basse avec le deuxième corbac; les corps s'approchèrent du coin de cheminée avec plus ou moins d'assurance.

- Tu dors pas ?Chuchota celui qui, de près, ressemblait à une petite fille. Puis, plus bas et d'un timbre voulu menaçant, Tu nous épiais ?

Le grand blond agacé par tant de maladresse plaça posément, après un coup d'œil las à son "ami", les bouteilles sur le sol avant de prendre les choses en main:

- C'est pas ce qu'il voulait dire, en tout cas il le formule très mal. Je ne sais pas quelles sont les raisons de ta présence ici à cette heure-là et loin de moi l'idée de te faire la morale sur le thème d'écouter aux portes -d'ailleurs, puisque tu as tout entendu, tu trouverais certainement une telle antienne mal placée. Tu.. ne voudrais pas commencer par te lever, ce serait plus égal pour discuter.

Face à l'absence de réactions d'Alasa, le grand gaillard adressa un geste interrogateur à son renfrogné partenaire. Elle était peut-être sourde, ou muette. N'y en avait-il pas une chez les Corbacs ? Sla, quelque chose comme ça. Non, Sÿa n'avait pas cette tête-là. Quelle tête ? Il fait un peu nuit genre obscur, je te signale. Et les flammes, sans doute sont-elles là pour décorer ? Vu leur efficience actuelle, oui. Il faut dire qu'il est plus l'heure de dormir que celle de discutailler, mais. Bon, faut se magner, on va finir par alerter d'autres plumes et ce sera foutu.

-J'vous ai pas entendus.

La brune se redressa, jugeant qu'un silence dédaigneux ne suffirait pas à apaiser leurs inquiétudes. Ils détenaient de l'alcool, et après ? Au départ, elle avait cru qu'ils complotaient contre ou pour le Chaos et ne s'en était pas plus souciée, mais s'il ne s'agissait que de ça. Cependant, elle avait également compris que le fait qu'elle dépasse largement en taille la fillette additionné à la crédibilité fascinante de ses mornes monosyllabes ne seraient pas pour plaire aux petits rebelles. Elle se faufila vivement entre les garçons, bousculant le premier d'un mouvement d'épaules. Qu'importait si cela pouvait passer pour l'aveu du contraire de sa précédente assertion ? Blabla en moins, la situation serait la même: le soupçon était là, imposant. Mais grognard numéro deux avait prévu son geste et la retint fermement par l'épaule.

- Écoute, on a pas le temps de temporiser. Même si tu n'avais pas entendu, on aurait l'air de quoi, nous, maintenant ? On va rejoindre des Félixias, dans les appartements d'un maître marchombre; ils s'y réunissent régulièrement pour s'amuser un peu en invitant parfois des élèves d'autres maisons. C'est la première fois qu'on s'y rend. Voilà, maintenant tu ne peux plus prétendre que tu ne sais rien, hein ? Ça te rend aussi coupable que Sorl ou moi, puisque tu viens aussi.

Visiblement peu enchanté par cette idée, le dénommé Sorl -ou pas- ne dissimula pas son dépit. Il s'empara néanmoins du précieux liquide et ouvrit la marche sans plus darder, tardant ses regards bleu humide sur chaque pierre du couloir. La boiteuse suivit, presque traînée par le colosse en puissance qui lui compressait le bras d'une force que ne laissaient pas présager ses biceps pourtant d'un diamètre fort respectable. Elle aurait pu s'en débarrasser, peut-être, misant sur quelques techniques pseudo-chaotiques ou plus radicalement sur son poignard ou sa mâchoire. Ils étaient tous trois pieds nus et une fuite le long des murs ne devrait pas ameuter beaucoup de canidés. Cependant, c'eut été plaider coupable d'une manière ou d'une autre, littéralement déchiqueter sa couverture; et, velléités subversives ou non, elle préférait encore garder son petit rôle. Qui savait ce que ces aspirants adolescents avaient à dire une fois pris de boisson ? S'ils persévéraient, assez bravaches pour violer de nombreux articles du Code, pourquoi ne pas.

Ils se glissèrent jusqu'à l'aile Ouest sans difficultés; croisèrent au premier étage au moins deux gardes, et pour cause: Valen, Enoriel, Slynn, les appartements des morts ou des mourants, les rondes du Chaos. La sudation étincelait, accrochée par un rayon de lune sur le front du fluet; quelle nuit thaumaturge où chaque ombre apparaissait clairement, souplement sur le sol ! Alasa prétendit échapper à la poigne du Corbac alors qu'il attendait que le dernier garde eut tourné le coin, agacée et même paniquée de sentir sa chaleur enfoncée et la moiteur de sa main, mais la sentinelle des bouteilles entrava l'esquive. L'un des récipients chut et dans un silence presque numineux, ils attendirent le fracas qui devait les faire repérer. L'objet survécut, bien qu'ayant résonné sur les dalles. La silhouette carrée s'en empara, reprit le bras au poignet et ils fuguèrent le plus discrètement possible. Si l'un avait été trouvé sans les autres, il n'y aurait pas eu de preuve; si elle voulait pouvoir les accuser en cas de mauvaise rencontre, la jeune fille avait donc tout intérêt à les suivre, désormais. Au troisième étage patientaient plus ou moins les Félixia: un fastueux sarcastique et sa traînée, son étalon de garde mal débourré, une blonde aux cheveux très courts et à l'air particulièrement masculin. Il y eut des murmures bien moins discrets, une jubilation manifeste devant les deux autres bouteilles -eux non plus ne s'étaient pas privés d'en amener- quelques explications et des gestes moqueurs ou sceptiques à son égard. On entra. Les larges dalles de la pièce ainsi dévoilées étaient plus froides au toucher, si c'était possible, que celles des couloirs-spectres ne pouvaient raisonnablement l'être en plein été. La boiteuse détailla les anfractuosités du sol pour éviter de trop lancer en coin des regards mauvais au Corbac qui l'avait enfin lâchée. Elle érodait bras et poignet du dos de sa main droite pour oblitérer l'empreinte persistante de ces sales doigts vivants. On poussa bientôt la porte suivante, passage d'un monde à l'autre ponctué des rires et autres acquiescements peu discrets de trois des Félixias.

Tiens. Elera.

Même sans s'arrêter à ses traits atrabilaires -ou pas- elle était aisément reconnaissable par son inimitable chevelure. La soi-disant Emna se prit à frissonner violemment, l'espace d'une seconde, en anticipant les toiles rubigineuses. Mais quand les couperait-elle, quand tomberaient-elles d'elles-même si ces choses n'étaient même pas foutues de pendre leur légitime propriétaire ? Mince, plus la force d'attendre autre chose que de telles conneries. A moins qu'il ne s'agisse de quelque folie asymptotiquement tendue vers le n'importe quoi. On la voyait bien, la cavaleuse de brume, droite et digne et ridicule, crispant ses amygdales coruscantes sur l'espoir pour l'espoir, même pas pour une vérité. Il était tout à fait charmant de constater les barreaux, même rouillés à l'égal de ses sourcils, qui enserraient son petit univers marchombre, l'estourbissant mieux qu'un estoc de son. Pourquoi de son ? Bref, Nirvelli avait un air dépassé -celui de se- et brûlant qui la faisait phœnix rouge -qui la faisait, phoenix rouge,- renaître de ses ailes au-milieu même de ces sordides galopins venus chez elle pour en toute innocence se bourrer la gueule. Les reflets de la lune à grands flots sur l'alcool étaient certes jolis, éclairant la chambre en plein jour et son seigneur d'ombre sous le baldaquin; mais de là à se prendre pour un trou d'eau. Elera aimait ce qui était joli. Elera était turpide de son imbécile liberté. Qu'elle achoppe sur une choppe un accroc et hop, on ne tardait pas de recommencer. Mais trêve de divagations.

Une certaine détente genre 1962-1975 s'installa dans la pièce comme si le suicide de la vertu elerienne adjoint au geste du roitelet avait valeur de pacte. La jolie brune versa une nouvelle et généreuse rasade dans le verre tendu de son maître, visiblement ravie de son rôle; les deux Corbacs se laissèrent vite aller et le plus grand des deux rit bientôt en compagnie de la blonde à la voix de basse tandis que le fluet marchait de long en large sur les dalles, bouteille au poing. L'espèce de prédicateur prédateur difficilement refoulé qu'était le dernier félixia alla s'asseoir soigneusement dos contre porte, jetant régulièrement des œillades défiantes à la maîtresse des lieux, se mêlant par intermittence aux joyeuses discussions ambiantes. Les murs étaient plus épais qu'un grognement d'Aroy, la fête ne faisait que commencer.

Alasa ne prit pas la peine de répondre visuellement à l'abnégation personnifiée, occupée à se demander ce qui lui avait pris exactement de croire pouvoir surprendre ici des informations utiles, quelque chose, son demi-personnage en sûreté. Ils devaient boire, boire plus, après on verrait bien.. Maintenant ? Maintenant quoi ? L'histoire des bagues, des mises à l'épreuve ? Non, trop tôt, elle n'avait pas réfléchi à, pas calculé. D'ailleurs qu'avait-elle fait de cette foutue sodalite ? Ah. Bien sûr. Et bien ce caillou n'était pas ici -rapport ou non. La brune n'avait jamais envisagé utiliser le pouvoir temporaire -et potentiellement réciproque- que lui avait conféré le miracle de l'obsidienne-retrouvée sur Elera pour lui ordonner un jeu, un stégobulle psychologique et temporaire, oui, trop temporaire. Ramifié, circonvenu cet espace fermé d'où s'extirpaient déjà les senteurs d'alcools probablement forts, dont peut-être même ces princes ignoraient le nom. Non, elle voulait marquer l'insupportable rousse par une atteinte vénénifère, un truc qui resterait, pas pour qu'elle l'associe à l'autre tache qui l'avait aidée à sauver des renardeaux dont ni l'une ni l'autre n'avait probablement rien à foutre mais par vengeance, mesquine ou équanime. D'avoir été. Portant la main à son flanc gauche, la mercenaire effectua quelques pas vers la fenêtre, soutint le geste nerveux ou rancunier de la fillette-corbac désormais assis dans son encadrement.

-Pas tout d'suite.. pas excatement. Hésita, voulant prononcer 'presque'. Bien trop compliqué ces consonnes. Bientôt.

Pour temporiser encore et fuir partiellement l'insécable anomie du corps ou de l'esprit roussâtre, elle fit demi-tour vers la porte, espérant d'ici contourner le lit. Mais le félixia au rictus lui offrit un prétexte idoine en lui tendant sourire sans appel et coupe, qu'elle prit brutalement, sans trop d'hésitation. Et ce n'était pas le genre d'Elera d'insister, d'après leurs quelques mais désastreux, (in)fructueux croisements.

- Eh, Maître, vous ne vous amusez déjà plus ? Si vous tenez à gagner notre confiance, profitez donc ! C'est pas tous les jours que les marchombres peuvent vraiment user de leur précieuse liberté, et je sais de quoi j'parle,
lança une voix.

Aussitôt, deux ou trois personnes entourèrent la rouquine, l'une levant bien haut sa bouteille. Alasa n'eut pas l'occasion de voir si le Maître ainsi harcelé acceptait l'offrande: le félixia s'était relevé et emplissait sa propre coupe du liquide méphitique, doré. Prise de court, la brune s'éloigna avec un hochement de tête balbutiant en guise d'hypocrite remerciement -ou plus conceptuellement parlant de soumission. Elle attendit qu'il détourne la tête pour trouver un moyen de déverser l'alcool ailleurs que dans son gosier mais il apparut vite qu'il n'en avait nulle intention, attendant au contraire qu'elle boive devant lui. Merde. Les autres étaient comme de juste censés perdre leur sobriété pour qu'elle puisse les écouter ou plus probablement simplement leur fausser compagnie mais il devenait évident que ce ne serait pas si facile. Aussi provocants puissent-ils être, les jeunes squatteurs ne dissimulaient pas leur méfiance à l'égard des intrus, fussent-ils Elera. Bah, une minuscule gorgée ne la ferait pas nécessairement finir par terre, à vomir ses entrailles. Elle avait déjà bu un peu d'alcool sans en devenir ivre. Il suffirait de jouer le jeu quelques minutes pour qu'ils se désintéressent de la question et se focalisent de nouveau sur leur propre divertissement.
Le goût était amer, fort mais surtout insupportablement brûlant; il se traduisit dans l'instant par un commencement de céphalée. Apparemment satisfait, le garçon aux cheveux mi-longs détourna son attention sur son doge qui se livrait désormais à des espèces d'étirements. La boiteuse gardait l'impression de magma, de mal de gorge au matin ou par lame, et d'une spumescence..



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.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Lun 30 Aoû 2010 - 15:18

Ligne 1 : Des regards soupçonneux, mais indifférents, mitraillèrent Emna et Elera alors qu’elles échangeaient les premières civilités ; Elera s’agaça. Même ici, elle était prisonnière de ses paroles, même ici, les regards la suivaient ! Non, non, ça n’allait pas. Il parlait de liberté, soyons libres. Libre. Elle n’était pas encore plusieurs personnes. Je crois. La coupe revint à ses lèvres, le liquide non identifié humectant ses lèvres, brûlant sa langue, noyant sa bouche, elle ne savait plus depuis combien de gorgées. Pas beaucoup, sûrement, mais elle n'avait pas l'habitude, et puis elle était petite. Rire. Ce n’était plus la méfiance, au fond de leurs prunelles ivres, c’était de l’admiration – ou tout du moins, c’est ce qu’elle croyait apercevoir. « Mais c’est qu’elle ne rigole pas ! Qui savait que les marchombres savaient s’amuser ! » Hein, oui, qui savait. On ne dirait pas, derrière leurs jolies phrases, leurs regards brumeux, leurs gestes vagues et leurs cheveux au vent. Cheveux. Elera fit un nouveau geste agacé ; ça traine, les cheveux, et quand elle y pensait – passait – les doigts, ils s’y nouaient, prisonniers. Elle ne s’amusait pas, qu’est-ce qu’ils racontaient. Elle se libérait dans le liquide, puisqu’elle ne pouvait pas sortir de sa prison mentale autrement. Rire. Et ces cheveux ! Ils étaient un cachot tortueux, un labyrinthe indémêlable, eux aussi. Du sang carcéral, voilà. Il fallait qu’elle s’en libère, d'eux aussi. Sa main, gauche – pas la gauche, la maladroite –, tenta niaisement de s’agripper à une arme qui devait pendre à sa ceinture, mais elle était en chemise de nuit – la main, bien sûr – et ne trouva que le vide – Elera. Déstabilisation précaire. Elle releva le bras, sa décision vacillante, se cognant au passage contre le bout d’une table meurtrière à la recherche de sa prochaine victime commode.

- Pardon, marmonna-t-elle à son intention. Ca brille, à la ceinture d’Enma. Emma. Non, Emna. Lame? Ben, oui. Les professeurs les oublient en se couchant, et les élèves les gardent par rébellion pure. Pure logique.

- …Ta dague, je peux ?

[/Défi réussi. On recommence.]

