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 Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]

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Marchombre
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MessageSujet: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 12 Mar 2010 - 23:29

C'était étrange.


Se reflétait dans ses cheveux l'éclat du soleil émancipé des nuages moutonneux, et le vent qui soufflait en éparpillait les éclats cuivrés dans ses cheveux. Autour d'elle rayonnaient les consciences papillonnantes d'une idée à l'autre, la vie animait les membres et l'intelligence en contrôlait le sens, c'était ainsi. Les graviers sous ses pieds roulaient, par miracle semblait-il, sans bruit, une mains courant le long d'un buisson aux étranges fleurs indigo stabilisant la démarche, l'esprit, mieux que n'importe quelle parole chuchotée. Le vent soufflait mais les remugles persistaient.





Sous les effluves naturelles, et les sons buissonnants des plantes alentours, la chaleur plus moite et le ciel qui ondulait, le malaise serpentait, insidieusement, comme une main au ongles d'aciers qui se seraient promenée le long de la nuque, et l'autre caressant les sens pour en atténuer l'instinct. Le chaos était bien présent, dans les regards inconscients, dans les gestes haletants, et même dans l'odeur âcre qui s'accrochait à la cape qui moulait un peu trop largement ses épaules, cette cape qu'elle avait « emprunté » au garde qu'elle avait sauvé. Pourquoi personne ne le sentait-il ? Le sentirait, elle si elle n'avait pas été informée de ce qui couvait ? La réponse était positive, le malaise qu'elle ressentait à présent n'était que le reflet de ce qui l'avait saisie lorsqu'elle avait aperçu l'Académie quelques jours plus tôt.





La démarche souple et chuchotée, elle ressentait l'extérieur comme on ressent la peur et l'espoir, en murmurant pour soi-même. Elle était bien, là, sous les éclats du soleil qu'elle préférait à ceux du rire. Pourquoi fallait-il en défiler la trame si belle ? Contrôler était une notion bien trop abstraite pour la vie, la nature et l'univers, la peur et l'envie furent des catalyseurs bien trop puissant à la violence et à l'obscurité. Il fallait protéger, se raccrocher à la bonté, la beauté pour continuer à avancer. Elle ne détestait pas vraiment les humains, elle avait peur, simplement, de rencontrer cette noirceur dans leur regard. Et la peur engendrait bien souvent la haine, ce qui aurait pu revenir au même s'il ne subsistait pas pour elle cette étincelle d'amour qu'elle aurait voulu posséder pour toute vie. Elle avait compris ce besoin fondamental de se protéger du mal en haïssant l'autre, mais par delà les réactions instinctives que cela engendrait, il restait le minuscule espoir de reprendre les rênes et de contrôler ses émotions, en muselant les pulsions hargneuses, ou plutôt en les redirigeant, et cet espoir passait par la compréhension, par le savoir de la conscience et de l'inconscience. Il fallait voir le bien en toute vie, c'était une vérité implacable qui malheureusement lui faisait toujours peur. Parce que pour voir cette flamme, il fallait s'approcher, s'ouvrir, se mettre, ou les mettre en danger. L'horreur qui résulterait d'un échec valait-elle le risque à courir pour voir différemment le monde ? Elera lui avait ouvert les yeux, la réponse y était si flamboyante qu'aucun doute n'était plus possible – il fallait essayer. Mais elle avait peur. Et la peur chez elle était un instinct développé depuis ses premiers souvenirs, et actionnait l'incontrôle de ses pulsions, la rendant violente, son esprit cherchant à faire cesser la détresse, cette détresse qui, par on ne sait quel mutation ou problème génétique, lui faisait plus mal qu'à quiconque. La peur, la haine se confondait alors en un instinct meurtrier plus dangereux que celui d'un tueur – rien n'était plus important alors que de faire cesser cette terreur, cette rage à détruire.




Et elle allait enseigner.




Cette pensée continuait à ronger l'intérieur de sa tête, en bourdonnant d'un essaim d'incertitude piquant et griffant la moindre pensée, la moindre aspérité de conscience. Alors, pour échapper au doute et à la peur, elle se réfugiait dans l'inconscient, les sens prenant le pas sur l'esprit, le temps que le visage d'Elera, le sourire perçant la muraille de ses instinct, rende la réalité aussi clair que pouvaient l'être ses prunelles violettes. Ses poumons emplis d'air et d'odeur, elle ferma les yeux et s'arrêta, presque à la lisière du parc, le visage illuminé par l'astre étincelant et par le bonheur qui enflammait ses veines d'être tout simplement vivante, débordante de force et de vitalité, le bonheur d'être l'Ange de feu, comme l'avait appelée Elera. Ses ailes lancèrent une salve de picotement sur ses omoplates, et l'envie de s'envoler lui fit presque mal tant elle semblait parcourir chacun de ses nerfs, chacune de ses artères. Mais le cours allait commencer. Elle avait rendez-cous avec ses premiers élèves. Ena avait fait en sorte que 2 apprentis marchombres lui soient confiés pour le temps qu'elle aurait décidé, la durée en somme du retour à l'harmonie de l'Académie. Elle veillerait à n'en blesser aucun, mais ne s'intéressait pour tout dire qu'à la couvertures qu'ils lui offraient. Le temps de rendre ses ailes à Elera. Le cours allait commencer.




Elle fit trois pas encore, et se fondit dans ce qui l'entourait, ressentant dans la moindre de ses cellules la vie qui enflait autours d'elle pour prendre possession de son corps, pour envelopper son esprit dans des bras plus doux que ceux d'un ami. Les fleurs, le vent, les nuages, la terre, ses vêtements, le parc dans son ensemble entrait en résonance avec elle, et le sourire qui vint flotter sur ses lèvres fut plus étincelant, pour une seconde, à l'éclat de l'astre embrasé. Le monde était son cocon, son passé, son présent et son avenir, et la joie qui envahissait son cœur valait bien tous les tourments que son aMour pour lui pouvaient bien lui causer. Elle était marchombre. Elle était l'enfant sauvage, l'enfant indigo. Elle était la Nature, et la Nature était elle, c'était fondamental. Ses paupières s'élancèrent lentement vers le ciel, lui dévoilant, comme pour l'y noyer, le brasier incandescent de ses prunelles étincelantes. Comme perdue dans leurs propres méandres, le regard d'Anaïel ressentait plus qu'il ne voyait. Le monde autour d'elle était une toile complexe, chaque fibre s'entrecroisant d'une multitude de possibles et d'impossibles, parcourus par d'innombrables destinées tissées de projets plus ou moins concret. D'après les descriptions dont on lui avait fait part, et de part son expérience personnelle, il s'avérait que ce qu'elle ressentait se rapprochait dangereusement de l'Imagination qu'utilisaient les dessinateurs. Elle s'interdisait cependant d'y penser, c'était tout simplement intolérable qu'un monde aussi complet, aussi complexe et aussi beau se rapproche un tant soit peu de ce blasphème à la Nature que constituait cette dimension où le pouvoir et la tyrannie des éléments régnaient en maîtres. L'écheveau  de la matière se divisait, se recroisait, se tordait, formaient des formes, des vies, des interactions fondamentalement en résonance avec le reste de la création, l'équilibre était harmonie, et l'harmonie était équilibre. Anaïel filait sur les trames inconstantes, se fondant entre les échos de la musique originelle, se voulant arpège de pierre, de vent, de fleur indigo ou de nuage couronné de soleil.





La transe qui l'animait faisait de sa posture une silhouette d'une immobilité parfaite, les paumes tournées vers l'avant, et le visage aux paupières qu'elle refermé pour mieux se concentrer. L'esprit avait quitté le corps, évoluait dans une dimension que l'allure de la posture ne faisait qu'esquisser. La vie coulait autours d'elle, lovée qu'elle était dans son cocon de savoir, de compréhension et d'émerveillement. Le sol, tout d'abord, sous ses pieds, l'herbe ensuite, puis les fleurs, les arbres, et le vent qui siffle dans leurs branches, et tout là haut, les nuages qui s'effilochent sous l'assaut des rayons ardents... Revenir, ensuite, en tournoyant d'incertitude, l'instant fusionné à l'instinct et l'émerveillement qui s'empreint de toute cette beauté farouche et glacée, tellement loin de la férocité destructive des humains... La conscience de la matière caressait son esprit, le titillant de ci de là pour l'entrainer dans cette valse de soleil et de vie, c'était un bonheur capricieux et raffiné, l'élégance mariée à l'insolence de l'instantané. Par delà les limites que son corps lui imposait, elle fissurait les limites, un coup d'œil jeté à l'impossible qui scintillait à portée de sens, elle ressentait les pulsations de la terre, les pulsations de la vie.




Un écho.




Son cœur marquant la cadence de ses émotions rata soudain un battement, diffusant dans son échine l'éclaboussure glacée de l'incompréhension et de l'expectative. Simultanément, son épiderme se hérissa tandis que de tranchantes sensations défilaient le réseau soyeux de la bulle dans laquelle elle s'était enfermée, et qui lui permettait de s'échapper. Tout creva en un instant, l'instant qu'il fallu à l'homme pour la regarder et la reconnaître. L'instant qu'il lui fallu pour faire chuinter son épée en la tirant de son fourreau, l'instant qu'il lui fallu pour s'arrêter dans son geste, plus maître de lui qu'il ne l'avait été la dernière fois. Un masque glacé de haine et de souffrance tordis alors le visage si serein de la marchombre. Toujours immobile, sa silhouette se découpait à présent abruptement sous l'assaut de l'astre étincelant, sa tranquille assurance métamorphosée en une posture violemment tendue, figée dans la tension nouant chaque muscle, la puissance du fauve à l'affut. Avec une lenteur exaspérante, ses paupières dévoilèrent l'incandescence de ses prunelles embrasées, aussi froides cependant que l'envie de mort qui les habitaient. Sans paraître avoir bougé, tant l'animosité nichait chacun de ses mouvements, elle fit volte face et se planta face à l'intrus.




Ses prunelles flamboyèrent de hargne alors qu'elle vrillait le regard de l'homme à qui elle avait sauvé la vie quelques jours auparavant.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Sam 13 Mar 2010 - 19:10

Varsgorn était sortit de ses appartements pour profiter de la journée. Il s'était vêtu d'une chemise d'un blanc pur et d'un pantalon de couleur marron. Par dessus sa chemise, il avait mis une tunique sans manche qui tombait sur le haut de son pantalon. Pour finir sur le plan vestimentaire, il avait chaussé des bottes de la même couleur que le pantalon. (voir fiche perso sans la cape pour avoir ce look en image) Comme le mercenaire ne sortait jamais sans armes, il avait ceint une ceinture de couteaux ainsi qu'une épée. Même s'il ne portait pas son habituel cape, il avait pris une tunique avec capuche pour disparaître si la situation tournait contre lui. Varsgorn était toujours prêt à se fondre dans le paysage même en plein jour. Bien entendu pour éviter d'attirer l'attention sur lui dans l'académie, il se déplaçait sans cette capuche sur la tête.

