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 Cour Marchombre n°1 [Terminé]

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Marchombre
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MessageSujet: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Sam 30 Jan 2010 - 23:16

Dehors, le tonnerre grondait.

Dedans, une silhouette se glissait dans le dortoir des enfants du feu, son ombre jouant sur les murs alors que ses pas riaient du silence de la nuit. Elle s’arrêta au centre de la salle, les visages endormis l’entourant de toute part, les soucis d’un rêve oublié au matin formant un pli sur le front de l’un, le sommeil effaçant les traits habituellement tirés d’un autre, une couverture cachant le visage d’un dernier pour ne laisser apparaître qu’une main déposée sur l’oreiller. Deux des figures endormies attirèrent l’attention de la Marchombre en particulier ; l’une, parsemée de tâches de rousseur, était emportée par un sommeil léger qui n’effaçait pas tout à fait ce qu’elle était au réveil. L’autre était entourée d’une cascade de cheveux bruns qui ondulaient sur les draps, laissant échapper le bout d’une oreille pointue qui remua une ou deux fois. Elera fit chanter l’air près des deux jeunes filles, ses doigts pianotant sur les matelas pour les tirer du sommeil sans causer l’éveil des autres. Lorsque leurs yeux furent fixés sur elle, Elera porta un doigt à ses lèvres, au moment même où un éclair claquait au dehors. Puis elle leur fit signe de les suivre, et sortit des dortoirs.

Elle guida sans tarder ses deux apprenties dans les couloirs, hochant la tête alors qu’elle croisait un garde, s’arrêtant une seconde aux intersections avant de repartir. Elles arrivèrent bientôt au portique ouest ; ici, le toit les protégeait un minimum de l'orage, mais le passage était ouvert et les éléments balayaient librement le passage. Le vent hurlait entre les colonnes, et la pluie martelait les dalles avec toujours plus de force. Au loin, le tonnerre gronda à nouveau. Sans prendre compte de la tenue de ses apprenties ni du fait qu’elles n’avaient pas eu la moitié d’une nuit pour se remettre de la journée de la veille, Elera s’avança, avant de s’arrêter au milieu du passage. Au milieu du Vent, de la Pluie et de l’Orage… Elle aimait les premières tempêtes printanières. Celles-ci avaient un goût de pollen, de sel et de contrées lointaines. Elles remontaient du sud, pour mieux s’engouffrer dans le col des Frontières de Glace, avec une fougue que les blizzards et les longues journées à regarder la neige tomber n’avaient pas… Celles-ci apportaient le renouveau, noyant l’inertie de l’hiver sous leur furie pour mieux laisser la place aux premières pousses. Doucement, son uniforme de professeur se tâchetait de goutelettes, alors qu'elle restait là, immobile, sans en prendre compte.

Elle n’expliqua pas ce qu’elles faisaient là aux deux jeunes filles auxquelles elle venait de voler une nuit de sommeil. Ce n’était pas la peine ; elles avaient dû deviner dès les premiers instants que si la Marchombre demandait à ce qu’on la suive, leur premier cour marchombre allait avoir lieux. Elle n’expliqua pas pourquoi ici et pourquoi maintenant, alors qu’elles auraient été bien mieux au chaud en fin d’après-midi pour discuter philosophie Marchombre et échanger les questions et réponses qui tournoyaient dans leurs esprits. Elle ne les présenta pas l’une à l’autre, non plus ; cela viendrait plus tard, si les deux jeunes Felixia ne s’étaient pas déjà rencontrées. A la place, elle posa ses questions, deux artifices détonnants, qui claquèrent dans le vent entre foudre et grondements :

- Pourquoi les hommes dorment-ils la nuit, et pourquoi ne sortent-ils pas lorsqu’il pleut ?

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Marchombre
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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Lun 1 Fév 2010 - 18:52

Le soleil réchauffait le ponton sur lequel une jeune fille d'une dizaine d'années était assise, les pieds dans l'eau, et qui jouait avec une coccinelle. La coccinelle trottinait sur ses doigts, la chatouillant avec ses minuscules pattes qui s'accrochaient à sa peau.
Devant elle coulait le Gour, qui n'était encore qu'une petite rivière qui deviendrait, au fil de son parcourt, un fleuve majestueux. Certes, pas autant que le Pollimage, mais quand même immense.
Derrière elle se trouvait la maisonnette de ses parents adoptifs, Enéola et Zanor, respectivement en train de s'occuper d'un siffleur malade et de pécher. Le fillette se leva pour aider sa mère qui bandait la jambe du siffleur qui se débattait. Bizarrement, la jeune fille entendit soudain un léger sifflement, accompagné de petit bruit qui produisaient le même son que si quelqu'un tapait doucement sur une surface molle. Le bruit se fit de plus en plus fort, de plus en plus insistant et quand elle ouvrit les yeux, Lya vit de grands yeux violets penchés sur elle. Adieu soleil éclatant et mère attendrit, Lya comprit immédiatement que l'heure de son premier cours marchombre avait sonné.
Comme pour l'approuver, un éclair aveuglant éclaira soudainement le dortoir des Félixias. La jeune femme se leva prestement. Elle aperçut une deuxième silhouette, qui se levait en même temps qu'elle du lit voisin au sien. Sans poser de questions (Ce qui est très très très inhabituel ) Lya suivit Elera qui entraina les deux jeunes femmes dans le couloir, sans même leurs laisser le temps de se vêtir autrement que d'une simple chemise de nuit, pour les mener jusqu'au portique ouest.
Les questions se bousculaient dans le tête de Lya. Qui était la fille au longs cheveux bruns qui les accompagnaient? Quel heure était-il? Pourquoi Elera les emmenaient-elles dehors, en chemise de nuit, alors qu'il pleuvait, qu'il faisait nuit, et que l'orage grondait? Non pas que La jeune femme n'aimait pas l'orage, ni la nuit. Elle adorait ces deux éléments, qui lui procuraient un sentiment de toute puissance et qui l'étourdissaient de leurs charmes. Par contre, la pluie, elle détestait. C'était mouillé, froid, presque visqueux et ça n'avait rien de beau. Néanmoins, la jeune Félixia ne dit rien, attendant que son Maître parle la première. Ce qu'elle ne fit pas. Au contraire. Comme pour les embrouiller encore plus, Elera s'avança dans la chaos des éléments déchainés Désolé, j'adore dire ça!!! et laissa la nuit l'engloutir et la pluie s'accrocher à ses vêtements, la recouvrant petit à petit de taches humides et froides. Voyant qu'elle ne bougeait pas, Lya laissa vagabonder ses pensées. Ses parents adoptifs lui manquaient. Le rêve dont elle venait d'être tiré le prouvait. Et il y avait de quoi. Elle ne les avait pas revu depuis plus de trois ans, et elle les avait quitté sur une colère idiote, les accusant de quelque chose dont ils ne pouvaient rien. En plus...


- Pourquoi les hommes dorment-ils la nuit, et pourquoi ne sortent-ils pas lorsqu’il pleut ?

La phrase prononcé par Elera l'avait sortie de ses pensées aussi bien qu'elle l'avait fait quitter sont lit quelques minutes plus tôt. Non, pas la phrase, la question. Et qui dit question dit réponse. Comment donner une réponse à une question aussi... superficielle? Lya réfléchit un instant. Peut-être que la fille qui était à côté d'elle allait répondre avant, ce qui l'arrangerait, puisqu'elle ne trouvait rien à dire. Enfin rien d'autre à répondre que ce qu'elle pensait, c'est à dire une réponse adéquate pour une question comme celle-la, une réponse que n'importe qui donnerait. Mais Lya ne devait pas donner une réponse que n'importe qui donnerait. N'importe qui n'était pas apprentie Marchombre et si elle était la, c'était bien pour quelque chose.

*Tant pis. Je suis la pour apprendre. Si ce que je dit et faux, je n'en mourrais pas et heureusement.

