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 Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?

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Maître rêveur
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MessageSujet: Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?   Sam 28 Nov 2009 - 12:01

Amarylis Luinïl méditait. Lovée dans le creux du rebord de sa fenêtre donnant sur l'entrée de la Confrérie, elle contemplait le ciel ocre qui se mariait au manteau de feu qui recouvrait le sol autrefois verdoyant. Des feuilles tombaient par millier dans un ballet envoûtant et féerique, formant un tourbillon semblable aux pensées qui s'entrechoquaient dans l'esprit de la rêveuse.
Il ne faisait pas encore assez froid pour allumer la cheminée, pourtant dehors soufflait une bise pareille au vent hivernal que la jeune femme aimait tant. Il lui donnait l'impression de chuchotements à l'oreille, comme s'il désirait lui confier quelques secrets. C'est pour cette raison que les battants de la fenêtre étaient grands ouverts, et que la longue chevelure bleue d'Amarylis venait lui fouetter le visage. Fermant les yeux, elle ne put s'empêcher de grimacer: ce matin le vent n'amenait guère de bonnes nouvelles. Bien entendu elle ne pouvait en être certaine, mais un sentiment de malaise l'envahissait, comme si un changement important s'annonçait.
Un bruit venant de l'extérieur la ramena à la brusque réalité. Se penchant au dessus de sa fenêtre elle vit un homme chevauchant une magnifique monture à la robe blanche et à la crinière acajou. Se penchant un peu plus, en prenant garde de ne pas tomber, elle parvint à discerner le visage du cavalier. Et le reconnut aussitôt.

-Ewen!!!

Son cri résonna dans l'air, et le dénommé Ewen leva la tête, surpris. Puis il décrocha un immense sourire en reconnaissant la rêveuse.
Celle-ci n'attendit pas même une réponse ou quoi que ce soit. Elle sauta à terre, et sortit en trombe de ses appartements, dévala les escaliers quatre par quatre et se précipité au portail d'Eoliane.
A peine apercevait-elle son ancien maître, qui descendait de son étalon, que déjà elle lui sautait au cou. Il bascula en arrière, et l'emmena dans sa chute!
Amarylis, couchée sur son torse, lui décrocha un sourire d'excuse. Ewen se releva dans un grand éclat de rire, et il fut vite rejoint par la jeune femme.

-Je vois que tu n'as pas changé, toujours aussi indisciplinée!

Elle baissa la tête, confuse.

-Et j'en suis le premier ravi! Durant un instant j'ai eu peu que ta nomination comme directrice d'Eoliane ne te monte à la tête et t'enlève ce charme de jeunesse qui t'appartient!

Rougissant, elle le fit entrer dans la confrérie, et confia le cheval au rêveur qui s'occupait ordinairement de cette tache.
Sans un mot, le maître et l'élève gravirent les escaliers, trop émus de se retrouver pour oser rompre ce moment de quiétude et de joie.
Amarylis se traita intérieurement d'idiote, le vent ne lui apportait aucune mauvaise nouvelle, juste le plus beau présent qui soit!
Elle fit assoir le Maitre rêveur sur un beau fauteuil en velours et ferma la fenêtre, se souvenant qu'à son instar, il n'était pas insensible au froid.

-Ewen...Quel plaisir de vous revoir! Si vous saviez comme vous m'avez manqué!

-Tu m'as manqué aussi, Ondiane est bien triste sans toi, tous les rêveurs regrettent tes innombrables bêtises d'enfant!

Ils rirent. La discussion s'éternisa, tant de choses devaient être dites....

-QUOI???!!

Amarylis se figea. Alors c'était ça, ce changement? Elle s'y refusait, ce n'était pas possible!
Ewen garda sa voix grave et posée. Il n'avait pas changé. Toujours les mêmes cheveux en bataille d'un brun ténébreux, de doux yeux verts, et un sourire de jeune homme, malgré les premières rides apparentes de la quarantaine bientôt passée.

-C'est du moins ce qui se dit.

-C'est impossible!

-Et en quoi cela est-il impossible? Ce n'est qu'un événement naturel, propre à la vie de tout homme.

-Merwyn n'est pas un homme.

-En effet c'est là que réside la question, et qu'elle résidera toujours. Mais personne ne peut en être certain. Tout ce que je peux te dire, c'est que depuis quelques temps, chaque voyageur s'arrêtant à Ondiane nous parle de sa...

-Ne dites pas ça!

-Amarylis...ma chère et tendre Fleur des Neiges...Ne pas prononcer le nom de la Mort c'est la rendre encore plus présente et plus importante.

-La parole tue. Et je refuse de tuer Merwyn!

Ewen soupira et prit la douce main de son ancienne élève.

-La Mort fait parti de la Vie.

-Je veux dire...Il...Personne ne l'a jamais retrouvé...Rien n'est sûr!


-En effet...Jamais nous ne pourrons être certains, de même que jamais nous ne saurons s'il est un homme ou bien plus...Une chose est sûre en revanche. C'est qu'il faut savoir un jour ou l'autre quitter le sentier de la Grande Forêt.

-Depuis petite...Pour moi Merwyn ne pouvait pas mourir, c'était même impensable! Il est immortel! Je suis apparemment encore une enfant stupide de croire à cela...