S'il était sortit de son bureau, c'était pour souffler un peu. Depuis qu'il était passé du statut de garde de l'académie à celui de trésorier, il était plongé dans les chiffres pendant plusieurs heures. Il avait beaucoup moins de temps pour lui désormais. Lui qui adorait se balader seul en pleine nuit, c'était terminé depuis qu'il était trésorier. Il se ménageait du temps pour continuer de former Enelye dans le plus grand secret. S'il apprenait à la Corbac son savoir-faire en pleine journée, il serait immédiatement repéré par les autres professeurs de l'académie et ils feraient tout pour ramener Enelye sur le droit chemin.

N'aimant pas du tout l'agitation formée par la cohue d'élèves aussi stupides qu'insignifiants qui peuplaient l'académie, Varsgorn s'était éloigné vers le parc. Havre de paix au coeur de la folie de cette académie. Le mercenaire servait le Chaos mais il était un fervent admirateur de la paix et de la sérénité. Rien de bon ne naissait dans la tourmente et la cohue. Le calme était maître de toute réussite. Le parc offrait une autre chose que Varsgorn recherchait: la discrétion. Ses arbres touffus permettaient de se dissimuler des regards indiscrets. Même s'il avait mis son "travail" d'assassin de côté depuis qu'il avait posé les pieds dans l'académie, il aimait se faire oublier. Disparaître de la vue de tous et rester dans le calme complet.

Il était arrivé dans le parc. Il n'était pas au coeur du silence le plus complet mais les bruits qui régnaient dans le parc étaient appaisant. On entendait les oiseaux, le bruit du vent carressant les feuilles des arbres. Le mercenaire s'avançait au milieu des arbres et là, il distingua un mouvement. Un animal? Varsgorn s'approcha. Non, c'était un humain. Il s'approcha encore. Pas un humain, mais une humaine. Encore quelques pas. Et là, Varsgorn s'arrêta net. Il la connaissait cette humaine. Il ne pouvait pas dire comment elle s'appelait mais il savait qu'elle était marchombre. Comment il savait cela? Parce qu'il l'avait affronté dans la cascade qui se situe non loin de l'académie. Varsgorn s'en rappelait bien. Il gardait une cicatrice au dessus de la lèvre à cause de cette pourriture. Cette cicatrice, il la garderait à vie, il le savait. Terrible souvenir de cet affrontement qui a faillit lui couter la vie. Non seulement, il détestait cette marchombre car elle oeuvrait pour l'Harmonie. Elle l'avait insulté mais le pire de tout, c'était le fait qu'elle lui ait sauvé la vie. Varsgorn détestait être redevable de quoi que ce soit. Il s'était juré de tuer cette effrontée s'il la retrouvait devant lui. Ce jour était arrivé et il n'allait pas laisser passer sa chance de verser le sang de cette marchombre. Il s'empara de son épée et il la plaça entre lui et la jeune fille. Non, il ne voulait pas la tuer immédiatement. Il voulait la narguer, l'insulter comme elle l'avait fait avec lui, il voulait aussi jouer avec elle. Elle n'était plus dans la cascade désormais, elle ne pourrait échapper à la mort certaine qui allait arriver des mains de Varsgorn. Il n'était qu'à une dizaine de mètres d'elle, il aurait pu certes lui sauter à la gorge et lui planter une de ses lames secrètes dans le corps mais il attendait patiemment. La mort pouvait bien attendre encore un peu.

La marchombre le fixa avec des yeux flamboyants. Son oeil gauche était barré d'une longue cicatrice. Varsgorn ne put s'empecher de sourire. Ce trait sanglant, c'était son oeuvre. Il se rappelait encore l'avoir blessé avec l'une de ses lames. Un cadeau du Rentaï blessant une fille de l'Harmonie, quel comble! Le mercenaire posa ses yeux sur les vêtements que la marchombre portait. Une cape couleur emeraude, trop large pour elle, trop chère pour cette jeune fille. C'était la sienne, sa propre cape! Celle qu'elle avait volé avant de s'en aller. Elle allait souffrir, mourir lentement pour cette terrible erreur.

- Tu as osé remettre les pieds autour de cette académie. Tu ose revenir alors que tu sais que je suis ici. Tu arbores ma cape! Tu souhaites réellement mourir? Dis-le immédiatement, j'abrègerais peut-être tes souffrances. Je dis bien peut-être.

Sa colère montait doucement mais il se retenait. Il n'avait pas besoin d'éclater. Il dominait. La cascade ne protégeait plus la marchombre. Elle était sur le terrain du mercenaire. Elle ne pourrait se sauver cette fois-ci. Il allait lui planter sa lame dans son corps. Sa vengeance serait appaisé et sa soif de meurtre le serait également. Elle allait mourir et il laisserait son cadavre à la merci des charognards. Elle ne méritait pas un enterrement dans les règles.


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Lun 22 Mar 2010 - 12:30

Quelle ironie... Et quel manque de chance aussi, c'était un destin joueur et machiavélique qui semblait tirer les ficelles de ces deux ennemis jurés, des ficelles et des émotions. L'un comme l'autre abhorrait ce que représentait l'adversaire, l'un comme l'autre ne voyait que le sang comme issu à ce nouvel affrontement. Le sang qui tache et qui poisse, elle aurait du le sortir de la cascade et lui planter sa propre épée dans le cœur. L'eau aurait dilué toute erreur, et sa langue farouche aurait lapé indéfiniment la vie qui aurait souillé ses doigts. Indéfiniment. Le sang versé ne s'efface jamais. Même si, surtout s'il est souillé.

Avec un soupir confinant à la violence rentrée, elle secoua les épaules pour les empêcher de se rigidifier. L'envie de meurtre qui habitait ses paumes aurait bien suffit à l'envoyer à une mort certaine si elle l'avait laissé s'exprimer. Il n'en était pas question. Il ne méritait que son mépris, sa haine un peu, elle ne pouvait pas la canaliser entièrement. Il ne méritait pas son sang, surtout pas. Son sourire se fana un instant lorsque soudain elle ouvrit les bras. En grand. Comme pour s'envoler. Regarde, je suis à toi, j'en ai conscience, mais je ne te crains pas. Pauvre petit jouet. Et d'un rictus méprisant pour appuyer ses pensées implicites, un sourire tranché qui plissait la cicatrice au dessus de sa joue comme on tord le métal. Le grincement était presque perceptible. Il était à une quinzaine de mètre. Personne ne pouvait pénétrer cette bulle de protection qu'elle avait en permanence autour d'elle sans qu'elle ne le sente. 15 mètres. C'était suffisant pour esquiver, pour fuir. Il ne l'aurait pas, elle ne le permettrait jamais.

Pourquoi fallait-il que se soit lui qui vienne lui ravir ses instants d'éternité dont elle avait besoin ? Il ne se rendait compte que de son importance, et la vengeance qui brûlait dans son regard valait toutes les maîtresses du monde. Pourrait-il un jour voir la beauté du monde au lieu de chercher à la dévaster ? Elle n'aurait pu le dire. Son instinct entièrement concentrer sur ses mouvements fluides, et les poignards qu'elle savait à sa ceinture. Le temps était frais, la cape trop petite boutonnée de même que le gilet, les secondes qu'il prendrait pour remédier à cela pourrait lui êtres fatales. Et il le savait. Ce qu'il ne savait pas c'est qu'elle n'avait aucune intention de le tuer. Sauver la vie de quelqu'un, à fortiori de quelqu'un qui vous haïssait viscéralement, et c'est sa haine assurée que vous récoltez. L'envie qu'il aura de faire taire l'objet de son humiliation. Mais il hésitera, c'est certain. Il hésitera au moment même où il pourra assener le coup final. Il hésitera, et c'est tout ce dont Anaïel avait besoin.


Sans paraître avoir bougé, elle se retrouva trois mètres plus loin, puis à nouveau à la même place. Il n'avait eu le temps que de cligner des yeux. Voit- jeune mercenaire, l'enfant sauvage qui danse, tu ne pourra qu'effleurer, ne touche qu'avec les yeux s'il te plait. La situation était plus tendue que les émotions des deux êtres, et le petit manège de la marchombre acheva de la rendre compte de l'ironie de la situation. S'il était un temps soit peu intelligent il se rendrait compte de par lui même qu'assassiner (s'il le pouvait) quelqu'un dans l'enceinte de l'Académie lui causerait des torts encores moins important qu'il n'en infligerait à toute l'organisation chaotique. Il risquait proprement de faire capoter toute leure affaire. Et bien qu'il sembla doué, avoir le chao à ses trousses ne présageait jamais rien de bon. Forte de ses affirmation, et la haine qui reculait, remplacée par une froide détermination calculatrice, elle s'autorisa une petite phrase. Une simple petite phrase. Ses muscles se tendirent imperceptiblement, prets à l'action. Prets à la fuite. Son sifflotement sembla emplir tout l'espace autour d'eux. Un frisson darda sa langue sur la peau du mercennaire.


- Drole de manière de remercier la personne qui t'as sauvé la vie...


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Mer 24 Mar 2010 - 16:24

- Le fait que tu m'ai sauvé la vie ne changera rien. A toi de te mordre les doigts sur tes actes. Je te tuerais, j'en ai fait le serment. Sans cette cascade, tu n'as aucune chance de te sauver.

Varsgorn jubilait. Il avait la marchombre à sa merci. Depuis tant d'années, il détestait les marchombres. Il n'avait jamais eu l'occasion d'en tuer. Les Fils de l'Harmonie étaient trop insaisissables, trop rapides, trop doués. A chacune de ses traques de marchombres, il avait perdu la trace de sa victime. Depuis qu'il avait intégré le Chaos, il rêvait de tuer un marchombre, percer un corps de l'Harmonie avec sa greffe. Forcer ainsi la Montagne bénie par les marchombres à tuer ceux qui l'adorait.

Lors de l'affrontement dans la cascade, il avait déjà eu une petite victoire. Il avait d'ailleurs les preuves de sa victoire devant lui. Cette cicatrice sur l'oeil de la marchombre. Faite à l'aide d'une des lames offertes par le Rentaï. La marchombre lui avait échappé, il avait une nouvelle fois échoué dans son envie de meurtre.

Cette fois-ci, c'était bien différent. Elle n'avait aucun moyen de fuite. Varsgorn était déjà un marchombre de talent quand il était encore élève dans cette académie. Avec l'entrainement mercenaire en plus, il devait plus puissant que la plupart des marchombres. Sur la terre ferme, il était certain de dominer cette peste qui se trouvait devant lui. Ce qui le déroutait pourtant, c'était cette lueur dans les yeux de sa proie. Il ne décelait aucune peur. Elle était sûre d'elle. Son courage était intact, le courage de la dernière chance, certainement. Le mercenaire allait éteindre cette lueur, figer le regard de cette peste à tout jamais. Elle allait rejoindre ses ancêtres dans leur dernière demeure. Doucement, Varsgorn fit quelques pas en direction de la marchombre.

- Alors, dis-moi. Comment vas-tu te sauver cette fois-ci? Tu vas te transformer en petit oiseau et t'enfuir à tire-d'ailes?

Il éclata d'un rire froid et cinique. Cette petite allusion, il y avait pensé en souvenir de son hallucination. Cet ange s'envolant quand il s'est évanouit après sa lutte dans les tourbillons de la cascade.

