Marquer tous les forums
comme lus

Sujets actifs du jour
Voir les nouveaux
messages depuis
votre dernière
visite
AccueilGinetteSous le dôme hivernal (RP terminé)
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion


Forum RPG Ewilan école Merwyn RP Ellana Edwin Merwyn Vivyan Ts'Liches Marchombre Al-Poll All-Jeit Dessin Académie jdr Poésie RPG école médiéval fantasy Bottero jeu de rôle jeux de rôle RP forum quête monde salim duom
 

Partagez | 
 

 Sous le dôme hivernal (RP terminé)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 6 Jan 2008 - 0:12

La jeune fille porta lentement à ses lèvres ses mains en coupe avant de laisser tomber la neige qu'elles contenaient en une moue dégoûtée.
Il faisait froid, mais pas à ce point, quand même.
Fronçant les sourcils au fur et à mesure de sa progression, elle balaya avec agacement les perles de givre matinal scellées à sa peau comme une seconde enveloppe glaciale.
Un oiseau à la recherche de graines abandonna un instant sa quête pour observer avec curiosité cette étrange créature se frayer un passage dans la neige épaisse des sous-bois.

Ce n'est pas un prédateur, ça, n'est-ce pas ? Ou alors, ça ne va pas me faire grand-chose. C'est trop maigre, trop lent, trop fatigué. Quelle genre de créature est-ce là ? Avec ces longs poils qui lui sortent de la tête et cette face crasseuse, ça ne paraît pas vivant. Mais ça bouge. Ah..si, les deux petits points noirs, là, ça brille..ça pense. C'est vivant.

Arrivé à cette conclusion, le volatile repartit sautiller sur les traces de quelque chose à se mettre sous le bec.
La jeune fille était entre-temps parvenue à son but : un petit étang abrité dans un creux du terrain.
Elle saisit une pierre de taille moyenne et la jeta de toutes ses forces sur la glace.
Qui se brisa en milliers de petits fragments scintillants, se perdant entre ciel et terre.

Alasa avait reculé, mais n'avait pu empêcher l'eau froide de l'atteindre ; elle frissonna quelques secondes, puis oublia, pour se pencher et tremper dans le liquide glacé un doigt prudent.
Brrr.
Enfin..
Elle but plusieurs gorgées de l'eau hivernale, sourde aux protestations de ses lèvres sèches et de son estomac brûlé. Qu'est-ce que c'était bon, de boire..
Mais elle se releva trop brusquement ; son pied dérapa, elle se rétablit de justesse et le précieux poignard virevolta..pour chuter au milieu de l'étang gelé avec un tintement renvoyé par le silence.

Merde.

Pendant un bref instant d'angoisse, Alasa vit la glace se fendiller, l'arme couler comme une pierre..
Non ! Pas question d'abandonner ce stupide morceau de métal.

Elle savait pertinement que l'eau gelée est capricieuse, qu'elle ne supporterait peut-être pas son poids, que l'étang se révélerait plus profond que prévu, qu'une fois tombée, impossible de remonter, qu'à cette température, le bain ne pardonnait pas, qu'il était stupide de risquer sa vie pour un vieux couteau à la lame ébréchée..
Ne pas y penser, se concentrer sur la vieillerie en question.
Dix centimètres, ça tient, ça tient.
Vingt centimètres, pas un grincement.
Trente centimètres, le poignard se rapproche.
Soixante centimètres, je vais y arriver.
Deux mètres, je le saisis et je repars, rien de plus simple.
Trois mètres..un claquement, une fêlure.
Quatre mètres, vite, je peux toujours courir si jamais..
Cinq mètres..
Le craquement suivant ne laissait plus droit aux doutes ; une longue fendillure se dessina sur la surface du point d'eau, se stabilisa..
Alasa s'immobilisa à quelques centimètres de son arme, retint son souffle.

Et évidemment, comme c'est toujours dans ce genre de situations qu'autre chose doit arriver, comme si on avait pas assez à faire..

Encore des pas ? Cela va devenir une habitude !

- Qui est là, encore ?


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 6 Jan 2008 - 1:54

Elera s'avancait a pas lents dans la neige. Dans les moments comme ceux ci, ou elle observait le paysage blanc aussi loin que lui portait le regard, elle ne sentait plus le froid. Sa morsure ne l'infiltrait plus, il ne restait que le ciel, la neige, et un morceau de joie en sa petite personne. Alors elle continuait a avancer en fixant le lointain.

- Qui est là, encore ?

Une voix irritee et innatendue qu'elle n'avait jamais entendue auparavant. Tout ce qu'elle pouvait deviner, c'etait que les paroles etaient celles d'une jeune fille, et qu'elle n'etait pas la bienvenue. Sachant tout de meme qu'un nom ne renseignerait surement pas son interlocutrice inconnue, elle s'avanca a travers les buissons, repoussant les branches qui lui bloquaient le passage d'une main. Elle s'arreta la, stupefaite.
La soeur des loups.
La fille qu'elle avait rencontre au lac... Elle etait la, sur la glace fragile d'un petit etang. Et la glace craquait... Elera appercut un objet brillant a quelques centimetres de la brune. Un poignard... Mais pourquoi c'etait elle aventuree sur la glace? L'objet n'avait aucune importance, elle mettait sa vie en danger... En plus, elle avait bien du deviner que ca arriverait, puisque la glace etait deja fendue avant qu'elle ne s'y risque, a en voir le trou forme pres du bord. Quelqu'un avait casse la glace, elle-meme peut-etre.
La brune etait tournee vers le milieu du lac, elle ne pouvait toujours pas savoir qui elle etait. Elera pouvait imaginer sa nervosite a etre observe sans savoir par qui, et elle laissa enfin les sons echapper de sa gorge.

"Baisse toi... Redescend ton centre d'equilibre, la glace pourra mieux supporter ton poids..."

Elle attendit ensuite avec inquietude, les yeux rives sur la glace. Puis elle secoua la tete. Ce n'est pas comme ca qu'elle aiderait la fille... Elle chercha plutot une longue branche a lui tendre, au cas ou. Quoique, elle etait deja trop loin. Il faudrait qu'Elera s'avance sur la glace aussi, et elle n'etait pas sure de pouvoir le tenter... Si la glace craquait deja sous le poids de l'une, comment pourrait-elle porter le poids de deux?

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 6 Jan 2008 - 18:08

Le trou dont elle avait elle-même précipité la formation..quelle idiote elle faisait. N'importe quel imbécile aurait vite compris qu'avec ça, la surface ne tiendrait pas. Tout ça pour une arme rouillée..
Et bien arme rouillée ou pas, il était trop tard pour regretter.

Si tu es un ennemi, je suis morte.

La voix qui s'éleva alors n'avait pourtant rien d'agressif, au contraire, elle semblait vouloir l'aider. A moins qu'il ne s'agisse d'un mensonge pour mieux la faire trébucher ?

Redescendre mon centre d'équilibre..je vais le perdre, ce foutu équilibre, et c'est tout ! Non..je ne peux pas.

Ce fut les premières pensées cohérentes qui lui vinrent à l'esprit suite à cette assistance inattendue. Puis vinrent les évidentes questions d'usage, appartenant toutes à la catégorie "se renseigner sur l'ennemi".
Le problème étant que, comme l'avait deviné Elera, ce genre de questions est bien plus angoissant quant on essaie de s'immobiliser sur un étang fendillé que lorsque se tourner face à l'adversaire arme au poing est réalisable.
A propos d'arme..
Tss.

Etant momentanément dans l'incapacité de se retourner pour dévisager son interlocutrice, Alasa n'avait évidemment pas reconnu en Elera la fille qui savait parler avec le corps. A vrai dire, en ce moment, elle se fichait éperdument de l'identité de l'intruse.
Intruse peut-être, mais au point ou elle en était, la jeune fille décida de suivre son conseil, parce qu'il lui faudrait de toute façon se pencher tôt ou tard pour récupérer l'objet.

Ca va tenir, ça va tenir. Brr. Veux-tu bien venir, stupide poignard..là..je le touche. Vite. Non, surtout pas vite. Pourquoi la glace pourrait-elle mieux supporter mon poids si je me baisse ? Je crois plutôt que..ah !

Les doigts de la brune se refermèrent enfin sur le précieux couteau et elle se redressa de nouveau un peu trop vite ; pourquoi ne pas courir, maintenant ? Si elle se dépêchait, elle pourrait devancer la cassure. En fait, tout plutôt que de rester au-dessus de cette eau sombre. Mourir noyé, ce serait trop bête. Pas mourir comme ça, sans pouvoir se débattre..
Est-ce que l'inconnue était toujours derrière ? Elle ne l'entendait plus. Mais il faut dire que ce n'était pas le danger le plus urgent.

Tu es partie trop vite, tu glisse.

Mais non, je..

Et elle se retrouva presque à genoux sur l'étang, à attendre le craquement qui préluderait le bris complet de la mince pellicule d'eau gelée.
Foutues bottes.
Mais le craquement ne vint pas.
Et Alasa resta là à dévisager le pâle reflet qui la contemplait dans la glace.

Tiens, un autre miroir.

Et elle vit le visage anguleux aux yeux terrifiés de la créature qui lui faisait face, et elle se dit qu'elle faisait vraiment pitié. Mais toute cette eau glacée, juste sous la surface..

Bouge-toi, tu ne vas pas mourir comme ça quand même, pauvre idiote ?Tu ressemble à un chaton qui appelle sa mère. C'en est pathétique.

Oh, la ferme. Je ne suis plus une stupide proie qui se piège seule.

En tout cas, ça y ressemble.

Elle réussit à se relever lentement, essayant de ne rien laisser transparaitre de son angoisse, puis se mit à avancer pas à pas vers l'autre rive, le plus loin possible de ce fichu trou.
Les quelques centimètres d'eau surnageant s'infiltraient dans ses bottes pour lui donner un deuxième avant-goût de sa température, les fêlures semblaient un peu plus nombreuses, et..
Le bord, le bord, le bord.
Dans les derniers mètres elle courait presque, la glace s'affaisant autour en gémissant.
Alasa regagna la rive avec de l'eau jusqu'à mi-cuisses mais qu'importe, elle était vivante. Et le précieux poignard trônait dans une de ses mains comme le plus rare des trésors.
Son premier geste fut de se tourner vers Elera ; malgré les cheveux flamboyants de la jeune fille, elle mit quelques secondes à la reconnaître.

-..Toi ?


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 6 Jan 2008 - 21:03

Apres un moment, la sœur des loups se pencha comme elle le lui avait conseillée. Elera retint son souffle. Encore dix centimètres… cinq… Ça y est ! La brune avait attrapé son poignard. Elle n’avait qu’à revenir maintenant.
Qu’à. C’était bien facile à dire pour elle, à l’abri sur la rive…
Elle se releva brusquement. Mais non, tu dois restée près de la glace, rampe s’il le faut… Tu vas tomber, sinon…
Et comme elle l’avait prévue, la fille glissa à genoux sur la glace. Tout sembla s’arrêter autour d’Elera, à attendre et écouter la craqûre de la glace. Elle ne vint pas. La brune se releva, et le temps reprit son cours. Elle marchait prudemment, l’eau montait au dessus de la glace, les fentes devenaient de plus en plus nombreuses, elle courrait-
Elle avait réussi.
Elera laissa échapper un soupir.
La jeune fille la dévisagea sans la reconnaître. Puis son visage changea. Elle se souvenait…

-..Toi ?

Oui, moi.
Elera opina de la tete. Sous la lumière du jour, la fille semblait différente. Elle avait bien piètre allure, avec ses vêtements trempés et les cheveux en désordrelui tombaient sur le visage. Pourtant, elle lui semblait beaucoup plus forte qui maintenant, près de l’étang gelé, que ce doux soir d’été sur la rive du lac. Elera se souvenait bien de cette première rencontre, de cet instant de compréhension animale. Elle avait changé depuis, au contact des élèves de l’Académie. Sa compréhension des animaux sauvages s’était légèrement affaiblie. La sœur des loups avait sûrement changé aussi. Plusieurs mois s’étaient écoulés…
Et le courant qui était passé entre elle, était-il parti lui aussi ? …
Le poignard, lui, était toujours le même. Au moins une chose que le temps n’avait pas réussi à prendre… Maintenant que tout danger était écarté, Elera se sentit soulagée que le poignard n’est pas sombré dans l’eau insondable.
Elera s’assit dans la neige à quelques mètres de la rive. Position inférieure. La fille ne risquait rien, elle tout. Mais elle ne pensait pas qu’elle se ferait attaquer. Elle ne la quitta tout de même pas des yeux. On ne sait jamais.
Murmure.


"Je ne pensais pas te revoir…"

Non, elle avait vu la sœur des loups comme les rares voyageurs de sa place natale. Ils viennent, puis ils partent, ne laissant qu’un souvenir au plus profond des hommes, s’ils laissaient quoi que ce soit.
Mais elle n’en faisait pas partie. Elle devait vivre près d’ici, quelque part.
… En fait, Elera ne savait presque rien d’elle.

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Mer 9 Jan 2008 - 22:10

C'était étrange d'entendre cette fille parler quand le seul son d'elle jamais entendu avait été le chant des loups. Encore plus étrange paraissait la vision de sa silhouette fine juste à quelques mètres, alors que ce soir lointain près du lac semblait si irréel, avec quelque chose d'onirique alors renforcé par la nuit.

Toi non plus tu ne pensais pas la revoir, tu vois.

Ca semble si lointain.

Et tu aurais peut-être aimé que ce moment n'ai jamais existé. Pour que rien ne te détourne de la conviction que tous les humains sont des salauds ; tu vois, pourtant..

Je ne la connais pas. Elle est comme les autres, sûrement.

Tss..tu sais bien que non. Et puis si oui, toi aussi, après tout.