-Non, au contraire tu n'es plus une enfant. Tu as grandi, tu es une femme à présent, et je le constate à chaque seconde. Seulement les adultes ont la fâcheuse tendance à trop nourrir leurs enfants d'illusion...L'immortalité n'est pas un cadeau, Amarylis. Je plains franchement ceux qui la possèdent...

Ewen n'eut pas besoin d'aller plus loin dans ses explications, Amarylis comprenait. Elle se leva, et vint s'assoir aux pieds de son maître, posant sa tête sur les genoux de celui-ci.

-Il est vrai que créer un Univers n'est pas de tout repos. Il est temps qu'il se repose...Mais...Reviendra-t-il?

Ewen sourit, et posa sa main sur le crâne de la jeune femme, dégageant les mèches rebelles qui cachaient son beau visage à la peau de neige.

-Il ne sera jamais réellement parti tant qu'il y aura des personnes pour parler de lui, tant qu'il sera présent dans nos cœurs et nos esprits. C'est par cela qu'il est immortel.

Le silence s'installa, laissant les rêveurs méditer.

Le vent avait raison, un grand changement venait de se dérouler...Une légende venait de mourir...Pourtant un mythe venait de naître...




_______________

            Et toi, Invité, veux-tu connaitre mon histoire ?







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MessageSujet: Re: Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?   Sam 28 Nov 2009 - 13:54

Les premières rumeurs atteignirent l'Académie par un beau jour d'été. De prime abord, Valen Til' Lleldoryn, actuel Magister de l'Académie et ami de Merwyn Ril' Avalon, ne donnait guère de crédit à ces rumeurs qui annonçaient la mort du célèbre dessinateur. Connaissant les multiples ressources de son singulier ami, le demi-Faël avait toutes les raisons de ne pas y croire... et pourtant, si c'était vrai? Le temps le dirait, pour l'heure, il convenait d'étouffer des rumeurs sans fondements assurés pour ne pas jeter le trouble parmi les élèves.

Les jours passèrent, le doute s'insinua toujours plus profondément dans l'esprit du célèbre Maître d'armes. Ne fallait-il pas reconnaître que Merwyn n'avait pas donné de nouvelles ou de signes de vie depuis un long moment? Les sentiments semaient le doute, la raison cherchait des explications parfaitement logique à cet état de fait. Si le légendaire dessinateur s'était rendu une fois encore dans l'Autre Monde, cette absence de nouvelles était parfaitement normale. Seulement, Vivyan n'avait-elle pas quitté l'Académie pour aller rejoindre son âme soeur? Remarquablement affaiblie, qui plus est, mais aucune parole de Valen ou de quiconque d'autre n'avait su faire fléchir la jeune femme languissante. Quoi qu'il tente de faire pour obtenir des nouvelles de Merwyn ou de Vivyan, Valen devrait le remettre à plus tard. Pour l'heure, il devait penser à ses élèves qui l'attendaient dans la salle d'armes...

L'été s'était finalement achevé, laissant place à l'automne. Inévitablement, de nouvelles rumeurs étaient parvenues à l'Académie et s'étaient mises à circuler. Exceptionnellement, Valen Til' Lleldoryn ne tenta pas de les étouffer... il n'en avait ni la force ni les raisons pour le faire, la rumeur était tellement véridique. Connaissant Merwyn Ril' Avalon comme il le connaissait, il n'était pas difficile de le concevoir ou de l'imaginer se laisser mourir, frappé par l'immense douleur et l'incommensurable tristesse laissées par la disparition de sa bien-aimée Vivyan. Ultime confirmation, aucune des tentatives déployées pour obtenir des nouvelles du légendaire dessinateur ne l'avait été qu'en vain. En ce jour, le demi-Faël portait le deuil de son ami. Refusant tout contact avec l'extérieur, il s'était enfermé dans ses appartements, de même que dans ses pensées, et pleurait toutes les larmes de son corps.

Pendant plusieurs jours, il s'était coupé du monde. Refusant de manger, pleurant quand il ne cédait pas à une rage impuissante, il maudit le destin, la Dame et son Dragon qui avaient été incapables d'éviter cette tragédie, cette injustice ; il demeura lové dans un coin, serrant désespérément contre lui des objets ayant appartenu à Merwyn ; il pria inlassablement, espérant que tout ceci ne soit qu'un cauchemar et que Merwyn réapparaisse au réveil, suppliant les cieux que tout cela ne soit qu'une mauvaise farce. Un bruit étrange, des bris de verre, une forme se dessinant dans l'encadrement de sa fenêtre.


- Merwyn? Est-ce toi? murmura-t-il, sa voix partiellement étranglée par ses sanglots. Non, ce n'est pas Merwyn, mais bien une jeune fille aux cheveux noirs de jais. Tifen Layan, inquiète du sort de son père adoptif, s'était finalement résolue à entrer en brisant la fenêtre, usant ses talents de marchombre pour y parvenir. Elle ne prononça pas le moindre mot, comme toujours ses yeux parlaient pour elle, et s'avança pour étreindre le demi-Faël. Valen lui rendit cette étreinte avec force, peut-être même avec trop de force, et demeura serrée contre elle, pleurant, incapable de prononcer le moindre mot. Le Maître Chantelame perdit toute notion du temps, comme si une éternité s'écoulait dans les bras de sa fille. Comme toutes les étreintes, excepté l'étreinte de la mort, celle-ci prit bientôt fin, laissant Valen, quelque peu calmé, face à sa fille. Leurs regards en disaient long... il était temps.