[Sorry, c'est un peu court, j'avais pas vraiment d'inspiration, je me rattraperais au prochain coup, c'est promis]


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Marchombre
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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 26 Mar 2010 - 10:53

C'était d'un grotesque... Était-il tellement aveuglé par la haine, par la rancœur qu'il faisait fi de ce don du monde, le fait de bouger librement, de penser, d'être en vie ? Il aimait ça, il l'avait forcément aimé, puisqu'il avait été marchombre. Aurait-elle été aussi pourrie que lui, qu'il giserait au fond de l'eau, le corps boursouflé par les liquides et les yeux hagards et vides, qui ne verrait plus jamais le sang couler. Pouvait-il faire ainsi fi d'être toujours en vie, n'être que colère et meurtre de pouvoir jouir encore un instant de son incroyable liberté, de sa vie, de l'impact qu'il avait sur le monde qui l'entourait ? La réflexion n'était apparemment pas son point fort, mais ça elle s'en était rendue compte depuis longtemps.

Ses paroles envenimées n'atteignirent pas son cœur comme elles l'auraient fait jadis, il y a toute une vie semblait-il, elle ne voulait pas tuer. Elle ne tuerait pas, c'était son serment à elle. Non, ses paroles ne parvinrent qu'à ses oreilles, où pourtant elles tracèrent de brûlants sillons. Il était futile, superficiel, et trop ancré dans ce qu'il croyait être des certitudes qu'aucuns son ne pouvait plus l'atteindre si ce n'est celui du sang goutant le long de l'épée pour finir sa course sur le cadavre chaud de l'objet de sa haine. Hésiterait-il ? Elle n'en avait aucune idée, ne s'en souciait pas vraiment. Il n'arriverait jamais à la toucher, tout simplement. Elle était fille du vent, et le vent ne se touche pas, il se caresse, avec les mains, et pas avec des gants de cuirs ou le fil d'une lame au clair. Sans cesser de fixer le regard ardent du mercenaire, elle fléchit un tout petit peu les genoux, balança doucement les épaules en arrière, et tourna les paumes vers lui. Elle ne semblait pas avoir bougé. Ainsi, sa cage thoracique ouverte, le menton dressé et l'air qui s'engouffrait en chantant dans son corps pour valser avec ses cellules, la calmèrent parfaitement. Elle l'analysa, alors, et se mit à chercher une voie de fuite, ou de traverse.

Elle pencha légèrement la tête sur le côté, comme l'aurait fait un chat, surprise mais sans peur. D'où provenait ce petit sourire satisfait lorsque à chaque fois il tombait sur son regard ? ses sourcils se plissèrent, et le tiraillement qu'elle ressentit lui fournit la réponse. Sa cicatrice. Une de ses innombrable cicatrice. Et il s'en flattait ? Un sourire vint étirer ses lèvres et dévoiler ses canines effilées, au tranchant carnassier. C'était vraiment drôle. L'ironie suintante de son visage sembla le surprendre quelque peu, aussi sifflota t-elle en guise d'explication dans sa direction :


- Je ne me mordrais les doigts que d'une chose, celle de ne pas t'avoir laisser croupir comme la misérable larve que tu es, au fond de la cascade. Quoi que non, je ne me mordrais les doigts de rien du tout, je n'aurait jamais eu le cœur de souiller ainsi la limpidité d'une chose si belle que ta carcasse et ton sang pourri ne l'auraient troublé que quelques secondes, ce qui est beaucoup trop accorder à ton cadavre verreux. Tu ne gagneras pas, tu ne m'attraperas pas. Tu n'as jamais gagné, et tu ne gagneras jamais.

Elle se tut, et les flammes de son regard devinrent brasier ardent alors que le mépris lui brûlait les veines. Il ne valait que le crottin de siffleur pour oreiller, rien d'autre, surtout pas la mort qui achèverait sa misérable vie, il n'était rien. Elle remonta doucement la manche de son vêtement, jusqu'à l'épaule. Il était mercenaire, il arriverait à distinguer les inombrables cicatrices qui déchiraient subtillement sa chaire en une symphonie brisée et insolente. Celle de son oeil n'était qu'un nuage dans le ciel de son corps, elle n'était que le reflet d'un combat parmi tant d'autre. Chaque cicatrice faisait partie de sa maccabre collection, chacune avec son histoire particulière qu'elle se plaisait à oublier, pour ne carresser que la trace physique de son passé. La cicatrice due au garde n'aurait pas un traitement de faveur.


- Alors, dis-moi. Comment vas-tu te sauver cette fois-ci? Tu vas te transformer en petit oiseau et t'enfuir à tire-d'ailes?

Si elle n'avait pas été autant sur ses gardes prete à encaisser la moindre parole du mercennaire, elle aurait sursauté et lui aurait ainsi offert l'impact qu'il souhaitait. Son sang se contenta de bouillonner mais son visage ne trahit qu'un rictus souriant. Lorsqu'il fit trois pas, parfait double négatif, Anaïel en fit le même nombre dans le sens inverse. Ses sens exacerbés par sa tension, elle pouvait presque "voir" tout ce qui se trouvait derrière elle. Elle était dans son cocon, il ne l'ateignerait jamais. Seul un marchombre dans l'âme pourrait la surprendre, mais lui était trop prévisible. Pourtant... Avait-il lancé cette remarque au hasard ? Avait-il vu sa greffe ? C'était probable, mais il était comateux, et cherchait juste à la perturber par tous les moyens, allant pour ce faire jusqu'à dévoiler ses suppositions et halucinations. Mais elle en avait aussi qui risquerait de l'atteindre. La lame qui lui avait tranché l'oeil était sencée reposée au fond de l'eau lorsqu'il il avait attaqué, il n'avait plus de poignrds, ou si, un seul, mais dans la main opposée. Elle secoua la tête pour se débarasser des cheveux qui dansaient devant ses yeux, comme un ultime présage. Elle ne répondrait pas à la provocation, tout simplement. Il fallait le raisonner. Lui faire admettre que sa morts ne feraient que souffler sur sa vie comme un danger mortel. Avec un grande inspiration, elle sifflota, le regard dans le vague, comme si elle expliquait une chose très simple à eun enfant surexité.

- Je n'aurais pas à m'enfuire, sauf si tu m'attaques, ce que tu as envie de faire, cela ne fait aucun doute. Je voudrais cependant marteler avec soin quelques argument pour que tu n'en fasse rien. Tout d'abord, je suis marchombre. Ensuite, je suis professeur dans cette Académie. Enfin, que penserais-tu qu'il arriverait si l'on retrouvait mon cadavre dans les alentours de l'Académie, alors que mon premier cours devait commencer et que je suis réputée ici pour être une marchombre accomplie ? Ma mort ne pourra rester cachée. La seule possibilité serait que je soit tuée par un mercennaire du chaos. Il pourrait être en vadrouille, mais pourquoi ici, dans les alentours de l'Académie ? J'ai vagabondée suffisament de temps pour qu'un assassin se venge de quoi que se soit ailleurs qu'un endroit où il pourrait avoir des difficultés vue l'abondance de personnes. Alors une seule solution s'offrira àtout le monde : elle a été tuée par un mercennaire du chaos qui venait de l'Académie. Pourquoi ? Au moins ça fera cogiter un peu tout le monde sur les activités douteuse de leur établissement... Dans le cas bien évidemment où tu arriverais à me toucher ce dont je doute profondément.


Avec un rictus, elle passa la langue sur ses lèvres pour les humidifier. Il était resté coi jusqu'à la fin de son discours, c'était étonnant. Allait-il passer à l'action ? Sa première tirade devait avoir éveillée de sombre sentiments, comme la dernière fois. Elle voyait le gantelet de cuir serré à en briser les phalanges sur le manche de l'arme. Il ouvrit la bouche lorsqu'elle partit d'un rire clair et frais, entremelé cependant de tout le mépris que pouvait contenir un rire. A la lisière de son esprit se distinguaient maintenant deux autres consciences venant de l'extremité du parc. Les deux témoins dont elle avait besoin arrivaient enfin. Avec un nouveau sourire, froid celui la, elle fi encore trois pas silencieux en arrière pour les laisser arriver.



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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Mer 7 Avr 2010 - 17:23

Lorek adorait ca.
Sentir le soleil doucement caresser sa peau, filtré par l'épaisse couche de feuille rendant la lumière d'un vert propice a la sérénité. La douce chaleur de l'après midi annonçait une soirée agréable. Il pourrait se balader encore un peu dans le parc. Le jeune homme envisageait la possibilité d'aller chercher un truc en cuisine et de le déguster calmement perché sur la cime d'un arbre.
Mais sa soirée allait sans doute être d'une tout autre nature.
Dans la journée, une jeune femme était venue le contacter. Elle semblait avoir le même age que lui, a quelque chose prêt. Elle se disait Marchombre et lui proposait de venir assister a un de ses cours en plein air. Lorek savait que son maitre était Arro, mais, celui ci ne s'étant toujours pas manifesté, il accepta avec joie la proposition. Un peu d'air lui ferait du bien. Fréquenter Xzar était a la limite du suicide quand on avait un sens olfactif que lui. Les odeurs du parc seraient les bien venues.
Lorek abandonna donc tout espoir de pique nique arboricole. Cela ne le dérangeait pas vraiment. Depuis le temps qu'il rêvait de suivre la Voie de sa mère ! Il se demandait en quoi consistait un entrainement Marchombre. Car, en effet, le problème des sociétés secrètes reste dans leur fameux secret. A Part quelques uns qui se baladaient a Al Poll, le jeune homme n'avait jamais vu de Marchombre avant son arrivée a l'Académie.
Jamais, sauf cet homme, perché sur la Tour, qui l'avait guidé jusqu'ici. il espérait bien le retrouver.
Lorek Quitta ses pensées. A en juger par la luminosité, cela faisait déjà un moment qu'il rêvassait. Il se mit a courir vers le lieu de rendez vous.

Mince.

Il était en retard.

Il y avait déjà un élève.

A Moins que...

Ce rire n'était pas normal.
Il était froid.
Moqueur.
Pas Marchombre.

Pas du tout Marchombre.

En face de l'homme qui riait se tenait une femme, 20 ans a peu près a en juger la taille, portant une longue cape.

Et elle ressemblait bizarrement a son professeur.

Elle répondit au type, avant d'éclater d'un rire Plus que moqueur, méprisant.

Ignorant tout de la nature de l'homme, Lorek s'avança.

"Y-a t-il un problème ?"


[Désolé d'avoir tardé, mais j'étais VRAIMENT occupé sur tout les fronts. je ferais en sorte de répondre plus vite la prochaine fois.]


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Jeu 8 Avr 2010 - 12:18

Une magnifique journée. Ciel bleu, reflets du Soleil sur l'herbe verte et les fleurs multicolores. Quelques rares nuages cachaient parfois un rayon de soleil, mais cela ne durait pas. Les chants des oiseaux résonnaient dans l'atmosphère paisible de la renaissance du printemps. Quelques insectes bourdonnaient autour des fleurs. Un rayon de Soleil vint réchauffer le corps pâle d'une jeune femme silencieuse.

Enelyë comtemplait le parc, assise sur une branche basse qu'elle avait réussi à atteindre malgré sa maladresse habituelle. Ses cheveux noirs, plus longs que lorsqu'elle était arrivée, caressaient ses joues blanches et son cou. Elle n'y accordait pas d'importance, se contentant d'observer le parc de ses yeux noisette. Ses mains, posées sur l'écorce, s'agitaient légèrement. La demoiselle n'aimait pas ne rien faire.