Des regards soupçonneux, mais indifférents, mitraillèrent Emna et Elera alors qu’elles échangeaient les premières civilités ; Elera s’agaça. Même ici, elle était prisonnière de ses paroles, même ici, les regards la suivaient ! Non, non, ça n’allait pas. Il parlait de liberté, soyons libres. Libre. Elle n’était pas encore plusieurs personnes. Je crois. La coupe revint à ses lèvres, le liquide non identifié humectant ses lèvres, brûlant sa langue, noyant sa bouche, elle ne savait plus depuis combien de gorgées. Pas beaucoup, sûrement, mais elle n'avait pas l'habitude, et puis elle était petite. Rire. Ce n’était plus la méfiance, au fond de leurs prunelles ivres, c’était de l’admiration – ou tout du moins, c’est ce qu’elle croyait apercevoir. « Mais c’est qu’elle ne rigole pas ! Qui savait que les marchombres savaient s’amuser ! » Hein, oui, qui savait. On ne dirait pas, derrière leurs jolies phrases, leurs regards brumeux, leurs gestes vagues et leurs cheveux au vent. Cheveux. Elera fit un nouveau geste agacé ; ça traine, les cheveux, et quand elle y pensait – passait – les doigts, ils s’y nouaient, prisonniers. Elle ne s’amusait pas, qu’est-ce qu’ils racontaient. Elle se libérait dans le liquide, puisqu’elle ne pouvait pas sortir de sa prison mentale autrement. Ca brûlait, ça coulait, malgré la description sur la bouteille - odeur de terre, effluves aériennes, un alcool de fort bon goût... - Rire. Et ces cheveux ! Ils étaient un cachot tortueux, un labyrinthe indémêlable, eux aussi. Du sang carcéral, voilà. Il fallait qu’elle s’en libère, d'eux aussi. Sa main, gauche – pas la gauche, la maladroite –, tenta niaisement de s’agripper à une arme qui devait pendre à sa ceinture, mais elle était en chemise de nuit – la main, bien sûr – et ne trouva que le vide – Elera. Déstabilisation précaire. Elle releva le bras, sa décision vacillante, se cognant au passage contre le bout d’une table meurtrière à la recherche de sa prochaine victime commode.

- Pardon, marmonna-t-elle absentemment à son intention.

Ca brille, à la ceinture d’Enma. Emma. Non, Emna. Lame? Ben, oui. Les professeurs les oublient en se couchant, et les élèves les gardent par rébellion pure. Pure logique.


- …Ta dague, je peux ?

Les mots étaient clairs, nets, jaillissant avec une force qu'Elera n'utilisait que rarement. Elle-même s’étonna de sa propre voix, se demandant un instant si c’était bien elle qui avait parlé, et non pas la brune à côté. Mais non, Em… la brune squelettique – ou pas, en fait, elle avait eu le temps de se garnir, en quelques mois – la brune, donc – ou pas, en fait, les bruns c’est surfait sur internet – la jeune femme aux cheveux sombres la regardait et l’avait visiblement entendue. Si elle avait compris, Elera en doutait encore un peu, mais…

Ah, si.

Une main un peu plus sûre que la sienne attrapa la garde de l’arme, et la lame chuinta. Le Felixia aux cheveux sales et dégoulinants – tiens, lui aussi, il était prisonnier des filaments obscurs – eu un écart, sa main se levant comme par réflexe devant son visage, alors qu’il reculait d’un pas. Nouveau rire. Ricanement, même, plutôt. Allez savoir pourquoi, ce geste de peur nourrissait la satisfaction de la Marchombre. Lui, il allait rester prisonnier, de ses peurs et de ce voyou à qui il baisait les pieds en espérant on ne sait quelles faveurs sociales, à avoir peur d’un poignard alors qu’il se l’imaginait dans la face, alors qu’il passait innocemment d’une main à l’autre, comme une plume entre deux apprentis. Elle, elle… attrapa la dague, s’appuyant sur le poignet de Tinuviel pour ne pas chavirer. Merci. Est-ce qu’elle l’avait pensé ou dit ? Ah, aucune importance. Elle était gentille, la compagnonne, elle comprendrait. Est-ce qu’elle allait y arriver, à se libérer, métaphoriquement ? C’était quand même le comble. Ne pas pouvoir fuir physiquement de ce lieu, fuir psychologiquement, et découvrir que c’est cette fuite qui embrouillait ses sens, et rendait impossible sa fuite métaphorique. Oh, elle allait y arriver. Elles allaient tomber, ces mèches incendiaires qui lui brûlaient le crâne. Woosh. Délavées par la pluie. Elle attrapa une grosse poignée de cheveux – pas difficile, avec tout ce qui poussait dans le voisinage – tira pour les étendre – comme le linge et la mémoire de Nerval, tiens – et commença à scier. Fwoosh. Ca tombait tout seul, en longs filaments qui s’écrasaient tout seuls - non, ça je l'ai déjà dit - sur eux-mêmes, comme un épouvantail dont on enlèverait le corps de bois, pour laisser la paille choir dans le vide. De vivants, ils choyaient, de raides-morts autour de son visage, ils se courbaient dans une dernière douleur, formant des entrelacs étranges sur le sol. Une mèche, deux, trois. C’était lourd, des cheveux, et les flammes l’entouraient, leur couleur semblant soudain plus inerte lorsque les yeux améthystes d’Elera ne juraient plus avec leur teinte, un roux plus terne dans la luminosité tamisée des torches, plus… authentique. Sans plus aucune conséquence, et n’attirant plus le regard. Tshak. Tshak. Mince, elle ne trouvait plus. Coupons plus courts, alors, plus haut, plus haut, elle se sentait légère, maintenant, légère, volons plus haut. Non, on ne vole pas, c’est interdit. Interdit ? Elle n’en était plus à ça près. Qu’est-ce que c’était, un centimètre de moins ? Ca lui ébouriffait encore le crâne, mais elle ne le voyait plus. Aucune mèche ordonnée pour tomber devant sa vue. Est-ce que les autres étaient son miroir ? Ils les voyaient encore, eux. Alors non, pas son miroir. C’est bien beau, de se libérer jusqu’à être chauve, mais à la dague, elle risquait de se trouer le crâne au passage. A boire, s’il vous plait, à boire.

Le petit roi de la bande la regardait d’un air étrange. Quoi, il regrettait de ne pas l’avoir laissé partir, et les bouteilles qui se vidaient à vue de nez ? Ah, et bien tant pis pour lui, qu’il se noie dans ses remords. Il aurait dû se méfier, avant de partager sa coupe de cheveux. Elle n’avait même pas bu tant que ça, d’ailleurs, de quoi il se plaignait, c’est lui qui remplissait les verres, lui et ses serviteurs. Mais qu’est-ce qu’elle racontait ? Elle perdait le fil de ses pensées avant même d’en avoir attrapé le bout. Oh, elle allait la regretter, cette nuit. Ou pas. Divaguons, dis, voguons et coulons à flots. Ca fait du bien, de se laisser emporter par le courant, une fois de temps en temps. Non, en fait, elle n’aimait pas du tout, ça faisait peur et elle se prenait tous les rochers, mais au moins, elle n’avait plus à tenter de s’accrocher. Verra bien où que ça la mènera. Nulle part, de toute façon, c’était toujours la même chose, et demain, elle se réveillerait avec la même tête que d’habitude. Presque. Où était Emna ? Il fallait qu’elle lui rende son poignard, son outil de libération. En plus, il était de mauvaise qualité, ce truc. Il avait sûrement été forgé par un apprenti imbécile qui commençait à peine à apprendre et avait les yeux plus gros que le talonent, avec l’aide d’un maître indulgent. Tiens, ça lui disait quelque chose. C’était pas le sien, de poignard, par hasard ? Il y avait un T, dessus. Oui, oui, c’est ça. Elle l’avait ramassé, alors, il y avait si longtemps ? Un sourire s’étira sur les lèvres de la marchombre. Discrètement. Elle l’avait cru abandonné à la glace, ce couteau. Amiiiiies !


- Je sais ce que je veux que tu fasses. Contre ta bague.
- Ma bague ? Et pourquoi diantre est-ce que je vous la passerais ?

…Mince, elle parlait à l’autre brune. Demi-tour. Là. Un pas pour quitter l’amas de boucles abandonnées, pas décisif vers un autre ailleurs, une autre personne. Rembobinage.

- Je sais… Bref. Tiens.

Elle lui rendit son poignard, mais les doigts glissèrent, lâchèrent avant que la main n’ait pris possession du manche. Le poignard chuta. Lame fade au milieu des éclats ternes de cheveux abandonnés. Elera la regarda, entrevoyant le reflet de son demi-visage sur ce miroir improvisé. Sans réaction.

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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Jeu 2 Sep 2010 - 22:58

J'vous raconte pas la gueule de bois du lendemain. Mais n'anticipons pas.

-..Fait pas semblant, le Maître, vise un peu ça.
-L'alcool fait du plus intègrement rigide un compagnon d'inf..hic !ortune. tenta sentencieusement l'empereur.

De verres
en verres aubardel'universjepars

Fillette, Alasa avait éprouvé une certaine difficulté à acquérir le langage. Ou plutôt à y intégrer certains concepts: tels "je". Elle ne pouvait comprendre qu'il en existe autant et s'indignait, persuadée qu'on la volait. Je, j'étais moi. Pourquoi tous ces palotins s'amusaient-ils à prendre son nom ? ils n'avaient qu'à en chercher un. Plus loin. Ici, tous ces je flous à chandelles traballantes. Je ris comme l'autre me sers et glisse contre ma gorge un mouvement imbriaque. Je repose sur la fenêtre, déjà vaincu par l'eau de feu. Quand je bois de l'eau, de l'eau de feu, ça m'tord les boyaux, boyaux, boyaux. Je digresse et diérèse au centre de la pièce sous les rires. Je se triture l'inconscient. En somme, elle était le je absent. Mais n'allez pas imaginer une quelconque familiarité entre eux et elle, hein. Elle, était pas humaine, c'est ce qu'ils s'obstinaient à ne pas comprendre. C'estpourçaquefoustulàenfinbref. Elle avait raison quand même, la narratrice beurrée, l'était plus squeletettique mais juste maigre parce qu'à force de tordre à rendre malade, l'estomac étréci s'habituait à tout. Progressivement. Le brave. D'ailleurs ce serait difficile quand elle repartirait parceque quand il a pris la viande ou le fruit mûr comme la norme. Mais vous savez, elle est pas torturée, seulement un peu paumée. Ni sourire ni trister c'est une sorte d'ataraxie, ça conserve, quoi. Une ataraxie pas ataraxique mais qui dénote pas le malheur. Et c'serait naïf de prendre le corps pour l'esprit, ils sont intrinsèquement séparés. Glauque le corps ? Avec ses émonctions purulentes, ces os et ses odeurs, sans parler de la mort organique dont il cause. Toutes ces sortes de choses. Plus son fonctionnement. Ça rentre, ça sort, 'faut bien se nourrir et faire tourner, toourner l'entreprise. Alasa était un corps qui ne le savait pas. Ou l'inverse. Donc jes tournaient partout du sol au plafond. Comme des mouches. Leurs mains bavardes la moquaient, l'ahurissaient les gestes. Comment tant de gestes dans une même pièce pouvaient ex..exister ? Leurs mains ne tremblaient pas. Mais leurs corps déjà, alourdis, dansaient en diagonale. Étouffant. Une suave odeur de sudation ou simplement de ces chairs chaudes combustionnées vaguait par les murs. Bientôt ils brûlaient. Ivres de rire, d'enfermement. Le premier tendait un verre et en touchant les doigts du second foutait le feu au ciel. Boutait le feu au cul. Le ciel, ce carré noir barré de bois de l'ombre du petit et d'une transparence fallacieuse. Elle n'avait pas beaucoup bu, puisque c'était dégueulasse. Pas comme Elera. Qui ne tenait visiblement pas du tout l'alcool. Prenez l'Académie, mangez un marchombre.La brune glissa langue sur lèvres desséchées. Elle elle était plus.. grande, voilà pourquoi supportait mieux et.. et ces vapeurs méphitiques commençaient vraiment à lui éclater le cervelet. Ça se répandait. Lui donnait envie de glousser. Et puis non, d'autres visages -yeux montés assez haut cette fois- le faisaient à sa place. Voulait pas les suivre.

-Oh York, une p'tite gorgée ?

-C'est pas de refus.

Non pas. Qui lui avait accroché son poignard à la ceinture ? Il était censé reposer quiet dans l'obscurité de son édredon. Boarf, les narrateurs sont ronds aussi, alors. Alasa n'était pas soûle. Assez chancelante pour tendre la lame à Nirvelli cependant. Le sursaut du Félixia la surprit, elle tourna vers lui ses yeux brumeux de céphalée et éprouva un plaisir certain parce que ce mouvement de recul anticipé était interprété. Non, spontané. Enfin.. la tanguombre s'était saisie sans hésiter de l'arme, déstabilisant, et coupait ses cheveux. Comme si les pensées d'Alasa ne dialectiquaient plus: moi égal le monde, ma volonté égal les autres. Elle frissonnait à chaque mèche de peur que l'autre ne s'arrête. Allez, rase tout. Videvoûtée, elle gardait la main gauche à demi-élevée le pouce replié sur les autres notamment le majeur, l'index un peu levé. Position de base, j'attends l'couteau à bourre. Mais quelques autres regardaient aussi et s'en amusaient, quelques sarcastiques, quelques empathiques. Et tiques. «Elissa, passe-moi la bouteille, làla..bouteille. » Sale chalorosité attachée à son bras. Il la prenait pour qui, lui ? Visiblement les gens gais ne repèrent plus que la couleur des cheveux. Bête pour la renarde qu'on ne pourrait plus distinguer. Roux moins roux égal moins roux. Et l'autre d'insister. «'M'appelle En.. Em-na. L'anagramme donne 'Amen', c'était pas voulu. Amen pour Sœur Elera, notre nonne !» Ma-pel. Gah. Un bambin bourré eut pu mieux faire. C'est difficile la parole, sans déconner. Surtout avec le crâne fendu en deux. Mais même. Et l'autre d'insister. Avisant l'objet convoité sur sa gauche, elle assembla assez de fermeté pour s'en emparer et porter le goulot à ses lèvres. Brûlées. Elle aurait voulu emplir ses joues puis cracher le nectar divin au visage de ce fâcheux mais le poids du jéroboam la contraignit à ingurgiter une, deux gorgées, comme le poids du vin forçait. Surprise par l'attaque, elle effectua le mouvement inverse consistant à lâcher l'objet, lequel vint se fissurer sur sa droite. La robe pourpre dégoutta jusqu'aux mèches, s'évasa. On devait être plus tard; l'adolescent bourré se mit à laper comme un chien.


S
urla routed'Al-Vor ladigue ladigue-

Contre quoi ? Ta dague ? La dague..! Fébrilement au-milieu de ces poils roussis. Agenouillée sur la place de l'exécution, la boiteuse tentait d'atteindre son dû, opération délicate depuis la mésaventure bouteilleuse. Punaise, quand ce n'étaient pas les cheveux qui étranglaient voilà que le liquide noyait. Hreu. En ai plein les cordes vocales, c'est amer, ça ignifuge. Comme la nuit ça monte à la tête. Ai plus l'estomac si solide. Comme l'impression d'un bord de mer, quand sur la plage un rouleau vous enlève et tord votre corps, l'écrase de sel et d'eau, surtout vous racle contre le sable, s'amuse à vous tuer. Alasa n'avait jamais vu la mer et n'y était par ailleurs jamais morte. Pas de congés payés pour Gwendalavir. Ça ne faisait pas que lui tordre les neurones et le cou, ces conneries. L'estomac aussi geignait: voilà qu'il avait faim. Tu s'ras ignoré, cancrelat. Sauf si tu veux bouffer des poils, auquel cas prophétiquement ils te stranguleront. Comme prévu mais à l'intérieur. Intus et in cute. Les toiles comme on s'en ramasse une dans la tronche en se promenant dans le petit matin tranquille avec la rosée, par terre. L'araignée les tisserait pendant la nuit de son postérieur la bave de soie. Quoique, on était la nuit. Un carré noir. Se méfier d'Elera, si elle voulait tisser son histoire ? Mais ses cailloux violets à la con n'exprimaient rien que du rien. Pause. Tableau vernal: à la lueur de que dalle ou des cierges, les ruisseaux-rien se mêlent au vin. Méandres falots entre châtain roux et brun roux sans autre reflet que celui de l'eau. Cinabre cardinal. Encre aubergine. Ça les sanguinole plus. Elle sentait sous sa paume gauche -la gauche- la douceur oreillerifère de ces plumes de pigeon déchu. Leur grain un peu rêche sournois comme un filin, au bout, moins dangereux en meute et pourtant.. Même à travers l'uniforme ils caressaient ses genoux. Tapis plus moelleux que la plus sèche des mousses. Invitation au sommeil, comme plus tard ailleurs les grosses chevelures pleines, odorantes de voyage. Celle-ci juste alanguie. Mise à mort par décapitation, le xième jour de l'an de grâce àlanuitd'hui. Les dalles pavées de pavots, le Léthé pourpre et la mise à mort. Elle voyait également leur réaction lorsque le vin les infiltrait: les mèches se collaient entre elles, apeurées, coulées. Non. Les mèches se noyaient avidement dans ce Nil irrigatoire, ivres elles aussi se collaient puis poissaient, repues, satisfaites. J'ai toujours faim, moi. Ah, le poignard.. là. Elle y entrevit une main personnifiée, c'est-à-dire un visage, celui de l'extrapolante coupée à la garçonne. Puis le sien, torve et blafard. Mais merdre, comment avait-elle pu s'infiltrer jusqu'ici ? La brune était courbée dans la cendre, se voulant invisible au-milieu des cheveux morts -son pantalon était foutu, poisseux de vin- et celle qui la regardait de haut droite et debout non pas très droite, à la fois haut et bas dessous sur l'éclair de cette arme ? Le front plissé, douloureux -malalatet malalatet malalatet- Alasa fixait chaque recoin de l'acier, prête à chasser la marchombre si elle osait s'y cacher. Mais elle ne voyait que son œil noir. Pas noir, d'ailleurs; noir comme qui dirait très sombre, par extension. Il est peut-être vert, bleu, gris, marron, très sombre. J'en sais rien. Et vous savez quoi ? Elle non plus. Et vous savez quoi ? Elle s'en fout. Moi aussi. Vous aussi ? Venez boire un coup de clavier.