Le soir même, tous les occupants de l'Académie étaient réunis dans la Grande Salle quand Valen fit sa première apparition publique depuis des jours. Livide, amaigri, les yeux rougis, le demi-Faël avait conservé sa dignité intacte lorsqu'il circula entre les tables, gagnant la place qui était désormais sienne jusqu'au jour de sa mort, la place d'honneur réservée au Magister. Il ne s'y assit toutefois pas, restant debout et démontrant sa volonté de prendre la parole par ce geste. Une fois l'assemblée silencieuse, il débuta son discours, sa voix étant moins assurée et moins claire que d'habitude :


- Elèves de l'Académie, professeurs, et vous tous qui êtes là, ce soir. Tous, vous avez entendu les rumeurs, Merwyn Ril' Avalon, notre Magister, notre bien-aimé guide et ami, nous a quitté.

Achoppant sur les derniers mots de son introduction, Valen ne put retenir ses larmes, lesquelles commencèrent à ruisseler sur ses joues, mais il n'interrompit pas son discours, qu'il reprit d'une voix plus étranglée encore.

- Sa mort prématurée et tragique laisse un incommensurable vide dans nos rangs, sa perte marquera non seulement et à jamais l'Académie, mais également tout l'Empire de Gwendalavir. Il était un ami exceptionnel, un homme extraordinaire d'une noblesse d'âme peu commune, un dessinateur de légende qui a influencé bien des générations et dont les actions influenceront nombre de générations à venir. Il est injuste qu'un tel homme disparaisse déjà, loin de nous, ses amis, ses frères, laissant pour héritage son oeuvre inachevée et une profonde tristesse.

Il est parti, mais souvenez-vous que son esprit demeura à jamais auprès de nous tant que vivra une personne pour honorer sa mémoire et poursuivre l'oeuvre qu'il avait commencée.

A Merwyn Ril' Avalon! Puisse-t-il nous contempler avec fierté du haut des cieux où il réside désormais!

A ces derniers mots, Valen Til' Lleldoryn s'empara de la coupe de vin qui était posée devant lui, la leva cérémonieusement, avant d'y boire une longue gorgée. Après le banquet en sa mémoire, avant l'achèvement de ce jour, il lui resterait une chose à accomplir...

L'aube approchait, un feu brûlait, un chant faël retentissait quelque part, au sommet de la plus haute montagne de la chaîne du Poll. Depuis la nuit noire jusqu'à ce moment, Valen avait chanté de sa voix cristalline, seul car il devait l'être pour accomplir ce rite. Agenouillé devant le feu, il saisit alors avec une extrême délicatesse un arc posé devant lui. Cet arc long d'une grande beauté, il l'avait jadis taillé conformément aux traditions faëlles pour Merwyn Ril' Avalon, son ami. Les flammes étaient suffisamment hautes, le moment était venu. Valen se leva et jeta rituellement l'arc au milieu du feu.


- Merwyn, mon vieil ami, là où tu vas, je ne puis encore te rejoindre. Un jour, nous serons de nouveau réunis.

A ces mots, Valen Til' Lleldoryn se détourna du feu et entama la descente de la montagne. Jamais il ne cesserait de pleurer la mort de son ami, mais, à présent, la vie reprenait à nouveau ses droits et un nouveau cycle commençait. En effet, jamais nous n'oublions la disparition d'un être aimé.


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Valen Til' Lleldoryn, Magister de l'Académie et Maître d'armes
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MessageSujet: Re: Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?   Sam 28 Nov 2009 - 19:22

Le soleil dardait ses rayons bienfaiteurs sur le promontoir où Locktar avait passé la nuit. Le guerrier n'avait pas trouvé le sommeil, il avait alors décidé de sortir loin de l'académie. La chaîne d'Al-Poll avait évidemment été une destination de choix. Les gigantesques montagnes, berceau de paix et de sérénité.

Après être sortit de l'académie, il s'était dirigé vers les montagnes. Il avait par la suite gravit un piton rocheux pour trouver un promontoire herbeux. Il s'était ensuite installé face à la lune. Depuis quelques semaines, depuis qu'il était de retour d'Al-Jeit pour plus de précisions, il n'était plus le même. Revenir dans la ville de son enfance lui avait permit d'être plus serein. Depuis ce jour, il avait fait le choix de passer quelques temps en solitaire, le plus souvent possible, pour méditer et se ressourcer. Il était ainsi rester toute la nuit dans le plus grand silence, les yeux clos.

