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 L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)

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Mentaï
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MessageSujet: L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)   Sam 29 Mar 2008 - 3:47

Gwendalavir s'éveillait d'un long et rude hiver et cela se voyait : partout aussi loin que portait l'horizon se succédaient champs et terres brûlées par le gel et arbres nus. Déjà un mois de printemps et pas une fleur n'avait encore percé la saison blanche, à croire que celle-ci avait installé son manteau de froid pour toujours. Et pourtant la neige avait fondu, bien qu'il restât ça et là quelques plaques de verglas incongrues. Ces premiers signes avant-coureurs de renaissance n'avaient rien changé à la fraîcheur de l'air ambiant et si le temps n'était pas tous les jours au vent cinglant, les gens ne sortaient pas sans deux ou trois couches de lainage.
Pour peu qu'ils aient les moyens de se les payer, pensa Amjad alors que sa monture ralentissait aux abords d'un village. Il se fit ensuite la réflexion que la dureté de cet hiver n'était pas l'unique facteur de la misère du peuple. Car oui, la plupart des alaviriens avaient à peine de quoi subsister. Tout dans le paysage de ce petit bourg en témoignait: la route défoncée, les logements insalubres, la rareté des terres arables ou tout simplement les traits tirés des autochtones. La guerre contre les ts'liches n'était pas si loin..cela faisait combien, maintenant..vingt ans, vingt-et-un ans que le verrou avait sauté dans les spires, libérant les créatures humaines du joug des grands lézards ?
L'économie d'un pays ne se refaisait pas en si peu de temps; la preuve: le peuple avait faim. Et les impôts de plus en plus lourds dont l'accablait l'empereur n'étaient pas pour arranger les choses. Le gouvernement tenait encore ses sujets, mais pour combien de temps ? L'explication du besoin de reconstruction pour justifier les prélèvements ou le développement du culte de Merwyn ne seraient plus longtemps des techniques payantes dans un cas si basique. On ne raisonne pas quelqu'un qui a faim.
Et puis le paysan moyen n'était pas si idiot qu'il en avait l'air: il voyait bien, lorsqu'il partait pour All-Poll vendre sa récolte minable, il voyait bien ces quelques nobles encore fortunés qui se vautraient dans l'or et le stupre; il les voyait bien se pavaner dans leurs beaux atours et aller conter fleurette aux courtisanes des quartiers les plus aisés. Bien sûr, en tant de paix séculaire, la situation aurait été à peu près identique.
Pourtant les gens supportent moins la faim lorsque d'autres vomissent de banquets trop garnis.

Le mentaï en était là de ses vagues songeries lorsque Mangal fit un écart au passage d'un troupeau de siffleurs. Son compagnon sourit et fredonna machinalement une vieille chansonette racontant un bateau fendant les flots indigos, air qui avait le don de calmer le cheval, lequel avait une peur phobique de ces bestioles. Encouragé par son cavalier, le bai brun effectua un large détour et reprit le galop à la sortie du hameau.
Tous les nobles n'avaient pas gardé la grandeur passée de leur nom, loin de là. Ces privilégiés que l'homme du peuple envierait en dépliant son étal auraient à l'âge d'or des « noms composés » fait figure de gamins jouant aux grands. Quand ce n'était pas des vieillards séniles persuadés de leur majesté il ne s'agissait plus que de lâches corrompus et sans véritable ambition. De sales petits rats aux dents en or, des avortons pleurnicheurs. Ah, il fallait voir la noblesse, à son apogée..c'était jeux de pouvoirs en tout genre, pas seulement fayotages ou dénonciations mesquines mais l'art de la manipulation dans toute sa subtilité, alliances, trahisons, duels et joutes verbales des plus ambiguës.
Les Fil'Syjo, les Sil'Rajan, les Ar'Kriss, les Hil'Tydd, les Zil'Urain, les Jil'Vanm..aujourd'hui, les lignées qui n'avaient pas été exterminées par l'alliance provisoire des autres à la fin de la guerre des ts'liches n'avaient plus pour héritiers que ces minables pleurnichards se soûlant de débauche et courant à leur ruine.
Ou plus rarement des authentiques « noms composés » jouant ce rôle.
Comme l'homme dont l'aline recherchait la trace, par exemple.
Amjad était un peu nerveux quand à cette rencontre. Cela faisait bien longtemps et il faudrait jouer serré, car c'est ce que Dolohov ferait également. Mais le jeu en valait la chandelle.
Al-Jeit était encore à cinq bonnes heures de route.
Sentant l'impatience de son cavalier ou devinant ses pensées, le cheval renâcla et allongea ses foulées.

*

Ils étaient nombreux aux abords des villes importantes telles que la capitale. Ils ? Ces enfants de nulle part et de personne, avec leurs vêtements sales et leurs regards farouches. Près des zones urbanisées, ils vivaient en bande de petits voleurs ou voyous; dans les campagnes, ils mangeaient dans les champs, se faisaient recueillir ou dormaient dans la forêt. Car même si le célébrissime Merwyn avait libéré l'Imagination avant leur naissance, la guerre contre les ts'liches ne s'était pas immédiatemment terminée et les incursions de raïs restaient nombreuses un peu partout ou ils étaient parvenus à s'implanter, profitant de la déroute des armées alaviriennes. Ils devaient bien être plusieurs milliers dans tout Gwendalavir, ces orphelins. Toujours à cause de la guerre plus ou moins indirectement: familles brisées, géniteurs tués, traumatismes se concluant par une fugue..atteintes de la guilde du chaos qui avait également bien profité de l'âge d'or des terrifiants lézards. Et qui avait été décimée par la suite, ajouta amèrement le mentaï.
Qu'importe, les choses étaient sur le point de changer. Et le nombre de membres influents n'était plus si élevé qu'à l'époque ou les vieux Ghend et Ysdaz étendaient les mailles de leur filet au-delà des océans. Il se pouvait même que l'héritier des Zil'Urain soit réellement devenue une figure symbolique du monde du chaos, et non un simple pantin manipulé par un mentaï occulte, comme l'avait tout d'abord pensé Amjad.
Et tout le monde sait qu'il vaut mieux ne pas être l'ennemi d'une personne par trop influente. Surtout s'il s'agit d'un ancien camarade.
Restait le problème de ce démon..Lindörm, si les rumeurs étaient vraies. Un élément plutôt dérangeant dont il ne fallait pas s'approcher ou même attirer l'attention.
Voilà pourquoi l'aline faisait la route d'Al-Poll à Al-Jeit à dos de son vieux compagnon plutôt que par un simple pas sur le côté.

Une petite fille dépenaillée faillit passer sous les sabots de Mangal; elle se jeta sur le bord de la route avec une vivacité surprenante pour une gamine de son âge et s'enfuit tout aussi vite vers un petit groupe d'enfants plus âgés qui lorgnaient chaque voyageur avec une convoitise mêlée de défi. Amjad regarda sa chevelure d'un noir franc lui battre le dos tandis qu'elle disparaissait derrière un pan de mur écroulé; quel âge pouvait-elle avoir ? Six, sept ans ? Ces cheveux lui évoquaient sa nouvelle apprentie. Etait-elle comme tant d'autres une enfant touchée directement ou non par la guerre ? Ils étaient si nombreux..spécialement dans cette académie ou il semblait n'y avoir que des orphelins. Uniquement des proies faciles. Des recrues, plutôt. Parfois de choix.

Enfin, les toits chatoyants d'Al-Jeit déchiraient l'horizon.