C'était pas un lac, son couteau, y a qu'les lacs qui reflètent le miroir aux alouettes. De quoi il se mêlait ? De vin, de mèches, mais merde, quoi. Et l'autre qui s'étoufferait presque en lapant. Ils font du bruit ces imbéciles. Elle leva prudemment la dague et ! Comment osait-elle ? Le reflet ricanant en suspens des lèvres molles. Dans son objet, son truc, là ! D'ailleurs elle aussi se moquait. Elle attendait comme une renne l'offrande d'à boire, du bijou bleu éclaatant, de la preuve de sa soumission. Et l'autre pécore, là, il l'imitait -?- à laper le sol, il savait pas faire, qu'est-ce qu'il croyait à se mettre à genoux dans la manne pour offenser la dignité humaine. La di-gnité, quoi. Elle était à genoux aussi d'ailleurs. Devant Elera qui la moquait. Ses rotules contre la pierre rivalisaient de douleur avec le cerveau, la seconde l'agaçant plus sûrement que tout. Et toutes ces vapeurs, ces chants, ces borborygmes, mais les murs étaient épais, mais ils allaient la fermer, oui ! Pas à genoux devant. Ça veut dire avilissement. Ancillaire. Certes, il était dur de se relever mais elle y parvint, tout en souplesse de cuite. "Elissa, s'pas facile, pa-asse-moi ton verreuh ». SCHLING. L'objet cruellement défiguré s'éparpilla par la cendre pourpre; le roi aviné tourna la tête, paresseusement, c'était le quatrième bris et quart de la soirée. Un fragment effilé s'était planté dans son baldaquin, qu'il salua d'un gloussement. La jolie brune se posa sur ses lèvres. Glauques et goulues.


Ooh
le tapis s'envole je suis sur le tapis

La chaleur ruisselait par l'alcool et l'occase; le meurtre de cet amas de verre avait affamé la colère d'Alasa, d'autant plus que quelque bris logés dans sa paume droite crevaient désagréablement. A demi-anesthésiée, elle les sentait peu mais voyait sous les cierges quelques gouttes d'un rouge moins violet que le vin perler. Moins doré que certaines bouteilles. Qui l'avait attaquée ? Vu personne. Pasbougerécouter, ouais c'est ça. De toute façon ils ustilisaient une langue qu'elle ne comprenait pas, la parole. Tu parles parole ? Non. Elle ne trouvait plus l'autre Elera. Dommage, parce que la dague en main brûlait -de servir. Elle avisa le carré de nuit et une ombre tout contre. Une petite chose, ça concordait. A la courte chevelure, pareil. Blonde, ça marchait plus. Enfin pas grave, c'est presque du roux maintenant qu'elle s'est tuée l'enfant. On va pas chipoter. Il y en a des rouquines, des vraies, des oblongues et des furtives, des cavales, des airs, c'est qu'une parmi d'autres qui avait tous leurs visages parce qu'ils étaient longs, je regarde les mains désormais c'est plus sûr. Pas d'aura et des yeux couleur vinasse; pas d'quoi s'enorgueillir. La fille brandit l'arme en concentrant son peu de force -imbibé- et frappa. Le faible Corbac survécut, déjà parce qu'elle avait touché la fenêtre et ensuite parce qu'il glissait justement le long du mur. Ses joues vitreuses éructaient de bien-être; il se mit à ronfler. Tinutruc contempla silencieusement sa main et au bout son poignard fiché dans la vitre, essayant de déterminer ce qui n'allait pas. Cible ratée d'un bon mètre. L'est bizarre, ce lac. Dans le carré de nuit. La nuit, la céphalée, laissez-fallait, euh.. De l'air tout près ! De nouveau elle sollicita sa concentration et frappa, plusieurs fois, longtemps, le verre et le trait de bois un peu devant -'peu pas l'éviter non plus. Lorsque la nuit entra par le trou ainsi ménagé elle y précipita le museau, avide, tout contre le verre brisé. Un petit rond stylisé et autour de longues éraflures prêtes à imploser. Gorgée dehors, elle retrouva un peu de lucidité: aïe. Verre et échardes autour du nez et des lèvres, coupures en sang. La fenêtre n'était pas assez grande ouverte, l'alcool la prenait dès qu'elle s'éloignait du trou, couplé à la fragrance ferrugineuse du sang ne faisait pas bon ménage.


-Arrête, arrête ! C'est moi le fils de Sil'Afian, et je vous emmemrde tous. Sauf toi pasque j't'aime bien. Tu me ressers s'te'plaît ? Va-t'en, truc, t'as assez bu.


La voilà Elera, suffit de pas demander. -Tiens, où était la fenêtre puisqu'elle pouvait voir E. lui faire face ?- Doudjû. Là. La tête à peine moins trouble. Paraissant toujours un peu absente, la difficilement-reconnaissable-aux-cheveux-courts-et-très-inégaux voguait son attention sur le mur, la fenêtre ou part là. Des lignes écarlates sinuaient sur ses chevilles nues, au rythme des bris de verre plantés sous la peau. Ça rappela à Alasa ses propres picotements à la paume droite et son nez et le contour de sa bouche en sang. Et échardes. Elle avait baissé le poignard et la regardait, bêtement, sans savoir que faire. Y avait une histoire de bijoux. Mais non. Voyons voir. Une goutte de vin, ronde, lunaire, sémillait au menton d'Elera, se moquait de toute cette idiosyncrasie orgiaque. La brune se pencha, grinttrappa une poignée de mèches vineuses en tressautant lorsque les siennes lui soufflèrent la pommette -les congédia- et debout les serra comme un scalp. Les affinant le plus possible jusqu'à s'enfoncer les ongles dans la paume gauche et donc d'en rester là. Elles pendaient à la potence insalubre du matin, ternies, vieilles, usées. Ce renard mort. L'alcool l'énervait à goutter le long de son avant-bras. «'aut ouwrir la venête. Ou-vrir la fe.. ça. Pour se souvenir que la dagu.. la bague. Ça. » C'est reparti pour l'échange-unique endémique. Et cette victoire de parole ! Elle désignait impatiemment le carré en son milieu-au-pif un rond, calculez-en l'aire. Le sang faisait son chemin le long de l'arête du nez et venait dispenser son âpreté par ses lèvres déchirées. Elle cracha sur le côté, sur le tapis roux. Sporadiquait la mèche prisonnière avec nervosité, ça l'agaçait.

Buvez, ceci est son sang.


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Ven 3 Sep 2010 - 16:51

Dommage qu’il n’y ait pas d’appareil photo en Gwendalavir. Enfin surtout pour toi. Et après, on dit qu’Elera est la plus caoule saoule du lot, faudrait savoir. Tiens, son visage venait de disparaître, et la fille se noyait dans ses cheveux. C’est original, ça. D’habitude, c’est dans les algues qu’on s’entortille, sans pouvoir retrouver de l’air, pas dans des cheveux qui matérialisent les méandres des fleuves, non, d’effluves étranges. Elles lui bouchaient le nez, à force, et la salle tournait, en plus. Ca tourne, un aquarium ? Ah, non, c’était Emna, le poisson, pas elle. Ou Elissa. Tiens, encore des noms en E, à croire qu’elle les collectionnait. Est-ce qu’on peut faire parti de sa propre collection ? La dernière fille un peu masculine qui avait copié la coiffure d'Elera - ou le contraire, la chronologie est devenue incertaine en cours de route - devait s’appeler Elra, pour continuer dans la logique Elphabétique. Et anagrammique, aussi. Je vous présente Amen, Salies et Râle pas, surtout, Elera y a des homonymes mais pas d’anagramme. Elare-ant. Hilarant, pardon. Elle aurait pu s’appeler Erbie aussi, la blonde, mais bon.

- Si vous plantez les ivrognes à la porte il doit pas vous rester beaucoup d'mooooonde !

Mais qu’est-ce qu’il piaillait, l’autre, en plus ? Elle allait l’assommer, ça fera plus de bruit dans son crâne et moins dans le sien. Ou le contraire. Attends, on parlait de bague. Ou de dague, en fait. D’ailleurs, on gardera secrète la raison pour laquelle Elissa réussit non seulement à comprendre ce qu’on lui dit, mais en plus à répondre avec des phrases complètes, gramatiquement correctes, et non absurdes. Elle est obèse. Ah, non, c’est la copine du chef, elle est donc mannequin. Qui écrit la narration ? Elle allait le planter à la porte, s’il continuait à chanter, et elle serait bien contente, quand il n’y aurait plus personne, parce que quand on est plusieurs, on est plus que tout seul et elle, elle avait envie de dormir. Et de boire. Parce qu’elle avait soif. Et si elle avait soif, cela voulait dire qu’il faisait chaud, parce que quand il fait chaud, on a soif, logique indéniable. Mince, la bouteille était vide, et elle se voyait dedans. Comme dans la dague tout à l’heure. La dague >< Comment voulez-vous réussir à faire avancer un post quand le personnage est incapable de se concentrer plus d’une ligne sur la même chose ? Vidons-lui une bouteille sur la tête, ça lui rafraichira les idées. Noon, après y'aura p'us d'rhum. Autant éviter que sept paires de regards tueurs ne se tournent vers elle pour un simple et minuscule gaspillage innocent. Il reste des bouteilles à la cave, au pire. En fait, on s’en fou, de la dague, elle a disparut depuis le temps. Perdue dans les cheveux, peut-être. Quoique non, elle n’en avait plus assez pour y cacher un couteau. Parce qu’Elera, elle ne cachait pas ses armes dans ses milliers de poches comme les marchombres, mais dans ses cheveux. Bref, depuis le temps, la dague avait disparu, remplacée par des milliers de bouts d’icônes dans ta boîte crânienne en délire de petits bouts de verre qui brillaient par terre. Il y en avait même dans la gamelle du chat. Ah tiens, non, Elera n’en a pas, c’est l’autre aux cheveux lunaires, là, confusion des contes. Elle devait halluciner. Ca chatouillait les pieds. C’était du vin, ou du sang, par terre ? Enfin, si c’était du sang, ils avaient un assassinat sur le tapis. Elle plaignait le concierge qui devrait nettoyer.

Mais arrête de rajouter des bouts de verre partout ! Qu’est-ce qu’elle t’a fait, ma fenêtre ? D’abord, elle était déjà ouverte, j’ai dit qu’Elera l’ouvrait dans le premier post. (Notons au passage la subtile figure de style qui consiste à mélanger narrateur et personnage, brisant ainsi l'illusion littéraire, qui avait un nom mais qu'Elera n'a jamais su ; c'était juste une parenthèse pour te rappeler combien c'était bien, le lycée.) Depuis tout à l’heure, elle tentait de faire un trou dans une fenêtre ouverte avec son poignard. Tiens, il était reviendu, celui là ? Et tu ne pouvais pas trouver une arme plus originale ? Pillaging shovel, sword of maybe maybe not, knife of lies and fork of truth? Ca donne faim, toutes ses bêtises. Et envie d’enterrer des gens. Enfin, qui était l’idiot qui avait refermé la fenêtre sans rien dire à personne entre juillet et septembre ? Ca devait être le petit fluet, là, York. C’est l’un des garçons, donc il peut avoir ce nom. Il s’appelait déjà Sorl, mais ça, c’est pas grave, il peut en avoir deux vu que l’un des autres en a zéro, truc ce n’est pas un nom, ça ne commence pas par une majuscule. En tout cas, la fenêtre était cassée, maintenant, il allait falloir expliqué à Jehanne comment des petits malins avaient réussi à envoyer des cailloux jusqu’au troisième étage. En plus, c’est super dur de casser une fenêtre, même avec un poignard. E-truche devait avoir le bras tout mou, maintenant. Ou alors, c’était une fausse fenêtre. De toute façon, les fenêtres ne sont pas solides, en Gwendalavir, sinon personne ne sortirait par là régulièrement.

- Peut-être parce que hier à table j’ai défenestré l’chat !

Y a pas de chat, je t’ai dit, reprends un verre et tais-toi. Pourquoi Emna voulait ouvrir la fenêtre ? On ne se défenestre pas en ouvrant la fenêtre, d’habitude, on casse la vitre. Bon, là, elle avait un peu fait les choses à l’envers, elle avait cassé la vitre mais elle n'en avait pas profité pour sauter. Peut-être qu’elle voulait qu’on lui ouvre pour pouvoir faire le saut de l'ange, maintenant. Mais d’abord, il lui fallait détailler les raisons de son suicide précipité au fond du précipice béant, parce que sinon, elle lui devait deux trouvailles et puis c’était pas drôle si elle faisait un reflet de lame, non mais. « Pour se souvenir que la bague ? » De la bague, qu’elle voulait dire, sûrement. C’était ça, son échange ? C’était plus facile que prévu. Bon, et bien puisqu’elle voulait seulement qu’elle lui ouvre la fenêtre contre sa bague, allons-y, c’était facile. Quoiqu’en fait non. Pourquoi ça s’ouvre pas ? En plus, ça coupe. Mais les marchombres savent toujours par où sortir, elle avait passé trois ans à apprendre à crocheter les serrures les plus difficiles, alors ouvrir une fenêtre devait être dans ses compétences. Il faudrait qu’elle dise à Ena de rajouter des entraînements ivres à ses cours, ça manquait cruellement, elle ne lui avait pas dit quoi faire, quand ses aptitudes et réflexions étaient diminuées de moitié soyons optimistes, de moitié seulement, ce n’est pas comme si elle pouvait être déçue de quoique ce soit dans son état actuel.

Du vent ! Wouaaa.

C’était bizarre, de le sentir sur sa nuque. Et ne pas pouvoir penser que ses cheveux dansaient dans les courants d’air, flottaient sur la brise, voguaient sur le vent et autres réflexion de cet acabit. Elle se sentait faible, tout à coup, à sa merci, roseau frêle qui risquait de chavirer à tout moment, cruellement inadaptée, vulnérable maintenant que sa nuque était nue et qu’il ne restait plus qu’un fin tissu entre le monde et ses vertèbres écrabouillées. C’est facile à fracturer, une colonne. Une ligne aussi, d’ailleurs, mais comme Elera est à la fenêtre, on va dire que les effluves sont moins sensées lui remonter dans les narines et qu’elle va divaguer un peu moins. Ou pas, après relecture.

- Et les s’crétaires cunnibilingues se font les oongles dans la bièère !