Au petit matin, il était descendu de son perchoir et il retourné parmi la civilisation. Inutile de retourner vers l'académie, les portes étaient certainement encore fermées. Il se dirigea donc vers Al-Poll, là-bas, il y avait des auberges qui accueillaient les clients malgré l'heure matinale. Il entra dans la première qu'il trouva. Il y avait déjà une dizaine de clients. Etrangement, ils n'étaient pas éparpillés dans la salle. Ils étaient tous installés autour d'une même table et ils semblaient être en pleine discussion. Locktar commanda un verre et il s'installa non loin des autres clients. Il écouta attentivement la discussion. Les clients parlaient de Merwyn. Le guerrier avait déjà entendu les rumeurs à l'académie comme quoi le dessinateur serait mort. Locktar n'avait pas prêté attention à ces commérages. Il y avait bien longtemps qu'il ne s'occupait plus des rumeurs, c'était souvent un tissu de mensonges.

- Etes-vous assez bête pour croire à la mort d'un si puissant dessinateur? lança Locktar. Merwyn, mort? Vous imaginez vraiment n'importe quoi pour pimenter les discussions de comptoirs.

Tous les regards se tournèrent vers le guerrier.

- Comment peux-tu croire qu'il est toujours en vie? Combien de temps n'a-t-il pas montré son visage au sein de son académie?

Le vieux bonhomme qui avait lancé ses paroles n'avait pas tort..... Depuis son entrée à l'académie, Locktar n'avait plus vu Merwyn. Le dessinateur était-il mort? Ses rumeurs étaient-elles fondées? Une personne devait être au courant et cette personne se nommait Valen. Il décida de ne pas répondre, paya sa commande et il sortit précipatemment de l'auberge, direction l'académie. Heureusement pour lui, les portes étaient ouvertes. Il chercha Valen mais il était introuvable. Avec l'esprit torturé par de multiples questions, il passa sa journée avec l'espoir de voir Valen au repas du soir.

Le soir venu, il s'installa à sa table et il vit le magister entrer. Bien, Locktar pourrait donc lui parler après le repas. Mais le guerrier n'eut même pas besoin de poser des questions. Valen prit la parole. Pendant son discours, Locktar vit les larmes ruisseler sur les joues du demi-fael. C'était donc vrai..... Merwyn n'était plus....... La guerrier n'avait jamais vu le dessinateur en vrai. Il avait entendu ce qu'on racontait du dessinateur et cette fois-ci, il avait envie d'y croire. On lui avait parlé d'un homme avec une joie de vivre immense et un superbe sourire. Ce sourire. Ce sourire a rendre heureux le plus malheureux des hommes. Locktar avait souvent imaginé une rencontre avec le dessinateur. A chaque fois, il discutait avec simplicité avec ce grand dessinateur, alors que le guerrier gardait depuis longtemps une rancoeur envers les maîtres du Don. Malgré lui, Locktar pleura. C'était une légende qui s'éteignait avec Merwyn. Non, que racontait-il..... Une légende ne peut s'éteindre. Le dessinateur était encore présent dans le coeur de chaque personne qu'il a rencontré. Sans lui, Gwendalavir n'aurait vu le jour.

Locktar leva son verre, imitant Valen.

- A Merwyn Ril'Avalon! Puisse-t-il être fier de nous, hurla-t-il.



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Il est plus facile de faire la guerre que la paix







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Apprenti Marchombre
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MessageSujet: Re: Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?   Sam 28 Nov 2009 - 23:46

Lorsque les mots, terribles blessures, furent prononcés, Lorek n'était pas la. Cela faisait une semaine maintenant qu'il était a Al Chen pour enquêter sur son père. Malheureusement, ses recherches furent infructueuse. Son géniteur avait quitté la ville il y avait trois ans de cela.

Le soir du discours de Valen, il se sentit appelé, attiré par le lac, et une incroyable envie de se fondre dans son eau l'envahit brusquement, alors qu'il dinait tranquillement chez un vieil ami. Le quittant sans plus d'explications, il marcha au clair de Lune, comme zombifié. Il aimait sentir le froid Nocturne sur sa nuque: ça lui rappelait son arrivée a l'académie de Merwyn. Il quitta la ville par le Nord, puis se cacha dans une petite crique pour se déshabiller.

La sensation de l'eau sur sa peau lui donna la chair de poule. Il faisait froid, un huit novembre. Il se laissa flotter sur la surface lisse de l'eau. Dans le ciel sans nuages, les étoiles lui souriaient doucement, et la Lune brillait. la surface du lac sur laquelle se reflétait la Lumière suave de l'astre nocturne, semblait faite de lumière. Rien ne troublait le silence de cette belle nuit hivernale.

Quelque part, il la sentait, la Dame était la, jouant dans l'eau. Il la sentait s'approcher, repartir, puis revenir. Soudain, il manqua de s'étouffer. Il entendait sa voix...mais il ne pouvait croire ce qu'elle disait. Comment était-ce possible ! Pourtant, c'était elle, il en était sur. Mais pourquoi Maintenant ? Pourquoi Lui ? Il ne pouvait pas les laisser seuls ! Lorek ne l'avait jamais connu personnellement. Mais sa bonté, sa puissance, son art, son amour...Tant de chose qui disparaissaient si soudainement.

Non, ce n'était pas vrai. Merwyn ne disparaitrait jamais. Parce qu'en lui Lorek, mais en tout les autres Académiciens, Valen, Ena, L'académie, en tout ce qu'il avait créé et en tout ceux qui le connaissait, il ne disparaitrai jamais. Doucement, Lorek se mit a pleurer. Pourtant, il souriait.