*


Idril fit mine de contempler l'Arche aux mille reflets, l'Arche légendaire dont on disait parfois qu'il n'était pas de plus pure merveille même au ciel. Les voyageurs se faisaient plus rares à mesure que le ciel se teintait de gris: ils reviendraient demain s'émerveiller, au lever du soleil, pour voir l'oeuvre se parer de feu et essayer d'imaginer combien de diamants avait-il fallu pour la construire.
Il restait quelques promeneurs, amoureux inconscients, charlatans, prostituées ou passants à l'air louche mais ceux-là ne paraissaient pas intéressés par ce paradoxe architectural ou parce qu'ils le voyaient tous les jours, ou parce qu'ils avaient d'autres affaires plus importantes à traiter.
Mangal était bien à l'abri dans une écurie de la capitale. Il avait horreur de ça, mais savait tout comme le mentaï qui l'accompagnait qu'il n'avait pas le choix; il s'en remettrait.
Pendant que le cheval se morfondait dans sa stalle, l'humain s'était toute la journée lancé sur la piste de l'héritier des Zil'Urain. Il savait de source sûre que son homme se trouvait pour le moment à Al-Jeit: restait à savoir où exactement. Cela n'avait pas été facile au début (d'autant plus que le demandeur avait plus de menaces que d'or à offrir) mais au bout de quelques heures, la voie menant à Dolohov était apparue comme tracée. Amjad en avait conclu que le noble avait été mis au courant et (sans doute après s'être lui-même renseigné plus amplement, d'où risque) choisi la rencontre.
Toujours est-il qu'en ce crépuscule glacé de début de printemps, l'aline pour le moment simple ermite dévorait l'Arche des yeux comme s'il ne lui avait fallu que cette simple image pour découvrir un sens à la vie. Bien sûr, il guettait du coin de l'oeil chaque passant.
Il avait revêtu de grossiers habits de toile et sa longue toge sombre et rassemblé ses cheveux noirs en queue de chevel serrée. Quoi de plus banal qu'un voyageur s'attardant un peu sur cette beauté unique aux mondes ?
Un homme passa et s'arrêta à quelques mètres; il se prit apparemment d'admiration pour le pont mystique et ne sembla plus vouloir bouger.
Il était de dos, mais il y avait dans son attitude une nuance familière; de longs cheveux blonds venaient confirmer cette impression..

Toujours fasciné par l'Arche, Idril s'approcha lentement et susurra tout haut:


- Quoi de plus beau dans tout Gwendalavir que cette merveille de pureté et d'harmonie ? Cette courbe, ces couleurs parfaites représentent à elles seules tout le contraire du mot « chaos ».

A l'évocation de ces cinq lettres trois des rôdeurs à l'air le moins recommandable partirent comploter plus loins, peu dupes. Même le couple d'amoureux s'éloigna l'air de rien.
Il ne restait plus grand monde. Et les derniers n'allaient sûrement pas s'intéresser de trop près à une conversation qui ne les regardait en rien.


[Edition à volonté ]


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~Au soleil couchant, je suis l'homme qui attend ♪

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MessageSujet: Re: L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)   Sam 19 Avr 2008 - 18:29

Dolohov resserra l'écharpe de soie précieuse autour de son cou et laissa courir sa main le long de la rampe qui menait à la somptueuse demeure des Zil' Urain.
Sa paume blessée habilement dissimulée par un gant de velours noir, qu'on disait venu de l'Orient du "Monde Voisin". Sourire blasé épinglé sur les lèvres, le noble contempla les nuages vaporeux que formaient ses expirations régulières.
l'hiver, cette année, s'était éternisé. Aujourd'hui encore, Gwendalavir ressemblait plus à la désolation incarnée qu'à l'univers fertile et qui renaissait de ses cendres...
L'héritier descendit l'escalier jusqu'à rejoindre la rue de la capitale. Ses parents lui étaient apparu plus éteints encore que la dernière fois. Il soupçonnait qu'un chantage les fasse dépenser plus rapidement qu'auparavent la retraite qu'il leur offrait.
C'était ça... ou le prix du grain avait fortement augmenté. Ou un voleur quelconque qui s'acharnait sur eux.

Dolohov pensa à Shaïlan, qu'il avait laissé ivre dans une taverne, voilà longtemps maintenant. Selon ses sources, le jeune voleur si charismatique ne pouvait être un mercenaire.
Un manant s'inclina devant lui, et Dolohov se rengorgea. Penser à son cousin avait quelque chose de dégradent. Il ne pouvait être qu'admirable, aujourd'hui, puisque même les vieillards les plus fiers courbaient l'échine en le croisant... Et ce qu'il remarquait autour de lui l'amusa. Dans ces rues, les plus somptueuses d'Al-Jeit -la belle, la grande capitale, dont l'empereur était si fier et qui resplendissait, en bon symbôle de liberté- étaient fréquentées par... de miteux vieillards claudicants?
Un mendiant? Un noble esseulé, ou possédant des héritiers peu scrupuleux de son état...
La misère touchait même les habitants de la capitale?
Il fallait croire que le manteau blanc de l'hiver avait étouffé bien plus de récoltes potentielles que Dolohov ne l'avait estimé...
Ce pourrait même être très problématique pour l'Empire.
Et donc... très avantageux pour lui. Les révolutions en tous genres œuvraient toujours dans la direction du chaos. Il suffirait de bloquer certaines des voies commerciales les plus importantes...

Une présence frôla son esprit. Le mentaï eut un frisson que son orgueil imputa à l'air encore glacial. Il n'en était rien, bien entendu. Lindörm venait au nouvelle, et commentait à présent la nouvelle idée, en grand appréciateur. Son ricanement malsain résonna longuement dans la tête de Dolohov... Torture dérisoire face à la somptueuse victoire qu'il emportait sans que le démon n'en sache rien.
Il venait de lui cacher quelques éléments.
Le sourire devint plus franc. C'était une merveilleuse journée de fin de printemps, et tout allait pour le mieux en ce moment. Même sa petite protégée...

Il s'agissait maintenant d'en retourner à ses affaires...
Son esprit investit les spires, cherchant la trace des ses "amis" d'ici. Tout allait bien. Il semblait juste que quelqu'un le cherche. Le mentaï battit des cils, exigeant une image mentale. Son interlocuteur peinait à dessiner les traits de la personne signalée.. pourtant Dolohov finit par l'identifier et retint un sifflement admiratif.
Il était donc en vie...
Et il ne doutait de rien, visiblement. Vouloir le rencontrer, Lui, après tant d'année...
C'était aussi ambitieux qu'intrigant. Fascinant, même...
Surtout qu'il était déjà parvenu à le localiser à Al-Jeit... Il semblait soit que sa notoriété croissait de jours en jours... Soit que certains de ses informateurs étaient achetables ou doubles.
Il faudrait qu'il s'occupe de vérifier ça. Et dans les plus brefs délais.