J’ai pas d’ongles. Elera n’eut malheureusement pas le temps de profiter davantage de ces quelques goulées d’air sain, le grand blond de Corbac la poussa nonchalamment pour lui prendre la place, et reculant d’un pas, elle poussa à son tour Tinuviel. Il jouait aux dominos humains, en fait. On ne lui avait pas dit que c’était lui, le pion-pnj, pas le contraire ? Mais sans s’inquiéter du bon vouloir des personnes présentes, il passa ses jambes par la fenêtre, se mit en équilibre précaire sur le toit à quelques centimètres du vide, et quand Elra – admettons – lui passa la bouteille, il se mit à boire au goulot sans se tenir ni s’arrêter une seule fois entre deux gorgées avant que la bouteille ne soit vide. Et il s’appelait Dolokhov. La pensée qu’il puisse tomber effleura vaguement Elera, mais elle ne s’en inquiéta pas outre mesure. « Moi égal le monde, ma volonté égal les autres, » avait pensé quelqu’un tout à l’heure – Elera n’est rien sensé en savoir, mais on triche, en rp, c’est bien connu. Histoire de diplomatie, de convenances, tout ça. Rien à voir avec la raison pour laquelle cette phrase a été réinséré, par contre, c’était juste pour pouvoir caser la suite. – Mais puisqu’Enma (en mettant une fois le n devant, une fois le m devant, j’aurais bien raison à un moment ou un autre) contrôlait les autres par sa volonté, et qu’elle était tout, cela signifiait qu’Elera n’existait pas, ou tout du moins pas autrement que comme une extension de la volonté de la fille-qui-apprenait-la-civilisation-en-participant-à-la-vie-sociale-de-son-temps. Fille des loups, c’était quand même beaucoup plus simple, avouons-le. Etre ou ne pas être, telle est la question? Il fallait bien expliquer le titre quelque part. Ne pas être, donc. Et si elle n’était qu’une extension de la volonté de la fille-etc., c’était exactement comme dans certains rêves qui, étrangement, peuvent être contrôlés du début à la fin. Conclusion : tout ceci n’était qu’un rêve, et demain, elle se réveillerait sans mal de crâne et avec tous ses cheveux, sans compter que son appartement serait propre. Dolokhov pouvait donc bien tomber, il se réveillerait avant de mourir, c'est toujours comme ça, dans les rêves. Ou alors, c’était Tinuviel qui se réveillerait. Est-ce que ça pense aussi, les figures que l’on croise dans nos rêves, ou est-ce qu’elles n’existent que dans ce que l’on voit d’elles ? Toi aussi, tais-toi, t’es trop bourrée pour philosopher.

- On parle on parle maais il se fait tard c’est bientôôt la, fin du monde et j’ai plus rien à boire…

*C’est ça, et le ciel va nous tomber sur la tête. Sauf qu’il n’y a pas de ciel, il fait encore tout noir dehors. Si tu n’as plus rien à boire, ça veut dire que tu déguerpis bientôt ? Quoiqu’il doit bien rester encore une ou deux bouteilles, on est quand même que quatre dans la salle, un potentiellement c’est perdu en cours de route et y en a deux qui sont collés ensemble. Et on parle, on parle… A part toi qui chante, il ne me semble pas trop, non. Avec tout ça, tu as dit à Tinuviel que tu avais un défi pour elle, et tu ne lui as toujours pas dit ce que c’était. C’est malin, parce que tu as eu le temps d’oublier, entre temps.*

Elle se parlait à elle-même, maintenant, de mieux en mieux. Revenant vers la fenêtre, Elera passa à son tour une jambe au dessus du rebord – ..on lui a fait la courte échelle – mais, méfiante, n’alla pas jusqu’à marcher sur le toit comme Dolokhov-bis. Un pied dehors, un pied dedans, ça suffisait très bien. Elle ne voudrait pas chuter à l’intérieur, non plus. Un marchombre, c’est rarement ivre, apparemment, et elle avait peu envie de mettre son apprentissage en pratique dans son état. Au moins, elle n’était pas assez ivre pour ne pas prendre conscience qu’elle n’était pas en état de faire une chose pareille. En fait, ce n’est peut-être pas très cohérent, mais - for the sake of - par égard pour Elera, on l’empêchera de détruire sa vie en plus de sa réputation. Un peu de clarté, maintenant.

- Ma bague, contre la fenêtre… Et toi, ta bague accrochée au plafond contre un rad… gât… cadeau. Ca, deau. Tu me donnes quelque chose, d’important… que tu auras fait. Pour moi.

Gamine un jour, gamine toujours. Mais là ça ne veut rien dire même pour elle, c’est juste pour coincer Tinuviel. Et ça rime, en plus. Doublement -uu.


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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Dim 31 Oct 2010 - 0:46

[J'ai mistrois plombes à réaliser un superbe dessin d'art abstrait, qui est devenu, par l'absence d'ouverture d'esprit de ce truc de merde, l'infâme bouillie rouge que tu peux contempler sur la gauche. Tant pis.]


Bon *craquement de doigts*. Reprenons. Je propose de modifier le règlement dans le but louable d'interdire les intrusions d'auteur ce qui, dans le cas présent, aurait le mérite -ou pas- de raccourcir les posts précédents d'une bonne moitié.


Tu. Ne. Tu. Rat. .

HdkkVent Tel Apollinaire et ses affinités trouduculesques, je n'ai pas grand-chose à dire et c'est bien
dfjjjk et moins intéressant. En revanche, je vais trouver. N'est-ce pas ? N'est-ce pas ? L'alcoolisme
fdfgfg sous est coloré. Parlons du marchombre, par exemple, puisque plusieurs personnes dans la
gfgfdh le salle semblent concernées. Le marchombre est un animal à l'instinct grégaire
à théoriquement équivalent à celui d'une huître. M'y connaissant peu en ostréiculture -mais
à remarquez avec admiration s'il-vous-plaît que je connais le mot idoine- je crains cependant
soutenirbois de me fourvoyer sur ces charmantes petites bestioles au demeurant très soudées. Oui
àtraver oh je sais, c'est pathétique. Donc, le marchombre contient plusieurs mots: marche (pour
sletre jelemardi marcher), ombre (pour se cacher) et l'accouplement des deux
illisr tttue qui semble signifier 'marcher dans l'ombre' ou 'marcher surles ombres' ou 'ôte-toi
rec eh de mon soleil là que j'm'y mette'. Peut contenir des traces d'Ambre
ou rr (Naeëlios ou Kil'Eliam, toutes deux disparues sauf une), de brame ou de marbre.
fffffff plat La bête est furtive, ténébreuse, secrète, ne sortant de sa tour qu'une fois par
fffff millésime pour secouer l'épaisse couche de ténébrions qui la pare, dans les cas les plus
fffff extrêmes. Un marchombre moyen court mère Nature, batifole avec ses amis les lapins et sait
hip cuisiner du siffleur avec une étoile de jet en le faisant cuire avec les étincelles. Nota: un
shi marchombre n'a rien à voir avec un geek. C'est, en fait, son exact opposé. D'où son succès me
psh direz-vous, et comme vous auriez raison petit malin. Non content de battre Chuck Norris
ips et Valen au baby-foot, notre objet d'étude est également poète. Mais un vrai.
protub Il aime bien comme qui dirait l'éclat de la lune, la flûte de Pan, le sang qui goutte
isz doucement le long d'une lame sournoise et j'en passe. Exemple: l'écho des rires décroissait,
chi la nuit givrée posait sur son monde un linceul de neige. Seule sur le crépuscule, une
cih silhouette dansait. Les balancements de son buste, serpentins, eussent fasciné un raï
couriro furieux. Sa chevelure éparse épousait l'âme ivoirienne de la lune, laquelle lui conférait une force hermaphrodite. Elliptique et électrique: tels étaient ses gestes. Mais ne nous y trompons pas: la danse était macabre. L'acier brillait dans les deux paumes, et l'être tranchait le fil des libertés pour en rendre la trame plus lâche encore, et s'y glisser. Un mot résonnait dans le soir et valait toutes les attentes, attirait et n'expliquait rien: marchombre. Voilà voilà. C'est chouette, hein ? Et encore, je ne suis pas initiée. Si tel était le cas, j'aurais écrit des haïkus, comme eux. (Notez que dans le cadre de notre grande 'Campagne d'étalement au grand jour: suivez ligne après ligne la création d'un rplayeur en direct ! Exclusif, tous les secrets révélés ! Ou dévoilés', je suis actuellement en train d'élaborer une transition vers quelque chose plus en rapport avec notre sujet direct). Ou alors, je peux vous parler de mon DM de français, des fois que quelqu'un ait une idée. De préférence avant demain matin, six heures. Mon numéro de téléphone est le 04-76-...
Bref. Nouvelle caractéristique de cette race, les marchombres sont susceptibles de se retrouver rapidement à rouler sous la table à la moindre petite goutte de substance illicite. A l'appui de nos preuves, deux exemplaires: Elera et le petit blond aux mille noms, Sorl ou York (j'avoue aisément que cette appelation fait très chihuahua). Ou est-il dessinateur ? La chose m'est sortie de l'esprit. Il y a en tout cas nécessairement un deuxième marchombre dans la pièce, je vous renvoie pour ce prouver à mon premier post, par ailleurs sublime, intéressant, et j'en passe. Mais d'autres races sont représentées dans la pièce, n'est-il pas ? Voulez-vous également leur description ? Non ? C'était pourtant un bon expédient. Je vous les donne en promotion et en résumé: pour les mercenaires, inversez. Dessinateurs ? Remplacez 'nuit' par 'Spires' ou 'Imagination'. Les


-Et je bois, et je bois, et j'imbibe ma carcasse, de tout ce qui coule, qui est fort, alcoolisé et qui fracasse ( 8 ) -

guerriers, c'est pareil sans la poésie. Et le reste à la limite on s'en tamponne le coquillage avec une pelle à tarte.

Non, la vraie question est: comment s'appelle la blonde aux allures de Rahan ? Le coup d'Elra-Erbie m'a personnellement peu convaincue. Trop de E dans une pièce feraient fameuse équipe, comme le dirait -presque- Bourgeon. Voyons, un peu d'onomastique est de mise: prenons l'exemple de Merwyn. Bon exemple, ça. Objectif et parlant à toutes les générations. Disséquons ce gracieux prénom, créant ainsi un fil conducteur entre maintenant et tout à l'heure: «mer», évocation du voyage et de l'héliotropisme du chaud soleil de l'espoir, ainsi qu'une subtilité paternelle (open office me proposait 'pathétique') paradoxale. «Wyn», idée de victoire ainsi que d'ascendance elfique. Bien. Effectuons le trajet inverse: félixia, personnalité sans doute sanguine, allure virile et lèvres féminines. Je propose Dominique (..qu'on évitera de disséquer) ou Camille. Traduction alavirienne: Domeenik (ça ferait presque Domenech –' ) et Kami. Ou pour simplifier, mettons Jehan-Mary.

«Il la regarde et le soleil descendre
Elle a seize ans et n'a jamais pleuré»

Ce menu problème étant résolu et MA parole ayant force de loi tant que je maîtrise ce récit, continuons.

¤ \ § Flash-back § / ¤


La petite fille extirpe avec difficulté sa main de l'épaisseur des vêtements. Longs, comme il sied à l'enfance, ses cheveux escamotent son visage pâlot aux courants d'air froid. Elle tend un doigt gourd, fronce un sourcil, écrase consciencieusement son pouce dans la boue. Puis ses yeux s'écarquillent: quelque chose se montre digne de sa curiosité un peu renfrognée. Le truc en question est une splendide limace orange vif, symbole des posteurs à la célérité cacochyme. Elle y applique le doigt, prudemment puis avec enjouement; à la longue et sous une certaine pression, le mollusque éclate, barbouillant sa main d'innocence.
Je ne sais à qui appartient ce souvenir. Il peut être à Alasa, mais j'ai des doutes. A Silind ? Je ne le visualise pas avec les cheveux longs, petite. Admettons qu'il doive émaner d'une personne se trouvant dans la salle. Il peut alors être à Elera, Elissa ou Jehan-Mary -même si dans ce dernier cas, j'ai aussi des doutes. Quatre en tout cas assises à revendiquer ou pas la paternité d'une telle réminiscence. L'inconvénient de ce type novateur de narration étant que vous ne saurez jamais le fin mot de l'histoire. Et moi non plus. Quant à savoir si les pnjs ont un passé..
Le petit garçon exprime avec difficulté la rancœur du levant. Lui, en revanche, c'est Melmoth.


§ / ¤ Fin du flash-back ¤ \ §

Les marchombres titubent sur
Les bords de fenêtre. Mais celui qui tombe est un guerrier. A mon humble avis, ça ne change rien à la dureté des créneaux mais laissez-moi m'effacer pour offrir à la scène tout le tragique qu'elle mérite, puis le cru, puis l'elliptique. Annonce du plan.

L'adolescent tombe.
Il avait les cheveux pâles, vaporeux contre sa nuque à l'instant terminal, son corps se découpait sur les pierres moites, hors de la salle. Sans doute la goutte d'ambre qui goutte à ses lèvres l'a t'elle pris pour un insecte sémillant, prompt à venir s'étendre dans son suaire doré et
Il est piégé. Il tangue. Il tombe.
Personne ne l'entend; d'ailleurs, il n'a pas de nom. Identité ? Des bris de vent. Lui-même ne s'aperçoit pas que, poussé par la folie d'oblivion, il presse son dernier rire dans un rot décadent. Sa cheville musclée de guerrier, sa jambe juvénile se dérobent sous lui. Bientôt l'éternel laiton de la lune coiffe son blanc visage, tourné vers le ciel, il semble attendre le pardon qui ne vient pas. Il serre, convulsivement, le verre étrangement intact. L'alcool et le sang se mêlent encore sur sa joue d'opale. Il était jeunesse; la jeunesse est morte, stupidement tuée en tombant du toit et son désespoir rougit les étoiles.
Ce qui devait arriver arriva: le jeune niais trébuche, l'indifférence des regards torves l'accompagne dans sa chute. Il n'a pas le temps de comprendre ni même celui de se plaindre: hop, le voilà empalé sur la pointe d'une tour en contrebas. Elle traverse la colonne vertébrale de part en part, sectionnant net artères et nerfs; le pauvret en serait devenu paralytique si ses organes ne venaient d'être déchiquetés par la pointe en question. Le contact avec le cerveau met juste assez de temps à être coupé pour qu'un choc agonique l'éveille de son orgie -mais que fais-je là ? Mais maman ? Certes, je ne souhaite à personne les quelques secondes de douleur intense occasionnées par l'air s'infiltrant dans les poumons crevés, l'estomac et les intestins projetés au grand soir ou encore le cœur à vif. Miraculeusement, le verre survécut. Mais personne ne se pencha pour le récupérer.
Ziip fiiu sproootch ag ! Crr, crr.


-Rahaan fils des âges farouuches, Rahaan, plus vite que le veent ( 8 )- Arbeit macht frei.

Or donc, comme le vin venait

«En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur !»

A propos de jaillir, notre bacchanale commençait, chez certains, à faire ressortir ses vertus émétiques. Quant au Corbac, il n'est peut-être pas mort. Peut-être est-il vivant. Onques ne peut tuer un pnj. Ou salir les tourelles ? Son sort n'est plus entre mes touches agelastes. Le flambeau court. On rêve de morts. Et faut pas croire mais à force de ne rien dire j'vais devoir me freiner, déjà deux pages et demies. Je vous parlerais bien de la fenêtre, de ses bris divers et inutiles. Reprenons la trame narrative, endommagée d'avoir été parfilée au milieu des cianfrusaglie. Il s'était indéniablement passé quelque chose, mais quand ? Personne avait poussé Elera, qui avait poussé Alasa, qui avait repoussé Elera qui avait repoussé Personne. Qui avait mouru. Ou était-ce ce joyeux marasme qu'à cheval sur le bois la rouquine secouait ? Elle, était l'assassin. Imaginaire ou non. Et les peaux s'animaient ! Et le velours volait ! Ne préférant pas savoir ce que les baldaquins ballaient. Les mots atteignirent, doucement, leur sens. Elle tendit abruptement la mèche vineuse. Que pouvait-il arriver d'autre ? 'on' avait tourné l'histoire en délire d'ivrognerie, et l'échange inexistant en serait la première victime. Une mèche contre une fenêtre ouverte: défenestration ou scalp. Le chien pelé traîna la patte vers le chien de garde, aboyant pour sa bouteille. Sous les élucubrations, Jehan-Mary s'avança vers Elera, la prit par la taille -ou du moins sembla vouloir le faire: mal assurée et pourtant forte, elle fit basculer la marchombre. A l'intérieur, heureusement pour elle. Sous son corps imbibé et sur celui d'Alasa, paix ait leur âme. Sprouitch. Apparemment trop lasse pour esquisser quelque geste, le visage d'Elera n'exprimait rien qu'un abandon et une bête hilarité. Libre interprétation sur les êtres aprosopiques que la brune déduisait. Le visage de l'étêtée -réduite de moitié sans cheveux- s'établit mollement contre le sien, occasionnant une rencontre crânienne qui la laissa sonnée. Elle sentait les chatouilleux cheveux courts contre son front. Elle sentait la respiration sur sa joue. Elle sentait l'alcool.