La Corbac ramena ses jambes contre son corps, enfouit sa tête dans ses genoux et se concentra. Elle voulait écouter, s'entraîner à cet exercice que Varsgorn lui avait donné lors de leur dernier cours.

C'est ainsi qu'elle entendit des éclats de voix et des rires ironiques, méprisants. Une voix qu'elle connaissait. La dessinatrice se dépêcha d'aller voir.

Varsgorn était en face d'une jeune femme, qui semblait un peu plus âgée qu'Enelyë. Une vingtaine d'années, environ. Elle achevait sa phrase, en disant que le maître d'Enelyë n'arriverait pas à la toucher, avant d'éclater d'un rire moqueur. Tout dans son apparence ne laissait qu'une possibilité. Une Marchombre. C'était une Marchombre ! Enelyë avançait doucement vers Varsgorn. Et aperçut une autre personne qui venait derrière la jeune femme, demandant si il y avait un problème.

La Corbac en profita pour venir à côté du garde. Elle ne savait pas ce qu'il se passait. Elle sentit l'atmosphère devenir plus lourde. Les fleurs se teintaient, dans son esprit, d'une couleur sanguine.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 9 Avr 2010 - 17:55

La marchombre avait éclaté de rire. Elle continuait à lui tenir tête alors qu'elle était sous la menace de son épée. Mais ce que Varsgorn retenait, ce n'était pas le rire, mais c'était plutot ce qu'elle avait dit. Elle était professeur! La tuer présentait une difficulté. Certes sa disparition serait surprenante mais si on ne retrouvait pas le corps, les soupsons ne seraient pas portés vers les mercenaires. C'était compliqué, c'était risqué mais Varsgorn voulait appaisé sa soif de vengeance. Ce n'était pas le plan du Chaos qui l'empêcherait de le faire. S'il tuait sans faire de bruits, il était capable de dissimuler le corps de la marchombre. Il l'avait déjà fait par le passé, il n'aurait aucun mal à recommencer. Elle avait beau dire qu'elle était une marchombre accomplie, ça ne faisait pas peur à Varsgorn. Lui aussi, il avait été un marchombre accompli. Il était désormais un mercenaire de talent. Il avait réunit Chaos et Harmonie dans un seul être. Sur la terre ferme, elle ne pouvait le battre.

Des bruits de pas. On se rapprochait. Qui? Des mercenaires? Des marchombres? Varsgorn tourna la tête en direction des bruits. Un être à la peau bleue. Il portait l'uniforme de l'académie. Un élève. Pas lent, démarche souple. Un marchombre. Immédiatement, Varsgorn fit l'association dans sa tête. La marchombre venait de dire qu'elle allait faire un cours. Cet élève était sûrement là pour ça. Sa présence changeait tout. Varsgorn n'allait pas pouvoir tuer les deux. Il n'aurait aucun mal à triompher d'un stupide apprentie marchombre mais il se doutait bien que si la maître marchombre était tuée, cet être bleu allait prévenir l'académie et c'était fichu pour la discrétion.

Nouveau bruit de pas. Varsgorn quitta les deux marchombres des yeux pour se tourner vers le nouvel arrivant. Il le connaissait ou plutot il la connaissait. Enelye. Son apprentie. Que faisait-elle ici? Comment allait-elle réagir en voyant que son maître menaçait une marchombre avec son épée? Le mercenaire était inquiet. Il aurait voir n'importe qui plutot qu'Enelye. Doucement, il la vit s'approcher de lui. Elle n'ouvrit pas la bouche pour parler. Varsgorn concentra une nouvelle fois son attention sur les marchombre, plus précisemment sur l'élève. Il devait lui faire peur pour qu'il s'en aille. C'était voué à l'échec. Avec sa maître marchombre, c'était quasiment sûr qu'il resterait de marbre, ou plutot qu'il ne montrerait pas ses sentiments. Mais bon qui ne tente rien n'a rien alors Varsgorn décida de jouer la carte de la frayeur.

- Ce qui se passe ici n'est pas ton problème. Retourne à l'académie. Si cette jeune femme t'a fait croire qu'elle était marchombre, c'est faux. Elle fait partit du Chaos. Tu es jeune, je comprends que tu te sois laissé abusé. Maintenant retourne à l'académie, je m'occupe d'elle.

A la fin de sa phrase, Varsgorn s'était approché de la marchombre, l'épée toujours dans son poing serré. Il avait mentit. Encore une fois. Combien de fois avait-il eu recours au mensonge depuis qu'il était mercenaire? Il ne le savait pas vraiment. Le chiffre était trop grand pour être compter. Il avait usurpé des identités, mentit sur sa profession, mentit sur ses convictions. Un mensonge de plus ou de moins ne changerait rien. Contrairement à cette stupide marchombre, il avait l'appui du magister de l'académie. Il s'était présenté tout d'abord en tant que garde, il était logique qu'il traque encore les ennemis de l'académie, même s'il avait pris le poste de trésorier. Son mensonge restait donc crédible. Pourvu que ce jeune marchombre tombe dans le panneau.

La marchombre n'avait pas l'air d'avoir bougé pourtant elle semblait aussi éloigné de la pointe de l'épée qu'avant que Varsgorn ne se déplace. Le mercenaire était en rogne. Elle s'était sûrement servit de ses facultés marchombres pour se déplacer sans qu'il le remarque et il s'était fait avoir. La colère montait doucement. Il devait se calmer. Il ne pouvait éclater devant son apprentie. Il ne devait pas perdre la confiance qu'Enelye avait en lui. Si Varsgorn perdait de la crédibilité aux yeux de la Corbac, les cours seraient totalement différents et Enelye ne deviendrait pas le Mentaï que le mercenaire désirait entraîner. Il ne devait pas dévoiler qui il était vraiment sinon, il serait tué par les autres mercenaires. Il n'avait pas traverser tant de choses pour mourir bêtement à cause d'une marchombre.

Au creux de ses poignets, il avait un petit cadeau du Rentaï qui pouvait le faire passer pour un marchombre. Ce petit détail, il l'utiliserait en dernier recours si jamais les doutes subsitaient encore. Peut-être que cette peste n'avait pas eu droit à la greffe après tout.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 9 Avr 2010 - 19:42

- Et toi ? tu es du chaos ?
Je vois a ta façon de mouvoir que tu es agile. Très agile. Plus qu'un guerrier. Éventuellement Marchombre. Mais même si l'on considérait cette possibilité, un Marchombre reste dix fois plus gracieux que toi. Ne serait ce que ton rire démontre que tu n'es pas plus harmonieux qu'un caillou. Mais, je dois avouer que du dégage quand même du Marchombre. Ce que tu es, je n'en sais rien, mais tu n'œuvre surement pas pour le bien de cette Académie.
Cette femme que tu accuse d'œuvrer pour le Chaos est la célèbre Anaïel, une Marchombre réputée. La majeure partie des jeunes d'Al Poll rêvent d'entrer un jour dans cette Académie afin de marcher aux cotés d'Anaïel et de la Dame Nel'Atan. Je suis peut être jeune et nouveau ici, mais je ne suis pas stupide.
Dernier détail: tu viens de te traillir. La présence du Chaos dans ces lieux est secrète. Il n'y a que quelques rumeurs qui courent. Or, tu viens en accusant Dame Anaïel d'oeuvrer pour le Chaos, de prouver qu'il est présent en ces lieux. C'est juste que tu dois avoir un sérieux problème de Mémoire si tu crois que mon maitre n'œuvre pas pour l'harmonie. Mais bon, étant donné que j'ai décidé de me faire petit, je vais t'accorder l'immense honneur de mon ignorance, et je vais retourner sagement manger avec mes camarades, il doit en être grand temps.


Et Lorek, fidèle a ses promesses, s'en fut.

Pas très loin.

En se baladant dans le parc, il avait remarqué un coudrier aux branches particulièrement droites. Assez droites pour un bon bâton.

Lorek s'approcha de l'arbre, sortit sa dague, et commença a couper un branche et la tailla en pointe a une extrémité.

Puis il retourna vers de son maitre. Se cacha.

Et se prépara pour le spectacle.

Dont il allait surement être un des acteurs.

[j'ai encore du mal a faire plus long, désolé]

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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 9 Avr 2010 - 22:20

Sans même se retourner, elle ressentit le pas de l'élève qu'elle avait rencontré dans l'après midi, l'épiderme céruléen et les vacillements de sa queue de cheval n'étant que de futiles détails face à l'intérêt de sa démarche, la souplesse de ses épaules. Même si elle n'envisageait qu'une couverture assez solide pour assoir sa présence dans l'Académie, elle n'avait pu renier qu'elle avait envie. Envie de forger, de guider. D'apprendre à voler. Là s'arrétaient toutefois ses spéculations à l'égard du jeune homme aux cheveux blancs, il était ce qu'il lui fallait, une forte gène pour le mercenaire, il ne pourrait pas passer à l'action tout de suite. En silence, le jeune Lorek se campa à ses côtés, la surprise méfiante nichant ses paroles insolentes. Sur ses entrefaites, et avant qu'Anaïel ne puisse penser quoi que se soit d'autre, une autre jeune fille fit son apparition pour se placer, elle, aux côté de ce qui semblait être son maître, l'étincelle de ses prunelles accroché au dos du prétendu garde n'étant que le reflet des gestes qu'elle ne faisait, semblait-il, qu'en attente de son accord. Une apprenti.

Un clignement de paupière plus tard, la fureur qui ne semblait être qu'un feu maitrisable se mua en un brasier à la douleur insoutenable, la gorge gonflée, bloquée par la rage, par la hargne qui lui étreignait les entrailles, ses main criaient leur soif de sang, de vengeance, de souffrance. Abasourdit par l'assaut de haine qui muselait le moindre de ses mouvements, elle enregistrait la situation avec une précision chirurgicale, la colère voilant ses prunelles d'un prisme sauvage et violent, le feu dévorait ses veines et incendiait son cœur. Comment avait-il osé ? La question fusa dans son esprit, incisive, crevant le mépris pour n'en sublimer que la force, et l'envie qu'elle avait de le tuer... La perplexité fut sans doute ce qui lui évita de se ruer toute griffes dehors sur la lame tendue du déchet humain face à elle. Elle mit un certain temps avant de réaliser ce qui brûlait ses sens avec autant d'impétuosité. Il ne pouvait se propager, étendre sa chape chaotique à un autre être que lui était un crime que jamais au grand jamais elle ne lui pardonnerait. Ravir la vie d'un être vivant, crever son âme, y déverser la colère d'un monde à l'agonie sans l'harmonie dont il essayait de se débarrasser, la briser, et lui rendre les rênes une fois muselée, telle était donc le destin qu'il réservait à la jeune fille au sourire ingénue campée à ses côtés ? Comment pouvait-il ? Le monde était fait pour évoluer. Non pour sombrer dans la déchéance d'un chaos putride et pourrissant les âmes pures.