Ses pas s'accélérèrent, il atteignit une rue plus commerçante, s'attabla et exigea la meilleure viande de siffleur de l'établissement. Il fallait attendre un peu... Le mener à lui, certes, mais... faire passer ça pour quelque chose de totalement non-important. Pour ça, se concentrer, sur quelque chose de totalement hors d'intérêt, et qu'il haïssait assez pour que le Démon sente son dégout. Comprenne qu'il jouait et face à un sage... ça pouvait marcher.
Il porta à ses lèvres la coupe de fin nectar que la serveuse lui avait apporté, tête basse. Par habitude plus que par réelle envie, le mentaï la dévisagea distraitement. Elle aurait pu être jolie, si ses bras n'avaient pas été aussi maigres et ses joues creusées. Ses yeux paraissaient deux onyx sans lumière, éteints et résolus. Même à la faim, semblait-il.
Que donnerait une fille pareille, dans les rang des véritables chaotiques? Une arme, un pantin désarticulé, qu'on dresserait à tuer? Une faiblesse, trop docile, trop peureuse pour agir correctement? Trop résolue à la mort pour avoir envie de se battre pour des idées?
Il lui tendit une pièce, qu'elle pris sans rien ajouter.
Le nectar avait le goût âcre du sang. Ecoeurant comme cette âme morte qui filait vers les autres tables.
Restait à espérer que la chair du siffleur serait plus appétissante.

*


Un dernier regard au poignard d'apparat que tentait de vendre le forgeron, sous les regards acérés de ses voisins marchands eux aussi, en manque d'opulents.
Avec un sourire carnassier, l'homme soupesa le poignard. L'équilibre était mauvais, la prise élégante et inconfortable. De la parfaite camelote pour baratineurs.
Il grimaça, puis jaugea le marchand. C'était un homme bourru, à la mâchoire carrée, dont une étrange cicatrice zigzaguait sur le visage. Ses mains caleuses laissaient deviner des années de travail, démentis par la piètre qualité de l'arme qui était "la représentation parfaite de son talent et sa vie". Le sens de cette phrase l'amusa. L'homme était un mercenaire, il l'aurait parié. Trop de froid sur son visage. Cals causés par l'entrainement. Et le mentaï paria que sur son bras il portait le tatouage des exécutants bas. Un parfait incompétent, pas mal déguisé en bon forgeron.
Il secoua la tête, signifiant que quelqu'un comme lui ne pouvait acquérir une arme au prix si dérisoire sans passer pour un parvenu. Les yeux de l'homme étincelèrent d'une colère sourde et contenue.
Le mentaï prit congé et échappa à l'assaut des autres artisans. Il était presque l'heure, les lueurs du soleils s'amoindrissaient derrière les remparts de la ville. Et il était attendu au crépuscule.

*


L'écharpe de soie rentrée dans son pourpoint précieux, à la manière des dandys de son rang, le mentaï s'avançait sur les rives du Pollimage. Un regard au public, qu'il identifiait pour la plupart comme alliés. Puis au pont de crystal qui scintillait, irisant les derniers rayons de l'astre du jour sur le ciel crépusculaire.
Un souffle, à son oreille, trop admiratif pour ne pas receler un minimum de sincérité. Une entrée en la matière digne de celui qui avait été leur maître.
Dolohov hésita, puis tourna la tête, pour Le revoir après toutes ses années. Il était homme à présent. Bien plus que lui. Il paraissait sage, et assuré. Sa toge lui allait comme les gants de velours au mentaï blonds.
Il aurait été fier.

- Quelle belle image pour nommer l'harmonie... une arche reliant la pureté blanche des tours de la plus belle cité de tout l'empire, et les terres encore glacées qui l'avoisinent... As-tu remarqué l'onde, encore troublée par le vent? Les couleurs qui se mélangent sur cette toile d'un violet profond... Les reflets de la courbe parfaite, saccadés peut-être par la Dame elle-même... L'éphémère et l'insaisissable incarnés. Ces arabesques chaotiques ne sont-ils plus sublimes encore que l'œuvre initiale?

Sourire innocent avant de retourner son visage vers les flots. Le noble qui parlait aux sages dans un élan de philosophie... Etait-ce pour ça que la catin qui, appuyée contre un vieil arbre ricanait? Le mentaï battit des cils, et un de ses hommes proposa à la demoiselle quelque chose d'indécent, en indiquant son hypothétique demeure.

-Est-ce dans l'espoir de rencontrer la Dame ou de contempler les merveilles d'Al-Jeit que tu es ici, homme de pensée?

Comme deux inconnus qui se rencontraient. Dolohov aimait ces moments à demi-mots, ces consultations qu'il avait parfois, avec ses semblables ou plus encore, les femmes de mystère, qui promettaient de lire en son âme comme il pouvait lire les livres. Certaines s'étaient approchées de la vérité. Celles-la travaillaient maintenant pour lui. Les autres avaient été manipulées, puis oubliées. Mais lui, qui respirait la plénitude dans l'air encore glacial du printemps ne travaillerait jamais pour lui. De moins pas explicitement, ça avait été conclu tacitement des années auparavent. Et il était là, aujourd'hui. Pour la première fois depuis... longtemps, Dolohov avait conscience de s'aventurer en terrain pentu, et sans avoir la moindre idée de ce que pouvait lui vouloir l'autre.
Restait à espérer que la surprise soit assez agréable pour que leurs corps n'aillent pas rejoindre le chaos des flots au moment où le jour serait bel et bien mort.


[Désolée pour mon ENORME retard Embarassed je bataille contre la flémite, promis!!]


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FAIL, Doll, FAIIIIIIL.  Twisted Evil  
Aimez-moi les uns les autres.

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Mentaï
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MessageSujet: Re: L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)   Dim 4 Mai 2008 - 2:29

Combien d'années ? Neuf, onze ? Bien une dizaine depuis la mort prématurée de leur maître commun, si l'on excluait les brefs aperçus au cours d'un quelconque assassinat silencieux et de ces réunions chaotiques dont rien ne ressortait, du temps où ils n'étaient tous deux que de vulgaires exécutants. Désormais, l'un dirigeait les rassemblements et l'autre les évitait.
Un sourire ambiguë fit un bref instant glisser son ombre sur les lèvres d'Amjad. Le noble, qui déjà à l'époque sortait souvent vainqueur de longs affrontements verbaux à demi-mots atteignait aujourd'hui une éloquence polyvalente qui, couplée à de probables perfectionnements dans les autres disciplines que tout mentaï se doit de maîtriser expliquait sans difficultés son ascendance inexorable au sein d'une des plus anciennes guildes de Gwendalavir. L'adolescent jaloux sommeillant encore en l'ermite en conçut un réel agacement; ce fils de riches..les aristocrates étaient-ils donc si privilégiés qu'on leur destinait les postes de meneurs au sein même de l'opposition ? Si l'adulte connaissait la réponse et la savait changeante, le gamin s'en torturait chaque fois que le blond l'écrasait de son mépris de noble face à un quelconque maraud, fort de son éducation aussi complète dans le domaine du combat que dans l'équitation, les intrigues de cour ou la culture alavirienne. L'aline rivalisait néammoins en y opposant les apprentissages de son peuple et bien que le Zil'Urain le devance souvent d'une hauteur que son année en plus n'expliquait pas uniquement, il s'était forgé au cours du temps un semblant de respect réciproque chez ces héritiers d'origines dissemblables, tantôt teinté de distance et de compétition, tantôt nuancé d'acceptation et d'échanges restreints, toujours empreint de méfiance. Ils n'auraient d'ailleurs pas dû se côtoyer; un mercenaire prudent s'arrange pour tenir à distance ses sbires les uns des autres, en particulier ses apprentis qui, leur formation terminée, ont parfois tendance à s'affranchir de leur servitude de manière plutôt radicale, avec toutefois une fougue propre à la jeunesse n'ayant d'égal qu'un manque flagrant de préméditation. Ceci dit et selon le proverbe, l'union (même provisoire à l'extrême) fait la force. Il faut croire que leur maître pourtant impitoyable les jugeait trop différents pour jamais les voir un jour s'allier contre celui qui détenait leur identité officielle mais aussi propre, qui savait tout de leurs moindres peurs et faiblesses, à moins qu'il n'eut aimé le risque sous toutes ses formes. Mais sa mort ne représentait-elle pas à elle seule son manque de prudence ? Disparition par ailleurs douteuse et qui avait longtemps fait murmurer. Les hypothèses les plus diverses circulaient, les une venant contredire les autres: un sycophante quelconque l'avait livré à un noyau de sentinelles, l'un ou plusieurs de ses élèves s'étai(en)t associé(s) à un groupe de mentaïs envieux de sa réputation pour l'expulser du jeu. Cet homme avait tout de même fait ses armes sous la férule de Ghend Ar' Althalus ! On ne l'imaginait pas mourir d'infarctus dans son sommeil.