«No step had trodden black
Oh, I kept the first for another day !» Alasa paniqua, le dos meurtri anesthésié contre la pierre. Les lèvres d'Elera somnolente remuaient comme de parole, ou en recherche. Elle étouffait sous le poids conjugué des deux jeunes femmes, celui de la seconde en particulier, sentait sa cage thoracique se craqueler. Elle voulait ricaner au début mais cette compression lui rentrait l'ivresse dans la gorge; étalant inopinément son sang sur le visage enfantin, elle mordit furieusement la lèvre qui respirait pour essayer de l'arracher à sa torpeur. Erbie, qui avait réussi à s'agenouiller de manière moins entassée, contempla la tentative avec un éclair de colère quelque part. Elle souleva la rouquine, envoya un coup de pied hagard dans le bassin d'Alasa et entraîna, difficilement, sa proie vers la fenêtre -toujours ouverte, c'est fantastique. Là, elle passa prudemment la main dans les cheveux courts et tendit une main languide, hésitante vers les lèvres blessées. OMG. Apaisée, la boiteuse roula vers l'autre côté et s'étendit vers la flaque de vinasse, l'océan, comme cherchant à attraper quelque chose. Trop étourdie dans les relents reliques pour effleurer un autre stégobulle qu'une mèche rose, éparpillante.

-Sais-tu danser la carioca ? C'n'est pas un tango ou un chacha ( 8 ) -



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Lun 15 Nov 2010 - 21:39

Titre : Le mal des fleurs.

Précision de départ, alias positionnons le contexte avant de commencer la pièce de théâtre, c’est mieux quand il y a une scène avant qu’il y ait des acteurs – quoique précision sur les acteurs, pas la scène, donc oublions : Jehan-Mary étant trop long, Jehan déjà pris, Mary pas assez alavirien, Elra et Erbie peu convaincants et les périphrases comme « la bonde masculine aux cheveux courts » trop longues aussi, pour un souci de simplicité, la personne susdit sera dénommée Ryma pour la suite, inversons un peu les rôles. Quoique Hanje est pas mal aussi, surtout quand on le décortique façon Merwyn, et puis le H a un petit côté masculin. Quitte à ce qu’elle change à nouveau de nom dans le prochain poste. Conseil d’ami : ne prends pas trop longtemps pour répondre, tu risquerais d’oublier ce qui a été dit plus tôt et de devoir tout relire et te re-mélanger les pinceaux, ça prend du temps. Quoique tu n’as rien de mieux à faire en prépa. Mince, interdiction des intrusions d’auteurs >< Mais tant qu’on y est, remarque capitale au passage : plus le temps passe, plus les rps sont longs, et moins ils disent de choses. Tentons maintenant de nous remettre sur le droit chemin, ou sur le chemin tout court. En fait y a jamais eu de chemin dans cette forêt bordélique, alors continuons et à ta santé.

Précision de départ, alias positionnons le contexte avant de commencer la pièce de théâtre, c’est mieux quand il y a une scène avant qu’il y ait des acteurs – cette fois, c’est la bonne :

Souvent, à la clarté rouge d’un réverbère
Dont le vent bat la flamme et tourmente le verre,

Les gens aiment jouer aux dominos, et puis aux anti-dominos – ce sont des dominos qui tirent au lieu de pousser, c’est Hanje qui a inventé le jeu – à côté des fenêtres, pour avoir vue sur le réverbère magique avec lumière Dessinée et pas de poteau à se prendre à la figure. Elera s’était donc retrouvée exactement à l’endroit où le jeu avait commencé, à savoir, près de la fenêtre. A croire que la salle n’était pas assez grande pour qu’on joue ailleurs, mais tant mieux, l’air frais avait au moins le mérite de tempérer les multiples odeurs qui se croisaient dans la salle, et pour un pur souci de poésie marchombre, la lune était pleine et que la chute de Dolhokov avait fait disparaitre l’ombre sur le toit qui empêchait les jeunes filles de contempler le ciel. A moins qu’elles ne prennent la lumière du réverbère-inexistant pour la lune, c’est possible aussi. Attendez, rembobinage - La chute de Dolhokov ? Mais non, ce n’est pas la bonne histoire. Dolhokov ne tombe pas. Option numéro un : ce n’est pas Dolhokov. Mais comme c’est l’option choisie par la poussière, « Des bris de vent » : heart : envisagement de l’option numéro deux, à savoir : il n’est pas tombé. Auquel cas, où donc est-il passé ? Les quatre, six ou sept personnes dans la salle pouvaient toutes témoigner de leurs yeux embrumés qu’il n’était pas là, la preuve, il manque un verre sur la table. Comment ça, tout le monde n’en est pas encore à boire au goulot ? Elera aurait juré qu’il avait été dehors. Le problème, s’il meurt, c’est qu’on risque de se poser des questions. Voire de mettre Elera dans une situation quelque peu embarrassante, étant donné que les maîtres ne sont pas sensés tuer les élèves, en tant normal. Quoique, le Chaos règne, un petit meurtre de plus ou de moins devrait passer pour le moins inaperçu, ou tout du moins ne pas se révéler trop gênant pour la marchombre. Congratulations, you’ve joined the dark side. Have a cookie. Qu’il meurt, donc, ce n’est pas comme si quelqu’un s’en souviendrait au matin, et puis ça manque d’empalements, dans le coin. Elera va pouvoir se surnommer Dracula, en plus elle a du sang sur les lèvres. Quand au corps-bac, laissons le pourrir en contrebas :

Vivant, j’aimerais mieux inviter les corbeaux
A saigner tous les bouts de ma carcasse immonde.

Les corps beaux, ça marche aussi. Le cadavre encore frais fut ainsi abandonnée de toute pensée et toute considération de la part de ses camarades d’un soir qui le laissèrent ainsi pourrir en paix, accompagné des oiseaux qui ont symbolisé la maison la plus chère à son cœur. La chair effleura la bouche de la rouquine, et elle glissa sa langue entre ses lèvres, le goût du sang diluant celui du vin. Elera leva la main, pour savoir ce que cherchait l’autre dans ses cheveux, et en la posant sur celle de Ryma-Hanje Ris mon ange, se rappela soudain la perte de sa chevelure. Elle eut un hoquet de surprise en touchant les mèches courtes autour de son visage, retira sa main et voulue tourner sa tête à la recherche de sa crinière perdue. Peut-être pourrait-elle la recoller. A la place, ses yeux tombèrent sur le miroir que formaient ceux de l’autre, celle qui avait copié sa coiffure, mais en blond. L’autre qui ne la lâchait pas, et qui criait du regard.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?

Pour être gourde, Elera était gourde, et bien trop ivre pour le regretter. Buvons, buvons, cela ne fait de mal à personne. Par contre, sa crinière lourde n’était plus sur sa tête, et elle contourna délicatement la guerrière pour la retrouver. Et regarda Emna d’un air méchant Sisi, c’est possible o/ Plus qu’à ce qu’Alasa aient les yeux larmoyants, maintenant, les yeux plissés et les lèvres serrées. A la lueur dansante des chandelles, sa peau laiteuse passait de son blanc habituel à la lumière vers une pénombre profonde dès qu’une silhouette passait devant la torche, et la sombre Elera se pencha au dessus de la brunasse allongée sur le parquet Mince, j’avais pas remarqué le contraste manichéen.. Pour une fois, elle regardait quelqu’un en baissant les yeux. C’était agréable, vu d’en haut ; les gens devraient se vautrer par terre plus souvent, qu’elle puisse jouer à la géante une fois de temps en temps.

- T’es sur mes cheveux. Et puis rends-moi ma bague, elle est à moi.

Pendant qu’Elera surplombait Emna, Hanje jetait des regards meurtriers au corps abandonné au sol, visiblement jalouse que des mots lui soient adressé, alors qu’elle avait été lâchement abandonnée à l’arrière. Nota : les pnjs ont aussi des émotions, et pas toujours opportunes. Actioon.

La Haine est un ivrogne au fond d’une taverne,
Qui sent toujours la soif naître de la liqueur
Et se multiplier comme l’hydre de Lerne.

- Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur,
Et la Haine est vouée à ce sort lamentable
De ne pouvoir jamais s’endormir sous la table.

La Haine s’approcha, déstabilisa la marchombre d’une main experte, la faisant tituber tel un albatros sur un bateau, puis surplomba à son tour la jeune femme. - J’allais ajouter quelque chose mais j’ai oublié. –

Contemplons à loisir cette caricature
Et cette ombre d’Hamlet imitant sa posture,
Le regard indécis et les cheveux au vent.

La scène semblait concorder parfaitement à Emna, roulée dans la tragédie, noyée dans le vin sûrement empoisonné – jusquiame, ellébore noir, aconit, ciguë, arsenic, l’héroïne chevalière aux cheveux de blé n’avait que l’embarras du choix pour finir cet acte dans les règles –, l’ambroise coulant dans son gosier la transformant en paragon du pathétique ; et puis elle était bien la seule à avoir encore des cheveux. Même si le vent était un peu loin pour les faire danser. Hanje se baissa pour attraper Emna par le col, et la fit rouler sur le côté sans ménagement. Elera se laissa choir à genoux là où Tinuviel se trouvait quelques instants auparavant, murmurant quelque chose sur des chevelures bleus et des océans noirs. Elle plongea ses mains entre les mèches cuivrées, serrant les doigts autour des filaments enflammés, avant de les ramasser par poignées et de se les mettre sur le crâne. Certains s’accrochèrent, d’autres lui tombèrent sur les épaules, sur ses vêtements, ou sur le sol à nouveau. Laissons-la donc à sa folie temporelleaire et donnons-nous l’autorisation de délirer. Quand y en a pour un y en a pour deux.

L’alcool a des effets différents selon les personnes. Certains le tenaient très bien – voir Elissa – d’autres moins - … - et les comportements changent de tout en tout selon des variables variées. Certains sont soudain extrêmement joyeux, d’autres ont des envies soudaines de danser sur les toits voir d’aller regarder à quoi ça ressemble plus bas d’un peu plus près, d’autres encore font n’importe quoi, et certains, et bien – ils se mettent en colère, hurlent, et veulent tout tout de suite. Il se trouve que, assez stéréotypicallem… stéréotypiquem… de manière assez stéréotypica… tel le stéréotype Felixia de base, c’était le cas de Ryma. Ce sont toujours les Felixia qui s’énervent, de toute manière. Et toujours eux qui sont possessifs. Hanje s’appliqua donc à s’énerver de tout son soûl contre Emna, qui avait osé détourner l’attention d’Elera d’elle, dans des conditions volontairement obscures, histoire de maintenir les convenances, et de garder les personnages plus ou moins intacts selon le bon vouloir des joueurs – mais pas des persos, c’est pas eux qui choisissent. L’accrochage prit tout de même fin, et ce grâce à deux syllabes :

- Zara !

..Zara ? Mais c’est qui, encore ? Elera n’avait-elle pas compris qu’il y avait dans la salle York-Sorl, Elissa, Jehan-Mary et deux illustres inconnus ne pouvant pas répondre à ce nom féminin ? Zorro, limite, mais Zara… Et la blonde tourna la tête, en plus, comme si elle reconnaissait son nom. Soit les personnages font plus attention à ce qui se passe que les narrateurs, soit ils sont dans un état tellement lointain qu’ils ne reconnaissent plus leur propre nom.

- Ne lui fais pas mal, s’il plais-tu. Elle est la seule à savoir où est mon poney de lumière.

Dégâts du jour : suffisants.

[Tu peux t’amuser à retrouver tous les titres des poèmes, si tu veux.]

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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Sam 11 Déc 2010 - 23:31

Quoinonmaisattends, ça ne peut pas se passer comme ça. Et l'enfançon gisant à la fleur de l'âge ? En faire ce piètre morceau de charcuterie, oublié déjà n'est pas satisfaisant rationnellement. Et romantiquement j't'en parle même pas (il est trop de choses que je tais). D'où: Requiem

Ne dites jamais «puis plus rien» lorsqu'un être meurt. L'incapacité dans laquelle vous vous trouvez d'appréhender sa fin ne peut justifier votre ignorance. Il n'était souvent qu'un personnage: sa soi-disant psychologie, ses erreurs et son passé sont nuls et non avérés. La chair est faible, pourquoi ne pas le suivre jusqu'au bout ? Lui fut simultané, pantin tortueux entre vos jours, recollé sans pudeur pour que ses composants tinssent ensemble. Mais vous ? Pensez, je ne sais pas, à un tunnel, genre avec de la lumière au bout. Ou cherchez dans la chaleur de votre corps cette mort organique qui est vôtre, promesse d'une pourriture que déjà vous sentez. Passez par le sommeil: où êtes-vous ? Telle dérive servira de point de départ contre l'ancrage forcené de l'éveil. Il dort. Ciel, que ses traits ne sont pas apaisés ! Il semble mort dans la douleur. Mais quoi, j'ai prononcé ce mot terrible. Mort ! Sont-ce tes griffes d'androgyne qui frappent au carreau ? Les ailes froisseuses des corbeaux battent-caressent ces joues distendues, forment autant de mains, tracé dans l'air la courbe de ton os, tu t'arrimes goulûment aux lèvres disparates. La pointe de telle tour dessine une forme étrange par ces amants empalés; l'œil ne dissocie que tardivement ce qui semblait une croix-bizarre. Fuis, de par tes ailes, leur satin noir ne m'empêchera pas d'approcher l'âme. Il se meurt, il est mort, il est enterré -ou presque. Entrez par la petite porte. C'est un joyeux dysfonctionnement de fusibles, les plombs lâchent, déconne pas, Jo. On ne peut pas parler d'une lueur qui s'éteint; la salle du cerveau est plongée dans une pénombre infuse mais simplement grise, il suffit de suivre les loupiotes. Courez le long du couloir: sa boule à facettes métaphysique se dirige vers l'escalier. Et traverse les murs, s'il le faut marche au bord
]des toits.

L'éburnéenne s'arrête contre le battant d'une porte close. Oserez-vous la suivre ? Pour moi, je ne le puis guère. Jetez votre poing dans le mur des mots. Sous l'estoc, il chancelle. C'est de la soupe. De la soupe aux pâtes. De la soupe aux pâtes en forme de lettres. Des lettres en forme de soupe. Comment les volatiles sont-ils -au courant ? Ce sont des requins blancs dans l'océan du ciel. Mais le sang coule, mais il n'a pas d'odeur, il vous incague sans doute. Ce fut un échec. Les lourds battants de l'oubli claquèrent au pommettes du mort, qui rosirent de confusion. On ne pouvait plus voir la fille à son oreille -et que lui disait-elle ? Les merles coassaient autour du dîner, l'un des becs serré sur un œil gluant. Importuns. Et vous restait cette jalousie: que lui disait-elle ? qui faisait rougir ses peaux. Une intimité indécente, quelque chose comme je tiens un verre je suis bourré les autres aussi, nous empestons vous empestez, ils sont ridicules, et lui très-léger tel un jeune puceau écoute le chatouillis pâlot, pâlot. Jamais ne retrouverez semblable amertume, étrange. Il n'est pas trop tard: suivez-les. Et toi lecteur de saisir quelque crayon pour te casser l'artère.