Quelque part sur le lac Chen, Un jeune homme venait de comprendre la vérité: Merwyn était mort, mais il survivrait a jamais.

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La Brute Marchombre
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MessageSujet: Re: Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?   Dim 29 Nov 2009 - 20:03

Le crépuscule était là et le ciel était aussi limpide que l'eau du lac Chen. Aucun nuages, une pleine lune que l'on pouvait distinguer et une légère brise agitant les cheveux d'Ichel. Elle avait décidé d'aller méditer en haut des montagnes de l'est pour se libérer des cours avec son Maître, Arro. Il la faisait travailler durement, mais elle appréciait la sensation des douleurs après l'effort. Elle était parvenue jusqu'à la montagne avec son cheval, Silverflame, qu'elle avait laissé dans une petite cabane en bas de l'immense pierre. Puis elle avait grimpé, malgré les plaques de glaces et la fine couche de neige. Quand elle parvint enfin à son but, elle apperçu le ciel, rien que le ciel dénué de nuages. La lune était là, mais pas encore bien nette, alors elle s'était allongé pour observer ce magnifique spectacle qu'elle n'avait pas l'occasion de voir tous les jours. Juste le ciel au-dessus de sa tête. Les étoiles brillaient le plus qu'elles pouvaient en attendant la nuit complète, comme si elles essayaient d'offrire un hommage à leur créateur. Après quelques minutes, elle se mit en tailleur pour commencer sa méditation. Elle était sereine et sentait le vent carresser son visage, agiter ses cheveux. La jeune Félixia fronça les sourcils, elle avait l'impression que la brise lui chuchotait quelque chose, une phrase inaudible pour ceux qui ne savent pas écouter. Elle arriva presque à déceler le message, mais elle abandonna quand elle eu plus la force d'écouter avec toutes les parcelles de son corps. Elle recommenca à méditer et soudain, elle parvint à comprendre le sens du message. Quelque chose de grave venait de se produire, il y a de cela quelques mois, semaines ou jours, mais elle pouvait en être sûre, ce n'était pas une bonne nouvelle que le vent lui apportait. Ichel s'allongea, puis elle prit conscience qu'elle allait être en retard pour le diner à l'Académie. Elle avait déscendu les flancs de la montagne et avait rejoint la cabane en courant. Sa monture était là, prête à l'envol, prête à l'emporter loin d'ici. Elle galopa vite, la nuit était presque tombé lorsqu'elle entra en trombe dans les écuries, qu'elle posa son cheval dans son box pour courir vers la grande salle. Elle était juste à l'heure.

Quand elle entra dans la salle, ils étaient déjà presque tous assis, elle trouva de justesse une place à sa table et y alla. Elle vit Halina, mais elle était trop loin pour réussir à lui adresser un sourire. Soudain, Valen Til'Lleldoryn entra, mais fait incroyable, il resta debout pour faire un discours plus qu'inatendu. C'était donc ça le message du vent, c'était donc ce triste message qu'il voulait lui transmettre. Merwyn Ril'Avalon était mort. Merwyn qu'elle n'avait jamais eu la chance de rencontrer, mais elle était sûre, d'après les dire de tous les élèves qui l'avaient connu, qu'il était merveilleux, gentil et plein de joie de vivre. Ichel aurait tellement voulu le connaître, ça devait être un homme génial quand on le connaissait bien. A son avis, on ne devait pas s'ennuyer quand on était avec un homme pareil. Il devait sans doûte être très sympatique avec ses élèves et avec les autres personnes tel quel soit. Un homme drôle, sans doute. La jeune marchombre n'avait jamais eu la chance de rencontrer une personne qui ait un tel don, elle espèrait depuis qu'elle était petite de pouvoir voir le grand dessinateur qui avait crée ce si grand établissement. L'Académie, établissement connu dans tous les recoins de Gwendalavir, mais maintenant elle ne le pourrait plus. Il était mort. Ce mot si désagréable à prononcer et encore plus à penser. Après le discours du Maître d'arme, ils avaient commencé à manger, mais elle était bien trop bouleversé pour ingurgiter quoi que se soit. Elle prit donc la décsision de discuter avec les gens qui l'entourait. Elle ne les connaissait pas, mais elle avait besoin de parler après se qu'elle venait d'apprendre. Ils avaient parlé de tout et de rien, mais à aucun moment de la révélation de Valen.