Aussi, étouffant un bâillement, clignant fortement des yeux à cause d'un nouvel éclair aveuglant, et essayant de se protéger de la pluie qui réussissait à s'incruster sous le portique, Lya lança assez fort pour qu'Elera l'entende malgré le tambourinement de la pluie:

-Les hommes dorment la nuit, parce que les hommes ont toujours dormit la nuit. Mais peut-être aussi parce que c'est le meilleur moment pour que leurs rêves viennent les tirer de la réalité pour les emmener au pays des songes. Quand à la pluie, les hommes ne viennent pas à sa rencontre et se cachent d'elle, car elle est mouillée et froide, et personne n'aime avoir froid.

Voila, son petit "discourt" était terminé, et Lya détacha son regard de nuit de son maître pour se tourner vers l'inconnue à côté d'elle, qui elle l'avait compris, était aussi une apprentie d'Elera.





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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Mer 3 Fév 2010 - 21:38

Athesto agita une oreille dubitative. Elle n'ouvrit pas les yeux. Pourquoi son père voulait-il qu'elle se lève? Pourquoi se contentait-il de tapoter son oreiller au lieu de lui bondir dessus en éclatant de rire pour tenter de la faire sortir de sous sa couette, comme d'habitude? Il faisait encore nuit, elle s'en doutait; et dehors, sur le toit, elle entendait parfaitement le ciel organiser un remix du déluge. Ils n'allaient quand même pas partir maintenant? Pour affronter une pluie délirante et finir trempés au bout de cinqs minutes... Quel intérêt ? L'esprit stoppé à l'arrêt –je ne suis pas encore sortie du monde des rêves-, elle mit un certain temps à se rendre compte de l'ampleur de la bêtise qu'elle venait de proférer.

Un toit.

Ils vivaient dans une tente.

Il y eut alors un mouvement sur sa droite, un bruissement de corps chauffé par le sommeil qui se tire hors de son lit; et elle comprit. Elle était à l'Académie. Et la personne qui osait venir la réveiller était sûrement... –Elle ouvrit un œil, puis l'autre- Elera.

La Demie Faëlle parut soudain bien plus réveillée et bondit sur le sol sans trop de bruit. –Du moins, autant de silence nécessaire au bon sommeil de ses convives de dortoir. Un éclair illumina la pièce et permit à Athesto de distinguer le visage de l'autre Felixia. Elle ne lui rappela rien. Elle ne se souvenait même pas l'avoir croisée dans le dortoir ou la salle commune, ce qui était plutôt étonnant. Si elle était éveillée elle aussi; alors c'était sûrement une apprentie marchombre. Comme elle. Et si Elera els avait toutes deux arrachées à leurs rêves respectifs, c'était qu'était venu le temps d'un premier cour Marchombre.

Elles sortirent de la pièce sur un geste d'Elera et Athesto, habituée par son père à des horaires innommables et énergisée par tout cet imprévu, ne jeta pas un regard de regret vers son lit confortable, moelleux à souhait, à son oreiller épais et à sa couette si douce, à sa promesse de chaleur et de rêves extraordinaires, de repos et de calme et... Elle poussa un petit soupir et rattrapa les deux autres, qui filaient dans les couloirs sans l'attendre.

S'en suivit alors une déambulation étrange que l'esprit embrumé de la jeune apprentie marchombre n'essaya pas d'élucider. Les deux apprenties suivaient leur maître qui, déchaîné, les entraînaient de couloir en couloir vers un lieu incertain. Athesto, jetant un coup d'œil par la fenêtre, se surprit à prier qu'elle ne les emmenait pas dehors.

Raté.

La marchombre venait de se stopper devant ce que tous ici appelaient le portique Ouest. Il y avait bien un toit mais le passage était balayé par les vents et la pluie et l'orage et le froid et le tonnerre et les éclairs et Athesto se mit à frissonner. Elle n'était vêtue que d'une sorte de chemise et d'une sorte de collant en guise de pyjama. Et elle avait froid. Elle retint ses tremblements, peut-être par orgueil mais certes plus certainement pour ne pas abandonner une miette de son énergie au profit des intempéries.

C'est pourquoi, quand Elera et l'autre apprentie parlèrent, elle leur accorda toute son attention.

La question était singulière; la réponse se devait de l'être tout autant. Celle de l'autre apprentie paraissait logique, et Athesto était d'accord avec elle; néanmoins, elle pensait que quelque chose de plus venait s'ajouter à ses arguments. Elle tenta une réponse.

-Humains dormir la nuit et ne pas sortir quand il y avoir tempête parce que eux avoir été modelés pour cela par nature et gens autour d'eux.

Elle enchaîna :

-Si homme dormir jour et vivre nuit, lui devenir fou car il avoir besoin de lumière chaleureuse du Soleil pour vivre; et comme il être seul à faire ça, il ne jamais voir monde pour et il finir fou peut-être. Humain certainement vouloir faire comme tout le monde qui dormir la nuit car il penser que seulement cela pouvoir rendre lui Heureux.

Elle reprit son souffle et continua :

-Si il ne pas aimer pluie, ce être parce que nature avoir dicté que pluie rendre eux malade et donc parfois morts. Eux ne pas vouloir mourir alors Peur arrêter eux au pas de la porte.

Puis, elle les dévisagea, et ses lèvres s'étirèrent dans un semblant de sourire qui dévoila ses dents éclatantes.

-Mais ils apparemment exister gens assez fou pour ne pas dormir cette nuit et patienter devant tempête...



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Marchombre
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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Lun 8 Fév 2010 - 21:19

Elera observa attentivement ses apprenties. Lya, les questions tournant encore dans son esprit et dansant sur son visage, essayant de prendre le pas sur la fatigue. Elle était heureuse que celle-ci soit prête à continuer, malgré les doutes et la présence d’une autre apprentie… Athesto, ensuite, entièrement éveillée maintenant qu’elle avait compris ce qui se passait, le réveil inattendu courant dans ses veines comme toute autre surprise. Excitation au cœur de la nuit. Mais ni l’une ni l’autre ne semblait vouloir la passer dehors… Un sourire s’afficha sur le visage d’Elera. La pluie était son amie, et elle serait bientôt celle des deux Felixias aussi. Alors elle écouta les mots soufflés entre vent et eau, laissant l’essence de leurs réponses s’imprégner en elle. Des réponses justes, et d’autres qui l’étaient moins… Equilibre. Elera reprit la parole.

- Vous avez raison. Parce qu’il en a toujours été ainsi, et qu’ils ont appris – apprendre - à le faire… Les hommes ont vu, voir, que la nuit était noire, et ont imaginé qu’il fallait l’éviter. Ils ont senti que la pluie était désagréable, et ils ont imaginé qu’il fallait lui échapper. Puis ils ne sont jamais aller voir plus loin, et n’ont jamais découvert, de découvrir, la beauté de l’orage nocturne… Ils se sont enfermé eux-mêmes derrière des habitudes ancrées si profondément en eux qu’ils ne pensent même plus qu’il soit – être - possible de les changer.

Elle fit une pause, sa langue humectant ses lèvres déjà humides, avant de reprendre doucement :

- Vous ne mourrez pas de quelques gouttelettes coulant sur votre peau. Ni de quelques heures aveugles. Alors vous allez désapprendre. Défiler la toile de vos habitudes, pour qu’il ne reste plus que la liberté… Celle que certains appellent folie, oui.

Elle sourit à Athesto, puis se tourna vers ses deux apprenties tour à tour, commençant par Lya.

- Lya, va donc dormir sur une pierre au soleil, un jour, en début d''après-midi lorsqu'il est au plus haut. Puis viens me dire si le pays des songes est moins beau sous le soleil que sous la lune… Athesto, toi, tu iras – aller - écouter la nuit et observer son âme. Puis tu reviendras me dire si tu as besoin du soleil pour être heureuse…

Etrange, comment les deux Felixias avaient interprété sa question de deux manières contraires et complémentaires. Lya, pensant que les hommes dormaient la nuit car dormir le jour était moins facile ; Athesto, pensant que les hommes vivaient le jour car vivre la nuit était moins pratique… Deux points de vue à première vue contradictoire pour au fond en venir au même cycle logique. Cycle qu’elles allaient bientôt briser… en commençant par faire ce qu’Elera venait de leur proposer, pour ensuite lui ramener une réponse, unique, qui pouvait être différente de la sienne… Un regard pour savoir si ces apprenties avaient compris, attendant les questions qui viendraient peut-être, puis elle continua.