Si le jeune Ottam était pour lui une sempiternelle source d'exaspération, il tenait pour certain dès le début que l'ambition démesurée de l'adolescent blond le porterait loin. Le pirate s'amusa de la sagacité du défunt et de son sens de l'euphémisme. Oui, il allait loin, plus loin peut-être que ce mercenaire mythique connu sous le doux épithète de "Main du Chaos" et qui asseyait à quarante ans une emprise soigneusement contrôlée sur la guilde. Dolohov devait actuellement atteindre sa trentième année..

Si l'onde aux volutes violines parées de colorations évanescentes retenait effectivement l'attention par son trouble parfait, reflet rival de l'Arche tel l'opposition de l'Ordre et son insidieux jumeau, l'aline ne s'oubliait pas assez dans cette fascinante métaphore pour omettre de détailler circonspectement et par intermittences les coulisses de la pièce qui allait bientôt se dérouler en quelques actes. Ce faraud au verbe pédant, cette jeune femme remballant son étal, cet homme mûr à la dégaine de brute, tous devenaient soudain susceptibles de constituer les différents fils d'une toile à l'harmonie parfaite ou presque, il venait de le comprendre avec la relation de cause à effet qu'avait suscitée le rire moqueur de la fille de joie. Trop dérangeant pour être une simple coïncidence.
Le brun s'aperçut à cet instant que même en acceptant également le contraire, il était resté persuadé de la place secondaire de Dolohov dans ces trames, songeant avec sans doute les restes de leur rivalité que son présomptueux camarade s'épanouissait dans un rôle de pantin. Où est ton marionnettiste, mentaï ? Où se cache celui qui joue avec ton image pour protéger la sienne ? Cette hypothèse aurait pu se montrer vérifiable s'il n'y avait eu tous ces.. J'ignorais que ton emprise était si complète, tes liens si finement tressés. Me voilà empli d'arrogance, souriant et calme jusqu'au coeur de ton empire invisible. Et j'ose parler de prudence.
Idril resserra ses bras autour de sa toge miteuse d'ermite et soutint le regard gris; son interlocuteur étant passé maître dans l'art de dissimuler ses pensées, la légère incompréhension et la méfiance d'usage qu'il crut y déceler avaient certaines chances de n'être que ce qu'il s'attendait à y voir. Pourquoi pas après tout ? L'étonnement de voir un ennemi potentiel pénétrer ses terres dans une tranquillité ne pouvant signifier que l'ignorance ou une trop grande confiance en soi. Il y brillait aussi un peu d'amusement, à bien observer, peut-être le même qu'exprimait le gris moins tranchant de l'ermite, celui de glisser dans des phrases à double-sens, dans cette idiome unique formée de non-dits et de guet-appens oraux, après tant de temps. Se laisser griser par ce crépuscule allégorique, s'envelopper de mots trompeurs afin de consolider son masque, se tailler un costume sur mesure dans le mauve mortellement pâle des nuages au-dessus de la ville. Tout cet espace en Al-Jeit, toutes ces splendeurs qui jamais ne vaudraient un instant comme celui-ci. Tout cet espace et tout ce peu de place pour modeler des phrases aux courbes raffinées, tout cet infini.
Au centre de la toile patiemment façonnée par son ancien camarade, le pirate se sentait reprit par son amour des défis avec cette vision létalement poétique qui l'empoisonnait délicieusement; oui, ce manque d'une perception plus pragmatique était et serait toujours l'une de ses plus compromettantes spécificités. Mais par les diamants de l'Arche, que ces souffles insanes exhalaient de saveurs !

- La Dame.. l'on dit d'elle bien des choses, et que sa nageoire vienne troubler les flots capricieux du Pollimage ou retoucher les courbes de l'Arche n'aurait finalement rien d'étonnant. Mais imagine sa danse sous la lune, ressens son corps onduler dans le ciel renvoyé aux flots, tout l'irréel de ce spectacle, ah..

Amjad inspira par deux fois l'air frissonnant, pénétré d'un calme exultatoire. Ca y est, la pièce peut commencer. Qui mènera l'échange, qui contrôlera les répliques ? Qui soutirera le plus d'informations à l'autre ? Il savait que le réseau du noble s'étendait de jour en jour, plus vite et plus efficacement que prévu. Il savait qu'il suffisait à Dolohov de faire vibrer un fil de sa toile pour que quelque part quelqu'un lui apprenne tout ce qu'il souhaitait connaître. Il savait que si sa présence ici l'indisposait, il suffirait au blond d'un léger mouvement de tête et d'un silence complet. Il savait également que tant que sa réapparition l'intriguerait le digne héritier des Zil'Urain tiendrait ses alliés en périphérie et les indésirables à distance. Et le voir ainsi presque englué dans son ouvrage faisait sourire l'aline, cela compensait la pointe de jalousie qui demeurait en regardant de loin le pouvoir de persuasion et le contrôle que le talentueux manipulateur exerçait sur son monde. Et le brun n'en était que plus satisfait d'avoir en sa possession au moins deux éléments que l'autre était censé ignorer.

- Non, je n'ai pas voyagé jusqu'ici pour ce genre de rencontres.

Cette autre guilde d'abord.. cette organisation secrète avec qui il lui arrivait d'échanger des informations par le biais d'un contact sûr (ou en tout cas aussi sûr que peux l'être un agent double) à grand renforts de précautions des deux côtés. Une rencontre aurait bientôt lieu.
Et puis cet homme. Un espion de plus, un traître légalement exécuté sans trop poser de questions, pour l'aboutissement d'un important contrat ou jouer les exécutants s'imposait comme nécessaire. Cette missive qu'il transportait.. à l'Académie de Merwyn.
Il ignorait encore que révéler, que taire. Laisser sous-entendre restait un moyen utile mais trop usité pour ne pas éveiller la méfiance. Et il y avait toujours cette histoire de démon. Peut-être flottait-il là à quelques mètres seulement, concept désincarné sous ce ciel vespéral, investissant l'Imagination comme une tumeur dévore un cerveau. A cette idée Amjad effleura l'autre dimension où ne traînaient que les échos de la présence de Dolohov et quelques autres parfois nettement moins discrètes appartenant sans doute aux anonymes environnants. Découverte qui ne le rassura pas: à quoi ressemble la trace d'un esprit dans les Spires ?
Et toi, qu'as-tu fais pendant toutes ces années ? Seulement joué des coudes, des menaces et des lettres pour t'engoncer dans tes propres filets ? As-tu d'autres projets ? Quant à savoir si tu pourras les cacher à ton démon, c'est une question au demeurant intéressante.