Après le repas, elle se dirigea dehors, ne savant pas où aller, ses pieds guidaient ses pas, ils la menaient n'importe où sauf dans le dortoir des Félixias, n'importe où sauf dans un endroit où il y avait du monde. Le sort décida que se fut dans la volière. Elle monta les esclaliers, marche après marche, regardant en l'air, laissant ses pensées aller où elles le désiraient. Quand elle arriva enfin en haut, elle ne vit pas d'oiseau, effet rare, car à chaque fois qu'elle venait pour rendre visite à son ami, son aigle, il y avait des tonnes de volatiles et elle était obligé de sortir avec son oiseau pour pouvoir être tranquille. Là, il n'y en avait aucun comme s'ils avaient compris qu'elle voulait être seule. Elle s'approcha d'une fenêtre pour contempler la nuit. Elle était magnifique, avec des étoiles plein le ciel. Maintenant elle comprenait pourquoi les astres sintillaient autant cette nuit, c'était pour rendre hommage au plus grand dessinateur qu'il soit. Ichel entendit un vague battement d'ailes, alors elle se retourna et vit, dans un coin de la volière, un oiseau. Son aigle. Il semblait attendre le moment où elle lui dirait de venir. Il était là, à l'observer. Ses yeux jaunes perçants la fixaient comme la lune fixerait le soleil. Il était magnifique avec ses plumes argents et il n'avait rien en commun avec les autres oiseaux qu'il cotoyait tous les jours. Il savait quand il ne fallait pas embêter Ichel, quand elle était triste, il restait à l'écart attendant le moindre petit signe qui montrait qu'il pouvait l'approcher. Windfire apperçu le signe juste au moment où la jeune marchombre l'appella :

- Viens, Windfire, viens !

Il prit son envol pour atterire sur le bras de sa jeune maîtresse. Elle l'observa, le carressa. Elle fit cela pendant un bon bout de temps, ne faisant que de passer sa main pâle sur les plumes grise de son bel oiseau. Elle prit soudain la parole d'une voix presque inaudible, cette voix était adressé à Windfire :

- Crois-tu que cela est réel ? Crois-tu vraiment à toutes ces histoires ?

Un temps, puis elle reprit avec plus de conviction :

- Tu vois, Windfire, toutes ces étoiles, et bien Merwyn Ril'Avalon en est devenu une, il va veiller sur nous depuis là-haut, nous protéger du mieux qu'il pourra. Tu vois, il sera toujours avec nous, dans chacunes de nos infimes parcelles de notre corps. Il nous a donner quelque chose en construisant cette Académie, ce monde, cet idéal. Il nous a tous réunis et sa mémoire sera à jamais gravé en nous.

Ichel venait de se confier, elle venait de se lâcher, de dire tout se qu'elle avait sur le coeur. Comme si c'était la dernière chose qui devait se produire, comme si c'était pour celler ses paroles, des larmes commencèrent à couler sur ses joues. D'abord une par une, puis en torrent ravagant tout sur son passage. Elle n'avait jamais autant pleuré, sauf pour ses parents et son frère. L'aigle l'avait écouté jusqu'à la fin et avait fini par lui donner un coup de bec pour la rassurer, lui dire que tout va bien, que tout continuait. Il avait vraiment l'air de vouloir la réconforter, alors il s'envola, passa la fenêtre pour offrire à Ichel un spectacle, mais il était surtout pour Merwyn, car Windfire voulait aussi lui rendre hommage comme les milliers d'étoiles dans le ciel. Ichel avait arrêté de pleurer, les toupies, vols planés et piqués de son aigle, la faisait sourire, ses yeux brillaient de milles feu. Elle se rendait compte que Merwyn Ril'Avalon restera à jamais dans la mémoire de ceux qui ont croisé sa route et partagé sa joie de vivre, ses histoires. Elle voyait que la vie continuait et que d'autres légendes allaient se succéder, mais que personne n'oublierait jamais chacunes d'elles, Merwyn compris. Son oiseau volait haut dans le ciel, il pouvait presque touché les étoiles de ses ailes. Il était magnifique et à se moment précis, elle se promit de profiter de la vie et de faire des choses aussi géniale les unes que les autres, d'aider les autres et surtout de ne jamais déséspérer, car on est jamais seul. Jamais. Sur cette pensée, elle souriait aux étoiles en laissant son aigle revenir, pour lui dire au-revoir. Ichel se dirigeait vers son dortoir pour aller s'amuser et rire avec ses amis, car une vie, elle le savait, on en a qu'une et il faut en profiter le plus possible. Elle y penserait dorénavant. Elle y penserait pour tous ceux qui ne sont plus là pour profiter de la vie, pour tous ceux qui les regardent de là-haut.

Pour eux.


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Loving can hurt, loving can hurt sometimes, but it's the only thing that I know, when it gets hard, you know it can get hard sometimes, it is the only thing that makes us feel alive ▵ ©endlesslove.
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Marchombre
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MessageSujet: Re: Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?   Dim 29 Nov 2009 - 23:05

Le ciel n’avait jamais été aussi beau.

C’est ce qu’Elera pensait alors que, avant même le lever du soleil, elle était debout au milieu de la plaine, à observer les nuages d’un gris insondable devenus du même violet que ses yeux sous la lumière d’un rayon souterrain, encore caché par la ligne de l’horizon. Le ciel était d’un bleu vert incompréhensible, encore assombri par la nuit qui s’étalait et lambinait, pas encore prête à disparaitre… Au dessus de la surface de la terre brillait encore une lune à la blancheur éclatante, comme si elle non plus ne souhaitait pas partir, prenant son temps pour naviguer le ciel sans s’inquiéter que, pour les fourmis qui se promenaient sous sa lumière, un jour où elle n’avait pas sa place allait bientôt se lever. Elera aussi avançait lentement, sans s’inquiéter de sa solitude dans ce moment où tous hibernaient avant que leur journée ne débute ; pour voir ce ciel aux dernières heures de la nuit, elle se serait levée plus tôt encore, malgré les regrets qu’elle avait eu quelques instants plus tôt en quittant la douce chaleur des dortoirs de l’Académie de Merwyn. Ecrire. Elle voulait écrire, capturer cette beauté qui l’emplissait de joie dans quelques mots féériques. Son regard balaya le paysage automnal et, ne trouvant rien, elle haussa les épaules. Elle écrirait sur la page vierge de son esprit du bout de la plume de ses pensées. Doucement, les yeux levés vers ce ciel captivant, elle laissa les mots se poser un à un…