- Le Marchombre est Volonté. Il ne laisse pas la Nuit ou la Pluie lui dicter sa conduite. Il ne dépend – dépendre - pas des événements qui forment la toile de la vie, mais trouve sa place parmi elles, pour que jamais elles ne l’empêchent d’être lui-même et d’agir comme il le souhaite. Les intempéries n’ont pas d’emprises sur lui. Elles le touchent, elles l’effleurent, elles dansent avec lui, mais jamais elles ne changent son être. Face à un obstacle, le Marchombre n’essaie pas de le détruire, mais change sa courbe pour arriver malgré tout là où il souhaitait aller. Et pour cela… il lui faut être Volonté.

L’aspect théorique, d’abord. Tellement impalpable au début, tellement incompréhensible à l’initié… Mais après les premiers pas sur la Voie, ils prenaient alors toute leur ampleur, les mots se synchronisant sur les gestes pour ne faire plus qu’une vérité. Elle regarda à nouveau Athesto, finissant la phrase qu’elle avait commencée plus tôt :

- Les Marchombres ne sont pas seulement assez fous pour patienter devant la tempête, mais aussi pour marcher au milieu des maelströms.

Puis, avec un sourire malicieux qui ne présageait rien de bon pour les deux jeunes filles frissonnant de froid, elle leur donna enfin leur exercice :

- …Allez danser avec l’Orage.

Et elle entra dans le clos d’exercices, son uniforme déjà trempée, le vent soufflant en sens contraire essayant de l’empêcher d’avancer, ses pieds nus – elle n’avait pas pris ses bottines en sortant – se salissant doucement de boue froide, fouettés par les brins d’herbe déchaînés [Après les éléments déchainés… =p]. Elle glissa entre les courants d’air, ne pencha pas la tête face aux gouttes, n’essaya pas de protéger ses pieds ou son uniforme, ni d’échapper à la morsure du froid qui, à vrai dire, n’était pas si insoutenable qu’il n’y paraissait. Puis elle se retourna.

Attendant que ses apprenties prennent leur courage à deux mains et quittent la relative sécurité du couloir et du portique…

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MessageSujet: fg   Mer 10 Fév 2010 - 16:11

Aller dormir sur une pierre. En plein jour. La pierre serait peut-être réchauffé par le soleil, mais quand même, une pierre c'est dure et Lya n'avait jamais été capable de dormir en pleine journée, sauf la fois ou elle avait accompagné son père de l'autre coté des montagne de l'Est pour vendre du poisson et des siffleurs. Ils étaient revenus tellement tard que, d'après Enéola, le soleil s'était levé à peine deux heures après leur arrivée et la jeune fille qu'elle était à cette époque avait dormi jusqu'en début d'après-midi. Mais ce n'était pas pareil. Elle s'était endormie alors qu'il faisait encore nuit. Et elle doutait de pouvoir le faire en plein jour. La Félixia s'apprêtait à dire à Elera qu'elle trouvait son idée de la faire dormir en plein jour, dehors, un peu "saugrenue" [si je puis m'exprimer ainsi ^^] quand celle-ci continua. Elle leur parla des Marchombres qui sont volonté, et on sentait que ce mot prenait une majuscule dans sa bouche, puis elle leur ordonna d'aller "danser avec l'orage". Et pour leur montrer l'exemple, elle s'avança.

Sans se courber sous les assauts du vents, ni paraître être gêné pas la pluie qui fouettait l'air et par le froid qui y régnait. Sans prendre garde à ses pieds nus qui s'enfonçaient dans la boue ni aux éclairs qui traversaient toujours le ciel et les aveuglaient pendant quelques instants, Elera s'avança dans le clos d'exercice, attendant apparemment qu'elle et la fille, Athesto, la rejoigne.

Toujours sous le portique, Lya hésita. Elle aussi était pieds nus, car elle n'avait pas eu le temps de mettre ses bottines, et de toute façon, elle ne pouvait pas prévoir qu'Elera les emmènerait dehors, sous l'orage, au milieu de la pluie. Et sans vraiment vouloir se l'avouer, elle ne voulais pas non plus salir sa chemise de nuit à laquelle elle tenait beaucoup. Mais Elera semblait s'impatienter, et comme Athesto n'avait pas non plus l'air de vouloir avancer, ce fut Lya qui fit le premier pas en dehors du portique.
Elle pensait que la tempête ne devait pas être si terrible que ça, puisqu'Elera semblait tenir debout facilement et ne pas être géné par les éléments qui défiaient le ciel . Mais elle se trompait. Immédiatement, la pluie, dont le toit la protégeait quelques instants plus tôt, la trempa jusqu'aux os. Le vent la fit chanceler sous ses assauts violents pour la faire tomber et la boue sur le sol n'arrangeait rien, la faisant glisser à chaque pas et embourbant ses pieds nus. Ses premiers pas pour rejoindre le Maître Marchombre se révélèrent
donc très difficile. Et les suivants qu'elle fit ne furent pas mieux, car un nouvel éclair l'aveugla pendant quelques secondes, ce qui fit qu'elle ne vit pas une racine. En temps normal, elle aurait pu l'éviter, mais la, avec le mélange de pluie, d'orage, de nuit, de vent et de boue qui l'entourait, la jeune femme s'étala sur le sol avec peu d'élégance et encore moins de grâce. Rageuse, elle essaya de se relever, mais ses mains et ses pieds dérapaient dans la boue et le vent la plaquait au sol. Avec mauvaise grace, elle se força à ramper jusqu'à Elera, maculant sa chemise de nuit de terre brune.
Enfin arrivé aux pieds de la Marchombre, Lya réussit à se relever pour crier à travers la tempête:

-Mais comment faite vous pour ne pas tomber? Et quelle idée de nous amener ici, en pleine nuit, juste au moment ou un énorme orage fait rage !

Mais avant d'entendre la réponse, Lya se retourna pour regarder comment Athesto allait s'y prendre pour traverser le clos d'exercice.



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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Sam 27 Fév 2010 - 21:32

Elera parlait beaucoup. Le vent étouffait ses mots, les envoyait valser et rebondir contre les murs. La pluie se chargeait d'en effacer la moindre trace avant qu'Athesto, pourtant concentrée au point que la pointe de ses oreilles se pliait, ne parvienne à en saisir le véritable sens. Elle retint toutefois quelques éléments :

L'autre apprentie se nommait Lya et Athesto risquait de bientôt la croiser en train de dormir sur une pierre en plein soleil.
La marchombre les invitait à "désapprendre"; et elle irait bientôt se balader la nuit pour en écouter l'âme et revenir avec ses impressions sur son bonheur.

Jusque là, c'était simple. Venait ensuite plus compliqué.
Le marchombre était Volonté. Lorsque Athesto crut saisir ce que voulait dire Elera, un formidable coup de vent balaya le portique Ouest et elle ne comprit plus.

Pour finir, là, tout de suite, les trois noctambules allaient, -avec le sourire- Danser avec l'orage.

C'était une jolie façon de traduire le fait d'aller Volontairement se balader sous la pluie, au milieu du vent, à pieds nus, dans la boue, dans le froid, à peine vêtues, en pleine nuit!

Grommelant dans sa barbe, Athesto releva la tête pour voir Elera fendre la tempête. C'était... Incroyable. Elle aurait pu être au milieu d'un champ, sur la plage ou même dans sa chambre tant elle était sereine et tant l'orage ne parvenait pas à l'atteindre. Le vent ne la faisait pas ployer, la boue ne la faisait pas glisser, le froid ne la faisait pas trembler -bon, la pluie la mouillait quand même mais... Athesto comprit un peu mieux ce qu'était la Volonté du marchombre.

Pas décidée à entrer dans la tempête et plutôt frigorifiée, elle attendit que Lya entre en piste pour étudier sa technique et enfin monter sur scène... Elle ne fut pas déçue. Avec compassion, elle regarda l'apprentie chanceler, ployer puis s'étaler –avec néanmoins une certaine grâce, cela va sans dire :3- dans la boue.