Sa colère pouvait-elle encore augmenter ? Un instant avant qu'il ne débite son flot d'inepties, elle aurait nié l'impossible. L'impossible qui pourtant survint avec la force d'un bélier de granit. Son visage se tordit en un rictus hideux, ce qui pour tout dire ne devait pas aider à clarifier la situation, mais sa haine était tellement forte que seules ses expressions faciales pouvaient en démontrer l'intensité. Les muscles bandés, les yeux cernés par l'envie de le supprimé, elle s'apprêtait à bondir et à le réduire en charpie comme il avait détruit tant de personnes, et encore une fois ce fut son jeune apprenti qui lui sauva la mise. La stupéfaction peignit ses traits d'une touche légèrement comique si ce n'était la situation actuelle, les paroles lui dévoilèrent une carte qu'elle n'aurait jamais pensé posséder, celle de la célébrité. Ainsi donc elle était célèbre ? Elle referma les lèvres qu'elle avait entrouvertes, pour se concentrer sur les conséquences de ces mots, alors que le jeune homme s'en retournait. Pas un instant elle ne songea à le retenir, ce combat, ou cette confrontation pour l'instant, ne le concernait pas. Il ne pouvait la tuer, il y avait eu un témoin. Si elle ne se pensait pas célèbre, elle entretenait des liens étroits avec Eléra dont on ne pouvait nier l'harmonie qui enflammait ses veines à chaque mouvements. Elle possédait en outre un réseau plus ou moins importants de personnes qui lui faisaient entièrement confiance. Si la mort d'Anaïel parvenait à ses oreilles, le chaos était tout simplement fini. En bref, le garde était coincé.

La pointe des oreilles légèrement rougit par l'assaut de sa haine, elle pris la parole en un grondement rauque et sinueux, rendu étrangement aérien par son sifflotement particulier. Elle riva ses yeux aux siens, y distillant tout le mépris, toute la rage, toute l'horeur dont elle était capable. Il cilla.


- Je ne te pardonnerais jamais cet offense, garde, mercenaire, ou qui que tu soit. Tu as peut-être été marchombre, autrefois, ton coeur souillé est cependant la preuve du contraire en cet instant. Mais plus que la cicatrice dont tu m'as affublé, plus que la méprisable excuse dans laquelle tu te vautre comme un porc gavé d'orgueil, plus que les sentiments que tu réveilles en moi, entrainer une âme dans les profondeurs de la tienne est un acte plus inexcusable que n'importe quel autre. Tu est vicié, putride, bouffi de haine, de froideur, de mort, cet odeur odieuse qui imprègne chacune de tes cellules, et tu voudrait imposer ceci à quelqu'un d'autre ?

Son ton avait enflé, doublé d'une indignation meurtrière, contrôlée cependant, emplissant l'atmosphère comme s'ils s'étaient retrouvés dans une bulle aux résonances envoutantes. D'une violente détente elle fit un saut périlleux arrière, s'aidant alors que son dos les cachaient à la vue d'une infime détente de ses ailes afin de la propulser sur la branche basse d'un hêtre tout jeune. Elle posa ses mains sur l'écorce, ferma violemment les yeux pour les rouvrir aussitôt, la flamme y brillant plus intensément que dans n'importe quel brasier.


- Tu es un être immonde, le chaos est une entité méprisable, une dégénérescence d'esprits torturés par leur propre insignifiance, cherchant à se venger de ce monde trop grand sur lequel ils n'ont pas assez d'impact, l'orgueil et la suffisance, voila la gangrène d'un monde que tu pourrit par tes mensonges et par tes actes ignobles. Tu n'es pas marchombre, tu ne comprends pas le monde. Et tu n'as pas le droit d'aveugler qui que se soit à la noblesse de ce qui fait saigner tes yeux par une beauté que ton âme ne supporte pas.

Sans un heurt, consciente comme jamais de ses mouvements et de l'extérieur dans lequel baignait son corps, elle se coula le long de l'arbre pour se placer exactement à l'endroit qu'elle avait quitter. Droite et fière, les yeux ardent, elle vrilla son âme, son âme de marchombre dans les yeux de la jeune fille à la peau d'albâtre, dédaignant Varsgorn d'un simple regard. Il ne fallait pas tuer, pas aujourd'hui. Jamais. Changer, elle avait vu un garde ramasser une petite fleur pour en humer le délicat parfum, ce même garde qui avait voulu détruire, une minute plus tôt, le visage de l'harmonie, le visage d'Elera. Elle avait vu des hommes s'émerveiller à la vue du soleil et des reflets qu'il allumait dans les yeux de leurs enfants, ces mêmes hommes qui, pendant les jours de pluie battaient leur femme et ces mêmes enfants. Elle avait vu la bonté, elle avait vu le mépris, elle avait vu la beauté, elle avait vu l'harmonie. Brisé. Reconstruite. Inlassablement. Un sifflement pris naissance sur ses lèvres, silencieux, tout d'abords, une onde translucide aux reflets éphémère, puis les arpèges se modulèrent comme par eux-même, le vent jouant à y créer des mélodies plus que l'inverse, et le murmure qui se cache au creux du cou pour y déposer sa caresse, c'était le chant d'Anaïel. Différent du chant marchombre. Tellement semblable. Le granit se mélait aux nuage, et l'herbe qui dansait, valsant sans le moindre cillement contre les feuilles du jeune hêtre dans son dos, modulé, il flotait dans l'air comme une chape, insolente, l'élégance de l'harmonie mariée à l'envoutant silence nappé qui venait de s'installer. C'était le reflet de son âme, la liberté qui coulait dans chacune de ses notes déclenchaient dans son dos des picotements indolents, ses ailes buttant contre la paroi du tabou. Ne pas révéler sa greffe. Changer, essayer, ne plus tuer. Changer. Son regard se posa à nouveau sur le mercenaire, un regard serein. Bien plus que le sifflement méprisant et colérique qu'elle lui adressa.


- Que vas-tu faire maintenant Varsgorn ? Vas-tu avouer à ton apprenti ta véritable allégeance en essayant de me tuer comme tu me l'as promis tout à l'heure ? Où vas-tu continuer à lui mentir, en laissant tes actes te dénoncer au fil du temps, plus insidieusement qu'en éclatant maintenant ?



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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Lun 12 Avr 2010 - 12:42

Enelyë était perdue. Varsgorn menaçait une maître Marchombre, la dénonçant comme une Mercenaire. L'être étrange à la peau bleue annonçait Varsgorn comme quelqu'un qui avait été Marchombre et disait que la jeune femme était Anaïel, une célèbre Marchombre. Et cette dernière affirmait que c'était Varsgorn le Mercenaire.

Un Marchombre ne pouvait pas être un Mercenaire. C'était tout simplement impossible, car l'Harmonie ne pouvait se marier au Chaos. Les fleurs de son esprit se fanaient, laissaient tomber des gouttes vermeilles sur un sol blanc qui se teintait de rouge. Elle posa son regard Varsgorn. Le plus chaotique entre son maître et la Marchombre, c'était lui, elle était forcée de le reconnaître. Et lorsqu'ils s'étaient raconté leur histoire, n'avait-il pas dit qu'il avait rejeté l'Harmonie ?

Non. Ce n'était pas possible. Questions, questions, pas de réponses.

Varsgorn conseilla à l'élève de repartir. Et elle ? Devait-elle partir, ou rester assister, voire participer, à un conflit qui ne la concernait pas ? Si, ça la concernait. Son maître était là, elle ne devait pas l'abandonner. Mais, et si c'était un Mercenaire ? Ne devrait-elle pas tenter de l'arrêter ?

Des questions, toujours des questions. Et jamais de réponses.

Anaïel s'était approchée d'elle et instinctivement, la Corbac avait reculé de quelques pas. Les iris flamboyants de la Marchombre la transpercèrent plus efficacement que des centaines de poignards. La dessinatrice sentait son âme mise à nue, mais elle était dans le même moment captivée par Anaïel. Une fleur reprenait vie, une fleur blanche, pure, dénuée de tout sentiment de haine ou de fureur. Elle ne faisait pas partie du Chaos, c'était une certitude. Mais comment pouvait-elle accuser Varsgorn ? Est-ce qu'elle le connaissait ?

Doute.

Enelyë aurait voulu parler. Elle aurait voulu partir. S'enfuir en courant. Mais elle était comme paralysée, tétanisée par les paroles de la jeune femme. Elle voulait voir dans les yeux de Varsgorn qu'il lui avait dit la vérité. Qu'il n'avait pas menti par omission. Elle se tourna vers lui, un air sombre, froid sur son visage. J'espère que tu ne m'as pas menti. J'espère que tu m'as dit...

- La Vérité...

Simple souffle, simple murmure. Un secret déjà éventé, déjà dévoilé. Elle mordait sa lèvre si fort qu'elle pouvait presque goûter son propre sang, sa propre vie. Il était... Quoi ? Pourtant, elle lui faisait confiance. Elle ne pouvait pas y croire. Pourquoi doutait-elle ? Elle se mit à entortiller nerveusement une mèche ébène. Noir et blanc. Contraste saississant. Le Chaos et l'Harmonie étaient-ils à l'image de cette différence ?


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 16 Avr 2010 - 17:13

Anaiel! Ce nom avait été pour lui un terrible aveu. La marchombre qu'il détestait tant ne s'était jamais présentée. Il connaissait désormais son nom. Anaiel! Oui, il avait déjà entendu ce nom prononcé. Certains mercenaires avaient déjà parlé d'elle. Peut importe qu'elle soit si connu, il la tuerait. Varsgorn était déjà mort, il était Fantôme, le revenant. On l'avait tué 15 ans auparavant. Il ne pouvait plus mourir désormais. Qu'elle s'approche, cette célébrité, elle allait finir embrochée par son épée.

Anaiel se mit à parler et ce fut un coup de massue sur Varsgorn. Non, il n'était pas touché par les paroles de cette stupide marchombre mais il savait qu'Enelye était encore derrière lui. Il la ressentait. Le mercenaire savait que ces paroles auraient un impact sur elle. Il ne pouvait se permettre de la perdre. Il l'adorait cette jeune fille. Elle était une soeur pour lui. Si elle se rendait compte qu'il l'avait trahie, elle s'éloignerait de lui pour toujours.

- Comment connais-tu mon nom, petite peste? Avoue, qui t'a dit comment je m'appelais?

Enelye prit la parole et Varsgorn oublia complètement que la marchombre connaissait son nom:

- La Vérité...

Deux mots, deux simples mots...... Un véritable coup de poignard dans le coeur de Varsgorn. Elle doutait de lui. Elle ne le croyait plus. Que pouvait-il faire? Il ne pouvait plus se faire passer pour un marchombre, cette pourriture d'Anaiel allait dire le contraire. Enelye devait s'éloigner, partir du parc. Elle n'accepterait pas. Varsgorn le savait. Elle était têtue, il l'avait déjà remarqué. Il interpella la marchombre qui continuait de se pavaner devant lui.

- Pour qui te prends-tu? Comment peux-tu juger si mon coeur est souillé ou non? Ce n'est pas à toi de juger si je suis un marchombre ou non. Une entité m'a jugé apte à obtenir une chose que seuls les grands marchombres obtiennent. Je crois me rappeler que pour vous, c'est une sorte de Dieu alors comment peux-tu remettre son jugement en cause?

Cette stupide marchombre allait-elle comprendre qu'il parlait du Rentaï. Anaiel ne s'en serait pas pris à son apprentit, il aurait gardé le secret mais là, il ne pouvait plus. Peut importe qu'elle sache qu'il possédait la greffe, elle apprendrait ce qu'était vraiment la greffe du mercenaire quand Varsgorn planterait ses lames dans son petit corps frêle.