Beauté céleste au glas du matin
Flou éthéré de l’astre argenté
Monde léthargique du brouillard hivernal

Parce que les itinérants avaient beau parler des foires de l’automne, ici, à Al Poll, pour ce doux matin du moins, l’hiver s’était installé, soufflant sous le ciel vide aussi vivace que l’air. Le sourire aux lèvres, Elera reprit sa lente avancée. Vers ailleurs.

…Mort.

Le mot flotta jusqu’à elle sur la brise glacée qui soufflait sur la plaine. C’était un vent qui frémissait parmi les feuilles mortes qui dansaient sous son souffle, un vent qui pliait les brindilles des herbes qui poussaient encore sous ses pieds, un vent qui laissait les mains et les visages frigorifiées derrière son passage, comme un choc de froid sur la peau troublée de ce changement brutal. Un vent tranchant. Vivide. Insensible.

Le sourire d’Elera s’effaça et elle s’arrêta de marcher, son pied en suspension à quelques millimètres du prochain appui, figée en plein milieu de son pas alors que le message s’imprimait en elle. Sa gorge s’était soudain serrée, son souffle, coupé, et les battements de cœur s’étaient figés dans un monde intemporel bloqué entre deux secondes, un monde aux contours indéfinis dont elle ne voyait pas la fin… Une seule seconde pour que le mot prenne toute son ampleur, une seule seconde qui devint infinité et dans laquelle elle sembla couler à jamais. Une seule seconde de stupéfaction alors que, les yeux fixés droit devant elle, elle apprenait la nouvelle. Puis ce fut le mouvement qui reprit le dessus, alors qu’elle reposait son pied, levait la tête, le visage en désarroi, mordait sa lèvre, serrait ses ongles dans sa paume, avant de tendre l’oreille pour essayer d’attraper d’autres échos sur le vent, ne voulant pas croire ce qu’elle avait d’abord cru entendre. Ou plutôt, le croyant déjà sans le vouloir… Elle s’affolait. Elle voulait savoir, comprendre, savoir… Et le vent qui se taisait, qui ne lui apprenait plus rien… Il fallait qu’elle…

…Mort.

Un nouveau courant d’air lui apporta les détails et, crispée sur la plaine, Elera ferma les yeux. Longtemps. La plainte de voix multiples et indivisibles lui emplissait les oreilles, plainte émanant de mille gorges et débordant de toutes les âmes en pleurs fauchées par la douleur. L’écho amplifiait leur peine et la répétait, encore et encore, alors que la nouvelle arrivait dans tous les coins de Gwendalavir. Et la peine d’Elera se joignit à la leur, ajoutant au poids qui refroidissait le vent, se fondant dans la chanson d’un deuil interminable… Douleur. Résonnant. Infiniment.

Elle ne l’avait pas connu personnellement, étant arrivée à l’Académie alors qu’il était déjà parti vers de nouvelles contrées, à la découverte de nouveaux mondes, suivant une voie qui n’était pas la sienne et qui le menait dans une direction opposée ; elle serait Marchombre, lui était Dessinateur ; elle suivrait la voie de l’Harmonie avec ce qui existait déjà, lui celle de la Création et de la Découverte de nouveaux Univers, ouvrant des portes là où elle se contentait de profiter du chemin sur lequel elle se trouvait. Elle ne l’avait jamais vu, n’avait jamais su si son sourire légendaire était aussi éclatant en vrai que dans les histoires qui se racontaient. N’avait jamais pu confirmer les étoiles qui brillaient dans ses yeux dès qu’on lui offrait son met préféré. N’avait jamais découvert si ces mots étaient aussi plein de joie de vivre et d’espoir que dans les phrases qu’elle entendait d’autres lèvres répétant ses Mots. N’avait jamais su. Et pourtant, comme tant d’autres à l’Académie, elle avait vécu dans son monde, arpenté les couloirs qu’il avait créé lui-même, suivi un rêve dont il avait ouvert la porte. Sans lui, sa vie n’aurait pas été la même. Sans lui, jamais elle n’aurait rencontré toutes ces âmes qui l’entouraient, âmes qu’elle ne pouvait pas appeler amis alors qu’ils étaient tellement plus, âmes qui l’avaient guidée à leur tour une fois le Créateur parti sur d’autres voies que celles déjà entrouvertes sur le sol de Gwendalavir. Sans lui, elle n’aurait jamais trouvé la voie à suivre, perdue dans les méandres d’un chemin qu’elle n’aurait choisi que par pure désorientation…