Alors, Athesto fit un premier pas. Puis un deuxième. Elle quitta la protection réconfortante du bâtiment pour s'aventurer dans l'inconnu... C'était... Beaucoup moins excitant qu'elle ne se l'imaginait. Pour commencer, la pluie colla sa pauvre chemise de nuit contre son corps, et le tissu grattait. Le vent balayait le sol en projetant feuilles et terre, et son visage, ainsi que ses avants bras furent bientôt maculé d'une sympathiique bouillie brunâtre qu'elle ne parvenait pas à essuyer. De violentes bourrasques tentaient de la plaquer par terre et elle devait constamment lutter pour ne pas vivre la même mésaventure que Lya.

L'apocalypse.

Persuadée que si elle s'arrêtait, elle serait jetée à terre, elle ne s'attarda pas et continua d'avancer. Mais que faisait-elle là? Pourquoi n'était t-elle pas en train de roupiller dans son lit comme une élève digne de ce nom?
...
Parce qu'elle avait choisit de suivre une marchombre et d'apprendre.
...
Et si Elera les avait entraînées dans cet ouragan, c'était sûrement pour leur apprendre quelque chose.
...
Mais quoi?

Avançant toujours, Athesto décida de cesser de se plaindre et de chercher ce qu'elle était censée apprendre. Sans succès. Elle tomba à genoux et se releva.

Elle arrivait à quelques mètres de son maître quand elle dérapa dans la boue. Elle se retint de justesse, profitant d'un coup de vent contraire à sa chute qui la ramena brusquement en arrière.

Pratique, pensa t-elle.

Et, usant de cette nouvelle technique -en y parvenant une fois sur dix- elle parvint à arriver jusqu'à Elera sans piquer un petit plongeon dans la gadoue. La marchombre les attendait, tranquille, le sourire aux lèvres. A côté d'elle, Lya, qui était dans le même état que la demie Faëlle.

Incapable de se retenir, elle éclata de rire en voyant l'air hagard de sa compatriote et en imaginant le sien. Une chorale de trilles résonna dans la tempête. Finalement, elle n'était pas si mal, ici... Elle sourit à Lya.


-Sympathique balade, ironisa t-elle, avec ce sourire typiquement Faël.

Elle essuya d'une geste la boue qui lui coulait dans les yeux.

-Vous tenir debout avec Volonté?, demanda t-elle à la marchombre, cette fois plus sérieuse et en même temps sceptique.



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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Mar 16 Mar 2010 - 22:31

Elera éclata de rire, la joie dansant dans ses yeux alors que ses deux apprenties la rejoignaient, puis envoya un grand sourire à la courageuse qui s’était lancée la première dans la tempête malgré le fait qu’elle n’en avait aucune envie – ça, c’était de la Volonté comme elle l’avait décrite. Lya n’avait pas besoin d’apprendre la persévérance et la détermination… Il y avait d’autres choses, pourtant, qu’il lui manquait encore ; et heureusement, ou Elera ne pourrait plus la guider.

- Comment veux-tu apprendre à connaître la nuit et l’orage, si tu sors au milieu d’une journée paisible ? Il n’y aurait aucune difficulté à cela. N’es-tu pas ici pour apprendre à être libre ? Vas-tu laisser quelques gouttes t’empêcher de le devenir ?

Il n’y avait aucune accusation dans ses mots, plutôt une pente qui grimpait vers la réalisation qu’Elera espérait que Lya ferait, un encouragement et une affection sans borne se mêlant joyeusement à ses questions. Devenir Marchombre ne serait pas facile. La moitié du temps elle ne comprendrait pas, si ce n’était pas les trois quarts, et ce serait seulement plus tard qu’elle comprendrait le pourquoi des premiers exercices. Comment l’élève à qui l’on demande de traverser une rivière glacée et tumultueuse pourrait-il comprendre le pourquoi de cet exercice en apparence inutile et inconfortable, tant qu’il n’y aura pas réussi ? Mais lorsqu’elles ne laisseraient plus la rivière – ou dans le cas présent, l’orage – dicter leur conduite, alors elles comprendraient. Du plus profond de leurs âmes.

Athesto, plus prudente, avait observé longuement avant de se lancer à son tour. Peut-être était-ce pourquoi elle avait été plus à l’écoute du vent, utilisant bientôt sa force pour la propulser en avant. Elera acquiesça. Il avait toujours une emprise sur elle, mais elle avait su l’utiliser à son avantage. C’était un bon début. Son rire lui réchauffa le cœur, lui aussi. Elera frissonnait, l’eau lui coulait dans les yeux et la boue la tâchait complètement, comme ses apprenties. La seule différence était qu’elle ne laissait plus le froid l’empêcher d’agir comme elle le voulait, ne s’inquiétait pas de la boue et profitait de chaque goutte sur sa peau. Elle aimait sa musique et son contact mouillé, et ne ressentait plus depuis longtemps la répulsion des humains face à un ciel gris ténèbres… Cet éclat de joie qui sortait de la gorge de l’apprentie, c’était comme une preuve vivante de cet amour de l’orage. Elle ne pensait pas qu’elles le partageraient si tôt, ce goût pour l’incongru… La réponse vola, aussi sérieuse que la question.

- Oui. Sans elle, je serai tombée, moi aussi. Mais elle n’est pas suffisante à elle seule. Vouloir obstinément ne servirait à rien… Il faut comprendre, aussi, pour pouvoir agir selon notre volonté. Comprendre pourquoi cela semble impossible, pour pouvoir contourner les obstacles. Et pour comprendre, il faut écouter. Ouvrir son esprit.

Elle s’était placée entre ses deux apprenties, sa voix proche de leurs deux oreilles, pour ne pas que l’orage ait le temps de les lui voler.

- Ecoutez l’orage, elle continua. Sentez la pluie, et le sens du vent. Ne vous offrez pas à lui, comme une branche qu’il pourrait tordre à son bon vouloir, il sera plus fort que vous. Ne soyez pas chêne immuable, ou il vous arrachera. Ne soyez pas roseau, ou il vous forcera à terre, à ramper dans la boue. Soyez vent avec lui. Suivez-le. Alors vous ne tomberez pas.

Elle ne partit pas en avant, cette fois-ci, restant aux côtés de ses apprenties et leur laissant choisir là où elles iraient ; où qu’elles aillent, la tempête ne les épargnerait de toute façon pas. Elle avait une dernière consigne, pourtant :

- Votre but est de rester debout et de tomber le moins que possible c'est à dire pas du tout, mwaha. Peu importe où vous allez, tant que vous restez dehors, ou la méthode que vous utilisez.

Elle rattrapa Lya alors qu’elle titubait, et lui glissa :

- Suis-le. S’il t’empêche d’avancer et te fait chanceler, alors recule ; tu pourras bien faire un nouveau pas en avant une fois que tu auras retrouvé ton équilibre. Tu pourras plus facilement fendre le vent une fois que tu auras trouvé un allié, et non un ennemi, en le sol sous tes pieds…

A Athesto, elle ajouta :

- Ne t’inquiète pas autant de la pluie et de la boue ; Ni l’une ni l’autre ne disparaitront. Baisse les paupières, laisse tes cils brouiller ta vision ; voir moins ne t’empêchera pas d’entendre et d’avancer…

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Marchombre
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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Sam 20 Mar 2010 - 15:24

En réponse à Athesto, Lya lui adressa un grand sourire. Oui, il pleuvait. Oui, il faisait nuit et l'orage grondait toujours autant. Oui, elle était couverte de boue de la tête aux pieds et elle grelottait. Mais n'était-elle pas en train de faire ce qu'elle souhaitait le plus au monde? N'était-elle pas en train de suivre la Voie des Marchombres? Si! Et en plus, une fille de son âge suivait le même enseignement qu'elle, avec le même maître, au même moment. Et c'était pour cela que le sourire était apparu sur les lèvres de Lya. Elle était juste heureuse de faire ce qu'elle voulait, et de ne pas être seule.

Ensuite, Elera parla, et Lya écouta.

Elle parla d'apprendre, et de la liberté qu'elle devait leur transmettre. Elle dit qu'il fallait comprendre, écouter, sentir et suivre les éléments qui les entouraient. Puis elle leur demanda de marcher. Et alors que Lya glissait à nouveau au sol, Elera la rattrapa et lui glissa une dernière phrase que la jeune femme ne comprit qu'à moitié, comme tout ce qu'avait dit la Marchombre, mais elle se promit d'essayer de suivre le conseil.