- Ne t'attaques plus jamais à mon apprentie. Comment peux-tu dire que je l'entraîne dans les abîmes? Je la hisse plutot vers les sommets. Et contrairement à toi, je le fais avec douceur. Je ne lui inculquerais jamais les soit-disants bienfaits de l'Harmonie. Il y a bien longtemps que je n'y crois plus. As-tu dis à ton apprentit ce à quoi il s'engageait? Lui as-tu dit que pendant les 3 prochaines années, tu allais lui en faire baver? Tout décider pour lui, ne pas l'écouter quand il te dit qu'il fatigue, le forcer à travailler même quand son moral n'est pas là? Non, je suis sûr que tu n'as rien dit de tout cela. J'ensaigne à Enelye tout ce que je sais mais j'écoute aussi ce qu'elle a à dire. Tu t'engages sur la voie de l'Harmonie sans regarder autour. Ton maître t'a bien endormie, je ne vois que cette solution. Elhya Il'Dune, elle, a échoué avec moi. Je me sens bien mieux depuis que je ne vois plus. J'aurais aimé lui montrer ce que j'étais devenu sans elle.

Il aurait tant aimé tuer son ancienne maitre marchombre. Elle était morte sans lui, c'était un bon début mais Varsgorn n'était pas entièrement satisfait. Sa vengeance n'était pas totale. Il aurait aimé lui faire payer tout ce qu'il avait subit par le passé. Pendant trois ans, il avait souffert. Il avait réussit l'Ahn Ju, il avait gravit le Rentaï, sa greffe avait accepté et quand enfin, il pensait pouvoir briller dans la société marchombre, il avait été laissé parmi les Raïs. Sans les mercenaires, il serait mort déshydraté.

Anaiel avait parlé d'une allégeance. Une allégeance? Mais laquelle? Si elle parlait du Chaos, elle avait tort. Varsgorn servait les mercenaires mais les mercenaires l'aidaient aussi beaucoup. Avec le Chaos, Varsgorn était devenu puissant, craint. La Chaos était puissant, il était plus aisé de le servir que de le combattre. Ce qui se déroulait dans l'académie était bien la preuve de cette puissance. L'association de guerrier, de marchombre et de dessinateur n'avait pas réussit à repousser l'assaut des Raïs. Les mercenaires n'avaient quasiment pas combattu et le triomphe était pourtant bien là.

- Que pourrais-je avouer à mon apprentit? Je n'ai aucune allégeance, je trace ma route comme je le souhaite. N'embrouille pas l'esprit de mon apprentit avec tes mensonges, mademoiselle la célébrité.

Il avait dit cette dernière phrase avec une certaine ironie dans la voix. Le dévouement que l'être bleu avait pour Anaiel le faisait bien rire.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Lun 19 Avr 2010 - 12:26

La fureur prit naissance dans ses tripes, tout d'abord, incendiant ses entrailles de leur étreinte brûlant, puis carbonisant implacablement chaque veine qu'elle parcourait, les griffes de la haine brisant ses murailles unes à unes pour ne laisser que le vrai, le mépris, l'indignation, la colère, tout était mis à nu sur le visage bouleversé de la marchombre. Ses membres se tendirent, près à l'action, près au carnage, alors qu'elle se contraignait à grande peine à l'immobilité, il fallait cracher tout ce venin, arracher l'empreinte que le mercenaire marquait sur elle, qui lui faisait perdre les pédales. La douleur était presque physique, se retenir de détruire cet immondice lui était plus que difficilement supportable, mais la satisfaction du sang que réclamaient ses mains ne devait pas passer avant le bien des deux jeunes qui participaient à leur manière à la joute qui les opposait. La jeune fille semblait complètement perdue, et ne semblait plus savoir sur quel pied danser, croire une inconnue mais visiblement marchombre, ou faire confiance à son traître de maître ? Alors que la fureur menaçait de l'emporter, elle s'obligea à se calmer, fermant les yeux et comptant sur la proximité de l'apprentie du mercenaire pour que celui-ci ne l'attaque pas. Enfin libérée de sa vue abjecte, elle musela les pulsions qui lui dictaient de le mettre en pièce. Un grondement sourd pris naissance au fond de sa gorge, modulé par son sifflement acéré. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, ses prunelles flambaient d'un brasier qui aurait fait pâlir l'enfer, son âme rougeoyait. Son ton posé, paradoxalement, faisait ressortir avec encore plus de violence la haine qui l'habitait.

- Tu es bien stupide de croire qu'utiliser ton vrai nom pourrait passer inaperçue. Mais ce n'est pas une surprise, la bêtise semble habiter chacune de tes paroles, et les excuses ineptes sur lesquelles tu t'appuies sont aussi méprisables que tes actes, mercenaire. Le simple fait que tu emplois le vous pour qualifier les marchombre alors que précisément tu te qualifie comme grand marchombre est d'un ridicule plus que consommé.

Saisissant alors tout ce que sa phrase impliquait, Anaïel sentit un violent spasme la secouer puis remonter dans son estomac. La bile aux lèvres, un flash jaillit dans sa tête, l'instant ou ce monstre lui avait fait sa cicatrise sur l'œil. Aucun poignard alors n'était apparu. Ce mercenaire avait obtenu la greffe. Une immense tristesse submergea alors le cœur de la jeune femme, qui se sentit devenir minuscule. La greffe était un cadeau à l'aulne de la chance de parcourir la Voie : inestimable. Fallait-il que la montagne soit assez naïve pour laisser une telle chance à la merci d'un jeune marchombre arrogant comme lui ? Anaïel secoua doucement la tête, incertaine, puis murmura tout bas, comme si ses souvenirs l'avait emmenée bien plus loin que dans le désert des murmures :


- Le rentaï est une entité magnifique, une symbiose auréolée d'un savoir que ni toi ni moi, ni personne ne pourra jamais comprendre totalement. Mais ce n'est qu'une montagne, un cœur puissant, certes, mais de pierre, tellement loin des misérables consciences telles que la tienne...

Enfin, elle leva les yeux vers lui, vrillant son regard pour ne plus le lâcher, cherchant à y distiller tout le mépris, toute la haine, et toute la lassitude qu'il lui inspirait. S'il avait suivit le chemin de l'harmonie, autrefois, ce n'était plus le cas. Elle attendit qu'il ai fini sa diatribe, un léger sourire ironique au lèvre masquant mal les sentiments meurtriers qu'il faisait naître en elle. Mais elle allait se contrôler, elle voyait que la jeune fille tenait au menteur, même s'il ne le méritait pas, et elle ne pouvait tout simplement pas faire passer ses sentiments avant une jeune personne innocente qui n'avait rien à voir dans leur joute. Mais ses paroles... ses mots si violents, si aveugles... Ils lui rongeaient la tête et le ventre, pouvait-il vraiment croire tout ce qu'il disait ? Pas une fois elle n'avait songé faire souffrir quelqu'un qui lui aurait dévouer son corps et son âme, pas une fois même avait-elle songer à prendre un apprenti. Ils étaient sa couverture, le moyen d'avoir une bonne raison de rester à l'Académie sans qu'ils aient de moyens de pression sur elle. Mais il était tant d'agir, maintenant. Ne pas laisser le tableau que le mercenaire dressait pour la jeune fille gommer ses rêves d'harmonie, c'était impossible. Avec toute la foi dont elle était capable, elle distilla dans ses paroles la vérité mariée à l'élégance de l'harmonie qui coulait dans ses veines. Elle l'avait vue réagir à son murmure, elle pouvait encore être sauvée, et peut-être lui aussi malgré l'écœurement que cela lui inspirait. Dans un souffle, elle murmura, sifflotement incertains au pouvoir hypnotique, la vérité était à nue, on ne pouvait le nier.

- Non, tu as raison, je n'ai rien dit de tout cela. Et tu sais pourquoi ? Parce que jamais je ne ferais subir ça à qui que se soit. Je suis marchombre, et la voie qui coule dans mes veines ne demande qu'à être explorée. Cet apprenti n'est pas le mien, je suis libre, encore, de choisir l'élève qui m'accompagnera un temps, et si c'est le cas, ma formation ne sera jamais comme tu la décris. Et si tu écoutes tant que ça tout ce que ton élève à a dire, pourquoi tergiverse tu autant à lui avouer que tu est bel et bien un mercenaire du chaos ? Tu es un lâche, Varsgorn, un foutu lâche de mercenaire.

Son ton enflait, prenant l'ampleur, peu à peu, de l'écrasante force qu'elle tentait de museler.

- Et n'évoque plus jamais le nom de mon maître comme tu vient de le faire, où je veillerais à ce que tu ne puisses jamais plus prononcer quoi que se soit d'autre.

Rougeoyantes, ses prunelles se fichèrent dans le cœur du mercenaire pour fouiller son âme. Son incroyable sensibilité fut réduite en miette à l'instant où sa conscience effleurait l'esprit souillé de l'autre, et un instant, elle cru que le mal allait l'emporter. Qu'elle allait faillir, qu'elle allait tuer. Et pourtant... Au cœur du vortex de haine, d'arrogance, de mépris que recelaient les pensées de Varsgorn, elle pu se raccrocher à une simple chose, tellement évidente qu'elle en sursauta et perdit sa concentration. L'homme cilla. Un sourire tordu vint crever le visage de la marchombre alors qu'elle réalisait enfin que tout n'était pas perdu. Même si ses chances de changer étaient infimes, elles existaient bel et bien. Il fallait jouer, maintenant, et gagner. Sans que le sang ne tache ses mains, sans que le ne sang tache les siennes. Elle releva le menton, insolente jusque dans l'immobilité parfaite qu'elle lui offrait de voir, et porta la main à son œil pour en effleurer doucement la cicatrice fraiche. S'il fallait le pousser dans ses retranchements, elle pouvait le faire, attaquerait-il devant son apprentie alors qu'elle n'aurait pas ouvert les hostilités ? Perdu, le regard de la jeune fille virevoltait de l'un à l'autre, incertitude et expectative formant un douloureux mélange d'adrénaline et d'anticipation.

- Tu te leurres, mercenaire, ne te fais pas plus aveugle que tu ne l'es déjà. A la seconde même où les entités chaotiques qui règnent sur l'Académie apprendront que tu es l'auteur d'une faille dans leur invisibilité, ta tête sera mise à prix. Tu ne trace pas ta propre route, tu ne fait que suivre celle que le chaos trace pour toi, le nier n'est qu'une excuse de plus pour empoisonner l'esprit de ton apprentie. Ce n'est pas moi qui m'attaque à elle, c'est toi, toi qui est responsable maintenant de son trouble, du doute qui la taraude, c'est toi qui la fait souffrir par tes omissions et par tes mensonges. Essayer de faire retomber la faute sur moi n'est plus de la lâcheté, mais de l'insolence. Crois-tu vraiment qu'elle peut rester aveugle par simple amour pour toi ? L'aimes-tu si peu pour ne pas lui avouer ce que tu es, alors que le découvrir par elle-même lui sera aussi douloureux ? Allez, prend un peu ton courage, si courage tu as, à deux mains, et raconte à Enelyë pourquoi tu étais garde, pourquoi tu es devenus trésorier, pourquoi Valen est mort, ainsi que tant d'autres jeunes innocents de cette académie. Si tu as un tant soit peu de respect pour elle, raconte, maintenant.