Πάτερ ἡμῶν ὁ ἐν τοῖς οὐρανοῖς

Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère Je ne puis cautionner cette comparaison avilissante avec Hamlet: son cytoplasmique ectoplasmique père m'en voudrait -vous savez que j'ai des relations. Il est mal de confondre tragédie et farce. C'est pas bien de lire 'gémir' à la place de 'cuver'. Alasa est un boute-en-train, Elera une dévote diderotienne. Ces points étant éclaircis, continuons. L'ombre estampillée sur le vin s'agaçait d'une telle persistance. (Hé, c'est tiré par les cheveux, non ?) Pourquoi, ô pourquoi l'être blond avait-il libéré sa proie ? Quel intérêt trouvait-il à jouer aux castagnettes avec ses clavicules alors que Rousse se tenait là ? Les autres personnages s'étaient élidés: il ne voyait plus de concurrence directe, ce devait être ça. Ou craignait-il d'affronter la triste vérité occupée à régresser ?

Il advint un beau jour qu'Elera acquit l'identité seconde de «Perséphone». Pourquoi étioler de semblables mythes par le bisounoursisme, l'histoire ne le dit pas. Sans doute à cause des cheveux de flamme. D'une manière générale ils ont bon dos (ou tête, haha..ha ?). Qu'importait sa folie passagère;falsifiant le mortel qui osait se mettre en travers de son chemin, Hadès veillait. Sa nuque était semée de flammes plus claires, il n'aurait qu'à lui prendre le poignet pour qu'ils convolent aux Enfers dans un vacarme de plomb. Les figés hors des bulles serviraient de témoins, l'ingénue effrayée appellerait sa sœur puis reviendrait au printemps planter des cerises. Tonnante forme que prenait ainsi notre amie la Falciforme, fomme, hemme ? Quoi qu'il en soit le thème perdure: la jeune fille et la mort. La jeune fille, son corps chaud de courbes rousses, ses yeux mobiles, sa compacité. La mort, son esquisse. Transgression avant l'heure, on ne dit pourtant pas « le Mort »; Eros et Thanatos en lune de miel au pays du non-lieu. Voyez Thanatos, Hadès: il est bien bête. Quand à Perséphone, elle est un peu bourrée niaise. C'est l'histoire de toutes les boîtes de nuit. D'ailleurs je parie qu'il tient l'alcool, ou quelle. Elles se reproduiront par parthénogenèse, vendront leurs ongles à la peaustérité. D'où:
Epithalame

Les enfants fermez les narines; puisqu'il ne l'enleva pas pour décorer son salon, il en faudra bien arriver à la distillation des cheveux tumescents. Leurs lèvres se joindront, plus s'il est, la fusion opérera: la jeune fille est la mort. Aussi n'est-ce pas compréhensible ? qu'on imagine une jugulaire -parfaite, doucement palpitante et surtout juvénile, l'excès d'adjectifs trahissant le panel de possibilités offertes- entrecoupée de mèches à l'orgueil synthétique: il faut y poser sa main froide, esthète, la trancher. Une jeune fille est ivre malgré ses mains froides. Voilà tout. Qu'on attrape une plume pour tremper sa fièvre dans l'encrier de ses veines.

Vous ai-je déjà dit que ma pauvre petite Alasa est valétudinaire ? Dans de telles conditions je vous saurais gré de ne pas l'abîmer à coups de grognasse. Et quoi, Zara ? C'est un magasin de fringues. C'est presque un prénom juif. C'est le diminutif affectueux d'un certain sage. Choisissez. C'est un ordre en assyrien post-alavirien que ne comprennent que les divinités chtoniennes. Toujours pas ? C'est une échappatoire au poing se faisant agressif. Attendez, un poney de.. ?

...

...

Non, 'faut pas écrire des choses pareilles.

Non.



Trop tard. Déjà le ciel était parcouru d'éclairs blancs, le typhon vacillait toits et certitudes, le cataclysme approchait. Quelques esprits soustraits à l'emprise de l'alcool faisaient leur possible pour nier le nécessaire: non -frêle syllabe balancée contre le gigantisme. Quelques regards interloqués se tournaient vers la bouche pourtant si douce d'où la performative avait jailli: celle qui venait de causer leur perte. La boiteuse adressa un rictus souverain à Hadès (du moins l'aurait-elle fait si etc. Ce qui est formidable avec ce personnage c'est qu'on peut le jouer exclusivement au conditionnel). Preuve était faite. La Bête n'attendait qu'une affirmation de ce genre pour surgir à nouveau, Alasa l'avait prévu ainsi en la cachant aux yeux du monde. Elle avait voulu lui faire jouer les otages avant de se rendre compte de l'absurdité d'une telle idée. Désormais, Il était libre: nul ne pourrait l'arrêter.

Un rire délirant désossa le creux des murs; le sol trembla. Le timbre de cette voix, si grave, qui pouvait prendre des tons si faussement doux, même un sourd l'eut perçu; il avait le don de semer des frissons dans l'échine du plus endurci. Les pierres tonnèrent de plus belle ! La vision s'écroula ! Alors que les protagonistes figés fixaient la porte (laquelle frémissait), une nuance rosâtre se répandit sous leurs pieds. Cette chose était douée d'une remarquable vélocité et bientôt la pièce entière éclata d'érubescence. Alors que des rais de lumière lançaient de longues zébrures sur le panneau, le rose devint cru, éclatant. Les coups redoublèrent et l'orage leur fit écho; des flammèches violettes vinrent danser autour du trio. Encore une fois, le rire cruel taillada l'atmosphère. On put lui deviner un cortège symphonique et martial:


Il entra dans la pièce. Nul ne sut comment, la porte était intacte. Plus tard, le félixia gothique jura avoir vu d'étranges volutes arcs-en-ciel investir la serrure. Son corps irradiait, ses naseaux largement écartés laissaient passer la lumière qu'il reflétait. Devant cet éclat, le rose s'éclipsait en silence, respectueux et pourtant toujours proche. Le Poney de Lumière trotta avec grâce jusqu'aux humaines encerclées; là, il les toisa d'un regard sévère, et blanche était sa crinière. Il ne parlait pas, pourtant toute personne présente dans la pièce pouvait entendre La voix résonner dans sa tête -à condition d'avoir vécu au moins trois jours dehors, n'est pas ami des petshops qui veut. Arrêtant donc son œil aux pupilles diaphanes sur chaque alavirienne tour à tour, il l'immobilisa finalement sur Elera et lui dit ces paroles ailées:

«O rousse aux jambes courtes, maîtresse négligente, où étais-tu lorsqu'on m'enleva ? Je n'étais qu'un poulain lorsque tu me recueillis, m'arrachant aux mercenaires qui venaient de tuer ma mère, Poneïa à la croupe galbée. Tu me soignas, tu me protégeas et nous finîmes par devenir inséparables. O fille ingrate, j'étais ton meilleur ami ! Et tu m'as laissé tomber aux mains d'une pendarde qui ne me nourrit pas du parfum des fleurs. Mais j'ai crû seul, et je suis libre. Maintenant, je délibère dans mes entrailles quel juste châtiment je vais te faire subir pour ta trahison. »(Le poney est colère:)
Il encensa puis respira profondément. Les flammes, qui s'étaient dangereusement rapprochées, ondulèrent plus paresseusement jusqu'à paraître oléagineuses; elles fleuraient bon la guimauve. Le regard noble du dieu, non sans une imperceptible pointe de tristesse, revint couver sa mère d'adoption, sa soeur.

« Je ne suis pas un être de haine, Elera. J'ai pourtant assez de pouvoir pour vous détruire tous. Tu seras jugée, mais dans les règles: je te jure qu'il ne te sera pas fait de mal. »

Il dit. Aussitôt, les tapisseries s''inondèrent de scènes bucoliques, on extirpa l'ombre de ses recoins. Trois bancs apparurent, entourant fermement la prévenue; ZaraMarytruc et Alasa furent repoussées du côté des bouteilles et des figurants tandis qu'un nombre étonnant de jurés -nounours arcs-en-ciel de leur état- prenaient place sur les sièges. J'ignore si la méthyste a fini de se protéger le crâne avec feu sa pilosité et si ce n'est pas le cas elle ferait bien de se remettre rapidement. Pony -car tel était son nom- s'assit sur le banc central, se munit d'un maillet et attendit, plus droit que la justice.


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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Dim 30 Jan 2011 - 0:46

[De toute façon Sargane n’existe pas.]

Fois six - voir titre, et s’il a disparu, imaginer.

Il était étrange d’observer à quel point les peurs, les angoisses, les incertitudes, les fantasmes, les chimères et les poneys de lumières pouvaient prendre consistance, dans l’esprit délabré des humanoïdes, dès qu’ils avaient le dos tourné cherchaient des réponses inexistantes à des questions sans queue ni tête. L’imagination prenait alors toute la place, la vie devenait fiction, et la fiction réalité. L’enfer n’existait pas avant les cathédrales ; mais il fallait bien trouver un lieu où mettre le bouc dont l’ombre s’étalait sur le vitrail. Bouc qui n’existait pas non plus, d’ailleurs, au moment où le pharaon ouvrait les mers. Victuailles. Mais il fallait bien se faire peur, le soir au coin du feu, avec les flammes dansantes dans l’obscurité pure. Se tenir au vitrail, à carreau et en rond. Position de l’œuf, retour aux origines. L’œuf ou la poule ? Et la Dame plongeait dans les étoiles, les astres dansaient, le Dragon crachait un feu fulgurant dont la fumée obscurcissait le ciel les jours d’orage. Il fallait bien donner des raisons, des motivations humaines à toutes ces choses incompréhensibles qui ne nous ressemblait pas – et le feu consumait, avide, désireux ou coléreux, la pluie caressait les visages, la foudre frappait et la mer tanguait, bouleversée. Comme s’ils pensaient, tous, poussés par des pulsions strictement humaines, des intentions, toujours, et ne pouvaient pas appartenir à un autre degré, supérieur, inférieur, parallèle ou perpendiculaire et parallélogramme. L’anthropomorphisme était casé Cool poussé aux excès, aux extrémités des métacarpiens, de ses ongles qui tentaient d’aller plus loin, d’agrandir cette maigre carapace carcérale, mais qui ne gagnaient jamais plus de quelques millimètres sur la réalité.

Pulsion assouvie. A présent, lire le rp, ce serait dommage de ne faire que disserter. Ou pas

Comment sait-on où commence le réel, et où se termine l’hallucination ? Lorsque les sens sont décousus – désœuvrés, dirait l’autre – et ne sont plus un point d’ancrage, les frontières fondent, et le flou des pastels (…involontaire) transforment la pupille en une énorme goutte d’eau, anthracite plus que noire. La mémoire défaille. La raison aussi. A qui faire confiance, au réveil ? Les souvenirs sont instables, les autres trompeurs. La réalité est un souvenir, ou plutôt plusieurs, des souvenirs superposés, ceux des hématites et ceux des améthystes, les perles de la blonde et les saphirs de Sorl. Dolokhov est mort – tu vois, je ne l’oublie pas, prions en la mémoire des morts –, ses yeux sont fixes et ne voient plus rien, comme s’il y avait besoin de mouvements – de vie ? – pour que la rétine retienne sa dernière histoire. Il n’a plus d’image à calquer sur nos vérités. Mais sa carcasse n’existe peut-être pas ; c’en est peut-être un autre, en bas. Ou l’ombre d’un hibou, qui chasse au dessus des tours vigilantes – humanisées, encore. Quand on ne peut plus se faire confiance pour faire danser l’aiguille de l’exactitude, on fait confiance aux autres, ou l’on se satisfait de nos propres reflets désincarnés. Si je le vois, et tu le vois, il a plus de chance d’exister que si tu es seule à voir ; moi, c’est différent, mes yeux sont plus perçants que les tiens. Si tu hallucines, alors je ne le vois pas, ce poney à la forme flammesque ; fiabesque, dit le traitement de texte, et il n’a peut-être pas tort, quoique Ponyta n’ait rien de comique. Ni de féérique. Nous ferons avec, ça changera des tragédies, et le drame, ça commence à bien faire aussi. Mais si je le vois, et que tu le vois, existe-t-il pour autant ? Les hallucinations collectives ont quelque chose d’invraisemblable. Valse d’incohérence. Déjà qu’on ne sait pas ce qui se passe et ce qui ne se passe pas… Mais si nous vivions en parallèle, à contretemps, et que nos yeux, en regardant dans la même direction, voyaient deux choses entièrement différentes ? Et nos paroles seraient interprétées, serviraient de terreau à nos mondes inexistants, notre mémoire se modifierait, pour leurs donner un sens, plutôt que le contraire. Après tout, au point où on en est, nos réponses peuvent bien répondre à des questions différentes, comme ce jeu où l’on donne la réponse à la question précédent celle qui est posée…

- Comment tu t’appelles ?
- Toux. Ou disque éraillé, au choix.
- Est-ce que tu m’trouves belle ?
- A440. – D666.
- Dis où c’est chez toi ?
- Ah vraiment charmante. – Mais je suis bourrée.
- C’est très loin d’ici ?
- Sur la planète Fa. – Ah non, j’ai confondu avec la dame, là-bas, celle avec une queue de poisson et un drôle de chapeau.

N’empêche que le sol trembla. Et qu’elle entendit un rire, mwahaesque, effrayant, qui aurait autant pu être un hennissement qu’un excès de folie de l’un des corps peuplant la chambre. Elles fixaient la porte, toutes – mais y voyaient-elles la même chose ? C’était la question, l’éternelle question. Etre ou ne pas être, c’est démodé – exister ou ne pas exister dans les yeux des uns et des autres, par contre…

La réponse sera tranchée entièrement arbitrairement : si Elera ne voit pas de poney de lumière, je ne pourrais pas dire qu’ « il sourit et ses ours en peluche s’illuminèrent » et ce serait tout de même énormément dommage. Elera vit. Entendit. Tomba à genoux devant le cheval de Troie en feu, mais sans baisser son minable menton, ses yeux violets – les fondamentaux c’est bien aussi, parfois – écarquillés, comme deux fenêtres ouvertes dont les volets, claqués, se serraient arrachés dans la tempêche d’enfer. Tempête. Il semblerait qu’il n’y ait pas eu que de l’alcool dans les bouteilles. Elle écouta.

Puis Pony, puisqu’ainsi soit-il, attendit. Longtemps. Longtemps. Longtemps. Un mois et onze jours, pour être exact, et puis un peu plus encore. La justice n’attend pas ; mais Pony si, puisqu’il le faisait dans le rêve d’une autre, et qu’ il est bien difficile d’écouter la défense du prévenu lorsque la tête de celui-ci pendouille vers l’avant, laissant apparaitre le creux osseux de l’arrière de son cou, et somnole amicalement assis sur le parquet grinçant. Une mèche de cheveux auparavant encastrée dans son poing glissa au ralenti entre ses doigts entrouverts. C’est que ça fatigue, de boire ; le nombre de fois qu’elle avait levé son bras lourd comme du plomb jusqu’à ses lèvres, le temps était interminable. Ses paupières papillonnèrent ; elle réussit tant bien que mal à retirer sa main de celle de Morphée, qui la tirait inlassablement comme un gamin surexcité ; viens, viens, viens, j’ai un endroit à te montrer, viens, viens, viens… Non. Elle préférait encore les poneys coléreux que les trous de souris remplis de dents desséchées. Il lui fallait dire quelque chose, cracher les mots entre les ivoires blancs. Sa langue étant trop pâteuse, elle en utilisa une autre.

- Mea culpa.

Pony se rabroua.

- Ce n’est pas suffisant. Pourquoi as-tu fais ça, enfant sotte ?
- For…

Elle chuchotait ; il était presque impossible de l’entendre, et tous les êtres l’entourant se penchèrent vers elle, comme si elle était leur centre de gravité, l’orbite, l’étoile autour de laquelle ils tournaient.

- For…

Leurs yeux se firent inquisiteurs, avant que la voix de la rouquine ne lui revienne tout à coup :

Spoiler:
 

Il sourit et ses ours en peluche s’illuminèrent. [Vois, ça aurait été dommage sans.] Avant d’exploser en une multitude de plumes blanches, comme un coussin qui éclate, remplissant la salle d’un léger duvet. Elle ne voyait plus rien. Jehan-Mary, Emna, Sorl, York, Elissa, les poneys, les nounours, ils n’étaient plus que des morceaux de peau transperçant entre les oiseaux. Ils n’étaient plus eux. Ils n’étaient plus qu’une vaste entité, et cette main pouvait autant être celle de la blonde que celle de la brune ou de la rouquine, à moins que ce ne soit un sabot, et les cheveux se mélangeaient en une teinte difforme ; ils n’étaient plus qu’un.