Alors Lya se détacha du groupe que formaient les trois corps. Elle ne regarda pas vers où allait Athesto, ni ce qu'elle faisait. Elle ne tourna pas non plus la tête vers Elera pour voir si celle-ci les regardait ou les suivait. La jeune fille fit un pas. Son pied nu s'enfonça dans la boue et la déséquilibra. Sans s'en soucier, Lya retrouva son équilibre comme elle le put et remua les orteils. Elle s'amusa à sentir la boue lui chatouiller les doigts de pieds et écouta le clapotis de la pluie qui tombait. Essayer de se faire un allié du sol. Comment? Lya pris une mèche de ses cheveux entre ses doigts, joua avec un instant, et comme elle le faisait lorsqu'elle réfléchissait, la fourra dans sa bouche... et la recracha aussitôt, non pas parce qu'elle avait trouvé la réponse à sa question, mais parce que ses cheveux étaient constellés de boue et la jeune femme venait de découvrir que ce n'était pas le meilleur repas qui pouvait exister en Gwendalavir. Ne trouvant pas de réponse, Lya continua à marcher comme elle le put. Elle était maintenant aussi mouillée que si elle sortait d'un bain et grelottait. L'orage s'était un peu calmé, mais le vent redoublait de fureur, si bien qu'il fallait lui résister encore plus pour ne pas tomber.

Lui résister? Une porte s'ouvrit dans l'esprit de la Félixia. Elle s'agrippa à un tronc d'arbre pour réfléchir sans devoir se concentrer sur ce que faisait son corps. La phrase qu'Elera lui avait glissée à l'oreille quelques minutes plus tôt lui revient.

-Soyez vent avec lui. Suis-le. S’il t’empêche d’avancer et te fait chanceler, alors recule ; tu pourras bien faire un nouveau pas en avant une fois que tu auras retrouvé ton équilibre. Tu pourras plus facilement fendre le vent une fois que tu auras trouvé un allié, et non un ennemi, en le sol sous tes pieds…

Suivre le vent. Lya essaya de voir ce que faisait Athesto, mais le rideau de pluie l'en empêcha. Suivre le vent. Elle lâcha le tronc qu'elle tenait fermement et fit quelques pas. Trébucha. L'apprentie Marchombre se releva, pataugeant dans la boue qui tenait lieu de sol, marcha à nouveau et retomba. Sans se relever, elle s'agenouilla dans la terre brune, en pris une poignée et la malaxa. Pendant un long moment, elle resta comme ça, à genoux, par terre, dehors, à sentir le sol qui la soutenait, l'empêchait de tomber dans un trou sans fin, et qui, si elle tombait, la meurtrissait. Lorsqu'elle se remit enfin debout, elle avait compris. Le sol était son ami.
Restait le vent.

Lya se remit debout. Elle ne tomberait plus à cause du sol qui se dérobait sous ses pieds. Elle était à l'extrémité nord du terrain d'exercice et s'adossa contre le mur qui délimitait l'académie. Celui-lui la protégeait un peu du vent qui soufflait et l'empêchait de tomber à nouveau. Mais dès que Lya s'en éloignait, des fortes bourrasque la ramenait inexorablement contre la pierre dure qui la blessait. Après plusieurs tentatives de retraite, la jeune femme, épuisée, s'assit et attendit que la tempête se calme.

Elle n'y arrivait pas.


[édition à volonté bien sur!!!]


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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Mer 21 Avr 2010 - 19:12

- Ne t’inquiète pas autant de la pluie et de la boue ; Ni l’une ni l’autre ne disparaîtront. Baisse les paupières, laisse tes cils brouiller ta vision ; voir moins ne t’empêchera pas d’entendre et d’avancer…

Dernière phrase de la marchombre, pour clôturer la longue litanie aux accents mystérieux et globalement incompréhensible. Athesto fronça les sourcils. Sa mission était bien plus compliquée qu'elle ne le paraissait : rester en pleine tempête et marcher sans tomber. Elle récapitula, posant deux doigts sur ses paupières. Il fallait donc, pour se maintenir debout, vouloir, comprendre, sentir, être vent, le suivre, s'ouvrir. Vaste programme !

D'un geste, elle essuya la boue qui coulait sur ses joues. Elle jeta un dernier coup d'œil à Lya, qui avançait dans la tourmente, puis, suivant le conseil d'Elera, ferma les yeux. Vacilla sous le souffle du vent, et se retrouva à genoux dans la boue. Elle se releva, fit quelques pas, tournoya et, impuissante, se retrouva plaquée à Terre. Ne plus rien voir, étonnamment, semblait la priver d'équilibre et elle ne parvenait plus à se servir du vent comme elle l'avait fait pour parvenir jusqu'à la marchombre.

Elle décida de prendre son temps. Oubliant peu à peu le froid qui la faisait trembler, la pluie qui la fouettait, la texture poisseuse de ses habits qui se collaient contre sa peau et le goût amère de la boue qui maculait son visage et coulait entre ses lèvres, elle se concentra sur ce qu'elle pouvait percevoir autour d'elle.

D'abord, il y avait la boue, qui s'infiltrait partout et la faisait glisser. Une véritable gêne.

Ensuite, il y avait le vent, qui ballottait sa crinière en tout sens, qui frappait ses bras, qui faisait hurler ses oreilles, qui battait son dos, qui... Caressait sa joue. Durant un instant, il y eut un creux, un souffle d'air plus doux. Le vent n'était plus son ennemi, ses murmures lui soufflaient qu'elle pouvait se relever sans craindre de s'effondrer. Elle se mit en mouvement; et le vent devint violent. Elle retomba. Attendit la caresse du vent. Se releva. Se mit en marche, tantôt poussée par le vent, tantôt choisissant sa direction quand la caresse revenait.

Sa progression était fastueuse, mais elle souriait. Elle arrivait à rester debout! Elle y arrivait !

Brutalement, son pied buta contre un caillou qui s'était impétueusement mit en travers de son chemin. Elle trébucha, ne parvint pas à retrouver le "socle", patina sur la boue, et tomba à nouveau. Son menton cogna contre le sol, et elle se mordit la lèvre. D'un revers de la main, elle s'essuya la bouche en grognant. Le vent était ...maîtrisable ? ...Compréhensible ? Mais la boue ! Elle était partout ! Elle la faisait déraper! Elle avait mauvais gout, elle se glissait partout, la grattait ! Elle rendait le sol lâche, imprévisible; elle dissimulait [de terribles dangers] les pierres, les morceaux de bois, les trous qui faisaient de son chemin un véritable parcourt du combattant. Elle poussa un soupir rageur. Elle n'allait pas se laisser avoir par de la vulgaire terre !

Elle se remit debout, reprit sa marche, sans avoir aucune idée de vers où elle s'avançait, sous ses paupières fermées. Elle n'avança pas bien loin. Elle buta bientôt contre une grosse masse avachie par terre. Avec un juron faël, elle s'écroula sur elle.

La chose était chaude. Athesto ouvrit avec difficulté ses yeux colmatés. Lya ! La demie Faëlle était heureuse d'être tombée sur elle. Elle s'assit à ses côtés. Pourquoi s'était-elle arrêtée ? Elle lui adressa un sourire mi-figue mi-raisin.

-Je être désolée ! Hurla t-elle pour qu'elle l'entende.

Et elle eut une idée. A deux, peut-être qu'elle arriveraient à avancer. Elera n'avait pas précisé quoi que se soit à ce sujet. Elles étaient libres d'agir comme elles le voulaient.
Elle approcha sa bouche de ses oreilles, pour être sûre que Lya comprenne.

-Tu ne pas vouloir que nous nous entraider ? Je penser qu'à deux nous êtres plus fortes contre la tempête.

Elle prononça ses derniers mots en s'arrachant presque la gorge. Elle attendit la réponse de la jeune fille. Si cette dernière était négative, Athesto repartirait seule, tant pis.



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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Mer 28 Avr 2010 - 21:37

[je sais c'est pas à moi de poster, mais j'ai eu un élan d'inspi, ce qui est très très rare ^^]

Le froid.