Pas moi.

Pourtant, si.

La ferme, à la fin !

Alasa détailla à son tour la seule fille qui ne lui aie pas inspiré de véritable dégoût depuis bien longtemps : à peine plus petite qu'elle en taille, un visage fin et confiant, de longs cheveux d'un roux rosé et de grands yeux bleus-mauves. Etait-ce vraiment la même ? C'était au crépuscule, après tout.
Mais non, c'était bien la même ; qui d'autre s'assiérait le plus naturellement du monde face à une fille armée dont elle ne savait rien ?
Surprise de la voir agir de nouveau par cet autre langage, comme si le temps passé à l'académie n'avait en rien effacé ses capacités de communication purement animales, la brune ne songea pas un seul instant à l'attaquer.

Un long regard méfiant, quand même, parce que quelqu'un qui dégage autant de confiance est forcément étrange, en tout cas dans l'esprit d'Alasa. Et puis, ça n'est pas pareil, sous le soleil.
Après une longue hésitation, la jeune fille s'assit à son tour sur la rive pour signifier qu'elle n'avait pas l'intention de se montrer hostile, allant jusqu'à rengainer son poignard, dont elle effleura amoureusement la lame avant de le faire disparaître dans un repli de ses vêtements trempés.
Il faisait un peu froid, d'ailleurs. Bizaremment, l'autre ne semblait pas en souffrir outre mesure ; elle n'était pas mouillée, d'accord, mais bon..

Tu me regardes, je te regarde, et je m'étonne de découvrir tant de calme dans tes yeux. On dirait que pour toi, le monde n'est que bonté, ou du moins que ce qui ne l'est pas ne t'atteint pas. On dirait que tu n'as pas besoin de jeter sans cesse des coups d'oeils nerveux autour de toi par peur d'être observée, on dirait que l'idée que je puisse avoir envie de te tuer ne t'effleures même pas. Est-ce que tu es toujours ainsi ? Autant de douceur en une humaine, ça me dépasse. C'est si bizarre. Tu es étrange. Comme si la vie en société n'avait rien changé dans tes comportements, dans tes idées. Moi, le bref aperçu que j'en ai eu m'a appris que je ne savais rien, je n'avais pas compris à quel point les moeurs des nôtres sont différents d'un animal digne, je n'avais rien compris et le seul résultat et que je les hais bien plus qu'avant, que pour rien au monde je ne ferais partie de ce qu'ils nomment société, de cette parodie de vie ; j'ai vu ce qu'ils faisaient, ce qu'ils croyaient, je les ai détestés et j'ai eu si honte de faire partie de leur race.
Mais toi...toi, tu me dévisages sans agressivité, sans curiosité malsaine, tu n'attends rien de moi ; ta confiance est si étrange.
Toi, tu sembles ne pas chercher à te servir de moi ; tu me respectes pour ce que je suis, pas pour ce que tu t'attends à ce que je sois. Et si rare est l'expression de tes yeux que, presque inconsciemment, je ne peux m'empêcher de te respecter à mon tour.
Comment as-tu fait ? Ils salissent tout ce qu'ils touchent de leurs idées avides ; comment as-tu fais pour garder cette fraîcheur d'âme, cette bonté elle aussi animale que plus personne ne possède ?

Alasa cilla et détourna le regard, pas seulement par étonnement, mais aussi parce que fixer trop longtemps quelqu'un de normal dans les yeux est un défi. Au début, les humains qui la regardaient plus de quelques secondes la rendaient nerveuse ; elle avait du mal à comprendre pourquoi ils faisaient ça sans forcément paraître hostiles, jusqu'à ce qu'elle s'aperçoive qu'elle aussi pouvait les regarder ainsi sans qu'ils se sentent menacés. Incompréhensible..
Cela faisait du bien d'utiliser enfin des codes normaux. Ce qui la fit douter de la suite : comment poser les questions qui venaient seules autrement qu'avec des mots ?
Si cela était possible, elle avait depuis longtemps oublié comment, et cela était si subtil qu'il fallait presque ne jamais avoir été en contact avec d'autres humains régresseurs pour y parvenir ; sans doute la fille n'y réussissait pas non plus.

Les mots, donc. Pas le choix, et c'était bien dommage.

- Pourquoi est-tu ici ?

Ca ne me dérange pas d'habitude, mais là, si mon intonation est agressive, j'en suis désolée. Je crois que tu comprendras que je ne peux pas parler autrement. Ce n'est pas contre toi.

Jamais je n'aurais cru que tu puisses éprouver un peu d'estime pour l'une de tes semblales.

Oh, toi, la ferme.


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Jeu 10 Jan 2008 - 2:03

La fille l'observa, visiblement surprise, puis s'assit a son tour. Egalite. Elle rangea aussi son arme, tout comme elle l'avait baissée au lac. Le souvenir arracha un sourire pensant à Elera. Non, les choses n’avaient pas changées tant que ça... Et en croisant le regard de la brune, sa certitude se confirma.
Il y avait bien quelque chose qui les attirait l’une à l’autre. Et pourtant, elle ne savait rien de l’autre fille.
Elle n'avait aucune idée de son identité, elle ne savait pas d'où elle venait, pourquoi elle était ici, ce qu'elle aimait, si elle avait une famille... La liste était longue. Mais en vérité, rien de tout cela n'avait de l'importance. Elle était la, et c'était la seule chose qui comptait.
Pourtant, Elera ne pouvait s'empêcher de s'interroger. La sœur des loups ne semblait pas vivre avec les humains. Son comportement était trop instinctif, trop près de celui d'un animal solitaire. Pas complètement ; elle restait quand même une humaine, comme l’avait prouvé ses mots. Les animaux ne parlent pas à la manière des hommes. Mais la fille était si différente… Tous ses gestes lui disaient qu’elle ne faisait pas parti de la société humaine. Pourtant elle ne faisait pas partie de celle des animaux non plus.
Alors Elera l’accepta, tout simplement. Placer tout le monde dans une catégorie était une idée complètement absurde de toute façon. On trouve toujours une exception qui n’entre nulle part.
Comme Elle.
La sœur des loups détourna le regard. Elera fit de même à sa suite. A la place, elle laissa son regard vagabonder sur la surface brisée de l’étang. Les éclats de glace flottaient sur la surface jusqu’à ce que l’agitation de l’eau emporte les plus petits morceaux à l’abri des regards. Gloup. Disparus. Puis recrachés à la surface, jusqu’à fondre pour de bon.
Un frisson de l’autre fille attira son attention une fois de plus sur sa droite. Avec sa robe mouillée, pas étonnant qu’elle est froid… A moins que ce ne soit l’hésitation qu’elle lisait sur son visage qui l’ait fait trembler ? Elera attendit jusqu’à ce que l’autre parle. Elle semblait le faire de mauvaise grâce, mais elle finit pas poser sa question sur un ton un peu rude. Elle devait préférer le silence, elle aussi… Mais, pour communiquer, le silence n’est pas toujours assez précis, quoique plus juste. Il passe les sentiments, pas les questions secondaires…

Peut-être qu’elle devrait réfléchir à la réponse, au lieu de se décrire l’art du silence.
Ici, là maintenant, ou ici, dans les environs ? Finalement, les gestes auraient peut-être été plus précis…
Alors ici, là maintenant. L’autre devait déjà se douter qu’elle vivait à l’Académie de Merwyn, ou tout du moins aux alentours d’Al-Poll.
Et… pourquoi ? Une question aux horizons bien larges…
Que dire ? Elera opta pour la réponse la plus simple. La plus juste aussi.

Pourquoi pas ? C’est beau, ici…

Et, d’un geste du bras, elle embrassa le paysage, la blancheur qui s’étendait à l’infini sur la plaine de Shaal, les cristaux posés délicatement sur les branches de chaque buisson et même l’étang au fond mystérieux, si dangereux quelques minutes auparavant.
C’était heureux, ici. Elles n’étaient pas très loin de l’endroit où, quelques jours auparavant, c’était tenu la bataille de neige des élèves de l’Académie. Depuis, une nouvelle couche de neige avait effacé toute trace. Il ne restait que celles des deux jeunes filles et des animaux assez téméraires pour ne pas se peloter dans leur trou. Encore que, aujourd’hui, il ne faisait pas si froid que ça.
Regard interrogatif. Elera attendait la réaction de l’autre, et, peut-être, sa réponse à la même question…

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 20 Jan 2008 - 2:35

[Sorry pour le..léger retard : S]

Tu parles d'une réponse..de nouveau, la rouquine s'exprimait avec un calme philosophique, comme en empathie avec ce monde infini.
Et son interlocutrice se trouva plus déstabilisée de ces paroles qu'auparavant : beau..?
Elle suivit du regard le mouvement du bras pâle de la jeune fille ; beau ?
La neige blanche qui rendait chaque déplacement visible à plusieurs kilomètres, qui ralentissait la progression et engourdissait les doigts, la forêt nue aux branches cassantes, aux dernières feuilles rêches et inutiles, le ciel clair annonciateur de grêle..normal. Naturel, plutôt, contraignant parfois, mais si habituel. Au-dehors des tourbillons de la pensée, l'arrière-plan où tous vivaient ; dangereux, instable, faiseur de vie. Tous ce dont un être respirant avait besoin s'y trouvait, s'il savait chercher avec suffisamment de persévérance. La nourriture, l'eau, les sensations, la chaleur, parfois. Un arrière-plan dangereux car s'il donnait au "respirant" son élixir de vie, la mort arpentait également ses contours. Et tout dans ce tableau n'obéissait qu'à la règle la plus simple qui existe : survivre. Le reste ensuite.
Comment, dans ce cas, pouvait-on nommer la plus banale des choses, l'argile même de l'existence ? Cruel, paisible, éveillé, sournois et tout ce qu'on voudrait..mais beau !

Alasa détourna les yeux après s'être aperçue qu'elle fixait ceux de la fille depuis quelques secondes, si étonnée d'entendre des choses pareilles qu'elle en oubliait la plus élémentaire prudence. Jamais elle n'avait envisagé les choses sous cette angle, ou alors pas si directement ; la matière la nourrissait, la protégeait ou l'agressait. La neige refroidissait, les buissons cachaient et l'eau désaltérait. Et ils paraissaient bien ternes lorsqu'on n'en voyait que l'utilité ; parfois, l'un d'eux devenait plus, comme son sombre miroir, mais cela n'allait pas plus loin.
Voilà que sous le geste de cette fille, ces éléments devenaient un tout. Et sous cette apparence-là..les paillettes formées par les cristaux neigeux, le ciel lourd de glace..c'était..oui, c'était peut-être beau. Mais là non plus la jeune fille n'avait jamais vraiment saisi cette notion de beauté.

C'était ça qui manquait, alors, cette étincelle embrasée qu'elle avait parfois vu luire dans les regards étrangement sereins de certains fauves, de certaines proies, aussi ? C'était donc en partie cela que l'image de la fille lui évoquait, un vivant tranquille ayant saisi l'obscur lien rattachant tout...tout ça ?
Beau ? Sans doute.

Mais le paysage ne mit pas longtemps à se retransformer en univers ou l'on était chasseur et chassé ; et la brune tourna inconsciemment le visage vers l'étang, comme craignant que la chance qui avait été sienne sur la glace n'ait été une erreur, que les eaux noires allaient s'ouvrir pour la reprendre et la noyer de leur lourdeur froide, si froide. Une froideur qu'elle appelait sans peine pour l'avoir déjà imaginée au lac, lorsqu'elle s'était vue prête de mourir pour un prédateur trop rusé.
Elle se détourna en secouant tout bas sa cinière. Non, ce n'était pas aujourd'hui que les charognards se régaleraient de son corps gorgé de liquide ; et elle ne mourrait jamais comme ça, se répéta-t'elle, jamais sans pouvoir se débattre.

Fini de penser à elle ; l'autre était toujours en face, toujours inconnue et n'entrant pourtant toujours pas dans la catégorie des ennemis.
Elle semblait venue là par hasard. Errer sans but, en voilà une idée..
Faisait-elle partie de l'académie ? D'un village, d'une société ? D'un ailleurs ?
Qu'importe, après tout. Sa présence avait un effet aussi déroutant qu'apaisant.

Et puisqu'on a commencé par utiliser ce langage..

La jeune fille persista donc dans son interrogation tant il lui semblait inconcevable que sa congénère brûle ses forces "pour rien":

- Mais que viens-tu faire par là ? Tu cherches quelque chose, non ?

A vrai dire et sans que sa fierté ne se l'avoue, elle aurait bien aimé en savoir plus long sur cette humaine, oui, cette humaine décidément si différente.


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Mar 22 Jan 2008 - 1:14

La fille semblait surprise. Sa question suivante, si semblable à la première, expliquait son étonnement assez facilement. La réponse qu’Elera lui avait donné ne lui suffisait pas, ou alors elle ne la comprenait pas. La lotra essaya donc de lui expliquer plus en détails, ne sachant pas vraiment où la fille voulait en venir.

- Je vis à l’Académie. J’ai vu la neige dehors, et je n’avais pas envie de rester à l’intérieur alors je suis sortie. Mes pas m’ ont guidé ici, alors c’est ici que je suis. Quant à chercher quelque chose… Ici, ailleurs, cela n’a pas d’importance. Je cherche l’harmonie.