***

C’était le soir. Debout dans le fond de la grande salle, Elera écoutait le discours de Valen, les yeux vides. Elle n’avait pas entendu les rumeurs, ayant arrêté de les écouter longtemps auparavant, mais elle savait déjà. Elle savait déjà au cours de la journée alors que, croisant les autres dans ce monde qui lui était si cher, elle n’avait répondu à aucune de leurs demandes et s’était enfermée dans le silence. Elle savait déjà lorsqu’elle avait offert un sourire crispé au professeur qui lui posait une question qu’elle n’avait pas écouté. Elle savait déjà lorsque, tout heureux, des amis l’avaient invitée à les suivre, et qu’elle avait refusé. Elle savait déjà, en entrant dans cette salle, qu’elle n’y trouverait que tristesse et douleur. Sans attendre la fin, elle quitta la pièce. Et même lorsque ceux qui maintenant au courant vinrent la rejoindre, ainsi que ceux qui avant elle avaient entendu la plainte du vent, elle se mura dans le silence et dans les rejections vagues. Oh, elle essaya bien de penser à autre chose, de parler de choses et d’autres, mais toujours ses pensées revenaient vers Lui, Lui qu’elle n’avait pas connu, Lui qu’elle estimait tant pourtant. Ils la quittèrent, un à un. Certains en colère pour son silence, d’autres parce qu’ils ne l’avaient pas trouvée. Une seule réussit à lui arracher une phrase complète sur le sujet, phrase absurde qu’elle regretta à peine après l’avoir prononcée.

- Il n’aurait pas dû mourir comme ça.

Toute la nuit, le vent lui porta le gémissement du demi-faël, et les yeux grands ouverts sur le ciel étoilé, elle ne put s’endormir.

***

Le soleil, la lune, le soleil, la lune, le soleil, la lune, et la plainte qui grinçait toujours sur la brise. Doutes. Etait-elle seulement sur la bonne voie ? Celle-ci ne se refermait-elle pas avec la disparition de celui qui lui avait permis d’en trouver la porte ? A quoi bon avancer, s’il n’était plus là pour éclairer de loin le chemin qu’elle avait emprunté ? Elle ne l’avait jamais rencontré, avait toujours su que la voie qu’elle avait choisie était distincte de la sienne et que le Dessinateur Légendaire ne connaissait même pas son existence, ne savait même pas ce qu’Il lui avait offert. Mais quelle importance, qu’il ne la connaisse pas personnellement ? En créant l’Académie, en créant son monde et en continuant à le rendre de plus en plus beau, il savait qu’il apporterait bonheur à tous les apprentis qui pousseraient la porte de son œuvre. Il savait. Elle en était sûre.

***

Le jour, la nuit, le jour, la nuit, le jour, la nuit, et la plainte qui grinçait toujours sur la brise. Elle prenait maintenant des élans de mélancolie, le chagrin toujours aussi fort, même plus puisque de nouvelles voix s’étaient ajoutées aux anciennes, et pourtant il était devenu presque habituel. Elera écoutait, comme toujours.

***

Encore des matins, encore des soirées languissantes. Les semaines passaient à la même lenteur que les jours, que les heures, que les minutes et les secondes qui s’entravaient et luttaient pour ralentir, à défaut de pouvoir revenir en arrière, avant, Avant. Cet après midi là, il n’y avait rien eu de spécial. Le temps qui continuait à couler, son cœur qui continuait à saigner, le monde qui continuait à tourner comme pour lui hurler ce qu’elle savait déjà. Oui, elle savait qu’il mourrait un jour, comme elle, comme toutes les autres personnes qu’elle avait déjà croisé. Simplement, elle ne l’avait jamais cru. Jamais imaginé. L’idée semblait si incongrue qu’elle ne lui était même pas venue à l’esprit. Et puis, cela faisait longtemps qu’il voyageait au loin ; mais être ailleurs était tellement différent que de ne plus être. C’était la différence entre l’espoir du retour et la certitude du non-retour. Tout un monde. Et la nouvelle avait été si… brutale. Cet après midi là, rien n’avait changé ; toujours les mêmes pensées, les mêmes peurs, la même tristesse sous la surface sereine et joviale qu’elle devenait lorsque, quelques instants, ceux avec qui elle était lui faisait oublier. Et pourtant, à regarder les apprentis apprendre à tirer à l’arc sous les conseils d’un faël dans le clos d’entraînement alors qu’elle se promenait dans la cour intérieure de l’Académie, ses pas perdus ne la menant nulle part en particulier, elle avait pris une décision.

Aujourd’hui, elle s’envolerait, et elle ne tomberait pas. Aujourd’hui, elle repartirait vers l’avant. Parce que s’arrêter maintenant comme elle l’avait fait ces derniers temps, c’était oublier tout ce qu’il avait rendu possible, tout ce qu’elle avait pu apprendre grâce à lui. Alors elle s’envolerait, malgré les doutes qui revenaient et le chagrin qui lui pesait comme si on avait greffé une enclume sur ses épaules à la place des ailes qu’il lui avait offertes. Elle s’envolerait.

Pour Lui.

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Est-ce la fin d'une légende ou le début d'un mythe?
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