Il se glissait sous sa chemise de nuit maculée de boue, partait du bout de ses doigts, du bout de ses orteils pour s'infiltrer petit à petit dans tout son corps. Pour lui prendre sa chaleur, comme la nuit qui, le dernier rayon de soleil disparut à l'horizon, lui vole sa place dans la voute céleste. Lya frissonnait de tout ses membres. Elle essayait de lutter du mieux qu'elle pouvait contre cette gangue qui l'emprisonnait petit à petit, s'efforçant d'ouvrir et de refermer ses mains, se recroquevillant sur elle-même et soufflant sur ses pieds gelés. Elle n'aurait pas du arrêter de lutter contre le vent. Du moment qu'elle était debout et que tout son corps était en action pour se battre contre le souffle violent qui avait amené l'orage, le mouvement de ses muscles empêchait le froid de l'envelopper, lui faisant croire qu'elle avait chaud, tout simplement. La jeune femme aurait pu s'en rendre compte si elle avait touché sa peau, ou soufflé sur ses doigts, afin de voir qu'elle était gelé et que ce simple geste la réchauffait. Mais elle ne l'avait pas fait, et s'était rendu compte de son erreur trop tard, quand elle s'était assise dos au mur et que des frissons l'avaient assaillit, l'empéchant de se relever pour bouger, ramener la chaleur bienveillante dans son corps.

Lya sombrait doucement dans une sorte de transe, lorsqu'elle reçu un coup dans les côtes et senti une masse dégageant une agréable chaleur s'affaisser sur elle. Cela la raviva immédiatement. Elle ouvrit les yeux, et à travers la pluie qui lui brouillait la vue, la Félixia réussit à distinguer Athesto. Lya soupira de soulagement lorsque celle-ci s'installa à ses côtés et s'excusa. Le froid était toujours présent, mais Athesto allait pouvoir l'aider à se relever et l'empêcher de sombrer dans ce rêve éveillé. Elle ne fit à peine attention à la deuxième phrase qu'Athesto hurla à travers la tempête tant cette idée était devenu une priorité dans son esprit engourdi.

-Aide-moi d'abbord à me relever s'il te plait... Je n'y arrive pas... Trop de frissons... Trop froid.

La jeune femme acquiesa et avec une difficulté apparente, elle se releva, lui prit la main et la tira vers elle. Ce mouvement amena leurs têtes proche l'une de l'autre, et Lya vit, pendant une fraction de seconde, des oreilles...pointues! Surprise, elle cru à une hallucination, mais décida néanmoins de tirer cela au clair... plus tard. Pour l'instant, il lui fallait se réchauffer. Elle se frotta les bras contre son torse, courut sur place, souffla sur ses doigts engourdis, et quand elle sentit enfin son corps reprendre peu à peu une température plus normal, son pied dérapa dans la boue, et elle s'écroula.

Elle en aurait pleuré de rage. Il y avait quelques instants, elle comprenait le sol, savait à quels moment il fallait se laisser glisser dessus, à quels moments elle devait s'y appuyer de tout son poids, ou au contraire s'y faire la plus légère possible, à quels moment elle pouvait marcher normalement, sans faire vraiment attention. Mais un instant de déconcentration l'avait fait tombé à nouveau. Sur le moment, elle en voulu à Elera de leur imposer cette exercice. Puis Lya releva les yeux et son regard tomba sur Athesto. Athesto qu'elle avait momentanément oublié, et qui attendait toujours qu'elle lui réponde. Athesto qui représentait un espoir de réussir ce défi. Un espoir de comprendre.

Lya se releva, sans aide cette fois, fit signe à sa compagne apprentie marchombre de la rejoindre, ce qu'elle fit sans tomber. Lya remarque que le vent semblait moins la gêner qu'elle, car elle réussissait à s'éloigner du mur sans que le souffle violent l'en empêche. La jeune femme lui expliqua:

-C'est une bonne idée de s'entraider. Je ne pense pas qu'Elera s'y opposera. Tu sembles plus ou moins maitriser le vent, et moi, malgré cette déplaisante démonstration, je gère comme je peux le sol. Je te montre, tu essaye et ensuite, on inverse. D'accord?

Sans attendre la réponse d'Athesto, Lya se concentra à nouveau, fit quelques pas... et retomba. Hargneuse, sans comprendre pourquoi elle n'y arrivait plus, elle réfléchit. La pièce du puzzle qui lui manquait apparut dans sa tête, balayant le reste de ses pensées. La jeune femme s'accroupit et prit une poignée de boue dans ses mains. Sans savoir pourquoi, elle avait besoin de sentir cet élément aux creux de ses mains, de savoir que ce n'était pas qu'une immense étendue de terre contre laquelle elle ne pouvait rien, mais qu'au contraire, elle pouvait s'en saisir, lui faire prendre la forme qu'elle voulait, la maitriser, sans la dominer. Rassurée d'avoir compris, Lya expliqua son point de vue à Athesto qui se tenait derrière elle, puis se releva.

Sans s'éloigner du mur, car le vent l'y ramenait inexorablement, lui faisant penser à un poisson qui s'efforçait de nager à contre-courant, l'apprentie marchombre fit un pas hésitant, un deuxième. Son pied glissa, elle laissa sa jambe suivre le mouvement, puis tout son corps. Se rétablit. Elle avança encore, tantôt marchant, tantôt glissant, tantôt légère comme un colibri et tantôt se faisant aussi lourde qu'un ours élastique. Sans tomber, elle effectua un demi-tour et revint vers Athesto qui l'attendait en l'observant. Arrivé près d'elle, Lya lui sourit et lui dit:

-Essaye, tu verras ce n'est pas si dur que ça.


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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Ven 14 Mai 2010 - 17:52

Entraide : aide mutuelle [synonymes = assistance, mutualité, solidarité, camaraderie, fraternité, soutien, appui, renfort, secours, protection]

Athesto sourit. Le froid n'était qu'un obstacle, un obstacle de plus, qu'elle et Lya devaient surmonter pour passer au-delà; et comprendre ce qu'Elera voulait leur inculquer de par cet exercice. Lorsque qu'elle lui prit la main pour l'aider à se relever, elle sursauta en découvrant combien sa peau était brûlante par rapport à celle de Lya. Cette dernière était glacée, et Athesto se demanda si elle n'allait pas abandonner pour retourner à l'abri du porche. A la chaleur.

Mais la volonté, -Du marchombre ? Sa volonté ou autre chose la retint et lorsque la Faëlle croisa son regard, elle y lut "J"y suis, je continue". Athesto la regarda se relever sans rien dire. Elle, elle ne savait pas pourquoi elle restait ici. C'est vrai, pourquoi ne rejoignait-elle pas discrètement le porche pour se mettre à l'abri ? Ce n'aurait pas été honnête. Mais il y avait plus que cela. La présence d'Elera, peut-être; le devoir d'effectuer l'exercice, plus sûrement; ou simplement parce qu'elle avait la volonté d'avancer toujours plus loin, sans même savoir vers où, mais avancer quand même, parce que...
Elle ne savait pas.
Les véritables raisons étaient trop entremêlées et le vent hurlait trop fort pour qu'elle ait le cœur d'y réfléchir.
Plus tard, peut-être.

Tandis que Lya effectuait divers exercices visant à se réchauffer, Athesto jeta un regard vers la silhouette de la marchombre, à peine visible à travers le rideau de pluie. Songeuse, elle glissa une mèche boueuse derrière son oreille. Elera se souciait-elle de ses deux apprenties ? Si elle n'était pas tombée par pur hasard sur sa compatriote-de-tempête, Athesto était presque persuadée que l'aventure aurait terminé à l'infirmerie, avec une Lya à demi gelée. Si Elera ne pouvait pas les voir, comment pouvait-elle être certaine que ses deux apprenties marchaient sur le droit chemin ? Si elles ne s'étaient pas cassé une jambe en glissant ou si elle n'étaient pas en train de trembloter, les lèvres bleuies par le froid et la pluie ?

-Laissait-elle le hasard guider son cours ?
C'était par hasard qu'Athesto avait percuté Lya, et qu'elle avait ainsi pu lui proposer aide mutuelle.
-Ou comptait-elle plutôt sur lui pour observer les réactions de ses deux élèves et leur enseigner que...