Elle l’observait partout autour d’elle, où qu’elle soit. Le poisson qui nageait fluidement dans l’eau, devenant un avec l’élément qui était son monde. L’oiseau qui planait sur des courants invisibles, en harmonie avec le vent qui le portait à travers le ciel. Les arbres qui se tendaient vers le soleil, cherchant un autre rayon de lumière. La pluie, qui s’infiltrait dans la terre pour la nourrir. Les pierres, qui formaient un chemin ou un abri pour l’être qui passerait par là. Les rivières qui coulaient vers l’océan. Toutes ses gouttes qui, ensemble, formaient un lac, tous ses arbres qui formaient une forêt, toutes ses pierres qui formaient une montagne, tous ses grains de sable qui formaient la terre. Tous ses éléments qui, ensemble, formaient le monde dans lequel elle vivait. Les saisons qui tournaient, le temps qui passait, le jour et la nuit, la pluie et le soleil, tous les cycles de la nature s’emboîtaient les uns dans les autres, se comprenant parfaitement. Formant l’harmonie.
Et elle ? Elle était en harmonie avec sa sœur, qui était presque une partie d’elle même. Elle était aussi en harmonie avec son arc faël, l’extension même de son bras. Peut-être pouvait-elle comprendre l’eau, qui la gardait dans son monde beaucoup plus longtemps que la plupart des hommes. Ce qui ne voulait pas dire qu’elle était poisson. Et le reste ? Elle ne pouvait prétendre être en harmonie avec le vent et ne pouvait chevaucher la brume. Elle ne pouvait prétendre être en harmonie avec la montagne de pierre, ni avec la forêt, ni avec la lune au pouvoir si envoûtant, ni avec le feu qui brûlait dans la forge, ni avec les armes qu’elle utilisait pour s’entraîner à l’Académie, ni avec cette étendue de neige qui continuait aujourd’hui aussi loin que son regard la portait.
Ni avec la sœur des loups qui se tenait à quelque mètres d’elle.
Les mots qui lui brûlaient les lèvres volèrent enfin dans l’air froid.

- Et toi, que cherches-tu ?

De l’eau, bien sûr. Elle s’était bien approchée de l’étang pour boire. Mais à part ça, que cherchait-elle ? Presque un an qu’elles s’étaient rencontrées pour la première fois, et elles étaient encore là toutes les deux, sans avoir vraiment trouvé ce qu’elles cherchaient. Elera suivait ses cours de marchombres, et elle devrait rester ici encore deux ans. Mais même après ce temps elle chercherait encore à comprendre. Pas forcément ici ; mais sa quête continuerait. Et la sœur des loups ? Sa situation était sûrement bien différente…
Elle regardait autour d’elle comme si elle s’attendait à trouver le danger partout. Peut-être cherchait-elle un endroit sûr où se reposer. Peut-être cherchait-elle une meute qui lui offrirait une protection sans lui voler son indépendance. Et peut-être ne cherchait-elle rien, vivant ici parce que c’était où elle voulait vivre.
Mais la réponse de la sœur des loups arrêta bientôt ses suppositions.

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 3 Fév 2008 - 19:08

Harmonie..?
Encore un concept obscur. Quant à suivre ses propres pas..une idée étrange mais non dénuée de sens, en y réfléchissant plus avant.
Mais les gens qui vivaient dans ces bâtiments hideux en pierre dénaturée ne pouvaient pas sortir de leur blockhaus comme des êtres normaux, non ? Celui qui s'enfermait volontairement ne ressentait pas cette beauté dont la fille parlait, ne captait pas l'appel de la forêt une fois étouffé. Impossible.
Sauf qu'impossible n'était apparemment pas à la mesure de la rouquine.
Elle était douce et surtout plus paisible que n'importe quel vivant qu'Alasa ait jamais croisé. Elle parlait par le corps, les mots et l'écriture, elle marchait dans le seul but de trouver la paix. Pourquoi n'aurait-elle pas pu allier, rassembler, peut-être même concilier ou réconcilier deux cultures diamétralement opposées ?

En voilà une qui pourrait bien ouvrir un peu ton étroite perception des choses.

Si c'est pour faire de l'ironie plus que moyenne, tu peux aussi bien te taire.

La brune observa l'autre à la dérobée ; les longs cheveux d'un roux rosé lui rappelaient la morte en sursis, celle à la répartie sarcastique et aux rêves ternis (j'ai vu des gens ensevelir son corps, il y a quelques temps), tandis que les yeux mauves se superposaient à un regard brûlant de colère (si je me rappelais où je l'ai croisé). Aucune des deux adolescentes évoquées n'avait, malgré leur incontestable caractère indépendant, la spécifité de son interlocutrice.
Et pourtant, elle aussi n'était que "la fille".
Alasa prit aussitôt le parti de changer cette appellation ; elle avait déjà un nom, bien sûr, son nom. Ou plutôt, sa..trace. Mais c'était impossible à prononcer ou à placer dans le cadre d'une façon de penser linéaire: il faut bien nommer dans son propre langage une créature selon son espèce.
Et bien sûr, la fille et elle avaient toutes deux l'honneur d'appartenir à l'humanité.
Ce serait donc un prénom humain.

Tu pourrais même lui demander comment les gens l'appellent.

Certainement pas.

La difficulté était maintenant de trouver un prénom humain adapté et ayant une valeur symbolique particulière : celle qui était pour quelques minutes encore "la fille" n'était pas n'importe qui.
L'adolescente passa rapidement en revue ses souvenirs les plus flous dans l'espoir qu'un jour, au hasard d'une rencontre, un mot ait résisté au passage du temps.
Oh, il y en avait. Plus en tout cas que ce qu'elle aurait cru retenir; il faut dire qu'à l'époque, sa répulsion pour sa race était autre et teintée de curiosité.
Et à vrai dire, il n'y en avait qu'un qui ne méritât pas un dédain total : par la personne qui l'avait employé et par ce qu'il représentait..

J'avais tendu la main et prononcé avec un aplomb vite envolé ce que je croyais être mien. Et il avait ri, et il avait répondu que non,Tala n'était pas mon prénom. Et quand, vexée, je lui avais montré les dents, il avait repris son sérieux pour me dire que Tala serait celle qu'un jour peut-être, je mettrais au monde. Et comme je grognais toujours, il m'avait consolée en me révélant deux de mes noms et leur signification; l'un secret, l'autre gardé. Ils m'avaient parus beaux, mais incompréhensibles. Et puis quand même..qui m'avais laissé croire que..? Alors il m'en avait dit d'autres et je l'avais écouté, abreuvant mes sens de ses mots qui gouttaient comme une eau pure sur ma pensée désséchée, créant une porte entre ces mondes.
Et aujourd'hui, ils ne sont plus un mais deux, puis trois à me revenir.
..A bien y réfléchir, un seul te convient, je crois..

Dans l'esprit d'Alasa la fille devint donc officiellement Nirvelli, un mot dont elle garda précieusement le sens. Ce petit rituel accompli, la jeune fille se concentra sur la réponse qu'il lui fallait maintenant donner.

Elle allait répliquer ce que la fille..Nirvelli savait déjà. Mais..cela pouvait vouloir dire autre chose, bien sûr. Que cherches-tu..
Je ne sais pas, à vrai dire. Je ne sais plus.
Que cherches-tu.
Je n'ai rien cherché au départ, j'ai obéi. Puis est venu une folie dénuée de sens lorsque un prédateur aux yeux froids a croisé ma route; qu'est-ce que je voulais, à cette époque ? Je l'ai suivi par vengeance.
Et maintenant..tout ça paraît tellement dérisoire. Je me suis laissée bercée par ses promesses en me jurant de ne pas les croire, tout ça pour quoi ? Je ne sais plus.
Il me méprise. J'en suis certaine. J'ai vu les siens, j'ai vu leur meute comme autant de chiens sauvages sur le point de s'entre-déchirer: il les tenait par quelques mots fragiles.
Je n'ai pas renoncé, pourtant, et j'aurais dû.
Il me méprise. C'est vrai que je ne suis pas comme Marlyn, je ne connaît rien de l'art du dessin et je n'ai sans doute pas son potentiel; mais je le méprise aussi, par certains côtés, et j'ai besoin de ce qu'il peut m'enseigner. Il a ses buts, j'ai les miens; je dois juste faire attention à ne pas trop m'engager.
Que cherches tu.
Ca ?

La sauvageonne aurait bien aimé savoir ce que l'autre adolescente cherchait, elle. Il n'y avait pas que l'harmonie: elle disait vivre à l'académie. Et on y enseignait à se battre, non ? La pâle jeune fille au visage détendu n'avait rien d'une guerrière, on l'imaginait mal tuer un autre être.
Alasa fronça légèrement les sourcils; il lui avait soudain semblé qu'une même pensée venait de les traverser toutes deux, un même constat.
Depuis ce soir lointain au lac, tu ne sembles toujours pas t'être véritablement trouvée.
Cette idée un peu troublante fut chassée d'un simple battement de paupières.

Que cherches-tu. Et bien..
La neige était douce entre les doigts de la jeune fille, et pourtant elle la brûlait. Ses mains se colorèrent sous la morsure d'un peu d'hiver fondant dans le creux de ses doigts ; beau..peut-être.
Ce fut seulement à cet instant qu'Alasa perçut le léger bruit qui troublait pourtant le silence depuis une bonne minute.
Criiitch, criiiitch..
La glace en train de se fissurer ? Un quelconque vivant occupé à gratter le sol dans l'espoir d'y dénicher de quoi subsister ?
Criiitch, criiitch..
Elle frissonna; on aurait dit..
Critch, critch..
Quoi ?
Criiitch, criiitch..

-Je cherche..

Criiitch.
Elle tourna rapidement la tête ; comme multiplié par un écho inexistant, le bruit l'accompagna.
Des griffes, des griffes sur la pierre. Ou plutôt..un poignard qu'on aiguise.
Non, rien de connu.
La seule chose certaine étant que quelle que soit la chose qui se révélait impossible à situer, elle n'aurait pas dû se trouver là.
Alasa regarda Nirvelli, lui transmettant sa brusque inquiétude et une question aussi vaine que muette.

Tu entends ?


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Mer 6 Fév 2008 - 3:23

Criiitch…
Elera lança un regard de côté, attendant la réponse de La Fille.
La Fille.
Comme La Louve.
Elera se sentait incapable de nommer les autres. Les noms étaient bien trop importants dans son esprit. En donner un qui ne disait pas qui était celui qui le portait n’en était pas un bon. Aussi ne nommait-elle personne. Elle ne savait pas quel nom choisir. Alors si elle ne savait pas, elle appelait les autres par ce qu’ils étaient. Un nom qui allait à tous, mais qui, avec une majuscule et une présence attachées au mot, devenait Un. Il existait beaucoup de loups, mais il n’y avait qu’une Louve. De toute façon, elle n’avait besoin d’aucun mot pour décrire La Fille. Elle était, c’est tout.
Criiitch...
Le nom de sa sœur, comme le sien, était venu tellement naturellement qu’elle ne se souvenait même plus de l’occasion. Elle ne l’utilisait pratiquement jamais, mais elle le savait. Quand avaient-elles prononcé le nom l’une de l’autre pour la première fois ? Ou était-ce leurs parents qui le leurs avaient donné ?
Ses parents… Etrange qu’elle n’est aucun souvenir de sa petite enfance. Quand étaient-ils… partis ? Elle ne se souvenait que du Lac, de La Louve et de sa Sœur. Faryna. Un nom qui embrasait parfaitement son caractère de feu.
Criiitch…

La Fille semblait perdue dans ses pensées et ne répondait pas. Peut-être ne savait-elle pas ce qu’elle cherchait. Mais d’un autre côté, Elle ne semblait pas être de ces personnes qui errent sans but dans la vie. Ces personnes pouvaient être heureuses ; alors elles prenaient tout ce qui venait vers elles avec le sourire. Si elles étaient tristes… elles traversaient la vie sans la voir, ne pensant qu’à la mort.
Mais ni Elera ni La Fille ne faisaient parti de ce groupe.
Elera voulait tendre vers l’harmonie. Elle voulait traverser ce monde merveilleux avec sa sœur et, oui, trouver ses parents. Elle voulait comprendre le langage du monde, et, qui sait, lui parler en retour. Non seulement voir plus que le peu qu’elle en percevait, mais en faire partie à part entière. Sentir. Etre.
La Fille voulait vivre, elle aussi. Elera le sentait aussi fort qu’elle sentait le soleil sur sa peau à midi en plein été, lorsqu’elle se promenait pieds nus sur les pierres blanches et brûlantes qui entouraient l’Œil. Elle se battait pour survivre… Sans l’aide d’autres humains, visiblement. Dans le cas contraire, ses vêtements seraient moins déchirés, ses longs cheveux noirs moins emmêlés, son regard moins méfiant. Elle connaissait vraiment la nature, Elle. Sûrement mieux qu’Elera. Ou plutôt, non. Elles en connaissaient toutes deux une partie différente. Elera voyait ses merveilles, pas La Fille. Sinon, Elle n’aurait pas prit cet air troublé lorsqu’Elera avait mentionné la beauté de la plaine… Mais Elle voyait autre chose. Ses… Ses quoi ? Ses… dangers ? Elera les oubliait souvent. Sa sœur les gardait à l’œil pour elle. Peut-être y avait-il autre chose, mais Elera ne pouvait y réfléchir pour l’instant. La Fille semblait savoir quoi dire maintenant.
Criiitch, criiitch…

-Je cherche..