En parlant ainsi, les risques qu'elle courait étaient mortels. Mais la passion prenait les rennes de son vouloir, et le danger n'était plus qu'un dégât collatéral à ses paroles enflammées. Il fallait amener l'esprit du mercenaire à douter, à admettre les fautes qu'il avait commis, l'amour qu'il portait à la jeune fille pouvait-il être assez fort pour lui faire changer d'allégeance ? Pouvait-il être assez fort pour que l'harmonie refleurisse dans son cœur ? Il avait été marchombre, sa greffe l'attestait, il pouvait le redevenir. Encore fallait-il qu'il le veuille. Elle fit un pas en avant. Puis un autre et, enfin, un troisième. Se rapprochant ainsi de la mort qui suintait de ses poignets. Varsgorn cilla une nouvelle fois, l'action de la marchombre l'ayant, semblait-il, tiré de ses pensées. Elle ne souhaitait pas se battre, s'était évident, ce combat ne mènerait qu'à la destruction de chacun. Alors elle imagina ce que serait le monde sans toute cette colère et cette arrogance qui le détruisait à ce petit feu qu'elle détestait tant.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Dim 25 Avr 2010 - 13:45

Il faisait beau. Le Soleil envoyait ses rayons réchauffer la nature qui voulait reprendre ses droits. Pourtant, la jeune femme aux cheveux noirs n'avait jamais eu aussi froid. Des frissons la parcourait incessamment, même si elle ne le sentait pas. Elle était juste de plus en plus perdue dans les discours de son maître et de la Marchombre. Elle n'arrivait pas à capter tout les changements dans leurs attitudes, dans leurs tons. La dessinatrice sentait juste une haine intense qui planait dans l'atmosphère, voilant toute la lumière et toute la chaleur du Soleil. Par conséquent, elle regardait juste les visages qui se faisait face, sans tenter de comprendre.

Enelyë ferma les yeux et se déconnecta de l'échange, du moment présent.

Elle revoyait ses balades avec son père, dans les bois juste à côté de chez eux. Elle revoyait la petite fille qu'elle était. Joyeuse, riante. Elle avait changé. Elle revoyait le Soleil qui faisait briller les feuilles, leur donnait une aura de pureté, qui traversait les branches pour éclairer un sentier envahi de mauvaises herbes. Elle revoyait l'étrange regard de son père lorsqu'elle avait dit qu'un jour, elle irait jouer avec le Soleil. Elle revoyait les petites fleurs blanches qui poussaient au pied de l'arbre le plus grand du bois. Un arbre mort, sans feuilles, même en été. Pourtant, il était là, il se dressait contre le temps. Enelyë l'avait regardé un très long moment, jusqu'à ce que son père la retrouve. Assise dans l'herbe, elle s'était demandé ce qu'était la mort. L'absence de vie.

La dessinatrice rouvrit les yeux, se reconnectant peu à peu au monde qui l'entourait.

Elle n'entendait que la voix d'Anaïel, chaque mot résonnant intensément dans sa tête. Varsgorn était un mercenaire. Comment Anaïel pouvait-elle mentir en ayant un air si convaincu ? Et si convaincant... Mais non, Enelyë ne devait pas tomber dans le piège. Son maître ne pouvait pas être un mercenaire du Chaos. Elle ne pouvait pas le croire. Ou elle ne le voulait pas, mais cela revenait au même. Elle voulu parler, mais il semblait que ses mots veuillent rester dans sa gorge. Paralysie. Son corps refusait de lui obéir. Ses mains, ses bras, ses jambes, rien ne voulait bouger. Seuls ses yeux pouvaient encore suivre l'échange entre son maître et la Marchombre. Mais cela lui suffisait amplement.

Enelyë ne voulait pas comprendre.

Elle essaya de reprendre le contrôle de son corps. Elle se demandait aussi ce qu'elle ferait si jamais ils se battaient. Elle respirait de plus en plus fort, comme si sa respiration voulait s'arrêter. Pourtant, ce n'était que l'effet du dialogue qui faisait ça. Même si elle ne comprenait pas tout, elle sentait bien ce qui se passait. Ce n'était plus qu'une question de temps avant le combat. Quelques minutes, tout au plus. La dessinatrice était prête à s'enfuir. Sans penser une seule seconde que ça pourrait être de la lâcheté, elle pensait plutôt à se protéger si ça devenait un peu trop dangereux.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Jeu 13 Mai 2010 - 18:50

Enfin! Varsgorn avait trouvé une faille dans le bouclier d'assurance de la marchombre. Elhya Il'Dune. La maître marchombre. Sa maître marchombre. Leur maître marchombre. Lentement, il baissa son épée. Lentement, il s'approcha d'Anaiël. Lentement, un sourire se dessina sur ses lèvres. Il jubilait, plus rien ne comptait pour lui. Il ne voyait plus qu'Anaïel devant lui. Il avait oublié la présence de son apprentie. La joie l'avait remplit totalement.

- C'est Elhya qui t'a formée? Quelle ironie! Ainsi donc c'est à cause d'elle que tu es là devant moi. C'est à cause d'elle que tu m'as fait cette cicatrice? Elle m'a pourrie la vie pendant 3 ans. Ce que je suis devenu aujourd'hui, je ne le dois qu'à moi. Tout l'enseignement marchombre que j'ai reçu, j'aurais aimé l'oublier. J'aurais tant aimé lui montré ce que je suis devenu sans qu'elle ne soit derrière moi. Dommage qu'elle soit morte avant que je ne sois de retour dans cette académie. Mais après tout quand on dis pour l'occasion: Paix à son âme. Elle le mérite même si j'ai vécu trois terribles années auprès d'elle.

Anaiël vivait mal ce qu'il disait sur Elhya. Il le voyait. Elle n'arrivait pas à cacher les rictus sur son visage. Il sentait la colère monter en elle. Les rôles n'étaient plus les mêmes que quand ils s'étaient affrontés près de la cascade. Ils étaient inversés. C'était lui qui jouait avec la marchombre. Varsgorn voyait bien la colère qui montait chez Anaiël. Elle se controlait encore mais il ne faudrait pas longtemps pour qu'elle éclate, comme lui lors de l'altercation musclée à la cascade. La colère n'était pas une amie. Elle pourrissait l'esprit. Elle aveuglait. S'il avait faillit mourir à la cascade, c'est à cause de sa colère. Il avait vouler tuer Anaiël. Il n'avait plus réfléchit. Il avait été aveuglé par son idée de vengeance. Il avait échoué. Aujourd'hui, il ne laisserait pas tomber sa chance. Il allait la tuer.

- Tu adores tant Elhya? Elle a donc réussit à t'endoctriné. L'Harmonie est une doctrine. Les meilleurs maitres marchombres sont ceux qui sont capables d'endormir l'esprit de leur élève. Depuis que j'ai été laissé pour mort au milieu des cadavres de Raïs, j'ai ouvert les yeux. Je ne suis plus marchombre. Elhya Il'Dune a échoué avec moi. J'aurais aimé la tuer, la faire souffrir, lui faire payer tout ce qu'elle m'a fait subir.

Il s'approcha encore un peu d'Anaiël. Il avait encore son arme à la main, poing fermé, mais elle était désormais le long de son corps. L'épée n'était plus pointée vers la marchombre. Il jouait avec elle. Il tendit la main gauche, la main qui ne tenait pas l'épée. Doucement, il caressa la joue de la marchombre.

- Alors jeune fille, tu me détestes, n'est-ce pas? Je sens que tu aimerais me tuer. La colère monte en toi, je le sais. Tu veux venger Elhya, me faire ravaler mes insultes. Mais viens, je n'attends que ça. Petite chose, je te tuerais avec plaisir.

[S'il y a des problèmes dans le post, envoie moi un MP, je sais qu'il y a quelques trucs qui pourraient etre changé, notamment la caresse sur la joue ^^ ]


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Jeu 27 Mai 2010 - 9:58

(désolé, c'est un peu court, mais je voulais faire avancer le schmilblik...encore désolé d'avoir tardé)

Ouch ! s'attaquer au maitre Marchombre d'Anaïel...
Ce type était soit stupide, soit très, très courageux.
Enfin, vu la façon dont il s'approchait de la Marchombre, il devait surtout être très stupide.

N'empêche, Lorek ne savait pas quoi faire.
Devait-il intervenir maintenant, ou attendre encore un peu ? D'un coté, Anaïel ne semblait pas vraiment vouloir se battre. Et si elle ne l'avait pas encore attaqué, c'était surement par ce qu'elle était sure de gagner.
D'un autre point de vue, la Marchombre avait prévenu a plusieurs reprises Varsgorn: C'était dangereux de la tuer. Ses copains du Chaos le prendraient mal. Mais le Mercenaire continuait d'avancer vers Anaïel, et sa caresse était pour Lorek la pire des agressions.

Il fallait se décider.

Le jeune Marchombre ne valait rien s'il était seul face a Varsgorn. Avec l'aide d'Anaïel ce serait plus facile. Mais la Marchombre restait dans une attitude défensive. Lorek en conclut que dans le cas ou Anaïel passerait a l'attaque, ou si le Mercenaire devenait agressif au point qu'Anaïel soit obligée de se défendre, il passerait a l'attaque. Pour l'instant, il pouvait attendre encore un peu.
Par contre, il restait le problème de l'apprentie de Varsgorn. Si son maitre passait a l'attaque, l'aiderait elle ? Ou était elle trop déstabilisée ? Si jamais elle suivait Varsgorn, Anaïel aurait un peu plus de mal. Lorek en tira donc une conclusion: Au cas ou l'échange deviendrait violent, si l'apprentie ne bougeait pas, il aidait Anaïel contre son vieil ennemi. Si la fille bougeait, il s'occupait d'elle.

Sans bruit, Lorek descendit d'une branche, prêt a Bondir.

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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 4 Juin 2010 - 17:28

Oui, c'était vrai, elle aurait aimé le tuer. Le déchirer. Le broyer. L'anéantir. Le massacrer. Lui faire ravaler ses paroles pour l'étouffer avec, lui planter quelques poignards dans les veines, une boule de ronce dans la gorge et pourquoi pas agrémenter le tout d'une langue et de quelques doigts tranchés. Ses paroles résonnaient en elle en gongs meurtriers, les arrêtes de ses mots la blessant plus qu'elle ne pouvait le supporter, et la prudence qui se cache. lui voler sa vie, était-ce pourtant si important ? Si elle n'avait pas déjà eu la nouvelle de la mort d'Elhya, jamais elle n'aurait pu rester ainsi immobile, se muselant pour ne pas lui sauter à la gorge, le trucider lui aurait alors paru comme la meilleur des choses à faire. Mais elle avait déjà pu réfléchir à tout ça, et si pour le moment son aversion pour lui était telle qu'elle y aurait laissé la vie, elle avait encore la force de luter pour ne pas revenir sur la promesse qu'elle s'était faite. Une promesse de bien, une promesse de pulsions brisées contre la forteresse de sa volonté. Elle avait fermé les yeux, refusant au monde le droit d'y voir ces sentiments affreux qui lui tordaient le coeur, il ne fallait plus détruire. L'apprentie était toute proche, l'esprit perdu, elle le sentait, maintenant qu'elle ne voyait plus. Quel monstre était-il donc pour infliger cela à une fille qu'il souhaitait aimé ? Parce qu'il l'aimait, à sa manière, elle l'avait sentit aussi, à la façon dont ses yeux avaient brillé de peur. Elle ne l'avait jamais vu avoir peur, même lorsqu'il allait mourir, même lorsqu'elle avait évoquer sa mort, même lorsqu'elle l'avait cloué de ses prunelles incandescentes où brûlait le feu du monde. Mais il avait été effrayé. Effrayé à l'idée que son apprentie apprenne la vérité et s'éloigne de lui. En cela seulement s'ouvrait la seule chance de salut d'Anaïel, l'unique chance de salut du mercenaire du chaos.