Le hasard n'existe pas.
Ou alors, qu'il existe mais que les choix que nous faisons grâce à lui en font un non-hasard...
Un panneau de signalisation à destin.
Mais si le hasard n'existait pas, qu'est-ce qui expliquait que le première personne qu'elle ait rencontré à l'Académie soit une marchombre ? Qu'est-ce qui expliquait que Lya et Elle étaient deux Felixia qui ne s'étaient néanmoins jamais rencontrées ?
Rien, sauf le hasard.
C'était par hasard que l'on se rencontrait et que l'on ne se rencontrait pas.
Le hasard était donc un paradoxe qui ne s'expliquait pas lui-même et...

Bref.

Petites réflexions d'une demie Faëlle, trempée et boueuse parce qu'elle prétend au futur de marchombre et parce qu'une des lubies de son professeur fut de les entraîner, elle et une autre Felixia, pour aller danser dans la tourmente –et pas pour faire des pâtés de boue.
Petites réflexions interrompues par l'attendue réponse de sa compatriote de pâtés de boue tempête, qu'elle avait suivie dans son périple aléatoirement rampant.

Athesto sourit. La boue n'était qu'un obstacle, un obstacle de plus. Un obstacle en travers de quelle route ? Celle qu'elle arpentait. Tentait d'arpenter. Allait arpenter en...

...Maîtrisant le vent. Athesto se plaça de profil, accordant tant bien que mal les mouvements de son corps à l'assaut que lui faisait subir le vent. Une rafale violente fouetta sa joue, mêlant de l'herbe à sa chevelure.
Maîtriser le vent.
C'était beaucoup dire.
Trop, ou pas assez, mais le trop-plein de mots ne suffit pas assez aux messages qu'ils doivent faire passer.



-Je me ficher de savoir si Elera être d'accord ou pas d'accord, je vouloir tenir debout, pouvoir marcher jusqu'à elle sans m'étaler à chaque pas pour que sonner fin de l'exercice et nous rentrer au chaud, dit-elle, l'air surprise que l'accord d'Elera sur leurs actes importe à Lya.

Elle la regarda. Leur complémentarité était étonnante. Dans leurs réponses d'avant la "ballade", leurs propos allaient dans le même sens mais par des chemins opposés, et maintenant. Elle, le vent; et Lya, la boue.
À elle deux, le tempête.
Mais qui faisait la pluie ?

Et puis, elle se fit plus attentive. Lya saisit de la boue dans sa main, lui rappelant sans le savoir la première discutions qu'Athesto avait eut avec Elera, et la manière dont elle avait tenté de lui expliquer pourquoi elle voulait devenir marchombre. Ses yeux étincelèrent.
Si ça, ce n'était pas un hasard, alors...
Elle avait à faire un choix.

Elle se pencha et, imitant son amie, saisit un peu de glaise dans sa main droite. Le contact avec la matière froide-gluante la fit frissonner.

Lya, comme elle l'avait annoncé, effectua sa démonstration. Athesto s'amusait presque de la voir cavaler ainsi, glissant, s'allongeant, rétablissant ses appuis, lourde, gracile, en équilibre. Comme libérée d'une entrave.

Des entraves, il y en avait deux.

Lya ne quittait jamais l'immuable protection du mur qui lui offrait un refuge contre le vent. Mais qui la privait aussi de l'élan que ce dernier procurait.

Lorsque Lya revint à ses côtés, Athesto hocha la tête et lui montrant sa main remplie de boue. Elle ne dit rien, et se mit en mouvement.

D'abord, ce fut difficile, elle glissa, chuta une fois puis deux puis douze, trébucha contre els pierres et se tordant la cheville dans chacun des trous qu'elle rencontrait.
Déclic.
Jambe de devant qui glisse... Autre qui maintient. Bras qui engrangent le mouvement et corps qui suit. Jambe de derrière qui glisse, autre qui maintient. Bras qui équilibrent et corps qui soutient.

Elle tourna un regard brillant vers Lya. Elle y arrivait ! Elle la rejoint. Si sa progression était débarrassée de l'emprise de la boue, son pas restait irrégulier et incertain, plus prudent et moins souple que la danse que Lya effectuait.

-Je te remercier.

Elle inclina la tête.

-A mon tour, alors.

Elle se décala du mur, offrant son être au vent.
Les rafales devinrent violentes, tentant de le plaquer à terre. Elle devint douce. Se fit immobile. Seul son torse se vrillait et s'inclinait en suivant les mouvements d'air et ses genoux se pliaient pour amortir leur violence. Parfois, elle faisait quelques pas, quand le souffle était vraiment trop fort.

Alors, impuissant, le vent se fit plus doux. Elle se mit en marche, suivant les chemins invisibles ignorés des rafales, poussée de temps à autre par un coup de vent plus fort. Et lorsque l'assaut redevenait plus brutal, elle reprenait son manège précédent. Enfin, elle revint vers Lya. D'une caricature de révérence, elle invita Lya à se lancer à son tour.

[Désolé pour ce long temps de réponse te ce poste de qualité ultra-moyenne Uu']


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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Mer 19 Mai 2010 - 21:16

[Pas grave. Par contre, on a pas la même conception d'un post de qualité ultra-moyenne comme tu dis ^^]

Quand Athesto se lança, Lya la regarda l'imiter, chuter plusieurs fois, puis réussir enfin à comprendre la terre. Ensuite, elle observa attentivement sa façon de jouer avec le vent, de se glisser en lui, de s'en imprégner et d'accepter ses caresses. D'être tourbillon d'air au cœur de la tempête. Lorsqu'elle revint à ses côté, souriante, Lya comprit que c'était à son tour de quitter l'abri qu'offrait le mur pour aller affronter le vent.

Lorsqu'elle avança d'un pas, sa peau était toujours très froide, mais une douce chaleur habitait désormais son être. Une chaleur qu'une violente rafale fit vaciller en même temps que son corps entier. La rafale fut suivi d'un autre, moins violente, mais plus longue, qui obligea la jeune femme à reculer vers le mur. Malgré cette première défaite, Lya essaya encore. Fut ramenée en arrière. Essaya à nouveau, loupa. Avança encore, encore, encore. Elle essaya de multiples fois de forcer le mur de vent à s'ouvrir, et de multiples fois, impuissante, elle fut repoussée contre le mur de pierres. Au dix-septième tour de ce grotesque manège, découragée, essoufflée, Lya regarda Athesto, sans comprendre comment celle-ci parvenait à faire un avec le vent. Des mots lui vinrent alors à l'esprit. Des mots qu'Elera avait prononcés quelques minutes... quelques heures plus tôt.

- Le Marchombre est Volonté. Les intempéries n’ont pas d’emprises sur lui. Elles le touchent, elles l’effleurent, elles dansent avec lui, mais jamais elles ne changent son être. Face à un obstacle, le Marchombre n’essaie pas de le détruire, mais change sa courbe pour arriver malgré tout là où il souhaitait aller.

Les mots tourbillonnèrent autour de la Félixia pendant un instant encore, avant de s'envoler dans les méandres de son âme. Reprenant courage, laissant la Volonté s'emparer d'elle, Lya essaya une nouvelle fois, tentant de passer sous le souffle de vent, de s'y glisser de profil, de... un creux. Le vent avait cesser un minuscule instant, créant une brèche à l'endroit exacte ou la jeune femme essayait de passer, ce qui lui permit de franchir la muraille invisible.

A cet instant, Lya eu une impression de déjà vue. Il faisait nuit, et on ne voyait pas à plus de dix pas, mais une image se forma devant elle, ou plutôt dans son esprit. Une image qui fut accompagnée de sensations. Elle avait sept ans, peut-être huit. Elle savait enfin nager, même si, pour le moment, elle l'avait toujours fait en compagnie d'un de ses parents. Son esprit téméraire lui avait alors tout doucement glisser à l'oreille de descendre le long du Gour. Ce qu'elle avait fait. Elle arriva alors à l'un des premiers affluent du grand fleuve encore rivière. Son esprit lui avait dit de remonter l'affluent. Elle l'avait écouté. Il avait alors demandé à ce qu'elle se jette dans la torrent qui déferlait sous ses pieds. Sans plus réfléchir, elle avait sauté. Évidemment, l'enfant qu'elle était avait agit de lui-même, ben que guidée par le spectre qui régnait dans sa cervelle, mais ce que Lya ressentait à cet instant était exactement pareil.