Criiitch.
La Fille s’arrêta et tourna la tête rapidement. A moins qu’elle n’ait fini ? Je cherche… Non, c’était ce bruit qui l’avait arrêté. Le…
Criiiiiiiitch !
Là !
La Fille la regarda, lui communicant son inquiétude à travers ses gestes animales tellement similaires à ceux de La Louve. Elera, qui ne s’était pas inquiétée du bruit auparavant, se retourna et se redressa à demi ; assise, elle était vulnérable. La Fille avait déjà fait de même. Ses réflexes étaient beaucoup plus rapides. Elles scrutèrent ensemble les buissons, le sol, la plaine. Rien. Elera n’arrivait pas à situer la source du bruit.
Criiitch, criiitch, criiiiiiiiiiiitch…
Ça… bougeait ?
Elera ferma les yeux. A gauche. Non, droit devant. Ou plutôt à droite. Ou alors…
Elle rouvrit d’un coup les yeux. Les levant vers La Fille, elle fit un bref signe de tête vers le ciel.
Criiitch…
Plus de doutes. Le bruit inconnu tournait autour d’elles au-dessus de leurs têtes, éventuellement caché par les épines des conifères qui entouraient l’étang.
Criiiiiitch !
On aurait dit… un rapace dans une cage de fer qui essaierait de sortir en griffant et frappant sa prison de son bec. Sauf que cela venait des arbres, et qu'il n'y avait visiblement aucune cage dans le coin. Elera se glissa prudemment sous les branches basses d’un premier pin. Se plaçant juste à côté du tronc, elle regarda vers la cime. Les épines lui bloquaient la vue. Si elles voulaient trouver l’origine du bruit, elles allaient devoir grimper.
Etrange… Elle ne l’entendait plus… Sortant de l’abri qu’offrait le conifère, Elera réapparut à la vue de La Fille. Levant les yeux vers Elle, Elera lui fit part de son étonnement en silence. Il n’y avait aucune peur dans son regard ; juste de la curiosité.

Partir ?

Ou chercher ?

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Lun 18 Fév 2008 - 12:58

[ Tu me dis si quelque chose te gêne..j'ai l'impression d'être un peu partie dans mon trip Rolling Eyes ]

Alasa s'amusa un instant de la préférence instinctive qu'elles avaient toutes deux eu pour le silence.
S'amusa..façon de parler, il y avait bien d'autres sujets d'intérêt. D'inquiétude..apparemment non partagée. Comment l'autre pouvait-elle être intriguée en un pareil instant ?
La brune se tenait à quelques mètres de sa congénère, tous muscles bandés, prête à détaler tandis que la lotra, postée près d'un pin, annonçait de toute sa posture un calme teinté de curiosité.

Elle est folle, complètement folle !

Voilà qui aurait expliqué bien des choses.
Mais non, Nirvelli n'avait rien d'une fille inconsciente repliée dans son monde. Au contraire, elle semblait s'ouvrir comme une fleur au moindre rayon de savoir, à la moindre nouveauté ou banalité de son environnement.
Et le danger, alors ? Elle n'y pensait donc jamais ?

Le bruit semblait s'être arrêté lorsque les cheveux flamboyants de la jeune fille s'étaient glissé près du tronc. Mais la prudence restait de mise..la sensation furtive accompagnant ce grincement rappelait désagréablement à l'apprentie mercenaire l'apparition d'une certaine créature n'ayant pas grand-chose de naturel, dans l'antre d'une meute de chiens..
Pourtant tout était redevenu calme. Trop calme ?
Alasa s'aperçut alors que son poignard brillait dans sa paume ; cela ne la surprit qu'à moitié. Voilà au moins qui indiquerait immédiatemment à Nirvelli sa prise de position.
En fait elle serait bien partie si l'autre n'avait pas été entourée de ce halo de sérénité sous-entendant qu'il ne se passait rien de grave ou de surnaturel dans l'immédiat.

L'étang et les arbres environnants se trouvaient dans une inégalité du terrain, un petit val posé sur une pente légère ; un promontoire rocheux d'environ deux mètres de hauteur le dominait, promontoire cassant brutalement les courbes gracieuses d'une colline, colline préludant elle-même aux montagnes.
Peut-être le "criiitch" avait-il masqué le grondement encore sourd de l'avalanche ou captivé l'attention des adolescentes un peu trop longtemps ; et la large plaque de neige qui avait cédé sur un flanc presque vertical de l'un des monts décida de continuer sa course le long de la colline aux lèvres gercées de gel, puis de débouler dans la forêt ou les arbres stopperaient un peu plus tard son manque de puissance.
Manque de puissance peut-être, mais manque de puissance largement suffisant pour cueillir et noyer n'importe quel animal qui aurait la bonne idée de se trouver sur son passage.

Prise dans l'observation du triangle ciel-fille-pin, Alasa mit exactement trente secondes pour entendre le grondement, dix pour l'identifier et trois pour ordonner à ses jambes de donner toute leur vitesse. Elle ne prit pas la peine de se retourner pour vérifier si c'était bien un raz-de-marée de neige qui s'apprêtait à dévorer le matin paisible.
Ses muscles se détendaient si lentement, ses enjambées étaient si risibles..vite, vite. Le sol enneigé la ralentissait et la faisait trébucher, il la ramenait inexorablement en arrière..
Il y eut comme un bruit d'explosion lorsque l'avalanche décolla du promontoire de pierre.
La fuyarde eut à peine le temps de se réfugier derrière un gros rocher puis de compter jusqu'à deux ; le flot de neige emporta tout. Pourtant, la plupart des arbres tinrent bon.
Pas le rocher.
La jeune fille se débattit un peu dans son linceul de neige avant d'abandonner. Echapper aux eaux noires d'un étang pour finir comme ça..comment dit-on, déjà ? L'ironie du sort ?

*

Elle était pourtant en vie lorsqu'elle ouvrit les yeux. En un peu plus mauvais état, certes, mais en vie.
Un ciel entièrement blanc couvrait de sa chape hivernale les mille aiguilles des pins. De la neige, encore ? Comme si la forêt n'avait pas eu son lot..
Elle resta immobile jusqu'à ce qu'un flocon vint se poser doucement sur sa joue glacée. Alors, elle s'assit prudemment après avoir dégagé ses jambes prises par la vague, ce qui n'empêcha pas la douleur d'exploser en une myriade d'étincelles dans différentes parties de son corps mais qu'importe : elle était en vie.
Avoir mal éveillait brutalement ses sens engourdis par le piège mortel du froid (la douceur, le sommeil..mais non, pas cette fois).
La jeune fille se releva en chancelant pour observer les environs, méfiance oblige.
Rien.
De vivant en tout cas : l'avalanche avait fait des dégâts. Quelques pins arrachés, des rochers éclatés de toutes parts, des petites collines de neige un peu partout..moins que ce qu'on aurait pu attendre.
Alasa passa ensuite en revue ses propres dommages. Des bleus un peu partout, des égratignures plus ou moins profondes, l'impression d'avoir tous les os brisés..le bilan aurait pu être bien pire.
En fait, elle avait même eu beaucoup de chance.
Elle avait tout de même récolté une longue coupure partant de l'arcade sourcilière et barrant son front de part en part qui aurait mérité d'être pansée, ne serait-ce que pour la gêne que pourrait occasionner quelques gouttes de sang dans les yeux. Et son épaule gauche la lançait avec une joyeuse régularité.
On verrait tout ça plus tard.
La jeune fille essuya d'une main lasse le fluide vital coulant doucement de son front puis monta en boitillant sur l'un des innombrables tas de neige afin de scruter les alentours.

Où était donc Nirvelli ?


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Lun 18 Fév 2008 - 21:26

Lorsqu’Elera sortit de sous les arbres, toujours aux aguets, La Fille tenait son poignard entre ses mains. Elle croyait visiblement que le criiitch était synonyme de danger, et Elera voulait bien la croire. Elle ne l’entendait plus, mais elle ne baissa pas sa garde pour autant ; le silence pouvait tout autant signifier la sécurité qu’un danger énorme. Peut-être parce que tout était trop calme, peut-être parce qu’avec le criiitch toutes les autres bêtes s’étaient tues, peut-être à cause de ce manque de mouvement autour d’elle, ou peut-être à cause de la méfiance de La Fille, Elera penchait plutôt pour la seconde hypothèse. Danger…

Silence ?

Pas tout à fait… La vie s’était peut-être tue, mais elle n’était pas la seule à faire du bruit…
Un grondement sourd montait de quelque part derrière elle, vers les montagnes. Elera comprit que La Fille l’avait entendu à l’expression de son visage. De la peur ? Elera n’en était pas certaine, mais elle n’eut pas le temps d’essayer de comprendre. Un bruit sonna soudain au-dessus d’elle, et elle tourna la tête brusquement, inquiète. Mais ce n’était qu’un oiseau qui partait à tir d’aile, toujours plus haut dans le ciel. En voyant ses serres argentées, Elera comprit qu’il était la source du criiitch. Se percutant l’une contre l’autre, ou déchiquetant une proie pas assez prudente, elles étaient bien capables de produire ce son.

Cet oiseau ne faisait pas parti de ceux qui chantent au matin et qui volent dans le ciel ensoleillé. Il était énorme, et seule la couleur brunâtre de ses plumes l’avait camouflé contre le tronc des pins. Elera pouvait deviner du sang séché sur son plumage. Un rapace, et un dangereux. En voyant son bec recourbé, un frisson parcouru le dos d’Elera. S’il les avait attaquées, elles ne s’en seraient pas sorties indemnes, même si elles auraient pu s’en sortir.

Lui aussi était incertain sur le résultat d’une confrontation, et c’était la raison pour laquelle il avait hésité à attaquer les deux humaines. Il les avait observé, aiguisant ses serres, se demandant s’il devrait partir chasser une proie plus facile. Il savait que ces créatures pouvaient être très dangereuses ; l’un de ses frères s’était fait déchiqueté par eux. Pas que cela pourrait arriver à lui, il était bien trop intelligent, mais on n’était jamais trop prudent. Seulement, l’hiver refermait ses griffes sur lui en faisant fuir les proies faciles, et il avait faim, faim, faim… Son désir de survie avait finalement eut raison de lui en voyant l’une de ses proies s’approcher de son arbre. Il attaquerait ; elles n’avaient pas les énormes griffes que certains portaient, même si l’une d’entre elle en avait une petite, et elles étaient beaucoup plus jeunes et faibles que les gros mâles qui avaient tué son frère. Avec la surprise et la prudence, il réussirait à les tuer… Puis un autre instinct avait effacé celui de la faim. Un danger… Il s’était immobilisé puis, sachant que la nature s’apprêtait à frapper, il s’était enfuit. Plus tard, plus tard… La chasse allait être beaucoup plus facile maintenant, l’hiver allait tuer pour lui et il n’aurait qu’à revenir ramasser les restes…

Pour Elera qui l’observait d’en bas, le rapace s’envolait, haut, toujours plus haut, comme pour échapper à un danger…
Un danger ? Que pouvait bien être plus dangereux que ce monstre ? Elle se retourna vers La Fille pour savoir si elle l’avait vu, mais elle n’était pas à l’endroit d’avant. Partie ? Qu’est-ce que…
Le bruit était beaucoup plus puissant maintenant. Tout proche. Levant ses yeux emplis de frayeur, Elera vit l’avalanche de neige déferlée vers elle sans pouvoir rien faire. En une seconde, elle sut qu’elle n’avait aucune chance.

Trop tard pour s’enfuir, elle n’irait jamais plus vite que la vague de neige.
Trop tard pour se cacher comme La Fille l’avait sûrement déjà fait.
Trop tard pour s’envoler à la manière de l’oiseau.
Sa seule chance, c’était de disparaître, ici et maintenant…
Disparaître ?
Avec l’énergie du désespoir, Elera glissa la main dans sa poche. Priant pour qu’Alatariel ne ce soit pas trompée, elle serra la voyageuse dans ses mains. Où aller ? Elle n’avait pas le temps de réfléchir au meilleur endroit où atterrir. L’avalanche, au moment où elle allait avaler la jeune fille, se referma sur du vide. Elle était partie, suivant l’un des chemins invisibles de l’Imagination. Mais où la menait-il ?

***

Ailleurs.

Recouverte de la poussière de neige qui précédait le gros de l’avalanche, Elera ouvrit ses yeux craintifs sur la cascade. Elle était perchée dans l’arbre même où Sya et elle s’étaient réfugiées lors d’un autre danger de nature complètement différente. Evidemment… Elle recherchait la sécurité, et avait pensé au dernier abri dans lequel elle s’était dissimulée. Dos au tronc et les pieds pendants dans le vide, elle laissa sa tête partir en arrière pour reposer contre le tronc. Fermant les yeux, elle laissa les battements de son cœur s’espacer. Elle remercia mentalement Alatariel. Sans sa voyageuse, elle n’aurait pas pu faire de pas sur le côté, et elle aurait été enterrée vivante. Gratitude infinie.

Elera sursauta d’un coup et failli tomber de l’arbre. Elle se rattrapa d’une main et se remit en place. La Fille. Elle était peut-être en danger… Elle devait retourner là-bas à pied, mais c’était beaucoup trop lent. Elle n'avait pas le choix. Elera descendit et se mit a courir.
***

Prudente, Elera retourna a l'endroit de l'avalanche. Jetant un coup d’œil à la ronde, elle enregistra rapidement les changements. Les arbres penchaient dangereusement, s’ils n’étaient pas arrachés. L’étang était invisible, caché sous une nouvelle couche de neige. Elle devrait faire attention ; il semblait que l’avalanche n’est pas recouvert le sol d’une couche très épaisse. Elle l’avait seulement rendu très inégal. Elle nota donc l’endroit où elle pensait que se situait l’étang et décida de l’éviter à tout prix. Et La Fille, où pouvait-elle bien être ? Regardant derrière elle, Elera finit par découvrir sa silhouette sur un tas de neige un peu plus haut que les autres à une cinquantaine de mètres. Elle semblait la chercher elle aussi. Elera s’apprêtait à lui faire signe quand elle remarqua l’oiseau derrière elle, en hauteur. La source du criiitch… Il était revenu. Et il fonçait droit sur La Fille, qui n’avait aucune idée de ce qui se passait dans son dos. Sans plus attendre, Elera cria :

- Derrière toi, Tinuviel !