“I thought walking home drunk was hard before.”

Elle ne savait pas qui avait parlé. Peut-être elle. Ou un autre. Cela revenait au même, puisqu’elle n’y comprenait rien.

“We should have realized that with both of us drinking into one belly, we get twice as drunk!”

She didn’t know we were ONE PERSON!”

Une personne. Ils n’étaient plus qu’un, et pourtant, quand elle se regardait dans la vitre cassée de la fenêtre ouverte, et quand elle regardait la brunasse rejetée sur le côté de la scène, ou la Felixia revêche aux yeux coupants et tendres à la fois, elle ne pouvait s’empêcher de penser, « we’re different, different as can be ».

Les plumes tapissaient le sol. C’était comme une grosse tartine, cette salle, une grosse tartine de couleurs. Le parquet, c’était le pain, couleur bois, plus brun que beige, du pain complet. Le vin, la confiture, étalée dessus à coup de pieds glissants. Et puis il y avait eu les mèches, cuivrée, roussies, et maintenant, la blancheur éclatante des nuages cotonneux. Dans un bref éclair de lucidité, Elera se dit qu’un édredon avait dû être percé ; et puis peut-être pas, en fait, une colombe avait très bien pu se couper les ailes sur les débris de verres. Colombes. Au pluriel. Ou alors, elle était vraiment très grande, ce qui était aussi probable que des poneys de lumière à la crinière en feu, alors ça va. Elera tituba. Se raccrocha à la première chose qui lui tomba sous la main – un bras. Les épaules, c’est trop haut. Elera leva les yeux. La reconnut. Tiens, Tinuviel ? C’était marrant comment elles se tombaient dessus régulièrement. C’était il y avait longtemps, la dernière fois – il y avait des renardeaux bloqués sur la glace, et une dague pour couper le jambon. Le monde était bien petit. Sauf que la dernière fois, elles s’étaient tombées dessus au hasard. Cette fois, elles se tombaient dessus littéralement. La rouquine avait eu beau se retenir au bras de la fille, celle-ci n’étant pas valétudinaire juste pour la forme et Elera ne tenant plus sur ses deux pieds et sur ses mains n’essayons même pas, la force de l’inertie les emporta toutes les deux. Les crânes s’entrechoquèrent. Les murs aussi. A moins que ce ne soient les crânes et les murs, rencontre fataliste mais pas encore fatale. Son front pulsait, en tout cas, la douleur extérieure, cette fois-ci, pour décorer de bleu son visage pâle maintenant qu’il n’avait plus ces longs cheveux enflammés pour le colorer un peu. Les bras s’emmêlèrent. Elera eut juste le temps de penser qu’elle devrait dire à Emna de dire bonjour au parquet pour elle avant de sombrer.

cuicui ]

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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Dim 3 Avr 2011 - 2:36

Ca marchait dans les corridors. Le long des murs pleins de nuit. Suivant l'étrécissement des longilignes.

Mon avatar a disparu, en ce triste soir de Mars. Je ne me sens pas le courage de rper modéliser ce qui déjà n'était plus qu'une ébauche, une vie chancelante d'où sourdait silence. Que ce manque, cette trahison qui perça ton visage de ses flèches de néant aspire ce "ça", en moi, qui s'aliénerait pour t'animer. Que je trouve en cet abîme même un espace où plonger les mots pendants, grotesques, détachés de ton corps comme d'un vieux parachute. Je ne puis écrire: th'only thing about me is the way I walk le "ça" nargue l'irréel; mon bras est un morceau de bois sec. Retrouvons ailleurs ce qui moque: l'avatar d'Elera est propre, seyant. Elle est entourée de fumées d'usines. Un casque roux la torsade aux volutes, lumière y joue sur du métal, sur son oreille bouillie. Sous des sourcils râpés, le bleu. Des pupilles térébrantes car violettes -et il y a viol. Des pourparler et poursentir qu'on giflerait parce qu'ils communiquent, aux altérations dermiques. Un tout floconneux: le long du décolleté plongeant, la nacre. On n'y trouvera rien, même hors champ, sauf peut-être un germe laissé par un blond, une tumeur. Mais ça ne marche pas. Que t'a fait la réalité, pour que tu l'insultasses ? Qui te permit de la taxer, conventionnellement, impunément, de subjective ? On pourrait ne pas digresser des heures; sur, par exemple, le fait que ton premier paragraphe puisse se résumer en deux mots. Comme le reste, me direz-vous, voire le rp, mais deux petits mots précis, timidement pédants. Attendez ! Je pense que l'illusion narrative est bien brisée, là. Laissez-moi développer d'autres truismes, j'en ai des poches plein les rêves, vous verriez.

On va causer de la bouteille. De la bouuteille. Parle dans ton coin, j'te dirai rien. Ou: réevaluation du rp à la Colibri. Voilà qui suffit. Open office suffoque.


Ah ça ira ça ira ça ira

Les aristocrates à la lanterne

Ah ça ira ça ira ça ira

Les aristocrates on les pendra

Elle a tué mon expédient numéro 1. Comme fier de son départ, gonflé d'être inexistant, le poney sourit. C'est inconcevable. Sourire à la mort, comme ça, à froid, accepter sa discordance sans verser l'ombre d'un ourson. S'illuminer. Exploser avec un bruit de morceaux cassants, ionisés, piquants, vacants, amers, nuancés, phosphoriques, fluorescents, babilleurs, déambulatoires, incestueux, cyclopéens, cyclonéens, masturbatoires, évanescents, décalqués, feutrés, animés, méprisants, contemptueux, figés, sotériologiques, téléologiques, eschatologiques, anti-constitutionnels, chafouins, brisés,brisés, brisés ! -Ainsi sonne le glas. Ils sont d'une horrible peluche. Leur bourre se fait la malle par tous les bouts. Le sourire vineux a éclaté mieux qu'une grappe et quelque chose monte en acte puissance, une sorte d'absurdité jusqu'ici latente. Nyop. Nyop Nyop. Ca veut les éclabousser de légèreté. D'un calme sans faille. Comme une schizophrénie partagée, ce qu'on appellera, lorsqu'on aura inventé la psychologie, suicide délire collectif, une fête toujours méphistophélique qui serait devenue partouze, l'échauffement des cannibalismes, la montée de l'alcool, et, au-milieu, splendidement mis en exergue, vers l'acmé, l'orgasme, le sperme des visions infécondes, jaillissant à gros bouillons, sur les dos, les bras, les milliers de petites pâmoisons qui devenaient lac, et eux englués dans l'orgueil gluant, jouissif de cette possession. Et le sexe asinin que constituait ce sourire de poney de s'arracher.

La semence retombait en neige sur deux enfants frigides; et Alasa voulait bien voir dans l'ondée blanche un écho noir. Son lac à elle, il était froid et prenait jusqu'au fond des tripes. Il éclatait bêtement, là, faisait contraste avec quelque chose d'incomparable, du vivant et du vrai -et du vivant, ça n'en était pas, peut-être ? Quand les éclats enroués de lueurs accrochaient des micassures aux poiscailles, soudainement embrochés. Mais c'est faux, c'est faux, qu'une vision du monde si poétiquement-réaliste-et-donc-stupide puisse tomber, là, tel un oeuf cuit. Elle serrait juste ses coudes de crainte que ça ne fertilise. Les danseurs, qui n'avaient jamais dansé, adoptèrent des gueules de chimères. Il était brûlant, ce bestiaire, qui tournait vers leur présence soudaine une tête de chèvre, de lion, de dragon. Trois par trois les monstres ternaires. Elera distillait des plumes, des plumes, des plumes. Pour refaire le portrait d'un oiseau. N'était-ce pas plaisant ? Elle ne comprenait pas ce que c'était, vraiment, l'envol du marcheur d'ombres: le sperme d'un impuissant. Les chimères dardaient dans chaque goutte de vin, de vin, de vin, vaticinant férocement: "Un jour, le monde est monde. Un jour, le vent s'inonde. 54624225. Un jour, le temps passe oh quelle suprise il passe ça alors ça par exemple. Un jour, et depuis que le monde immonde. Immonde. Immonde". Qu'il est facile de haïr ! Qu'il est facile de dire qu'il est facile de haïr ! (Pour une utilisation plus profonde de ce procédé, se référer à la vache qui rit). Elle choisit la facilité. Celle-ci était douce, un oreiller de sperme. D'autant plus que les chimères commençaient à se reprocher. Rugissant, bêlant, mais il manquait quelque chose.

Il y avait une réfraction dans la vitre, genre un reflet. Des ses yeux en gouttes de vin, Alasa regarda. Les monstres avaient entrepris de faire ce qu'ils faisaient le mieux -ils se montraient. Et quel spectacle ! Je n'y suis pas, ne pouvant vous le décrire. Quelqu'un aurait dit à-peu-près la même chose, en plus gracieux sans doute, arguant que nous, lecteurs, l'avons affirmé pour lui. Je ne suis pas Quelqu'un. Tout le monde emmerde Quelqu'un. Il est mort, et c'est extrêmement drôle, aussi bien qu'inconvenant. Alasa ne connaît pas Quelqu'un. C'est triste. Peut-être Elera connaît Quelqu'un..? Peut-être 1 1=3. Et ça, c'est beau.Pour une réflexion plus poussée à ce propos, se référer à JCVD. Il y avait une réfraction dans la vitre ! Quel spectacle. Les chie-mères se reproduisaient, comme Hadès et Perséphone, par parthénogenèse, déféquant leurs ancêtres pour la postérité. Le voile séminal pouvait aussi bien rappeler celui d'une mariée que notre suaire qui êtes aux cieux; l'activité créatrice n'en eut pas été moins intense -quand quoi ? Et bien, dans un cas comme dans l'autre, n'est-ce pas. (NB: plus jamais.) Là était le drame, le crépuscule des idoles monstres: ils ne savaient pas s'ils enfantaient. "Créateur, créateur, est-ce que je sais ce que c'est, moi, créateur ? Bien sûr, il serait beaucoup moins flatteur, de nos jours, de parler d' "imitateurs".Sous-entendons le, pourtant. Se pendant Cependant, l'humain revenait sous les masques cam'rades. Alasa voyait leurs yeux, et c'était pléonastique: des bleus, des violets, des bruns, des verts. Brillants comme des mouches. Plus minérals. Dont on déduit tout. C'étaient désormais des broches cousues au canevas des paupières, de grosses escarboucles serties là et qui luisaient, luisaient, luisaient d'un éclat monarchique, comme lorsque les merdeux multiplient le langage sans savoir comment dire, en prenant la quantité pour le sens. Les gemmes tendaient vers le rouge, un rouge global, universellement partagé -ils n'étaient plus qu'un plusieurs. Elle n'osait plus voir leurs regards monolithiques, parce que si la pierre assurait, ces pierres-ci étaient incrustées dans quelque chose de mol -enfin qui respirait. C'était tout simple. Ecrasées par l'assylence, réduites en poudres, les broches auraient pu se diluer en larmes de sang; elles choisirent, pour emplir nos orbites, des flaques de vin -ce qui est tout autrement original.

Voilà un 'ça' plutôt positif. Lorsque l'on aura inventé les machines, je reprendrai ce foutoir texte, j'y incorporerai une subtile métaphore sur ces corps comme des pantins. Comme des pantins mécaniques, s'entend. Des automates autotéliques. Ce sera triste. Peut-être formera-t'il alors un tout acceptable, quelques réflexions NDI (Non Dénuées d'Intérêt, et, pour initier une pensée annexe, pourquoi ce 'd' minuscule est-il privé de reconnaissance sociale, et discriminé ? J'ai toujours douté de l'existence de ce mot, et j'en doute encore, bien que l'on me l'ait affirmée, d'ailleurs il est là, comment n'existerait-il pas, et pâte à couffins ?) s'y additionnant. Exemple: expression corporelle. Prenez des gens, mettez-les sur scène. Pourquoi, au bout de quelques mouvements, revient systématiquement la figure du pantin, des fils invisibles qu'on manipule ? Peut-être cette sensation de pouvoir à distance d'un corps sur l'autre, dans l'espace modelé, le fait de créer physiquement un lien de causalité là où il n'y en a pas, le frisson de se laisser prendre à sa propre illusion et l'autre qui tourne, croule au gré de nos pensées comme si l'ordre était physiologique, ou encore l'invisibilité des liens ainsi matérialisés. La sensualité dépecée. J'en ai plein, des comme ça. Mais c'est plus
possible, plus possible, plus possible. Déjà, nous decrescendons.


Comme une marionnette dont on aurait coupé les fils Comme des fils dont on aurait défoncé la marionnette, Elera électrisa un bras qui ne lui appartenait aucunement et chuta en corps. Quelles colombes ? Oiseau de la paix, déploie des ailes, et vient réparer les dégâts des corridors déchus. Elle chut, donc. Les blancs décors décrurent. Les bleus des corps déçurent. Alasa voyait avec acuité (notez 'cuite') son bras sec, et à côté le visage crayeux d'une fille aux paupières closes. Plus de blonde. Plus de bruit. C'est la ronde de nuit Lala . Elle ne savait plus que faire, maintenant -parce qu'avant si. Tout s'évaporait avec le soleil le vin (../ouais) pour peu qu'il se lève vraiment et (J'ai oublié de caser des paroles de chanson au milieu de la page 2, la peste soit de mon incroyable distraction.)

Des sources sourdes enfouies
Aux fibres vives qui brillent ( 8 )

Au sol, ces choses torves et mouillées, c'étaient ses cheveux, non ? Ils prenaient dans l'alcool des reflets roux alors qu'ils avaient toujours tendu vers le noir. Indéniablement bruns, mais.. Elle jeta les doigts sur son crâne; ils étaient là, tortueusement familiers, meurtrièrement rassurants. L'inconsciente avait les cheveux longs. L'inconsciente avait les cheveux courts. Les reptiles, les dragons pour se greffer aux chimères incomplètes. Les personnages s'étaient arrêtés de battre, et elle les vit une dernière fois, avec détachement, car leur immobilité laissait voir, maintenant, que ce qu'elle avait pris pour des gemmes n'était qu'un filon d'yeux-de-Caïn. Etrangement sur le parquet, ceux de la fille étaient clos. Alasa se sentit fatiguée d'avoir envie de la tuer. L'inconstance (vieux laspus pour 'inconscience') la désarmait -l'alcool aussi: son poignard s'était évaporé de la même manière qu'il était apparu. A peu de choses près. Mal à la tête. Mal aux cheveux. Saignants. Ou doit-on dire: "sanglants" ? ("Saignant" évoque davantage le steak). Merci, donc: sanglants. Réel ou pas ou si ? Osef. Il ne vaudrait même pas la peine d'envisager qu'une autre version de cet incident ait pu exister, parce qu'il n'existe pas, et comme l'utilisation des objets mots fige comme un bougeoir se consume dans sa cire, toute ambivalence est impossible. Pas d'extrapolation, que l'univers étriqué du texte. (Mais ça remplit des lignes -cynisme insoutenable).

Un jour les soldats du roi
T'emmen'ront aux galères
Tu t'en iras trois par trois

Nette préeminence politique dans les dernières chansons citées. C'est tout de même plus sérieux. C'est tout de même plus sérieux. La marchombre ne reverrait plus sa pierre bleue, sauf erreur. L'indéterminée ne croiserait plus de pierres violettes. Le vin plus ces dalles en pente précises. Oh, et cet irrépressible hoquet. Alasa dégagea son corps emmêlé, qu'elle contemplait stupidement contre l'autre depuis une bonne décennie; se défaire de ce souvenir tactile, désagréable et vivant, trop vivant dans son sommeil. Les paupières ne frémirent pas -mais peut-être était-ce elle qui ne les voyait plus car ses cheveux, qui n'étaient pas tombés, l'encerclaient un peu. Sans les flammes faciles qui avaient coiffé sa cervelle, cette femelle n'était rien qu'another brick in the wall un élément parmi d'autres dans le grand bloc de l'humanité, notez en filigrane la métaphore tetrisienne, sans rien de reconnaissable ou qui méritât d'être reconnu. Un minuscule détail l'en détachait encore: elle n'avait pas ouvert les yeux. Après, on pourrait lui cracher dessus. Titubant, sans doute, Alasa partit au moyen d'une ellipse commode; ne pouvant s'empêcher d'accrocher à son dos les yeux des autres, leur regard, leur regard, leur regard d'anus.