- On m'a dit que parfois, au crépuscule, on pouvait croiser sur les rives du Pollimage des hommes si troublés par la vue de l'Arche et son miroir sous les lumières du soir qu'ils en ont vendu leur âme au diable.

L'aline réitéra un coup d'oeil faussement émerveillé en direction du pont mythique qui luisait doucement sous l'ultime embrasement du soleil et hésita, ne sachant comment formuler sa pensée à la fois plus et moins clairement. A la réflexion, inutile d'être concis. L'interprétation de Dolohov ou du moins ce qu'il accepterait de laisser entendre serait révélateur donc bénéfique. Ce fut néammoins prudemment qu'il reprit la parole, comme pesant le pour et le contre, ne trouvant pas de suite assez ambiguë.

- Je me demande bien pourquoi.

Son texte énoncé, le brun se permit de relâcher un peu son attention pour mieux détailler le noble: ses longs cheveux fauves ne semblaient jamais devoir cesser d'étendre leurs louvoiements entrelacés le long de leur espace, les yeux gris eau tumultueuse affichaient toujours le même détachement. Les habits d'aristocrate paraissaient ridicules sur un mercenaire, en particulier sur lui à qui la tenue de cuir sombre seyait si bien; mais il y avait dans ses gants de velours quelque chose de singulier, à la fois désespérément précieux et étrangement inquiétant. Ainsi c'était désormais à ce genre de mascarade que lui servait son nom ? Une couverture parfaite, aucun doute là-dessus. Même les costumes étaient en place.

L'eau du fleuve s'irisa de milles couleurs froides dans le soleil agonisant et un instant une ombre passa dans l'univers de silence liquide, comme si la Dame elle-même trempait sa légende dans l'aquarelle.


[ Yeah, la flemingïte s'en va Comme tu as dû le voir, j'ai pris quelques libertés.."passétiques" dans le premier paragraphe, dis-moi si quelque chose te déranges (et pour le reste aussi)]


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MessageSujet: Re: L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)   Ven 16 Mai 2008 - 18:35

[Esta perfecto. Mieux même, mais comme d'hab' j'ai pas les mots..]

Il sentait le regard d'Idril dardés sur les choses, les êtres... Comme toujours.
Comme tout mercenaire ayant procédé sous leur maître... Comme tous les traitres.
Il dénigra les douces ondulations du Pollimage pour se tourner vers lui, comme l'aurait fait un homme poli en pleine conversation. Les yeux gris glissaient, imperturbables, d'un homme à l'autre, du mentaï au pont, sans expression variable. Simplement, à la manière d'un homme sensible aux choses du monde.
Tellement sensible... De tous les mercenaires qu'il avait rencontré, jamais le mentaï n'avais pu observer un pareil sens de l'intuition, une semblable façon de s'imprégner d'un décor, d'identification d'un clin d'œil... Il savait que la force de son ancien camarade résidait en sa capacité à percer les choses, et leurs détails. Entre autre.
Il n'était pas assez fou pour vouloir le rencontrer sans réelles sécurités. Et autour d'eux, il n'y avait qu'un ou deux passants inconnus au cercle vicieux du noble. Insignifiants....
Il n'était pas fou. Chacun de ses souffles était maîtrisé, délicatement cisaillé pour accentuer encore cette impression de puissance tranquille, la douceur manifeste de ses gestes dissimulait à toute personne "qui ne savait pas" les milles et unes armes que drapait son manteau d'ermite...
Il n'était pas fou. Mais il était venu seul. Il était vrai que dans leur apprentissage, si on exceptait les masques qui se devaient d'être parfaits, n'avaient pas été accés sur la prudence ou l'humilité...
Peut-être, d'ailleurs, était-ce pour cette raison que Dolohov et lui, bien que spontanément sur leurs gardes en présence de l'Autre, ne pouvaient se résoudre à se débarrasser l'un de l'autre. Ou au moins à l'essayer.
Parce que Dolohov, pour qui Idril était avant tout une parfaite incertitude et un ancien rival, ne pouvait envisager l'idée d'être rattrapé par un vulgaire plébéien.. dût-il être Alines. D'être menacé par ce même homme. Catilina avait commis l'erreur de prendre peur lors des discours de Cicéron. Catilina avait échoué dans sa tâche et l'organisation de son chaos. Il ne fallait pas commencer à douter, ni de lui, ni des fils de sa toile; tout était sous contrôle, tout n'était que jeu et peut-être...?

L'héritier avait oublié à quel point la voix de l'autre pouvait être profonde et éloquente. S'en amusa, laissant un sourire flotter sur ses lèvres lorsque l'autre laissa échapper un soupire de plénitude. Rictus qui trouva un écho tout aussi faussement candide chez son mystérieux interlocuteur... Sentant un souffle de vent passer sur son visage, lui amenant les douces effluves du Pollimage.
Le sel et l'acide, sous une note de cyprès. Le lit de la Dame, ses charmes étrangement dérangeant, sa grandeur passablement écrasante pour un égo aussi follement dimensionné que le sien. Malgré sa toile, le mentaï se sentait ridicule. Insignifiant. Ephémère. L'autre ressentait-il aussi les doutes, l'écrasement de l'éternité, la soif d'intensité... le besoin d'inscrire son nom en lettres d'or sur le livre de l'univers, de le souligner deux fois, de le faire recopier aux générations suivantes?
Si c'était le cas... c'était triste. Il ne serait jamais exaucé. Il n'y aurait qu'un vainqueur dans ce jeu de masques. Et ce serait le plus fourbe des deux.

Sa question obligea le masque du mentaï à se composer un air pensif et réfléchi... Il vit son interlocuteur tourner son regard d'onyx vers les flammes du couchant et s'amusa des lueurs sanglantes que l'astre du jour dessinait dans les ténèbres de ses cheveux. Un autre chaos, sombre, bestial, qui contrastait admirablement avec la sobriété et la douceur éthérée du mentaï qui lui faisait face.
Tournant à son tour le visage vers le couchant, il laissa le silence planer, étudiant l'encre qui noircissait maintenant les nuées délicates, le funambule céleste qui s'enfonçait dans les eaux délicates...
Retint un soupire en constatant que la lumière passant à travers l'Arche se répercutait maintenant en une infinité de flaques pourpres...


-Ta culture m'impressionne, ermite... les légendes de l'Autre monde sont rarement... explicitées au commun. Souvent, même, les instruits évitent d'évoquer ces sujets déstabilisant pour le peuple. On ne sait jamais prévoir les réactions d'un interlocuteur..., susurra le mentaï

Sourire, pour refaire face à l'homme, les yeux noyés dans sa propre ombre, qui cachait une moitié du visage de l'autre au crépuscule.

-Supposons tous les deux quelque chose qui éclipserait ce que peut offrir un spectacle comme ces cristaux ou une danse de la Dame. Assez pour fasciner un homme et le pousser dans les bras d'une hypothétique créature. Le gueux basique se laisserait surement éblouir. L'homme de prudence reculerait, ou se laisserait sagement rouler dans les ondes du fleuve. M'est d'avis que chaque type de personne aurait ses raisons de refuser ou non un marché avec le diable. Chaque réponse aurait eu ses conséquences, le tout est de le savoir, et d'agir en conséquences.