Tinuviel ? Oh, elle aurait bien le temps de penser à ce qui l'avait poussé vers ce nom plus tard… Il y avait plus important pour le moment. Heureusement, son cri n’avait pas provoqué une autre avalanche. Au contraire, il avait déstabilisé le monstre volant, qui ne s’y attendait pas. Assez pour donner quelques secondes supplémentaires à Tinuviel… Elera en profita aussi pour sortir son mini sabre et courir vers la sœur des loups. Si seulement elle avait son arc…

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Jeu 21 Fév 2008 - 2:49

Tinuviel ?
Ce ne fut pas le cri qui déstabilisa Alasa, plutôt le nom qui en était l'expression. Surtout lorsqu'elle comprit que pour une raison ou une autre, il la désignait. C'était Nirvelli qui venait de l'employer et il lui sauva sans doute la vie. Parce qu'elle ne s'était pas encore aperçue de son soudain statut de proie..
Elle se reporta instinctivement en avant, mais cependant pas assez vite pour éviter toute l'attaque et sentit soudain des serres comme des poignards effleurer sa colonne offerte.
Le monde bascula; le ciel blanc se mit à tourbillonner follement, les arbres filèrent et la neige fut projettée de toutes parts. Trop hésitante, elle avait trébuché et roulé dans la pente avant que le prédateur n'ait le temps de mettre à mort son repas. Tant mieux pour la cible, tant pis pour lui.
Maiis ce n'était que partie remise..

Les cheveux collés par la neige, la vue obscurcie de flocons, la jeune fille ne perdit pas son temps à analyser la situation et effectua un roulé-boulé avant de se relever..pour retomber aussitôt.

Et m..

L'attaque ne se fit pas attendre: le rapace profita de la situation précaire de sa proie pour lui lacérer le flanc droit. La proie en question grogna de douleur avant de lui envoyer un coup de coude bien senti, ce qui le surprit juste assez pour qu'elle lui glisse entre les serres.

Mon poignard, mon poignard, où est ce foutu poignard..

Ainsi se résumait la seule pensée cohérente parvenant à l'esprit paniqué de la jeune fille. La douleur couplée au choc encore proche de l'avalanche et celui de cette agression inattendue avaient fini par lui faire perdre tout contrôle, et ses défenses mécaniques ne la sauveraient pas longtemps de l'oiseau affamé. Tuer ou être tué, l'immortel dilemme; mais trop, c'était trop !
Elle se sentit si lasse que son seul geste lorsque la créaure tenta d'atteindre ses yeux fut de lui offrir ses bras à la place.
Le bec aux arêtes cruelles était froid sur sa peau pourtant gelée, froid comparé au sang qu'il dévoilait. Mais que faire ? Déjà deux fois qu'elle avait cru mourir aujourd'hui..la bonne serait celle-là ? Encore une fois, c'était trop bête. Sans même comprendre.

Son agresseur la libéra brusquement et Alasa put l'observer avec un peu plus de distance.
Deux yeux jaunes au regard farouche, un plumage d'un brun neutre ressemblant à s'y méprendre à l'écorce d'un pin, un port de tête noble, un bec et des serres argentés plus tranchants qu'une lame ordinaire..c'était de loin le plus gros rapace qu'elle eut jamais vu; elle n'aurait même pas imaginé qu'un tel animal pût exister. On aurait juré un griffon sorti tout droit de l'une de ces fables qui faisaient frissonner les petits alaviriens, le soir devant le feu de bois.
Jamais elles n'auraient le dessus sur cette créature.
Elle vit alors ce qui avait repoussé le monstre : Nirvelli ne l'avait pas abandonnée.
Et maintenant ?
Il étendit ses larges ailes et leur adressa un cri de défi; la sauvageonne le trouva magnifique, un véritable esprit des forêts sorti du coeur de l'hiver pour faire planer sur le monde son ombre à la beuté terrible. Esprit des bois peut-être, mais esprit des bois ayant apparemment trouvé en elles de quoi subsister.
Entre tuer ou être tué, le choix est généralement tout fait..même si ce n'est parfois qu'une tentative.
Tentative de survie, donc.
La fuite, lâche mais salvatrice, est en général une solution simple et efficace.

Qui a néammoins un inconvénient parfois impitoyable : le remords. Le remords peut avoir de multiples facettes, toutes plus handicapantes les unes que les autres; on peut par exemple regretter de ne pas avoir acheté ces bottes en cuir de siffleur plutôt qu'un tonneau de leur lait, on peut regretter d'avoir écouté les boniments d'un homme louche et de l'avoir bêtement suivi dans une ruelle sombre d'All-Poll.
On peut aussi regretter d'avoir abandonné face au danger une fille inconnue qui vient néammoins de vous sauver la vie pour la deuxième fois de la journée.

C'est pourquoi Alasa hésita, puis ramassa finalement une grosse pierre pointue et refit en boitillant le plus vite possible les zigzags entre les pins qu'elle venait juste d'effectuer. Et lorsque l'oiseau s'acharna à harceler plus avant Nirvelli, elle était prête.
La pierre ne fit pas beaucoup de dégâts mais repoussa suffisamment l'attaque pour que le " griffon" soit de nouveau déstabilisé. Ce n'était pas bientôt fini, cette résistance ?

- Il faut partir, souffla la brune entre ses dents serrées.

Entre les arbres, il aurait du mal à voler.
Il sembla le comprendre et plongea de nouveau, son bec scintillant ouvert en une impitoyable promesse de mort. Les deux filles roulèrent chacune d'un côté pour lui échapper; elles se relevèrent et cette fois, l'apprentie mercenaire courut sans se retourner. Pas deux fois.
La douleur battait dans chaque mouvement pour lui faire ressentir son statut d'être vivant. Pourvu que Nirvelli la suive..mais déjà l'imposant rapace planait au-dessus des arbres à la recherche d'une trouée.
Il avait faim et devait d'urgence la combler.
Cette fois, il ne lâcherait pas la traque.


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Ven 22 Fév 2008 - 23:58

Elera courait, observant avec horreur le rapace attaquer… Tinuviel, puisque tel était le nom qu’elle avait utilisé pour l’appeler. Elle se défendait du mieux qu’elle le pouvait, mais elle avait perdu son poignard et ne faisait qu’éviter les attaques aériennes du monstre. Si Elera attaquait dans son dos, l’oiseau la laisserait tranquille. Il ne pourrait pas donner des coups de bec dans deux directions différentes… Elle pourrait peut-être l’empêcher de voler, ça aiderait beaucoup. Elera s’approcha donc par arrière. Bien sûr, le rapace savait qu’elle était là, mais il ne semblait pas se méfier. Sans doute la trouvait-il trop faible pour pouvoir le blesser.
En vérité, le sang qu’il avait fait couler sur les bras de sa première proie avait remonté sa confiance en lui, et il ne pensait qu’au festin qu’il allait bientôt digéré. L’autre devrait s’enfuir, au lieu de s’approcher. Il s’occuperait d’elle dès qu’il avait fini avec la première… Aussi réagit-il trop tard lorsque le mini sabre lacéra ses ailes, ajoutant du sang frais sur son plumage à la couleur douteuse.

Elera avait échoué ; l’oiseau se dressa dans les airs, les ailes écartées, lançant son cri de défi dans l’air frais. Au moins avait-elle donné à Tinuviel le temps de se dégager. Elera l’aurait bien cherché du regard, mais l’oiseau comptait bien se venger. Alors que le bec du monstre s’approchait dangereusement de son visage, une pierre traversa le vide et le repoussa une fois de plus.

Tinuviel…

Lorsqu’elle lui proposa la fuite, Elera ne se fit pas prier. Malheureusement, le rapace attaqua et elle dut partir dans la forêt en prenant une autre direction. S’il en chassait une, l’autre pourrait sûrement s’en sortir, mais l’autre n’aurait aucune chance. Elles devaient rester ensemble, comme les troupeaux. Un troupeau de deux ne donnerait pas beaucoup de protection, mais ce serait mieux que d’essayer de survivre en solitaire… Elera partit donc à la recherche de La Fille, partant dans sa direction tout en restant dans les coins les plus denses de la forêt de conifères. Elle se colla plus d’une fois à un tronc sans bouger pour essayer d’éviter le regard perçant du prédateur. Mais il savait qu’elle était là. Il savait… Seulement, il ne pouvait pas venir la chercher sans se retrouver bloqué, ou du moins gêné par les branches. Sa taille n’était pas qu’un avantage… Il attendait donc que ses proies sortent de leur trou, survolant les arbres et se préparant à piquer vers le sol à l’instant où elle ferait un faux pas vers un endroit plus clairsemé. Elles auraient du mal à l’éviter…

Si elle bougeait, elle risquait de se faire repérer puis poursuivre en tombant dans l’un des pièges de la forêt. Un trou dans les branches, et il piquait vers elle. Déjà qu’elle ne savait pas où il était…
Si elle restait en place, le chasseur risquait bien de se former un chemin malgré les branches et de pêcher sa proie. S’il était assez silencieux, elle n’aurait pas le temps de deviner qu’il était passé sous les arbres. Après tout, il préférait sûrement rester hors de la forêt, mais rien ne l’empêchait de venir dans les sous-bois… il serait moins rapide et il aurait plus de mal à les chasser, mais il le pouvait quand même.

Alors ?

Elle scruta la forêt, se cachant sous les troncs les plus larges et suivant les ombres sur le sol. Les tâches de lumière elle évitait à tout prix. Un abri au sol… Elle devait trouver un abri au sol… N’importe quoi, juste un endroit assez grand pour qu’elle puisse s’y faufiler, et assez petit pour que l’oiseau en soit incapable. Elle serait en sécurité…
Elera faillit crier. Elle venait de tourner autour d’un arbre, et Tinuviel faisait la même chose de l’autre côté. Elles faillirent se rentrer dedans. Lui souriant misérablement, Elera la suivit et elles partirent ensemble à la recherche d’un moyen de survie. C’est Tinuviel qui trouva la tanière alors que l’ombre de l’oiseau passait de nouveau au-dessus de leurs têtes, hurlant à la forêt et piquant vers le sol une fois de plus, beaucoup trop près au goût d’Elera. Sans plus attendre, elle se faufila à l’intérieur, suivie de Tinuviel. Il était temps ; le prince des forêts s’était enfin décidé à laisser le ciel derrière lui et à les poursuivre dans la pénombre près du sol. A peine étaient-elles à l’intérieur qu’il se dressait, furieux, devant l’entrée. Elles étaient en sécurité pour l’instant… mais elles ne pouvaient plus sortir. Combien de temps avant qu’il n’abandonne la chasse ?

Les yeux rivés sur l’entrée, Elera ne pensa même pas aux dangers qui pouvaient venir de l’intérieur de la caverne…

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Ven 29 Fév 2008 - 23:56

Entrer dans une tanière inconnue sans même s'informer de l'identité de ses supposés habitants : voilà l'une des choses qui aurait figuré en tête de liste dans un "petit guide des idioties suicidaires à ne pas commettre en pleine nature à l'usage des débutants". Nirvelli le savait sans doute pertinemment. Au moins aussi pertinemment qu'Alasa, ce qui ne les avait nullement empêchées de foncer tête baissée vers cette autre forme de danger.
Le temps pressait, d'accord. Mais fuir pour se jeter immédiatement dans la gueule du loup n'est pas spécialement indiqué lorsque l'on veut s'en sortir. A priori. Après, moi, ce qu'en j'en dis, hein..

Celle qu'une toujours inconnue venait de rebaptiser Tinuviel était arrivée aux mêmes conclusions, certes un peu tard mais mieux vaut tard que jamais, comme on dit souvent.
Il est vrai qu'en pareilles circonstances jamais paraît plus proche que tard.
Quoi qu'il en soit, la jeune fille reprenait doucement ses capacités intellectuelles et en profita pour refaire un bilan; lui non plus n'était pas brillant.

Si j'avais moins mal à la tête..

Oh, bien sûr. Et à l'épaule. Et au tibia. Et au flanc droit. Et aux bras. Et à quoi, encore ?

Je rêve ou il me semble percevoir un semblant de sarcasme ?

Non, non, absolument pas. Tu es bien trop mal en point pour avoir la moindre chance de t'en sortir. Crève.

Compris..

Analyser les environs, donc. L'odeur animale flottant dans chaque recoin obscur de ce..trou indiquait mieux qu'un long discours que les locataires craints existaient bel et bien, au moins dans un passé proche. Le seul signe encourageant restant le fait que pas un grondement n'avait encore surgi des profondeurs étouffantes de la terre..
Nirvelli surveillait l'entrée tout en se tenant le plus possible éloignée du prince affamé. Elle savait que l'attaque pouvait venir de l'intérieur, forcément. Impossible de ne pas y penser. Quoique..pourquoi n'avait-elle pas encore tourné brièvement la tête ? Comptait-elle sur sa camarade d'infortune pour protéger leurs arrières ?
Le remords peut avoir de multiples facettes, et sa camarade en question en redécouvrait une autre encore pire que la première : le regret égoïste. Mais utilisons plutôt l'adjectif "salvateur".
C'est-à-dire que ce n'était plus elle-m'a-sauvé-la-vie-je-n'aurais-pas-dû-l'abandonner, mais plutôt si-je-n'étais-pas-retournée-l'aider-je-serais-déjà-loin. L'oiseau aussi avait droit à sa chance, après tout, en vertu de la loi entrée en vigueur au moment même où la première molécule avait construit la première vie.
A l'intention de ceux qui n'auraient pas saisi: le nom de cette loi ancestrale commence par s et se termine par -urvie.
Oui, Alasa l'égocentrique (allez, disons individualiste) regrettait de plus en plus de ne pas avoir fui de toute sa vitesse bancale pour aller dissimuler sa carcasse blessée dans un quelconque repli du terrain.
Et malgré l'estime qu'elles pouvaient se porter mutuellement..tant pis pour la fille.
Ca s'appelle survivre.