Epilogue -Une fin possible, ou pas.



Quelle typographie gOthIk *-* Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne alavirienne. Autour d'une table, dans la clameur de la nuit, trois silhouettes, à l'entrée d'une grotte. Le halo de lumière les incague. L'herbe ricane sous sa teinte maladive et chaude. Soir d'été, ciel violet. Pony inhale la fumée de son cigare vers les étoiles, alors que le Blaireau bat les cartes. Le troisième se balance doucement, d'avant en avant. Un susurrement juvénile, indéniablement moqueur, parcourt le sol; c'est la sylve, et ses longs cheveux gris, dont les rides sont autant de gouffres -mais nous verrons cela plus tard. Le Troisième compose son jeu du regard. "Je prends", annonce-t'il enfin. Le Blaireau, songeur, s'envoie une bière; Pony ouvre à trèfle. Le Blaireau fronce les sourcils: peu d'habillés, pas d'atouts, la chance ne veut pas de lui ce soir. "Ce n'est pas une métaphore du hasard", se croit obligé de préciser Pony. Tout comme un rp d'Elera sans le mot "carcéral" serait inimaginable. Tout comme les vrais bourrés, cuités, noirs le sont d'une autre manière, réelle et expérimentale ? On m'a fourvoyée. Ils jouent au poker. Mais le chant des pipistrelles prévaut, comme un grillon nocturne. Ils s'aiment et tout et beau. Le Troisième bat les cartes. Et comme en transe, tout ne finit pas par des chansons, déclarons officiellement




An Happy Ending


Je ris, mais ce doit être très désagréable.



[..C'est quand on se relit sans se comprendre qu'il vaut mieux abréger. Ecris toi-même ta fin possible.]


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
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MessageSujet: Re: Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]   Ven 22 Avr 2011 - 22:59

~Je crois que c’était déjà ma fin, en fait, mais puisque la vie tourne, tourne, et tourne comme les violons et les poneys dans les carrières, ou encore comme les violonistes sur les chevaux des manèges, elle forme une boucle qui se referme et valse à jamais, de sorte que la fin est relative, et peut être déplacée d’heure en heure. De toute manière, la fin, on ne s’en souvient pas, alors si on se souvient encore, ce n’est pas fini. Emna aussi peut avoir deux fins. Mais reprenons le point de vue interne, les narrateurs n’ont que trop empiété sur le pays imaginaire, déjà. Mais avant, deux petites choses à régler, pour faire semblant de ne pas jouer aux hummingbirds.~

Deux mots pour encadrer le ciel, raccourcir l’infini et résumer un esprit qui s'épanche sur la page. Deux mots. D’accord. Mais lesquels ?

Carcéral, déjà, comme ça il est casé.

Et puis hyménal, au hasard, parce que je suis sûre que même le dictionnaire sait mieux que moi de quoi tu parles. En plus ça rime. Qu’est-ce que ça peut être intelligent, une page qui renferme le non-savoir figé d’un homme.

Des symboles, du nom de lettres, signés les uns après les autres dans une kyrielle perpétuelle, qui se suivent de près, s’éloignent, se rattachent, se rapprochent, sautent au dessus d’un vide. Des symboles qui forment des mots qui jouent à leur tour à saute-mouton au milieu des édredons éclatés et des plumes volantes, pour se courir après, jouer à cache-cache en se tapissant ou en s’accrochant au plafond comme une araignée, ou une mouche. Moi aussi, je veux des ventouses au bout des doigts. Ah, mais suis-je bête, je peux aussi, je suis marchombre. Y a plein d’aspérités pour s’accrocher partout. Les mots se suivent, à la queue-leu-leu, et laissent s’envoler la fumée de la locomotive, lorsqu’ils roulent en avant. Ca y est, le temps a filé, on a inventé les machines et les engrenages. Les trains se rattrapent, mais jamais ne se doublent. Il n’y a que deux rails pour cette foulée de wagons. Des fois ils ont un sens, des fois pas, et là, ils sont surtout sans dessus dessous, les roues en haut, sur les fenêtres, ou quatre devant et Zara – zéro, derrière. On ne comprend pas, c’est comme un rêve, on marche à l’envers et les mouches sont à terre. C’est pourtant nous qui les avons tracées, ces rails. A coups de marteau, et avec plein de clous. Mais c’est limite s’il y a besoin de comprendre, puisqu’au lieu de se construire une tour d’écriture vers les profondeurs souterraines, on s’attache à déficeler les réalités de l’autre, et à en faire des hallucinations, des mensonges ou des histoires à dormir debout. On ne sait plus qui est, où est, quoi est. Dans une réalité, c’est un groupe d’adolescents ivres au milieu d’un édredon éclaté, ailleurs, ce sont des nounours de lumière qui regardent un poney exploser dans toute sa délicatesse. Des plumes, comme des promesses. Et puis ailleurs encore, Dracula a encore frappé, ou un jeune homme titube encore sur le toit. La fenêtre est ouverte, la fenêtre est fermée, la fenêtre est brisée. Kaputt. Broken glass. Que pasó, amigos ? Je estoy gefallen, why ? Qui a-t-il à comprendre ? C’était humide sur ses lèvres, ça dégoulinait dans son dos, et

Y a des petits points de couleur partout.

. ;:. :;. ;:. :. ::;:;. ;… :., ;:;,. :, ;.

Ah non, c’est tout noir.

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Blouing, blouing, blouing. C’est Pâques. Les cloches romaines s’envolent, glissent sur le vent du nord et viennent sonner dans son crâne, hurler comme si Quasimodo tirait sur les cordes parce que sa vie en dépend, pendant que ses mèches courtes venaient fouetter ses tempes, et crier l’écho. C’est le silence, complet. Ses paupières sont orangées, comme si deux soleils s’étaient couchés en dessous, pour ne pas avoir froid, et elle n’entend rien, à part le pépiement d’un oiseau sur un arbre. Il fait froid. Le sol est dur. Les soleils disparaissent, et il n’y a personne. Juste des plumes, certaines blanches, d’autres lies de vin, zinzolines, mezzanine. Non, les plumes n’existent pas, elles planent dans le brouillard de ses trous noirs, mais elles n’existent pas. Ca balance, quelque part là haut. Il y a des moutons sous son lit, et une dague. Tiens, c’est marrant, elle n’avait jamais vu les lattes de parquet de cet angle. C’est normal, le dur dans son dos, ce n’est pas le sol, mais le mur. Elle est appuyée sur son épaule gauche, et celle-ci est toute meurtrie, engourdie. Elle tente de bouger le bras, mais elle ne le sentait plus, et le déplacer même si peu envoie une fulgurante cavalerie de fourmis monter du bout de ses doigts jusqu’à son épaule. Elle tente de se tourner, pour se relever – s’arrête et referme les yeux. Nausée. Elle reste à terre. Longtemps. Il fait toujours froid, mais celui-ci soulage son front brûlant, ses joues enflammées, son cœur sanguinolent – tu n’y avais pas pensé, à celui là. Ca fait du bien, le dur, c’est tangible, concret, immobile. Ca ne change pas comme les rêves, on ne s’enfonce pas dedans, et ça ne nous enveloppe pas. Le dur, c’est rassurant, parce qu’on sait toujours où il est et la forme qu’il a. Repère. Le dur a un haut, un bas et des arrêtes. Alors elle reste collée au dur, pour ne pas se perdre, et elle attend que ça passe.

Il y en a qui ont l’habitude. Ils viennent, ils marquent, ils rangent, ils partent, comme des acteurs sur une scène qui repartent avec leur matériel, et ne laissent que le parquet vide. « Allez, on rembarque. » Ils avaient jetés les bouts de verre des bouteilles renversées dans un sac, refais le lit, passés un coup de chiffon, et puis ils avaient mis leurs débris sur leurs dos courbés et ils s’étaient cassés. Un rapide coup d’œil au maître des lieux, et un haussement d’épaules. Elle, elle n’était pas à eux, et ils n’en avaient rien à faire. Elle se réveillerait, ou pas, elle se souviendrait, ou pas, et elle assumerait, ou pas. L’autre aussi, la brune, la trouble-fête. On ne l’avait pas invitée, on ne la remballait pas. D’abord, elle était censée s’être fracassé le crâne contre celui de la rouquine, si elle était toujours réveillée, c’était pas normal, mais elle avait deux jambes et elle pouvait partir toute seule. Eux, ils devaient simplement ne pas se faire chopper, et nettoyer les lieux, s’ils voulaient pouvoir recommencer, ailleurs, aillheures. Sauf qu’elle n’était pas chargée, la filigrane, alors elle tituba devant eux, et ils la regardèrent s’évader par la porte fermée en passe muraille pendant qu’ils grommelaient avec leurs sacs, avant de partir à leur tour. Ca avait un petit côté marchombre, cette possibilité de vivre et de dévivre sans laisser de traces. Sauf dans la mémoire. La mémoire se souvient. Et les cheveux, aussi, parce qu’ils ne repoussent pas en une nuit. Et la fenêtre… Ah, non. La fenêtre ne se souvenait pas. C’étaient d’autres débris, qui avaient dû entailler leur peau et déchirer leurs souvenirs. Souvenirs. Sous venir. Mes moires ? Raie veut. Ha…llucinations. Non, elle ne savait pas. Elle était où, Emna ? C’était comme disait Guil’ :

« The colours red, blue and green are real. The colour yellow is a mystical experience shared by everybody. »

C’était l’homme qui a vu une licorne, pense avoir rêvé, et entend le deuxième dire qu’il doit être en train de rêver, puisqu’il vient d’en voir une. Et plus ils sont à voir, plus ils « adds no further dimension but only spreads it thinner » et c’est comme le beurre, ou la confiture, on l’étale et on l’étale et la réalité n’est plus qu’une expérience commune. Sauf qu’elle était toute seule. Elle ne savait pas si la nuit était bleue ou jaune. Comment pouvait-elle faire la différence entre le vrai, le vraisemblable et le faux, alors qu’elle était toute seule ? Elle pouvait tout aussi bien être en train de rêver. Ou être un papillon en train de rêver, tiens. La seule chose dont elle était sûre, c’était le dur. Et Emna, l’alcool, les nounours, les apprentis et les cheveux, les bruits de verre, les poneys, les cheveux et les blondes, ça flottait quelque part entre deux rivières post-mortem. Elle se releva sur un coude, puis sur un deuxième. Réussit à reprendre le contrôle de ses jambes, et fit trois pas, le temps d’atteindre son lit, et de s’assoir. Mais non, c’était mou, ça tanguait. Elle se laissa couler à terre, et le lit lui servit simplement de dossier.

Ca manque de paroles.


- Mm-Mmmm... Oumm.

Et de chansons ? - Mais non, on ne floode pas au milieu des rps, voyons.

Le temps n’existe pas.

Elle avait peut-être passée toute une vie, assise là les bras ballants, les doigts tordus vers le ciel et le dos de la main contre le bois du sol, et les jambes étendues devant elle, les pieds pointant vers le plafond. Peut-être qu’elle y resta des années, là, à regarder la trace brune sur le mur qui lui faisait face. Peut-être était-elle vieille. Elle n’avait plus de cheveux, elle pouvait aussi avoir des rides et les genoux qui craquent. C’est long, une vie, et un rp aussi. Et pourtant ce n’est qu’une parenthèse – mince, mon titre a disparu -, de respiration, d’écriture. On s’en moque, on est fort, on est Tout-Puissant, on peut tout faire, tout ce qu’on veut, et j'ai l'impression de me répéter, pas que là, partout, depuis six mois - davantage, ne comptons plus. On peut être jeune, vieux, avoir trois pieds, les cheveux courts ou longs ou les deux à la fois, chevaucher des poneys verts ou croire en des licornes roses et invisibles, sauve qui peut, se transformer en chauve-souris, chanter des chansons qu’on ne connait pas, citer des poètes qu’on n’a jamais lu, gravir des montagnes qui n’existent pas, sauter de la fenêtre du 5ème étage et retomber sur nos pattes, comme un chat, voler parce que quand même ça se met toujours dans la listes des possibles impossibles (à toi de trouver le nom de l’adjectif, ou l’adjectif du nom), chanter comme une sirène muette, se balader en fantôme, savoir ce qu’on ne peut pas savoir, glisser entre les mondes, chevaucher la lune, toucher la brume, se refaire, tourner les clefs, retourner dans le passé.

On devrait, tiens. On retourne en arrière, au piaf et aux renards, et on voit ce qu’il serait arrivé, si le piaf avait été plus rapide, si les renardeaux n’existaient pas, ou si l’avalanche nous avait avalées. Ou alors on retourne sur ce lac glacé, et au lieu de courir sur les craquements, on les laisse exploser sous nos pieds, et on coule. Et si tu avais pris la dague, directement, il se serait passé quoi ? Ou si on n’avait jamais retrouvé la bague. Si tu avais su parler, et si j’avais su me taire. Si tu n’avais pas été toi, et moi pas moi. Si on n’avait pas hurlé aux loups, cette première nuit, et si tu n’avais pas pleuré, en voyant les mots sur le sable, et l’étoile. Il y a un bisounours qui sommeille en toi, même si tu l’as refoulé depuis, je l’ai vu, comme une perle dans le coquillage de tes yeux que tu as vite fermé, regarde. On rembobine et on recommence.

Pony, il était là aussi, cette première nuit, et il cavalait sur le lac comme les dauphins de Poséidon. Il regardait déjà, parce que ce n’est pas le hasard, c’est le marionnettiste, le Destin, la Dame, le Dragon, Doudou, je dirais bien Dieu mais ce serait quelque peu présomptueux, à moins de se mettre du point de vue de la fourmi – elle s’appelait comment, déjà ? (Non, je ne suis pas obsédée par les fourmis, c’est un hasard, un pur hasard, Pony ne peut pas être partout à la fois, puisqu’il ne s’appelle pas Jehan et que Jehan a le monopole du multiple) – c’est le Destin à la porte, Donc, Ding, Dong. Les cloches n’ont pas eu le temps de s’enfuir, elles étaient trop lourdes pour repartir. On ne l’a pas vu, Pony, ce jour là, toi parce que tu avais les larmes aux yeux, et moi parce que j’avais la tête dans les étoiles. Maintenant j’ai la tête dans le sable, toi tu as les yeux aussi sec que les graviers moulus, et Pony joue au poker. Cherchez l’erreur. On attend, toi dans ton dortoir, peut-être, si tu as réussi à marcher jusque là, et moi le dos contre le lit, et le temps passe, et on ne se revoit plus. Toi, tu hantes, tu regardes, tu vas vomir avec les chevaux, tu t’enfuis loin de tes semblables, tu te perds dans la forêt, tu te camoufles en branche carbonisée et puis tu repars et tu reviens et tu repars encore, parce que tu ne supportes ni les gens ni la solitude. Et moi je continue à me laisser balloter un peu plus hypocritement, entre les griffes du Chaos, entre les faux espoirs et les chemins illusoires, je vais d’âme en âme et je les perds toutes les unes après les autres, comme si c’était moi qui les damnais, en fait, et puis je perds ma peau aussi et nos dos se voûtent ensemble, même si on ne sait plus quelles pierres se casser sur la nuque l’une de l’autre. Et puis c’est la fin du conte de fées, et comme les contes de fées sont aussi irréels que nos délires collectifs,


« Elles moururent malheureuses et n’eurent pas d’enfants. »

C’est quand même plus vraisemblable.

[Copyright Tom Stoppard, et les autres on s'en doute donc osef.]

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Où l'inutilité du rp (alias Alasa) rencontre la liberté d'expression (alias Elera) [Terminé]
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