Autre silence, pendant que l'ombre installait son hégémonie sur le monde, étouffa les dernières lueurs de l'astre... Le moment du crépuscule que Dolohov préférait, et dont il ne pouvait voir qu'un pâle reflet dans les yeux de son interlocuteur. Le sourire disparu, pour devenir une mine contrite.
L'issue se jouait d'entrée de jeu, et même si selon toute vraissemblance, l'hypocrisie serait de mise, même dans les sous-entendus, le blond aimait à penser qu'il passerait outre les illusions de son vis-à-vis et vice versa.
Leur maître n'avait pas choisi des imbéciles pour succéder à son empire secret, et le blond était toujours intimement persuadé que si aujourd'hui, il occupait la place qu'on lui avait prédit... ça n'avait été que de justesse.
Lui aussi, avait compté dans le jeu. Il avait défi le maître, un peu trop souvent, un peu trop longtemps, rechignant sur des détails et des formulations là où Dolohov s'était courbé pour mieux régner...
Au point peut-être de passer pour un faux ambitieux, là où l'Autre devenait un traître potentiel? Ou pour une personne prévenente là où le pirate était clairvoyant?
Peut-être le maître avait-il espéré qu'après les multiples rencontres qui avaient créés ces liens étrange entre les deux hommes, qu'ils finiraient par associer leurs qualités, pour tempérer leurs défauts. A leur manières, ils étaient complémentaires...
Mais dans le chaos, rares étaient les équipes, et livrer le pouvoir aux deux élèves était restreindre leur champ d'actions, et les chances qu'ils avaient de se maintenir en vie assez longtemps pour augmenter encore l'ampleur de leur savoir...
Un autre instant, Dolohov se demanda si depuis le début, le manipulateur qui lui avait si bien appris à tisser ses toiles avait prévu sa fin et surtout, une situation comme celle-ci.
S'il avait espéré qu'un jour, le prévoyant acepte le regard un peu trop critique de l'autre sur ses choix.
Qu'il nuance ses mots au point d'oublier sa fierté, et flatter l'orgueil de l'autre... pour mieux servir ses dessins?
L'idée, bien qu'ironique s'attira les faveurs du nobliard, qui reprit sur le ton du murmure...

-Ce serait terrible si ce que tu avances pouvait être vrai... Comment penses-tu qu'un de ces éblouis puisse vivre, par après?


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MessageSujet: Re: L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)   Sam 28 Juin 2008 - 22:36

[Mille excuses pour cet énorme retard, ça ne se reproduira plus jamais.. et désolée pour certains passages qui sont médiocres. Le tien était superbe < 3]

L'embrasement de l'arche légua un peu de ses reflets sanglants à chaque illusion humaine respirant sur la rive. Ainsi illuminé, le visage de Dolohov prenait des proportions marmoréennes, statufié par le crépuscule. Impression découlant sans doute de ses traits tendus comme tout être face à l'aveuglement du soleil couplés à sa peau pâle. Mais contrairement à ce qu'elle aurait fait pour une sculpture, l'émanation lumineuse ne lésinait pas pour lui d'irisations rougeâtres ou mordorées, glissées dans sa chevelure fauve autant qu'en son regard.. Idril tenta d'adopter le point de vue d'un plébéien quelconque face à cette image pour le moins inquiétante, propre à la mystification. Oui, à partir d'une certaine concentration, la vision du nobliaud oblitérait celle du mentaï. Et le masque a priori grossier se révélait parfait: voilà un petit aristocrate bouffi d'orgueil et de frustration qui aimerait bien pouvoir saisir l'astre décadent dans le creux de sa paume. Et là, un mercenaire ambitieux qui en possède les moyens. Quitte à s'y brûler. Leurs pantins et leur véritable identité n'étaient pas si différents, remarqua l'ermite. Seuls changeaient peut-être quelques traits de caractère suggérés, quelques idéaux de façade. S'en trouvaient-ils peu à peu compromettants ? Il ne pouvait véritablement juger son propre masque d'un point de vue totalement détaché, aussi se contenta-t'il de celui du noble. Un même nom pour un même état, des désirs peut-être semblables pour des possibilités différentes.. Dolohov et Dolohov se complétaient à la perfection. C'en était presque.. frustrant.

Face au gris assagi du Pollimage, un vague souvenir s'imposa à Amjad, sans raison apparente. Il devait avoir derrière lui sept ou huit étés passés sous le soleil Aline; un navire amarré au creux d'une crique soutenait ses voiles affaissées par une brise salée. Quelques enfants profitaient du relâchement qu'entraînait toujours un raid réussi pour courir sur le pont, escalader les mâts. Le futur mentaï volait dans les voilures lorsque son pied agile se déroba: les flots avides de l'océan s'ouvrirent pour l'accueillir, les écueils frémirent. L'enfant saisit instinctivement un cordage salvateur et oscilla dans le gréement pourtant si familier, transi d'effroi rétrospectif. Arrimé à son viatique, les membres recrus, il réussit à gagner le nid-de-pie ou il s'assit ridiculement près du mât. Le bourdonnement des insectes, la brûlure du jour qui n'altérait pas leur peau bronzée, tout prit soudain une acuité étonnante. Le garçonnet n'entendait plus la brise, il la ressentait. Le bois sous se pieds gagnait en rugosité, en fraîcheur, en existence. Même le céruléen uniforme du ciel n'avait jamais paru si ourlé de teintes diverses. Et l'océan.. il se pencha prudemment vers l'étendue scintillante et familière qui marquait son horizon depuis toujours et qui avait failli le saisir. Comment tant de nuances de gris, vert, bleu pouvaient-elles seulement exister ? Certaines se révélaient inexprimables, sans doute personne ne les avait jamais nommées. Et cette odeur, ce goût inhérent de sel asséchant la terre et la gorge, façonnant le visage. Lui aussi n'était qu'une aberration, émanation fallacieuse de cette étendue d'eau infinie qui donnait la vie et la prenait et qui, paraîtrait-il, faisait tant rêver ceux qui jamais n'avaient dansé sur ses flots. Pour une fois, Amjad percevait un peu de leur ressenti. Et c'était cette image incongrue qui lui revenait aujourd'hui, celle du scintillement indigo du domaine infini de la Dame, ce bris de soleil qui entretenait l'impression fugace ou non que sa surface s'avérerait plus dure que le plus sec de ses récifs. Alors que sous le miroir se déroulait tout un monde occulte à la beauté plus subtile, plus profond mais tellement plus fascinant.

Il savait que le Zil'Urain aussi appréciait le côté ésotérique des choses, la manière posée qu'elles avaient de dissimuler leur véritable intérêt ou l'intérêt en soi. Qui préférerait le côté fruste d'un concept, son faste ou son attrait premier ? Beaucoup de personnes, à bien y réfléchir. Pas les mentaïs. Pas toute personne un peu cultivée ou versée dans l'art des jeux d'illusions. Ce que l'aline avait néammoins tendance à oublier tendait à être sa plus grande faiblesse: l'extase qu'il prenait à percevoir d'infimes sensations lui faisait trop souvent oublier que la beauté, visible ou non, n'existait pas pour elle-même. Voilà peut-être ce que Dolohov comprenait mieux que lui et l'explication de sa supériorité sociale. Oui, le noble avait sans doute un peu plus d'ambition, ou du moins n'attendait-il pas pour disposer les pièces de son jeu. Un jeu dans lequel beaucoup de motivations concordaient, et tous deux savaient que pour renverser l'Empire -rien que ça- il faudrait nouer certaines alliances plus ou moins désagréables. Quel dommage que la fébrilité de la trahison ait depuis toujours condamné l'Ordre du Chaos à un sempiternel échec lorsqu'il aurait simplement fallu s'unir en oubliant pour un temps son envie de pouvoir jusqu'à l'avènement du chaos, la destruction du système totalitaire ! Et là..là reprendrait la course, la fourberie et le parjure. Tout basculerait à cet instant, et que le plus rapide, le plus pervers, le plus puissant gagne ! La plupart des mercenaires avaient conscience de cette vérité désagréable, mais pas un ne supporterait cette union dont on les avait dégoûtés. Pas un ne pourrait sacrifier son égo ainsi. Et, malgré ce jugement plus ou moins méprisant, le pirate ne se faisait pas d'illusions: il appartenait au lot au même titre que tous les autres. D'où impasse.