Heureusement ? Malheureusement ? Il était déjà trop tard. Alors elle enfouit pour quelques temps sa rancoeur pour passer en revue les alternatives (peu nombreuses) qui s'offraient à elle (à elles) afin de trouver celle qui les sortirait de cette impasse particulièrement stupide.
Elles étaient..peu nombreuses. Pourvu que Nirvelli soit en train de réfléchir aussi. Qu'aurait-elle pu faire d'autre ? Contempler avec cette fascination morbide qu'exerce le sursis les serres sanglantes du rapace ? Non, elle n'était pas comme ça.
Il faudrait..attendre que le chasseur se lasse. Ou les débusque. Avancer plus loin dans ce boyau qui les forçait déjà à ramper pour se placer hors de portée d'une attaque trop rageuse.
Alasa n'avait jamais été claustrophobe; tant qu'il s'agissait de formes naturelles, se traîner courbée ou pliée dans des conduits plus qu'étroits ne la gênait pas. Mais aujourd'hui était différent.
Il y avait l'autre, il y avait ce mal de crâne et cette situation délicate aux allures de piège.
Avec un peu de chance, il finirait par se lasser.

Le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur tue et la proie meurt..

Une stupide comptine dont elle n'avait jamais retenu que la première phrase. Son frère devait la chantonner autrefois, lorsqu'il revenait de son entraînement, courbaturé mais fier. Ses cheveux auburns collés par la transpiration évoquaient une flamme liquide, ses yeux avaient alors un éclat sauvage. Et son sourire heureux dans lequel la lumière s'accrochait comme sur des crocs..
Elle effectua le geste machinal de secouer sa chevelure emmêlée; comme si c'était le moment de se perdre en souvenirs ! Pas que le visage flou de Kalim lui fit encore un quelconque effet, non, mais cette chanson idiote avait un on-ne-savait-quoi d'énervant.

Le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur tue et la proie meurt..

Tiens, elle avait juré de ne plus être proie. Etrange comme ces deux statuts variaient vite. Ironique, amusant, tellement agaçant.
Le griffon dut s'approcher dangereusement près car Nirvelli se rejeta vivement vers l'arrière. Sa condisciple n'attendit pas qu'elle eut fini pour commencer de ramper plus profond dans l'obscurité, la poésie enfantine courant en boucle dans l'arrière-plan de ses pensées.

Le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur tue et la proie meurt.

Le tunnel allait en s'étrécissant. Si la rouquine avait suivi le mouvement et si le propriétaire des lieux possédait plus d'une extrémité pointue, la rencontre promettait d'être expéditive. Pour la première intruse en tout cas qui n'avait pas la possibilité de reculer. La position de la seconde ne paraissait guère plus enviable..
Foutue épaule. Et foutu mal de crâne.
Deux paires d'yeux brillants fixèrent Alasa en même temps que retentissait dehors un "ssssshhh !" féroce, puis le bruit d'une bataille. La jeune fille se figea. Décida finalement de prendre les choses une par une selon leur degré d'urgence.
Elle s'immobilisa en distinguant dans la pénombre deux petites choses à l'air modérément dangereux, ce qui ne l'empêcha pas de gronder sourdement pour que, quelque soit la race à laquelle ils appartenaient, ils s'adossent aux parois et se contentent de se défendre si leurs attaquantes venaient à trop s'approcher. Ils ne se firent pas prier et partirent, tout gémissants, se terrer le plus loin possible.

Mais vous allez cesser de couiner !

Dans sa position, Tinuviel était dans la totale incapacité de se tourner; il lui fallut donc suivre le combat auditivement en se contentant de paraître menaçante lorsque les petits geignaient trop fort.
Des battements d'ailes, un bruit de chute, un glapissement strident, le bruit de chairs déchiquetées..l'odeur de sang plus entêtante que celle qui l'environnait déjà convainquit la jeune fille que l'oiseau s'était déniché une autre proie. Apparemment la mère des..renardeaux, cela devait être des renardeaux. Un terrier relativement étroit, des sons pareils et une odeur si forte..oui, sans doute la tanière d'une famille de renards, ou de ce qui l'était encore quelques secondes auparavant.
Pourvu que le griffon se contente de ce trophée.
Ou qu'il parte le dévorer plus loin, qu'elles s'échappent.

En vérité, Alasa n'était sûre de rien. Elle sentait sur son pied le bras de Nirvelli et espérait que cette dernière avait vu, qu'elle savait si le chasseur (le chasseur tue et la proie meurt, le chasseur..) était encore dans les parages..elle allait parler, lui expliquer la situation. A moins qu'elle ne préfère ramper hors du piège et courir le plus loin possible avant que leur poursuivant ne soit rassasié. C'est si petit, un renard, pour un monstre pareil.
Malgré ses précédentes pensées de trahison, la sauvageonne se prit à croire qu'elle ne le ferait pas et décida de lui accorder un semblant de confiance.

En attendant que la fille se manifeste, elle adressa un regard péremptoire aux petits pour qu'ils cessent de pleurnicher.



_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 2 Mar 2008 - 2:24

Intuitivement, sans même s’en rendre compte, Elera prit les mêmes dispositions qu’elle prenait avec sa sœur, à l’époque. Dès que le danger approchait, elles se mettaient dos à dos, se protégeant et se prévenant l’une l’autre. Bien sûr, Tinuviel n’avait rien de Faryna ; elle ne pourrait pas la prévenir mentalement, rien ne lui prouvait qu’elle protègerait ses arrières et elles étaient loin de se comprendre l’une l’autre aussi bien que les deux sœurs. Pourtant, l’appui mutuel semblait tout naturel en cette situation, et Elera ne prit pas le temps de regarder derrière elle aux tréfonds de la tanière. Tinuviel ayant réussi à passer devant elle malgré la maigreur du tunnel, toute son attention se reportait sur leur seule et unique sortie. Là était l’endroit qu’elle devait défendre, et elle ne quittait pas le trou de lumière des yeux.

Le monstre venait de se poser lourdement sur le sol à quelques mètres seulement. Tapis dans la tanière, elle observait ses moindres mouvements, cherchant à comprendre ce qu’il allait faire pour attraper ses proies hors de portée. Après avoir tourné la tête dans tous les sens, l’air de chercher ses proies qu’il avait vu au sol une poignée de secondes plus tôt, l’oiseau agit comme Elera s’y attendait. Il fixa les deux billes qui lui servaient d’yeux sur le trou dans le sol, puis se jeta sur l’entrée. Elera recula précipitamment. Le bec frôla sa main, laissant un filet de sang couler sur ses doigts. L’oiseau semblait de plus en plus en colère, mais malgré tous ses efforts, il ne pouvait passer. Trop gros…

Elera continua à reculer dans le tunnel à quatre pattes, s’éloignant lentement du monstre. Celui-ci disparut soudainement. Qu’est-ce que… ? Pourquoi arrêtait-il de… ? S’avancant prudemment une fois de plus, Elera vit un éclair orange se jeter sur le monstre. Des crocs s’enfoncèrent immédiatement dans le ventre du rapace. Grognements. Hurlements. Un renard… Ou plutôt une, décida Elera en prêtant enfin attention aux gémissements des petits derrière elle. La renarde donc, essayait de protéger son terrier… Malheureusement, elle n’avait aucune chance. Les deux corps ne devinrent qu’un dans ce combat féroce, et Elera le regarda sans pouvoir identifier l’adversaire qui faisait le plus de dommage.

La mère au bord du désespoir, ou le rapace au bord de la famine ?

Le rapace s’envola maladroitement, le mammifère toujours attaché à lui. Un glapissement, et la renarde tomba. Le rapace passa immédiatement à l’attaque. Sous les yeux horrifiées d’Elera, la renarde se fit déchiqueter en glapissant. Le monstre ailé prit ensuite sa proie et s’éloigna lentement, laissant une trainée de sang derrière lui. Elera savait qu’il ne reviendrait pas ; il avait gagné, mais il était blessé. S’il revenait, les deux humaines n’auraient pas beaucoup de mal à le tuer. Il ne pouvait même plus voler, ses ailes étaient complètement lacérées. Il disparut donc sous les arbres environnants, ne laissant derrière lui que quelques plumes, du sang qui souillait la neige et les deux filles, dont l’une au moins était encore terrifiée…

Le combat était terminé et elles étaient toujours en vie. Pourtant, la tristesse remplissait le cœur d’Elera. Elle ne pouvait pas bouger ; pas encore. Elle continuait à fixer l’endroit où, un instant auparavant, la renarde avait donné sa vie pour protéger sa tanière. Elle avait perdu en les protégeant. Et maintenant, sans mère, les renardeaux allaient mourir. Ils n’avaient aucune chance de survivre seuls… Le printemps ne tarderait pas à venir, mais pour l’instant l’hiver resserrait encore son emprise sur Gwendalavir et il n’aurait aucun mal à geler les renardeaux affamés. Et avec ce monstre dans les parages…

Elera sentit alors Tinuviel bouger derrière elle, incertaine. Elera repoussa ses pensées malheureuses et lui lança un sourire triste mais soulagé. Laissant retomber ses épaules, elle lui laissa savoir que le danger n’était plus. Elles pouvaient partir, maintenant… S’enfuir, loin… Elles n’étaient plus proies, le chasseur ne les poursuivraient pas. Mais Elera ne s’avança pas tout de suite vers la sortie, au contraire. Elle rampa vers l’intérieur en passant à côté de Tinuviel qui semblait vouloir partir dans l’autre sens. Elle leva la tête…
…et ses yeux violets croisèrent ceux des renardeaux effrayés. Un gémissement semblable au leur sortit de sa gorge, et elle s’approcha encore, posant sa main sans blessures à quelques centimètres d’eux. Ils l’observèrent d’abord d’un air méfiant, se ratatinant sur le mur du fond. Voyant qu’elle ne faisait rien d’intimidant, le plus téméraire des deux s’approcha finalement d’un pas. Les oreilles dressées, il ne la quittait pas des yeux. Ou du museau…

Elle ne bougeait pas, restant absolument immobile jusqu’à ce qu’enfin il lui renifle les doigts. Alors elle sourit, et il fit un pas prudent en arrière. Puis l’autre s’approcha, et ils continuèrent à faire connaissance. Ils avaient tous deux des pattes noires et le bout de leurs oreilles étaient de la même couleur. Leur langue râpeuse léchait ses doigts alors qu’ils cherchaient à être réconfortés. Les deux museaux, noirs et humides, se promenait toujours dans ses paumes. Ils n’avaient pas encore le pelage éclatant de leur mère ; le leur était d’un roux beaucoup plus doux, encore proche du brun. Le premier à être venu à elle était plus foncé ; le deuxième avait le bout de la queue blanche. Ils étaient si jeunes, si frêles... Pauvre petits…

Elle ne pouvait pas les laisser là à mourir de froid, de faim, ou encore dévoré par un prédateur plus gros qu’eux.

Elle ne pouvait pas les prendre avec elle non plus. Qu’est-ce qu’ils feraient à l’Académie ? Non, ça n’allait pas du tout… Elle viendrait les voir alors, leur amènerait de la nourriture comme leur mère le faisait jusqu’à ce qu’ils puissent chasser par eux même. Pour l’instant, ils ne devaient même pas être déjà sorti du terrier. Ce n’était pas encore le printemps… Après qu’une humaine se soit occupée d’eux, pourraient-ils partir en solitaire ? Quand seraient-ils assez grands pour se défendre par eux-mêmes ? Dans un an, un peu moins ? Mais comment allait-elle pouvoir s’en occuper discrètement assez longtemps ? Et il y avait toujours le rapace géant dans les parages…

Tinuviel.

Elle vivait près d’ici, non ? Elle pourrait peut-être les visiter de temps en temps… Elera se retourna donc vers elle et la regarda dans les yeux, lui posant une question qui n’avait pas besoin de mots pour être comprise.

S’il te plaît…

Aide-moi à les aider…

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 2 Mar 2008 - 22:50

Sauvées. Elles étaient sauvées.
Alasa avait encore du mal à croire à leur chance. Sans prêter beaucoup d'attention à Nirvelli qui repartait en sens inverse, elle rampa prudemment hors du tunnel et examina les environs.
La neige autrefois d'une blancheur uniforme était éclaboussée d'un sang au rouge encore vif; les plumes perdues par l'oiseau en étaient maculées. On distinguait sur le sol la trace incomparable que laissent les ailes d'un rapace lorsqu'il fond sur sa proie. Certains alaviriens racontaient à leur progéniture que c'était la marque des anges déchus tombant parfois la nuit, brûlés par les songes trop puissants; l'atmosphère de la terre les dissipait en fragments de brume..

La jeune fille se leva aussi doucement que son flanc lacéré le lui permettait et inspira l'air glacial, heureuse d'être en vie. Ce qui ne signifiait aucunement que toute méfiance devait être écartée; mais peut-être..peut-être qu'aujourd'hui, elle pouvait envisager la mort non comme une probabilité mais comme un tournant encore éloigné. Trois fois que la faucheuse l'avait ce jour-là effleurée de ses mains froides: eau, neige, serres. Trois fois qu'elle lui avait échappé.
Chance ? Hasard ? Ou même..présence de la fille à la confiance aussi réchauffante que la flamme de ses cheveux ?
Ne pas relâcher son attention, jamais.
Elle se pencha pour effleurer du bout des doigts l'une des plumes. A la lueur du soleil, l'attribut brunâtre se parait de teintes dorées, bronze, auburns..ce qui conduisit tout naturellement l'adolescente à imaginer le griffon fendant les cieux. Le soleil accrochant des reflets de cuivre à son plumage et ses yeux cruels, qu'il était beau, le prince des airs..
Pourvu que la renarde lui suffise.