Alors qu'elle se concentrait pour ne pas perdre le fil, pour ne pas tâcher son esprit, elle sentit le pas de Varsgorn résonner. Le sol semblait vibrer de sang, le pas suintait la suffisance et l'arrogance, la violence en sublimant le sens comme pour en affuter encore et encore leur mortel effet. Immobile jusque dans la moindre de ses pensées, Anaïel ouvrit les yeux. Immédiatement ses prunelles s'ajustèrent à la nouvelle promiscuité de l'autre, tandis qu'un tressautement vrillait ses muscles pour les forcer à bouger, à happer ce cou puissant pour y planter les crocs. Mais elle ne bougea pas. Pas encore. Sur de lui, la victoire s'affichant sans retenu sur ses traits haïs, il avait baisser sa garde, la pointe de l'épée effleurant le sol de ses dents souillées. Un pas, encore, et les paroles qui vibrent de tout côté, l'inquiètude qu'elle sentait croissante chez les deux apprentis, puis sa haine qui menaçait d'exploser. Ses prunelles flamboyantes s'embrasèrent de nouveau, l'écarlate se mariant au sanguin, l'aniline à l'instinct, le vortex était happant, la menace grandissante, la violence létale, frangés d'obscurité ses yeux étaient le portail de sa haine survoltée.

Jamais elle n'aurait cru pouvoir se retenir assez pour le laisser s'approcher si près d'elle. Sa bulle de protection crevée lacérait encore son esprit et son corps de coups de cutter meurtriers, alors qu'un pas, puis un autre, puis un derniers menacèrent de trancher ses résolutions comme du papier. Secouée encore par ses paroles minables et par l'outrecuidance de faire porter le fardeau de son avenir macabre sur le dos d'Elhya, elle tremblait de tous ses membres, la tension les nichant en nœuds de férocité extrême. Il jouait sa vie. Alors il se permit l'acte le plus insensé qu'elle pu imaginer. Un instant, elle se vit de l'extérieur, déconnectée de son esprit, son corps n'arrivais pas à accepter l'inacceptable. Puis, en un aller et retour vertigineux, elle retrouva son corps. Son corps meurtrit. Son corps anestésié. Son corps crevé. Une douleur atroce rayonna de la mains que le mercenaire avait posé sur sa joue, alors qu'elle devenait animal, le sang voila ses prunelles et elle bougea. Si vite qu'aucun ne pu voir clairement le mouvement qu'elle accomplit, le temps ralentit sembla se tordre et s'accélérer alors qu'un hurlement effroyable retentit, comme pour combler le vide qui les avait happé. Varsgorn hurlait, le sang de sa main déchiquetée éclaboussant l'herbe et le visage d'Anaïel, alors que le majeur et l'index de sa main disparaissaient dans la gueule de la marchombre en furie.

Le sang martela sa gorge, alors que, enveloppe incertaine de haine et de fureur, elle mordait de toute la force de ses puissantes mâchoires entrainées à déchirer, les doigts qui avaient osés l'effleurer. Canalisant l'intensité meurtrière de ses crocs, elle accentua encore un peu la pression de ses incisives et de ses canines, pour arriver à ses fins. Fin dénouée par un craquement écœurant qui résonna dans l'air comme un coup de pistolet. Dans le même temps, la marchombre vrilla son corps pour contrer la remontée perfide de la lame d'acier, tout en balançant son poing compacté dans l'entrejambe du mercenaire, de toute sa force augmentée par la hargne. L'épée, au lieu de l'éventrer ne lui laissa qu'une légère estafilade sur le flanc, qu'elle ne senti pas, alors qu'elle bondissait vivement par dessus le supplicié en une pirouette violente et saccadée. Le son sourd du corps de Varsgorn butant contre terre ne la sortit pas de sa transe animale, et lorsqu'elle se retrouva face à l'apprentie, le brasier de ses prunelles était meurtrier, empreint d'une violence hideuse et sauvage, sa joue bafouée interposant ses sentiments à la raison qui s'enfuyait.

Le temps s'arrêta. Une seconde, une éternité ? Les yeux dans les yeux, les deux jeunes femmes se regardaient. Les prunelles de l'autres, obscures, apeurées, vibrantes d'appréhensions et de vérités éventrées, lui volaient sa fureur et sa haine comme l'eau s'écoule d'une bonde béante. Envoutée, épuisée, Anaïel fit un pas en avant, puis un deuxième. Le monde ne parvenait plus à ses oreilles, et lorsque Varsgorn se releva, une grimace hideuse sur le visage, elle ne l'entendit et ne le vit pas. Les pupilles d'Enelhyë se dilatèrent, un instant, mais elle n'y prêta pas attention. Elle tendit la mains vers le visage de la jeune fille.

Et le sang perla.



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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Ven 4 Juin 2010 - 18:10

Les mots. Leur pouvoir. De simples mots pouvaient donc blesser autant ? Oui, c'était évident. A ce point ? Susceptible, la marchombre, aurait dit la dessinatrice. Alors qu'elle-même devait l'être autant.

Enelyë n'avait pas compris toute la discussion. De toutes façons, elle s'était peu à peu renfermée sur elle-même, se déconnectant de l'instant présent comme quelques instants auparavant. Mais cette fois, elle souhaitait juste rester hors du temps pendant que le combat s'annonçait, inévitablement, et pendant qu'il se déroulerait, fatalement.

Courir. Elle aurait voulu s'enfuir, partir loin de tout, de tout le monde, calmer les élans de son coeur. De sa peur. Mais tout son corps, paralysé, lui interdisait de bouger, ne serait-ce que le moindre doigt, ne serait-ce que la moindre paupière. Seuls ses cheveux bougeaient, soufflés par le vent qui ne la faisait pas trembler.

Involontairement, elle se remit en contact avec ce qu'elle ne voulait pas voir. Comme si, malgré toute sa volonté, une force bien supérieure lui offrait de voir, et que son envie d'être aveuglée sonnait comme un refus du don qu'on lui donnait. Un refus qui se changerait pour elle en une sorte de malédiction.

Enelyë ne comprit pas l'enchaînement des événements.

Une main caressant une joue. Un hurlement masculin. Une substance rouge, visqueuse, dégoulinante sur l'herbe, tachant le visage de la marchombre. Furie. Une sauvagerie incontrôlée, incontrôlable. Elle laissa tomber Varsgorn, et déjà elle se retrouva devant la Corbac.

Les yeux dans les yeux. Les yeux d'Enelyë, noisettes, reflet de son incompréhension, qui se changea lentement en peur lorsqu'elle croisa le regard flamboyant de l'autre. Littéralement.

Un instant, elle se mit à respirer, comme si elle s'était retenu longtemps, en voyant le brasier qui, en quelques sortes, s'éteignait. Ce fut bref.

Soudain, une douleur parcourut le corps de la dessinatrice. Elle ne sentit pas la douceur de la main qui touchait sa joue. Un poignard s'était fiché dans son épaule, venant sans aucun doute du mercenaire qui était encore étendu par terre quelques instants auparavant. Du sang dégoulinait dans son dos, le mal la fit se tordre. Elle tomba, incapable de retenir la douleur qui s'échappait, passant de son dos à son cerveau en un temps record. Elle ferma les yeux. Elle fuyait, tout simplement.

Le noir. Aucune sensation ne venait la troubler. Sa vision s'était finalement éteinte, son ouïe ne fonctionnait plus, aucune odeur ne venait la déranger, sa peau n'était gênée par aucun voile, sa langue ne connaissait aucun goût, aucun dégoût non plus. Elle était bien. Déconnectée.


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MessageSujet: Re: Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]   Dim 6 Juin 2010 - 0:31

Douleur! Intense douleur! Anaiel était sortie de sa torpeur et elle l'avait mordu. Mordu? C'était un mot bien faible. Elle lui avait brisé les doigts. Il n'avait plus de doigts, ce n'était plus que de la souffrance au bout de sa main. Il n'arrivait plus à bouger ses doigts. Il s'était effondré sous le poids de la douleur. Il était resté quelques secondes seulement à terre mais quand il surmonta sa douleur pour faire face à son adversaire, elle avait disparue. Elle n'était plus là. Avait-elle fuit comme la dernière fois? Il se retourna pour voir son apprentie. Une vision d'horreur. Anaiel était là, devant Enelye. En un rien de temps, Varsgorn oublia sa douleur. Seule Enelye comptait. Il devait la protéger. Il s'empara de l'un de ses couteaux.

- Ecarte-toi, cette affaire ne la concerne pas. C'est entre toi et moi, hurla-t-il.

Il lanca son couteau. Toute la fureur qu'il ressentait, il l'avait mise dans ce lancer. Mais ce qui se passait après, ce n'était pas du tout dans ses prévisions. Le couteau, il le vit au ralentit. La lame mit un temps interminable à arriver à sa cible. La trajectoire lui apparu alors devant les yeux. Il avait mal visé. Et Varsgorn voulut hurler mais aucun son ne sortit de sa bouche. Le couteau écorcha l'épaule de la marchombre, mais il continua sa route. C'était Enelye qui était désormais la cible du couteau. Elle ne pouvait pas s'écarter, elle n'était pas assez rapide. La lame pénétra la peau de la jeune Corbac. Le sang se mis à couler. L'horreur. Le désespoir s'empara de Varsgorn. Il n'avait jamais ressentit cela. Même quand son père était mort, il n'avait pas été aussi peiné. Le mercenaire se leva et il fonça vers son apprentie qui était à terre. Il poussa sans ménagement Anaiel. Elle ne bougeait plus, mais elle respirait encore. Il sentit que la marchombre s'approchait de lui.

- Va-t-en. Laisse moi tranquille. Si tu veux te rendre utile, tue moi. Je ne mérite pas de vivre.

Tout était de sa faute. Enelye était inconsciente dans ses bras et c'était de sa faute. C'était son propre couteau qui était plantée dans le corps de son apprentie. Sa folie. Le Chaos. Sa faute. Il avait blessé sa protégée. Sa raison de vivre depuis qu'il était de retour à l'académie de Merwyn. Il éclata en sanglots. Il y avait longtemps qu'il n'avait pas pleuré. Plus de quinze. Depuis qu'il était mercenaire, ses larmes n'avaient plus coulé. Il devait agir. Eoliane, c'était la meilleure solution. Les reveurs ne se souciaient pas de l'allégeance de leur patient. Enelye pourrait être soignée.

[Anaiel, si tu ne trouves pas d'idées pour continuer, je mettrais fin au rp en rajoutant qu'il part pour eoliane ^^]


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Méfiez vous d'un tueur désarmé, il ne l'est pas forcément

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Deuxième round (du sang du sang !!) [Terminé]
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