A moins qu'il n'existe d'autres alternatives. Le blond intrigant, par exemple, ralliait peu à peu les hommes de l'ombre sous sa bannière d'éloquence, sans avoir besoin de mettre son orgueil maladif de côté. En étant connu de tous, il s'exposait, bien sûr. Mais il s'était également rendu indispensable. Sa disparition entraînerait probablement une certaine anarchie.. un chaos au sein du Chaos. Amjad reporta son regard sur l'Arche. Non, il n'était pas en son pouvoir de supprimer Dolohov. Et même s'il l'avait pu.. cette idée s'avérerait un syllogisme. Même dans les rares occasions ou son ancien condisciple s'était retrouvé à portée de sa lame, jamais l'arme en question n'avait tenté de décrire une courbe mortelle. Une hésitation réciproque, apparemment.
Et puis, on ne tuait pas ainsi celui qui tenait des centaines de ficelles entre ses poings gantés. Ne serait-ce que pour sa précieuse clairvoyance. Et qu'il ne soit qu'ambition démesurée ne changeait rien à la donne. A propos d'ambition démesurée, le brun s'étonnait encore des sommets atteints: maintenant qu'il en possédait les moyens, le noble était-il devenu téméraire ? Faire appel à un démon au lieu d'attendre encore un peu son heure.. idée qui le fit sourire. Autant qu'il s'en souvienne, Dolohov n'avait jamais élevé la patience au rang de vertu.

Idril enregistra srupuleusement les paroles du si influent mentaï. Ainsi, les suppositions étaient vraies ? Il avait pactisé avec un démon.. séduit par l'appât du gain, bien sûr. Mais qui aurait récusé des promesses aux couleurs de puissance ? Les créatures de ce genre avaient la réputation d'être violentes et haineuses ainsi que totalement dénuées de scrupules. Imprévisibles, également, là étant le danger le plus imminent. D'où le parallèle avec un Diable qui ne possédait pas vraiment d'équivalent en Gwendalavir. Nul doute qu'avec son phrasé exemplaire, le blond savait se faire entendre -peut-être même apprécier- de l'entité maléfique. Mais par la Dame, que de risques il prenait pour des clauses que l'être désincarné ne remplirait probablement jamais ! La quasi-certitude désormais que cette histoire de démon n'était pas que racontars de sous-fifres superstitieux inquiétèrent l'aline. Parce qu'il en savait peu sur ce genre de créatures, que son ignorance le vexait et qu'il craignait de devoir à son tour subir les caprices d'une chose démoniaque, si celle-ci flottait dans les parages. Il fallait rapidement acquérir la certitude que ce n'était pas le cas.

- Vivre ? S'abstenant de réagir aux deux premières tirades de son estimé confrère, le mentaï eut un petit rire faux. Crois-tu vraiment qu'il puissent vivre, après ça ? En supposant que leur maître ne détruise pas leur minuscule existence d'un soupçon de pouvoir, je doute qu'ils sachent conserver leur raison. Ou leurs rêves, leur futur. Rongés qu'ils seraient de n'avoir rien été qu'un instrument, qu'une marionnette dans les mains d'un plus puissant alors qu'ils croyaient le duper !

Il avait conscience d'un peu trop parler mais ne bridait pas son scepticisme, l'occasion d'énoncer des désagréments était trop belle. Bien que le talentueux noble soit trop intelligent pour réagir à cette attaque grossière, nul doute que le sous-entendu ne serait pas pour lui plaire. Ou bien tout cela n'aurait même pas l'heur de l'agacer.. Amjad s'amusa de sa propre puérilité.

- A moins que leur obédience affectée n'entame peu à peu la puissance de l'être démoniaque. Oui, s'il en était un d'assez subtil..penses-tu que cela serait possible, manipuler le Diable ?

Il se retourna vers le profil rigide du blond. A mesure que le ciel noyait son opulence aux eaux pour retirer la pellicule de fausseté printanière et dévoiler sa profondeur, son visage s'entachait de sang. De sang et d'ombres, un mélange consubstantiel au Chaos. A l'autre chaos, celui plus rare qui déchirait les masques et tachait le sol. Comme la surface de l'océan et son image.

- D'autant plus qu'on lui prête nombre de talents aussi étonnants qu'enviables. Celui de lire dans les esprits, de faire naître du feu du bout de son mythe ou de posséder le corps d'un malheureux quelconque. On lui prête également le don d'ubiquité.. mais tu le sais sans doute.

L'aline croisa le regard gris torturé par le soir. Il ne se souvenait pas que les prunelles en fussent si claires: on pouvait y apercevoir le reflet des vicissitudes de l'astre noyé. Et tous ces demi-mots qui n'en finissaient pas.. pour une fois, l'homme aurait bien aimé avoir pu exprimer sa question prudente autrement que par d'interminables dérivations. Peut-être parce qu'il s'était senti relativement malhabile sur cet acte ? Pourtant, quand l'eau devint pour la dernière fois coruscante, il puisa dans le terme de l'agonie solaire une certaine sérénité. "Quelque chose qui éclipserait ce que peut offrir un spectacle comme ces cristaux ou une danse de la Dame".. La remarque ironique engoncée en cette phrase me plaît, volontaire ou non. Et je ne sais qui de nous deux a choisi la meilleure voir pour parvenir à ses fins.


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MessageSujet: Re: L'eau a coulé sous les... arches (RP terminé)   Ven 5 Sep 2008 - 20:25

[Me pardonneras-tu mon retard et ce visible radotage? Embarassed ]

Etrange, que cette conversation. Dolohov en venait à négliger certaines des protections qu'il avait mis tant de temps à créer... Tout ça à cause de la verve d'un sous-fifre qui ne devrait idéalement pas signifier quoi que ce fut.

C'était d'ailleurs une des premières leçons que le Maître lui avait enseigné. Toute la subtilité du mercenaire ne résidait pas dans sa manière de dissimuler, ou de combattre. La plus importante face du pouvoir du chaos résidait dans le détachement.
Il fallait que le jeune Zil' Urain parvienne à se tenir à distance des jeunes gens, des femmes qui auraient pu s'attirer autre chose que des instincts bassement physiques. Il fallait manipuler les considérations pour que chaque être vivant n'apparaisse pas en étant davantage qu'une marionnette; ou un animal à dompter. La confiance n'existait que pour ceux qui y croyait, il fallait la rejeter, en travestir le sens. Il n'était que le pouvoir, la soif de pouvoir, et les moyens qu'on se devait d'utiliser pour l'étancher.
Il y avait les devoirs, et la solitude. La solitude propre aux destins exceptionnels, celle qui s'accompagne parfois de remords, sur un lit de mort. Ca n'avait que peu d'importance, rares étaient les mercenaires qui avaient l'occasion de se regarder vieillir.
Dans le chaos, rien n'avait de sens. Il n'y avait que les désirs...
Dolohov n'aurait pas dû désirer retrouver une part de son maître dans les traits de l'autre apprenti. A quoi bon, d'ailleurs? Il n'avait jamais aimé le maître, avait autant profité de sa mort que de son enseignement...