Nirvelli ne sortant toujours pas de la tanière, Alasa se détourna et réadopta la station quatrupède, une sensation d'abscence au creux des reins. Danger, danger, danger. Mais non, pourtant. Insécurité, plutôt. Un frisson parcourait son échine tandis qu'elle s'acheminait en direction des gémissements. Il y avait comme un manque dans ses perceptions. Quoi ? Et bien..

Les yeux violets de la lotra croisèrent les noirs de la corbac au moment ou elle arrivait au fond de ce foutu boyau. Pas difficile d'y lire la demande renforcée par les glapissements des renardeaux...
La brune eut un froncement de sourcils un peu déstabilisé puis un mouvement de recul sans équivoque.
Pas question.
Elle aurait dû s'en douter depuis que sa comparse avait souri un peu trop tristement: "la fille" possédait une sensibilité à ne pas négliger..mais qu'est-ce qu'elle croyait ? Qu'Alasa allait rester dans les environs, partager le produit de ses chasses ou larcins avec deux petits en pleine croissance jusqu'à ce qu'ils soient en âge de se débrouiller ? Elle n'avait qu'à les emmener avec elle, ses renardeaux. Qu'elle se démène seule.
Un mouvement brusque de la tête, puis Alasa repartit en sens inverse. Elle attendrait deux minutes dehors pour voir si l'autre suivrait. Sinon, au revoir.

Quelques flocons avaient commencé à tomber sans bruit. La jeune fille jeta un regard indifférent sur la scène du combat; quoi de plus normal ? Tout ça pour des petits renards.
Elle patienta sous la brise, frissonnant lorsqu'une poussière de ciel caressait sans un bruit ses plaies encore ouvertes. Il commençait à faire bien froid.
Elle imagina les petits dans leur tanière, mourant doucement en geignant sous la morsure de l'hiver. Ou dévorés par un quelconque prédateur. Ou réduits à mordiller inutilement les parois terreuses de leur habitat dans l'espoir de remplir leurs estomacs vides.
Cela ne lui inspira rien d'autre qu'un léger ennui.

Seul le regard violet de sa deux fois sauveuse la travaillait. Remords, remords encore..elle soupira. Excédée. Surveilla encore une fois les environs. Puis fit de nouveau le chemin en sens inverse.
Elle avait tiré d'affaires Nirvelli une fois, une fois contre deux. Le sauvetage de ces deux choses poilues compterait bien pour la deuxième, et après, basta. Elles seraient quittes.

La jeune fille évita néammoins le regard violet: on a sa fierté. Elle tendit avec une mauvaise volonté évidente la main vers le plus pâle des petits; il couina et partit se réfugier entre les jambes de la rouquine. Bon..elle fit le même essai avec l'autre. Qui jaugea un instant la main avant d'y planter joyeusement ses petits crocs pointus.
Aieuh !
Et voilà: l'irascible corbac ne put empêcher un léger sourire de naître sur ses lèvres. Grillée..elle espèra qu'il s'était perdu derrière un flot de cheveux sombres.
De toute façon, l'idée des sacrifices auquel il lui faudrait consentir pour la survie de ces fichues boules de poils lui fit vite perdre toute allégresse. Mais bon, hein..c'était bien parce que c'était Nirvelli.
Celle-ci pourrait-elle participer à ce..sauvetage de manière active, malgré ses obligations à l'académie ? Il faudrait bien..elle avait choisi de les aider, elle assumait. Parce qu'Alasa ne pourrait pas toujours les avoir à l'oeil.
Mais on verrait les détails plus tard: les petits avaient faim.

"Tinuviel" fit signe à sa condisciple de la suivre, ajoutant un geste vague de la main en direction de ses protégés signifiant sans doute quelque chose comme "débrouille-toi pour qu'ils ne bougent pas d'ici".
Le vent sifflait un peu, dehors; la jeune fille serra ses bras autour de son corps maigre, huma l'atmosphère ambiante puis regarda Nirvelli en lâchant un laconique:


-Les cuisines de l'Académie.

Ou trouver à manger ailleurs en une période pareille ?
Malgré son aplomb apparent, l'apprentie mercenaire attendit un quelconque consentement de la part de la lotra pour se mettre en route.


[Tu réponds et après ==> les cuisines, ça te va ?]


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Lun 3 Mar 2008 - 2:43

Le refus.

Elera était loin de s’y attendre, et son visage ne montrait qu’un seule émotion alors qu’elle regardait Tinuviel sortir de la tanière : l’incompréhension. Comment pouvait-elle ne pas vouloir essayer de protéger ces bébés ? Elle ne comprenait pas. Elle resta donc assise dans la maigre caverne, les yeux fixés sur le renard foncé qui essayait d’attraper sa queue. Alors elle devrait se débrouiller seule pour leur amener ce dont ils avaient besoin… Trouver un moyen de les garder en sécurité pendant ses absences… Et lorsque le printemps arriverait, ils pourraient peut-être venir avec elle aux alentours de l’Académie. Ce serait plus facile que de les chercher partout en se demandant s’ils ne s’étaient pas fait dévorer. Mais elle ne les emmènerai pas à l’intérieur de l’Académie. Ce n’était pas leur place, et elle n’avait aucune envie de les domestiquer ; juste de les garder en vie. Ils devraient rester loin des hommes…
Ce ne serait pas trop difficile, en vérité. Après tout, elle l’avait déjà fait une fois. Bien sûr, la Louve était déjà adulte, mais elle s’en était quand même occupé. Elle était restée sauvage et pouvait bien se débrouiller maintenant. Elle ferait la même chose avec les renardeaux. Elle y arriverait…

Un bruit dans le tunnel lui fit tourner la tête. Tinuviel… Elle revenait à elle, finalement. Elera avait cru qu’elle était partie loin du danger. Pendant un instant, elle avait cru qu’elle abandonnait les renards et repartait, la quittant pour la deuxième fois. A la vue de la sœur des loups qui revenait, son visage s’alluma d’un coup, comme une luciole qui commence à briller au milieu de la nuit. Tinuviel… Merci.
Le premier renardeau s’enfuit à son arrivée ; évidemment. La sœur des loups leur avait fait peur lorsqu’elles s’étaient dissimuler dans leur maison… Mais le deuxième s’approcha comme il l’avait fait pour Elera, et la lotra eut juste le temps d’apercevoir les dents blanches de Tinuviel avant que ses cheveux noirs tombent autour de son visage, cachant son sourire éphémère. Elle sortit rapidement après, lui faisant signe au passage ; Elera la suivit après avoir repousser les renardeaux au fond de la grotte.

Restez.

Simple message pour ses petits cœurs battants qui n’avaient jamais rien fait d’autre.

Sortant enfin à l’air libre, Elera prit une grande respiration d’air frais. Elle évita soigneusement de regarder la neige ensanglantée et le morceau d’oreille qui trainait près des plumes. Ses yeux s’arrêtèrent sur Tinuviel, dressée fièrement malgré sa robe toujours mouillée, les griffures sur ses bras, la bosse à gauche de son front, les bleus qui tournaient au jaune sur ses jambes et sa robe déchirée sur le côté droit. Ça avait été une journée mouvementée pour elle… Etait-ce toujours comme ça, ou seulement en présence d’Elera ? Pas que ce soit elle qui ait cherché à rattraper un poignard au milieu d’un étang, qui ait déclenché une avalanche ou qui ait envoyé un oiseau carnivore à leur trousse (Cool), mais bon…
Etrangement, Elera était en bien meilleur état. A part le coup de bec qu’elle avait reçu sur la main, elle n’avait aucune blessure…
Etrange aussi, que Tinuviel semble toujours si forte malgré son état pour le moins affaibli. Il semblait à Elera qu’elle était emplie d’une volonté assez forte pour tenir tête à tous les obstacles. La volonté de… de… de vivre. De survivre. D’avancer… Elle était forte ; n’importe qui pouvait le deviner.

Tinuviel se retourna vers elle, lâchant quelques mots las à son attention. Les cuisines de l’Académie ? Elera n’y avait pas pensé. Mais oui, en effet, c’était l’endroit le plus facile où trouver de la nourriture en ses temps difficiles. L’hiver aux pieds des montagnes du nord frappait sans pitié. Va pour les cuisines, alors. Elera opina à l’adresse de Tinuviel. Mais qu’est-ce que ça mangeait, un renardeau ? Ceux-là buvaient-ils encore le lait de leur mère, où chassait-elle pour eux ? Et que chassait-elle ? Des rats, des lapins ? Sûrement. Elles n’avaient plus qu’à espérer trouver ce qu’elles cherchaient dans les cuisines…

Le rapace. Elles devraient se débarrasser du rapace avant, pendant qu’il était faible. Sinon il reviendrait… Non, après. Elles reviendraient immédiatement, dès qu’elles auraient ramené à manger. Le rapace pouvait bien attendre une dizaine de minutes.
En fait, elle s’inquiétait pour rien. Le rapace, qui avait l’habitude de fondre sur ses proies et ne les combattaient presque jamais, comptait bien partir loin de cet endroit de malheur avant d’y trouver la mort. Dès qu’il avait fini son repas, il partait vers le sud. Il y avait plus de proies faciles là-bas…

Alors Elera commença à marcher vers l’Académie aux côtés de Tinuviel, l’image des deux renardeaux à l’esprit. Souriant, elle remarqua que ses pas étaient le miroir parfait de ceux de Tinuviel alors qu’elles avançaient en même temps, à la même vitesse, ensemble vers le même endroit…

==>> Les Cuisines

avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Sam 15 Mar 2008 - 19:57

==>> Les cuisines

Hors de la cuisine, la tension retomba petit à petit. Lorsqu’elles eurent quitté l’enceinte de l’Académie, le souvenir de la salle n’était plus qu’une vague menace sans importance, un mystère irrésolu qui, finalement, ferait bien de le rester. Tinuviel semblait plus énervée à la sortie des cuisines qu’à l’entrée, mais elle se rassura petit à petit alors qu’elles marchaient sous le ciel nuageux. C’est vrai qu’elles étaient mieux ici… Ici, dehors. Rester à l’intérieur ne gênait nullement Elera, mais le vent, la terre meuble sous ses pieds, les éléments qui dansaient à l’extérieur la remplissaient d’une joie que tout le confort du monde ne pouvait lui offrir. Rester là toute sa vie ? Elle l’avait cru à l’époque, mais plus maintenant. Elle voulait rester avec les humains… pour atteindre son rêve…

*Ellundril Chariakin, j’arrive… Lentement, mais j’arrive… Un jour je pourrais disparaître comme vous l’avez fait, un jour je pourrais suivre le vent, traverser la terre et danser avec le feu… Un jour, je pourrais toucher la lumière de mes doigts et jouer avec l’ombre…*
Elera trébucha alors sur une racine à demi cachée sous la couche de neige. Ses lèvres s’étirèrent, laissant voir ses dents blanches, sans qu’elle ne puisse se contrôler. L’ironie du sort… Elle était encore loin de l’harmonie avec le monde, puisqu’elle le combattait encore au lieu de le suivre fluidement…
*Un jour…* pensa-t-elle de nouveau en levant les yeux vers le ciel.

En attendant, elle devait reprendre pied dans la réalité ou elle allait se casser la figure. Elle devait penser aux renardeaux et les rejoindre avec Tinuviel. Elles ne devaient plus être loin, non ? Mais où donc était la tanière ? Elle était déjà perdue… Après l’attaque du rapace, elles avaient couru sans vraiment faire attention où elles allaient. Puis elles avaient suivi les lumières allumées en permanence qui indiquaient l’emplacement de l’Académie. Mais aucun signal ne brillait au-dessus de la mini grotte…

Ses pas s’enfonçant dans la neige glacée, Elera laissa ses yeux vagabonder autour d’elle. L’endroit de l’avalanche… Les arbres penchées… Là, les arbres qui n’avaient pas été touchés sous lesquelles elles s’étaient réfugiées… Et la tanière alors ? Avançant dans la demi-pénombre de la forêt, les deux jeunes filles cherchaient. L’odeur du sang répandu sur la neige à l’endroit du combat les guida enfin, et elles arrivèrent dans la clairière. Le carnage, et là, le trou… Les renardeaux à l’intérieur attendaient sûrement, impatients. Elera aurait voulu les rejoindre à l’instant, mais elle ne le fit pas. Se tournant vers Tinuviel, elle la regarda dans les yeux le temps de souffler un mot.

- Merci.

Puis elle disparut à l’intérieur. Elle avait voulu être sûre de la remercier avant qu’elle ne parte… Parce que, quoi qu’elle en pense, Tinuviel était libre de rester comme de partir. Bien sûr, les chances étaient immenses qu’elle reste… Elle avait déjà accepté de l’aider à s’occuper des deux bébés, et cela n’avait pas beaucoup de sens de disparaître maintenant. Il faisait plus chaud à l’intérieur, et elles avaient à manger… Mais on ne sait jamais. Plus d’une fois, des loups solitaires avaient rejoint la louve et les deux inséparables jumelles avant de partir au matin sans laisser de traces. Elera ne voulait pas que Tinuviel parte ; mais elle savait aussi que ce n’était pas à elle de décider quand elles se sépareraient, avant de se retrouver à nouveau pour nourrir les renards un autre jour. Parce que chacun est libre de suivre ses propres pas, et que Tinuviel ne faisait pas exception.
Tinuviel… Un nom faël. Un nom qui lui était venu tout naturellement, sans qu’elle ne réfléchisse. Un nom plein d’images ; l’image de la fille sauvage qui la regardait au bord du lac, une lame encore aiguisée à la main, séchant ses larmes d’un geste rageur. L’image du soleil disparut à l’instant dans son dos, laissant derrière lui le début de la nuit. Le visage perplexe qui la dévisageait, ne comprenant pas qui elle était. Les vaguelettes qui mourraient sur le rivage, l’ombre qui voguait sur le lac et les mots tracés sur le sable ; le regard qui se tournait des mots au ciel étoilé, le sentiment que leurs vies étaient unies dans le temps ; et, finalement, la fille qui hurlait à la lune, la gorge découverte sans plus s’inquiéter du danger, les mèches noires lui tombant dans le dos comme une longue rivière nocturne.
Un nom qui lui allait bien, aussi, à la Fille du Crépuscule…

Le renardeau foncé la tira soudainement de ses pensées en lui mordillant le bout des doigts. Elera baissa les yeux vers lui, s’amusant de le voir si dynamique.
*Toi aussi, tu as un nom ?*
Mais l’animal ne daigna même pas remarquer sa question muette ; il avait senti le jambon qu’elle avait touché… Sans pouvoir s’empêcher de sourire, Elera sortit la viande du morceau de tissu blanc qu’elle portait. Tinuviel avait l’autre… Un concert de jappements salua l’arrivée de la nourriture. Les deux boules de vie se jetèrent dessus sans autre cérémonie. Pauvres petits… Ils ne devaient pas avoir mangé quoi que ce soit depuis un temps plus long que court… Combien, une journée, deux, trois ? On ne sait jamais vers la fin de l’hiver…
Un bruit derrière elle.