Le torrent d'eau l'avait emporté, jeté contre les pierre de fond, balayé, enlevé, arraché à la terre ferme. Ses toutes nouvelles notions de natation n'avait rien pu pour elle, et la fillette s'était sentie mourir doucement, privée d'oxygène, ballotée en tout sens par le courant impitoyable. Puis l'eau était redevenue calme, se tête réapparue à la surface, et la gamine parvint à rejoindre la berge ou elle s'était laisser tombé pour récupérer un instant. Avant d'aller raconter son aventure à ses parents.

La Félixia ressentait exactement la même chose que ce qui lui était arrivée ce jour là, si ce n'est que l'eau avait été remplacée par de l'air, et qu'elle ne risquait donc pas de mourir privé d'oxygène. A nouveau emporté dans tout les sens, elle sentie la peur grandir en elle, si bien qu'elle n'essaya pas de contrer la force qui la poussait. Une chose étrange se produit alors. Le vent la repoussait à nouveau vers le mur, mais sans absence de réaction face à lui fit qu'elle passa au travers du souffle. Un tourbillon s'empara de ses doigt pour la tirer vers le sol. Lya le laissa s'emparer de son corps et devint tourbillon en même temps que lui. Une bourrasque la prit en pleine poitrine. Elle recula avec elle et se fit bourrasque à son tour. Elle y arrivait. Elle dansait avec le vent...

Son pied droit glissa dans la boue et Lya tomba.

Sans rien dire, concentrée, elle se releva. Accepta le vent. Dansa avec lui. Son pied droit dérapa à nouveau, elle se fit terre, sans totalement quitter le vent. La jeune femme joua encore un moment avec les deux éléments, puis rejoint Athesto qui l'observait toujours. Sourire.

-On a réussit.

La fatigue s'empara de Lya. Elle ne résista pas et s'appuya contre le mur. Il pleuvait toujours, il faisait froid, le vent soufflait encore et la terre n'était plus qu'un marécage de bout informe, mais la force du vent soufflait toujours en elle, et l'ardeur de la terre soutenait son corps. Heureuse, la Félixia remarqua que le soleil se levait.








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MessageSujet: Re: Cour Marchombre n°1 [Terminé]   Ven 28 Mai 2010 - 15:22

Un sourire mouillé ruissela sous la pluie.

Elera était statue indéracinable au cœur de la tempête ; ses pieds délicats s’étaient lentement enfoncés dans la boue froide, l’eau martelait sa peau, le froid mordait son âme, le vent giflait son corps frêle, le ciel était un tourbillon nocturne grondant à ses oreilles, mais elle ne bougeait pas. Le Marchombre est mouvement, mais il est inertie, aussi. Ses cheveux dansaient, ses genoux se fléchissaient, parfois ses bras suivaient les courants et ses doigts jouaient dans l’air, mais elle ne bougeait pas. L’orage avait beau rugir, il la caressait sans réussir à la blesser, et devant sa rage, elle souriait.

*Elera...Tu es toi et personne ne peut te demander plus...Au fond de toi, tu ne seras jamais rien d'autre...*

La première leçon d’Ena battait en elle, alors qu’en basculant sa tête en arrière elle laissa les éléments noyer ses paupières closes. Elle suivait le maelstrom, mais elle n’était pas lui et il ne pouvait rien contre son intérieur paisible… Elle rouvrit les yeux, les dirigeant vers les deux silhouettes qui glissaient, chutaient, se relevaient, retombaient et avançaient, d’abord contre le mur, puis plus loin. Elle ne réagit pas lorsque Lya resta au sol ; lui venir en aide si tôt malgré le fait qu’elle était transie de froid ne l’aiderait en rien. Elle devait apprendre à être Volonté, à se relever seule. Et malgré l’envie éclatante de lui venir en aide, Elera resta statue. Parce que c’était ce qu’elle devait faire, en tant que Maître. Donner à ses apprenties la volonté et la force de se relever elles-mêmes, leur offrir leur liberté au lieu de les enchaîner à elle. Lya devait apprendre à trouver sa propre force, à ne pas attendre qu’une main se tende vers elle, même si la main en question serait là lorsqu’elle en aurait véritablement besoin…

Son sourire s’élargit lorsqu’elle se remit en marche, les questions lui striant le visage. Avec Athesto. Ensemble, elles cherchaient à comprendre. Ensemble, elles avançaient sur la Voie, cernant chacune les défauts de l’autre avant de les combler. Un jour, elles ne pourraient plus s’aider, et devraient chacune arpenter la Voie à leur façon, mais pour le moment, Elera était simplement heureuse. Elles avaient compris que pour avancer, elles iraient plus vite ensemble que séparées. Elles avaient compris qu’elles étaient mieux alliées qu’adversaires, et que c’est ensemble qu’elles réussiraient. Cela leur avait pris le reste de la nuit, mais elles avaient connu la pluie, été le vent, compris la terre et dansé avec l’orage… Elera se remit en mouvement, lentement, les pieds transis par le froid et l’immobilité, sans pouvoir empêcher un long frisson de s’emparer de son corps. Le ciel nocturne était devenu d’un gris plus pâle, même si la différence n’était qu’une minuscule nuance dans la luminosité ambiante, et comme Lya, Elera tourna les yeux vers l’est, là où le soleil devait désespérément essayer de percer les nuages de ses faibles rayons. La pluie continuait à couler sur le monde, et Elera s’amusa des cheveux boueux et trempés de ses apprenties, sachant parfaitement que les siens n’étaient pas en meilleur état, alors qu’elle s’approchait des deux Felixias pour s’arrêter à nouveau à leurs côtés.

- Venez.

Elera se dirigea vers le portique ouest avant de pouvoir voir la réaction des deux jeunes filles, s’amusant intérieurement en imaginant leur désarroi et leurs pensées affolées à l’idée qu’Elera n’avait pas fini de les faire souffrir cette nuit. Mais elles n’avaient pas à s’inquiéter… si elle devait pousser les jeunes filles jusqu’à leurs limites pour qu’elles s’améliorent, elle ne comptait pas les broyer, non plus. Elles montèrent les escaliers jusqu’au deuxième étage, leurs pieds gelés laissant des traces de boue derrière elles et leurs cheveux s’égouttant lentement sur chaque marche. Le concierge ne serait pas des plus heureux, mais il avait dû se faire aux Marchombres qui sortaient à tout heure et par tout temps depuis le temps qu’il travaillait ici… Elera ouvrit la porte de la salle des eaux, invitant ses apprenties à la précéder à l’intérieur.

Les premières lueurs de l’aube venaient à peine d’éclaircir le ciel, et l’Académie était encore silencieuse, si ce n’était pour les cuisines qui s’affolaient déjà, les gardes qui patrollaient et certains élèves particulièrement matinaux. Les apprentis ne seraient sûrement pas encore levés avant deux ou trois bonnes heures. L’aurore était à elles, et comme Elera s’y attendait, il n’y avait personne dans la salle. Elles allaient pouvoir en profiter pour rincer la boue qui dégoulinait sur leur peau… Elera commença à retirer la tunique de son uniforme, laissant quelques minutes à ses deux apprenties pour se réhabituer au calme intérieur – d’ici, on n’entendait que le bruit sourd de la pluie, pâle reflet de l’apocalypse à l’extérieur – et pour s’imprégner de cette demi-nuit passée au coeur de la tempête. Puis, une fois rentrée dans l’eau, elle reprit enfin la parole, pour prononcer deux mots seulement, simple question renvoyée à ses apprenties maintenant que le silence ambiant leurs permettait de s’entendre.

- Vos réactions ?

Ses yeux violets croisèrent chacun des leurs, fouillant leurs âmes à la recherche de leurs émotions, de leur nouvellement acquise compréhension, et plus que tout, de leurs interrogations… Elle voulait savoir ce qu'elles avaient ressenti, pour mieux pouvoir les guider ensuite...

[La prochaine qui répond peut poster dans la salle des eaux de l'aile ouest Wink]

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Cour Marchombre n°1 [Terminé]
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