Pourquoi, alors, s'agacer de la kyrielle de propos enflammés de son adversaire de toujours? Qu'en avait-il à faire, de ces jugements? Il serait vainqueur dans cette histoire, il le savait, il le savourait.
Pourquoi, lui; le masque qui avait été jusqu'à parvenir à tromper une entité, était-il incapable de retenir ce léger froncement de sourcils, imperceptible pour le commun, et qui pourtant, serait immanquablement débusqué par l'Aline qui le dévisageait? Pourquoi se retenir de lui fermer la bouche, lui couper la langue, lui arracher les yeux pour lui montrer, ce qu'il était vraiment capable de faire, simplement en laissant tomber ce délicat mouchoir de soie?
Pourquoi, surtout, cette remise en question qui s'immisçait dans son esprit torturé?

Le noble n'avait pas pour habitude de se pencher sur les critiques, il leur était immensément supérieur et en avait pleinement conscience. Il voyait plus loin qu'eux tous, bien plus loin...
Il n'y avait pas que ce crépuscule, ce soir, le soleil n'était pas seul à mourir. Ailleurs, d'autres jouaient, improbables pièces d'échiquiers, là-bas, à l'ouest, les raïs se tempéraient, crevaient, hurlaient peut-être leur frustration. Et plus simplement, en ville, se prélassait l'Empereur immonde, celui qui pour l'instant se prélassait dans les appartements les plus luxueux de l'empire.
Les appartements que le mentaï revendiquait à demi-mot à chaque fois que son regard se portait sur le palais, ou la ville blanche. A chaque fois qu'il se fondait dans les ténèbres qu'elles projetaient au sol.
Bref.
Tâchant d'assembler ses pensées de manière aussi cohérente que caustique, l'héritier blond se décida à moucher le fanfaron qui se tenait dans son dos. On ne le prenait pas pour un stupide gueux impunément.


-On prête aussi au maître d'arme de légende une totale absence de faiblesses, et à l'Empereur un don de naissance pour le commandement, ce n'est ignoré de personne. Vois-tu, je pense que tout cela, c'est poudre aux yeux, et qu'il faut être bien.. naïf pour y croire.
Considère néanmoins que par piété pour la Dame, que je ne tâcherai pas de me représenter, ni de nommer, une entité qui ne lui ressemble pas. Même si ça n'attire pas sur nos têtes un cauchemar, je préfère ne pas mettre en colère Celle dont le sanctuaire est à nos pieds.
Si la créature à laquelle tu penses était réellement dotée d'autant de puissance, penses-tu vraiment qu'elle s'acharnerait à corrompre de malheureux paladins, et autres roturiers qui foulerait les terres de nos ancêtres
?, sembla-t-il hasarder, adoptant une attitude des plus condescendantes.

Dolohov n'aurait jamais admis que cette réplique, purement superflue, et dangereuse pour le bon déroulement de son plan, avait trouvé une place dans son discours uniquement par puérilité.
Tout comme il était inconcevable d'imaginer, même une seconde que ce fanfaron retournerait sa propre théorie vers sa personne, pour trouver les faiblesses qui pouvaient lui rester et en éliminer encore certaines...
La perfection en soi ne se devait pas d'exister ailleurs qu'à la surface du Pollimage, au crépuscule.


Le noble Zil'Urain espérait d'ailleurs déceler dans le yeux obsidienne de son interlocuteur cette pointe de honte teintée de colère... juste une seconde, ce petit éclat qui couronnerait l'égo du trentenaire d'un autre laurier.

-Sais-tu ce que les mortels qui habitent l'autre monde voient comme intérêt dans une divinité comme celle que nous avons précédemment nommée et la terreur qu'elle suscite? Un moyen d'éviter la tentation.
Quoi de pire que la tentation de sombrer, toujours davantage dans l'égoïsme? Je les trouve fins, moi, ces erres. Grâce au sentiment de peur, ils peuvent à présent manipuler des foules entières simplement en évoquant son maudit nom. Ils peuvent faire édifier des cathédrales majestueuses en l'honneur du dieu qu'ils vénèrent, pour graver leur nom dans l'histoire, conserver un soupçon d'immortalité, et comment?
En promettant aux gueux qu'ils seront protégés par les murs. Qu'ils seront libérés de la menace qui plane sur eux en se pliant corps et âmes aux exigences de leurs prêtres
, souffla-t-il encore plus bas, de façon cette fois à être sûr que personne, même parmis ses hommes, ne puisse intercepter la conversation.

Si l'étincelle de soumission restait invisible dans les prunelles du mentaï, au moins l'homme blond était sûr d'être écouté.
Prolongeant volontairement le silence en contemplant les yeux noirs, la pupille que le crépuscule dilatait, prémisse de la nuit sans lune qui ne tarderait plus à installer son hégémonie sur le monde.


-Craindre un symbole ou une rumeur est une chose. Craindre ce qui se cache dessous en est une autre... l'essentiel est de savoir ce qu'on peut tirer de la peur des autres et de l'utiliser à bon escient. Les ombres sont à la démesure de celui qui les a projetées, conclua-t-il, plein de suffisance.

Dans le cas qui les occupait, le "diable" n'avait pas réellement usurpé sa réputation. Mais il restait faillible, l'entretien que les deux hommes entretenaient en étaient la preuve irréfutable.
Dans un sens, Dolohov aurait peut-être dû remercier l'Aline. Il valait tout de même mieux ne pas y compter.


-J'espère que tes yeux de sages seront toujours emprunts de lumière; puisses-tu rester lucide et tes pas emprunter la bonne direction.

Celle qui retardera le plus longuement ton étreinte avec la mort.
L'indéfectible sourire discret de l'homme s'accentua quand il mima les gestes qui accompagnaient ce genre de parole.
Il fallait sans doute être mercenaire pour voir, au delà de cette apparente bénédiction candide une menace de mort aussi réelle que le poignard dans la botte de son propriétaire. Etrange, d'ailleurs, que ladite lame reste bien sagement dans sa cachette, sans que son propriétaire n'esquisse même la moindre position défensive ou parée.
A croire qu'il y avait bien une entité à leurs côtés, ce soir-là. un spectre malingre, aux yeux calculateurs et à la musculature fine. Une légende effacée par un meutre d'apprenti chanceux, mais celà était une autre histoire.

L'asservissement par les mots semblait intéresser les deux orgueilleux davantage que la mort par le sang. Peut-être parce que l'art des mots était celui que leur mentor avait perfectionné à l'extrême, chez l'un comme l'autre. Ou que cette discipline lui avait été chère.

Dans un coin de son esprit, un vermisseau laissa entrevoir le cadavre de la putain qui avait eu l'audace de rire, nonobstant ce détail, l'instant était savoureux. Pourtant, il détourna la tête, laissa glisser ses yeux gris sur l'onde à présent parée de mauve du grand fleuve. Il lui incombait de trouver avant tout autre une tâcher vermeille,s'il en était une et de la maquiller de façon à se débarrasser d'un danger, et de se blanchir davantage aux yeux de son empereur et de sa caste dite "immaculée". Personne ne devait jamais rien soupçonner, ou il ne serait Dieu que dans ses chimère, et un autre de ces Catilina que l'Histoire finirait par moisir dans de vieux papiers...Il n'était pas prêt à accepter l'idée. Tant pis s'il devait manquer une grimace vexée chez son vis à vis.



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