Tinuviel ?

avatar

Messages : 474
Inscription le : 21/04/2007
Age IRL : 87


Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Dim 16 Mar 2008 - 20:40

Alasa aussi pensait à cette rencontre inattendue et déjà lointaine. En particulier aux signes tracés par celle qui était alors « la fille » dans le sable gris du lac. Bien sûr, elle savait que c'était des mots, la retransmission par écrit d'une langue de sons et de mimiques. A cet instant, elle avait même cru les comprendre. Et maintenant ? Il lui semblait presque intolérable de ne pas avoir su déchiffrer ces creux dans le rivage. Si elle avait su lire, cela aurait peut-être changé quelque chose ?
Oui, les deux adolescentes ne seraient sans doute pas là à jouer les mères d'adoption pour des renardeaux.
Ce soir-là, aux bords du miroir d'eau sombre, elle avait tenté maladroitement de chanter une ode au crépuscule en compagnie d'une humaine qui, elle le ressentait aujourd'hui, formait une jonction, comme une sorte de lien, de passage entre deux univers déchirés, conciliant avec un naturel déconcertant vie et survie. Une étrangère qui portait en elle un foyer de confiance et d'empathie. Et elle cherchait l'harmonie ? Lorsqu'elle se trouveraient, fille et notion deviendraient indissociables. C'était une certitude.


Le passage de l'avalanche (et peut-être du..griffon) incitaient toujours les vivants cachés dans chaque recoin du paysage ravagé à rester sur leurs gardes; sans doute cela expliquait-il l'absence de bruit. Mais ici, le silence ne prenait pas la dimension inquiétante de celui qu'on pouvait percevoir dans une cuisine rutilante et complètement vide, par exemple.
Nirvelli repéra la tanière et s'y engagea après un mot de remerciement. Pourquoi parles-tu ? Là, ce n'était même pas une nécessité. Il aurait suffi d'un regard. L'entendre dire me donne de nouveau le sentiment de t'être redevable alors que j'avais tout calculé pour que l'on soit quittes. J'ai horreur de ça. Oh, inutile de m'énerver, ce n'est pas ta faute. Mais je ne suis plus tranquille..et ne sais plus si je ne ferais pas mieux de partir. Après tout, j'ai signé pour le massacre, il me semble.


La jeune fille eut un rictus légèrement ironique pour la petite cicatrice au dos de sa main. Ce pacte n'avait jusqu'à présent rien eu de bien contraignant mise à part cette petite réunion..démoniaque. Les
rencontres nocturnes avec celui que jamais elle n'appellerait son maître s'étaient déroulées sans heurts. Bénéfiques, sans aucun doute. En tout cas pour elle..l'adolescente s'était depuis longtemps persuadée qu'il la méprisait finalement, qu'il la tenait pour primitive et bornée. Que cette hypothèse soit véridique ou non (et bien que cette idée la remplît d'une froide colère, pourvu qu'elle le soit) tant qu'elle pouvait profiter de cette « alliance » pour nourrir et créer ses propres ambitions, tout était pour le mieux.
La prise de conscience qui avait causé dans les cuisines la chute d'une pile de vaisselle lui coupa soudain l'envie de sourire, même sardonique. L'avalanche. Cette foutue neige à la puissance phénoménale, cette cascade rutilante de cristaux par milliers lui avait volé son poignard.

Cet objet. Ce stupide objet. Ce stupide objet au manche incrusté de crasse, mordillé, griffé, tordu. A la lame abîmée, ébréchée, émoussée, fendue d'avoir été aiguisée et réaiguisée, zébrée par les pierres, le bois, le temps. Ce stupide objet qui n'était que ça, qu'elle aurait volontiers échangé mille fois contre n'importe quel couteau en bon état, cette arme qu'aujourd'hui pourtant elle se surprenait à regretter. Et ce n'était même pas pour la maigre protection qu'il lui avait offert; ce n'était même pas pour les souvenirs auquel il avait un jour était lié.
L'hiver n'avait pas le droit de le lui prendre. Même l'eau glacée s'était vu refuser ce..privilège. Elle retournerait chaque débris, chaque amoncellement de neige s'il le fallait et il réintégrerait immédiatemment sa place pour n'en plus bouger.
Non.
Bien sûr que non. Autant chercher une goule dans la forêt de Baraïl. Et puis ce n'était qu'un morceau de métal distordu.
Serrant les dents, la jeune fille abolit la distance qui la séparait du terrier.

*

Retrouver la puanteur chaleureuse de la tanière après le froid brûlant était presque une bénédiction. Apparemment les renardeaux étaient bien vivants puisque Nirvelli déballait son butin; elle ne la salua pas, mais il semblait évident qu'elle n'avait pas écarté l'idée qu'Alasa ne viendrait pas. L'intéressée en éprouva une gratitude spontanée: sa compagne ne la rangeait pas dans une case prédéfinie. A elle de lui témoigner à son tour le respect qu'elle méritait.
La brune observa les petits d'un oeil critique. Elle ne s'y connaissait pas vraiment en renards (et en bambins d'une manière générale) et s'interrogeait sur leur capacité à ingurgiter des morceaux entiers de viande. N'étaient-ils pas trop jeunes ? Après tout, la confirmation viendrait si l'un d'eux s'étouffait. Mieux valait minimiser les risques en leur laissant le choix, non ?
Elle fourragea dans le grand linge qui de blanc avait viré à gris terreux, arracha des morceaux au fromage et au jambon puis les porta à sa bouche. Lorsqu'ils furent réduits à l'état de bouillie informe, elle régurgita le mélange sous le nez des petiots (mais à une certaine distance de « pelage-foncé » qui semblait enclin à planter ses dents minuscules dans tout et n'importe quoi).

Il fallait leur donner un nom. Enfin, un nom qui ne serait pas forcément le leur mais par lequel elles pourraient les nommer. Quelque chose qui ait une signification.
Voyant que la lotra s'amusait devant « pelage foncé », la brune lui céda d'un regard la responsabilité de le baptiser et s'octroya celle de faire de même pour « queue blanche ». Une femelle, apparemment. Voyons..
Il lui fallut de nouveau faire appel à ses souvenirs, et piocher finalement dans les mêmes réminescences qui avaient valu son surnom à Nirvelli. Au moins, ceux-là voulaient dire quelque chose.
Elle tendit avec une mauvaise grâce plus ou moins feinte la main vers la petite renarde encore méfiante; celle-ci glapit et recula précipitamment, ce qui n'empêcha pas l'intruse qui lui faisait face de la saisir par la peau du cou et de la soulever pour la libérer aussitôt en annonçant:

- Ozalée.

Voilà, à la rouquine, maintenant. Alasa détourna les yeux du sabre laser modèle réduit sans laser (je vous l'accorde, c'est tout à fait ridicule, mais on m'a aimablement proposé cette désignation) qui pendait à la ceinture de sa compagne et où elle n'avait pu s'empêcher de s'arrêter en songeant à son arme à elle, définitivement perdue. Le renardeau (ou la « renardonne ») sans nom finit allégrement d'engloutir sa bouchée de nourriture et leva la tête vers Nirvelli comme pour attendre son verdict.


_______________


.La folie des grandeurs tue le merle moqueur.


Esquille reste ♪
avatar

Marchombre
Messages : 1576
Inscription le : 12/08/2007

Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   Lun 17 Mar 2008 - 22:39

Oui, c’était Tinuviel… En la voyant mâcher la nourriture avant de la donner à la petite renarde, Elera se traita mentalement de tous les noms. Quelle idiote ! Heureusement que la sœur des loups était là… Elle commença elle aussi à mâcher la nourriture immédiatement. Elle voulait les sauver, pas les étouffer… Tout en préparant la nourriture, Elera remarqua le regard de Tinuviel s’arrêter sur son mini-sabre. Un regard un peu envieux… La lotra trouva rapidement pourquoi. Le poignard qu’elle tenait pratiquement en permanence dans sa main n’y était plus… Elera eut un pincement au cœur en pensant à cette arme qui lui avait rappelé que le présent n’était pas si loin du passé. Ou pouvait-il bien être ? Avec tous les événements de la journée, les endroits où il pouvait reposé oublié étaient innombrables… Sous la neige, bloqué par l’avalanche ? Perdu dans la forêt pendant la course contre le rapace ? Tombé dans les cuisines, pendant l’allée ou le retour ? Tinuviel n’avait aucune chance de le retrouver…
Et bien, elle en aurait un nouveau alors. Dès qu’elle rentrait, Elera se débrouillerait pour lui en trouver un, et elle le lui offrirait. Ce serait le premier cadeau qu’elle aurait de sa part… Il devrait être très spécial alors. Elle n’allait donc pas le trouver… elle allait lui en faire un. Avec l’aide du forgeron… Elle se l’imaginait déjà et sourit intérieurement. Bientôt…

Elera s’arrêta de s’occuper du renard foncé, les yeux posées sur les mains de Tinuviel qui tenait l’autre renardeau par la peau du cou. Elle souffla un mot. Ozalée. Elera l’observa sans rien dire, comprenant l’importance du moment. Un nom… Elle venait de donner un nom à la renarde. Et, voyant son frère s’arrêter de manger pour poser les yeux sur elle, elle savait que c’était son tour. Le doute l’envahit.
Elle ne pouvait pas, si ? Elle ne connaissait pas le « vrai » nom de l’animal. Et elle ne pouvait pas le nommer comme elle avait nommé Tinuviel, car elle n’avait pas vraiment choisi ce nom. Il était venu de lui-même. Et si elle se trompait ? Si elle lui donnait un nom qui ne lui allait pas ? Et s’il le refusait, que ferait-elle ? Il…

*Arrête. Nomme-le, c’est tout. Tinuviel l’a bien fait, elle. Toi aussi, tu peux…*

Se ramenant à l’ordre, elle plongea ses yeux violets dans les jaunes de son protégé. Elle ne pouvait ni ne voulait lui donner un nom humain ; ceux là ne voulaient rien dire, comme le sien, et de toute façon une créature de la nature ne devrait pas avoir le nom d’un humain. Autre chose, donc…

Le renardeau s’impatientait, et il ne devait pas être le seul. Il commençait à remuer, levant ses pattes et les reposant rapidement, mais pour l’instant il continuait à la regarder. Il y avait bien un nom qui irait à ce petit aventurier... Oui… Oui, il y en avait un. Un qui voulait dire quelque chose et qui lui allait bien. Et elle le savait. D’un murmure, elle nomma le renardeau qui, maintenant, n’était plus juste un renard parmi tant d’autres. Il était…

- Igashu.

Leur regard se séparèrent ; Elera lui tendit un autre petit morceau de viande. Heureuse de son choix, Elera sourit. Et puis, de toute façon, personne n’avait qu’un seul nom… Igashu ne serait que l’un d’entre eux. Celui qu’elle lui avait donné. Un nom spécial…

Les deux filles restèrent encore un moment avec Igashu et Ozalée, bien au chaud dans leur havre de paix au cœur du vent hivernal. Le temps passait sans qu’elles ne le remarquent ni qu’elles le sentent. Le silence les enveloppait, brisé seulement par les renardeaux qui couinaient une fois de temps en temps en sautillant autour d’elles. Ils finirent par se rouler en boule l’un contre l’autre, fatigués. Pas étonnant… Il ne restait plus que les deux filles qui restaient à leurs côtés, sans bouger, sans parler ni n’en ressentir le besoin. C’était un instant parfait, pourquoi le briser en questions inutiles ?
Elera s’endormi presque dans cet univers loin de tout. Mais il faut bien un jour sortir… Alors quand elle entendit le vent souffler plus fort à l’extérieur, elle se releva lentement. Elle devait repartir pour l’Académie. Avant de sortir, elle souffla presque imperceptiblement :

- Demain, au levée du soleil.

A ce moment elle reviendrait avec de la nourriture… Faisant une grimace à l’idée de retourner dans les cuisines, elle sortit de la tanière. Mais elle pourrait toujours la prendre sur les tables de la grande salle… Ce serait plus facile. Après être restée à l’intérieur, le vent était froid sur son visage. Pourtant elle sourit ; elle aimait ça. Les pieds crissants sur la neige ensoleillée, Elera se mit à courir dans la forêt. Vers la forge…

==>> Forge

Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: Sous le dôme hivernal (RP terminé)   



 
Sous le dôme hivernal (RP terminé)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires
-
» Sous une pluie battante... {Pv Lellia } [Terminé]
» [TERMINÉ] Sous le sunlight des tropiques ? [Alex]
» Piège sous la pleine lune [PV Eowen Sauloon] terminé
» Ne jamais sous estimer un potentiel adversaire. [terminé]
» Un monstre sous le lit... [Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Académie de Merwyn :: Partie RP :: 2008-